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Bruxelles : activités à Acrata en novembre-décembre 2016

mis en ligne le 7 novembre 2016.

Acrata
rue de la Grande Ile 32
1000 Bruxelles
acrata@@@post.com

Jeudi 10 novembre – 19h30
Discussion autour de la répression contre des anarchistes et des antifascistes de La Haye
Au cours de l’année passée, des anarchistes et des antifascistes de La Haye (NL) ont eu de plus en plus affaire à la répression. De nombreuses mesures répressives visant à museler le mouvement anarchiste sont issues directement du bureau du bourgmestre.
À cette fin, le bourgmestre a promulgué une interdiction de territoire contre un certain nombre d’anarchiste pour le Schilderswijk, un quartier d’immigration où une insurrection ayant duré plusieurs jours a éclaté après que la police ait assassiné Mitch Henriquez en 2015. Le bourgmestre a aussi demandé 50 000 euros d’indemnités après l’expulsion du centre social De Vloek, squatté pendant 13 ans. Il essaye aussi de fermer le Centre Autonome. De cette manière, il tente de saper les espaces dont disposent les anarchistes et les antifascistes. De manière récurrente, les fichiers policiers concernant les anarchistes et les antifascistes sont catégorisés CTER (Counter Terrorism, Extremism and Radicalisation) et la police compile des listes des gens qui participent aux activités anarchistes. Les services de renseignement observent même qui assiste aux procès. Ils ont tenté de recruter des informateurs, et des anarchistes ont été intimidés par les flics, chez eux ou dans la rue.
Le bourgmestre a toujours visé le même petit groupe d’anarchistes, mais il est important de se rendre compte que ce n’est pas juste une attaque contre des anarchistes, mais bien une attaque contre nous tous. Nous pensons qu’il est important de discuter du type de répression à laquelle les anarchistes de La Haye sont confrontés actuellement.

Jeudi 1er décembre – 19h30
Discussion : La transformation en cours à Bruxelles
De manière toujours plus évidente, les métropoles sont des champs de bataille. Leur configuration mêle plus ou moins intérêts et infrastructures sensibles du pouvoir en place d’une part et de possibles concurrents ou adversaires de l’autre. Il suffit de penser aux miséreux innombrables qui viennent s’entasser dans les quartiers pauvres et les ghettos métropolitains, chassés par le génocide capitaliste. Ce monde pourri continue bel et bien de produire des insatisfaits et des enragés, condamnés à une misère sans retour, prêts à s’insurger pour les raisons les plus variées. Et c’est vrai, ces indésirables ne peuvent pas rester de façon heureuse côte à côte avec tout ce qui permet techniquement la reproduction de l’existant.
À partir de là, l’exercice contemporain du pouvoir ne consiste pas à agir sur les causes et les manières d’empêcher les tensions sociales mais découle des tentatives de faire face à une situation toujours plus difficile à gérer, et d’en tirer profit. C’est sans doute dans ce cadre qu’il faut considérer le nouveau modèle de domination en train de naître, et qui vise à établir un contrôle généralisé et sans limite des individus. Aujourd’hui, chacun.e peut constater combien ce projet s’affirme dans toute sa force : multiplication d’outils de contrôle destinés à surveiller et pister les individus « inadaptés » ; omniprésence des cartes magnétiques qui permettent un fichage généralisé des achats, des déplacements, des habitudes ; restructuration du droit pour élargir le champ d’application de la législation antiterroriste ; réaménagement des espaces urbains pour les besoins policiers et de contrôle ; et j’en passe... Dans une métropole érigée toujours plus à l’image d’un camp de concentration hypertrophié.
Et comme de telles restrictions de la liberté (qui nous reste) ne peuvent être imposées et maintenues que par la force, il faut logiquement répandre l’acceptation de la violence d’Etat dans toutes les sphères de la vie sociale. C’est la déstabilisation de la société à travers la thèse de l’exception permanente qui va produire la légitimation des pouvoirs d’ « urgence » et s’imposer comme la nouvelle norme sociale. À l’instar de l’après 11 septembre 2001, la récente vague d’attentats en Europe a charrié avec elle les derniers prétextes du contrôle militaro-policier en continu. En fin de compte, le déploiement de militaires dans les rues n’est que la partie immergée du processus d’inclusion de la guerre dans le quotidien.
Pour tenter de bouleverser le cours des choses, il s’agit donc bien d’attaquer cette logique d’ensemble. Pour cela, il est aussi nécessaire d’approfondir les analyses et les recherches d’informations afin de mieux connaître l’ennemi que nous voulons combattre. Comme pour faire un saut avant de passer à l’action, portés par nos idées et nos aspirations de liberté.
Divers textes sur le sujet sont d’ores et déjà disponibles au local.

Jeudi 15 décembre – 19h30
Présentation de livre/discussion : Vive la révolution, à bas la démocratie !
Janvier 1905, Saint-Pétersbourg, la police ouvre le feu contre une foule de manifestants. C’est le début d’une insurrection spontanée dans l’Empire tsariste qui va durer deux longues années, de la Finlande à la Géorgie et de la Pologne à la Sibérie... Des milliers d’attaques contre les flics et les militaires, des centaines de châteaux en flammes, des barricades dans les rues, des sabotages d’infrastructures, des grèves sauvages, des paysans qui prennent la terre, de l’auto-organisation avec les premiers conseils ouvriers, et aucun parti ni syndicat (bolchévik ou socialiste-révolutionnaire) capable de prendre le contrôle de la situation.
A l’occasion de la dernière publication par des compagnons d’un livre sur les activités anarchistes en Russie avant 1917 (Vive la révolution, à bas la démocratie !, chez Mutines Séditions, octobre 2016), on pourrait discuter de ce que peuvent signifier des interventions anarchistes qualitatives dans un tel contexte de soulèvements ; de comment approfondir le contenu d’explosions sociales pour proposer quelque chose de complètement différent, en agissant avant et pendant un tel processus révolutionnaire ? N’existe-t-il pas un autre horizon auquel on puisse aspirer, autre qu’un meilleur capitalisme ou une meilleure démocratie ?