BROCHURES

La rage contre la vidéosurveillance
2020-2021

« Les premières caméras qui ont été mises à Marseille, il n’y a pas si longtemps, une dizaine d’années maintenant, un peu plus, il y a une quinzaine d’années, hé bah les gens ils grimpaient, ils les arrachaient, ils les cassaient (…). J’imagine qu’à Nice, ça devait être pareil, les premières caméras… il y avait des groupes anti-caméras, mais il y a tellement de caméras maintenant qu’ils ont fini par se lasser. »
Un mec de la Ligue des Droits de l’Homme de Nice, dans le documentaire d’Olivier Lamour Fliquez-vous les uns les autres, 2020.

Depuis quelques temps, les actions contre les antennes-relais se multiplient, en France et ailleurs [1]. De beaux actes de sabotage qui marquent un refus diffus, hétérogène et déterminé des technologies de communication et de contrôle, notamment contre le déploiement de la 5G qui accompagne le rouleau compresseur techno-capitaliste qui n’en finit pas d’écraser tout ce qui reste de sauvage et de libre dans ce monde… Alors un peu partout ça s’organise pour (essayer de) vivre autrement et attaquer leur monde de soumission généralisée, ça sabote avec divers moyens, des plus basiques aux plus imaginatifs.

De son côté, la vidéosurveillance, comme toutes les technologies de contrôle, en se généralisant et en envahissant aussi bien les rues des grandes villes que celles des villages, rentre de plus en plus dans les mœurs et force une acceptation sociale recherchée activement par les tenants du marketing du contrôle social. Pourtant, elle continue de susciter des résistances [2] et des actes de sabotage. Tant qu’il y aura des moyens de contrôle policier sur nos vies, que ceux-ci soient massifs ou non, il y aura des gens pour tenter de les empêcher de nuire. Les raisons de se débarrasser du contrôle de l’État et de la domination capitaliste sont nombreuses, ici le propos n’est pas de les développer et d’argumenter, mais de montrer qu’il continue d’y avoir des actes de sabotage et d’auto-défense qui méritent d’être connus, et de recevoir de la solidarité et de la complicité de toutes parts. Parce qu’il y a encore des gens qui préfèrent cent fois un monde de liberté plutôt qu’un monde de sécurité.

Ci-dessous, sont listés quelques exemples d’actions directes menées contre des dispositifs de vidéosurveillance, surtout en France mais pas seulement [3], sur une période d’environ un an [4], histoire de donner un peu d’inspiration, et aussi de visibiliser le fait que tout le monde n’a pas baissé les bras, loin de là [5].

Zanzara athée, juin 2021

La rage contre la vidéosurveillance (avril 2020 – mai 2021)

- 15-16 avril 2020, Les Mureaux (banlieue parisienne)

Vers 23h le 15 avril, un fourgon de police intervient dans le quartier des Vignes-Blanches, où des individus avaient projeté des fusées d’artifice sur des caméras de vidéosurveillance. Le véhicule est encerclé par plusieurs personnes qui donnent des coups de pied dans le véhicule. Les policiers lancent six grenades de désencerclement et quittent les lieux. Plus tard, vers 0h45, alors qu’ils interpellent un homme rue Louis-Blériot pour récidive de non-respect de confinement, les policiers reçoivent des pommes de terre et des oignons lancés depuis les étages d’un bâtiment.

- 21 avril 2020, Gennevilliers (banlieue parisienne)

Dans le quartier du Luth, alors que des affrontements ont lieu avec la police, un individu grimpe en haut d’un mât de vidéosurveillance et y défonce les caméras qui y sont fixées.

- 21-22 avril 2020, Sens

Dans la nuit du mardi 21 au mercredi 22 avril, dans le quartier des Champs Plaisants, plusieurs dizaines de personnes détruisent ou détériorent plus d’une dizaine de caméras de vidéosurveillance (incendiées ou enduites de peinture) et brûlent des poubelles. La police est prise pour cible lorsqu’elle intervient pour rétablir « l’ordre ».

- 21-22 avril 2020, Ermont (banlieue parisienne)

Dans la nuit du 21 au 22 avril, les caméras du CSU (centre de supervision urbain de la communauté d’agglomérations du Val Parisis) sont prises pour cibles. Des individus munis d’une disqueuse, cagoulés de noir et les mains gantées, s’attaquent à un pylône portant une caméra, rue René-Utrillo, juste en face du centre commercial des Chênes. La caméra est bien entendu mise hors-service.

- 23 avril 2020, Tourcoing

Dans le quartier du Pont-Rompu, un mât de vidéosurveillance est rompu à l’aide d’un véhicule en flammes.

- 23 avril 2020, Portland (USA)

Très tôt dans la matinée, des caméras de surveillance, des voitures de luxe et des distributeurs automatiques de billets de banque sont attaqués et sabotés.

- 29-30 avril 2020, Romans-sur-Isère

Vers 1h30 du matin, une fiat Punto, volée plus tôt dans la soirée, percute et brise le mât d’une caméra de vidéosurveillance sur un rond-point de l’avenue du Maquis. A l’arrivée de la police, la voiture est incendiée, et les policiers sont caillassés.

- Avril-mai 2020, banlieue parisienne

Au début du mois d’avril, à Wissous, des câbles internet sont sabotés. Pareil, dans la nuit du 9 au 10 avril, à Massy. À Argenteuil, dans le quartier Champioux, début mai, tous les câbles sont sectionnés. Le 5 mai, c’est à Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine que des câbles sont sectionnés à la disqueuse. On peut lire dans un article publié dans Le Parisien le 3 mai 2020 que « parmi les raisons qui pousseraient des individus à commettre de tels actes, il y aurait la volonté de mettre hors service les caméras de la ville ».

- 10-11 mai 2020, Ermont (banlieue parisienne)

Trois mâts de caméras du CSU sont sciés à la disqueuse dans la nuit du 10 au 11 mai, dans le quartier des Chênes. « Cela fait six en deux semaines, cela commence à faire beaucoup », lâche un agent de la ville dans un article du Parisien.


[Ermont, 11 mai 2020.]

- Fin mai 2020, Minneapolis (USA)

Lors des manifestations émeutières faisant suite au meurtre de George Floyd par des policiers étasuniens, plusieurs caméras de vidéosurveillance sont sabotées. Un mât de vidéosurveillance a même été attaqué à la tronçonneuse (pas sûr que ça ait réellement été efficace, mais ça donne du style en manif…).

- Mai-juin 2020, Cholet

Des caméras installées dans des halls d’immeubles rue Lieutenant-Colonel-de-Malleray, dans le quartier Favreau-Les Mauges, sont détruites le 29 mai puis le 4 juin. Le 18 juin, un jeune de 16 ans est arrêté par la police et aurait reconnu les faits, sans toutefois donner l’identité de ceux et/ou celles qui l’accompagnaient.

- 2-3 juin 2020, Montbéliard

Dans la nuit du 2 au 3 juin, dans le quartier de la Petite Hollande, des individus habillés en noir et cagoulés parviennent à grimper aux poteaux et arracher les globes des caméras de surveillance, pourtant bien protégées.


[Montbéliard, 3 juin 2020.]

- 7 juin 2020, Montbéliard

Une quarantaine de jeunes détruisent trois caméras de surveillance de la rue Debussy, installées sur des poteaux et disposées à plusieurs endroits. Un véhicule est incendié sur le parking du bailleur social Néolia et un abribus est cassé. Les affrontements tournent à l’émeute. Les policiers montbéliardais doivent appeler des renforts de Besançon (et les gendarmes du PSIG). Le lendemain, des tags « pour Adama et pour George Floyd » sont visibles sur les murs du quartier de la Petite Hollande.

- 8 juin 2020, Mexico DF (Mexique)

Pendant une manifestation antipolice, des caméras de vidéosurveillance sont détruites ou obstruées.


[Mexico, 8 juin 2020.]

- 11 juin 2020, Philadelphie (USA)

Extrait d’un communiqué : « Le 11 juin, journée internationale de solidarité avec les prisonnier·e·s anarchistes, comme petit geste contre le contrôle et l’emprisonnement, on a coupé les câbles de neuf caméras de vidéosurveillance ».

- 12 juin 2020, Wuppertal (Allemagne)

Les quatre pneus d’un véhicule de l’entreprise Bosch sont crevés, et sa carrosserie blanche est dégueulassée avec de la peinture noire. Un communiqué précise : « Nous n’avons pas choisi Bosch au hasard. Cette année, l’entreprise avait un stand au congrès européen de la police [à Berlin] et fait aussi office d’entreprise de sécurité partout dans le monde. A Londres par exemple, l’entreprise exploite des caméras à reconnaissance faciale pour surveiller les gens dans la gare de London Bridge. Mais aussi au Vietnam, où Bosch offre ses services de protection 24h/24 au consulat général, "la Maison Allemande", avec un système d’analyse vidéo. Le plus grand aéroport de Chine, les rues de l’Ohio, les parcs de Mantoue en Italie ou le port Praski à Varsovie… Bosch est partout présente avec ses caméras et en est fière (boschsecurity.com). Nous n’avons aucune envie d’être surveillé.e.s partout dans le monde. De toute façon, elles ne servent qu’à satisfaire les dominants et à les protéger. Ici aussi, l’augmentation de la surveillance jusqu’aux smart cities est non seulement une intrusion répugnante dans nos vies privées mais aussi une part importante de la gentrification croissante. Celles et ceux qui gênent ou ne s’adaptent pas aux normes peuvent être trié.e.s plus facilement. Pour le pouvoir, il suffit alors d’envoyer les laquais en uniforme qui s’exécutent aveuglément. »

- 21 juillet 2020, Vénissieux (banlieue lyonnaise)

Vers 23h50, boulevard Lénine, une caméra de surveillance de la ville est dégradée par un groupe de jeunes. Le 18 août, un jeune de 14 ans est arrêté par la police pour ces faits. Il déclare en garde-à-vue avoir agi « pour le plaisir ».

- 1er août 2020, Bron (banlieue lyonnaise)

Dans la nuit du 31 juillet au 1er août, une dizaine d’individus scient à la disqueuse deux mâts de caméras de vidéosurveillance, place Jean-Moulin.

- 20 août 2020, Portland (USA)

Lors d’une des nombreuses manifestations antiracistes et antipolice, le bâtiment de l’United States Immigration and Customs Enforcement (ICE, une agence de police douanière et de contrôle des frontières du département de la Sécurité intérieure des États-Unis) est tagué, ses vitres brisées, et deux caméras sont aveuglées par des plots de chantier qui sont fixés dessus. Des affrontements avec la police s’ensuivent.


[Portland, 20 août 2020.]

- 5 septembre 2020, Cholet

Sur le parking Jean-Monnet, avenue de l’Europe, une voiture est incendiée au pied d’un mât surplombé d’une caméra de vidéosurveillance, pour mettre celle-ci hors d’état de nuire. Quand la police arrive sur place, près d’une vingtaine de jeunes l’accueille à coups de projectiles.

- 21 septembre 2020, Roubaix

Quai du Sartel, le mât d’une caméra de vidéosurveillance est incendié puis scié.

- 21-22 septembre 2020, Minsk (Biélorussie)

Dans la nuit du 21 au 22 septembre, des anarchistes de l’initiative « Quartiers sans flics » arrachent trois caméras de surveillance qui étaient au-dessus des portes d’entrée d’immeubles d’habitation (au 6 et au 86 de la rue Soltysa).

- 13 novembre 2020, Pontianak (Indonésie)

Des anarchistes revendiquent le sabotage de plusieurs caméras de vidéosurveillance : « Nous refusons d’être passif·ve·s au milieu du contrôle et de la prise en main de notre espace de vie par l’État, le gouvernement et la police. (…) Combattons la technologie du contrôle ! Combattons les prisons et pour la libération de tou·te·s les prisonnier·e·s ! Vive l’anarchie, vive l’insurrection !  »

- 18 novembre 2020, Quimper

Deux individus de 15 et 18 ans scient deux mâts de caméras de vidéosurveillance dans le quartier de Kermoysan. Les caméras sont détruites comme il se doit, mais les deux individus sont interpellés par la police alors qu’ils quittent les lieux.

- 22 novembre 2020, Montbéliard

Dans le quartier de la Petite Hollande, cinq mâts de caméras de surveillance récemment installés sont détruits avec un « Dumper », un engin de chantier « emprunté » non loin de là. Celui-ci est incendié peu après. Selon L’Est Républicain, le quartier « a de nouveau basculé dans l’anarchie la plus totale ». Quelle joie !

- 28 novembre 2020, Paris

Pendant la manifestation contre la loi « Sécurité globale », des caméras de vidéosurveillance sont incendiées, depuis leurs branchements à l’intérieur des poteaux où elles sont fixées.

- 1er-2 décembre 2020, Chambéry

Dans la nuit, des chariots de supermarché remplis de tissus sont incendiés sous des caméras de vidéosurveillance : l’un près d’une façade du centre social et d’animation du Biollay sur laquelle est fixée une caméra, l’autre sous un mât de vidéosurveillance.

- 8 décembre 2020, Compiègne

Vers 21 heures, un individu tire avec une carabine en direction des caméras de vidéosurveillance installées place Baudelaire, dans le quartier du Clos-des-Roses. Au moins une d’entre elles est détruite, située sur un bâtiment juste au-dessus du marché alimentaire. La caméra était reliée au centre de supervision urbain intercommunal et venait d’être installée depuis seulement un mois, lors du passage du quartier de deux à cinq caméras… En avril 2019, deux caméras, dans ce même quartier, avaient été détruites à l’aide d’une disqueuse thermique.

- 18 décembre 2020, Marseille

À l’initiative du collectif « Marseille Révoltée », plusieurs dizaines de caméras dans le centre-ville sont sabotées, détruites ou couvertes de peinture.

- Mi-décembre 2020, Portland (USA)

Des dizaines de sonnettes-caméras de surveillance « Amazon Ring » et « Google Nest » sont enlevées et détruites lors de promenades nocturnes dans les quartiers résidentiels de la ville. Un communiqué explique : « La présence croissante de ces visiophones constitue une dangereuse expansion de l’espionnage d’entreprise et de la surveillance panoptique de l’État. Les deux se renforcent mutuellement, le service Ring d’Amazon collaborant avec plus de 1 000 services de police, pour fournir des grande quantités d’images aux forces de l’ordre (...). Retirer ces caméras est un moyen facile et direct de s’en prendre à l’emprise de la surveillance des entreprises et de l’État, en contribuant à protéger les gens de la montée constante du techno-autoritarisme. Leur destruction est en même temps une attaque contre des entreprises-monstres comme Google et Amazon, qui sont parmi les entreprises qui profitent le plus de l’actuel enfer dystopique qu’elles ont créé et continuent de créer. Une action de ce type est rapide et facile à mener, immédiatement efficace et gratifiante (...). Les visiophones s’enlèvent facilement avec un petit pied-de-biche ou un levier, ou avec un marteau arrache-clous, à condition que l’extrémité de sa griffe soit suffisamment fine pour passer entre la caméra et le mur où celle-ci est fixée (...). Nique Google, nique Amazon, nique le panoptique et nique la police ! Bonne chance et amusez-vous bien !  »

- 20 décembre 2020, Toulouse

Vers 19h, deux hommes, de 17 et 19 ans, munis d’une scie circulaire thermique, scient le mât d’une caméra de vidéoprotection, chemin de Lestang, dans le quartier de la Reynerie. L’arrivée des policiers de la BST du Mirail met malheureusement fin à leur belle activité. Deux jours avant, dans le quartier d’Empalot, le même scénario s’était produit.

- 16 janvier 2021, Nantes

Pendant une manifestation contre la loi Sécurité globale, un individu, visage masqué, monte sur un mât support d’une caméra du Centre de supervision urbain (CSU), place du Pont-Morand, dans le centre-ville. La caméra est dégradée à coups de poing. En redescendant, il est interpellé par la BAC, qui tente de le menotter. L’individu réussit à s’enfuir, notamment aidé par une vingtaine de manifestant·e·s qui attaquent les bacqueux et leur jettent des projectiles. Un homme de 26 ans est ensuite arrêté le 16 février 2021 et devrait passer en procès le 17 novembre 2021.

- 21-22 janvier 2021, Reims

Dans le quartier Wilson, deux caméras de vidéosurveillance sont détruites dans la nuit, visées par des tirs d’arme à plomb. En 2017, deux caméras avaient été vandalisées dans le quartier d’Orgeval. Cette fois-là, les personnes avaient escaladé les mâts à quatre mètres de hauteur pour aller casser les caméras.

- 23-24 janvier 2021, Soissons

Le mât au sommet duquel était perchée une caméra de vidéosurveillance est mis au sol, dans le quartier de Presles. Les policiers qui se rendent sur place sont accueillis par une trentaine de personnes qui leur jettent des projectiles.

- 25 janvier 2021, Plaisir (banlieue parisienne)

Dans l’après-midi, des employés d’une société d’installation de caméras de « vidéo-protection » sont attaqués, dans le quartier du Valibout. Ils reçoivent notamment des projectiles et des jets de mortiers de la part d’un groupe d’une dizaine d’individus. L’arrivée de la police met en fuite les rebelles anti-caméras.

- 25 janvier 2021, Rotterdam (Pays-Bas)

Lors d’une soirée de protestation contre le couvre-feu sanitaire, au moins un mât de vidéosurveillance est renversé par une foule de gens.

- 24 février 2021, Saint-Gratien (banlieue parisienne)

Vers 17h15, rue des Raguenets, des individus installent une échelle pour atteindre la caméra située en haut d’un poteau et portent des coups dessus pour essayer de la briser. Mais la police arrive, faisant cesser le beau projet. Dans la nuit qui suit, vers 1h15, le poteau est cette fois attaqué à la disqueuse, complètement scié.

- 25 février 2021, Vénissieux (banlieue lyonnaise)

Dans le quartier des Minguettes, au 12 avenue Maurice-Thorez, une caméra située au 12e étage d’un immeuble est incendiée. Selon un article du Progrès, « les habitants se demandent encore comment les incendiaires ont pu atteindre cet équipement urbain. »

- 25 février 2021, Melun (banlieue parisienne)

Alors que des émeutes animent la ville en début de soirée, des individus s’en prennent vers 21h50 à un poteau sur lequel est fixée une caméra de surveillance. Selon un article du Parisien : « Elle est dégradée, ce qui coupe la connexion avec d’autres caméras. Les policiers interviennent à nouveau, notamment ceux de la brigade anti-criminalité. Sur place, ils voient des individus installer des barricades sur la rue Joachim-du-Bellay à partir de conteneurs d’ordures ménagères. A la vue des fonctionnaires, les personnes partent en courant. »

- 28 février 2021, Fréjus

Lors d’une troisième journée d’affrontements cette semaine-là entre la police et des habitant·e·s du quartier de la Gabelle, plusieurs mâts de caméras de vidéosurveillance sont incendiés.

- Février-mars 2021, Alès

En trois semaines, trois caméras de « vidéoprotection » de la ville d’Alès sont détruites au fusil, dans les quartier Cévennes et Près-Saint-Jean.

- Mars 2021, Bagnolet & Montreuil (banlieue parisienne)

Collages d’affiches contre la vidéosurveillance.

- 21 mars 2021, Marseille

Pendant le carnaval, les branchements intérieurs d’au moins un mât de vidéosurveillance sont incendiés, mettant hors-service les caméras qui y sont fixées.


[Marseille, 21 mars 2021.]

- 22-23 mars 2021, Pontoise (banlieue parisienne)

Vers 3h15 du matin, des individus sectionnent le poteau supportant une caméra, à l’angle de la rue Fontaine et de la rue Rodin, dans le quartier des Cordeliers.

- 24 mars 2021, Herblay-sur-Seine (banlieue parisienne)

Dans la soirée, une voiture en flammes est projetée sur un mât de vidéosurveillance, le faisant tomber, la caméra étant détruite dans l’incendie. Deux jours avant, deux individus avaient été mis en fuite par la police alors qu’ils tentaient de scier un autre mât de vidéosurveillance.

- 28 mars 2021, Rillieux-la-Pape (banlieue lyonnaise)

Alors que des émeutes ont lieu dans le quartier des Allagniers, le mât d’une caméra de vidéosurveillance est endommagé à la disqueuse.

- 27 mars-7 avril 2021, Limoges

Neuf caméras sont détruites dans le quartier de Beaubreuil, et plusieurs autres dans l’allée Fabre d’Églantine, notamment par des tirs d’armes à feu. En septembre 2020, des impacts de balle avaient déjà été constatés sur une caméra située sur un lampadaire haut de six mètres. Dans un article publié sur le site de France Bleu, Cyril Sarlin, le directeur de la sécurité, prévention et salubrité à la ville de Limoges déclare : « L’an dernier, nous avons eu neuf caméras de détruites dans ce quartier ».

- 11-12 avril 2021, Toulouse

Dans le quartier d’Empalot, vers 1h45 du matin, le mât d’une caméra de vidéosurveillance est scié à la disqueuse thermique. La police est caillassée quand elle arrive sur les lieux.

- 15-16 avril 2021, Canteleu (Seine-Maritime)

À 3h20 du matin, trois jeunes hommes, perchés sur une nacelle de chantier, détruisent une caméra de vidéosurveillance située en hauteur sur un immeuble, avenue de Versailles. Ils sont malheureusement arrêtés par la BAC dans la foulée.

- 17-18 avril 2021, Saint-Étienne

Dans la nuit du 17 au 18 avril, une trentaine de personnes occupent la place centrale : poubelles incendiées au pied d’un mât de vidéosurveillance et armoire électrique endommagée  : le quartier est plongé dans le noir.

- 20-21 avril 2021, Plaisir (banlieue parisienne)

Dans la nuit du 20 au 21 avril, après avoir bloqué les routes aux alentours avec des poubelles, une vingtaine d’individus au visage dissimulé tronçonnent à la scie circulaire les mâts de quatre caméras qui entourent le quartier du Valibout. Quand ils arrivent sur place, les policiers sont accueillis par des tirs de mortiers d’artifice. Trois semaines auparavant, toujours dans le quartier du Valibout, des individus avaient détruit deux autres caméras en suivant le même procédé.

- 28 avril 2021, Cali (Colombie)

Pendant la grève générale de fin avril/début mai, des émeutier·e·s s’attaquent à des poteaux sur lesquels sont fixées des caméras. À 6-8 personnes, à l’aide de cordes, iels attrapent les caméras et les font s’écraser au sol avant de les éclater à coups de pied et de pierres. Une autre personne est grimpée en haut d’un poteau pour défoncer les caméras à coups de bâton.

- 28 avril 2021, Medellín (Colombie)

Pendant la grève générale, des manifestant·e·s abattent plusieurs mâts de vidéosurveillance, et en incendient une partie.


[Medellín, 28 avril 2021.]

- Avril-mai 2021, Fréjus

Selon un article publié sur le site de France Info, un magistrat a déclaré que les caméras de vidéosurveillance du quartier de la Gabelle sont systématiquement détruites depuis quelques semaines.

- 1er mai 2021, Paris

Pendant la principale manifestation du 1er mai (intersyndicale et compagnie), plusieurs caméras de vidéosurveillance sont sabotées à la peinture en provenance du cortège de tête.


[Paris, 1er mai 2021.]

- 2 mai 2021, Reims

À l’angle du boulevard Wilson et de la place Mozart, un individu encapuché scie le mât de vidéosurveillance, probablement avec une disqueuse thermique. «  Cela arrive de temps en temps quand ces gens-là ont une nécessité impérieuse à faire disparaître une caméra  », déclare au journal L’Union Xavier Albertini, adjoint au maire, chargé de la sécurité.

- 5 mai 2021, Bogotá (Colombie)

Durant la grève générale, des manifestant·e·s sans peur se hissent sur des poteaux de signalisation routière et y arrachent des caméras de vidéosurveillance.


[Bogotá, 5 mai 2021.]

- 6 mai 2021, Cannes

Plusieurs poubelles sont incendiées sur l’avenue des Buissons-ardents, des véhicules de police sont caillassés et une caméra de vidéosurveillance détériorée.

- Début mai 2021, Jérusalem (Palestine-Israël)

Dans le quartier de Silwan, deux individus font tomber à la disqueuse un poteau sur lequel étaient fixées plusieurs caméras de vidéosurveillance.

- 9 mai 2021, Santiago (Chili)

Lors d’une journée d’actions contre la surveillance de l’État, deux caméras panoptiques de surveillance sont abattues dans les quartiers populaires de Villa Francia et Simón Bolivar.

- 23 mai 2021, Saint-Denis (banlieue parisienne)

Nathalie Voralek, adjointe à la ville de Saint-Denis en charge de la sécurité et de la tranquillité publique, retrouve sa voiture avec le pare-brise enfoncé. Un acte de vandalisme qui n’est pas le premier puisque l’élue a déjà retrouvé sa voiture avec les pneus crevés. Un entêtement qui ne doit rien au hasard selon elle. Citée dans un article d’Actu-Ile-de-France, elle déclare : « C’est clairement ma qualité d’élue à la sécurité qui est visée. Déjà la mise en place de l’extension des horaires, la brigade cynophile, l’armement, le fait que les policiers municipaux commencent à intervenir dans les cités avaient déjà eu pour conséquence des détériorations sur mon véhicule  ». Cette nouvelle dégradation intervient deux jours à peine après l’inauguration du nouveau Centre de supervision urbaine (CSU) de la ville et ses 93 caméras. Le nouveau CSU participe au développement de la vidéosurveillance à Saint-Denis, avec comme objectif 400 caméras d’ici les Jeux Olympiques de 2024...

- 29-30 mai 2021, Charleville-Mézières

Durant le week-end, dans les quartiers de Manchester et de la Ronde Couture, des containers à poubelles et des véhicules sont incendiés. Quatre caméras sur les sept du quartier Manchester sont détruites. À la Ronde Couture, le score est de deux sur neuf. Pour ces six caméras détruites, le préjudice financier pour la municipalité s’élèverait à près de 150 000 euros. Le maire LR de Charleville-Mézières, Boris Ravignon, a déclaré à France 3 : « Cela n’a rien de classique, c’est un scandale. Des équipes cagoulées ont découpé quatre dispositifs en plein jour avec des disqueuses, de manière successive, des caméras principales du quartier. Il s’agit d’un défi lancé à la loi républicaine. Le message c’est : on ne veut plus que vous sachiez ce qui se passe ».


[Charleville-Mézières, 31 mai 2021.]

Zanzara athée


[1] Lire par exemple la brochure « Brûler les foyers du virus technologique », publiée en 2020, notamment sur infokiosques.net.

[2] Plusieurs sites internet tentent de recenser les avancées technologiques en termes de vidéosurveillance, parfois en cartographiant la présence de caméras à travers la ville. Un « guide pour mettre les caméras toulousaines en retraite anticipée » a été publié sur iaata.info en mars 2020. Le site affiches.blackblogs.org propose quant à lui des PDF de plusieurs affiches contre la vidéosurveillance.

[3] Tout cela est bien sûr très loin d’être exhaustif, la plupart des actions restent totalement inconnues du grand public, des médias et de nous-mêmes. Pour trouver ces exemples concrets d’actions contre la vidéosurveillance, plusieurs sources ont été utilisées : les sites internet Sans Nom, Attaque, Sans Attendre Demain, Dépassement, La rue ou rien, Dijoncter, MIA, Paris-Luttes.Info, Twitter (#CamOver) et divers sites de la presse mainstream francophone.

[4] D’avril 2020 à fin mai 2021, une période comme une autre, c’était simplement le moment où se terminait l’édition de cette petite brochure.

[5] Les personnes intéressées par des vidéos (principalement auto-filmées) d’actions de sabotage de vidéosurveillance, parfois connues sous le nom de « camover », peuvent contacter zanzara[at]squat.net pour les recevoir via internet ou clé usb.