BROCHURES

Agricultures libertaires et révolutions
suivi de Vers une agriculture DIY

Agricultures libertaires et révolutions

Anonyme (première parution : décembre 2020)

Mis en ligne le 10 octobre 2021

Thèmes : Luttes paysannes, ruralité (44 brochures)

Formats : (HTML) (PDF,2 Mo) (PDF,1.9 Mo)

Version papier disponible chez : Infokiosque fantôme (partout)

Agricultures libertaires et révolutions : pistes de réflexion

Le système capitaliste actuel n’en finit plus d’approfondir ses contradictions. La possibilité d’une révolution a été maintes fois envisagée, mais l’aspect agricole semble être un angle mort de la pensée révolutionnaire. Que se passerait-il une fois la révolution advenue et les supermarchés vides ?

Envisageons deux possibilités (parmi d’autres) :

1/ une approche plutôt marxiste orthodoxe :
- une réflexion basée sur le salariat voire son extension (revendiquée par le mouvement radfem marxiste, par exemple la mobilisation "wages for housework", en français "un salaire pour le travail domestique").
- une vision "classiste" de l’après-révolution, où les paysan-nes indépendant-es et les ex-salarié-es agricoles resteraient producteur- rices de nourriture. Un exemple significatif est la popularité d’ouvrages tels que Le paysan impossible de Yannick Ogor qui revendique une classe paysanne "rebelle" à laquelle il appartiendrait. Ou plus classiquement Les paysans dans la lutte des classes de Bernard Lambert.

Ce qui pose les questions suivantes :
- quelle portée de la revendication d’abolition des classes ? Ne s’agirait-il pas in fine de remplacer une classe dirigeante par une autre ? Auquel cas pour les exploité-es (du monde agricole mais pas que), à quoi bon la révolution ?
- une fois le salariat aboli, qui produirait la nourriture ?

En effet, on peut partir du constat que si l’agriculture capitaliste était abolie, l’agriculture "paysanne" ne pourrait pas fournir la demande et les ouvrier-es agricoles actuel-les ne seraient pas motivé-es à continuer la production ; la plupart d’entre elleux étant plus en recherche de salaire que de travail agricole ; peu font ce métier par "vocation".

2/ une approche plus libertaire :
- les urgences actuelles sont multiples et l’agriculture n’est pas un thème prioritaire mais
- après l’avènement de la révolution, un processus assembléiste et autogestionnaire serait mis en place parmi les révolutionnaires pour décider qui prendrait part à la production agricole
(ce qui serait compatible avec une application à l’agriculture du slogan syndical "travailler tous-tes, moins et autrement" et avec le principe de rotation des tâches)
(ce qui pourrait conduire théoriquement à l’abolition de la "classe paysanne" (!))

Ce qui pose les questions suivantes :
- quels stocks de nourriture assureraient la jonction pendant le nécessaire temps de la mise en place de l’autogestion (formation d’assemblées, décisions collectives, acquisition de connaissances nécessaires à la production, émergence de nouvelles formes d’organisation de la production) ?
- comment éviter la perpétuation, certes sous des formes plus subtiles, des hiérarchies sociales actuelles (comme trop souvent dans les milieux militants) ?

Autrement dit, comment éviter que les tâches "minorées socialement" (et l’agriculture en fait partie) ne soient in fine effectuées par des groupes ou personnes "minoré-es socialement" ?
(Via des discriminations sexistes, racistes, âgistes, validistes, religieuses, etc.)

Autrement dit encore, tout ce que tu décides par choix de ne pas faire toi-même et qui doit être fait est fait par d’autres, qui n’ont pas le choix.

Remarques :
- Ces pistes de réflexion ne sont pas exhaustives et d’autres réponses pertinentes existent probablement ;
- La thématique agricole mérite d’être appropriée par les forces militantes pour éviter que la révolution ne finisse en famine (et en contre-révolution capitaliste, fasciste ou autre) ;
- Historiquement, les révolutions qui n’ont pas rapidement fini en famine sont celles issues de sociétés paysannes (révolution française 1789, Catalogne 1936, révolutions latino-américaines, ...) ; par opposition à d’autres soulèvements qui ont tourné court (Commune de Paris) ;
- Les rapports de force des salarié-es peuvent être posés - et gagnables - lorsqu’une désertion collective de longue durée est possible (comme dans les manufactures françaises de la deuxième moitié du XIXe siècle).
- À défaut de démarche à large échelle, des connaissances même basiques en agriculture (et en autoconstruction) permettent des processus d’émancipation (individuelle ou en petits groupes affinitaires), même partielle, du salariat et de la société de consommation.

En d’autre termes, construire l’autonomie.
... faute de quoi on ne peut que faire le constat de son aliénation au système capitaliste.

Vers une agriculture DIY ?

Début du XXIe siècle. De larges pans du mouvement social s’autonomisent des syndicats. Les ZAD [1] fleurissent et inspirent des futurs plus respirables. Face à l’urgence climatique, les thématiques environnementales refont surface. Constater que l’économie marchande happe toujours plus de pans de nos activités ne suffit plus. Ici et là, on s’organise pour inverser la tendance.
Le DIY [2] est partout, jusque sur les unes de la presse bourgeoise.

Cuisines collectives, ouvrages littéraires collectifs, vaisselles autogérées, repair café [3], refus de l’habitat individuel, ménage par roulement des espaces collectifs, jusqu’à la gestion des toilettes sèches... Faire par soi-même, seul ou avec les autres ; faire sans argent ; faire sans patron ; ...
Ces pratiques sont vivaces dans de nombreux domaines. Mais dès que l’on envisage de produire son alimentation, les bonnes volontés se font rares, et les tentatives collectives aboutissent le plus souvent à des échecs.
Ce n’est pas une fatalité.
Au vu de la situation actuelle, très peu satisfaisante, où des travailleur-euses produisent et vendent de la nourriture dans l’espoir d’en tirer un revenu décent, et où d’autres se serrent la ceinture faute d’argent, il est urgent de penser ce que pourrait être la place de l’agriculture dans une société libertaire. Pistes de réflexion pour une agriculture hors de l’économie monétaire.

• Une agriculture anti-capitaliste ?

Pour qui la nourriture est-elle une marchandise source de profit ? Pour qui est-elle aliénation ?

Curieuse époque où l’on cherche un « job alimentaire » pour pouvoir remplir son frigo et où l’on fait son potager pour se détendre après sa semaine de boulot. Dépendant-es de l’argent pour pouvoir manger, les exploité-es se privent d’une arme de poids : la grève générale.

Il n’en a pas toujours été ainsi. « Pendant tout le XIXe siècle, de nombreux ouvriers gardent une base rurale et domestique dont ils tirent leurs moyens de subsistance. » [4] L’agriculture vivrière, individuelle ou collective, fournit de la nourriture qui n’est pas une marchandise (au sens où elle n’est pas produite dans le but d’être vendue). Elle permet surtout de déserter le salariat (toujours bon à prendre d’un point de vue individuel), de sortir de la dualité production/consommation et, si elle est portée collectivement, de mettre un frein à l’exploitation et l’accumulation des ressources entre toujours moins de mains.

• Quelle valeur donner à sa production ?

Et si tu faisais le potager pendant que nous jouions de la guitare ? (l’art aussi est important)

Produire de la nourriture est une chose. On y laisse du temps, de l’argent, des trésors d’organisation, et une partie de sa santé. D’où l’idée d’envisager de se répartir la production.

Comme le déclarent Camille et Loïc, « Nous avons pratiqué différents modes d’échange, notamment au travers de la fournée de pain que nous faisions tous les dimanches, ou de coups de main pour des gardes d’enfants, faire les foins, poser du carrelage, etc. Il y a des personnes à qui nous avons pu tour à tour vendre, troquer, et parfois donner du pain. Des familles desquelles nous avons accepté le paiement de la garde d’enfants, puis l’échange du même service, enfin des gardes que nous faisons sans réciprocité apparente. » [5]

« Sans réciprocité apparente » : même débarrassée des rapports marchands, une société (collectif, village, quartier, ...) doit garder en tête que les biens et services produits ont une valeur relative les uns par rapport aux autres. Éluder la question, c’est prendre le risque que certain-es se sentent rapidement floué-es sur la reconnaissance de la valeur de leur participation au fonctionnement du groupe.

• Une agriculture autonome ?

→ Pourquoi produire sa bouffe soi-même quand les poubelles débordent de nourriture ?

Nous vivons en pleine crise de surproduction, agricole et pas que (et historiquement, on sait comment ça se termine). Cette surproduction agricole est incitée par différents mécanismes, ne serait- ce que par l’espoir de l’agriculteur-trice de vendre plus à un prix correct pour toucher un revenu décent [6].

Les pertes agricoles à tous les niveaux (production, stockage, transformation, distribution, ...) représentent de l’ordre du tiers de la production mondiale, et les poubelles débordent. Le problème n’étant pas tant les poubelles pleines où il n’y aurait qu’à se servir, mais la surproduction agricole organisée et la grande distribution qui vont avec.

Produire soi-même, glaner dans les parcelles, démarcher les paysan-ne-s pour qu’iels cèdent une part de leur production... Les alternatives sont nombreuses pour s’autonomiser de l’agrobusiness.

• Une agriculture autogérée ?

→ Jardins partagés, potagers collectifs, ... : peut-on dépasser les échecs des tentatives précédentes ?

Trois conditions sont nécessaires à l’autogestion : connaître ; décider collectivement ; agir.

Comme tout métier, le métier de paysan-ne nécessite un socle de connaissances, accessibles à qui s’en donne les moyens. Pas besoin d’un bac+5 universitaire ni d’un bac+10 en militantisme, les meilleur-es paysan-nes de par le monde ne savent souvent ni lire, ni écrire [7].

Apprendre par soi-même (internet peut t’aider), apprendre avec d’autres (tant de passionné-es sont intarissables sur leur thématique de prédilection et ne souhaitent que transmettre !), apprendre aux autres, apprendre de manière formelle en payant cher des formations pour obtenir des bribes de connaissances, apprendre à se faire formater par des codes agricoles, ou non.

Apprendre en faisant seul-e ou à plusieurs, expérimenter, observer, s’autoriser à penser le temps long... Apprendre à essayer, apprendre de ses erreurs, apprendre la modestie et la persévérance.

Décider collectivement, de manière affinitaire (difficile par exemple de s’organiser entre éleveur-ses et végans) ou géographique (merci à l’éleveur-se qui vient ouvrir et fermer la serre quand je pars en week-end, merci au-à la végan-e qui vient s’assurer que mon troupeau va bien quand je pars en week-end).

Être au clair sur ses besoins et ses envies, sur les fins et les moyens pour y arriver, sur qui s’engage à quoi sur un temps long.

Être ouvert à l’évolution des objectifs collectifs tout en restant vigilant vis-à-vis de tentatives de récupération...

Agir : tout est possible, à toi de jouer !

• Un agriculture collective ?

→ Pourquoi faire seul-e ce que l’on peut faire à plusieurs ?

Se regrouper sur des bases géographiques et/ou affinitaires est souvent un plus. Chantiers collectifs (il est tant de tâches qui nécessitent plus de deux bras simultanément !), jours d’astreintes qui permettent de libérer les autres (sorte de travail collectif mais non simultané), « non-travail » collectif...

→ Pourquoi faire à plusieurs ce que l’on peut faire seul-e ?

Pas de faux prétexte : pas besoin d’attendre d’être deux (ou plus) pour agir et s’émanciper des étals des (super)marchés.
Faire son potager, élever quelques poules ou produire son blé et son pain, tout seul dans son coin, serait-ce la panacée ? Loin de là, mais décrocher des logiques consuméristes est déjà un pas dans la bonne direction.

• Une agriculture solidaire ?

→ Produire plus que ce que l’on consomme, certes... mais que faire de l’excédant ?

Autonomie ne veut pas dire autarcie. Et même être atomisé-es dans les campagnes, de manière ponctuelle ou permanente, n’empêche pas de créer des liens d’échange et d’entraide avec les autres. Luttes sociales, migrant-es, populations urbaines ou vie de village... il existe de nombreux moyens de distribuer de la bouffe de manière pertinente, affinitaire ou non, hors des circuits marchands.

Attention cependant à produire de préférence avec les autres plutôt que pour les autres, faute de quoi des rancœurs et incompréhensions peuvent rapidement apparaître.

• Une agriculture « fun » ?

→ Les paysan-nes sont-iels condamné-es à rester ploucs (ou à le devenir) ?

L’enjeu est de taille : comme le rappelle Lewis Mumford, « le confort, la sécurité et l’absence d’effort physique sont les plus grands bienfaits de la civilisation » [8] et aller contre cette tendance n’est pas toujours évident.

Sauf cas très particuliers, peu de coups de matraques dans les campagnes. L’ordre et la sécurité y sont maintenus par d’autres méthodes : un contrôle social venant de différentes institutions, agricoles ou non (chambre d’agriculture, syndicats paternalistes, organismes certificateurs, préfecture, mairie, sociétés de chasse, voisins vigilants, ...). Le qu’en-dira-t-on fait le reste.

À force d’être confronté à des discours puants – et faute d’en entendre d’autres – le risque est grand de finir par reproduire des discussions « standard » mille fois entendues. Lutter contre cette tendance est épuisant (d’ailleurs, est-ce le but ?). Jouer collectif, faire du lien ville-campagne, être paysan-ne intermittent-e, autant de stratégies pour éviter de tomber dans le creuset des discours dominants. Libérer du temps aux paysan-nes « permanent-es » peut également être salvateur pour elleux.

Attention, avant de se lancer à produire, être au clair sur son positionnement sur la thématique du productivisme... et envisager de finir par tenir un discours corporatiste !

• Une agriculture nécessairement « identitaire » ?

→ Vers une abolition de la classe paysanne ?

Qu’il est tentant de se définir par le métier qu’on exerce. Même si le pourquoi on l’exerce reste souvent éludé, voire impensé [9]. Le métier de paysan-ne est peu valorisé économiquement (la part de l’agriculture dans l’économie d’un pays est systématiquement inférieure à la part de la population qui travaille dans ce secteur), peu reconnu socialement (trop plouc !), et à la contribution environnementale critiquable (pourquoi prendre le temps et l’énergie de prendre soin de la nature lorsque l’objectif est de produire plus dans l’espoir d’avoir un revenu décent ?).

De même que l’on peut se passer de personnel d’entretien en faisant le ménage soi-même, se réapproprier l’activité agricole permettrait de mettre fin à ce métier (si tant est qu’il existe encore). En quelque sorte, revendiquer des valeurs morales (et les mettre en pratique) plutôt qu’une forme de corporatisme.

Quelles valeurs ? À chacun-e de voir. La mode est à la volonté de plus de « communs » : terres agricoles et zones connexes (voies de communication et de transport, haies et taillis, lacs et forêts, ...), force de travail, outils et machines, productions brutes et transformées... quasiment tout peut être socialisé.

L’agriculture est ainsi un bon moyen de « changer d’échelle », au-delà des squats urbains ou des amphis étudiants occupés. (L’agriculture comme moyen d’organisation plutôt que comme finalité ? Peut-être aussi.)

• La délicate question du foncier

→ Et la terre elle est à qui ?

On a tou-tes en tête la revendication « socialisation des moyens de production ! ». Qui deviendraient propriété de l’État, de la commune, de la coopérative de production ou autres.

Les terres agricoles représentent un cas particulier. « La terre appartient à qui la travaille » ; « la terre appartient à tous-tes » ; « la terre appartient aux générations futures » ; « la terre appartient à la nature et doit cesser d’être cultivée »... Les revendications fluctuent selon les contextes et se télescopent parfois.

La propriété du foncier est essentielle, sauf à considérer que travailler est une fin en soi, indépendamment de la nourriture éventuellement produite. Mais quel type de propriété ? A minima une forme de propriété d’usage continue de la mise en culture à la récolte, afin d’être sûr-e de récolter le fruit de son travail. En l’état actuel des choses, les types de propriété peuvent êtres multiples sur une même parcelle : propriétaire formel et locataire, mais telle personne aura le droit de venir glaner après la récolte, telle autre pourra venir cueillir les fruits dans les vieux arbres fruitiers de la haie, une troisième aura le droit d’y passer pour rentrer plus vite chez elle, quand telle autre aura l’accès à un puits...

À chacun-e d’estimer si une forme de socialisation du foncier doit être une fin en soi (et le cas échéant, quelles doivent en être des mises en application harmonieuses). À défaut, de nombreuses alternatives existent : prêt gratuit, location contre argent ou coup de main, ...

Au vu du statut particulier des terres agricoles comme moyen de production (« support » physique plus que machine ou outil), on peut légitimement s’interroger : faut-il socialiser la terre, ou se contenter de socialiser la production agricole ?

Attention aux dérives que peuvent entraîner la propriété (d’usage ou autre) de terres agricoles : on en arrive à voir les campagnes comme des surfaces, des « zones » (terres agricoles, forêts, ...) et non comme des axes de déplacement, comme des flux (routes). Les revendications de « territoires en luttes » à défendre et/ou à gérer peuvent devenir compatibles avec les revendications impérialistes et/ou d’extrême-droite dès qu’elles sont présentées indépendamment des valeurs à défendre qui vont avec.

• Désobéir pour produire ?

→ Nos rêves sont-ils compatibles avec leurs lois ?

La loi est une corde qui, telle celle qui attache une chèvre au piquet, te permet d’aller jusque là, et pas plus loin (en te mettant à genoux, tu peux gagner quelques centimètres).

Rentrer scrupuleusement dans les clous, militer pour changer la loi, ou encore s’affranchir des réglementations [10] de manière ponctuelle ou plus globale, individuellement ou collectivement... à chacun-e ses stratégies, ses tactiques, sa conscience.

Si l’on envisage qu’une approche légaliste reste possible, alors la configuration la plus permissive semble être l’organisation sous forme associative (en terme de normes d’hygiène et de sécurité, de diffusion de semences paysannes, de production collective non-salariée, de modalités de distribution aux adhérent-es, ...).

Mais cette division légal/illégal reste très théorique : comme en ville, on peut bien souvent déroger à la loi tant que l’ordre règne (et que la productivité suit). Production stricto sensu, règles d’urbanisme, normes environnementales... il existe une tendance historique tenace dans le monde agricole à ne reconnaître aucune légitimité à l’État et ses administrations. (« Maître chez soi, esclave des vaches »). Cependant, en zone rurale comme ailleurs, le capitalisme libéral (et le flicage militaro-administratif qui va avec) gagne du terrain, et tue [11].

***

Produire soi-même, seul-e ou avec d’autres. Par choix, selon des idéaux libertaires. Par contrainte, comme en Grèce, lorsque les offensives libérales sont telles que l’alternative est produire ou mourir.

... vers une agriculture DIY ?

Anonyme

P.S.

Le texte Vers une agriculture DIY a été écrit au printemps 2018, dans le contexte de victoire contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes « et son monde ».
Le texte Agricultures libertaires et révolutions a été écrit à l’automne 2020.
Une version précédente de ces deux textes a été publiée sur Indymedia-Nantes en décembre 2020.
La version actuelle, légèrement modifiée, date de l’été 2021.


[1] ZAD : zone à défendre, néologisme militant pour désigner une forme de squat à vocation politique, la plupart du temps à l’air libre, et généralement destinée à s’opposer à un projet d’aménagement (ainsi qu’à déployer des modes de vie autonomes).

[2] DIY : Do It Yourself, anglicisme, en français « faites-le vous-même », « faites-le par vous-même », désigne à la fois des activités visant à créer ou réparer des objets de la vie courante, technologiques (hacking), ou artistiques, généralement de façon artisanale (bricolage), et un mouvement culturel, notamment musical.

[3] Un repair café (littéralement café de réparation) est un atelier consacré à la réparation d’objets et organisé à un niveau local, entre des personnes qui habitent ou fréquentent un même endroit.

[4] Le capitalisme tue le travail, Cédric Biagini, dans Construire l’autonomie, Offensive, Éditions l’Échappée.

[5] Autonomes matériellement, libres politiquement, dans Construire l’autonomie, Offensive, Éditions L’Échappée, p.239.

[6] Ainsi à l’échelle d’un pays, la surproduction est telle que les prix s’orientent tendanciellement à la baisse...

[7] Cependant, les personnes ayant reçu une double formation de paysan-ne (à la maison) et d’ingénieur-e agronome (à l’école) sont des producteur-trices particulièrement lucides sur leur métier, et efficaces dans la production.

[8] Ce que je crois, Lewis Mumford, cité dans L’inventaire n°6, automne 2017, p. 76.

[9] Yannick Ogor, dans son livre Le paysan impossible, est ambigu sur la question : il se revendique tour à tour paysan « être pris comme l’inverse d’être pris en charge » (p.8), puis plutôt bricoleur que paysan, ou encore paysan-chomeur, « pour sauver la possibilité de prendre soin » (p.183).

[10] Pour percevoir le côté loufoque de certaines réglementations, on pourra lire avec intérêt Le paysan impossible, de Yannick Ogor, et Le ménage des champs, de Xavier Noulhianne, aux Éditions du bout de la ville.

[11] Nos pensées vont à Jérome L, paysan tué par les gendarmes.