THEMES

Anarchismes, anarchie

11 mai 2017 - Lucía Sánchez Saornil

La question féminine dans nos milieux

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« On peut dire qu’au cours des siècles le monde masculin a toujours oscillé à propos de la femme entre les deux concepts extrêmes : la prostituée et la mère, l’abject et le sublime, sans s’arrêter sur ce qui est strictement humain : la femme. La femme comme individu ; individu rationnel, pensant et autonome. »

Dans cette série de cinq articles publiés entre septembre et octobre 1935 dans le journal Solidaridad Obrera, Lucía Sánchez Saornil, militante anarchiste, fait une critique de l’attitude de ses camarades hommes vis-à-vis des femmes. Elle y expose leurs préjugés machistes, incompatibles avec les aspirations libertaires qu’ils affichent. Elle s’y livre également à une réflexion — en avance sur son temps dans le contexte espagnol — sur l’émancipation des femmes et la révolution sociale qui, selon elle, dépendent l’une de l’autre. Ce texte permet de comprendre pourquoi quelques mois plus tard elle créera, en compagnie des militantes Mercedes Comaposada et Amparo Poch, la fédération révolutionnaire féminine Mujeres Libres, première organisation féministe prolétarienne autonome de son genre, qui sera rapidement forte de plus de 20 000 membres en pleine guerre civile.

28 mars 2017 - Alfredo M. Bonanno

Mais les anarchistes ne votent pas ?

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Ce texte d’Alfredo M. Bonanno, publié la première fois en juin 1995 dans la revue Canenero, constitue une attaque contre le vote, mais aussi contre l’abstentionnisme comme posture passive.

Mais parfois l’anarchisme est une étiquette inconfortable. Il peut te mettre des questions dans la tête, auxquelles il n’est pas facile de répondre. Il peut te faire remarquer les étranges contradictions de ta vie : le travail, le rôle que la société t’a imposé, le statut auquel toi-même tu participes, la carrière à laquelle tu n’arrives pas à renoncer, la famille, les amis, les enfants, le salaire en fin de mois, la voiture et la maison dont tu es propriétaire.

26 novembre 2016 - Pierre Kropotkine

L’organisation de la vindicte appelée Justice

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Publié initialement en 1901 dans Les Temps nouveaux, le texte « L’organisation de la vindicte appelée Justice » donne un aperçu historique des relations entre l’État et « l’institution pour la vengeance sociétaire, nommée Justice », puis critique la Justice avec une perspective anarchiste.

La vindicte sociétaire organisée, appelée Justice, est une survivance d’un passé de servitude, développée d’une part par les intérêts des classes privilégiées et d’autre part par les idées du droit romain et celles de vengeance divine qui font tout aussi bien l’essence du christianisme que ses idées de pardon et sa négation de la vengeance humaine.
L’organisation de la vengeance sociétaire sous le nom de Justice est corrélative dans l’histoire avec la phase État. Logiquement aussi, elle en est inséparable.

20 novembre 2016 - Pierre Kropotkine

Les droits politiques

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Publié en 1882 dans le journal Le Révolté, le texte « Les Droits politiques » est une démystification des « droits politiques du citoyen » : suffrage universel, liberté des élections, liberté de la presse, de réunion, etc.

Voulons-nous avoir la liberté de dire et d’écrire ce que bon nous semblera ? Voulons-nous avoir le droit de nous réunir et de nous organiser ? — Ce n’est pas à un Parlement que nous devons aller en demander la permission ; ce n’est pas une loi que nous devons mendier au Sénat. Soyons une force organisée, capable de montrer les dents chaque fois que n’importe qui s’avise de restreindre notre droit de parole ou de réunion ; soyons forts, et nous pourrons être sûrs que personne n’osera venir nous disputer le droit de parler, d’écrire, d’imprimer, de nous réunir.

12 avril 2016 - La Cavale

La guerre pour l’imagination

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Notre environnement change à toute allure. Et lentement mais sûrement, de façon presque inaperçue, nous aussi changeons en même temps. L’environnement nous change. Il influence nos faits et gestes, la conception de notre temps, nos mouvements, nos désirs et nos rêves.
Regarde cette ville. C’est un endroit qui se trouve constamment en état de changement. Le pouvoir y érige de nouveaux centres commerciaux et des prisons, y occupe les quartiers avec des milliers de nouvelles caméras et des commissariats supplémentaires, y construit des lofts pour les riches et pousse les pauvres en dehors de la ville, y étend les transports en commun pour que tout le monde puisse toutefois arriver chaque jour à l’heure à sa place dans l’économie.

[Repris de La Cavale.]

22 janvier 2016 - B. Traven / Ret Marut

Dans le Brouillard

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« Et il goûtait l’existence d’un homme consciencieux, paisible et totalement satisfait.
C’était un rêve. Peut-être, ce qui le rendait si enchanteur était qu’il se trouvait hors de portée, inaccessible. Car, en réalité, Karl Veek avait toujours été soldat aussi loin qu’il puisse s’en souvenir, au moins depuis trois ans. Il ne pouvait se rappeler avoir jamais fait autre chose qu’attendre l’ennemi, ici, dans la tranchée, son fusil à la main. De temps en temps, obéissant à des ordres n’admettant pas de critiques, il devait fixer sa baïonnette et livrer l’assaut à une position de l’ennemi, en chassant résolument toute pensée de son esprit. Sauf celle-ci : tout homme se dressant sur mon chemin, qui porte un uniforme différent du mien, me tuera si je ne le tue pas le premier. »

Ret Marut, März (Berlin/Munich), 1916.

24 décembre 2015 - Albert Libertad

La légende de Noël dédiée aux petits-enfants de l’an 3000 (ou plus)

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Il était une fois, il y a bien longtemps de cela, vers l’an 1900, un gros amas de pierres et de boue que les naturels d’alors appelaient Paris.

C’était la capitale d’un pays favorisé par un climat tempéré et où les céréales, les vignobles, les plus beaux fruits poussaient en abondance.

En s’approchant de ces amas de pierres, vainquant les odeurs pestilentielles qui s’en dégageaient, on le voyait sillonné de voies de toute sortes : les unes larges, bondées de belles maisons ; les autres, étroites, avec, de chaque côté, rangées et serrées, des maisons aux allures de souricières.

Ce jour-là, l’année se terminait ; c’était fête par cette ville, mais la nature paraissait bouder et la neige tombait à gros flocons. Malgré cela, tout le long des rues, les magasins jetaient des flots de lumière et les yeux étaient attirés par des amas de victuailles bizarrement achalandés.

Albert Libertad, Le Libertaire n°8, 24-30 décembre 1899.

7 décembre 2015 - anonymes

Mon nom est personne

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Recueil de textes écrits entre 2011 et 2015 dans divers pays à propos de l’anonymat et de la revendication d’actions directes.

Sommaire :
- Lettre à la galaxie anarchiste (novembre 2011)
- Ne dis pas que nous sommes peu ; dis seulement que nous sommes déterminés (extrait, novembre 2012)
- L’anonymat (août 2013)
- Soyons dangereux. Pour la diffusion de l’Internationale noire (extrait, décembre 2013)
- Annexe à un débat avorté sur l’anonymat et l’attaque (mars 2014)
- Notes sur un débat en cours autour de l’anonymat (juin 2014)
- Quelques points sur l’anonymat (mars 2015)

18 novembre 2015 - B. Traven / Ret Marut

Contraste

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« Pensez ! Mais vous ne pouvez pas penser, parce qu’il vous faut des statuts, parce que vous avez des administrateurs à élire, parce que vous avez des ministres à introniser, parce que vous ne pouvez pas vivre sans gouvernement, parce que vous ne pouvez pas vivre sans chef.

Vous cédez vos voix pour les perdre, et quand vous voulez vous en servir vous-mêmes, vous n’en disposez plus, et elles vous font défaut parce que vous les avez cédées. »

Ret Marut, dithyrambes parus dans Der Ziegelbrenner, n°35/40, 21 décembre 1921.

19 septembre 2015 - Albert Libertad

Obsession

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Il expédia quelques affaires et, pour se distraire, pensa à voir sa maîtresse. Chemin faisant, il acheta un bouquet qu’il lui offrit.
Elle sourit, voyant parmi les fleurs comme un billet doux : « Des vers, maintenant ? » dit-elle.

La prostitution est le déversoir du trop-plein des bourgeois.
Du fils de pauvre on fait l’esclave et de sa fille la courtisane.
Vive l’anarchie !

Elle lui jeta son bouquet à la face et le chassa. Honteux, fatigué, il rentra chez lui ; la porte avait repris son aspect ordinaire.
Or, rentrant dans son salon, sa femme dit : « Vois cette potiche que je viens d’acheter, une occasion. » Il la prit, la tourna, la retourna ; un papier tomba :

Luxe du bourgeois est payé par le sang du pauvre.
Vive l’anarchie !

Albert Libertad, Le Libertaire n° 144, 28 aout - 3 septembre 1898.

21 juillet 2015 - Albert Levy

Stirner et Nietzsche

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« Il s’est produit dans la deuxième moitié du XIXe siècle une réaction contre l’individualisme. Les théories morales les plus répandues, par exemple celle d’Auguste Comte en France, celle de John Stuart Mill en Angleterre, celle de Schopenhauer en Allemagne, avaient ce caractère commun de prêcher l’altruisme. Les philosophes tenaient-ils à garder la morale chrétienne au moment où ils renonçaient à la foi, ou se croyaient-ils obligés, comme l’a soutenu Nietzsche, de se montrer plus désintéressés que les chrétiens eux-mêmes ? Toujours est-il qu’ils condamnaient l’égoïsme et l’isolement de l’individu. De même, en politique, on insistait sur les liens nationaux ou sociaux qui unissent les individus, et on prêchait la solidarité.

Or, vers 1890, on commença à parler en Allemagne de deux philosophies qui n’admettaient ni l’altruisme moral ni la solidarité sociale. Stirner, qui n’avait joui de son vivant que d’une gloire éphémère, venait d’être ressuscité par un disciple fanatique, J.-H. Mackay, qui voyait dans l’auteur de l’Unique et sa propriété le théoricien de l’anarchisme contemporain.

D’autre part, Nietzsche, si longtemps « inactuel », s’imposait à l’opinion publique au moment même où la maladie triomphait définitivement de sa raison, et devenait peu à peu un des favoris de cette mode européenne qu’il avait si durement jugée. »

Thèse présentée à la faculté des lettres de l’université de Paris, 1904.

21 juin 2015 - Albert Libertad

Le culte de la charogne

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« Comment pourrait­on con­naître la vie alors que les morts seuls nous dirigent ? [...]
Il faut jeter bas les pyramides, les tumulus, les tombeaux ; il faut passer la charrue dans le clos des cimetières afin de débarrasser l’humanité de ce qu’on appelle le respect des morts, de ce qui est le culte de la charogne. »

Albert Libertad, l’anarchie, 31 octobre 1907.

REJET DU PASSÉ, rejet des germes de mort ou de putréfaction qui empoisonnent déjà le futur, sont indissolublement liés : tel est le sens de la haine que porte Libertad au « culte de la charogne », dont toute la vie quotidienne subit l’envahissement : « Les morts nous dirigent ; les morts nous commandent, les morts prennent la place des vivants. » Jamais peut-être l’essence morbide de la démocratie, dans ses manifestations apparemment les plus disparates, n’a été perçue avec une telle lucidité.

Roger Langlais, préface à Libertad, Le Culte de la Charogne et autres textes, Éditions Galilée (Paris), mai 1976.

15 juin 2015 - John Zerzan

Pourquoi l’espoir ?

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Il est assez à la mode, parmi les anarchistes aussi, de se moquer de la notion d’espoir, de disqualifier explicitement toute chance de victoire finale sur la domination et l’oppression. Desert arbore cette perspective sur sa couverture : « Dans nos cœurs, nous savons tous que le monde ne sera pas "sauvé" », et répète cette déclaration deux fois encore dans les premières pages. La civilisation persistera. Il est temps de renoncer aux « batailles ingagnables ». De cette façon, la misère du choc émotionnel et la désillusion seront évités et nous serons tous beaucoup plus heureux (!). Le groupe mexicain de type Unabomber, Individualidades teniendo a lo salvaje (ITS), affirme aussi fermement qu’il n’y aura pas de victoire. « Nous ne croyons pas que cela soit possible », proclament-ils à plusieurs reprises.

Mais c’est possible. Notre victoire contre la maladie de la civilisation n’est nullement garantie, évidemment, mais elle est clairement possible. Je préfère ce que Kierkegaard a dit de l’espoir : « C’est la passion pour le possible ». Plus audacieux, qu’est-il advenu du « demandons l’impossible » ? Quand nous refusons la victoire, n’en sommes-nous pas au Game Over ?

John Zerzan, Pourquoi l’espoir ?

21 avril 2015 - Collectif

« Toutes les valeurs de cette société sont des prisons de haute sécurité »

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Si la nouvelle loi sur les prisons de type C est une nouvelle offensive dégueulasse de ce monde carcéral contre l’irréductible esprit de révolte qu’aucune loi ni répression ne pourra jamais étouffer, elle n’est pas plus que cela. Sur le modèle des Quartiers de Haute Sécurité en France ou du régime FIES en Espagne, elle n’est qu’une pierre ajoutée à l’édifice de la lutte des autorités contre les prisonniers de la guerre sociale. Tout particulièrement dans un contexte comme celui de la Grèce, où la lutte armée et la proposition de l’attaque diffuse, permanente et décentralisée, obtiennent l’appui d’un mouvement large et l’approbation tacite de plusieurs parties de la population. Il s’agit aussi pour l’État grec d’une partie de son offensive contre le mouvement révolutionnaire et la révolte diffuse qui l’agite depuis les débuts de leur « crise » et un certain mois de décembre 2008. Ce qui nous intéresse ici n’est donc pas l’énième loi scélérate du pouvoir, mais le souffle de rage qu’elle a provoqué, qu’elle provoque encore et qu’elle provoquera probablement jusqu’à la destruction de son idée même.

Sommaire  :
• Quelques chiffres
• Carte des prisons grecques
• Introduction
• Quelques slogans entendus dans les rues de Grèce
• Contre les prisons de haute sécurité
• Intervention dans la prison de Korydallos
• Jusqu’à la destruction de la dernière prison…
• Contre les prisons de type C
• Communiqué des prisonniers de la taule de Koridallos
• Première déclaration des détenus de type C
• Deuxième déclaration des détenus de type C
• Refus de remonter en cellule au bouclage à Koridallos
• Troisième déclaration des détenus de type C
• Grèves de la faim dans les prisons grecques
• Déclaration de début de grève de la faim du DAK
• Manif solidaire à Athènes
• Déclaration du DAK
• Les membres de la CCF mettent fin à leur grève de la faim
• Appel international du DAK
• Chronologie non exhaustive de luttes entre les murs
• Chronologie récente à l’extérieur
• Annexe : Pour en finir avec le Prisonnier Politique

15 mars 2015 - Élisée Reclus

L’anarchiste

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Par définition même, l’anarchiste est l’homme libre, celui qui n’a point de maître. Les idées qu’il professe sont bien siennes par le raisonnement. Sa volonté, née de la compréhension des choses, se concentre vers un but clairement défini ; ses actes sont la réalisation directe de son dessein personnel. A côté de tous ceux qui répètent dévotement les paroles d’autrui ou les redites traditionnelles, qui assouplissent leur être au caprice d’un individu puissant, ou, ce qui est plus grave encore, aux oscillations de la foule, lui seul est un homme, lui seul a conscience de sa valeur en face de toutes ces choses molles et sans consistance qui n’osent pas vivre de leur propre vie.
Paru dans Almanach anarchiste pour 1902, Paris.

6 février 2015 - Jean-Pierre Garnier

Architecture et anarchie

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À l’heure où certains réaffirment, comme les maoïstes en leur temps, vouloir « reprendre la ville », se la « réapproprier » ou l’« auto-gérer », il paraît nécessaire de reproduire des textes comme celui-ci. Nous rappelant, à travers la question de l’architecture, qu’il n’y a rien à se réapproprier dans ce monde, et renvoyant à leur véritable origine – le citoyennisme – toutes les illusions participatives des démocrates en tout genre. Après tout, que vient faire le re de « approprions-nous la ville », « reprenons la ville » ou « reclaim the street ». À quel moment les villes nous ont-elles appartenu ? Lorsque l’humanité fut chassée de ses terres pour habiter les villes construites comme des camps pour fixer et concentrer la main d’œuvre sous bonne garde ? Nous les avons construites, oui, en des temps immémoriaux ou récemment, mais nous ne les avons pas dessinées, nous ne les avons pas pensées, et elles n’ont pas été construites pour nous servir, mais pour servir les puissants et leur maintien de l’ordre, donc pour nous asservir. (Extrait de l’introduction)

29 octobre 2014 - Rafael Uzcátegui

Groupes libertaires et pouvoir populaire : faire imploser l’anarchisme de l’intérieur

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« Certaines organisations libertaires présentent comme innovantes des stratégies qui sont contraires à la liberté et à la justice sociale, comme le socialisme autoritaire l’a prouvé à différents moments de l’histoire. La promotion du "pouvoir populaire" de la part des initiatives anarchistes les place à la traîne des organisations dont la tactique est l’accumulation de forces pour la prise du pouvoir politique. »

Cet article, écrit en Argentine en 2010, vise à questionner l’utilisation du terme « pouvoir populaire » dans certains cercles libertaires.

Au sommaire :
- Le vieux fantôme de la dictature du prolétariat
- Les deux problèmes du pouvoir populaire
- Crise de la gauche, crise de l’anarchisme

12 septembre 2014 - Collectif anarchiste Cercle de Feu

Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce

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« Après la révolte de décembre [2008] et au milieu d’une crise généralisée du système, il est indispensable pour les anarchistes de diffuser le plus largement possible leur discours et leurs positions, à travers leur présence politiquement distincte et leur intervention dans les luttes sociales et de classe, dans le but de contribuer à la radicalisation de ces dernières, à leur connexion ainsi qu’au renforcement des ruptures que celles-ci sont capables de créer avec le régime. Mais cette présence et cette intervention ne doivent pas être momentanées et occasionnelles ; elles doivent être durables et organisées. Pour contribuer à la création d’un mouvement révolutionnaire massif capable de renverser l’Etat et le capital, ouvrant le chemin vers l’Anarchie et le Communisme. »

8 août 2014 - L’Albada Social

Ni catalanistes ni espagnolistes

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"Les mouvements nationalistes ont tendance à appliquer le critère suivant : ou tu es avec moi ou tu es contre moi, tu es des miens ou tu es du peuple ennemi. N’importe qui, qui décide de se démarquer des plans et programmes d’un mouvement nationaliste, est accusé de donner sa préférence et d’appartenir au peuple détesté, à l’ennemi. Peu importe le motif, il n’y a pas de raison (rationnelle) qui puisse tenir tête au sentiment (irrationnel) d’appartenir à un peuple déterminé à réaliser son destin glorieux.
Nous, les anarchistes, nous ne suivons pas le courant catalaniste dominant, ni ne paradons avec toutes les forces politiques pour l’indépendance de la Catalogne, ni ne nous identifions avec la patrie catalane.
Par ce texte nous voulons rompre avec la dualité catalan/espagnol, indépendantiste/espagnoliste. Nous voulons apporter une troisième vision, une nouvelle voie de dépassement du conflit national. Nous voulons dépasser le conflit en portant simplement l’attention sur l’individu à l’heure de construire une société juste et sans oppression.
"

Texte publié à Barcelone en septembre 2012.

16 juin 2014 - Anarchist Black Cross Bielorussie , Ihar Alinevich

Sur la route de Magadan

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Ce livre écrit par mon fils, parle de faits se produisant à l’heure actuelle en Biélorussie. Il évoque les choix qu’une personne doit faire entre vivre et mourir, être libre ou emprisonné, et entre garder son âme et se trahir. Tout ce qui lui est arrivé s’est passé dans une vie réelle, en plein XXIe siècle, dans un pays qui se veut civilisé et européen, juste avant et après les élections présidentielles de 2010. L’idée de ce livre est apparue en 2011, lors de l’unique entretien qui nous a été accordé dans le centre de détention du KGB. On ne pouvait communiquer qu’en regardant derrière son dos mais nous étions tellement heureux de le voir avec mon mari... Tout ce qui est arrivé et continue à arriver à Ihar ressemble fortement à la situation décrite par Anatoliy Rybakov dans le livre Les Enfants de l’Arbat. Et, même si Sasha Pankratov a été arrêté en 1930, l’histoire se répète. J’ai proposé à Ihar d’écrire sur tout ce qui lui arrivait pour ne pas oublier, pour laisser la mémoire à l’histoire. Nous pensons tous que l’illégitimité, l’arbitraire, les répressions ne vont jamais nous arriver à nous ou à nos proches. Il est donc très important que cette situation devienne le patrimoine de toute la société.

Sommaire :
Note des traductrices et des traducteurs
Introduction. Ihar
Contexte. L’affaire des anarchistes
Sur la route de Magadan
Complément
Épilogue

14 février 2014 - Efraín Plaza Olmedo

Trouve-toi un revolver !

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Trouve-toi un revolver ! Le plus tôt sera le mieux. Achète, emprunte ou voles en un. L’idée, c’est qu’il faut que tu sois armé. Quand la classe ouvrière consciente et armée exigera son droit à la vie et à la liberté, alors tu verras comment les gouvernants et les tyrans chuteront. Tant que tu continueras à crier dans les rues comme un idiot, à mendier pour le pain et la justice, tu verras comment les balles pleuvront sur ta tête.

Texte publié anonymement au Chili en 1921.

6 janvier 2014 - Zo d’Axa

L’En-dehors

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Les articles qui suivent ont initialement été publiés dans le journal l’En-dehors, hebdomadaire fondé par Zo d’Axa, qui paraît de mai 1891 à janvier 1893.

Une des choses qui frappe à la lecture des textes de Zo d’Axa, plus de cent ans après, est leur étonnante actualité. Quand il nous parle du citoyennisme (légitime défense), des rapports sociaux de prédation (les lyncheurs) ou de l’influence des médias (par l’image), on ne peut s’empêcher de regarder par la fenêtre et d’apercevoir la même pourriture, le même voyeurisme teinté du culte de la charogne (au pied de la guillotine) et la même hypocrisie humanitaire (à Paris ! les mineurs) censée masquer tout le reste.

31 octobre 2013 - Marcus Graham

Quelle devrait être l’attitude des anarchistes envers la machine ?

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Le texte qui suit fut publié en mars 1934, donc peu de temps après la « crise » de 1929, et peu de temps avant la seconde guerre mondiale et l’extermination industrialisée des juifs d’Europe et des autres populations considérées comme indésirables par les nazis. Le contexte de cet article n’est donc pas anodin, ni inintéressant pour comprendre les réflexions ici présentes, et l’évolution des idées anarchistes sur la technologie et l’industrialisme, mais surtout sur la religion du progrès, le progressisme. Comme le dit l’auteur, à travers Kropotkine (mais il aurait pu généraliser le constat à la grande majorité des anarchistes antérieurs), les positions anarchistes ont rarement été claires comme elles peuvent l’être généralement aujourd’hui sur ces questions. Il ne s’agit pas pour nous de dire que l’anarchisme est meilleur aujourd’hui, cela n’aurait aucun intérêt et serait très probablement faux, il s’agit seulement de souligner que l’Histoire est passée par là, et que des conclusions en ont heureusement été tirées. Hiroshima en 1945 a probablement participé aussi à étoffer les analyses anarchistes du progressisme que l’on pourra lire aujourd’hui. [...] Dans ce texte, Marcus Graham expose une position révolutionnaire pour son temps. [Extrait de l’avant-propos]

8 octobre 2013 - Lucy Parsons

Aux vagabonds, aux chômeurs, aux déshérités, aux miséreux...

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Originalement publié dans le numéro du 4 octobre 1884 du journal anarchiste Alarm, ce texte fut distribué sous forme de tract par l’International Working People’s Association, organisation anarchiste dont le but était de reprendre là ou la première AIT (1864-1877) s’était arrêtée, et à laquelle appartenaient Albert Parsons (compagnon de Lucy), August Spies, et d’autres anarchistes emprisonnés et exécutés à la suite de la tentative insurrectionnelle de Haymarket à Chicago en 1886. D’origine afro-américaine, mexicaine et indienne Creek, Lucy nait en 1853 et grandit dans un ranch au Texas où elle est esclave, elle participera toute sa vie au combat anarchiste, jusqu’à sa mort dans l’incendie de sa maison à Chicago le 7 mars 1942.

22 septembre 2013 - Anonyme

Tu l’auras dans l’os

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« Haaa... Bonjour madame […] alors comment ça va ? Ça fait tellement plaisir de vous voir... » 5 minutes plus tard… « Putain cette conasse elle m’a encore tenu la jambe pendant une heure avec ses histoires à la con, elle a rien de mieux à foutre ! »

Voilà le genre de phrase qu’on entend à longueur de temps quand on est contraint de vendre ses journées dans ce qu’on appelle le petit commerce. Parce que le client a toujours raison, quitte à lui chier sur la gueule dès qu’il a franchi la porte (et qu’aucun autre portefeuille sur pattes n’est en vue bien sûr).

Extrait de Lucioles n°1, Bulletin anarchiste du Nord-Est de Paris, novembre/décembre 2010.

1er mai 2013 - Aviv Etrebilal

Aux origines du pouvoir

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« Pourquoi donc sommes nous regroupés, parqués à l’intérieur de catégories imaginaires comme la nation, l’Etat, le peuple ou l’ethnie ? Parce qu’il faut, pour gouverner, savoir qui l’on gouverne, il faut délimiter les contours d’un dominion à gouverner, et il faut bien trouver des critères géographiques pour délimiter, et créer une mythologie pour assurer la cohésion de ces critères géographiques forcément irrationnels. Là, le mythe joue son rôle mobilisateur en créant de l’adhésion, car il est plus facile d’adhérer à une forme de domination lorsqu’elle se travestit du voile mythique que lorsque le fer rutilant de son épée apparaît tel qu’il est. La force métaphysique du mythe tient dans le fait qu’elle provoque bien plus que la simple acceptation, elle provoque l’adhésion et même l’enthousiasme jusqu’au sacrifice, les guerres entre nations, ethnies et religions à travers le monde et l’histoire en témoignent. »

10 mars 2013 - Des anarchistes solidaires au mépris des frontières , Henry Zegarrundo , Non Fides , Solidaridad Negra

Chronique d’un chemin caillouteux

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Le 29 mai 2012 à La Paz, capitale de la Bolivie, une vague de perquisitions est menée par la FELCC (force spéciale de lutte contre le crime), lors de laquelle treize personnes sont embarquées. De délation en délations, il ne reste que cinq inculpés, accusés d’un certain nombre d’attaques incendiaires ou explosives contre l’administration pénitentiaire, le vice-ministère de l’environnement, une caserne militaire, banques et entreprises entre 2011 et 2012. Parmi eux, Henry Zegarrundo est le seul à être resté digne de son éthique anarchiste face à l’Etat et ses sbires, rejetant toute forme de délation et d’innocentisme. Il est toujours incarcéré à la prison de San Pedro à La Paz. Voici donc un recueil de lettres de prison et de textes de contre-information et de solidarité sur la situation du compagnon et sur l’affaire en général, car pour nous anarchistes, la solidarité ne connaît pas de frontières.

28 février 2013 - Guerre au Paradis

Dans la mêlée

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« La guerre sociale est une vieille histoire, elle est le constat que de tout temps, des conflictualités diverses ont opposé à la domination des formes de réponses variées. De l’attaque diffuse, petite, grande, communiquée ou non, reproductible à souhait aux grèves sauvages, occupations, sabotages jusqu’à l’émeute, la prise d’arme, l’insurrection… Jamais le répit de la domination ne fut total, et notre but est de le briser hargneusement, mais avec la joie qui caractérise l’émancipation. La guerre sociale ne se commence pas, l’on ne peut qu’y contribuer. »

Ce texte, que nous avons choisi de republier ici, est l’édito de la revue anarchiste Guerre au Paradis n°1, publiée à Paris en mars 2010.

6 février 2013 - E. Armand

L’Authentique Embusqué

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Le texte qui suit a été rédigé par Armand en réponse à un article de La Guerre sociale dénonçant les embusqués, (le journal, d’abord antimilitariste, évolue vers le nationalisme avant de rallier l’union sacrée en 1914) mi-1915.

6 janvier 2013 - Pierre Kropotkine

Le Principe Anarchiste

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« Regardez autour de vous. Qu’en est-il resté de tous les partis qui se sont annoncés autrefois comme partis éminemment révolutionnaires ? - deux partis seulement sont seuls en présence : le parti de la coercition et le parti de la liberté ; Les Anarchistes, et, contre eux, - tous les autres partis, quelle qu’en soit l’étiquette.

C’est que contre tous ces partis, les anarchistes sont seuls à défendre en son entier le principe de la liberté. Tous les autres se targuent de rendre l’humanité heureuse en changeant, ou en adoucissant la forme du fouet. S’ils crient « à bas la corde de chanvre du gibet », c’est pour la remplacer par le cordon de soie, appliqué sur le dos. Sans fouet, sans coercition, d’une sorte ou d’une autre, - sans le fouet du salaire ou de la faim, sans celui du juge ou du gendarme, sans celui de la punition sous une forme ou sur une autre, - ils ne peuvent concevoir la société. Seuls, nous osons affirmer que punition, gendarme, juge, faim et salaire n’ont jamais été, et ne seront jamais un élément de progrès ; et que sous un régime qui reconnaît ces instruments de coercition, si progrès il y a, le progrès est acquis contre ces instruments, et non pas par eux.

Voilà la lutte que nous engageons. Et quel jeune cœur honnête ne battra-t-il pas à l’idée que lui aussi peut venir prendre part à cette lutte, et revendiquer contre toutes les minorités d’oppresseurs la plus belle part de l’homme, celle qui a fait tous les progrès qui nous entourent et qui, malgré dela, pour cela même fut toujours foulée aux pieds ! »

Extrait des Temps nouveaux N° 67, 1913.

28 décembre 2012 - Giuseppe Ciancabilla

Contre l’organisation

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Il n’est pas vrai que nous sommes des individualistes, si on essaye de définir ce mot en termes d’isolation et de séparation des éléments, évitant toute association dans la communauté sociale et supposant que l’individu puisse se suffire à lui-même. Nous soutenons le développement des initiatives individuelles. Quel anarchiste ne voudrait pas se rendre coupable de cet individualisme ? Si l’anarchiste est celui qui aspire à l’émancipation de toute forme d’autorité morale et matérielle, comment ne pourrait-il pas reconnaître que l’affirmation de son individualité, libre de toutes obligations et de l’influence autoritaire externe, est tout à fait bienveillante ? Car elle est la plus certaine des indications d’une conscience anarchiste.
Contre l’organisation, La Protesta umana, 1903.

18 décembre 2012 - Sébastien Faure

Douze preuves de l’inexistence de Dieu suivi de Les crimes de Dieu

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« Se trouve-t-il un homme sensé et réfléchi, pouvant admettre qu’il existe, ce Dieu dont on nous dit, comme s’il n’était enveloppé d’aucun mystère, comme si l’on n’ignorait rien de lui, comme si on avait pénétré toute sa pensée, comme si on avait reçu toutes ces confidences : Il a fait ceci, il a fait cela, et encore ceci, et encore cela. Il a dit ceci, il a dit cela, et encore cela. Il a agi et parlé dans un tel but et pour telle autre raison. Il veut telle chose, mais il défend telle autre chose ; il récompensera telles actions et il punira telles autres. »
Sébastien Faure, Douze preuves de l’inexistence de Dieu, conférence tenue en 1908.

2 décembre 2012 - Anonyme

Considérations sur les assemblées

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Dans les assemblées on ne discute pas tous ensemble, on écoute les interventions de ceux qui sont plus habiles à exposer leur positions en les faisant ainsi passer pour la Raison collective. Celui qui parle mieux, c’est-à-dire qui possède la parole plus persuasive, contrôle l’assemblée et la plupart du temps c’est aussi celui qui l’organise). Tous ceux qui ont fréquenté des assemblées en voient clairement le fonctionnement. Quand la composition en est plus homogène, on voit le ricochet de deux ou trois voix qui se dirigent docilement vers une décision souvent déjà prise ailleurs. Les spectateurs, en silence, prennent des notes mentales de ce qu’ils peuvent dire au cas où quelqu’un les interroge sur leurs idées. Qui a des doutes ou des perplexités, se retiendra de les exposer, par crainte d’être contredit par une réponse brillante. Si les assemblées sont plus élargies, alors c’est une lutte entre différentes factions afin d’obtenir l’hégémonie. Amplifiés par les groupes respectifs de supporters, les discoureurs les plus habiles se livrent bataille. Ici, le nombre peut faire la différence, car il n’est point sûr que la parole la plus habile soit aussi la dernière. Il faut tenir compte aussi des ambitions personnelles et des rapports affectifs, tout l’enchevêtrement de sympathies, antipathies, préjugés, calculs stratégiques, rancunes, vanité et ainsi de triste suite.

27 novembre 2012 - prole.info

Guerre de classe

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« Nous n’avons ni propriété ni business pour faire de l’argent, du coup on est bien obligés de vendre notre temps et notre énergie à quelqu’un d’autre. Nous sommes la classe ouvrière d’aujourd’hui : les proles. »

« Nous sommes la classe des travailleurs qui voulons abolir le travail et les classes. Nous sommes la communauté de ceux qui veulent foutre en l’air les communautés existantes. Notre programme politique c’est de détruire la politique. Pour cela, nous devons appuyer les tendances subversives qui existent aujourd’hui, jusqu’à ce qu’elles bouleversent la société de fond en comble. Il y a un temps, c’est ce qu’on appelait la « révolution ». »

Work - Community - Politics - War a été publié en 2005 sur le site américain prole.info. Déjà traduit dans une dizaine de langues, nous avons voulu diffuser ce manifeste « pour une guerre de classe » en version française.

Pour toutes remarques, suggestions et sollicitations, ou bien si vous souhaitez diffuser ce bouquin (imprimé à plusieurs milliers d’exemplaires), un petit mail à vinaigre... Ce pamphlet est également disponible sur internetdown.org

VERSION AUDIO

14 octobre 2012 - A. G. Schwarz

Les assemblées anarchistes ouvertes

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L’auteur de ce texte, qui a vécu en Grèce et a prit part aux assemblées anarchistes qui s’y tenaient raconte et argumente en faveur de cette pratique de manière critique. Il y compare à l’occasion l’assemblée ouverte dans les mouvements anarchistes aux Etats Unis et en Grèce. Ce texte a d’abord été publié à l’origine en anglais sur anarchistnews.org (le 14 Novembre 2010) puis sur the anarchist library. Il a ensuite été traduit et publié en français en Mai 2012 sur Le Cri Du Dodo.

12 septembre 2012 - Collectif

Punks versus État socialiste : RDA, années 80

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« Une perspective sans perspective, un paysage d’apocalypse qui ne me laissait entrevoir aucun espoir de réaliser mes désirs ou mes aspirations, mais qui m’offrait à la place l’amitié indestructible de l’Union soviétique, l’unité du Peuple et du Parti, l’unité du Parti et de l’état, et le futur comme un présent sans fin. »

Voir aussi :
Expériences est-allemandes dans les années 80
(Too much future vol.1)

9 juin 2012 - E. Armand

Petit manuel anarchiste individualiste

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Etre anarchiste c’est nier l’autorité et rejeter son corollaire économique : l’exploitation. Et cela dans tous les domaines où s’exerce l’activité humaine. L’anarchiste veut vivre sans dieux ni maîtres ; sans patrons ni directeurs ; alégal, sans lois comme sans préjugés ; amoral, sans obligations comme sans morale collective. Il veut vivre librement, vivre sa conception personnelle de la vie. En son for intérieur, il est toujours un asocial, un réfractaire, un en dehors, un en-marge, un à-côté, un inadapté. Et pour obligé qu’il soit de vivre dans une société dont la constitution répugne à son tempérament, c’est en étranger qu’il y campe.
1er juillet 1911

3 juin 2012 - Belgrado Pedrini

Nous fûmes les rebelles, nous fûmes les brigands...

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C’est l’histoire d’un jeune homme autodidacte de 18 ans qui s’engage dans la lutte révolutionnaire. Le parti fasciste est alors installé aux commandes de l’Etat italien depuis près d’une dizaine années. C’est l’histoire d’un anarchiste qui s’arme contre lui bien avant 1943, année du débarquement anglo-américain en Sicile, de la chute provisoire de Mussolini et des débuts officiels de la Résistance. Bien avant la fin de la trêve entre le fascisme brun et le fascisme rouge. Celle qui a par exemple conduit le Parti communiste italien, inféodé à Togliatti, à proposer à ses militants d’infiltrer les indispensables structures de masse créées par les fascistes pour un jour les retourner à son propre service.
Un jour… L’attente dans une nuit sans fin, en cette période qui précède le second conflit mondial. Des poignées d’hommes courageux et déterminés sont pourtant prêts à risquer le tout pour le tout plutôt que de continuer à survivre sous un tel régime. Comme sous n’importe quel régime d’ailleurs, dès lors qu’il est placé sous le règne de l’Etat, de l’exploitation ou de la marchandise.

Introduction à l’édition française de Nous fûmes les rebelles, nous fûmes les brigants, novembre 2005.

22 avril 2012 - anonymes

Terreur et union nationale

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Nous refusons et nous combattons à la fois le chantage de l’unité nationale, le ralliement sous la bannière républicaine, qui est toujours l’horreur étatique et capitaliste. Nous refusons tout autant de crier avec les loups avides de racket communautaire et religieux, cette autre forme de muselage universel qui, loin de s’opposer à la domestication politique et au règne de l’argent, en est leur compagnon de route historique, très efficace pour diffuser hiérarchie, fatalisme, obéissance et division entre pauvres.
Si nous autres opprimés, indésirables et révoltés dans ce monde, devons critiquer et combattre jour après jour tout ce qui fait de nous des esclaves, ça ne sera jamais en tirant dans le tas, ni pour répandre la terreur et l’horreur, mais précisément pour en finir avec tout ce qui en est la cause : l’État, le racisme et le nationalisme, l’argent, Dieu.

Texte anonyme, diffusé en mars 2012.

11 avril 2012 - Alexandre Jacob

Souvenirs d’un révolté

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De 1900 à 1903, Jacob organisa avec quelques camarades une bande de voleurs dont l’ambition était de faire de la « reprise » une entreprise « scientifique ». Pour eux, le vol ne devait pas être une réappropriation personnelle mais une attaque en règle contre le monde des puissants. La justice répertoria 156 cambriolages commis dans cette période par ceux que la presse avait baptisés les « travailleurs de la nuit ». Leurs cibles étaient les riches, le projet était de les punir en les frappant au portefeuille, leur plus sensible organe.
Loin de se contituer une fortune personnelle, Jacob aida généreusement les oeuvres libertaires. Le 21 avril 1903, il fut pris non loin d’Abbeville, après une expédition qui avait mal tourné. C’est l’épisode que narrent les Souvenirs d’un révolté.

4 avril 2012 - Joseph Déjacque

De l’être humain mâle et femelle - Lettre à P.J. Proudhon

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Qu’est-ce que l’homme ? rien. – Qu’est-ce que la femme ? rien. – Qu’est-ce que l’être-humain ? – TOUT.

Du fond de la Louisiane où m’a déporté le flux et le reflux de l’exil, j’ai pu lire dans un journal des Etats-Unis, la Revue de l’Ouest, un fragment de correspondance entre vous, P.J. Proudhon, et une dame d’Héricourt.

Les quelques mots de Madame d’Héricourt cités par ce journal me font craindre que l’antagoniste féminin ne soit pas de force – polémiquement parlant – à lutter avec son brutal et masculin adversaire.

Nouvelle-Orléans, mai 1857.

25 mars 2012 - Zo d’Axa

Vous n’êtes que des poires !

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« Instruire le peuple ! Que faudra-t-il donc ? Sa misère ne lui a rien appris. Tant qu’il y aura riches et pauvres, ces derniers s’attelleront d’eux-mêmes pour le service commandé. L’échine des travailleurs est habituée au harnais. Au temps de la jeunesse et de la force, ils sont les seuls domestiques qui ne ruent pas dans les brancards.

L’honneur spécial du prolétaire consiste à accepter en bloc tous les mensonges au noms desquels on le condamne aux travaux forcés : devoir, patrie, etc. Il accepte, espérant ainsi se hisser dans la classe bourgeoise. La victime se fait complice. Le malheureux parle du drapeau, se frappe la poitrine, ôte sa casquette et crache en l’air :

– Je suis un honnête ouvrier !

Ça lui retombe toujours sur le nez. »

5 textes extraits de La Feuille, journal fondé par Zo d’Axa en 1897 et qui paraît jusqu’en 1899. Une anthologie des meilleurs articles, (Les Feuilles, éd. Société libre des gens de lettres, Paris) est parue en 1900.

Sommaire

* À toute occasion
* Le candidat de « La feuille »
* Aux Électeurs
* Il est élu
* L’honnête ouvrier

19 mars 2012 - E. Armand

Se sentir vivre

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« J’écris ces lignes en pleine période électorale. Les murs sont barbouillés d’affiches de toutes les couleurs ou on s’en dit de toutes les couleurs, sans jeu de mots. Qui n’a pas son parti – son programme – sa profession de foi ? Qui n’est pas socialiste ou radical ou progressiste ou libéral ou « proportionnaliste » – le dernier cri du jour ? C’est la grande maladie du siècle, cette abnégation du moi. On est d’une association, d’un syndicat, d’un parti ; on partage l’opinion, les convictions, la règle de conduite d’autrui. On est le mené, le suiveur, le disciple, l’esclave, jamais soi-même. »
Extrait de L’Ère Nouvelle, n°46, mi-avril 1910

29 février 2012 - Albert Libertad

La joie de vivre

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Devant la fatigue de la lutte, combien ferment les yeux, croisent les bras, s’arrêtent, impuissant et découragés. Combien, et des meilleurs, sont tant lassés qu’ils quittent la vie, ne la trouvant pas digne d’être vécue. Quelques théories à la mode et la neurasthénie aidant, des hommes considèrent la mort comme la suprême libération.

Contre ces hommes, la société sort des arguments clichés. On parle du but « moral » de la vie : on n’a pas le « droit » de se tuer, les douleurs « morales » doivent être supportées « courageusement », l’homme a des « devoirs », le suicide est une « lâcheté », le partant est un « égoïste », etc. – toutes phrases à tendances religieuses et qui n’ont aucune valeur dans nos discussions rationnelles.

Qu’est donc le suicide. Le suicide est l’acte final d’une série de gestes que nous faisons tous plus ou moins selon que nous réagissons contre le milieu ou que le milieu réagit contre nous.

Extrait de l’Anarchie, 25 avril 1907.

19 février 2012 - Anonyme

A couteaux tirés avec l’Existant, ses défenseurs et ses faux critiques

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En s’exerçant un peu, on pourrait passer des jours entiers sans la moindre idée. Les rythmes quotidiens pensent à notre place. Du travail au « temps libre », tout se déroule dans la continuité de la survie. On a toujours quelque chose à quoi s’agripper. Au fond, la caractéristique la plus stupéfiante de la société actuelle est de faire cohabiter les « petits conforts quotidiens » avec une catastrophe à portée de main. En même temps que l’administration technologique de l’existant, l’économie avance dans l’incontrôlabilité la plus irresponsable. On passe des divertissements aux massacres de masse, avec l’inconscience disciplinée des gestes programmés. L’achat-vente de mort s’étend à tout le temps et tout l’espace.

Ce texte nous vient d’Italie, publié initialement en 1998.

2 janvier 2012 - Anonyme

Saut dans l’inconnu

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Nous nous demandons ici à quoi pourrait bien ressembler une pratique anarchiste révolutionnaire dans les conditions sociales spécifiques de la Suisse. Il nous semble d’abord nécessaire de mettre de côté l’illusion qui ne sert que trop souvent à justifier notre propre résignation, l’illusion selon laquelle ici tout serait mille fois plus difficile qu’ailleurs, tout serait totalement pacifié, et que de toutes façons, personne ne s’intéresserait à nos idées. Ceci pour considérer ensuite les particularités locales qui nécessitent une démarche pas forcément plus difficile ou plus facile mais qui est simplement autre qu’ailleurs. C’est pour cela que nous ne nous intéressons pas aux idéologies révolutionnaires qui se plaquent comme une moule rigide sur une réalité dont elles restent toujours séparées de par leur nature. C’est aussi pour cela que nous ne pensons pas non plus que les expériences et les méthodes développées et pratiquées par des compagnons en d’autres lieux ou en d’autres temps puissent être simplement calquées. Nous voulons tirer notre inspiration de tout ce qui nous plaît, mais toujours dans le but de développer nos propres méthodes que nous considérons comme les plus adaptées à notre situation. Nous ne connaissons que trop bien la tendance de certaines personnes à répéter des fragments simplifiés des théories révolutionnaires anciennes, dont l’usure leur est cachée par le simple fait qu’ils n’essaient pas de les appliquer à quelque lutte effective. Celui qui souhaite véritablement changer en profondeur la réalité dans laquelle il vit ne se satisfera d’aucune illusion. Celui qui se passionne pour la subversion veut agir immédiatement. Alors, abandonnons tout modèle et étudions nos possibilités.

23 décembre 2011 - Alfredo M. Bonanno

Et nous serons toujours prêts à nous emparer encore une fois du ciel

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Originellement écrit en mars 1984, ce texte d’Alfredo M. Bonanno parle de bien des sujets, à commencer par celui des lois autour de l’amnistie en Italie dans les années 1970 et 1980. Mais Bonanno va plus loin et aborde aussi des questions comme l’implication des anarchistes dans les luttes, la violence et la lutte armée. Autant de choses qui restent encore aujourd’hui d’actualité.

16 décembre 2011 - Joseph Déjacque

A bas les chefs !

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A toute idée présente et à venir, salut ! L’autorité a régné si longtemps sur les hommes, elle a tellement pris possession de l’humanité, qu’elle a laissé partout garnison dans son esprit. Aujourd’hui encore, il est difficile, autrement qu’en idée, de la saper de fond en comble. Chacun des civilisés est pour elle une forteresse qui, sous la garde des préjugés, se dresse en ennemie sur le passage de la liberté, cette envahissante amazone.
Texte paru dans Le Libertaire n°12, en avril 1859.

8 novembre 2011 - Jules Rivet

Liberté, Liberté chérie...

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Les bons citoyens récitent des oraisons, font la queue, bien en ordre, devant les percepteurs. Ils font la queue, aussi, devant les bureaux de vote où s’élaborent les majorités futures. Les bons citoyens applaudissent le ministre Machin lorsqu’il a renversé le ministre Chose, puis applaudissent le ministre Chose lorsqu’à son tour il a renversé le ministre Machin. Il ne leur vient jamais à l’idée de se débarrasser de Chose et de Machin.
Le bon citoyen vote, paie, applaudit.
Il fait comme les autres :
— Bée ! Bée ! Bée !…
L’anarchiste n’est pas un bon citoyen.

4 août 2011 - Albert Libertad , anonymes , Aviv Etrebilal , Giuseppe Ciancabilla , Max Stirner

Notre Individualisme et autres textes...

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Notre individualisme est un texte écrit à la première personne, à la fois vision personnelle de l’individualisme anarchiste et présentation volontairement accessible de cette pensée souvent méconnue ou caricaturée. Le besoin s’en faisait ressentir depuis déjà pas mal de temps, voici donc une modeste contribution, une goutte d’eau dans la mer des débats sur l’anarchisme, suivie de quelques classiques dépoussiérés pour l’occasion ou de textes plus récents qui ont attiré notre attention sur le sujet.

Sommaire :
Notre individualisme - Aviv Etrebilal
Liberté individuelle et société - Max Stirner
L’Individu contre l’Etat - Max Stirner
Sur la responsabilité individuelle
L’Individualisme - Albert Libertad
L’important ce n’est pas de savoir d’où on vient mais de décider où on va
Contre l’organisation - Giuseppe Ciancabilla

6 juillet 2011 - Claude Guillon , Octavio Alberola , Yves Coleman

Noam Chomsky et ses amis...

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« Comme le rappelle l’un des critiques américains de Chomsky, chacun a bien le droit de prendre un parti qui est celui -à strictement parler- de la contre-révolution. Il doit être déconstruit et critiqué -en un mot combattu-, et cela avec d’autant moins de complaisance qu’il se drape dans les plis du drapeau noir pour donner du panache et un pedigree flatteur à un anarchisme d’opinion, devenu discipline universitaire, acteur de la pluralité démocratique ou curiosité muséologique.

20 décembre 2010 - Errico Malatesta

Fra Contadini

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Écrit en 1883 et publié en 1884 à Florence, ce dialogue entre paysans fut un véritable succès de propagande anarchiste en Italie d’abord et dans le reste du monde ensuite. Quelques années plus tard, en 1887, c’est Kropotkine qui ouvrira la voie à une multitude de traductions en lui donnant une version française (c’est celle-ci que nous avons choisi de reprendre ici) à laquelle succédera la version espagnole, puis anglaise, allemande, roumaine, néerlandaise, norvégienne, tchèque, hébraïque, arménienne et ainsi de suite. Dans un langage simple, proche du parler populaire italien de l’époque, Malatesta s’attelle à poser des pistes pour des solutions aux divers problèmes sociaux en parlant au cœur comme au cerveau. Ces deux paysans, Jacques et Pierre (Beppe et Giorgio dans la version originale italienne) sont deux personnages dans lesquels tout le monde peut se reconnaître, en particulier Jacques, censé représenter le discours classique et influencé que Pierre, l’anarchiste, essaye de démonter.
Un succès qui peut s’expliquer par sa capacité, par le biais de la forme dialogue, à parler à tous, bien au-delà de la simple paysannerie, en faisant vibrer le mot exploitation chez tous ceux qui la subissent, et liberté chez tous ceux qui la désirent.

4 novembre 2010 - Manuel Devaldès

Réflexions sur l’individualisme

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«  Ne pouvons-nous, individus, remplacer l’État par nos libres associations ? A la loi générale, collective, ne pouvons-nous substituer nos conventions mutuelles, révocables dès qu’elles sont une entrave à notre bien-être ? Avons-nous besoin des patries parcellaires qu’ont faites nos maîtres, alors que nous en avons une plus vaste : la Terre ? Et ainsi de suite. Autant de questions que le libre examen de l’individualiste résout justement à l’avantage de l’individu. Sans doute, ceux qui vivent du mensonge, qui règnent par l’hypocrisie, les maîtres et leur domesticité de prêtres et de politiciens, peuvent être d’un avis différent parce que leur petit, très petit intérêt les y invite. »

Ce texte de Manuel Devaldès fut publié en janvier 1936 dans le n°157 de La Brochure Mensuelle.

10 mars 2010 - Dominique Misein

Au centre du volcan

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Il y a des écrits, parfois, rarement même, qui réussissent à parler à toutes les parties de votre cerveau en même temps. Au centre du volcan, qui apparait ici pour la première fois en français est de ceux-là. Dans ce texte qui prend pour fil conducteur la critique du concept de Progrès, l’auteur examine de façon critique les révolutions des XIXe et XXe siècles à la lumière de la réalité des émeutes et des insurrections qui n’ont pas suivi les traces des quelques architectes politiques de la révolution (on y cite par exemple, l’avènement du socialisme). Il explore également, sur les traces de Bakounine et Coeurderoy, les relations généralement considérées comme dichotomiques, entre la raison et les passions, afin de se réapproprier les deux dans un souci d’émancipation totale. C’est de l’inconnu que tente de nous parler ce texte, de cette grande inconnue qu’est l’insurrection, qui arrête le temps et le démolit comme le Vésuve contre Pompéi. Comme la guerre sociale contre la routine du quotidien. Mais c’est aussi de la peur qu’elle inspire dont nous parle ce texte italien, lorsque le retour à la normale n’est plus possible. Nous vous invitons donc à le lire avec intérêt, à en diffuser le contenu, plus que le bout de papier que vos doigts triturent.

22 février 2010 - Collectif

Contre l’Unité

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Dans ce modeste recueil, on pourra trouver quelques textes, presque toujours liés à des situations et à des contextes particuliers, cependant, si nous les avons réunis ici c’est qu’ils participent tous plus généralement d’une même cohérence antipolitique. "Antipoliquoi ?..." s’exclameront certains. Une nouvelle théorie à la mode chez les anarchistes de salon ? L’antipolitique, peu importe le nom qu’on lui donne (il n’aura de toute manière aucune nécessité), est une tendance réelle au sein du mouvement anarchiste international parmi ceux qui luttent et qui font quotidiennement le choix de ne pas sombrer dans les méandres militarisés de la stratégie et de sa tactique au nom desquelles tant ont retourné leurs vestes, prouvant à ceux qui ne voulaient pas y croire à quel point éthique, idées, désirs, individu et rêves pouvaient être bradés sur l’autel de la reconnaissance, de la représentation et de la médiation.

21 janvier 2010 - Alfredo M. Bonanno

Dissonances

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Si la dissonance est partie intégrante de l’harmonie et constitue l’autre résultat, celui qui est toujours prévisible et même désirable, sa coagulation libre dans les processus de réalisation aléatoire produit quelque chose d’autre, une rupture qui n’est pas facilement amendable. Que chacun respecte le cycle complet dans le lit rassurant de la rivière des significations, avec laquelle les transporteurs d’eau étouffent nos craintes, mais ailleurs.
Ici on propose une lecture risquée : une chance, un voyage ouvert à d’autres possibilités.

SOMMAIRE :
- Mettre sa vie en jeu
- Maladie et Capital
- Que faire de l’anti-fascisme ?
- La Maladie Communautaire
- La perte du langage
- Inactualités sur les drogues

1er janvier 2010 - Renzo Novatore

Et notre haine rit...

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Dans ce bref recueil de textes de ce combattant de l’anarchisme individualiste, la poésie vengeresse et paroxystique croise du regard le browning de l’anarchiste bandit. La ferveur éclatante de la prose d’Abele Rizieri Ferrari, alias Renzo Novatore, en dit long sur ce qui anime celui qui passe à l’acte, qui donne à ses idées le tournant pratique qu’elles impliquent, au prix de la vie, d’une vie menée contre toutes formes d’utopies, contre toutes métaphysiques, le sort d’un certain iconoclaste de La Spezia qui fabriquait des vers comme il fabriquait des grenades.
Ici Novatore nous parle de solidarité, de l’innocence et de la culpabilité, sujets d’une actualité brûlante, en 1922 comme aujourd’hui. Il nous parle du sacré, qu’il soit Christ ou Droit-de-l’homme. Il nous parle, de façon détournée, de la révolution à l’Est. Il nous parle aussi de ce que nous voulons y lire, c’est là la force du poète capable de transformer sa lyre en poignard.

« Notre tâche ultime, à nous individualistes anarchistes, sera de faire sauter la dernière Arche à coups de bombes et le dernier dictateur à coups de Browning. La nouvelle société restaurée, nous retournerons en marge d’elle pour vivre notre vie dangereusement, notre vie de nobles criminels et d’audacieux pécheurs ! »

14 décembre 2009 - Clément Duval

Je suis l’ennemi de la propriété individuelle

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Le 12 janvier 1887, le jury de la Seine condamne Clément Duval, un serrurier de 37 ans, à la peine de mort. Membre fondateur du groupe La Panthère des Batignolles, il a cambriolé le 4 octobre 1886 un hôtel particulier de la rue Monceau, y a dérobé pour quinze mille francs d’argenterie et de bijoux avant d’y mettre le feu. Le 17 octobre, les agents de la Sûreté tentent de s’emparer de lui alors qu’il se rend chez un receleur. Au cri de “au nom de la loi, je vous arrête”, il répond “au nom de la liberté, je te casse la tête !” avant de planter un couteau dans le corps du brigadier Rossignol. C’est donc pour vol, incendie et tentative de meurtre qu’il est condamné à mort avant que sa peine ne soit commuée le 28 février aux travaux forcés à perpétuité. Dans cette brochure, sa déclaration devant la cour d’assises, le 11 janvier 1887, à l’époque distribuée dans la rue à 50 000 exemplaires.

11 novembre 2009 - Et pour appui, le vertige , Julius

De la politique considérée comme opium du peuple

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Les trois textes [proposés] sont issus du recueil Et pour appui, le vertige, rédigé au début des années 1990, par le cercle affinitaire et éphémère du même nom. L’objectif de leurs auteurs était d’approfondir la critique de la politique, en particulier des variantes à prétention révolutionnaire auxquelles ils avaient parfois participé au cours des deux décennies de combats précédents en Europe. En France, bon nombre de critiques, surgies dans la foulée de Mai 68, ne dépassaient pas le cadre du refus de l’institution politique. Elles n’allaient pas jusqu’à rompre avec la représentation politique en général, tant la tradition jacobine, qui lui attribue le rôle de démiurge de l’histoire, hantait, et hante toujours en partie, le cerveau de nos contemporains. Dans des milieux hostiles à l’Etat, on assista même à la tentative de lui redonner ses lettres de noblesse d’antan, au nom de la subversion de la société capitaliste. Tous les discours de l’époque sur le thème : « Mettre la politique révolutionnaire au poste de commande » ne signifiaient rien de plus.

Pour toute correspondance : nuee93 AAA free . fr.

7 novembre 2009 - Le Rétif

Leur Paix

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"Nous nous refusons à la guerre, parce que nous aimons profondément la vie. Pour la même raison nous ne voulons pas non plus de cette paix. D’un coté ou de l’autre nous nous trouvons toujours en présence de la mort, alors que toutes nos forces, nos aspirations, nos volontés montent vers la vie !"

1er novembre 2009 - Anonyme , Venomous Butterfly et Willful Disobedience , Wolfi Landstreicher

De la Politique
à la Vie

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Dans ce texte sous forme de proposition générale pour une rupture avec la gauche adressée à tous les anarchistes qui ne souhaitent plus attendre de miraculeux lendemains qui chantent, l’auteur trace des pistes claires pour une lutte anti-politique avec pour volonté d’avoir une incidence sur la pensée comme sur les actes.

cette rupture avec la gauche est basée sur la nécessité de libérer la pratique de l’anarchie des confins et des limites de la politique, ce n’est certainement pas pour embrasser la droite ou toute une autre partie du spectre de la politique. Il s’agit plutôt d’une reconnaissance qu’une lutte pour la transformation de la totalité de la vie, une lutte pour reprendre le contrôle de chacune de nos vies dans un mouvement collectif pour la réalisation individuelle, ne peut qu’être entravée par des programmes politiques, des organisations « révolutionnaires » et des constructions idéologique auxquelles il faudrait s’asservir, parce que celles-ci aussi, tout comme l’État et le capital, exigent que nous leur donnions nos vies plutôt que d’en reprendre le contrôle.

Nos rêves sont bien trop grands pour les limites étroites du réalisme politique. Cela fait déjà depuis trop longtemps que nous aurions du laisser la gauche derrière nous pour continuer sur notre joyeuse voie vers l’inconnu de l’insurrection et la création de vies pleines et auto-déterminées.

23 octobre 2009 - Collectif

Jours de Rage

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Les événements insurrectionnels consécutifs à l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos par un flic constituent une suite logique à un état de tension culminant entre les anarchistes et les autorités depuis plusieurs années. Rien qu’en novembre 2008, un nombre conséquent d’actions directes et d’actes de sabotage ou de vandalisme avait de quoi mettre la police sur les dents. Tout comme les assassinats (ou bavures) et tortures légitimés par le pouvoir n’étaient que des étincelles pour allumer le feu de la révolte. Cette brochure reprend des textes provenant de blogs anarchistes ou de sites Indymedia, et son contenu chronologique cherche à montrer comment survient une période insurrectionnelle et comment un soulèvement populaire se met en place, et surtout ce qui s’y passe, d’un côté comme de l’autre. Ces témoignages peuvent donc nous permettre d’envisager comment cela pourrait se dérouler dans n’importe quel autre pays d’Europe...

Cette brochure ne se prétend pas exhaustive. Les textes et infos contenus dans cette brochure proviennent essentiellement d’Indymedia-Athènes, Emeutes & Amour, Le Jura libertaire et la revue Cette Semaine (n° 97 et 98).

Sommaire :
- Novembre-décembre 2008 - Communiqués de presse (médias autonomes et presse bourgeoise)
- Du 6 au 31 décembre 2008 - Chronologie de l’insurrection populaire consécutive à l’assassinat d’ Alexis Grigoropoulos par la police grecque (médias autonomes)
- Communiqués émis pendant l’insurrection de décembre 2008

19 octobre 2009 - Alfredo M. Bonanno , Antoine Gimenez , Belgrado Pedrini , Emilio Strafelini , Non Fides , Severino Di Giovanni

L’Anarchisme contre l’antifascisme

(HTML) (PDF,24.5 Mo) (PDF,22.8 Mo) (web)

L’anti-fascisme est la lutte contre l’un des différents modes de gestion de l’État et de la domination. Il se place aux cotés de l’anti-théocratisme, l’anti-démocratisme, l’anti-républicanisme etc. Il n’est qu’un composant minimal parmi tant d’autres de l’anti-autoritarisme. Si nous décidons cependant de prendre la plume contre l’anti-fascisme d’un point de vue anarchiste, ce n’est pas par amour du fascisme, mais bien par haine de tous les modes de gouvernement de l’État, du pouvoir et de ses ennemis qui ne souhaitent que le gerer ou le remplacer par un autre.
L’anti-fascisme a trop souvent servi d’excuse à des unions sacrées et des fronts unis d’alliances contre-nature, il a trop souvent servi à renforcer la succession du fascisme par d’autres sociétés de domination, telles que la démocratie. Lorsque l’anti-fascisme n’est que l’autre nom de la défense de l’existant, il n’est qu’un autre adversaire du projet anarchiste.

C’est pourquoi nous opposons ici l’anarchisme à l’anti-fascisme.

1er septembre 2009 - Collectif

Peste noire

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Le 22 mai 2009, à côté de l’Ecole de Gendarmerie de Santiago du Chili, un anarchiste est mort dans l’explosion de l’engin qu’il transportait sur son vélo. Il s’appelait Mauricio Morales.

Peste noire réunit plusieurs textes relatifs au décès de Mauricio, mais aussi et surtout, aux luttes auxquelles il participait.

Sommaire :
- Un compagnon est mort
- Perquisitions en série
- Le squat Sacco & Vanzetti résiste
- Enterrement de Mauricio
- Arrestation puis incarcération de Cristian
- De quelques faux-amis...
- Perquisition à Pudahuel, Diego dans la nature...
- Le défi consiste à briser la peur, le silence et la passivité
- Un large spectre de possibilités de solidarité
- Bref aperçu de la situation avant la mort de Mauri
- Chronologie partielle de la solidarité

23 août 2009 - Voltairine de Cleyre

De l’action directe

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Texte publié dans Mother Earth en 1912.

Sommaire :
- Qu’est-ce que l’action directe ?
- Quelques exemples historiques
- La Guerre de Sécession
- John Brown
- Les luttes actuelles contre l’esclavage salarié
- Pourquoi les patrons ont peur des grèves
- Toute grève est synonyme de violence
- Les adversaires de l’action directe
- Comment pourrons-nous briser nos chaînes ?
- Et en attendant ce jour béni ?
- Action politique et action directe

9 juin 2009 - Maurice Vlaminck

Désobéir

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Des maximes et anecdotes d’une tonalité anti-industrielle, critique envers les Fronts populaires, par ce peintre fauviste et anarchiste. L’image de couverture est la reproduction de l’une de ses toiles, « Autoportrait » (1911).

20 avril 2009 - Le vaisseau des morts

Aux Insoumis de la pacification sociale

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Parce que l’exploitation, l’enfermement, le contrôle, l’isolement ou la domination ne sont pas que des mots, on peut se briser les os courbé sur une machine à coudre, comme derrière une chaîne de montage ; on peut tourner en rond dans une cage en attendant d’être ligoté dans un charter, comme compter les jours en attendant le prochain parloir derrière l’hygiaphone ; on peut aller chercher des mômes à l’école avec l’angoisse de se faire arrêter à la sortie, comme les y abandonner pour regarder tranquillement sa télé ; on peut s’entasser à dix dans une cave, comme on peut se croire chanceux dans une cage à poule ; on peut échapper à la rafle des flics pour retomber dans les filets de la communauté, comme on peut esquiver le contrôle de la BAC pour finir sous la coupe de ses grands frères ; on peut interpeller les petits voleurs en faisant le vigile, comme on peut dénoncer les incendiaires de poubelle de derrière sa fenêtre.

Pour briser les chaînes de la résignation et de la peur, peu importe l’époque, il est toujours la même heure, et il est plus que temps…

6 avril 2009 - Anonyme

Les Indésirables

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Gli indesiderabili/Les indésirables a été publié la première fois en mars 2000 en italien et en français.

"Il y a de plus en plus d’indésirables dans le monde. Il y a trop d’hommes et de femmes pour qui cette société n’a prévu qu’un rôle : celui de crever. Morts pour le monde ou pour eux-mêmes, la société ne les désire qu’ainsi.
Sans travail, ils servent à pousser ceux qui en ont un à accepter n’importe quelle humiliation afin de le préserver. Isolés, ils servent à faire croire aux citoyens se prétendant tels qu’ils ont une réelle vie commune (entre les paperasseries de l’autorité et les rayons des marchandises). Immigrés, ils servent à alimenter l’illusion d’avoir des racines chez des prolétaires seuls avec leur néant au bureau, dans le métro ou devant la télévision. Clandestins, ils servent à rappeler que la soumission salariale, n’est pas le pire - il existe aussi le travail forcé et la peur qui serre le ventre à chaque contrôle de routine. Expulsés, ils servent à renforcer, sur tous les réfugiés économiques de l’hécatombe capitaliste, le chantage du bannissement vers une misère sans retour. Prisonniers, ils servent à menacer avec le spectre de la punition ceux qui ne veulent plus de cette misérable existence. Extradés en tant qu’ennemis de l’Etat, ils servent à faire comprendre que dans l’Internationale de la domination et de l’exploitation il n’y a aucun espace pour le mauvais exemple de la révolte.
Pauvres, isolés, étrangers partout, incarcérés, hors-la-loi, bannis : les conditions de ces indésirables sont de plus en plus communes. Commune peut alors devenir la lutte, sur la base du refus d’une vie chaque jour plus précarisée et artificielle. Citoyens ou étrangers, innocents ou coupables, clandestins ou réguliers : ces distinctions des codes étatiques ne nous appartiennent plus. Pourquoi la solidarité devrait-elle respecter ces frontières sociales, alors que les pauvres sont continuellement trimbalés de l’une à l’autre ?

Nous ne sommes pas solidaires de la misère, mais de la vigueur avec laquelle les hommes et les femmes ne la supportent pas."

12 mars 2009 - Venomous Butterfly et Willful Disobedience

Notes sur l’anarchisme insurrectionaliste

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L’anarchisme insurrectionaliste n’est pas une solution idéologique à tout les problèmes sociaux, un produit sur les étals du marché des idéologies et des opinions, mais une pratique en mouvement qui vise à mettre fin à la domination de l’Etat et à l’écoulement tranquille du capitalisme. Nous ne sommes pas à la recherche d’une société idéale fournie clé en main, ni d’une utopie consommable.

Texte original en anglais de Venomous Butterfly et Willful Disobedience, paru dans le N°2 de la revue Killing king Abacus, en 2001.
Traduction par Non Fides, 2009.
Nous nous sommes permis d’adapter quelque peu ce texte, sans toutefois ne jamais dévier de son essence.

1er mars 2009 - Pierre Clastres

La société contre l’État

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3 textes de Pierre Clastres :
Introduction de l’édition de Marée Noire.
L’anthropologie politique, une interview de 1974.
La question du pouvoir dans les sociétés primitives.
La société contre l’État (chapitre 11).
Repères biographiques
Bibliographie

16 février 2009 - George Woodcock

La tyrannie de l’horloge

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Maintenant, le mouvement de l’horloge donne la cadence aux vies humaines : les humains sont asservis à la conception du temps qu’ils ont eux mêmes produite et sont maintenus dans la peur, comme Frankenstein par son propre monstre. Dans une société saine et libre, une telle domination arbitraire de la fonction humaine par l’horloge ou la machine serait hors de question.

30 janvier 2009 - anonymes

Mauvaises intentions #2

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« Comment parler de cette répression qui nous touche dans nos façons de lutter, parce qu’elle vise des modes d’organisation et des pratiques dans lesquels nous nous reconnaissons ? Comment ne pas se considérer comme des martyrs ni comme des victimes ?
On peut tenter de faire d’une situation de répression un moment de lutte, sur lequel nous devrions être capables de trouver des prises. Choisir le discours que nous voulons porter, défendre des pratiques de lutte inscrites dans leur contexte social.
On a choisi de parler de ces arrestations, avec la certitude qu’elles s’inscrivent dans une réalité politique plus vaste, qu’elles sont liées à la question du système dans lequel on est, à son contrôle, à ses taules... Parce que d’une répression “spécifique” surgissent des questions plus larges qui touchent tout un chacun, l’aspect défensif de l’anti-répression doit s’allier à d’autres batailles. Quand plusieurs personnes se retrouvent en prison, accusées de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, cela devrait logiquement entraîner une solidarité au moins de la part de tous ceux qui participent à la lutte contre les centres de rétention et aux côtés des sans-papiers. Il y a un enjeu, au sein même de cette lutte, à être solidaire des inculpés et à se battre pour leur libération.
 »

Recueil de textes publics - janvier 2009
contact : solidaritesinculpesAAAriseup.net


Infokiosques.net, pour sa part, propose le DOSSIER "Mauvaises Intentions", où se trouvent archivés - de la manière la plus exhaustive possible - les textes, analyses, comptes-rendus d’actions glanés sur les sites d’informations "alternatifs"...

16 juin 2008 - anonymes , un ami de Ludd

À l’air libre - S’opposer à la répression

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- "À l’air libre. Notes sur la répression et ses contours"
- "S’opposer à la répression. Réflexe conditionné ou mouvement volontaire ?"

2 textes italiens des dernières années qui tentent d’amener une analyse critique sur les luttes "anti-répression" en Italie.

Ces derniers temps, l’Etat italien utilise à tour de bras l’outil antiterroriste local, à savoir l’accusation d’"association subversive, et mène régulièrement des coups de filets anti-anarchistes...

Comment résister à la pression ? Comment continuer la lutte subversive ?... Quelques pistes dans ces deux textes.

19 mai 2008 - anonymes

Mauvaises intentions #1

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Rien d’étonnant à ce que l’Etat veuille fusionner ces deux peurs : peur du « terrorisme », peur des « anarchistes ». C’est à nouveau chose faite depuis quelques mois. Si l’idée de constituer ce dossier de presse nous est chère, c’est qu’il s’agit de démonter, une bonne fois pour toute, ce mécanisme qui incarcère directement un petit nombre et qui souhaite museler le plus grand nombre.

Dossier de presse & recueil de textes publics - mai 2008
contact : solidaritesinculpesAAAgmail.com


Infokiosques.net, pour sa part, propose le DOSSIER "Mauvaises Intentions", où se trouvent archivés - de la manière la plus exhaustive possible - les textes, analyses, comptes-rendus d’actions glanés sur les sites d’informations "alternatifs", ainsi que les articles policiers de la "grande presse" se rapportant à l’"outil antiterroriste" et à la "mouvance anarcho-autonome"...

24 avril 2008 - Balthasar Martinez

Mémoires d’un ouvrier en Espagne durant la période 1920-1940

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Balthasar Martinez raconte sa vie d’ouvrier syndiqué à la CNT avant l’éclatement de la guerre, puis son internement par le régime franquiste dans le camp de concentration de Pampelune.

Ces Mémoires ressemblent à un scénario de film. Mais c’est bien la réalité qui est décrite. Celle de la vie d’ouvriers espagnols avant le début de la guerre civile. Un témoignage édifiant sur la faiblesse de l’État Républicain qui a laissé la réaction organiser son coup d’état tout en maintenant l’exploitation des ouvriers. Un témoignage sur une conscience révolutionnaire loin des théoriciens de salon.

27 mars 2008 - Carlo Cafiero

Anarchie et Communisme

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"Anarchie et communisme" est la reproduction du rapport lu par Carlo Cafiero en 1880 à l’occasion du congrès de la Fédération jurassienne de l’A.I.T. (Association Internationale des Travailleurs) à Chaux-de-Fonds. Ce texte de Cafiero fut publié pour la première fois la même année à Genève, dans le journal anarchiste Le Révolté.

Cafiero explique ici que "nous devons être communistes, parce que nous sommes des anarchistes, parce que l’anarchie et le communisme sont les deux termes nécessaires de la révolution"...

25 janvier 2008 - Laudelino Iglesias

Paroles de FIES

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Surmonter les peurs

Certainement, nous subissons des formes de contrôle et de répression qui produisent beaucoup de peurs. Mais nous ne pouvons et ne devons pas laisser ces peurs nous paralyser. Parce que c’est précisément ce à quoi vise le système qui nous exploite et nous opprime.

La peur est subjective, chaque personne l’expérimente et l’exprime de manière différente. Mais la peur peut être raisonnée, ce qui nous rend plus prudents et aiguise notre intelligence et notre imagination.

Pour certaines personnes, la peur est un prétexte pour ne rien faire.

Ils préfèrent ramasser les miettes que le système leur jette et méconnaître leur dignité d’être humain. Il leur est plus facile de s’accommoder de ces miettes et d’ attendre les fruits des luttes que d’autres mènent et qui finalement amélioreront la situation de toutes et tous.

Nous sommes tous des êtres humains et nous ressentons tous la peur.

Mais des valeurs comme la solidarité et la liberté donnent à beaucoup d’entre nous la force de surmonter les peurs que nous instille le système.

Mille choses peuvent être faites, chacune, chacun selon ses possibilités.

L’essentiel est d’être actif dans la lutte contre le système.

Ni leurs caméras de surveillance, ni leurs écoutes, ni leurs harcèlements policiers, ni leurs arrestations, ni leurs mauvais traitements, ni leurs tortures, ni leurs farces judiciaires, ni leurs incarcérations, ni leurs assassinats ne peuvent, ni ne doivent paralyser notre lutte pour la solidarité et la liberté.

OppriméEs et exploitéEs, nous sommes tous affectéEs d’une manière ou d’une autre. Ensemble nous vaincrons. Ne pensons pas seulement à ce que nous pouvons perdre, mais à tout ce que nous avons à gagner.

Détruisons les murs physiques et mentaux qui nous enferment.

Solidarité et Liberté !!

Une goutte qui déborde du vase

3 octobre 2007 - Adesso

Oui, mais au fond, qu’est-ce que vous voulez ?

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Ces quelques lignes ont été écrites en juillet 2004 par un anarchiste italien. Frappé par la répression comme d’autres compagnons à travers tout le pays, il se trouvait alors incarcéré à la prison de Trento.

C’est au cours de ce séjour qu’il en a profité pour jeter sur le papier ces brèves réflexions, destinées à donner une première réponse à tous ceux qui, inlassablement, finissent par demander « Oui, mais au fond, qu’est-ce que vous voulez ? ». Elles ont ensuite été publiées dans une feuille de critique sociale du coin, Adesso.

Ni bréviaire du petit anarchiste contemporain comme se plaisent à en imprimer quelques éditeurs (un marché s’est semble-t-il réouvert depuis les émeutes de Gênes en juillet 2001), ni guide à conserver chez soi entre deux auteurs très 19e siècle comme on les aime dans certaines organisations, il s’agit au contraire d’un texte qui, tout en se revendiquant d’une éthique anarchiste, cherche à poser en quelques lignes la vie pour laquelle nous nous battons, « conscient que ce que nous voulons ne peut que “porter la panique à la superficie des choses” ».

Comme des pierres jetées sur l’eau et dont les cercles s’agrandiraient à l’infini.

Traduit de l’italien.
Adesso, feuille de critique sociale - Rovereto, 6 septembre 2004, numéro 19.

15 avril 2007 - Octave Mirbeau

La grève des électeurs

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Un texte anti-électoral publié dans Le Figaro (si si !) le 28 novembre 1888.

18 mars 2007 - Un « Incontrôlé » de la Colonne de Fer

Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1937

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Cet appel d’un milicien anarchiste inconnu, appartenant à la fameuse « Colonne de Fer », paraît bien être, jusqu’à ce jour, l’écrit le plus véridique et le plus beau que nous ait laissé la révolution prolétarienne d’Espagne. Le contenu de cette révolution, ses intentions et sa pratique, y sont résumés froidement, et passionnément. Les principales causes de son échec y sont dénoncées : celles qui procédèrent de la constante action contre-révolutionnaire des staliniens relayant, dans la République, les forces bourgeoises désarmées, et des constantes concessions des responsables de la C.N.T-F.A.I. (ici amèrement évoqués par le terme « les nôtres ») de juillet 1936 à mars 1937.

19 janvier 2007 - Albert Libertad

Le criminel, c’est l’électeur !

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Placard anti-électoral, 1er mars 1906.
Publié par l’anarchie n°47 et signé Albert Libertad.

17 novembre 2006 - Élisée Reclus

L’Anarchie

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Élisée Reclus présente sa conception de l’anarchie...

"L’anarchie n’est point une théorie nouvelle. Le mot lui-même pris dans son acception "absence de gouvernement", de "société sans chefs", est d’origine ancienne et fut employé bien avant Proudhon."

15 novembre 2006 - Pierre Kropotkine

L’esprit de révolte

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Dans ce texte, Pierre Kropotkine analyse les racines de la révolution française de 1789 ainsi que l’agitation politique et populaire qui la précède.

« Au milieu des plaintes, des causeries, des discussions théoriques, un acte de révolte, individuel ou collectif, se produit, résumant les aspirations dominantes. Il se peut qu’au premier abord la masse soit indifférente. Tout en admirant le courage de l’individu ou du groupe initiateur, il se peut qu’elle veuille suivre d’abord les sages, les prudents, qui s’empressent de taxer cet acte de « folie » et de dire que « les fous, les têtes brûlées vont tout compromettre. » Ils avaient si bien calculé, ces sages et ces prudents, que leur parti, en poursuivant lentement son oeuvre, parviendrait dans cent ans, dans deux cents ans, trois cents ans peut-être, à conquérir le monde entier, et voilà que l’imprévu s’en mêle ; l’imprévu, bien entendu, c’est ce qui n’a pas été prévu par eux, les sages et les prudents. Quiconque connaît un bout d’histoire et possède un cerveau tant soit peu ordonné, sait parfaitement d’avance qu’une propagande théorique de la Révolution se traduire nécessairement par des actes, bien avant que les théoriciens aient décidé que le moment d’agir est venu ; néanmoins, les sages théoriciens se fâchent contre les fous, les excommunient, les vouent à l’anathème. Mais les fous trouvent des sympathies, la masse du peuple applaudit en secret à leur audace et ils trouvent des imitateurs. A mesure que les premiers d’entre eux vont peupler les geôles et les bagnes, d’autres viennent continuer leur oeuvre ; les actes de protestation illégale, de révolte et de vengeance se multiplient.

L’indifférence est désormais impossible. Ceux qui, au début, ne se demandaient même pas ce que veulent les « fous » sont forcés de s’en occuper, de discuter leurs idées, de prendre parti pour ou contre. Par les faits qui s’imposent à l’attention générale, l’idée nouvelle s’infiltre dans les cerveaux et conquiert des prosélytes. Tel acte fait en quelques jours plus de propagande que des milliers de brochures. »

2 octobre 2006 - Alexandre Jacob

Pourquoi j’ai cambriolé

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Cette brochure présente une déclaration de l’anarchiste illégaliste Alexandre Marius Jacob lors de son procès à Amiens en mars 1905.

Au sommaire :
- Jacob devant ses juges (légalisme et illégalisme, quelques exemples de déclarations antérieures à celle de Jacob, la dernière ligne droite des individualistes)
- "Pourquoi j’ai cambriolé", par Alexandre Jacob.
- Repères (le mousse, l’apprenti anarchiste, l’illégaliste anarchiste, le procès d’Amiens)

27 septembre 2006 - Garnier

Pourquoi j’ai tué

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Ecrits de Garnier, anarchiste illégaliste ayant fait partie de la fameuse "Bande à Bonnot" au début du XXème siècle...

9 septembre 2006 - Pierre Kropotkine

La Commune de Paris

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Pierre Kropotkine revient dix ans après sur les événements de la Commune de Paris afin de tirer les enseignements de ses réussites et de ses échecs.

31 août 2006 - Collectif

Expériences est-allemandes dans les années 1980

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« Les autres, ceux qui ne collaboraient pas, étaient tout de suite des ennemis d’Etat. A l’époque, il suffisait d’avoir fait quelque chose qui ne leur plaisait pas. Tu étais pour ou contre. Il n’y avait rien entre. Si tu n’allais pas voter, c’est que tu étais contre la RDA et tu étais traité comme tel. "Qui n’est pas pour est contre" était la devise de la Stasi. »

Voir aussi :
Punks versus État socialiste : RDA, années 80
(Too much future vol.2)

17 juillet 2006 - Daniel Guérin , L’Empereur Tomato Ketchup

Proudhon, un refoulé sexuel

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Daniel Guérin s’attache ici à "considérer l’un des aspects les moins connus de l’œuvre du grand réformateur social : sa vive et insolite curiosité à l’égard de l’homosexualité. Curiosité d’autant plus surprenante qu’il passait, a juste titre, pour un homme de mœurs rigides et que, par ailleurs, l’auteur de la posthume Pornocratie était enclin a tonner contre les écarts de la chair."

A la suite du texte de Daniel Guérin, quelques citations réactionnaires de divers personnages célèbres accompagnent d’autres citations de Proudhon, toutes aussi rétrogrades, notamment au sujet des femmes...

15 juin 2006 - Emilie Lamotte , Shalazz

Emilie Lamotte [1877-1909]

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1877-1909 : Emilie Lamotte. Anarchiste, ancienne institutrice, néo-malthusienne, auteure de brochures sur l’éducation et la contraception, d’une pièce de théâtre, rédactrice au Libertaire et L’anarchie, propagandiste, peintre et dessinatrice, milieu-libriste, nomade en roulotte et volage... Voici quelques uns de ses textes sur l’éducation, la contraception, l’amour, parus entre 1905 et 1911, brochures, articles de presse ou pièce de théâtre.

8 juin 2006 - Shalazz

Louis Rimbault et "Terre Libérée", 1923-1949

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Terre libérée, Luynes, 1923-1949.
"Centre libre de Pratique Végétalienne. Oeuvre de Retour à la Terre, de Régénération et de Libération individuelle"

Louis Rimbault 1877-1949.
Individualisme anarchiste, illégalisme, végétalisme, naturisme, médecine préventive, nudisme, anti-industrialisme, régénération, libération, évasion...

Terre Libérée, Louis Rimbault : l’une ne va pas sans l’autre. Non pas dans un désir de personnaliser absolument l’expérience ou de lui trouver nécessairement un meneur (ce que Rimbault lui même récuserait). Mais parce que tous les écrits, tous les témoignages sur Terre Libérée tournent autour de ce personnage haut-en-couleur, mégalomane et fantaisiste et en même temps d’un rationalisme exacerbé...

2 janvier 2006 - Shalazz

Milieux libres en France (1890-1914)

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Un siècle plus tôt... Des anarchistes qui se groupent pour vivre et agir ensemble hors des syndicats et des organisations : "vivre en anarchiste", "vivre en camaraderie" comme ils/elles le racontent... Voici un aperçu de ces expériences et de leurs auteurs.

7 novembre 2005 - Mikhaïl Bakounine

Le principe de l’État

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"Il est dans la nature de l’Etat de se poser aussi bien pour lui-même que pour tous ses sujets comme l’objet absolu. Servir sa prospérité, sa grandeur, sa puissance, c’est la vertu suprême du patriotisme. L’Etat n’en reconnaît point d’autre : tout ce qui lui sert est bon, tout ce qui est contraire à ses intérêts est déclaré criminel, telle est la morale de l’Etat."

Dans ce texte, Bakounine expose les origines religieuses du concept d’Etat, et s’attarde notamment sur "un Être essentiellement vaniteux" : Dieu.

19 mai 2005 - Emma Goldman

Un an au pénitencier de Blackwell’s Island

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Chapitre inédit en français traduit de Living my life, l’autobiographie d’Emma Goldman, où elle narre sa première année d’emprisonnement au pénitencier de Blackwell’s Island

22 mars 2004 - Michel Foucault

Introduction à la vie non-fasciste

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Extraits de Dits et Ecrits III, où le camarade Foucault nous parle de la vie.

5 février 2004 - Philippe Coutant

Comment devenir un bon dirigeant politique en 10 leçons ?

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La méthode Assimil-vite-la-politique nous permet de publier en exclusivité quelques extraits de sa méthode éprouvée pour devenir un dirigeant politique puissant. Ceci donne des résultats efficaces pour un investissement raisonnable. Nous vous la conseillons donc.

12 janvier 2004 - Anonyme

Tous les chefs ont tort !

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Pourquoi les chefs sont toujours nuisibles...

28 novembre 2003 - Des squatteureuses anarchistes d’un peu partout et d’ailleurs...

Interface ou Intersquat, une histoire de chartes

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Publié initialement à Grenoble en août 2003, le détournement anarchiste de la Charte des artistes des Collectifs d’INTERFACE (Culture, art et squats) ne cherche pas à être « représentatif » de l’ensemble des squats qui ne se retrouvent pas dans la charte INTERFACE mais constitue avant tout une prise de position antagoniste aux propositions de la Charte INTERFACE, dans le but d’ouvrir un débat clair sur les enjeux politiques du squat.

La mode citoyenniste en milieu contestataire nous paraît très dangereuse pour les options qui se prennent dans la plupart des luttes sociales aujourd’hui. La charte INTERFACE en est un des symptômes parmi d’autres.

La Charte INTERSQUAT de squatteureuses anarchistes est au niveau de la forme directement calquée sur celle d’INTERFACE. Chaque paragraphe est directement lié au paragraphe correspondant de la charte INTERFACE.

Considérer les dominants, les oppresseurs de fait (l’Etat, le propriétaire, les institutions, la justice), comme des interlocuteurs valables, dont les paroles et les actes seraient équivalents aux nôtres, c’est se contenter de notre position soumise (squatteureuses, artistes ou non, soumis-es aux lois, aux institutions, aux forces de l’ordre, etc.) ou carrément la nier. Renvoyer dos à dos les autorités et les squatteureuses comme INTERFACE le fait dans sa charte, c’est nier l’antagonisme des rapports sociaux et la nécessité pour tou-te-s d’en finir avec la hiérarchie sociale pour enfin pouvoir être autonomes. Reprendre possession de nos vies, agir sur le monde sans jouer le jeu du pouvoir, voilà (entre autres) ce qui motive beaucoup de squatteureuses, voilà ce qui devrait motiver celles et ceux qui n’ont que peu de pouvoir sur leur propre vie et sur celle de la société dans laquelle illes vivent.

2 août 2003 - Darkveggy

Manifeste d’un anargeek v1.0a

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Anarchiste et passionné par les nouvelles technologies informatiques (geek), Darkveggy nous explique pourquoi il est un anargeek.

15 juin 2003 - Marianne Enckell

Une toute petite histoire de l’anarchisme

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L’histoire des anarchistes est largement absente des manuels et n’a percé dans le monde universitaire que depuis peu. Les lignes qui suivent donnent un aperçu, quelques bribes, des lignes de force, scandées par des chansons.

7 juin 2003 - Ravachol

Déclaration [interdite] de Ravachol à son procès

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François Claudius Kœnigstein, dit Ravachol (Ravachol, un de ses surnoms, est le nom de sa mère) est né le 14 octobre 1859 à Saint-Chamond (Loire, France). Miséreux, il était devenu anarchiste en pensant que l’origine de la misère et des inégalités sociales se trouve dans les fondements mêmes de la société capitaliste et hiérarchisée. Le refus de son sort le conduisit à voler les riches, d’abord sans violence, puis avec assassinat. Révolté par l’injustice de condamnations à l’encontre de militants anarchistes, il dynamite en mars 1892 le domicile de leur juge, puis de son substitut. Mais, reconnu dans un café à Paris, il est arrêté quelques jours après ces deux coups d’éclat. Il est condamné au bagne à perpétuité, pour ses attentats, le 26 avril 1892 ; puis le 21 juin suivant, il est condamné à la guillotine pour meurtres. Le 11 juillet 1892 à Montbrison, la célèbre machine à tuer lui tranche le cou.

Le texte suivant a été écrit par Ravachol pour être prononcé lors de son procès, le 21 juin 1892. Cela lui a semble-t-il été interdit. Voici ce que rapporte Emile Pouget dans un article intitulé “Ravachol” paru dans Le Père Peinard n°172 du 3-10 juillet 1892 : « Ravachol avait une sacrée envie de coller son grain de sel dans la défense, non pour se défendre, mais pour s’expliquer. Y a pas eu mèche, nom de dieu ! A la quatrième parole, le chef du comptoir lui a coupé le sifflet. Sa déclaration n’est pas perdue, nom d’une pipe ! ».

Zanzara athée, janvier 2004