BROCHURES

Répression et solidarité
Textes sur les récentes attaques contre les lieux auto-organisés en Grèce

Répression et solidarité

Des solidaires (première parution : 2013)

Mis en ligne le 30 juillet 2013

Thèmes : Prison, justice, répression (89 brochures)
Squat, logement (25 brochures)

Formats : (HTML) (PDF,996 ko)

Version papier disponible chez : Infokiosque fantôme (partout)

“Nous sommes et nous serons là” : Texte des squatters de Villa Amalias, jeudi 20/12/12

Aujourd’hui 20-12-2012 la police a envahi Villa Amalias. Avec pour prétexte une dénonciation pour trafic des drogues, une perquisition a été effectuée en présence d’un procureur. Le résultat de leur perquisition est ridicule. Cependant Dendias déclare que tout cela prouve que Villa a été un centre d’anomie* pendant 22 ans et qu’enfin la loi est restaurée par « la volonté politique courageuse » de Samaras.

Par quelle acrobatie de raisonnement peuvent des bouteilles de bière vides être caractérisées comme « des éléments de fabrication de cocktails molotov » ? Dans un lieu où fonctionnent aussi une salle de concert et un bar, est-ce absurde qu’il existe un grand nombre de bouteilles de bière vides ? Qu’est-ce que veut dire « matériel inflammable » ? Peut-être parlent-ils des liquides pour nettoyer la machine d’imprimerie qui fonctionne dans le squat ? Devons-nous parler des masques à gaz dont tout manifestant respectant sa santé doit disposer ? Des moyens élémentaires d’autoprotection (pétards, lance-pierres etc) dans un lieu qui a à plusieurs reprises été attaqué par des gangs para-étatiques (incendies volontaires, coups de couteau, tabassages), avec pour point d’orgue 2008 lorsque le ministre de l’ordre public Markogiannakis a rendu visité aux « habitants » d’Agios Panteleimonas et que nous avons été attaqués quelques minutes après son départ.

Sous prétexte d’une perquisition ils tentent alors de réaliser leur rêve de longue date : L’invasion dans un lieu qui constitue pour eux un des symboles dans l’espace de tous ceux qui sont hostiles face à ce que la domination représente, l’imposition, la stérilisation, l’indifférence, la résignation, la soumission. En cela ils ont raison. C’est ce que nous sommes. Nous et les milliers de manifestants, personnes en lutte, squatters, grévistes, combattants de rue. Nous sommes les sans abri et ceux qui n’ont pas de foyer, les punks et les voyous, les végétariens et les féministes, les noctambules et les travailleurs, les pauvres et les désavantagés, les victimes du racisme et les vengeurs de l’injustice. Le ministre nous a caractérisés comme foyer d’anomie…

Et maintenant parlons sérieusement. Villa Amalias est une proposition d’organisation, qui par les temps de cannibalisme des mémorandums devrait être confrontée. L’attaque du capital sur le monde du travail nécessite la destruction de toutes ses structures. La dévalorisation des acquis dans le travail et des syndicats, les structures de solidarité et de désobéissance, les projets auto-organisés sont dans la ligne de mire.

L’agenda d’extrême-droite qui a prédominé depuis le commencement de la crise, a été mise en place avec les déclarations de Loverdos (ancien ministre de la santé) au sujet de bombe hygiénique, à l’encontre des grévistes de la faim de Ypatia. Cela a continué en ciblant les immigrés (mur d’Evros, centres de rétention, opération Xenios Zeus), la mise au pilori des séropositives narcodépendantes, et tout cela à l’aide de la violence d’extreme droite à l’encontre des immigrés, des homosexuels, des vendeurs à la sauvette. La torture des antifascistes de la patrouille à moto, dans le Quartier Général de la police d’Athènes (GADA), les attaques de squats et la répression sauvage de toute revendication sociale et de travail ne laissent aucun doute sur le fait que l’adversaire a formé un bloc compact compact devant lequel nous devons résister.

Nous sommes depuis 22 ans dans un bâtiment qu’ils avaient abandonné depuis des dizaines d’années. Nous le préservons et nous lui donnons vie. Nous sommes un squat qui a toujours les portes ouvertes à des groupes, des personnes et des projets qui font avancer la culture contre-marchande, la dignité humaine, les luttes sociales, de classe, antifascistes. Villa Amalias livre une bataille sérieuse pour protéger non pas les dix façades de ce lieu, mais les désirs, les rêves et les espoirs d’une vie plus libre pour tous. Nous appelons tous ceux qui retrouvent une part d’eux-mêmes dans l’existence de ce squat à livrer avec nous cette bataille cruciale. Les bourreaux-Don Quichottes attaquent ce moulin à vent alors qu’en réalité ils chassent des idées. Pour eux ce sont elles qui sont illicites. Ils chassent des chimères ils recevront des cauchemars.

LIBERATION IMMEDIATE DES SQUATTERS DE VILLA AMALIAS !

*anomie : absence de lois/infractions à la loi

Athènes : Descente de flics et perquisition à l’Université d’Économie (ASOEE) le 28.12.2012

Après la descente à Villa Amalias le 20 décembre l’État décide de frapper un autre “repaire d’illégalité”, c’est-à-dire le studio et l’antenne de la station libre 98 FM, hébergée à l’École d’Économie d’Athènes (ASOEE).

Toute la scène est une reprise, ou pour être plus précis, la suite, d’une mauvaise série télé sur l’invasion du squat Villa Amalias une semaine avant. Pareil, un coup de fil anonyme précède l’invasion mais cette fois-ci il s’agit de commerce illégal ! Et ce coup de fil d’importance nationale a été tout de suite transféré à la justice qui parait étonnée d’une telle activité en plein centre ville… ! C’est pourquoi des CRS et d’autres troupes ont été sollicitées pour combattre ceux qui ont condamné la Grèce à une récession économique sans fin : les vendeurs à la sauvette et les réfugiés africains qui vendent des CDs copiés et des statuettes en bois ! Mais il s’agit déjà d’images quotidiennes, les cannibales de CRS qui chassent avec leurs matraques et leurs motos les vendeurs qui entrent dans la cour de l’université pour se sauver.

Mais cette fois il y a le procureur. Tout de suite la fac est envahie de flics, malgré l’ancienne loi d’asile qui proscrit l’entrée de la police dans les lieux universitaires et religieux, et 16 personnes sont arrêtées. Mais l’enquête doit continuer jusqu’au bout ! C’est pourquoi les portes de la faculté sont ouvertes et sur les 5 étages qu’il y a au total, le procureur va fouiller au sous-sol… entièrement par hasard ! C’est là qu’est situé le squat universitaire autogéré. La porte du squat universitaire est par maladresse cassée par les flics et parmi 5 ou 10 bouteilles de bière vides, des drapeaux et 2 ou 3 masques à gaz, ô la surprise, le secret jalousement gardé est révélé : une station radio fonctionne dans la fac ! Le matériel technique est probablement considéré comme un produit de commerce illégal des idées, il est donc confisqué par les flics.

L’antenne, avec l’émetteur et le reste des machines sont démontées et confisquées, elle émet illégalement des ondes-radios. Les médias se demandent : “Mais ils avaient une station radio entière !?”

Mais qu’est-ce qu’on entend en ce moment à 98FM, une fois que Dendias, le ministre de l’Ordre Public, a enlevé l’antenne du studio de l’École d’Économie ? Est-ce qu’on entend des parasites ? Non … Est-ce qu’on entend une radio-station légale ? Mais non ! On entend bien clairement (et illégalement) en direct des lieux inaccessibles du Parc d’Antennes étatique, Free FM.
La station radio qui s’est montée il y a 7 ans avec l’accord complet des gouvernants et des idéologues de totalitarisme pour chevaucher la fréquence sur laquelle 98 FM émettait depuis 2002.

Mais assez parlé de leur hypocrisie.
Pour aller à l’essentiel : nous ne sommes affiliés à aucun pouvoir financier ou politique. Nous ne tirons aucun profit économique sur le fonctionnement de la station. Nous n’exprimons la tendance d’aucun parti ou association mais celle des gens qui acceptent les accords politiques minimum de la station. Chacun dans ce cadre là peut participer au fonctionnement de la station et parler au micro. On n’a pas de CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel), ni quelconque agence formelle ou informelle.

C’est pour ça qu’ils veulent nous faire taire. Mais ils n’y arriveront pas. Comme à chaque époque, le discours libre et les idées minoritaires trouvent leur chemin vers la surface. Et Monsieur le Ministre est trop petit pour jeter son ombre sur nos paroles.
On continue d’émettre sur 93.8FM et sur le net. Vous voulez l’enterrer, mais vous oubliez que c’est une graine,
 LA CONTRE-INFORMATION NE PEUT PAS ÊTRE RÉDUITE AU SILENCE.

Radiozones d’expression subversive

Athènes : Déclaration des 93 arrêtés depuis le quartier général de la police  "Nous recommencerons autant de fois qu’il le faudra"

Squat pour toujours, Villa Amalias

Rien de plus que notre position non-négociable pour les espaces sociaux que nous soutenons et qui nous soutiennent en retour. Rien de plus que ce que nous faisons toutes ces années dans les squats, les lieux autogérés, les manifestations, les grèves et dans les rues.

Pour cette raison, les autorités qui ont placé des gardes armés hors de Villa Amalias n’auraient jamais pu nous rendre déçus, nous casser notre moral, nous faire arrêter, nous faire abandonner.

Aujourd’hui, le 9 janvier, nous compagnons avons ré-occupés le bâtiment de Villa Amalias à la barbe des forces répressives qui le gardaient. Un bâtiment lié à l’histoire du mouvement subversif de ces 22 dernières années, mais aussi avec les idéaux qu’il incarne pour nous.

Dès le début, une banderole a été déployée et une sono a été montée afin de lire des textes. Au même moment, des centaines de personnes solidaires se sont rassemblées autour du squat. Deux heures plus tard, et sans la présence d’un procureur, les forces de l’EKAM [unité anti-terroriste de la police, équivalent du GIGN], couvertes par tous types d’unités policières plus un hélicoptère ont envahi le squat, nous arrêtant.

Peu de temps après, des compagnons ont occupé le QG du parti gouvernemental de Gauche Démocratique (DIMAR), mettant en lumière l’alignement complet de ce parti avec les choix de Samaras [premier ministre] et de Dendias [ministre de l’intérieur]. Après une intervention de la police, tous les 40 compagnons ont été arrêtés.

L’État, dans sa tentative de faire cesser les actions de solidarité qui ont suivie, a choisi d’envahir un autre lieu social de plus, le squat Patision 61 et Skaramanga, arrêtant cette fois 8 de nos compagnons en plus.

Nous avons ré-occupé Villa Amalias sous garde en sachant qu’il allait être attaqué et qu’assurément nous serions arrêtés. Nous recommencerons, autant de fois qu’il le faudra, pour celui-ci et pour tout autre lieu de résistance de ceux d’en-bas qui pourront être attaqué. Nous le redisons, sans nous fatiguer : ni leurs armes, ni leurs calomnies, ne nous font peur. Avec la ré-occupation d’aujourd’hui nous avons montré comment l’attaque de grande ampleur de l’État, qui cible aujourd’hui les squats, les lieux autogérés et les structures du mouvement anarchiste/anti-autoritaire, tout comme les luttes sociales-de classe, n’est pas sans alternative. Le courage, la détermination dans la lutte, et le désir d’un monde d’égalité et de liberté s’avèrent être plus forts que leurs armées.

Ils ne réussiront jamais à nous battre, car peu importe combien de forces répressives ils mobilisent, ils ne peuvent étouffer la résistance, la dignité et la solidarité.

Ils ne réussiront jamais à nous battre, parce que nous ne sommes pas cent, nous sommes des milliers. Nous faisons partie du monde qui lutte contre la barbarie capitaliste, le terrorisme étatique et le tournant fasciste. Nous faisons partie des travailleurs locaux et immigrés, chômeurs, étudiants, de ceux qui résistent dans les quartiers, des personnes en lutte poursuivies et arrêtés, qui ne baissent pas la tête. À leur côté, nous levons en l’air un poing de résistance comme au moment de notre arrestation.

Notre propre arme est la solidarité, que nous avons senti très fortement aujourd’hui. Notre force est la résistance collective.

À l’heure du mémorandum, renforcement et appauvrissement de la société sont le futur décrété par l’État et le capitalisme ; à ce moment là, quand la violence du système s’intensifie et que l’état d’exception permanent installe le totalitarisme, la révolution sociale est le seul chemin vers l’avant. Dans ces circonstances, nous nous tenons consciemment debout de manière ferme, mobilisant l’autogestion, la résistance et la solidarité – et tentant de faire ce grand pas en avant… organiser la contre-attaque sociale et de classe. Au moment où la condition dominante dit “nous allons tout perdre”, nous luttons pour son inversion : “gagnons tout !”.

Si nous ne changeons pas les choses, personne ne le fera. Tout continue… Face à l’ouragan de la répression, opposons la tempête de la solidarité !
Tout le monde dans la rue, là où tout se détermine.

Bas les pattes des squats Villa Amalias, Skaramaga, du steki autogéré d’ASOEE, du steki Xanadu, du squat Delta, de tous les squats, lieux autogérés et luttes sociales.

Les 93 arrêtés de Villa Amalias
 [9-1-2013]

Communiqué de revendication pour des attaques incendiaires sur trois jours

15 janvier 2013

Chaque fois que vous nous attaquez, nous devons frapper en retour.

Vous expulsez nos bâtiments, vous emprisonnez nos compagnons et vous attaquez nos manifestations. Nous brûlons vos bureaux, vos banques et vos services. Vous réprimez les subversifs, le mouvement radical afin de "vendre" la paix, l’ordre et la sécurité. Vous lancez des attaques contre nous parce que vous voulez faire du pied à vos électeurs d’extrême-droite qui quittent vos rangs pour Chrissi Avgi/Aube Dorée, afin de leur montrer que vous êtes également fasciste. Vous tentez de maintenir votre domination en investissant dans le traitement de "l’absence de loi". Vous nous combattez seulement pour cacher vos plus ignobles scandales, votre corruption et vos pots-de-vin. Vous condamnez la violence tandis que vous jetez des populations entières dans la pauvreté. Nous prévoyons la fin de votre monde. Nous avons déjà jeté les fondations de notre civilisation et nous nous élargissons continuellement. Nous souhaitons n’avoir rien à voir avec vos valeurs pourries. Solidarité, liberté, égalité. Voilà nos principes. Ôtez vos pattes de nos engagements et compagnons. Vos efforts pour stopper notre expansion tomberont dans des oreilles de sourds. Cela fut montré par la manifestation du samedi 12 janvier ; cela fut montré par les nuits enflammées antérieures à aujourd’hui.

Nous revendiquons la responsabilité des attaques incendiaires sur trois jours (vendredi/samedi/dimanche 11-13/01) :

- Sur des permanences des organisations suivantes : les permanences du parti Nea Dimokratia à Dafni, Halandri, Glyfada, Argyroupoli et Kypseli ; la permanence du parti PASOK à Glyfada ; les bureaux de la Compagnie Publique d’Éléctricité à Menidi.

- Sur des DAB de succursales bancaires : à Vyronas (deux DAB dans le même quartier), Nea Smyrni, Neo Iraklio, Kaisariani (deux DAB dans le même quartier), Kypseli, Papagou et Drapetsona (deux DAB dans le même quartier).

- Deux succursales bancaires à Kaisariani
- Une voiture du corps diplomatique à Elliniko
- Un véhicule de la Poste Hellène (ELTA) à Ilion
- Et pour finir, une moto de flic à Zografou.

Solidarité avec les squats Villa Amalias, Skaramaga et Lelas Karagianni, et avec les compagnons qui sont poursuivis.

Chronologie des attaques contres les squats en Grèce et des actions de solidarité

Décembre 2012

20 décembre : le squat Villa Amalias situé au croisement des rues Acharnon et Cheyden à Athènes est expulsé au matin, le prétexte utilisé pour cette démonstration de force répressive étant une “plainte anonyme” concernant un trafic de drogue. Huit compagnons présents dans le bâtiment sont arrêtés lors de l’opération et conduits au quartier général de la police, GADA. Un rassemblement de solidarité avec un système audio débute dès 7h30 et se tiendra toute la journée. Le soir, vers 11h30, une manifestation spontanée de solidarité forte de 1.000 personnes part de l’université ASOEE et se dirige vers le squat, dans une ambiance électrique. La situation avec les flics est tendue mais aucun affrontement n’éclate et la marche retourne à ASOEE où elle se disperse. Le squat reste sous haute surveillance de la police.

21 décembre : les huit arrêtés à Villa Amalias passent devant le procureur au tribunal d’Evelpidon puis devant le juge d’instruction, un rassemblement y est organisé qui regroupera 300 solidaires. Le procès est reporté au 24 décembre.

22 décembre : une manifestation antifasciste appelée depuis trois semaines dans le quartier où se trouve Villa Amalias part d’Agios Nikolaous et se dirige vers l’avenue Patission. À cause de l’expulsion, le caractère de la manifestation prend une dimension plus large et rassemble environ 1.000 personnes, surtout des anarchistes.

24 décembre : les arrêtés de Villa Amalias passent à nouveau en procès et dès 09h00 300 personnes se rassemblent au tribunal d’Evelpidon. Les accusés seront relâchés dans la soirée, cinq parmi les huit le sont sous conditions restrictives (pointer une fois par mois au commissariat).

27 décembre : un événement est organisé sur la place Victoria, toute proche du squat Villa Amalias, avec une représentation d’une pièce de théâtre et des projections sur l’histoire des squats en Grèce, environ 300 personnes y assistent.

24 décembre : un rassemblement avec système audio est organisé sur la place Monastiraki, non loin de la place Syndagma, qui est suivie par une manifestation dans les rues les plus touristiques et commerçantes d’Athènes. Environ 500 anarchistes y participent dans une ambiance joyeuse.

28 décembre : dans l’après-midi, c’est au tour de l’université d’ASOEE d’être entièrement perquisitionné. Tous les stekis (lieux politiques autonomes ou non, dans le cas d’ASOEE squattés) sont fouillés, la cible principale étant celui des anarchistes où les flics, secondés par un procureur et le recteur, saisissent une station de la radio pirate 98fm et divers objets. 16 immigrés vendeurs de rue sont arrêtés à l’intérieur du bâtiment puis tous relâchés le lendemain à l’exception de deux qui n’ont pas de papiers et sont envoyés en centre de rétention. Une manifestation est organisée à minuit dans le quartier de Psiri (lieu de sortie très prisé à Athènes) à laquelle participent 60 anarchistes. Il est important de noter qu’une opération policière de cette envergure n’a pas eu lieu depuis la chute de la junte des Colonels en 1974.

29 décembre : une manifestation contre la répression se tient dans le centre d’Athènes et malgré la pluie battante, 800 personnes marchent dans les rues du centre-ville. Le concert prévu dans la soirée sur la place Monastiraki est annulé pour cause d’intempéries.

31 décembre : à l’occasion du nouvel an et après le rassemblement devant la prison de Korydallos, 50 anarchistes se retrouvent sur la place Victoria pour crier des slogans pendant une demie-heure et marquer ainsi le fait que l’endroit ne restera pas sans présence combative. La fermeture du squat porte un coup sévère à la présence anarchiste dans un quartier fortement immigré et le théâtre de nombres d’attaques racistes et fascistes, Villa Amalias étant un rempart contre ces dernières.

Janvier 2013

8 janvier : avec la fin des vacances, l’université d’ASOEE est rouverte. Des anarchistes s’y rassemblent pour la journée, déploient une banderole sur la façade et installent un système audio pour lire des textes. Un concert hip-hop se tiendra dans la soirée sur le parvis.

9 janvier : Villa Amalias est réoccupée au petit matin. Malgré la présence de solidaires dans les environs du squat, les compagnons présents dans le bâtiment sont tous arrêtés après que les flics de l’unité anti-terroriste aient forcés la porte. 93 personnes sont arrêtées et amenées à GADA. Peu de temps après, à 09h00, 40 anarchistes qui avaient menés une occupation symbolique du siège du parti politique DIMAR (participant au gouvernement) afin de soutenir la réoccupation, sont arrêtés et emmenés eux aussi à GADA. À 14h00 une manifestation d’environ 500 personnes se tient dans la rue Ermou, près de la place Syndagma, où le premier ministre Samaras tient un discours dans un bâtiment. Les flics anti-émeutes repoussent les manifestants vers la place Monastiraki où elle repartira vers l’École Polytechnique. Dans l’après-midi, à 15h, le squat Patision 61 & Skaramaga est expulsé par de très nombreuses forces de police, 8 compagnons sont arrêtés et emmenés eux aussi à GADA. Un rassemblement de solidarité débute de suite et dans la soirée une manifestation devant GADA verra 1.500 personnes y participer, tandis que 400 anarchistes resteront dans l’École Polytechnique pour s’assurer que l’endroit reste ouvert. Les compagnons arrêtés à DIMAR sont relâchés dans la soirée sans aucune poursuite judiciaire (le parti à refusé de porter plainte). La situation dans le quartier d’Exarchia est tendue dans la soirée avec quelques heurts avec les flics présents tout autour du quartier. C’est la première fois depuis 15 ans en Grèce qu’autant d’anarchistes sont arrêtés dans une même journée (142 personnes).

10 janvier : les 93 arrêtés de la ré-occupation de Villa Amalias passent devant le procureur au tribunal d’Evelpidon.

12 janvier : une des plus grandes manifestations du milieu anarchiste grec a lieu dans le centre d’Athènes. Les manifestants commencent à se rassembler à Propylea à partir de 12h00 et la manif débute peu de temps après 14h, se dirigeant vers le tribunal d’Evelpidon où passent les 92 compagnons arrêtés pour la suite de la réoccupation de Villa Amalias. On estime que 10.000 personnes sont présentes à la manif, dans la majorité du milieu anarchiste, mais aussi d’organisations de gauche. Le déploiement policier est quant à lui énorme, avec beaucoup de flics anti-émeute dans tout le centre ville, en plus de forces motorisées et un hélicoptère. Il y a plusieurs moments de tension et des gazages à deux reprises. Une fois devant le tribunal, les manifestants restent plus d’une demi-heure pour montrer leur soutien aux compagnons accusés et ensuite la manif’ continue en direction du quartier d’Exarchia où finalement les groupes des différents collectifs se dispersent. Les compagnons arrêtés à Villa Amalias sont tous relâchés en liberté conditionnelle sans caution. Cependant, ils doivent se présenter une fois par mois dans le commissariat le plus proche de leur lieu de résidence et ils n’ont pas le droit de quitter le territoire national.

15 janvier : à 13h00, les flics perquisitionnent le squat Lelas Karagianni 37, y arrêtent les squatteurs présents ainsi que deux personnes parmi ceux venues immédiatement en solidarité. Environ 200 anarchistes se rassemblent sur la place Amerikis dans l’heure qui suit. Tous les arrêtés sont relâchés dans la soirée pour fautes de preuves pouvant conduire à une garde-à-vue et du refus du propriétaire du bâtiment de porter plainte. Les flics quittent le squat et plusieurs dizaines de compagnons occupent à nouveau le lieu.

24 janvier : les compagnons arrêtés dans le squat Patision 61 & Skaramaga passent en procès au tribunal d’Evelpidon. Le procès est reporté à cause de l’absence des parties civiles.

Quelques précisions :

Il faut noter que dès le début de cette vague d’attaque contre les squats et lieux auto-organisés, l’État par le biais de ses représentants accompagnera les opérations répressives par un discours ciblant ce qu’il appelle les "foyers d’illégalité" et la nécessité de les écraser. Une liste des squats menacés d’expulsion comprenant 40 lieux est diffusée. Ce discours sera abondamment repris par les médias de masse qui feront les gros titres des expulsions, diffuseront les pires mensonges et calomnies (dans le cas de Villa Amalias on parlera de "vendeurs de drogue", "toxicomanes" voire de "juifs satanistes"). Divers partis politiques tenteront aussi de promouvoir leur officine en prenant soit la défense des squats (tels SYRIZA ou encore DIMAR, le dernier refusant par exemple de porter plainte pour l’occupation de son siège le 9 janvier) ou au contraire en appelant à encore plus de répression (comme Aube Dorée qui donnera le 20 décembre une liste de lieux qui reste à expulser). Comme d’habitude, les charognards de tous poils et objectifs sont à l’affût.

De plus de très nombreuses initiatives de solidarité (rassemblements, manifestations, actions directes) se tiendront à travers toute la Grèce et dans le monde dès le début des événements. Il est impossible de rendre compte ici du nombre de textes, d’affiches et d’actions qui ont eu lieu. À noter que des attaques incendiaires seront dirigées contre plusieurs permanences de partis politiques, des maisons où vivent des journalistes et celle du frère du porte-parole du gouvernement. De très nombreuses assemblées se tiennent quasi-quotidiennement dès le 20 décembre à l’École Polytechnique, puis de manière hebdomadaire, nombres d’actions, de manifestations et d’événements y sont organisés.

Les squats expulsés et perquisitionnés se trouvent tous dans le centre d’Athènes, Villa Amalias, ouvert en 1990, étant l’un des symboles des squats en Grèce par son âge et sa présence dans le milieu anarchiste et dans le quartier. Villa Amalias a été expulsé dans le passé 3 fois mais toujours réoccupé. Lelas Karagianni 37 est le plus vieux squat de Grèce (24 années d’existence) et Patision 61 & Skaramaga a été ouvert en 2009 suite à la révolte de décembre 2008. L’université d’ASOEE, situé dans la même avenue que Skaramaga, est un lieu de vente pour les immigrés où la police est présente quotidiennement (flics en civil, anti-émeutes, à moto) et mène des attaques contres ces derniers depuis maintenant 5 ans. Cette situation a conduit à de nombreux affrontements entre les flics et les immigrés soutenus par les anarchistes.

Sources : contrainfo.espiv.net ; athens.indymedia.org

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