BROCHURES

Actions directes et revendications de groupes autonomes sur le territoire allemand
Un florilège 2017-2019

Actions directes et revendications de groupes autonomes sur le territoire allemand

anonymes (première parution : août 2019)

Mis en ligne le 16 janvier 2021

Thèmes : Agitations armées (36 brochures)
Mouvance autonome (51 brochures)

Formats : (HTML) (PDF,9.5 Mo) (PDF,19.5 Mo)

Version papier disponible chez : Infokiosque fantôme (partout)

Comment communiquer à travers les murs, les kilomètres, les océans et les barrières de la langue ? Parfois, une voiture qui crâme en dit beaucoup. Les actions directes sont un des moyens privilégiés de communication de groupes autonomes entre eux et avec les autres. Ils permettent des échanges d’idées et de salutations dans l’anonymat des revendications, qui se font sous des noms de code tels de que "groupes autonomes", "anarchistes", "des ami.es", "FAI" ou rien du tout.

Pourquoi le territoire allemand ? Parce que beaucoup de ces actions ont eu lieu dans des métropoles et des grandes villes, et sont des exemples intéressants de ce qu’on peut faire dans ces lieux sur-contrôlés. Les actions directes n’ont certes pas besoin de traduction, mais nous avons eu l’envie d’élargir le spectre de propagation de leurs revendications.

Les actions ne nous servent pas seulement à communiquer entre nous, mais aussi à faire campagne à notre façon : pour assurer des compas de notre solidarité pratique, pour faire partager nos derniers débats et luttes avec nos voisin.es, ou bien pour faire pression sur des entreprises, sur la "Justice" ou sur l’État.

Voici un florilège d’actions directes avec leurs revendications, dont nous espérons qu’elles vous plairont, vous réjouiront, vous inspireront.

Feu et coups de marteau aux ennemies !


Berlin : attaque solidaire avec Damien - 12 janvier 2017

Le 25 décembre 2016, nous avons allumé un feu sous le container de l’Ordnungsamt [1] de ‘Steglitz’ à Berlin. A cause des chantiers en cours sur le terrain de l’institution, des auxiliaires de police étaient à ce moment-là logés dans ces containers servant de bureaux. Nous avons été inspirés par cette méthode après l’attaque incendiaire contre les flics dans le quartier ‘Rissen’ à Hambourg.

Que le nouveau clown au poste de sénateur à l’intérieur fasse taire cette attaque, contrairement à son prédécesseur qui faisait signaler chaque trace de craie comme une attaque, ne nous afflige pas du tout.

Si le monopole de l’information, nous revenant de fait, peut avoir des effets sur les débats dans le scénario de la lutte radicale, cela semble plutôt douteux concernant le bas niveau de la formation théorique anarchiste en zone germanophone.

Néanmoins, nous tenons à dire quelque chose quant à nos motivations pour cette attaque.

Les « zones de non-droit » pour le quartier Friedrichshain voulues par certains par ici devraient, soit correspondre à un véritable besoin, du moins pour une partie des habitant-es, ou bien à un embryon de perte de pouvoir de l’organe étatique. Actuellement, les deux cas de figure sont visibles n’importe où à Berlin. Bien sûr, il existe des quartiers où la joie secrète suscitée par les attaques contre les flics est plus importante qu’ailleurs. Pourtant, la participation à de telles attaques n’est pas assez forte. Cette faiblesse est apparue par des années d’isolement, par une poursuite incohérente d’objectifs et de nouveaux thèmes dans la société. Mais l’un des facteurs principaux est sans doute le vide de contenu qui flotte comme un tapis d’algues dans la mer des fois à la surface, des fois au fond.

Dans le même temps, plus aucun groupe de gauche radicale ou antifasciste n’est disposé à créer des priorités en matière de lutte. Ni les quartiers ni les structures de clandestinité pour les gens qui en ont besoin ne sont débarrassés des nazis avec des moyens pratiques et de propagande élargis.

C’est pourquoi il nous paraissait judicieux d’attaquer l’ennemi là où il est faible. Pendant que les gorilles patrouillent en ville et s’essoufflent pour l’ordre, terrorisent des groupes marginaux et exigent de l’argent pour tout chewing-gum collé sur le trottoir, nous sommes allés chez eux.

A ‘Steglitz’, la plupart des gens n’auront pas de problème avec l’Ordnungsamt mais ici aussi il y a « des groupes et des zones à problèmes » qui, du moins, ont un petit sourire en coin pour notre petit feu. Et si ce n’est pas le cas, nous vous avons fait un cadeau pour la fête de l’hypocrisie.

Nos faits d’agitation ne se conforment pas aux priorités locales, même après la situation actuelle, mais en fonction de nos objectifs politiques. L’ordre en place est partout présent et conduit les gens à l’obéissance et à la servitude, donc l’ordre social s’oppose à nous.

Par cette attaque, nous approuvons les objectifs formulés dans certains textes d’appel au contre-sommet du G20 à Hambourg, qui ne veut justement pas rester un appel temporaire mais veut créer une explosion de rage diffuse et continue contre l’ordre existant par-delà les frontières thématiques et nationales.

Mais surtout une augmentation de la confrontation directe avec les forces du régime dans les rues est de fait nécessaire pour augmenter les actes de sabotage. Le chemin vers Hambourg en juillet a besoin de davantage d’émeutes que ce qu’il ne s’en produit en ce moment.

C’est pourquoi nos salutations vont aussi particulièrement aux prisonniers des affrontements de l’année dernière, à Thunfisch incarcéré dans la prison de Lichtenberg et Damien dans la prison de Fleury.

Des groupes autonomes


Berlin : incendie d’un véhicule de l’ambassade en solidarité avec Damien Camélio - 8 février 2017

Parlons le langage de la fumée… Un véhicule de l’ambassade de France incendié. Armés d’un engin incendiaire, nous avons traversé les rues de Berlin par une nuit froide, à la recherche d’une cible par laquelle communiquer le fait que nous avons connaissance des luttes de compagnon-nes anonymes contre la poubelle nucléaire de CIGEO dans la forêt de Bure, dans la ZAD et contre l’état d’urgence en France de manière générale, et qu’en conséquence nous les soutenons. De la même manière que nous soutenons aussi les autres interventions anarchistes sur le continent européen, tel que « Lutte Révolutionnaire » en Grèce.

La nuit passée, nous avons donc incendié un véhicule diplomatique de l’ambassade de France à « Willmanndamm » dans le quartier berlinois de « Schöneberg », par lequel nous voulons saluer les compagnons Damien Camélio, ainsi que Pola Roupa et Konstantina Athanasopoulou, récemment arrêté-e-s à Athènes.

Ceci est également un appel au G20 à Hambourg pour coordonner notre théorie et notre praxis afin de parvenir à une offensive anarchiste continue dans tous les secteurs au-delà de ces rencontres programmées au mois de juillet. Cette pourriture française, qui entend représenter son régime au sommet du G20 à Hambourg, est tout naturellement à accueillir là-bas comme tout autre pouvoir. Nous conseillons au diplomate berlinois de se planquer dans les « Gated Communities ».

FAI – Cellule « Rémi Fraisse »
Berlin, 6 février 2017


Berlin : double attaque en solidarité avec les prisonniers du G20 [+ quelques mots pour Kara et Krem] - 9 octobre 2017

Marteaux, pierres et peinture contre l’imprimerie d’Etat et le groupe de presse « DuMont »

Lorsque les va-t-en-guerre des vingt États industriels les plus puissants du monde sont arrivés à Hambourg, on pouvait lire sur les couvertures de la presse du jour les termes de « Guerre civile et de terreur urbaine », « de partisans du chaos mus par la haine » et « d’incendiaires meurtriers ». Non pas pour désigner les criminels en costard-cravate dans leurs limousines blindées, mais pour diffamer, rendre illégitime et salir la révolte festive qui s’est enflammée contre le monde du G20. Presse bourgeoise, politicards et flics se sont mutuellement surpassés dans la compétition aux néologismes les plus créatifs, dans la bataille de propagande au sujet des événements. Le vocabulaire des dominants et de leurs scribouillards dociles de la presse poubelle avait pour but de nous diviser et de forcer les acteurs à agir dans la logique des criminologues afin de jeter les bases pour un traitement judiciaire des événements. Il en résulte désormais des procès-spectacle lors desquels les serviteurs de l’État appliquent « toute la sévérité pénale » pour en faire des exemples. Toutes les personnes qui ont participé à cette chasse portent la responsabilité d’avoir foutu en taule des gens à Hambourg et de les priver de liberté, probablement pour un long moment encore.

Dans la continuité de cette campagne médiatique, les fauteurs de trouble du ministère de l’intérieur comme Thomas de Maizière saisissent l’occasion pour partir en guerre contre ce qu’ils appellent « l’ultra-gauche » et pour donner une importance à son existence paranoïaque. Néonazis et fanatiques islamistes sont pour lui des terroristes, de la même façon que les personnes qui sont descendues dans la rue contre la domination du G20. La propagande pour l’état d’urgence se poursuit joyeusement. A l’intervention des unités de police antiterroriste de la SEK à la Schulterblatt d’Hambourg devait succéder deux autres cet été, comme celle lors de l’expulsion du squat de l’ancienne usine de confection de tapis (la « Teppischfabrik ») ou encore lors d’une manif antifasciste à Wurzen.

Des menottes aux pieds et des interdictions de voyager sont demandées pour les émeutiers et après que le secrétaire général de la CDU Stefan Evers a déjà exprimé au printemps dernier son rêve « de gazer les fascistes de gauche », dans la plus pure tradition nazie, il est demandé pour finir d’évacuer les Hausprojekte et centres autonomes comme la Rote Flora et la Rigaer Straße. La ZDF en remet une couche en allant chercher conseil auprès d’un politicien de l’AfD pour leur reportage intitulé « Le danger de la gauche » dans lequel elle tente désespérément d’établir un lien entre les journées de rébellion à Hambourg et la Fraction Armée Rouge afin d’étayer ses thèses sur le terrorisme.

Il est évident que le fait que les néonazis entachent de sang la république depuis de longues années représente une imperfection esthétique dans la vision du monde réactionnaire de ces théoriciens de l’extrémisme. Mais les quelques 200 meurtres racistes depuis le début des années 90 ne rentrent pas du tout dans leur comparaison gauche/droite. Il n’est donc pas étonnant que les campagnes anti-réfugiés et les mobilisations racistes des dernières années se perdent dans le consensus social alors que dans le même temps, par le biais d’une mise en scène médiatique de grande envergure, on interdit la plate-forme internet linksunten.indymedia. […]

De telles attaques contre nos structures et la répression à laquelle sont désormais confrontées les personnes incarcérées ayant pris part aux protestations anti-G20 ne nous étonnent pas particulièrement et nous n’avons finalement encore jamais cru à l’État de droit civil. Mais de voir avec quelle véhémence le pouvoir serre la vis et comment les ennemis de la liberté font tomber leur masque démocratique sans que cela ne suscite d’indignation en dit long sur l’état dans lequel se trouve leur prétendue société démocratique. Cela ne fait que renforcer davantage notre conviction que l’ordre social dominant appartient aux tas d’ordures de l’histoire.

C’est pourquoi nous avons attaqué dans la nuit du 26 au 27 septembre la Bundesdruckerei [2] et le bâtiment du groupe de médias « du Mont » de la Alten Jakobstraße avec de la peinture, des pierres et des marteaux et laissé le slogan « Free G20 prisoners ». Par ce geste de solidarité nous envoyons des salutations combatives aux prisonniers du G20 à Hambourg, aux personnes ayant créé Indymedia Linksunten, aux personnes perquisitionnées hier matin [3] à 14 endroits différents à travers le „Soko Schwarzer Block“. Nous souhaitons plein de force et d’endurance à Kara et Krem inculpé.e.s à Paris parce qu’on leur reproche d’avoir participé à la destruction d’une voiture de flics.

La Bundesdruckerei, qui est de nouveau entre les mains de l’Etat depuis 2009, et la Veridos GmbH, une coopération de la Bundesdruckerei avec Giesecke & Devrient (G&D) siégeant dans le même bâtiment sont en ce moment en train de construire un pare-feu biométrique autour de l’Europe forteresse, au nom de la lutte antiterroriste. Les installations aux frontières africaines sont ainsi équipées de lecteurs de cartes biométriques et les cartes d’identité appropriées avec photos biométriques sont imprimées ici à Berlin pour les différents États africains. Le but est d’enregistrer les données biométriques de tout habitant de l’ensemble du continent afin de protéger les frontières extérieures de l’Union Européenne des mouvements migratoires en amont, sur le continent africain. La Bundesdruckerei est donc un soutien important en matière d’architecture de sécurité de l’Europe et du renforcement de ses frontières mortifères.

Le « DuMont Mediengruppe » est l’éditeur des divers quotidiens en Allemagne, notamment du Hamburger Morgenpost, du Berliner Kurier et de la Berliner Zeitung. A travers leur campagne de dénigrement et de diffamations, ceux-ci sont en partie responsables de la criminalisation des manifs contre le G20 et des attaques qui s’en sont suivies contre les structures anti-autoritaires. Eux et leurs collègues de la maison d’édition Springer [4] sont les larbins des fanatiques réactionnaires de la sécurité.

A bas l’État et ses défenseurs !
Liberté pour tous les prisonniers !
Feu aux prisons !


Berlin : un message à nos compagnon.ne.s inconnu.e.s dans la jungle de la société prison - 27 mars 2018

L’incendie de véhicules de sécurité privée à Berlin comme outil utile de communication.

En citant d’autres communiqués de revendication, nous rejoignons la proposition de se mettre en relation les un.e.s aux autres, afin de développer une mobilisation plus large des groupes combatifs en Europe, ainsi que de développer notre base théorique.

Nous reconnaissons vos mots à propos de la solidarité et nous les partageons, quand le groupe Rouvikonas a écrit au sujet de l’attaque de l’ambassade de l’Arabie Saoudite à Athènes, le 19 décembre 2017 :

« En tant qu’anarchistes, nous savons que la seule réponse définitive se base sur la solidarité internationale entre les personnes opprimées, organisées et en lutte. Nous ne nous faisons pas d’illusion sur le fait que la solidarité, encore naissante, puisse renverser les plans des dirigeants globaux. Dans la situation actuelle, ce que nous pouvons atteindre c’est de mener des petites batailles, là où cela est possible, afin de saboter le processus de guerre qui est en cours. (Cela est nécessaire pour) préserver la conscience sociale, (afin) qu’elle soit utilisée dans le cas où l’enfer devienne inévitable ».

Des personnes à Rome ont exprimé nos pensées quand ils ont revendiqué, en tant que cellule Santiago Maldonado de la FAI/FRI, l’attaque explosive contre une caserne des Carabinieri dans le quartier de San Giovanni :

« Ceux et celles qui veulent rester à regarder, resteront à regarder. Ceux et celles qui ne veulent pas agir en se donnant des justifications politiques, continueront à ne pas agir. Nous n’attendons aucun train de l’espoir, nos n’attendons pas des temps mûrs. Les conditions changent grâce à la lutte. Le mouvement est mouvement s’il agit, faute de quoi il reste immobile. L’émancipation de l’individu vis-à-vis de l’autorité et de l’exploitation est faite par le premier concerné.

L’action directe destructrice est la réponse élémentaire face à la répression. Mais pas que. La praxis anarchiste est aussi une relance, une proposition qui va au-delà de la solidarité, brisant la spirale répression-action-répression. Les actions de solidarité sont importantes, mais nous ne pouvons pas nous enfermer dans la critique, bien que armée, d’une quelconque action répressive o d’un quelconque procès.

Frapper là où ils ne t’attendent pas. Aujourd’hui nous frappons au cœur de la capitale militarisée, pour défier les délires sécuritaires. Demain, qui sait, peut-être en banlieue, où vous ne vous l’imaginez pas. Ne pas laisser de trêve, mais en choisissant nous-mêmes ces moments. C’est depuis toujours le principe même de la guerilla métropolitaine.

Avec cette action nous lançons une campagne internationale d’attaque contre les hommes, les structures et les moyens de la répression. Chacun.e avec l’instrument qu’il/elle considère le plus approprié et, s’il/elle le désire, en participant au débat. »

Nous n’aimons pas uniquement parler de l’ennemi, mais aussi de nous, comme quelques compas, quand elles ont attaqué la gendarmerie de Meylan, en France :

« Parce que nous ne voulons pas rester dans la position de victimes dans laquelle la société voudrait nous placer en nous reconnaissant comme meufs. Victimes, parce que nous ne serions pas capable d’être autonomes, de nous défendre, de mener nos vies comme nous l’entendons. Nous serions des individues faibles, trop sensibles, soumises aux humeurs hormonales, dépendantes et fragiles. Nous aurions besoin de figures fortes pour nous en sortir, de médecins pour nous soigner, d’hommes pour nous épauler, d’enfants pour nous épanouir, de flics pour nous protéger.

On prépare nos revanches pour toutes les fois ou l’on s’est découragées en se persuadant que l’on était pas capables, qu’on avait pas les compétences, pas la force, pas les moyens, pour désamorcer cette logique qui nous fait repousser à toujours plus tard le moment d’exprimer nos colères et nos désirs.

Nous avons ciblé les voitures privées des flics, au détriment des quelques sérigraphiées, parce qu’on avait envie de s’attaquer plutôt aux individus qui portent les uniformes qu’à leur fonction, plutôt à leurs biens personnels qu’à leurs outils de travail. Nous pensons que les rôles existent parce qu’il y a des personnes pour les remplir. Si derrière l’uniforme il y a un humain, c’est à lui que nous avons cherché à nuire.

Nous sommes persuadées que nos limites sont à la fois mentales et sociales, qu’en endossant ces rôles, nous sommes nos propres flics.
Par l’organisation affinitaire, et par l’attaque, nous repoussons ces limites. »

Parfois il est nécessaire de définir le cadre dans lequel nous agissons, comme l’ont fait des anarchistes à Bar-le-Duc, quand ils ont dépensé beaucoup de rage et quelques flammes dans un parking d’Enedis :

« Ces derniers mois, plusieurs attaques contre ENEDIS ont été revendiquées, nous avons voulu y faire écho, ça nous a fait plaisir, et la nôtre est un clin d’oeil aux personnes qui se sont mises en jeu pour les faire.
Nous pensons qu’il n’y a pas besoin d’attendre d’être beaucoup et faire masse pour attaquer, qu’il est aussi possible de le faire a quelques un-e-s, les possibilités sont différentes, mais pas moins réjouissantes. Nous nous réjouissons des attaques récentes sur les antennes relais, qui ouvrent de nouvelles perspectives d’actions directes. »

Au petit matin du 6 mars, nous avons attaqué l’illusion de sécurité à Berlin. Même quand nous sommes peu nombreu-x-ses, nous pouvons nous organiser, au lieu d’attendre qu’une opportunité nous soit offerte par les soit-disant « organisateurs du mouvement », ou au lieu de simplement réagir à l’énième attaque des autorités. Nous pouvons agir et choisir nos occasions par nous-mêmes.

On nous dit tous les jours de rester silencieux.se.s, gouverné.e.s par l’État et ses institutions, qui sécurisent le monde capitaliste. Les gens se bourrent le crâne de conneries, tête baissée pour fixer leurs smartphones, juste pour regarder ailleurs quand un contrôleur demande les tickets dans un train, quand un flic est en train de dire à un SDF de partir de là où il a trouvé un peu de chaleur, quand les armes allemandes sont en train de tuer le peuple kurde dans la guerre génocidaire d’Erdogan. Pour l’instant nous avons ciblé des sociétés de sécurité, mais toute autre entreprise qui maintient les structures capitalistes et autoritaires peut être une cible. Chaque nuit peut être une nuit d’attaque.

Nous avons incendié des voitures de Bosch et de Tyco à Berlin-Pankow. Bosch est une entreprise de sécurité privée bien connue. On trouve sa technologie dans des nombreuses installations de sécurité, dans les postes de police, les prisons, les barrières aux frontières, les caméras de surveillance…

Tyco est une entreprise qui fait fonctionner les installations d’alarme dans les prisons, avec ce qu’ils appellent « Businness Logic Engines ». Ils donnent aux matons les opportunités de la « ville intelligente » : traquer les prisonniers avec des puces RFID.

Nous envoyons rage et solidarité aux antifascistes et aux anarchistes emprisonnés et persécutés en Russie. Nous entendons vos voix, vous n’êtes pas seul.e.s. Même si nous n’avons pas la capacité d’ouvrir physiquement les portes des prisons, les idées et la solidarité anarchistes dépassent les frontières, les portails et les murs et peuvent remplir nos esprits dans les moments de torture et de répression les plus durs.

Nous avons suivi la lutte de Dinos, en Grèce, contre l’administration pénitentiaire. Avec nos incendies, nous soutenons ce type de résistance – la déclaration des prisonniers de Korydallos et les menaces des groupes d’affinité dehors, d’attaquer et de détruire la ville, sont la stratégie adéquate dans cet affrontement avec l’État.

Cette action est aussi dédiée à Lisa, dans la prison de Willich, et aux prisonnier.e.s de la forêt de Hambach en résistance.

6 mars 2018
Fédération Anarchiste Informelle – Cellule Minorité Violente


Munich : attaque du consulat de France en solidarité avec la ZAD - 23 mai 2018

Dans la nuit du 16 au 17 mai, nous avons peint la façade du consulat français avec de la laque de couleur rouge.

Il y a quelques semaines, le gouvernement français commençait à expulser la ZAD à Notre-Dame des Landes. Des centaines de personnes ont occupé la ZAD plusieurs années pour empêcher la construction d’un aéroport. Les squatteur.e.s ont emménagé dans des maisons qui auparavant avaient été expulsées par la police, ont érigé des cabanes et construit de nouveaux bâtiments. Au fil des ans, la ZAD est devenue une expérience d’une nouvelle société et d’une vie dépassant l’égoïsme, la précarité et l’exploitation du système capitaliste.

Après que le gouvernement français a renoncé à l’aéroport l’année dernière [5], il veut désormais mettre fin à l’expérience de la ZAD de toutes ses forces : 2500 flics ont commencé à expulser la zone au printemps 2018 avec leurs matraques, grenades lacrymogène, blindés et bulldozers. Ils n’ont que partiellement réussi jusqu’à présent. Des parties de la zone sont toujours occupées.

Nous sommes solidaires de la résistance de la ZAD contre l’expulsion et aussi des grèves et de la résistance dans les lycées et les facs, dans les boîtes et dans la rue contre la politique néo-libérale de Macron qui consiste à démonter les droits sociaux et à renforcer le contrôle de l’Etat. Nous saluons aussi tou.te.s les migrant.e.s qui luttent pour une vie de dignité et d’autodétermination ainsi que pour le droit de libre circulation.

Cinquante ans après le mois de Mai Parisien « historique », c’est le moment pour un nouveau soulèvement !
Ils commémorent, nous luttons, ensemble !
Liberté pour tous les prisonniers du G20 !


Hambourg : attaque d’un centre de visa russe - 26 juin 2018

Des inconnu.e.s ont détruit les vitres du centre d’émission de visa russe, au 14 de la Kanalstrasse à Hambourg, dans la nuit du 22 juin. Les messages « Fuck FIFA » et « Fight Repression », ainsi qu’un A cerclé ont été tagués sur la façade.

Depuis l’automne 2017, il y a des attaques répressives contre des anarchistes dans différentes villes russes, en Biélorussie et en Crimée. Ils/elles sont visé.e.s par la torture, l’intimidation, le chantage et l’emprisonnement.

En même temps, la coupe du monde, un des plus grandes spectacles du pouvoir, se déroule en Russie. Les riches peuvent s’enrichir davantage et, loin des caméras, cela peut être utilisé, comme c’est le cas pour les jeux olympiques ou les summits, pour développer la répression et le contrôle à l’encontre des marginaux, des pauvres et des groupes sociales indésirables et pour développer une gentrification agressive.

La liberté et la solidarité n’ont pas besoin de visa !


Berlin : voiture de SPIE enflammée, solidarité de Berlin à Nantes ! - 5 juillet 2018

La nouvelle de l’exécution d’un jeune par un flic dans une banlieue de Nantes nous a choqué.es. Nous avons enflammé une voiture de l’entreprise "SPIE" en solidarité. Notre haine n’est pas expliquable.

Nous voulions montrer notre solidarité en enflammant une voiture d’une entreprise qui fait fonctionner la machinerie de la prison : SPIE. Nous voulons montrer que nos luttes contre le système policier et autoritaire sont connectées. Nous voulons aussi encourager l’échange des idées anarchistes et de la solidarité plus souvent au-delà les frontières.

Force et Amour de Berlin à Nantes pour les jeunes dans les rues !
Contre la prison et pour une vie sans autorité !


Berlin : ils approchent... Appel international au soutien de Rigaer94 - 20 décembre 2018

Le 15 novembre, 500 flics, dont des forces spéciales avec des fusils d’assauts, ont pris d’assaut Rigaer94 afin de mener une perquisition dans le cadre d’une enquête sur un peu de bordel qui a eu lieu dans une supérette, quelques mois auparavant. L’affaire est classé « vol et blessures ». Une vidéo publiée par le boutiquier montre que cela est une mensonge évidente, mais le but est de donner des raisons pour une attaque militaire contre les structures rebelles.

Les flics sont arrivés à 6 heures du matin et ont réussi à ouvrir rapidement les portes, pendant qu’ils visaient avec leur fusils toute personne se montrant aux fenêtres.

En même temps, quatre autre maisons ont été perquisitionnées dans différents secteurs de Berlin. Plus tard, le Ministre de l’intérieur [6] (du SPD) a déclaré que tout cela n’avait pas de raisons politiques, mais était une opération contre le milieu criminel. Mais ce que tout le monde sait est que ces opérations n’étaient rien d’autre que des attaques contre les idées anti-autoritaires et des structures combatives, afin de réaffirmer le monopole étatique de la violence.

En plus des flics, est arrivé à Rigaerstrasse aussi un mec disant être l’avocat du propriétaire officiel (la société financière britannique Lafone Investments Ltd.), accompagné par quelques ouvriers du bâtiment, pour détruire les portes de la maison. Il a cependant été bloqué par la présence des camarades et à la fin il est parti, suite aux menaces de poursuites légales de la part de l’avocat de Rigaer94. Néanmoins, la présence aujourd’hui des cercles douteux qui réclament depuis des années la propriété de la maison est un signe qui veut dire quelque chose. La dernière fois que cela est arrivé c’était en 2016, lors de la tentative d’expulsion de la maison/bar Kadterschmiede. A l’époque, on avait vu une opération massive, de la durée de trois semaines, guidé e coordonnée par la police. Cette opération comprenait différentes entreprises de construction et de sécurité, tout comme l’entreprise de maintenance qui jouait le rôle de propriétaire légal. Mais après leur épique défaite dans la bataille pour Kadterschmiede, nos ennemis ont perdu plusieurs recours dans des tribunaux visant à prouver l’existence d’un mandat légal.

Ces mêmes personnes ont toutefois commencé à nouveau des procédures contre Rigaer94, pour expulser le bas Kadterschimiede et détruire les portes. Les portes de Rigaer94 sont connues pour être une épine dans le flanc de ceux qui veulent pacifier la maison et la rue. Il y a quelques mois, le Ministre de l’intérieur a defini ces portes « un obstacle pour les chasses à l’homme policières dans ce secteur ». Nous ne savons pas si cet avocat représente Lafone Investments Ltd. ou pas, ni si les flics vont attendre une décision de tribunal, ou en respecter une en notre faveur. Malgré tout, même si nous choisissons d’utiliser aussi les procédures judiciaires, nous pensons que seulement notre présence dans les rues empêchera une attaque, ou transformera l’attaque contre nous en une contre-offensive contre l’État, ses institutions et le capital. Cela est, de toute façon, le vrai objectif de projets anarchistes comme Rigaer94.

Récemment, comme presque toujours ces dernières années, il y a une forte présence policière dans le secteur de Friederichshain et une large utilisation d’hélicoptères de la part de la police. Il paraît que les stratégies de l’administration répressive de Berlin veulent nous forcer dans une position de défense, en attaquant au même temps Rigaer94 et le projet d’habitation anarcha-feministe Liebig34, qui perdra ses baux au début de la prochaine année. Il y a des grandes expectatives pour une forte résistance pour défendre Liebig34, mais avec les menaces qui pèsent sur Rigarer94, qui est situé à quelques pâtés de maisons à peine de là, nous qui habitons et/ou luttons dans la « Zone dangereuse » de Friederichain avons besoin de votre aide.

Qu’est ce que vous pouvez faire ?

Si nous avons des informations en avance à propos d’une action de la police contre Rigaer94, pour détruire les portes ou expulser les parties squattées du bâtiment, avec la sentence d’un tribunal, vous trouverez des nouvelles ici. En ce cas, nous invitons les gens à venir à Berlin et créer avec nous des situations comme celle de janvier ou de l’été 2016, quand l’énorme opération de police contre Rigaer94 a été repoussée par la mobilisation violente et non-violente…

Pour transformer le moment de l’attaque contre nous en un moment de chaos, solidarité et destruction, nous avons besoin de plusieurs mains… Venez à Berlin quand la situation chauffe – mais soyez conscient.e.s que nos structures sont limitées.

Si vous ne pouvez pas venir à Berlin, nous serons ravi.e de toute action de solidarité. Tout ce qui touche aux intérêts allemand, à l’économie allemande et tout ce qui appartient à l’apparat répressif et au système capitaliste est une cible.

Des ami.e.s de Rigaer94


Leipzig : attaque incendiaire contre un tribunal fédéral - 24 janvier 2019

Le soir du Nouvel An, à Leipzig, dans l’est de Allemagne, la nuit des excès a été utilisée pour lancer une attaque sur une cible qui, jusqu’à là, se présentait comme lourdement protégée et intouchable. Chaque année, lors de la première demi-heure de la nouvelle année, les grandes villes sont couvertes par des épaisses couches de brouillard et de fumée, il y a des très nombreux bruits d’explosions et des masses de gens qui se déversent sur les trottoirs et les espaces publiques pour regarder les feux d’artifice.

Le but de l’attaque était le Tribunal Fédéral, avec les bureaux du Parquet. Cette institution représente, métaphoriquement et littéralement, le centre de l’appareil judiciaire, de l’État et de sa société démocratique.

Une barricade en feu bloquait le carrefour à 200 mètres du tribunal, de façon que le groupe puisse mener l’attaque contre le Tribunal Fédéral et l’avoisinante Confrérie étudiante Lusatia sans être dérangé. Des pierres ont transpercé les fenêtres de la Maison de la Confrérie et des bombes de peintures ont été jetées sur sa façade. Les caméras de surveillance du tribunal ont été aveuglées avec des jets de peinture, après quoi des personnes ont franchi la clôture et essayé de défoncer les vitres blindées. La porte principale et l’encadrement d’une fenêtre du tribunal ont été incendiées, mais malheureusement l’intérieur du bâtiment n’a pas été endommagé. Une autre barricade a été allumée devant le tribunal : des voitures ont été détruites et brûlées. Toute la rue était couverte de fumée sortie des fumis des assaillants.

Une chorégraphie qui a poussé la Procureur Général de Saxe a penser que derrière cette attaque il y aurait un niveau élevé de professionnalisme. Il a tout de suite parlé d’un saut de qualité dans la violence de la part de la gauche radicale. Les délinquant.e.s n’ont pas attaqué seulement l’État, mais toute la société. Rien qu’on n’ait pas déjà entendu par le passé.

Autour du Nouvel An, ont été menées plusieurs attaques contre des propriétés de l’État. Par exemple l’attaque incendiaire contre le tribunal du quartier de Berlin-Wedding, le tribunal local et le bureau du Procureur à Hambourg, pendant la dernière semaine de décembre. Les premières semaines de janvier, il y a eu des attaques contre des tribunaux dans l’Allemagne méridionale, comme à Stuttgart et quelques jours plus tard à Fribourg, ainsi que contre le tribunal de Göttingen, des attaques motivées par les expulsions des sans-papiers et les lois racistes du régime.

Continuons à cibler ces institutions !
Tant que nous marcherons dans ces rues, nous essayerons de brûler chacun des tribunaux où des personnes sont traînées chaque jour !


Nuremberg : le centre de recrutement de l’armée pris pour cible - 13 février 2019

Dans la nuit de dimanche à lundi [7], on a profité de la couverture de l’obscurité pour attaquer un outil de l’impérialisme allemand. Nous avons pris pour cible le centre de recrutement de la Bundeswehr (les Forces armées allemandes), à côté de la gare Frankenstrasse. On a détruit l’entrée, ainsi que quelques vitres, à coup de pierres et de peinture. On a choisi la Bundeswehr parce qu’elle sert directement à mettre en œuvre les intérêts géopolitiques de l’impérialisme allemand. Peu importe s’ils qualifient leurs guerres d’aides humanitaires ou de mesures visant à l’établissement de la démocratie, ils ne peuvent pas cacher la vraie nature de la Bundeswehr et de ses missions.

Leur paix signifie guerre, leur justice signifie oppression et leur liberté signifie surveillance.

Tout le monde à Munich le 16 février pour manifester par milliers contre la militarisation interne et les guerres à l’étranger.

Contre la guerre et l’armée, feu et flammes pour la Bundeswehr !


Berlin : la voiture privée d’un flic incendiée - 25 février 2019

Ils tuent, ils torturent, ils expulsent. La bande la plus répugnante et la plus détestée du monde : la police.
Que ce soit le NSU [8] 2.0, 3.0 ou 4.0, que ce soit la police anti-émeute, les flics en civil, la Crim’ ou les flics qui protègent les personnalités, ils et elles tou.te.s suivent une logique qui met les profits de la classe dominante avant la liberté, l’amour et la vie.

Meurtres, tortures et menaces ne sont pas des cas isolés, mais la cruelle réalité, dans chaque commissariat. “Auch Mensch” (“Des êtres humains aussi”) c’est le nom de leur campagne de communication publique, dans laquelle par contre l’humanité des “contreparties de la police” est niée.

Nous avons lu à propos des lettres de Frankfurt [9].

Nous avons vu les images de la femme SDF à laquelle ils ont mis un sac sur la tête.
Nous avons entendu vos discussions à propos des nouvelles lois sur la police.

Nous en avons assez !

Pour ces raisons, le 20 janvier, on a cramé le véhicule privé d’un flic qui vit dans le quartier de Lichtenberg, à Berlin.

Le travail et la vie privée ne peuvent pas être séparés. Spécialement quand ce travail est une prise de position contre l’humanité.
On est furieux d’apprendre que des compagnon.ne.s soient enfermé.e.s dans des cachots [10]. Cette tentative de les isoler ne marche pas, à cause de la résistance qui relie l’intérieur à l’extérieur. Notre réponse ce sont les salutations et la force envoyés à tou.te.s les prisonnier.e.s.

Cette action voulait ôter l’anonymat des ceux/celles qui sont les responsables de ce système d’oppression, pour leur montrer qu’on sait où ils/elles vivent et que, par le futur, ils/elles devront regarder plus souvent par dessus leurs épaules.

Cela nous a fait plaisir d’apprendre que la même nuit d’autres véhicules d’institutions et d’entreprises ont reçu de la visite [11].

Cette année, encore une fois, nous nous mobilisons contre le Congrès Européen de Police. On devrait prendre cette rencontre de politiciens, de hommes d’affaire et de gouvernement comme une opportunité à saisir pour faire payer ceux/celles qui laissent leurs traces de sang partout dans le monde.

Feu à toutes les prisons !
Feu à toutes les voitures de flics !
Lutte contre l’État !


Berlin : notre propagande reste l’attaque... les flics sont des assassins ! - 11 mars 2019

Ce qui est arrivé à un poste de police de Berlin le matin du 27 février 2019 n’a besoin d’aucun mot de justification. Tous ceux qui ont déjà été menottés, humiliés par les flics, agressés sexuellement, tabassés, chassés dans les rues, emprisonnés ou enfermés dans des prisons pour mineurs, comprennent notre langage. Notre feu parle à ceux qui ont compris ou appris que tomber dans les mains de l’État est toujours un danger pour son corps et pour sa vie. Nombreux sont ceux qui, traînés dans des voitures de police ou des commissariats, n’en sont pas sorti vivants.

Nous n’avons pas d’espoir dans la justice, ni dans des flics plus humanistes. Au lieu de cela, nous approfondissons notre définition de l’ennemi et nous traçons une ligne de séparation qui est adaptée au conflit social. Il n’y rien à discuter avec des assassins et avec leurs collaborateurs. Même pas si, tous les ans à l’occasion de leur congrès de police, ils se présentent comme des amis et des secours – mais, au même temps, leur guerre contre la société s’intensifie, avec leur réarmement.

On n’oublie rien, et nous ne sommes pas prêts à pardonner. Au lieu de célébrer son propre rôle de victime, il faut organiser encore plus d’attaques contre les flics et démonter pas à pas leur sensation d’inviolabilité.

Avec notre action, nous avons en partie contribué à cela. La nonchalance avec laquelle flics et journaux parlent de l’attaque du bâtiment de l’Invalidensrasse voudrait cacher leurs pertes. Puisque on a allumé les 60 litres d’essence sous le auvent de l’entrée, le feu a pu passer sous le plafond et y causer des dégâts de taille, chose qui leur rappellera pendant longtemps qu’ils ne peuvent s’attendre à rien d’autre qu’à notre haine.

Nous saluons Loïc [12], enfermé dans la prison de Hambourg, ainsi que tous les prisonniers de la guerre sociale qui restent droits, et leur promettons que nos continuerons à cibler les keufs.

Pour Ebuka Mama Subek, récemment assassiné dans un poste de police d’Athènes. Pour Oury Jalloh, Hans-Jürgen Rose et Mario Bichtemann, assassinés par les keufs à Dessau. Pour Halim, Carlo, Dennis et Amed !

Pour la vengeance révolutionnaire !


Ça chauffe à Berlin - 27 mars 2019

Berlin est bien connue pour ses batailles de rues dans les années 90, ses squatteurs et ses autonomes. Un mythe dont la scène militante profite encore de nos jours. Tous les grands squats connus ont finalement été légalisés, par des contrats d’habitations ou bien par des achats d’ associations ou de personnes privées. Et la légalisation des squats est restée une pratique courante jusqu’à nos jours. Le but était de garder les projets à long terme. Cela présentait et présente de nombreux avantages et de nombreux inconvénients.

Certain(e)s des militant(e)s étaient heureux du mouvement apaisé et d’autres étaient agacés par la pacification et donc la division du milieu. Les luttes de cette époque de révolte rayonnent inévitablement jusqu’à aujourd’hui, les militant(e)s font leur réunions, tiennent des discours, discutent, boivent de la bière ou profitent des diverses offres culturelles de ces lieux. Les vieux racontent des histoires des combats des années 1990, et se reposent un peu trop souvent sur le fait que eux aussi ils ont déjà lancé une pierre ou ont squatté une maison. Certains milieux militants sont devenus calmes, emprisonnés dans la vie quotidienne, d’autres sont restés résistant(e)s, dans cette ville qui se remplit de plus en plus de d’habitants, qui devient de plus en plus riche, hédoniste et assainie. Mais le problème de la gentrification est un problème commun à toutes les personnes qui vivent dans cette ville et qui n‘ont pas un porte-monnaie rempli ou des parents bourgeois. Les loyers montent, les gens sont expulsés, les espaces vacants sont en cours de développement, en construction d’appartements trop chers, d’hôtels à haut prix ou de centres commerciaux pour consommer encore plus.

Berlin est en train de mourir et la plupart de ses habitant(e)s restent passifs. Cette passivité est favorisée par l’isolement, l’anonymisation et la destruction systématique de quartiers résistants et populaires. Mais il y a possibilité de rupture, les premières fissures sont déjà visibles.

Cette année, 6 lieux associatifs, cafés, bars et squats légalisés sont menacés d’expulsion et il y a des gens qui résistent. La Potse et le Drugstore sont les centres de jeunesse les plus anciens de la ville. Le Drugstore a du rendre ses clés en janvier au nouveau propriétaire qui veut agrandir son nouvel hôtel. La Potse, qui est située dans le même bâtiment a squatté son étage depuis janvier. Le Syndikat et la Meuterei sont deux cafés/bars collectifs. Ce sont des lieux de rencontre et d’organisation importants pour la scène militante de Berlin et font partie des derniers bars populaires du quartier de Kreuzberg/Neukölln. Le Syndikat n’a pas rendu ses clés et a continué à maintenir le café/bar ouvert et la Meuterei à laquelle il reste encore deux mois jusqu’à la fin de leur contrat ne va surement pas partir sans lutter. Puis il y a la Kadterschmiede, dans la maison de la Rigaer94, le projet duquel tous les bourges, la police et la politique en Allemagne ont peur. La Kadterschmiede est le rez-de- chaussée du bâtiment arrière, une salle de jeunesse autogérée. La Rigaerstraße se trouve à Friedrichshain, où ces fameux combats de rue ont eu lieu et ont en quelque sorte encore lieu. C’est l’un des derniers bastions de ce qui est resté du quartier résistant. Ils luttent avec la Liebig34 contre la gentrification du quartier et contre cette passivité, que la plupart des Berlinois.es rejoignent silencieusement. La Kadterschmiede compte être expulsée en été 2019. La Liebig Strasse 34, le projet d’habitat anarcho queer-féministe dans lequel des femmes, des personnes transgenres et non-binaires s’organisent et vivent depuis 29 ans, est à deux pas de la Rigaerstr. La Liebig34 est un point de référence important pour les luttes anarchistes queer-féministes de la ville et du monde entier. C’est un symbole de résistance et de lutte, offrant aux résidents et aux voisins non seulement un lieu safe, mais également un lieu où les gens peuvent échanger des idées et s’organiser.

Tous ces projets luttent contre des grands investisseurs (à Berlin, la plupart des maisons appartiennent à de grandes sociétés immobilières), contre les auberges de tourisme de masse et les espaces de coworking et se solidarisent avec ces milliers de personnes sans nom qui ont dû quitter leurs maisons. Mais la lutte contre la gentrification doit être également une lutte contre le capitalisme et les projets essayent de forcer ce discours en ville, pour ne plus faire les mêmes erreurs que dans les années 90. La résistance se forme. Les projets s’organisent et travaillent de plus en plus ensemble. De nouvelles alliances sont crées, des démonstrations sont organisées, des actions ont eu lieu, des stratégies sont discutées. Berlin pourrait se libérer de sa passivité, car il est certain que la ville ne restera pas calme, si la Kadterschmiede ou la Liebig34 venaient à être éxpulsées cette été.

L’été chauffe à Berlin et on serait content.es de votre visite !


Berlin : Liebig34 restera bruyante, sale, résistante… et plus que jamais ! - 21 mars 2019

Vous l‘avez probablement déjà entendu : le bail du lieu, projet anarchiste, queer et féministe Liebig34 situé à Berlin-Friedrichshain prend fin le 31/12/18. Dès le 01.01.19, le projet est menacé d‘expulsion. Mais juridiquement, avant que nous puissions être expulsé.es, Gijora Padovicz, spéculateur immobilier et propriétaire de notre maison, doit porter plainte contre l‘association et les habitant.es de la Liebig34. Une perquisition pourrait être le premier pas pour vérifier qui sont les habitant.es. Chez nos ami.es de la Rigaer94, on a pu voir à quoi une telle perquisition pourrait ressembler. Le passé a pu montrer encore et encore, que les keufs n‘agissent pas forcément sur une base juridique solide et qu‘ils peuvent expulser des squats, des projets en toute illégalité. Donc, tout est possible.

Il nous faut profiter du temps restant pour augmenter la pression. Nous ne voulons pas quitter notre maison et nous allons la défendre. Nous n‘accepterons pas que notre espace de vie, de protection et d‘organisation doit disparaître en faveur des intérêts économiques d‘un spéculateur. Par l‘expulsion, la rénovation et la location de la Liebig34, Padovicz deviendra encore plus riche pendant que nous nous retrouverons dans la rue. Le quartier sera encore plus gentrifié, les loyers encore plus chers, le voisinage sera privé d’espaces non-commerciaux et autogérés, et le monde privé d’espaces féministes et safe. Nous ne partirons pas. Nous resterons et nous n‘arrêterons pas d‘être désagréables.

Nous avons expliqué que nous n’allons pas passer d’accords sales sur les dos d‘autres locataires.trices. Nous souhaitons garder notre maison, mais pas à n‘importe quel prix (politique) et seulement en solidarité avec tout.es les personnes concerné.es. Nous sommes conscient.es que l‘intérêt de l‘État pour la négociation ne vient pas de nulle part. Notre voix vient de la popularité internationale de la Liebig34 et des liens de nombreux.ses personnes autour du monde. De plus, notre position dans la partie nord de Friedrichshain (quartier de l‘est berlinois), à proximité d’autres projets politiques, notamment le squat de la Rigaer94 qui résiste depuis des années, nous donne de la force. L‘expulsion du squat de la Liebig14 qui était imminent en 2011 a produit un moment de résistance collective et est devenu une motivation pour la gauche radicale.

La Liebig34 n‘est pas tout seule. Solidarité avec toutes les personnes concerné.es par la gentrification et l‘éviction. Solidarité avec Potse, Drugstore et Syndikat qui sont priés de partir de leurs espaces, avec Meuterei, Großbeerenstraße 17a et B5355 qui tournent leurs yeux vers un avenir incertain.

Même si nous n’arrivons pas à sauver notre maison, nous n‘avons pas non plus aboli le capitalisme. Il reste beaucoup à faire.

(...)


Berlin : incendie de trois voitures du vautour de l’immobilier "Deutsche Wohnen" - 27 mars 2019

Le 27 mars 2019, des « groupes autonomes » ont revendiqué l’incendie de trois voitures de la société immobilière Deutsche Wohnen à Berlin. Les incendiaires ont tenu entre autres à dédier « ce feu ardent ‘contre la ville des riches’ aux compagnon-ne-s en lutte, qu’ils/elles soient en taule ou en cavale ». Voici des extraits du communiqué :

Parc automobile de Deutsche Wohnen décimé. Journées d’action contre la folie des loyers inaugurées.

Cher-e-s voisin-e-s, locataires, expulsé-e-s, SDF et camarades/compagnon.ne.s,

Pendant que votre loyer augmente en continu et que vous êtes évincé-e-s ou expulsé-e-s par la force, votre propriétaire a pu augmenter son bénéfice annuel de 2018 de 11% en atteignant 480 millions d’euros, leurs actionnaires enregistrent des bénéfices d’1,9 milliard d’euros et leurs patrons gagnent 6 500 euros par jour.
En fait, nous savons toutes et tous que le fait d’habiter est une marchandise au même titre que les autres. Elle est soumise aux conditions d’exploitation capitalistes et est source de maximum de profits pour les propriétaires. L’action politique du Sénat en est en grande partie responsable, et même au-dessus des partis.

De graves défauts dans les maisons et les appartements ainsi qu’un manque de réparation pour des loyers relativement élevés. Rigueur budgétaire dans les segments de prix les plus bas pour garantir le maximum de profits. […]

Nous avons détruit par notre action une petite partie de cette propriété. Nous aimerions ainsi faire comprendre aux investisseurs à quel point ils sont vulnérables et appelons en même temps d’autres groupes à montrer aux porcs de l’immobilier qu’il s’agit ici d’un capital-risque.

Nous adressons un sourire malicieux à toutes les personnes ciblées par cet incendie qui pour nous représente une petite satisfaction face à toutes les privations et le stress auquel vous exposent vos proprios.

Nous dédions les cendres des trois voitures cramées à toutes les personnes ciblées par les lettres de résiliation de bail, les avis d’expulsion et les augmentations de loyer. […]


Allemagne : chronique d’actions directes contre la domination - du 1er au 13 mai 2019

13 mai 2019, Berlin : dans la nuit, deux véhicules d’entreprises de ce monde de merde crament à une demi-heure d’intervalle dans deux quartiers différents. Une camionnette de GL3 NET [13] est brûlée dans la Joseph-Jung-Strasse à Lichtenberg. Cette boîte est spécialisée entre autres dans le raccordement de câbles en fibre optique. Un communiqué qui revendique l’attaque dit : « nous voyons cet incendie comme faisant partie de la lutte contre « l’intelligence artificielle » et la domination technologique à Berlin et ailleurs. Quelques minutes plus tard, une camionnette de VONOVIA a pris feu à Prenzlauer Berg ». Cette société immobilière est régulièrement prise pour cible partout en Allemagne pour sa responsabilité dans le processus de gentrification.
« Contre la ville des riches. Contre toute domination. Pour un mois de mai subversif et après. Vive l’anarchie ».

13 mai 2019, Leipzig : durant la nuit à Connewitz, une voiture de la société SPIE se fait crever les pneus, péter ses vitres et taguer d’un « Profiteur des prisons ». Le communiqué rappelle le rôle que cette entreprise joue dans l’enfermement : « SPIE tire profit en construisant des prisons et en leur installant des équipements pur maintenir ce système de domination et d’oppression […] Pour un mois de mai subversif ».

13 mai 2019, Wuppertal/Haan : les locaux de la Croix-Rouge et du parti de la CDU (droite) sont attaqués « à l’occasion des journées d’action contre les expulsions et les centres de rétention qui ont lieu durant le week-end partout dans le pays ». Vitres brisées et peinture. Si le rôle de la Croix-Rouge comme rouage de la machine à expulser n’est plus à démontrer en France comme en Espagne, en Suisse ou en Italie, la CDU vient d’adopter une nouvelle loi dégueulasse sur les réfugiés : la « loi sur le retour ordonné aggrave encore davantage la situation des réfugiés qui doivent être expulsés, par des exigences plus strictes concernant les déclarations, le blocage des permis de travail, l’allongement de la durée de rétention en vue de l’expulsion (cf. « Loi Asile et Immigration » en France).

10 mai 2019, Berlin : au cours de la nuit, dans le quartier de Lichtenberg, une voiture de l’entreprise de sécurité WISAG est incendiée dans la Rathausstraße. Un communiqué affirme que cet incendie est « une contribution à la campagne des actions directes contre les acteurs de la gentrification et de l‘éviction. L‘agence de sécurité WISAG contribue à la chasse des SDF de la Rummelsburger Bucht au profit des investissements de Padovicz là-bas ».

7 mai 2019, Berlin : un véhicule de patrouille des flics reçoit plusieurs pavés à l’angle de la Rigaer Straße et de la Zellestraße, dans le quartier de Friedrichshain, classé en « zone de sécurité » depuis plusieurs années en raison d’une hostilité ancrée envers les larbins de l’État. Le pare-brise est brisée et un flic est légèrement blessé au visage par des éclats de verre.

7 mai 2019, Böblingen : dans la nuit, plusieurs véhicules de l’entreprise Boels sont sabotés en solidarité avec la lutte contre la mine à Hambach. Manettes et portes sont collés à la mousse isolante. Un communiqué revendique l’action et dit entre autres : « Boels est une entreprise qui loue des engins de chantier… L’an dernier déjà, elle avait mis des projecteurs à disposition des flics lors de l’expulsion de l’expulsion de la forêt de Hambach. […] Attaquons celles et ceux qui coopèrent avec les flics ! Jusqu’à ce que chaque cage soit vide ! »

3 mai 2019, Wuppertal : au cours de la nuit, les vitres de plusieurs agences bancaires (Deutsche Bank, Sparkasse et Volksbank) sont fracassées, ainsi que celles du poste de police du quartier de Cronenberg. La Deutsche Bank reçoit en rab’ de la peinture sur sa façade. Le communiqué rappelle que « les arrestations du 1er mai de l’an dernier ne sont pas oubliées ! Solidarité avec les personnes victimes de la répression, qui passent prochainement devant le tribunal à Wuppertal ».

1er mai 2019, Hambourg : sur le parking de la douane à Tonndorf, trois véhicules de fonction crament dans la nuit. Les pompiers ne parviennent pas à sauver deux voitures Polo-Volkswagen, qui sont entièrement carbonisées. Un troisième, un Caddy-VW, est fortement endommagé par la chaleur des flammes, tout comme une partie du bâtiment. Les flics affirment « qu’à l’heure actuelle, il n’y a aucune preuve sur le fait qu’il s’agirait d’un défaut technique, si bien que les enquêteurs s’orientent vers un incendie d’origine volontaire ».

1er mai 2019, Brême : deux agences immobilières perdent leurs vitres et quelques tags sont laissés sur leurs façades. Le communiqué précise : „Hausse des loyers, évictions et expulsions sont les conséquences pour beaucoup de gens. […] Pour un 1er mai combatif ! Pour une lutte au quotidien !“


Allemagne : feu et flammes à la domination - chronique d’actions directes du 12 au 14 mai 2019

14 mai 2019, Berlin : incendie de deux véhicules de Securitas

Deux véhicules de l’entreprise Securitas partent en fumée au cours de la nuit. Pour la police, c’est clairement intentionnel. Vers 3h, un habitant prévient les pompiers après avoir remarqué la lueur des flammes et la fumée qui s’en dégage. Vers 0h45, un autre véhicule est en feu à Reinickendorf et atteint une voiture garée juste à côté. En rab’, un répartiteur électrique et un lampadaire sont endommagés par l’incendie. Il semblerait donc qu’aucun citoyen ne se baladait dans le secteur à cette heure de la nuit.

13 mai 2019, Ravensburg (Baden-Württemberg) : les réseaux de téléphonie ne répondent plus

Après l’incendie d’une antenne de téléphonie mobile sur un toit de gratte-ciel, beaucoup de gens ne peuvent plus passer d’appel avec leurs portables. Sont particulièrement affectés le réseau ‘Vodafone’ et le réseau O2 de ‘Telefónica Germany’. Dans l’agglomération de Ravensbourg, mais aussi la zone de Bad Waldsee, de Biberach ou d’Illmensee, presque plus rien ne passe. Plus personne ne peut téléphoner ou surfer sur internet. On ignore combien de temps durera la panne de réseaux ». C’est par ces mots que la SWR relate ce sabotage dans un article mis en ligne le 14 mai à 9h31. Au moment d’écrire ces lignes, le journal précise que « les enquêteurs travaillent toujours sur le toit de la tour. « La réparation ne pourra commencer seulement lorsque l’endroit sera libéré », confie un porte-parole de ‘Telefónica’. Comme l’a annoncé l’opérateur de téléphonie mobile ‘Telefónica’, il faut notamment remplacer le revêtement du toit de la tour [cramé] avant de changer les antennes et les câbles détruits. Selon la police, des inconnus ont forcé l’accès à la tour de 13 étages dans la nuit de dimanche à lundi et mis le feu aux installations du réseau mobile dressées sur le toit. Selon la police, le feu a provoqué des dégâts à six chiffres [ça donne une idée quand même]. Des saboteurs il n’y a jusqu’à présent aucune trace ».

12 mai 2019, Bamberg/Strullendorf (Bavière) : attaque incendiaire contre un profiteur de la société carcérale

Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs individus ont pénétré sur le parking de la société « MassakLogistikGmbH », situé sur le zone industrielle de Strullendorf dans l’arrondissement de Bamberg. Quatre camions et une camionnette ont été réduits en cendres.

Cette entreprise s’engraisse chaque jour comme prestataire de service dans les prisons. L’attaque incendiaire a été revendiqué par « Limes et gâteaux » entre autres en solidarité avec le compagnon de la bibliothèque anarchiste Fermento arrêté le 29 janvier à Zurich et Loïc, incarcéré à Hambourg pour les émeutes du G20 de l’été 2017. Les incendiaires ajoutent également « participer au mai subversif en solidarité avec les compagnon.ne.s incarcéré.e.s en Italie ».

« Selon ses propres affirmations, l’entreprise „MassakLogistikGmbH“ est leader lorsqu’il s’agit de tirer profit des besoins des gens. Werner Massak, qui se met en scène dans des interviews en tant qu’expert pour ces besoins justement, a fondé l’entreprise en 1993. Une entreprise qui ne se cache pas d’être spécialiste en matière de rendement des courses des prisonniers.

MassakLogistik fournit des biens uniformisés d’articles de première nécessité à des prix exorbitants derrière les murs des prisons. Puisqu’il n’existe aucune concurrence en prison pour de tels sous-traitants, l’entreprise Massak peut concrétiser son despotisme dans ce système. Leurs clients, les prisonniers, sont ainsi privés de la possibilité de choisir eux-mêmes quels biens ils veulent acheter et à quels prix.

L’enfermement systématique des gens, ici sous forme de prisons, est une des formes les plus évidentes de la domination et de l’oppression quotidiennes. En coordonnant entre autres la pauvreté, l’humiliation et la marginalisation, l’Etat décide qui il faudrait enfermer. Celui qui est ensuite enfermé peut être encore plus exploité en prison qu’en dehors des murs. A partir de là, le secteur de « l’industrie pénitentiaire » s’est développé comme une nouvelle forme d’esclavage. Elle n’est nulle part aussi perfide qu’aux États-Unis. […]

Cela nous paralyse parfois et fait nous sentir impuissant.e.s à mesure que nous prenons conscience de l’existant et de ses évolutions. Mais nous continuons à réfléchir à nos idéaux de liberté, de communauté et de solidarité et nous parvenons à ressentir les pulsations de nos cœurs. L’impuissance se transforme en rage.

Pour exprimer notre rage contre ce système de manière pratique, nous sommes sorti.e.s dans la nuit du 12 mai. Avec plusieurs engins incendiaires, nous avons enflammé quatre camions et une camionnette de la sociétéMassakLogistikGmbH. […]

Pour un monde sans prisons ni oppression » ! Contre toute forme « d’esclavage moderne » ! […] Liberté pour TOU.TE.S les prisonnier.e.s !


Allemagne : chronique d’actions directes enflammées - du 14 au 22 mai 2019

22 mai 2019, Berlin  : un véhicule de la police fédérale, garé dans la Schöneberger Str. à Kreuzberg, est réduit en cendres vers 04h20. Les flammes ont entièrement détruit le fourgon de type ‘Mercedes Sprinter’, ainsi que deux autres voitures garées à côté : il s’agissait d’une BMW et d’une Volkswagen.

20 mai 2019, Berlin : les flics et des journaux locaux nous informent que « des individus ont mis le feu à un véhicule d’entreprise garé dans la Friedenstr. à Friedrichshain peu avant 3h ». Il s’agissait en réalité d’un véhicule utilitaire de l’entreprise Vinci : « Un peu partout, cette entreprise construit non seulement des autoroutes, des aéroports…, mais aussi des prisons et des centres de rétention. Feu à toutes les prisons ! Liberté pour tou.te.s ! »

20 mai 2019, Berlin : à Friedrichshain, quartier classé en « zone de sécurité » depuis quatre ans, il n’est pas rare que les flics qui occupent la rue reçoivent quelques actes d »hostilité. Vers 22h20, lundi 20 mai, un fourgon qui stationnait sur la Dorfplatz, au croisement de la Rigaerstr. et de la Liebigstr., s’est mangé plusieurs sacs remplis de peinture. D’après les flics, ces projectiles colorés ont été jetés depuis le haut d’un immeuble de la Liebigstr. Ca aurait pu s’arrêter là, mais non. Lorsque les agents en vert sont sortis pour prendre en photo les traces de peinture sur leur véhicule, d’autres sacs volants leur sont tombées dessus. Ces deux averses de peinture leur ont une nouvelle fois signifiées qu’ils n’étaient pas la bienvenue dans ce quartier encore populaire, où les habitant.e.s tentent toujours d’occuper la rue pour boire un coup et discuter, tandis que des immeubles et commerces à hypsters poussent comme des champignons à l’autre bout de la Rigaerstr.

19 mai 2019, Leipzig : deux pelleteuses d’un chantier sont incendiées à l’ouest de la ville « contre la rénovation urbaine et la ville des riches ». Le communiqué explique les raisons de cet incendie. Leipzig est en transformation permanente, et ce déjà depuis des années. Les loyers augmentent, les pauvres sont forcés de quitter leurs logements, les murs et les façades de la ville sont aseptisés par un nettoyage régulier et l’enlèvement systématique des tags et des affiches. De nouveaux immeubles de copropriétés et ensembles d’appartements de luxe sont mis à disposition des riches pendant que dans le même temps, les autorités expulsent les espaces libres.

17 mai 2019, Berlin : vers 3h du mat’ à Pankow, une voiture de sécurité privée est incendiée sur un parking de la Neumannstrasse. Une photo publiée dans un journal du coin montre que le véhicule enflammé appartenait à la société ‘Kötter-Security’.

Un peu plus tôt, peu après minuit, une BMW d’une société de voitures d’autopartage part en fumée dans la Wildenbruchstraße, à Neukölnn. Cinq minutes plus tard et à 250 mètres de là, une bagnole de bourges (Mercedes) est cramée dans la Laubestraße. Dans la presse, on apprend que les pompiers ont eu toutes les peines du monde à éteindre une des voitures qui était électrique. La chaleur de la batterie peut atteindre jusqu’à 1000 degrés.

14 mai 2019, Berlin : dans les précédentes brèves, nous évoquions l‘incendie de deux voitures de sécurité, sans connaître précisément le nom de l’entreprise visée (puisque repris des flics et de la presse). Le 22 mai, la cellule « Renards libres » de la « FAI/FRI » a revendiqué l’incendie de deux voitures de Securitas à Wedding « pour un mois de mai noir ». Le texte cite notamment : « feu à toutes les prisons, avec ou sans murs », extrait de l’appel à un mois de mai subversif en vue d’élargir la proposition à un 1er mai anarchiste à Berlin.


Allemagne : chronique d’attaques contre ce monde - du 19 au 26 mai 2019

Brême, 26 mai 2019 : du foot de rue à l’émeute

Vers 23h45 samedi, près de 300 personnes se sont retrouvées au carrefour de Sielwall pour une partie de football. Un appel avait circulé peu de temps avant sur internet. Les affrontements commencent au moment où les flics interviennent vers 00h30 pour rétablir le trafic : les larbins de l’Etat ne s’attendaient certainement pas à une réaction aussi hostile. Sacs de peinture, bouteilles et feux d’artifice ont immédiatement volé en leur direction, en en blessant quatre légèrement. Les postes de police de divers quartiers (du centre-ville (Wall), de Gröpelingen et de Woltmershausen) sont attaqués à coups de pierres, de marteaux et de peinture. Cinq véhicules de patrouille sont endommagés au total.

Plusieurs vitrines de magasins du centre-ville ont volé en éclats. La mairie a aussi perdu une vitre. Preuve que les flics locaux ont été totalement pris au dépourvu, des renforts ont du être appelés de Basse-Saxe, augmentant le nombre de flics anti-émeutes mobilisés à 100 agents. Ce n’est que vers 1h45 que les flics ont pu rétablir l’ordre. Une personne aurait été interpellée. Cf. le communiqué de revendication signé « des groupes autonomes ».

Erfurt, 24 mai 2019 : tôt vendredi matin, une camionnette du parti fasciste « Troisième Voie » (« Der Dritte Weg ») est réduite en cendres sur la Stielerstraße. Le bureau du parti qui se trouve juste à côté a aussi été endommagé. Après avoir pété une vitre, les vandales ont propulsé de la peinture à l’intérieur du bâtiment. Les flics évaluent les dégâts à plus de 10.000 euros et sont sur la piste d’un « acte à caractère politique ».

Hanovre, 24 mai 2019  : attaques simultanées contre des sociétés immobilières

« Vonovia : acide butyrique dans le système de ventilation d’une camionnette, slogans sur le capot et peinture sur les vitres. Agence de ‘Weiden Immobilien’ : bitume sur la façade et les vitres (cf photo ci-contre). Agence ‘Gerlach’ : vitres de l’entrée brisées » [14]. Un communiqué publié sur internet revendique ces actions directes coordonnées en l’espace d’une nuit : « nos attaques se dirigent de manière générale contre le principe visant à s’enrichir en vendant et en gérant des logements ».
La suite ici.

Hambourg, 23 mai 2019 : nouvelle attaque contre les partis politiques. Au cours de la nuit de mercredi à jeudi, deux bureaux de partis politiques sont pris pour cible à Eimsbüttel. Les vitres de deux partis de gauche comme de droite sont brisées : celles de la permanence parlementaire du parti libéral du FDP de la Schopstraße, ainsi que celle du bureau du parti des Verts de la Methfesselstraße. Ces deux attaques interviennent quelques jours seulement avant les élections européennes.

Lübeck, 20 mai 2019 : la voiture du député au Landtag de l’AfD, Claus Schaffer, est détruite par les flammes dans la nuit de dimanche à lundi. Les dégâts s’élèvent à plus de 10 000 euros. Un membre du groupe de l’AfD au Landtag de Kiel a repris la version policière (celle d’un commissaire du service « incendie criminel »), à savoir que des inconnus auraient allumé un des pneus du véhicule à l’aide d’un produit inflammable.

Bielefeld, 20 mai 2019 : au cours de la nuit, des pavés sont jetés sur les vitrines du siège du parti libéral du FDP situé dans la August-Bebel-Straße. L’attaque se serait produite lundi entre 2 et 3h du matin, d’après les flics. C’est un citoyen du secteur, réveillé par le bruit, qui a immédiatement prévenu les autorités. D’après une porte-parole de la police, les dégâts se chiffreraient à près de 8 000 euros.

Dresde, 19 mai 2019 : au cours de la nuit, plusieurs voitures de la société immobilière VONOVIA sont détruites par le feu. Peu après 2h, l’une a complètement flambé, deux autres ont brûlé à l’avant au niveau du moteur et une quatrième a souffert de la chaleur des flammes. Et bonne nouvelle, les flics n’ont aucune trace des pyromanes inspirés. Aucun témoin ne s’est signalé auprès de leur service pour cette nuit enflammée. Vonovia est l’un des principaux acteurs de la gentrification et de la guerre aux pauvres en Allemagne, ce qui explique en partie pourquoi elle est régulièrement prise pour cible.


Fribourg-en-Brisgau : attaque de la préfecture aux cocktails Molotov - 5 juin 2019

Feu et flamme(s) pour la police !

Dans la nuit du 5 juin 2019, la préfecture de Police de Fribourg a été attaquée avec des cocktails Molotov et des bombes de peinture. Nous espérons que dès aujourd’hui, il y aura moins de voitures de police à sévir dans les rues de Fribourg !

Cette action est une réponse claire face au nouveau durcissement prévu de la loi sur la police dans le Bade-Wurtemberg et fait partie d’une série d’actions contre la militarisation de la police et la formation de plus en plus autoritaire de la société.

Cette action n’est pas qu’une simple critique de telle réforme ou de telle loi mais appelle à abolir la police, l’armée et la prison comme un tout ! Puisque les manifs, les pétitions et les appels n’ont abouti à aucun changement de la future loi sur la police, nous nous voyons contraint.e.s de jeter des engins incendiaires et des bouteilles sur celles et ceux qui exercent le monopole de la violence d’État. Car la police est et reste vulnérable. Cela a clarifié l’action d’aujourd’hui et alimenteront les actions futures.

Mais encore une fois, dès le début : pas qu’en 2019 mais déjà en 2017, en prenant pour prétexte « la protection face au terrorisme » le Bade-Wurtemberg votait une nouvelle loi conférant à la police de nouveaux pouvoirs élargis. Ainsi les flics sont désormais autorisés à utiliser du matériel explosif tel que des grenades offensives et à lire les conversations par système de messagerie cryptée via des chevaux de Troie de l’État. La classification de personnes « fichées » se fait selon des critères douteux tels que les contacts avec de « fausses personnes » ou les images de vidéo-surveillance dites « intelligentes » dans les espaces publics capables d’analyser et de classifier automatiquement des comportements et qui, dans certains cas extrêmes, peut conduire à des interdictions de résidence et de contacts. Cette loi sur la police a reçu en 2017 la bénédiction des Verts, de la CDU (droite) et du SPD (sociaux-démocrates) par ces mots : « Nous atteignons la limite de ce qui est possible sur le plan constitutionnel » (Kretschmann).

Néanmoins, un nouveau durcissement de la loi sur la police dans le Bade-Wurtemberg est à l’ordre du jour, et qui a reçu encore très peu d’attention comparé à l’amendement adopté en Bavière et qui doit être adopté en silence autant que possible. […]

La nouvelle loi sur la police ne tient pas toute seule : elle fait partie d’une évolution radicale vers un État autoritaire sécuritaire doté d’un dispositif de surveillance axé sur le contrôle qui combat avec véhémence non seulement ces ennemis de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. L’objectif est l’assimilation et l’oppression, la peur et l’uniformité. […]

Nous pensons qu’il est important, d’un point de vue pragmatique, d’empêcher le durcissement prévu de la loi sur la police dans le Bade-Wurtemberg et ailleurs ! Toutefois, la solution ne peut pas être uniquement une police avec un peu moins de grenades de désencerclement ! Le retrait de ces rares réformes ne change rien aux principes injustes sur lesquelles repose notre société. C’est pourquoi nous nous opposons à toute domination et à un système qui es basé sur la répartition inégale du pouvoir, la propriété privée, le contrôle et la coercition.

Nous devons toutes et tous nous demander ce qui nous sécurise vraiment : sûrement pas l’institution policière, dont la mission consiste à protéger la propriété et donc les intérêts des riches et des puissants.

Nous voulons développer et mettre en place de nouvelles formes de vie par-delà « l’État de Droit ». Nous voulons avoir la responsabilité de nos actions, autant sur le plan individuel que collectif, sans être menacée de la taule et de violence. Pour la liberté et la solidarité, pour une vie en Anarchie !

La liberté meurt avec la sécurité.


Leipzig : un engin de chantier d’Eurovia-Vinci incendié en solidarité avec Anna et Silvia - 25 juin 2019

Nous haïssons les prisons ; beaucoup de nos compas y sont enfermé.e.s, quelques un.e.s y sont torturé.e.s et les prisons sont le cœur de l’ordre établi. Vinci construit des prisons, cet engin leur appartient, du coup on a voulu l’incendier. Du coup, le processus de pensée qui a porté à la destruction d’un engin de chantier routier le 24 juin a été assez simple.

On peut aussi présenter cela d’une façon légèrement différente : nous vivons dans un monde où c’est trop compliqué de pouvoir dire clairement qu’est ce qui est connecté à quoi. Du coup, des gens qui réparent une route se trouvent à travailler pour une filiale de l’empire de Vinci, une des plus grandes entreprises de construction du monde. Ces personnes n’ont rien à voir avec des prisons. L’engin de chantier routier n’a probablement jamais été utilisé pour construire des prisons. Si une entreprise gigantesque fait des choses odieuses d’un côté, est-ce que cela c’est assez pour frapper toute autre partie de cette entreprise ? Pourquoi incendier ce véhicule précis, au lieu d’aller sur le site d’une prison et attaquer là bas ?

L’ordre établi nous dirige chaque jour, à l’école, au travail, en tant que citoyen.ne.s, nous soumet à des stéréotypes de genre et ainsi de suite. Il est très créatif et ouvert d’esprit dans le choix de ses moyens. Cette attaque étatique contre l’humanité est permanente. Par conséquent, l’État et ses sbires méritent d’être attaqués tout le temps et de plusieurs façons. La complexité du pouvoir et le fait qu’il se dissimule ne nous empêchent de contre-attaquer quand et où cela nous convient.

Force aux anarchistes Anna et Silvia, qui sont en grève de la faim dans la prison de L’Aquila pour en finir avec l’isolement dans le régime 41bis.

Liberté pour tout.te.s les prisonnier.e.s !


Berlin (Allemagne) : Salutations enflammées aux trois de la Parkbank, à Hambourg - 27 juillet 2019

Nous envoyons amour et force à tou.te.s les rebelles dans les prisons de ce monde, dont les messages (même venant de la part de personnes qui combattent l’autorité et la domination très loin d’ici) nous arrivent comme des salutations d’ami.e.s

Nos salutations sont aussi remplies de haine envers les porcs des forces répressives, qui essayent constamment de nous empêcher d’avancer, avec la menace et l’application de la prison.

Ces flammes sont pour vous, les trois de la Parkbank.

Un court frisson nous a parcouru le dos lorsque nous avons lu les articles de la presse, puisque cela aurait pu arriver à n’importe quel autre groupe d’activistes nocturnes.

Les accusation d’avoir planifié des délits dans le cadre du deuxième anniversaire du sommet du G20 de Hambourg en 2017 et les arrestations qui en sont suivies semblent une occasion de rêve pour les autorités publiques. Cependant l’écho reste modéré. Il y a un an, ils ont menacé de démanteler tous les petits groupes, en réseau à travers l’Europe, qui avaient été responsables des émeutes. Même si des sentences sévères ont été prononcées dans les tribunaux, ils soupçonnent maintenant qu’ils ne se sont pas rapprochés de cet objectif ; il n’y a eu que très peu d’arrestations, malgré tous leurs gadgets technologiques.

Pour nous, peu importe ce que les dirigeants pensent pouvoir juger. Qu’est-ce que les catégories de culpabilité ou d’innocence devraient nous dire, au delà d’un sourire résigné face à la propagande d’un État ?

Un crime est pour nous un acte illégal. C’est à dire un acte que tu n’es pas autorisé à faire et auquel tu ne devrais même pas penser, dans le cadre d’un État. Aller au-delà de cette logique, le fait de piquer des chewing-gum ou de chourer le plein de carburant fait partie de notre vie quotidienne, une façon d’apprendre, petit à petit, à échapper à cette propagande.

Ce que nous faisons, c’est de voir la douleur causée par l’arrestation de nos compas comme une occasion pour appeler à une prise de conscience de nos luttes actuelles et passées : « Jetons dans la poubelle de l’histoire tout ce qui fait obstacle à une utopie révolutionnaire. » (Hambourg, 7 septembre 2016 : Attaque contre COSCO, avec de la fumée, des pierres et de la peinture).

Dans l’un des premiers appels à une coordination subversive en vue d’attaques contre le sommet du G20, Deutsche Telekom a trouvé sa place comme acteur mondial de la répression et de l’exploitation. Quelques mois plus tard, en novembre 2016, cette renommée a porté à la destruction d’une partie d’une flotte de véhicules de Telekom, à Berlin.

Hier, une autre voiture de Telekom a été incendiée à Berlin.

Pour plus d’attaques contre la normalité sexiste, raciste et autoritaire ! Nos cœurs brûlants dépassent les murs !

Amour et force pour les compas emprisonné.e.s à Hambourg et leurs proches !

Anarchistes

anonymes

P.S.

Les traductions publiées dans cette brochure et d’autres sont accessibles sur :

https://attaque.noblogs.org/
https://sansattendre.noblogs.org/
https://nantes.indymedia.org/

La plupart des textes originaux en allemand sont accessibles sur :

https://de.indymedia.org/
https://chronik.blackblogs.org/


[1] NdT : correspond à la police municipale en France.

[2] La Bundesdruckerei, que l’on peut traduire par « l’imprimerie fédérale », est un fabricant de billets de banque, de timbres, de cartes d’identité, de passeports et visas, de permis de conduire et de cartes grises. Créée en 1879 sous le nom de « Reichsdruckerei », elle était alors au service du pouvoir jusqu’en 1945. Connue depuis 1951 sous son nom actuel, elle a par la suite été privatisée en 2000 et de nouveau nationalisée en 2009. Elle s’est spécialisée depuis dans le domaine de la sécurité, du contrôle et du fichage.

[3] NdT : 27 septembre 2017.

[4] Le groupe Springer a une longue histoire avec les groupes révolutionnaires. C’est entre autre le rédacteur du journal de la Bild-Zeitung, conçu sur le modèle des tabloïds anglais. Au début des années 70, ses bureaux avaient été attaqués à de nombreuses reprises, notamment pour appeler à s’en prendre régulièrement à l’extrême-gauche et aux révolutionnaires. Juste après la tentative d’assassinat d’un révolutionnaire du mouvement étudiant, Rudi Dutschke, le 11 avril 1968, ses locaux ont été attaqués lors de manifestations pour ses appels aux meurtres de militants du mouvement étudiant. Des camions du groupe ont également été incendiés.

[5] NdT : l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport a été faite début janvier, et non l’an dernier comme il est dit dans le texte.

[6] Note d’Attaque : de la ville-land de Berlin.

[7] Note d’Attaque : 28 janvier2019.

[8] Note des traducteur.ice.s en anglais : Nationalsozialisticher Untergrund, groupe nazi clandestin responsable, entre autres, de la mort de neuf immigrés entre 2000 et 2006 – ils avaient été “couverts” par la police.

[9] NdT : des menaces de mort envoyées par des policiers à un témoin à leur charge, signées “NSU 2.0”.

[10] Note d’Attaque : dans la revendication, un lien renvoie à une lettre du compagnon Nero, sorti de prison depuis peu.

[11] Note d’Attaque : cette nuit-là, neuf véhicules ont brûlé dans le parking du Ordnungsamt – sorte de police municipale – du quartier de Neukölln ; dans la semaine du 14 au 21 janvier, trois véhicules des entreprises ThyssenKrupp, DB Schenker et Wisag ont été incendiés en solidarité avec la résistance au Rojava et contre la menace d’expulsion du squat féministe Liebig34.

[12] Note d’Attaque : camarade français accusé de participation à l’émeute de juillet 2017 contre le sommet G20.

[13] NdT : le communiqué parle de l’incendie d’une camionnette GLS, société spécialisée dans la mise en réseau par fibre optique et dans les télécommunications. Or, d’après un commentaire en bas de l’article, il s’avère qu’il s’agit d’une autre entreprise, GL3 Net, elle aussi spécialisée dans les télé-communications et la fibre optique.

[14] Note de Sans Attendre : les dégâts pour cette agence immobilière de la Rafaelstr. s’élèvent à 4000 euros selon la presse.