THEMES

Religions et croyances

5 juillet 2017 - Max Stirner

La Marotte

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Mais ce que le Christianisme (la Religion) a machiné contre les appétits, ne serions-nous pas en droit de le retourner contre l’Esprit (pensées, représentations, idées, croyances, etc.), par lequel il prétend que nous soyons déterminés ? Ne pourrions-nous exiger que l’Esprit, les représentations, les idées, ne pussent plus nous déterminer, cessassent d’être fixes et hors d’atteinte, autrement dit « sacrées » ? Cela aurait pour effet de nous affranchir de l’Esprit, de nous délier du joug des représentations et des idées.

Le Christianisme disait : « Nous devons bien posséder des appétits, mais ces appétits ne doivent pas nous posséder. » Nous lui répondons : « Nous devons bien posséder un esprit, mais l’Esprit ne doit pas nous posséder. »

La Marotte est extrait de la première partie de L’Unique et sa propriété, de Max Stirner (publié en 1844, traduit par Robert L. Reclaire en 1899).

7 mars 2017 - B. Traven / Ret Marut

Le chagrin de Saint-Antoine

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« Peut-être avait-il surestimé le pouvoir de la bénédiction, ou bien avait-il mal rangé la montre dans sa poche, ou bien encore celle-ci en était-elle tombée toute seule ? Quoi qu’il en soit, la montre avait disparu.

Il chercha dans la mine pendant toute la durée de son travail, mais la montre ne réapparut pas et demeurait introuvable.

Il ne restait plus rien d’autre à faire à Sylvestre que d’attendre dimanche pour remettre l’affaire en ordre avec l’aide de l’Eglise et de ses saints. En bon catholique, comme tous les Indiens, il savait se signer correctement et connaissait par coeur tous les noms des saints qui pouvaient être utiles pour sortir de n’importe quelle situation. Pour les objets perdus mais non pas volés, San Antonio est le saint qui sait toujours où ils se cachent. »

Le chagrin de saint Antoine, nouvelle mexicaine de B. Traven.

19 décembre 2016 - Anonyme

Ce sont des empoisonneurs

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Ils nous mentent. Dieu, Allah, Yahvé n’existent pas. Il n’y a pas de vie après la mort.

Ces sinistres illusions sont entretenues afin de nous faire accepter tout le carcan de normes morales et de règles sociales qui nous font vivre en esclaves, dans l’enfer qu’est ce monde. Un enfer bâti par les pouvoirs d’État, par le capitalisme et aussi par les religieux.

Pour prêtres et bigots, la vie ne serait qu’une épreuve à endurer afin de gagner une récompense dans l’au-delà. Mais ils nous mentent : nous n’avons que cette vie-ci. Leurs cieux irréels ne sont rien d’autre que l’image de la Justice, la main du pouvoir qui distribue rétributions et punitions ici bas.

Les religions sont un instrument pour maintenir les exploités obéissants, pour justifier le pouvoir et la richesse de quelques-uns. L’idée de divinité est la racine même du principe d’autorité et son pendant, la foi, est celle de la servitude volontaire, ce venin de l’esprit.

Affiche collée sur les murs de Bruxelles, de Paris et d’ailleurs en 2016.

3 septembre 2015 - Dominique Caboret , Philippe Garrone

... la Tiqqounnerie

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Destiné, courant 1999, à un groupe restreint de personnes, le texte qui suit se proposait de décrire dans leur généralité les filiations philosophiques et religieuses auxquelles, explicitement ou implicitement, se rattachaient les membres de la revue Tiqqun (alors à son premier numéro). Tiré à un nombre ridicule d’exemplaires, ce texte ne visait aucune diffusion publique. Une fuite (heureuse ?) lui a assuré depuis lors une diffusion notable, raison pour laquelle nous le livrons ici publiquement.

[...]

Ce que nous disions alors du but de ce texte n’a pas non plus changé : s’il apparaît comme centralement didactique, c’est qu’il doit être lu avant tout comme une fiche de lecture critique. Seule sa conclusion, sous forme de thèses, peut servir de tremplin à une critique plus directement politique.

21 juin 2015 - Albert Libertad

Le culte de la charogne

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« Comment pourrait­on con­naître la vie alors que les morts seuls nous dirigent ? [...]
Il faut jeter bas les pyramides, les tumulus, les tombeaux ; il faut passer la charrue dans le clos des cimetières afin de débarrasser l’humanité de ce qu’on appelle le respect des morts, de ce qui est le culte de la charogne. »

Albert Libertad, l’anarchie, 31 octobre 1907.

REJET DU PASSÉ, rejet des germes de mort ou de putréfaction qui empoisonnent déjà le futur, sont indissolublement liés : tel est le sens de la haine que porte Libertad au « culte de la charogne », dont toute la vie quotidienne subit l’envahissement : « Les morts nous dirigent ; les morts nous commandent, les morts prennent la place des vivants. » Jamais peut-être l’essence morbide de la démocratie, dans ses manifestations apparemment les plus disparates, n’a été perçue avec une telle lucidité.

Roger Langlais, préface à Libertad, Le Culte de la Charogne et autres textes, Éditions Galilée (Paris), mai 1976.

1er juin 2015 - Georg Klauda , Thomas Bauer

Elèves modèles et apprentis sorciers suivi de Islam homophobe, Occident tolérant ?

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"L’islam est homophobe, l’Occident tolérant", c’est cette formulation simpliste que l’auteur veut réfuter dans le premier article. Quant au second, il montre que l’islam moderne, qu’il soit radical ou modéré, ne peut être considéré comme en continuité avec l’islam traditionnel, et qu’il doit plus aux valeurs imposées par la colonisation qu’à ses racines historiques.

26 mars 2015 - Starhawk

Le temps des bûchers

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Extrait de Femmes, Magie et Politique, il s’agit d’une analyse de la chasse aux sorcières au travers des thèmes de l’expropriation de la terre, de l’expropriation de la connaissance et de la guerre à l’immanence.

8 décembre 2014 - Benjamin Péret

Je ne mange pas de ce pain-là

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Les trois couleurs au bout du nez
Tendu par un fil de fer barbelé
il affirmait qu’il remontait le moral des troupes

Il est crevé
Asticots jusqu’au bout
Dévorez cette charogne
et que ses os soient les sifflets de la révolution

Peau de tigre, in Je ne mange pas de ce pain-là.

Recueil de poèmes à couteaux tirés avec tous les pouvoirs, écrits de 1926 à 1936 et publié peu avant le départ de leur auteur pour l’Espagne révolutionnaire.

Sommaire (19 des 28 poèmes du recueil d’origine)

- Pour que monsieur Thiers ne crève pas tout à fait
- Le tour de France cycliste
- Louis XVI s’en va à la guillotine
- Le cardinal Mercier est mort
- Nungesser und Coli sind verreckt
- Le pouvoir temporel du pape
- Jeanne d’Arc
- Le congrès eucharistique de Chicago
- La mort de la mère Cognacq
- Le pacte des quatre
- La loi Paul Boncour
- Briand crevé
- Peau de tigre
- La mort héroïque du lieutenant Condamine de la Tour
- Vie de l’assassin Foch
- Petite chanson des mutilés
- Macia désossé
- La peste tricolore
- 6 décembre

1er mai 2013 - Aviv Etrebilal

Aux origines du pouvoir

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« Pourquoi donc sommes nous regroupés, parqués à l’intérieur de catégories imaginaires comme la nation, l’Etat, le peuple ou l’ethnie ? Parce qu’il faut, pour gouverner, savoir qui l’on gouverne, il faut délimiter les contours d’un dominion à gouverner, et il faut bien trouver des critères géographiques pour délimiter, et créer une mythologie pour assurer la cohésion de ces critères géographiques forcément irrationnels. Là, le mythe joue son rôle mobilisateur en créant de l’adhésion, car il est plus facile d’adhérer à une forme de domination lorsqu’elle se travestit du voile mythique que lorsque le fer rutilant de son épée apparaît tel qu’il est. La force métaphysique du mythe tient dans le fait qu’elle provoque bien plus que la simple acceptation, elle provoque l’adhésion et même l’enthousiasme jusqu’au sacrifice, les guerres entre nations, ethnies et religions à travers le monde et l’histoire en témoignent. »

18 décembre 2012 - Sébastien Faure

Douze preuves de l’inexistence de Dieu suivi de Les crimes de Dieu

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« Se trouve-t-il un homme sensé et réfléchi, pouvant admettre qu’il existe, ce Dieu dont on nous dit, comme s’il n’était enveloppé d’aucun mystère, comme si l’on n’ignorait rien de lui, comme si on avait pénétré toute sa pensée, comme si on avait reçu toutes ces confidences : Il a fait ceci, il a fait cela, et encore ceci, et encore cela. Il a dit ceci, il a dit cela, et encore cela. Il a agi et parlé dans un tel but et pour telle autre raison. Il veut telle chose, mais il défend telle autre chose ; il récompensera telles actions et il punira telles autres. »
Sébastien Faure, Douze preuves de l’inexistence de Dieu, conférence tenue en 1908.

2 octobre 2012 - B. Traven / Ret Marut

L’histoire d’un cadavre sans sépulture suivi de En revanche

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« - Quoi, qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? Scanda le capitaine.
- Un cadavre, la dépouille d’un compagnon.
- Et que fait-il là ?
[...]
- Ce qu’il fait là ? Il attend le Jugement dernier, mon capitaine.
- Et pourquoi ne l’attend-il pas, comme tout homme qui se respecte, au cimetière ? »

L’histoire d’un cadavre sans sépulture nous raconte comment un vagabond, trouvé mort de froid en pleine campagne, devient l’enjeu d’un conflit administratif et confessionnel entre deux villages allemands. L’affaire, qui traînera des années, ne devra sa fin qu’au déclenchement de la première guerre mondiale, l’unité nationnale prenant le pas sur toute autre considération.

Dans En revanche la guerre bat son plein, le patriotisme fait des ravages et gare à celui qui ne hurle pas avec les loups...

22 avril 2012 - anonymes

Terreur et union nationale

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Nous refusons et nous combattons à la fois le chantage de l’unité nationale, le ralliement sous la bannière républicaine, qui est toujours l’horreur étatique et capitaliste. Nous refusons tout autant de crier avec les loups avides de racket communautaire et religieux, cette autre forme de muselage universel qui, loin de s’opposer à la domestication politique et au règne de l’argent, en est leur compagnon de route historique, très efficace pour diffuser hiérarchie, fatalisme, obéissance et division entre pauvres.
Si nous autres opprimés, indésirables et révoltés dans ce monde, devons critiquer et combattre jour après jour tout ce qui fait de nous des esclaves, ça ne sera jamais en tirant dans le tas, ni pour répandre la terreur et l’horreur, mais précisément pour en finir avec tout ce qui en est la cause : l’État, le racisme et le nationalisme, l’argent, Dieu.

Texte anonyme, diffusé en mars 2012.

25 février 2012 - Jack London

La Force des Forts

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« Voila comment nous quittâmes la caverne pour l’arbre. »

À travers cette fable, Jack London nous ramène plusieurs milliers d’années en arrière dans une tribu confronté à l’apparition de la propriété, de la religion, des forces de police... tout ce qui fait nos sociétés modernes se retrouve concentré dans cette courte nouvelle.

C’est aussi une lecture idéale pour les tout petits.

29 janvier 2012 - Günther Anders

L’obsolescence du sens

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Je ne me fais évidemment aucune illusion. La quasi-totalité des travailleurs – et je compte également parmi les « travailleurs » les scientifiques, les ingénieurs, les hommes d’État – tiennent [...] ce genre de questions sur le sens lointain de leurs actes (pour autant qu’ils aient jamais croisé une telle pensée) pour une exigence ridicule. Mais ce qu’ils appellent « exigence », c’est ce que requièrent l’heure et toutes les heures qu’il nous est peut-être encore permis à nous êtres humains de vivre. Puisque, depuis 1945, il y va du « to be or not to be » de l’humanité, ce n’est vraiment pas trop cher payé de s’exposer au ridicule lorsqu’on formule cette « exigence ».
L’Obsolescence de l’homme, tome 2, 1972.

4 novembre 2010 - Manuel Devaldès

Réflexions sur l’individualisme

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«  Ne pouvons-nous, individus, remplacer l’État par nos libres associations ? A la loi générale, collective, ne pouvons-nous substituer nos conventions mutuelles, révocables dès qu’elles sont une entrave à notre bien-être ? Avons-nous besoin des patries parcellaires qu’ont faites nos maîtres, alors que nous en avons une plus vaste : la Terre ? Et ainsi de suite. Autant de questions que le libre examen de l’individualiste résout justement à l’avantage de l’individu. Sans doute, ceux qui vivent du mensonge, qui règnent par l’hypocrisie, les maîtres et leur domesticité de prêtres et de politiciens, peuvent être d’un avis différent parce que leur petit, très petit intérêt les y invite. »

Ce texte de Manuel Devaldès fut publié en janvier 1936 dans le n°157 de La Brochure Mensuelle.

7 octobre 2008 - Non Fides

Sur le sacré et son monde

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Sur le sacré et son monde, où l’on parle de religion, de la croyance, du doute, de la fidélité, du sacrifice, de la profanation, du citoyennisme, d’amour, d’amitié et d’Etat.
Ce texte paru pour la première fois dans Non Fides N°1 est ici légèrement augmenté et édité en brochure pour une diffusion plus large.

16 mars 2008 - MP

ON - Au sujet de l’usurpation et de la perte du temps dans le vieux monde réifié

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Au fil des siècles, les individus se virent dépossédés du temps. En dehors de quelques sursauts de l’histoire, de l’insolence et du courage de certains qui furent abattus sans sommation, la plupart ne s’aperçut de rien ou ne mesura pas assez tôt l’ampleur des dégâts.

Mais le processus fut lent avant de voir le temps des individus définitivement colonisé.

Cette petite brochure, diffusée sur Lille en 2002, s’attarde sur la question du temps et de son usurpation... Mais comme tout, ce temps de l’usurpation a une fin.

4 décembre 2005 - Richard Monvoisin

Le Sarkozy sans peine

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Nicolas Sarkozy est en 2005 le personnage politique préféré des français : « courageux », « efficace », il s’est taillé une réputation de spécialiste des dossiers brûlants. En 2003, il réussit, là où ses prédécesseurs se sont cassés les dents, à créer le Conseil Français du Culte Musulman, et se forge d’un coup une quadruple réputation de négociateur, d’homme à poigne, d’ami de l’Islam et d’homme-providence sur le prétendu problème des banlieues.

Il faudra attendre quelques mois encore pour feuilleter le livre-confidence « la République, les religions l’espérance », co-signé avec MM. Collin & Verdin : une œuvre qui se veut « contribution majeure à la réflexion sur les valeurs fondatrices de la République et l’avenir de la laïcité française » (sic !). En fait, un carnet faussement intime qui expose, outre sa démarche, sa foi et ses grands thèmes de « combat ».

Mais si le ton se veut sincère et le propos de bon sens, les opinions distillées sont inquiétantes : remise en cause de la laïcité, instrumentalisation des cultes et thèmes les plus réactionnaires défilent à grands coups d’amalgames, de clientélisme et de leviers populistes.

L’objectif de cette brochure est d’analyser dans les propos de M. Sarkozy sur quoi reposent ses opinions, et en quels actes elles peuvent être amenées à se traduire. Analyse nécessaire car lorsque l’on apprend qu’en voulant miser sur la religion pour combattre la délinquance, le ministre de l’Intérieur a intronisé la frange fondamentaliste de l’Islam en France, et qu’on découvre cela dans un ouvrage co-écrit par la fine fleur fondamentaliste, - catholique cette fois -, on n’a plus aucun doute sur le fait que Nicolas Sarkozy, potentiel futur chef de l’État, n’est vraiment pas un modéré.

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

11 novembre 2005 - Anonyme

Les stratégies et techniques employées pour la manipulation de l’opinion publique et de la société

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En dix points rapides, comprendre les ressorts de la manipulation médiatico-politicienne... Pour pouvoir mieux les combattre !

7 novembre 2005 - Mikhaïl Bakounine

Le principe de l’État

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"Il est dans la nature de l’Etat de se poser aussi bien pour lui-même que pour tous ses sujets comme l’objet absolu. Servir sa prospérité, sa grandeur, sa puissance, c’est la vertu suprême du patriotisme. L’Etat n’en reconnaît point d’autre : tout ce qui lui sert est bon, tout ce qui est contraire à ses intérêts est déclaré criminel, telle est la morale de l’Etat."

Dans ce texte, Bakounine expose les origines religieuses du concept d’Etat, et s’attarde notamment sur "un Être essentiellement vaniteux" : Dieu.