THEMES

Grèves et luttes de travailleurs

8 avril 2015 - Sandra C.

Révolution bourgeoise et luttes de classes en France, 1789-1799

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L’histoire grand public montre la Révolution française comme un moment de violence extrême et aveugle exercé par les classes populaires manipulées par des leaders révolutionnaires, tout en focalisant sur l’épisode fatidique de la Terreur vue comme une dérive regrettable. Loin de ces clichés servant des intérêts de classe, les faits montrent comment les travailleurs urbains et ruraux ont mené des luttes autonomes pour un monde meilleur dépassant ainsi le contenu bourgeois de la Révolution, et forgeant des expériences pour les combats à venir.

Cette approche de la période révolutionnaire française entend rappeler que la lutte des classes n’est pas un concept construit de toute pièce. Aujourd’hui, face aux ravages du capitalisme, qui puise ses racines dans ce moment-charnière que constitue la fin du XVIIIe siècle, les prolétaires d’ici et d’ailleurs ne peuvent rien attendre d’un réformisme qui n’en finit pas de nous resservir les mêmes recettes miracles pour « humaniser » ce système.

Cette brochure constitue la 1ère partie d’un travail sur la Révolution française et couvre la période 1789-1792, de la crise de l’Ancien Régime à la chute de la monarchie. La période qui suit la chute de la monarchie jusqu’au coup d’État du 18 brumaire fera l’objet d’une autre publication, à suivre...

12 septembre 2014 - Collectif anarchiste Cercle de Feu

Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce

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« Après la révolte de décembre [2008] et au milieu d’une crise généralisée du système, il est indispensable pour les anarchistes de diffuser le plus largement possible leur discours et leurs positions, à travers leur présence politiquement distincte et leur intervention dans les luttes sociales et de classe, dans le but de contribuer à la radicalisation de ces dernières, à leur connexion ainsi qu’au renforcement des ruptures que celles-ci sont capables de créer avec le régime. Mais cette présence et cette intervention ne doivent pas être momentanées et occasionnelles ; elles doivent être durables et organisées. Pour contribuer à la création d’un mouvement révolutionnaire massif capable de renverser l’Etat et le capital, ouvrant le chemin vers l’Anarchie et le Communisme. »

26 novembre 2012 - prole.info

A bas les restaurants

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« Y’en a marre ! Ce sera le dernier client chiant. Le dernier connard de gérant. La dernière engueulade avec un collègue. Le dernier plat puant de moules. La dernière fois que tu te brûles ou te coupes parce que tu es dans le speed. La dernière fois que tu te promets que tu donnes ta démission demain et que tu te retrouves à promettre la même chose, deux semaines plus tard. Un restaurant est un endroit misérable. »

« Notre lutte n’est pas contre le geste de couper des légumes, de laver la vaisselle, de verser de la bière ni même de servir de la nourriture à d’autres personnes. Elle est contre la façon dont tous ces actes se rassemblent dans un restaurant, séparés d’autres actes, pour faire partie de l’économie et faire croître le capital. Le point de départ et de fin de ce processus est une société de capitalistes et de personnes obligées de travailler pour eux. Nous voulons une fin à cela. Les luttes des travailleurs de restaurant visent ultimement à créer un monde sans restaurants et sans travailleurs. »

Abolish Restaurants a été publié en 2006 sur le site américain prole.info. Déjà traduit dans une dizaine de langues, nous avons voulu diffuser ce texte en version française.

Pour toutes remarques, suggestions et sollicitations, ou bien si vous souhaitez diffuser ce bouquin (imprimé à plusieurs milliers d’exemplaires), un petit mail à vinaigre... Ce pamphlet est également disponible sur internetdown.org

8 mars 2012 - Charles Reeve

Occupy, cette agaçante interruption du business as usual

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« Pour restituer la vraie dimension du mouvement Occupy, sa nouveauté et sa richesse, il faut le replacer dans son contexte, une société dominée au plus haut point par l’individualisme marchand, où des années de déstructuration et d’appauvrissement des classes exploitées semblaient avoir enseveli l’esprit collectif. Le jour même où la police a rasé le campement de Zuccotti Park, on apprenait par la presse la révision à la hausse du calcul officiel de la pauvreté et l’augmentation du nombre d’enfants américains vivant dans un foyer pauvre – un million de plus en un an, soit plus d’un enfant sur trois.
Occupy s’intègre dans une montée des mouvements de révolte au niveau mondial. Tout comme les Indignés en Europe, Occupy est animé à la fois par un fort rejet de la vie sous le capitalisme et par la recherche obstinée de nouvelles façons d’affronter le système. »

8 mars 2012 - Loren Goldner

La lutte de classes aux États-Unis depuis le krach de 2008

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« Les « indicateurs sociaux » du « pays le plus riche du monde » montrent que la société est encore plus polarisée qu’avant la dépression des années 1930. Depuis la vague de grèves ouvrières de 1966-1973, les travailleurs américains ont subi des décennies de régression, perdant une lutte défensive après l’autre. Au cours de ce « long atterrissage forcé », et particulièrement depuis la crise de 2007-2008, toute la structure de la société américaine d’après-guerre s’est défaite. Dans ce contexte, le sentiment de colère est général dans la classe ouvrière mais n’a pas encore trouvé une forme de lutte adéquate. La question qui se pose est de savoir quand et comment ce processus s’inversera. »

17 janvier 2012 - Collectif

De l’esclavage au salariat, deux facettes d’une même exploitation

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Cette brochure est un recueil de textes divers qui analysent de manière critique le passage de l’esclavage à l’exploitation salariée. Ils tirent leurs réflexions de contextes différents, que ce soit la Russie en 1861 ou les Etats-Unis en 1988. Ils tentent de montrer que l’abolition de l’esclavage n’a pas été qu’une tentative humaniste mais a surtout été une manière de changer le mode d’exploitation de ceux qui devinrent de véritables esclaves salariés tout en présentant une soupape de sécurité en réponse à des troubles croissants.

7 octobre 2011 - Léon de Mattis

Grève versus blocage

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« Le blocage viole le droit de grève. Il vise à empêcher ceux qui veulent exercer leur droit au travail de le faire. Le blocage rompt avec la logique du droit, et d’ailleurs il a tendance à devenir illégal (le délit de blocage des trains existe depuis les lendemains de la lutte anti-CPE, et l’UMP a le projet de l’étendre à tout type de blocage). Il permet de faire jouer à la grève ce rôle de paralysie de l’économie que son encadrement citoyen lui fait perdre. Il est comme une contre-tendance à cette évolution qui fait que la grève tend à être de moins en moins une pratique de lutte.
Contrairement à la grève dans sa version citoyenne qui tend à devenir un choix individuel qui renvoie chacun à sa propre atomisation (je fais la grève et je reste chez moi), le blocage suppose l’action collective, et qui plus est l’action collective qui n’a pas à être majoritaire – même s’il faut être un certain nombre pour pouvoir tenir un blocage. Le blocage est une activité qui rompt avec la passivité de la grève citoyenne.
 »

6 avril 2011 - Des prolétaires

Contre le mythe autogestionnaire

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A travers l’analyse des exemples-phares autogestionnaires que sont l’Espagne en 1936, l’atelier Lip à Besançon en 1973 et l’Argentine depuis décembre 2001, notre volonté est de montrer en quoi la perspective de gestion des processus productifs et d’échange est un arrêt du processus révolutionnaire, un renforcement de l’ordre établi qui renvoie le prolétariat à la seule place que lui laisse le capital, celle de producteur de valeur quitte à lui laisser le rôle de gestionnaire pendant un temps ! Les expériences alter éco sympa en pleine paix sociale n’ont rien de contradictoire, elles sont des entreprises capitalistes sans ambiguïté. Ce qui nous questionne, c’est l’antagonisme qui traverse tout mouvement de classe dans sa dynamique combative, vivante et donc profondément contradictoire (...).
A travers la critique de l’autogestion, l’enjeu de cette analyse du processus révolutionnaire est de nous permettre de mieux saisir où nous en sommes aujourd’hui, à travers toutes nos forces et nos contradictions internes.

3 décembre 2010 - anonymes

En grève jusqu’à la retraite !

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« Que nous ayons l’espoir de nous retrouver un jour enfin à la retraite, ou, au contraire, que nous ayons la certitude que nous n’en aurons jamais, une chose est sûre : ce que nous voulons c’est simplement être en grève jusqu’à la retraite ! Car nous ne voulons plus trimer, nous ne voulons plus nous faire exploiter, ni survivre avec les miettes que nous laissent les patrons et l’État. Au contraire, nous voulons détruire le Capital et ses flics, pour que d’autres possibles s’ouvrent à nous, pour que des horizons nouveaux se dessinent... »

Extrait de En grève jusqu’à la retraite !, journal francilien de lutte contre le Capital et contre l’État (novembre 2010).

1er juin 2010 - Collectif

Incidents de classe en Chine

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Ce bref aperçu des révoltes prolétariennes chinoises aujourd’hui, ô combien intrigantes tant par les formes, le nombre et l’intensité, nous rappelle que, quoi qu’on en dise, la lutte des classes est loin d’être moribonde. Être curieux de ce qui se passe au bout du monde, en particulier dans les « ateliers du monde » rend plus lisible ce qui se passe ici, tant le capital (et donc l’antagonisme de classe) s’organise internationalement.

Ce recueil comporte des brèves générales (liste non exhaustive de conflits qui ont perturbé l’harmonieuse société chinoise de 2008 à début 2010), un témoignage d’une ouvrière mingong paru dans la revue Echanges, un texte de Bruno Astarian qui réactualise son livre Luttes de classes dans la Chine des réformes, (1978-2009) paru chez Acratie en 2009, des extraits du dit bouquin, etc.

nousvoulonstout(at)gmail.com

26 mai 2010 - Johann Kaspar

Nous ne revendiquons rien

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« Les luttes au contenu insurrectionnel aux États-Unis sont passées de revendiquer quelque chose (années 1880-1940), à revendiquer tout (années 1960 à 70), jusqu’à ne rien revendiquer (1992 à nos jours). [...] Ce changement pratique délocalise le pouvoir d’écrire l’histoire, passant de ceux qui réconcilient les conflits à ceux qui les rendent irréconciliables. La compréhension actuelle de l’histoire est représentée sous les formes par lesquelles les luttes ont aujourd’hui lieu, et ces formes sont marquées par un ensemble d’actes de violence sociale sans revendications, contre le capital dans toutes ses manifestations. »

Brochure proposée par les éditions Senonevero.

26 avril 2010 - H.S. , TCP (Des Travailleurs/ses, des Chômeurs/ses, des Précaires en colère !) , Zanzara athée

Rage de classe dans les années 2000

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Retour non exhaustif sur des luttes menées dans les années 2000 en France par des salarié-e-s en voie de licenciement. Deux longs textes abordent en particulier le cas des ouvrier-e-s de Cellatex et Moulinex dont les luttes avaient fait pas mal de bruit en 2000-2001.

Sommaire :
- Cellatex, Moulinex, Danonex... par TCP (mai 2001)
- A Givet, une nouvelle forme de la lutte de classe ? par H.S. (août 2000)
- De Cellatex à Moulinex, une explosion de violence sociale ? par H.S. (novembre 2001)
- Rage de classe, quelques exemples supplémentaires réunis par Zanzara athée (février 2010)

2 mars 2010 - anonymes

Un pavé dans les rouages

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Le sabotage, le grain de sable dans les rouages de la machine, l’opposition directe, physique, matérielle à une partie d’un dispositif.

5 janvier 2010 - Collectif

SNCF Blues

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Analyse critique d’un mouvement gréviste (grève des cheminots en 1986) qui malgré sa spontanéité n’a pas réussi a dépasser les limites du syndicalisme de base, en particulier le cadre illusoire de la démocratie directe.

30 septembre 2009 - Jean

Pourquoi je démissionne du syndicat

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En 1981, Jean était syndiqué CGT à Saulnier-Duval, l’une des principales usines métallurgiques de la région nantaise, au sein de laquelle il subsistait encore des rétifs parmi les damnés de la chaîne de montage, plus de dix ans après Mai 68. D’où l’ambiance faite de réticences au travail, de coulages larvés de la production, parfois même de sabotages. Avec quelques autres complices, Jean diffusa largement cette lettre ouverte devant bon nombre d’usines en Loire-Atlantique, en commençant par Saulnier-Duval, et après avoir expliqué les raisons de sa démission en assemblée générale, sous les cris de haine des staliniens.

16 août 2009 - Henri Simon , Un militant de "Camarades"

L’autonomie dans la lutte de classe suivi de Autonomie ouvrière et groupes autonomes

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Les voies de l’autonomie dans la lutte de classe sont impénétrables, tout au moins pour ceux qui ne veulent pas la voir là où elle se trouve. On pourrait dire que cette autonomie, c’est-à-dire ce qui se dégage comme tel de la lutte de classe et non ce qui est préconçu dans la tête de quelque idéologue, est protéiforme - changeant constamment de forme, de registre et de niveau d’attaque, car elle trouve en face d’elle, selon les nécessités du capital, des constructions répressives et/ou intégrantes tendant à empêcher et/ou dévier le cours qu’elle tendrait à prendre naturellement.

Voici deux textes, datant respectivement de 2001 et de 1977, tentant d’analyser les possibilités d’autonomie dans la lutte de classe, en particulier au sein des mouvements de salarié-e-s et des groupes politiques révolutionnaires.

27 juillet 2009 - André Dréan

La Forme D’Abord !

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Depuis quelques mois, des publications et des sites labellisés révolutionnaires font, sans trop se poser de questions, quasiment l’apologie des formes d’action qui sont apparues dans les entreprises privées et publiques, telles que les séquestrations de managers. Comme si, par leur seule existence, elles fournissaient la preuve de la radicalité de leur contenu. Il y aurait là quelque vide créé par la désyndicalisation et l’acceptation accrue, par les grandes centrales syndicales, des règles du jeu de l’économie mondiale. De jeunes et moins jeunes fossoyeurs du monde s’emploieraient donc à le combler à leur façon. Sauf qu’il n’y a pas de vide, mais la poursuite de la domination du capital par d’autres moyens, assez différents des modes de régulation des tensions auxquelles nous avaient habitués des décennies d’Etat providence. Et les fossoyeurs présumés ne dépassent pas aujourd’hui, en règle générale, l’horizon du syndicalisme, même lorsqu’ils emploient des moyens peu orthodoxes. Nous allons le voir à travers l’exemple emblématique des luttes dans le secteur de l’énergie. Sans généraliser outre mesure, vu que les différences de situations, de motifs, d’objectifs, de moyens, de dispositifs de contrôle, etc., n’en font pas le modèle universel à plaquer tel quel sur toutes les luttes en cours. De celles qui démarrent dans des sociétés en faillite, comme Continental, en passant par celles qui perdurent dans l’Education, jusqu’aux émeutes en banlieue et dans les centres de rétention.

Texte rédigé en juin 2009 du côté de Paris.

18 juillet 2009 - anonymes , Firestarter Press , Nicolas Dessaux , Solidarité Irak , Wildcat

Luttes sociales en Irak

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Au sommaire :
1/ Irak : un siècle de guerre et de rébellion
2/ Témoin oculaire à Halabja
3/ La lutte des classes en Irak : un entretien avec un vétéran
4/ 10 jours qui ébranlèrent l’Irak
5/ L’insurrection de mars 1991 au Kurdistan
6/ Un aperçu des luttes sociales en Irak (2003-2006)
7/ Luttes sociales et féministes dans l’Irak occupé (juin 2004)
8/ Mythes et réalités de la résistance irakienne (octobre 2004)
9/ Comment combattre l’occupation en Irak ? (décembre 2005)

24 juin 2009 - Barthélémy Schwartz , Jérôme

Juin 1936 - Le Front populaire au secours du capitalisme français

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Pour mettre un terme au mythe du Front populaire... ou l’hypocrisie de la gauche dans toute sa splendeur.

Sommaire :
- Juin 36 : l’envers du décor, par Barthélémy Schwartz (publié dans le numéro 2 de la revue Oiseau-tempête, automne 1997)
- 1936 : le Front populaire contre les occupations d’usines, par Jérôme (publié dans le hors-série n°2 de la revue Courant alternatif, troisième trimestre 1999)
- Chez Salmson à Billancourt, par un gréviste libertaire (publié dans le journal Le Libertaire, 19 juin 1936)

27 mai 2009 - Pomerol & Médoc

Lordstown 1972 ou les déboires de la General Motors

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« Lordstown 1972 » fut publié en supplément au journal Quatre millions de jeunes travailleurs, en 1973. Il s’agissait autant, en partant des grèves et troubles ayant touché l’énorme usine General Motors de Lordstown (Ohio, USA), de faire l’éloge de la destruction de l’outil de travail que de souligner le lien entre l’activité de révolte ouvrière et une activité post-salariale et communiste, en refusant les médiations classiques de « la conscience », du « parti », du passage de l’économique au politique.

22 mai 2009 - Olivier Serre

Vaucanson

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Ce fut, parait-il, la plus grande grève de l’Ancien Régime.

Jusqu’à 15 000 émeutiers dans les rues de Lyon durant une semaine en août 1744.

Ces ouvriers, essentiellement du textile, luddites avant les luddites, se soulevaient non pas contre l’introduction d’une machine, mais contre celle d’un règlement qui, entre autres griefs, contraignait l’artisanat à se plier aux procédures de l’industrie naissante.

L’auteur de ce règlement, Vaucanson, était ce "mécanicien de génie" né à Grenoble, et aujourd’hui encore figure tutélaire des chercheurs-ingénieurs grenoblois qui, dans les laboratoires de robotique de l’INPG et du CNRS, inscrivent leurs travaux sur la "modélisation du vivant" dans la lignée des siens.

C’est que Vaucanson est le prototype de l’ingénieur, célébrissime de son vivant pour ses automates – aussi bien ceux qu’il a réalisés, le flûtiste, le canard, le joueur de tambour, que celui qu’il n’a pu mener à bien : l’homme-machine, promis à une riche postérité, des robots à l’homme bionique.

Par une coïncidence qui n’est pas fortuite, ce même Vaucanson, un demi-siècle avant Jacquard, invente le métier à tisser automatique, la liaison recherche-industrie et le statut de l’expert. Il est bien l’un des initiateurs de la société industrielle, dont deux siècles et demi de progrès sans merci nous amènent aujourd’hui au nanomonde totalitaire.

10 avril 2009 - Jacques Mucchielli , Léo Henry

Demain l’usine

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« Lundi après-midi, tu n’arrêtes pas de tourner la tête vers la pendule de l’atelier. Tu te demandes si tu oseras le faire. Si tu arrêtes le travail et que la plupart des autres continuent, est-ce que tu ne vas pas te faire virer ? Et si tout le monde hésite comme toi, est-ce que ça va marcher ? Tu retournes le problème dans ta tête comme si c’était un simple cas de conscience, une affaire entre toi et toi seule. Comme si c’était la même chose que ne pas chauffer toutes les pièces de ta maison pour faire des économies d’énergie.

Mais ce n’est pas la même chose. Tu n’es pas un individu seul, ta décision n’a rien de personnel. Elle change quelque chose, parce qu’elle ne fait pas de toi juste quelqu’un de plus, un chiffre parmi ce nombre qui n’a jamais aucune prise sur rien. Aujourd’hui tu peux décider, tu peux faire partie d’une force collective, tu peux avoir prise sur ta réalité, sur ta situation.

À l’heure dite il y a un instant de flottement. Tous lèvent la tête de leurs machines, vous vous regardez en hésitant. Il te semble que le bruit des autres ateliers s’est atténué. Un ouvrier se lève de sa chaise à quelques mètres de toi. Et, lentement, chacun abandonne son poste sans rien dire, dans un silence incroyable. Tu te rends compte que tu es debout toi aussi, que tu te diriges vers la pointeuse. Tu ne t’es pas levée la première. Mais je me suis levée. »

Demain l’usine est une nouvelle extraite de Yama Loka Terminus – dernières nouvelles de Yirminadingrad , de Léo Henry & Jacques Mucchielli, paru à L’Altiplano en juin 2008.

19 janvier 2009 - anonymes , Tout doit partir

Auto-réductions !

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« Le Parti communiste (PCI) et les syndicats appellent la population à se serrer la ceinture, mais les comités autonomes répondent que les prolétaires n’ont pas à se sacrifier pour la bonne marche de l’économie, et défendent plutôt le vol et l’auto-réduction. L’auto-réduction, ça consiste à refuser ensemble de payer le prix demandé pour différents services, l’électricité, le téléphone, les transports, les loyers, et même la nourriture et les autres biens de consommation. On paye soit l’ancien prix (lorsqu’il augmente), soit moitié prix, soit rien du tout. »
Italie, années 70’s

15 janvier 2009 - Nanni Balestrini

Le Salaire

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« Qu’est-ce que c’est, le salaire d’un ouvrier. Moi, ma feuille de paie, je ne la lisais jamais, parce que je m’en foutais pas mal. Mais sur la feuille, il y a toutes les cases dans lesquelles le patron divise la paie qu’il donne à l’ouvrier. En gros, deux parties : la première partie, c’est le salaire de base, il correspond aux heures de travail qu’on a faites à l’usine. Ça devrait être le seul salaire. En réalité, il est toujours très bas, c’est-à-dire qu’il ne suffit jamais au minimum vital de l’ouvrier. Alors, il y a l’autre partie du salaire, la partie mobile. Dans la partie mobile, il peut y avoir plusieurs cases : prime de production, prime d’assiduité, prime de rendement, indemnités variées, et caetera.
Toutes ces divisions ne servent qu’à lier le salaire de l’ouvrier à la production du patron. Le salaire au rendement, par exemple, c’est la paie pour le nombre de pièces que produit l’ouvrier. Moyennant quoi, l’ouvrier doit toujours être zélé et obéir aux ordres de ses chefs. Parce que c’est eux qui établissent cette partie variable de son salaire, qui lui est absolument indispensable pour vivre. Et qui permet au patron de maintenir un contrôle politique sur la classe ouvrière, de faire qu’elle accepte de collaborer à sa propre exploitation.
Et c’est la raison pour laquelle, quand, nous, on demande des augmentations sur le salaire de base, le patron et les syndicats veulent toujours nous les donner sur la partie variable.
 »

20 novembre 2008 - Éditions clandestines , C.I.A.

Manuel de sabotage

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Ce manuel fut, à la base, élaboré par la CIA pour soutenir les Contras, la guérilla anti-sandiniste du Nicaragua. Ronald Reagan, ne pouvait tolérer qu’une expérience communiste se déroule dans un pays aussi proche des U$A. D’où la diffusion de ce manuel aux paysans et aux ouvriers qui devaient assurer le soutien aux Contras dans les centres urbains et ruraux en pratiquant gaiement le sabotage.
Le Nicaragua n’est plus communiste depuis longtemps, et Reagan ne sait même plus qu’il a été un jour maître du monde. En attendant, ce manuel refait surface, avec certes quelques modifications. Alors puisque les capitalistes et leurs flics ont décidé de nous mâter à coups de triques, et qu’ils veulent nous redonner le goût du travail, ce manuel de sabotage tombe à point pour leur montrer que leur société inhumaine est sur le point de s’effondrer grâce aux stratégies qu’ils ont eux-mêmes échafaudées.
Encore une fois, merci la CIA...

17 novembre 2008 - John Zerzan , Non Fides , Paula Zerzan

Qui a tué Ned Ludd ?

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Ce texte de John Zerzan, bref exposé sur les révoltes luddites du XIXe siècle en Angleterre est en fait un plaidoyer contre le syndicalisme, vu ici comme outil de la collaboration de classe dés sa naissance en Angleterre. Une partie de l’histoire du syndicalisme souvent négligée mais qui pourtant révèle sa véritable nature : sa nature d’outil du pouvoir pour détruire et saboter les luttes et la spontanéité des exploités. Il est précédé d’une introduction au texte de Non Fides et est suivi d’une chronologie orientée du syndicalisme.

12 novembre 2008 - Emile Pouget

Le Sabotage

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C’est au nom des prescriptions de cette morale spéciale que les ouvriers doivent trimer dur et sans trêve au profit de leurs patrons et que tout relâchement de leur part, dans l’effort de production, tout ce qui tend à réduire le bénéfice escompté par l’exploiteur, est qualifié d’action immorale.

Par contre, c’est toujours en excipant de cette morale de classe que sont glorifiés le dévouement aux intérêts patronaux, l’assiduité aux besognes les plus fastidieuses et les moins rémunératrices, les scrupules niais qui créent l’honnête ouvrier, en un mot toutes les chaînes idéologiques et sentimentales qui rivent le salarié au carcan du capital, mieux et plus sûrement que des maillons de fer forgé.

Pour compléter l’oeuvre d’asservissement, il est fait appel à la vanité humaine : toutes les qualités du bon esclave sont exaltées, magnifiées et on a même imaginé de distribuer des récompenses - la médaille du travail ! - aux ouvriers-caniches qui se sont distingués par la souplesse de leur épine dorsale, leur esprit de résignation et leur fidélité au maître.

De cette morale scélérate la classe ouvrière est donc saturée jusqu’à profusion.

Depuis sa naissance, jusqu’à la mort, le prolétaire en est englué : il suce cette morale avec le lait plus ou moins falsifié du biberon qui, pour lui, remplace trop souvent le sein maternel ; plus tard, à la "laïque", on la lui inculque encore, en un dosage savant, et l’imprégnation se continue, par mille et mille procédés, jusqu’à ce que, couché dans la fosse commune, il dorme de son éternel sommeil...

15 octobre 2008 - Collectif

La Guerre Sociale

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Recueil de textes du journal révolutionnaire du début du XXème siècle.

Ces textes et illustrations ont été publiés dans « La Guerre Sociale, un journal contre », ouvrage paru en 1999 aux éditions des nuits rouges et réalisé par Raoul Villette. Exceptées la préface et certaines notes, toute la brochure est issue du bouquin, et nous ne pouvons que conseiller sa lecture, pour une vue plus complète des articles du journal, et pour la documentation sur le contexte historique.

Les articles, rédigés entre 1906 et 1910, sont présentés ici dans l’ordre chronologique.

7 juillet 2008 - Paul Mattick, Jr. , Peter Herman

Le nouveau mouvement ouvrier américain

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Deux textes des années 70 sur la dizaine que compte la revue initiale, l’un est descriptif sur le fonctionnement du syndicat de l’usine General Motors de Lordstown, et l’autre est une analyse plus générale du syndicalisme.

12 mai 2008 - Collectif Libertaire Marius Jacob

Mai 68 : quelques repères historiques

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Le texte qui suit ne constitue pas une énième analyse de Mai 68 et de ses conséquences. Il n’est pas non plus le fait d’un historien. Son seul mérite serait de mettre (ou remettre) en mémoire la trame, non exhaustive évidemment, des "événements", assortie des traits qui nous ont paru importants. Nous avons dû faire des choix…
Pour écrire ces lignes, nous avons largement fait appel à un certains nombres d’ouvrages déjà "anciens". Notre parti pris fut de valoriser le courage des révolutionnaires authentiques, de souligner les attitudes autoritaires et de ne pas minimiser les saloperies du gouvernement gaulliste et des complices de tous bords du pouvoir étatique.

Nous n’en finirions pas de citer les groupes et "catégories" dans lesquels une majorité, sinon une forte proportion d’individus, alors en grève illimitée, contestaient - hors théorie mais avec parfois une lucidité et une radicalité d’une ampleur inédite - le monde qu’il subissaient et la vie que le capital leur avait imposée ou qu’ils avaient acceptée par facilité, obéissance ou résignation, des instituteurs aux fossoyeurs, en passant par les cadres, les publicitaires, les musiciens professionnels et les footballeurs… L’heure était à l’urgence de vivre, à la contestation du travail et de toutes les hiérarchies, au « vivre sans temps mort, jouir sans entrave ».

4 mai 2008 - Les Amis du Potlatch

A bas le prolétariat. Vive le communisme !

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A bas le prolétariat
Ceux qui ne visent pas à devenir une puissance parmi les puissances de ce monde, mais veulent les briser, pourraient résumer leur programme ainsi : « A bas le prolétariat ». Non pas évidemment dans le sens d’une opposition aux prolétaires en tant qu’hommes ; mais parce que précisément l’on ne peut être un homme qu’en refusant d’être un prolétaire. Les révolutionnaires ne proposent pas l’amélioration de la condition prolétarienne mais sa suppression. La révolution sera prolétarienne par ceux qui la feront et anti-prolétarienne par son contenu.

Vive le communisme !
Les escarmouches de la guerre sociale de ces dix dernières années accentuent la menace qui pèse sur la misère du salariat. La crise ne peut que s’aggraver, une solution pacifique est exclue.
Pour le moment les forces du vieux monde sont contraintes à l’offensive. Mais rien n’est encore joué. Refuser l’enjeu de l’ennemi : réformer pour conserver le monde de l’économie. Reconnaître notre terrain ; mettre en avant la possibilité du communisme. C’est ce à quoi contribue la théorie de la révolution communiste. Donnons-nous les armes décisives pour l’embrasement qui vient.

Les Amis du Potlatch, 1979.

24 avril 2008 - Balthasar Martinez

Mémoires d’un ouvrier en Espagne durant la période 1920-1940

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Balthasar Martinez raconte sa vie d’ouvrier syndiqué à la CNT avant l’éclatement de la guerre, puis son internement par le régime franquiste dans le camp de concentration de Pampelune.

Ces Mémoires ressemblent à un scénario de film. Mais c’est bien la réalité qui est décrite. Celle de la vie d’ouvriers espagnols avant le début de la guerre civile. Un témoignage édifiant sur la faiblesse de l’État Républicain qui a laissé la réaction organiser son coup d’état tout en maintenant l’exploitation des ouvriers. Un témoignage sur une conscience révolutionnaire loin des théoriciens de salon.

8 avril 2008 - Collectif

Manifeste du sabotage en entreprises

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Cette brochure a été réalisée dans le seul but d’en finir avec le travail obligatoire, et avec le capitalisme de manière plus générale...

Au sommaire :
- Le sens des maux
- Contre la bêtise du travail au bureau, vive le mauvais esprit !
- Sabotage dans les entreprises américaines
- Guide de survie au boulot
- La France d’en bas contre-attaque
- Comment virer son patron
- L’informatique dans l’entreprise
- Quelques exemples de sabotage en entreprise
- Bibliographie

15 janvier 2008 - Mike Davis

Dubaï, entre la peur et l’opulence

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Sous le règne de l’Émir-PDG Cheikh Mohammed el Maktoum, son despote éclairé âgé de 58 ans, Dubaï est devenue la nouvelle icône globale de l’ingénierie urbanistique d’avant-garde. Le multimilliardaire « Cheikh Mo » comme le surnomment les occidentaux résidents à Dubaï a une ambition explicite et totalement dénuée d’humilité : « Je veux être le Numéro Un mondial. »

« Quiconque n’essaie pas de transformer le futur restera prisonnier du passé. » Mais le futur qu’el Maktoum construit à Dubaï — sous les applaudissements des milliardaires et des multinationales du monde entier — s’apparente plutôt à un cauchemar émergé du passé : la rencontre d’Albert Speer et de Walt Disney sur les rivages de l’Arabie.

Mais les premiers signes de rébellion sont apparus à l’automne 2004, lorsque plusieurs milliers de travailleurs asiatiques défilèrent courageusement sur l’autoroute à huit voies Sheikh Zayed en direction du ministère du Travail. Ils y furent acueillis par la police anti-émeute et par des fonctionnaires brandissant des menaces d’expulsion massive. L’année 2005 fut marquée par des manifestations et des grèves de moindre envergure en signe de protestation contre le non paiement des salaires ou la dangerosité des conditions de travail.

20 novembre 2007 - Anonyme

Récit du mouvement dit anti-CPE à Lyon

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Ce récit du mouvement dit "anti-CPE" à Lyon a été publié sur le site d’informations alternatives lyonnais Rebellyon.info. Il s’appuie en grande partie sur les articles publiés à l’époque sur ce site. Il ne prétend en aucun cas être une retranscription "objective" de ce qu’il s’est passé pendant ces quelques semaines .

"Ce récit ne cherche pas à dire la Vérité sur le mouvement anti-CPE, mais à retranscrire l’atmosphère, l’agitation, la dynamique du printemps 2006. Notamment pour qu’on n’attende pas dix ans pour relancer ce genre de trucs..."

25 février 2007 - H.S.

Bangladesh, une révolte ouvrière

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Révolte ouvrière dans un de ces pays d’Asie où les conditions d’exploitation et de survie ne sont plus supportables... Où l’on en vient à incendier l’usine elle-même...

Texte tiré de Echanges et Mouvement (http://mondialisme.org)