Brochures
Une compilation des racismes a la française, d’outils pour les tacler, et de réflexions sur la nouvelle droite française et internationale !
mis en ligne le 16 mai 2026 - tacle un raciste
Quelques informations de contexte :
J’écris ce texte de France, où je suis née et où j’ai grandi dans des campagnes très majoritairement blanches. Je suis transfem, d’un père libanais et d’une mère turque (en gros, jsuis le transremplacement islamogauchiste en personne). Mon père est de famille chiite, peu pratiquante, mais connecté à la communauté. Il a été traversé jeune par ces cultures, mais aussi les cultures maronites, communistes, pan-arabes. Ma mère est d’une famille sunnite plus croyante, et s’est construite parallèlement dans des espaces communautaires turcs, et dans des espaces artistiques français. Les deux sont de gauche, antiracistes, pro-Palestine, et au croisement des plein de cultures dont iels font un joli mélange !
Je suis militante de gauche depuis maintenant 5-6 ans, j’ai majoritairement milité avec des blanc.hes au début, moins maintenant.
J’écris un texte, en espérant que ça servira d’appuie aux discours et luttes décoloniales qui me parlent vraiment fort, et qui me semblent être notre meilleure piste. Et, dernière petit chose : depuis petite (environ 8 ans), j’emmerde les sionistes qui tentent de buter ma famille au Liban, et leur soutiens en France, qu’ils se conscientisent comme tel ou non. C’est comme ça qu’on se politise quand on est levantin.e, et arabe en général, par la peur de la mort de nos semblables, YOUPI.
SOMMAIRE :
6. Gros point de définition
_ 21. Sionisme de gauche, racisme et islamophobie
_ 38. « Règlement de compte », violences en quartier populaire et racisme à la française .
_ 59. Insécurité, chiffres du ministère de l’intérieur et analyse médiatique de merde
_ 67. IFOP, Islamophobie dégueu et analyse pétées au sol
_ 74. Fémonationalisme, Homonationalisme, et autre réappropriation pourrie des luttes féministes à des fins racistes
_ 88. Nouvelle droite internationale, islamophobie et racisme . mondialisé
_ 102. Bon, assez râlé, on fait quoi du coup ? .
Gros point de définition :
Bon, quoi de mieux pour démarrer que de se caler un ptit moment définition bien plaisir ! J’ai essayé de faire au plus simple, de pas parler trop gros cerveau, mais bon y’aura des gros mots, juste ben j’essaye de les expliquer !
En gros, la ligne directrice de ce gros point c’est : le colonialisme et le racisme a la française, c’est quoi aujourd’hui, et pourquoi on parle de lutte décoloniale ?
La colonisation et l’impérialisme à la française, malgré les discours pétés du camp d’en face comme quoi c’est du passé et ça a plus d’incidence, est encore en cours sous plusieurs formes :
• Colonisation directe : Mayotte, Martinique, Kanaky, etc..., sont des colonies française utile a l’exploitation de certaines ressources et a une présence militaire et économique partout dans le monde.
• Colonisation économique et militaire (Mali, Tchad, Niger, ...) : malgré une fin officielle de la colonisation, la France maintient un pouvoir fort sur ces pays :
◦ Économique : monopole d’entreprise française qui possèdent les exploitations de matières premières (uranium, pétrole, matières agricoles, …)
◦ Financier : présence du Franc CFA comme monnaie principale dans plusieurs pays (jvais pas creuser ici les implications que ça a, jveux que l’article soit accessible si je développe tout ça va faire un bouquin), dollars comme monnaie d’échange internationale de référence, …
◦ Militaires : Les entreprises de ressources premières ont parfois leur propre milice (milice de Total au Mozambique), sinon la France se charge d’armer ou de couvrir tel ou tel groupe ou dirigeant politique en fonction de leurs intérêts (affaire Sarkozy / Khadafi), ou simplement pose des bases militaires (plutôt en retrait en ce moment, notamment au Sahel).
• Impérialisme : influence militaire et politique sur des régions, parfois anciennement colonisées, afin d’en obtenir les ressources au moindre prix, et une image culturelle et politique de grande démocratie face a la barbarie :
◦ Arabie Saoudite : Malgré le massacre des Yéménites, les droits humains peu respectés en interne, les lois les plus pétés de ta région niveau conservatisme, l’Arabie Saoudite est l’un des plus gros contrats français en terme d’armement, et les échanges culturels sont de plus en plus importants (présence croissante entre autre dans les compétitions sportives). Les intérêts se jouent sur le pétrole, les routes commerciales avec l’Asie, la croissance économique du pays (bientôt accueilli dans les BRICS, groupe de pays en forte croissante économique). Et étant donné qu’ils sont collaboratifs sur les intérêts économiques, on leur tient étonnamment moins la jambe que l’Iran sur leur conservatisme, ça alors...
◦ Israël : Malgré le génocide a Gaza, le fascisme apparant de son gouvernement, le ségrégationnisme comme fondement politique du pays ; la France a avec eux de gros contrat d’armement et met en place des échanges culturels et politiques sur du long terme. Y’aurait-il des intérêts o_O ? Alors : routes commerciales et ports importants, prise de contrôle de toute la région syro-libanaise [anciennement colonisées, tiens donc...], développement d’une image barbare des musulman.es face a la culture occidentale « judéo-chrétienne » (la tradition occidentale c’est plutôt les chrétien.es qui excluent, violentent, assassinent, produisent un génocide sur les juif.ves, sacré culture commune judéo-chrétienne...), ... Et ben y’en a des intérêts la aussi, ça alors !
▪ Mini point d’ailleurs par rapport à la pseudo barbarie antisémite musulmane : la culture judéo-musulmane face à l’oppression chrétienne, elle, a une véritable histoire. Que ce soit au Maroc, dans le Levant, ou même en Indonésie, il y a eu de véritables solidarités, un partage culturel et religieux fort, et des refuges offerts face à l’oppression occidentale, ça c’est des trucs qui méritent d’être nommés au lieu de parler d’un supposé « antisémitisme couscous » centenaire.
Bon voila, t’as compris, en France la colonisation c’est pas fini, la où c’est plus compliqué ça va plutôt utiliser des outils impérialistes (pas de contrôle direct des territoires mais création d’alliance pour développer l’influence de la France et ses intérêts). Et en gros, la base du décolonialisme c’est que ça doit s’arrêter, sans quoi il n’y aura jamais de fin au racisme systémique et a l’exploitation des non-blanc.hes.
Le racisme systémique, c’est un mode de fonctionnement social, qui se base sur la hiérarchie des populations en fonction de leur ethnie, religion, caractéristiques biologique (couleur de peau, épaisseur de cheveux, taille de bite bref tout ce que les blanc.hes peuvent trouver). Ça place donc les gens comme blanc.hes ou non-blanc.hes en fonction de ces catégories, avec un plus ou moins bon positionnement dans leur statut racial en fonction de plein de critère (riche ou pauvre, plus ou moins foncé.e, quelle religion, quel rapport entre la France et le "pays d’origine", ...). D’ailleurs petit point la dessus : la racisation ou racialisation (classement des gens en race) se base pas vraiment sur une ethnie, une religion, une couleur en elle-même. Elle se base sur ce qu’imposent les blanc.hes à cette ethnie, religion, couleur, qu’iels ont elleux même créé.
Par exemple, le mot arabe comme il est utilisé en occident aujourd’hui a été créé par les blancs : cette ethnie existe sous d’autres terme, d’autres critères, dans notre vision des choses. Dans les nationalismes pan-arabes, l’appartenance au monde / a la nation arabe « ne repose ni exclusivement sur la religion, ni sur l’appartenance territoriale à un État donné, mais sur l’intégration à un espace civilisationnel arabophone ». Mais chez les blanc.hes, elle désigne des gens marron clair de peau qui parlent la langue arabe. Qui est inclue dans cette ethnie ? Pourquoi que les personnes de couleur de peau marron claire, ce qui exclue la Mauritanie et une partie du Soudan du monde arabe alors que leur population se revendique être arabes ? Parce que les blancs l’ont décidé.
L’occident estime que les arabes, indistinctement, sont moins avancés que les blanc.hes technologiquement, et au niveau des infrastructures. Est-ce que c’est vrai ? Pas tant, c’est divers, comme dans l’occident d’ailleurs. Mais surtout, ce n’est un critère que parce que les blancs imposent que ça le soit. A quel moment avoir des routes et des industries fait de toi une meilleure civilisation, et pourquoi ? Pourquoi le critère c’est pas l’artisanat, la capacité émotionnelle des gens, leur espérance de vie, ou leur rites mortuaires ? Parce que les blancs l’ont dit, parce que sur ça, ils s’estiment supérieurs, et que l’objectif, c’est de justifier qu’ils sont supérieurs.
La racisation / racialisation c’est ça : créer une race, imposer a des gens cette race, les attaquer sur ce que cette race ferait moins bien qu’eux, pour dominer cette race.
Cette racisation, qui amène à une hiérarchie des races, est utile culturellement (valorisation de la chrétienté, du mode de vie occidental libéral, ...) et économiquement (exploitation a moindre de prix (voire gratos) de certaines populations / ressources). Le racisme est donc un outil politique, qui crée et maintient sur les personnes racisés un système d’exploitation (utilisation de la force de travail), de domination (obligations et interdictions en fonction de ton placement dans la hiérarchie), et d’oppression (violence physique, verbale, psychologiques, économique, institutionnelle, d’autant plus importantes quand la personne ne respecte pas le système en question). Les gens qui appliquent le racisme peuvent ne pas avoir conscience du côté systémique, mais le racisme c’est pas des actes isolés, c’est un ensemble d’actes individuels, collectifs et institutionnels : c’est un système.
Le colonialisme et l’impérialisme je l’ai vite fait expliqué et exemplarisé (on est pas sur du très précis mais t’as l’idée quoi), il fait partie du racisme systémique. Et puis, on va aussi parler du racisme structurel interne a la France (jvais dire racisme structurel tout court pour le reste du texte sinon ça va être long).
Le racisme structurel français, c’est ce qui est mis en place, en France, par l’État, les institutions, les entreprises, les médias, les gens en société, et qui structurent la société en fonction de la hiérarchie raciale. Quelques exemples pour le plaisir :
• Tu appelles le SAMU parce que t’as un truc qui va pas niveau santé, en fonction de ton ethnie, de ton accent, on va moins te croire et moins te prendre en charge qu’une personne blanche.
• Tu portes le voile, t’as de grande chance qu’on te casse les couilles, gentiment ou méchamment : "sale arabe", "islamiste", mais aussi "mais huuuum, c’est toi qui a choisi ?" ou bien "mais huuuum, tu sais ça peut être vu par des gens comme une soumission de la femme", ou encore "Est-ce que vous condamnez le RHamas ?"
• Tu es dans la rue, tu as pas mal plus de chances d’avoir le plaisir de vivre un contrôle aléatoire de notre bonne vieille police nationale si t’es un peu foncé et en jogging.
• Pascal Praud t’aime très fort si t’es musulman.e, sauf quand tu pries, quand tu parles de religion, que tu portes le voile, que tu ne fais rien mais que y’a des punaises de lit, des crimes même pas commis par des personnes racisé.es, bref quand tu existes quoi. Ses copains de frontière estime que t’es responsable de l’effondrement le l’hôpital public, de l’insécurité, de la baisse du niveau de grammaire, etc.
• T’as pas de papier, les médias t’aiment pas, tu trouves pas de travail donc t’as pas de thune donc t’es plus dans la rue, mais tu flippes dans le rue a cause des fachos, des flics et des tocard.es qui t’insultent, et quand t’es controlé.e, même si t’as rien fait t’as des chances d’aller en taule (les Centre de Rétention Administratives [CRA] tu connais).
Bon voila, en gros le racisme structurel, c’est tout ce qui structure en France un système raciste, a échelle des individus jusqu’aux institutions.
Et en fait, le racisme structurel et le colonialisme, c’est globalement sur les deux faces d’une même pièce, la pièce racisme systémique, qui se complètent très bien. L’intérêt de tout ça est le même, rendre les blanc.hes encore plus puissant.es. Combiné au capitalisme et au patriarcat, ça amène a rendre les hommes cisgenre (pas trans) hétéro blancs bourgeois (ceux la même qui sont littéralement a tous les postes de pouvoir, ça alors...) encore plus puissants.
Deux faces d’une même pièce, notamment parce que les outils sont différents. Le colonialisme est plus a une échelle géopolitique, là ou le racisme structurel français peut s’observer dans la vie de tous les jours et dans la fonctionnement social de ton espace de vie (bon c’est évidemment pas séparé si clairement mais t’as l’idée).
Si on prend un exemple d’islamophobie qu’est l’affaire sur l’Abaya, on a vraiment un aperçu complet : Les médias français nous parlent d’Abaya, une tenue "islamiste" selon eux. Aucune preuve de ça, même pas un mot dessus dans le Coran, mais tkt on s’en fout. Gabriel Attal, ministre de l’éducation qui a vraiment pas trop prévu de régler les problèmes de manque de prof et de financement, saute sur l’occasion pour en faire une loi "pro-laïcité". Les gens en parlent, et ohlala c’est vrai que l’Abaya c’est pas laïque et que les français ont besoin de laïcité parce que sinon l’islamisme va grand remplacer la démocratie. Donc les jeunes filles qui viennent en Abaya a la rentrée se font rejeter, violenter (200-300 filles, téma la taille du grand remplacement).
Alors les médias nous expliquent que y’avait une loi, il fallait s’y conformer sinon c’est normal d’être humiliée par son collège, et que en plus l’Abaya est bien islamiste. Ça serait issue des mosquées intégristes en France, qui grandissent de plus en plus et nous envahissent, financées par les frères musulmans qui sont nos ennemis. Qui sont les frères musulmans, la majorité des gens en savent rien mais c’est pas la question, vu qu’on répète depuis des années que c’est des islamistes les gens y croient (en l’occurrence c’est vrai, ça tombe bien, mais les gens savent pas non plus ce que c’est l’islamisme, bref). Alors ben, faut attaquer les frères musulmans, et ils seraient notamment pas mal impliqués dans le soutien au Hamas a Gaza. Et puis le Hamas, c’est des islamistes, et les islamistes, en France on aime pas ça. On les a fumé au Mali, en Afghanistan, en Irak, au Tchad, au Niger, (aucun intérêt autre que fumer des islamistes...), recommençons a Gaza.
Donc, partant de mensonges récurant depuis des années, cette fois ci sur l’Abaya comme "tenue islamiste imposée par les frères musulmans islamistes dans les mosquées intégristes de France", on en arrive a justifier des guerres "de civilisation" entre les islamistes et "le camp de la démocratie" (occident + Israël), ce qui nous amène a justifier un génocide à Gaza à l’heure actuelle. Mais dans l’autre sens ça marche pareil : on a utilisé Al Qaida, Daesh, Boko Haram, les talibans, et leurs atrocités, comme exemple de ce qui pourrait se passer en France si l’islamisme arrivait au pouvoir, le "terrorisme" comme panique principal. Et puis il suffit de flouter les lignes entre islamisme et Islam, islamiste et musulman.e, par exeeeeeeemple en disant que l’Abaya est islamiste, et pouf, lae musulman.e devient le barbare islamiste qui nous envahi. Et il suffit de brouiller la frontière entre étranger.es et musulman.es, pour nous faire comprendre que l’immigration c’est mal et qu’il faut l’arrêter, faute de quoi on sera en perpétuel danger. Fin l’immigration, pas touuute l’immigration, les ukrainien.nes ça va parce qu’ils sont comme nous quoi...
Et alors je vais poser un ptit truc direct : la lutte contre les conservatismes autoritaires, c’est un truc que je porte très fort, et qui est de façon général très partagé dans les luttes antiracistes. Clairement l’islamisme d’État autoritaire, comme toutes les versions conservatrices des religions imposées à des populations, c’est pas mon kiff, pas trop envie de vivre dans une société ou des radicaux conservateurs te déboîtent si tu fais pas ce qu’ils veulent, ça a l’air vachement nul (Arabie Saoudite, Afghanistan, Iran bonchouuuur, mais aussi USA, Israël, Inde et autre joyeusetées). Mais en fait ça se voit assez rapidement que la France lutte pas contre l’islamisme : quand tu armes, soutiens, et collabores avec l’Arabie Saoudite, quand tes entreprises genre Lafarge arment et financent Daesh, et que y’a aucun scandale médiatique ou réaction politique la dessus, tu comprends vite que c’est pas tant la "démocratie laïque" qui compte.
Bref, donc on a l’excuse du danger islamiste, devenu danger musulman, pour justifier le racisme systémique de la France, avec des résultats pas dégueu sur leurs objectifs.
• Les musulman.es sont détesté.es des blanc.hes en France, notamment les arabes, Jean-Marie est ravi dans sa tombe et CLAIREMENT il est pas seul.
• La "culture française" = culture bourgeoise française est défendue, toujours mise en supériorité par rapport aux autres cultures.
• Les croisades V2025 peuvent se faire tranquillou, reprise de contrôle sur le Moyen-Orient validée !
• L’attention est détournée des dingueries que fait notre gouvernement en terme de politique sociale.
• Les "racines chrétiennes" et les valeurs de travail, de famille, de patrie (oh je connais ça) de la France peuvent refaire surface face a la menace de "l’Islam politique".
• Les "communautarismes" sont détestés, la valorisation de l’individualisme et de l’ultra libéralisme peut se faire tranquillement.
• Les politiques de fermeture des frontières peuvent s’appliquer avec le soutien des blanc.hes, par soucis de sécurité face a la barbarie, et de préservation de la culture.
• Les ressources et les voies commerciales sont accessibles à pas cher au Moyen-Orient.
• Le contrôle militaire du Moyen-Orient est assuré par Israël et l’Arabie Saoudite, armés par la France et les USA (tiens dooooooooooonc).
• Les nazillons les plus fans de l’action directe peuvent aller tabasser / insulter / harceler / tuer des racisé.es que ça dérange personne et qu’on en parle à peine tellement c’est normalisé.
Tout ça, c’est un seul exemple, très caractéristique de la période actuelle étant donné la place de l’islamophobie et du Moyen Orient dans le racisme systémique actuel. Très utile pour aborder ce dont on va parler ensuite. Ce n’est évidemment pas le seul, et c’est important de se rappeler que les racismes ont plusieurs facettes en fonction des enjeux du moment. En France, dans les années 30, les juif.ves et les tziganes étaient ultra prioritaires dans le racisme systémique a cette période, les noir.es et afrodescendant.es avant eux, etc... bref, t’as l’idée.
Mais même si c’est qu’un exemple, il montre ce qu’on appelle le contrat racial : on a donc des petit.es blanc.hes qui, en échange de la "préservation de la culture nationale", acceptent de se faire chier dessus par leur gouvernement et leurs patrons tant que les arabo-musulman.es se font plus chier dessus qu’eux. On a donc des petit.es blanc.hes qui, en échange de prix bas sur le pétrole et de domination culturelle en France et dans le monde, acceptent et soutiennent un génocide. Et on a des blanc.hes riches qui se tapent leur meilleurs dividendes sur le dos de l’exploitation du pétrole et qui sont ravis que tout le monde s’en tape des atrocités qu’ils produisent pour ça. Ça, c’est le contrat racial.
Donc, résumé de tout ça : le racisme systémique s’appuie sur le colonialisme ou l’impérialisme (aspect international / macroscopique en gros), ET le racisme structurel (aspect national / microscopique en gros), pour exister. Il a pour intérêt de développer le pouvoir des blanc.hes via l’exploitation, la domination et l’oppression des personnes racisé.es. Il se base sur le contrat racial pour être accepté par les populations blanches défavorisé.es (femmes, pauvres, handis, ...) : en échange d’intérêts et sous condition de cacher ou de justifier la violence commise, les gens adhèrent à une société raciste ultra-violente.
Bon alors le décolonialisme en France c’est quoi ?
En gros, c’est un mouvement politique, relié a l’antiracisme politique, qui vise a une fin effective de la colonisation et de l’impérialisme (français). C’est selon ce mouvement la condition obligatoire a une fin d’un fonctionnement racial du système politique français, et blanc en général.
Les mouvements décoloniaux et antiraciste politique en France ont donc pour objectif stratégique de faire tomber le racisme structurel et le colonialisme. Mais alors, pourquoi tout le monde les taxe de racialistes au mieux, au pire d’islamistes d’extrême droite ? Parce que ben, théoriquement, a gauche on devrait toustes être d’accord sur la lutte contre le racisme structurel et le colonialisme, non ? (j’ai pas raison ... la team ?…)
En gros, de ce que j’observe, les stratégies des luttes décoloniales en France en ce moment c’est :
• Visibiliser l’existence du racisme systémique, en France et ailleurs, par des manifs, des discussions, des médias, …
• Prendre position sur les conflits, massacres, guerres, ... parce que la neutralité c’est trop facile.
• Prioriser la lutte antiraciste par rapport aux autres luttes quand y’a des conflits d’intérêt (ça jsuis moins fan mais j’entends que ça soit une étape nécessaire)
• Pousser les groupes politiques qui sont pas au taquet (mdr) sur l’antiracisme a se positionner, a soutenir les mouvements
• Créer des alliances sans se la jouer puriste, accepter les desaccords tant que les fondamentaux sont là (genre, le racisme existe encore en France, et y’a un génocide a Gaza, mais visiblement ça c’est déjà compliqué bref)
• Créer du rapport de force avec l’État et les entreprises coloniales
Et alors, y’a certains trucs qui passent, et puis d’autres qui passent pas chez nos ennemis. Du côté de la droite d’abord (de Valls et cie à Bardella), dès que tu parles de racisme c’est déjà la panique. Ils acceptent éventuellement que certains ultra-droitard.es peuvent être parfois racistes (même si plutôt ils ont juste peur de ne plus avoir le droit d’être français, et ça c’est dur miskin). Ils peuvent accepter que Jean-Marie Le Pen ait eu des sorties douteuses, qui "prêtent a confusion". Mais sinon, depuis la période "Touche pas a mon pote, black blanc beur" tout ça, le racisme a disparu, le monde est wokiste, et la nation française a disparu au profit de la migration de masse : le contrôle au faciès n’existe pas, voire est légitime parce que quand même les criminels c’est plus des étrangers ; le non-accès au logement n’a pas de couleur, on a aussi des SDF chez nous, qui devraient être prioritaires ; les discriminations a l’emploi n’existent pas, ils ont juste un moins bon profil ... bref tu vois l’idée. Donc dès qu’on parle de race, le mot qui sort en premier c’est "Racialistes" ! Ça signifie que, selon eux, c’est nous qui divisons le monde en race, et que donc nous créons le racisme, là ou l’universalisme ne voit pas les couleurs. T’auras bien compris, avec les explications sur l’antiracisme systémique, à quel point leur discours est au mieux stupide, au pire manipulatoire pour essayer de supprimer les luttes antiracistes des sphères militantes.
Et du coup, tu te doutes bien que dès que le moindre point de la stratégie antiraciste est appliquée, ça crie au scandale : le soutien a Gaza se transforme en apologie du terrorisme ; la priorisation de l’antiracisme dans le soutien des hommes racisés face a la police se transforme en antiféminisme ; les injonctions au positionnement se transforment en menaces de barbare ; les alliances décoloniales en danger communautariste pour la République... Et alors dès que y’a rapport de force direct c’est panique générale : les attaques de conférences sionistes se transforment en antisémitisme proche des idées nazis (la on commence a voir le sujet des sionistes apparaître) ; les révoltes après l’assassinat de Nahel sont symboles de l’ensauvagement de la France ; le soutien a George Abdallah face a la prison à vie, c’est de l’apologie du terrorisme et du soutien au meurtre.
Et alors, autant les droitard.es disent ça, bon, c’est leur rôle, "si j’étais a leur place je ferais pareil". Mais euh, ça sort d’où que des gauchistes suivent ces arguments, voire leur donne une crédibilité supplémentaire par le position de "proximité" avec l’antiracisme ?
On va pas refaire l’histoire, mais de base le passé de la gauche blanche c’est pas l’antiracisme le plus clair on va dire. C’était à l’époque tout à faire normal et peu questionné, mais y’a eu quand même un soutien aux colonisations civilisatrices, aux théories de la biologie raciale, à l’esclavage, antisémitisme pendant les années 30 (moins énervé que celui des nazis certes, mais franchement bien charnu quand même). Et puis récemment, anti-immigrationnisme dans les années 70, trahison à l’antiracisme politique avec SOS Racisme dans les années 80, islamophobie dans les années 2000 (pareil moins vener que l’extrême droite mais franchement c’est chaud), etc... Autant dire que clairement, y’a de quoi faire pour corriger le tir.
Mais, le gauchiste blanc de base ne voit pas les couleurs, il accepte tout le monde à sa table tant qu’on lui impose rien (comme si il n’imposait rien a personne, bref), et donc, il est par définition, ANTIRACISTE. Parce que selon lui, c’est ça l’antiracisme : l’universalisme a la française, on est toustes humain.es un point c’est tout.
Sauf que ben, on en est vraiment, mais alors VRAIMENT pas encore là. Mais ce gauchiste blanc, il refuse d’accepter ça, et du coup dès que ça sort un peu de ses clous il crie au scandale ! Tant que ta lutte est une manifestation ou un rassemblement pacifique et laïque et massif avec des gentilles demandes à faire à l’institution à qui tu te réfères (ou en cas extrême, un blocage sans dégradation), c’est super et y’a que ça qui tienne la route. Tout le reste, tout ce qui est offensif, qui contient un peu de dégradation, qui n’est pas 100 % laïc c’est pourri selon eux. Mais bon, vu l’échec de leurs luttes ces derniers temps, on va ptetre pas les écouter trop attentivement sur les stratégies.
Et puis sur le discours de fond, selon eux tout ce qui nous oppose doit être effacé au profit de ce qui nous rassemble, donc nommer les problèmes, autant te dire que ça les fait vriller. Dès que tu parles d’autres choses que de classes sociales, dès que tu parles de différences ethniques, culturelles, religieuses, de genre, c’est panique a bord, avec éventuellement un discours libéral tout gentil en mode « on a tous le droit de tout faire tant qu’on respecte la liberté des autres », mais ça s’arrête la.
Ça a un intérêt électoral pour certains, qui veulent essayer de séduire des personnes « un peu racistes » sans trop les attaquer. Ça a un intérêt nationaliste pour d’autres, qui veulent préserver les intérêts français quitte à s’en foutre des autres. Ça a un intérêt laïcard pour d’autres encore, qui veulent exclure la religion des sphères politiques, peu importe ce qui se passe en terme d’oppressions des cultures racisé.es. Souvent c’est les trois d’un coup, en tous cas, c’est pas très antiraciste-friendly oupsiii.
Ajouté à ça la teinte raciste bien bien ancrée dans l’imaginaire commun, y compris à gauche donc : arabe et noir.es = musulman.e = islamiste = barbare, ça laisse assez peu de chances d’être soutenu.e quand t’es arabomusulman.e ou noir.e et militant.e. Et donc, même si iels sont antiracistes selon elleux, ben t’auras aucun soutien pour toutes les actions et pensées suivantes :
• Nommer les petits blancs comme fautifs ou complices d’une partie du racisme systémique c’est intolérable.
• Occuper un théâtre, pour héberger des gens à la rue, c’est pas cool, ça fait des dégradations et ça empêche les artistes de travailler.
• Se révolter quand un mec racisé meurt, c’est répondre à la violence par la violence donc c’est MAAAAL (voire pour certain.es féministes en carton, c’est toujours de la "violence des hommes" quel que soit le côté)
• Faire un hommage aux palestinien.es hors de la tradition française laïque (aaah les bougies, la laïcité...) en proposant une prière musulmane, c’est du communautarisme.
• Diffuser le boycott des fruits israéliens se transforme en "faire comme si Israël était un état colonial pire qu’un autre ».
• Parler de la séparation historique, causée par la colonisation française notamment en Algérie, entre juifs et arabes via une proposition de citoyenneté française aux juifves algérien.nes, c’est de l’antisémitisme.
Alors voila, pour résumer les définitions :
Le racisme systémique ça existe fort en France, sous plusieurs formes et à plusieurs échelles. Nommer que ce racisme existe, c’est impossible a droite, et possible sous des conditions très restreintes à gauche. Le décolonialisme, et on y reviendra plusieurs fois, est une des seules options selon moi pour faire avancer les luttes antiracistes et créer du rapport de force sur ces sujets. Mais on a assez peu d’allié.es, y compris à gauche, et pas mal d’ennemis, et globalement les prochains textes ça va parler d’elleux, et de comment lutter contre. On va s’appuyer sur des exemples de racismes de l’année 2025, et on va des décortiquer point par points, avec des trucs d’histoire et d’actualité. Comme ça, quand tu verras ou entendras des dingueries, tu sauras quoi raconter !
Sionisme de gauche, racisme et islamophobie :
Bon ils ont quoi les sionistes "de gauche" là, à suivre les argumentaires des droitard.es comme quoi les militant.es décoloniaux.ales seraient des islamistes d’extrême droite ? Ça profite d’un génocide d’arabo-musulmans pour dire des dingueries sur les racisé.es en France qui militent pour l’antiracisme politique ? "Wissam Xelka est islamiste, Houria Bouteldja est antisémite, Tsedek soutient des terroristes, et les décoloniaux soutiennent des dictateurs fascistes" ? Bah bien joué mon reuf, t’es en train de trahir le camp de la gauche ET le camp des racisé.es en lutte ! Tout ça pour faire le dos rond aux blanc.hes racistes et antisémites qui t’utilisent pour leurs programmes politiques. Finesse d’analyse politique digne d’un Enrico Macias qui fait ouinouin sur les musulman.es algérien.nes.
Bon bref, t’as compris on va parler du sionisme de gauche, et des idées principales qui l’animent en ce moment sur le génocide des palestinien.nes. La l’idée c’est de mettre des bâtons dans les roues aux argumentaires des tocard.es, puis on va parler aussi de fait concret et de stratégie de lutte. Par contre, on va pas trop parler théorie et histoire politique, la c’est vraiment plus une analyse des problèmes depuis 2024 même si forcément ça se croise.
Le discours des sionistes de gauche, en plus de ceux de la gauche blanche molle qu’on a abordé au dessus, se pose autour de 4 points principaux :
• Soutenir la résistance palestinienne, c’est soutenir le meurtre de juifs.
• Soutenir la résistance palestinienne, c’est soutenir des islamistes radicaux terroristes, donc des fascistes. D’ailleurs, la résistance palestinienne étant soutenu par des dictateurs, ça revient à se positionner avec eux.
• Soutenir la résistance palestinienne, c’est soutenir la violence et la guerre.
• Soutenir la résistance palestinienne, c’est vouloir exclure les juifs de leur territoire.
Leur discours a été du pain béni pour les médias racistes, notamment parce que porté par des gens qui sont censé être dans un camp opposé au leur. Tu vois, Tanguy David, le noir de Reconquête, Jean Messiha, l’arabe de CNews, ou dans un autre registre, Thais d’Escufon, le femme antiféministe, ben voila, les sionistes de gauche c’est pareil : ils vont sur les plateaux de racistes, et disent en tant que gens de gauche ET en tant que juif, que c’est pas ce plateau qui est antisémite, mais bien les antisionistes arabes (antisémitisme couscous tu connais l’expression) et les gens de gauche. Et alors, clairement LFI y’a de l’antisémitisme, comme partout à gauche d’ailleurs, le racisme des gauchistes n’a pas de frontières mdr, mais c’est pas le soutien a Palestine qui les rend antisémite.
Le vrai antisémitisme selon eux, c’est de ne pas soutenir Israël, qui est un pays juif, dans leur guerre face aux antisémites palestinien.nes. Même plus besoin d’argumenter, il suffit d’avoir une personne concernée qui est d’accord et ça veut dire que c’est validé, et là en plus y’en a pas qu’une, c’est carrément une pensée majoritaire chez les sionistes de gauche. Et ça, ça marche sur les plateaux télé avec les grosses assos, mais ça marche aussi en conférence, dans des bouquins, a des événements de discussion, sur des conversations en ligne, etc.
Sauf que ben, leur discours, c’est de la merde quoi. Genre vraiment fort fort. Allez, on décortique ! (Je précise que je vais pas pouvoir faire ici un grand point historique de la colonisation israélienne, c’est un gros résumé, mais y’a d’autres textes qui le font très bien, et j’en ferai peut-être un texte un jour)
• Soutenir la résistance palestinienne, c’est soutenir le meurtre de juifs.
◦ Alors euh, non. A vrai dire, dans les peuples en conflit avec Israël en général, tout le monde s’en fout un peu qu’ils soient juifs, y’avait des juif.ves en Palestine avant qu’Israël arrive et ça se passait beaucoup mieux. Le problème avec la population israélienne se pose plutôt sur d’autres enjeux qui peut être vous auraient échappés ? :
▪ A partir de 1920 : colonisation britannique par protectorat et premières installations sionistes par des achats de terres financées en partie par l’occident, dont des antisémites qui voulaient que les juif.ves ashkénaze quittent la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, etc.
▪ Puis, en 1948, après des luttes d’indépendance dans le Levant, fin du protectorat britannique en Palestine, mais soutien militaire dans le même temps de l’installation sioniste en Palestine. L’occident a, à ce moment là et encore aujourd’hui, utilisé les juif.ves sionistes comme outil pour maintenir un pouvoir sur la région, sans pour autant se mouiller directement et risquer des vies blanc.hes chrétiennes : l’antisémitisme à l’occidental, tout ça.
▪ De 1948 à 1967, prise brutale de territoires palestinien.es, séparation de la Palestine en plusieurs morceaux (Gaza, Cisjordanie et Galilée), ce qu’on appelle la Nakba. Départ de 700 000 réfugié.es palestinien.nes majoritairement en Syrie, en Jordanie et au Liban.
▪ En 1967, suite à des agressions multiples d’Israël et à la colonisation en cours, offensive pan-arabe contre Israël, qui se solde par une victoire d’Israël.
▪ Entre 1967 et 1995, prise de 85% de la terre palestinienne, incluant maison, terrains agricoles, industries, etc. par la force et par le rachat / l’utilisation des terres par les civils complices. Massacres de villages et de camps de réfugiés entiers, en Palestine, au Liban, en Syrie. Guerres contre le monde arabe (Syrie, Liban, Égypte, …). Colonisation lente de la Cisjordanie par achat de terrains de palestinien.nes à prix bas, l’envoie de milice, l’arrachage d’olivier et de citronniers, …
▪ A partir de 1993 : tensions internes aux résistances palestiniennes, entre l’OLP qui met en place des négociations avec Israël qui ne mènent finalement qu’à une capitulation sur la perte de territoires sans respect par Israël des contreparties ; et les forces de résistance armée qui s’opposent aux négociations.
▪ Depuis les années 2000 : Présence de Netanyahou au pouvoir : extrême droite israélienne en croissance, apartheid marqué dans la constitution (différences de droits entre les catégories de population arabes musulmanes, arabes juif.ves né.es en Palestine, et israelien.nes).
▪ En 2008 : enfermement par des murs de la prison a ciel ouvert de Gaza d’une grande partie de la population. Harcèlement, violences, voire meurtres quotidiens de gazaouis qui sortent de Gaza pour travailler. Opérations militaires régulières. Mutilations de masse lors des "marches du retour" pacifiques en 2018-2019.
▪ Soutien ultra majoritaire de la population israélienne à Nétanyahou et à sa dérive à l’extrême droite : 85% des députés sont pro-Nétanyahou, 10% sont pour continuer la colonisation mais en plus doux, et 5% sont pour faire un peu reculer la colonisation : c’est ça, l’avis de la population. Tu me diras, y’a des manifs pour arrêter les bombardements : leur revendication c’est pour SAUVER LES OTAGES, iels s’en tapent des palestinien.nes.
◦ Voila, ce qui leur est reproché, pas qu’iels soient juif.ves.
◦ Le Hamas, qui n’est pas le seul groupe de résistance palestinienne (y’en a 3 principaux) et encore moins le seul groupe de résistance arabe, est en effet antisémite et parle du meurtre de sionistes dans ses statuts en les assimilant aux juif.ves. Le partie a une analyse complotiste de la présence juive dans les médias et les sphères de pouvoir à échelle internationale. Il y a donc un groupe antisémite dans la résistance a Israël. On fait quoi de ça ? On en parle après.
• Soutenir la résistance palestinienne, c’est soutenir des islamistes radicaux terroristes, donc des fascistes. D’ailleurs, la résistance palestinienne étant soutenu par des dictateurs, ça revient à se positionner avec eux.
◦ Alors euh, ben toujours non. Deux groupes des 3 principaux groupes armés principaux sont islamistes, ce qui ne veut pas dire grand chose en terme de programme politique ni de méthodes d’application du programme, parce que les lois islamiques peuvent s’interpréter et s’appliquer de plein de façons différentes. Le 3eme (OLP, issu du Fatah, parti laïque démocrate) était ultra majoritaire jusqu’à que la population se sentent trahis quand ils sont entré dans un jeu de négociation internationale ou ils se sont fait, pour être gentil, légèrement arnaquer. C’est un des trucs qui a fait que beaucoup de gazaouis se sont tourné vers le Hamas d’ailleurs, l’écriture dans leurs statuts qu’il n’y aurait pas de négociation internationale. Donc en soit, l’islamisme politique, y’en a qui aiment, y’en a qui s’en foutent, et y’en a qui sont contre, mais tout le monde estime que c’est moins pire que l’enfermement de 2 millions de personnes pendant 15 ans dans Gaza, sans se défendre par les armes.
◦ Les soutiens au Hamas et au Hezbollah sont l’Iran (dictature), la Syrie de Assad (dictature), et l’armement est Russe (dictature). Les soutiens a Israël sont l’Arabie Saoudite (dictature), la Hongrie (état autoritaire fasciste), et les Etats-Unis (état autoritaire fasciste depuis Trump, et à la démocratie douteuse avant ça). 1 partout !
◦ Ah et euh l’argument de "si t’étais la bas tu dirais pas la même chose, la bas ça chasse les LGBT". Ben euh, les LGBT de la bas sont pas de ton avis, oupsi. Communiqué de Queer in Palestine : "Nous refusons l’instrumentalisation de notre identité queer, de nos corps, ainsi que la violence à laquelle nous faisons face en tant que personnes queers, afin de diaboliser et déshumaniser nos communautés, surtout lorsque ceux-ci sont mis au service d’actes impéraux et génocidaires."
◦ Terroristes, ça demanderait un texte entier pour debunker ce mot de merde. Est terroriste selon l’occident tout arabe qui se bat contre une force soutenue par l’occident. Alors y’en a pas mal qui définissent ça par "jouer sur la terreur et tuer des civils".
▪ Le Hezbollah, parti chiite radicale libanais, est nommé parti terroriste depuis sa création en opposition à l’invasion israélienne en 1982. Bilan de civils tués par l’organisation entre 1982 et 2023 : une cinquantaine, contre au moins 5000 libanais.es tué.es coté israélien.
▪ Le Hamas pareil, depuis le début des luttes armés du Hamas a Gaza en 2008 jusqu’en 2023, y’a eu 250 morts israéliens dont majorité de militaires. Sur seulement 2014, y’a eu 1500 civils morts coté gazaouis. C’est qui, les terroristes ?
◦ Et alors, fasciste, en fait c’est un mot qui a un sens, n’est pas facho qui veut.
▪ L’état israélien est un état fasciste selon plusieurs critères :
• Génocide
• Apartheid constitutionnel (différence de niveau de civilité en fonction de la religion)
• Supériorité théorisée des juif.ves face aux musulman.nes par des membres du gouvernement.
• Prisonniers politiques (10 000) dont sans jugement (2000 au moins) sur lesquels est autorisée depuis 2026 la peine de mort
• Violences, mutilations, meurtres, sans raisons autre que la race et la religion
• Expulsion d’habitats, mise en place de "ghetto" et camps palestiniens
• Autoritarisme policier ultra violent et milices fascistes très libres (voire envoyées par le gouvernement pour virer des palestinien.nes de Cisjordanie)
• Ultra-conservateurs, avec personnalités politiques du "sionisme religieux" au gouvernement.
• Assassinat de journalistes (2/3 des journaliste assassinés dans le monde en 2025 le sont par Israël, sacrée démocratie !)
▪ Le Hamas (en rebond au point quelques lignes au dessus sur leurs statuts et leur antisémitisme), si ils mettent en place les mêmes pratiques politiques qu’Israël sur des personnes juives non sionistes, ou sur des juif.ves, même sionistes, seront fascistes.
Autrement, et dans ce contexte, tuer des militaires israéliens implique de tuer des personnes juives, mais pas parce que juif.ves, parce que militaire d’un pays fasciste qui les colonise. Leur programme politique est conservateur, ce qui veut pas automatiquement dire fasciste, mais y’a aussi risque de dérive la dessus, notamment si ils l’appliquent de façon autoritaire. Il y aura une vraie vigilance a tenir la dessus, notamment si la colonisation vient à s’arrêter, et il faudra être aussi stricte dans notre antifascisme s’il est issue d’un conservatisme islamiste autoritaire et d’une haine de lae juifve, que s’il est issue d’un conservatisme "sioniste religieux" (c’est le nom qu’iels se donnent) et d’une haine de lae musulman.e.
◦ Donc y’a un état fasciste en vigueur de façon ultra vener, et y’a des groupes de résistance armée dont certains sont conservateurs et dont un a un risque fasciste si ils prennent le pouvoir et que le rapport de force s’inverse avec Israël. On reste neutre du coup, parce que y’a du mal des deux cotés ? Je répond a ça a la prochaine partie.
◦ Je veux faire un point spécifique sur le Hezbollah, qui est accusé des mêmes choses que toutes les résistances a Israël. Y’a un article pété que j’vais pas partager ici parce que ça lui ferait trop de pub, qui enchaîne les dingueries, profitant notamment de l’absence de connaissance des gens sur le contexte libanais. Mais j’ai envie de revenir sur un extrait parce qu’il utilise beaucoup d’arguments très diffusés :
"Le parti (Hezbollah) joue un rôle social important au Liban [un rôle d’état dans l’état selon leur dire au début du texte]. Il y est le premier employeur, il a aussi permis la création d’hôpitaux, d’orphelinats, d’écoles, de soupes populaires et autres services rendus à la population en échange d’une adhésion idéologique au national-islamisme du parti. Seulement le Hezbollah n’est pas un mouvement social implanté localement et attirant la sympathie puisque son traitement des civils passe aussi parfois par leurs utilisation en bouclier humain, provoquant la mort de nombreux libanais civils".
◦ Alors : au Liban, depuis la fin de la guerre civile (1990), y’a plus d’investissement étatique dans quoi que ce soit qui est cité au dessus. C’est un pays qui fonctionne avec plusieurs états dans l’état, avec un fonctionnement confessionnel. Rien d’exceptionnel donc a ce que l’un des deux partis chiites (avec Amal), qui représente donc la plus grande proportion de la population, les chiites (environ 45%) soit celui qui emploi et investi le plus. Je suis extrêmement critique de cette situation qui amène à de la corruption, du clientélisme, et un devoir d’écrasement face au partie qui a le pouvoir dans ta communauté, mais le Hezbollah n’est pas un cas isolé, il s’agirait de préciser ça pour être honnête intellectuellement. Par contre le coup des boucliers humains la : c’est de la faute au Hezbollah si Israël bombarde des civils ? C’est la faute du Hezbollah si des civils sont massacrés parce qu’ils les utiliseraient comme bouclier humain ? Israël a bombardé 80% de la ville de Gaza en disant que le Hamas utilisait les civils comme boucliers humains, il s’agirait de comprendre que cet argument, en plus d’être faux, est profondément dégueulasse.
◦ De façon assez étonnante (non), l’article en lui même a été plébiscité par des groupes politiques sionistes, ce par quoi ils se sont défendus sans jamais attaquer le gouvernement israélien de façon concrète, de la façon suivante : "Que les pro-israéliens de tout genre sachent que notre rejet des discours pro-palestiniens ne fait pas de nous vos amis car nous combattons tout autant les discours pro-israéliens. [...] Pour un monde sans États, ni frontières, ni patries ni nations. Un monde sans Tsahal, sans Hamas, sans armée ni milice. Deux États, c’est toujours deux États de trop." Splendide, jamais vu une prise de position aussi inutile, on va arrêter les massacres qui durent depuis 80 ans avec ça c’est sur. Et en vrai, jpeux comprendre l’intérêt peut être stratégique d’être intransigeant.e sur les conflits armés et de se positionner toujours contre, et de faire gaffe à tout le sens politique derrière, on peut en discuter. Mais faut qu’on arrête d’accuser les gens qui ne veulent pas rester neutres dans cette histoire d’être des islamistes !
• Soutenir la résistance palestinienne, c’est soutenir la violence et la guerre.
◦ Alors euh, toujours pas. De fait, y’a de la violence, y’a une colonisation, y’a des combats armés. Il n’y a même pas de « guerre » tellement c’est déséquilibré, il y a un état fasciste sur-armé et des groupes de résistance sous-armés. Dans ce contexte, dans cet état de fait, être contre la guerre ça ne marche pas ! Alors, des gens soutiennent la création, par la résistance armée, d’un rapport de force. Se positionner de ce côté, dans cet état de fait, ce n’est pas soutenir la guerre et la violence, ni être connivent avec des islamistes. Et soutenir l’auto-détermination d’un peuple et soutenir son droit a se défendre, ce n’est pas soutenir les frontières et les état-nations. En fait les état-nations c’est la règle, faut la faire changer a échelle internationale, mais en attendant on fait rien ? Y’a que des gens déconnectés de la réalité qui peuvent défendre ça.
• Donc en fait, y’en a qui disent que vu que y’a de la violence des deux cotés, faut soutenir personne. Y’en a qui disent que vu que certaines revendications et programmes politiques de certains groupes politiques palestiniens sont mauvais, faut pas soutenir leur résistance (partie d’avant). Une belle brochette de puristes père-la-morale, on a-dore.
• Ma réponse à ça, c’est : Ne pas tenter, aujourd’hui, de faire gagner a la lutte palestinienne dans le rapport de force, c’est accepter ce qui se passe depuis 1948, depuis 2008, et c’est accepter le génocide depuis 2023. Rester neutre, c’est estimer ce qui se passe comme mieux que ce qui pourrait être si la résistance palestinienne venait à gagner. C’est donc estimer que la pire situation n’est pas le génocide, l’apartheid, la colonisation en cours, mais l’autodétermination du peuple palestinien et les risques que ça pourrait amener.
• Les gouvernements israéliens successifs ont créé les conditions d’une impossibilité actuelle et sur quelques années à la paix. Si les gazaouis ont autant la haine, c’est parce que tous les israéliens qu’ils connaissent sont des colons sionistes qui les harcèlent, les emprisonnent, les violentent et les tuent depuis 80 ans, et notamment depuis l’enclavement de Gaza. Arrêter tout soutien a la résistance palestinienne parce que les gazaouis ont trop de haine, et que certain.es ne se projettent pas dans la paix, c’est de la merde.
• En gros, soutenir la résistance palestinienne, ce n’est ni soutenir la guerre, ni la violence, ni les état-nations, ni des fascistes : c’est essayer de faire en sorte que le rapport de force s’équilibre pour que les palestinien.nes aient droit, comme tout le monde, a l’autodétermination. Et ça passe nécessairement, en l’état actuel, par de la lutte armée, notamment vu les massacres en cours.
• Soutenir la résistance palestinienne, c’est vouloir exclure les juif.ves de leur territoire.
◦ Alors euh, pfff. Jsais juste pas quoi dire. Les sionistes israélien.nes sont en train, depuis 80 ans, d’exclure les palestinien.nes de leur territoire. Et quand tu dis que t’es contre ça et que tu estimes légitime une résistance armée contre ça, on t’accuse de vouloir faire la même chose, en créant une pseudo guerre de religion et de civilisation entre musulman.es et juifves qui n’existe que chez les plus stupides des deux camps. Juste, pfff.
◦ Pour le reste des décisions politiques si un jour on assiste à une libération de la Palestine, il faudra voir comment habiter ce territoire. La dessus, je suis extrêmement mal placée pour savoir comment faire, mais déjà une fin de génocide, un cessez-le-feu effectif et de long terme (respecté par Israël, ça serait une première), une fin de la colonisation des territoires palestiniens, ça serait une belle étape. Mais c’est une certitude, il n’y aura pas de paix tant que cette décision ne sera pas prise par la partie sioniste de ce territoire.
Un dernier petit point adressé à l’occident puisque j’en ai finalement assez peu parlé : Israël est né de l’antisémitisme occidental, des siècles d’antisémitisme des catholiques conservateurs européen qui ont poussé les juif.ves au besoin de créer un état protecteur, puis de la volonté occidentale de virer les juifves survivant.es après la seconde guerre mondiale. Le Royaume-Uni a donné une colonie qui se déstabilisait et devenait de plus en plus indépendantiste, nommée Palestine, suite a la demande de sionistes d’avoir un territoire allant du Jourdain a la mer en contrepartie du génocide. Les nazis et d‘autres groupes antisémites eux-même ont financé dès 1930 l’achat de terre pour des sionistes, pour les virer d’Europe.
Le Royaume-Uni, les USA, la France, l’Allemagne, parmi d’autres, ont soutenu et armé toutes les colonisation post-négociations de territoire, permettant a Israël de grignoter tout le territoire palestinien petit à petit. Ils n’ont jamais mis quoi que ce soit en place pour éviter ou condamner les crimes de guerre d’Israël. Ils ont contribué aux négociations secrètes qui ont amené une acceptation des humiliantes nouvelles frontières par l’OLP dans les années 1990, sans imposer a Israël de respecter les conditions à cet accord, ce qui a fait chuter l’OLP par la suite. L’occident n’est pas que complice, il est coupable. Il va être temps de gérer les conséquences des merdes qu’il a produit au lieu d’armer les sionistes les plus violents dans leur quête d’invasion complète de la Palestine. Il va être temps de gérer le racisme passé et présent de l’occident, dont son antisémitisme, autrement qu’en faisant croire que l’antisémitisme c’est un truc d’arabes et que le soutien a Israël suffit à tout changer.
Bien, le décorticage c’est fait. Mais en fait y’a aussi un point générique qui compte sur les 4 choses citées au dessus : depuis quand soutenir une dynamique de résistance c’est soutenir tout ce qui la compose ? Jveux dire, personne critique les gens qui sont pro-résistance française contre les nazis alors que dedans y’avait beaucoup, genre vraiment beaucoup, de royalistes et de nationalistes. Est-ce qu’on pourrait tenter de comprendre que le soutien a la résistance dans le cadre d’une colonisation de peuplement qui dure depuis 80 ans et dont la population est génocidée, c’est un soutien critique ? Littéralement comme tous les soutiens à des luttes armées ? Y’a aucun.e libertaires, en France et dans le monde arabe, musulman.e ou non, qui est d’accord avec la ligne politique intérieure du Hamas qui est ultra-conservatrice. Ça empêche pas qu’on soutienne le fait que des groupes, dont le Hamas, prennent les armes contre la colonisation israélienne, faute de quoi la Palestine aurait disparu depuis un moment déjà.
Bon bref, ça, c’est des arguments qui passeraient (dans le sens, d’accord ou pas d’accord mais ça pourrait être entendu) si y’avait un peu de bonne foi en face. Mais tu t’en doutes c’est pas aussi simple que ça.
A jouer aux arguments honnêtes, les sionistes perdraient parce que ben, c’est difficile de justifier un génocide.
D’où l’intérêt de jouer au plus gauchiste : faire croire que la défense d’Israël, c’est parce que t’as de meilleures valeurs progressistes et démocrates, et que t’es un meilleur militant contre l’antisémitisme, c’est rusé. Faire croire aux gens qui défendent la Palestine qu’ils font un faux-pas dans leur gauchisme, qu’ils devraient rester ancrer dans leurs valeurs de liberté plutôt que de soutenir des islamistes, c’est futé. Faire croire que la neutralité dans cette histoire, donc l’acceptation du statu quo, c’est parce que tu es contre la guerre et les frontières, c’est pas con.
Et puis, c’est plus facile de dire que les gens qui sont contre ton discours sont des antisémites islamistes d’extrême droite. Justifiant ça par des argumentaire d’une logique légendaire (non) : tu soutiens la résistance palestinienne, donc le Hamas qui est islamiste et antisémite = tu es islamiste et antisémite. Sur ce point d’ailleurs, critiquer et attaquer un choix politique porté par un état revendiqué juif n’est pas de l’antisémitisme, comme critiquer et attaquer un choix politique porté par un état revendiqué musulman n’est pas de l’islamophobie.
Y’a des façons de le penser et de le faire, pour que ça ne soit pas antisémite ou islamophobe : ne pas généraliser toute la population à une partie d’entre elle, ne pas expliquer le choix politique par un cliché dégueulasse sur la communauté en question, ne pas demander des comptes aux membres de la communauté en question, ne pas dire que c’est parce qu’iels sont juifves / musulman.es qu’iels font ça etc... Mais Israël est un état colon, dont les décisions, appuyées par l’occident, sont des décisions fascistes et coloniales. Juif ou pas, Israël est un état fasciste.
Y’a aussi tout un discours qui dit "pourquoi tant d’agitation autour de la Palestine alors qu’il y a d’autres drames dans le monde : forcément par antisémitisme". Alors euh, non, y’a une focale la dessus parce que :
• Y’a une communauté arabe importante en France (grand remplacement es-tu la ?) qui a grandi avec comme politisation cette colonisation.
• C’est la dernière colonie de peuplement au monde.
• Y’a une défense telle du projet sioniste israélien en occident, une telle propagande à ce sujet, qu’il faut y répondre.
• Ça fait 80 ans que ça dure.
• C’est une ancienne colonie anglaise, proche du Liban qui est une ancienne colonie française et qui a des liens étroits avec la France.
• La France soutient directement un génocide, un apartheid et une colonisations par des entreprises, des lois, …
Mais, et on va être très clair, je nomme depuis tout à l’heure que les discours des sionistes sont biaisées et instrumentalisent l’antisémitisme pour empêcher toute critique d’Israël (la loi Yadan tu connais). Cependant, il y a aussi des gens qui surfent a fond sur la vague de critiques à Israël pour faire vivre à fond leur antisémitisme.
Donc, pour les antisémites qui utilisent la lutte palestinienne pour se défouler ; pour celleux qui utilisent, consciemment ou non mais en étant toujours responsables de leurs mots, des argumentaires antisémites pour attaquer Israël ; ou qui choisissent de s’en foutre de l’antisémitisme dans cette situation : l’antisémitisme ça existe, c’est un racisme, particulièrement violent dans ses méthodes d’application : attentat dans une école juive en 2012 qui a fait 6 enfants assassinés, tabassage d’un rabbin a Orléans, attaques de synagogues, de personnes portant la kippa, en 2025. Et puis, sans revenir sur l’histoire, antisémitisme ultra énervé jusqu’en 1939 en France (empêchement d’accès au droits, au travail, au logement, imaginaire d’un complot juif, etc...) ; puis en 1939, avec l’invasion Nazi, le truc est décuplé jusqu’en 1945 ; et puis en 1945, évidemment que ça s’arrête pas la, silenciation du génocide pendant 20 ans, assassinats ou silenciation de juif.ves qui souhaitaient rentrer chez eux après leur déportation, ou parler du génocide. Bref, l’antisémitisme c’est vraiment un dossier lourd, récent, et encore actuel, donc profite pas de ce moment pour faire vivre ton antisémitisme, c’est vraiment un mouv de connard digne des meilleurs Dieudonné ou Soral (spoiler, ils sont d’extrême droite).
Ceci étant dit, en effet on parle plus de la colonisation de la Palestine que des autres enjeux, pas par antisémitisme à mes yeux sauf pour certain.es, mais on en parle plus. Et ça serait vraiment préférable qu’on parle de tous les génocides qui se passent dans le monde, et qu’on ait de vrais mouvements de lutte autour de ça, mais pour ça il faudrait que la gauche soit un potipeu plus antiraciste quoi.
Ça serait aussi intéressant de parler de conservatisme religieux qui peut dans certains cas virer au fascisme comme Daesh en Syrie qui a pris le pouvoir en 2025 et massacre les populations chiites ; comme le sionisme religieux israélien et son génocide ; comme l’évangélisme de Bolsonaro et Trump, ou le royalisme catholique a la française. Le tout, sans que ça puisse être utilisé par les droitard.es français.es pour tacler les musulman.es et juif.ves qui ont rien demandé à personne et qui se font assimiler à ces fumiers.
En tous cas, dans un monde avec un peu moins de racisme, ces discussions pourraient exister de façon un peu saine. Mais de toute façon, ça serait pas la solution de fin, ça ne serait qu’une étape, déjà impossible, pour faire exister des réflexions antiracistes consistantes dans les milieux de gauche. Et une fois que ça serait fait, y’aurait encore 15254 étapes intermédiaires, pour en arriver à un but final : la fin des frontières et des état-nations, la fin de la racisation, l’existence des communautés, groupes et individus, selon leur culture choisie et respectée.
Mais pour en arriver à cette étape finale, selon moi, les premiers pas se font dans les luttes décoloniales et leur stratégies. Visibiliser le racisme, gagner en rapport de force, soutenir les luttes décoloniales, créer des réseaux militants qui s’impliquent sur les questions antiracistes. Pas les insulter en permanence et jouer aux idéalistes en voulant appliquer tout de suite des trucs impossibles : c’est le meilleur moyen de perdre sans aucune avancée concrète. Faut passer par un moment ou tu défends une résistance arabe hétérogène, parce que sinon y’a une population qui se fait génocider.
Et donc, aux sionistes "de gauche", aux "anti-racialistes", jvous emmerde, vous ne valez rien en tant que militant.es de gauche. Vous utilisez vos pseudos valeurs de gauche pour justifier 80 années de colonisation atroce et rendre ça acceptable au grand public, c’est pitoyable.
Et aux gens de gauche, neutres sur la Palestine et sur le racisme en général, positionnez vous clairement, marquez votre soutien : le statu quo, c’est le génocide, le nettoyage ethnique, les massacres, les pillages, les vols de terre, de maisons, les tortures, les emprisonnement sans procès, les arrachages d’oliviers, l’enfermement dans Gaza de millions de personnes sous blocus humanitaire. Sortez de vos positions puristes sur les stratégies à adopter, soutenez ce qui se fait en France même si c’est un soutien critique. Ou alors même, si vous estimez que y’a que vos stratégies qui devraient être mises en place, alors utilisez les ! Pourquoi les syndicats lancent pas des grèves et des blocages dans les entreprises qui alimentent Israël ? Pourquoi y’a pas un mouvement social massif contre les génocides, les montées du fascisme, l’islamophobie ambiante (pareil, une manif tous les 22 mars ça compte pas) ? Si tenté que ça marche, au moins essayez.
« Règlement de compte », violences en quartier populaire et racisme à la française.
Un matin, y’a un homme de 37 ans qui a été tué a 11h, à deux rues de là ou je vis, en pleine rue devant le supermarché et la salle de sport. Un arabe, évidemment, on a pas donné son nom dans les médias du coup. Cette fois-ci, c’est pas la police qui l’a tué, c’est des gars comme lui, embourbés dans des entreprises ultra capitalistes et ultra violentes de vente de drogue. Les gens dans le bus parlent de "règlement de compte", comme si c’était habituel, comme si ça avait du sens comme démarche pour "régler des comptes" que de tuer quelqu’un. C’est devenu habituel, normal pour eux ?
Jpense pas, jpense que c’est juste une expression qu’on répète tout le temps, comme pour dédramatiser le fait que c’est un meurtre, que y’a un gars arabe de 37 ans qui a été tué. « Bavure policière », « légitime défense », « dommage collatéraux », « règlement de compte ». On parle jamais des meurtres d’arabes et de noir.es comme des meurtres de blancs, y’a toujours un truc pour dédramatiser, pour vider le drame de son sens, pour le justifier.
Ça rappelle les « crimes passionnels » pour les meurtres de meufs, les « accidents du travail » pour les travailleureuses précaires qui bossent dans des conditions ultra pas sécurisées au point d’en mourir. C’est des meurtres, c’est des gens qui meurent à cause de gens qui soit les tuent directement, soit indirectement.
Y’a pas eu d’hommage pour lui, pas de minute de silence. Plus tard, le seul arabe qui verra son nom être porté, car lui est innocent et que son frère est un militant anti-drogue, c’est Mehdi Kessaci. Qu’il repose en paix, que sa famille soit soutenue, il mérite que son nom soit porté, que son hommage soit fort. Autant que cet homme qui a été tué par trois gars, autant que les autres assassinés par la violence des quartiers pop. Ils ne seraient pas innocents, donc non seulement ça sera moins grave qu’ils meurent, mais en plus on ne connaîtra jamais leur nom, on ne pourra jamais leur rendre hommage.
T’as compris, dans ce texte on va parler d’assassinat de personnes racisées. Du côté systémique du truc, d’où ça vient, comment on en est arrivé là. On va aller creuser dans les idées qui amènent à ça, et puis parler des faits qui se passent aujourd’hui autour de ces meurtres et de comment ils sont justifiés. Mais, on va commencer par un petit retour historique sur les quartiers populaires, vous allez voir ça va expliquer beaucoup de choses.
On va faire un petit bond en arrière dans l’histoire, à la décolonisation du monde arabe et notamment de l’Algérie. Petites précisions : y’a plein de gens qui pourront te raconter cette histoire bien plus précisément que moi dans ce texte, ici c’est pas l’objectif, j’essaye de poser un contexte de compréhension vague du sujet pour faciliter la compréhension et qu’on parle sur des bases communes ! Si tu veux te renseigner, fonce bb, ça te permettra de mieux comprendre ce que je te dis après, mais moi j’essaye de faire des textes courts et résumés donc jpeux pas tout mettre dedans, sinon ça va finir en bouquin qui fout la flemme !
Mini-point : Je t’ai déjà parlé dans la partie définition de racisme systémique, de colonialisme, si t’as pas lu je t’invite a y faire un tour vite fait, ça fera une base commune pour avancer.
L’Algérie a été un "département français" à partir de 1830, après une conquête militaire bien crade comme il faut. Les français blancs pauvres y ont été envoyé pour acheter / récupérer des maisons et des terres à pas cher / gratos, donc on a eu une colonisation militaire et civile. Y’a eu des tentatives de révoltes pendant de longues années, matées soit par le force, soit par des stratagèmes de tourner des populations les unes contre les autres. Bref, ça a duré des dizaines d’années (beaucoup de dizaines) pendant lesquelles les français blancs avaient tous les droits sur les algériens : meurtre, prise de terres, viols, torture, j’en passe et des meilleures. Et puis grâce à une résistance algérienne longue et extrêmement douloureuse, la France fini par être contrainte de se casser d’Algérie en 1962.
En France, a partir de 1946, c’est le boom technologique, y’a plein emploi, plein de trucs a construire. Des communautés algériennes se sont installées depuis début 1900 petit à petit, pour raisons économiques notamment (en gros, parce que leur pays se fait ravager, qu’ils ont besoin de thunes et que y’en a pas en Algérie française pour les arabo musulman.es), et pour raisons militaires (première ligne au front pendant la 1ere et la 2eme guerre mondiale). Et la communauté algérienne s’accroît à partir de 1946 jusqu’aux années 1970, ou la France met même en place des régimes spéciaux d’accueil des algériens pour tenter de calmer les indépendantistes, et parce que c’est la giga merde économiquement en Algérie (merci qui ?). La France leur ouvre grand les portes du travail (payé comme de la merde tu connais, pratique pour les patrons, et en plus ils sont réputés "dociles et minutieux", supeeer). Mais, pas d’accès au logement digne par contre, ça serait trop demander, donc on les laisse se créer des bidonvilles ou s’installer en surnombre dans des pavillons nuls et insalubres. Et puis la France espère qu’une fois leurs emplois terminés, ils repartiront.
Sauf que ben, ils repartent pas en fait, leur pays est toujours dans la merde économiquement, puis ça fait un bout de temps qu’ils sont la, ils ont des accords pour faire des regroupement familiaux, donc ils s’installent quoi. Et au bout d’un moment faut bien les loger parce que les bidonvilles ça fait pas fency sur les cartes postales.
Parallèlement, dans les années 50-60, la France crée des plans d’urbanisme de merde basé sur un constat : "AAAAH y’a plus assez de logement !!". Le pays se lance dans la construction de tours en périphérie des villes, avec au milieu des dalles, des quartiers dortoir en gros. Je te passe les détails des politiques de la ville sur les commerces, l’associatif, l’éducation, la santé dans ces quartiers : c’est mort, mort, mort, y’a rien, "priorité a la production massive de logement", le reste on verra plus tard. Et priorité a loger dedans des gens qui taffent, pas de vieux, pas d’enfants, et a ce moment la pas d’immigrés : eux ils vont dans les vieux logements insalubres qui sont abandonnés par les blanc.hes, ou pour les plus chanceux dans des "cités transit", en gros des cités encadrées par des travailleureuses sociales qui ont pour fonction de "les éduquer avant de les faire rejoindre les cités nouvelles de salarié.es français.es". Classe.
Sauf que, fin des années 60, on se rend compte que les grands ensemble ça provoque "ennuie, suicide et délinquance" (comme quoi même quand c’est des blanc.hes dedans ça marche pareil, ça aloooors). Du coup, fin de la politique des créations de tours dégueulasse, l’État aide a financer la rénovation de pavillons insalubres pour les blanc.hes, ou la création de maison dans les périphéries. Ça tente en parallèle une fermeture des frontières parce que c’est la fin des trente glorieuses et qu’on a plus besoin d’immigrés (les gens racisé.es sont jetables youpiii), et pour les restants, vu que les blanc.hes quittent les grands ensemble et qu’on comprend que c’est de la merde, et ben on installe les algérien.nes la bas avec leur famille ! Toujours aucune politique de la ville à ce moment là, juste un stockage de gens dans un endroit qu’on sait malsain pour les gens qui y habitent. Donc les gens font par eux même, avec leurs outils, leur culture, et sans l’aide de la France, évidemment.
Quand on te parle de communautarisme maintenant, hésite pas a parler de ça aux tocards que t’as en face, du fait que la France les a isolé, maltraité, méprisé, violenté, pendant des années, donc forcément ça pousse pas à apprendre a aimer le drapeau mdr. Déjà parce que ben, iels sont que entre elleux dans ces quartiers, que personne leur parle, et que donc la culture française (si tenté que ça existe, on en reparlera un jour) n’existe pas. Puis ensuite, parce que les seuls blancs qu’ils connaissent c’est les patrons qui les déboîtent au taff et les sous-payent, les colons d’Algérie qui les ont torturé et massacré, ou les keufs et les fafs (c’est les même oups) qui les tapent. Ça donne pas archi archi envie.
On est donc sur des quartiers de très grande pauvreté, enfermés, qui se démerdent par eux même pour avoir une vie décente. Et des blancs, dès que y’en a l’occasion, remettent leurs vieux réflexes coloniaux au goût du jour : assassinats policiers, descentes de fachos, entre autre harcèlement, insultes, humiliations, contrôles au faciès, etc. Ça plus les violences internes aux quartiers, ça commence a faire beaucoup !
C’est de la que viennent les mouvements antiracistes de masse en France, notamment les marches pour l’égalité en 1983, d’abord très radicaux, puis libéralisé et vidé de son fond argumentaire par la gauche molle, qui l’a transformé en « black blanc beur », « touche pas a mon pote » et autres antiracisme moral mou du genou en mode « nieunieunieu la violence raciste c’est mal, non a la violence ». Y’a à ce moment là une très légère visibilisation des violences racistes (c’est encore plus dur quand c’est celles des keufs) et puis deux trois politiques de « dynamisation des quartiers et intégration », genre t’as un centre social géré par des blancs qui vient donner des cours de cuisine a des daronnes et faire des échanges culturels, LA RÉVOLUTION QUOI, bref. Les gens participent pas à ça, évidemment vu le mépris de race ancré dans le doss. Et donc la situation reste la même : enfermement, pauvreté de ouf, mépris colonial, violences.
Et donc, pour sortir de la merde (chômage a fond, aucune opportunité pro hors des quartiers, ...), les plus jeunes commencent a être embauchés par des fumiers de patrons, racisés cette fois-ci, pour vendre illégalement DE LA DROGUEuh. Sauf que, vu que c’est un taff illégal, donc pas cadré par des lois genre « on ne tue pas des gens pour gagner un espace de vente », les patrons de ces entreprises foncent sur l’opportunité, et hésitent pas a lancer des guerres de territoire pour avoir un plus grand fond de commerce. C’est très souvent de la que viennent les assassinats qu’on appelle « règlement de compte », d’une compétition entre deux entreprises sans aucune régulation et avec un climat de violence tellement omniprésent que le meurtre en devient une possibilité.
Ces patrons, ils sont aussi très responsables de la violence dans les quartiers, ce sont peut-être même les principaux responsables, mais je vais moins analyser en profondeur le sujet parce que y’a moins a creuser. C’est des ultra-capitalos libertariens qui s’enrichissent fort dans un commerce illégal et qui utilisent tous les moyens possible pour ça, comme on en connaît d’autres (Bolloré ?). A noter quand même que parmi les méthodes très régulièrement utilisées, y’a le harcèlement, les menaces, l’isolement, les tabassages, les meurtres, l’exploitation d’enfants, l’exploitation sexuelle (aussi d’enfants souvent), la séquestration, la location de lieux de sommeil insalubres pour leurs travailleurs, bref, c’est des raclures. Alors moi j’avoue les gens qui font les bandeurs de trafic de drogue (ouais y’en a), qui sont en mode "on a un ennemi commun c’est la police donc on est ensemble" ou genre "c’est un commerce parallèle hors système donc c’est ok" ou jsais pas quoi, j’ai plutôt envie de vous dire d’aller bien vous encastrer dans un mur. On est pas ensemble avec ces patrons et ces entreprises là. Ça va pas ce qui se passe, faut que les gens qui taffent dedans trouvent des conditions de vie digne hors de l’exploitation et des violences qu’iels vivent.
Ceci étant diiiiis : le capitalisme mêlé au racisme a la française, et les politiques de ghettoïsation des immigré.es dans les quartiers populaires, ont donc créé quelque chose de super pour les racistes :
• De une, les blanc.hes ont pu reléguer les sales boulots aux barbares : la vente de drogue en est un, c’était des marseillais, des italiens, qui faisaient ça avant. Et puis y’a d’autres taff ingrat qui leur sont retombé sur les bras, notamment aux plus précaires d’entre elleux, aux sans-pap’ : éboueur.ses, maçon.es, ambulancier.es, aide soignant.e etc.
• De deux, d’un point de vue raciste, le fait que la vente de drogue amène à la mort d’arabes, c’est pas non-plus pour leur déplaire. Même plus la peine de faire des descentes dans les quartiers, les arabes se tuent eux-mêmes, et ça arrange les plus fascistes et nostalgiques de l’Algérie colonisée.
• De trois, le fait d’être relégué à ces taffs horribles, d’avoir un taux de chômage extrêmement élevé, et de se faire couper de leur cultures et de leur joies communautaires par l’enfermement dans ces quartiers, les a poussé à s’individualiser et à se faire concurrence. Dans des cas de violences extrêmes, cette concurrence amène à se tuer entre pairs, comme dans toute communauté ayant investi la vente de drogues. Mais en général, iels a perdu, à cause de leur précarisation, beaucoup de force collective pour un libéralisme mortifère.
Bref, plus besoin de faire genre d’intégrer les arabes, maintenant qu’ils se tuent entre eux, on peut dire que c’est des barbares violents (et des communautaristes qui n’aiment pas la France) ! Plus besoin de faire genre de leur donner du taff décent a des salaires décent, ils s’auto-emploient dans des conditions de merde, sans aucune sécurité. Et en plus, ça justifie les décentes de police pour assassiner du racisé, que demande le peuple !
L’assassinat de cet homme, aujourd’hui, à deux rues de la où je vis, découle directement de la colonisation du monde arabe et africain, de la création de zones de pauvreté et d’enfermement, du contrôle culturel et économique des activités des colonisés, de la violence raciste des keufs et des fafs, des politiques de la ville et de l’urbanisme. L’état français, qu’il soit l’assassin direct ou indirect de petits gars embourbés dans la vente illégale de drogue, tue des racisés, encore aujourd’hui.
Bien, suite à cette partie tu vas sûrement penser deux choses (t’as pas le choix de toute façon) : pourquoi je savais pas ça, dans le sens de pourquoi c’est pas un discours diffusé ? Et si on sait comment ça se provoque ces drames, pourquoi y’a aucun changement qui est fait autour des causes de ces meurtres ?
En France, y’a un logiciel profondément raciste et colonial qui est ultra ancré, au point que la majorité des gens n’arrivent même plus à le déceler. Il est directement issu d’intérêts politiques des élites blanches, et d’un pacte racial (définition dans le texte d’avant, mais en gros, les petit.es blanc.hes acceptent que le racisme existe en échange de certains privilèges).
Ce logiciel raciste, il est traduit dans plusieurs affirmations que je vais écrire et décortiquer en dessous.
La première affirmation, c’est celle d’une violence innée des racisé.es.
Là on en revient aux fondamentaux du racisme suprémaciste blanc, à ses premiers écrits y’a des centaines d’années. C’est un discours qui n’est plus assumé par grand monde, mais qui traîne dans la tête d’énormément de personnes, et qui parfois ressurgit. Les premières justifications de cette "hypothèse" étaient biologiques : le caucasien serait "supérieur moralement et mentalement" au noir, qui serait "plus proche du primate selon la forme de sa mâchoire", à l’arabe, qui "a cause du fait qu’il vive dans des pays chaud, n’atteint pas la perfection des zones tempérées" ou au juif, "de sang impur".
C’est la base du suprémacisme blanc qui agite encore certains groupes d’extrême droite aujourd’hui, mais pas seulement : c’est aussi la base du racisme culturel qui a aujourd’hui beaucoup plus de soutiens. La supériorité mentale caucasienne ressort dans les discours de réhabilitation des colonies françaises, qui auraient "apporté savoir, civilisation et technologies aux pays colonisés". L’arabe qui "travaille mal, est paresseux, bâcle tout" est directement issue de son impossibilité supposée à atteindre la perfection blanche. Le juif "de sang impur" amène a toute la description raciale qui en est faite de "nez crochu / convexe, chevelure frisée et peau plus foncé due à un métissage avec la race jaune". Ça amène aussi à une méfiance vis-à-vis du fait qu’il se cacherait parmi les caucasiens.
C’est enfin le discours qui transparaît quand on parle "d’ensauvagement de la France", de "régression ethnique" : ces accusations dégueulasses visant extra-majoritairement les africain.es arabes et noir.es, fait un rapprochement avec leur "proximité génétique avec les singes" pour expliquer "leur violence innée, leur incapacité à avoir une morale, leur cerveau instinctif plus important".
En bref, le racisme biologique n’a absolument pas fini d’influencer la société française, mais il est devenu inassimilable publiquement. Il a donc laissé sa place, dans les discours officiels, au racisme culturel.
La deuxième affirmation, c’est celle de différences culturelles infranchissables, d’une fracture entre les civilisations.
Le racisme culturel, c’est une tentative de séparer par race des groupes ethniques, culturels ou religieux. Étant donné qu’on ne peut plus parler de race biologique de façon claire, les élites racistes ont trouvé des détours par la culture des racisé.es pour les séparer socialement. On retrouve des justifications à la violence des quartiers populaires par les arguments suivants :
• L’Islam est une religion violente et régressive qui est suivie à la lettre par les musulman.es à cause des islamistes implantés en quartier.
• Leurs pays, ou les pays auxquels ils s’identifient, sont des dictatures religieuses, on n’a pas les mêmes valeurs
• Le rap les éduque à être violents et sexistes
• Les salafistes / djihadistes, qui sont partout, les éduque a être violents et sexistes (noter que "le rap" et "les salafistes" ont pas tout à fait les mêmes avis politiques, mais produisent visiblement les mêmes effets)
• L’éducation des mères arabes est laxiste, ils font tout ce qu’ils veulent
• L’éducation des pères arabes est violente, ils deviennent forcément violents
• L’éducation publique dans les pays arabes ou dans les quartiers populaires est défaillante, ils n’ont donc pas accès au savoir
• Le trafic de drogue les rend violents.
Et dans les versions les plus de gauche gentil (mais tout aussi pourries) :
• Ils sont très pauvres, donc il est normal qu’ils soient plus violents
• Ils sont entourés de violence, donc il est normal qu’ils soient plus violents, leur norme de violence est déboussolée
• Ils ont eu des parcours difficiles, donc il est normal qu’ils soient plus violents
Même sans racisme biologique, il est via ces arguments impossible pour une personne noire ou arabe de quartier pop de ne pas être violente. Tout explique qu’ils sont violents et qu’ils ne peuvent être que violents, alors pourquoi chercher à les traiter autrement ? Tant qu’on y est d’ailleurs, on peut les coffrer d’avance, au cas où ils deviennent violents non ? Un juge antiterroriste, sur un autre sujet, a quasiment dit ça y’a pas longtemps au sujet des enfants qui ont subit des violences : "tous les enfants qui subissent des abus vont devenir des adultes dangereux". Du coup quoi, autant les mettre hors d’état de nuire ? Il disait aussi qu’il fallait retirer les enfants de leur familles si elles sont "radicalisées" pour leur empêcher de devenir des criminels. On adore.
La troisième affirmation, c’est que toute punition est légitime face à des délinquants.
Alors voila, biologiquement les arabes et les noir.es ne peuvent être que violent.es, culturellement pareil, alors il manquerait plus que quelques statistiques qui les incrimine plus que les autres et on aura la preuve définitive qu’ils sont violents, non ? Et donc, ça autorisera la France à user de sa police comme elle le fait historiquement : comme organe de contrôle racial ultra-violent pour protéger préventivement les bon.nes français.es.
Alors on va faire une "Némésis" (y’a un texte sur elles plus bas, on en reparlera) : autour d’un fait divers trash et terrible, sortir une micro-statistique, l’analyser avec le cul, et dire que c’est la faute des noir.es et des arabes si y’a un problème d’insécurité en France. Par exemple : une meuf se fait agresser sexuellement dans les transports en commun, les images sont atroces, le truc a l’air horrible. Alors, Némésis, suivi par Zemmour et les radicaux d’extrême droite, sortent une statistique : 75% des agressions sexuelles dans les transports en commun parisiens sont le fait d’étrangers (la vraie statistique c’est 63%).
Donc, analyse avec le cul, les étrangers sont tous des violeurs. Sauf qu’on oublie deux ou trois trucs dans cette histoire :
1. pour un même délit au même niveau de preuve, un étranger a 6 fois plus de chances d’être condamné, parce que moins d’accès à une défense notamment, mais aussi plus de contrôle au faciès, plus de comparution immédiate, etc.
2. les agressions sexuelles dans les transports en commun parisiens, c’est 30 cas par ans environ, sur 210 000 agressions sexuelles par an minimum (chiffre de Nous Toutes).
3. La team Zemmour parlent d’étrangers pour nommer les personnes qui ont une autre nationalité dans le stats, incluant donc les immigrés régularisés, ce qui représente 35% de la population parisienne.
Mais bon, ça tout le monde s’en fout, on a une statistique qui nous prouve encore une fois que les racisé.es sont bien plus violents que les blanc.hes. Alors on fait quoi ? On les gère tous comme des dangers publics ? Dans le discours, pas encore, mais dans les faits, plutôt ça se passe comme ça dans l’opinion publique.
A l’assassinat de Nahel Merzouk, malgré la vidéo, beaucoup de gens ont soutenu la légitime défense des policiers, mais beaucoup de gens se sont même pas fait chier à passer par cette justification : il était délinquant, il a eu ce qu’il méritait. Plus tard, un jeune de 16 ans se fait fusiller et en meurt pour avoir tenté de voler une voiture, même chose dans les commentaires Facebook : "il l’avait bien cherché, faut se faire justice soi-même car la justice est laxiste". Ces peines de mort arbitraire s’expliquent notamment par l’idée que les racisé.es sont violent.es par nature, et qu’il faut donc des peines exemplaires pour les empêcher de nuire.
Mais, quand Aboubakar Cissé se fait assassiner dans une mosquée : "il était sous OQTF, il n’aurait pas du être la". En bref, c’est toujours de la faute des racisé.es si iels en meurent, parce qu’iels restent selon la vision générale des dangers en puissance. Et si iels ne le sont pas individuellement, comme Aboubakar Cissé, alors iels le sont parce qu’iels sont en communauté.
La quatrième affirmation, c’est celle d’une menace d’invasion, de guerre civile, et donc d’un besoin de se défendre.
Le problème des racisé.es, selon nos racistes préférés, ça n’est même pas tant leurs actions individuelles. Si iels produisent d’eux même des violences, c’est encore pire évidemment, "encore une preuve qu’il faut tous les virer". Mais le problème selon eux, c’est avant tout un problème systémique, c’est l’immigration de masse. Pour nous justifier ça, on peut entendre que :
• L’immigration de masse ne nous permet plus de faire le filtrage et amène nécessairement des terroristes cachés entre les migrants.
• L’immigration de masse crée un communautarisme, où les populations restent entre elles et se séparent de la France, voire la détestent.
• L’immigration de masse crée de l’entrisme, ou les musulman.es qui s’intègrent le font, pour une partie d’entre eux, afin de diffuser l’Islam radical et politique là où ils vont. (y’a même plus de bon.ne musulman.e maintenant, si tu t’intègre tu fais de l’entrisme, si tu reste dans ton coin tu fais du communautarisme, youpi).
• L’immigration de masse a pour objectif un remplacement culturel et ethnique de la France, le Grand Remplacement.
Et bien sur, tout ça nous amène à la fatalité d’une guerre civilisationnelle pour défendre la France éternelle judéo-chrétienne.
DOOOOONC : les arabes et les noir.es sont, selon notre tradition raciste à la Française, violents par nature. Ils le sont aussi par culture et par ancrage éducatif. Donc il faut les arrêter en préventif, ou bien les punir fort pour qu’ils comprennent bien que ici c’est pas comme au Barbaristan, ils peuvent pas être aussi violents. Mais ça suffit pas, parce que leur simple présence est synonyme d’une future guerre. En somme, si t’es racisé.e, tu portes quoi qu’il arrive par ta présence un danger de violence.
Voila comment la France justifie une partie du racisme systémique dont elle fait preuve : les assassinats policiers, la prison, la stigmatisation, l’enfermement en ghettos, le harcèlement raciste, l’injonction à l’intégration par la négation de ses racines. Parce que sans ça, iels seraient terriblement violent.es.
Et donc, on entend pas les explications pourtant logiques autour de l’enfermement dans les quartiers pop, de l’héritage colonial de ces quartiers, parce que ça viendrait contrecarrer le logiciel raciste français. Et on ne fait rien grâce a ces justifications, en expliquant que le problème c’est pas la société, l’urbanisme, c’est les arabes et les noir.es.
Pour en revenir à notre sujet de base : les assassinats de jeunes de quartier pop par le trafic de drogue est à la fois un symptôme de ce racisme systémique à la française, et à la fois une excuse pour le maintenir. Alors oui, il faut le nommer plus doucement pour ne pas que ça révolte trop de gens, pour ne pas que ça rompe le pacte racial. Alors on dit "règlement de compte", "bavure policière", "légitime défense". Mais le fond est le même : des personnes racisé.es meurent par le racisme, et leur histoire est réappropriée par les racistes pour justifier leur racisme.
Dans le fond, y’a plusieurs scandales dans ce que je raconte depuis tout à l’heure. Y’a un niveau de racisme tel en France qu’on se retrouve à accepter ce qui pourrait, avec un minimum d’empathie, résonner comme indéfendable.
• Des assassinats policiers par dizaines chaque année.
• Des enfermements en prison, en quartier, en hôpital psy, de racisé.e qui n’ont aucun accès à des moyens de se défendre.
• Des meurtres réguliers sous fond de trafic de drogues.
• Des amalgames dégueulasses qui passent crème sur les médias, dans la bouche des politiques : lien entre punaises de lit et immigration, lien entre insécurité et immigration, lien entre décadence des hôpitaux publics et immigration
• Des Retailleau, Sarko, et autres droitard.es en puissance, qui parlent d’ensauvagement, de régression ethnique, de nettoyer les banlieues au karcher.
• Des opérations place nette qui bourinnent sur les contrôles au faciès, des rafles dans les gares et dans les quartiers pop pour chopper des sans-papier.es.
• Des milliers de morts chaque année dans la Méditérannée, dans la Manche, dans les Alpes, à cause des frontières tenues par des fachos, des keufs ou des agences européennes comme Frontex qui font couler des bateaux, ou qui ne leur portent simplement pas secours.
Tout ça c’est atroce, mais je crois que ce qui me fume le plus, c’est que c’est devenu normal aux yeux des gens.
Pour donner un exemple concret à tout ça :
A CNews, mais aussi moins fort et clairement a BFM, France 2, TF1 et toute la clique, tout le monde télévisuel a commencé a accepter par exemple la théorie selon laquelle, on en a parlé tout à l’heure, l’insécurité à Paris est directement reliée a l’immigration. Le discours de milliardaires réactionnaires à la tête de médias (télé mais aussi journaux, maison d’édition) a contaminé une bonne partie de la population, qui elle même se met a porter et propager les mêmes idées via les réseaux sociaux, les associations, etc... Au point qu’a l’époque c’était des idées considérées d’extrême droite, mais que c’est maintenant passé dans la bouche de globalement tout ce qui se trouve à droite du PS, et dans une partie des bouches de gens de gauche. Des députés Renaissance qui parlent du lien entre immigration et délinquance, Valérie Pecresse qui nous parle de Grand Remplacement, Valls qui relie directement islam et terrorisme…
Et en fait y’a un double problème à ça : le premier c’est la montée directe du racisme, qui se vit au quotidien, notamment en ce moment sur les noirs et les arabes, ça on le vit c’est palpable etc. Mais le deuxième, comme on le disait juste avant, c’est que c’est devenu normal de porter des discours racistes et de nier que c’est raciste, au point que la majorité des gens ne voient plus que c’est raciste. Et c’est là qu’on entre dans un problème ou ça ne marche plus de nommer qu’un truc est raciste, parce que plus personne ne sait ce que c’est concrètement le racisme.
Par exemple, il est devenu normal de dire, en France, qu’un algérien sous OQTF, qui a déjà fait des délits et qui a récemment commis un crime, aurait du être expulsé avant. Mais ça pour tout le monde hein, même des algérien.nes, même des partis plus a gauche que le PS, l’écrasante majorité des gens sont d’accord avec cette affirmation. Mais en vrai elle est TEEELLEMENT RACISTE pour 15 000 raisons !
• Pourquoi une personne qui commet des délits serait forcément plus à même de faire un crime ?
• Pourquoi il n’aurait pas le droit d’être en France parce qu’il produit des délits ? Pourquoi cette différence de traitement en fonction de la race sociale de la personne ?
• Pourquoi ça serait moins grave qu’il commette un crime dans un autre pays ?
• Pourquoi l’OQTF existe et se permet de trier les étranger.es qui restent et qui partent en fonction de leur utilité, de leur statut de réfugié ou non, de leur besoins d’être en France ?
• Pourquoi on s’en fout des raisons qui l’ont amené a produire des délits et un crime, pourquoi y’a pas eu d’aide à cette personne pour que ça n’arrive plus ?
• Pourquoi on fait un débat autour de ce crime alors qu’il y en a tellement d’autres partout, tout le temps, en France et ailleurs ?
Parce que le logiciel social français est raciste :
• Parce qu’il y a une priorité nationale,
• parce qu’il estime que les algérien.nes sont plus dangereux que le reste de la population,
• parce qu’il estime que les frontières nous protège des barbares,
• parce qu’on s’en fout des victimes si iels ne sont pas (blanc.hes) français.es,
• parce qu’on estime que la France est sacrée et qu’on doit y être irréprochable pour avoir le droit d’y vivre quand on est racisé.e,
• parce qu’on estime que la seule justice qui vaille pour les racisé.es puisqu’iels ne comprennent rien d’autre, c’est la punition,
• parce qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde (et encore moins celle qu’on crée visiblement).
Et parmi ça, y’a des affirmations qui ne sont pas (encore) partagées par tout le monde, y’a des formulations qui choquent, mais y’a aussi des choses qui passent crème parce que c’est devenu une réalité indéboulonnable.
La priorité nationale, les frontières protectrices, ce n’est pas une question, c’est un fait, et pourtant c’est un fait raciste. La priorité nationale, parce que ça nous pousse a estimer la valeur d’une vie à son appartenance a une nation.
Les frontières protectrices, parce qu’elles créent un imaginaire de sécurité au sein d’un entre soit entouré d’un mur. La frontière est partageable avec certain.es (l’Europe de l’espace Schengen), pas avec d’autres (les racisé.es).
Donc dans le logiciel social français, le racisme est inclus. Il y a une forme de honte autour de ça en théorie, un interdit parce que "après tout on est toustes humain.es", mais il est quand même là dans tout ce qu’on apprend et observe : l’Histoire, les œuvres artistiques, les infos, les clichés... Et dès qu’il est agité suffisamment subtilement par des médias, des politiques, des individus, pour qu’il ne passe pas pour du racisme, alors la majorité des français.es y plongent tête baissée. Et il suffit d’avancer suffisamment doucement pour changer les interdits sans que personne ne s’en rende compte, pour en arriver à notre situation. En 2015, suite aux attentats du Bataclan, il y avait un mot d’ordre général de l’extrême gauche a la droite classique : pas d’amalgame entre musulman.es et terroristes. En 2025, on a même plus besoin de dire sur les plateaux télé que l’Islam est responsable de l’insécurité en France tellement c’est devenu évident.
Alors voila, en France, on ne voit plus ce qui est raciste, et plutôt c’est mauvais signe ! Et en France, on a accepté par racisme que des gens racisé.es meurent dans des quartiers pop, des mains de la police, des fascistes, ou de leur concurrents dans le commerce de drogue.
Si on ne l’avait pas accepté comme un fait pas si grave, normal, il y aurait plein de solutions, même dans un monde capitaliste réformiste :
• Sortir du système d’enfermement dans les quartiers pauvres, rénover les bâtiments sans les rendre plus cher, avoir des politiques sociales un peu conséquentes.
• Légaliser et réglementer la vente de drogue.
• Sortir les gens de la misère via des salaires universels, ou des aides conséquentes.
• Désarmer la police, virer et obliger à la reconnaissance et à la réparation les keufs assassins / racistes (ils vont être moins nombreux)
Et ça franchement c’est que des solutions que je trouve nulles mais qui déjà marqueraient un minimum de décence vis à vis des populations de quartier pop. J’ai d’autres pistes politiques vachement plus intéressantes que je développerai peut-être plus tard, autour de la justice transformatrice, du décolonialisme, de l’anticapitalisme, ... parce que changer des morceaux d’un système qui dépend du racisme pour exister, ça n’enlèvera pas le racisme de ce système.
Mais bon en attendant, mêmes les solutions basiques personne veut les mettre en place, parce que l’assassinat des racisé.es fait partie du logiciel français. A la place, iels préfèrent faire des mesures ultra répressives qui servent a rien, voire qui foutent encore plus la merde. Et ça, avec comme justification le racisme biologique et culturel comme quoi les racisé.es sont forcément violent.es par nature, et qu’il faut donc y aller en mode répression et peur. Parmi les plus grandes idées de merde, on retrouve :
• Prison pour 100 narcotrafiquants en isolement complet et quartiers de haute sécurité, super ça va tout changer
• Opérations place nette : plus d’assassinats que jamais, mais fierté nationale, 600 armes choppées et 4 tonnes de beuh, c’est sur que le narcotrafic va s’arrêter avec ça
• Amendes de 500€ (ouais c’est nouveau avant c’était 200€) aux consommateurs pour pousser à l’arrêt : on reste le pays le plus répressif pour les consommateurs, et aussi le pays avec le plus de consommateurs d’Europe : ça fonctionne graaave !
Et iels savent très bien que ça marche pas, mais de une ça a pas l’air de les déranger plus que ça, tant qu’iels passent pour des gens fermes et strictes, et qu’iels peuvent continuer a défendre leur police raciste, iels sont content.es. De deux surtout, ça les arrange pour continuer a justifier leur racisme et leur violences sur les personnes racisé.es.
Bref, en France, on ne fait rien pour éviter les assassinats de cet homme de 37 ans, de Mehdi Kessaci, et des autres. Les droitard.es pleurent avec des larmes malhonnêtes la mort de Mehdi Kessaci, parce que lui était "innocent", que ça crée un "point de bascule". En réalité, ils le pleurent parce qu’ils doivent montrer patte blanche quand l’arabe assassiné était trop respectable, trop innocent, au point que ça leur impose de lui donner un prénom.
Mais les droitard.es sont complices par racisme de ces meurtres entre arabes, et sont coupables de meurtres d’arabes de quartier pop par des fascistes et / ou des keufs. La gauche institutionnelle pleure ces gens sans rien faire, et en acceptant le logiciel raciste de la droite. Et l’extrême gauche ne fait rien de plus que la gauche institutionnelle : elle ne parle pas plus de ces gens, ne luttent pas plus pour leurs droits, elle peine a reconnaître le fondement raciste de la société française et ses expressions les plus violentes.
Les racisé.es de quartier pop sont très seul.es face aux violences de l’état et des entreprises criminelles de vente de drogue, il va falloir que ça change. Justice pour Nahel, pour Adama, pour Babacar, pour Mehdi, pour les assassinés algérien.nes poussé.es dans la Seine, pour cet homme de 37 ans, pour Angelo, pour tous les autres. Et par Justice, j’entends pas punition, et peu de celles qui portent de slogan l’entendent comme punition (pas si barbares, finalement) : reconnaissance, réparation, non reproduction, changement sociétal profond, c’est de ça dont ont besoin les familles et proches des victimes d’assassinat, c’est de ça dont ont besoin les victimes de violences qui n’en sont pas mort.es. Pas plus de police ou de prison, des actes pour que la société change dans le fond.
Mon père, quand il a lu ce texte, m’a dit que certaines personnes méritent d’être mentionnées et ne l’étaient pas : « ceux qui aident leurs voisins, ceux qui créent ou aident à créer de petits havres de bonheur, de connaissances partagés, d’entraide, de lieux de motivations pour les plus jeunes, ces gens existent ». Justice pour elleux, qui vivent dans ces quartiers et se font cracher dessus tous les jours, pour un voile, une colère, un accent, une pratique religieuse, une couleur de peau. Et qu’un monde sans racisme leur permette de vivre au mieux.
Insécurité, chiffres du ministère de l’intérieur et analyse médiatique de merde
Vous les attendiez (non), ils sont arrivée (zut) : voici les chiffres clés de l’insécurité en France en 2025, ouaaaais !! (arf)
Alors, est-ce que le ministère de l’intérieur a encore été raciste cette année ? Que nous a-t-il pondu de joli, et surtout, comment nos droitard.es préféré.es ont fais n’importe quoi avec ces chiffres ?? La réponse tout de suite !
Allez t’as compris, aujourd’hui on parle délinquance, crimes, agressions sexuelles, sous l’angle le plus intéressant que l’on puisse aborder : EST-CE QUE C’EST UN ÉTRANGER QUI L’A FAIT ?? Tu voulais parler de patriarcat dans les crimes et violences sexuelles ? Tu voulais parler du rapport entre pauvreté et vols ? Tu voulais parler trafic du drogue, quartier pop et violences racistes (y’a un texte pour ça juste au dessus, ça tombe bien !) ? Tu voulais comprendre d’où vient ce sentiment d’insécurité grandissant alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu de délits et crimes en France ? ET BEN NON, aujourd’hui on parle noir et arabes dans Darmanin-Nunez Magazine !
Alors première page, ça concerne les infractions enregistrées ou élucidées par la police, donc y compris les infractions qui n’ont pas eu de réponses juridiques ! Alors, parmi tant d’autres statistiques douteuses, on découvre que 52 300 personnes ont été "mises en cause" pour trafic de drogue. On ne sait pas combien ont été concrètement condamnées, mais vu les opérations places nettes et leur tri au faciès, jsuis pas convaincue que tout le monde soit coupable dans cette histoire. Bref, la façon de traiter les statistiques a l’air douteuse, allons voir les statistiques en tant que telles !
Bon et la ça se corse : dès qu’on arrive sur la fiche statistique des personnes victimes et des personnes autrices de violences et d’infractions, apparaît tout à droite la catégorie "étrangers". Cette catégorie représente 8% de la population selon les statistiques, et sont particulièrement sur-représentés dans plusieurs domaines : nombre de victimes d’homicides et de tentative d’homicide, nombre de victimes de vol (sauf de vol dans les logements), nombre de victimes de violences physiques. Et, du côté des mis en cause : nombre d’auteurs d’homicides ou tentative d’homicides, nombres d’auteurs de violences physiques, nombre d’auteurs de vols, et nombre d’auteurs de trafic de drogue.
Et alors, à ton avis, qu’est ce qui ressort dans les médias ? LES ÉTRANGERS TUENT PLUS QUE LES AUTRES !!
La statistique CNews de l’année, c’est la suivante : 24% des homicides ou tentatives d’homicides sont produites par des étrangers. Conséquence : c’est les arabes et les noirs, notamment islamistes, ou musulman tfaçon c’est pareil, qui tuent les français.es. Mais alors, c’est vrai cette histoire ?
• Bon première chose, le chiffre est faux même selon la source officielle, c’est 20% le vrai chiffre pour les tentatives d’homicides, 18 % pour les homicides, interprétation journalistique qu’ils diront..
• Ensuite, la population arabe ou noire étrangère en France, c’est 50% des étrangers. Mais du coup ça a été séparé dans les statistiques, et donc ces étrangers arabes et noirs représentent 4% de la population pour 11% des auteurs de tentatives d’homicides.
• Mais, la majorité des mis en causes pour tentative d’homicides ont entre 18 et 44 ans (74%), catégorie surreprésentée chez les noirs et arabes étrangers (46% contre 31% dans la population, statistique qui monte a 60%, le double donc, si on parle de celleux qui sont arrivé.es récemment en France. Marrant que ça soit pas dit, non ?)
• Ces statistiques s’appuient en plus sur un fait nommé dans le document qui est que seulement 27% des victimes de violences physique portent plainte, et que la différence entre violence physique et tentative d’homicide sont poreuses. Y a-t-il une différence d’interprétation entre une personne blanche et une personne racisée dans ce que la victime vit, dans comment la police le reçoit, dans comment elle est traitée au tribunal ? Pas de réponse à ce sujet, mais ces facteurs peuvent largement influencer le verdict.
• En somme, la statistique en elle-même est biaisée, dans le sens où le critère "est-ce que la personne est étrangère" n’est pas du tout un critère isolable. De 24% de noirs et d’arabes annoncés en sous-entendu par CNews, indiquant notamment que la responsabilité est aux arabes et aux noir.es dans le discours, on passe a 11,4% de tentative d’homicides pour une catégorie de la population qui représente 4,3% de la population française. Chiffre influencé par le fait que cette catégorie est sur-représentée dans les âges des personnes qui produisent des tentatives d’homicide. Et chiffre potentiellement influencé par la quantité de plainte sur les étrangers, et comment elle est reçue, par rapport aux plaintes sur les blanc.hes français.es.
Mais, mettons que ça soit vrai, et que la population arabe et noire soit sur-représentée dans les tentatives d’homicides. Déjà première question, pourquoi ce focus, pourquoi c’est ça l’angle qui les intéresse ?
• 90% des tentatives d’homicide sont produites par des hommes pour 48% d’hommes dans la société, on peut parler de la source patriarcale des violences selon cette statistique, pourquoi on n’en parle pas ?
• 50% des tentatives d’homicide sont produites par des 18-29 ans, alors qu’ils représentent 14% de la population, pourquoi ?
• Est-ce qu’il y a un rapport d’incidence entre le fait que les étrangers soient autant sur-représentés dans les victimes d’homicides et de tentatives d’homicide, que dans les auteurs d’homicides et de tentative d’homicide ?
Ça en fait des questions intéressantes quand même, qui traduisent des enjeux de société, alors on pourrait se les poser, et les croiser avec la sur-représentation des arabes et des noir.es dans les tentatives d’homicide. MAIS NON, quelle idée !
Le sous-entendu est clair, donc on va poser clairement la question : c’est parce qu’ils sont arabes et noirs qu’ils tuent ?
• On pourrait déjà se poser la question de leur gagne-pain : est-ce que ces tentatives d’homicide se passent plus dans des contexte de trafic de drogue ? C’est pour rappel un des rares moyens de se faire des thunes quand tu n’as pas de papier en France parce que c’est impossible d’avoir un taff officiel sans carte de séjour.
• On peut ensuite se poser la question des lieux de vie : j’ai parlé dans un texte précédent du fait que les blanc.hes de classe moyenne, quand iels se sont installé.es dans les grands ensemble dans les années 60, ont commencé a produire de plus en plus de délinquance, au point qu’on les héberge ailleurs et qu’on y mette les immigré.es à partir des années 70. Est-ce qu’il y a un lien entre la ghettoïsation des étranger.es dans les grands ensemble et les crimes et délits produits ?
• On peut parler du racisme systémique dans la justice française, qui met 5 fois plus souvent en détention provisoire ; qui imposent 2 fois plus souvent des comparutions immédiates aux étranger.es qu’aux français.es ; qui condamne plus les sans emploi et les SDF à de la prison ferme, etc... Est-ce que ces faits amènent des condamnations plus sévères pour les mêmes délits et crimes au même niveau de preuve ? OUI, on a pas de chiffres pour ce qui est des homicides et tentatives d’homicides qui finissent plus souvent en prison ferme que les autres crimes. Mais concernant les délits, 8 fois plus de chances d’avoir de la prison ferme pour un.e étranger.e que pour un.e français.e, ça fait beaucoup quand même.
Donc, on a un focus très orienté à droite sur les crimes des étranger.es, basé sur des statistiques officielles gonflées, statistiques qui elles même sont bancales sans prise en compte de plein de critères : âge, habitat, justice raciste, travail, ... Tout cela pour diffuser un imaginaire assez simple, appuyé par la sur-diffusion de certains fait-divers comme l’assassinat de Lola et de Thomas : l’imaginaire que les blanc.hes se font assassiner en masse par les arabes et les noirs dans un objectif de grand remplacement et dans une expression d’une sauvagerie naturelle des populations racisé.es. Cela porté par un mot devenu le mot préféré de Zemmour : le Francocide.
Alors voilà, les étranger.es tueraient les français.es sans défense, migreraient pour faire des attentats "terroristes", bref, iels détestent. tellement la France qu’iels y viennent pour y tuer ses habitant.es. Ça en terme de théorie farfelue, je la trouve pas mal. De fait y’en a eu des meurtres atroces d’étrangers sur des français.es (a chaque fois ça fait la Une on peut pas les manquer), la question c’est pas de nier ça, ni de dire que c’est OK, la mort c’est mal merci pour l’info. La question c’est : est-ce que c’est un phénomène rependu au point d’être analysé ? Ben sur les assassinats isolés, non, on n’observe pas de sur-représentation ou de revendication d’assassinats de noir.es et d’arabes sur des blanc.hes, même au ministère de l’intérieur.
Sur les attentats "terroristes", déjà petit point sur ce mot de merde :
• Si on s’appuie sur la définition de base, "emploi de la violence et de la terreur pour appliquer un but politique", la France au Mali, en Algérie, est autant terroriste que ceux qui l’ont attaqués au Bataclan, a Charlie Hebdo, à Toulouse, etc... Mais selon l’OTAN, les terroristes, c’est les arabes et les noir.es qui tuent des blanc.hes occidentaux ou des allié.es des blanc.hes. Hezbollah est terroriste pour avoir combattu l’armée israélienne en tuant seulement 50 civils (de trop, on est d’accord la dessus) en 40 ans de combat, contre plusieurs milliers pour Israël. L’armée américaine, elle, est une armée respectable et propre en ayant tué 2 millions de civils vietnamiens. Ce mot est porteur d’un racisme tellement dégueulasse que vous ne le reverrez plus jamais dans mes textes sauf entre guillemets pour citer les fumiers qui l’utilisent.
• Mais donc, sur les attaques produites par des groupes armés islamistes sur des civils français.es, qui sont revendiqués comme étant contre la France et sa culture : là on observe des revendications claires dont, très souvent, une grande partie est occultée : ces attaques sont majoritairement effectuées comme actes de guerre contre la France qui tue des civils, des cultures, et pille des ressources partout dans le monde. Ce sont des contre-attaques, des actes dégueulasses en réponse à des actes dégueulasses. L’armée française, bien qu’elle soit officielle et reconnue internationalement, effectue des crimes de guerre depuis des centaines d’années et encore maintenant (Algérie, Mali, « Indochine », ...), sans compter la quantité d’actes dégueulasses qu’elle finance, soutien ou couvre sans se salir les mains (Libye, Palestine, Yémen, Rwanda, …)
Mais donc, y’a en effet des assassinats revendiqués de personnes étrangères, arabes et noir.es, sur des populations françaises, en raison de leur nationalité et / ou culture (Bataclan etc...). Problème : c’est pas des étranger.es qui produisent ces attaques parce que étranger.es, c’est des gens, parfois de nationalité française, qui se revendiquent de groupes politiques islamistes en guerre contre la France, en France et dans d’autres pays (Syrie, Mali, Irak, ...). Ça change un peu la grille d’analyse.
Maintenant, si on prend à l’inverse les étranger.es que la France tue parce que étranger.es, on en est ou ?
• les 30 000 personnes qu’on a laissé se noyer depuis 2015 dans la Manche et la Méditérannée, voire qu’on a poussé à la noyade via Frontex, parce que étranger.es
• Les cinquante assassinats policiers en moyenne par an sur des personnes arabes ou noir.es
• Les centaines de personnes sans-pap expulsées en hiver de leurs logements / squat et qu’on laisse mourir de froid, de faim, ou de surconsommation de crack sans soutien matériel et sans soin.
• La militarisation des frontières, les blocages policiers à la frontière italienne, les milices de fachos qui font des raid dans les Alpes pour "empêcher les migrants de passer", ce qui amène à 48 morts dans les Alpes en 10 ans.
• Les civils tués, par les armes, les « tests » agricoles, les défaillance de service public (le mot est faible), etc., dans les colonies françaises.
• Sur une thématique plus militaire : les armements et soutiens d’États ou d’armées génocidaires (Rwanda, Israël), le travail main dans la main avec les USA, armée la plus meurtrière du monde en terme de civils depuis des dizaines d’années (Viet-Nam, Irak, Afghanistan, …)
La France tuerait-elle des gens parce qu’étranger.es ? Oui, et bien plus que l’inverse. Pourquoi ce n’est pas un enjeu pour nos médias préférés ? Devine quoi : la France est raciste ! Je pense que j’ai pas besoin de faire un dessin, y’a déjà plusieurs textes la dessus, donc on va s’arrêter là pour ce texte, ça en fera un plus court que les autres !
Je finis juste en disant que ce discours "les étrangers tuent des français / font des francocides", c’est un discours qui prépare le terrain à un niveau de violence supérieur sur les personnes racisé.es : supérieur, dans le sens plus violent, plus assumé, plus légitimé que jamais. On observe déjà ce phénomène avancer, mais l’objectif de CNews et compagnie, c’est de le normaliser, et en somme de normaliser la mort de personnes racisé.es.
C’est aussi un discours qui normalise l’ultra punitivisme et la justice carcérale à la française, et qui normalise son installation :
• Il a vocation a confirmer que les personnes noir.es et arabes sont violent.es par nature, et donc a justifier le sûr-controle de ces populations et leur enfermement parfois sans accès au droit.
• Il essaye d’appuyer un discours politique d’extrême droite par des statistiques pseudo objectives, pour venir convaincre des libéraux, voire des gauchistes, qu’il est légitime d’être racistes.
• Il essaye de convaincre, y compris à gauche, que la seule option possible pour éviter ces violences est une réponse carcérale (voir le bouquin La violence en spectacle de Elsa Deck Marsault pour comprendre à quel point le féminisme blanc par exemple s’est fait avoir par cette approche).
• Il essaye donc de convaincre de la nécessité de maintenir une police, si raciste, ultra-violente, sexiste, soit-elle, ainsi qu’un système judiciaire, si injuste et inutile pour les victimes soit-il.
Alors va falloir être carré dans le discours et sur le terrain à ce sujet, on peut pas le laisser couler, sinon la défaite politique ira bien plus loin encore.
IFOP, Islamophobie dégueu et analyses pétées au sol
Bon alors askip les musulman.es se radicalisent à fond en ce moment, c’est le Grand Remplacement, et le séparatisme islamiste a le vent en poupe ? Alors cette fois-ci c’est l’IFOP, un organisme auto-revendiqué "ouvert, passionné, transparent sur les méthodes, proche de ses clients, et engagé" : ça peut que être super, non ? Bon, ils ont sûrement oublié de préciser qu’ils font des sondages plaçant Bardella en tête des élections présidentielles a 2 ans de l’élection, écrasant tous ses adversaires, ça c’est de la tentative de "comprendre les individus". Mouais.
Ben en tous cas, j’aurais choppé une vraie info en lisant un sondage IFOP sur les pratiques des musulman.es de France en 2025 : l’IFOP est islamophobe de ouuuuf ! Allez on est parti !
Introduction : "les études sur les musulman.es sont rares alors qu’on en parle beaucoup, du coup on va faire une étude sur 1000 musulman.es". Jusqu’ici tout va bien, c’est pas si bête ! "alors en fait nous on observe une réislamisation des jeunes et une adhésion aux thèses islamistes". Ah ! Ben on va voir c’est quoi ces fameuses thèses islamistes !
Deuxième partie : une population musulmane soumise a un processus de réislamisation (marrant le choix des mots). En gros, ça nous dit que "24% des musulman.es s’estiment extrêmement ou très religieux" contre 12% chez les autres religieux.ses, et que 80% se disent religieux contre 48% chez les autres religions. Et alors là, sortie de nulle part et sans étude sur ce sujet, ils nous sortent une analyse pétée de ces chiffres : "ce renforcement de la religiosité s’inscrit avant tout dans un processus de « réaffiliation religieuse » d’une partie de la jeunesse musulmane à un islam traditionaliste." Islam traditionaliste on sait pas ce que c’est, d’où ça sort, si c’est nommé comme ça par des musulman.es ou des boug de l’IFOP, nickel !
Troisième partie tout aussi alarmante oulalaaah : les musulman.es vont plus a la mosquée, ouuuuh ! 35% qui y vont toutes les semaines, contre 16% en 1989 (mais en fait, en 1989, y’avait beaucoup moins de mosquées, mais c’est pas précisé dans l’article, bizaaaarre). Et alors la prière quotidienne passe de 41% en 1989 a 62% maintenant. Soit, en quoi c’est un problème ? On apprend aussi qu’ils boivent moins d’alcool. Analyse IFOP de tout ça : c’est l’opposé d’une laïcisation de la pratique religieuse. Ne pas boire, prier, et aller au lieu de culte, c’est une dynamique qui s’oppose a la laïcité du coup ?
Quatrième partie, attention plus on avance plus ça se corse ! 3 fois plus de personnes de 18-24 ans se voilent en 2025 qu’en 2003 (pareil, ils ont oublié de dire que c’est parce qu’ils ont commencé à l’interdire à l’école publique en 2004 et que c’est partiellement une réaction en réponse à ça, rhalala décidément ça en fait des oublis). "Ce voilement est issue d’une injonction religieuse dans 80% des cas", mais "de la pression de proches dans seulement 2% des cas". Du coup injonction, pas injonction, peut-être simplement une règle religieuse appliquée ? Le choix des mots hein.
Les principales autres raisons sont de montrer leur appartenance à l’Islam (réaction a l’interdiction du voile et aux attaques perpétuelles sur l’Islam peut-être ?), pour ne pas attirer le regard des hommes, pour se sentir en sécurité. Téma la taille de l’injonction religieuse, en fait c’est plus pour éviter de se faire casser les couilles par des mecs, lol.
Analyse IFOP (dis donc ils en disent des trucs pour des gens qui font juste des sondages..) : le voile est porté pour invisibiliser le corps de la femme et rigidifie les rapports homme-femme. Il est porté par les franges les plus rigoristes (pareil, qui défini rigoriste, et qu’est ce qui affirme ça dans le sondage ?), pour se distinguer d’une société perçue par les musulmanes comme hostile et assimilatrice (comme si c’était pas le cas et que la France était le paradis des musulman.es..). Cela s’oppose au libéralisme des mœurs dominant en Occident (c’est vrai que les rapports homme-femme en occident sont teeeeellement libres, absolument pas contraints par le patriarcat, les normes relationnelles hétéro monogame, la famille, les arts, les institutions scientifiques : LIBERTEEE).
Cinquième partie, pareil "en rupture avec le libéralisme des mœurs occidental (lol)" : 33% des musulman.es refusent de faire la bise à des gens du genre opposé (OMG séparatisme de genre), 20% d’aller a des piscines mixtes, 15% de serrer la main d’une personne du genre opposé, et 6% d’aller voir un médecin du genre opposé. Ça aurait été intéressant de faire des statistiques comparatives sur combien de pourcent de français.es font ça, et à combien de pourcent ça parlerait de faire ça, juste pour savoir ? Mais bon, encore "rigidification des rapports de genre", face au libéralisme occidental qui favorise l’abolition des frontières du genre (ah non.)
Sixième partie, le gratin comme on l’appelle : les musulman.es veulent vivre dans une France conforme aux principes des lois islamiques, avec comme justification les chiffres suivants : 65% pensent que la religion a plus raison que la science sur la création du monde, 44% préfèrent leurs règles sur l’abattage rituel et sur l’héritage aux règles françaises, et 46% veulent appliquer les règles de vie religieuses (la charia ouuuuuuh) dans le pays ou ils habitent, dont 15 % dans son intégralité et quel que soit le pays, et 31 % en s’adaptant aux règles du pays où ils vivent. Traduction IFOP : "ce sont des signes d’une vision intégraliste de la charia." Je sais juste pas quoi dire, y’a 15% des musulman.es qui veulent (pas qui le font, qui veulent) prioriser les règles de leur religion dans leur vie sur les règles libérales occidentales, le reste soit veut adapter ces règles aux pays où iels sont, voire n’appliquent pas les règles dictées par leur religion tout court : conclusion, les musulman.es de France ont une vision intégraliste de la Charia. C’est une dinguerie l’interprétation de chiffres qui disent absolument pas ça pour sortir des conneries pareil.
Septième partie : 39% des musulman.es approuvent tout ou des parties des visions "islamistes" en 2025. Tout ou des parties, est-ce que tu captes la zone de flou volontaire sur cette questions ? Islamiste ça veut dire quoi, de quelles "parties" de l’islamisme on parle ?
Bon et là on a enfin une statistique un peu précise et un peu inquiétante (lol, non) : 24% des musulman.es, et 32% des jeunes musulman.es, affichent une sympathie pour les frères musulmans, 8% pour les salafistes. "affichent une sympathie" n’est pas particulièrement défini, frère musulman non plus, bon…
Analyse générale IFOP : le sondage indiquerait un processus de réislamisation, structurée autour de normes religieuses rigoristes et tentée de plus en plus par un projet politique islamiste [...], appelant des réponses politiques qui dépassent largement les seules approches sécuritaires ou répressives.
Traduction ? Basé sur des questions douteuses et imprécises, avec des chiffres pas alarmants, l’IFOP alimente le discours musulman.es = islamistes, et en plus ose nous faire des propositions politiques vachement douteuses qui nous disent que la répression et le sécuritaire ne suffisent pas ?? Attend mais déjà depuis quand on est censé faire du sécuritaire et du répressif sur de la pratique religieuse en France ? Et ensuite, du coup ça suffit pas et faut aller plus loin ?
Alors on en fait quoi de tout ça ? Parce que là, à part leur interprétation au mieux douteuse de leurs chiffres, c’est intéressant de voir que leur sondage montre strictement rien. On peut donc occulter les analyses pétées au sol et se concentrer sur certains chiffres pour parler dans le concret de ce qui se passe dans l’Islam en France. Moi ce que j’observe, en croisant ça avec une tentative de compréhension de l’impact de certains facteurs extérieurs, c’est que :
• Les meufs se voilent de plus en plus, notamment les jeunes, notamment pour montrer du respect a leur Dieu et respecter ses règles, pour éviter de se faire mater et agresser par des boug, et pour montrer une appartenance musulmane dans un pays de plus en plus islamophobe. Y’a donc un croisement de protection contre le patriarcat, de religiosité, et de réponse à l’interdit de porter de le voile et a l’islamophobie en général.
• Les musulman.es en général sont de plus en plus religieux.ses, vont plus à la mosquée parce qu’il y en a plus, prient plus, et respectent les règles islamiques qu’iels peuvent respecter. Jusque là tout va bien, ça traduit sûrement en partie des conséquences d’un enfermement social et d’une islamophobie hardcore cette augmentation de la revendication d’être musulman.e, mais y’a absolument rien de problématique dans ces pratiques. Pour ce qui est des règles qui s’opposent à la laïcité à la française, 15% préféreraient quand même appliquer leurs règles, le reste accepte. Je vois plutôt ça comme un constat d’échec des luttes contre l’islamophobie, au point que les musulman.es ont si peu de soutien face aux interdictions de culte, qu’iels acceptent de s’y faire.
• Les musulman.es croient plus en leur théorie sur la création de l’univers et en leur règles sociales sur l’héritage et l’abattage rituel, face aux théories et pratiques françaises. Très bien, pareil ou est le problème ?
• Les musulman.es ne se font pas la bise entre genres opposés pour 1/3 d’entre elleux, ne se serrent pas la main pour 14% d’entre elleux. Dans un monde où le genre est aussi figé et ou l’injonction a l’hétérosexualité est partout, on peut comprendre le maintient d’une distance physique. Puis les cultures arabes sont plus pudiques sur le rapport au corps en général, pareil je vois pas le problème. Après c’est aussi intéressant de rappeler que la bise entre hommes par exemple c’est une pratique arabe a la base, moquée par les blancs parce que "c’est pédé" et repiquée derrière par les bobos. Comme quoi, y’a pas que les musulman.es qui considèrent que la bise c’est un contact physique avec des potentiels sous-entendus et que donc c’est pas bête de l’éviter par moment.
• Et enfin, 24% des musulman.es montrent de la sympathie pour les frères musulman.es, et 39% pour une partie au moins des thèses islamistes. En fait là y’a un vrai problème dans les mots posés, c’est que ça veut rien dire. Frères musulmans par exemple, ça peut parler du régime turque ou égyptien, du régime qatari et de son soutien a la lutte palestinienne, d’approches religieuses diverses dans des mosquées, plutôt rigoristes en général, ... la France a accusé de frérisme tout un tas de choses, la question ici c’est de quoi on parle ? Pour les thèses islamistes pareil, qu’est ce qu’on entend par là ? Est-ce que le soutien au port de l’abaya, le soutien au Hezbollah dans sa guerre contre Israël, ou la consommation de viande exclusivement halal c’est considéré comme islamiste vu que c’est nommé comme ça médiatiquement ? Si oui rien de problématique.
Bref, encore un torchon islamophobe, mais celui-ci montre deux choses : CNews a fait infuser son langage et son racisme jusqu’aux centres de sondage et à leurs analyses pétées au sol ; et les musulman.es, par rapport à la misère que la France leur fait, sont franchement extrêmement soft dans leur opposition et leurs revendications. Mais bon évidemment c’est pas comme ça que c’est traduit, plutôt l’analyse de conclusion du sondage est catastrophique, ça parle de rejet de la science, d’adhésion a l’islamisme, ça dit qu’il faut enrayer ce processus, ... Rien de laïc la dedans, vraiment ça dit juste que faut que l’État aille foutre son nez dans la religion pour l’empêcher de se développer, bref.
Ce genre de texte est fait exactement dans le but de légitimer les discours racistes et les violences racistes, en créant une stigmatisation et une séparation fantasmée entre les cultures qui seraient opposées. C’est ce genre de dinguerie qu’il faut réussir à attaquer, parce que ça a bien plus de conséquences qu’on ne l’imagine.
Fémonationalisme, Homonationalisme, et autre réappropriation pourrie des luttes féministes à des fins racistes
(cette intro a été écrite en début 2025, depuis elles ont pris en puissance)
J’étais tranquillou en train de regarder la page de Némésis et de Éros, pour faire un peu de vigilance sur ce qu’iels faisaient à droite à gauche (surtout à droite), si iels arrivaient à s’implanter dans certaines villes.
Et puis, en regardant l’évolution du discours et de la manière de le porter, j’ai commencé à être un peu inquiète.
Némésis fait de plus en plus de dénonciation de meurtres intrafamiliaux, y compris par des mecs blancs (bon eux bizarrement elles disent pas leur nationalité, coïncidence ?), utilise le mot féminicide (inventé par Nous Toutes et compagnie sur qui elles passent leur temps a cracher, bref). Elles ont des porosités avec le féminisme libéral répressif, qui est quand même très majoritaire en France : débat avec Schiappa, accords avec Bergé, soutien de Retailleau, passage sur BBC News sur le procès Pélicot.
Ce que je me suis dis c’est tout simple : putain elles vont commencer a réussir a avoir une jolie image. Elles vont réussir a vraiment se faire passer pour féministes. Et même, en alliance avec les macronistes et les droitard.es, elles vont peut être réussir a transférer le "féminisme" a droite de la politique française. Ce qui revient concrètement a vider le féminisme de sa substance, à l’utiliser en version nulle à chier pour d’autres objectifs politiques, bref, a tuer le féminisme.
Bon, et puis après je me suis dis : "pas de panique, elles sont nulles, on est bien plus fortes qu’elles". Et c’est vrai en l’état, elles sont claquées politiquement, ont des vagues alliances par intérêt fragile avec des nullos (Berger et Schiappa MDR) qui ont zéro crédibilité populaire, et elles peuvent pas faire une manif sans un cordon de keufs entre elles et les gens de gauche.
Mais, sous-estimer son ennemi, c’est pas un bon mouv. Faut toujours estimer que ces gens là peuvent atteindre très vite des sphères de pouvoir contrairement aux militant.es de gauche, et que donc, en prévention, faut réussir à les attaquer tant qu’elles sont encore faibles.
Commençons par une petite définition : le fémo/homonationalisme, c’est une transformation des pensées et luttes féministes et LGBT de façon à servir des intérêts racistes. L’idée générale, c’est que les militantismes fémo/homonatio vont se concentrer exclusivement sur les sujets issus du féminisme qui leur permettent, une fois bien arrangés à leur sauce, d’accuser les personnes racisé.es d’être les porteureuses principales de patriarcat en France. La solution féministe la plus efficace serait donc, selon elles, de virer les noirs et les arabes, ce qui amènerait à moins de VSS.
Les porteuses principales de ce militantisme actuellement en France, c’est le collectif Némésis, accompagné depuis peu par le collectif Éros, plutôt branché gay mais l’idée de fond est la même. L’idée de ce texte, ça va être de prouver plusieurs trucs :
• Qu’ielles en ont dans le fond rien a foutre du féminisme, ou en tous cas que c’est un sujet très secondaire par rapport au racisme qu’elles portent si fort
• Qu’iels sont d’extrême droite et donc, par définition, anti-féministe et anti-LGBT
• Qu’ielles participent ultra fort a la validation et a l’expansion d’idées et de pratiques anti-féministes.
Et puis, puisque c’est pas tout de critiquer, on va parler des solutions :
• Pour les virer des luttes
• Pour empêcher que le féminisme puisse être aussi réappropriable n’importe comment
• Pour porter un antifascisme féministe qui tient la route
Allez on est partis !
Némésis, c’est pas un collectif féministe, c’est un collectif de femmes fascistes qui veulent utiliser la "parole de la concernée" et le féminisme carcéral pour diffuser de la pensée raciste.
C’est pas un collectif féministe, parce que c’est pas un collectif qui lutte pour une vie digne pour les femmes et les minorités de genre. Dans ce qu’elles disent d’elles, c’est un collectif qui lutte contre les VSS, qui ne sont qu’un segment du féminisme. Je vais faire vite la dessus, mais : penser que le féminisme c’est juste la lutte contre les VSS c’est au mieux une erreur profonde, au pire un choix délibéré pour faire n’importe quoi avec les luttes féministes (ici c’est la 2e option). Le féminisme est directement issue de l’antipatriarcat : c’est une lutte contre un SYSTÈME qui crée une hiérarchie entre les hommes cisgenres (assigné homme a la naissance) hétérosexuels (qui baisent avec "l’autre sexe") = hommes cis het, et les autres. Les autres c’est majoritairement les femmes, et les LGBTQI+.
Les VSS sont l’expression violente d’un système patriarcal : c’est un des outils qui permet aux hommes cis het de continuer à faire ce qu’ils veulent des meufs et des LGBTQI+, en appliquant de la violence le cas échéant. Mais les VSS n’existeraient pas si le patriarcat n’existait pas. Les violences existeraient, mais moins, et elles ne seraient ni causées, ni légitimées par le système qui les entoure.
Exemple : les VSS au travail : un patron agresse sa salariée parce que c’est un fumier, certes, mais aussi parce que beaucoup de patrons le font, parce qu’il ne subira jamais de conséquences négatives a cause de ça, parce qu’il est en situation de pouvoir sur sa salariée, parce qu’il prend les meufs pour des objets sexuels vu que la société le fait, parce que lui ne comprend pas ce que c’est, d’être pris pour un objet sexuel sans le vouloir, vu que personne ne lui a jamais fait ça, etc... N’attaquer le problème que comme si ce patron était un fumier isolé et que personne d’autre ne faisait ça à part des fous apathiques, c’est une erreur grave (en plus d’être giga validiste en pensant que les fous ça agresse tout le monde). Les VSS sont à comprendre dans le prisme de la société patriarcale, sinon jamais rien ne changera.
Bref, Némésis, évidemment elles font cette "erreur". Mais pour elles c’est un choix, et ça se voit notamment par une chose : Némésis sait placer des comportements dans un système social, seulement, elles choisissent pas le système patriarcal comme grille d’analyse. Elles placent les VSS comme des violences faites aux femmes par des hommes, oui. Mais surtout, faites aux femmes BLANCHES par des hommes RACISÉS.
Les exemples cités sur leur instagram sont ultra redondants : très souvent un homme étranger sous Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) qui agresse dans la rue une femme blanche de façon très violente. Et parfois, histoire de faire genre qu’elles parlent de toutes les VSS, sont cités des violences dans le couple, ou un homme blanc qui agresse une femme blanche. Stratégie intéressante pour faire croire que la majorité des faits-divers de VSS sont produits par des étrangers et qu’une minorité sont produites par des blanc.hes.
Étonnement par contre, ça parle pas de pédocriminalité, ou de violences sur les personnes LGBTQI+, très peu de violences sur des femmes racisé.es, comme si certaines femmes valaient moins que d’autres ?
Et elles ne parlent évidemment jamais de patriarcat, de système de domination masculine, etc.
Donc, elles se disent féministes, mais certaines femmes valent moins que d’autres, le patriarcat n’existe pas, et les seules violences qu’elles rendent visibles sont les violences extrêmes produites par les personnes racisé.es, comme si pour toute autre violence il n’y avait pas vraiment de légitimité à lutter contre. Mmm...
Et puis, à mes yeux, le fond du problème est encore ailleurs : les solutions proposées quoi. "Violeurs français en prison, violeurs étrangers dehors [de France]". Vraiment on va aller loin avec ça.
Petit point juridique et carcéral sur les questions féministes (je déteste la carcéralité [système juridique punitif qui mène a l’emprisonnement comme finalité] mais la on va même pas parler de ça, on va juste parler de la profonde inefficacité du système carcéral) : les keufs sont des immondes merdes quand ils reçoivent des plaintes pour VSS et produisent des violences supplémentaires sur la personne qui vient porter plainte, notamment si iel est racisé.es, handi, ou "trop salope". La justice condamne les gens qui font des VSS en fonction de leur gueule (6x plus quand ils sont racisés). 1% des viols sont reconnus par la justice. La condamnation en prison pour VSS amène dans 20% des cas a des récidives (et on rappelle a quel point c’est la galère de reconnaître une VSS pour la justice, donc on se doute que c’est sûrement un peu plus).
Et ben Némésis, leur meilleure façon d’en finir avec les VSS, c’est d’utiliser ce système la et de le rendre plus répressif sur les peines. Même pas de former les keufs et les juges, même pas de faire plus de travail en taule sur la non-récidive (et vraiment ces deux options la sont déjà nulles a chier), pas de créer des fonctionnements sociaux qui ne s’appuient pas sur le patriarcat et les diffuser : juste, augmenter les peines. Peine de mort pour Dominique Pélicot, comme ça pouf, plus de VSS.
Donc voila, elles se disent féministes mais :
• N’ont jamais utilisé les mots patriarcat, violences systémiques, domination, …
• Ne parlent que de VSS de rue et occultent toutes les autres violences (pedocrim, violences intra familiale, …)
• Hiérarchisent les violences en fonction de la race sociale de l’agresseur [la race n’existe pas biologiquement mais parler de race sociale c’est visibiliser le racisme systémique qui hiérarchise les gens par ethnie, religion et couleur de peau]
• Hiérarchisent les violences en fonction de qui est la victime (blanc.he ou racisé.e, trans ou cis, noble ou prolo, …)
• N’ont que la carcéralité a la bouche comme solution alors que ça marche pas (et que même si ça marchait ça serait de la merde mais ça c’est un autre sujet)
Un petit point supplémentaire sur le fait que leur racisme n’est évidemment jamais revendiqué, mais qu’il est fait de façon très visible mais insidieuse. Leur manière de faire, c’est de glisser des petits détails à chacun de leur post fait-divers VSS qui n’ont rien a voir avec le violence en elle même, mais bien avec le fait que la personne est étrangère :
• "Il était en France depuis 2 mois"
• "Un SDF tunisien suspecté de viol"
• "Commis par Alliou, maître coranique" (ils parlent pas trop des VSS des prêtres, tiens donc…)
• "Alcoolisé et ne parlant pas français"
Mais aloooors... elles se disent féministes, mais en fait elles le sont paaas... alors elles sont quoi ?… JE SAIS JE SAIS : DES FASCISTES !! :OOOO
Aloooors : pourquoi Némésis et Éros c’est des gros fachos (précisément, ancrées dans l’alliance de la nouvelle droite, on en parle plus bas) :
• La préférence nationale
• Le discours sécuritaire
• Le discours anti-immigration
• Le ciblage spécifique sur les cibles actuelles de l’extrême droite : les arabos-musulman.nes
• La transphobie (soutien a JK Rowling, a Stern et Moutot)
• La haine des gauchistes (anti-wokisme, anti-féminisme de gauche, vachement plus dénonciateurs des VSS produites par des personnalités de gauche que dans leur propre rang)
• (Et c’est en faisant cette liste qu’on voit a quel point le Macronisme ultra libéral s’est bien inspiré de l’extrême droite, Retailleau et Darmanin en champions de la discipline)
• Les liens directs avec l’ultra-droite (notamment en Service d’Ordre quand c’est pas les keufs, mais aussi sur les réseaux sociaux et dans les meetings)
• Le soutien direct et mutuel a des personnalités d’extrême-droite (Le Pen, Retailleau, Zemmour...)
Bon voila quoi, la liste est déjà pas mal j’ai du oublier des trucs mais t’as l’idée !
Et en vrai, on va pouvoir trouver des libéraux qui ont un peu les mêmes valeurs et les mêmes solutions, donc ça nous rappelle deux choses : le fémo/homonationalisme n’est pas réservé à l’extrême droite, beaucoup d’espaces politiques, même de gauche molle, peuvent avoir des porosités avec. Et, l’extrême droite c’est des ensembles d’idées et des réseaux de groupes politiques qui les portent et qui souhaitent ensemble acquérir le pouvoir.
On va quand même développer quelques points :
• Préférence nationale : le slogan principal de Némésis c’est "violeurs étrangers dehors" : étant donné leur discours ultra punitif sur les violeurs français, ça signifie deux choses : de une, elles divinisent tellement la France qu’elles estiment que c’est une punition de devoir la quitter. Et surtout de deux, qu’elles s’en foutent que ces gars violent des femmes et des LGBTQI+ hors de France (la taille du féminisme mdr)
• Sécuritarisme : faudrait en faire un texte entier de ce truc mais en gros : quand tu prends que des faits divers pour faire du sensationnalisme et pousser les gens à avoir peur, l’objectif que tu as derrière souvent c’est d’augmenter la présence et l’armement de la police, d’augmenter les punitions, et de cibler un bouc émissaire. Némésis se charge de relever tous les faits divers qui parlent de gars sous OQTF, pendant que Éros dis que les keufs sont trop wokistes, que les musulmans sont homophobes car c’est dans leur livre, et que le seul truc pertinent comme solution c’est de condamner les gens qui font des VSS a 100 ans de prison comme aux USA (100 ans frère, ... genre, 100 ans. On peut même faire un héritage de peine de prison si c’est pas fini, non ?).
• Sur les liens avec l’extrême droite : soutien direct a Zemmour aux élections 2022, invitation régulière chez Touche Pas a Mon Poste avec tout l’amour de Hanouna, ou sur des médias fachos sur internet (Frontières, Ligne Droite, Europe 1, VL, ...), utilisation de groupuscules fascistes comme Service d’Ordre (SO) sur leurs événements, débat sur internet régulier contre des féministes, actions « coup de poing » pour perturber des événéments féministes, antifascistes, de gauche, etc...
Et le tout, avec des objectifs politiques qui, au delà de leur racisme ultra vener, sont profondément anti-féministe :
• déwokiser les keufs, trop wokistes parce qu’ils sont formés à accueillir mieux des personnes LGBTQI+ (alors même que la ligne édito de Éros c’est de dénoncer les violences faites sur des gay par des étrangers bref)
• anti-trans et notamment transition de mineur.es
• anti-éducation sexuelle a l’école (alors que ça sert notamment à parler de consentement a des enfants a cause du fait que y’en a 8 à 10% qui sont victimes d’inceste / de pédocriminalité)
• anti-LGBT : la première photo du collectif Éros (gay d’extrême droite) c’est quand même de jeter un drapeau LGBT à la poubelle, bon..
• revendication de Némésis de dissoudre la Jeune Garde Lyon (groupe antifa de défense de cortège de gauche)
• pour l’interdiction du voile (comprendre, contre le choix des personnes de s’habiller comme elles veulent et de montrer leur appartenance a l’Islam)
• contre l’adoption pour les couples homosexuels
Bon, je pense que tu as compris l’idée, petit résumé :
Éros et Némésis utilisent le vague féministe actuelle en France pour n’en prendre qu’une partie, la transformer, et la rendre utile a des idées fascistes, anti-féministes, et racistes. Ces groupes ne voient pas les VSS comme symptôme du patriarcat mais bien comme issues de l’immigration et des cultures barbares (ou de fous dégénérés déglingos blancs). Elles essayent donc, en créant du sensationnalisme autour de fait-divers très très (TRÈS) orientés sur les personnes sous OQTF, de prendre les VSS comme outil pour lutter contre "l’invasion migratoire" et le "grand remplacement".
Depuis peu, elles ont aussi commencé à se positionner sur des enjeux internationaux, en justifiant leur bonheur de voir des palestinien.nes crever par leur supposée lutte contre l’islamisme et le patriarcat arabe ; ou, dans des enjeux plus nuancés, en portant un soutien au peuple iranien, en même temps qu’aux bombardement du peuple iranien par Israël et les USA, pour « la démocratie », mais plutôt pour retourner au Shah et à la dictature version normes occidentales imposées.
Bien, maintenant qu’on est au clair la dessus, on en fait quoi ?
Bon déjà on les vire de nos luttes : si elles se pointent a une manif, en AG, si elles stickent, si elles essayent de prendre la parole, elles dégagent. Elles trouveront toujours une façon de se victimiser donc la question c’est pas tant de comment on les vire, juste, on les vire. Ça empêche qu’elles puissent utiliser leur slogans sensationnalistes pour toucher des gens pas très politisé.es à gauche. Ça empêche que les gens qui sont spécifiquement ciblé.es se fassent attaquer, ficher, et soient pas assez soutenu (notamment personnes trans et racisé.es). Ça permet de pas avoir à négocier avec notre image dans la rue, et de garder nos mots d’ordre, notre calendrier, plutôt que de s’adapter à répondre à leur connerie dans un espace pas propice à ça.
La rue c’est pas un espace de débat, c’est trop le bordel pour ça, c’est un espace de rapport de force. Éventuellement, pouvoir démonter leurs arguments dans un débat qui est la pour ça ça fait sens, moi en tous cas jtrouve ça important. Mais leurs happening dans les manifs, AG, conférences, le moins ça existe le mieux c’est.
(Peut être quand même réfléchir, quand on est suffisamment en majorité, à les laisser parler pour se foutre de leur gueule sur le vide politique et a démontrer leur fascisme en direct, mais c’est plus rare ça.)
Par contre, et j’en reviens a ce que je disais un peu plus haut : si le féminisme se fait aussi facilement réapproprier par des gens qui sont fondamentalement opposés à nous, alors on doit gagner en rigueur sur nos discours et nos actions. On aura toujours des ennemi.es fascistes, conservateurs, qui transformeront nos discours, ça c’est pas la question. Le problème, c’est que le fémo/homonationalisme est en route pour devenir mainstream chez les libéraux.
On a donc plusieurs choses à faire pour éviter ça :
• Préciser nos discours sur les questions de VSS et race sociale (la dessus y’a un texte entier dans la brochure, t’as plus d’excuse la !) : tout les hommes cis het peuvent produire des VSS puisque le système patriarcal est fait comme ça, y compris des hommes racisés. Mais, ils ne sont pas sur-représentés, ni dans les VSS de rue, ni dans les violences patriarcales en général.
Les statistiques du Ministère de l’Intérieur sur les VSS dans les transports en commun en fonction de l’ethnie sont fausses : elles sont basés sur des condamnation 6x plus probables au même niveau de preuve pour des personnes racisées, avec une police qui contrôle et interpelle au faciès, et un accès au droits juridiques fondamentaux restreints.
• Préciser nos discours sur la carcéralité : La solution n’est pas l’augmentation des condamnations plus sévères et exemplaires : condamner les VSS, ça a toujours été inefficace et inapplicable dans le cadre législatif et social du patriarcat, qui pousse à :
◦ Ne pas croire les femmes et LGBTQI+ « sans preuves palpables ».
◦ S’en foutre des victimes et de leur reconstruction, notamment les victimes non-blanches, pauvres, handi.es, etc., qui ne sont jamais soutenu.es ni cru.es par le systèmes carcéral.
◦ Dédramatiser les agressions étant donné qu’elles ne sont pas rares.
◦ Ne pas interroger les sources sociales des agressions pour enrayer les violences systémiques, sinon ça remettrait le patriarcat en cause
◦ Sur-sexualiser les femmes et les LGBTQI+ et valider des violences normalisées à leur encontre, qui sont en fait des agressions
◦ Et donc, ne condamner les auteurs que d’une micro minorité de cas considérés comme anormaux, notamment lorsqu’ils sont racisés.
• Préciser nos discours sur les VSS : Les VSS, c’est un ensemble de comportements qui violentent une personne en raison de sa catégorie sociale, ici meufs, LGBTQI+, et enfants.
Ça inclue :
◦ L’inceste
◦ La pédocriminalité
◦ Le harcèlement / les agressions sexuelles au travail
◦ Le harcèlement / les agressions sexuelles de rue / d’espace public
◦ Le harcèlement / les agressions sexuelles dans le logement / la famille
◦ Les insultes / dénigrements
◦ Les viols
◦ Les mutilations
◦ Les attouchements
◦ Les sur-sexualisations
◦ Les dépassement de consentement
◦ Les contraintes / emprises / destructions psychologiques
On doit lutter contre tous ces comportements là et SURTOUT leur source commune, pas en sélectionner certains parce qu’ils entrent mieux dans ton discours. C’est sur que quand t’es ultra pro-famille nucléaire t’aimes pas trop parler d’inceste : et ben ça fait de toi une féministe de merde.
Ah et ouais on doit lutter contre le truc de Schiappa et Bergé la du féminisme apolitique ni de droite ni de gauche, en mode égalité homme-femme. Y’a pas d’égalité possible dans un monde qui fonctionne sur des hiérarchies sociales pour exister, ça se réforme pas ça, ça se détruit.
Ça c’est au niveau du discours, et puis en pratique, pour porter un antifascisme féministe et un féminisme antifasciste, on a développé une réflexion avec des camarades. L’idée, c’est de créer une autonomie concrète, accessible et offensive. Ça permet a la fois de diffuser nos discours, de les appliquer entre nous, et de faire chier les gens qui sont suffisamment pas d’accord pour qu’on veuille pas leur parler (aka les fachos de merde).
Y’a donc 5 points :
• Solidarités sans l’État : ne pas attendre que l’État nous donne ce dont on a besoin en limitant un max nos possibilités d’auto-organisation et en nous imposant des financements nul a chier en échange de missions qui servent a rien. En gros, tu as besoin d’une crèche, t’attends pas l’État te crée une crèche publique mal financée qui gère mal les enfants, tu crées ta crèche à prix libre, y’a un roulement de gens qui la tiennent et celleux qui ont besoin de financer leur taff prennent dans le prix libre, les gens parlent entre elleux, c’est super !
• Soin préventif : on met en place des trucs qui font qu’on subit moins le monde qui nous entoure : on se forme sur les oppressions systémiques et de comment arrêter de les reproduire, on travaille moins parce qu’on a moins besoin d’argent (solidarités tu connais), on discute émotions, etc.
• Soin de guérison : on applique des stratégies anti-psychiatriques pour prendre soin des zinzins et des traumatisé.es entre nous, on gère les agressions qu’on a subit de façon à se reconstruire, on crée des réseaux de santé sain pour nous, etc.
• Offensivité : on s’entraîne a attaquer (et a se défendre) des gens, groupes politiques, institutions qui nous font du mal (combat, formation sécurité, entraînement peinture, articles de presse sur des entreprises de merde et leur actions, ...). On les affaiblie, on gagne en puissance, c’est nickel.
• Massification : grâce a nos solidarités, à nos capacités à prendre soin de nous et des autres, et a attaquer celleux qui nous veulent du mal, on prouve qu’on fait sens a exister. On s’ouvre y compris a des gens qui fonctionnent pas comme nous, qui vivent pas les mêmes choses que nous, mais avec qui ça fait sens de bosser ensemble. On apprend a gérer nos embrouilles, on bosse sur ce qui fait commun, on échange et on avance sur nos différences (ah et euh, la massification sans les micro-minorités qui se font chier dessus à longueur de temps, c’est dla merde, c’est juste maintenir un système de norme en oubliant celleux qui s’en prennent le plus plein la gueule.)
Bon bref voila, t’as l’idée générale, ça va pas se faire en 2h donc y’a du boulot, se prouver qu’on peut avoir des réseaux d’autonomie ça sera une belle victoire. Et puis comme ça les autres tocardes de Némésis elles se feront leurs manifs de nullos avec des cordons de keufs ou de fachos, et nous on aura la paix !
Nouvelle droite internationale, islamophobie et racisme mondialisé
Bon, ces derniers temps y’a quand même eu des actes particulièrement bizarres à droite de l’échiquier politique, à échelle mondiale et française. Bardella et Maréchal Le Pen invités par Netanyahou en Israël pour parler antisémitisme. Israël, pays lui même soutenu par les Etat-Unis de Trump dont deux des représentants ont fait récemment un salut nazi. Trump et Bardella, eux-mêmes soutenu par la droite traditionnelle américaine (les républicains) et française (sarkoziste, ciottiste). Wauquiez qui propose un barrage républicain contre LFI et non plus contre le RN.
Y’a des alliances qui étaient considérées comme contre-nature qui se sont passés sans que ça ne choque personne dans les médias, et qui viennent montrer deux choses : les alliances mondiales des conservatismes ont changé de priorités et d’objectifs communs ; et la fracture entre la droite et l’extrême droite n’existe plus.
Ce qu’on observe, c’est un changement de forme des droites occidentales, qui se concentrent sur des objectifs différents et qui font commun entre des groupes qui faisaient croire qu’ils étaient opposés. Ces nouveaux objectifs principaux sont :
• Libertarianisme économique, dérégulation complète du marché.
• Autoritarisme politique, augmentation de la répression et des présences policières et militaires.
• Retour de la loi du plus fort à échelle internationale face au mythe du droit international et des droits de l’homme.
• Anti-wokisme et valorisation de la « France éternelle », des traditions.
• Suprémacisme blanc occidental, mené notamment par l’islamophobie.
Ces objectifs et cette nouvelle alliance sont portés par des parties politiques (RN, les Républicains FR/US, ...), des médias (Empire Bolloré, Fox News, ...), des groupes de financement et fondations (PERICLES, …), des associations et collectifs (Némésis, l’UNI, …), qui sont à l’heure actuelle les plus plébiscités dans les sphères politiques de droite. On va l’appeler ici, parce qu’iels se nomment aussi comme ça, la Nouvelle Droite.
Comprendre ces intérêts communs et connaître les alliances politiques qui les portent, ça va nous permettre de mieux penser et réagir à ce qui va arriver prochainement.
Prenons l’exemple de la mort de Quentin, fachos de l’Action Française, et de ses conséquences.
Un groupe armé (gants coqués, barres de fer, ...) de 16 bougs d’extrême droite attaquent un groupe de 13 gauchistes en marge d’une conférence de Rima Hassan a science po. Ça se retourne contre eux, un des gars qui a attaqué, Quentin, meurt sous les coups d’antifas.
Les médias transforment l’histoire (évidemment), 1 homme innocent auraient été roué de coups par 6 antifas ultra-violents pro LFI, il est mort de ses blessures. Conclusion, l’extrême gauche tue, soutenue par LFI et Rima Hassan. Énorme affaire dans les médias, minute de silence à l’assemblée, hommage, la totale ! On notera que cette mort a fait plus de bruit que les 12 assassinés par des fachos depuis 2022, ça alors…
Bon ça on connaît, mais qu’est ce que ça a à voir avec notre histoire ? Et ben, si on l’analyse avec les grilles antifascistes anciennes, on comprend rien : l’action française dit qu’ils sont dégoûtés d’avoir perdu un militant français au profit de la « défense de Némésis et des médias pro-Israël ». Les groupuscules identitaires masculinistes sont dégoûtés de passer pour des victimes. Donc plus on va a l’extrême droite de la balance, moins le discours est cohérent.
Par contre, on observe une unité de discours politique dans l’alliance politique de la Nouvelle droite, ciblé sur plusieurs points :
• Autoritarisme politique, augmentation de la répression : proposition de virer LFI des partis qui peuvent présenter un candidat, de condamner Raphaël Arnaud (qui n’était même pas sur place) car un de ses assistants parlementaires était sur place.
• Anti-wokisme : définition de l’antifascisme (de rue comme d’assemblée) et de ses valeurs supposés (« racialisme, antisémitisme » selon le Point) comme le vrai fascisme (avant c’était un peu une blague des tocards du fond de l’extrême droite, maintenant tout le monde porte le même discours). Retournement du discours féministe : « les antifas attaquent Némésis, étranglent des femmes, ça devrait indigner toutes les féministes »
• Suprémacisme blanc : négation des assassiné.es par l’extrême droite, dont une bonne partie l’ont été car racisé.es. Ajouté à ça que c’est Rima Hassan qui tenait la conférence, on fait le pont avec le barbarisme palestinien, le grand remplacement et compagnie, c’est nickel !
Et qui a porté ces discours ?? Némésis et l’UNI sur les plateaux télé et radio de Bolloré, soutenus par Sébastien Chenu du RN et Retailleau des Républicains. CA ALORS !
Et une fois n’est pas coutume, comme c’est eux qui dictent le discours médiatique, ça a été repris mot pour mot par TF1, BFM etc.
Cette alliance n’est pas encore tout à fait au pouvoir, mais elle a des gens bien placés qui sont au pouvoir (Lecornu, Darmanin, Retailleau), et elle a surtout une immense influence dans le discours médiatique et public. On les voyait récemment parler a Bardella (RN), à la sortie de son livre, de l’idée de suivre l’exemple argentin économiquement, à savoir casser le système social et déréguler le marché. On les voyait soutenir Trump et Musk sur leurs décisions en terme de migration, leurs méthode politique « courageuse », …
Mais l’exemple le plus parlant, et qui dans le fond a été celui qui a révélé publiquement cette alliance et ses objectifs, c’est celui d’Israël et de la Palestine. Cet exemple est un point d’ancrage fondamental du changement des alliances de la droite et de l’extrême droite française et mondiale : on observait avant une séparation entre la droite et l’extrême droite qui était ancrée autour du système de valeur.
A l’extrême droite, il n’était notamment pas question de revenir sur leur antisémitisme et de faire quoi que ce soit en ce sens, et c’est toujours le cas pour les groupuscules les plus radicaux qui se retrouvent de plus en plus isolés. A droite, il n’était pas question de revenir sur une forme de républicanisme, avec comme figure De Gaulle qui a battu le nazisme et a porté une droite démocrate.
Et puis, depuis la première prise de pouvoir de Orban en Hongrie, Trump aux USA, Bolsonaro au Brésil, puis de Milei en Argentine, les grandes puissances de droite ont changé de méthode.
• Le côté respect des lois nationales et internationales a commencé a passer à la trappe.
• Des alliances contre nature ont commencé à se faire entre conservateurs de plusieurs mouvances ou religions différentes (Israël, Arabie Saoudite et Brésil sont respectivement sionistes religieux, sunnite hanbalites et évangelistes).
• Les marchés ont commencés à être dérégulés, que ce soit sur les règles économiques, écologiques, frontalières.
L’extrême droite y a vu une nécessité de changement pour être intégré à cette dynamique : il est toujours autorisé d’être antisémite, tant qu’il y a soutien a Israël pour faire croire le contraire, et tant que l’islamophobie est une priorité. Netanyahou a tenu lui même un discours à l’ONU en 2015 allant en ce sens : selon lui, ce serait le Mufti de Jérusalem Haj Amin Al-Husseini qui aurait glissé à Hitler l’idée de la solution finale, Hitler qui n’aurait voulu qu’expulser les juif.ves, et pas les tuer. L’antisémitisme aurait donc bien moins un ressort occidental qu’une source palestinienne et musulmane. Porter des politiques islamophobes et soutenir Israël serait donc alors la seule clé pour lutter contre l’antisémitisme. C’est ainsi qu’on a vu en 2024 la petite-fille d’un nostalgique du nazisme et du colonialisme, et le président du parti qu’il a fondé avec ses copains, être conviés en Israël pour une grande conférence contre l’antisémitisme, luttant contre « l’antisémitisme couscous », le « substrat culturel antisémite des musulman.es », l’ensauvagement de la France par la barbarie islamiste blablabla, etc. C’est ainsi qu’un parti qui regorge d’antisémites, de négationnistes, s’est lavé les mains de son racisme et de son antisémitisme.
De son côté, la droite a fait une croix sur le républicanisme à la française, dynamique qu’elle a commencé a mettre en place depuis les années Sarkozy / Guéant et leur « nettoyage de la banlieue au karsher » :
• Fin du barrage républicain contre le FN / RN
• Impunité policière, meurtres de racisé.es impunis, violences policières en quartier populaires (ça tu me diras c’est pas nouveau…)
• Répression policière croissante sur les mouvements sociaux (à rappeler que même De Gaulle ce gros colon a accepté de quitter le pouvoir après un référendum qui n’allait pas dans son sens), dénis de démocratie, propositions de lois opposées à la constitution, …
• Enfermements, amendes, fichage des militant.es pour la Palestine, pour motif d’antisémitisme.
Pour ce qui est des autres objectifs, la droite et l’extrême droite n’ont pas été difficiles à convaincre :
• le libertarisme économique c’est leur plan depuis le début
• la suprématie blanche est une tradition française (le temps béni des colonies, aaaah...)
• Le répression partout tout le temps c’est leur seule solution aux enjeux sociaux français depuis le début de leur existence (la peine de mort leur manque beaucoup d’ailleurs)
• et le droit international c’est pas trop leur tasse de thé étant donné que ça leur impose de rendre des comptes quand ils font de la merde et que ça réduit leur pouvoir.
• L’anti-wokisme et l’anti-gauchisme c’est une lutte contre leurs ennemis principaux donc tout roule !
Alors voila, il y a une possibilité entre la droite (plus trop) républicaine et l’extrême droite de se relier, l’une en devenant moins démocrate, l’autre en cachant un peu son antisémitisme. La barrière était donc si faible, qu’elle a sauté très rapidement dès lors que la colonisation israélienne s’est une nouvelle fois brutalisé, le 8 octobre 2023. Il a fallu justifier l’injustifiable, alors tout le monde s’y est mis de bon cœur en faisant vivre tous les argumentaires les plus racistes, islamophobes, répressifs, libertariens, et anti-wokistes !
Pour ce qui est des discours racistes, islamophobes, qui prônent une suprématie blanche ou, du moins, de la culture blanche, on a déjà abordé ça plusieurs fois dans les textes plus haut. Je ne vais donc pas beaucoup revenir dessus, mais tu vois l’idée : arabe = musulman.e = sous-culture barbare = islamiste = terroriste = ennemi à abattre ou pauvre victime à éduquer. Un point nécessaire et central pour justifier la mort de dizaines de milliers de personnes, difficile de faire sans les déshumaniser. Mais ce point est très important à rappeler car il est l’un des piliers de la Nouvelle droite : la culture occidentale, la démocratie, le libéralisme des mœurs, les racines judéo-chrétiennes (ça n’existe pas les loulous), face à la barbarie, la dictature, l’obscurantisme religieux, l’islamisme : c’est ça que prônent les défenseurs d’Israël contre le monde arabo-musulman.
Israël est donc pour l’occident un point d’implantation militaire, une aide à la prise de contrôle politique, militaire et économique du Levant, une région clé dans la vie politique et culturelle arabo-musulmane ; mais, cette alliance est aussi une possibilité de prendre le contrôle culturel, voire religieux pour certain.es, sur une région historiquement importante. Le Levant est un des berceaux des civilisations les plus anciennes ; le lieu d’apparition des trois religions monothéistes les plus importantes à échelle mondiale ; le lieu des croisades ; un lieu qui n’a jamais pu être colonisé, d’abord grâce à l’empire Ottoman, puis des volontés indépendantistes arabes qui n’ont permis qu’à des protectorats d’exister pendant seulement 30 ans (1920-50 à peu près). Prendre le contrôle de cette région, et y imposer les normes culturelles occidentales, chrétiennes, blanches, c’est un des objectifs affichés, et pour ça, l’alliance avec Israël dans la déstabilisation de la région est une clé.
Concernant la répression, l’autoritarisme politique, là on est sur le plus grand point d’accord de long terme entre la droite et l’extrême droite : peines planchers, sanctions / peines juridiques sur les familles de délinquants, déchéance de nationalité pour des délits, augmentation permanente de l’armement policier, dégradation des conditions d’emprisonnement, augmentation du nombre de prisonniers, etc. Mais pour ce qui est de la colonisation de la Palestine, ils ont décidé de se surpasser :
• Enfermement de réfugié.es palestinien.nes sous ordre d’Israël
• Tentative de création d’un délit de « critique du sionisme »
• Enfermement pour apologie du terrorisme de militant.es pro-palestinien
• Coups de pression policier ou d’autres institutions pour retirer des drapeaux palestiniens des balcons, rues, murs, T-shirt …
• Interdiction de meetings, discussions politiques, rassemblements, …
• Légitimation de l’enfermement sans procès de palestinien.nes dans les jaules israéliennes, de meurtre préventif, d’assassinat de « futurs terroristes » (entendre, des enfants)
Concernant l’anti-wokisme et la diabolisation de la gauche, il y a eu une double dynamique qui s’est opéré en même temps : diabolisation de la gauche, et réappropriation des idées et valeurs de gauche, version extrême-droite.
La gauche, selon le discours dépeint par la Nouvelle Droite, est devenue islamiste, antisémite et anti-France. Ils marcheraient main dans la main avec des islamistes, soutiendraient le Grand Remplacement, auraient des méthodes anti-républicaines, voudraient l’éclatement de la société en communautés qui se font la guerre, voudraient effacer l’Histoire de France (comprendre, le royalisme, l’impérialisme, le saucisson et les gaulois), prôneraient l’antisémitisme via les critiques du sionisme et du génocide, etc.
Sauf que, dans le même temps, il y a beaucoup d’idées et de valeurs qui sont de gauche à l’origine et qui servent à justifier le soutien à Israël : démocratie, féminisme et droits LGBT, droit à l’autodétermination des peuples, lutte contre l’antisémitisme.
Alors, comment faire pour porter ces argumentaires sans être de gauche ? Et bien, l’idée est très simple : on dénature ces idées et valeurs (inspiration Némésis, tu vois où est l’intérêt de les avoir dans l’alliance. On appelle ça du pinkwashing, équivalent du greenwashing version féministe et LGBT, faire passer de la merde pour du progressisme, utiliser des idées de gauche pour faire des trucs atroce genre légitimer un génocide pour les droits de femmes)
Comme ça, triple victoire : on décrédibilise les idées de gauche ; on s’approprie n’importe comment la partie « respectable » de certaines luttes ; et on décrédibilise et diabolise la partie « non respectable » de ces mêmes luttes.
• Démocratie : Macron et son monde, soutenus par la nouvelle droite, s’auto-proclame garant international de la démocratie.
◦ Le mot perd tout son sens venant du gars qui fait des réformes ultra impopulaires, envoie les flics tabasser toute sa population (et tuer des racisé.es) et base ses avancées politiques sur des 49.3.
◦ Il prend la partie respectable des luttes pour la démocratie : non à la dictature autoritaire sans élections, car c’est MAL.
◦ Et il diabolise la partie non-respectable de la lutte pour la démocratie des méchants de LFI : destitution constitutionnelles du président, référendums, fin du racisme d’état, fin des monopoles médiatiques des milliardaires, de l’impunité juridique des riches et ultra-riches.
◦ Le lien avec Israël se fait donc autour de la destitution des méchants dictateurs du monde arabe et de la diffusion de la démocratie occidentale, qui serait la plus égalitaire au monde.
• Féminisme et droits LGBT : Macron et son monde, soutenus par la nouvelle droite, se portent garant du libéralisme des mœurs à échelle international, avec en tête de file les luttes féministes et LGBT.
◦ Le mot perd tout son sens venant d’un État qui établie des lois transphobes venant de ministres actives dans les luttes anti-trans, a des violeurs dans ses gouvernements, et dont la police tabasse les colleureuses féministes et les fout en garde à vue.
◦ Macron ne prend que la partie respectable de ces luttes qu’il aurait (selon une source respectable, évidemment) en commun avec Israël : non aux agressions de rue sexistes ou homophobes (et alors ça, je te le dis en Israël c’est pas aussi rose que ça le dit dans les médias mdr), oui au salaire à égalité à l’horizon 2070, et tout le monde doit pouvoir être chef.fe d’entreprise, YOUPI.
◦ Et il décrédibilise le fond de ces luttes : anti-patriarcat, abolition des normes de genre et de sexualité, lutte contre la domination des enfants, décolonisation du féminisme blanc bourgeois, …
◦ Le lien avec Israël se fait donc par la lutte contre l’islamisme qui serait le grand ennemi des femmes et des LGBT, avec un génocide « in the name of love » pour sauver les femmes et LGBT israélien.nes et palestinien.nes des méchants barbares islamistes.
◦ (J’ai fait un très gros résumé ici, mais y’a énormément à dire sur ce phénomène de pinkwashing, j’en ferai sûrement un texte un jour)
• Autodétermination du peuple juif comme lutte contre l’antisémitisme :
◦ La lutte contre l’antisémitisme perd tout son sens quand elle est porté par un parti créé et composé d’antisémites, de négationnistes. La lutte pour l’autodétermination est carrément absurde venant d’un des pays qui a l’histoire et l’actualité coloniale la plus brutale au monde.
◦ Macron, là encore, prend la partie respectable de ces luttes : les agressions antisémites c’est mal (la découverte de l’année), la réparation de l’antisémitisme nazi c’est Israël ; et l’autodétermination c’est la création d’un nouvel état nation avec des frontières fermées.
◦ Et il décrédibilise toutes les luttes contre l’antisémitisme et pour l’autodétermination des peuples : reconnaissance et réparation de l’oppressions systémique des juif.ves pendant des centaines d’année et encore aujourd’hui en occident, et par les occidentaux dans le monde arabe, travail de fond sur l’antiracisme, les structures de domination ; acceptation de l’autodétermination de TOUS les peuples, par des frontières si nécessaire pour des pays colonisés, ou simplement par une acceptation des langues, cultures, vécus, décisions, des différentes communautés (ethniques, religieuses, régionales, de genre et de sexualité, …)
◦ Le lien avec Israël se fait donc par la reconnaissance de l’auto-détermination des sionistes, à l’instar des autres juif.ves qui ne sont pas considérés dans ces décisions, et des populations locales, notamment palestiniennes, qui se font massacrer depuis 80 ans.
La gauche est donc diabolisée pour ses luttes actuelles, taxées de wokistes, pendant que la nouvelles droite et la Macronie s’approprient leurs idées et valeurs en les décrédibilisant et les dénaturant pour en faire, pour dire gentiment, de la merde.
Pour le sujet du libertarianisme économique, y’a 3 choses qui ressortent : une tentative de faire sauter toutes les règles sur les médias, une remise en place de l’économie de guerre et une relance de l’impérialisme économique.
Pour expliquer un peu les mots que j’utilise : le libertarianisme, c’est une approche économique qui enlève toutes les règles éthiques (écologie, droit du travail, protection sociale, sécurité, …) au marché. Le libéralisme, c’est déjà une approche qui donne le pouvoir aux entreprises, qui vise à déréguler le marché. Mais en gros, le libertarianisme, c’est cette approche mais en plus assumé et sans concession. Les libéraux peuvent valoriser l’absence de l’esclavage moderne, les règles de compétitivité, les régulations écologiques, etc. Les libertariens, non, iels s’en tapent, voire même, ça leur met des bâtons dans les roues donc c’est chiant. Par exemple, Javier Milei, président actuel de l’Argentine, vient d’autoriser aux patrons de payer leurs employés autrement qu’avec de l’argent (nourriture, logement, caisses de vins, etc.), ça c’est du libertarianisme.
Pour ce qui est de notre cas :
• Concernant les médias, on observe une offensive de Musk, dirigeant de X (ancien Twitter) qui veut faire sauter toutes les règles d’internet : plus d’interdiction de racisme / sexisme / …, plus de modération, création d’une IA qui déshabille des gens et diffuse des fake news, attaque contre les règles européennes, promotion des groupes fachos européens via ses algorithmes, et évidemment, promotions de l’armée israélienne et de la colonisation, BREF, il s’est mis en freestyle !
• On voit aussi une offensive française de la nouvelle droite contre le service public (chaînes de télévision et de radio publique, mais aussi régulation des contenus diffusés), qui serait gauchiste et wokiste. L’objectif affiché est de faire en sorte que les médias soient des entreprises comme les autres, dirigés par des allié.es milliardaires, et sans règles sur leurs contenus.
• Sur l’économie de guerre, y’a eu une grosse relance de la production avec investissements importants et vente d’armes aux alliés de l’occident. Mais, ce qui en fait un truc libertarien, c’est deux choses :
◦ La vente à perte, ce qui n’est pas ancré dans la culture économique libérale qui est censé aller vers la croissance et la rentabilité. Israël a été fourni en bombes directement par les entreprises qui les soutiennent pendant 2 ans à perte, c’est un tournant dans l’armement. L’activité à perte est aussi une pratique des médias libertariens (X, le JDD, …), qui financent leur propagande au final.
◦ La création de guerre pour financer les entreprises de l’armement : déstabilisation de tout le Levant via Israël entre autre, attaque du Venezuela, propagande de guerre Europe contre Russie, etc. Ça permet une relance des entreprises d’armement et une légitimation de leurs progrès technologiques pour la défense, progrès qui seront eux-même utilisés par la suite dans les sociétés de contrôle occidentales. (voir le docu sur l’armement de Mathieu Rigouste Nous sommes des champs de bataille la dessus, c’est intéressant de ouf)
• Enfin, sur l’impérialisme économique, il y a une déstabilisation de plusieurs régions pour prendre le contrôle de ressources (pétrole notamment). En soit, ce phénomène là est le plus stable depuis la décolonisation, mais c’est un fait libertarien de déstabiliser des pays (Venezuela, Irak, Afghanistan) pour des ressources.
Dans le contexte de la colonisation israélienne en Palestine, il y a donc eu un développement du libertarianisme économique, de l’anti-wokisme, de l’anti-gauchisme, de l’autoritarisme politique, de la répression politique, et du racisme politique. Ce contexte n’a pas provoqué en tant que tel de grand changements politiques, mais a poussé la nouvelle droite à assumer non seulement son alliance, mais aussi plusieurs lignes qu’elle maintenait déguisé jusque là. Certain.es considèrent ça d’ailleurs comme une grande victoire de la résistance palestinienne : obliger l’occident à assumer sa brutalité politique, son islamophobie. L’ennemi affiche ses stratégies réelles, ce qui autorise des réponses proportionnées non plus à leur supposées règles politiques qu’ils ne respectent pas eux mêmes, mais à leur réelles pratiques :
• L’islamophobie est devenu bien plus brutale et affichée :
◦ L’Islam est responsable de tous les problèmes à échelle nationale et internationale.
◦ L’Islam est un ennemi culturel définitif et doit être combattu.
◦ Le génocide de musulman.es, entre les autres violences ultra vener qu’iels subissent, est devenu tolérable par ces justifications.
• Le droit international n’est plus revendiqué comme ligne de conduite :
◦ On peut attaquer un pays pour changer son dirigeant et le revendiquer (c’était déjà le cas avant avec l’Irak, l’Afghanistan, etc., c’est le cas de façon assumée en 2026 pour le Venezuela, l’Iran...)
◦ On peut produire des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, qui sont directement documentés (les informations arrivaient plus souvent après les guerres jusqu’aux années 2010) et qui sont donc assumés, tant que c’est dans les intérêts occidentaux / dans sa ligne politique (invasion « contre le Hezbollah » du Liban, bombe au phosphore sur des civils, destruction d’écoles, d’hôpitaux)
Ce développement de nouveaux axes politiques est le fait direct de la Nouvelle droite, une alliance d’extrême droite entre des partis de « droite républicaine », d’extrême droite traditionnelle, des groupuscules et associations d’extrême droite, des médias, des penseurs, écrivains, « spécialistes » et autres. Cette alliance est déjà au pouvoir, en atteste le développement du racisme systémique français. La grille d’analyse d’une extrême droite ultra-autoritaire qui créera une fracture complète est donc probablement obsolète, et laisse place à une avancée lente et républicaine de politiques racistes, libertariennes, autoritaires. Comprendre ça, c’est mieux cibler nos futurs ennemis politiques et mieux les contrer, alors voila, j’ai donné ma grille d’analyse du truc, à toi de voir ce que t’en fais !
Bon, assez râlé, on fait quoi du coup ?
Je vais pas faire un programme politique pour l’instant, c’est en travail d’avoir des pistes d’avancée sociales et politiques mais ça prend du temps et des discussions avec plusieurs groupes antiracistes et décoloniaux ! Mais, si on veut avoir un peu d’impact sur le racisme à la française, y’a plusieurs options :
• Déjà, quand y’a des trucs qui le font pas dans nos collectifs, AG, discussions entre pote, ouvrir sa gueule, tenter d’expliquer parce que c’est pas inné, et si ça passe pas, expliquer plus fort et imposer nos sujets et nos solutions.
• Ensuite, dans nos entourages, diffuser de l’info, parce qu’en vrai la majorité des gens sont largués sur le sujet et ont comme seules réponses "le racisme c’est mal". Spoiler alert, ça suffit pas, faut plein de gens avec des discours carré.
• Créer de l’autonomie (y’a un point la dessus dans le texte sur le fémonationalisme, je te laisse aller voir)
• Participer à des réseaux de solidarité : ouverture de squat pour sans-pap, distribution alimentaire sans la charité chrétienne méprisante, aide à la garde d’enfants, récupérer plein de trucs pour les redonner, faire des trajets en voiture / camion pour dépanner les gens qui en ont pas, faire du soutien juridique d’expulsions d’habitat, d’OQTF …
• Soutenir les luttes locales antiracistes et les gens racisé.es en lutte ou en besoin sur des trucs politiques : ça peut être soutenir des mosquées qui se font fermer par des préfectures pour leur soutien à Gaza, aider à l’orga de table ronde et discussions politiques, diffuser les campagnes BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël), aller en manif pour les trucs dont tout le monde se fout (Soudan, Yémen, luttes des travailleureuses du sexe [ouais ça compte fort dans l’antiracisme vu la quantité de gens racisé.es qui bossent la dedans]...)
• Faire chier les entreprises coloniales : emmerder Bolloré sur son île, ouvrir ou voler des Coca dans des carrefours, brûler des Tesla comme les trans de Marseille, bloquer les entreprises d’armement près de chez vous, …
• Faire chier le RN et Reconquête, les empêcher de tracter pour les municipales, décorer leurs locaux, tacler leurs élus ou les enfariner quand ils font des trucs en public, …
• Arrêter de jouer aux puristes et de boycotter / se casser de tous les endroits où on est pas 100% d’accord, c’est trop facile et c’est se complaire dans l’échec politique (en ayant certes les bonnes justifications). Faut qu’on aille sur des terrains qu’on n’a pas encore, ou même qu’on n’aura jamais, pour imposer au moins un peu notre discours. La télé et la radio, les collectifs "antiracialistes", les islamophobes de gauche, les queers et les féministes blanc.hes libérales, faut pas les laisser tranquille sinon ils ont juste le terrain pour faire n’importe quoi !
Bon, ça en fait des trucs pour avoir de l’impact avec tes potes ou ton collectif, y’a des trucs à la portée de tout le monde donc on se bouge là ! L’idéal serait de former ou de rejoindre des collectifs qui ont des lignes politiques carrées sur le sujet, et des actions de terrain importantes, mais si c’est pas ta prio, au moins faire tout ça c’est possible !
On a plus beaucoup de temps ça vire à la cata ces histoires d’islamophobie et de racisme, y’a des milliers de musulman.es qui meurent chaque année dans le monde à cause de ça, donc allez on se bouge !
Hésite pas à diffuser au max le texte, aucun besoin de demander mon avis, je veux qu’il se diffuse beaucoup, je l’ai pas écrit pour rien !
Jte met un mail ici pour que tu puisses me contacter si t’as envie de m’inviter à discuter dans un événement de ta ville / sur ton plateau de médias : tacle.un.raciste@proton.me
Par contre, si tu veux juste m’envoyer un pavé de tacles de merde facho, ou des trucs genre « je suis sioniste mais humaniste » ou autre conneries, ben va bien manger des chips, je lirai pas ton mail j’ai pas ton temps !
La bise !
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