BROCHURES

La Palestine en archipel

Pour Haneen.

Ramallah, mai 2018

Les mangeurs de radio - les épingles du hijab et du narguilé - les visages des martyrs sur les murs de la ville autour des oliviers palpitent les origines et la peur de mourir au checkpoint en allant voir sa famille
n’avoir jamais vu la mer, dérobée
une histoire d’amour de Ramallah à Gaza dans le parfum du maïs et du café à la cardamome la force immense et l’épuisement la rage l’abattement
au bout d’un mât chinois à Ramallah

3.03.18. A Palestinian man committed suicide by hanging himself in E. Jabalia.

le crépitement de la radio au fond des prisons
la cueillette de cerises ratée à Kufr Rai
les colons ont creusé des trous dans les murs au flanc des maisons de Jerusalem ils ont mis du poison dans les réservoirs d’eau du vendeur de savon d’Hébron
le directeur de l’observatoire de l’université de Birzeit a des yeux faits pour regarder les étoiles
à Beit Sahour on se souvient des enfants nés dans les champs de pastèques et des pastèques oubliées sous le sable des plages de Gaza

20.05.18. A Palestinian attempted to commit suicide by setting himself in fire in Gaza City.

Aujourd’hui les figues sont arrivées de Battir sur les étals du marché de Ramallah.
Un pays méditerranéen à la mer ravie
le cimetière des martyrs sans corps à l’entrée du camp d’Aida la photographie de Saddam Hussein dans le taxi-service de Bethléem à Hébron la confusion entre cuisine et poulet chicken-kitchen et la grammaire chaque jour un peu plus poétique le thé se refroidit l’élève s’améliore. Une mémoire pour l’oubli sur les murs des fresques des villages perdus sur les murs le nom des rues en hébreu sur les murs les impacts de balle sur les murs les profils noyés sur les murs les visages décrépis les inscriptions enragées les appels désespérés ou les bouffées d’espoir. Sur le mur au check-point de Qalandia à destination des oiseaux

ᴚƎΛO SI ᴚ∀M ƎH⊥ ƎNIפ∀WI

Ne pas oublier les tapotements sur l’épaule dans les taxis ne pas oublier les coups de marteau dans l’usine à escaliers ne pas oublier de visiter la Palestine ne pas oublier même si les journées sont si peuplées. Ne pas oublier la montagne bleue à l’horizon du village de Battir ne pas oublier le coucher du soleil sur la vallée en zone C et le coucher du soleil depuis le bus immobilisé au checkpoint depuis des heures.

Je sais qu’il faudrait maintenant dénouer les mailles serrées de ces textes essoufflés.
Je ne sais plus quelle forme donner à mes pensées, comment les ramasser, les ordonner.
Je remplis quelques lignes de gribouillis hâtifs, pour ne pas oublier.

Ce halètement est la respiration de mes découvertes quotidiennes.

Je suis arrivée en Palestine il y a deux mois. Chaque journée m’ouvre davantage les yeux sur les rouages de l’occupation. Je ressens le besoin pressant de partager ce que je vois de ce petit bout de terre déchiré. La Palestine, un archipel : un coup d’oeil à la carte de ce territoire troué suffira pour s’en apercevoir. De loin on dirait une cacahuète qui a perdu son petit morceau gazaoui mais si on s’approche on ne voit plus que des îlots sans mer, séparés par les accords d’Oslo en zones prisonnières.

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À Naplouse dans l’obscurité hagarde de la nuit le bruit confus des coups de feu. 
Le lendemain au petit matin tout le monde s’agite devant nous en croisant les mains pour nous montrer des menottes imaginaires : l’armée israélienne est entrée dans la ville arrêter quelqu’un, mais ils ne savent pas qui. 

6 036 prisonniers politiques

Les coups de klaxon effrénés résonnent régulièrement dans les rues de Ramallah pour célébrer la libération d’un prisonnier. Les drapeaux brandis à travers les fenêtres et les hurlements de joie rythment les soirées de la ville. 

431 détentions administratives, sans procès ni jugement, renouvelables tous les six mois pour toujours. La plus longue détention administrative a duré 6 ans.

Quand nous lui avons posé la question, N. nous a dit que ses quatre ans en prison avaient été des vacances. Il paraît qu’ils disent tous ça, faute de pouvoir évoquer les tortures subies.C’était pendant la première Intifada, il était jeune à l’époque. En tant qu’ancien prisonnier, il n’a plus le droit d’aller à Jérusalem. Jamais. Il a dit que la prison avait été une vraie école de vie : pas grâce aux livres, mais grâce aux gens qui s’y trouvaient - des ingénieurs, des médecins, des professeurs, des écrivains, des journalistes. 

63 femmes emprisonnées

O. le directeur de l’observatoire a des yeux faits pour regarder les étoiles. 
Il est sorti de prison il y a deux mois. 

Il nous a montré la lune et ses cratères à travers le télescope et tout à coup il nous a raconté une histoire. 

Un soldat qui ne savait pas parler arabe plaquait un détenu contre le mur en lui hurlant dessus en arabe « prends soin de toi », persuadé de crier un menaçant « fais gaffe à toi ». 

On ne savait pas d’où cette anecdote absurde et glaçante venait, il ne parlait pas bien anglais, il ne disait pas que c’était ses histoires à lui, on a pensé que c’était peut-être une histoire drôle bien connue parmi les Palestiniens.

On regardait la lune, Jupiter et Saturne, puis on est allés manger quelques biscuits et tout à coup il a commencé à parler. 

Il a passé deux ans et demi en prison. Il avait le droit de faire trois photos de lui par an, le même jour, sur l’une d’entre elles il est accroupi et il sourit dans son t-shirt bleu comme ses yeux
c’est un secret mais le télescope est israélien
l’un des autres prisonniers est mort torturé sous ses yeux de l’eau brûlante jetée sur son corps
en prison les partis politiques organisent les journées de façon à ce que certaines heures soient dédiées à l’étude - géographie, mathématiques, politique, chaque prisonnier enseigne aux autres ce qu’il sait.

O. se promenait dans les rues de Jérusalem avec un t-shirt du club d’astronomie avec des mots en arabe et une Israélienne au milieu de ses amis l’a interpellé pour le provoquer en évoquant son t-shirt, il a perdu son sang-froid et l’a frappée avant d’être frappé en retour par les amis de la fille.
Deux ans et demi de prison pour un t-shirt.

Parmi les différents endroits où il a été incarcéré, il a parlé surtout de cette prison au milieu du désert où les lumières braquées sur lui jour et nuit lui dérobaient les étoiles.

304 enfants prisonniers dont 65 ont moins de 16 ans

À la bibliothèque municipale de Naplouse, un fonds entier est réservé aux livres des prisonniers détenus dans les anciennes prisons naboulsies. Il y a ce livre creusé pour y cacher des lettres, mais aussi des cahiers recouverts d’annotations prises à partir de lectures, des dictionnaires, des romans. Tous les livres entraient grâce aux familles et à la croix rouge, parfois déguisés en d’autres livres pour être autorisés.

485 prisonniers enfermés pour plus de 20 ans

28.04.2018, check-point de Jalama, sur la route de Jenine à Nazareth.

Des dizaines d’hommes, jeunes, vieux, enfants, des vendeurs de fruits et de légumes, des rires et de la musique depuis les voitures garées à proximité. Un étonnant îlot de vie dans cette triste étendue grise. Même ici, comme partout, la vie continue. Il y a plusieurs rangées de bancs devant les portillons, comme une petite salle d’attente. Le checkpoint est fermé, il n’ouvrira que dans 1h30. Nous attendons.

Nous voyons les travailleurs rentrer d’Israël fatigués, les uns après les autres. Certains portent des fruits, ils vont rejoindre leur famille pour l’iftar.
Les enfants viennent nous parler, fascinés par ces étrangères qui baragouinent un peu d’arabe. Ils nous offrent des noix et des fraises.

L’atmosphère s’alourdit au checkpoint, quelque chose se prépare, c’est palpable. Les gens se rassemblent devant la grille sous le regard du soldat en haut de son mirador. Un prisonnier va être libéré.

La foule a crié « allah w akbar » quand il est arrivé. Certains l’ont serré dans leurs bras puis ils l’ont porté sur leurs épaules et j’ai vu son visage au-dessus de la foule. C’est difficile de poser des mots sur cette scène indicible. Son visage ne me quitte plus depuis, je crois que jamais avant ce moment-là je n’avais réalisé ce que signifiait la prison dans la vie d’un homme. Malgré mes lectures, malgré ce que je savais et ce que j’avais entendu rien ne m’avait préparée à ce visage ravagé. Il était bouleversé, hagard et désorienté, submergé d’émotion sans larmes ni sourire au milieu des cris de ses amis. J’ai cru voir dans ses yeux la peur immense que ce ne soit qu’un rêve, que son cauchemar ne soit pas fini. Il y avait tout dans son visage, la torture l’attente le désespoir et un oeil encore boursouflé par les coups. Quatre ans de prison, quatre années réduites à une douleur sourde et souterraine qui sans doute ne le quittera jamais.

Le check-point a ouvert à 18h20. De tourniquet en tourniquet, de grillage en grillage et de porte en porte nous avons découvert un savant mélange entre un musée des beaux-arts et un film de science fiction : dans les couloirs, des tableaux colorés représentent la terre sainte de Jérusalem et ses paysages champêtres tandis qu’un soldat posté sur une passerelle braque son fusil sur nous d’en haut. Les murs sont couverts des couleurs de l’arc-en-ciel et nous avançons serrés les uns contre les autres comme du bétail, de cabine en cabine, guidés par une voix sortie de nulle part qui s’adresse à nous dans un mauvais arabe puis un mauvais anglais. Un homme est amené à part pour cause de pastèques suspectes. Arrivés au bout de ce processus surréaliste, tout le monde est refoulé et doit retourner sur les territoires occupés, sauf nous.

533 prisonniers à perpétuité

Abu Jabal. Monsieur Montagne. 
Une légende au village de Zababdeh, à quelques kilomètres de Jénine.
Il ressemble à un René Char palestinien. Une force tranquille et silencieuse.
Il a fait trois séjours en prison, qui mis bout à bout représentent trois ans et demi de sa vie. C’est là qu’il a appris à cuisiner et aujourd’hui il tient une petite gargote où il vend des arays et des qatayef. Il y a aussi appris l’hébreu. Il est marxiste et il nous a demandé si on connaissait Che Guevara. Il n’a pas parlé du reste.
99.74% : taux de condamnation des tribunaux militaires (en 2010)

À l’université de Birzeit de bon matin au début du mois de mars des membres des services secrets israéliens se sont faits passer pour des journalistes palestiniens pour entrer dans le campus. Ils ont dit qu’ils voulaient interroger le président de l’union des syndicats étudiants, affilié au Hamas. Face à lui ils ont sorti leurs armes devant les étudiants médusés, l’ont attrapé et kidnappé. Tout a été filmé. 

Un aperçu, fragmenté et parcellaire, de la façon dont la prison brise un peuple entier. Les motifs d’incarcération sont très larges : on peut être emprisonné vingt ans pour un soupçon, à vie pour une tentative d’attentat, plusieurs mois pour un statut Facebook. On peut être emprisonné par Israël ou par l’autorité palestinienne (qui avance pour prétexte son intention de protéger le détenu des autorités israéliennes alors même qu’elle communique à Israël la date et l’heure de la libération du prisonnier qui est aussitôt cueilli à sa sortie de prison). On peut aussi plus simplement être abattu froidement dans sa maison comme l’a été l’année dernière Bassel, dont le portrait couvre maintenant les murs des villes palestiniennes et jusqu’aux camps de réfugiés au Liban. 

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Au-dessus de nos têtes dans les ruelles de la vieille ville d’Hébron, des filets et des grilles ont été installés pour protéger les habitants palestiniens des projectiles lancés quotidiennement depuis les étages par les colons. À certains endroits le filet est si chargé qu’on aperçoit à peine la lumière à travers lui.

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À la télé, la marche du retour à Gaza. C’est la première fois que je vois des images de la bande de Gaza. J’en étais venue à me convaincre que cette prison à ciel ouvert me serait à jamais inaccessible, mais j’avais oublié les images, qui peuvent, elles, franchir le mur. Quand j’étais petite et que j’entendais les informations à la télé, je croyais que la « bande de Gaza » était un gang de bad boys armés jusqu’aux dents quelque part au bout du monde avec un certain « Gaza » à leur tête. La famille de S. est là-bas. Nous rions avec lui en cherchant des visages familiers dans la foule sur le petit écran. Il n’y a pourtant vraiment rien de drôle, mais nous ne savons pas encore à quel point cette journée sera meurtrière.


Ramallah, 14 mai 2018

Les pastèques oubliées sous le sable de Gaza.

En moins de deux heures ce matin, plus de 40 personnes ont été tuées à Gaza. Chaque minute supplémentaire traîne les morts et les blessés à travers le fil des nouvelles, sur Facebook ou Instagram. Les images se remplissent de fumée noire de corps jetés à terre de visages défaits. J’ai la gorge nouée et je ne peux pas me résoudre à travailler alors que tous ces gens meurent à 80km de moi. Depuis mes premiers jours ici, j’entends parler de ces dates avec appréhension. Inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, 70 ans de la création de l’État d’Israël, 70 ans, bien sûr, de la Nakba, la catastrophe palestinienne, point culminant de plusieurs semaines de marches du retour à Gaza. Je n’ai pourtant pas vraiment réussi à imaginer et encore moins à m’y préparer. J’ai l’impression que chaque vendredi depuis plus d’un mois, les Palestiniens de Gaza ont rendez-vous avec la mort et qu’aujourd’hui encore ils sont allés à sa rencontre sous le regard coupable de toute la communauté internationale, muette, transie, silencieusement consentante. 70 ans. Presque la vie d’ un homme. Trois fois ma vie à moi d’humiliations, d’impunité, de massacres, de vies déchirées. Cela paraît insensé.

À Naplouse le week-end dernier I. parlait du siège de Naplouse pendant la seconde Intifada. Soudain le regard vide il a dit "tout le monde nous a abandonnés". La ville était encerclée par les check-points, étranglée par l’armée, étouffée par le couvre-feu. En cinq ans, plus de 500 morts et des milliers de blessés dans cette petite ville au creux de la vallée. Et des années plus tard ce sentiment vertigineux d’abandon ne l’a pas quitté.

Sur Facebook, les images glaçantes des check-points où convergent les manifestations ; les images des drapeaux israéliens et américains brandis au dessus de la foule qui se presse devant la porte de Damas à Jérusalem. Je sais que ce n’est qu’un rendez-vous mortel parmi tant d’autres, passés et à venir, que le peuple palestinien n’en a pas fini de souffrir. Sur les images, les lignes noires du keffieh affrontent les étoiles bleues de l’occupant.

Hier soir il y avait ce cuisinier apprenti végétarien qui racontait ses souvenirs d’enfance, les pastèques oubliées sous le sable de Gaza. Comme cela paraît loin. Gaza. 
Cette petite bande de terre, prison à ciel ouvert, creusée de tunnels et de douleurs.

Par la fenêtre, au coeur de Ramallah, on n’entend qu’un assourdissant silence. Comme si les manifestations avaient lieu sur une autre planète. Être là et si loin en même temps. 
 J’ai dit à M. que j’avais du mal à me concentrer et elle m’a répondu que c’était toujours comme ça dans ce genre de situations. C’était encore plus bouleversant qu’elle soit habituée à "ce genre de situation". Elle m’a dit tu sais j’ai grandi pendant la seconde intifada, après une nuit visitée par l’armée israélienne il fallait aller à l’école pour un examen. Un matin j’allais à l’école vers sept heures et demi et en marchant je me suis demandé pourquoi il n’y avait pas d’autres enfants dans la rue. Je lisais mon livre en marchant avec mes lunettes posées sur la tête parce que j’avais un contrôle et j’ai levé les yeux, remis mes lunettes et aperçu au bout de la rue les bulldozers israéliens braqués vers moi. J’ai compris pourquoi il n’y avait pas d’autres enfants et je suis rentrée à la maison.

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TRUMP 
NATHALIE PORTMAN

BDS

Ce sont les seuls mots que j’ai compris à la radio dans le sherout entre Jérusalem et Tel-Aviv. 
À côté de nous, une de ces voitures qui portent à l’arrière des petits drapeaux d’Israël roule à toute vitesse en s’approchant dangereusement de nous

TRUMP

Les deux lignes bleues volent au vent et s’agitent comme un hymne conquérant : depuis le Nil, jusqu’à l’Euphrate

Le chauffeur du sherout s’agace et accélère

NATHALIE PORTMAN

Pendant une vingtaine de minutes c’est la course entre la voiture aux ailes d’Israël et le taxi partagé conduit par un "arabe israélien"

Dans le sherout avec moi, une grande famille éthiopienne qui semble ne rien remarquer

Puis la voiture ailée s’éloigne et le chauffeur soupire

BDS


Films :

Chronique d’une disparition, Elie Suleiman, 1996
Intervention divine, Elie Suleiman, 2002
Le Temps qu’il reste, Elie Suleiman, 2009
Ghost Hunting, Raed Andoni, 2017
Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon, Avi Mograbi, 1996
Pour un seul de mes deux yeux, Avi Mograbi, 2005
Z32, Avi Mograbi, 2008
Cinq caméras brisées, Emad Burnad et Guy Davidi, 2011

Livres :

Omar Barghouti, Boycott, Désinvestissement, Sanctions, La Fabrique, Paris, 2010
Mahmoud Darwich, La terre nous est étroite et autres poèmes, NRF, Gallimard, 2000 (poésie)
Guy Delisle, Chroniques de Jerusalem, Delcourt, collection Shampooing, 2011 (bande dessinée)
Amira Hass, Correspondante à Ramallah, 1997-2003, La Fabrique, Paris, 2004
Amira Hass, Boire la mer à Gaza, 1993-1996, La Fabrique, Paris, 2001
Eric Hazan, Notes sur l’occupation : Naplouse, Kalkilyia, Hébron, La Fabrique, Paris, 2006
Samah Jabr, Derrière les fronts, chroniques d’une psychiatre psychothérapeute palestinienne sous occupation, PMN Éditions & Hybrid Pulse, 2018
Ghassan Kanafani, Des hommes dans le soleil, 1962 (nouvelles)
Melinee le Priol, Chloé Rouveyrolles, Les Palestiniens, Ateliers Henri Dougier, 2018
Julien Salingue, La Palestine des ONG. Entre résistance et collaboration, La Fabrique, Paris, 2015
Julien Salingue, La Palestine d’Oslo. Anatomie de l’échec du processus de construction étatique palestinien, Cahiers de l’Iremmo, Paris, 2014

Sur la prison :

http://www.addameer.org/
https://www.breakingthesilence.org....
http://www.juliensalingue.fr/articl...
https://plateforme-palestine.org/Pr...
http://www.juliensalingue.fr/2017/1...

Des cartes :

https://www.ochaopt.org/page/intera...
http://x-maps.maps.arcgis.com/apps/...

Contact :

vermentino@@@riseup.net

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