THEMES
26 janvier 2010 - Collectif 1984
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Ce plaidoyer, publié initialement en 1996, veut s’attaquer aux mille et un mécanismes qui sont le plus souvent mis en avant pour nous empêcher de nous reconnaître comme faisant partie d’une seule et même classe sociale, nous qui travaillons pour (sur)vivre et qui sommes soumis-es à ce titre, à un même dénominateur commun : l’exploitation.
Cette vérité toute simple est aujourd’hui tout bonnement « imprononçable » : on ne peut plus dire l’exploitation. L’évoquer, c’est la plupart du temps voir son interlocuteur balayer la question d’un revers de main fatigué, en arguant de la « complexe réalité » pour finalement noyer le poisson de l’exploitation dans les eaux confusionnantes des « différences culturelles », des « conditions particulières dans le tiers-monde », des soi-disant progrès dans les pays dits socialistes, de la charge plus ou moins lourde du labeur, ... toutes choses qui aboutissent à démanteler la communauté d’intérêts qui nous relie.
30 septembre 2009 - Jean
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En 1981, Jean était syndiqué CGT à Saulnier-Duval, l’une des principales usines métallurgiques de la région nantaise, au sein de laquelle il subsistait encore des rétifs parmi les damnés de la chaîne de montage, plus de dix ans après Mai 68. D’où l’ambiance faite de réticences au travail, de coulages larvés de la production, parfois même de sabotages. Avec quelques autres complices, Jean diffusa largement cette lettre ouverte devant bon nombre d’usines en Loire-Atlantique, en commençant par Saulnier-Duval, et après avoir expliqué les raisons de sa démission en assemblée générale, sous les cris de haine des staliniens.
30 juin 2009 - Leopold Roc , Os Cangaceiros
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Ce texte revient sur deux siècles d’une industrialisation menée à grand train dans le processus d’expansion du capitalisme moderne, de son accompagnement par l’idéologie du progrès et du travail, ses multiples apôtres et relais, notamment parmi les souteneurs auto-proclamés de ceux et celles qui devaient faire les frais de cette domestication, les classes laborieuses. Il nous parle de la perte progressive d’autonomie, des diverses résistances à la construction de la société carcérale dans laquelle nous vivons, et contre laquelle d’autres se sont battus avant nous. Il nous rappelle aussi que, des luddites d’Angleterre aux révoltes insurrectionnelles qui ont traversées l’Histoire, la destruction du Capital ne sera possible que si des exploités décident de se lever et d’en finir avec ce qui nous détruit.
10 avril 2009 - Jacques Mucchielli , Léo Henry
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« Lundi après-midi, tu n’arrêtes pas de tourner la tête vers la pendule de l’atelier. Tu te demandes si tu oseras le faire. Si tu arrêtes le travail et que la plupart des autres continuent, est-ce que tu ne vas pas te faire virer ? Et si tout le monde hésite comme toi, est-ce que ça va marcher ? Tu retournes le problème dans ta tête comme si c’était un simple cas de conscience, une affaire entre toi et toi seule. Comme si c’était la même chose que ne pas chauffer toutes les pièces de ta maison pour faire des économies d’énergie.
Mais ce n’est pas la même chose. Tu n’es pas un individu seul, ta décision n’a rien de personnel. Elle change quelque chose, parce qu’elle ne fait pas de toi juste quelqu’un de plus, un chiffre parmi ce nombre qui n’a jamais aucune prise sur rien. Aujourd’hui tu peux décider, tu peux faire partie d’une force collective, tu peux avoir prise sur ta réalité, sur ta situation.
À l’heure dite il y a un instant de flottement. Tous lèvent la tête de leurs machines, vous vous regardez en hésitant. Il te semble que le bruit des autres ateliers s’est atténué. Un ouvrier se lève de sa chaise à quelques mètres de toi. Et, lentement, chacun abandonne son poste sans rien dire, dans un silence incroyable. Tu te rends compte que tu es debout toi aussi, que tu te diriges vers la pointeuse. Tu ne t’es pas levée la première. Mais je me suis levée. »
Demain l’usine est une nouvelle extraite de Yama Loka Terminus – dernières nouvelles de Yirminadingrad , de Léo Henry & Jacques Mucchielli, paru à L’Altiplano en juin 2008.
16 février 2009 - George Woodcock
Maintenant, le mouvement de l’horloge donne la cadence aux vies humaines : les humains sont asservis à la conception du temps qu’ils ont eux mêmes produite et sont maintenus dans la peur, comme Frankenstein par son propre monstre. Dans une société saine et libre, une telle domination arbitraire de la fonction humaine par l’horloge ou la machine serait hors de question.
8 février 2009 - John Holloway
1968, pourquoi parler de 1968 ? John Holloway évoque l’explosion de cette révolte contre le travail abstrait dont l’écho résonne encore aujourd’hui.
15 janvier 2009 - Nanni Balestrini
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« Qu’est-ce que c’est, le salaire d’un ouvrier. Moi, ma feuille
de paie, je ne la lisais jamais, parce que je m’en foutais pas
mal. Mais sur la feuille, il y a toutes les cases dans lesquelles
le patron divise la paie qu’il donne à l’ouvrier. En gros, deux
parties : la première partie, c’est le salaire de base, il correspond
aux heures de travail qu’on a faites à l’usine. Ça devrait être le seul
salaire. En réalité, il est toujours très bas, c’est-à-dire qu’il ne suffit
jamais au minimum vital de l’ouvrier. Alors, il y a l’autre partie
du salaire, la partie mobile. Dans la partie mobile, il peut y avoir
plusieurs cases : prime de production, prime d’assiduité, prime
de rendement, indemnités
variées, et caetera.
Toutes ces divisions ne servent qu’à lier le salaire de l’ouvrier
à la production du patron. Le salaire au rendement, par
exemple, c’est la paie pour le nombre de pièces que produit
l’ouvrier. Moyennant quoi, l’ouvrier doit toujours être zélé
et obéir aux ordres de ses chefs. Parce que c’est eux qui établissent
cette partie variable de son salaire, qui lui est absolument
indispensable pour vivre. Et qui permet au patron de
maintenir un contrôle politique sur la classe ouvrière, de faire
qu’elle accepte de collaborer à sa propre exploitation.
Et c’est
la raison pour laquelle, quand, nous, on demande
des augmentations
sur le salaire de base, le patron et les syndicats
veulent toujours nous les donner sur la partie variable. »
12 novembre 2008 - Emile Pouget
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C’est au nom des prescriptions de cette morale spéciale que les ouvriers doivent trimer dur et sans trêve au profit de leurs patrons et que tout relâchement de leur part, dans l’effort de production, tout ce qui tend à réduire le bénéfice escompté par l’exploiteur, est qualifié d’action immorale.
Par contre, c’est toujours en excipant de cette morale de classe que sont glorifiés le dévouement aux intérêts patronaux, l’assiduité aux besognes les plus fastidieuses et les moins rémunératrices, les scrupules niais qui créent l’honnête ouvrier, en un mot toutes les chaînes idéologiques et sentimentales qui rivent le salarié au carcan du capital, mieux et plus sûrement que des maillons de fer forgé.
Pour compléter l’oeuvre d’asservissement, il est fait appel à la vanité humaine : toutes les qualités du bon esclave sont exaltées, magnifiées et on a même imaginé de distribuer des récompenses - la médaille du travail ! - aux ouvriers-caniches qui se sont distingués par la souplesse de leur épine dorsale, leur esprit de résignation et leur fidélité au maître.
De cette morale scélérate la classe ouvrière est donc saturée jusqu’à profusion.
Depuis sa naissance, jusqu’à la mort, le prolétaire en est englué : il suce cette morale avec le lait plus ou moins falsifié du biberon qui, pour lui, remplace trop souvent le sein maternel ; plus tard, à la "laïque", on la lui inculque encore, en un dosage savant, et l’imprégnation se continue, par mille et mille procédés, jusqu’à ce que, couché dans la fosse commune, il dorme de son éternel sommeil...
9 novembre 2008 - Michael Seidman
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L’historien Michael Seidman essaye dans ce texte de démontrer comment les révolutionnaires espagnol-e-s n’ont pas réussi, en 1936, à dépasser les contradictions inhérentes au travail comme forme d’organisation sociale dominante.
Quand la révolution a éclaté à Barcelone en juillet 1936, les révolutionnaires ont eu besoin de toute l’aide et de l’appui qu’ils pourraient obtenir, aussi bien des travailleurs que des travailleuses qu’ils prétendaient représenter. À la radio et dans d’autres médias, les partis et syndicats ont fait des appels pour obtenir l’appui des femmes dans la lutte contre les nationalistes de Droite (...) De nombreuses femmes ont refusé de se sacrifier pour le bien de la lutte et ont défendu leurs besoins personnels, pas ceux de la république ou la révolution.
27 juin 2008 - Emile Pouget , Non Fides , R.T.O. , S.I.P.N.
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Au sommaire :
- Travailler, pour quoi faire ? (Non Fides)
- La Délation en entreprise (Non Fides)
- Et après, que nous reste-t-il ? (Non Fides)
- Les Patrons sont ils indispensables ? (anonyme)
- Il y a des choses qui explosent la boite crânienne (Non Fides)
- Courtois, Accueillant, Dynamique, Organisé, Rigoureux (Non Fides)
- Benzoriders (R.T.O)
- On aimerait faire grève (SIPN)
- A propos d’une idée ignoble appelée compétition (Non Fides)
- La grève générale (Emile Pouget)
La bande dessinée "Les patrons sont ils indispensables ?" n’est visible que dans le fichier PDF de la brochure.
Vous pouvez télécharger la brochure au format PDF page par page lisible sur votre écran sur le site de Non Fides.
20 avril 2008 - Anonyme
Traduit de l’anglais par "Le bloc de l’Est : Hoche la tête !", À Bas les Restaurants est un guide illustré sur la vie quotidienne des travailleurs de restaurants, leurs misère, stress et aliénation, mais aussi comment ils luttent contre cette vie. S’appuyant sur plusieurs idées anti-capitalistes et sur une grosse tranche d’expérience personnelle, c’est moitié analyse, moitié appel aux armes.
8 avril 2008 - Collectif
Cette brochure a été réalisée dans le seul but d’en finir avec le travail obligatoire, et avec le capitalisme de manière plus générale...
Au sommaire :
- Le sens des maux
- Contre la bêtise du travail au bureau, vive le mauvais esprit !
- Sabotage dans les entreprises américaines
- Guide de survie au boulot
- La France d’en bas contre-attaque
- Comment virer son patron
- L’informatique dans l’entreprise
- Quelques exemples de sabotage en entreprise
- Bibliographie
19 novembre 2007 - Mouvement pour les occupations
Quelques remarques pour élever le débat dans les AG et les manifs à propos du système des retraites... Peut être utile lorsque le sujet ressort pendant un mouvement social, par exemple.
L’argumentaire part de lieux communs pour poser la question du système salarié qui implique celui des retraites.
25 février 2007 - H.S.
Révolte ouvrière dans un de ces pays d’Asie où les conditions d’exploitation et de survie ne sont plus supportables... Où l’on en vient à incendier l’usine elle-même...
Texte tiré de Echanges et Mouvement (http://mondialisme.org)
18 février 2007 - Bob Black
Ce texte définit en quoi le travail est un crime contre l’humanité en lui-même ou à travers ses conséquences. Pour l’abolir, Bob Black propose une révolution ludique...
« Les employés, enrégimentés toute leur vie, happés par le travail au sortir de l’école et mis entre parenthèses par leur famille à l’âge préscolaire puis à celui de l’hospice, sont accoutumés à la hiérarchie et psychologiquement réduits en esclavage. Leur aptitude à l’autonomie est si atrophiée que leur peur de la liberté est la moins irrationnelle de leurs nombreuses phobies. »
sommaire :
NUL NE DEVRAIT JAMAIS TRAVAILLER
MISÈRE DU SALARIAT
L’ESCLAVAGE VOLONTAIRE
PRODUIRE, POURRIR, MOURIR
L’ABOLITION DU TRAVAIL
LA RÉVOLUTION LUDIQUE
8 février 2007 - A. Vega , Cajo Brendel
Les 16 & 17 juin 1953 éclate une insurrection ouvrière à Berlin-Est, qui se répand rapidement dans toute l’Allemagne de l’Est.
A l’origine : des ouvriers du bâtiment qui travaillent sur la Stalinallee et qui dénoncent l’augmentation des cadences dans les usines et les chantiers, à salaire constant.
Un des événements majeurs du xxème siècle, où le capitalisme d’Etat du "bloc de l’Est" perd, aux yeux de beaucoup, sa façade dite "communiste"...
sommaire
1/ Emeute à Berlin. Les journées de Berlin-Est racontées par des anarchistes qui y prirent part. Contre-courant n°11, 1953.
2/ L’insurrection ouvrière en Allemagne de l’Est. Lutte de classe contre le bolchevisme. Cajo Brendel, Echanges & Mouvement, 1980.
3/ Signification de la révolte de juin 1953 en Allemagne Orientale. A. Vega, Socialisme ou Barbarie n°13, mars 1954.
10 août 2006 - Alfredo M. Bonanno
Ce texte prend position contre le travail, pas seulement pour une réduction du temps de travail ou pour une meilleure organisation du travail. Il n’envisage l’activité humaine qu’à travers le dépassement de la société du travail.
« Le travailleur risque en permanence de tomber dans un piège difficilement repérable qui le contraint à négocier quelques arrangements au détriment de sa combativité devenue seulement potentielle. De tels arrangements, qui autrefois étaient définis par les travailleurs, faisant donc partie du grand mouvement de lutte contre le travail, sont aujourd’hui des aspects du travail caractérisé par la récupération et le contrôle. Si nous devons jouer avec notre vie et dans notre vie, nous devons apprendre à le faire et fixer nous-mêmes les règles du jeu, ou alors définir ces règles de sorte qu’elles soient claires pour nous et qu’elles soient des labyrinthes incompréhensibles pour les autres. »
30 avril 2006 - Anonyme
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A Paris, le 1er mai 1977, une grande banderole est déroulée au-dessus de la manif traditionnelle : "Fête de l’aliénation".
31 janvier 2006 - Raoul Vaneigem
Publié en 1996, ce texte rend indirectement hommage, plus d’un siècle après, au fameux "Droit à la paresse" de Paul Lafargue...
« La paresse est jouissance de soi ou elle n’est pas. N’espérez pas qu’elle vous soit accordée par vos maîtres ou par leurs dieux ».
10 mai 2005 - Josu Montero
"Celui qui a le pouvoir fabrique la réalité à sa mesure, et il le fait par le moyen de la culture. La culture devient tout cet ensemble plus ou moins complexe d’éléments dont la mission est de légitimer cette société ; elle est chargée de la reproduire, de la perpétuer." (extrait)
15 juin 2003 - Krisis
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Le groupe Krisis existe depuis quinze ans et publie - en dehors du monde universitaire et de la gauche traditionnelle - la revue Krisis / Contributions à la critique de la société marchande (en langue allemande). Dans le cadre de cette revue s’élabore une critique actualisée du capitalisme avec, en son centre, tout ce pan de la critique marxienne de la marchandise, de la valeur, du travail et de l’argent que le marxisme classique a délaissé.
Le groupe Krisis propose ici un texte complet, approfondi, qui en 17 points remet en cause l’idole Travail.
Traduction française féminisée.
8 juin 2003 - Saloua Chaker
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L’étude ethnographique d’une société de téléphone rose permet de mettre au jour les nouvelles formes du travail du sexe et de la domination. L’usage des technologies s’y conjugue à une logique économique néo-libérale et mondialisée. On y repère les nouvelles formes dérégulées de l’exploitation au travail, génératrices de souffrances.
Ré-édition 2007
13 février 2003 - Anonyme
Pourquoi le chômage nous fait si peur ? D’où vient la culture du travail ? Comment s’exprime-t-elle aujourd’hui, quel est son avenir ? Avons-nous besoin du travail pour s’épanouir, pour s’intégrer, pour êtres reconnu-e-s socialement, pour s’enrichir, pour meubler notre temps, pour participer à la vie politique ? Quelques points de vue.