<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://infokiosques.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>infokiosques.net</title>
	<link>https://infokiosques.net/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://infokiosques.net/spip.php?id_mot=82&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>infokiosques.net</title>
		<url>https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L144xH144/favicon-3-256-37457.png?1780453177</url>
		<link>https://infokiosques.net/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Jours de Rage</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article715</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article715</guid>
		<dc:date>2009-10-23T21:00:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Anarchismes, anarchie</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>
		<dc:subject>Agitations arm&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements insurrectionnels cons&#233;cutifs &#224; l'assassinat d'Alexis Grigoropoulos par un flic constituent une suite logique &#224; un &#233;tat de tension culminant entre les anarchistes et les autorit&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es. Rien qu'en novembre 2008, un nombre cons&#233;quent d'actions directes et d'actes de sabotage ou de vandalisme avait de quoi mettre la police sur les dents. Tout comme les assassinats (ou bavures) et tortures l&#233;gitim&#233;s par le pouvoir n'&#233;taient que des &#233;tincelles pour allumer le feu de la r&#233;volte. Cette brochure reprend des textes provenant de blogs anarchistes ou de sites Indymedia, et son contenu chronologique cherche &#224; montrer comment survient une p&#233;riode insurrectionnelle et comment un soul&#232;vement populaire se met en place, et surtout ce qui s'y passe, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre. Ces t&#233;moignages peuvent donc nous permettre d'envisager comment cela pourrait se d&#233;rouler dans n'importe quel autre pays d'Europe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette brochure ne se pr&#233;tend pas exhaustive. Les textes et infos contenus dans cette brochure proviennent essentiellement d'&lt;i&gt;Indymedia-Ath&#232;nes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Emeutes &amp; Amour&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Jura libertaire&lt;/i&gt; et la revue &lt;i&gt;Cette Semaine&lt;/i&gt; (n&#176; 97 et 98).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Novembre-d&#233;cembre 2008 - Communiqu&#233;s de presse (m&#233;dias autonomes et presse bourgeoise)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Du 6 au 31 d&#233;cembre 2008 - Chronologie de l'insurrection populaire cons&#233;cutive &#224; l'assassinat d' Alexis Grigoropoulos par la police grecque (m&#233;dias autonomes)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Communiqu&#233;s &#233;mis pendant l'insurrection de d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique16" rel="directory"&gt;J&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Anarchismes, anarchie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Agitations arm&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH150/arton715-58aae.png?1780457292' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff715.png?1252068227&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pas besoin de nous envoyer vos gaz lacrymog&#232;nes, nous pleurons suffisamment par nous-m&#234;mes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements insurrectionnels cons&#233;cutifs &#224; l'assassinat d'Alexis Grigoropoulos par un flic constituent une suite logique &#224; un &#233;tat de tension culminant entre les anarchistes et les autorit&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es. Rien qu'en novembre 2008 un nombre cons&#233;quent d'actions directes et d'actes de sabotage ou de vandalisme avait de quoi mettre la police sur les dents. Tout comme les assassinats (ou bavures) et tortures l&#233;gitim&#233;s par le pouvoir n'&#233;taient que des &#233;tincelles pour allumer le feu de la r&#233;volte. Cette brochure reprend des textes provenant de blogs anarchistes ou de sites Indymedia, et son contenu chronologique cherche &#224; montrer comment survient une p&#233;riode insurrectionnelle et comment un soul&#232;vement populaire se met en place, et surtout ce qui s'y passe, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre. Ces t&#233;moignages peuvent donc nous permettre d'envisager comment cela pourrait se d&#233;rouler dans n'importe quel autre pays d'Europe &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Cette brochure ne se pr&#233;tend pas exhaustive, pour beaucoup plus d'informations en fran&#231;ais et en anglais, reportez-vous au Dvd &#233;galement intitul&#233; &#8220;Jours de rage&#8221;). Les textes et infos contenues dans cette brochure proviennent essentiellement d'&lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Indymedia-Ath&#232;nes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://emeutes.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Emeutes &amp; Amour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://juralibertaire.over-blog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Jura libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et la revue &lt;a href=&#034;http://cettesemaine.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Cette Semaine&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (n&#176; 97 et 98).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Novembre-d&#233;cembre 2008 - Communiqu&#233;s de presse (m&#233;dias autonomes et presse bourgeoise)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attaque contre des v&#233;hicules et un b&#226;timent de la compagnie publique d'&#233;nergie&lt;/strong&gt; (Ath&#232;nes, 25/11/2008)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;10 personnes se sont attaqu&#233;es &#224; cinq v&#233;hicules et &#224; un b&#226;timent du PPC vers 12h 45, provoquant quelques d&#233;g&#226;ts. Selon des t&#233;moins, ces individus bris&#232;rent les vitres du b&#226;timent avec des masses puis saccag&#232;rent &#224; l'aide de b&#226;tons, de pierres et d'autres objets, cinq voitures du PPC gar&#233;es hors du b&#226;timent, entre Halkokondyli et l'angle de la rue du 3 Septembre. Avant de quitter les lieux, ils jet&#232;rent de la peinture dans l'entr&#233;e du b&#226;timent. Le GENOP-PPC (le principal syndicat des travailleurs de l'&#233;nergie) a d&#233;nonc&#233; cette attaque. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : journal Eleftherotipia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etudiants fascistes tabass&#233;s pendant l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de la Fac de Droit (Ath&#232;nes, 25/11/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s qu'un &#233;tudiant fasciste du parti majoritaire pr&#233;sent &#224; une manif anti-immigr&#233;s &#224; Agios Panteleimonas, se soit rendu &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de la Fac de Droit en portant sur sa blouse une croix celtique invitant quiconque &#034;osait, pouvait la lui retirer&#034;, 5-6 personnes portant des casques p&#233;n&#233;tr&#232;rent dans l'assembl&#233;e pour corriger cet &#233;tudiant fasciste et deux de ses camarades qui tent&#232;rent de le d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les professionnels de la torture repouss&#233;s et le s&#233;minaire des jeunes du parti au pouvoir sabot&#233; (Ath&#232;nes, 26/11/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps est venu d'administrer aux bourreaux leur propre traitement. Jeudi matin, dans cette ambiance de kermesse politique et d'existence superficielle au plan de carri&#232;re impos&#233;, la jeunesse du parti au pouvoir qui fournira les futurs politiciens et patrons (DAP) organisait un s&#233;minaire sur la meilleure fa&#231;on d'imposer aux &#233;l&#232;ves une psychologie de d&#233;veloppement. Bien s&#251;r ces &#233;tudes r&#233;actionnaires sur la construction du caract&#232;re (bas&#233;e sur un contexte totalitaire d'homog&#233;n&#233;it&#233; et de conformisme social) impliquent que leur expression pertinente soit pr&#233;sent&#233;e comme d&#233;sir&#233;e et n&#233;cessaire : la fasciste Tzani et le bourreau Papadatos&#8230; La premi&#232;re avec sa pr&#233;sence constante &#224; la t&#233;l&#233;vision et son d&#233;lire nationaliste public sur divers sujets la menant m&#234;me &#224; soutenir le meurtrier nazi Plevris (m&#234;me dans son r&#233;cent jury. Note : concernant son livre appelant &#224; des violences antis&#233;mites). Le second ne cherche pas &#224; agir &#224; l'aide de la publicit&#233; mais plut&#244;t dans les ge&#244;les sombres de la s&#233;curit&#233; d'&#233;tat. Comme &#224; l'h&#244;pital o&#249; Savvas Xiros fut gravement bless&#233;, dans une situation de vuln&#233;rabilit&#233; (avec une vue r&#233;duite et un corps ab&#238;m&#233;), il obtint ce t&#233;moignage bien connu gr&#226;ce aux m&#233;dicaments avec lesquels Xiros &#233;tait trait&#233;, mais &#233;galement avec la n&#233;cessit&#233; d'obtenir un t&#233;moignage apr&#232;s l'administration d'un tel s&#233;rum, accompagn&#233; de tortures physiques et psychologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r les gens oublient, le scandale de la torture fut oubli&#233; et aujourd'hui la d&#233;mocratie a d&#233;cid&#233; d'honorer ceux qui l'honorent avec la douleur et le sang (des autres). Ce gentleman gagna son ascension sociale et un bon petit boulot gr&#226;ce &#224; ces tortures, devenant le pr&#233;sident de l'&#233;cole d'infirmi&#232;res. Mais maintenant, venons-en &#224; l'action. La th&#233;orie anarchiste ne saurait &#234;tre coup&#233;e de l'action qui en d&#233;coule. Qu'elle soit partielle ou non, il doit y avoir une certaine relation entre les mots et l'action. Les yaourts et les &#339;ufs sont certainement des actions inadapt&#233;es &#224; n'importe quelle hypoth&#232;se. C'est pourquoi, nous, un groupe de camarades, les avons s&#233;lectionn&#233;s pour intervenir avec diff&#233;rentes caract&#233;ristiques. Pas dans un contexte antagoniste (pour prouver qui est le plus r&#233;volutionnaire ou ce genre de conneries), mais afin de rendre concret ce que serait notre position envers les bourreaux et les valets des int&#233;r&#234;ts dominants. Si nous tentons cette critique publique de notre action, c'est parce que la faute commise est d'avoir laiss&#233; ce bourreau en vie. Particuli&#232;rement apr&#232;s sa d&#233;claration concernant le traitement du cas de 17 Novembre et les m&#233;thodes utilis&#233;es contre eux &#034;Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour trouver la v&#233;rit&#233; &#034;. Et il vint &#224; vous avec votre v&#233;rit&#233; (dominante) et nous avec les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Des anarchistes contre la dur&#233;e de l'exploitation et la d&#233;lation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S : A tous ceux qui r&#233;pandent des rumeurs concernant l'expropriation d'un pc et d'un projecteur ainsi que 200 pauvres &#233;tudiantes frapp&#233;es et terroris&#233;es&#8230; Pour ce qui est du premier, nous confirmons qu'un Pc et n'importe quel autre moyen sont bien plus utiles &#224; une action du mouvement que de rester la propri&#233;t&#233; de s&#233;minaires r&#233;actionnaires effectu&#233;s par l'&#233;lite dont les pratiques et l'expression refl&#232;tent une mentalit&#233; r&#233;actionnaire. Et pour ce qui est du second, ceci est &#233;videmment sexiste (les pauvres &#233;tudiantes, si faibles et d&#233;sempar&#233;es) et bien loin de la v&#233;rit&#233;, tout comme, malheureusement, le prof fachos et pa&#239;en qui aurait &#233;t&#233; tabass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cam&#233;ras de surveillance sabot&#233;es &#224; l'universit&#233; PAMAK (Thessalonique)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas les cam&#233;ras de PAMAK&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, l'&#233;tat et les autorit&#233;s tent&#232;rent de terroriser la soci&#233;t&#233; et d'imposer un &#233;tat de surveillance et de contr&#244;le, avec des mesures telles que la vid&#233;osurveillance. Ces cam&#233;ras ne sont rien d'autres qu'une version nouvelle (et digitale) des mouchards de la junte. Les doyens de l'universit&#233; en parfait accord avec l'&#233;tat, ont entrepris l'installation de ces armes de terroristes. A l'universit&#233; de Mac&#233;doine (pamak) il y avait une cam&#233;ra plac&#233;e sur le gymnase, englobant ainsi une large zone de la rue Egnatias. Malheureusement pour nous, il n'&#233;tait pas facile de la d&#233;truire, car elle &#233;tait tr&#232;s haute. Mais le besoin de LIBERT&#201; est plus grand que n'importe quelle hauteur de gymnase, et c'est en tant qu'Intervention Autonome de PAMAK, radicalement oppos&#233;s aux mesures de surveillance-r&#233;pression-terrorisme, que nous avons d&#233;truit cette cam&#233;ra. Cette action est une autre avanc&#233;e contre la loi de la terreur qui sert les doyens, autorit&#233;s de flics d'&#233;tat. Parce que l'autre moiti&#233; d'une action est de la revendiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas les cam&#233;ras.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cassez-les partout o&#249; elles se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mairie occup&#233;e par des anarchistes en solidarit&#233; avec les immigr&#233;s (Chania, 27/11/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi de nombreuses autres actions, des anarchistes anti-autoritaires proc&#233;d&#232;rent &#224; une occupation continue de la mairie de Chania dans une optique de contre-information et de solidarit&#233; avec les 15 immigr&#233;s africains qui ont entam&#233; une gr&#232;ve de la faim devant la mairie depuis le 11/11, afin d'obtenir un permis de s&#233;jour. La veille, la pr&#233;fecture fut occup&#233;e &#233;galement, et les deux occupations continuent. Vendredi 5/12 est une journ&#233;e nationale de solidarit&#233; avec les immigr&#233;s gr&#233;vistes de la faim, dont l'&#233;tat de sant&#233; est critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sabotage de l'Institut Technique du Conseil G&#233;n&#233;ral (Lamia, 28/11/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Hier matin un groupe d'environ vingt personnes du milieu anarchiste, de &#034;la gauche unitaire&#034;, et d'autres &#233;tudiants firent annuler le Conseil G&#233;n&#233;ral du TEI de Lamia, lors duquel devait &#234;tre vot&#233; le nouveau r&#232;glement int&#233;rieur. Ensuite, toutes les affiches du DAP-NDFK (parti d'extr&#234;me droite des &#233;tudiants) furent d&#233;chir&#233;es, afin de leur faire comprendre que leurs journ&#233;es d'intimidation &#233;taient termin&#233;es. Cette action fut suivie par un grand nombre de gens fatigu&#233;s par les &#034;papes&#034; du TEI. Bien &#233;videmment, les membres du DAP-NDFK ne se sont pas montr&#233;s et les 4-5 valets derri&#232;re leur stand s'&#233;vapor&#232;rent dans les air ! LE DAP-NDFK DEVRA OUBLIER SES HABITUDES ! &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attaque d'un commissariat pendant une manif contre la police d'&#233;tat (Volos, 29/11/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 novembre, des anarchistes/anti-autoritaires de Volos appelaient par le biais d'une affiche &#224; une manif &#224; l'occasion de deux incidents r&#233;cents de violences polici&#232;res dans leur r&#233;gion : le 7/10, un motocycliste fut tu&#233; d'une balle en pleine t&#234;te, pr&#232;s de la ville d'Almyros, alors que la police le poursuivait en pr&#233;textant qu'il poss&#233;dait une arme &#224; feu, que l'on ne trouva jamais. Puis, le 4/11, des membres de l'OPKE (unit&#233; sp&#233;ciale de la police) arr&#234;t&#232;rent deux habitants d'Argalasti et perquisitionn&#232;rent leurs maisons sans rien contre eux. La manif rassembla un bloc solide bien ferm&#233; &#224; l'aide de b&#226;tons et compos&#233; de 150 personnes qui se dirig&#232;rent vers le commissariat de Volos. Celui-ci fut attaqu&#233; &#224; l'aide de pierres, d'oranges, de yaourts et de peinture. La brigade qui gardait le b&#226;timent tenta de les disperser avec des grenades assourdissantes, blessant un manifestant, mais le bloc resta et continua de distribuer des tracts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sabotage d'un &#233;v&#233;nement &#224; Egaleo avec un fasciste du parti L.A.O.S (Ath&#233;nes, 30/11/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, dimanche 30-11-2008, lors d'un &#233;v&#233;nement organis&#233; par la municipalit&#233; d'Egaleo o&#249; les personnes suivantes devaient s'exprimer sur les probl&#232;mes de la jeunesse : Katerina Papakosta (Nouvelle D&#233;mocratie), Mariliza Ksenogiannakopoulou (PASOK), Fotis Kouvelis (SYRIZA), Adonis-Spyridon Georgiadis (LAOS) et alors qu'il venait tout juste de d&#233;buter, avec la pr&#233;sence de membres du conseil municipal, l'&#233;v&#233;nement fut violemment interrompu par 15 anarchistes &#034;autoproclam&#233;s&#034; mena&#231;ant de violences les personnes pr&#233;sentes et r&#233;clamant l'expulsion du parlementaire Adonis-Spyridon Georgiadis. Les coll&#232;gues d'Adonis-Spyridon Georgiadis pr&#233;sents refus&#232;rent de se compromettre avec cette exigence fasciste menant &#224; l'annulation de l'&#233;v&#233;nement. Le parlementaire Adonis-Spyridon Georgiadis a d&#233;nonc&#233; cette violence fasciste venant de groupes anarchistes et emp&#234;chant un parlementaire grec de s'exprimer dans sa circonscription.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Le parlementaire Adonis-Spyridon Georgiadis&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;La d&#233;mocratie avance avec des mots et le fascisme avec des bombes&#8230;&lt;/i&gt;&#034;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Asimakis Panselinos, EDA (l'ancienne gauche d&#233;mocratique unie) membre du Parlement lors de la guerre civile espagnole&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du si&#232;cle dernier est remplie d'incidents o&#249; les fascistes ont utilis&#233; la d&#233;mocratie comme couverture pour leurs attaques contre les libert&#233;s individuelles et sociales. Le racisme, les id&#233;es nationalistes, l'h&#233;g&#233;monie guerri&#232;re, l'intol&#233;rance, la haine des femmes, le culte des anc&#234;tres, et toutes formes de pathologies raciales li&#233;es au sang sont exprim&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re avec une agression physique et institutionnelle par les propagateurs naturels de ces mentalit&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans ces cas-l&#224; aussi, nous en avons appel&#233; &#224; ces libert&#233;s que ces gens nient par leur mentalit&#233; r&#233;clamant l'&#233;tat social. L'histoire, cependant, ne nous permet pas d'&#234;tre aussi na&#239;fs que Georgiadis aurait voulu que nous le soyons. Quiconque tente de limiter les libert&#233;s sociales et individuelles recevra ce qu'il m&#233;rite. Les mains qui cherchent &#224; se dresser contre nous et tous les d&#233;poss&#233;d&#233;s de la terre seront tranch&#233;es &#224; la base. Si ceux de la &#034;gauche&#034; appellent d&#233;mocratie le dialogue avec ceux qui voudraient devenir leurs bourreaux, alors nous avons un probl&#232;me avec la d&#233;mocratie et avec leur gauchisme &#233;galement. &#192; Egaleo, une ville b&#226;tie par les immigr&#233;s, il serait bien na&#239;f de l&#233;galiser un dialogue avec des gens r&#233;pondant par des insultes racistes et fascistes. Des insultes contre le sens de la libert&#233;, contre l'histoire de notre ville, contre notre conscience prol&#233;tarienne, contre les immigr&#233;s de cette r&#233;gion&#8230; Donc, le petit facho peut mettre de c&#244;t&#233; sa sensibilit&#233; pseudo-d&#233;mocratique, ses mensonges assourdissants &#8211; pour ses coll&#232;gues qui le soutiennent, pour les cagoul&#233;s inexistants, la vitre cass&#233;e et la violence contre les personnes pr&#233;sentes &#8211; et l'&#233;tiquette d&#233;sopilante (d'anarchistes &#034;autoproclam&#233;s&#034;). S'il recherche la v&#233;rit&#233;, il devrait jeter son horrible masque et parler avec son langage habituel. Ainsi, tout le monde comprendrait que nous avons &#233;t&#233; plut&#244;t g&#233;n&#233;reux avec lui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Egaleo Anarchists Initiative&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vandalisme &#224; l'&#233;cole d'Elliniko suivi d'arrestations (Ath&#232;nes, 2/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 personnes dont d'anciens &#233;tudiants de l'&#233;cole technique de sup&#233;rieure d'Elliniko ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es hier, suite &#224; un incident survenu en dehors de l'&#233;cole. Apr&#232;s leur arrestation, trois d'entre eux (&#226;g&#233;s de 18, 19 et 20 ans) avou&#232;rent avoir lanc&#233; un cocktail Molotov le 6/10/08 contre le bureau du sous directeur, pour venger la personne de 20 ans renvoy&#233;e de l'&#233;cole peu de temps auparavant. Le bureau fut compl&#232;tement br&#251;l&#233;, et l'un d'eux est accus&#233; d'avoir lanc&#233; un pav&#233; contre un b&#226;timent scolaire le 26/9/08, causant des d&#233;g&#226;ts mat&#233;riel. Tous les trois sont poursuivis par le procureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : D'apr&#232;s les m&#233;dias (&lt;a href=&#034;http://zougla.gr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://zougla.gr/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Incendie d'un v&#233;hicule du corps diplomatique et d'une banque (Ath&#232;nes, 3/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#244;t dans la matin&#233;e du mercredi 3/12/08 nous nous sommes attaqu&#233;s &#224; un v&#233;hicule du corps diplomatique de et &#224; la banque Geniki rue Papandreou &#224; Halandri. C'est le minimum que nous pouvions faire en solidarit&#233; avec le camarade Polikarpos Georgiadis, accus&#233; du rapt de G. Mylonas, pr&#233;sident des industriels de la Gr&#232;ce du Nord. C'est une mani&#232;re de faire corps avec ceux qui sont derri&#232;re les barreaux et surtout d'agir. Nous d&#233;truisons tout ce qui peut nous d&#233;truire. Nous laissons derri&#232;re nous les cendres et les ruines de cette civilisation d&#233;cadente et nous nous dressons au-dessus avec un sourire de joie en entendant son r&#226;le. LA GUERRE CONTINUE DE TOUTES LES MANIERES ET PAR TOUS LES MOYENS NECESSAIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Des incendiaires ayant mauvaise conscience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des incendiaires attaquent French News Agency &#224; Kolonaki (Ath&#232;nes, 3/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les medias, une bombe artisanale confectionn&#233;e &#224; l'aide d'une bonbonne de gaz, a explos&#233; mercredi &#224; 17h50 dans l'entr&#233;e des bureaux de la French News Agency, rue Milioni, Kolonaki, centre d'Ath&#232;nes, provoquant des d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Incendie de la banque Piraeus &#224; Evosmos (Thessalonique, 3/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat trouvera toujours le moyen d'innocenter ses enfants, comme ce sera le cas dans quelques jours avec le flic de l'affaire de la &#034;jardini&#232;re&#034; (note : lors des manifestations de l'an dernier en soutien &#224; 17 Novembre, des flics en civil tabass&#232;rent un &#233;tudiant chypriote qui marchait dans leur direction, et l'accus&#232;rent d'&#234;tre tomb&#233; sur une &#034;jardini&#232;re&#034;, bien qu'ils furent film&#233;s par des cam&#233;ras). Certains d'entre eux seront acquitt&#233;s avec une mutation &#224; Kilkis&#8230; et d'autres s'en sortiront avec une lib&#233;ration sous caution. Le jury sert uniquement les raisons de la propagande et de la bureaucratie. Nous n'attendons rien d'une justice autoritaire ayant comme r&#244;le principal la dissimulation des crimes de l'&#233;tat. Pour la d&#233;lib&#233;ration du jury, nous avons d&#233;cid&#233; d'un minimum d'action en nous attaquant &#224; l'un des symboles de base de l'&#233;tat et du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Cellule de Perspective Insurrectionnelle (A)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Communiqu&#233; relatif &#224; l'incendie de l'agence de presse fran&#231;aise (Ath&#232;nes, 3/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les citoyens tranquilles appr&#233;ciaient la pause caf&#233; de leur inexistence dans la rue pav&#233;e de Kolonaki, nous avons encore une fois eu recours aux &#034;services&#034; de la destruction et nous avons pr&#233;par&#233; un nouveau cadeau avec des cendres idylliques. De cette fa&#231;on, nous envoyons notre soutien aux camarades fran&#231;ais qui ont choisi le r&#233;seau de trains &#224; grande vitesse, sabotant les routes de la h&#226;te et de l'anxi&#233;t&#233; quotidiennes, d'une vie d&#233;termin&#233;e et pr&#233;s&#233;lectionn&#233;e, impos&#233;e par la bio-autorit&#233; &#224; ses sujets. &lt;br class='manualbr' /&gt;Frappant l'imperfection ordinaire du syst&#232;me, recourant &#224; des moyens agressifs au milieu de la servitude imos&#233;e par la r&#233;alit&#233; sociale, prouvant &#224; nouveau in vivo la structure vuln&#233;rable de l'uniformit&#233; fortifi&#233;e de ce monde. Nous m&#233;prisons la l&#226;chet&#233; des foules qui est si bien accept&#233;e dans cette soci&#233;t&#233; d'esclaves et luttons pour que la soci&#233;t&#233; existe pour nous et non le contraire.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi, nous l'envahirons de fa&#231;ons r&#233;p&#233;t&#233;es et soudaines, &#233;rodant et empoisonnant son c&#339;ur, afin d'&#233;liminer tout ce qui n'est pas nous, par nous-m&#234;mes. Un projet mat&#233;rialis&#233; par notre d&#233;votion envers la r&#233;volution. Une r&#233;volution &#233;ternelle et inlassable, qui vaut qu'on se batte quotidiennement pour r&#233;aliser son expression la plus inexorable, sauvage et sombre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orchestration d'un assaut radical contre la r&#233;alit&#233; continue.&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous allons bient&#244;t revenir !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;La Conjuration des Cellules de Feu d'Ath&#232;nes&lt;br class='manualbr' /&gt;La Cellule de Solidarit&#233; Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note : le communiqu&#233; fut envoy&#233; par mail et traduit par &lt;a href=&#034;http://directactiongr.blogspot.com.info/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://directactiongr.blogspot.com.info/&lt;/a&gt; o&#249; l'on peut trouver les autres communiqu&#233;s de la &#034;Conjuration des Cellules de Feu&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Incendie de b&#226;timents du minist&#232;re de l'environnement (Ath&#232;nes, 4/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat continue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Action de Lib&#233;ration R&#233;volutionnaire revendique la responsabilit&#233; des deux incendies contre les bureaux du minist&#232;re de l'environnement et des travaux publics, rue Panormou et rue Fanarioton. Il s'agit d'une action de r&#233;sistance contre l'&#233;tat et les plans capitalistes pour la destruction de l'environnement et le contr&#244;le des communaut&#233;s. Une action de solidarit&#233; avec les habitants de Lefkimmi qui va &#224; l'encontre des plans du minist&#232;re pour la construction d'une d&#233;charge &#224; ciel ouvert dans leur r&#233;gion et une action de r&#233;sistance combattive contre les assassins en uniforme de l'&#233;tat, prouvant ainsi que l'Histoire de la r&#233;sistance sociale est vivante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des agriculteurs bloquent l'autoroute nationale (4/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autoroute nationale a &#233;t&#233; bloqu&#233;e ce midi &#224; Tembi, par des agriculteurs de Thessalie et de Fthiotida du nord, &#224; l'aide de leurs v&#233;hicules personnels et non avec des tracteurs, &#224; la suite d'un appel de la coordination Panthessalique du comit&#233; d'agriculteurs, parce que le ministre du d&#233;veloppement agricole Alexandros Kontos avait refus&#233; de les rencontrer au sujet de leurs demandes &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : D'apr&#232;s les m&#233;dias grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revendication d'acte de vandalisme (Chania, 4/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les archives historiques de Cr&#232;te ont &#233;t&#233; la cible de vandales &#224; Chania, et cela le jour o&#249; le pr&#233;sident de la r&#233;publique Karolos Papoulias &#233;tait venu pour c&#233;l&#233;brer l'union de l'&#238;le avec la Gr&#232;ce. Les vandales ont lanc&#233; des bouteilles remplies d'huile et de peinture noire contre les fa&#231;ades, l'entr&#233;e et les escaliers du b&#226;timent.&#034; - &lt;i&gt;selon les m&#233;dias grecs.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement &#034;le ph&#233;nom&#232;ne de vandalisme a pris des propensions alarmantes &#224; Chania&#034; puisque apr&#232;s les archives historiques de Cr&#232;te, des inconnus ont lance des bouteilles remplies de peintures contre les bureaux de l'union locale des officiers de la marine militaire en retraite, causant des d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels. &#8211; &lt;i&gt;d'apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://haniotika-nea.gr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://haniotika-nea.gr/&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Communiqu&#233; pour le vandalisme nocturne - Chania&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour o&#249; la gr&#232;ve de la faim de 15 immigr&#233;s sans papiers atteint son apog&#233;e, une semaine seulement apr&#232;s la fin de la gr&#232;ve de la faim suivie massivement par les prisonniers des ge&#244;les de ce pays, la ville de Chania rev&#234;t sa &#034;tenue de f&#234;te&#034; pour c&#233;l&#233;brer le 95&#232;me anniversaire de l'union de l'&#238;le avec l'&#233;tat grec. La police va ceinturer tous les quartiers de la ville, l'arm&#233;e n'oubliera pas de d&#233;filer, sous la b&#233;n&#233;diction des seigneurs locaux, des pr&#234;tres et de la communaut&#233; locale &#034;pacifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;c&#339;ur&#233;s par cette repoussante compagnie, nous avons d&#233;cid&#233; d'agir dans la nuit, pour profaner avec de la peinture noire les archives historiques de Cr&#232;te (propri&#233;t&#233; du minist&#232;re de l'&#233;ducation) et d'attaquer &#224; l'aide de masses et de bouteilles de peinture noire l'union locale des officiers de la marine militaire en retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de respect &#224; avoir pour les symboles et l'histoire de ce vieux monde. Nous reconnaissons uniquement l'Histoire et la lutte des damn&#233;s et des rebelles, qui se sont soulev&#233;s et qui se soul&#232;vent encore contre l'exploitation, la r&#233;pression et la soumission. La libert&#233; va &#233;clore dans les ruines de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. Que les &#034;responsables&#034; soient avertis qu'au cas o&#249; la gr&#232;ve de la faim des immigr&#233;s s'ach&#232;verait par des dommages sanitaires irr&#233;versibles, notre r&#233;ponse ne leur fera pas seulement un choc, mais elle les emp&#234;chera certainement de dormir.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;&#034;Antigrecs et Vandales&#034;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#034;R&#233;plique Nocturne&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://directactiongr.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://directactiongr.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Heurts et arrestations lors d'une manifestation &#233;tudiante (Ath&#232;nes, 4/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une manifestation &#233;tudiante rassemblant 2500 personnes contre la nouvelle loi sur les universit&#233;s, les privatisations et la reconnaissance des niveaux d'&#233;coles priv&#233;s comme &#233;quivalant aux universit&#233;s, et la nouvelle r&#233;forme r&#233;actionnaire des pensions, des vitrines de banques et des magasins de luxe furent d&#233;truites par des groupes de manifestants. Les flics attaqu&#232;rent la manifestation &#224; plusieurs reprises et arr&#234;t&#232;rent un manifestant. Plus tard, les groupes de la police en moto furent attaqu&#233;s hors de l'&#233;cole polytechnique, un motard fut tabass&#233; &#224; terre et sa moto d&#233;truite par les manifestants. &#192; la suite de quoi les MAT (police anti-&#233;meute) ceintur&#232;rent le quartier et attaqu&#232;rent les manifestants rassembl&#233;s devant l'&#233;cole polytechnique, arr&#234;tant l'un d'entre eux, avant d'&#234;tre &#224; nouveau repouss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le directeur de la prison de Diavata tabass&#233; lors d'un discours &#224; l'&#233;cole de droit (Thessalonique, 4/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porc ou humain, il n'y a rien au milieu. Nous ne valorisons pas l'&#234;tre humain par rapport aux autres, mais pour nous la vie et la libert&#233; constituent des valeurs allant au-del&#224; de tout compromis, de m&#234;me que la dignit&#233; et la vie humaine doivent correspondre &#224; certaines caract&#233;ristiques. Au nom de la libert&#233;, aujourd'hui jeudi 4 d&#233;cembre, nous avons tabass&#233; le directeur de la prison de Diavata lors de son discours autoritaire effectu&#233; &#224; l'&#233;cole de droit de l'universit&#233; Aristote de Th&#233;ssalonique. Les coups de pieds et coups de poings que ce &#034;gentleman&#034;, M. Tsourelis, a re&#231;u est le minimum appropri&#233; pour lui et pour n'importe quel autre individu dans son genre, qui ne sont que les valets de l'autorit&#233;, qui emprisonnent les ennemis d'une prosp&#233;rit&#233; fausse et malade, assassinant la libert&#233;. Avec cette action, nous avons exprim&#233; le minimum de nos d&#233;sirs de ne pas laisser ces gens &#233;voluer autour de nous &#224; leur aise, et ils devraient prendre cela en consid&#233;ration. Pas de piti&#233; pour les ennemis de la libert&#233;. Ne nous touchez pas. Solidarit&#233; avec les combats quotidiens de tous les prisonniers de la d&#233;mocratie. Libert&#233; pour tous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne manque, ni le monde, ni le souffle&lt;br class='manualbr' /&gt;Tant qu'il y a de la haine, il y a de la vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://athens.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://athens.indymedia.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Blocage de rue devant le centre de r&#233;tention par des immigr&#233;s et des militants solidaires (Ath&#232;nes, 5/12/2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines d'immigr&#233;s et d'anarchistes anti-autoritaires ont bloqu&#233; en solidarit&#233; pendant plusieurs heures les alentours du centre de r&#233;tention avenue P. Ralli, dressant des barricades et mettant le feu &#224; des poubelles. Il y avait aussi des drapeaux en solidarit&#233; avec les immigr&#233;s et les immigr&#233;s gr&#233;vistes de la faim de Chania. &lt;br class='manualbr' /&gt;Quotidiennement, des centaines d'immigr&#233;s font la queue durant des jours dans le centre de r&#233;tention de l'avenue P. Ralli afin d'obtenir au moins un permis de travail/de s&#233;jour pour rester l&#233;galement dans ce pays, alors qu'ils sont souvent brutalement attaqu&#233;s par des policiers, m&#234;me la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://anarxikoiaigaleo.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://anarxikoiaigaleo.blogspot.com/&lt;/a&gt; (Des infos compl&#233;mentaires - en grec - et des photos)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du 6 au 31 d&#233;cembre 2008 &#8211; Chronologie de l'insurrection populaire cons&#233;cutive &#224; l'assassinat d' Alexis Grigoropoulos par la police grecque (m&#233;dias autonomes)&lt;/h2&gt;&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Samedi 6/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : Vers 21h00, deux flics patrouillant en voiture dans Exarchia, centre d'Ath&#232;nes, ont eut des &#233;changes verbaux avec quelques jeunes rue Messollogiou. On rapporte qu'une bouteille ou des pierres auraient &#233;t&#233; lanc&#233;s sur la voiture. Celle-ci est alors repartie avant de s'arr&#234;ter, et les deux flics se seraient dirig&#233;s &#224; pied vers les jeunes. Epaminondas Korkoneas, 37 ans, originaire de Kalamata, p&#232;re de 3 enfants, s'est approch&#233; des jeunes en d&#233;signant ses organes g&#233;nitaux et, en gueulant &#034;qu'il allait les baiser maintenant&#034;, il tira ensuite trois fois dans leur direction, &#224; moins de 20 m&#232;tres. L'un des jeunes, un anarchiste de 15 ans Alexandros-Andreas (Alexis) Grigoropoulos, tomba mort, une balle dans le c&#339;ur. Des passants appel&#232;rent une ambulance pour l'emmener &#224; l'H&#244;pital Evaggelismos, o&#249; l'on ne fit que constater son d&#233;c&#232;s. Juste apr&#232;s le meurtre, Korkoneas et son coll&#232;gue, Vassilis Saraliotis, 31 ans, retourn&#232;rent &#224; la voiture et quitt&#232;rent le quartier. Lorsqu'il fut interrog&#233; par d'autres flics &#224; propos de la fusillade, Korkoneas, d&#233;crit comme le &#034;rambo&#034; local, poussant ses sup&#233;rieurs &#224; des interventions plus muscl&#233;es, r&#233;pondit qu'il en avait assez de subir des intimidations &#224; Exarchia, un quartier avec de fortes solidarit&#233;s, des initiatives des habitants, et une activit&#233; politique, o&#249; il y a souvent des heurts dans les rues avec les MAT (police anti-&#233;meute) qui ceinturent cette zone. Les mass m&#233;dias parlent d'un groupe d'une cinquantaine d'&#034;anarchistes cagoul&#233;s&#034; attaquant une voiture de police avec des cocktails Molotov, et d'un flic &#034;faisant les sommations d'usage, qui men&#232;rent &#224; une blessure fatale.&#034;&lt;br class='manualbr' /&gt;La nouvelle du meurtre se r&#233;pand imm&#233;diatement par le bouche &#224; oreille et via internet, et des anarchistes et des habitants du quartier se rassemblent rue Mesologgiou. Des heurts se produisent rapidement apr&#232;s ces rassemblements avec les MAT et des flics en civil, et des barricades sont rapidement dress&#233;es &#224; l'aide de poubelles en feu aux alentours du square d'Exarchia et des routes environnantes. Des dizaines de personnes attaquent les MAT avec des pierres et les repoussent hors d'Exarchia. Les MAT attaqu&#233;s reviennent avec des lacrymog&#232;nes, les gens se d&#233;ploient dans Exarchia et affrontent la police, qui a ceintur&#233; le quartier et attaqu&#233; les anarchistes qui y arrivaient. Ceux-ci se sont d&#233;brouill&#233;s pour repousser la police, prendre l'&#233;cole polytechnique et garder les routes frontales ouvertes aux gens. Des heurts avec les flics (MAT et flics en civil) avenue Patission et rue Stournari se produisent. Deux banques en feu avenue Patission. Apr&#232;s minuit, des centaines de gens arrivent pour l'occupation de l'&#233;cole polytechnique, tandis que des heurts mineurs avec la police ont lieu &#224; l'ext&#233;rieur. Des heurts ont &#233;galement lieu aux alentours de l'&#233;cole de Droit, &#233;galement occup&#233;e par ses &#233;tudiants. Les MAT attaquent les gauchistes qui d&#233;filent &#224; Exarchia. Assembl&#233;e ouverte &#224; l'&#233;cole Polytechnique. Pendant ce temps les MAT ont ceintur&#233; l'Hopital Evaggelismos et les flics ont essay&#233; d'y rentrer mais ont &#233;t&#233; repouss&#233;s par des amis et compagnons d'Alexis.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pendant la nuit &#224; Ath&#232;nes, les affrontements se d&#233;placent vers l'avenue Ermou, quartier hupp&#233;, o&#249; plus de 70 magasins de luxe, une banque et 2 b&#226;timents sont soit d&#233;truits, soit compl&#232;tement incendi&#233;s avec l'aide de nombreuses personnes des caf&#233;s avoisinants qui ont entendu la nouvelle. Des pillages ont lieu. Une galerie marchande de 7 &#233;tages en feu. De nombreuses voitures servent de barricades. Une autre banque en feu, avenue Piraeus. Des blocages de rue et des heurts ont lieu autour de l'universit&#233; Pantios. Il y a un &#233;pais brouillard au centre ville &#224; cause des gaz lacrymog&#232;nes. La police est repouss&#233;e de nombreuses zones du centre ville et passe &#224; la d&#233;fense. Des passants emp&#234;chent la police d'attaquer les manifestants et certains rejoignent m&#234;me la foule. Des centaines d'affrontements avec la police autour d'Exarchia. Un groupe attaque le commissariat de Leoharous avec des cocktails Molotov, et de nombreux passants qui ont entendu la nouvelle s'opposent &#224; la police rue Stadiou o&#249; une banque Agrotiki est incendi&#233;e. Les flics s'enfuient. La nouvelle se transmet par le bouche &#224; oreille de Monastiraki &#224; Psirri, o&#249; les gens se rassemblent, et o&#249; la police envoie les MAT. Une banque Geniki est incendi&#233;e. Des heurts et des barricades enflamm&#233;es pendant toute la nuit devant Polytechnique et l'ASOEE occup&#233;es, Omonoia, le square central d'Ath&#232;nes et d'autres rues. Pendant ce temps, les anarchistes occupent l'universit&#233; d'&#233;conomie ASOEE. Un groupe attaque le commissariat de Neos Kosmos. Un groupe attaque les bureaux de Nouvelle D&#233;mocratie (parti au pouvoir) &#224; Ano Petralona. Un groupe attaque les bureaux de Nouvelle D&#233;mocratie &#224; Moschato. Le commissariat de Akropoleos est attaqu&#233;. La majeure partie de l'&#233;clairage public de l'avenue Akadimias est d&#233;truit. Un groupe d&#233;truit une banque &#224; Menidi. Les affrontements continuent &#224; Exarchia.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les deux ministres Pavlopoulos et Hinofotis donnent leur d&#233;mission, mais le premier ministre les refuse. A Ath&#232;nes, les organisations gauchistes appellent &#224; une manifestation &#224; Mouseum, dimanche &#224; 13h00.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les anarchistes appel&#232;rent &#224; de violentes manifestations dans toutes les villes vers minuit &#8211; une heure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thessalonique&lt;/strong&gt; : Une manifestation anarchiste attaque le commissariat de police du square Aristotelous, d&#233;truisant des v&#233;hicules et des motos de la police. Sur le chemin de retour vers le square de Kamara, ils ont saccag&#233; toutes les banques se trouvant sur leur passage, la fa&#231;ade d'un h&#244;tel de luxe, un centre religieux &#034;montagne d'Athos&#034;, le m&#233;gastore de fournitures scolaires &#034;Malliaris&#034;, et de nombreux gros magasins de l'avenue Egnatias, ainsi que le commissariat de Ano Polis, et le poste de garde devant l'ambassade turque. &lt;br class='manualbr' /&gt;Affrontements avec les MAT autour de l'universit&#233; et poubelles incendi&#233;es dans les rues avoisinantes. Plus tard, des groupes ont incendi&#233; tous les chantiers du Metro &#224; l'int&#233;rieur de l'universit&#233;, et des banques du centre ville. Assembl&#233;e ouverte &#224; l'&#233;cole polytechnique de Thessalonique pour informations et planification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Heraklion&lt;/strong&gt; : Quelques centaines de personnes se sont rassembl&#233;es dans le square central, et pendant la manifestation se sont attaqu&#233;es au commissariat et au palais de justice. Les habitants se souviennent aussi du meurtre du jeune motard Iraklis Maragkakis &#224; l'ext&#233;rieur d'Heraklion, 5 ans auparavant, alors qu'il ne s'&#233;tait pas arr&#234;t&#233; lors d'un contr&#244;le policier, les flics lui avaient tir&#233; dans la t&#234;te, ce qui avait conduit &#224; l'attaque du commissariat et &#224; l'arrestation d'anarchistes le lendemain. La police ne s'est pas montr&#233;e. Plus tard dans la soir&#233;e des petits groupes ont incendi&#233; 4 banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rethymnon&lt;/strong&gt; : Manifestations de quelques dizaines de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chania&lt;/strong&gt; : Des centaines de personnes d&#233;filent vers le commissariat, et affrontent les MAT. Elles repartent en bloc, d&#233;truisant des banques et les bureaux des ferrys ANEK, &#233;rigeant dans les rues derri&#232;re elles des barricades de poubelles enflamm&#233;es. Elles ont &#233;galement saccag&#233; des agences pour l'emploi, le mess des officiers, un bureau de politiciens, la poste centrale, les bureaux de la banque postale, et une pharmacie appartenant au maire de droite. Dans la nuit, un groupe s'attaque aux v&#233;hicules du maire et d'autres officiels devant la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patras&lt;/strong&gt; : Manifestation de quelques centaines de personnes vers le commissariat. Les manifestants d&#233;truisent les voitures de polices, les motos et les voitures banalis&#233;es. Les flics attaqu&#233;s &#224; l'aide de fus&#233;es &#233;clairantes font un usage massif de lacrymog&#232;nes. De nombreuses personnes se lancent dans les affrontements, tandis que des banques et des agences de t&#233;l&#233;phone portable sont saccag&#233;es. Dans la nuit, un groupe a attaqu&#233; une cour o&#249; se trouvaient des v&#233;hicules de police dont certains banalis&#233;s, incendiant un bon nombre d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Komotini&lt;/strong&gt; : Manifestation spontan&#233;e vers le commissariat de police par les gauchistes et les anti-autoritaires qui lancent des bombes colorantes rouges sur le b&#226;timent. Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#233;tudiante &#224; l'universit&#233;, qui ferme et occupe le b&#226;timent. Des anarchistes bloquent et squattent l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mytilini&lt;/strong&gt; : Plus de 200 personnes d&#233;filent vers le commissariat, heurts avec les flics et saccage de v&#233;hicules et de motos de police banalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sparta&lt;/strong&gt; : Manifestation anarchiste spontan&#233;e devant le commissariat, des gens peignent des slogans sur les murs de tous les b&#226;timents publics du centre ville, sur les banques et le palais de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandroupoli&lt;/strong&gt; : Quatre anarchistes se rassemblent spontan&#233;ment devant le commissariat et affrontent deux flics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serres&lt;/strong&gt; : Manifestation anarchiste spontan&#233;e devant le commissariat, des gens peignent des slogans sur les murs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corfu&lt;/strong&gt; : Rassemblement anarchiste dans les universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ksanthi&lt;/strong&gt; : Plus de 70 personnes se rassemblent spontan&#233;ment &#224; l'&#233;cole polytechnique et d&#233;filent vers le commissariat. Sur leur route, elles croisent une voiture de police et cassent son pare-brise, les flics acc&#233;l&#232;rent en traversant le cort&#232;ge, blessant une personne. Une banque ATM et des cam&#233;ras sabot&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ioannina&lt;/strong&gt; : Une manifestation anarchiste de 200 personnes attaque le commissariat et saccage les v&#233;hicules de police qui se trouvent devant. Les flics les repoussent avec un usage massif de lacrymog&#232;nes. Avant cela, les anarchistes ont crois&#233; une jeep de la police des fronti&#232;res, l'ont d&#233;truite et ont envoy&#233; les deux flics qui s'y trouvaient &#224; l'h&#244;pital. En repartant, les manifestants ont bris&#233; les vitrines de nombreuses banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Larissa&lt;/strong&gt; : Manifestation dans le centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Naxos&lt;/strong&gt; : Rassemblement autonome afin d'organiser des actions et de peindre des slogans sur toute l'ile, plus de 50 personnes y participent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kavala&lt;/strong&gt; : Des groupes attaquent le commissariat, 6 banques et de nombreuses cam&#233;ras de surveillance. Un policier est bless&#233; durant les affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volos&lt;/strong&gt; : Manifestation anarchiste spontan&#233;e, o&#249; plus de 150 personnes se sont attaqu&#233;es avec des pierres et des b&#226;tons au commissariat, les flics ont r&#233;pliqu&#233; avec des lacrymog&#232;nes, ce qui d&#233;boucha sur une bataille de rue. La manifestation s'est achev&#233;e en un bloc solide, d&#233;truisant une banque ATM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agrinio&lt;/strong&gt; : Manifestation anarchiste spontan&#233;e de 60 personnes, d&#233;filant dans le centre ville, attaquant 4 banques &#224; l'aide de pierres et de pav&#233;s. Les flics ne se sont pas montr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus petites manifestations spontan&#233;es dans de nombreuses villes grecques.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 7/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : Manifestation de plus de 10 000 personnes, qui ont saccag&#233; toutes les banques, tous les concessionnaires de voitures, et les b&#226;timents gouvernementaux sur leur passage. La police a r&#233;pliqu&#233; en faisant usage de milliers de grenades lacrymog&#232;nes, m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur du m&#233;tro et dans des espaces clos. Les combats de rue font rage. De nombreux flics se sont enfuis en abonnant derri&#232;re eux leurs casques et leurs boucliers. Plus de 20 banques en ruine. Le minist&#232;re de l'environnement et des travaux publics gravement endommag&#233;s. Un groupe important caillasse le poste de police d'Exarchia. Quelques personnes sont arr&#234;t&#233;es en dehors du cort&#232;ge. Affrontements pr&#232;s du GADA (Commissariat central d'Ath&#232;nes) lorsque plus de 100 manifestants tentent de lib&#233;rer un jeune heurt&#233; par un fourgon de police et arr&#234;t&#233; pendant la manifestation. Des dizaines de personnes d&#233;tenues pendant plusieurs heures. Les flics ne parviennent pas &#224; arr&#234;ter les gens parce que les manifestants et les passants les en emp&#234;chent et les repoussent, ils utilisent des flash-balls et des grenades aveuglantes, et un &#233;pais brouillard de gaz lacrymog&#232;ne recouvre le centre de la ville, provoquant de s&#233;rieux probl&#232;mes pour les habitants. Plus tard, un groupe attaque les bureaux d'Apogevmatini, un journal tr&#232;s &#224; droite. Des groupes br&#251;lent des banques rue Koai. Un groupe de flics en civil est d&#233;couvert en train de briser les vitrines de petits commerces et les fen&#234;tres de maisons, des anarchistes les poursuivent avec des pierres et des b&#226;tons, mais le groupe arrive &#224; rejoindre les lignes de police. La police attaque et prend le contr&#244;le des rues d'Exarchia. Des heurts mineurs dans les rues d'Exarchia, o&#249; de nombreux habitants lancent depuis leurs balcons des pots de fleurs, des cendriers et de l'eau sur les flics qui pourchassent les manifestants, et dans de nombreux cas ouvrent leurs entr&#233;es pour y laisser les manifestants se cacher, emp&#234;chant ainsi les flics de les arr&#234;ter ou de les tabasser. Accrochages nocturnes aux alentours de l'ASOEE avec de nombreux immigr&#233;s et jeunes du quartier. Un groupe br&#251;le 5 banques &#224; Paleo Faliro avec des Molotovs. Un autre groupe br&#251;le une banque &#224; Peristeri &#034;pour dire un dernier au revoir &#224; Alexis&#034;. Le poste de police d'Ilioupolis est incendi&#233;. Au total, 7 arrestations dans la journ&#233;e. Des dizaines de personnes retenues &#224; GADA par des flics en civil. Dans la nuit, les flics en civil sont partout dans le centre d'Ath&#232;nes. L'un des avocats du policier meurtrier se r&#233;tracte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thessalonique&lt;/strong&gt; : Manifestation de plus de 1000 personnes, des gauchistes, des &#233;tudiants et des coll&#233;giens, et des anarchistes et des jeunes en fin de cort&#232;ge, attaquent aux Molotov le poste de police d'Aristotelous, o&#249; un flic prend feu. Puis la fin du cort&#232;ge s'attaque &#224; la mairie et au minist&#232;re de Mac&#233;doine et de Thrace. Les gauchistes s'en vont. Le reste du cort&#232;ge caillasse le poste de police d'Ano Polis avec des centaines de projectiles et se dirige vers les universit&#233;s. La police r&#233;plique avec un usage excessif de gaz lacrymog&#232;nes pendant le d&#233;fil&#233;, et les combats de rues durent pendant des heures dans le centre ville, les manifestants dressant des barricades &#224; l'aide de poubelles afin de stopper la police, incendiant le tout pour minimiser les effets des lacrymog&#232;nes. Des grandes surfaces de luxes et de nombreuses banques incendi&#233;es. Une brigade de MAT investit l'universit&#233; et tire sur les manifestants avec des flash-balls. Un manifestant est bless&#233; et doit se rendre &#224; l'h&#244;pital en urgence. Les MAT attaquent les occupants de l'&#233;cole de th&#233;&#226;tre, en y lan&#231;ant des lacrymog&#232;nes. Heurts mineurs &#224; l'ext&#233;rieur. Dans la nuit, un groupe attaque aux Molotov le poste de police de Sykies, provoquant d'importants d&#233;g&#226;ts et envoyant un flic &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Heraklion&lt;/strong&gt; : Des organisations de gauche appelant &#224; une manifestation dans le square central, avec plus de 600 manifestants, pour la plupart des &#233;l&#232;ves, et un important bloc anarchiste en fin de cort&#232;ge. Lors du d&#233;fil&#233;, plus de 10 banques ont &#233;t&#233; saccag&#233;es, tandis que la police suivait &#224; distance. A la fin de la manifestation, beaucoup de gens d&#233;cid&#232;rent d'affronter les flics, &#233;rig&#232;rent des barricades sur le square central et attaqu&#232;rent le second poste de police &#224; coups de pierres et de Molotov. Les flics utilis&#232;rent les lacrymog&#232;nes de fa&#231;ons massive, mais les gens se s&#233;par&#232;rent en plusieurs petits groupes et attaqu&#232;rent la police par des rues adjacentes, les heurts dur&#232;rent plusieurs heures, sans qu'aucun manifestant soit arr&#234;t&#233; ou bless&#233;. De nombreux ultras du club de foot local OFI, et des gens &#034;ordinaires&#034; particip&#232;rent &#224; l'&#233;meute. De nombreux manifestants march&#232;rent vers les quartiers populaires de Kaminia et Therissos, o&#249; des dizaines de banques furent saccag&#233;es, tandis que les habitants informaient sur les mouvements de la police. Pendant la nuit les flics en civil couvrent toute la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patras&lt;/strong&gt; : Manifestation de plus de 1000 personnes, majoritairement des &#233;tudiants qui affrontent la police. Les &#233;tudiants gauchistes partent en bloc, tandis que les autres, principalement des anarchistes s'attaquent aux banques. Une seule personne arr&#234;t&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corfu&lt;/strong&gt; : Manifestation avec un bloc anarchiste de plus de 100 personnes et en fin de cort&#232;ge un autre d'une centaine de gauchistes, attaquent le poste de police avec des oeufs, des oranges, de la peinture et des pierres. Le chef de la police est sortit pour essayer de calmer les gens, mais ayant re&#231;u des dizaines d'&#339;ufs, retourna &#224; l'int&#233;rieur. Dans la petite ville rebelle de Lefkimmi, connue pour la lutte des habitants contre la construction d'une d&#233;charge en plein air qui co&#251;ta la vie &#224; une femme &#224; cause de la violence des MAT, il y eut un d&#233;fil&#233; vers le chantier de la d&#233;charge, toujours prot&#233;g&#233; par les MAT. Ceux-ci furent somm&#233;s de partir, mais attaqu&#232;rent les habitants, ce qui d&#233;boucha sur plusieurs heures de combats de rues et de barricades. &#192; la fin de la manifestation dans le centre de Corfu, la police pourchassa les manifestants jusqu'aux universit&#233;s. L&#224;, les manifestants trouv&#232;rent une dizaine d'&#233;tudiants du KKE et du PASOK enferm&#233;s et refusant de les laisser entrer. Lorsque les manifestants tent&#232;rent de rentrer les jeunes du KKE leur jet&#232;rent des bouteilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ioannina&lt;/strong&gt; : Manifestation depuis le centre syndical jusqu'au poste de police avec plus de 1000 personnes. La police r&#233;plique avec un usage massif de lacrymog&#232;nes, et des anarchistes saccagent plus de 15 banques sur leur passage. Batailles de rues avec la police autour de la mairie. La police r&#233;plique avec des grenades aveuglantes et envoie trois manifestants &#224; l'h&#244;pital, parmi lesquels un prof de l'universit&#233; et un syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mytilini&lt;/strong&gt; : Manifestation de 200 personnes, d&#233;truisant les banques, les cameras de surveillance, le bureau de douanes, et le minist&#232;re d'Eg&#233;e. Les drapeaux grecs sont arrach&#233;s des b&#226;timents gouvernementaux et brul&#233;s dans le square central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ithaki&lt;/strong&gt; : Un groupe br&#251;le le drapeau grec et une partie de l'&#233;cole municipale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Larissa&lt;/strong&gt; : Pendant la manifestation des coll&#233;giens, des flics en civil emm&#232;nent quelques jeunes au poste de police o&#249; ils les tabassent avant de les rel&#226;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pyrgos&lt;/strong&gt; : Un groupe de dix personnes a incendi&#233; le palais de justice de Pyrgos &#224; l'aide de Molotov, criant des slogans anarchistes et des slogans &#224; la m&#233;moire d'Alexis. 4 v&#233;hicules de police arrivent apr&#232;s que les gens se soient dispers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karditsa&lt;/strong&gt; : Manifestation et d&#233;fil&#233; dans le centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kavala&lt;/strong&gt; : Un groupe de 20 personnes brise les vitres d'un commissariat et lance des Molotov &#224; l'int&#233;rieur, provoquant d'importants d&#233;g&#226;ts. Les flics sortirent pour balancer d'importantes quantit&#233;s de lacrymog&#232;nes, ce qui mena &#224; l'annulation du concert gratuit du maire dans le centre ville. Des flics en civil et des MAT partout dans Kavala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ksanthi&lt;/strong&gt; : Manifestation de plus de 100 personnes dans le centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volos&lt;/strong&gt; : Les flics attaquent le cort&#232;ge, le scindant en deux blocs, l'un d'eux se dirige vers le centre des travailleurs, attaquant le palais de justice, un bureau gouvernemental, un supermarch&#233; et plus de 16 banques. Dans le centre des travailleurs, ils expulsent le maire et des pr&#234;tres qui se trouvaient l&#224; pour un meeting. L'autre bloc s'est attaqu&#233; &#224; des banques, &#224; un v&#233;hicule de la police municipale, et au commissariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serres&lt;/strong&gt; : Environ 40 anarchistes se rassemblent dans le centre ville, chantent des slogans et distribuent du mat&#233;riel d'informations aux passants, puis se rendent en cort&#232;ge vers le commissariat mais sont bloqu&#233;s par les flics qui ont ceintur&#233; le b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sparti&lt;/strong&gt; : Des anarchistes occupent l'universit&#233; technique et installent un point d'infos &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arta&lt;/strong&gt; : Les anarchistes et les autonomes locaux organisent une manifestation o&#249; participent de nombreux immigr&#233;s et habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kozani&lt;/strong&gt; : Manifestation anarchiste de plus de 80 personnes assi&#233;geant le poste de police, virant les journalistes du cort&#232;ge, construisant des barricades et bloquant les rues autour du poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Naxos&lt;/strong&gt; : Manifestation et d&#233;fil&#233; dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lundi 8/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : Toutes les &#233;coles et la plupart des universit&#233;s du pays sont ferm&#233;es, il s'agit d'une tentative gouvernementale pour emp&#234;cher les gens de se rassembler et de faire des AG, tandis que dans la plupart des villes grecques les &#233;tudiants manifestent vers les commissariats, comme dans les banlieues d'Ath&#232;nes. T&#244;t dans la matin&#233;e, les &#233;tudiants ont bloqu&#233; et occup&#233; l'avenue Kifissias et d'autres rues pendant plusieurs heures. Des milliers de lyc&#233;ens se dirigent vers le commissariat central. 3 d'entre-eux gisent demi-nus sur les marches dans un symbolisme th&#233;&#226;tral. Beaucoup d'autres jettent des fleurs dans l'entr&#233;e. Les lyc&#233;ens communiquent &#224; l'aide de sms pour s'informer sur la manifestation. 3000 lyc&#233;ens bloquent le poste de police d'Exarchia sans l'attaquer. Les flics s'y enferment. Les &#233;l&#232;ves de Marussi bloquent une station de m&#233;tro proche. A Galatsi, des centaines d'&#233;l&#232;ves attaquent le poste de police avec des oranges, des &#339;ufs, et de petits objets. Plus de 1000 &#233;l&#232;ves de Vrilissia bloquent le poste de police toute la matin&#233;e. Les &#233;l&#232;ves de Grava ont attaqu&#233; les postes de police de Patissia et de Galatsi avec des ordures et des pierres. 400 autres &#233;l&#232;ves attaquent le poste de police de Metamorfosi avec des pierres et de la peinture. A Egalo, 500 &#233;l&#232;ves bloquent les avenues centrales et d&#233;filent vers le poste de police qu'ils attaquent avec des pierres et de la peinture, causant des d&#233;g&#226;ts dans l'entr&#233;e et sur deux v&#233;hicules de police. Pendant une autre manifestation d'&#233;l&#232;ves, des rues ont &#233;t&#233; bloqu&#233;es et beaucoup d'entre-eux ont attaqu&#233; la maison du ministre de l'&#233;ducation Stylianidis, un bureau de la ND, et le poste de police d'Erythrea. Les habitants fascistes et de droite font annuler un rassemblement ouvert &#224; Agios Panteleimonas, protestant contre la mont&#233;e de la criminalit&#233; et demandant de plus stricts contr&#244;les sur les immigr&#233;s, de peur d'&#234;tre attaqu&#233;s. A Petroupoli, les &#233;l&#232;ves du KKE s'arrangent pour diriger la manifestation en &#233;vitant le poste de police. Vers midi, des milliers d'&#233;l&#232;ves se r&#233;unissent autour du parlement lan&#231;ant des pierres, des bouts de marbres, et d'autres objets sur les MAT. Plus de 15 000 personnes &#224; la manifestation centrale. Des barricades en feu autour du parlement. La manifestation &#233;tudiante attaque le poste de police de Kifissias et le centre de contr&#244;le du trafic. Les &#233;tudiants affrontent les MAT au centre de Neo Kosmos. Des heurts autour du parlement et du square Syntagma, les flics r&#233;pliquent et arr&#234;tent 2 &#233;tudiants. Toutes les &#233;coles et universit&#233;s sont ferm&#233;es par d&#233;cision du minist&#232;re de l'&#233;ducation. Plus de 200 incendies de v&#233;hicules et de b&#226;timents. 14 banques, 47 magasins, 20 v&#233;hicules, 49 bureaux gouvernementaux ou de partis, et des dizaines de poubelles en feu. Les anarchistes affrontent les flics autour de l'&#233;cole polytechnique pendant plusieurs heures avec des pierres, des b&#226;tons et des Molotov, apr&#232;s que la police ait arr&#234;t&#233; trois personnes. Des magasins d'informatique en feu rue Sturnari. 3 personnes bless&#233;es. Toutes les banques autour du square Omonoia sont saccag&#233;es. Attaques contre les minist&#232;res de l'Economie, des Affaires Int&#233;rieures et des Affaires Etrang&#232;res. Un b&#226;timent du square Omonoia est d&#233;truit. Incendie de Zara et autres magasins de v&#234;tements, de banques, d'un bureau du minist&#232;re de l'Economie rues Amalias et V. Olgas, des h&#244;tels du groupe &#034;h&#244;tel Plazza&#034; et &#034;Grande Bretagne&#034;, et d'un centre priv&#233; de formation scolaire. Le sapin de No&#235;l municipal est en feu. Un magasin vendant des armes est saccag&#233; et ce qu'il contenait (principalement des antiquit&#233;s, des sabres, des couteaux) est expropri&#233;. Des magasins sont pill&#233;s. Un groupe attaque les banques de Peristeri. Plus de 90 personnes arr&#234;t&#233;es et 190 retenues temporairement, la plupart d'entre elles sont violemment tabass&#233;es par les flics. Photos de flics tirant &#224; balles r&#233;elles sur les manifestants. Des organisations antiracistes et gauchistes appellent &#224; une manifestation dans l'apr&#232;s-midi. Le sapin de No&#235;l municipal incendi&#233;. Avenue Syggrou, des manifestants pourchassent deux fourgons de police. Attaque de la plupart des banques, du poste de police et de la mairie de Menidi. De nombreux magasins saccag&#233;s et pill&#233;s. Des inconnus ont pill&#233; les bureaux du M&#233;tro de Ano Liosia. Des inconnus ont incendi&#233; un b&#226;timent r&#233;sidentiel avenue Syggrou. Incendie de la biblioth&#232;que nationale, rapidement maitris&#233; par les pompiers. Un groupe incendie les bureaux de la ND &#224; Nea Smyrni. Un groupe arr&#234;te un v&#233;hicule de pompier, demande au conducteur de l'abandonner, exproprie les outils et l'incendie. Un autre groupe attaque le bureau des affaires &#233;trang&#232;res &#224; Kolonaki, et en partant, saccage des v&#233;hicules de luxe gar&#233;s dans ce quartier chic. Des &#233;tudiants organisent des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et occupent de nombreuses universit&#233;s, tandis que dans d'autres comme &#224; Pantios, les membres des jeunesses du KKE s'enferment dans les universit&#233;s en faisant de fausses occupations, afin d'emp&#234;cher toute assembl&#233;e, et appellent &#224; des manifestations &#034;prot&#233;g&#233;es&#034; s&#233;par&#233;es. Le poste de police de Voula est incendi&#233;, ainsi que les nombreux v&#233;hicules de police gar&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur. Les camarades de classe d'Alexis d&#233;filent sur Neo Psyhiko. Une explosion d&#233;truit la Banque Nationale de Ilioupoli. Des unit&#233;s anti-terroristes d&#233;ploy&#233;es &#224; Exarchia. Le second avocat du flic abandonne l'affaire. Les enseignants de l'Ecole Polytechnique soutiennent la mobilisation. Dans la nuit, des groupes ont expropri&#233; de la nourriture d'un camion fournissant les supermarch&#233;s, et lorsque les MAT arriv&#232;rent, ils furent re&#231;us &#224; coups de pierres et de Molotov. Des dizaines de flics bless&#233;s durant les heurts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Piraeus&lt;/strong&gt; : Des lyc&#233;ens assi&#232;gent le commissariat de police, d&#233;truisant les v&#233;hicules et les motos, lan&#231;ant des pierres et des ordures contre le b&#226;timent. Sur le chemin du retour, les manifestants saccagent deux banques et un magasin de luxe, trois v&#233;hicules et transforment quantit&#233;s de poubelles en barricades. Plus tard, un groupe d&#233;truit les bureaux de la ND &#224; Paleo Faliro. Heurts autour de Piraeus. Les &#233;l&#232;ves attaquent deux autres postes de police avec des Molotov. Un poste de police, la mairie et le minist&#232;re des affaires maritimes sont &#233;galement attaqu&#233;s. Un groupe attaque le parking de la police, d&#233;truisant tous les v&#233;hicules qui s'y trouvent. Une voiture de police banalis&#233;e gar&#233;e sur la rue principale est incendi&#233;e. Les habitants et les &#233;l&#232;ves d&#233;truisent les bloqueurs routiers municipaux destin&#233;s &#224; emp&#234;cher les gens de se garer de fa&#231;on ill&#233;gale, mais qui s'av&#232;rent dangereux pour les passants et les conducteurs. A Glyfada, les &#233;l&#232;ves s'attaquent au poste de police et bloque la large rue vers la mer. &#192; Korydallos, les &#233;l&#232;ves ont attaqu&#233; les flics hors du poste de police avec des ordures et des pierres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thessalonique&lt;/strong&gt; : T&#244;t dans la matin&#233;e, des &#233;tudiants ont occup&#233; le b&#226;timent de l'Association des Avocats, afin de le transformer en centre d'informations. Presque chaque &#233;cole fait une manifestation. Une grosse manifestation dans le centre ville se fait attaquer par les MAT devant le poste de police d'Aristotelous. Des manifestations dans le centre ville organis&#233;es par les &#233;tudiants et les gauchistes. Heurts avec les policiers, autour des universit&#233;s, et le palais des sports. Les &#233;l&#232;ves virent la police du square Navarinou &#224; l'aide de pierres et de barricades. Des &#233;l&#232;ves brisent des vitrines de magasins de luxe, des feux et des panneaux de signalisation, des lampadaires, des cabines t&#233;l&#233;phoniques. Une voiture est incendi&#233;e pr&#232;s des universit&#233;s. Les bus changent d'itin&#233;raire afin de ne pas passer pr&#232;s des universit&#233;s. Une organisation anti-autoritaire signale que son infoshop a &#233;t&#233; d&#233;truit, et que des MAT ont &#233;t&#233; vus en train de piller des articles venant d'un magasin vandalis&#233;. Les jeunes ont investi la biblioth&#232;que de l'&#233;cole d'architecture, et ont expropri&#233; le mat&#233;riel des bureaux des profs. Pendant une marche dans le centre ville, toutes les banques et de nombreux magasins de la rue Egnatia ont &#233;t&#233; saccag&#233;s. Des drapeaux grecs ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;s. Un groupe de 40-50 personnes a attaqu&#233; le poste de police de Ano Toumba avec des Molotov, provoquant d'importants d&#233;g&#226;ts. Dans la nuit, les bureaux de la ND de Saranda Ekklisies sont d&#233;truits par les flammes. Attaques &#233;galement contre le minist&#232;re de Mac&#233;doine et de Thrace, et contre la mairie d'Agios Pavlos avec des Molotov et des bouteilles de gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patras&lt;/strong&gt; : Des anarchistes occupent le b&#226;timent principal de l'universit&#233; (Parartima) afin de mettre en place un point-infos. Dans la nuit, les anarchistes ont occup&#233; la station de t&#233;l&#233; locale Super B, et transmis de la contre-information au sujet du meurtre et des mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Heraklion&lt;/strong&gt; : Les &#233;l&#232;ves boycottent les &#233;coles et se rassemblent dans le square central. Plus de 2000 d'entre eux d&#233;filent dans le centre ville, lorsqu'une brigade de police est envoy&#233;e pour bloquer l'entr&#233;e de la pr&#233;fecture. &#192; la vue des flics, les &#233;l&#232;ves mettent leurs capuches et leurs foulards, d&#233;pavent la rue et balancent le tout sur les flics. Les flics se replient. Un fourgon de police et un v&#233;hicule gouvernemental sont retourn&#233;s devant la pr&#233;fecture. Dans la nuit, des heurts importants suivent une grosse manifestation. De nombreux immigr&#233;s, hooligans, roms, et pr&#233;caires des quartiers d'Heraklion y participent. La plupart des banques du centre ville sont incendi&#233;es. Les flics r&#233;pondent &#224; coups de flashballs. Un manifestant est bless&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chania&lt;/strong&gt; : Importante manifestation de 3000 personnes &#224; Chania, avec de nombreux &#233;l&#232;ves. Les flics, attaqu&#233;s en dehors du commissariat blessent deux manifestants. S'ensuivent des combats de rues qui durent plus de deux heures. Les banques sont saccag&#233;es ou incendi&#233;es, une voiture et plusieurs poubelles sont transform&#233;es en barricades et incendi&#233;s, le b&#226;timent de la pr&#233;fecture est &#233;galement incendi&#233;, l'ANEK est &#224; nouveau attaqu&#233;, le bureau et le magasin des t&#233;l&#233;communications de l'OTE sont pill&#233;s. Les personnes rassembl&#233;es organisent une assembl&#233;e ouverte. Occupation du lyc&#233;e technique par les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Larissa&lt;/strong&gt; : Manifestation dans le centre ville suite &#224; un rassemblement anarchiste. Plus de 1500 personnes marchent vers le poste de police. Pendant le d&#233;fil&#233;, la plupart des banques sont saccag&#233;es ou incendi&#233;es, de m&#234;me que la mairie, le palais de justice, et le tribunal militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rhodes&lt;/strong&gt; : Plus de 500 &#233;l&#232;ves ont occup&#233; leurs &#233;coles et ont d&#233;fil&#233; vers le poste de police, o&#249; des heurts avec les flics ont eut lieu. Des manifestations similaires dans toutes les iles. Dans la nuit, des heurts dans tout le centre ville, les jeunes d&#233;truisent des banques, des lampadaires, du mat&#233;riel de signalisation, et plus ou moins tout ce qu'ils trouvent dans la rue appartenant &#224; l'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nafplio&lt;/strong&gt; : Une manifestation spontan&#233;e de 100 &#233;l&#232;ves grossit au fur et &#224; mesure qu'elle passe devant les &#233;coles et que les &#233;l&#232;ves la rejoignent, et ce sont 400 d'entre eux qui attaquent le poste de police avec des pierres et de la peinture. Les jeunes du KKE distribuent des tracts, de m&#234;me qu'un groupe autonome d'&#233;l&#232;ves. Des manifestations similaires dans les environs d'Argos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chios&lt;/strong&gt; : 600 &#233;l&#232;ves marchent vers le poste de police, et lancent des citrons et des pierres, tandis que les membres des jeunesses du KKE s'interposent entre les jeunes et les flics pour prot&#233;ger la police et calmer les choses. Dans la nuit 7 banques sont saccag&#233;es, et des heurts se produisent dans les rues avec des barricades dress&#233;es dans le centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Egio&lt;/strong&gt; : 500 &#233;l&#232;ves attaquent le poste de police avec des oeufs, des pierres et de la peinture rouge, provoquant d'importants d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Veria&lt;/strong&gt; : Des anarchistes attaquent le commissariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gythio&lt;/strong&gt; : Tous les &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole technique sup&#233;rieure ne vont pas en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kavala&lt;/strong&gt; : 200 &#233;l&#232;ves et anarchistes marchent en direction du poste de police, et l'attaquent, ce qui m&#232;ne &#224; des affrontements. 4 banques et 3 voitures banalis&#233;es d&#233;truites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agrinio&lt;/strong&gt; : Pendant la manifestation de quelques centaines d'&#233;l&#232;ves, toutes les banques de la ville ont &#233;t&#233; saccag&#233;es. Ainsi qu'un magasin de t&#233;l&#233;phonie, le bureau des imp&#244;ts, et la mairie. Les bureaux du parti fasciste LAOS ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Le square principal fut bloqu&#233; pendant toute la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aliveri&lt;/strong&gt; : Les &#233;l&#232;ves attaquent le commissariat avec des pierres et de la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lamia&lt;/strong&gt; : Manifestations d'&#233;l&#232;ves et heurts mineurs avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kozani&lt;/strong&gt; : Des centaines d'&#233;l&#232;ves dans les rues, attaquent le poste de police avec des pierres et de petits objets. De plus petites manifestations autour de Ptolemaida. Dans la nuit, apr&#232;s une manifestation rassemblant pr&#232;s de 250 personnes, des banques furent saccag&#233;es, des heurts survinrent devant le commissariat entre flics et manifestants, pendant pr&#232;s de 4 heures. 18 &#233;l&#232;ves arr&#234;t&#233;s (12 gar&#231;ons et 6 filles), 2 flics bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Florina&lt;/strong&gt; : Une centaine de manifestants, principalement des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens avec une forte pr&#233;sence anarchiste d&#233;filent dans le centre ville, des gens applaudissent et les encouragent, d'autres les traitent d'&#034;anti-grecs&#034; et une personne a m&#234;me tent&#233; de les &#233;craser avec sa voiture, mais fut repouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Edessa&lt;/strong&gt; : Plus de 80 &#233;l&#232;ves d&#233;filent vers le poste de police, de nombreux habitants les applaudissent lorsqu'ils entendent les slogans, les &#233;l&#232;ves attaquent le poste de police avec des citrons, des oranges et des &#339;ufs, et virent le garde de son box.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ithaki&lt;/strong&gt; : Apr&#232;s une assembl&#233;e ouverte dans une &#233;cole, les &#233;l&#232;ves manifestent vers le poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Giannitsa&lt;/strong&gt; : Des dizaines d'&#233;l&#232;ves ont d&#233;fil&#233; vers le commissariat et ont lanc&#233; des oeufs et des ordures sur les flics et le b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syros&lt;/strong&gt; : D&#233;fil&#233; spontan&#233; d'&#233;l&#232;ves, ceux-ci lancent des l&#233;gumes et des ordures sur les flics hors du commissariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandroupoli&lt;/strong&gt; : 100 personnes, pour la plupart des &#233;l&#232;ves, bloquent le poste de police pendant plusieurs heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Halkidiki&lt;/strong&gt; : A Polygyros, Moudania, et dans d'autres villes, les &#233;l&#232;ves bloquent les postes de police et organisent des manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chania&lt;/strong&gt; : 1000 &#233;l&#232;ves marchent vers le poste de police. Les &#233;tudiants occupent l'universit&#233; technique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ierapetra : En Cr&#232;te orientale, les &#233;l&#232;ves marchent sur le poste de police et l'attaquent avec des l&#233;gumes et des ordures, et saccagent les v&#233;hicules et les motos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kastoria&lt;/strong&gt; : 200 &#233;l&#232;ves d&#233;filent avec une &#233;norme banderole sur laquelle est inscrite &#034;Salut l'Ami&#034; avec un symbole squat (N) et un (A) cercl&#233; et attaquent le poste de police, y d&#233;truisant deux v&#233;hicules et une moto. Les fascistes locaux tent&#232;rent d'attaquer les jeunes, mais les &#233;l&#232;ves et les &#233;tudiants de l'universit&#233; occup&#233;e les ont repouss&#233;s. Un &#233;l&#232;ve dont le visage a &#233;t&#233; d&#233;couvert est arr&#234;t&#233;. Dans la nuit, des jeunes masqu&#233;s attaquent le poste de police et les v&#233;hicules gar&#233;s devant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Korinthos : Plus de 1500 personnes r&#233;pondent &#224; l'appel de l'initiative anti-autoritaire locale, et marchent sur le commissariat, o&#249; elles y affrontent les flics. Le maire vient pour essayer de r&#233;tablir le calme, mais n'y parvient pas, et ses valets attaquent les &#233;l&#232;ves. De nombreux manifestants le jettent de la manifestation. Puis des groupes importants de manifestants s'attaquent aux banques, pendant que des propri&#233;taires de magasins s'engueulent avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kyparissia&lt;/strong&gt; : Manifestation et blocage du poste de police par les lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pyrgos&lt;/strong&gt; : Un groupe attaque le centre local des imp&#244;ts et l'agence pour l'emploi avec 15 Molotov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corfu&lt;/strong&gt; : Des centaines de personnes d&#233;filent dans le centre ville de Kerkyra (Corfu) o&#249; de nombreuses banques sont vandalis&#233;es, et le poste de police est attaqu&#233;, principalement par des &#233;l&#232;ves et des anarchistes. Les &#233;l&#232;ves bloquent le square Sarokos et attaquent les flics pendant plusieurs heures. Heurts sans arrestations. Les &#233;l&#232;ves d&#233;filant dans Corfu attaquent le commissariat et les bureaux de la s&#233;curit&#233; avec des pierres et des &#339;ufs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Xanthi&lt;/strong&gt; : Un cort&#232;ge de plus de 500 personnes form&#233; suite &#224; une assembl&#233;e d'&#233;tudiants, attaque le poste de police avec des pierres et un Molotov, les flics r&#233;pliquent avec des lacrymog&#232;nes. Des guichets bancaires et des cam&#233;ras de surveillance sabot&#233;s. Des &#233;tudiants veulent occuper le local polytechnique de l'universit&#233; pour en faire un point d'infos, mais les jeunes du KKE s'y enferment et annoncent que l'universit&#233; sera occup&#233;e pendant trois jours, par eux. Occupation de la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kilkis&lt;/strong&gt; : Manifestation d'&#233;l&#232;ves et blocage du poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trikala&lt;/strong&gt; : Cort&#232;ge d'&#233;l&#232;ves, vandalisme contre des banques et des b&#226;timents gouvernementaux et heurts mineurs avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serres&lt;/strong&gt; : A la suite d'une manifestation r&#233;unissant 120 anarchistes, le poste de police est attaqu&#233; avec des l&#233;gumes et des ordures, tout comme des banques, des ATM, et des cam&#233;ras de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tripoli&lt;/strong&gt; : La manifestation des &#233;l&#232;ves attaque le poste de police avec des pierres et divers petits objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mytilini&lt;/strong&gt; : Le bloc anarchiste d'une grande manifestation attaque le poste de police avec des pierres et de la peinture, mais les flics les repoussent avec des lacrymog&#232;nes. Des gauchistes affrontent les flics pour r&#233;cup&#233;rer une personne arr&#234;t&#233;e, et r&#233;ussissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kalamata&lt;/strong&gt; : Manifestation spontan&#233;e de 70 anarchistes et gauchiste devant le poste de police et le palais de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moudros&lt;/strong&gt; : Dans l'ile de Limnos, une manifestation d'&#233;l&#232;ves bloque le poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mardi 9/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : Durant la c&#233;r&#233;monie des fun&#233;railles d'Alexis, quelques flics ont fait leur apparition dans le cimeti&#232;re, provoquant les gens. Les milliers de personnes r&#233;unies les repouss&#232;rent, et les MAT attaqu&#232;rent, en criant &#034;o&#249; est Alexis maintenant ?&#034; et en mimant un pistolet avec leurs mains. Suite &#224; l'appel des habitants, les m&#233;dias montr&#232;rent les flics tirant &#224; balles r&#233;elles avec leurs flingues contre les manifestants de Nea Smyrni, apr&#232;s 4 heures de combats de rues. Le KKE d&#233;nonce officiellement le SYRIZA pour avoir &#034;prot&#233;ger&#034; les &#233;meutiers. Des manifestants voient un groupe d'&#034;&#233;meutiers&#034; cagoul&#233;s monter dans un fourgon de police et partir. Les occupants de l'ASOEE repoussent avec succ&#232;s les MAT &#224; l'aide de pierres et de bouteilles. Plus de 1000 personnes participent &#224; ces affrontements. Des milliers de prisonniers des 22 prisons de Gr&#232;ce boycottent le repas de la journ&#233;e, &#224; la m&#233;moire du gar&#231;on assassin&#233;. Certains d'entre eux tendent une grande banderole visible de la route depuis les cellules de la prison de Korydallos. En m&#234;me temps, des jeunes, principalement des lyc&#233;ens et des enseignants assi&#232;gent le parlement, lan&#231;ant des pierres sur le b&#226;timent, la police fait un usage massif de lacrymog&#232;nes. &#201;meutes &#224; Paleo Faliro et Nea Smyrni, jets de pierres et de Molotov contre les policiers. Ceux-ci utilisent des feux de d&#233;tresse. Des manifestations de lyc&#233;ens attaquent les postes de police de Nea Filadelfia, Petroupoli, Halkidona et Nea Makri avec des pierres et d'autres objets. Grosses manifestations de lyc&#233;ens et heurts dans le centre ville. Pillages dans le centre d'Ath&#232;nes. Les fascistes et les flics pourchassent des immigr&#233;s au square Victoria pendant le pillage du magasin Germanos. Une fille et un immigr&#233; bless&#233;s par les fascistes. Des dizaines de manifestants arr&#234;t&#233;s. Un nombre inconnu de personnes assi&#232;gent le poste de police de Zefyri. Elles tentent de lancer un v&#233;hicule enflamm&#233; dans l'entr&#233;e. Deux flics bless&#233;s au visage par un tir au fusil de chasse. Une agence de voyage en feu rue Marni. Des fascistes tabassent un immigr&#233; pillant un magasin de la rue du 3 Septembre. Des lyc&#233;ens attaquent le poste de police d'Agias Paraskevis et provoquent encore plus de d&#233;g&#226;ts. Un groupe d'anarchistes d&#233;truit des banques &#224; Brahami. Attaque du poste de police de Zografou et des v&#233;hicules gar&#233;s devant. Dans l'apr&#232;s-midi, environ 40 camarades de l'universit&#233; occup&#233;e de l'ASOEE exproprient un supermarch&#233; de l'avenue Patission et distribuent leur butin aux habitants, pour la plupart des immigr&#233;s. Un groupe saccage toutes les banques de la rue Agiou Dimitriou de Brahami. Des flics en civil pourchassent des immigr&#233;s autour de l'ASOEE occup&#233;e. Des magasins du centre sont saccag&#233;s et pill&#233;s, principalement par des immigr&#233;s. On rapporte que des &#034;politiques&#034; frappent les immigr&#233;s pour les emp&#234;cher de piller les magasins. Des jeunes affrontent les flics autour de l'&#233;cole polytechnique. Usage massif de lacrymog&#232;nes. Une rumeur circule sur le manque de munitions en lacrymog&#232;nes. Plus de cent personnes arr&#234;t&#233;es, des citoyens grecs, des immigr&#233;s, de nombreux lyc&#233;ens. Dans la nuit, les flics assi&#232;gent les occupants de l'ASOEE. Dans les grandes villes comme dans les plus petits villages, des flics en civils parlent aux commer&#231;ants et les avertissent que des anarchistes cagoul&#233;s vont venir en bus pour foutre la merde dans leur ville, et leur demandent de s'y pr&#233;parer, r&#233;pandant ainsi la peur et la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thessalonique&lt;/strong&gt; : Les anti-autoritaires affrontent les flics devant l'&#233;cole de th&#233;&#226;tre occup&#233;e dans le centre ville. Usage massif de lacrymog&#232;nes. Affrontements entre les jeunes (principalement des ultras) et des flics devant les universit&#233;s, o&#249; les anarchistes ont occup&#233; deux b&#226;timents. Dans la nuit, les MAT, des policiers en civil et des groupes de neo-nazis ceinturent l'universit&#233;. Les MAT envoient des lacrymog&#232;nes &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patras&lt;/strong&gt; : La police disperse une manifestation de 1000 habitants. Les manifestants voient des flics en civil briser les vitrines de petits commerces. Dans la nuit, des flics en civil et des dizaines de fascistes attaquent les manifestants en criant des slogans nazis. Des n&#233;o-nazis pourchassent des manifestants et des immigr&#233;s. Les m&#233;dias parlent d'habitants et de commer&#231;ants se mobilisant contre les &#233;meutiers. Une dizaine de personnes retenues pour la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Heraklion&lt;/strong&gt; : Des dizaines de flics en civil dans les rues. 5 personnes arr&#234;t&#233;es par les flics en civil tandis que dans certains cas des passants s'engueulent avec les flics. Des fascistes et des flics en civil patrouillent dans les rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ioannina&lt;/strong&gt; : La manifestation d'environ 2000 personnes est attaqu&#233;e par la police qui fait un usage massif de lacrymog&#232;nes, et se s&#233;pare en deux. Un bloc retourne au centre ville et attaque des banques et l'autre affronte la police jusqu'&#224; se faire repousser dans les couloirs de l'universit&#233; &#224; l'int&#233;rieur desquels sont tir&#233;s d'importantes quantit&#233;s de gaz lacrymog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Veria&lt;/strong&gt; : Manifestation de lyc&#233;ens ceintur&#233;e par les flics, mais ceux qui ont attaqu&#233; les banques et les bureaux gouvernementaux sont rel&#226;ch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trikala&lt;/strong&gt; : 300 jeunes, essentiellement des lyc&#233;ens, affrontent les policiers dans le centre ville. Blocages de rue avec des poubelles en feu. Quelques v&#233;hicules endommag&#233;s autour du stade de foot. La police arr&#234;te beaucoup de personnes, qui seront rel&#226;ch&#233;es plus tard. Dans la nuit un groupe br&#251;le une banque nationale avec des Molotov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volos&lt;/strong&gt; : Importante manifestation de plus de 5000 personnes, pour la plupart des &#233;tudiants. Attaque d'un supermarch&#233;, de la mairie, d'un b&#226;timent gouvernemental, du commissariat et du poste de police municipal, le maire se fait virer du centre syndical. La police attaque devant le commissariat mais se fait repousser &#224; coup de pierres, un MAT tombe, et 3-4 autres ont leurs boucliers bris&#233;s ou vol&#233;s. Tirs massif de lacrymog&#232;nes. Les dirigeants du SYN essay&#232;rent de mener la manifestation vers des rues moins &#034;provocantes&#034; pour faire cesser les affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ksanthi&lt;/strong&gt; : Manifestation de 400 personnes dans le centre ville, des manifestants occupant la radio municipale durant quelques minutes afin de transmettre des informations, la police attaque les personnes rassembl&#233;es devant et les affrontements de rue commencent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ikaria&lt;/strong&gt; : El&#232;ves et enseignants se rassemblent &#224; Agios Kirikos dans une manifestation pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rhodes&lt;/strong&gt; : La manifestation des lyc&#233;ens est attaqu&#233;e par la police, apr&#232;s que les policiers aient provoqu&#233;s les &#233;l&#232;ves lorsqu'ils ont atteint le poste de police. 5 &#233;l&#232;ves arr&#234;t&#233;s. Les &#233;l&#232;ves se replient sur le square central et les affrontements se r&#233;pandent dans toute la ville. De nombreuses banques et la voiture d'un journaliste local d&#233;truites. 8 flics bless&#233;s. Quelques &#233;l&#232;ves pris et un arr&#234;t&#233; pour (faible) possession de cannabis. Alors que deux flics locaux se font prendre avec plus de 300 g de cannabis chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nafpaktos&lt;/strong&gt; : Des lyc&#233;ens bloquent le poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Larissa&lt;/strong&gt; : Dans la matin&#233;e, il y a une manifestation de solidarit&#233; devant le tribunal en soutien aux personnes arr&#234;t&#233;es la veille. Suite &#224; la manifestation, il y a des heurts entre les commer&#231;ants et les personnes attaquant et pillant les magasins. La police a arr&#234;t&#233; un nombre inconnu de personnes accus&#233;es de pillage, des roms pour la plupart. Des manifestants incendient le bateau de No&#235;l de la rue Tahydromiou. Les m&#233;dias parlent d'affrontements entre des commer&#231;ants et des manifestants, apr&#232;s que le pr&#233;sident des commer&#231;ants ait appel&#233;s ceux-ci &#224; d&#233;fendre leurs propri&#233;t&#233;s. Une fille tabass&#233;e par des n&#233;o-nazis assistants la police et quelques commer&#231;ants s'en sont pris aux manifestants. Durant les &#233;meutes locales, alors que la plupart des banques et des b&#226;timents gouvernementaux sont syst&#233;matiquement attaqu&#233;s, seuls trois magasins ont eu leurs vitrines bris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karditsa&lt;/strong&gt; : Les lyc&#233;ens attaquent la pr&#233;fecture et le tribunal de la ville, la police arr&#234;te 3 &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandroupoli&lt;/strong&gt; : Manifestation de 500 personnes essentiellement compos&#233;e de lyc&#233;ens et d'enseignants, dont certains d'entre eux attaqu&#232;rent le poste de police avec des &#339;ufs, des tomates, des pierres et de petits objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Veria&lt;/strong&gt; : Dans la matin&#233;e, le groupe &#034;Punks with Conscience&#034; a attaqu&#233; un v&#233;hicule de la police municipale patrouillant devant le poste de police, et selon le communiqu&#233; envoy&#233; &#224; directactiongr.blogspot.com, il s'agissait &#034;d'une participation minimale &#224; une insurrection g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'anarchistes et de jeunes dans toute la Gr&#232;ce, &#224; la suite du meurtre d'Alexandros, 16 ans, par les porcs de la police. Nous sommes en guerre. Tous les valets de l'&#233;tat vont nous trouver en face d'eux, arm&#233;s de haine, incendiant la nuit calme jusqu'&#224; la destruction totale de ce monde pourri.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serres&lt;/strong&gt; : A la suite d'une manifestation rassemblant pr&#232;s de 300 personnes o&#249; des &#233;l&#232;ves ont jet&#233; des &#339;ufs et tir&#233; des feux d'artifices sur le poste de police, la mairie fut occup&#233;e jusqu'aux fun&#233;railles d'Alexis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ioannina&lt;/strong&gt; : Les MAT assi&#232;gent des salles de classe avec 100 &#233;tudiants &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mytilini&lt;/strong&gt; : Une manifestation de 300 personnes est attaqu&#233;e avec des tirs massifs de lacrymog&#232;nes, avant m&#234;me d'atteindre le poste de police. Le bloc du KKE, quitte la manifestation, tandis que le reste tente de s'approcher &#224; nouveau, affrontant les flics durant des heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Leros&lt;/strong&gt; : Des &#233;l&#232;ves bloquent la rue centrale de cette petite &#238;le, et tirent des feux d'artifice pendant un d&#233;fil&#233; &#224; l'ext&#233;rieur du poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mytilini&lt;/strong&gt; : Importante manifestation d'anarchistes, d'&#233;l&#232;ves, d'enseignants, de parents, du SYRIZA et du KKE. Le KKE quitte la manifestation avant d'arriver au poste de police, que les &#233;l&#232;ves attaquent avec des oranges et des &#339;ufs. Les anarchistes et d'autres personnes saccagent la fa&#231;ade avec des b&#226;tons et des pierres. La police r&#233;plique avec un usage excessif de gaz lacrymog&#232;ne, et les affrontements commencent. Une fille jette une bouteille de gaz &#224; l'int&#233;rieur du poste de police. Les gens de la SYRIZA enl&#232;vent la cagoule d'un jeune ayant particip&#233; &#224; l'&#233;meute, tandis qu'ils essayaient de r&#233;cup&#233;rer un autre jeune pris par les flics lors des heurts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rhodes&lt;/strong&gt; : Des &#233;l&#232;ves font un sit-in devant le poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Livadia&lt;/strong&gt; : Les &#233;l&#232;ves manifestent, et attaquent le poste de police avec des oeufs et des ordures. Manifestations similaires pr&#232;s de Thiva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corfu&lt;/strong&gt; : 20 &#233;l&#232;ves arr&#234;t&#233;s et tabass&#233;s dans les rues par les flics, apr&#232;s que des centaines d'&#233;l&#232;ves aient attaqu&#233; le poste de police avec des pierres et des Molotov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volos&lt;/strong&gt; : Importante manifestation lors de laquelle des banques sont incendi&#233;es et des centaines de personnes attaquent le poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kalamata&lt;/strong&gt; : Pendant la manifestation des &#233;l&#232;ves, des enseignants tentent de virer les anarchistes du cort&#232;ge, mais les &#233;l&#232;ves choisissent de d&#233;filer avec les anarchistes, et balancent de la peinture rouge sur le poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arta&lt;/strong&gt; : 200 personnes manifestent, certaines jettent des oeufs et de la peinture contre des banques et des b&#226;timents gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lixouri&lt;/strong&gt; : Attaque du poste de police par des inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestations et actions mineures dans la plupart des villes grecques.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 10/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : GSEE et ADEDY, les deux principaux syndicats nationaux annulent la manifestation pour la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pr&#233;vue depuis plusieurs jours, &#224; la demande du premier ministre, afin d'&#233;viter tout incident violent. Les gens se rassemblent quand m&#234;me, et une manifestation spontan&#233;e commence. Affrontements avec la police dans le centre d'Ath&#232;nes. Violences polici&#232;res, de nombreux bless&#233;s transport&#233;s &#224; l'h&#244;pital. Rue Tritis Septemvriou, des neo-nazis se rassemblent autour des MAT et les acclament. L'un d'entre eux tente de frapper un manifestant, mais des passants l'en emp&#234;chent. Les MAT tabassent les passants qui les regardaient ou qui tentaient d'aider les personnes arr&#234;t&#233;es. Des fascistes en moto frappent un gar&#231;on avec un b&#226;ton. La plupart des banques du centre ville sont saccag&#233;es. Le poste de police de Petroupoli est attaqu&#233; &#224; l'aide de pierres et incendi&#233; par la manifestation de lyc&#233;ens. Un b&#226;timent en flammes avenue Patission. Dans la soir&#233;e, un sit-in pacifique a lieu devant le parlement. Plus tard, la police demande &#224; tous les journalistes de quitter la zone autour de l'&#233;cole polytechnique, afin de pouvoir op&#233;rer librement. Assembl&#233;e dans l'&#233;cole de droit occup&#233;e. Affrontements avec des flics en uniformes et des MAT dans Exarchia. Des fascistes assistent les flics. Les d&#233;g&#226;ts s'&#233;l&#232;veraient &#224; plus de 50.000.000 euros. Les deux flics assassins sont en d&#233;tention avant d'&#234;tre jug&#233;s, et le meurtrier ne montre aucun regret et accusent le gar&#231;on de &#034;comportement d&#233;viant&#034; parce qu'il se trouvait dans Exarchia. Affrontements autour de l'&#233;cole polytechnique. La photo d'un fasciste avec un couteau mena&#231;ant les manifestants circule dans les m&#233;dias internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thessalonique&lt;/strong&gt; : Dans la matin&#233;e, des groupes br&#251;lent une banque, un bureau de la ND et un concessionnaire automobiles. Des centaines de flics en civil, infiltrant les manifestants, arr&#234;tent des gens. Pendant la manifestation, des membres du KKE enl&#232;vent la cagoule d'un manifestant et le tabassent. Des magasins de luxe, des banques, et des lampadaires sont d&#233;truits. Un immigr&#233; et un lyc&#233;en sont arr&#234;t&#233;s, alors que des passants s'interposent. Des flics en civil vus devant l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mytilini&lt;/strong&gt; : Manifestation au square Sapfous, avec plus de 700 personnes, dont beaucoup d'&#233;tudiants en t&#234;te de cort&#232;ge, se dirigeant vers le poste de police. Un lyc&#233;en arr&#234;t&#233; lors des affrontements, mais des gens se sont arrang&#233;s pour le r&#233;cup&#233;rer suite aux blocages des rues et aux heurts avec la police pendant plus d'une heure. De nombreux flics en civils se d&#233;ploient dans les rues plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Komotini&lt;/strong&gt; : Dans la matin&#233;e, un groupe attaque aux Molotov la pr&#233;fecture de Mac&#233;doine orientale et le b&#226;timent de Thrace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kilkis&lt;/strong&gt; : Des lyc&#233;ens manifestent vers le poste de police et beaucoup d'entre eux jettent des stylos, des gommes, des calepins, et des ordures. D'autres lancent des pierres, mais la majorit&#233; les engueule et ils arr&#234;tent. Manifestation de 70 personnes devant le poste de police, o&#249; certains lancent des pierres et de petits objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Halkida&lt;/strong&gt; : D&#233;fil&#233; de 500 personnes vers le poste de police, organis&#233; par les anti-autoritaires et d'autres groupes. La m&#232;re d'un gar&#231;on assassin&#233; par les flics cinq ans auparavant pour ne pas s'&#234;tre arr&#234;t&#233; &#224; un feu rouge, s'adresse &#224; la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kavala&lt;/strong&gt; : La mairie est occup&#233;e et transform&#233;e en point info. Des flics en civil &#034;courent comme des athl&#232;tes&#034; apr&#232;s avoir &#233;t&#233; attaqu&#233;s par un groupe &#224; coups de pierres et de Molotov et se cachent dans le commissariat. Les flics ont r&#233;pliqu&#233; par des tirs de lacrymog&#232;nes. Puis, durant une manifestation devant le commissariat, les flics ont fait un usage massif de lacrymog&#232;nes et de violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Xanthi&lt;/strong&gt; : De nombreux flics en uniformes dans les universit&#233;s. Importante manifestation, cort&#232;ge compos&#233; essentiellement d'&#233;tudiants, un journaliste tabass&#233; par les flics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kilkis&lt;/strong&gt; : Suite aux rumeurs r&#233;pandues par la police sur les anarchistes venant pour d&#233;clencher une &#233;meute, la plupart des commer&#231;ants se sont enferm&#233;s dans leurs boutiques, tandis que d'autres d&#233;m&#233;nageaient les objets de valeur. Le plus dr&#244;le est que 60 personnes se rendirent dans le square central pour y attendre les anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nafplio&lt;/strong&gt; : Importante manifestation compos&#233;e principalement de lyc&#233;ens, bloqu&#233;e par les MAT, et de nombreux &#233;l&#232;ves ont attaqu&#233; les flics avec des ordures et de petits objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santorini&lt;/strong&gt; : Manifestation devant le poste de police contre lequel les lyc&#233;ens jettent des ordures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Drama&lt;/strong&gt; : Manifestation de lyc&#233;ens, ordures jet&#233;es contre le poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Larissa&lt;/strong&gt; : 28 personnes arr&#234;t&#233;es sont poursuivies par la loi anti-&#034;terroristes&#034;. Occupation de l'&#233;cole de m&#233;decine et assembl&#233;e populaire. Les fascistes attaquent une fille parmi les immigr&#233;s pr&#233;sents &#224; la manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samos&lt;/strong&gt; : Les lyc&#233;ens manifestent devant le poste de police, heurts mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syros&lt;/strong&gt; : A Ermoupolis, grosse manifestation de plus de 700 personnes, principalement des &#233;l&#232;ves et des salari&#233;s, qui bloquent le poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serres&lt;/strong&gt; : Manifestation devant le poste de police o&#249; des pierres sont jet&#233;es. Les participants filment les anarchistes se trouvant l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agrinio&lt;/strong&gt; : Dans une manifestation &#224; l'appel des syndicats, un bloc anarchiste a &#233;t&#233; form&#233;, auquel particip&#232;rent la plupart des &#233;l&#232;ves. Attaque du poste de police avec des pierres, puis affrontements mineurs et usage de lacrymog&#232;nes par les flics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mytilini&lt;/strong&gt; : Des groupes anarchistes et &#233;tudiants organisent une manifestation s&#233;par&#233;e des syndicats et du KKE. Ils se sont dirig&#233;s dans les quartiers populaires et y ont distribu&#233; des textes et de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corfu&lt;/strong&gt; : Occupation des universit&#233;s et manifestation dans le centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ptolemaida&lt;/strong&gt; : Les lyc&#233;ens manifestent en direction du poste de police, qu'ils attaquent avec des pierres, des tomates, des oeufs et des ordures, provoquant des d&#233;g&#226;ts. 5 jeunes et 2 adultes arr&#234;t&#233;s durant les affrontements. Les jeunes sont rel&#226;ch&#233;s apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tortur&#233;s et tabass&#233;s dans le poste de police, tandis que les adultes sont poursuivis en justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Heraklion&lt;/strong&gt; : Occupation de la pr&#233;fecture et concert gratuit dans le square central organis&#233;s par les syndicats &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chania&lt;/strong&gt; : Grosse manifestation d'&#233;tudiants et de lyc&#233;ens. Des banques, le b&#226;timent des t&#233;l&#233;communications OTE et le tribunal sont attaqu&#233;s. Apr&#232;s la manifestation, la pr&#233;fecture est occup&#233;e &#224; l'initiative d'un syndicat &#233;tudiant gauchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rhodes&lt;/strong&gt; : Les &#233;l&#232;ves occupent de nombreuses &#233;coles et d&#233;filent vers le poste de police pour protester contre les arrestations des derniers jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kozani&lt;/strong&gt; : 38 personnes arr&#234;t&#233;es et tortur&#233;es au poste de police. 5 sont accus&#233;es de &#034;felonies&#034; [crimes].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kalamata&lt;/strong&gt; : Les syndicats GSEE-ADEDY et les organisations de gauche appellent &#224; une manifestation, o&#249; il y a en fait une forte pr&#233;sence anarchiste, et la participation de nombreux &#233;l&#232;ves. Les bureaucrates de la GSEE-ADEDY quittent la manifestation avant d'arriver au poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 11/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : Le comit&#233; de quartier d'Exarchia appelle &#224; une assembl&#233;e. La police attaque violemment le cort&#232;ge au square Syntagma et utilise une importante quantit&#233; de lacrymog&#232;ne. Occupation de la mairie d'Agios Dimitrios pour y tenir une assembl&#233;e populaire. Les habitants et les ouvriers municipaux participent et soutiennent l'occupation. Des flics en civil partout dans les quartiers. Affrontements dans de nombreux quartiers d'Ath&#232;nes . Les jeunes du KKE s'enferment dans les universit&#233;s pour saboter les v&#233;ritables occupations et assembl&#233;es. Des &#233;l&#232;ves se rejoignent devant le poste de police de Ilioupoli et l'attaquent. Puis d'autres &#233;l&#232;ves le bloquent avec un sit-in. Heurts autour du poste de police avec la destruction de nombreux v&#233;hicules de police. Des cort&#232;ges d'&#233;l&#232;ves attaquent simultan&#233;ment plus de 10 postes de police &#224; Ath&#232;nes. Les &#233;l&#232;ves bloquent les rues devant le poste de police et devant le b&#226;timent du Pentagone militaire. Manifestation &#233;tudiante &#224; Propilaia. Un groupe attaque le minist&#232;re de la presse avec des molotov. Des flics en civil d&#233;couverts dans une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale doivent s'enfuir. Des &#233;l&#232;ves affrontent les flics &#224; Korydallos. Des dizaines de cort&#232;ges &#233;tudiants, certains plus agressifs que d'autres se regroupent ou rejoignent les lyc&#233;ens qui d&#233;filent dans la plupart des quartiers et le centre ville d'Ath&#232;nes. Plus d'une centaine de personnes se rassemblent devant la prison de Korydallos o&#249; le meurtrier avait d&#251; &#234;tre transf&#233;r&#233;. La police attaque avec les lacrymog&#232;nes et des flics en civil tabassent des jeunes. Plus de 500 lyc&#233;ens, anarchistes et autres se rassemblent pour affronter la police. Les habitants d&#233;fendent les jeunes, lib&#232;rent une personne arr&#234;t&#233;e et repoussent la police apr&#232;s des heures de batailles de rues et que des barricades soient incendi&#233;es sur l'avenue Gr. Lambaki. Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales des &#233;tudiants dans la plupart des universit&#233;s, d&#233;cidant soit de fermer soit d'occuper les &#233;coles. Une rumeur circule sur le fait que le flic assassin &#233;tait membre de l'organisation n&#233;onazie &#034;Golden Dawn&#034; (Aube Dor&#233;e). Dans l'apr&#232;s-midi, plus de 25 postes de police sont en &#233;tat de si&#232;ge. La police demande de nouveaux stocks de lacrymog&#232;nes, puisque plus de 5000 grenades ont &#233;t&#233; tir&#233;es dans les derniers jours. Les m&#233;dias annoncent que le meurtre est du &#224; un ricochet. Nouvelle attaque du poste de police de Petroupolis par un important groupe de lyc&#233;ens. &#034;Un flic a &#233;t&#233; bless&#233; &#224; la t&#234;te par une pierre, mais &#231;a ne compte pas. Il doit s'agir d'un ricochet. &#034; 3 flics en civil envoy&#233;s &#224; l'h&#244;pital. Manifestation des travailleurs des h&#244;pitaux psychiatriques pour jeunes. Cort&#232;ge des habitants du quartier occupant la mairie d'Agios Dimitrios. L'&#233;cole des beaux-arts d'Ath&#232;nes est occup&#233;e et la rue est bloqu&#233;e. Manifestation l'apr&#232;s-midi &#224; Ath&#232;nes avec d'importants blocs, et lorsque les heurts se produisent, de nombreux flics fuient ou se cachent derri&#232;re des fourgons de police. Les manifestants les tabassent ou leur crachent dessus. Sit-in devant le bureau de l'avocat de l'assassin (A.Kougias, coqueluche des medias). Un groupe incendie le bureau des avocats. Plus de 120 &#233;coles occup&#233;es par les &#233;l&#232;ves. Dans la nuit une &#233;quip&#233;e en v&#233;lo &#034;souhaite contribuer au chaos&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Piraeus&lt;/strong&gt; : Les &#233;tudiants virent les jeunes du KKE enferm&#233;s dans l'universit&#233; et la bloque. Les &#233;l&#232;ves d&#233;filent &#224; Alimos, Kallithea, Glyfada et des heurts mineurs ont lieu avec les MAT, et les postes de police sont vandalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thessalonique&lt;/strong&gt; : Manifestation anarchiste allant du centre ville jusqu'aux quartiers de l'est, d&#233;marrant avec 700 manifestants ceintur&#233;s par les MAT, mais des gens rejoignent le cort&#232;ge dans les quartiers et repoussent les flics. Au final plus de 3000 personnes participent. Certaines d'entre-elles ont saccag&#233; les bureaux de la ND et du L.A.O.S., un parti de droite dont de nombreux membres sont des fascistes. Un groupe de 80 personnes &#224; d&#233;truit les bureaux et l'imprimerie du journal &#034;Makedonia&#034;. Occupation de certaines universit&#233;s. Les syndicats &#233;tudiants d&#233;filent et sont rejoints par de nombreux lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patras&lt;/strong&gt; : Plus de 5000 personnes d&#233;filent dans le centre ville. Des gens saluent et encouragent les manifestants depuis leurs balcons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Heraklion&lt;/strong&gt; : 11 personnes sont poursuivies pour divers d&#233;lits. Les &#233;tudiants occupent toutes les universit&#233;s et &#233;coles locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chania&lt;/strong&gt; : Importante manifestation pacifique dans le centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ioannina&lt;/strong&gt; : Trois cort&#232;ges s&#233;par&#233;s, l'un du KKE (coordination des lyc&#233;ens), l'un des syndicats &#233;tudiants et un autre des anarchistes et des groupes autonomes. Pas de flics, mais les cort&#232;ges restent pacifiques. Une paire de cameras de surveillance sabot&#233;es, un drapeau grec et un drapeau de l'U.E. en feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volos&lt;/strong&gt; : Occupations des universit&#233;s. Le cort&#232;ge se dirigeant vers le commissariat est attaqu&#233; par les flics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Komotini&lt;/strong&gt; : Des groupes fascistes, les jeunes du parti au pouvoir et des vigiles, ainsi que des flics en civil attaquent l'universit&#233; occup&#233;e et les manifestants qui s'y trouvent, tandis que des MAT se trouvent en dehors, ceinturant les universit&#233;s. Des &#233;tudiants viennent &#224; leur aide depuis Xanthi, mais le maire ordonne aux MAT de les emp&#234;cher d'approcher. Les &#233;tudiants &#224; l'int&#233;rieur de l'universit&#233; parviennent &#224; un compromis avec la police qui les laisse sortir mais en les terrorisant et en les intimidant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kozani&lt;/strong&gt; : Rassemblement devant le tribunal, en solidarit&#233; avec les personnes arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syros&lt;/strong&gt; : Occupation de l'universit&#233; par les syndicats &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kavala&lt;/strong&gt; : Manifestation dans le centre ville. Simultan&#233;ment, un groupe rebelle d&#233;truit des banques dans un autre quartier de la ville. Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants dans les universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Komotini&lt;/strong&gt; : Des agents de police organisent les groupes fascistes et les commer&#231;ants contre les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Larissa&lt;/strong&gt; : Pendant la manifestation, et sous la protection des habitants, des groupes attaquent la plupart des banques du centre ville et le tribunal. Bien apr&#232;s la fin de la manifestation des flics en civil arr&#234;tent 19 adolescents, qui seront poursuivis dans le cadre de la loi anti-terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Veria&lt;/strong&gt; : Importante manifestation d'&#233;tudiants et d'habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestations et actions mineures dans la plupart des villes grecques.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 12/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : T&#244;t dans la matin&#233;e, la radio Flash FM est occup&#233;e pour transmettre des informations, mais le signal est coup&#233;. L'occupation du b&#226;timent gouvernemental (KEP) d'Halandri devient un point infos. Occupation de la mairie d'Halandri et assembl&#233;e de quartier. L'assembl&#233;e populaire &#224; la mairie lib&#233;r&#233;e d'Agios Dimitrios, d&#233;cide de continuer l'occupation jusqu'&#224; la lib&#233;ration de toutes les personnes arr&#234;t&#233;es, et lance l'organisation d'un spectacle de marionnettes, d'une manifestation de quartier et d'une nouvelle assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Les &#233;l&#232;ves organisent une manifestation massive dans le centre d'Ath&#232;nes, qui est attaqu&#233;e par la police ce qui conduit &#224; des affrontements. A Ilioupoli, une voiture de police banalis&#233;e fonce dans les &#233;l&#232;ves, en blessant plusieurs sans gravit&#233;. Sit-in devant le parlement. Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et occupations autour des universit&#233;s du pays. Les flics attaquent les occupants de l'&#233;cole de droit d'Ath&#232;nes, mais sont repouss&#233;s et lors des affrontements de nombreux flics prennent feu et certains sont bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volos&lt;/strong&gt; : Arrestations et inculpations. Manifestation de solidarit&#233; devant le tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ioannina&lt;/strong&gt; : Occupation de la mairie, par un groupe de 30-40 personnes. Des &#233;l&#232;ves manifestent dans le centre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 24/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt;, grande manifestation de solidarit&#233; avec les d&#233;tenus. Fin de l'occupation des b&#226;timents de l'universit&#233; et nouvelles actions programm&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce 24 d&#233;cembre une manifestation en solidarit&#233; avec les personnes arr&#234;t&#233;es suite aux &#233;v&#233;nements des derniers jours &#233;tait lanc&#233;e &#224; l'appel des anarchistes. Mais elle a rassembl&#233;e plus de personnes que le seul mouvement anarchiste, certains se joignant au cort&#232;ge pendant qu'il passait.&lt;br class='manualbr' /&gt;Environ 2000 personnes ont particip&#233;. La manifestation &#233;tait importante mais pacifique. Elle est pass&#233;e par la principale rue commer&#231;ante d'Ath&#232;nes (Ermou) pour aller jusqu'&#224; la place Syntagma, puis est revenue en prenant un autre chemin. Il y eut quelques tensions lorsque les manifestants sont pass&#233;s devant la Cath&#233;drale d'Ath&#232;nes, mais comme il avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que ce serait une manifestation paisible, seuls des graffitis ont &#233;t&#233; peints sur les murs et des slogans ont &#233;t&#233; lanc&#233;s contre l'Eglise et les pr&#234;tres. Les unit&#233;s anti-&#233;meutes nous suivaient, mais elles n'ont pas os&#233; s'approcher ni attaquer la manifestation. Les slogans lanc&#233;s durant la manif &#233;taient tr&#232;s originaux et n&#180;&#233;taient pas seulement adress&#233;s contre l&#180;&#233;tat ou les flics mais aussi contre le consum&#233;risme et contre ceux qui ferment les yeux sur les &#233;v&#233;nements et font leurs courses de No&#235;l comme si rien ne s&#180;&#233;tait pass&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ceux qui ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s sont maintenant en prison, et en attendant leur proc&#232;s (ce qui peut prendre plusieurs mois), ont r&#233;dig&#233; une d&#233;claration qui dit &#034;notre corps est peut-&#234;tre emprisonn&#233;, mais notre esprit est avec ceux qui continuent de se battre dehors&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eut ensuite une nouvelle assembl&#233;e &#224; l'Universit&#233; Polytechnique, apr&#232;s la manifestation. L'assembl&#233;e a d&#233;cid&#233; de lever l'occupation (mais pas la lutte) a minuit. Les occupants de l'Universit&#233; d'Economie (ASOEE) ont aussi d&#233;cid&#233; de lever leur occupation et ont quitt&#233; l'&#233;tablissement dans l'apr&#232;s-midi pour rejoindre la manifestation. Ces deux occupations, ainsi que celle de la fac de droit, ont &#233;t&#233; tenues pendant 18 jours malgr&#233; les attaques fr&#233;quentes de la police, et ont jou&#233; un tr&#232;s grand r&#244;le dans la r&#233;volte. La lutte n'est pas finie pour autant et toutes les assembl&#233;es des occupants ont appel&#233; tout le monde &#224; particip&#233; &#224; la manifestation du 27 d&#233;cembre appel&#233;e par l'assembl&#233;e des occupants du syndicat GSEE quelques jours auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &lt;strong&gt;Alimos&lt;/strong&gt; (Ath&#232;nes), les citoyens se sont empar&#233;s de la sono install&#233;e par la municipalit&#233; pour passer des chants de No&#235;l. A la place, pendant une heure, ont &#233;t&#233; lus au micro les communiqu&#233;s qui demandent entre autre la mise en libert&#233; imm&#233;diate des d&#233;tenus, le d&#233;sarmement de la police, la dissolution des brigades anti-&#233;meutes et l'abolition des lois anti-terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; &lt;strong&gt;Volos&lt;/strong&gt;, la station de radio municipale a &#233;t&#233; occup&#233;e par les manifestants pour parler des &#233;v&#233;nements et de leurs exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; &lt;strong&gt;Lesvos&lt;/strong&gt;, des manifestants ont install&#233; une sono dans le centre de la ville et ont transmis des messages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &lt;strong&gt;Ptolemaida&lt;/strong&gt;, un arbre de No&#235;l comme celui de Ioannina, a &#233;t&#233; d&#233;cor&#233; avec des photos d'Alexis et des manifestations ainsi que des exigences du mouvement.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur le pont de Gorgopotamos (c&#233;l&#232;bre parce qu'il a &#233;t&#233; d&#233;truit par les partisans durant la seconde guerre mondiale, pour couper les lignes logistiques d'approvisionnement des nazis) une grande banderole a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e &#034;votre tol&#233;rance [envers le syst&#232;me] depuis votre canap&#233; est complicit&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'incident des coups de feux contre le car de police, revendiqu&#233; par une soit disant &#034;Action populaire&#034;, les informations recueillies tendent &#224; d&#233;montrer qu'il s'agit d'un acte de provocation polici&#232;re. La police, apr&#232;s avoir fait des tests balistiques, a annonc&#233; que les coups ont &#233;t&#233; tir&#233;s par deux kalachnikov AK 47 et non par une seule. Ils ont aussi indiqu&#233; que l'attaque aurait &#233;t&#233; men&#233;e depuis une vieille salle du campus qui avait &#233;t&#233; squatt&#233;e par les &#233;tudiants il y a quelques mois pour &#234;tre utilis&#233;e comme atelier pour diff&#233;rents projets de construction d'&#233;oliennes, de recyclage ou encore d'initiation &#224; l'utilisation de logiciels open source.&lt;br class='manualbr' /&gt;Avec les &#233;v&#233;nements, tous les projets initi&#233;s avaient &#233;t&#233; suspendus et ce b&#226;timent n'&#233;tait plus utilis&#233; depuis des semaines, Tous ces faits rendent les occupants plus que suspicieux quant aux motifs et aux auteurs de cette attaque.&lt;br class='manualbr' /&gt;[De plus selon d'autres compagnons grecs, seules des personnes tr&#232;s bien inform&#233;es des mouvements de la police - c'est-&#224;-dire des policiers eux-m&#234;mes - pouvaient conna&#238;tre les mouvements de ce fourgon a 5 heures 50 du matin, heure de l'attaque. Cette attaque, alors que dans la journ&#233;e avaient eu lieu d'intenses discussions sur la question du maintien de l'occupation, tombait opportun&#233;ment pour la police .]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : CNT-AIT Paris, d'apr&#232;s des messages de compagnons anarchistes grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mardi 30/12&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kalamari&#225;&lt;/strong&gt; : Manifestation contre la r&#233;pression &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : Une manifestation a r&#233;uni environ 150 personnes devant le centre commercial The Mall. Les gens ont parcouru le centre commercial en criant des slogans et en distribuant des tracts aux gens. Le pamphlet finissait ainsi : &#034;Contre la mis&#232;re, restent toujours la r&#233;sistance et la poursuite de la r&#233;bellion. Des centaines d'inculp&#233;s et des dizaines d'embastill&#233;s nous supplient de continuer notre lutte&#034;. Il y avait &#233;galement des pancartes : &#034;Tais-toi et Consomme&#034;, &#034;Lui travaille, vote et se tait&#034;, &#034;La conscience na&#238;t dans les barricades. R&#233;veille-toi&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arbre du No&#235;l a &#233;t&#233; dignement orn&#233; de P.Q. tandis que son armature a pu servir &#224; quelque chose : on a tu&#233; le temps avec un mini match de football&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mardi pass&#233;, deux personnes ont attaqu&#233; une coll&#232;gue syndicaliste. La camarade est &#224; l'h&#244;pital dans le coma. Ils l'ont attaqu&#233;e en utilisant du vitriol. L'attaque est li&#233;e &#224; l'action syndicale de la coll&#232;gue, puisqu'elle avait par le pass&#233; re&#231;u moult menaces de la part du bienveillant patronat.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce matin, environ 500 personnes ont manifest&#233; au centre d'Ath&#232;nes et se sont ensuite dirig&#233;es vers l'h&#244;pital d'Evangelism&#243;s o&#249; est la coll&#232;gue. Cette nuit un concert sera organis&#233; au Centre Culturel (occup&#233;) du quartier N&#233;a Filad&#233;lfia : les b&#233;n&#233;fices iront &#224; la coll&#232;gue qui est dans un &#233;tat critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serres&lt;/strong&gt; : Assembl&#233;e convoqu&#233;e par des &#233;tudiants et des professeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ptolema&#237;da&lt;/strong&gt; : Ce matin a eu lieu un rassemblement d'une soixantaine de personnes sur la place centrale de la ville. Tout de suite les participants ont manifest&#233; en passant par le commissariat de la ville et la mairie dont ils ont peint la fa&#231;ade de l'immeuble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Larissa&lt;/strong&gt; : Ce matin, un groupe de 50 personnes s'est rassembl&#233; devant le commerce du pr&#233;sident de l'&#8220;Association des Commerces de la Ville&#8221; en criant des slogans vengeurs et en collant des affiches sur la fa&#231;ade de son magasin. Dans la ville de Larissa, les seuls d&#233;g&#226;ts apparents concernent des banques et des voitures de police. Cependant, le Tz&#237;kas (le pr&#233;sident de l'Association) terrorisait les propri&#233;taires en leur disant que les anarchistes viendraient leur casser leurs commerces. Lui aussi a aussi collabor&#233; avec la ville et a attaqu&#233; une camarade dans une manifestation. En ce moment a lieu une manifestation dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ks&#225;nzi&lt;/strong&gt; : Ce matin un groupe d'&#233;tudiants et de travailleurs a occup&#233; pendant 1/2 heure une station de radio, pour dire la v&#233;rit&#233; sur les &#233;v&#233;nements qui ont suivi l'assassinat d'Alexandros.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un rassemblement et une manifestation sont pr&#233;vus le 31 d&#233;cembre &#224; 13h. Samedi 3 janvier se tiendra une assembl&#233;e populaire au Centre Ouvrier de la ville pour statuer quant &#224; la poursuite de la lutte.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quartier d'&#193;yios Dim&#237;trios : Ce matin a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; un tractage sur l'attaque de la syndicaliste. Cette apr&#232;s-midi une assembl&#233;e populaire a eu lieu dans le th&#233;&#226;tre Mel&#237;na Merk&#250;ri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#225;fplio&lt;/strong&gt; : Tous les jours se tiennent des assembl&#233;es d'&#233;tudiants. 5 assembl&#233;es populaires ont eu lieu, et une station de radio a &#233;t&#233; occup&#233;e dans la ville d'&#193;rgos. Ce matin, ils ont occup&#233; la Mairie de la ville de N&#225;fplio en exigeant la libert&#233; pour tous les d&#233;tenus. Des tracts ont &#233;t&#233; distribu&#233;s autour de la Mairie et cette apr&#232;s-midi une nouvelle assembl&#233;e populaire a eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#193;rta&lt;/strong&gt; : Pour le 30 d&#233;cembre, &#034;l'Initiative de Solidarit&#233; avec la Lutte Sociale&#034; de la ville a appel&#233; &#224; une manifestation &#224; 18h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thessalonique&lt;/strong&gt; : Une bombe a explos&#233; t&#244;t ce matin dans le bureau du parti Nouvelle D&#233;mocratie dans le quartier d'&#193;no P&#243;li. Provocation gouvernementale ? Car ici, cela fait un moment que plus personne n'a quoi que ce soit &#224; foutre des &#034;partis&#034; ou des &#034;organisations&#034;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 janvier 2009 sont pr&#233;vues des manifestations &#224; travers toute la Gr&#232;ce contre la privatisation de l'enseignement, et ce 8 janvier dans tous les d&#233;partements. On s'attend &#224; une vague d'occupations plus fortes et plus massives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Merry Crisis and Happy New Fear !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Grecia Libertaria Blogspot. &lt;br class='manualbr' /&gt;Futur Rouge pour la traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 31 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ath&#232;nes&lt;/strong&gt; : A 23h30, une foule d'environ 1000 personnes se rassembla devant la prison d'Ath&#232;nes qui se trouve dans la banlieue Korydallos, exigeant la relaxe imm&#233;diate des rebelles arr&#234;t&#233;s durant le soul&#232;vement de d&#233;cembre. La foule hurlait des slogans comme &#8220;Libert&#233; pour tous les prisonniers&#8221;, &#8220;la passion de la libert&#233; est plus forte que les cellules&#8221;, &#8220;Ni droits communs, ni prisonniers politiques, br&#251;lons toutes les prisons&#8221;. Les d&#233;tenus enflamm&#232;rent des couvertures et des draps et les agit&#232;rent par les fen&#234;tres des cellules. A minuit, la foule assembl&#233;e alluma des feux d'artifices et des torches pour &#8220;saluer&#8221; l'arriv&#233;e d'une nouvelle ann&#233;e de lutte. Ensuite, ils se dirig&#232;rent vers la prison des femmes en criant des slogans en solidarit&#233; avec les d&#233;tenus. Finalement, ils se rendirent &#224; la place centrale de Korydallos attaquant verbalement la police et se dispers&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communiqu&#233;s &#233;mis pendant l'insurrection de d&#233;cembre 2008&lt;/h2&gt;&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me communiqu&#233; de l'occupation de la Facult&#233; d'&#233;conomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 7 d&#233;cembre, le ministre de l'Int&#233;rieur, dans son premier communiqu&#233; par rapport aux &#233;meutes qui se d&#233;roulent dans plusieurs points de l'&#201;tat grec depuis le samedi soir de l'assassinat &#233;tatique d'Alexis Grigoropoulos &#226;g&#233; de 15 ans, observe que &#034;la mort tragique de l'enfant est utilis&#233;e par quelques-uns pour leur manie destructive&#034;, visant ainsi les anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi matin la rage sociale continue aux quatre bouts de la Gr&#232;ce avec les &#233;coliers qui entrent en sc&#232;ne : des manifestations, des blocages de rue et des attaques de commissariats dans tous les quartiers. Le soir les manifs prennent le relais avec des dizaines de milliers de personnes dans toutes les villes s'attaquant &#224; des immeubles de l'&#201;tat, des banques, des grands supermarch&#233;s et des cha&#238;nes de grands magasins&#8230; les tr&#232;s connus &#034;petits commer&#231;ants&#034; des m&#233;dias qu'il y a quelques semaines ils accusaient pour l'inflation, la sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort d'Alexis vient se croiser avec les petites morts quotidiennes de la discipline, des ordres, des ordres du pouvoir, des conditions encore plus difficiles pour la survie, du contr&#244;le et de la r&#233;pression. Une sensibilit&#233; insurrectionnelle qui &#224; c&#244;t&#233; de l'asphyxie accumul&#233;e a donn&#233; naissance &#224; une rage incroyable contre les symboles-objectifs de l'&#201;tat et du capital, amenant le syst&#232;me politique &#224; une d&#233;stabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; une d&#233;mocratie qui s'&#233;croule dans la crise &#233;conomique, ill&#233;gitim&#233;e socialement par des petits et grands scandales, avec pleins de pauvres et de marginalis&#233;s, une d&#233;mocratie qui essaye d'arracher le consentement pour r&#233;primer les &#233;meutes&#8230; Des actes th&#233;&#226;traux de sensibilit&#233; du Premier ministre, des ministres, des d&#233;put&#233;s, des journalistes et autres parasites devant les cam&#233;ras, qui demandent la n&#233;cessit&#233; de paix sociale et de coop&#233;ration de l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; sous la promesse de plus de d&#233;mocratie. Cependant, le fameux mythe de la d&#233;mocratie, &#034;le contrat social&#034; devient des cendres aux rues de la mutinerie sociale de ces jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que le r&#233;gime essaye de se reconstituer. C'est pour cela qu'il y a plein de rencontres et meetings du gouvernement. C'est pour cela que les m&#233;dias jouent leur r&#244;le de propagande &#233;tatique, de cr&#233;ation de la peur et du mensonge organis&#233;, comme les mensonges pour des gens bloqu&#233;s dans des immeubles enflamm&#233;s, ou le vol d'armes dans les magasins d'armurerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que le Premier ministre se rencontre avec le pr&#233;sident de la R&#233;publique et tous les chefs des partis parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que les &#233;coles sont ferm&#233;es dans une tentative de ne pas laisser les &#233;coliers se retrouver et se concentrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que le syndicat central a transform&#233; la manifestation de gr&#232;ve en une simple concentration &#224; Syntagma. C'est pour cela que les piliers gauchistes du syst&#232;me &#034;comprennent&#034; la cause juste de la rage sociale mais condamnent les actions &#034;extr&#234;mes&#034; et posent la question de chute du gouvernement en transformant la mutinerie en simple d&#233;monstration contre la politique gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre les sc&#233;narii d'&#233;tat d'exception, le consentement des partis, les m&#233;dias de l'ordre et de la s&#233;curit&#233;&#8230; aucun armistice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous dans les rues !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de la Facult&#233; d'&#233;conomie, comme morceau des confrontations, est ouverte pour le renseignement et l'organisation en commun d'actions dans la rue, un espace d'auto-organisation de nos forces contre la r&#233;pression de l'&#201;tat, comme dans les autres universit&#233;s squatt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassemblement, aujourd'hui, mardi 9 d&#233;cembre &#224; 6 heures du soir &#224; la Facult&#233; occup&#233;e d'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun d&#233;tenu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque des assassins le silence est complicit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;9 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes dans une guerre civile contre les fascistes, les banquiers, l'Etat et les m&#233;dias qui veulent une soci&#233;t&#233; ob&#233;issante&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;D&#233;claration de l'Association des Employ&#233;s du quartier d'Agios Dimitrios &#224; Ath&#232;nes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi dernier, la police grecque a assassin&#233; un &#233;tudiant de 15 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son assassinat &#233;tait la goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'&#233;tait le prolongement d'une action coordonn&#233;e par l'&#233;tat terroriste et l'Aube Dor&#233;e qui vise les &#233;tudiants de niveau universitaire et secondaire, les migrants qui sont pers&#233;cut&#233;s pour &#234;tre n&#233;s avec la &#8220;mauvaise&#8221; couleur de peau et les employ&#233;s qui se tuent au boulot sans aucune compensation.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les dissimulations du gouvernement, qui a br&#251;l&#233; les for&#234;ts l'&#233;t&#233; dernier, sont maintenant &#224; l'origine des feux qui br&#251;lent dans les grandes villes. Le gouvernement prot&#232;ge les criminels financiers, tous ceux impliqu&#233;s dans le scandale des interceptions d'appels de t&#233;l&#233;phones portables, les pilleurs des fonds d'assurances ouvri&#232;res, ceux qui sont responsable des enl&#232;vements d'immigr&#233;s et ceux qui prot&#232;gent les banques et monast&#232;res qui volent les biens du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes dans une guerre civile : Contre les fascistes, les banquiers, l'&#233;tat et les m&#233;dias qui veulent une soci&#233;t&#233; ob&#233;issante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'excuse possible mais ils tentent encore une fois de se servir de th&#233;ories de conspiration pour calmer les gens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait exprimer cette rage grandissante et ceci ne doit pas prendre fin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La couverture m&#233;diatique est mondiale. Il &#233;tait temps que le peuple se soul&#232;ve.&lt;br class='manualbr' /&gt;La g&#233;n&#233;ration des pauvres, des sans-emploi, des pr&#233;caires, des sans-abris, des immigr&#233;s et des jeunes est la g&#233;n&#233;ration qui va casser toutes les vitrines et qui sortira les citoyens ob&#233;issants de leur &#233;ph&#233;m&#232;re r&#234;ve d'Am&#233;rique.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ne suivez pas les nouvelles. La conscientisation est n&#233;e dans la rue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on assassine la jeunesse, les a&#238;n&#233;s doivent se r&#233;veiller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au revoir Alexandros, que ton sang soit le dernier sang innocent &#224; couler.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;12 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nous n'oublions pas, nous ne pardonnons pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui (vendredi) l'assembl&#233;e de la Polytechnique occup&#233;e d'Ath&#232;ne a d&#233;cid&#233; de faire un appel pour des actions de r&#233;sistance en m&#233;moire de toute la jeunesse assassin&#233;e, des migrants et de tous ceux qui doivent combattre contre les laquais de l'&#201;tat en Europe et dans le monde. Nous pensons &#224; Carlo Giuliani, aux jeunes des banlieues fran&#231;aises, &#224; Alexandros Grigopoulos et &#224; d'autres qui sont innombrables sur toute la plan&#232;te. Nos vies n'appartiennent pas aux &#233;tats et &#224; leurs assassins ! La m&#233;moire de nos fr&#232;res et soeurs, amis et camarades assassin&#233;s reste vive gr&#226;ce &#224; nos luttes ! Nous n'oublions pas nos fr&#232;res et nos soeurs, nous ne pardonnons pas leurs meurtriers. S'il vous pla&#238;t traduisez et faites passer ce message pour une journ&#233;e commune d'actions coordonn&#233;es de r&#233;sistance dans le plus grand nombre d'endroits possibles !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;13 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les manifestants remettent en cause la couverture m&#233;diatique des &#233;v&#233;nements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le bulletin d'information de la NET, qui pr&#233;sentait le texte des manifestants, on pouvait lire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Notre action ne fait pas uniquement suite &#224; la col&#232;re suscit&#233;e par la bavure polici&#232;re qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; Alexis Grigoropoulos. C'est en r&#233;alit&#233; le fruit de toute une tension accumul&#233;e. Notre mouvement est l'incarnation d'une partie des &#233;meutes qui surviennent aujourd'hui. Notre intervention sur la t&#233;l&#233;vision publique se veut une contestation de la couverture m&#233;diatique de la crise. Nous consid&#233;rons que les m&#233;dias entretiennent syst&#233;matiquement la peur. Au lieu d'informer, ils d&#233;sinforment. Ils pr&#233;sentent cette crise comme une r&#233;volte qui ne serait qu'un mouvement de violence aveugle. Les m&#233;dias expliquent cette crise sociale toujours sous un angle judiciaire mais jamais politique. Ils s&#233;lectionnent les images et dissimulent de fait la r&#233;alit&#233; de ce qui se passe. Ils montrent une &#233;meute comme si c'&#233;tait un nouveau programme que l'on se contente de regarder en attendant que commence le suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour les m&#233;dias r&#233;priment un peu plus la pens&#233;e libre et cr&#233;ative. Nous devons nous organiser. Aucun ma&#238;tre, si instruit soit-il, ne peut apporter de solution &#224; nos probl&#232;mes. Nous devons transformer les lieux publics, les rues, les places, les parcs, les &#233;coles en des espaces o&#249; chacun peut s'exprimer sans m&#233;diateur. Il faut que l'on se r&#233;unisse face &#224; face pour &#233;laborer ensemble un discours et des actions. Nous ne devons pas avoir peur, nous devons &#233;teindre nos t&#233;l&#233;viseurs, sortir de chez nous, continuer &#224; manifester, prendre nos vies en main. Nous d&#233;non&#231;ons la violence polici&#232;re. Nous demandons la lib&#233;ration imm&#233;diate des manifestants arr&#234;t&#233;s, au nom de l'&#233;mancipation des hommes et de leur libert&#233;.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;16 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi d&#233;truire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes fondamentalement affect&#233;s du fait d'&#234;tre des marchandises. Tous autant que nous sommes, &#034;citoyens&#034; de la d&#233;mocratie marchande, nous sommes contraints de nous vendre contre un salaire, afin de survivre. Nos maquereaux, nos marchands et nos hommes politiques nous ach&#232;tent et nous vendent. La plupart des gens acceptent d'&#234;tre des marchandises, et cherchent &#224; augmenter le prix auxquels ils sont vendus, pour booster ainsi leur pouvoir d'achat, afin de consommer toujours plus d'autres marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est leur conception du sens de la vie : la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que nous voulons ? L'&#233;galit&#233;. Politique, &#233;conomique, sociale. Entre tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre capacit&#233; &#224; convaincre les consommateurs soumis de refuser d'&#234;tre des marchandises et des sujets est assez limit&#233;e. Que pouvons-nous faire ? Ravager et piller le march&#233;, distribuer les biens &#224; tout le monde, dissoudre les mythes sur lesquels repose l'in&#233;galit&#233;. Si nous ne parvenons pas &#224; convaincre les consommateurs de devenir des hommes, de refuser d'&#234;tre des marchandises et de se d&#233;faire des maquereaux, nous pouvons au moins leur enlever la possibilit&#233; de consommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la seule diff&#233;rence valable entre les gens : ceux qui veulent l'&#233;galit&#233;, et ceux qui veulent l'in&#233;galit&#233;. Vous ne voulez pas l'&#233;galit&#233; ? Vous aurez le chaos !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;18 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Gr&#232;ce insurg&#233;e sous les balles des porcs, au treizi&#232;me jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tirer dans la chair est le point culminant de l'oppression sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les pierres arrach&#233;es des trottoirs et jet&#233;es sur les boucliers des flics ou sur les vitrines des temples de la marchandise ; toutes les bouteilles enflamm&#233;es gravitant sous le firmament ; toutes les barricades &#233;rig&#233;es dans les avenues, s&#233;parant nos espaces des leurs ; tous les containers plein des d&#233;chets d'une soci&#233;t&#233; consum&#233;riste que les flammes de l'&#233;meute transforment, d'un rien en un quelque chose ; tous les poings dress&#233;s &#224; la lune ; ce sont les armes qui donnent un corps et un vrai pouvoir, non seulement &#224; la r&#233;sistance, mais aussi &#224; la libert&#233;. C'est ce sentiment de libert&#233; qui, seul, m&#233;rite qu'on parie sur de tels moments : le sentiment des matins oubli&#233;s de notre enfance, lorsque tout peut arriver, parce que c'est nous, comme &#234;tre humains cr&#233;atifs, qui nous sommes r&#233;veill&#233;s, et non les futures machines-hommes productives du subordonn&#233;, du stagiaire, du travailleur ali&#233;n&#233;, du propri&#233;taire priv&#233;, du p&#232;re de famille. C'est le sentiment de se confronter aux ennemis de la libert&#233; &#8212; de ne plus les craindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, celui qui veut continuer &#224; penser &#224; ses propres affaires, comme si rien ne se passait, comme si rien ne s'&#233;tait jamais pass&#233;, a de s&#233;rieuses raisons de s'inqui&#233;ter. Le spectre de la libert&#233; vient toujours le couteau entre les dents, avec l'envie violente de rompre toutes les cha&#238;nes qui r&#233;duisent sa vie &#224; une mis&#233;rable r&#233;p&#233;tition, permettant aux rapports sociaux dominants de se reproduire. Depuis samedi 6 d&#233;cembre, aucune ville dans ce pays ne fonctionne normalement : pas de th&#233;rapie par l'achat, pas de routes d&#233;gag&#233;es pour rejoindre nos lieux de travail, pas de nouvelles des prochaines initiatives du gouvernement pour le r&#233;tablissement, pas de va-et-vient insouciant entre des &#233;missions de t&#233;l&#233; sur la fa&#231;on de vivre, pas de conduites nocturnes autour de Syntagma, et ainsi de suite. Ces nuits et ces jours n'appartiennent pas aux boutiquiers, aux commentateurs t&#233;l&#233;, aux ministres et aux flics. Ces nuits et ces jours appartiennent &#224; Alexis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que surr&#233;alistes, nous sommes sortis dans les rues d&#232;s le premier moment, ensemble, avec des milliers de rebelles et d'autres gens exprimant leur solidarit&#233;, parce que le surr&#233;alisme est n&#233; du souffle de la rue et n'a pas l'intention de le l&#226;cher. Apr&#232;s cette r&#233;sistance massive aux assassins d'&#201;tat, le souffle de la rue est encore plus chaud, encore plus accueillant et encore plus cr&#233;atif. Proposer une direction &#224; ce mouvement ne nous correspond pas. Toutefois, nous assumons toute la responsabilit&#233; de la lutte commune, parce que c'est une lutte pour la libert&#233;. Sans &#234;tre oblig&#233;s d'approuver chaque expression d'un mouvement aussi massif, sans &#234;tre partisans de la col&#232;re aveugle ou de la violence pour elle-m&#234;me, nous consid&#233;rons que l'existence de ce ph&#233;nom&#232;ne est juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne laissons pas ce souffle flamboyant de po&#233;sie s'&#233;teindre ou mourir !&lt;br class='manualbr' /&gt;Convertissons-le en une certaine utopie :&lt;br class='manualbr' /&gt;la transformation du monde et de la vie !&lt;br class='manualbr' /&gt;Pas de paix avec les flics et leurs patrons !&lt;br class='manualbr' /&gt;Tout le monde dans la rue !&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui ne peut comprendre la rage se taise !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Groupe surr&#233;aliste d'Ath&#232;nes, d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le retour &#224; la normale ne passera pas, ni &#224; la Polytechnique ni ailleurs !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;D&#233;claration de l'occupation de la Polytechnique d'Ath&#232;nes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis samedi le 20 d&#233;cembre, suite aux &#233;chauffour&#233;es aux alentours de la Polytechnique d'Ath&#232;nes (qui s'ajoutent aux dizaines de confrontations et de combats de rues qui ont fait rage entre les manifestantEs et la police depuis l'assassinat du jeune de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos), il y a beaucoup de sp&#233;culation sur le futur de l'occupation de la Polytechnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des informations de sources diverses laissant entendre l'&#233;ventualit&#233; d'un raid policier sur la Polytechnique, de m&#234;me que les man&#339;uvres strat&#233;giques des unit&#233;s anti-&#233;meutes durant les combats de rue nous donnent une impression &#233;vidente : la police se pr&#233;pare &#224; attaquer l'occupation. Ayant contourn&#233; le s&#233;nat qui a transf&#233;r&#233; le contr&#244;le de la Polytechnique &#224; la police et au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, le procureur g&#233;n&#233;ral nous envoie un message indirect mais tr&#232;s clair, accompagn&#233; de menaces et de chantage, comme quoi il ne nous reste que &#034;quelques heures&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;pondons qu'il nous reste autant de temps que le voudra la part r&#233;volt&#233;e de la soci&#233;t&#233; et que celle-ci ne conna&#238;t pas d'ultimatums ; Qu'ils feraient mieux de respecter et de craindre touTEs ceux et celles qui ont particip&#233;, qui participent et qui continueront de participer &#224; cette r&#233;volte. C'est justement eux, les milliers de r&#233;volt&#233;Es, les &#233;tudiantEs, les travailleurs et travailleuses, les sans-emploi, les migrantEs et les camarades que nous invitons &#224; se rassembler &#224; la Polytechnique, en haut &#233;tat d'alerte, avant l'arriv&#233;e de ce raid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nous lan&#231;ons un appel &#224; touTEs afin d'assurer une pr&#233;sence massive sur le campus de la Polytechnique d'Ath&#232;nes.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nous appelons &#233;galement &#224; une assembl&#233;e publique aujourd'hui, dimanche le 21 d&#233;cembre &#224; 21h.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nous appelons &#224; la solidarit&#233; et au soutien financier pour les prisonniers et prisonni&#232;res de la r&#233;volte. 18h &#224; la Polytechnique &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurons le dernier mot.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ces jours et nuits appartiennent &#224; Alexis.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;L'occupation de la Polytechnique d'Ath&#232;nes, 21 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pour une nouvelle internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bande de politiciens et de journalistes forme un essaim de gu&#234;pes autour de nous pour essayer de tirer profit de notre mouvement, pour imposer leur propre rationalit&#233;. Ils affirment que nous nous rebellons parce que notre gouvernement est corrompu ou parce que nous voulons avoir plus d'argent, plus de travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FAUX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous faisons &#233;clater les vitrines des banques c'est parce que nous identifions leur argent &#224; l'une des causes majeures de notre tristesse, si nous brisons les vitres des magasins ce n'est pas vraiment parce que la vie est ch&#232;re, mais parce que la marchandise nous emp&#234;che de vivre, quel qu'en soit le co&#251;t. Si nous prenons d'assaut les commissariats, ce n'est pas seulement pour venger nos camarades morts mais parce que, entre ce monde et celui que nous d&#233;sirons, la police sera toujours un obstacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que le moment est venu pour nous de penser strat&#233;gie. En ces temps imp&#233;rieux, nous savons que pour que cette insurrection soit victorieuse, il faut qu'elle s'&#233;tende au moins au niveau europ&#233;en. Du pass&#233;, nous avons vu et nous avons appris, aux sommets du FMI ou du G7 ont r&#233;pondu la r&#233;bellion des &#233;tudiants &#224; l'&#233;chelle mondiale et les &#233;meutes des banlieues fran&#231;aises, ou le mouvement de lutte contre la TAV en Italie, la commune de Oaxaca, de Algarades, Montr&#233;al. De la d&#233;fense &#224; l'offensive, comme &#224; Copenhague, y compris ceux qui boycottent la Convention Nationale R&#233;publicaine aux &#201;tats-Unis. Nourris par la catastrophe, nous sommes les enfants de toutes les crises : politique, sociale, &#233;conomique, &#233;cologique. Nous savons que ce monde est d&#233;j&#224; mort et qu'il faut &#234;tre particuli&#232;rement d&#233;rang&#233; pour s'accrocher &#224; ses ruines&#8230; Et donc que l'option raisonnable, la seule, est l'auto-organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle indique clairement le rejet total de la politique de partis et d'organismes, car ils font partie du Vieux Monde. Nous sommes les enfants victimes de cette soci&#233;t&#233; et nous ne voulons rien d'elle : c'est le dernier p&#233;ch&#233; qu'ils ne nous pardonneront jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les foulards noirs, nous sommes les enfants de la soci&#233;t&#233;. Et nous sommes organis&#233;s. Nous ne pourrions pas fournir autant d'efforts pour d&#233;truire le mat&#233;riel de ce monde, ses banques, ses supermarch&#233;s, ses centrales de police si nous ne savions pas qu'en m&#234;me temps nous creusons sa m&#233;taphysique, ses id&#233;aux, ses id&#233;es et sa rationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'ils n'osent pas dire est que, tout simplement et dans le m&#234;me processus, tout en assaillant et en d&#233;vastant cette r&#233;alit&#233;, nous exp&#233;rimentons une plus haute forme de communaut&#233;, de participation, une plus haute forme d'organisation spontan&#233;e et joyeuse o&#249; apparaitront les bases d'un monde diff&#233;rent. Certains peuvent dire que notre r&#233;volte atteindra ses propres limites en ne parvenant &#224; d&#233;passer une pure et simple destruction. Cela pourrait &#234;tre certain si, &#224; c&#244;t&#233; des luttes de rue, nous n'avions pas pr&#233;vu l'organisation n&#233;cessaire exig&#233;e par un mouvement de longue haleine : infirmeries pr&#233;par&#233;es pour soigner nos bless&#233;s, moyens pour publier notre propre presse, notre radio, nos films, d&#233;brouillardise pour parvenir &#224; se nourrir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Europe, les gouvernements tremblent. Ils ne craignent certes pas forc&#233;ment tous que cela arrive chez eux, mais ils n'aiment gu&#232;re cette possible cause commune qu'offre l'insurrection grecque &#224; toute la jeunesse occidentale, lui offrant ainsi un magnifique pr&#233;texte pour porter le coup de gr&#226;ce &#224; cette soci&#233;t&#233; mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci est un appel &#224; toutes et tous, &#233;coutez : De Berlin &#224; Madrid, de Londres &#224; Tarnac, tout est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; doit devenir complicit&#233;. Les affrontements doivent &#234;tre prolong&#233;s ; les communes proclam&#233;es. Pour que les choses ne soient plus jamais comme avant. Pour que les id&#233;es et les pratiques nous lient &#224; de r&#233;els progr&#232;s. Pour que nous puissions continuer d'&#234;tre ingouvernables.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Une r&#233;volutionnaire salue tous nos camarades du monde entier.&lt;br class='manualbr' /&gt;22 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Joyeuse Crise et Bonne Anxi&#233;t&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous luttons contre la &#8220;normalit&#233;&#8221; (c'est-&#224;-dire, leur normalit&#233; ; la normalit&#233; de l'exploitation capitaliste, la mis&#232;re, la r&#233;pression et la mort). C'est ce que nous faisons, ce que nous avons toujours fait mais, au cours des ces derniers jours, c'est quelque chose qui est plus clair que jamais (&#8220;parfois, le gaz lacrymog&#232;ne nous aide &#224; voir les choses plus clairement&#034;). Nous &#233;tions tellement nombreux et nombreuses que la normalit&#233; devait affronter une nouvelle peur : qu'elle cesse d'&#234;tre la normalit&#233;. C'est l&#224; que la normalit&#233; a paniqu&#233; et s'est servie de &#034;l'exception&#034; comme moyen de d&#233;fense. On nous pr&#233;sente un assassinat de sang froid comme une &#034;exception&#034; ou m&#234;me un &#034;malentendu&#034; (il s'agit l&#224; du terme plein de d&#233;licatesse de l'avocat du flic porc assassin). Mais la rage du peuple n'a qu'augment&#233; face &#224; ces mensonges. C'est alors qu'ils ont entam&#233; des &#034;mesures exceptionnelles&#034;. Des milliers de meurtriers et de tortionnaires (appel&#233;s aussi flics grecs) ont envahi les rues parall&#232;lement aux menaces d'une intervention de l'arm&#233;e et de la suspension du droit d'asile acad&#233;mique. Et pourtant &#231;a ne sera pas aussi simple que &#231;a pour eux, pas cette fois ci. Car nous sommes une clique de fr&#233;n&#233;tiques et de d&#233;sesp&#233;r&#233;s, compos&#233;e de tous ceux et celles qui cherchent &#224; briser les limites et les cat&#233;gories que la normalit&#233; leur impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;La premi&#232;re pierre est pour Alexandros, le reste c'est pour nous&#8220;. La situation devenait bien trop s&#233;rieuse, bien trop hors de contr&#244;le. On nous pr&#233;sente donc une autre exception : ces journ&#233;es sont sp&#233;ciales, elles sont &#8220;sacr&#233;es&#8221;, ils nous demandent la paix sociale, la consommation et une tr&#234;ve. C'est bien vrai que nous avons des choses &#224; c&#233;l&#233;brer mais ce ne sont pas les restes d'une f&#234;te pa&#239;enne obscure mais plut&#244;t le soul&#232;vement magnifique, ce soul&#232;vement qui les inqui&#232;te (et pour de tr&#232;s bonnes raisons). Que la normalit&#233; s'&#233;croule sous sa propre crise et nous nous engageons &#224; lui fournir des motifs de crainte suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;26 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Terrorisme patronal &#224; Ath&#232;nes : attaque meurtri&#232;re d'une immigr&#233;e syndicaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils attaquent une d'entre nous, c'est nous tous qu'ils attaquent !&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, 27 d&#233;cembre, nous occupons les bureaux centraux de ISAP (RATP d'Ath&#232;nes) comme une premi&#232;re r&#233;ponse &#224; l'attaque meurtri&#232;re au vitriol sur le visage de Constantina Kouneva le 23 d&#233;cembre, quand elle revenait du travail.&lt;br class='manualbr' /&gt;Constantina est aux soins intensifs &#224; l'h&#244;pital d'Evangelismos avec des probl&#232;mes respiratoires et des probl&#232;mes de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Qui est-elle et pourquoi l'a-t-on attaqu&#233;e ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constantina est une des centaines de travailleuses immigr&#233;es qui travaillent dans le m&#233;nage pour une entreprise priv&#233;e, coop&#233;rant avec la soci&#233;t&#233; de transport public. Secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale du syndicat Panattica (de tout le d&#233;partement de la capitale) de nettoyeurs et femmes de chambre, tr&#232;s engag&#233;e et connue des patrons pour cela. La semaine derni&#232;re elle s'est disput&#233;e avec la compagnie (Oikomet) revendiquant toute la prime de No&#235;l pour elle et ses coll&#232;gues, en d&#233;non&#231;ant les actes ill&#233;gaux des patrons. Avant cela, sa m&#232;re a &#233;t&#233; vir&#233;e par la m&#234;me compagnie. Elle-m&#234;me a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;e loin de son premier poste de travail, alors qu'une rencontre, apr&#232;s ses accusations, devrait se faire avec ses patrons et la Commission de Travail le 5 janvier 2009. Ce sont des pratiques tr&#232;s r&#233;pandues dans le secteur des compagnies de nettoyage qui embauchent des travailleurs pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contrats en retard, les salaires jamais pay&#233;s, les heures suppl&#233;mentaires non pay&#233;es, la diff&#233;rence entre ce que les travailleurs signent et ce qui se passe vraiment, le choix d'embaucher presque exclusivement des immigr&#233;(e)s, qui ont peur de perdre la carte de s&#233;jour, l'argent qui n'est pas d&#233;clar&#233; &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, et ceci toujours sous la protection du secteur public et de ses membres corrompus, qui connaissent la situation et renforcent ces conditions d'esclavage moderne&#8230; ce sont les r&#232;gles dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sp&#233;cialement le cas d'Oikomet, une compagnie de nettoyage qui embauche des travailleurs pr&#233;caires partout en Gr&#232;ce, appartenant &#224; Nikitas Ikonomakis (membre du PASOK, le parti socialiste grec) qui emploie officiellement 800 travailleurs (les travailleurs parlent du double, tandis que les trois derni&#232;res ann&#233;es plus de 3000 y ont travaill&#233;), o&#249; le comportement mafieux ill&#233;gal des patrons est un ph&#233;nom&#232;ne quotidien. Par exemple, les travailleurs y sont oblig&#233;s de signer des contrats blancs (les conditions sont &#233;crites par les patrons ult&#233;rieurement) qu'ils n'ont jamais l'occasion de revoir. Ils travaillent 6 heures et ne sont pay&#233;s que pour 4,5 (salaire brut) pour ne pas d&#233;passer les 30 heures (sinon ils devraient &#234;tre inscrits dans la cat&#233;gorie de travailleurs &#224; haut risque). Les patrons les terrorisent, les d&#233;placent, les licencient et les menacent avec des d&#233;missions forc&#233;es (une travailleuse a &#233;t&#233; retenue de force dans un bureau de la compagnie pendant 4 heures jusqu'&#224; ce qu'elle signe sa d&#233;mission). Le patron cr&#233;e lui-m&#234;me un syndicat afin de manipuler les travailleurs tandis qu'il licencie et embauche &#224; sa guise sans permettre la communication et l'action collective entre les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelle est la relation entre Oikomet et ISAP ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oikomet a le monopole du nettoyage chez ISAP (comme dans d'autres services publics) car elle &#8220;offre le paquet le moins cher avec les conditions d'exploitation et de d&#233;valorisation du travail les plus &#233;lev&#233;es&#8220;. Tel sont les termes &#8220;d'offre et de demande&#8220; mis en place par les services publics, auquel ISAP participe. ISAP est complice du maintien de ce statut d'exploitation sauvage malgr&#233; les d&#233;nonciations continues de la part des travailleurs. L'attaque meurtri&#232;re contre notre coll&#232;gue a un caract&#232;re de vengeance et de punition exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cible n'&#233;tait pas choisie au hasard. Femme, immigr&#233;e, syndicaliste active, m&#232;re d'un adolescent ; la plus vuln&#233;rable aux yeux des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re n'&#233;tait pas choisie au hasard. Elle rel&#232;ve des pratiques d'autrefois et a comme but de stigmatiser, de terroriser et de montrer ce qui les attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment n'&#233;tait pas choisi au hasard. &#192; l'heure o&#249; les m&#233;dias, les partis, l'&#201;glise, les entrepreneurs et les chefs des syndicats essayent de d&#233;cr&#233;dibiliser le mouvement d'explosion sociale, o&#249; l'assassinat de sang-froid se transforme en une balle qui a ricoch&#233;, l'attaque contre Constantina passe inaper&#231;ue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque meurtri&#232;re des patrons a &#233;t&#233; minutieusement pr&#233;par&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constantina est une d'entre nous. La lutte pour la &lt;i&gt;dignit&#233;&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;solidarit&#233;&lt;/i&gt; est &lt;i&gt;notre lutte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque contre Constantina a marqu&#233; notre m&#233;moire des rafles racistes, des camps de concentration, des attaques paramilitaires, des accidents du travail, des assassinats de l'&#201;tat, des conditions de travail d'esclavage, des inculpations, des licenciements jusqu'au terrorisme &#8212; montrant le long chemin de la lutte sociale et de classe. Notre c&#339;ur est rempli de douleur et de rage. On va seulement dire :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Les assassins vont payer !&lt;br class='manualbr' /&gt;Le terrorisme patronal ne passera pas !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Assembl&#233;e en solidarit&#233; &#224; Constantina Kouneva&lt;br class='manualbr' /&gt;27 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.freewebtown.com/anc/commu/joursderage.htm" class="spip_out"&gt;http://www.freewebtown.com/anc/comm...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sigles et partis politiques grecs :&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- GSEE et ADEDY : Les deux principaux syndicats&lt;br class='manualbr' /&gt;- Synaspism&#243;s Rizospastik&#237;s Arister&#225;s (SYRIZA) : Coalition de la Gauche Radicale&lt;br class='manualbr' /&gt;- Synaspism&#243;s (SYN) : Coalition de la Gauche, des Mouvements et de l'&#201;cologie &lt;br class='manualbr' /&gt;- KKE : Parti communiste grec&lt;br class='manualbr' /&gt;- Mouvement socialiste panh&#233;llenique (PASOK) : Parti socialiste&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nea Dimokratia (ND) : Nouvelle D&#233;mocratie, parti de droite dure au pouvoir &lt;br class='manualbr' /&gt;- Alerte populaire orthodoxe (LAOS) : Parti d'extr&#234;me-droite fond&#233; par un ancien de la ND en 1993&lt;br class='manualbr' /&gt;- Printemps politique (POLAN) : Parti d'extr&#234;me-droite fond&#233; par un ancien de la ND en 2000&lt;br class='manualbr' /&gt;- MAT : police anti-&#233;meute&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/jours_de_rage-2.pdf" length="14020931" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>OTAN en emportent les black blocs</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article684</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article684</guid>
		<dc:date>2009-05-17T17:03:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anonyme</dc:creator>


		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>
		<dc:subject>Contre-sommets</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D&#233;but avril 2009 s'est tenu &#224; Strasbourg le sommet de l'OTAN. A cette occasion, des manifestations ont &#233;t&#233; organis&#233;es, tournant &#224; l'&#233;meute les 2, 3 et 4 avril. La brochure pr&#233;sent&#233;e ici revient surtout, via un texte &#233;crit par personnes ayant &#233;t&#233; actives parmi les black blocs, sur les &#233;v&#233;nements du 4 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;OTAN en emportent les black blocs, notes sur la journ&#233;e strasbourgeoise du 4 avril 2009&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Floril&#232;ge de citations bien pensantes&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Mesures diverses&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Co&#251;t du sommet&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;co&#251;t des d&#233;g&#226;ts&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Dispostif policier&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;La r&#233;pression&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;O&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Contre-sommets&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH99/arton684-3a517.png?1780469483' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff684.png?1241834461&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Source principale de la brochure : &lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;http://lille.indymedia.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Indymedia-Lille&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction en allemand : &lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;http://linksunten.indymedia.org/en/node/6289&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://linksunten.indymedia.org/en/...&lt;/a&gt; &lt;br&gt;
Et en anglais : &lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;http://de.indymedia.org/2009/08/257983.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://de.indymedia.org/2009/08/257...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;OTAN en emportent les &lt;i&gt;black blocs&lt;/i&gt;&lt;br&gt;Notes sur la journ&#233;e strasbourgeoise du 4 avril 2009&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'insurrection d&#233;soriente les partis politiques. Leur doctrine, en effet, a toujours affirm&#233; l'inefficacit&#233; de toute &#233;preuve de force et leur existence m&#234;me est une constante condamnation de toute insurrection&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Frantz Fanon, &lt;i&gt;Les damn&#233;s de la terre&lt;/i&gt;, 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qui s'est pass&#233; &#224; Strasbourg &#233;tait relativement pr&#233;visible, et relativement in&#233;vitable. Pourtant, comme apr&#232;s chaque contre-sommet qui donne lieu &#224; de belles &#233;meutes, de gauche &#224; droite on hurle au scandale, on accuse les uns et les autres d'avoir laiss&#233; faire les &#233;meutier-e-s, de les avoir incit&#233;-e-s, ou, encore plus fort, d'avoir machiav&#233;liquement organis&#233; tout &#231;a, dans l'ombre.&lt;br&gt;
Tous les partis politiques, y compris &#224; l'extr&#234;me-gauche, se font les porte-voix de discours s&#233;curitaires tous plus puants les uns que les autres, d&#233;plorant explicitement ou implicitement l'impuissance polici&#232;re face aux actes &#233;meutiers (voir plus bas, le &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;floril&#232;ge de citations bien pensantes&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Au final, c'est toujours le m&#234;me cin&#233;ma, avec dans le fond une id&#233;e commune &#224; l'UMP et au Parti Socialiste, d'Attac jusqu'au Front National : il est impossible que des gens soient r&#233;volt&#233;s au point de se lancer d'eux-m&#234;mes dans des pratiques &#233;meuti&#232;res. Il faut forc&#233;ment, pour cela, que ces gens soient d'une mani&#232;re ou d'une autre manipul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Comme cela a pu &#234;tre fait en juillet 2001 suite aux grandes &#233;meutes de G&#234;nes lors du sommet du G8, nous le r&#233;p&#233;tons : nous n'avons besoin de personne pour nous r&#233;volter et pour lutter. Ce samedi 4 avril 2009, &#224; Strasbourg, si nous avons cass&#233; des vitrines ou mis le feu &#224; des b&#226;timents qui sont au service de l'Etat et du capitalisme (douane, banques, station essence, office de tourisme, h&#244;tel Ibis, etc.), si nous avons saccag&#233; des cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance et des panneaux publicitaires, si nous nous sommes attaqu&#233;-e-s &#224; la police, ce n'est pas parce qu'une organisation occulte nous y a pouss&#233;, mais parce que nous l'avons choisi d&#233;lib&#233;r&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Si nous avons eu autant de facilit&#233; &#224; agir, c'est que nous &#233;tions plusieurs centaines &#224; le faire, peut-&#234;tre m&#234;me plusieurs milliers (les fameux &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;black blocs&lt;/i&gt; internationaux !). &lt;br&gt;
C'est aussi parce que les flics ne sont pas totalement des robots. Ce sont des humains, eux aussi peuvent ressentir la peur, par exemple. &lt;br&gt;
Et dans une &#171; d&#233;mocratie &#187;, aussi sarkozyste soit-elle, &#231;a ferait mauvais genre de tuer des manifestant-e-s. Parce qu'une des possibilit&#233;s pour la police de faire taire les &#233;meutes plus rapidement aurait &#233;t&#233; de tirer &#224; vue. Et autre chose que des gaz lacrymog&#232;nes, des grenades assourdissantes et des tirs de flashball... Le 8 avril 2009, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;la priorit&#233; du gouvernement &#233;tait qu'il n'y ait pas de mort&lt;/i&gt; &#187;. Parce que leur &#171; d&#233;mocratie &#187; ne se sent pas encore trop en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Si nous n'avons pas pu agir ailleurs que dans les quartiers pauvres du port autonome de Strasbourg, c'est parce que nous n'avons eu ni la force ni la finesse de parvenir jusqu'au centre-ville. La police et l'arm&#233;e ont prot&#233;g&#233; la fameuse &#171; zone rouge &#187;, autrement dit le centre-ville et les quartiers bourgeois de Strasbourg. Mais personne n'est dupe : nous aurions &#233;t&#233; bien plus redoutables dans ces quartiers riches... &lt;br&gt;
Par ailleurs, personne n'est dupe non plus sur le fait que seuls des b&#226;timents institutionnels ou commerciaux ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s. Les biens de la population locale n'ont pas &#233;t&#233; touch&#233;s.&lt;br&gt;
Nous luttons contre le pouvoir, pas contre celles et ceux qui le subissent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Le discours m&#233;diatico-politicien cherche &#224; donner une image de &#171; casseurs nihilistes et sanguinaires &#187; aux &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;black blocs&lt;/i&gt;. Pourtant, les pratiques des &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;black blocs&lt;/i&gt; ne se limitent pas &#224; des actes de destruction (tout comme nos existences ne se limitent pas aux &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;black blocs&lt;/i&gt;, qui ne sont que des modes ponctuels et contextuels de manifestation). Les &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;black blocs&lt;/i&gt; pratiquent l'entraide et la complicit&#233; avec tou-te-s les manifestant-e-s, dans l'affrontement, l'auto-d&#233;fense et la fuite face &#224; l'ennemi policier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Dans l'&#233;meute, se cr&#233;&#233; une solidarit&#233; spontan&#233;e et anonyme, authentique au sens o&#249; chaque geste n'attend rien en retour.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; deux mondes qui s'opposent dans leurs d&#233;marches m&#234;mes : d'un c&#244;t&#233;, des manifestant-e-s d&#233;termin&#233;-e-s qui sont l&#224; pour leurs convictions, leurs d&#233;sirs, leur rage de vivre, &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;gratuitement&lt;/i&gt; et &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;pleinement&lt;/i&gt;. De l'autre c&#244;t&#233;, des flics aserment&#233;s qui sont l&#224; par contrainte et ob&#233;issance, pour l'ordre et pour l'argent, ils sont pay&#233;s pour r&#233;primer et doivent r&#233;fl&#233;chir le moins possible &#224; ce qu'ils font (le risque de d&#233;mission serait trop important).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qui se discutait lors du sommet de l'OTAN &#224; Strasbourg nous concerne tou-te-s. Les guerres post-colonialistes men&#233;es par les puissances occidentales nous font gerber et la guerre aux &#171; ennemis int&#233;rieurs &#187; nous r&#233;vulse &#233;galement. Contr&#244;le des populations, gestion des flux migratoires, renforcement des polices, perfectionnement du renseignement et du fichage, c'est contre tout cela que nous nous sommes soulev&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;L'enjeu principal, pour le pouvoir, est de continuer &#224; imposer &#224; tou-te-s la d&#233;mocratie capitaliste comme unique organisation sociale possible. Et malgr&#233; les vies de merde qui sont les n&#244;tres, malgr&#233; l'aspect chancelant du capitalisme ces derniers temps, force est de constater que les perspectives r&#233;volutionnaires semblent tellement lointaines qu'on ne les imagine qu'avec difficult&#233;. Pourtant, la r&#233;signation profond&#233;ment contre-r&#233;volutionnaire de notre &#233;poque n'est pas une fatalit&#233;. C'est un bel enjeu que celui de r&#233;ussir &#224; s'&#233;manciper du capitalisme, par la lutte et l'entraide. Et de fait, cette &#233;mancipation ne peut co-exister avec le pouvoir capitaliste et &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Sachant qu'un autre monde ne peut &#234;tre possible sans l'an&#233;antissement de la d&#233;mocratie capitaliste mondialis&#233;e, sachant que &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;toutes les classes dominantes ont toujours d&#233;fendu leurs privil&#232;ges jusqu'au bout avec l'&#233;nergie la plus acharn&#233;e&lt;/i&gt; &#187; (Rosa Luxembourg, &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Que veut Spartacus ?&lt;/i&gt;, 1918), semer le chaos et la destruction (pour reprendre les termes spectaculaires des m&#233;dias) au sein de ce monde d'oppression et de contr&#244;le social ne nous pose pas de probl&#232;me. Cela nous semble m&#234;me insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Toute possibilit&#233; de transformation r&#233;volutionnaire de ce monde ne peut avoir lieu sans rapport de force tangible.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aux domin&#233;-e-s de poser de nouvelles bases de vie sociale, sans attendre l'assentiment des dominant-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; travers&#233;es par des soul&#232;vements qui inqui&#232;tent le pouvoir : &#233;meutes des quartiers pauvres en novembre 2005, mouvement anti-CPE au printemps 2006, &#233;meutes anti-Sarko lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2007, mouvements &#233;tudiants et lyc&#233;ens de 2007-2008, et derni&#232;rement la quasi insurrection grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Pour ces mouvements comme pour les black blocs qui ont agi &#224; Strasbourg, les m&#233;dias focalisent sur la jeunesse de ces mouvements, comme pour enfermer la r&#233;volte dans un ph&#233;nom&#232;ne g&#233;n&#233;rationnel (avec toutes les remarques condescendantes qui vont avec : &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;vous verrez, dans dix ans, vous aurez oubli&#233; tout &#231;a et vous serez r&#233;sign&#233;-e-s comme tout le monde&lt;/i&gt; &#187;).&lt;br&gt;
Nous pensons qu'il y a l&#224; un danger &#224; d&#233;passer absolument. Une insurrection ne peut &#234;tre uniquement le fait de la jeunesse (une r&#233;volution encore moins) mais, comme la lutte des classes, elle doit &#234;tre travers&#233;e et v&#233;cue par tou-te-s, au-del&#224; des diff&#233;rences d'&#226;ge, de couleur de peau, de genre, de corporation, etc. Avec une conscience pleine des dominations et des exploitations.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Si nous sommes parti-e-s du constat que pour renverser le pouvoir, il ne sert pas &#224; grand chose de se contenter de manifester calmement, aussi nombreux soit-on, m&#234;me &#224; plusieurs millions de personnes, nous sommes &#233;galement conscient-e-s que s'attaquer &#224; la police et vandaliser des propri&#233;t&#233;s de l'Etat et/ou du capital &#224; quelques milliers ne suffit pas non plus.&lt;br&gt;
A quelques millions, &#231;a aurait d&#233;j&#224; plus de gueule. Toutes les technologies de contr&#244;le et de r&#233;pression pourraient s'av&#233;rer insuffisantes &#224; maintenir la col&#232;re g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Mettons en place et r&#233;pandons des pratiques communes de r&#233;sistance, des solidarit&#233;s concr&#232;tes, des moyens de lutte hors la loi et des perspectives r&#233;volutionnaires... Tout un programme pour en finir avec le vieux monde et ses technologies d'un futur d&#233;j&#224; bien moisi !&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;&lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Quelque part en fRance, le 8 avril 2009, quelques &#171; casseurs &#187; d'un groupe affinitaire actif parmi les black blocs du 4 avril 2009 &#224; Strasbourg&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Floril&#232;ge de citations bien pensantes&lt;/h2&gt;&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Ils viennent exclusivement pour casser et sont au stade ultime de la b&#234;tise (...). Ils n'ont pas d'autre id&#233;ologie que la violence. Ceux sont des voyous qui auraient m&#234;me pu devenir des criminels quand on voit certaines images.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) de Strasbourg, cit&#233; par Philippe Wendling dans un article de &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;20 Minutes&lt;/i&gt;, 3 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Mais surtout, j'ai de la col&#232;re, parce que des gens qui seront pr&#233;sent&#233;s comme des militants anti-OTAN alors qu'ils ne m&#233;ritent que le nom d'imb&#233;ciles, ont commis des actes tr&#232;s graves qui m&#233;ritent une condamnation claire et sans ambigu&#239;t&#233;. Ces gens ne sont pas des n&#244;tres, ce ne sont pas des militants pacifistes et nous refusons que leurs actes soient rapproch&#233;s d'une mani&#232;re ou d'une autre de la manifestation pour la paix &#224; laquelle les communistes ont particip&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Marie-George Buffet, communiqu&#233; du Parti Communiste Fran&#231;ais, 4 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Le PCF du Bas-Rhin condamne avec la plus grande fermet&#233; les violences gratuites des groupes venus au nom de pr&#233;textes fallacieux pour casser. Ces gens l&#224; n'ont rien &#224; voir avec les mouvements d&#233;mocratiques qui organisaient le Contre-sommet de l'OTAN. Ces groupes font le jeu des Sarkozy, Merkel, Berlusconi, Brown etc&#8230; qui dominent l'Europe et qui l'ont conduite dans l'orni&#232;re de la crise &#233;conomique et sociale d'aujourd'hui&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de la f&#233;d&#233;ration du Bas-Rhin du Parti Communiste Fran&#231;ais, 4 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;L'objectif du gouvernement &#233;tait clair, faire passer pour des casseurs tous ceux et celles qui souhaitaient manifester leur opposition &#224; l'OTAN.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Communiqu&#233; du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 4 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;On voit bien aujourd'hui de quel c&#244;t&#233; se situent l'extr&#233;misme et la violence : &#224; gauche ! Le Front National d&#233;nonce le saccage de Strasbourg par des bandes de voyous venus principalement d'Allemagne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Bruno Gollnisch, vice-pr&#233;sident ex&#233;cutif du Front National, 4 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Avant m&#234;me le d&#233;but de la manifestation, et pendant de longs moments, des casseurs venus de toute l'Europe se sont livr&#233; &#224; des actes criminels dont les premi&#232;res victimes sont les habitants du quartier du port du Rhin. Ces actes intol&#233;rables ont durement touch&#233; des strasbourgeois parmi les plus modestes, et contribu&#233; &#224; emp&#234;cher l'expression pacifique de nombreux europ&#233;ens &#224; la politique de l'OTAN.&lt;br&gt;
Poste de douane, pharmacie, h&#244;tel ont &#233;t&#233; incendi&#233;s, une Eglise investie, le mobilier urbain compl&#232;tement saccag&#233;, et l'&#233;cole du quartier elle m&#234;me n'a pu &#234;tre pr&#233;serv&#233;e que par la mobilisation spontan&#233;e des habitants du quartier.&lt;br&gt;
Nous condamnons ces actes sans ambiguit&#233;. Leurs auteurs m&#233;ritent d'&#234;tre poursuivis et jug&#233;s conform&#233;ment &#224; la Loi.&lt;br&gt;
Ces &#233;v&#233;nements tragiques ont pu se produire en d&#233;pit de l'important d&#233;ploiement policier et nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur la responsabilit&#233; de l'Etat et la strat&#233;gie qui a &#233;t&#233; la sienne durant ces heures &#233;prouvantes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Communiqu&#233; du Groupe des &#233;lu-e-s Verts de Strasbourg, 5 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;L'UNSA-POLICE &#8211; Le Syndicat Unique condamne les &#233;meutes d'une rare violence commises par des groupes de casseurs en marge de la manifestation organis&#233;e &#224; Strasbourg &#224; l'occasion du sommet de l'OTAN (...).&lt;br&gt; L'UNSA-POLICE &#8211; Le Syndicat Unique rappelle la difficult&#233; d'exercer le m&#233;tier de policier dans un climat de plus en plus tendu et une nouvelle fois r&#233;clame l'abandon des suppressions d'effectifs pr&#233;vues jusqu'en 2012.&lt;br&gt;
L'UNSA-POLICE &#8211; Le Syndicat Unique apporte son soutien aux agents bless&#233;s et f&#233;licite l'ensemble des policiers pour l'exemplarit&#233; de leur conduite et du professionnalisme dont ils ont fait preuve.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de l'UNSA-Police, 5 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;lus du Mouvement populaire ne peuvent comprendre que des responsables politiques participent &#224; l'incitation &#224; la violence &#224; des fins politiciennes. Inciter &#224; la r&#233;volte ou &#224; la r&#233;bellion, ne peut constituer un programme politique cr&#233;dible et n'est pas digne des grands partis r&#233;publicains.&lt;br&gt;
L'UMP veut par ailleurs rendre hommage au professionnalisme des forces de l'ordre qui font un travail remarquable et ne doivent pas &#234;tre la cible de quelques d&#233;linquants. &lt;br&gt;
Il faut donc adopter la plus grande fermet&#233; avec ces individus, comme avec les casseurs qui cherchent co&#251;te que co&#251;te &#224; troubler l'ordre public.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Eric Ciotti (UMP), Secr&#233;taire national &#224; la s&#233;curit&#233;, 6 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que je souhaite, c'est que les casseurs soient punis avec une extr&#234;me s&#233;v&#233;rit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Nicolas Sarkozy, pr&#233;sident de la R&#233;publique, cit&#233; par Arnaud Leparmentier dans un article du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, 6 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;tous les partis politiques condamnent cette violence, ces casseurs, ces voyous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Bernard Accoyer (UMP), pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e Nationale, cit&#233; par Arnaud Leparmentier dans un article du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, 6 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; 'des groupes ultraminoritaires et ultraviolents qu'il faut sanctionner sans aucune faiblesse &#187;.&lt;br&gt;
Laurent Fabius (PS), cit&#233; par Arnaud Leparmentier dans un article du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, 6 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; 'Le pouvoir instrumentalise les violences qu'il a lui-m&#234;me orchestr&#233;es pour tenter d'occulter le caract&#232;re massif de la protestation contre le sommet de l'OTAN qu'il n'a pu qu'entraver mais pas emp&#234;cher. &#187;&lt;br&gt;
Communiqu&#233; du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 6 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Des grenades lacrymog&#232;nes ont &#233;t&#233; tir&#233;es pendant les prises de parole sans la moindre justification, contraignant la manifestation &#224; se former dans la confusion et l'urgence, permettant &#224; des groupes violents de s'infiltrer dans le cort&#232;ge ;&lt;br&gt;
Ces &#233;l&#233;ments violents ont pu passer les fronti&#232;res alors que le dispositif Schengen avait &#233;t&#233; lev&#233; (...) &lt;br&gt;
Les forces de l'ordre ont laiss&#233; ces m&#234;mes &#233;l&#233;ments violents, au demeurant peu nombreux, (dont le Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur se targue pourtant de conna&#238;tre les identit&#233;s) d&#233;truire l'ancien poste de douane sans intervenir (...) ; comment interpr&#233;ter les autres destructions que les forces de l'ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n'ont pas su ( ?) emp&#234;cher ? Incomp&#233;tence ou volont&#233; de laisser faire ?&lt;br&gt;
Les forces de l'ordre, comme c'est leur mission lors d'une manifestation autoris&#233;e, n'ont pas assur&#233; la s&#233;curit&#233; des manifestants, mais l'ont, au contraire d&#233;lib&#233;r&#233;ment compromise en laissant les &#233;l&#233;ments violents agir &#224; leur guise&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Communiqu&#233; d'Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord, 6 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;le dispositif policier &#233;tait au point, de l'aveu m&#234;me d'Alliot-Marie, et le maire de Strasbourg, qui adopte une posture de d&#233;nonciation, &#233;tait dans la confidence depuis le d&#233;but, il s'agit donc purement et simplement d'une combinaison cynique dont les habitants d'un quartier d&#233;favoris&#233;, plus faciles &#224; punir et &#224; surveiller que les flux de capitaux, ont fait les frais&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br&gt;
Communiqu&#233; de la F&#233;d&#233;ration Anarchiste, 6 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;La lumi&#232;re doit &#234;tre faite sur les raisons qui expliquent que les casseurs ont pu avoir le terrain libre pendant pr&#232;s d'une heure, leur permettant d'incendier le b&#226;timent des douanes, un b&#226;timent abritant une pharmacie et l'office de tourisme et l'h&#244;tel Ibis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, cit&#233; dans un article de &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;nouvelobs.com&lt;/i&gt;, 7 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mesures diverses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les zones s&#233;curis&#233;es, les poubelles ont &#233;t&#233; enlev&#233;es, les plaques d'&#233;gouts ainsi que les panneaux publicitaires des abribus et abritram ont &#233;t&#233; scell&#233;s (on notera que les milliers de plaques d'&#233;gout soud&#233;es ont &#233;t&#233; recommand&#233;es chez Saint-Gobain pour la simple et bonne raison qu'en les dessoudant, les plaques ont cass&#233;...). Dans toute la ville les boites aux lettres La Poste ont &#233;t&#233; enlev&#233;es. Les colis n'&#233;taient pas livr&#233;s. Dans les zones de s&#233;curit&#233;, le courrier n'&#233;tait pas distribu&#233; les 3 et 4 avril. La chasse a &#233;t&#233; interdite dans tout le Bas-Rhin les 3 et 4 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait interdit d'avoir &#224; sa fen&#234;tre un drapeau anti-OTAN, la police passait chez les personnes qui en avaient pour leur dire de les d&#233;crocher, si ce n'&#233;tait pas fait, la police le faisait elle m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;80 sites &#233;taient particuli&#232;rement prot&#233;g&#233;s &#224; Strasbourg. Outre les h&#244;tels, les repr&#233;sentations diplomatiques et des sites industriels, les b&#226;timents de l'Eurocorps et le site du Syst&#232;me d'information Schengen b&#233;n&#233;ficiaient d'une surveillance rapproch&#233;e.&lt;br&gt;
L'arm&#233;e fournit des Puma pour les transports de personnalit&#233;s ou des gendarmes et des Gazelle pour l'observation. Elle fournit aussi des chiens de recherche en explosif, des moyens de d&#233;contamination, des ponts flottants.&lt;br&gt;
Le ciel alsacien &#233;tait sous tr&#232;s haute surveillance, a indiqu&#233; le g&#233;n&#233;ral de brigade a&#233;rienne Christian van Duynslager, avec en permanence des radars a&#233;roport&#233;s, des Awacs de l'Otan ou fran&#231;ais, trois Mirage pouvant d&#233;coller de Dijon. Avec aussi six avions de combat Tucano &#224; Colmar pour le guet a&#233;rien. Deux sites de missiles Crotale et des guetteurs &#224; vue avec cam&#233;ra thermique compl&#233;taient ce dispositif. Les Allemands qui participaient &#224; cette op&#233;ration avaient six F4 Phantom et des h&#233;licopt&#232;res...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Co&#251;t du sommet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est bien s&#251;r tenu secret, mais certains m&#233;dias bourgeois (tels les &lt;i&gt;Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt;) parlaient de 110 millions d'euros pour la France et l'Allemagne, mais &lt;a href=&#034;http://thedaily.co.uk/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://thedaily.co.uk/&lt;/a&gt; parle de 250 millions d'euros. On parle de 2,5 millions d'euros pour la seule ville de Strasbourg.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Co&#251;t des d&#233;g&#226;ts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon le code g&#233;n&#233;ral des collectivit&#233;s territoriales, &#171; &lt;i&gt;l'Etat est responsable des d&#233;gradations qui sont caus&#233;es &#224; l'occasion des manifestations et attroupements&lt;/i&gt; &#187;, a rappel&#233; le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;fecture. Sa responsabilit&#233; pourrait toutefois &#234;tre &#171; att&#233;nu&#233;e &#187; si les auteurs d'actes d&#233;lictueux ou criminels sont identifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, une cinquantaine de dossiers ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s par la pr&#233;fecture... Les plus gros dossiers concernent l'h&#244;tel Ibis du Port du Rhin et la pharmacie situ&#233;e &#224; proximit&#233;, qui ont &#233;t&#233; enti&#232;rement d&#233;truits par le feu. Dans la zone industrielle proche, o&#249; la manifestation est rest&#233;e bloqu&#233;e de longues minutes, plusieurs entreprises font &#233;galement &#233;tat de d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par les black blocs. L'une d'elle estime le pr&#233;judice &#171; entre 20 000 et 30 000 euros &#187;. Le montant des d&#233;g&#226;ts s'&#233;l&#232;verait &#224; environ 200 000 euros. (Source : AFP)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dispositif policier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y avait 11 000 membres des forces de l'ordre et 1 500 militaires dont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- 85 unit&#233;s mobiles de maintien de l'ordre&lt;br class='manualbr' /&gt;- 48 unit&#233;s de CRS sur les 61 que compte la m&#233;tropole&lt;br class='manualbr' /&gt;- 40 unit&#233;s de gendarmes dont certaines rappel&#233;es sp&#233;cialement de Guadeloupe&lt;br class='manualbr' /&gt;- 100 hommes du GIGN&lt;br class='manualbr' /&gt;- 100 hommes du GIPN et du RAID&lt;br class='manualbr' /&gt;Il y avait &#233;galement des effectifs du renseignement, de la police judiciaire, des brigades fluviales, des laboratoires de police scientifique ambulants, des batteries anti-a&#233;riennes, des murs anti-&#233;meutes, et des murs blind&#233;s. Il y avait m&#234;me la Garde r&#233;publicaine avec 75 chevaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois PC de s&#233;curit&#233; furent mis en place. &lt;br&gt;
L'arm&#233;e a install&#233; son PC au Heyritz &#224; cot&#233; de l'H&#244;tel de Police. &lt;br&gt;
Le PC avait pour mission d'assurer la coordination en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; entre les forces de l'ordre et les militaires d&#233;ploy&#233;s pour l'&#233;v&#232;nement.&lt;br&gt;
La ville de Srasbourg passa donc sous commandement militaire.&lt;br&gt;
La pr&#233;fecture de police de Paris a envoy&#233; 50% de son stock de barri&#232;res &#171; Vauban &#187;, soit 5 000 barri&#232;res m&#233;talliques.&lt;br&gt;
14 000 policiers furent mobilis&#233;s de l'autre c&#244;t&#233; de la &#171; fronti&#232;re &#187;, selon les autorit&#233;s allemandes.&lt;br&gt;
Et du 20 mars au 5 avril, la France est sortie de l'espace Schengen et le contr&#244;le aux fronti&#232;res a &#233;t&#233; r&#233;introduit...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu 400 interpellations qui ont dur&#233; 6 ou 7 heures. Les manifestants ont &#233;t&#233; &#8220;stock&#233;s&#8221; dans divers endroits : gymnases, port du Rhin, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 personnes en garde &#224; vue confirm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ou 5 personnes ont &#8220;choisi&#8221; de passer en comparution imm&#233;diate. Il y a de nombreux t&#233;moignages des violences polici&#232;res et de propos mena&#231;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gens ont &#233;t&#233; bless&#233;s durant les interpellations et emmen&#233;s &#224; l'h&#244;pital, avec &#8220;des plaies &#224; suturer au visage et aux bras, des br&#251;lures dues aux gaz, des fractures du nez et des plaies aux arcades sourcili&#232;res par des tirs de Flash-Ball&#8221;, pr&#233;cise le directeur du SAMU. Un total de 49 personnes ont &#233;t&#233; bless&#233;es l&#233;g&#232;rement, dont 15 parmi les forces de l'ordre et les pompiers, et un journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 &#224; 6 mois de prison pour trois manifestants allemands&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un, &#226;g&#233; de 25 ans, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 6 mois de prison, avec mandat de d&#233;p&#244;t, pour avoir &#233;t&#233; vu jeudi en train de jeter des pierres contre une patrouille de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre, &#226;g&#233; de 23 ans, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 6 mois de prison, avec mandat de d&#233;p&#244;t et trois ans d'interdiction d'entrer sur le territoire, pour avoir &#233;t&#233; interpell&#233; vendredi en possession d'une barre de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me, &#233;galement &#226;g&#233; de 23 ans, qui avait &#233;t&#233; interpell&#233; vendredi avec une hachette, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 3 mois ferme, sans mandat de d&#233;p&#244;t, le tribunal lui recommandant de ne plus remettre les pieds sur le territoire pendant les cinq prochaines ann&#233;es, faute de quoi la peine devrait &#234;tre ex&#233;cut&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Anti-copyright 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/Otan_en_emportent_les_black_blocs.pdf" length="3190238" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manuel de sabotage</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article636</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article636</guid>
		<dc:date>2008-11-20T12:03:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C.I.A., &#201;ditions clandestines</dc:creator>


		<dc:subject>Guides pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves et luttes des classes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce manuel fut, &#224; la base, &#233;labor&#233; par la CIA pour soutenir les Contras, la gu&#233;rilla anti-sandiniste du Nicaragua. Ronald Reagan, ne pouvait tol&#233;rer qu'une exp&#233;rience communiste se d&#233;roule dans un pays aussi proche des U$A. D'o&#249; la diffusion de ce manuel aux paysans et aux ouvriers qui devaient assurer le soutien aux Contras dans les centres urbains et ruraux en pratiquant gaiement le sabotage. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le Nicaragua n'est plus communiste depuis longtemps, et Reagan ne sait m&#234;me plus qu'il a &#233;t&#233; un jour ma&#238;tre du monde. En attendant, ce manuel refait surface, avec certes quelques modifications. Alors puisque les capitalistes et leurs flics ont d&#233;cid&#233; de nous m&#226;ter &#224; coups de triques, et qu'ils veulent nous redonner le go&#251;t du travail, ce manuel de sabotage tombe &#224; point pour leur montrer que leur soci&#233;t&#233; inhumaine est sur le point de s'effondrer gr&#226;ce aux strat&#233;gies qu'ils ont eux-m&#234;mes &#233;chafaud&#233;es. &lt;br class='manualbr' /&gt;Encore une fois, merci la CIA...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;M&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Guides pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves et luttes des classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L133xH150/arton636-a62c3.jpg?1780457292' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff636.jpg?1227043017&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce manuel fut, &#224; la base, &#233;labor&#233; par la CIA pour soutenir les Contras, la gu&#233;rilla anti-sandiniste du Nicaragua. Ronald Reagan, ne pouvait tol&#233;rer qu'une exp&#233;rience communiste se d&#233;roule dans un pays aussi proche des U$A. D'o&#249; la diffusion de ce manuel aux paysans et aux ouvriers qui devaient assurer le soutien aux Contras dans les centres urbains et ruraux en pratiquant gaiement le sabotage. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le Nicaragua n'est plus communiste depuis longtemps, et Reagan ne sait m&#234;me plus qu'il a &#233;t&#233; un jour ma&#238;tre du monde. En attendant, ce manuel refait surface, avec certes quelques modifications. Alors puisque les capitalistes et leurs flics ont d&#233;cid&#233; de nous m&#226;ter &#224; coups de triques, et qu'ils veulent nous redonner le go&#251;t du travail, ce manuel de sabotage tombe &#224; point pour leur montrer que leur soci&#233;t&#233; inhumaine est sur le point de s'effondrer gr&#226;ce aux strat&#233;gies qu'ils ont eux-m&#234;mes &#233;chafaud&#233;es. &lt;br class='manualbr' /&gt;Encore une fois, merci la CIA...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le capitalisme ne s'&#233;croulera pas tout seul... &lt;br class='manualbr' /&gt;Aidons-le !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes celles et ceux qui refusent la domination polici&#232;re de l'&#201;tat et le totalitarisme &#233;conomique des entreprises capitalistes &#8212; les hommes, les femmes, les plus jeunes et les plus vieux, &#233;tudiants, ch&#244;meurs ou salari&#233;s &#8212; se demandent comment avec les moyens &#224; leur disposition, ils/elles pourraient eux/elles aussi participer au combat final de cette guerre sociale contre les exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CertainEs pourraient croire que la gu&#233;rilla n&#233;cessite du mat&#233;riel militaire et des ressources financi&#232;res dont b&#233;n&#233;ficient uniquement les &#201;tats et les milices soutenues par les pays colonialistes et totalitaires. En fait, il existe une infrastructure &#233;conomique essentielle sur laquelle reposent les Etats et les entreprises, et qu'il est tr&#232;s facile de mettre hors service temporairement et m&#234;me parfois, d&#233;finitivement sans utiliser d'armes ni d'&#233;quipement lourd et cher, avec tr&#232;s peu de ressources et de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pages qui suivent proposent une s&#233;rie de techniques de sabotage tr&#232;s utiles, et la plupart d'entre elles ne requi&#232;rent gu&#232;re que des outils m&#233;nagers tels que des ciseaux, des bouteilles vides, des tournevis, des allumettes, etc. Ces pratiques sont tout &#224; fait sans danger ni risque pour celles et ceux qui les utilisent, puisqu'elles ne n&#233;cessitent ni &#233;quipement, ni aptitude particuli&#232;re, ni connaissance sp&#233;cifique qui pourraient en plus attirer l'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule personne peut r&#233;aliser un grand nombre d'actions sans aide ext&#233;rieure ni planification pr&#233;alable. On peut pratiquer le sabotage de fa&#231;on improvis&#233;e chaque fois qu'une occasion se pr&#233;sente. Mais plus nous serons nombreux/ses &#224; pratiquer le sabotage, plus nous gripperons les rouages de la machine polici&#232;re et financi&#232;re. Cependant, il faudra toujours rester prudentEs, bien r&#233;fl&#233;chir &#224; la n&#233;cessit&#233; d'impliquer d'autres personnes, et surtout ne jamais parler de vos activit&#233;s de sabotage au premier venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons d&#233;j&#224; pr&#233;cis&#233;, les techniques pr&#233;sent&#233;es dans ce manuel correspondent &#224; un niveau individuel de sabotage, ou du moins &#224; celui d'une cellule de base &#8212; ne d&#233;passant pas deux personnes &#8212; &#233;voluant en parfaite clandestinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manuel de la CIA se trouve &lt;a href=&#034;https://infokiosques.net/IMG/pdf/manuel_de_sabortage.pdf&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre, r&#233;actualis&#233; et &#233;tendu &#224; d'autres domaines, se trouve &lt;a href=&#034;https://infokiosques.net/IMG/pdf/Sabotage-bis.pdf&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/manuel_de_sabortage.pdf" length="1302172" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/Sabotage-bis.pdf" length="4896652" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manifeste du sabotage en entreprises</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article479</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article479</guid>
		<dc:date>2008-04-08T20:42:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Critiques du travail</dc:subject>
		<dc:subject>Guides pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves et luttes des classes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette brochure a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le seul but d'en finir avec le travail obligatoire, et avec le capitalisme de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommaire :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le sens des maux&lt;br class='manualbr' /&gt;- Contre la b&#234;tise du travail au bureau, vive le mauvais esprit !&lt;br class='manualbr' /&gt;- Sabotage dans les entreprises am&#233;ricaines&lt;br class='manualbr' /&gt;- Guide de survie au boulot&lt;br class='manualbr' /&gt;- La France d'en bas contre-attaque&lt;br class='manualbr' /&gt;- Comment virer son patron&lt;br class='manualbr' /&gt;- L'informatique dans l'entreprise&lt;br class='manualbr' /&gt;- Quelques exemples de sabotage en entreprise&lt;br class='manualbr' /&gt;- Bibliographie&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;M&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot6" rel="tag"&gt;Critiques du travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Guides pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves et luttes des classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L105xH150/arton479-96446.jpg?1780457292' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff479.jpg?1201222214&#034; /&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/sabotage-entreprises.pdf" length="6587080" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/sabotage_entreprises-2006-fil-24pA5.pdf" length="5130340" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contre les masses, l'organisation en collectifs</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article487</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article487</guid>
		<dc:date>2007-10-19T21:05:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anonyme</dc:creator>


		<dc:subject>Auto-organisation, exp&#233;rimentations collectives</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le texte qui suit est la traduction de &#034;&lt;i&gt;Anti-Mass Methods of Organization for Collectives&lt;/i&gt;&#034;, un pamphlet publi&#233; entre 1970 et 1971 &#224; San Francisco, USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;thodes organisationnelles en collectifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La diff&#233;rence entre masse et classe
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Primaut&#233; du collectif
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La taille du collectif
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Contacts entre collectifs
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Priorit&#233; &#224; l'action locale
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le r&#234;ve de l'unit&#233;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La fonction de l'analyse
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le besoin de nouveaux formats
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Auto-Activit&#233;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lutter sur plusieurs fronts&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;C&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Auto-organisation, exp&#233;rimentations collectives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH125/arton487-3b616.jpg?1780474167' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='125' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff487.jpg?1191195513&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le texte qui suit est la traduction de &#034;&lt;i&gt;Anti-Mass Methods of Organization for Collectives&lt;/i&gt;&#034;, un pamphlet publi&#233; entre 1970 et 1971 &#224; San Francisco, USA.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;thodes organisationnelles en collectifs.
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre masse et classe&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Pourquoi est-il important de conna&#238;tre la diff&#233;rence entre masse et classe ? Il se trouve qu'il ne peut y avoir de pratique r&#233;volutionnaire consciente sans cette distinction. Ne jouons pas avec les mots. Regardez plut&#244;t. Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; de masse. Nous n'y sommes pas parvenus par accident. La masse est une forme sp&#233;cifique d'organisation. La raison en est simple. La consommation est organis&#233;e par les entreprises. Leurs produits d&#233;finissent la masse. La masse n'est pas un clich&#233; - &#034;les masses&#034; - mais une routine qui domine votre vie quotidienne. Et comprendre la structure du march&#233; de masse est la premi&#232;re &#233;tape vers la compr&#233;hension de ce qui est arriv&#233; &#224; la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Qu'est-ce que la masse ? La plupart des gens s'y r&#233;f&#232;rent en terme de nombre - comme une rue ou un stade remplis de gens. Mais, en fait, c'est la structure qui d&#233;termine son identit&#233;. La masse est un ensemble de couples s&#233;par&#233;s, d&#233;tach&#233;s et anonymes. Ils vivent dans des cit&#233;s o&#249; ils sont proches tout en &#233;tant &#233;loign&#233;s les uns des autres. Leurs existences sont privatis&#233;es et vici&#233;es. Le Coca-Cola et la solitude. L'existence sociale de la masse - ses r&#232;gles et ses r&#233;gulations, la structuration de ses statuts, de ses r&#244;les et de sa direction - est organis&#233;e au travers de la consommation (le march&#233; de masse). Ils sont tous des produits d'une organisation sociale sp&#233;cifique. La n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien s&#251;r, personne ne se consid&#232;re comme faisant partie de la masse. Ce sont toujours les autres qui en font partie. Le probl&#232;me est qu'il n'y a pas que les entreprises qui nous organisent en masse. Le &#034;mouvement&#034; aussi se comporte comme la masse et ses organisateurs reproduisent la hi&#233;rarchie de la masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors, comment &#233;teindre un incendie ? Avec de l'eau, &#233;videmment. Il en va de m&#234;me pour la r&#233;volution. On ne combat pas la masse (le march&#233;) avec une autre masse (le mouvement). On combat la masse avec la classe sociale. Notre objectif ne devrait pas &#234;tre la cr&#233;ation d'un mouvement de masse, mais d'une force de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Qu'est-ce qu'une classe ? Une classe est une force sociale consciemment organis&#233;e. Par exemple, la classe dirigeante est consciente et agit collectivement non seulement pour s'auto-organiser, mais aussi pour organiser les gens qu'elle dirige. L'entreprise est le pouvoir collectif conscient de la classe dirigeante. Nous n'affirmons pas que les relations de classe n'existent pas dans le reste de la soci&#233;t&#233;. Mais elles demeurent passives tant qu'elles sont seulement fa&#231;onn&#233;es par des conditions objectives (comme les situations de travail). Ce qui est n&#233;cessaire, c'est la participation active (subjective) de la classe. Le pr&#233;judice de classe n'est pas la conscience de classe. La classe est consciente de son existence sociale parce qu'elle cherche &#224; s'organiser. La masse est inconsciente de son existence sociale parce qu'elle est organis&#233;e par Coca-Cola et IBM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La morale de l'histoire est que la masse est une masse parce qu'elle est organis&#233;e en masse. Ne vous faites pas avoir par les marques. La masse pense avec votre cul.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Primaut&#233; du collectif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le petit groupe est le rassemblement de personnes ressentant le besoin de collectivit&#233;. Sa fonction permet souvent de s'extirper de la masse - et plus particuli&#232;rement de l'isolement de la vie quotidienne et de la structure de masse du mouvement. Le probl&#232;me est que, fr&#233;quemment, le groupe ne peut parvenir &#224; une existence ind&#233;pendante et &#224; une identit&#233; parce qu'il continue de se d&#233;finir de fa&#231;on n&#233;gative, c'est-&#224;-dire en opposition. Tant que son point de r&#233;f&#233;rence se trouvera &#224; l'ext&#233;rieur, la politique du groupe tendra &#224; lui &#234;tre impos&#233;e par les &#233;v&#233;nements et les crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le petit groupe peut &#234;tre une &#233;tape dans le d&#233;veloppement du collectif, s'il d&#233;veloppe une critique des frustrations d&#233;coulant de son orientation externe. La formation d'un collectif commence lorsque les gens ont non seulement les m&#234;mes vues politiques, mais qu'en plus ils s'entendent sur les m&#233;thodes de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pourquoi le collectif devrait-il &#234;tre le point essentiel de l'organisation ? Le collectif est une alternative &#224; la structure sociale existante. Changer les relations sociales est un processus plut&#244;t qu'un produit de la r&#233;volution. En d'autres termes, vous faites la r&#233;volution en changeant r&#233;ellement les relations sociales. Vous devez cr&#233;er des contradictions dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Concr&#232;tement, ceci signifie : organisez-vous vous-m&#234;mes, pas les autres. Le collectif est le noyau organisationnel d'une soci&#233;t&#233; sans classe. En tant qu'organisation formelle, il nie toute forme de hi&#233;rarchie. La r&#233;ponse &#224; l'ali&#233;nation c'est de faire de vous le sujet, et non l'objet, de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'un des obstacles cruciaux &#224; la formation des collectifs est la p&#233;riode de transition - lorsque le collectif doit survivre au coeur d'un mouvement en d&#233;sint&#233;gration et d'une soci&#233;t&#233; de masse. La d&#233;sint&#233;gration du mouvement n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne isol&#233;, mais refl&#232;te l'affaiblissement des principales institutions de la soci&#233;t&#233; Am&#233;ricaine, responsables de notre ali&#233;nation. Beaucoup de gens se trouvent d&#233;moralis&#233;s par ce processus et le consid&#232;rent comme d&#233;concertant parce qu'ils sont inconsciemment d&#233;pendants du maintien de ces institutions. Nous sommes t&#233;moins de la rupture et de la transformation d'une institution faisant partie int&#233;grante de la soci&#233;t&#233; - le march&#233; de masse. Le march&#233; de masse est une structure d'entreprise dont peu de gens ont suffisamment conscience pour r&#233;aliser comment il d&#233;nature notre vie politique. Nous d&#233;pendons v&#233;ritablement de nos &#034;leaders&#034; qu'il s'agisse de Chicago 7 ou de 7up. Notre compr&#233;hension de la forme collective d'organisation bas&#233;e sur une critique de la masse et de la dictature du produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces contradictions rendent imp&#233;ratif le fait que toute personne d&#233;cid&#233;e &#224; cr&#233;er un collectif sache exactement qui elle est et ce qu'elle veut faire. C'est pourquoi vous devez consid&#233;rer votre collectif comme essentiel. Parce que si vous ne croyez pas en la l&#233;gitimit&#233; de cette forme d'organisation, vous ne pouvez avoir d'analyse pratique de ce qui va se produire. Ne vous leurrez pas. La lutte pour la cr&#233;ation et la survie de collectifs &#224; l'heure actuelle s'av&#232;re difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le sujet dominant sera de savoir comment les collectifs pourront faire partie de l'histoire - comment ils peuvent devenir une force sociale. Rien n'est garanti et nous ne devrions pas nous attendre &#224; des victoires faciles. Le caract&#232;re unique du d&#233;veloppement des collectifs est leur rupture d&#233;finitive avec toutes formes d'organisations hi&#233;rarchis&#233;es et la reconstruction d'une soci&#233;t&#233; sans classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La pens&#233;e des membres des organisations radicales est fig&#233;e dans le concept du mouvement de masse. Cette forme de lutte, pour aussi radicale qu'elle soit, ne menace jamais la structure de base - la masse elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans de telles circonstances, il faut beaucoup d'efforts pour imaginer de nouvelles formes d'existence. L'espace doit &#234;tre cr&#233;&#233; avant que nous ne puissions songer &#224; ces choses et que nous ne soyons capables d'&#233;tablir la l&#233;gitimit&#233; d'agir selon elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La forme du collectif est la pratique. Le collectif est oppos&#233; &#224; la masse. Il s'oppose &#224; la structure de masse. Le collectif est anti-masse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La taille du collectif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le but de toute organisation est de rendre celle-ci aussi simple que possible, ou comme l'a d&#233;fini Marshall McLuhan, &#034;forte en participation, faible en d&#233;finition&#034;. La tendance irait plut&#244;t &#224; l'oppos&#233;e. Notre r&#233;flexe est de cr&#233;er des structures administratives afin de traiter avec les politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La plupart des gens ne parviennent pas &#224; discuter intelligemment du sujet de la taille. Il y a un sentiment indicible voulant que le probl&#232;me ne doive pas se poser, ou alors qu'il ne nous appartient pas d'en parler. Et bien justement, parlons-en. La taille est une question de relations politiques et sociales et non pas administratives. Savez-vous pourquoi ce sujet est &#233;lud&#233; lors des grands rassemblements ? Parce qu'il remet fondamentalement en cause la nature r&#233;pressive des grosses organisations. Les petits groupes qui fonctionnent comme les appendices de plus grands groupes n'auront jamais l'impression d'&#234;tre des petits groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le collectif ne devrait pas d&#233;passer la taille du groupe - il n'est pas ici question de groupe de musique. L'id&#233;e de base est de reproduire le collectif et non de l'&#233;tendre. La force d'un collectif r&#233;side dans son organisation sociale, pas dans son nombre. D&#232;s que vous commencez &#224; penser en termes de recrutement, vous feriez mieux de rejoindre l'Arm&#233;e. La diff&#233;rence entre l'expansion et la reproduction est la m&#234;me qu'entre l'addition et la multiplication. La premi&#232;re base sa force sur le nombre, l'autre sur les relations entre les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pourquoi doit-il y avoir une limite au nombre ? Parce que nous ne sommes ni des super h&#233;ros, ni des esclaves. A partir d'un certain point, le groupe devient un rassemblement, et il vous faut lever la main pour prendre la parole. Le collectif est une reconnaissance des limites pratiques de la conversation. Ce simple fait est la base d'une nouvelle exp&#233;rience sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est possible de percevoir plus clairement les in&#233;galit&#233;s au sein d'un collectif , et donc de s'en occuper plus efficacement. &#034;Quelque soit la nature de l'autorit&#233; dans une vaste organisation, elle est inh&#233;rente &#224; l'organisation en groupe.&#034; (Chester Barnard, &lt;i&gt;The function of Executives&lt;/i&gt;, 1938). Un petit groupe actif est le noyau d'une soci&#233;t&#233; de classe. Les petites tailles restreignent l'espace que chaque individu peut dominer. Ceci est valable &#224; la fois en interne et dans les relations avec les autres groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aujourd'hui, la fa&#231;on de lutter requiert une forme d'organisation durable et r&#233;sistante qui nous permettra de faire face &#224; l'usure de la vie quotidienne et &#224; la probable r&#233;pression. A moins que nous parvenions &#224; r&#233;gler les probl&#232;mes &#224; ce niveau de fa&#231;on collective, nous ne sommes pas fait pour cr&#233;er une nouvelle soci&#233;t&#233;. Contrairement &#224; ce que l'on voudrait faire croire aux gens, comme d'&#234;tre unis dans la victoire ou la d&#233;faite, il sera plus difficile de d&#233;truire une multitude de collectifs que de grosses organisations aux pouvoirs centralis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La taille est la cl&#233; de la s&#233;curit&#233;. Mais sa v&#233;ritable importance r&#233;side dans le fait que le collectif reproduit de nouvelles relations sociales - l'avantage &#233;tant que ce processus peut commencer maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La limitation de la taille soul&#232;ve un probl&#232;me difficile. Que r&#233;pondez-vous &#224; quelqu'un qui vous demande, &#034;puis-je rejoindre votre collectif ?&#034; Cette question est finalement &#224; la base de beaucoup d'hostilit&#233; (souvent inconsciente) envers la forme d'organisation collective. Vous ne pouvez s&#233;parer la taille du collectif parce qu'il doit &#234;tre petit pour subsister. Le collectif a le droit d'exclure des individus parce qu'il leur offre l'alternative de mettre en place un nouveau collectif, c'est-&#224;-dire partager la responsabilit&#233; de l'organisation. Ceci est la r&#233;ponse fondamentale &#224; la question pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien s&#251;r, les gens vont restreindre le collectif &#224; son exclusivit&#233;. Le probl&#232;me n'est pas l&#224;. La taille d'un collectif est principalement une limitation de son autorit&#233;. En revanche, les grosses organisations, m&#234;me si elles sont ouvertes &#224; tout le monde, sont exclusives par rapport &#224; ceux qui &#233;laborent sa politique et participent activement &#224; la structuration des activit&#233;s. Le choix se r&#233;sume &#224; rejoindre la masse qui cr&#233;e les classes. Le projet r&#233;volutionnaire consiste &#224; faire les choses vous-m&#234;mes. Souvenez-vous de la mise en garde d'Alexandra Kollonta&#239; en 1920, &#034;l'essence de la bureaucratie c'est qu'il y ait une troisi&#232;me personne pour d&#233;cider &#224; votre place.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contacts entre collectifs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le collectif ne communique pas avec la masse. Il est en contact avec d'autres collectifs. Et dans le cas o&#249; il ne trouve pas d'autres collectifs, il communiquera en interne. Oui. Par tous les moyens &#224; sa disposition, le collectif communique avec d'autres gens, mais il ne les consid&#232;re jamais comme la masse - ou comme un auditoire. Le collectif communique avec des individus afin de les encourager &#224; s'auto-organiser. Il sait que les gens sont capables de s'auto-organiser, et si on leur donne cette alternative, ils choisiront celle-ci plut&#244;t que participation &#224; la masse. Il ne fait que h&#226;ter le processus de l'&#233;croulement de la masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le plus gros probl&#232;me de la &#034;communication&#034; &#224; l'heure actuelle est que les gens pensent qu'ils doivent communiquer tout le temps. Vous trouvez des gens &#233;tablissant des fonctions administratives pour s'occuper du flot d'informations avant qu'ils n'aient la moindre id&#233;e de ce qu'ils voudraient dire. Le collectif n'est pas obs&#233;d&#233; pour &#034;communiquer&#034; ni pour &#034;&#233;tablir des rapports&#034; avec le mouvement. Ce qui le concerne est un cafouillis bruyant - des appels t&#233;l&#233;phoniques incessants, du courrier, des annonces de meetings, etc. - qui passe pour &#234;tre de la communication. Le moment est venu de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que l'on dit et &#224; la fa&#231;on de le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Qu'entendons-nous par contact ? Nous voulons commencer par extirper la bureaucratie de la communication. Le mieux est de commencer doucement. Le contact se fait de tous les c&#244;t&#233;s. La chose essentielle &#233;tant sa direction et sa fiabilit&#233;. Les yeux dans les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les autres formes de communication - t&#233;l&#233;phone, lettres, documents, etc. - ne devraient jamais servir de substituts au contact direct. En fait, elles devraient servir &#224; pr&#233;parer le contact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pourquoi le contact direct est-il si important ? Parce qu'il s'agit de la plus simple forme de communication. De plus, c'est physique et requiert l'usage de tous les sens. Pour cette raison, il est fiable. Il prend &#233;galement en compte les besoins de s&#233;curit&#233;. Ceux qui parlent de r&#233;pression continue de faire circuler des p&#233;titions demandant le nom, l'adresse et le num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone des signataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a actuellement beaucoup de rassemblements qui paraissent impliquer le contact mais qui en r&#233;alit&#233; n'en sont que de grotesques fac-simil&#233;s. Le pire de tous ces rassemblements auxquels les gens se rendent sont les conf&#233;rences. Il s'agit d'un h&#244;tel pour l'esprit qui nous transforme en touristes et en spectateurs. Ceci se retrouve dans les r&#233;unions interminables - celles qui ont lieu tous les soirs. Sans oublier les comit&#233;s form&#233;s express&#233;ment pour organiser ces r&#233;unions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le principe fondamental de contact entre collectifs est le suivant : rencontrez-vous seulement lorsque vous avez quelque chose &#224; vous dire. Ceci signifie deux choses. La premi&#232;re, c'est que vous avez une id&#233;e concr&#232;te de ce vous avez &#224; dire. La seconde, c'est que vous devez le pr&#233;parez &#224; l'avance. Ces principes aident &#224; s'assurer que la communication ne devient pas un probl&#232;me administratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De nouvelles formes de contacts sont encore &#224; cr&#233;er. Prenons deux exemples. Un membre d'un collectif peut participer &#224; une r&#233;union d'un autre collectif ou il peut y avoir une r&#233;union commune de deux collectifs. La premi&#232;re semble &#234;tre la plus pratique. Cependant, tout le monde ne peut y &#234;tre impliqu&#233;. Il y a bien d'autres formes de contacts &#224; d&#233;velopper. Il suffit de les inventer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Priorit&#233; &#224; l'action locale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le collectif donne priorit&#233; &#224; l'action locale. Il rejette la politique de masse des nationalistes blancs avec leurs comit&#233;s nationaux, leurs organisateurs et leurs superstars. Le collectif est d&#233;finitivement en-dehors du courant dominant et il n'en &#233;prouve aucun regret. Le but du collectif est de trouver de nouvelles pens&#233;es et de concr&#233;tiser de nouvelles id&#233;es - en un mot cr&#233;er son propre espace. Et ceci, plus que n'importe quel programme, est intol&#233;rable pour tous les radicaux de la photocopieuse qui tentent de reproduire leurs propres images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le collectif est le dernier wagon de la r&#233;volution. Il se fiche du r&#244;le de l'avant-garde, n'en attend rien. Et ne les consid&#232;re pas comme ses leaders. Le collectif s'en d&#233;tache, parce qu'il sait qu'il sera le dernier &#224; rentrer dans le nouveau monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les doutes &#233;mis au sujet de l'action locale sont r&#233;v&#233;lateurs de la d&#233;pendance glamour des gens envers la politique de masse. Tout le monde veut se retrouver au premier plan de la sc&#232;ne de la r&#233;volution - comme les Yippies ou les White Panthers. Ayant assimil&#233; la masse, ils se posent des questions dont les r&#233;ponses semblent logiques dans le contexte. Comment pouvons-nous accomplir quoi que ce soit sans action de masse ? Si nous n'allons pas aux r&#233;unions ou aux manifs, est-ce que l'on va nous oublier ? Qui va nous prendre au s&#233;rieux si l'on ne rentre pas dans le rang ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Vous r&#233;alisez doucement que vous &#234;tes devenu un spectateur, un objet. Votre politique se d&#233;roule sur une sc&#232;ne et vos relations sociales consistent &#224; &#234;tre assis parmi un auditoire et &#224; marcher au milieu de la foule. La fragmentation de votre exp&#233;rience quotidienne est en contraste avec l'unit&#233; spectaculaire de la masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Inversement, la priorit&#233; de l'action locale est une tentative d'unifier la vie quotidienne et de d&#233;composer la masse. Ce niveau de conscience est le r&#233;sultat du rejet des lois du comportement de masse bas&#233;es sur le L&#233;ninisme et l'id&#233;ologie de la TV. Cela permet un nettoyage de l'esprit dont tout le monde &#224; terriblement besoin. Vous serez soulag&#233;s de voir que vous pouvez cr&#233;er une situation en localisant votre lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comment pouvons-nous &#233;viter que l'action locale ne devienne provinciale ? Qu'on le veuille ou non, cela d&#233;pend de notre strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale. Le provincialisme n'est que la cons&#233;quence ou le fait de ne pas savoir ce qui se passe. Une commune, par exemple, est provinciale parce que sa strat&#233;gie est bas&#233;e sur le fermage et la glorification de la famille. Il ne faut donc pas confondre astrologie et strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'action locale devrait &#234;tre bas&#233;e sur la structure globale de la soci&#233;t&#233; moderne. Il ne peut y avoir d'actions collectives sans collectifs. Mais on ne doit pas confondre la cr&#233;ation d'un collectif avec la victoire, de m&#234;me qu'il ne doit pas devenir une fin en soi. Historiquement, le grand danger auquel doit faire face le collectif est d'&#234;tre coup&#233; (ou de se couper) du monde ext&#233;rieur. Le principal sera finalement quand et quelle action entreprendre. Que les collectifs deviennent une force sociale d&#233;pend de leur analyse de l'histoire et leur terrain d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En fait, les &#034;provinces&#034; d'aujourd'hui avancent vers les centres en conscience et motivation politique. Du Minnesota jusqu'au Delta du M&#233;kong, la r&#233;volte gagne en coh&#233;rence. Les centres tentent de d&#233;crypter ce qui est en train de se produire, afin de l'identifier et de le contenir. C'est pourquoi il est n&#233;cessaire de cr&#233;er des formes d'organisation centralis&#233;es - ou &#034;coordination&#034; selon la terminologie moderniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le premier principe d'action locale est de d&#233;nationaliser votre pens&#233;e. Emmener le pays hors de Salem. Sortir du pays de Marlboro. Devenir conscient de la fa&#231;on dont notre existence est g&#233;r&#233;e depuis les centres nationaux. Les modes de vie sont des r&#244;les destin&#233;s &#224; vous donner l'illusion de mouvement tout en vous gardant au m&#234;me endroit. &#034;Le style c'est la masse qui chasse la classe, et la classe qui &#233;chappe &#224; la masse.&#034; (W. Rauschenbush, &lt;i&gt;&#034;The Idiot God Fashion&#034; Woman's Coming of Age&lt;/i&gt;, editions Schumalhausen and Clavert, 1931).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#234;ve de l'unit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le principe d'unit&#233; implique que chacun est une unit&#233; (un fragment). L'unit&#233; signifie l'individualit&#233; multipli&#233;e par elle-m&#234;me. Nous n'allons pas y aller par quatre chemins - puisque l'unit&#233; a supprim&#233; les v&#233;ritables diff&#233;rences politiques - de classes, raciales, sexuelles - il s'agit d'une forme de tyrannie. Le r&#234;ve de l'unit&#233; est en r&#233;alit&#233; un cauchemar de compromission et de suppression des d&#233;sirs. Nous ne sommes pas &#233;gaux et l'unit&#233; perp&#233;tue l'in&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le collectif sera constamment soumis &#224; la pression de groupes ext&#233;rieurs cherchant un soutien sous une forme ou une autre. Tout le monde est toujours en crise. Dans ces circonstances, un groupe peut avoir l'illusion d'&#234;tre mobilis&#233; et actif en permanence sans pouvoir d&#233;velopper sa propre politique. Les appels &#224; l'unit&#233; canalisent les &#233;nergies politiques des collectifs en soutiens politiques. Alors, par pr&#233;caution, le collectif doit prendre du temps pour &#233;laborer sa politique et son plan d'action. Par-dessus tout, il devra essayer d'anticiper les situations de crise et la militance professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On vous accusera de factionnalisme. Ne perdez pas de temps sur ce vieux probl&#232;me. Un collectif n'est pas une faction. R&#233;pondre au stimuli pavlovien vous met dans la position du chien qui salive. Vous conna&#238;trez une faim illimit&#233;e en laissant votre identit&#233; d&#233;termin&#233;e par quelqu'un d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On vous accusera d'&#233;litisme. Il s'agit l&#224; d'un probl&#232;me risqu&#233; &#224; ne pas prendre &#224; la l&#233;g&#232;re. Un collectif doit d'abord savoir ce que signifie l'&#233;litisme. Au lieu de chercher &#224; savoir s'il se r&#233;f&#232;re aux dirigeants ou aux personnalit&#233;s, vous devriez d'abord placer le probl&#232;me dans un contexte de classe. Sachez d'o&#249; viennent vos id&#233;es et quelles sont leurs relations avec l'id&#233;ologie dominante. Vous devriez vous posez les m&#234;mes questions concernant ceux qui portent les accusations. Quelle est leur origine, et leur int&#233;r&#234;t de classe ? Jusqu'ici beaucoup de gens ont r&#233;agi en se d&#233;fendant aux accusations d'&#233;litisme, et ont ainsi &#233;vit&#233; de faire face au probl&#232;me. Ceci constitue une r&#233;action de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'int&#233;rieur est le miroir de l'ext&#233;rieur. La meilleure fa&#231;on d'&#233;viter de se comporter comme une &#233;lite est de pr&#233;venir la formation de l'&#233;litisme &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du collectif. Souvent lorsque les accusations d'&#233;litisme sont fond&#233;es, elles refl&#232;tent les m&#234;mes relations de classe internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les fa&#231;ons de r&#233;duire l'autonomie d'un collectif sont nombreuses et insidieuses. On ne doit pas r&#233;pondre automatiquement &#224; appel &#224; l'unit&#233;. Le moment est venu de s'interroger sur les raisons et l'efficacit&#233; de telles actions - et de les assumer. Le jargon est une langue de bois destin&#233;e &#224; nous faire sentir stupides et impuissants. Parce que l'action collective n'est pas organis&#233;e en masse, il n'est pas n&#233;cessaire d'attendre un appel &#224; l'unit&#233; pour agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#034;Est-ce que 'l'unit&#233; se divise en deux' ou est-ce que 'le deux fusionne en un' ? Cette question fut soumise &#224; d&#233;bat en Chine, et maintenant partout ailleurs. Ce d&#233;bat est une lutte entre deux conceptions du monde. L'une croit au combat, l'autre &#224; l'unit&#233;. Les deux parties ont trac&#233; une ligne pr&#233;cise entre elles et leurs arguments sont diam&#233;tralement oppos&#233;s. Ainsi, vous pouvez voir pourquoi l'unit&#233; se divise en deux.&#034; (Libre traduction du &lt;i&gt;Drapeau Rouge&lt;/i&gt;, P&#233;kin, 21 Septembre 1964).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La fonction de l'analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Non seulement il ne peut y avoir de r&#233;volution sans th&#233;orie r&#233;volutionnaire, mais il ne peut y avoir non plus de strat&#233;gie sans analyse. La strat&#233;gie consiste &#224; anticiper ce que vous aller faire. C'est ce que permet l'analyse. Lorsque vous commencez, il se peut que vous ne connaissiez rien. Le but de l'analyse n'est pas de tout savoir, mais de savoir ce que vous connaissez, et &#224; bien le conna&#238;tre - c'est-&#224;-dire collectivement. L'essence de la pens&#233;e analytique c'est sans cesse apprendre que le processus est aussi important que la finalit&#233;. D&#233;velopper une analyse requiert de nouvelles fa&#231;ons de penser. Sans cela nous sommes condamner &#224; r&#233;p&#233;ter les anciennes fa&#231;ons d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Savoir ce que nous allons faire est la chose la plus difficile &#224; trouver et c'est ce qui d&#233;terminera finalement l'existence du collectif. La difficult&#233; de la question rend l'analyse d'autant plus n&#233;cessaire. Nous ne pouvons pas continuer &#224; subir les formes de publicit&#233; de plus en plus avilissante - qu'il s'agisse des slogans ou de la rh&#233;torique. L'analyse permettra de d&#233;terminer le plan d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pourquoi y a-t-il relativement peu d'analyse pratique de ce qui arrive aujourd'hui ? Certaines personnes refusent d'analyser tout ce qu'elles ne peuvent comprendre imm&#233;diatement. Fondamentalement, elles &#233;prouvent un sentiment d'incompatibilit&#233;. Ceci est en partie d&#251; au fait qu'elles n'ont pas eut l'opportunit&#233; de le faire pr&#233;c&#233;demment, et donc elles ne savent pas qu'elles en sont capables. D'un autre c&#244;t&#233;, de nombreux activistes consid&#232;rent l'analyse comme &#034;intellectuelle&#034; - ce qui donne plut&#244;t un aper&#231;u de leur fa&#231;on de penser. Finalement, il y a ceux qui n'&#233;prouvent pas le besoin de r&#233;fl&#233;chir et se sentent mal &#224; l'aise quand cela devient n&#233;cessaire pour les autres. La constipation du mouvement est le r&#233;sultat de ces forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un autre fait est que l'analyse offre peu de satisfactions. Ce qui &#233;quivaut &#224; dire qu'elle ne rel&#232;ve pas de la pratique. Ce qui est arriv&#233; &#224; la pens&#233;e transpara&#238;t clairement dans la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'analyse de classe en d&#233;finitions st&#233;r&#233;otyp&#233;es, ob&#232;ses. Il y a toujours peu de diff&#233;rence entre les th&#233;oriciens de l'abstraction pure et les amateurs de slogans &#224; l'abstraction vulgaire. La th&#233;orie devient le langage des robots, et les slogans la production de masse de l'esprit. Mais le fait que les id&#233;es soient devenues si m&#233;caniques ne signifie pas que nous devions abandonner la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La plupart des gens souhaitent &#234;tre confront&#233;s au fait qu'ils vivent dans une soci&#233;t&#233; qui n'a pas encore &#233;t&#233; expliqu&#233;e. Chaque tentative pour apporter des preuves sur des choses qui ne sont pas communes rencontre l'hostilit&#233; g&#233;n&#233;rale due &#224; la peur. Les gens semblent effray&#233;s de s'observer de fa&#231;on analytique. Ne pas savoir quoi faire provient du fait que l'on ne sait pas qui l'on est. Vouloir s'observer de fa&#231;on critique et vouloir expliquer la soci&#233;t&#233; provient de la volont&#233; de transformer les deux. Le coeur du probl&#232;me est que l'on ne s'imagine pas en train d'y parvenir, sauf peut-&#234;tre par accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'analyse permet d'armer l'esprit. Nous sommes &#233;touff&#233;s par ceux qui nous disent que l'analyse est purement intellectuelle alors qu'en r&#233;alit&#233; c'est l'outil de l'imagination. Tout comme l'intellectualisme s'av&#232;re intol&#233;rable, il est impossible d'agir par la col&#232;re - pas si vous voulez concr&#233;tiser des choses. Il vous faudra enseigner &#224; vos tripes comment penser, et &#224; votre cerveau comment ressentir les choses. L'analyse devrait nous aider &#224; exprimer intelligemment notre col&#232;re. En apprenant comment r&#233;fl&#233;chir, l'analyse se r&#233;v&#232;le &#234;tre la premi&#232;re &#233;tape vers l'activit&#233; consciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il ne fait aucun doute que vous vous sentez d&#233;pass&#233;s parce que cela semble indigeste. En fait, le probl&#232;me est que vous r&#233;fl&#233;chissez plus que vous n'agissez. Soyez modestes. Commencez par ce que vous connaissez d&#233;j&#224; et ce que vous voulez mieux conna&#238;tre. L'analyse commence avec ce qui vous int&#233;resse. La r&#233;flexion politique devrait faire partie de la vie quotidienne, et ne pas &#234;tre un privil&#232;ge de classe. Dans la pratique, l'analyse doit vous apporter une compr&#233;hension de ce qu'il est n&#233;cessaire de faire et comment y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La r&#233;flexion doit vous permettre de distinguer ce qui important de ce qui ne l'est pas. Elle devrait mettre &#224; bas les forces complexes et ainsi vous aider &#224; les comprendre. Abattez tout. En analysant les choses vous vous apercevrez qu'il existe diff&#233;rentes fa&#231;ons d'agir qui n'&#233;taient pas flagrantes lorsque vous avez commenc&#233;. C'est &#231;a le plaisir de l'analyse. S'attaquer &#224; un probl&#232;me par la r&#233;flexion c'est d&#233;j&#224; commencer &#224; le r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le besoin de nouveaux formats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le besoin de nouveaux formats vient de l'oppression de l'&#233;criture. Nous devons apprendre les techniques publicitaires. Ceci consiste en des phrases br&#232;ves, claires et sans rh&#233;torique. Les slogans publicitaires. La pub repr&#233;sente une rupture avec l'&#233;ducation scolaire et la cacophonie des mots. La pub est une formule concentr&#233;e de communication. Son pouvoir d'information a d&#233;j&#224; d&#233;mod&#233; le syst&#232;me scolaire. Le secret consiste &#224; prendre autant de plaisir &#224; cr&#233;er la forme qu'&#224; exprimer l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais pourquoi adopter le style publicitaire lorsque la fonction de celle-ci s'av&#232;re si oppressive ? Comme m&#233;dia, nous pensons que la pub repr&#233;sente un mode de production r&#233;volutionnaire. Si nous la rejetons, c'est parce que nos esprits ont stagn&#233; et que la culture politique est devenue un romantisme vulgaire. Ceux qui se d&#233;tournent des techniques publicitaires pensent dans un langage arri&#233;r&#233;. En utilisant ces techniques on se transforme. Cela rend agr&#233;able l'&#233;criture pour n'importe qui parce que cela place l'oralit&#233; dans l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce que nous recherchons dans l'emploi des techniques publicitaires, c'est leur utilisation physique. La plupart du temps nous n'avons pas conscience de la publicit&#233;, et si nous en sommes conscients, nous n'agissons pas contre eux - nous ne les d&#233;tournons pas. Les pubs sont bas&#233;es sur la r&#233;p&#233;tition. Si vous en touchez une, vous les touchez toutes. Rencardez-vous sur l'environnement de la pub. La fa&#231;on la plus efficace de la d&#233;tourner c'est de rendre visible sa contradiction. Mettez-l&#224; en &#233;vidence. La vuln&#233;rabilit&#233; de la pub r&#233;side dans la possibilit&#233; de la retourner contre les exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Jerry Rubin pr&#233;conisait d'utiliser syst&#233;matiquement les m&#233;dias. Et lui l'a fait. Et cela vaut mieux que l'approche tatillonne qui pr&#233;vaut actuellement. Il y a bien &#233;videmment des groupes qui recommandent de ne pas y recourir et qui ne le font d'ailleurs pas. Ils vont probablement survivre &#224; Jerry puisque la technique fondamentale des mass m&#233;dia est la surexposition. C'est pourquoi Jerry a d&#233;j&#224; &#233;crit ses m&#233;moires. D'apr&#232;s les Situationnistes : &#034;la r&#233;volte est contenue dans la surexposition. On nous l'offre &#224; contempler de sorte que l'on oublie de participer.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous ne parlons pas de l'emballage politique. Rampart est le Playboy de la gauche. D'un autre c&#244;t&#233;, la presse underground est pornographique et redondante. Newsreel fait machine arri&#232;re. Pourquoi &#224; l'&#233;poque du Cosmopolitain magazine devons-nous endurer la lourdeur de Leviathan ? Nous pr&#233;f&#233;rons de loin lire Fortune - le magazine des &#034;hommes charg&#233;s du changement&#034; - pour notre analyse du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il ne faut pas tourner autour du probl&#232;me ind&#233;finiment, nous avons besoin de formats nouveaux, enti&#232;rement nouveaux. Sinon, nous ne parviendrons jamais &#224; affiner notre &#233;tat d'esprit. Sortir du charme de l'&#233;crit n&#233;cessite un effort conscient pour penser avec de nouveaux langages. Nous ne devrions plus &#234;tre immobilis&#233;s par les mots des autres. N'attendez pas le journal pour savoir ce qui se passe. Faites vos gros titres avec la presse. D&#233;coupez votre magazine favori et rassemblez les morceaux. D&#233;coupez de gros lettrages pour en faire des plus petits - comme CRISE ENVIRON MENTAL. Tout ce dont vous avez besoin c'est une bonne paire de ciseaux et de la colle. D&#233;gradez les images de l'ennemi. Transformez les patrons en Frankenstein. Faites des comics strips. Ne laissez rien g&#226;cher votre plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ne lisez plus de livres - en tout cas pas de fa&#231;on litt&#233;rale. Comme dit un jour G.B. Kay de Blackpool (en citant quelqu'un d'autre), &#034;La lecture pourrit l'esprit&#034;. Les pamphlets sont bien plus amusants. Lisez au hasard, &#233;crivez dans les marges et retournez aux comics. Vous devriez commencer par le Surfer d'Argent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Auto-Activit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Les mauvaises habitudes de travail et les comportements n&#233;gligents sapent toute tentative d'action collective. Avoir un comportement n&#233;gligeant signifie que l'on se fout de ce que l'on fait et des gens avec qui on le fait. Ceci pourra en surprendre plus d'un. Mais les faits sont l&#224; : nous parlons de r&#233;volution mais nous sommes r&#233;actionnaires &#224; des niveaux &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a deux choses fondamentales derri&#232;re ces circonstances malheureuses : 1) la fa&#231;on dont les gens s'imaginent que quelque chose (comme la r&#233;volution) finira par fa&#231;onner nos habitudes de travail ; 2) leur origine de classe leur offre un point de vue politique al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il ne fait aucun doute que la g&#233;n&#233;ration Pepsi est politiquement vivante. Mais cette &#233;nergie nouvelle est canalis&#233;e par les organisateurs de meetings ennuyeux qui reproduisent la hi&#233;rarchie de la soci&#233;t&#233; de classe. Au bout d'un moment, la pens&#233;e critique s'&#233;rode et les gens perdent leur curiosit&#233;. Les meetings deviennent des banalit&#233;s comme le reste de l'existence quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La plupart des probl&#232;mes que rencontrent les collectifs proviennent en fait des mauvaises habitudes de travail acquises dans le mouvement (de masse). Les gens reproduisent les r&#244;les passifs auxquels ils se sont accoutum&#233;s dans les grands meetings. L'essentiel dans la participation de masse c'est de se manifester. Il est rare que les gens se pr&#233;parent &#224; un meeting, pas plus qu'il n'en ressentent le besoin. Cette situation ne devient pas &#233;vidente pr&#233;cis&#233;ment parce que le peu de gens qui travaillent (ceux qui organisent le meeting) cr&#233;ent l'illusion de l'accomplissement collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Parce que les gens se voient plus comme des objets que comme des sujets, l'activit&#233; politique est d&#233;finie comme un &#233;v&#233;nement ext&#233;rieur et futur. Personne ne se voit en train de faire la r&#233;volution et, par cons&#233;quent, ils ne peuvent comprendre comment elle s'accomplira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le bref laps d'attention est l'un des sympt&#244;mes repr&#233;sentatif de la politique instantan&#233;e. Le plus important pour g&#233;rer une crise semble de contracter ce moment d'attention - en fait il y n'a g&#233;n&#233;ralement pas de dimension temporelle du tout. Cette intemporalit&#233; est exp&#233;riment&#233;e comme la syncope du d&#233;bordement. La plupart des gens disent qu'ils vont faire des choses sans r&#233;ellement savoir s'ils auront le temps de les faire. Prendre ce temps signifie savoir ce que vous voulez vraiment faire. Vous &#234;tes d&#233;bord&#233;s quand vous voulez tout faire mais qu'au final vous ne faites rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les nombreux autres sympt&#244;mes de la politique temporaire - le manque de pr&#233;paration, &#234;tre en retard, s'ennuyer dans les moments difficiles, etc., sont les signes d'une attitude politique destructrice pour le collectif. La chose importante c'est reconna&#238;tre l'existence de ces probl&#232;mes et en trouver les causes. Il ne s'agit pas de probl&#232;mes personnels, mais d'attitudes d&#233;termin&#233;es par l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Beaucoup de gens confondent la r&#233;volte contre l'ali&#233;nation par le travail dans sa forme historique sp&#233;cifique avec le travail lui-m&#234;me. Cette r&#233;volte s'exprime par une attitude anti-travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les attitudes envers le travail sont fa&#231;onn&#233;es par nos relations &#224; la production, c'est-&#224;-dire, la classe. La classe est un produit de la division hi&#233;rarchique du travail (ce qui inclus d'autres formes que le simple salariat). Il existe trois relations fondamentales pouvant produire des attitudes anti-travail. La classe ouvri&#232;re a d&#233;velopp&#233; son attitude anti-travail dans la r&#233;bellion contre le travail routinier. Pour la classe moyenne, l'attitude anti-travail provient de l'id&#233;ologie de soci&#233;t&#233; de consommation et tourne autour du loisir. Le st&#233;r&#233;otype des &#034;indig&#232;nes oisifs&#034; ou des &#034;femmes plus faibles physiquement&#034; est la troisi&#232;me attitude anti-travail appliqu&#233;e &#224; celles et ceux qui sont exclus du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le r&#234;ve de l'automatisation (qui revient &#224; ne plus travailler) renforce le pr&#233;judice de classe. La classe moyenne est celle qui en r&#234;ve le plus depuis qu'elle cherche &#224; &#233;tendre ses activit&#233;s li&#233;es aux loisirs. Pour la classe ouvri&#232;re, l'automatisation signifie la perte d'emploi, et les pr&#233;occupations li&#233;es au ch&#244;mage, ce qui est l'inverse des loisirs. Pour les exclus, l'automatisation ne veut rien dire parce que cela ne s'appliquera jamais &#224; leurs formes de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'automatisation dans la classe moyenne est devenue l'id&#233;ologie des radicaux post-p&#233;nurie. L'&#233;volution technologique les a sauv&#233;s du dilemme avec l'analyse de classe qu'ils &#233;taient incapables de fournir. Avec l'&#233;limination de la classe ouvri&#232;re gr&#226;ce &#224; l'automatisation (l'automatisation de la classe ouvri&#232;re) les radicaux se sont faits les avocats de la soci&#233;t&#233; de loisirs et du mode de vie touristique. L'attitude anti-travail m&#232;ne &#224; une vision utopique et nous d&#233;cale du royaume de l'histoire. Il &#233;vite la construction de collectivit&#233;s et d'auto-activit&#233;s. Le probl&#232;me pour transformer le travail en auto-activit&#233; est central dans l'&#233;limination de classe et la r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'auto-activit&#233; c'est la reconstruction de la conscience (l'int&#233;gralit&#233;) de l'activit&#233; individuelle dans l'existence. Le collectif c'est ce qui rend la reconstruction possible parce qu'il d&#233;finit l'individualit&#233; non pas comme une exp&#233;rience priv&#233;e, mais comme une relation sociale. Ce qu'il importe de voir c'est que le travail puisse mener &#224; une activit&#233; consciente au sein de la structure collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'une des meilleures fa&#231;ons de d&#233;couvrir et de corriger les attitudes anti-travail c'est de recourir &#224; l'auto-critique. Ceci offre aux gens une vision objective pour avoir l'espace n&#233;cessaire pour critiquer et &#234;tre critiqu&#233;. L'auto-critique est l'oppos&#233;e de la conscience de soi parce que son but n'est pas de vous isoler mais de lib&#233;rer les capacit&#233;s contenues. L'auto-critique est une m&#233;thode tout aussi fiable pour d&#233;molir les comportements opportunistes que pour d&#233;velopper les consciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour extirper la part de cette soci&#233;t&#233; qui demeure en nous et red&#233;finir nos relations de travail, un collectif doit d&#233;velopper son propre sens de l'histoire. L'une des choses les plus difficiles consiste &#224; consid&#233;rer les plus proches relations - celles au sein du collectif - en termes politiques. La tendance &#224; la n&#233;gligence, ou ce qui est d&#233;sinvolte dans les relations entre amis. Les r&#232;gles ne doivent plus &#234;tre les bases de la discipline. Elles devraient plut&#244;t s'&#233;laborer sur la compr&#233;hension politique. L'une des fonctions de l'analyse, c'est de pouvoir s'appliquer de fa&#231;on interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La pr&#233;paration est une autre partie du processus qui cr&#233;&#233; la continuit&#233; entre les r&#233;unions et assure que notre fa&#231;on de penser n'est pas une activit&#233; &#224; temps partiel. Elle lutte &#233;galement contre la tendance &#224; vouloir parler plus fort que les autres et les id&#233;es &#233;clairs. Si les r&#233;unions tendent &#224; &#234;tre abstraites et al&#233;atoires, ceci signifie que les id&#233;es qui y sont d&#233;battues ne sont pas unanimement comprises (i.e. analyse). Il faut creuser au-del&#224; de ce qui se dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Que signifie se pr&#233;parer &#224; une r&#233;union ? Cela veut dire venir avec des id&#233;es en t&#234;te et avec des projets entre les mains. En supposant qu'un groupe ait d&#233;cid&#233; ce qu'il voulait faire, la premi&#232;re &#233;tape implique que tout le monde participe. Ce qui veut dire prendre le temps de bien consid&#233;rer les choses, en tirer les mati&#232;res les plus pertinentes et &#234;tre &#224; m&#234;me de les pr&#233;senter au collectif de fa&#231;on claire et accessible &#224; tous. La motivation li&#233;e &#224; la pr&#233;paration devrait mener &#224; l'&#233;laboration d'une analyse coh&#233;rente. &#034;Nous pr&#233;f&#233;rons la sueur de l'auto-critique aux larmes de crocodiles&#034; dit un proverbe chinois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutter sur plusieurs fronts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	La lutte poss&#232;de de multiples facettes. Mais aucune n'est semblable aux autres. Comme les cubistes, nous devons consid&#233;rer les choses sous divers angles. Le probl&#232;me est de trouver les fa&#231;ons de cr&#233;er des espaces pour nous-m&#234;mes. La tendance actuelle tend vers la bi-dimensionalit&#233; qui se retrouve ancr&#233;e dans chaque aspect de notre vie quotidienne. Notre langage soul&#232;ve des questions en nous faisant choisir entre deux oppos&#233;s. L'imp&#233;rialiste engendre l'anti-imp&#233;rialiste. Avant le &#034;ti&#232;de&#034; il y avait le chaud et le froid. Le &#034;ti&#232;de&#034; fut la premi&#232;re tentative de briser cette bi-dimensionalit&#233;. Celle-ci minimise toujours les dimensions de la lutte en d&#233;finissant &#233;troitement la situation. Nous finissons par avoir un point de vue unidimensionnel de l'ennemi, et de nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Apprenez &#224; &#234;tre habile. Notre premi&#232;re impulsion est toujours de d&#233;finir notre position. Pourquoi &#233;prouvons-nous le besoin de les exprimer ? Nous cr&#233;ons un espace en n'&#233;tant pas ce que nous sommes r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'habilet&#233; n'est pas simplement une d&#233;fense tactique. L'essence m&#234;me de l'habilet&#233; c'est d'apprendre &#224; tourner &#224; son avantage les faiblesses de l'ennemi. Sinon vous n'y arriverez jamais. La r&#232;gle est simple : soyez honn&#234;tes envers vous-m&#234;mes et votre entourage, mais trompez votre ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il existe au moins trois fa&#231;ons d'aborder une situation. Vous pouvez neutraliser, activer ou d&#233;truire. Neutraliser c'est cr&#233;er de l'espace. Activer c'est gagner du soutien. D&#233;truire c'est r&#233;ussir. Surtout, il est essentiel d'apprendre comment utiliser les trois simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La lutte sur plusieurs fronts signifie commencer &#224; activer tous les sens. Nous devons &#234;tre aptes &#224; concevoir plus d'un mode d'action pour une situation donn&#233;e. La r&#233;ponse, i.e. la m&#233;thode de lutte, devrait poss&#233;der trois &#233;l&#233;ments : &lt;i&gt;1)&lt;/i&gt; un moyen de survivre ; &lt;i&gt;2)&lt;/i&gt; une m&#233;thode pour exploiter les divisions dans le camps ennemi ; &lt;i&gt;3)&lt;/i&gt; une strat&#233;gie souterraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La tendance fondamentale du lib&#233;ralisme et des entreprises consiste &#224; s'identifier au changement social tout en essayant de le contenir. Ne serait-il pas ironique (et m&#234;me un soulagement) si nous parvenions &#224; d&#233;tourner la menace du co-optage en un moyen de survie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La crainte d'&#234;tre co-opt&#233; m&#232;ne souvent les gens &#224; fuir les d&#233;fis des entreprises et des lib&#233;raux. La plupart des r&#233;volutionnaires les plus &#034;purs&#034; refusent d'envisager l'utilisation des co-opteurs pour servir leurs buts. Trop souvent la mentalit&#233; du &#034;boulot&#034; &#233;carte le potentiel subversif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'existence du lib&#233;ralisme d'entreprise exige de ne pas &#234;tre n&#233;gligent dans notre pens&#233;e et notre r&#233;ponse. La force de cette position est qu'elle nous oblige &#224; reconna&#238;tre notre propre faiblesse - m&#234;me avant de s'engager &#224; la combattre. La pire erreur c'est de pr&#233;tendre que l'ennemi n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le combat urbain n&#233;cessite une strat&#233;gie subversive. Concr&#232;tement, travailler &#034;&#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me&#034; devrait devenir pour nous une source d'argent, d'informations et d'anonymat. C'est ce que veut dire le proverbe mao&#239;ste &#034;agissez la nuit&#034;. La routine du quotidien est la nuit pour l'ennemi. Le processus de co-optage devrait devenir un exercice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Exploiter les divisions du camp ennemi ne signifie pas aider une partie &#224; vaincre l'autre. L'objectif est plut&#244;t de maintenir les divisions. Il existe des diff&#233;rences significatives parmi les oppresseurs. Et celles-ci les affaiblissent. Sous certaines circonstances, ces divisions peuvent offrir une marge de manoeuvre qui pourra s'av&#233;rer strat&#233;gique. L'essentiel &#233;tant de ne pas percevoir l'ennemi de fa&#231;on monolithique. La pens&#233;e monolithique vous condamne &#224; agir toujours de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il existe une tendance &#224; voir les formes les plus d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es de r&#233;action comme principal ennemi. Les entreprises exploitent consciemment de telles id&#233;es dans des films comme &lt;i&gt;Easy Rider&lt;/i&gt; qui permet aussi de s'identifier aux hommes jeunes. La fonction de l'analyse consistera donc &#224; abattre et &#224; identifier les diff&#233;rentes forces dans le camp ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les espaces cr&#233;&#233;s par ces divisions sont d'une importance cruciale dans la pr&#233;paration d'une strat&#233;gie &#224; long terme. Il deviendra de plus en plus difficile de survivre avec la visibilit&#233; &#224; laquelle nous sommes accoutum&#233;s. Les modes de vie avec lesquels nous affirmons notre opposition sont aussi ceux qui font de nous des cibles faciles. Nous ne devons pas nous tromper sur le niveau d'apparition de nouvelles cultures. L'essentiel n'est pas de f&#233;tichiser nos modes de vie. Dans l'ambiance psych&#233;d&#233;lique de la r&#233;pression, se fondre dans &#034;la masse&#034; est agr&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Gardez toujours une partie de votre strat&#233;gie souterraine. Tout comme l'analyse permet de diff&#233;rencier l'ennemi, elle devrait aussi vous fournir diff&#233;rents niveaux d'attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Agir en souterrain ne signifie pas dispara&#238;tre de fa&#231;on h&#233;ro&#239;que. Il existe peux d'endroits o&#249; se cacher dans l'environnement &#233;lectronique de notre futur. La plus dangereuse sorte d'action souterraine sera celle qui ressemblera &#224; l'iceberg. Les r&#244;les cr&#233;&#233;s pour remplacer notre identit&#233; dans la vie quotidienne doivent devenir le d&#233;guisement de l'underground.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une strat&#233;gie souterraine am&#232;ne une perspective de l'impulsion &#224; la confrontation. Nous devons combattre l'obsolescence planifi&#233;e des confrontations qui nous pi&#232;gent dans la p&#233;riode de la r&#233;volution instantan&#233;e. Agir en souterrain c'est opter pour une strat&#233;gie &#224; long terme - ce qui se compte en ann&#233;es. La strat&#233;gie de l'iceberg nous garde au frais. Il nous entra&#238;ne &#224; ma&#238;triser nos r&#233;flexes et &#224; analyser nos r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La strat&#233;gie souterraine est &#233;galement n&#233;cessaire pour assurer l'autonomie. L'autonomie pr&#233;serve la forme organisationnelle du collectif, qui s'av&#232;re critique dans l'affinement de sa politique. Nous n'arriverons &#224; rien si nous finissons submerg&#233;s par un chaos de fronts r&#233;volutionnaires. La strat&#233;gie principale de la Gauche sera de se r&#233;pandre sur les diff&#233;rences en appelant &#224; une unit&#233; de classe qui n'existe plus. Une strat&#233;gie souterraine sans forme d'organisation r&#233;volutionnaire peut seule &#233;merger comme nouvelle classe sociale. D&#233;truire le syst&#232;me oppressif n'est pas suffisant. Nous devons &#233;laborer l'organisation d'une soci&#233;t&#233; libre. Lorsque les forces souterraines &#233;mergeront, le collectif sera cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Edit&#233; en brochure par FTP en 2004. Pas de copyright.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/1970-1971_ContreMasses_OrgColl.pdf" length="291223" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Organisation et spontan&#233;it&#233;</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article461</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article461</guid>
		<dc:date>2007-09-30T19:13:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Mattick</dc:creator>


		<dc:subject>Auto-organisation, exp&#233;rimentations collectives</dc:subject>
		<dc:subject>Communismes</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce texte de Paul Mattick a &#233;t&#233; publi&#233; la premi&#232;re fois en 1949 (dans la revue &lt;i&gt;Left&lt;/i&gt;, n&#176;152) mais il aborde des questions qui suscitent bien des interrogations encore aujourd'hui...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;La question de l'organisation et de la spontan&#233;it&#233; a toujours &#233;t&#233; pos&#233;e au sein du mouvement ouvrier comme un probl&#232;me de conscience de classe, li&#233; aux rapports de la minorit&#233; des r&#233;volutionnaires avec la grande masse d'un prol&#233;tariat imbu d'id&#233;ologie capitaliste. Tout portait &#224; croire, disait-on, que la conscience r&#233;volutionnaire f&#251;t le propre seulement d'une minorit&#233;, laquelle, en s'organisant, l'entretiendrait et la traduirait en actes. Quant aux masses ouvri&#232;res, ce n'est que contraintes et forc&#233;es qu'elles passeraient &#224; l'action r&#233;volutionnaire.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Mattick tente ici de contredire ces croyances...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;O&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Auto-organisation, exp&#233;rimentations collectives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;Communismes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH97/arton461-ffff6.jpg?1780457292' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff461.jpg?1191187280&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;- 1 -&lt;/h2&gt;&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;La question de l'organisation et de la spontan&#233;it&#233; a toujours &#233;t&#233; pos&#233;e au sein du mouvement ouvrier comme un probl&#232;me de conscience de classe, li&#233; aux rapports de la minorit&#233; des r&#233;volutionnaires avec la grande masse d'un prol&#233;tariat imbu d'id&#233;ologie capitaliste. Tout portait &#224; croire, disait-on, que la conscience r&#233;volutionnaire f&#251;t le propre seulement d'une minorit&#233;, laquelle, en s'organisant, l'entretiendrait et la traduirait en actes. Quant aux masses ouvri&#232;res, ce n'est que contraintes et forc&#233;es qu'elles passeraient &#224; l'action r&#233;volutionnaire. L&#233;nine envisageait cette situation avec optimisme. D'autres, &#224; l'instar de Rosa Luxemburg, &#233;taient d'un avis tout diff&#233;rent. Le premier visant &#224; instaurer une dictature de parti, accordait une primaut&#233; absolue aux questions d'organisation. A l'inverse, Rosa Luxemburg, voulant parer au danger d'une nouvelle dictature sur les travailleurs, mettait l'accent sur la spontan&#233;it&#233;. Ils &#233;taient toutefois persuad&#233;s l'un comme l'autre que si dans certaines conditions, la bourgeoisie d&#233;terminait les id&#233;es et le comportement des masses laborieuses, dans d'autres conditions, une minorit&#233; r&#233;volutionnaire pourrait en faire autant. Mais, &#224; l'&#233;poque m&#234;me o&#249; L&#233;nine consid&#233;rait cela comme un facteur on ne peut plus favorable &#224; la r&#233;alisation du socialisme, Rosa Luxemburg ne cachait pas ses craintes de voir une minorit&#233; quelconque, ayant acc&#233;d&#233; &#224; la position de classe dominante, penser et agir &#224; la mani&#232;re exacte de la bourgeoisie d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;A l&#224; base de cette attitude se trouvait, dans les deux cas, la conviction que le d&#233;veloppement &#233;conomique du capitaliste obligerait les masses &#224; se dresser contre le syst&#232;me. L&#233;nine, tout en tablant dessus, craignait les r&#233;volutions d'origine spontan&#233;e. Aussi, pour justifier la n&#233;cessit&#233; d'une intervention consciente dans des mouvements de ce type, il invoquait le degr&#233; d'arri&#233;ration des masses prol&#233;tariennes qui faisait de la spontan&#233;it&#233; un &#233;l&#233;ment sans doute important, mais destructif et non point constructif. Plus le mouvement spontan&#233; se r&#233;v&#233;lait puissant, plus donc il &#233;tait indispensable de l'encadrer et de le diriger, cette mission incombant, selon L&#233;nine, &#224; un parti hi&#233;rarchis&#233; et agissant en fonction d'un plan d'ensemble. Il fallait en quelque sorte d&#233;fendre les ouvriers contre leurs propres impulsions, faute de quoi, en raison de leur ignorance, ils courraient &#224; la d&#233;faite et, consumant en vain leurs forces, fraieraient la voie &#224; la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Rosa Luxemburg soutenait une conception oppos&#233;e, certaine comme elle l'&#233;tait que la contre-r&#233;volution habitait d&#233;j&#224; les organisations et les instances traditionnelles et risquait fort de se propager au sein du mouvement r&#233;volutionnaire lui-m&#234;me. Elle esp&#233;rait que les mouvements spontan&#233;s viendraient mettre un terme &#224; l'influence de ces organisations qui n'aspiraient qu'&#224; une chose : centraliser le pouvoir dans leurs mains. Bien qu'aux yeux de Luxemburg comme &#224; ceux de L&#233;nine, l'accumulation du capital f&#251;t par excellence un processus g&#233;n&#233;rateur de crises, la premi&#232;re tenait les crises pour un ph&#233;nom&#232;ne infiniment plus catastrophique que le second ne le croyait. Pour elle, plus une crise aurait des effets d&#233;vastateurs, plus amples et plus vigoureuses seraient les actions spontan&#233;es ; moindre aussi serait la n&#233;cessit&#233; d'une orientation consciente des luttes et de leur direction centralis&#233;e, le prol&#233;tariat ayant dans un tel cas des possibilit&#233;s plus grandes d'apprendre &#224; penser et &#224; agir conform&#233;ment &#224; ses besoins historiques. Selon Rosa Luxemburg, les organisations devaient se borner &#224; d&#233;clencher l'essor des forces cr&#233;atrices inh&#233;rentes aux actions de masse pour se fondre ensuite dans les tentatives ind&#233;pendantes du prol&#233;tariat cherchant &#224; jeter les bases d'une soci&#233;t&#233; nouvelle. Cette conception pr&#233;supposait non une conscience r&#233;volutionnaire, &#224; la fois tranch&#233;e et omnisciente, mais une classe ouvri&#232;re hautement d&#233;velopp&#233;e, capable de mettre au service de la soci&#233;t&#233; socialiste et l'appareil productif et ses aptitudes propres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Les petites organisations ouvri&#232;res insistaient volontiers sur le r&#244;le du facteur de la spontan&#233;it&#233;. Ainsi des syndicalistes r&#233;volutionnaires fran&#231;ais, et du th&#233;oricien Georges Sorel, qui voyaient dans la gr&#232;ve spontan&#233;e et sa syst&#233;matisation le grand moyen d'apprentissage de la r&#233;volution sociale. Mais. par l&#224;, ces organisations ne faisaient que rationaliser leur faiblesse. Ne sachant comment transformer la soci&#233;t&#233;, elles laissaient &#224; l'avenir le soin de r&#233;soudre le probl&#232;me. Telle perspective n'&#233;tait pas sans fondement, eu &#233;gard au d&#233;veloppement de facteurs comme les progr&#232;s rapides de la technologie, la concentration et la centralisation du capital allant de pair avec l'essor de la production, la fr&#233;quence accrue des conflits sociaux, etc. Mais, en v&#233;rit&#233;, c'&#233;tait l&#224; un simple espoir, destin&#233; surtout &#224; compenser la faiblesse de ces organisations et l'incapacit&#233; o&#249; elles se trouvaient d'agir efficacement. En invoquant la spontan&#233;it&#233;, on cherchait &#224; donner un tant soit peu de &#171; r&#233;alit&#233; &#187; &#224; une mission qu'elles &#233;taient bien en peine de remplir, &#224; excuser leur inactivit&#233; forc&#233;e, &#224; justifier leur intransigeance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Quant aux grandes organisations, elles avaient tendance &#224; faire fi de la spontan&#233;it&#233;. Trouvant dans leurs succ&#232;s des raisons de se montrer optimistes, elles ne songeaient gu&#232;re au concours que des mouvements spontan&#233;s seraient susceptibles de leur apporter &#224; une date peut-&#234;tre lointaine encore. Leurs dirigeants soutenaient ou bien que seule la force organis&#233;e est capable de vaincre la force organis&#233;e, ou bien que la voie de l'action quotidienne, sous la direction du parti et des syndicats, am&#232;nerait un nombre d'ouvriers toujours plus grand &#224; prendre conscience de la n&#233;cessit&#233; in&#233;luctable de changer les rapports sociaux existants. Pour eux, croissance r&#233;guli&#232;re des organisations et d&#233;veloppement de la conscience de classe &#233;taient une seule et m&#234;me chose et, &#224; certains moments, ils caressaient l'id&#233;e de voir un jour ces organisations englober la classe ouvri&#232;re dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Cependant, toutes les organisations ouvri&#232;res doivent s'ins&#233;rer dans les structures sociales. Loin de jouir d'une &#171; ind&#233;pendance &#187; absolue, elles sont d&#233;termin&#233;es par la soci&#233;t&#233; et la d&#233;termine &#224; leur tour. Au sein du capitalisme, aucune organisation ne peut durablement faire preuve d'un anticapitalisme intransigeant. L' &#171; intransigeance &#187; est le fait d'une activit&#233; id&#233;ologique limit&#233;e et l'apanage de sectes et d'individus isol&#233;s. Lorsqu'elles veulent acqu&#233;rir une importance au niveau de la soci&#233;t&#233; globale, les organisations doivent se rallier &#224; l'opportunisme tant pour affecter le processus de la vie sociale que pour atteindre leurs objectifs propres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Opportunisme et &#171; r&#233;alisme &#187; sont apparemment une seule et m&#234;me chose. Le premier ne saurait &#234;tre vaincu par des groupes radicaux, dont l'id&#233;ologie attaque de front les rapports sociaux existants sous tous leurs aspects. Il est impossible de rassembler petit &#224; petit les forces r&#233;volutionnaires dans le cadre d'organisations puissantes, pr&#234;tes &#224; passer &#224; l'action le moment venu. Toutes les tentatives esquiss&#233;es en ce sens ont &#233;chou&#233;. Seules ont pu prendre une importance quelconque les organisations qui ne g&#234;naient pas la bonne marche de l'ordre &#233;tabli. Chaque fois qu'elles ont pris pour point de d&#233;part un corps d'id&#233;es r&#233;volutionnaires, leur croissance a engendr&#233; par la suite une antinomie grandissante entre l'id&#233;ologie et la fonction pratique. Oppos&#233;es au capitalisme, mais aussi organis&#233;es en son sein, elles n'ont pu &#233;viter de soutenir leurs adversaires. Apr&#232;s avoir r&#233;sist&#233; victorieusement aux assauts de leurs rivaux politiques, elles ont fini, en raison de leurs propres succ&#232;s, par succomber aux forces du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Voici donc le dilemme que les groupements d'inspiration radicale affrontent in&#233;vitablement : pour avoir un &#233;cho suffisant au niveau de la soci&#233;t&#233; globale, les actions doivent &#234;tre organis&#233;es ; mais les actions organis&#233;es se transforment en moyens d'int&#233;gration au capitalisme. D&#233;sormais, tout se passe comme si pour pouvoir faire quelque chose, il fallait faire le contraire de ce qu'on voulait, et comme si pour ne pas faire de faux pas, il fallait ne rien faire du tout. Est-il sort plus lamentable que celui du militant aux id&#233;es radicales qui se sait utopiste et va d'&#233;chec en &#233;chec ? Aussi, par un r&#233;flexe d'autod&#233;fense, le radical, sauf s'il est un mystique, place toujours la spontan&#233;it&#233; au premier plan, tout en restant plus ou moins convaincu en son for int&#233;rieur que c'est un non-sens que cela. Mais son obstination semble indiquer qu'il ne cesse jamais de percevoir quelque sens cach&#233; dans ce non-sens.&lt;br&gt;
Le fait de se r&#233;fugier ainsi dans l'id&#233;e de spontan&#233;it&#233; d&#233;note une inaptitude r&#233;elle ou imaginaire &#224; constituer des organisations efficaces et un refus de s'opposer de mani&#232;re &#171; r&#233;aliste &#187; aux organisations en place. En effet, pour combattre avec succ&#232;s ces derni&#232;res, il faudrait cr&#233;er des contre-organisations dont l'existence, en soi, irait &#224; l'encontre de leur raison d'&#234;tre. Opter pour la &#171; spontan&#233;it&#233; &#187;, c'est donc une fa&#231;on n&#233;gative d'aborder le probl&#232;me de la transformation sociale ; toutefois, mais seulement dans un sens id&#233;ologique, cette attitude a des aspects positifs, &#233;tant donn&#233; qu'elle implique un divorce mental d'avec le type d'activit&#233;s qui tendent &#224; renforcer l'ordre &#233;tabli. Aiguisant la facult&#233; de critique, elle m&#232;ne &#224; se d&#233;sint&#233;resser d'entreprises futiles et d'organisations dont on ne peut plus rien attendre. Elle permet de distinguer l'apparence d'avec la r&#233;alit&#233; ; bref, elle est li&#233;e &#224; l'orientation r&#233;volutionnaire. Puisque d'&#233;vidence certaines forces, organisations et rapports sociaux sont vou&#233;s &#224; dispara&#238;tre et que d'autres tendent &#224; les remplacer, ceux qui tablent sur l'avenir, sur les forces en gestation, mettent l'accent sur la spontan&#233;it&#233; ; en revanche, ceux qui se rattachent &#233;troitement aux forces du vieux monde insistent sur la n&#233;cessit&#233; de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;- 2 -&lt;/h2&gt;&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Il appara&#238;t &#224; l'examen, m&#234;me superficiel, que toute organisation importante, quelle que soit son id&#233;ologie, contribue &#224; maintenir le statu quo ou, dans le meilleur des cas, &#224; promouvoir un d&#233;veloppement des plus limit&#233;s, dans le cadre des conditions g&#233;n&#233;rales caract&#233;risant une soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e &#224; une &#233;poque donn&#233;e. Le terme de statu quo permet assez bien de tirer au clair le concept d'immobilisme dans le changement. Il est possible de l'utiliser en faisant totalement abstraction de ses implications philosophiques, &#224; la mani&#232;re de n'importe quel autre instrument d'analyse. Si transform&#233;es quelles puissent &#234;tre en effet, les conditions pr&#233;capitalistes sont int&#233;gr&#233;es aux conditions capitalistes et, de la m&#234;me fa&#231;on, les conditions postcapitalistes se manifestent sous une forme ou sous une autre au sein du capitalisme. C'est l&#224; chose &#233;vidente mais concernant l'&#233;volution sociale en g&#233;n&#233;ral ; or l'activit&#233; pratique des hommes s&#233;pare continuellement le g&#233;n&#233;ral d'avec le sp&#233;cifique, bien que l'un et l'autre soient en fin de compte indissociables.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Quand on parle ici de statu quo, c'est par rapport &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste, et donc par rapport &#224; une p&#233;riode historique au cours de laquelle les ouvriers, dans le cadre d'une interd&#233;pendance sociale complexe, se trouvent s&#233;par&#233;s des moyens de production et, par voie de cons&#233;quence, asservis &#224; une classe dominante. Les traits distinctifs du pouvoir politique sont fonction des traits distinctifs du pouvoir &#233;conomique. Tant que la vie sociale reste d&#233;termin&#233;e par la relation capital-travail, la soci&#233;t&#233; demeure, inchang&#233;e, sur le plan fondamental, quand bien m&#234;me elle se montrerait chang&#233;e sur d'autres. Le capitalisme du laissez-faire, celui des monopoles, ou encore le capitalisme d'&#201;tat, sont autant de stades &#233;volutifs au sein du statu quo. Sans contester l'existence de diff&#233;rences entre ces stades, il est n&#233;cessaire de faire ressortir leur identit&#233; de base et, en s'opposant &#224; leurs caract&#233;ristiques communes, de s'opposer non seulement &#224; l'un ou &#224; l'autre, mais aussi &#224; tous simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Du point de vue des classes domin&#233;es, conditionn&#233; par l'&#233;poque, le d&#233;veloppement ou le progr&#232;s &#233;l&#233;mentaire dans le cadre du statu quo peut para&#238;tre &#171; bon &#187; ou &#171; mauvais &#187;. On donnera comme exemple de &#171; bon &#187; d&#233;veloppement, la lutte victorieuse des ouvriers pour des conditions de vie meilleures et des libert&#233;s politiques accrues, et comme exemple de &#171; mauvais &#187;, la perte des unes et des autres par suite de l'av&#232;nement du fascisme - ind&#233;pendamment de la question de savoir si le premier fut ou ne fut pas la cause du second. L'adh&#233;sion active &#224; des organisations, cherchant &#224; promouvoir le d&#233;veloppement dans le cadre du statu quo, est souvent une n&#233;cessit&#233; in&#233;luctable. Il est donc parfaitement vain de vouloir s'opposer &#224; de telles organisations sur la base d'un programme r&#233;alisable uniquement en dehors de ce cadre. N&#233;anmoins, avant de d&#233;cider d'entrer dans une organisation &#171; r&#233;aliste &#187; ou d'y rester, il faut se demander dans quel sens vont les changements survenant au sein du statu quo et dans quelle mesure ils sont susceptibles d'affecter la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Les syndicats et les partis ouvriers ont depuis longtemps cess&#233; d'agir en conformit&#233; avec les intentions radicales qui furent leurs &#224; l'origine. Les &#171; questions imm&#233;diates &#187; ont fini par les m&#233;tamorphoser et par entra&#238;ner la disparition de toute organisation ouvri&#232;re &#171; r&#233;elle &#187;, malgr&#233; la foule de pseudo-organisations qui subsistent. L'aile socialiste du mouvement elle-m&#234;me consid&#232;re les r&#233;formes sociales non plus comme une voie de passage au socialisme, mais comme un moyen d'am&#233;liorer le capitalisme, de le rendre plus agr&#233;able &#224; vivre, et cela bien que ses porte-parole continuent souvent d'utiliser une phras&#233;ologie socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte pour des conditions de vie meilleures dans le cadre de l'&#233;conomie de march&#233;, c'est-&#224;-dire pour vendre au meilleur prix la marchandise force de travail, a transform&#233; l'ancien mouvement ouvrier en un mouvement capitaliste des travailleurs. Plus la pression du prol&#233;tariat &#233;tait &#233;nergique, plus les capitalistes se voyaient contraints d'&#233;lever la productivit&#233; du travail tant gr&#226;ce &#224; la technologie et &#224; la rationalisation que gr&#226;ce &#224; l'essor des &#233;changes nationaux et internationaux. De m&#234;me que la concurrence en g&#233;n&#233;ral. la lutte prol&#233;tarienne elle aussi a servi d'instrument pour acc&#233;l&#233;rer le rythme de l'accumulation du capital. Et, &#224; mesure que l'expansion progressait ainsi, le mouvement ouvrier - non seulement ses cadres dirigeants mais aussi ses militants de base renon&#231;ait &#224; ses aspirations r&#233;volutionnaires d'autrefois. Bien que les salaires eussent diminu&#233; en valeur relative par rapport &#224; la production, ils s'&#233;taient accrus en valeur absolue, le niveau de vie des ouvriers d'industrie augmentant du m&#234;me coup dans les principaux pays capitalistes. En outre, le commerce ext&#233;rieur et l'exploitation des colonies avaient pour effet d'accro&#238;tre les profits et d'acc&#233;l&#233;rer la formation du capital. Ceci n'alla pas sans cr&#233;er des conditions favorables &#224; l'apparition d'une &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187;. De temps &#224; autre, des crises et des d&#233;pressions venaient interrompre cette &#233;volution et, bien qu'&#233;chappant &#224; toute esp&#232;ce de contr&#244;le, servaient de facteurs coordonnant le processus de restructuration du capital. A la longue cependant, l'appui que l'expansion capitaliste, fond&#233;e sur le jeu de la concurrence, trouvait dans les rangs de la classe laborieuse aboutit &#224; une compl&#232;te fusion d'int&#233;r&#234;ts entre les organisations ouvri&#232;res et les d&#233;tenteurs du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Certes, il y eut des organisations qui se dress&#232;rent contre l'int&#233;gration du mouvement ouvrier &#224; la structure capitaliste. Voyant dans les r&#233;formes une &#233;tape en direction de la r&#233;volution, elles essay&#232;rent de poursuivre des activit&#233;s revendicatives sur le terrain du syst&#232;me, tout en conservant leurs objectifs r&#233;volutionnaires. La fusion du capital et de l'ancien mouvement ouvrier constituait &#224; leurs yeux un ph&#233;nom&#232;ne provisoire dont il fallait s'accommoder ou tirer parti tant qu'il durait. Leur peu d'empressement &#224; collaborer avec le capital les emp&#234;chait toutefois d'acqu&#233;rir une importance en tant qu'organisation et cela, &#224; son tour, les poussait &#224; exalter la spontan&#233;it&#233;. Les socialistes de gauche et les syndicalistes r&#233;volutionnaires rentrent dans cette cat&#233;gorie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Certains pays b&#233;n&#233;ficient de niveaux de vie sup&#233;rieurs &#224; ceux des autres, et la haute paie vers&#233;e &#224; certaines couches de travailleurs a pour effet de diminuer le salaire des autres. Mais les tendances &#224; la p&#233;r&#233;quation des taux de productivit&#233;, de profit et de salaires, inh&#233;rentes au capitalisme de la concurrence, ne manquent pas de jouer et de menacer les int&#233;r&#234;ts particuliers et les privil&#232;ges sp&#233;ciaux. De m&#234;me que les capitalistes s'efforcent d'&#233;chapper &#224; ce processus niveleur au moyen de la monopolisation de l'&#233;conomie, de m&#234;me les ouvriers privil&#233;gi&#233;s tentent de sauvegarder leur situation aux d&#233;pens du prol&#233;tariat dans son ensemble. On finit ainsi par confondre int&#233;r&#234;t particulier et int&#233;r&#234;t &#171; national &#187;. En appuyant leurs organisations politiques, syndicales et autres, pour conserver les avantages socio-&#233;conomiques dont ils jouissent, les ouvriers d&#233;fendent non seulement ce stade particulier du capitalisme auquel ils doivent leur situation privil&#233;gi&#233;e, mais aussi la politique imp&#233;rialiste de leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;- 3 -&lt;/h2&gt;&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Les rapports sociaux de base sont constamment organis&#233;s et r&#233;organis&#233;s de fa&#231;on plus &#171; efficace &#187;, &#224; dessein de maintenir le statu quo. Ce genre de r&#233;organisation tend maintenant, au sein de la soci&#233;t&#233; structur&#233;e en classes, &#224; prendre un caract&#232;re totalitaire. L'id&#233;ologie, &#224; la fois condition pr&#233;alable et produit de cette r&#233;organisation, se fait elle aussi totalitaire. Et, en vue de survivre, les organisations jusqu'alors exemptes de ce trait suivent &#224; leur tour le courant. Dans les pays totalitaires, les organisations dites ouvri&#232;res sont directement au service de la classe dirigeante. Il en est de m&#234;me dans les pays &#171; d&#233;mocratiques &#187;, mais sous une forme plus voil&#233;e sans doute et sur la base d'une id&#233;ologie en partie diff&#233;rente. Visiblement, il n'existe plus le moindre moyen qui permette de remplacer ces organisations par d'autres, d'un caract&#232;re r&#233;volutionnaire indiscutable - situation sans issue pour ceux qui voudraient organiser la soci&#233;t&#233; nouvelle dans le sein de l'ancienne comme pour ceux qui continuent de pr&#233;coniser ces &#171; am&#233;liorations &#187; dans le cadre du statu quo, &#233;tant donn&#233; qu'il est d&#233;sormais impossible de r&#233;aliser des r&#233;formes autrement que par le biais de m&#233;thodes totalitaires. La d&#233;mocratie bourgeoise li&#233;e au &#171; laissez-faire &#187; - c'est-&#224;-dire les conditions sociales propices &#224; la formation et &#224; l'essor des organisations ouvri&#232;res de type traditionnel - ou bien n'existe plus ou bien est en voie de disparition. Le vieux d&#233;bat, organisation ou spontan&#233;it&#233;, qui passionna tellement l'ancien mouvement ouvrier, a perdu toute esp&#232;ce de sens. Les deux sortes d'organisation, celles qui prenaient la spontan&#233;it&#233; pour base et celles qui cherchaient &#224; l'ordonner, n'ont-elles pas vol&#233; en &#233;clats l'une et l'autre ? Inviter &#224; cr&#233;er des organisations nouvelles, c'est nourrir un pieux espoir, celui de les voir appara&#238;tre spontan&#233;ment un jour, rien de plus. Aussi bien, face &#224; la r&#233;alit&#233; totalitaire en voie d'&#233;mergence, les tenants de l'organisation sont des &#171; utopistes &#187;, ni plus ni moins que les fervents de la spontan&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Aux yeux de certains toutefois, l'existence de la Russie bolcheviste para&#238;t infirmer et la th&#232;se de la disparition totale de l'ancien mouvement ouvrier, et l'id&#233;e selon laquelle la d&#233;gradation des conditions sociales rend d&#233;sormais futile toute discussion sur la valeur respective de l'organisation et de la spontan&#233;it&#233;. Car, en fin de compte, les champions du principe d'organisation l'ont emport&#233; en Russie et continuent d'exercer le pouvoir au nom du socialisme. Rien ne les emp&#234;che donc de consid&#233;rer leur succ&#232;s comme une v&#233;rification de leur th&#233;orie et de m&#234;me en ce qui concerne les organisations r&#233;formistes devenues des partis de gouvernement, tel le parti travailliste anglais. Et rien ne les emp&#234;che non plus de voir dans leur situation actuelle non la r&#233;sultante d'une transformation du syst&#232;me capitaliste dans un sens totalitaire, mais au contraire une &#233;tape en direction de sa socialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Pourtant, le gouvernement travailliste anglais et les organisations qui le soutiennent ne font que d&#233;montrer &#224; quel point leur triomphe a mis fin &#224; l'ancien mouvement ouvrier. N'est-il pas av&#233;r&#233; en effet que les travaillistes au pouvoir n'ont d'autre souci que de maintenir le statu quo ? Certes, ils cherchent &#224; remodeler la structure politique et administrative du pays, mais du m&#234;me coup d&#233;fendre le capitalisme &#233;quivaut pour eux &#224; d&#233;fendre leur existence propre. Et d&#233;fendre le capitalisme, cela signifie poursuivre et acc&#233;l&#233;rer la concentration et la centralisation de l'&#233;conomie et du pouvoir politique, camoufl&#233;es sous l'&#233;tiquette de &#171; nationalisation &#187; des industries cl&#233;s. Ce processus implique des changements sociaux, lesquels tout &#224; la fois accroissent la capacit&#233; de manipulation et de direction autoritaire du Capital et de l'&#201;tat, et int&#232;grent le mouvement ouvrier au r&#233;seau en expansion des organisations totalitaires uniquement d&#233;vou&#233;es &#224; la cause de la classe dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Si les organisations ouvri&#232;res, du type pr&#233;dominant en Angleterre, acqui&#232;rent un poids politique aussi consid&#233;rable sans le mettre au service de. leurs fins r&#233;volutionnaires, ce n'est nullement parce que leur &#171; id&#233;ologie d&#233;mocratique &#187; leur interdit de prendre en main le pouvoir r&#233;el, en tant qu'il diff&#232;re du pouvoir gouvernemental, par des moyens qui ne seraient pas ceux de la majorit&#233; Parlementaire. Elles n'ont en effet de d&#233;mocratique que le nom, rigoureusement soumises comme elles le sont &#224; une bureaucratie mettant en oeuvre des rouages calqu&#233;s sur ceux du capitalisme et qui, pour &#171; d&#233;mocratiques &#187; qu'ils soient, pr&#233;supposent la domination absolue des ma&#238;tres du capital. Elles n'ont pas non plus &#224; craindre ce qui peut rester de force &#224; leurs adversaires capitalistes au conservatisme r&#233;volu, propre au stade pr&#233;totalitaire du d&#233;veloppement capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;volution de ces organisations dans un sens totalitaire reproduit en petit la transformation de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale en soci&#233;t&#233; autoritaire. Il s'agit l&#224; d'un processus lent et contradictoire, impliquant &#224; la fois une lutte &#224; l'&#233;chelle internationale et une lutte entre groupements politiques au niveau national. Ce processus se d&#233;roule en un moment o&#249; le caract&#232;re international que la concentration du capital prend toujours davantage, m&#233;tamorphose les int&#233;r&#234;ts monopolistes en int&#233;r&#234;ts nationaux, o&#249; l'&#233;conomie mondiale se trouve monopolis&#233;e par quelques Etats ou blocs de puissances et o&#249; le contr&#244;le direct de la production et du march&#233; par les monopoles, qui existe dans chaque pays avanc&#233;, s'&#233;tend de plus en plus au monde entier. Dans ces conditions, le mouvement ouvrier perd la possibilit&#233;, qu'il avait eue jusqu'alors, de contribuer &#224; l'expansion du capital par le seul fait qu'il d&#233;fendait ses int&#233;r&#234;ts de groupe social sp&#233;cifique. Il lui faut passer au nationalisme et participer &#224; la r&#233;organisation de l'&#233;conomie en fonction de rapports de forces chang&#233;s. Ce n'est pas sans mal toutefois que le mouvement ouvrier, li&#233; tout autant par ses traditions que par la n&#233;cessit&#233; de sauvegarder les avantages acquis, parvient &#224; se transformer et, de nationaliste bon enfant qu'il &#233;tait hier, &#224; devenir aujourd'hui un pilier de l'imp&#233;rialisme. De nouvelles tendances politiques font alors leur apparition en vue d'exploiter ce manque de souplesse et, si ce dernier persiste, les organisations traditionnelles doivent c&#233;der la place &#224; un mouvement de type national-socialiste.&lt;br&gt;
A coup s&#251;r, le national-socialisme n'est &#171; national &#187; que pour mener une politique imp&#233;rialiste. L'&#171; internationalisme bourgeois &#187;, c'est-&#224;-dire le march&#233; &#171; libre &#187; mondial, ne fut jamais qu'une fiction. &#171; Libre &#187;, ce march&#233; ne l'&#233;tait en effet que dans la mesure o&#249; la concurrence entre les principaux pays industriels et entre les monopoles internationaux n'atteignait pas encore une s&#233;v&#233;rit&#233; excessive. Or l'expansion du capital a pour effet simultan&#233; de restreindre et de stimuler la concurrence. Les vieilles positions de monopole sont liquid&#233;es au profit de groupements monopolistes nouveaux. En intervenant sur le march&#233; &#171; libre &#187; mondial, les monopoles freinent l'expansion du capital mais, du m&#234;me coup, ils ouvrent &#224; de nouveaux pays la voie du d&#233;veloppement ; les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s qui, d&#232;s lors, peuvent prendre leur essor, instaurent leurs propres syst&#232;mes de restrictions monopolistes &#224; la concurrence afin de se tailler une place au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte pour prendre pied sur le march&#233; mondial (et la lutte pour repousser les intrus qui va de pair avec elle) devait donc acc&#233;l&#233;rer le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral du capitalisme au prix de disproportions toujours accrues au sein de l'&#233;conomie mondiale. Entre l'essor continu des forces sociales de production, d'une part et l'organisation &#224; base priv&#233;e et nationale de la production et du commerce mondiaux, d'autre part, apparut une contradiction qui ne fit que s'aggraver au fur et &#224; mesure des progr&#232;s du capitalisme. Les r&#233;organisations de l'&#233;conomie mondiale, rendues n&#233;cessaires par les changements survenus dans la r&#233;partition de la puissance &#233;conomique, ne suffirent plus &#224; arr&#234;ter la croissance des forces productives, due &#224; une concurrence qui continuait de battre son plein ; d&#232;s lors, cette fonction de blocage revint aux crises et aux guerres. Voil&#224; qui provoqua &#224; son tour une nouvelle flamb&#233;e de nationalisme, bien que toutes les questions politiques et &#233;conomiques d&#233;coulent de la nature capitaliste de l'&#233;conomie mondiale. Le nationalisme est essentiellement un instrument pour la concurrence &#224; grande &#233;chelle, le seul &#171; internationalisme &#187; dont la soci&#233;t&#233; capitaliste soit capable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;L'internationalisme prol&#233;tarien, quant &#224; lui, &#233;tait fond&#233; sur l'id&#233;e (fausse) selon laquelle le principe bourgeois du &#171; libre &#233;change &#187; correspondait &#224; la r&#233;alit&#233;. On voyait dans le d&#233;veloppement international une simple extension quantitative d'un ph&#233;nom&#232;ne que le d&#233;veloppement national avait rendu familier. De m&#234;me que l'entreprise capitaliste avait fini par ne plus conna&#238;tre de fronti&#232;res nationales, de m&#234;me, pensait-on, le mouvement ouvrier allait acqu&#233;rir une base internationale sans changer de forme ni de type d'activit&#233;s. Le grand changement qualitatif, que cette &#233;volution quantitative ne manquerait pas d'engendrer, ce serait la r&#233;volution prol&#233;tarienne, et cela en raison de la polarisation croissante de la soci&#233;t&#233; en deux classes fondamentales, un nombre toujours plus r&#233;duit de dirigeants devant faire face &#224; la masse toujours plus grande des dirig&#233;s. En bonne logique, ce processus ne pouvait aboutir qu'&#224; l'alternative : ou bien l'absurdit&#233; totale, ou bien l'expropriation sociale des expropriateurs individuels.&lt;br&gt;
Ancr&#233; de la sorte dans la conviction que la lutte pour vendre la force de travail au meilleur prix entra&#238;nerait le d&#233;veloppement graduel de la conscience de classe du prol&#233;tariat et la cr&#233;ation d'une base objective pour le socialisme, on voyait &#233;galement un ph&#233;nom&#232;ne salutaire dans le processus de concentration du capital, consid&#233;r&#233; comme un pr&#233;alable oblig&#233; &#224; l'&#233;volution en direction de la soci&#233;t&#233; nouvelle. L'apparition du Grand Capital, la cartellisation, la multiplication des trusts et des prises de contr&#244;le financier, les interventions de l'&#201;tat, l'essor du nationalisme, voire m&#234;me celui de l'imp&#233;rialisme, tout cela constituait autant d'indices d'une &#171; maturation &#187; de la soci&#233;t&#233; capitaliste, au terme de laquelle surgirait la r&#233;volution sociale. Pour les r&#233;formistes, cet &#233;tat de choses confirmait leur th&#233;orie : la transformation de la soci&#233;t&#233; avait pour condition n&#233;cessaire et suffisante leur arriv&#233;e au pouvoir par des moyens l&#233;gaux. Mais les r&#233;volutionnaires &#233;taient amen&#233;s de leur c&#244;t&#233; &#224; croire que, m&#234;me dans des conditions de &#171; maturit&#233; &#187; moins grande, il leur suffirait de s'emparer du pouvoir d'&#201;tat pour r&#233;aliser le socialisme. Socialistes et bolcheviks se heurtaient &#224; propos de questions d'ordre tactique, mais ces querelles ne concernaient nullement le postulat fondamental qui leur restait commun : le pouvoir d'&#201;tat &#233;tait l'instrument qui permettrait de passer du &#171; stade supr&#234;me &#187; du capitalisme &#224; la soci&#233;t&#233; nouvelle. Si les socialistes inclinaient &#224; laisser le progr&#232;s suivre son cours, persuad&#233;s qu'ils &#233;taient que toutes les fonctions gouvernementales finiraient ainsi par tomber sous leur coupe, les bolcheviks entendaient, quant &#224; eux, mettre la main &#224; la p&#226;te et acc&#233;l&#233;rer l'&#233;volution sociale.&lt;br&gt;
En 1917, la d&#233;faite des arm&#233;es tsaristes vint rendre plus imp&#233;rieuse que jamais la n&#233;cessit&#233;, d&#233;j&#224;- tr&#232;s largement ressentie en Russie, de &#171; moderniser &#187; le pays afin de raffermir sa chancelante ind&#233;pendance nationale. Apr&#232;s qu'une r&#233;volution eut balay&#233; le r&#233;gime, le gouvernement &#233;chut aux &#171; &#233;l&#233;ments progressistes &#187;. Et l'aile marchante du mouvement socialiste ne tarda gu&#232;re &#224; concentrer tous les pouvoirs dans ses mains. Voulant h&#226;ter le processus de socialisation, les bolcheviks forc&#232;rent la population &#224; ex&#233;cuter point par point leur programme politique. De leur point de vue, peu importait que les d&#233;cisions du gouvernement fussent encore empreintes d'un caract&#232;re capitaliste du moment qu'elles restaient dans le droit fil d'une &#233;volution qui poussait au capitalisme d'&#201;tat et qu'elles avaient pour effet d'augmenter la production et de conserver le pouvoir au parti dirigeant. Car seul un gouvernement bolchevique &#233;tait en mesure, pensait-on, d'implanter le socialisme par en haut, &#224; grand renfort de d&#233;crets, et cela malgr&#233; les fautes et les compromis in&#233;vitables, malgr&#233; toutes les concessions &#224; faire aux principes capitalistes et aux puissances imp&#233;rialistes. La grande question, c'&#233;tait en effet d'avoir un gouvernement qui ne risquerait pas de d&#233;vier de la ligne r&#233;volutionnaire, un gouvernement ma&#238;tre d'un appareil d'&#201;tat qui garderait son caract&#232;re r&#233;volutionnaire du fait que ses membres se verraient inculquer syst&#233;matiquement une id&#233;ologie aux fondements rigides. En favorisant le d&#233;veloppement d'un fanatisme &#224; toute &#233;preuve, les bolcheviks cherchaient &#224; doter les organes politiques et administratifs du pays d'une coh&#233;sion et, par l&#224;, d'une puissance sup&#233;rieure &#224; celles de leurs ennemis propres. Ainsi la dictature du gouvernement, appuy&#233;e sur un parti dirig&#233; par des m&#233;thodes dictatoriales et sur un syst&#232;me de privil&#232;ges hautement hi&#233;rarchis&#233;, apparaissait-elle comme une premi&#232;re &#233;tape qu'il fallait n&#233;cessairement franchir avant d'arriver au socialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s cette &#233;poque, une tendance &#224; la gestion totalitaire, allant de pair avec l'essor des monopoles, les interventions de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie et les exigences de l'imp&#233;rialisme moderne en ce qui concerne la structuration du monde, &#233;tait &#224; l'oeuvre dans tous les pays, plus particuli&#232;rement dans ceux qui se trouvaient en &#233;tat de crise plus ou moins &#171; permanente &#187;. De m&#234;me que l'&#233;conomie, les crises du capitalisme sont internationales, mais il ne s'ensuit nullement qu'elles frappent tous les pays avec une &#233;gale vigueur et d'une mani&#232;re identique. Certaines r&#233;gions sont &#171; riches &#187; et d'autres &#171; pauvres &#187; en mati&#232;res premi&#232;res, en main-d'oeuvre et en capital. Les crises et les guerres provoquent un remaniement des rapports entre puissances et ouvrent des voies nouvelles au d&#233;veloppement politique et &#233;conomique du monde. Elles peuvent avoir pour effet d'instaurer un nouvel &#233;quilibre des forces ou d'y contribuer. Dans un cas comme dans l'autre, le monde capitaliste subit des changements d&#233;cisifs et se retrouve ensuite organis&#233; sur des bases diff&#233;rentes. Sous l'impact de la concurrence, ces transformations structurelles se g&#233;n&#233;ralisent, mais en rev&#234;tant des aspects qui sont tr&#232;s loin d'&#234;tre partout les m&#234;mes. Dans certains pays, les nouvelles formes de domination sociale, cons&#233;cutives &#224; l'apparition d'un degr&#233; &#233;lev&#233; de concentration du capital, peuvent prendre un caract&#232;re avant tout &#233;conomique ; dans d'autres, elles auront des dehors plus politiques. De fait, les organes de direction centralis&#233;e ont toutes chances d'&#234;tre plus perfectionn&#233;s dans le premier cas que dans le second. D&#232;s lors cependant, les pays les moins bien pourvus sur ce plan se voient contraints d'accro&#238;tre les pouvoirs de l'appareil d'&#201;tat. Un r&#233;gime fasciste est le produit de luttes sociales engendr&#233;es par des difficult&#233;s d'ordre int&#233;rieur autant que par la n&#233;cessit&#233; de compenser, au moyen de l'organisation de l'&#233;conomie, des faiblesses structurelles qu'ignorent les pays les plus forts du point de vue capitaliste. Le r&#233;gime autoritaire a pour mission de rem&#233;dier &#224; l'absence d'un syst&#232;me de prise de d&#233;cision centralis&#233; et r&#233;sultant d'un &#171; libre &#187; cours des choses.&lt;br&gt;
Si le totalitarisme d&#233;coule de changements survenus au sein de l'&#233;conomie mondiale, il est aussi &#224; l'origine d'une nouvelle et universelle tendance &#224; parfaire la puissance &#233;conomique par des moyens politiques. En d'autres termes, l'essor du totalitarisme n'est compr&#233;hensible qu'en fonction de la situation mondiale du capitalisme. Le bolchevisme, le fascisme et le nazisme ne se sont pas form&#233;s de mani&#232;re autonome, dans le cadre de l'&#233;volution d'un pays donn&#233;. Ils ont constitu&#233; en r&#233;alit&#233; autant de r&#233;actions de type national &#224; la transformation des conditions de la concurrence internationale, exactement comme les tendances des nations &#171; d&#233;mocratiques &#187; au totalitarisme repr&#233;sentent une r&#233;action &#224; des pressions en sens oppos&#233;s, pour et contre les men&#233;es imp&#233;rialistes. Seules les grandes puissances capitalistes sont en mesure de rivaliser de fa&#231;on ind&#233;pendante pour la ma&#238;trise du monde, cela va de soi. Quant &#224; la plupart des petites nations, d&#233;j&#224; hors de course, elles ne font que s'adapter &#224; la structure sociale des puissances h&#233;g&#233;moniques. Pourtant les structures totalitaires modernes sont apparues pour la premi&#232;re fois dans les pays capitalistes les plus faibles et non, comme tout portait &#224; le croire, dans ceux o&#249; le pouvoir &#233;conomique se trouvait concentr&#233; &#224; l'extr&#234;me. Les bolcheviks, form&#233;s &#224; l'&#233;cole de l'Occident, voyaient dans le capitalisme d'Etat le stade ultime du d&#233;veloppement capitaliste, une voie de passage au socialisme. Pour emprunter cette voie, il fallait selon eux, recourir &#224; des moyens purement politiques, &#224; la dictature en l'occurrence, et pour que cette dictature f&#251;t efficace, il fallait recourir au totalitarisme. Les r&#233;gimes fascistes d'Allemagne, d'Italie et du Japon ont incarn&#233; des tentatives de suppl&#233;er par l'organisation &#224; tout ce qui manquait d'&#233;l&#233;ments de force capitaliste traditionnelle &#224; leurs pays respectifs et de court-circuiter la concurrence &#224; grande &#233;chelle, le d&#233;veloppement &#233;conomique g&#233;n&#233;ral les emp&#234;chant de se tailler d&#233;sormais une place plus grande sur le march&#233; mondial, voire de la conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Vu sous cet angle, l'&#233;volution globale du capitalisme n'a cess&#233; de tendre au totalitarisme. Cette tendance devint sensible d&#232;s le d&#233;but de notre si&#232;cle. Elle a pris corps au travers des crises, des guerres et des r&#233;volutions. Loin de n'int&#233;resser que des classes sp&#233;cifiques et des nations particuli&#232;res, elle affecte le monde entier. Et, dans cette perspective, on peut ajouter qu'un capitalisme &#171; int&#233;gralement d&#233;velopp&#233; &#187; serait ni plus ni moins qu'un capitalisme mondial g&#233;r&#233; de fa&#231;on centralis&#233;e sur un mode totalitaire. S'il &#233;tait r&#233;alisable, il correspondrait au but que socialistes et bolcheviks s'assignaient : la cr&#233;ation d'un gouvernement mondial planifiant la vie sociale dans son ensemble. Il correspondrait aussi &#224; l' &#171; internationalisme &#187; restreint des capitalistes, des fascistes, des socialistes et des bolcheviks, et &#224; leurs projets d'organisation partielle - citons p&#232;le-m&#234;le : le paneurop&#233;annisme ; le panslavisme ; la latinit&#233; ; les Internationales II&#232;me, III&#232;me et autres ; le Commonwealth ; la doctrine de Monroe ; la Charte de l'Atlantique ; les Nations Unies et ainsi de suite - tous con&#231;us comme autant de pr&#233;alables &#224; l'&#233;tablissement d'un gouvernement mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Lorsqu'on l'examine &#224; la lumi&#232;re de l'histoire contemporaine, le capitalisme du si&#232;cle dernier appara&#238;t comme un capitalisme sortant tout juste de l'enfance, n'ayant pas encore r&#233;ussi &#224; s'&#233;manciper compl&#232;tement de son pass&#233; f&#233;odal. Le capitalisme, qui ne mettait pas en question l'exploitation en g&#233;n&#233;ral, mais seulement le r&#232;gne exclusif d'une forme particuli&#232;re d'exploitation, peut vraiment se d&#233;velopper &#171; dans le sein &#187; de l'ancienne soci&#233;t&#233;. A cette &#233;poque l'action r&#233;volutionnaire visait la prise du pouvoir dans le seul but d'&#233;liminer les pratiques restrictives propres au monde f&#233;odal et de d&#233;fendre la &#171; libert&#233; d'entreprise &#187;. Elargir le march&#233; mondial, stimuler le d&#233;veloppement du prol&#233;tariat et de l'industrie, acc&#233;l&#233;rer Il accumulation du capital, telle &#233;tait alors la grande affaire des capitalistes et, certes, ils avaient sur ce plan toutes raisons d'&#234;tre satisfaits. La &#171; libert&#233; &#233;conomique &#187;, tel &#233;tait leur leitmotiv et, pour autant que l'Etat les laissait poursuivre en paix l'exploitation des travailleurs, ils ne se souciaient ni de sa composition ni de son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Toutefois, loin d'&#234;tre l'une des caract&#233;ristiques essentielles du capitalisme, l'ind&#233;pendance relative de l'Etat &#233;tait li&#233;e &#224; la croissance du syst&#232;me dans des conditions de maturit&#233; encore tr&#232;s imparfaites. Plus ces conditions m&#251;rissaient, plus l'Etat prenait un caract&#232;re capitaliste. Ce qu'il perdait en &#171; autonomie &#187;, il le regagnait en puissance ; ce que les capitalistes se voyaient contraints d'abandonner, ils le retrouvaient sur un autre plan, gr&#226;ce au perfectionnement des m&#233;canismes de gestion de la vie sociale. A la longue, les int&#233;r&#234;ts de l'Etat et du Capital finirent par se confondre aux yeux de tous, fait d&#233;notant que le mode de production capitaliste et son syst&#232;me de concurrence jouissaient du consentement g&#233;n&#233;ral. Appuy&#233; sur l'Etat et organis&#233; &#224; l'&#233;chelon national, le capitalisme marquait plus nettement que jamais qu'il avait subjugu&#233; toute opposition, que la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, y compris le mouvement ouvrier - et pas seulement le patronat -, &#233;tait devenue capitaliste. Cette int&#233;gration du mouvement ouvrier au syst&#232;me se manifestait entre autres dans l'int&#233;r&#234;t grandissant qu'il portait &#224; l'Etat con&#231;u comme un instrument d'&#233;mancipation. Etre &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, voil&#224; qui signifiait d&#233;sormais rompre avec la &#171; conscience trade-unioniste &#187; born&#233;e propre &#224; l'&#232;re du &#171; libre-&#233;change &#187; et lutter pour la conqu&#234;te de l'Etat tout en cherchant constamment &#224; augmenter les pr&#233;rogatives de celui-ci. La fusion du Capital et de l'Etat s'accompagnait ainsi d'une fusion de l'un et de l'autre avec le Travail, c'est-&#224;-dire l'ancien mouvement ouvrier organis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;La Russie bolcheviste est le premier en date des syst&#232;mes ou la fusion du Capital, du Travail et de l'Etat fut r&#233;alis&#233;e sous la direction de l'aile radicale de l'ancien mouvement ouvrier. Depuis longtemps, L&#233;nine &#233;tait convaincu que la bourgeoisie se trouvait dor&#233;navant dans l'incapacit&#233; absolue de r&#233;volutionner la soci&#233;t&#233;. L'&#233;poque de la r&#233;volution capitaliste au sens traditionnel &#233;tait termin&#233;e. Au stade du capitalisme imp&#233;rialiste, les pays arri&#233;r&#233;s, voulant &#233;chapper &#224; la colonisation, &#233;taient en effet oblig&#233;s de prendre pour point de d&#233;part de leur &#233;volution l'&#233;tat de choses consid&#233;r&#233; jusqu'alors, dans le cadre du laissez-faire, comme le point d'aboutissement possible du processus de la concurrence. D&#232;s lors, il &#233;tait vain d'attendre l'&#233;mancipation d'un d&#233;veloppement s'effectuant par les voies traditionnelles ; seules des luttes politiques, du type mis en avant par les bolcheviks, pouvaient cr&#233;er les conditions n&#233;cessaires au d&#233;veloppement capitaliste, base m&#234;me de l'ind&#233;pendance nationale. S'attaquant non pas au syst&#232;me d'exploitation capitaliste en g&#233;n&#233;ral, mais seulement &#224; sa forme restreinte, &#224; l'exploitation pratiqu&#233;e par des groupes particuliers d'industriels et de financiers, le parti bolchevik s'empara de l'Etat et du m&#234;me coup prit en main la gestion des moyens de production. Point n'&#233;tait besoin de se plier au sch&#233;ma historique - faire du profit et accumuler des capitaux - pour s'approprier les leviers de commande. Cessant d'&#234;tre li&#233;e aux pratiques du laissez-faire et de la concurrence, l'exploitation reposait d&#233;sormais sur le pouvoir de gestion des moyens de production. Elle promettait m&#234;me d'&#234;tre plus rentable et plus s&#251;re avec un syst&#232;me de gestion unifi&#233;e et centralis&#233;e qu'elle ne l'avait &#233;t&#233; dans le pass&#233; par le biais du contr&#244;le indirect du march&#233; et des interventions sporadiques de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Si en Russie l'initiative totalitaire fut prise par le mouvement ouvrier extr&#233;miste, ce fut en raison de la proximit&#233; de l'Europe occidentale o&#249; des processus analogues &#233;taient &#224; l'oeuvre, quoique dans un cadre r&#233;formiste, non r&#233;volutionnaire. Au Japon, l'initiative vint de l'Etat et le processus suivit un cours diff&#233;rent, les anciennes classes dirigeantes s'&#233;tant m&#233;tamorphos&#233;es en organes d'ex&#233;cution de la politique de l'Etat. En Europe de l'Ouest, l'int&#233;gration de l'ancien mouvement ouvrier - et ses cons&#233;quences quant &#224; la conduite de l'Etat - atteint un degr&#233; tel, surtout pendant la guerre, que ce mouvement perdit compl&#232;tement l'initiative en mati&#232;re de changement social. Il ne pouvait venir &#224; bout de la stagnation sociale (caus&#233;e en partie par sa propre existence et accentu&#233;e par les s&#233;quelles du conflit mondial) sans se transformer d'abord radicalement lui-m&#234;me. Mais les essais de bolchevisation &#233;chou&#232;rent. En effet, la bourgeoisie ouest-europ&#233;enne, contrairement &#224; la bourgeoisie russe, b&#233;n&#233;ficiait, gr&#226;ce &#224; ses institutions d&#233;mocratiques &#171; progressistes &#187;, d'une grande libert&#233; de manoeuvre et d'une base sociale tr&#232;s large et int&#233;gr&#233;e. Ce fut en Allemagne, la plus puissante, du point de vue capitaliste, de toutes les nations vaincues et priv&#233;es de part de butin, qu'en d&#233;sespoir de cause se produisit l'essor du nazisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution russe avait montr&#233; au monde comment un parti peut s'assurer une emprise totalitaire sur un pays ; le r&#233;gime bolcheviste avait mis en &#233;vidence la possibilit&#233; d'un capitalisme de parti. De nouvelles formations politiques, mi-bourgeoises mi-pl&#233;b&#233;iennes, aux id&#233;ologies nationalistes et imp&#233;rialistes et aux programmes plus ou moins capitalistes d'Etat, vinrent se poser en forces &#171; r&#233;volutionnaires &#187; face aux anciennes organisations. Moins respectueux de la l&#233;galit&#233; et des modes d'intervention traditionnels, ces partis, dot&#233;s d'une base de masse qu'une crise insoluble alimentait en permanence, et appuy&#233;s par tous les &#233;l&#233;ments qui poussaient &#224; r&#233;soudre la crise par des m&#233;thodes imp&#233;rialistes, r&#233;ussirent &#224; l'emporter, d'abord en Italie, puis en Allemagne. M&#234;me aux Etats-Unis, la plus grande puissance capitaliste, on s'effor&#231;a pendant la Grande crise de raffermir l'autorit&#233; accrue, dont l'Etat jouissait depuis peu de temps, en faisant tout pour gagner les masses &#224; la politique du gouvernement, ax&#233;e sur la collaboration des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;L'effondrement des pays fascistes &#224; l'issue de la deuxi&#232;me guerre mondiale n'a pas modifi&#233; la tendance au totalitarisme. Si les vaincus ont perdu leur ind&#233;pendance, ils ont gard&#233; cependant leur structure autoritaire. Seuls n'ont pas surv&#233;cu, qu'ils aient &#233;t&#233; d&#233;truits ou subordonn&#233;s aux exigences des vainqueurs, les aspects de leur r&#233;gime totalitaire li&#233;s au maintien d'un potentiel de guerre propre. Malgr&#233; le changement du rapport des forces et la mise en oeuvre de m&#233;thodes nouvelles, l'autoritarisme est plus grand dans le monde d'aujourd'hui qu'il ne le fut avant et pendant la derni&#232;re guerre. Qui plus est, des pays &#171; victorieux &#187;, comme la France et l'Angleterre, se trouvent pr&#233;sentement dans la situation m&#234;me que les pays vaincus travers&#232;rent &#224; la fin de la premi&#232;re guerre mondiale. Et tout semble indiquer que l'&#233;volution que l'Europe centrale connut entre les deux guerres va s'y r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Cependant, le totalitarisme a cess&#233; d'&#234;tre l'apanage exclusif d'organisations nouvelles ; on le voit pr&#244;n&#233; maintenant par toutes les forces politiques actives. Pour faire face sur le plan int&#233;rieur &#224; la concurrence des formations fascistes ou bolchevistes, les organisations en place ont d&#251; s'adapter &#224; leurs m&#233;thodes. En outre, toutes les luttes internes refl&#233;tant des rivalit&#233;s d'ordre imp&#233;rialiste, la pr&#233;paration &#224; la guerre a pour effet de pousser plus encore la soci&#233;t&#233; dans la voie du totalitarisme. Etant donn&#233; que l'Etat prend en charge des secteurs de plus en plus &#233;tendus de la vie sociale et &#233;conomique, le capital priv&#233; et monopoliste doit, pour se d&#233;fendre, suivre plus que jamais ses propres penchants au centralisme. Bref, les forces sociales dont les deux guerres ont accouch&#233;es, et qui visent &#224; trouver des solutions dans le cadre du statu quo, tendent toutes &#224; appuyer et &#224; acc&#233;l&#233;rer les progr&#232;s du capitalisme totalitaire.&lt;br&gt;
Dans ces conditions, une r&#233;surrection du mouvement ouvrier, tel qu'il fut autrefois, et tel qu'il subsiste encore &#231;&#224; et l&#224; sous une forme rabougrie, est purement et simplement hors de question. Tous les mouvements ayant le vent en poupe cherchent - quelle que soit leur &#233;tiquette - &#224; se conformer aux principes autoritaires. La domination sociale peut prendre des formes extr&#234;mement diverses, allant de la combinaison Etat-monopoles au fascisme et au capitalisme de parti, mais, en tout &#233;tat de cause, les d&#233;tenteurs du pouvoir disposent d&#233;sormais de moyens tels que cela signifie la fin du laissez-faire et l'extension du capitalisme autoritaire.&lt;br&gt;
Certes, il est hors de doute que le capitalisme ne parviendra jamais au stade du totalitarisme absolu, pas plus qu'il ne fut jamais un syst&#232;me de laissez-faire au plein sens du terme. Tout ce que ces vocables d&#233;signent, ce sont les pratiques dominantes dans le cadre d'une multiplicit&#233; de pratiques et de diff&#233;renciations en mati&#232;re d'organisation, conformes cependant les unes et les autres &#224; la pratique ma&#238;tresse. Il n'en demeure pas moins que les nouveaux pouvoirs de l'Etat, le capitalisme extr&#234;mement concentr&#233;, la technologie moderne, la monopolisation de l'&#233;conomie mondiale, l'&#232;re des guerres imp&#233;rialistes et tout ce qui s'ensuit, rendent indispensable au maintien du statu quo capitaliste une organisation sociale sans opposition, un contr&#244;le centralis&#233; et syst&#233;matique des activit&#233;s humaines ayant des effets sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;- 4 -&lt;/h2&gt;&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Si la fin de l'ancien mouvement ouvrier a priv&#233; de fondement la question de l'organisation et de la spontan&#233;it&#233;, telle du moins qu'elle fut con&#231;ue et d&#233;battue au sein de ce mouvement, la question peut pourtant conserver son int&#233;r&#234;t dans un sens plus large, abstraction faite des probl&#232;mes sp&#233;cifiques aux organisations ouvri&#232;res du pass&#233;. De m&#234;me que les explosions r&#233;volutionnaires, il faut voir dans les crises et les guerres des &#233;v&#233;nements eux aussi spontan&#233;s. Mais, s'agissant de ces derni&#232;res, on a bien plus d'informations, accumul&#233; bien plus d'exp&#233;riences, qu'en ce qui concerne la r&#233;volution.&lt;br&gt;
En syst&#232;me capitaliste, le soin de d&#233;terminer les exigences fondamentales de la soci&#233;t&#233; qui devront &#234;tre satisfaites en priorit&#233; par l'appareil de production et les besoins sociaux en fonction desquels il faudra moduler la masse du travail social, revient pour la plus grande part aux automatismes du march&#233;. Ces m&#233;canismes, l'intervention des monopoles en trouble le fonctionnement mais, m&#234;me en l'absence de pareilles interf&#233;rences, ce type de pratiques socio-&#233;conomiques ne peut servir que les besoins &#171; sociaux &#187; sp&#233;cifiques du syst&#232;me. Les automatismes du march&#233; &#233;tablissent entre l'offre et la demande un genre de rapport indirect qui a pour r&#233;f&#233;rent et pour d&#233;terminant le profit et les n&#233;cessit&#233;s de l'accumulation du capital. Si les monopoles, par leur intervention consciente, mettent un tant soit peu d' &#171; ordre &#187; dans ce chaos, ils le font en fonction de leurs seuls int&#233;r&#234;ts particuliers et, par cons&#233;quent, accroissent l' irrationnalit&#233; du syst&#232;me pris comme un tout. Et la planification capitaliste d'Etat elle-m&#234;me a pour objet avant toute autre chose de satisfaire les besoins et de garantir la s&#233;curit&#233; des groupes sociaux dirigeants et privil&#233;gi&#233;s, non de couvrir les besoins r&#233;els de la soci&#233;t&#233;. Etant donn&#233; que le comportement des capitalistes est dict&#233; par la n&#233;cessit&#233; de faire du profit et par des int&#233;r&#234;ts particuliers, non par des int&#233;r&#234;ts sociaux, il arrive que les cons&#233;quences effectives de leurs d&#233;cisions diff&#232;rent de leurs intentions premi&#232;res ; les r&#233;sultats sociaux d'une foule de d&#233;cisions, prises &#224; l'&#233;chelon individuel, sont ainsi susceptibles de perturber la stabilit&#233; de la soci&#233;t&#233; et de d&#233;jouer les projets de leurs auteurs. Seuls certains r&#233;sultats de ces d&#233;cisions sont pr&#233;visibles, mais pas tous. Il y a en effet incompatibilit&#233; entre les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et un type d'organisation sociale permettant autant que faire se peut des pr&#233;visions en ce domaine. D'o&#249; des frictions et des disproportions de plus en plus fr&#233;quentes, et l'ajournement perp&#233;tuel de remises en ordre pourtant indispensables, qui finissent par provoquer de violents affrontements entre int&#233;r&#234;ts anciens et nouveaux, des crises et des d&#233;pressions qui semblent surgir spontan&#233;ment, faute d'un type d'organisation donnant la possibilit&#233; de g&#233;rer la soci&#233;t&#233; sur une base sociale, et non sur une base de classe.&lt;br&gt;
Toute organisation des activit&#233;s sociales en fonction des int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233; globale est par d&#233;finition exclue dans le cadre du statu quo. La mise en place de formes nouvelles d'organisation ne fait que sanctionner les changements survenus dans la situation respective de chaque classe et laisse intacts les rapports sociaux fondamentaux. De nouvelles minorit&#233;s dirigeantes succ&#232;dent aux anciennes, la classe prol&#233;tarienne se morc&#232;le en cat&#233;gories de condition diff&#233;rente, et, tandis que certaines couches de la petite bourgeoisie disparaissent, d'autres voient leur influence grandir. Toute activit&#233; pratique, concr&#232;te, n'&#233;tant sociale, dans la mesure o&#249; elle peut l'&#234;tre, que par ses effets, et non en fonction d'intentions arr&#234;t&#233;es - par &#171; accident &#187; en quelque sorte -, il n'existe au sein de la soci&#233;t&#233; aucune force dont la croissance continue serait de nature &#224; restreindre l'&#171; anarchie &#187; sociale et &#224; provoquer une prise de conscience plus nette des besoins de tous et des moyens de les satisfaire, premier pas vers la libre disposition des hommes et vers une soci&#233;t&#233; con&#231;ue par et pour les hommes. En un sens, donc, c'est la multiplicit&#233; et la vari&#233;t&#233; des organisations en syst&#232;me capitaliste qui interdisent d'organiser la soci&#233;t&#233;. Il s'ensuit non seulement que toutes les activit&#233;s non coordonn&#233;es et contradictoires aboutissent en fin de compte &#224; des crises attendues ou impr&#233;vues, mais aussi que chacun, du fait de ses activit&#233;s, est plus ou moins &#171; responsable &#187; de ces explosions spontan&#233;es qui prennent la forme de la crise ou de la guerre.&lt;br&gt;
Toutefois, il est impossible de donner du processus, qui a d&#233;bouch&#233; sur la crise ou la guerre, un tableau pr&#233;cis, retenant tous ses aspects essentiels, et d'expliquer ainsi, apr&#232;s coup, les concours de circonstances qui, dans le cadre de processus &#233;volutifs, ont engendr&#233; la catastrophe. La solution de facilit&#233; (tr&#232;s suffisante du point de vue capitaliste) consiste &#224; choisir arbitrairement un point de d&#233;part - par exemple, que la guerre a entra&#238;n&#233; la crise et la crise la guerre - ou, plus niaisement, &#224; invoquer l'&#233;tat mental d'Hitler ou la soif d'immortalit&#233; de Roosevelt. La guerre appara&#238;t tout &#224; la fois comme une &#233;ruption spontan&#233;e et comme une entreprise organis&#233;e. On accuse tels ou tels pays, gouvernements, groupes de pressions, monopoles et autres de l'avoir d&#233;clench&#233;e, chacun en particulier. Mais faire d'organisations et de politiques sp&#233;cifiques les seuls fauteurs de crises et de guerres, c'est passer &#224; c&#244;t&#233; du probl&#232;me r&#233;el et se r&#233;v&#233;ler incapable de le traiter. Incriminer des facteurs institutionnels de ce genre, en oubliant que dans le contexte g&#233;n&#233;ral d'&#171; anarchie &#187;, inh&#233;rent &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste, leur influence est forc&#233;ment limit&#233;e, c'est croire et faire croire que d'&#171; autres organisations &#187; et d'&#171; autres politiques &#187; auraient pu pr&#233;venir de telles catastrophes sociales sans m&#234;me sortir du statu quo, c'est propager une illusion. Car le statu quo est en d&#233;finitive synonyme de crise et de guerre.&lt;br&gt;
L'observation du syst&#232;me capitaliste permet d'y d&#233;celer &#224; coup s&#251;r l'existence d'un certain type d'&#171; ordre &#187; et d'une tendance &#233;volutive fond&#233;e sur cet &#171; ordre &#187; qui tire son origine de la productivit&#233; croissante du travail. D&#233;marrant dans une ou plusieurs sph&#232;res de production la productivit&#233; accrue a radicalement m&#233;tamorphos&#233; le potentiel social de production et provoqu&#233; des modifications correspondantes de toutes les relations socio-&#233;conomiques. Cette &#233;volution devait transformer, &#224; leur tour, les rapports politiques et avoir pour effet de changer la relation, plus ou moins contradictoire, entre la structure de classe et les forces productives de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que les forces de production ? Manifestement, il s'agit du travail, de la technologie et de l'organisation ; moins directement, des affrontements de classes et donc des id&#233;ologies. En d'autres termes, on d&#233;signe par forces productives des actions humaines, et non des facteurs distincts de ces actions et les d&#233;terminant. Par cons&#233;quent, une ligne de d&#233;veloppement suivie jusqu'&#224; un certain seuil n'est pas forc&#233;ment suivie une fois ce seuil franchi. Une &#233;volution sociale peut s'arr&#234;ter, ou des conditions nouvelles peuvent s'&#233;tablir, avec pour cons&#233;quence la destruction de ce qui avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment &#233;difi&#233;. Mais si le &#171; but social &#187; &#233;tait l'extension et la continuation d'une tendance &#233;volutive d&#233;j&#224; &#224; l'oeuvre, l'Histoire pourrait bien &#234;tre celle du &#171; progr&#232;s social &#187; tel qu'il r&#233;sulte du d&#233;ploiement des capacit&#233;s productives de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Que le capitalisme ait fait son apparition, voil&#224; qui supposait acquis un certain essor des forces sociales productives et l'existence d'une masse de surtravail permettant notamment d'entretenir une classe de non-producteurs en voie d'augmentation. Consid&#233;rer la &#171; croissance des forces productives &#187; comme le facteur d&#233;terminant le d&#233;veloppement global de la soci&#233;t&#233; &#233;tait chose particuli&#232;rement judicieuse &#224; l'&#232;re du laissez-faire, soumis au f&#233;tichisme de la marchandise. En effet, vu l'individualisme &#233;conomique qui r&#233;gnait alors en ma&#238;tre, tout portait &#224; croire que les &#171; forces productives &#187; s'&#233;panouissaient ind&#233;pendamment des voeux des capitalistes et des besoins du syst&#232;me. Les exigences insatiables de l'accumulation avaient pour effet l'expansion vigoureuse et rapide de ces forces, laquelle permettait de proc&#233;der en permanence &#224; des r&#233;organisations de la structure socio-&#233;conomique, r&#233;organisations qui, &#224; leur tour, servaient de base &#224; un nouvel essor de la productivit&#233; sociale. On disait qu'historiquement parlant le capitalisme se trouvait justifi&#233; parce qu'il &#233;tait la cause efficiente du d&#233;veloppement des forces productives dont le moderne prol&#233;tariat d'industrie &#233;tait consid&#233;r&#233; comme la plus grande.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Quand bien m&#234;me il cr&#232;verait les yeux que le d&#233;ploiement total des capacit&#233;s productives rendrait possible la formation et le bon fonctionnement d'une soci&#233;t&#233; sans classes, il est on ne peut plus &#233;vident que les classes directement privil&#233;gi&#233;es ne renonceront jamais au pouvoir pour cette seule et unique raison. En tout cas, sur ce chapitre, les propri&#233;taires et les gestionnaires des moyens de production ne sauraient agir &#171; en tant que classe &#187; ; l'id&#233;e d'une &#171; r&#233;volution par consentement &#187; est tout bonnement absurde. L'accumulation pour l'accumulation se poursuit et continue de pousser &#224; la concentration du capital et du pouvoir, c'est-&#224;-dire &#224; la destruction du capital, aux crises, aux d&#233;pressions et aux guerres. Car le capitalisme acc&#233;l&#232;re et freine en m&#234;me temps l'essor des forces productives et &#233;largit le foss&#233; s&#233;parant la production effective de la production virtuelle. La contradiction entre la structure de classe et les forces productives exclut tout &#224; la fois le &#171; gel &#187; de la production au niveau qu'elle a pr&#233;sentement atteint, et son expansion en direction d'une abondance r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Tout semble donc indiquer qu'&#224; la fa&#231;on du pass&#233; imm&#233;diat le proche avenir sera caract&#233;ris&#233; par la croissance des forces productives, ne serait-ce qu'en raison de la force des habitudes. Voil&#224; qui implique un redoublement de la concurrence, malgr&#233; la monopolisation int&#233;grale ou partielle de la production. Bien que les grandes unit&#233;s capitalistes aient absorb&#233; une foule d'entreprises plus petites - le pouvoir des monopoles &#233;tant ainsi provisoirement assis dans les divers secteurs et combinaison de secteurs industriels -, ce processus ne fait qu'intensifier la concurrence internationale et la lutte entre les entreprises non monopolis&#233;es qui survivent encore. Dans le cadre du capitalisme d'Etat, la concurrence prend une forme diff&#233;rente, bien plus int&#233;gr&#233;e en raison de l'atomisation compl&#232;te de la masse de la population, que l'appareil bureaucratique d'Etat r&#233;alise au moyen de la terreur, et au sein de la bureaucratie elle-m&#234;me, &#224; cause de sa structure hi&#233;rarchis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;En m&#234;me temps que la mise en oeuvre des forces technologiques nouvelles et des forces productives cr&#233;&#233;es par la r&#233;organisation du capital exige un renforcement des instances de direction de la soci&#233;t&#233;, la d&#233;sorganisation du prol&#233;tariat marque le d&#233;but d'un processus qui aboutit &#224; l'atomisation totale de la population et au monopole d'Etat de l'organisation. Toute la force organis&#233;e est concentr&#233;e &#224; un p&#244;le de la soci&#233;t&#233;, tandis qu'&#224; l'autre vit une masse amorphe, incapable de s'unir pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts propres. Dans la mesure o&#249; cette masse est organis&#233;e, elle l'est par ses dirigeants ; dans la mesure o&#249; elle a voix au chapitre, c'est la volont&#233; de ses ma&#238;tres qu'elle exprime. Dans toutes les organisations, la masse atomis&#233;e se trouve toujours face &#224; un seul et unique ennemi l'Etat totalitaire.&lt;br&gt;
L'atomisation de la soci&#233;t&#233; ne va pas sans une organisation &#233;tatique de caract&#232;re tentaculaire. Socialistes et bolcheviks jugeaient la soci&#233;t&#233; insuffisamment organis&#233;e sur le plan de la production et de l'&#233;change, ainsi qu'en d'autres domaines, extra-&#233;conomiques ceux-l&#224;. A leurs yeux, organiser la soci&#233;t&#233; revenait &#224; mettre en place des instances de contr&#244;le social. Le socialisme, c'&#233;tait au premier chef l'organisation rationnelle de la soci&#233;t&#233; globale. Et une soci&#233;t&#233; organis&#233;e exclut par d&#233;finition les actions impr&#233;visibles susceptibles de d&#233;boucher sur des s&#233;quences d'&#233;v&#233;nements spontan&#233;s. Il fallait donc &#233;vacuer de la vie sociale cet &#233;l&#233;ment spontan&#233;, par le biais de la planification de la production et d'une r&#233;partition centralis&#233;e des biens. Tant que leur pouvoir n'&#233;tait pas absolu, les bolcheviks - et aussi les fascistes - parlaient volontiers de spontan&#233;it&#233;. Mais, apr&#232;s s'&#234;tre assujettis toutes les cat&#233;gories sociales ils devaient se transformer en organisateurs minutieux de la soci&#233;t&#233;. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette activit&#233; organisatrice que, les uns et les autres, ils appelaient socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Toutefois, la contradiction entre la structure de classe et les forces productives subsiste et, par l&#224;, l'in&#233;luctabilit&#233; de la crise et de la guerre. Bien que les masses entretenues dans l'apathie ne puissent plus r&#233;sister au totalitarisme par les moyens traditionnels d'organisation, et qu'elles n'aient pas mis au point des m&#233;thodes et des formes d'action appropri&#233;es &#224; leurs t&#226;ches nouvelles, les contradictions inh&#233;rentes &#224; la structure de classe de la soci&#233;t&#233; ne sont pas surmont&#233;es pour autant. Le syst&#232;me autoritaire, fond&#233; sur le r&#232;gne de la terreur, s'il &#233;tablit des conditions de s&#233;curit&#233;, toutes provisoires d'ailleurs, n'en refl&#232;te pas moins l'ins&#233;curit&#233; croissante du capitalisme totalitaire. Du fait qu'elle donne le jour &#224; des activit&#233;s incontr&#244;l&#233;es ou incontr&#244;lables, la d&#233;fense du statu quo conduit &#224; la rupture du statu quo. Et, m&#234;me si face &#224; toutes ces organisations il y a d&#233;sormais une organisation unique, la soci&#233;t&#233; capitaliste n'a jamais &#233;t&#233; aussi mal organis&#233;e qu'aujourd'hui, o&#249; elle est compl&#232;tement organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Rien certes ne garantit que le cours suivi par le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233; va n&#233;cessairement engendrer le socialisme et, pas plus, rien ne permet de supposer que le monde va sombrer dans la barbarie totalitaire. L'organisation du statu quo ne peut en emp&#234;cher la d&#233;sagr&#233;gation. Le totalitarisme absolu restant impossible, il contient en lui-m&#234;me les germes de sa subversion &#233;ventuelle. Certes, si les faiblesses du syst&#232;me sont d'ores et d&#233;j&#224; perceptibles, leur signification exacte du point de vue social demeure obscure. Bien que concevables th&#233;oriquement, certains facteurs de d&#233;sagr&#233;gation ne sont pas discernables encore et il n'est possible de les d&#233;crire qu'en termes g&#233;n&#233;raux. Pour &#234;tre formul&#233;e, la th&#233;orie moderne de la lutte des classes exigeait comme un pr&#233;alable oblig&#233; non seulement que le capitalisme e&#251;t pris son essor, mais aussi que des luttes prol&#233;tariennes eussent fait leur apparition effective en son sein ; de m&#234;me, tout porte &#224; croire qu'il faudra assister &#224; mainte r&#233;bellion de masse contre le totalitarisme avant de pouvoir &#233;laborer des plans d'action sp&#233;cifiques, pr&#233;coniser des formes de r&#233;sistance efficaces, d&#233;couvrir et exploiter les faiblesses du syst&#232;me.&lt;br&gt;
Tout mouvement &#224; ses d&#233;buts para&#238;t d&#233;risoire au regard des objectifs qu'il se donne ; mais si r&#233;duit, si infime qu'il soit, ce n'est pas l&#224; une raison de d&#233;sesp&#233;rer. Ni le pessimisme ni l'optimisme ne permettent d'aborder les probl&#232;mes r&#233;els de l'action sociale. Ces deux attitudes n'affectent pas d'une mani&#232;re d&#233;cisive les actions et les r&#233;actions des individus, d&#233;termin&#233;es qu'elles sont par des forces sociales que ces individus ne sauraient ma&#238;triser. L'interd&#233;pendance de toutes les activit&#233;s sociales, si elle offre un moyen de dominer les hommes, assigne &#233;galement des limites &#224; cette domination. Etant donn&#233; que, sur le plan de la technologie comme sur celui de l'organisation, le processus du travail d&#233;pend simultan&#233;ment de forces anonymes et de d&#233;cisions d'ordre personnel, il est dou&#233; en raison de sa souplesse d'une autonomie relative, laquelle suffit &#224; rendre malais&#233;e sa manipulation totalitaire. Les manipulateurs eux-m&#234;mes ne peuvent en effet sortir du cadre sp&#233;cifique qui d&#233;coule de la division du travail, et qui restreint souvent les pouvoirs des instances de contr&#244;le centralis&#233;es. Ils doivent compter avec le degr&#233; atteint par l'industrialisation, faute de quoi leur domination sera mise en cause. En ce cas, la r&#233;sistance prendra des formes multiples, tant&#244;t absurdes ou vou&#233;es d'embl&#233;e &#224; l'&#233;chec, tant&#244;t efficaces. Alors que certaines formes pr&#233;sentes d'action peuvent n'avoir aucune esp&#232;ce de port&#233;e, des formes anciennes peuvent ressurgir du fait de certaines affinit&#233;s entre la structure totalitaire et les r&#233;gimes autoritaires du pass&#233;. Si la politique des syndicats ouvriers a cess&#233; de signifier l'action &#171; sur le tas &#187; pour se borner &#224; des tractations entre autorit&#233;s constitu&#233;es, des m&#233;thodes de sabotage et de lutte aussi nouvelles qu'efficaces sont parfaitement susceptibles d'appara&#238;tre dans l'industrie et, dans la production en g&#233;n&#233;ral. Et si les partis politiques sont autant d'expressions de la tendance au totalitarisme, il reste possible de concevoir toute une gamme de formes d'organisation capables de rassembler les forces anticapitalistes en vue d'actions concert&#233;es. Pour que ces actions soient adapt&#233;es aux r&#233;alit&#233;s du syst&#232;me totalitaire et m&#232;nent &#224; son renversement, il faudra mettre au premier plan l'autod&#233;termination, l'entente mutuelle, la libert&#233; et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Trouver les moyens de mettre un terme au capitalisme totalitaire ; d'inciter ceux qui ne disposent pas de la moindre parcelle de pouvoir &#224; agir par et pour eux-m&#234;mes ; d'en finir avec le r&#232;gne de la concurrence et avec l'exploitation et les guerres qui lui sont inh&#233;rentes ; de jeter les bases d'un monde rationnel o&#249; les individus, loin d'&#234;tre amen&#233;s &#224; se dresser contre la soci&#233;t&#233;, auront conscience de former une entit&#233; effective tant sur le plan de la production que sur celui de la r&#233;partition, d'un monde qui permette &#224; l'humanit&#233; de progresser sans affrontements sociaux, tout cela ne peut se faire que pas &#224; pas et sur la base d'une r&#233;flexion empirique, scientifique. Il semble &#233;vident toutefois que pendant un certain temps encore il faudra qualifier de spontan&#233;s tous les types de r&#233;sistance et de lutte sociales, quand bien m&#234;me il s'agisse en v&#233;rit&#233; d'action concert&#233;e ou d'inactivit&#233; volontaire. En ce sens, parler de spontan&#233;it&#233; ne fait que r&#233;v&#233;ler notre inaptitude &#224; traiter de mani&#232;re scientifique, empirique, des ph&#233;nom&#232;nes li&#233;s au fonctionnement de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Les changements sociaux surviennent comme autant d'explosions couronnant une phase de formation du capital de d&#233;sorganisation, de concurrence fr&#233;n&#233;tique et de longue accumulation de revendications qui finissent par trouver une expression organis&#233;e. Leur spontan&#233;it&#233; d&#233;montre rien de moins que le caract&#232;re fonci&#232;rement antisocial de l'organisation sociale capitaliste. Il y aura antith&#232;se entre l'organisation et la spontan&#233;it&#233; tant que se perp&#233;tueront et la soci&#233;t&#233; de classes et les tentatives de l'abattre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;	Paul MATTICK (1949)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduit de &#034;Spontaneity and Organisation&#034;, &lt;i&gt;Left&lt;/i&gt;, ao&#251;t 1949, n&#176;152, pp.121-138. Texte fran&#231;ais extrait de &lt;i&gt;Integration capitaliste et rupture ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, Paris, E.D.I, 1972, 269p. (choix de textes traduits par Serge Bricianer).&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/Mattick-OrgaEtSpont.pdf" length="396754" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/organisation_et_spontaneite-20pA5-1949-fil.pdf" length="479094" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>qcq Collectif FTP</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article438</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article438</guid>
		<dc:date>2007-03-26T09:37:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif FTP</dc:creator>


		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Notre objectif est de faire circuler des informations pratiques et th&#233;oriques de mani&#232;re &#224; lutter efficacement contre toutes les formes d'autorit&#233;, d'exploitation, d'exclusion, pr&#244;n&#233;es par les diff&#233;rents syst&#232;mes en place (capitaliste, fasciste, communiste, religieux, monarchique). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les informations contenues dans ces pages sont enti&#232;rement libres de droits (Anti-&#169;) et il est vivement conseill&#233; de les faire tourner. Diffusez-les suivant vos moyens mais sans rechercher de profits. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique70" rel="directory"&gt;Collectif FTP&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre objectif est de faire circuler des informations pratiques et th&#233;oriques de mani&#232;re &#224; lutter efficacement contre toutes les formes d'autorit&#233;, d'exploitation, d'exclusion, pr&#244;n&#233;es par les diff&#233;rents syst&#232;mes en place (capitaliste, fasciste, communiste, religieux, monarchique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les informations contenues dans ces pages sont enti&#232;rement libres de droits (Anti-&#169;) et il est vivement conseill&#233; de les faire tourner. Diffusez-les suivant vos moyens mais sans rechercher de profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Capitalisme nuit gravement &#224; la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FTP&lt;br&gt;
c/o Plan&#232;te Verte,&lt;br&gt;
bp 600 22,&lt;br&gt;
54002 Nancy cedex, fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;http://cftp.lautre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://cftp.lautre.net/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Utopies Pirates</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article294</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article294</guid>
		<dc:date>2007-01-09T17:55:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Do or Die, Julius Van Daal, Markus Rediker</dc:creator>


		<dc:subject>Hobolo (Paris)</dc:subject>
		<dc:subject>Bo&#238;te A Outils Editions (Forcalquier)</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>
		<dc:subject>Auto-organisation, exp&#233;rimentations collectives</dc:subject>
		<dc:subject>Agitations arm&#233;es</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Durant &#171; l'Age d'Or &#187; de la piraterie, entre le 17&#232;me et le 18&#232;me si&#232;cle, des &#233;quipages compos&#233;s des premiers rebelles prol&#233;tariens, des exclus de la civilisation, pill&#232;rent les voies maritimes entre l'Europe et l'Am&#233;rique. Ils op&#233;raient depuis des enclaves terrestres, des ports libres, des &#171; utopies pirates &#187; situ&#233;es sur des &#238;les ou le long des c&#244;tes, hors de port&#233;e de toute civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Utopies pirates&lt;/i&gt; est la traduction d'un texte publi&#233; en 2001 dans &lt;i&gt;Do or Die&lt;/i&gt; n&#176;8, la revue d'&#233;cologie radicale du collectif libertaire britannique du m&#234;me nom. La premi&#232;re traduction &#233;tait du collectif FTP, parue sous le nom de &lt;i&gt;Bastions pirates&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Les bateaux ivres de la libert&#233;&lt;/i&gt; est un extrait de la pr&#233;face que Julius Van Daal a r&#233;dig&#233;e pour &lt;i&gt;Pirates de tous les pays&lt;/i&gt;, de Markus Rediker, &#233;d. Libertalia, l'un des ouvrages les plus fr&#233;quemment cit&#233;s dans &lt;i&gt;Utopies pirates&lt;/i&gt;. Van Daal est l'auteur de &lt;i&gt;Beau comme une prison qui br&#251;le&lt;/i&gt;, &#233;d. l'Insomniaque, mai 2010, et de &lt;i&gt;Le r&#234;ve en armes : anarchisme, r&#233;volution et contre-r&#233;volution en Espagne (1936-1937)&lt;/i&gt;, &#233;d. Nautilus, Coll. Utopies en action, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Between the Devil and the Deep Blue Sea&lt;/i&gt; est la pr&#233;face de l'auteur, Markus Rediker, &#224; l'&#233;dition fran&#231;aise de &lt;i&gt;Les For&#231;ats de la mer, marins, marchands et pirates dans le monde anglo-am&#233;ricain&lt;/i&gt;, publi&#233;e chez Libertalia en 2010.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;U&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot65" rel="tag"&gt;Hobolo (Paris)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Bo&#238;te A Outils Editions (Forcalquier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Auto-organisation, exp&#233;rimentations collectives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Agitations arm&#233;es&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L119xH150/arton294-9cc9f.jpg?1780457292' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='119' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff294.jpg?1433753205&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Durant &#171; l'Age d'Or &#187; de la piraterie, entre le 17&#232;me et le 18&#232;me si&#232;cle, des &#233;quipages compos&#233;s des premiers rebelles prol&#233;tariens, des exclus de la civilisation, pill&#232;rent les voies maritimes entre l'Europe et l'Am&#233;rique. Ils op&#233;raient depuis des enclaves terrestres, des ports libres, des &#171; utopies pirates &#187; situ&#233;es sur des &#238;les ou le long des c&#244;tes, hors de port&#233;e de toute civilisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UTOPIES PIRATES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis ces mini-anarchies &#8211; des &#171; Zones d'Autonomie Temporaire &#187; &#8211; ils lan&#231;aient des raids si fructueux qu'ils d&#233;clench&#232;rent une crise imp&#233;riale, en s'attaquant aux &#233;changes britanniques avec les colonies, paralysant ainsi le syst&#232;me d'exploitation globale, d'esclavage et de colonialisme naissant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, la Compagnie des Indes faillit &#234;tre mise en d&#233;route par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous pouvons ais&#233;ment imaginer l'attraction qu'exer&#231;ait cette vie d'&#233;cumeur des mers n'ayant de compte &#224; rendre &#224; personne. La soci&#233;t&#233; euro-am&#233;ricaine des 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles &#233;tait celle du capitalisme en plein essor, de la guerre, de l'esclavage, de l'expulsion des paysans hors des communaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'enclosure act a permis l'appropriation priv&#233;e des pr&#233;s communaux et plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la famine et la mis&#232;re c&#244;toyaient une richesse inimaginable. L'Eglise dominait tous les aspects de l'existence et les femmes avaient peu de choix hormis l'esclavage marital. Vous pouviez &#234;tre enr&#244;l&#233;s de force dans la marine et y endurer des conditions bien pires que celles qui avaient cours &#224; bord d'un bateau pirate :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les conditions pour les marins ordinaires &#233;taient &#224; la fois dures et dangereuses &#8211; et la paye &#233;tait faible. Les punitions inflig&#233;es par les officiers incluaient les fers, la flagellation, le passage sous la quille &#8211; la victime &#233;tant tir&#233;e au moyen d'une corde d'un c&#244;t&#233; &#224; l'autre du bateau. Le passage sous la coque &#233;tait un ch&#226;timent qui s'av&#233;rait souvent fatal. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Larry Law - Misson and Libertalia (London, A Distribution / Dark Star Press, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a tr&#232;s bien fait remarquer le Dr Johnson :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aucun homme ne sera marin s'il peut se d&#233;brouiller pour aller plut&#244;t en prison ; car &#234;tre marin c'est &#234;tre en prison avec le risque d'&#234;tre noy&#233;... En prison, un homme a plus d'espace, une meilleure nourriture, et commun&#233;ment, une meilleure compagnie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marcus B. Rediker - Beetween the Devil and the Deep Blue Sea : Merchant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En opposition &#224; cela, les pirates cr&#233;&#232;rent un monde qui leur &#233;tait propre, o&#249; ils avaient leur libre-arbitre &#8211; un monde de solidarit&#233; et de fraternit&#233;, o&#249; ils partageaient les risques et les gains de la vie en mer, prenaient collectivement les d&#233;cisions et reprenaient leur vie en main, refusant aux marchands leur utilisation comme outil d'accumulation de richesses. D'ailleurs, Lord Vaughan, Gouverneur de la Jama&#239;que &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; Ces Indes sont si vastes et riches, et ce genre de rapine si doux, que c'est l'une des choses les plus dures au monde que d'en sortir ceux qui en ont fait usage pendant si longtemps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 255 ; Ritchie, Op. Cit., p. 29, 142.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Emergence de la piraterie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#232;re de la piraterie euro-am&#233;ricaine est inaugur&#233;e par la d&#233;couverte du Nouveau Monde et de l'&#233;norme empire conquis par les Espagnols dans les Am&#233;riques. De nouvelles technologies permirent aux voyages en mer d'avoir plus de r&#233;gularit&#233; et de pr&#233;cision, et les nouveaux empires &#233;mergents n'&#233;taient pas tant bas&#233;s sur le contr&#244;le des terres que sur celui des mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Espagnols constituaient la superpuissance mondiale du 16&#232;me si&#232;cle, mais ils ne rest&#232;rent pas tr&#232;s longtemps sans concurrence : Fran&#231;ais, Hollandais, et Anglais tent&#232;rent de les devancer dans la course &#224; l'empire. Dans cette qu&#234;te, ils ne se g&#234;naient pas pour recourir &#224; la piraterie et attaquer les Espagnols tant ha&#239;s, remplissant ainsi leurs coffres avec les richesses dont les Espagnols avaient d&#233;pouill&#233; les Am&#233;rindiens. En temps de guerre, les raids &#233;taient l&#233;gitim&#233;s comme actes corsaires, mais le reste du temps il s'agissait purement et simplement de piraterie d'&#201;tat (ou du moins d'une piraterie tol&#233;r&#233;e, voire m&#234;me encourag&#233;e). Au cours du 17&#232;me si&#232;cle, ces empires embryonnaires finirent par devancer les Espagnols et &#224; s'&#233;tablir. Gr&#226;ce aux nouvelles technologies, la navigation n'&#233;tait plus uniquement utilis&#233;e pour les produits de luxe, mais devint la base d'un r&#233;seau commercial international essentiel dans l'&#233;mergence et le d&#233;veloppement du capitalisme. L'expansion massive du commerce maritime durant cette p&#233;riode cr&#233;a &#233;galement, et de fait, une population de marins &#8211; une nouvelle classe de salari&#233;s qui n'existait pas auparavant. Pour nombre d'entre eux, la piraterie paraissait &#234;tre une alternative attractive aux dures r&#233;alit&#233;s de la marine marchande ou de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps que les nouveaux empires &#8211; et plus particuli&#232;rement l'empire Britannique &#8211; se d&#233;veloppaient, l'attitude envers la piraterie &#233;volua : &lt;i&gt;&#171; Le boucanier festoyeur ne convient pas aux marchands &#224; la t&#234;te froide ni aux bureaucrates imp&#233;riaux, dont le monde de bilans et de rapports qui sent le renferm&#233; entre en conflit violent avec celui des pirates. &#187;&lt;/i&gt; La classe dirigeante prit conscience du fait qu'un commerce stable, disciplin&#233; et r&#233;glementaire servait bien mieux les int&#233;r&#234;ts d'un pouvoir imp&#233;rial mature que la piraterie. Ainsi la piraterie fut forc&#233;e d'&#233;voluer entre la fin du 17&#232;me et le d&#233;but du 18&#232;me si&#232;cles. Les pirates n'&#233;taient plus des gentlemen-aventuriers subventionn&#233;s par l'&#201;tat, tels que Sir Francis Drake, mais des esclaves du salariat en fuite, des mutins, un m&#233;lange pluriethnique de prol&#233;taires rebelles. Alors que la fronti&#232;re entre activit&#233; commerciale l&#233;gitime et piraterie &#233;tait auparavant plut&#244;t floue, les pirates r&#233;alis&#232;rent vite qu'il leur restait tr&#232;s peu de leurs anciens amis et qu'ils &#233;taient de plus en plus consid&#233;r&#233;s comme des &lt;i&gt;&#171; brutes, et des pr&#233;dateurs &#187;&lt;/i&gt;. Au fur et &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; dominante rejetait les pirates, ceux-ci devinrent aussi de plus en plus radicaux dans leur rejet de celle-ci. A partir de l&#224;, les vrais pirates &#233;taient ceux qui rejetaient explicitement l'&#201;tat et ses lois et se d&#233;claraient en guerre ouverte contre celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pirates &#233;taient chass&#233;s loin des centres de pouvoir tandis que les colonies am&#233;ricaines, &#224; l'origine hors du contr&#244;le de l'&#201;tat et relativement autonomes, &#233;taient contraintes de rentrer dans le rang de la gouvernance et du commerce imp&#233;riaux. C'est alors que se d&#233;veloppa une spirale infernale de violence sans cesse croissante, alors que les attaques de l'&#201;tat entra&#238;naient la vengeance des pirates, ce qui mena &#224; une terreur d'&#201;tat plus grand encore.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 272 n52, 274 - &#171; plus il y avait de pirates captur&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tas de fumier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Durant la seconde moiti&#233; du 17&#232;me si&#232;cle, les Iles Cara&#239;bes &#233;taient un melting-pot d'immigrants rebelles et paup&#233;ris&#233;s venant du monde entier. Il y avait des milliers de d&#233;port&#233;s irlandais, de mendiants de Liverpool, de prisonniers royalistes &#233;cossais, de pirates pris en haute mer anglaise, de bandits de grands chemins pris aux fronti&#232;res &#233;cossaises, de Huguenots et de Fran&#231;ais en exil, de religieux dissidents, et de prisonniers captur&#233;s lors de divers soul&#232;vements et complots contre le Roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements r&#233;volutionnaires proto-anarchistes de la Guerre Civile de 1640 avaient &#233;t&#233; &#233;radiqu&#233;s et vaincus avant l'aube de la grande &#233;poque de la piraterie vers la fin du 17&#232;me si&#232;cle, mais il est prouv&#233; que des &lt;i&gt;Diggers&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;Muggletoniens&lt;/i&gt;, des Hommes de la Cinqui&#232;me Monarchie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des groupes de protestants radicaux : les Diggers (b&#234;cheurs) tent&#232;rent de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, etc. avaient fuit vers les Am&#233;riques et les Cara&#239;bes o&#249; ils inspir&#232;rent ou rejoignirent ces &#233;quipages pirates insurg&#233;s. En fait, un groupe de pirates s'&#233;tablit &#224; Madagascar &#224; un endroit qu'ils nomm&#232;rent Ranter Bay.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Libertalia : The Pirate's Utopia in David Cordingly (ed.) - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Apr&#232;s la d&#233;faite des &lt;i&gt;Levellers&lt;/i&gt; en 1649, John Lilburne proposa de mener ses fid&#232;les vers les Antilles, si le gouvernement acceptait de payer la note. Il semble &#233;galement que les &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;Diggers&lt;/i&gt; dur&#232;rent plus longtemps aux Am&#233;riques qu'en Grande-Bretagne &#8211; on note la pr&#233;sence de &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt; &#224; Long Island jusqu'en 1690.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci n'est gu&#232;re &#233;tonnant dans la mesure o&#249; les territoires du Nouveau Monde &#233;taient utilis&#233;s par la Grande-Bretagne comme colonies p&#233;nitentiaires pour ses pauvres m&#233;contents et rebelles. En 1655, la Barbade &#233;tait d&#233;crite comme &lt;i&gt;&#171; un tas de fumier sur lequel l'Angleterre jette ses ordures &#187;&lt;/i&gt;. Parmi ces ind&#233;sirables on trouvait forc&#233;ment de nombreux radicaux &#8211; ceux qui avaient allum&#233; la m&#232;che de la r&#233;volution de 1640. &lt;i&gt;&#171; Perrot, le &lt;/i&gt; Ranter &lt;i&gt;barbu qui refusait d'&#244;ter son chapeau devant le Tout-Puissant, se retrouva &#224; la Barbade &#187;&lt;/i&gt;, comme beaucoup d'autres, tel l'intellectuel &lt;i&gt;ranter&lt;/i&gt;, Joseph Salmon. Que les Cara&#239;bes soient devenues un havre pour les radicaux ne passa pas inaper&#231;u : en 1665, Samuel Highland sugg&#233;ra au Parlement de ne pas condamner l'h&#233;r&#233;tique &lt;i&gt;Quaker&lt;/i&gt; James Nayler &#224; la d&#233;portation de peur qu'il n'infecte les autres immigrants. Il est clair qu'&#224; cette &#233;poque, les nouvelles colonies britanniques &#224; l'Ouest &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme un havre de relative libert&#233; religieuse et politique, d'autant plus &#233;loign&#233;es qu'elles &#233;taient de la mainmise de la loi et de l'autorit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christopher Hill - Radical Pirates ? in Collected Essays, Vol. 3, pp. 162, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que les marchands europ&#233;ens ne d&#233;couvrent le commerce d'esclaves africains et les possibilit&#233;s commerciales du transport d'Africains vers les Cara&#239;bes, des milliers d'Europ&#233;ens pauvres et issus de la classe ouvri&#232;re furent exp&#233;di&#233;s vers les nouvelles colonies comme apprentis domestiques &#8211; en fait une autre forme de commerce d'esclaves. La seule diff&#233;rence entre le commerce d'apprentis domestiques et celui d'esclaves africains &#233;tait qu'en th&#233;orie, l'esclavage de ces immigrants n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233; comme &#233;ternel et h&#233;r&#233;ditaire. Cependant, beaucoup d'entre eux furent escroqu&#233;s, et leurs contrats prolong&#233;s ind&#233;finiment de sorte qu'ils n'obtinrent jamais leur libert&#233;. Les esclaves, qui &#233;taient des investissements &#224; vie, &#233;taient souvent mieux trait&#233;s que les apprentis domestiques.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jenifer G. Marx - Brethren of the Coast in Cordingly (ed.) - Pirates, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les ma&#238;tres avaient beaucoup de difficult&#233;s &#224; tenir leurs domestiques qui avaient tendance &#224; adopter le mode de vie indig&#232;ne et &#224; fuir vers la libert&#233; des myriades d'&#238;les des Antilles, ou vers des parcelles isol&#233;es de c&#244;tes ou de jungle. L&#224;, ils formaient souvent des petites bandes ou tribus autog&#233;r&#233;es de marginaux et de fuyards, imitant souvent les indig&#232;nes qui les avaient pr&#233;c&#233;d&#233;s. Ces hommes &#8211; marins et soldats, esclaves et apprentis domestiques &#8211; form&#232;rent le terreau de la piraterie des Cara&#239;bes qui &#233;mergea au 17&#232;me si&#232;cle, conservant m&#234;me en mer leur structure tribale &#233;galitaire. Leur nombre grandissant et de plus en plus d'hommes se ralliant au drapeau rouge, leurs attaques contre les Espagnols devinrent plus audacieuses. Apr&#232;s un raid, ils rejoignaient des villes telles que Port Royal en Jama&#239;que, pour y d&#233;penser tout leur argent dans une &#233;norme f&#234;te o&#249; ils &#171; couraient la gueuse &#187;, jouaient et buvaient avant de retourner &#224; leur vie de chasseurs-cueilleurs dans des &#238;les isol&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard Platt et Tina Chambers (photographe) - Pirate (London, Dorling (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi bien s&#251;r jusqu'&#224; 80.000 esclaves noirs qui travaillaient dans les plantations, enclins &#224; de fr&#233;quentes et sanglantes r&#233;voltes, tout comme les quelques Indiens indig&#232;nes qui vivaient encore sur les &#238;les. En 1649, une r&#233;volte d'esclaves &#224; la Barbade co&#239;ncida avec le soul&#232;vement de domestiques blancs. En 1665, suivant un mod&#232;le semblable, les Irlandais se joignirent aux Noirs dans la r&#233;volte. Il y eut des r&#233;bellions similaires aux Bermudes, &#224; St Christophe et Montserrat, alors qu'en Jama&#239;que les rebelles &lt;i&gt;Monmouthites&lt;/i&gt; d&#233;port&#233;s s'unirent aux Indiens en r&#233;volte. Ce salmigondis de d&#233;poss&#233;d&#233;s fut d&#233;crit en 1665 comme &lt;i&gt;&#171; du gibier de potence ou des individus s&#233;ditieux, pourris avant l'heure, et au mieux paresseux et seulement bons pour les mines &#187;&lt;/i&gt;. Ce &#224; quoi une dame colon d'Antigua ajouta &lt;i&gt;&#171; ce sont tous des sodomites &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; dans quel bouillonnement de troubles sociaux multiraciaux et de tensions nos &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Diggers&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Levellers&lt;/i&gt; d&#233;port&#233;s ou exil&#233;s volontaires sont probablement arriv&#233;s et &#224; partir duquel la grande &#233;poque de la piraterie euro-am&#233;ricaine prit forme avec l'&#233;mergence des boucaniers dans les Cara&#239;bes vers le milieu du 17&#232;me si&#232;cle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hill, Op. Cit, pp. 169-170.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Arrgh, Jim Lad !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasante majorit&#233; des pirates &#233;tait constitu&#233;e de marins qui choisissaient de rejoindre les pirates lorsque leur bateau &#233;tait captur&#233;. N&#233;anmoins, un petit nombre d'entre eux &#233;taient des mutins qui avaient collectivement pris le contr&#244;le du leur. &lt;i&gt;&#171; Selon le Jolly Roger de Patrick Pringle, le recrutement des pirates se faisait surtout chez les ch&#244;meurs, les esclaves en fuite, et les criminels d&#233;port&#233;s. La haute mer contribuait &#224; une stabilisation instantan&#233;e des in&#233;galit&#233;s sociales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux pirates manifestaient un sens aigu de la conscience de classe ; par exemple, un pirate du nom de Capitaine Bellamy tint ce discours au capitaine d'un navire marchand qu'il venait juste de capturer. Le capitaine du navire venait de d&#233;cliner son invitation &#224; rejoindre l'&#233;quipage pirate :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis navr&#233; qu'ils ne vous laissent r&#233;cup&#233;rer votre sloop, car je ne m'abaisserais pas &#224; faire du tort &#224; quiconque, lorsque cela n'est pas &#224; mon avantage ; maudit soit le sloop, nous devons le couler, d'autant qu'il pourrait vous &#234;tre utile. Vous aussi, soyez maudit, vous n'&#234;tes qu'un sournois godelureau, de m&#234;me que tous ceux qui s'abaissent &#224; &#234;tre gouvern&#233;s par les lois que les riches ont cr&#233;&#233;es pour leur propre s&#233;curit&#233;, car ces couards n'ont aucun courage sinon celui de d&#233;fendre ce qu'ils ont obtenu par leur filouterie ; mais soyez maudit aussi : que soit maudite cette bande de vauriens rus&#233;s, et vous aussi, qui les servez, n'&#234;tes qu'un ramassis de stupides poules mouill&#233;es. Ils nous calomnient, les fripouilles, alors qu'en fait ils ne diff&#232;rent de nous que parce qu'ils volent le pauvre sous couvert de la loi, en v&#233;rit&#233;, et que nous pillons le riche sous la protection de notre seul courage ; ne feriez-vous pas mieux de devenir l'un des n&#244;tres, plut&#244;t que de l&#233;cher le cul de ces sc&#233;l&#233;rats pour avoir un travail ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le capitaine r&#233;pondit que sa conscience ne lui permettait pas de violer les lois de Dieu et des hommes, le pirate Bellamy poursuivit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Vous &#234;tes la conscience du mal, vaurien, soyez maudit, moi je suis un prince libre, et j'ai autant d'autorit&#233; pour faire la guerre au monde entier que celui qui a une flotte de cent navires sur mer, et une arm&#233;e de 100.000 hommes sur terre ; voici ce que me dit ma conscience mais que l'on ne peut discuter avec des morveux pleurnichards qui permettent &#224; des sup&#233;rieurs de leur botter le train &#224; volont&#233; d'un bout &#224; l'autre du pont. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 258 ; Hakim Bey - TAZ : Zone Autonome Temporaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La piraterie &#233;tait une strat&#233;gie dans un des premiers cycles de la lutte des classes dans l'Atlantique. Les marins recouraient aussi &#224; la mutinerie et &#224; la d&#233;sertion et &#224; d'autres tactiques pour survivre et r&#233;sister &#224; leur sort. Les pirates &#233;taient probablement la section la plus internationale et militante du proto-prol&#233;tariat constitu&#233;e par les marins du 17&#232;me et du 18&#232;me si&#232;cle. Il y avait par exemple, de s&#233;rieux fauteurs de troubles tels qu'Edward Buckmaster, un marin qui rejoignit l'&#233;quipage de Kidd en 1696, qui avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233; &#224; de nombreuses reprises pour agitation et s&#233;dition, ou Robert Culliford, qui mena nombre de mutineries, capturant le navire sur lequel il servait et le transformant en bateau pirate.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., pp. 65, 117-8.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En temps de guerre, avec les demandes de la marine, il y avait une grande p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e, et les marins pouvaient esp&#233;rer des salaires relativement &#233;lev&#233;s. La fin des guerres, et plus particuli&#232;rement celle de la Succession d'Espagne, qui s'acheva en 1713, mit un grand nombre de marins au ch&#244;mage et provoqua une forte baisse des salaires. 40.000 hommes se retrouv&#232;rent sans travail &#224; la fin de la guerre &#8211; &#233;cumant les rues de ports tels que Bristol, Portsmouth et New York. En temps de guerre, les corsaires b&#233;n&#233;ficiaient de l'opportunit&#233; d'une libert&#233; relative et d'une chance de s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la guerre signifiait aussi la fin des courses et les ex-corsaires au ch&#244;mage ne faisaient que s'ajouter &#224; l'&#233;norme surplus de main-d'&#339;uvre. La Guerre de la Succession d'Espagne avait dur&#233; 11 ans et, en 1713, nombre de marins n'avaient sans doute rien connu d'autre que la guerre et le pillage de bateaux. On constatait fr&#233;quemment qu'&#224; la fin des guerres, les corsaires devenaient pirates. La conjonction de milliers d'hommes entra&#238;n&#233;s et exp&#233;riment&#233;s dans la capture et le pillage des navires se retrouvant subitement sans travail et somm&#233;s d'accomplir des t&#226;ches de plus en plus dures et de moins en moins pay&#233;es rendit la situation explosive &#8211; pour beaucoup la piraterie fut sans doute une des seules alternatives &#224; la famine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. pp. 42, 234.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ayant &#233;chapp&#233; &#224; la discipline tyrannique &#224; bord des navires marchands, la chose la plus frappante dans les &#233;quipages pirates &#233;tait leur nature anti-autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#233;quipage fonctionnait selon les termes d'une charte &#233;crite, la &#171; chasse-partie &#187;, adopt&#233;e par l'int&#233;gralit&#233; de l'&#233;quipage et sign&#233;e par chacun de ses membres. La charte de l'&#233;quipage de Bartholomew Roberts commence ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout homme a une voix dans les affaires en cours ; a un titre &#233;gal aux provisions fra&#238;ches, ou aux liqueurs fortes, saisies &#224; tout moment, et peut les utiliser selon son bon plaisir, &#224; moins qu'une disette ne rende n&#233;cessaire pour le bien de tous, le vote de r&#233;ductions. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Captain Charles Johnson, Histoire G&#233;n&#233;rale des Plus Fameux Pyrates (Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;quipages de pirates euro-am&#233;ricains formaient une v&#233;ritable communaut&#233;, dot&#233;e de coutumes communes, partag&#233;es sur tous les navires. Les concepts de Libert&#233;, d'&#233;galit&#233;, et de Fraternit&#233; florissaient en mer plus de cent ans avant la R&#233;volution fran&#231;aise. Les autorit&#233;s &#233;taient souvent choqu&#233;es par les tendances libertaires des &#233;quipages pirates ; le gouverneur hollandais de l'Ile Maurice commenta ainsi sa rencontre avec un &#233;quipage pirate : &lt;i&gt;&#171; Chaque homme avait le m&#234;me droit de parole que le capitaine et portait ses propres armes sur lui. &#187;&lt;/i&gt; Ceci &#233;tait extr&#234;mement mena&#231;ant pour l'ordre de la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne o&#249; les armes &#224; feu &#233;taient r&#233;serv&#233;es aux classes sup&#233;rieures, et apportait un contraste saisissant avec les navires marchands o&#249; tout ce qui pouvait servir d'armes &#233;tait mis sous cl&#233;, et avec la marine de guerre dont le but principal de ses soldats &#233;tait de maintenir les matelots &#224; leur place.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert C. Ritchie, Captain Kidd and the War against the Pirates, p. 124.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vaisseaux pirates op&#233;raient sur le principe de &lt;i&gt;&#171; Pas de Prise, Pas de Paie &#187;&lt;/i&gt;, mais lorsqu'un vaisseau &#233;tait arraisonn&#233;, le butin &#233;tait r&#233;parti selon un syst&#232;me de partage, un syst&#232;me r&#233;pandu dans la navigation m&#233;di&#233;vale, mais qui s'&#233;tait progressivement &#233;teint lorsque la navigation &#233;tait devenue une entreprise capitaliste et les marins des salari&#233;s. Il existait encore chez les corsaires et les chasseurs de baleines, mais les pirates le d&#233;velopp&#232;rent sous sa forme la plus &#233;galitaire : il n'y avait pas de parts pour les propri&#233;taires, ni les investisseurs, ni les marchands, il n'y avait pas de hi&#233;rarchie &#233;labor&#233;e pour diff&#233;rencier les salaires, chacun recevait une part &#233;quitable du butin et le capitaine g&#233;n&#233;ralement seulement une part ou deux, maximum. L'&#233;pave du Whydah, le vaisseau pirate de Sam Bellamy, d&#233;couverte en 1984, le montre bien : parmi les objets retrouv&#233;s, il y avait des bijoux rares en or provenant d'Afrique occidentale qui &lt;i&gt;&#171; avaient &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;s et dont les entailles au couteau tr&#232;s visibles laissaient penser qu'on avait tent&#233; de les diviser &#233;quitablement &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lawrence Osborne - A Pirate's Progress : How the Maritime Rogue Became a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rudesse de la vie en mer faisait de l'entraide une simple tactique de survie. La solidarit&#233; naturelle des matelots entre eux se perp&#233;tua dans l'organisation pirate. Les pirates se &#171; concubinaient &#187; souvent entre eux, de sorte que si l'un mourrait, l'autre r&#233;cup&#233;rait ses biens. Les r&#232;glements pirates incluaient aussi g&#233;n&#233;ralement une forme d'entraide pour que les marins bless&#233;s incapables de participer au combat re&#231;oivent leur part sous forme de pension. Les pirates prenaient tr&#232;s au s&#233;rieux ce genre de solidarit&#233; &#8211; un &#233;quipage pirate au moins est connu pour avoir offert une compensation &#224; ses bless&#233;s puis s'&#234;tre aper&#231;u qu'il ne restait plus rien. Selon la charte de l'&#233;quipage de Batholomew Roberts : &lt;i&gt;&#171; Si (...) un homme perdait une jambe, ou devenait infirme durant son service, il devrait recevoir 800 dollars, provenant des fonds communs, et pour des blessures plus l&#233;g&#232;res, une aide proportionnelle. &#187;&lt;/i&gt; Et celui de l'&#233;quipage de George Lowther : &lt;i&gt;&#171; Celui qui aura le malheur de perdre un membre au combat recevra la somme de cent cinquante livres sterling, et restera avec la compagnie aussi longtemps qu'il lui conviendra. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., p. 59, 258, n38 ; Markus B. Rediker &#8211; Libertalia the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitaines pirates &#233;taient &#233;lus et pouvaient &#234;tre destitu&#233;s &#224; tout moment pour abus d'autorit&#233;. Ils ne jouissaient d'aucun privil&#232;ge particulier : lui &#171; ou tout autre officier n'a pas droit &#224; plus [de nourriture] que les autres hommes, et m&#234;me, le capitaine ne peut garder sa cabine pour lui seul. &#187; Les capitaines pouvaient &#234;tre destitu&#233;s pour l&#226;chet&#233;, cruaut&#233; et, ce qui est r&#233;v&#233;lateur, pour avoir refus&#233; &lt;i&gt;&#171; de capturer et de piller des vaisseaux anglais &#187;&lt;/i&gt; : les pirates avaient tourn&#233; le dos &#224; l'&#201;tat anglais et &#224; ses lois, et il n'&#233;tait pas question de tol&#233;rer le moindre relent de sentiment patriotique. Le capitaine avait juste le droit de commander durant la bataille, sinon toutes les d&#233;cisions &#233;taient prises par l'&#233;quipage tout entier. Cette d&#233;mocratie radicale n'&#233;tait pas forc&#233;ment tr&#232;s efficace : souvent les bateaux pirates erraient sans but jusqu'&#224; ce que l'&#233;quipage prenne une d&#233;cision.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 262.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers boucaniers s'&#233;taient surnomm&#233;s eux-m&#234;mes les &lt;i&gt;&#171; fr&#232;res de la c&#244;te &#187;&lt;/i&gt; &#8211; un terme appropri&#233; puisque les pirates s'&#233;changeaient les navires, se retrouvaient &#224; des points de rendez-vous, se regroupaient entre &#233;quipages pour des attaques combin&#233;es et se retrouvaient entre vieux potes. M&#234;me s'il semble surprenant qu'au travers de la vaste &#233;tendue des oc&#233;ans, les pirates aient gard&#233; le contact et se soient rencontr&#233;s, en fait ils retournaient r&#233;guli&#232;rement vers les divers &#171; ports libres &#187; o&#249; ils &#233;taient accueillis par les trafiquants du march&#233; noir qui achetaient leurs marchandises. Les &#233;quipages pirates se reconnaissaient entre eux, ne s'attaquaient pas mutuellement et travaillaient souvent ensemble pour former de v&#233;ritables flottes. En 1695, par exemple, les &#233;quipages des capitaines Avery, Faro, Want, Maze, Tew et Wake s'unirent pour effectuer un raid sur la flotte du p&#232;lerinage annuel vers la Mecque, avec leurs six navires comptant au moins 500 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se retrouvaient aussi pour festoyer ; comme lors des &#171; saturnales &#187; en 1718, o&#249; les &#233;quipages de Barbe Noire et Charles Vane se rejoignirent dans l'Ile d'Ocracoke en Caroline du Nord. Il est m&#234;me prouv&#233; qu'il y avait un langage pirate unique, ce qui montre bien que les pirates &#233;taient en train de d&#233;velopper leur propre culture. Philip Ashton qui passa seize mois chez les pirates entre 1722 et 1723, rapporta que l'un de ses ravisseurs &lt;i&gt;&#171; selon la coutume des pirates, et dans leur propre dialecte, me demanda, si je voulais signer leur r&#232;glement &#187;&lt;/i&gt;. Il existe une anecdote hilarante sur un captif des pirates qui &lt;i&gt;&#171; sauva sa vie&lt;/i&gt; (&#224; force de) &lt;i&gt;jurer et de blasph&#233;mer &#187;&lt;/i&gt; &#8211; sugg&#233;rant ainsi que l'une des particularit&#233;s de ce langage pirate &#233;tait l'utilisation g&#233;n&#233;reuse de jurons et de blasph&#232;mes. Gr&#226;ce aux s&#233;parations et aux regroupements &#8211; les hommes changeant fr&#233;quemment de bateaux &#8211; il existait une grande continuit&#233; parmi les divers &#233;quipages pirates qui partageaient les m&#234;mes cultures et les m&#234;mes coutumes et qui, au fil du temps, d&#233;velopp&#232;rent une &#171; conscience pirate &#187; sp&#233;cifique. La perspective que cette communaut&#233; pirate puisse prendre une forme plus permanente constituait une menace pour les autorit&#233;s qui craignaient qu'elle ne d&#233;veloppe un &#171; Commonwealth &#187; dans les r&#233;gions inhabit&#233;es, o&#249; &lt;i&gt;&#171; aucun pouvoir dans les parties du monde ne serait parvenu &#224; le leur contester &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., pp. 87-88, 117 ; Douglas Botting and the Editors of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vengeance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un aspect particuli&#232;rement important de ce que nous pourrions appeler la &#171; conscience pirate &#187; &#233;tait la vengeance envers les capitaines et les ma&#238;tres qui les avaient exploit&#233;s auparavant. Le pirate Howell Davis d&#233;clara : &lt;i&gt;&#171; leurs raisons pour devenir pirate &#233;taient qu'ils voulaient se venger des vils marchands et des cruels commandants de vaisseaux &#187;&lt;/i&gt;. En capturant un marchand, les pirates lui administraient g&#233;n&#233;ralement la &lt;i&gt;&#171; Distribution de Justice &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; en s'informant aupr&#232;s de leurs hommes sur la mani&#232;re dont le commandant se comportait et ceux de qui on se plaignait &#187;&lt;/i&gt; &#233;taient &lt;i&gt;&#171; fouett&#233;s et pass&#233;s &#224; la saumure &#187;&lt;/i&gt;. Il est int&#233;ressant de noter que la torture favorite inflig&#233;e aux capitaines captur&#233;s &#233;tait la &lt;i&gt;&#171; Corv&#233;e &#187;&lt;/i&gt; &#8211; en souvenir d'autres corv&#233;es &#8211; lors de laquelle le coupable devait courir en cercle autour du mat d'artimon entre les ponts, tandis que les pirates l'encourageaient &#224; acc&#233;l&#233;rer en lui piquant les fesses &#224; l'aide de &lt;i&gt;&#171; pointes de sabres, de couteaux, de compas, de fourches, etc. &#187;&lt;/i&gt;, ceci au son d'une gigue endiabl&#233;e. Il semble que les pirates &#233;taient d&#233;termin&#233;s &#224; donner au ma&#238;tre le go&#251;t de sa propre m&#233;decine &#8211; en cr&#233;ant un cercle litt&#233;ralement vicieux ou un man&#232;ge de discipline qui &#233;voquait la vie p&#233;nible du marin. Le plus militant de ces redresseurs de torts des mers &#233;tait sans doute Philip Lyne, qui lors de son arrestation en 1726, confessa qu'il &lt;i&gt;&#171; avait tu&#233; 37 ma&#238;tres de vaisseaux &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cordingly - Life Among the Pirates, p. 271 ; Ritchie, Op. Cit., p. 234 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien radical Marcus Rediker a d&#233;couvert d'int&#233;ressants indices sur l'int&#233;r&#234;t port&#233; par les pirates pour la revanche dans les noms donn&#233;s &#224; leurs bateaux &#8211; le groupe de noms le plus r&#233;pandu contenait le mot &lt;i&gt;revenge&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vengeance (ndlt).&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme par exemple le &lt;i&gt;Queen Anne's Revenge&lt;/i&gt; de Barbe Noire, o&#249; celui de John Cole, le &lt;i&gt;New York Revenge's Revenge&lt;/i&gt;. Le Capitaine marchand Thomas Checkley avait raison en d&#233;crivant les pirates qui avaient captur&#233; son navire comme se pr&#233;tendant des &lt;i&gt;&#171; hommes de Robin des Bois &#187;&lt;/i&gt;. Il y a d'autres indices &#224; ce sujet dans le nom d'un autre bateau, le &lt;i&gt;Little John&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un des plus c&#233;l&#232;bres compagnons de Robin. Il doit son nom fran&#231;ais, Petit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui appartenait au pirate John Ward. Pour Peter Lamborn Wilson, ceci&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; nous donne une indication pr&#233;cieuse sur ses id&#233;es et sur l'image qu'il avait de lui-m&#234;me : il se consid&#233;rait &#224; l'&#233;vidence comme une sorte de Robin des Mers. Certains indices nous sugg&#232;rent d'ailleurs qu'il donnait aux pauvres et qu'il &#233;tait nettement d&#233;termin&#233; &#224; prendre aux riches &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 269 ; Peter Lamborn Wilson - Utopies Pirates : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de l'&#201;tat &#224; ces joyeux marins des sept mers fut brutale &#8211; le crime de piraterie &#233;tait puni de mort. Les premi&#232;res ann&#233;es du 18&#232;me si&#232;cle virent les &lt;i&gt;&#171; officiers royaux et les pirates &lt;/i&gt; [pi&#233;g&#233;s] &lt;i&gt;dans un syst&#232;me de terreur r&#233;ciproque &#187;&lt;/i&gt; avec l'antagonisme des pirates contre la soci&#233;t&#233; s'accentuant et les autorit&#233;s &#233;tant plus que jamais d&#233;termin&#233;es &#224; les traquer. Des rumeurs voulurent que les pirates qui avaient tir&#233; profit du pardon royal de 1698 se virent refuser ses avantages en se rendant, ce qui ne fit qu'accro&#238;tre la m&#233;fiance et l'antagonisme ; les pirates r&#233;solurent alors de &lt;i&gt;&#171; ne plus tenir compte des offres de pardon, mais en cas d'attaque, de se d&#233;fendre contre leurs compatriotes d&#233;loyaux qui tomberaient entre leurs mains &#187;&lt;/i&gt;. En 1722, le Capitaine Luke Knott se vit accorder 230 livres pour la perte de son emploi : apr&#232;s avoir livr&#233; 8 pirates, &lt;i&gt;&#171; il fut oblig&#233; de quitter le service marchand, les pirates le mena&#231;ant de le torturer &#224; mort si jamais il tombait entre leurs main &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agissait aucunement d'une menace en l'air &#8211; en 1720, les pirates de l'&#233;quipage de Bartholomew Roberts &lt;i&gt;&#171; br&#251;l&#232;rent et d&#233;truisirent, ouvertement et en plein jour (...) des vaisseaux sur la route de Basseterre (St. Kitts) et eurent l'audace d'insulter H. M. Fort &#187;&lt;/i&gt;, pour se venger de l'ex&#233;cution de &lt;i&gt;&#171; leurs camarades &#224; Nevis &#187;&lt;/i&gt;. Roberts envoya ensuite un courrier au gouverneur, lui indiquant qu'&lt;i&gt;&#171; ils viendraient et br&#251;leraient la ville (Sandy Point) autour de lui pour y avoir pendu les pirates &#187;&lt;/i&gt;. Roberts se fit m&#234;me faire un drapeau le montrant debout sur deux cr&#226;nes avec les inscriptions ABH et AMH - A Barbadian's Head et A Martican's Head&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une T&#234;te de la Barbade et Une T&#234;te de la Martinique (ndlt).&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Plus tard au cours de cette m&#234;me ann&#233;e, il donna corps &#224; sa vendetta contre ces deux &#238;les en pendant le gouverneur de la Martinique en bout de vergue. Comme des primes &#233;taient offertes pour la capture des pirates, ceux-ci y r&#233;pondirent en offrant des r&#233;compenses pour la capture de certains personnages officiels. Et lorsque les pirates &#233;taient captur&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s, d'autres &#233;quipages pirates vengeaient g&#233;n&#233;ralement leurs fr&#232;res en attaquant la ville qui les avait condamn&#233;s, ou les bateaux qui se trouvaient dans son port. Cette forme de solidarit&#233; montre qu'une v&#233;ritable communaut&#233; pirate s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e, et que ceux qui naviguaient sous &lt;i&gt;&#171; la banni&#232;re du Roi de la Mort &#187;&lt;/i&gt; ne se consid&#233;raient plus comme Anglais, Hollandais ou Fran&#231;ais, mais comme des pirates.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., pp. 255, 274, 277 ; Ritchie, Op. Cit., p. 234 ; Botting - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Piraterie et Esclavage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Age d'Or de la piraterie est aussi celui du commerce d'esclaves dans l'Atlantique. La relation entre la piraterie et le commerce d'esclaves est complexe et ambigu&#235;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pirates particip&#232;rent au commerce d'esclaves et eurent la m&#234;me attitude que leurs compatriotes envers les Africains dont ils se servaient comme monnaie d'&#233;change. Cependant, tous les pirates ne particip&#232;rent pas au commerce des esclaves. En fait, un grand nombre de pirates &#233;taient d'anciens esclaves ; il y avait bien plus de Noirs sur les bateaux pirates que sur les navires de guerre ou de commerce, et les observateurs qui ont mentionn&#233; leur pr&#233;sence ne les qualifiaient que rarement d'esclaves. La plupart de ces pirates noirs &#233;taient des esclaves en fuite, qui rejoignaient les pirates au cours de leur voyage depuis l'Afrique, apr&#232;s avoir d&#233;sert&#233; les plantations, ou encore qui &#233;taient envoy&#233;s comme esclaves pour travailler &#224; bord des navires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait sans doute quelques hommes libres, comme les &lt;i&gt;&#171; N&#232;gres libres &#187;&lt;/i&gt;, des marins de Deptford qui en 1721 men&#232;rent &lt;i&gt;&#171; une mutinerie parce que nous avions trop d'officiers, et que le travail &#233;tait trop dur, et ainsi de suite &#187;&lt;/i&gt;. La vie en mer en g&#233;n&#233;ral offrait plus d'autonomie aux Noirs que la vie dans les plantations, mais la piraterie, plus particuli&#232;rement, pouvait &#8211; bien que cela soit tr&#232;s risqu&#233; &#8211; offrir l'une des rares chances d'&#234;tre libre pour un Africain, dans l'Atlantique du 18&#232;me si&#232;cle. Par exemple, un quart des deux cents hommes d'&#233;quipage du vaisseau du Capitaine Bellamy, le Whydah, &#233;taient noirs, et des t&#233;moignages sur le naufrage de ce navire pirate en 1717 &#224; Wellfleet, Massachusetts, rapportent que nombre des corps rejet&#233;s sur le rivage &#233;taient ceux de Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien de la piraterie Kenneth Kinkor affirme que m&#234;me si le Whydah &#233;tait &#224; l'origine un n&#233;grier, les Noirs qui se trouvaient &#224; bord lors du naufrage &#233;taient bien des membres de l'&#233;quipage et non des esclaves. En partie parce que les pirates, comme d'autres matelots, &lt;i&gt;&#171; n'avaient que m&#233;pris pour les terriens &#187;&lt;/i&gt;, un homme noir qui savait manier les cordages et les n&#339;uds &#233;tait plus &#224; m&#234;me de gagner le respect qu'un homme vivant &#224; terre et n'y connaissant rien. Selon Kinkor : &lt;i&gt;&#171; Les pirates jugeaient les Africains sur leur fa&#231;on de parler et leurs aptitudes maritimes &#8211; en d'autres termes, sur leurs connaissances &#8211; plut&#244;t que sur leur race. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., pp. 133-4 ; W. Jeffrey Bolster, Black Jacks : African (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pirates noirs menaient souvent l'abordage pour capturer un navire. Le vaisseau pirate le Morning Star &lt;i&gt;&#171; avait un cuisinier noir doublement arm&#233; &#187;&lt;/i&gt; lors des abordages et plus de la moiti&#233; des hommes d'abordage d'Edward Condent sur le Dragon Volant &#233;taient noirs. Certains pirates noirs devinrent quartier-ma&#238;tre ou capitaine. Par exemple, en 1699, lorsque le Capitaine Kidd jeta l'ancre &#224; New York, deux sloops l'attendaient, dont l'un &#233;tait &lt;i&gt;&#171; celui d'un petit homme noir... qui avait &#233;t&#233; auparavant le quartier-ma&#238;tre du Capitaine Kidd &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 133 ; Bolster, Op. Cit., p. 15.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 17&#232;me si&#232;cle, les Noirs trouv&#233;s sur un bateau pirate n'&#233;taient pas jug&#233;s avec les autres pirates parce que l'on pensait qu'ils &#233;taient des esclaves, mais au 18&#232;me, ils &#233;taient ex&#233;cut&#233;s aux c&#244;t&#233;s de leurs &#171; fr&#232;res &#187; blancs. N&#233;anmoins, le sort le plus probable pour un pirate noir captur&#233; &#233;tait d'&#234;tre vendu comme esclave, qu'il soit affranchi ou non. Lorsque Barbe Noire fut captur&#233; par la Royal Navy en 1718, cinq de ses dix-huit hommes d'&#233;quipages &#233;taient noirs, et selon le Conseil du Gouverneur de Virginie, les cinq Noirs &#233;taient &lt;i&gt;&#171; autant impliqu&#233;s que le reste de l'&#233;quipage dans les m&#234;mes actes de piraterie &#187;&lt;/i&gt;. Un &lt;i&gt;&#171; coquin d&#233;termin&#233;, un N&#232;gre &#187;&lt;/i&gt; nomm&#233; C&#233;sar fut pris alors qu'il allait faire sauter le navire plut&#244;t que d'&#234;tre captur&#233; et d'&#234;tre probablement de nouveau r&#233;duit en esclavage.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., pp. 133-4, 249 n37 ; Bolster, Op. Cit., p. 14 ; Captain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1715, le Conseil de la Colonie de Virginie s'inqui&#233;tait des liens entre le &lt;i&gt;&#171; ravage des pirates &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; une insurrection de N&#232;gres &#187;&lt;/i&gt;. Il avait bien raison de s'inqui&#233;ter. En 1716, les esclaves d'Antigua &#233;taient devenus &lt;i&gt;&#171; tr&#232;s impudents et insultants &#187;&lt;/i&gt; et il fut signal&#233; que bon nombre &lt;i&gt;&#171; rejoignirent ces pirates qui ne semblent pas faire grand cas des diff&#233;rences raciales &#187;&lt;/i&gt;. Ces liens &#233;taient transatlantiques ; s'&#233;tendant depuis le c&#339;ur de l'Empire, &#224; Londres, jusqu'aux colonies d'esclaves des Am&#233;riques et la &#171; C&#244;te de l'Esclavage &#187; en Afrique. Au d&#233;but des ann&#233;es 1720, un groupe de pirates s'&#233;tablit en Afrique occidentale, rejoignant et se m&#233;langeant aux Kru &#8211; un peuple d'Afrique occidentale originaires de ce qui est actuellement la Sierra Leone et le Liberia, renomm&#233; pour sa technique de navigation dans de longues pirogues et pour avoir men&#233; les r&#233;voltes d'esclaves lorsqu'il fut soumis. Ces pirates faisaient probablement partie de l'&#233;quipage de Bartholomew Roberts qui avait d&#251; s'enfuir dans les bois lors de l'attaque de la Navy en 1722. Cette alliance n'est pas si inhabituelle lorsque l'on consid&#232;re que sur les 157 hommes qui ne purent s'&#233;chapper du bateau de Roberts, et furent captur&#233;s ou tu&#233;s &#224; bord, 45 &#233;taient noirs &#8211; probablement ni des pirates ni des esclaves, mais des &lt;i&gt;&#171; marins noirs, plus commun&#233;ment appel&#233;s gr&#233;metes &#187;&lt;/i&gt; &#8211; des marins africains ind&#233;pendants venant principalement de la Sierra Leone, et qui auraient rejoint les pirates &lt;i&gt;&#171; contre un modeste salaire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., pp. 134, 249 n42, 250 n44 ; Bolster, Op. Cit., pp. 50-1&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut voir comment ces liens s'&#233;taient &#233;tendus et comment l'h&#233;ritage des pirates s'est diss&#233;min&#233; m&#234;me apr&#232;s la d&#233;faite en observant le destin d'une partie de ceux qui avaient &#233;t&#233; captur&#233;s &#224; bord du bateau pirate de Roberts. Par la suite, les &lt;i&gt;&#171; N&#232;gres &#187;&lt;/i&gt; de son &#233;quipage se mutin&#232;rent &#224; cause des mauvaises conditions et des &lt;i&gt;&#171; repas r&#233;duits &#187;&lt;/i&gt; que leur proposait la &lt;i&gt;Navy&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup d'entre eux avaient longtemps v&#233;cu comme des pirates &#187;&lt;/i&gt;, ce qui signifiait bien &#233;videmment pour eux plus de libert&#233; et une meilleure nourriture.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker, Op. Cit., p. 134 ; Captain Johnson, Op. Cit.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Devenir indig&#232;ne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lionel Wafer &#233;tait un chirurgien fran&#231;ais qui avait ralli&#233; un &#233;quipage de boucaniers aux Cara&#239;bes en 1677. Au retour d'un voyage aux Indes orientales, victime d'un accident, il dut se r&#233;tablir dans un village indien et finit par adopter les coutumes locales. Voici sa description du retour de marins anglais dans ce village :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais assis, les jambes crois&#233;es parmi les Indiens. Selon leurs coutumes, j'&#233;tais peint comme eux, avec pour seul v&#234;tement un pagne, et mon anneau de nez pendant au-dessus de ma bouche. Il a fallu presque une heure avant qu'un membre de l'&#233;quipage, en me regardant de plus pr&#232;s, ne s'&#233;crie, &#8216;Voici notre docteur', et imm&#233;diatement tous salu&#232;rent mon arriv&#233;e parmi eux. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lionel Wafer, Voyage de Mr. Wafer, o&#249; l'on trouve la description de l'Isthme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce genre d'abandon de la &#171; civilisation &#187; pour le mode de vie indig&#232;ne n'&#233;tait pas toujours accidentel. Les boucaniers des Cara&#239;bes tirent leur nom du boucan, une technique de fumage de la viande qu'ils tenaient des Indiens Arawak. A l'origine, les boucaniers squattaient des terres sur la vaste &#238;le d'Hispaniola qui appartenait &#224; l'Espagne (d&#233;sormais Ha&#239;ti et la R&#233;publique dominicaine) &#8211; et se tourn&#232;rent vers la piraterie lorsque les Espagnols tent&#232;rent de les expulser. Sur Hispaniola, ils vivaient de la m&#234;me fa&#231;on que les indig&#232;nes qui les y avaient pr&#233;c&#233;d&#233;s. Ce mode de vie &lt;i&gt;maroon&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux Antilles et en Guyane : esclave &#233;vad&#233; ou &#171; N&#232;gre libre &#187;.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;tait clairement identifi&#233; &#224; la piraterie. Hormis les boucaniers d'Hispaniola et de Tortuga, le principal groupe d'Europ&#233;ens marginaux dans le Nouveau Monde &#233;tait celui des b&#251;cherons de la Baie de Campeche (aujourd'hui Honduras et Belize), un &lt;i&gt;&#171; &#233;quipage d'ivrognes insolents &#187;&lt;/i&gt; consid&#233;r&#233;s par la plupart des observateurs comme interchangeable avec des pirates. Ils choisirent consciemment un mode de vie non-cumulatif dans des villages communautaires ind&#233;pendants &#224; la p&#233;riph&#233;rie du monde.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platt and Chambers, Pirate pp. 26-7 ; Rediker, Op. Cit., p. 146 ; Cordingly, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations des pirates avec les indig&#232;nes qu'ils rencontraient &#233;taient variables. Certains pirates en faisaient des esclaves, les for&#231;ant &#224; travailler pour eux, violant les femmes et volant ce qui les int&#233;ressait. En revanche, d'autres pirates s'installaient et se mariaient &#8211; int&#233;grant la soci&#233;t&#233; indig&#232;ne. C'est plus particuli&#232;rement &#224; Madagascar, o&#249; les pirates se m&#234;l&#232;rent &#224; la population, que se d&#233;veloppa &lt;i&gt;&#171; une race de mul&#226;tres &#224; la peau sombre &#187;&lt;/i&gt;. Les contacts et les &#233;changes culturels entre pirates, marins et Africains ont entra&#238;n&#233; des similarit&#233;s incontestables entre chansons de marins et chants africains. En 1743, des marins furent traduits devant une cour martiale pour avoir chant&#233; un &lt;i&gt;&#171; chant n&#232;gre &#187;&lt;/i&gt;. Ce genre de rapprochement se fit dans les deux sens et n'&#233;tait pas aussi rare que l'on pourrait croire. Un pirate du nom de William May, &#233;chou&#233; sur l'&#238;le de Johanna &#224; Madagascar, fut fort surpris lorsqu'un des &#171; n&#232;gres &#187; s'adressa &#224; lui en parlant anglais couramment. Il apprit que l'homme avait &#233;t&#233; enlev&#233; de son &#238;le par un navire anglais et qu'il avait v&#233;cu un moment &#224; Bethnal Green, &#224; Londres, avant de revenir chez lui. Son nouvel ami lui &#233;vita d'&#234;tre captur&#233; par les Anglais et d'&#234;tre ensuite amen&#233; &#224; Bombay pour y &#234;tre pendu.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Captain Johnson, Op. Cit., Ritchie, Op. Cit., pp.86-7, 104, 118.&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les pirates se consid&#232;rent comme des rois libres, comme des empereurs individuels autonomes &#233;tait une des caract&#233;ristiques de ce que l'on pourrait nommer &#171; l'id&#233;ologie pirate &#187;. Ceci &#233;tait en partie li&#233;e au r&#234;ve de richesse &#8211; Henry Avery &#233;tait idol&#226;tr&#233; pour l'&#233;norme fortune qu'il avait pill&#233;e ; certains pensaient qu'il avait m&#234;me b&#226;ti son propre royaume pirate. Mais il y eut un pirate qui connut une histoire encore plus &#233;difiante, puisqu'il avait d&#233;but&#233; comme esclave en Martinique : Abraham Samuel, &lt;i&gt;&#171; Tolinor Rex &#187;&lt;/i&gt;, le Roi de Fort Dauphin. Samuel &#233;tait un esclave en fuite qui avait ralli&#233; l'&#233;quipage du navire pirate John &amp; Rebecca, dont il devint finalement quartier-ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1696, les pirates s'empar&#232;rent d'un important butin et d&#233;cid&#232;rent de se retirer et de s'&#233;tablir &#224; Madagascar. Samuel se retrouva dans l'ancienne colonie fran&#231;aise de Fort Dauphin o&#249; la princesse locale l'identifia comme &#233;tant l'enfant qu'elle avait eu d'un Fran&#231;ais durant l'occupation de la colonie. Samuel se retrouva soudainement h&#233;ritier du tr&#244;ne vacant de ce royaume. Les n&#233;griers et les marchands venaient en masse pour commercer avec le &#171; Roi Samuel &#187; mais il garda ses sympathies pour ses camarades pirates, les autorisant, et les assistant m&#234;me dans le pillage des navires marchands qui venaient pour commercer avec lui. Il y eut un certain nombre de personnages similaires, peut-&#234;tre moins flamboyants, dans les ports et les rades de Madagascar &#8211; des pirates ou des n&#233;griers qui &#233;taient devenus des chefs locaux &#224; la t&#234;te d'arm&#233;es priv&#233;es d'au moins 500 hommes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., pp. 84-5&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sexe, drogues &amp; rock n'roll&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les pirates semblent s'&#234;tre beaucoup plus amus&#233;s que leurs pauvres camarades des navires de guerre ou de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils organisaient de sacr&#233;es f&#234;tes &#8211; en 1669, pr&#232;s des c&#244;tes d'Hispaniola, des boucaniers d'Henry Morgan firent sauter leur propre navire lors d'une f&#234;te particuli&#232;rement tapageuse qui, comme toute f&#234;te pirate qui se respecte, comportait son lot de fusillades &#233;m&#233;ch&#233;es avec les armes du navire. Ils s'&#233;taient d&#233;brouill&#233;s pour mettre le feu aux poudres dans la soute du navire, ce qui provoqua sa destruction compl&#232;te. Lors de certains voyages, l'alcool &lt;i&gt;&#171; coulait &#224; flots &#187;&lt;/i&gt; et pour nombre de matelots, la promesse de grog &#224; volont&#233; avait &#233;t&#233; l'une des principales raisons pour quitter la marine marchande afin de devenir pirate. Mais ceci se retournait parfois contre eux &#8211; un groupe de pirates mit trois jours &#224; capturer un navire parce qu'il n'y avait jamais assez d'hommes &#224; jeun disponibles. Les marins en g&#233;n&#233;ral d&#233;testaient les voyages sans alcool &#8211; l'une des principales raisons &#233;tant que sous les tropiques l'eau avait tendance &#224; accueillir des cr&#233;atures qu'il fallait filtrer entre les dents.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert C. Ritchie - Captain Kidd and the War against the Pirates pp. 59, 69, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une f&#234;te pirate n'&#233;tait pas digne de ce nom sans musique. Les pirates &#233;taient renomm&#233;s pour leur amour de la musique et ils engageaient souvent des musiciens pour la dur&#233;e du voyage. Durant le jugement de l'&#233;quipage de Black Bart Bartholomew Roberts en 1722, deux hommes furent acquitt&#233;s parce qu'ils &#233;taient de simples musiciens. Les pirates semblent avoir utilis&#233; la musique lors des batailles : il fut dit d'un des deux hommes, James White, que &lt;i&gt;&#171; son travail consistait &#224; faire de la musique &#224; la poupe au moment de l'action &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cordingly - Life Among the Pirates, p.115.&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, la libert&#233; que la piraterie offrait, &#224; l'oppos&#233; du monde de contraintes qu'ils venaient de quitter, s'&#233;tendait &#224; la sexualit&#233;. La soci&#233;t&#233; europ&#233;enne du 17&#232;me et du 18&#232;me si&#232;cles &#233;tait sauvagement anti-homosexuelle. La &lt;i&gt;Royal Navy&lt;/i&gt; menait r&#233;guli&#232;rement des campagnes anti-sodomie sur les navires &#224; bord desquels les hommes &#233;taient confin&#233;s ensemble pour des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les navires de guerre et de commerce, on consid&#233;rait la sexualit&#233; incompatible avec le travail et la discipline &#224; bord, comme le pr&#233;cisa le pasteur John Flavel en &#233;crivant au commer&#231;ant John Lovering au sujet des marins : &lt;i&gt;&#171; la mort de leur d&#233;sir est le meilleur moyen pour donner vie &#224; votre commerce. &#187;&lt;/i&gt; Dans &lt;i&gt;Sodomy and the Pirate's Tradition&lt;/i&gt;, B. R. Burg sugg&#232;re que la grande majorit&#233; des pirates &#233;taient homosexuels, et m&#234;me s'il n'existe pas suffisamment de preuves pour soutenir cette th&#233;orie, il n'en est pas moins s&#251;r que pour ce genre de pratiques, une colonie pirate &#233;tait l'endroit le plus s&#251;r. Au d&#233;but, certains des boucaniers d'Hispaniola et de Tortuga vivaient dans une sorte d'union homosexuelle connue sous le nom de matelotage, mettant en commun ce qu'ils poss&#233;daient, le survivant h&#233;ritant alors de la part de son compagnon. M&#234;me apr&#232;s que les femmes eurent rejoint les boucaniers, le matelotage continua, un matelot partageant alors sa femme avec son partenaire. Louis Le Golif, dans ses M&#233;moires d'un Boucanier, se plaignait de l'homosexualit&#233; &#224; Tortuga, o&#249; il dut combattre dans deux duels afin de tenir &#224; distance deux pr&#233;tendants pleins d'ardeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le Gouverneur fran&#231;ais de Tortuga fit venir des centaines de prostitu&#233;es, dans l'espoir de d&#233;tourner les boucaniers de leurs pratiques. Le capitaine pirate Robert Culliford, avait un &lt;i&gt;&#171; grand consort &#187;&lt;/i&gt;, John Swann avec lequel il vivait. Certains pirates achetaient de &lt;i&gt;&#171; beaux gar&#231;ons &#187;&lt;/i&gt; pour en faire leurs compagnons. Sur un navire pirate, un jeune homme qui reconnut avoir eu une relation homosexuelle fut mis aux fers et maltrait&#233;, mais il semble qu'il s'agit l&#224; d'une exception. Il est &#233;galement significatif que dans aucune charte pirate on ne trouve d'articles contre l'homosexualit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. pp. 122-5 ; Marcus B. Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger : The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Femmes pirates&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vie de libert&#233; sous le drapeau noir, le Jolly Roger, s'&#233;tendait &#224; un autre groupe qui pourrait surprendre de voleurs des mers : les femmes pirates. Il n'&#233;tait pas si rare de voir naviguer des femmes aux 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles. Il existait une tradition assez bien &#233;tablie de femmes s'&#233;tant travesties pour faire fortune, ou bien suivre leur mari ou leur amant en mer. Bien s&#251;r, on ne conna&#238;t que celles qui ont &#233;t&#233; prises et reconnues comme telles. Leurs s&#339;urs plus chanceuses ont navigu&#233; dans l'anonymat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans ce cas, il semblerait que les femmes &#224; bord des bateaux pirates &#233;taient peu nombreuses, ce qui, par ironie, a peut-&#234;tre contribu&#233; &#224; leur chute &#8211; il &#233;tait relativement facile pour l'Etat d'&#233;craser la communaut&#233; pirate, parce que celle-ci &#233;tait largement dispers&#233;e et fondamentalement fragile ; les pirates avaient du mal &#224; avoir une descendance ou &#224; se d&#233;velopper. En comparaison, les pirates des mers de la Chine du Sud, qui eurent plus de chance et dur&#232;rent plus longtemps, &#233;taient organis&#233;s en groupes familiaux rassemblant les hommes, les femmes et les enfants sur les navires &#8211; de sorte qu'il y avait toujours une nouvelle g&#233;n&#233;ration de pirates par&#233;e &#224; l'abordage.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 8-11, 233 n26 ; Captain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les pirates en g&#233;n&#233;ral se d&#233;finissaient en opposition avec les relations sociales du capitalisme naissant des 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles, certaines femmes trouv&#232;rent dans la piraterie une fa&#231;on de se rebeller contre l'&#233;mergence des r&#244;les li&#233;s aux genres. Par exemple, Charlotte du Berry, n&#233;e en Angleterre en 1636, suivit son mari dans la marine de guerre en s'habillant en homme. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; viol&#233;e sur un vaisseau &#224; destination de l'Afrique, elle mena une mutinerie contre le capitaine qui l'avait violent&#233;e, et lui trancha la t&#234;te avec un poignard. Elle devint alors capitaine pirate, son navire croisant la c&#244;te africaine pour capturer des bateaux charg&#233;s d'or. Il y eut &#233;galement d'autres femmes pirates moins chanceuses ; en 1726 les autorit&#233;s de Virginie jug&#232;rent Mary Harley (ou Harvey) et trois hommes pour piraterie. Les trois hommes furent condamn&#233;s &#224; la pendaison mais Harley fut lib&#233;r&#233;e. Thomas, le mari de Mary &#233;galement pirate, semble avoir &#233;chapp&#233; &#224; la capture. Mary et son mari avaient &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s vers les colonies une ann&#233;e auparavant. Trois ans plus tard, en 1729, une autre d&#233;port&#233;e &#233;tait jug&#233;e pour piraterie dans la colonie de Virginie. Les six membres d'un gang pirate, dont Mary Crickett (ou Crichett), et Edmund Williams, chef de ce gang, furent d&#233;port&#233;s en Virginie en 1728 comme criminels.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platt and Chambers - Pirate p. 33 ; Rediker - Liberty beneath the Jolly (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les femmes pirates au sujet desquelles nous en savons le plus sont Anne Bonny et Mary Read. Mary Read &#233;tait une enfant ill&#233;gitime, et fut &#233;lev&#233;e comme un gar&#231;on par sa m&#232;re afin de la faire passer pour son fils l&#233;gitime parmi sa famille. Elle dut s'endurcir pour faire face &#224; une vie difficile et adolescente, elle &#233;tait d&#233;j&#224; &lt;i&gt;&#171; audacieuse et forte &#187;&lt;/i&gt;. Mary semble avoir appr&#233;ci&#233; son identit&#233; masculine et elle s'engagea comme marin sur un navire de guerre, puis comme soldat anglais lors de la guerre des Flandres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la guerre, elle embarqua sur un navire hollandais &#224; destination des Cara&#239;bes. Lorsque son navire fut captur&#233; par l'&#233;quipage pirate de Calico Jack Rackam, dont faisait partie Anne Bonny, elle d&#233;cida de tenter sa chance avec les pirates. Il semble qu'elle se soit adapt&#233;e &#224; cette vie, et elle tomba bient&#244;t amoureuse d'un des membres de l'&#233;quipage. Son amant s'&#233;tant disput&#233; avec un autre pirate, ce qui impliquait, selon leur tradition, de r&#233;gler l'affaire &lt;i&gt;&#171; &#224; l'&#233;p&#233;e et au pistolet &#187;&lt;/i&gt;, Mary le sauva en cherchant la bagarre avec son adversaire : elle le provoqua en duel deux heures avant le combat pr&#233;vu et le transper&#231;a de son sabre d'abordage.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 3-5, 8, 13 ; Platt and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Bonny &#233;tait l'enfant ill&#233;gitime d'une servante en Irlande et grandit d&#233;guis&#233;e en gar&#231;on, son p&#232;re pr&#233;tendant qu'elle &#233;tait l'enfant d'un parent dont ont lui avait confi&#233; la garde. Il l'emmena par la suite &#224; Charleston, en Caroline du Sud, o&#249; il n'&#233;tait plus n&#233;cessaire de dissimuler son identit&#233;. Annie devint une femme &lt;i&gt;&#171; robuste &#187;&lt;/i&gt; avec un &lt;i&gt;&#171; temp&#233;rament f&#233;roce et courageux &#187;&lt;/i&gt;. En effet, &lt;i&gt;&#171; un jour o&#249; un jeune homme tentait de coucher avec elle contre sa volont&#233;, elle le frappa si durement qu'il en resta longtemps alit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Elle s'enfuit vers les Cara&#239;bes o&#249; elle tomba amoureuse d'un capitaine pirate nomm&#233; Calico Jack Rackam (on l'appelait ainsi &#224; cause de ses v&#234;tements bizarres et pittoresques). Anne et Calico Jack, &lt;i&gt;&#171; d&#233;couvrant qu'ils ne pouvaient jouir librement de la compagnie l'un de l'autre par des moyens honn&#234;tes, d&#233;cid&#232;rent de s'enfuir ensemble, et d'en jouir malgr&#233; le monde entier &#187;&lt;/i&gt;. Ils d&#233;rob&#232;rent un navire dans le port et durant les deux ann&#233;es qui suivirent, Bonny seconda Rackam tout en &#233;tant son amante, &#224; la t&#234;te d'un &#233;quipage (dont fera bient&#244;t partie Mary Read d&#233;guis&#233;e en homme qui les rejoindra suite &#224; la capture de son navire) qui pillait les navires dans les Cara&#239;bes et les eaux c&#244;ti&#232;res de l'Am&#233;rique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 5-7, 13-16, 234 n41 ; Platt (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des t&#233;moins &#224; leur proc&#232;s, une femme du nom de Dorothy Thomas qui avait &#233;t&#233; faite prisonni&#232;re par les pirates, affirma que les femmes &lt;i&gt;&#171; portaient des vestes d'hommes, des pantalons longs, et des foulards nou&#233;s autour de la t&#234;te, et que chacune d'entre elles avait une machette et un pistolet en main &#187;&lt;/i&gt;. Bien que Read et Bonny portaient des v&#234;tements d'hommes, leur prisonni&#232;re ne s'y trompa pas ; pour elle &lt;i&gt;&#171; la raison pour laquelle elle sut qu'il s'agissait de femmes &#233;tait la grosseur de leurs seins &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres prisonniers captur&#233;s par les pirates racont&#232;rent que Bonny et Read &lt;i&gt;&#171; &#233;taient toutes deux tr&#232;s d&#233;vergond&#233;es, ne cessant de sacrer et de jurer, et toujours pr&#234;tes et d&#233;sireuses de faire ce qu'il y avait &#224; faire &#224; bord &#187;&lt;/i&gt;. Les deux femmes semblent avoir b&#233;n&#233;fici&#233; d'un certain ascendant ; par exemple, elles faisaient partie du groupe d&#233;sign&#233; pour monter &#224; l'abordage &#8211; un r&#244;le confi&#233; aux membres les plus courageux et les plus respect&#233;s de l'&#233;quipage. Lorsque les pirates &lt;i&gt;&#171; apercevaient un navire, le traquaient ou l'attaquaient &#187;&lt;/i&gt;, les deux femmes &lt;i&gt;&#171; portaient des v&#234;tements d'hommes &#187;&lt;/i&gt;, et en toutes autres occasions, &lt;i&gt;&#171; elles portaient des v&#234;tements de femmes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 7-8.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rackam, Bonny et Read furent captur&#233;s ensemble par un sloop britannique qui quittait la Jama&#239;que en 1720. L'&#233;quipage &#233;tait compl&#232;tement ivre (un fait banal) et se cacha dans la cale &#8211; un seul d'entre eux hormis Read et Bonny eut le courage de combattre. Ec&#339;ur&#233;e, Mary Read fit feu avec son pistolet en direction de la cale &lt;i&gt;&#171; tuant un homme d'&#233;quipage et en blessant plusieurs autres &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-huit hommes d'&#233;quipage avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jug&#233;s et condamn&#233;s &#224; la pendaison lorsque les femmes arriv&#232;rent au tribunal. Trois d'entre eux, dont Rackam, furent plus tard pendus &#224; des emplacements de choix afin de servir d'instruction morale et d'&lt;i&gt;&#171; exemple public &#187;&lt;/i&gt; aux marins qui passeraient &#224; c&#244;t&#233; de leurs corps en d&#233;composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Mary Read insista sur le fait que les &#171; hommes de courage &#187; &#8211; comme elle &#8211; ne craignent pas la mort. Le courage &#233;tait une des principales vertus parmi les pirates &#8211; car seul le courage leur permettait de survivre. Calico Jack Rackam &#233;tait pass&#233; du rang de quartier-ma&#238;tre &#224; celui de capitaine lorsque le capitaine en charge, Charles Vane, avait &#233;t&#233; destitu&#233; par son &#233;quipage pour l&#226;chet&#233;. C'est pourquoi ce fut une fin ignominieuse pour Rackam, de s'entendre dire par Anne Bonny, avant d'&#234;tre pendu, que &lt;i&gt;&#171; s'il s'&#233;tait battu comme un homme, il n'aurait pas &#233;t&#233; pendu comme un chien &#187;&lt;/i&gt;. Bonny et Read &#233;chapp&#232;rent toutes deux &#224; l'ex&#233;cution car elle &#171; plaid&#232;rent que leur ventre portait enfant, et implor&#232;rent que l'ex&#233;cution soit report&#233;e &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. pp. 2-3, 5-7, 13-14 ; Platt and Chambers - Pirate pp. 32, 35 ; Captain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Misson et Libertalia&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plus c&#233;l&#232;bre utopie pirate fut celle du Capitaine Misson et de son &#233;quipage, qui &#233;tablirent leur communaut&#233; intentionnelle, leur utopie sans loi, Libertalia, au nord de Madagascar au 18&#232;me si&#232;cle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce jour, aucune preuve historique n'atteste que Libertalia ait jamais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Misson &#233;tait fran&#231;ais, il naquit en Provence, et c'est &#224; Rome alors qu'il &#233;tait en permission de son poste sur le vaisseau de guerre fran&#231;ais La Victoire, qu'il perdit sa foi, d&#233;go&#251;t&#233; par la d&#233;cadence de la cour papale. A Rome, il rencontra Caraccioli &#8211; un &lt;i&gt;&#171; pr&#234;tre libertin &#187;&lt;/i&gt; qui d&#233;cida d'embarquer avec lui sur la Victoire. Au cours des longs voyages sans grande occupation si ce n'est la discussion, Caraccioli convertit progressivement Misson et une grande partie de l'&#233;quipage &#224; une sorte de communisme ath&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'attaqua &#224; la question politique, et montra &#224; ses auditeurs que tout homme &#233;tait n&#233; libre et avait autant droit aux ressources n&#233;cessaires &#224; sa vie, qu'&#224; l'air qu'il respirait. (...) Que l'immense diff&#233;rence qui existait entre l'homme qui se vautrait dans le luxe et celui qui se voyait plong&#233; dans la mis&#232;re la plus noire r&#233;sultait seulement de l'avarice et de l'ambition d'une part, d'une suj&#233;tion craintive de l'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;S'embarquant pour une carri&#232;re dans la piraterie, l'&#233;quipage de La Victoire, fort de 200 hommes, fit appel &#224; Misson pour qu'il devienne le capitaine. Les hommes collectivis&#232;rent les biens du vaisseau, d&#233;cidant que &lt;i&gt;&#171; tout devrait &#234;tre mis en commun &#187;&lt;/i&gt;. Les d&#233;cisions seraient soumises au &#171; vote de toute la &lt;i&gt;compagnie &#187;&lt;/i&gt;. Et c'est ainsi qu'ils se mirent en route pour une nouvelle &lt;i&gt;&#171; vie de libert&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Au large des c&#244;tes de l'Afrique de l'ouest, ils captur&#232;rent un vaisseau n&#233;grier hollandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esclaves furent lib&#233;r&#233;s et emmen&#233;s &#224; bord de La Victoire, Misson d&#233;clarant que &lt;i&gt;&#171; le commerce de gens de notre propre esp&#232;ce ne saurait jamais trouver gr&#226;ce aux yeux de la justice divine : qu'aucun homme n'a le pouvoir de libert&#233; sur un autre &#187;&lt;/i&gt; et qu'&lt;i&gt;&#171; il n'avait pas lib&#233;r&#233; son cou du joug de l'esclavage et affirm&#233; sa propre libert&#233; pour asservir les autres &#187;&lt;/i&gt;. A chacun de leurs combats, l'&#233;quipage se renfor&#231;ait de nouvelles recrues fran&#231;aises, anglaises et hollandaises, ainsi que d'esclaves africains lib&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il naviguait au large des c&#244;tes de Madagascar, Misson d&#233;couvrit une crique parfaite situ&#233;e dans un territoire au sol fertile, &#224; l'eau claire et dont les habitants &#233;taient amicaux. C'est l&#224; que les pirates &#233;tablirent Libertalia, renon&#231;ant &#224; leurs titres d'Anglais, de Fran&#231;ais, de Hollandais ou d'Africains pour se rebaptiser Liberi. Ils cr&#233;&#232;rent leur propre langue, un m&#233;lange polyglotte de langues africaines, combin&#233;es au fran&#231;ais, &#224; l'anglais, au hollandais, au portugais et &#224; la langue des indig&#232;nes de Madagascar. Peu apr&#232;s avoir commenc&#233; &#224; travailler &#224; l'implantation de la colonie, La Victoire croisa le pirate Thomas Tew, qui d&#233;cida de les accompagner jusque Libertalia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce genre de colonie n'&#233;tait pas une id&#233;e nouvelle pour Tew ; il avait perdu son quartier-ma&#238;tre et 23 membres d'&#233;quipage qui s'&#233;taient &#233;tablis un peu plus loin sur la c&#244;te malgache. Les Liberi &#8211; &lt;i&gt;&#171; les ennemis de l'esclavage &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;voyaient d'accro&#238;tre leur nombre en capturant un autre navire n&#233;grier. Le long des c&#244;tes de l'Angola, Tew et son &#233;quipage captur&#232;rent un n&#233;grier anglais avec dans ses cales 240 hommes, femmes et enfants. Les membres africains de l'&#233;quipage pirate d&#233;couvrirent parmi les esclaves de nombreux amis et parents, qu'ils d&#233;livr&#232;rent de leurs entraves, les r&#233;galant d'histoires sur la gloire de leur nouvelle vie de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pirates s'&#233;tablirent l&#224; pour devenir fermiers, g&#233;rant la terre en commun &#8211; &lt;i&gt;&#171; aucune haie ne d&#233;limitant la propri&#233;t&#233; de quiconque &#187;&lt;/i&gt;. Le butin et l'argent pris en mer &#233;taient &lt;i&gt;&#171; mis dans le tr&#233;sor commun, l'argent &#233;tant inutile l&#224; o&#249; tout est mis en commun &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Empire contre-attaque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Age d'Or de la piraterie euro-am&#233;ricaine dura approximativement de 1650 &#224; 1725, avec son apog&#233;e aux alentours de 1720, ceci &#233;tant li&#233; &#224; des conditions et des circonstances particuli&#232;res. La p&#233;riode d&#233;bute avec l'&#233;mergence des boucaniers sur les &#238;les cara&#239;bes d'Hispaniola et de Tortuga. Durant la majeure partie de cette p&#233;riode, la piraterie &#233;tait centr&#233;e autour des Cara&#239;bes, et ce pour d'excellentes raisons. Les &#238;les Cara&#239;bes offraient d'innombrables cachettes, des criques secr&#232;tes et des &#238;les qui ne figuraient sur aucune carte ; des endroits o&#249; les pirates pouvaient trouver de l'eau et des provisions, se reposer et attendre. La localisation &#233;tait parfaite ; situ&#233;e sur la route emprunt&#233;e par des flottes de navires lourdement charg&#233;s de tr&#233;sors retournant vers l'Espagne ou le Portugal et venant d'Am&#233;rique du Sud, la mer des Cara&#239;bes &#233;tait r&#233;ellement impossible &#224; contr&#244;ler pour les marines de guerre et la plupart des &#238;les &#233;taient inhabit&#233;es ou n'appartenaient &#224; personne. Un v&#233;ritable paradis pour la flibuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1700, une nouvelle loi fut introduite, autorisant le jugement et l'ex&#233;cution rapide des pirates, quel que soit l'endroit o&#249; ils &#233;taient pris. Auparavant, ils devaient &#234;tre ramen&#233;s &#224; Londres pour y &#234;tre jug&#233;s et ex&#233;cut&#233;s &#224; la laisse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Limite extr&#234;me atteinte par l'eau &#224; mar&#233;e basse. Le niveau de la Tamise &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de basse mer &#224; Wapping. La &lt;i&gt;&#171; loi pour une suppression plus efficace de la piraterie &#187;&lt;/i&gt; mettait &#233;galement en vigueur l'usage de la peine de mort et r&#233;compensait toute r&#233;sistance aux attaques pirates mais le plus important, c'est qu'elle rempla&#231;ait le jugement par jury populaire par un tribunal sp&#233;cial constitu&#233; d'officiers de la marine de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#233;l&#232;bre Capitaine Kidd fut l'une des premi&#232;res victimes de cette nouvelle loi &#8211; celle-ci fut d'ailleurs partiellement adopt&#233;e en urgence afin de pouvoir lui &#234;tre appliqu&#233;e. Il fut pendu &#224; l'&lt;i&gt;Execution Dock&lt;/i&gt; de Wapping, et son corps expos&#233; au gibet &#224; Tilbury Point&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant-port de Londres, dans l'Essex. (ndlt).&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, recouvert de goudron pour mieux le conserver, et ainsi inspirer la &lt;i&gt;&#171; terreur &#224; tous ceux qui le verraient &#187;&lt;/i&gt;. Son cadavre noirci et en d&#233;composition devait servir d'avertissement clair concernant les risques que les marins encouraient en r&#233;sistant &#224; la discipline du travail.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert C. Ritchie - Captain Kidd and the War against the Pirates, pp.153-4, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de Kidd s'av&#232;re plut&#244;t inhabituel puisqu'il fut ex&#233;cut&#233; &#224; Londres. Apr&#232;s 1700, gr&#226;ce &#224; cette nouvelle loi, la guerre contre les pirates allait se d&#233;velopper de mani&#232;re croissante aux p&#233;riph&#233;ries de l'Empire britannique, et il ne s'agissait plus d'un ou deux cadavres qui pendaient aux gibets pr&#232;s des laisses de basse mer, mais parfois de vingt ou trente d'un coup. En 1722, lors d'une affaire particuli&#232;rement significative, l'Amiraut&#233; britannique jugea 169 pirates de l'&#233;quipage de Bartholomew Roberts et ex&#233;cuta 52 d'entre eux &#224; Cape Coast Castle sur la c&#244;te de Guin&#233;e. Les 72 Africains qui se trouvaient &#224; bord, qu'ils aient &#233;t&#233; libres ou non, furent vendus en esclavage, dont certains avaient &#233;chapp&#233; pour une courte p&#233;riode.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., p. 235 ; Bolting - The Pirates, pp.174-5&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la disparition de ces conditions favorables uniques de l'Age d'Or de la piraterie qui mit un terme au r&#232;gne des pirates. Avec le d&#233;veloppement du capital au 17&#232;me si&#232;cle vint l'&#233;mergence de l'Etat, favoris&#233;e par les guerres imp&#233;riales qui ruin&#232;rent le globe &#224; partir de 1688. Ces vastes campagnes de guerres n&#233;cessitaient un d&#233;veloppement &#233;norme du pouvoir de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1713, le Trait&#233; d'Utrecht mit fin &#224; la guerre entre les nations europ&#233;ennes, la capacit&#233; de l'Etat &#224; contr&#244;ler la piraterie s'&#233;tait massivement d&#233;velopp&#233;e. La fin de la guerre permit &#233;galement aux navires de combat de se concentrer sur la chasse aux pirates et offrit aux Britanniques des int&#233;r&#234;ts commerciaux accrus dans les Cara&#239;bes, ce qui fournit une motivation suppl&#233;mentaire pour accomplir cet effort. Tandis que le nouvel Etat encore plus puissant consolidait son monopole sur la violence, les colonies durent s'aligner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique consistant &#224; traiter avec les pirates et &#224; investir dans leurs voyages &#233;tait encore monnaie courante dans les colonies bien longtemps apr&#232;s que ceci ne soit devenu intol&#233;rable en Angleterre ; elle fut annihil&#233;e par une extension du pouvoir de l'Etat de la m&#232;re patrie qui devait renforcer la discipline dans les colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de la fin fut marqu&#233; par le retour &#224; la Jama&#239;que de l'ancien boucanier Sir Henry Morgan comme gouverneur avec l'ordre pr&#233;cis de d&#233;truire les pirates. Les patrouilles navales les firent sortir de leurs repaires et les pendaisons massives &#233;limin&#232;rent les chefs. Au bout du compte, la guerre des pirates contre le commerce &#233;tait devenue trop efficace pour &#234;tre tol&#233;r&#233;e ; l'Etat combattait pour permettre au commerce de s'effectuer sans contraintes et au capital de s'accumuler, apportant la richesse aux marchands et des rentes pour l'&#201;tat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ritchie, Op. Cit., pp. 7, 128, 138, 147-51.&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons rechercher les h&#233;ritiers de la piraterie libertaire de cet Age d'Or, il ne faut pas regarder du c&#244;t&#233; des pirates modernes, mais plut&#244;t voir de quelle fa&#231;on la piraterie fut introduite dans la lutte des classes atlantique. Tout comme l'&#233;lan initial de la piraterie des 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles provenait de mouvements radicaux ax&#233;s sur la terre, tels que celui des Levellers, le courant d'id&#233;es et de pratiques circula dans le monde atlantique, pour &#233;merger dans des endroits parfois surprenants. En 1748, il y eut une mutinerie &#224; bord du HMS Chesterfield, pr&#232;s de Cape Coast Castle, le long de la c&#244;te d'Afrique. L'un des meneurs &#8211; John Place &#8211; &#233;tait d&#233;j&#224; pass&#233; par l&#224; ; il faisait partie de ceux qui avaient &#233;t&#233; captur&#233;s avec Bartholomew Roberts, en 1722.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce furent les &lt;i&gt;&#171; vieux loups de mer &#187;&lt;/i&gt; tels que John Place qui surent faire vivre la tradition pirate et assur&#232;rent la continuit&#233; des id&#233;es et des pratiques. Les mutins esp&#233;raient &lt;i&gt;&#171; installer une colonie &#187;&lt;/i&gt; selon la tradition pirate. Le terme anglais &lt;i&gt;to strike&lt;/i&gt; (faire gr&#232;ve) vient des mutineries, et plus particuli&#232;rement des &lt;i&gt;&#171; Grandes Mutineries &#187;&lt;/i&gt; de Spithead et de Nore en 1797, lorsque les marins abaiss&#232;rent les voiles pour interrompre le flot incessant du commerce ainsi que la machine de guerre &#233;tatique. Ces marins anglais, irlandais et africains &#233;tablirent leur propre &lt;i&gt;&#171; conseil &#187;&lt;/i&gt; et une &lt;i&gt;&#171; d&#233;mocratie de bord &#187;&lt;/i&gt; et certains parl&#232;rent m&#234;me d'&#233;tablir une &lt;i&gt;&#171; Nouvelle Colonie &#187;&lt;/i&gt;, en Am&#233;rique ou &#224; Madagascar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rediker - Liberty beneath the Jolly Roger, pp. 137-8.&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pirates ont prosp&#233;r&#233; gr&#226;ce &#224; un vide dans le pouvoir, pendant une p&#233;riode de bouleversement et de guerre qui leur conf&#233;ra la libert&#233; de vivre v&#233;ritablement en dehors des lois. Le retour de la paix entra&#238;na une extension du contr&#244;le et la fin des possibilit&#233;s de l'autonomie pirate. Ceci n'est gu&#232;re surprenant lorsque l'on consid&#232;re que les p&#233;riodes de guerre et de trouble ont souvent favoris&#233; l'&#233;closion d'exp&#233;riences r&#233;volutionnaires, d'enclaves, de communes et d'anarchies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pirates des 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles, jusqu'&#224; la R&#233;publique de Fiume, d'inspiration pirate et concr&#233;tis&#233;e par D'Annunzio durant la premi&#232;re guerre mondiale, en passant par la Commune de Paris qui fit suite &#224; la guerre franco-prussienne, les communes des Diggers pendant la Guerre Civile Anglaise et les paysans makhnovistes en Ukraine pendant la R&#233;volution russe, on constate que c'est souvent lors d'&#233;tapes transitoires que les exp&#233;riences de la libert&#233; peuvent trouver l'espace pour s'&#233;panouir.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;i&gt;Do or Die&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES BATEAUX IVRES DE LA LIBERTE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus, voici de larges extraits de la pr&#233;face que Julius Van Daal a r&#233;dig&#233; pour &lt;i&gt;Pirates de tous les pays&lt;/i&gt;, de Markus Rediker, l'un des ouvrages les plus fr&#233;quemment cit&#233;s dans l'article de &lt;i&gt;Do or Die&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels hommes &#8211; quelles femmes parfois &#8211; &#233;taient vraiment les protagonistes de l'&#233;pop&#233;e de la flibuste ? De quelles classes sociales provenaient-ils et quelle &#233;tait la nature exacte des rapports humains &#224; bord d'un &lt;i&gt;sloop&lt;/i&gt; battant pavillon noir ? Pourquoi et comment devenait-on pirate ? En quoi les activit&#233;s de ces hors-la-loi s'inscrivaient-elles dans les bouleversements sociaux et &#233;conomiques de leur &#233;poque avant de fasciner leurs contemporains, puis des g&#233;n&#233;rations d'enthousiastes ? Il n'est gu&#232;re de domaine o&#249; le mythe &#8211; la l&#233;gende noire de ces aventuriers mais plus encore leur gloire &#8211; ait autant occult&#233; la r&#233;alit&#233;. Il y a pourtant bien des le&#231;ons &#224; tirer de l'&#233;tude de la libre piraterie, flotte disparate d'esquifs fr&#234;les et redout&#233;s, dispers&#233;e aux quatre vents des mers du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rudit Marcus Rediker nous livre le r&#233;sultat de ses longues recherches sur ce sujet, passionnant entre tous. En se fondant scrupuleusement sur la documentation disponible, il se concentre sur la deuxi&#232;me d&#233;cennie du 17&#232;me si&#232;cle. (&#8230;) Le grand m&#233;rite de ce texte lumineux, c'est d'attribuer &#224; la piraterie sa juste place dans l'histoire de la lutte des classes. Car la piraterie de cette p&#233;riode atteignait au plus haut point la pratique d'un mouvement de r&#233;volte des for&#231;ats de la mer contre la discipline odieuse qui r&#233;gnait &#224; bord des navires. Les travailleurs de la flotte marchande se voyaient pi&#233;tin&#233;s par l'esprit de lucre des armateurs et la duret&#233; pleine de morgue des officiers. Le d&#233;veloppement des voies maritimes, l'accroissement du commerce mondial, les am&#233;liorations techniques dans la construction navale &#233;taient en passe de faire du vaisseau marchand une sorte de bagne flottant, pr&#233;figurant la fabrique des premiers pas de la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions d'exploitation y &#233;taient g&#233;n&#233;ralement effroyables, la nourriture ex&#233;crable et chiche, la paye trop vite bue, les dangers certains, les chances de survie tr&#232;s al&#233;atoires. Aussi l'amour du grand large n'entrait-il que pour tr&#232;s peu dans la vocation du matelot de France ou d'Angleterre, de Hollande ou d'Espagne. Il &#233;tait souvent enr&#244;l&#233; de force, comme on en usait avec la pi&#233;taille des arm&#233;es ou avec les gueux qu'on envoyait d&#233;fricher des terres lointaines et inhospitali&#232;res. Et le malheureux qui devenait matelot de son &#171; plein gr&#233; &#187; &#233;tait en r&#233;alit&#233; r&#233;duit &#224; cette extr&#233;mit&#233; par la mis&#232;re la plus sordide. Avec parfois comme arri&#232;re-pens&#233;e le d&#233;sir de se faire pirate &#224; la premi&#232;re occasion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un navire, comme dans une prison ou une caserne, l'&#233;meute &#8211; l'&#233;motion populaire &#8211; se nomme mutinerie ; et par la mutinerie, le matelot rompait toute attache avec le vieux monde, p&#233;tri d'entraves et de contraintes, qui l'avait jet&#233; sur les flots hasardeux pour faire circuler et cro&#238;tre de la valeur. C'&#233;tait donc de la mutinerie, geste collectif pr&#233;curseur de la gr&#232;ve sauvage, que proc&#233;dait l'entr&#233;e en piraterie. La mutinerie &#233;tait d'abord une audacieuse r&#233;action de d&#233;fense face &#224; l'iniquit&#233; des conditions de vie &#224; bord, permettant d'&#233;viter la famine et l'humiliation &#224; des pauvres qui n'avaient depuis longtemps plus rien &#224; perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis la tr&#232;s hasardeuse fondation de colonies &#224; l'&#233;cart de la civilisation, comme il arriva d'ailleurs sans doute en certaines &#238;les des oc&#233;ans Indien et Pacifique, cette r&#233;volte ne pouvait se prolonger que par des actes de brigandages r&#233;p&#233;t&#233;s. En s'emparant des &#171; moyens de production &#187; nautiques, les matelots indociles n'avaient d'autre choix que de les retourner contre l'ennemi &#8211; ainsi que les canons dont tous les navires &#233;taient alors &#233;quip&#233;s. Et de poursuivre la lutte jusqu'&#224; la mort. Ils savaient que leur mise au ban du monde marchand leur interdirait d'employer leurs vaisseaux pirates et leurs prises &#224; quelque n&#233;goce licite. La profanation initiale qu'ils avaient commise &#224; l'encontre d'une propri&#233;t&#233; priv&#233;e, en se rendant ma&#238;tres de leur outil de travail, &#233;tait vou&#233;e &#224; se perp&#233;tuer par une gu&#233;rilla permanente contre toute propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rediker y insiste &#224; juste titre : la piraterie &#233;tait, avant de se conna&#238;tre comme utopie praticable, le r&#233;sultat d'un conflit de classe nourri des visions d'une vie meilleure &#8211; c'est-&#224;-dire une existence moins ch&#233;tive mais surtout libre et fond&#233;e sur des rapports &#233;galitaires. Le capitaine typique d'un vaisseau pirate, appel&#233; &#224; exercer une fonction indispensable sur un navire de haute mer, &#233;tait &#233;lu par l'&#233;quipage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Choisi pour son aptitude ou son bagout, il &#233;tait r&#233;vocable &#224; tout instant et ne tirait de son statut et de ses attributions gu&#232;re plus d'avantages mat&#233;riels que les hommes d'&#233;quipage : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[Les pirates] &lt;i&gt;lui permettaient d'&#234;tre capitaine &#224; la condition qu'ils fussent capitaines au-dessus de lui &#187;&lt;/i&gt;, comme le note un t&#233;moin de leurs aventures. Singulier dans une &#233;poque o&#249; les privil&#232;ges f&#233;odaux scl&#233;rosaient encore amplement les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes, cet engouement pour l'&#233;galit&#233; transcendait les barri&#232;res de langue et de nationalit&#233;. Mieux, les pirates avaient pour coutume de lib&#233;rer les captifs africains &#8211; marchandises humaines d'entre les marchandises humaines &#8211; que transportaient leurs prises ; et ils en faisaient volontiers des fr&#232;res d'armes et de bombance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la libert&#233;, si brusquement acquise, ils en usaient parfois avec maladresse et pouvaient verser dans une sorte de cruaut&#233; infantile, excessivement vindicative &#8211; comme il arrive souvent aux esclaves qui viennent de rompre des cha&#238;nes ancestrales. Mais enfin, ils en usaient. Ayant pris en main leur destin&#233;e et ch&#226;ti&#233; &#224; leur aise ceux des fauteurs de p&#233;nurie qu'ils tenaient &#224; leur merci, leur but principal &#233;tait de vivre &#224; foison. Beaucoup de liqueurs fortes, bien s&#251;r, et une abondance de bonne ch&#232;re, une succession presque incessante de r&#233;jouissances. Et suffisamment de num&#233;raire pour r&#233;tribuer comme des princes les faveurs des putains d'escale. L'exigence, en somme, d'une profusion d'instants v&#233;ritablement v&#233;cus, dans le combat et la ripaille, dans les d&#233;bats et les pagailles. Du moins, autant et plus que les inconforts et d&#233;sagr&#233;ments d'une cavale perp&#233;tuelle le permettaient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une r&#233;publique fraternelle, sans autre territoire que l'immensit&#233; oc&#233;anique, sans autre constitution que d'antiques et collectifs r&#234;ves de cocagne. Et o&#249; le vouloir de chaque pirate n'&#233;tait limit&#233; que par les &#171; articles &#187; qu'ils adoptaient de concert : ces r&#232;gles simples &#8211; et peu contraignantes dans de telles circonstances &#8211; suffisaient au bon fonctionnement de ces petites communaut&#233;s partageuses et &#233;ph&#233;m&#232;res. C'est ainsi qu'&#224; l'instar des ouvriers luddites un si&#232;cle plus tard, des flibustiers pouvaient se pr&#233;senter en toute bonne foi comme &#233;tant &lt;i&gt;&#171; les hommes de Robin des bois &#187;&lt;/i&gt;, paradigme increvable des aspirations &#233;galitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rediker confirme en historien rigoureux ce dont les chantres frivoles de l'imaginaire flibustier &#233;taient convaincus de longue date : la libre piraterie, ce n'&#233;tait pas seulement la mise en pratique balbutiante d'une organisation sociale plus juste et plus humaine par le triomphe &#233;ph&#233;m&#232;re de quelques redresseurs de torts ; c'&#233;tait aussi une belle tentative de n&#233;gation de la notion m&#234;me d'&#233;conomie. Nul parfum de &#171; nihilisme &#187; avant la lettre dans les dilapidations effr&#233;n&#233;es et l'intr&#233;pidit&#233; vertigineuse qu'ont d&#233;crites des chroniqueurs offusqu&#233;s par cette &lt;i&gt;fast life&lt;/i&gt;, ce vivre-vite jug&#233; absurde, voire d&#233;moniaque. Bien au contraire : de cette fulgurance anarchique, de cette impr&#233;voyance d&#233;lib&#233;r&#233;e naissaient une volont&#233; commune, une coh&#233;sion rebelle. Et ce go&#251;t du renversement se r&#233;v&#233;lait propice &#224; l'accomplissement des plus beaux exploits au d&#233;triment des ennemis de la libert&#233;. Cette qu&#234;te d'une vraie vie sur les eaux tumultueuses du n&#233;gatif constituait une mise &#224; nu tragique du syst&#232;me marchand, une r&#233;ponse railleuse &#224; son extension plan&#233;taire, une sagesse en mouvement. Dans le secteur hautement strat&#233;gique de l'offensive capitaliste qu'&#233;tait alors le transport maritime, les pirates critiquaient en actes les aberrations du principe de rentabilit&#233; &#8211; et les &#226;mes d'&#233;piciers, les esprits policiers s'en trouv&#232;rent &#224; jamais d&#233;sol&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, magistrats et n&#233;gociants, anim&#233;s par l'effroi et la haine, mirent tout en &#339;uvre pour r&#233;tablir l'ordre sur les mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression implacable qui &#233;radiqua la piraterie eut pour effet de priver pour longtemps le prol&#233;tariat maritime de la moindre perspective de d&#233;passement de sa mis&#233;rable condition. Prosp&#233;rant sur la r&#233;signation des &#233;quipages et sous la protection accrue des forces navales &#233;tatiques, les armateurs purent se livrer plus tranquillement &#224; leurs trafics. A commencer par la traite des esclaves noirs, que les pirates avaient os&#233; saboter les armes &#224; la main &#8211; un si&#232;cle avant que des philanthropes n'aient l'id&#233;e de s'en &#233;mouvoir dans de beaux discours un peu tardifs. La disparition de la flibuste laissait le champ libre &#224; une entreprise de pr&#233;dation autrement efficace et massive que les rapines des forbans : la mainmise du capital europ&#233;en sur le commerce international, la conqu&#234;te et l'asservissement de territoires immenses aux quatre coins de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;limination des derniers &#233;cumeurs des mers du Sud naquit le mythe du forban mal&#233;fique et magnifique. Ce fut le d&#233;nigrement m&#234;me du mode de vie des pirates par les moralistes et autres &#233;conomistes qui les rendit si populaires. Leurs vices tant d&#233;cri&#233;s, leurs transgressions impies, leurs excursions p&#233;rilleuses aux portes de l'enfer, leurs temp&#233;raments farouches et presque sauvages parurent autant de titres de gloire &#224; ceux de leurs contemporains qui voyaient poindre le r&#232;gne de l'ennui obligatoire et s'en affligeaient. Aux yeux des po&#232;tes et des rebelles, la flibuste dans son ensemble avait tent&#233; de combattre l'emprise du temps &#8211; le temps uniforme et quantifi&#233; des t&#226;ches productives, bient&#244;t rythm&#233;es par la cloche de la fabrique puis par la pointeuse de l'usine, le temps aride qu'&#233;gr&#232;ne le grand m&#233;canisme dont l'homme n'est qu'un rouage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les pirates aimaient furieusement festoyer, ils se consumaient en de copieuses libations au son du violon et chantaient en ch&#339;ur des hymnes pa&#239;ens. Certains excellaient aussi &#224; conter, en a&#232;des pl&#233;b&#233;iens, de petites odyss&#233;es truculentes et picaresques qui fournirent la mati&#232;re de bien des l&#233;gendes, d'innombrables romans et des r&#234;ves d'une multitude d'enfants. S'&#233;tant ainsi repus, les pirates qui &#233;taient pris par l'ennemi montaient &#224; l'&#233;chafaud en blasph&#233;mant et en maudissant leurs tristes juges. Ils allaient &#224; la mort, conscients et fiers d'avoir connu la vraie richesse, qui n'est ni d'or ni de titres mais d'art de jouir ensemble et sans mesure. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;Julius Van Daal&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;BETWEEN THE DEVIL AND THE DEEP BLUE SEA&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et pour finir, la pr&#233;face de Rediker &#224; l'&#233;dition fran&#231;aise de &lt;i&gt;Between the devil and the deep blue sea&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Les For&#231;ats de la mer, marins, marchands et pirates dans le monde anglo-am&#233;ricain (1700-1750)&lt;/i&gt;), parue fin 2010 en France, &#233;dition originale 1987.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de choses ont chang&#233; dans la recherche historique, et pour le mieux, depuis que &lt;i&gt;Between the Devil and the Deep Blue Sea&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; publi&#233; en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai commenc&#233; &#224; &#233;tudier la vie des marins et des pirates il y a plus de trente ans, les r&#233;actions que je rencontrais &#233;taient pratiquement toujours les m&#234;mes, d&#233;primantes : &lt;i&gt;&#171; Ce doit &#234;tre tr&#232;s int&#233;ressant d'&#233;tudier ces marginaux. &#187;&lt;/i&gt; La r&#233;ponse habituelle m&#234;lait &#224; la fois romantisme et condescendance. Romantisme parce que les marins &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme une version d&#233;su&#232;te, fascinante, exotique et excentrique de &#171; l'Autre &#187;. Condescendance parce qu'ils &#233;taient observ&#233;s comme des acteurs historiques sans importance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les historiens du monde ouvrier faisaient des commentaires similaires : parce que les marins ne travaillaient pas dans les usines et ne produisaient pas de biens, ils ne trouvaient qu'une petite place dans les histoires de la classe ouvri&#232;re telle qu'elle &#233;tait alors d&#233;finie. &lt;br class='autobr' /&gt;
De telles r&#233;ponses m'ont toujours h&#233;riss&#233;. Je r&#233;pondais que les marins n'&#233;taient pas des personnages romantiques. Ils &#233;taient de simples prol&#233;taires partant en mer, issus du premier groupe important de travailleurs ayant vendu leur force de travail aux capitalistes marchands, eux m&#234;mes au service de l'&#233;conomie mondialis&#233;e. J'ajoutais que les marins pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#171; marginaux &#187; dans l'histoire de certaines nations, mais que si on les envisageait au regard des origines et du d&#233;veloppement du capitalisme globalis&#233;, ils &#233;taient l'exact oppos&#233; puisqu'ils ont &#233;t&#233; au c&#339;ur du processus historique qui a radicalement transform&#233; le monde. Leur travail a litt&#233;ralement quadrill&#233; le globe en structures de production, d'&#233;change et de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marins &#233;taient, en plus de cela, au centre des conflits de classe qui ont &#233;merg&#233; entre le capital et le travail &#224; partir du 18&#232;me si&#232;cle. Comme les lecteurs l'apprendront [en lisant le livre], ils ont invent&#233; la gr&#232;ve, l'une des armes les plus importantes du prol&#233;tariat mondial. Les marins ont &#233;galement reli&#233; diverses cat&#233;gories de producteurs : esclaves, domestiques, artisans et autres travailleurs et leurs luttes &#224; travers l'espace et le temps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me le drapeau rouge du socialisme et du communisme &#233;tait au d&#233;part un symbole maritime, utilis&#233; par les pirates et les flottes pendant les batailles pour signifier qu'aucun quartier ne serait fait ou accept&#233; au cours de l'assaut, que ce serait un combat &#224; mort. Ces connexions sont &#233;tudi&#233;es dans un livre que j'ai &#233;crit avec Peter Linebaugh, intitul&#233; &lt;i&gt;The Many Headed Hydra : Sailors, Slaves, Commoners, and The Hidden History of the Revolutionary Atlantic&lt;/i&gt; (2000), traduit par H&#233;l&#232;ne Quiniou et Christophe Faquet et publi&#233; en France sous le nom de &lt;i&gt;L'Hydre aux mille t&#234;tes : L'histoire cach&#233;e de l'Atlantique r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; (Paris, &#233;ditions Amsterdam, 2008). J'ai le plaisir d'affirmer que depuis que &lt;i&gt;Between the Devil and the Deep Blue Sea&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; publi&#233;, les marins ne sont plus consid&#233;r&#233;s comme d&#233;suets et marginaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles recherches, cr&#233;atives, n'ont cess&#233; de prouver &#224; quel point ils ont &#233;t&#233; importants &#224; des moments cruciaux de l'histoire mondiale. Julius Scott a montr&#233; comment les marins noirs, blancs et m&#233;tis ont largement diffus&#233; autour de l'Atlantique des informations subversives concernant la r&#233;volution ha&#239;tienne. Niklas Frykman montre maintenant comment des marins des ann&#233;es 1790 ont initi&#233; de puissantes mutineries au sein des marines fran&#231;aise, anglaise, n&#233;erlandaise, danoise, su&#233;doise et am&#233;ricaine, engendrant une vaste crise au c&#339;ur des nations maritimes et donnant des significations transnationales et prol&#233;tariennes aux luttes pour &#171; les droits de l'homme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire a accord&#233; une attention nouvelle aux marins, et en r&#233;alit&#233; &#224; tous les navigateurs en tant que personnages strat&#233;giques dans la division globale du travail. Et parce que les mouvements sociaux multiformes de la nouvelle gauche nous ont permis d'&#233;crire &lt;i&gt;&#171; l'histoire par en bas &#187;&lt;/i&gt; (L'expression a apparemment &#233;t&#233; utilis&#233;e la premi&#232;re fois par Georges Lefebvre, le grand historien de la R&#233;volution fran&#231;aise), nous pouvons constater les pouvoirs de cr&#233;ation de l'histoire par les marins et les autres travailleurs au del&#224; de l'&#201;tat nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore beaucoup d'histoire &#224; cr&#233;er &lt;i&gt;&#171; par en bas &#187;&lt;/i&gt;. En r&#233;alit&#233;, c'est la seule fa&#231;on dont les changements vers le progr&#232;s se font lorsque les mouvements populaires parviennent &#224; proposer de nouvelles solutions pour r&#233;gler de vieux probl&#232;mes. &#192; mon avis, la lutte pour un autre futur est toujours une lutte pour des id&#233;es et des pratiques nouvelles, r&#233;ellement d&#233;mocratiques et &#233;galitaires. Le pass&#233; peut nous &#234;tre tr&#232;s utile dans cette recherche. Si nous savons comment les peuples ont, par le pass&#233;, essay&#233; d'&#233;chapper &#224; l'exploitation et &#224; l'oppression en organisant leurs vies diff&#233;remment, comme les marins et les pirates ont tent&#233; de le faire au cours du 18&#232;me si&#232;cle, cela peut &#224; la fois nous inspirer et nous donner de nouvelles id&#233;es pour l'&#233;poque actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que ce livre est le compl&#233;ment de &lt;i&gt;Villains of All Nations : Atlantic Pirates in the Golden Age&lt;/i&gt; (2004), traduit par Fred Alpi et publi&#233; en d&#233;cembre 2008 par les &#233;ditions Libertalia sous le titre &lt;i&gt;Pirates de tous les pays : l'&#226;ge d'or de la piraterie atlantique (1716-1726)&lt;/i&gt;, j'ajouterai que les pirates ont commenc&#233; &#224; jouer un r&#244;le nouveau dans la politique contemporaine. Roger Leisner, de Radio Free Maine, m'a envoy&#233; les photos de manifestations r&#233;centes contre la guerre, manifestations qui ont rassembl&#233; des &lt;i&gt;&#171; pirates pour la paix &#187;&lt;/i&gt; des personnes qui s'habillent en pirates pour exprimer leurs revendications politiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Tariq Ali, dans son excellent ouvrage &lt;i&gt;Pirates of the Caribbean : Axis of Hope&lt;/i&gt; (qui parle du tournant progressiste des politiques en Am&#233;rique latine), exprime le d&#233;sir selon lequel &lt;i&gt;&#171; nous sommes tous des pirates &#187;&lt;/i&gt; devienne un chant de ralliement lors des manifestations pour la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements anti-guerres et anticapitalistes actuels peuvent apprendre beaucoup de ces travailleurs remuants et multiethniques dont les travaux n'ont pas seulement construit le monde, mais dont l'auto organisation radicale a fait trembler, dans les &#233;poques et les luttes pass&#233;es, ses fondations les plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;Marcus Rediker&lt;/div&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;Pittsburgh, Pennsylvanie, USA&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.zinzine.domainepublic.net/index.php?theurl=rechercher.php&amp;col=utopies+pirates" class="spip_out"&gt;A &#233;couter sur Radio Zinzine&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, la Compagnie des Indes faillit &#234;tre mise en d&#233;route par les pirates dans les ann&#233;es 1690. Robert C. Ritchie - &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt;, pp. 128-34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&lt;i&gt;enclosure act&lt;/i&gt; a permis l'appropriation priv&#233;e des pr&#233;s communaux et plus g&#233;n&#233;ralement des terres communales qui &#233;taient auparavant mises en commun par les paysans et habitants. (ndlt)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Larry Law - &lt;i&gt;Misson and Libertalia&lt;/i&gt; (London, A Distribution / Dark Star Press, 1991), p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcus B. Rediker - &lt;i&gt;Beetween the Devil and the Deep Blue Sea : Merchant Seamen, Pirates and the Anglo-American World 1700-1750&lt;/i&gt;, p. 258.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 255 ; Ritchie, Op. Cit., p. 29, 142.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 272 n52, 274 - &lt;i&gt;&#171; plus il y avait de pirates captur&#233;s et pendus, plus la cruaut&#233; des survivants &#233;tait grande &#187;&lt;/i&gt; ; Ritchie, Op. Cit., p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des groupes de protestants radicaux : les &lt;i&gt;Diggers&lt;/i&gt; (b&#234;cheurs) tent&#232;rent de r&#233;former l'ordre social existant par un style de vie strictement agraire (refusant l'&lt;i&gt;enclosure act&lt;/i&gt;), autonome et &#233;galitaire. Les &lt;i&gt;Ranters&lt;/i&gt; (divagateurs) pr&#233;conisaient un renversement des valeurs courantes, l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ainsi que du mariage. Les &lt;i&gt;Muggletoniens&lt;/i&gt; professaient un id&#233;al &#233;galitaire et &#233;taient constitu&#233;s d'une proportion &#233;lev&#233;e de femmes. Quant aux Hommes de la cinqui&#232;me monarchie, ils voulaient un gouvernement exclusivement compos&#233; de Saints, ce qui signifiait le renversement de la royaut&#233; et de la noblesse qui les avaient jusque-l&#224; opprim&#233;s. (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Libertalia : The Pirate's Utopia&lt;/i&gt; in David Cordingly (ed.) - Pirates, p. 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christopher Hill - &lt;i&gt;Radical Pirates ?&lt;/i&gt; in &lt;i&gt;Collected Essays&lt;/i&gt;, Vol. 3, pp. 162, 166&#8211; 9 ; Peter Lamborn Wilson - &lt;i&gt;Le Masque de Caliban : L'Anarchie Spirituelle et le Sauvage dans l'Am&#233;rique Coloniale &lt;/i&gt; in Sakolsky and Koehnline (eds.) - &lt;i&gt;Gone to Croatan : The Origins of North American Dropout Culture&lt;/i&gt; (New York / Edinburgh, Autonomedia / AK Press, 1993) p. 107 ; Ritchie, Op. Cit., p. 14-15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jenifer G. Marx - &lt;i&gt;Brethren of the Coast&lt;/i&gt; in Cordingly (ed.) - &lt;i&gt;Pirates&lt;/i&gt;, pp. 47, 49, 50 ; Ritchie, Op. Cit., pp. 65, 211, 226.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Richard Platt et Tina Chambers (photographe) - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; (London, Dorling Kindersley, 1995), pp. 20, 26-7 ; Ritchie, Op. Cit., p. 22-23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hill, Op. Cit, pp. 169-170.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 258 ; Hakim Bey - &lt;i&gt;TAZ : Zone Autonome Temporaire &lt;/i&gt; (Paris, L'Eclat, 1997), voir aussi &lt;i&gt;L'Art du Chaos&lt;/i&gt; (Paris, Nautilus, 2001).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., pp. 65, 117-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid. pp. 42, 234.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Captain Charles Johnson, &lt;i&gt;Histoire G&#233;n&#233;rale des Plus Fameux Pyrates&lt;/i&gt; (Paris, Ph&#233;bus, 1990).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert C. Ritchie, &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt;, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lawrence Osborne - &lt;i&gt;A Pirate's Progress : How the Maritime Rogue Became a Multiracial Hero Lingua Franca&lt;/i&gt;, Mars 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., p. 59, 258, n38 ; Markus B. Rediker &#8211; &lt;i&gt;Libertalia the pirate's utopia&lt;/i&gt;, in David Cordingly (ed), p. 264 ; Captain Johnson, Op. Cit., pp. 212, 308, 343.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 262.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., pp. 87-88, 117 ; Douglas Botting and the Editors of Time-Life Books - &lt;i&gt;The Pirates&lt;/i&gt; (Amsterdam, Time Life, 1979), p. 142 ; Rediker, Op. Cit., p. 278 ; Captain Johnson, Op. Cit., p.7&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cordingly - &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p. 271 ; Ritchie, Op. Cit., p. 234 ; Botting - &lt;i&gt;The Pirates&lt;/i&gt;, p. 61 ; Rediker, Op. Cit., pp. 269-272.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vengeance (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un des plus c&#233;l&#232;bres compagnons de Robin. Il doit son nom fran&#231;ais, Petit Jean, alors qu'il est toujours pr&#233;sent&#233; comme quelqu'un de grand et fort, au fait que &lt;i&gt;little&lt;/i&gt;, en anglais, veut aussi dire jeune. (ndlt)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 269 ; Peter Lamborn Wilson - &lt;i&gt;Utopies Pirates : Corsaires Maures et Renegados&lt;/i&gt; (Paris, Dagorno, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une T&#234;te de la Barbade et Une T&#234;te de la Martinique (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., pp. 255, 274, 277 ; Ritchie, Op. Cit., p. 234 ; Botting - &lt;i&gt;The Pirates&lt;/i&gt;, pp. 48, 166 ; Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt;, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., pp. 133-4 ; W. Jeffrey Bolster, Black Jacks : &lt;i&gt;African American Seamen in the Age of Sail&lt;/i&gt;, Harvard University Press, 1997, pp. 12-13 ; Captain Charles Johnson, &lt;i&gt;Histoire G&#233;n&#233;rale des Plus Fameux Pyrates&lt;/i&gt;, Paris, Ph&#233;bus, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 133 ; Bolster, Op. Cit., p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., pp. 133-4, 249 n37 ; Bolster, Op. Cit., p. 14 ; Captain Johnson, Op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., pp. 134, 249 n42, 250 n44 ; Bolster, Op. Cit., pp. 50-1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker, Op. Cit., p. 134 ; Captain Johnson, Op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lionel Wafer, &lt;i&gt;Voyage de Mr. Wafer&lt;/i&gt;, o&#249; l'on trouve la description de l'Isthme de l'Am&#233;rique, 1723 &lt;span class='ressource spip_in'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.buccaneer.net/piratebooks.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.buccaneer.net/piratebooks.htm&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aux Antilles et en Guyane : esclave &#233;vad&#233; ou &#171; N&#232;gre libre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Platt and Chambers, &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; pp. 26-7 ; Rediker, Op. Cit., p. 146 ; Cordingly, &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p.7&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Captain Johnson, Op. Cit., Ritchie, Op. Cit., pp.86-7, 104, 118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., pp. 84-5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert C. Ritchie - &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt; pp. 59, 69, 72-3 ; Cordingly - &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p.64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cordingly - &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p.115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid. pp. 122-5 ; Marcus B. Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger : The Lives of Anne Bonny and Mary Read&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pirates&lt;/i&gt; in M. Creighton and L. Norling (eds.) - &lt;i&gt;Iron Men, Wooden Women : Gender and Atlantic Seafaring, 1700-1920 &lt;/i&gt; (Baltimore, John Hopkins University Press, 1995), p. 9 ; Ritchie, Op. Cit., pp. 123-4 ; Marx - &lt;i&gt;Brethren of the Coast&lt;/i&gt;, p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 8-11, 233 n26 ; Captain Johnson, Op. Cit., p. 212 ; Platt and Chambers - Pirate pp. 32-3, 62 ; Rediker, Op. Cit., p. 285 ; Klausmann Ulrike, Marion Meinzerin &amp; Gabriel Khun (trad. Nicholas Levi) - &lt;i&gt;Women Pirates and the Politics of the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 36-7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; p. 33 ; Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 10, 232-233 n24 n25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 3-5, 8, 13 ; Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt;, pp. 32-3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 5-7, 13-16, 234 n41 ; Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; pp. 32-3 ; Cpt Johnson, Op. Cit., pp. 623-6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 7-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid. pp. 2-3, 5-7, 13-14 ; Platt and Chambers - &lt;i&gt;Pirate&lt;/i&gt; pp. 32, 35 ; Captain Johnson, Op. Cit., pp. 158-9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce jour, aucune preuve historique n'atteste que Libertalia ait jamais exist&#233; mais des ann&#233;es durant, les historiens et le grand public y ont cru tr&#232;s fort, tant cette histoire m&#233;riterait d'&#234;tre vraie ! (ndlt). Elle est tir&#233;e de l'ouvrage du Captain Charles Johnson, &lt;i&gt;General History of the Robberies and Murders of the most notorious Pyrates&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; Londres en 1728, (Captain Johnson, Op. Cit. 1, pp. 383-439), voir aussi &lt;i&gt;Libertalia, une utopie pirate&lt;/i&gt; (Esprit Frappeur), &lt;i&gt;Histoire g&#233;n&#233;rale des plus fameux pirates&lt;/i&gt; (Ph&#233;bus) du Captain Johnson, ainsi que &lt;i&gt;Utopies Pirates&lt;/i&gt; (Dagorno) de Peter Lamborn Wilson.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Limite extr&#234;me atteinte par l'eau &#224; mar&#233;e basse. Le niveau de la Tamise &#224; Londres peut varier de six m&#232;tres selon la mar&#233;e. (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant-port de Londres, dans l'Essex. (ndlt).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert C. Ritchie - &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt;, pp.153-4, 228, 235 ; Cordingly - &lt;i&gt;Life Among the Pirates&lt;/i&gt;, p.237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., p. 235 ; Bolting - &lt;i&gt;The Pirates&lt;/i&gt;, pp.174-5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ritchie, Op. Cit., pp. 7, 128, 138, 147-51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rediker - &lt;i&gt;Liberty beneath the Jolly Roger&lt;/i&gt;, pp. 137-8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite bibliographie :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Pirates, Les ma&#238;tres des sept mers du monde&lt;/i&gt; de Marco Carini, Flora Macallan, &#233;ditions Parragon (14 septembre 2009).&lt;br class='autobr' /&gt;
Des Cara&#239;bes &#224; la mer de Chine, de l'Antiquit&#233; &#224; nos jours, plein d'illustration et tr&#232;s bien document&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Pirates de Tous les Pays !&lt;/i&gt; de Marcus Rediker, &#233;ditions Libertalia (r&#233;&#233;dition 2011).&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des livres tr&#232;s cit&#233;s dans le texte de Do or Die, Les pirates dans une perspective de classe. &#65279;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Les Forcats de la Mer : Marins, marchands et pirates&lt;/i&gt;, de Marcus Rediker, &#233;ditions Libertalia (9 juillet 2010).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#65279;Il s'agit l&#224; de sa th&#232;se sur les marins anglo-saxons du 18e si&#232;cle. Cette &lt;i&gt;''histoire d'en bas''&lt;/i&gt; raconte la vie de &lt;i&gt;''Jack Tar''&lt;/i&gt;, l'all&#233;gorie du pauvre marin. Victime des armateurs, des sp&#233;culateurs, premier travailleur d'un monde ouvert aux libres &#233;changes, on le suit dans sa qu&#234;te de justice et d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Histoire g&#233;n&#233;rale des plus fameux pyrates&lt;/i&gt;, attribu&#233;e &#224; Daniel Defoe, &#233;ditions Ph&#233;bus (9 ao&#251;t 2010). &#65279;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233;e en deux volumes en 1726 par un myst&#233;rieux &#171; Captain Johnson &#187;, ce livre est consid&#233;r&#233; depuis toujours comme la bible de tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; la Flibuste. &#65279;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Histoire des aventuriers flibustiers d'Am&#233;rique&lt;/i&gt; de Alexandre Olivier Exquemelin (Oexmelin), &#233;ditions &#65279;La D&#233;couvrance (12 novembre 2012). &#65279;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1679, Alexandre Olivier Exquemelin dit Oexmelin &#233;crit le r&#233;cit de ses aventures avec les Fr&#232;res de la C&#244;te. C'est un succ&#232;s imm&#233;diat. Depuis, les r&#233;&#233;ditions se sont succ&#233;d&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Utopies pirates, &#65279;Corsaires, Maures Et Renegados&lt;/i&gt; de Peter Lamborn Wilson, &#65279;Editions Dagorno (26 ao&#251;t 1998).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#65279;Un &#233;pisode peu connu de l'histoire de la piraterie, l'existence d'un ''Etat corsaire'' au Maroc actuel, et la vie de ren&#233;gats, tels que les fr&#232;res Barberousse. Beaucoup de chouettes illustrations. Peter Lamborn Wilson a aussi &#233;crit, sous le pseudo Hakim Bey, &#65279;Taz - &lt;i&gt;Zone Autonome Temporaire&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'art du chaos : antidote au d&#233;lire num&#233;rique g&#233;n&#233;ralis&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En anglais :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Captain Kidd and the War against the Pirates&lt;/i&gt;, de Robert Ritchie, &#65279;Harvard University Press, (1989). &#65279;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitaine Kidd &#233;tait soit un pirate notoire, soit l'homme le plus diffam&#233; et pers&#233;cut&#233; par la couronne anglaise, selon les points de vue de l'&#233;poque. Il a en tout cas &#233;t&#233; victime des magouilles et luttes de pouvoir politiques entre les Tories (conservateurs) et les Whigs, plus lib&#233;raux et qui s'appuyaient surtout sur la bourgeoisie commer&#231;ante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#65279;&lt;i&gt;Under the Black Flag : The Romance and the Reality of Life Among the Pirates&lt;/i&gt; de David Cordingly, &#233;ditions &#65279;Random House Trade (2006).&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme son nom l'indique, sur le romantisme et la r&#233;alit&#233; de la vie parmi les pirates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Granuaile : Grace O'malley - Ireland's Pirate Queen&lt;/i&gt; de Anne Chambers, &#65279;&#233;ditions Gill &amp; Macmillan Ltd (20 mars 2009) et &lt;i&gt;Pirate Queen of Ireland : The True Story of Grace O'Malley&lt;/i&gt;, aussi de Anne Chambers, &#233;ditions &#65279;The Collins Press (15 mars 2014).&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc sur la longue vie et carri&#232;re de la pirate irlandaise Gr&#225;inne Ni Mh&#225;ille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Bold in Her Breeches : Woman Pirates Across the Ages&lt;/i&gt; de Jo Stanley, &#233;ditions R&#65279;ivers Oram Press/Pandora List (1 janvier 1995).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une histoire f&#233;ministe des femmes pirates au travers des &#226;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Rum, Sodomy and the Lash : Piracy, Sexuality, and Masculine Identity&lt;/i&gt; de Hans Turley, &#233;ditions NYU Press (2001).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pirates, la sexualit&#233; et l'identit&#233; masculine, au travers entre autres, des romans d'&#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/BastionsPirates.pdf" length="890225" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/Utopies_Pirates-40p-A5-Fil.pdf" length="1085886" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/Utopies_Pirates-40p-A5-Cahier.pdf" length="1072992" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'art et la science du d&#233;tournement publicitaire</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article243</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article243</guid>
		<dc:date>2005-05-31T06:19:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Billboard Liberation Front</dc:creator>


		<dc:subject>Art, Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Antipub</dc:subject>
		<dc:subject>Guides pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif FTP (Nancy)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le Billboard Liberation Front d&#233;tourne des publicit&#233;s [aux Etats-Unis] depuis 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons que vous trouverez utiles et abordables les informations&lt;br class='autobr' /&gt;
contenues dans cette brochure. Nous y avons d&#233;taill&#233; des m&#233;thodes pour des&lt;br class='autobr' /&gt;
panneaux simples &#224; d&#233;tourner et accessibles, ainsi que d'autres, plus &#233;labor&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour les grands panneaux autoroutiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des cas, il ne sera pas n&#233;cessaire de recourir aux m&#233;thodes&lt;br class='autobr' /&gt;
les plus &#233;labor&#233;es - tout comme certaines pr&#233;cautions tournant parfois &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'obsession. Une bombe de peinture, un esprit joyeux, et une douce nuit sont&lt;br class='autobr' /&gt;
parfaitement suffisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe plusieurs raisons pour d&#233;tourner les publicit&#233;s. Dans cette&lt;br class='autobr' /&gt;
brochure, nous &#233;viterons l'id&#233;ologie pour nous concentrer uniquement sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Billboard Liberation Front&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;A&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot16" rel="tag"&gt;Art, Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Antipub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Guides pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Collectif FTP (Nancy)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH81/arton243-fdbc3.jpg?1780457292' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff243.jpg?1128977616&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Billboard Liberation Front d&#233;tourne des publicit&#233;s &lt;a href=&#034;http://www.billboardliberation.com/history.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;depuis 1977&lt;/a&gt;.&lt;br&gt;
Nous esp&#233;rons que vous trouverez utiles et abordables les informations&lt;br class='autobr' /&gt;
contenues dans cette brochure. Nous y avons d&#233;taill&#233; des m&#233;thodes pour des&lt;br class='autobr' /&gt;
panneaux simples &#224; d&#233;tourner et accessibles, ainsi que d'autres, plus &#233;labor&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour les grands panneaux autoroutiers.&lt;br&gt;
Dans la plupart des cas, il ne sera pas n&#233;cessaire de recourir aux m&#233;thodes&lt;br class='autobr' /&gt;
les plus &#233;labor&#233;es - tout comme certaines pr&#233;cautions tournant parfois &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'obsession. Une bombe de peinture, un esprit joyeux, et une douce nuit sont&lt;br class='autobr' /&gt;
parfaitement suffisants.&lt;br&gt;
Il existe plusieurs raisons pour d&#233;tourner les publicit&#233;s. Dans cette&lt;br class='autobr' /&gt;
brochure, nous &#233;viterons l'id&#233;ologie pour nous concentrer uniquement sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Billboard Liberation Front&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;NB : Pour plus de lisibilit&#233;, lisez la brochure illustr&#233;e, &lt;a href=&#034;http://infokiosques.net/IMG/pdf/BLF.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici au format PDF&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Choisir un panneau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois que vous aurez s&#233;lectionn&#233; un message publicitaire &#224; d&#233;tourner, il&lt;br class='autobr' /&gt;
faudra d&#233;j&#224; v&#233;rifier si vous retrouvez la m&#234;me pub &#224; plusieurs endroits.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;terminez ensuite ceux qui offrent la meilleure lisibilit&#233; et visibilit&#233; du message.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un panneau en bordure d'autoroute sera bien &#233;videmment vu par beaucoup plus&lt;br class='autobr' /&gt;
de monde qu'un panneau situ&#233; dans une ruelle obscure (ce qui est plut&#244;t rare -&lt;br class='autobr' /&gt;
ndt). Il vous faudra bien &#233;videmment &#233;valuer la localisation et la visibilit&#233; du&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tournement, mais &#233;galement prendre en compte d'autres facteurs beaucoup plus&lt;br class='autobr' /&gt;
variables, comme rep&#233;rer les chemins d'acc&#232;s, et les &#034;issues de secours&#034;, ou le&lt;br class='autobr' /&gt;
temps n&#233;cessaire pour parcourir &#224; pieds et en voiture le chemin pour se rendre au&lt;br class='autobr' /&gt;
panneau. &lt;br&gt;
En choisissant le panneau, gardez &#224; l'esprit que les d&#233;tournements les plus&lt;br class='autobr' /&gt;
efficaces sont souvent les plus simples. Si vous parvenez &#224; modifier&lt;br class='autobr' /&gt;
compl&#232;tement le sens d'une pub rien qu'en changeant/supprimant une ou deux&lt;br class='autobr' /&gt;
lettres, vous gagnerez du temps et cela vous &#233;vitera des probl&#232;mes. Certaines pubs&lt;br class='autobr' /&gt;
se pr&#234;tent facilement &#224; la parodie gr&#226;ce &#224; l'incursion d'une petite image ou d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
symbole &#224; l'endroit appropri&#233; (un cr&#226;ne, un symbole radioactif, un smiley, une&lt;br class='autobr' /&gt;
svastika, un vibromasseur, etc.). Parfois, sur certaines pubs, l'ajout d'une bulle &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'un des personnages suffit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Pr&#233;paration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A) Accessibilit&#233;&lt;/strong&gt; : Comment acc&#233;der au panneau ? Avez-vous besoin d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chelle pour atteindre le haut du panneau ? Pouvez-vous escalader le panneau&lt;br class='autobr' /&gt;
sans risques ? Si le panneau se trouve sur le toit d'un immeuble, peut-on y acc&#233;der&lt;br class='autobr' /&gt;
en passant par l'int&#233;rieur du b&#226;timent, par l'escalier de sortie de secours, ou par un&lt;br class='autobr' /&gt;
immeuble mitoyen ? Si vous avez besoin d'une &#233;chelle, on peut parfois en trouver&lt;br class='autobr' /&gt;
sur les plates-formes des panneaux, ou sur un panneau adjacent, ou sur les toits&lt;br class='autobr' /&gt;
d'immeubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B) Aspects pratiques&lt;/strong&gt; : Quelle est la taille des lettres et/ou des images &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
modifier ? Votre zone de&lt;br class='autobr' /&gt;
travail se trouve-t-elle pr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
de la plate-forme ?&lt;br&gt;
Si vous escaladez les&lt;br class='autobr' /&gt;
plus gros panneaux jusqu'&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
leur sommet, vous pourrez&lt;br class='autobr' /&gt;
vous y suspendre pour&lt;br class='autobr' /&gt;
atteindre les endroits les&lt;br class='autobr' /&gt;
plus hauts de la pub. Nous&lt;br class='autobr' /&gt;
vous d&#233;conseillons toutefois&lt;br class='autobr' /&gt;
cette m&#233;thode sauf si vous avez d&#233;j&#224; pratiqu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'escalade. De plus, dans&lt;br class='autobr' /&gt;
cette position, votre zone&lt;br class='autobr' /&gt;
de travail lat&#233;rale se&lt;br class='autobr' /&gt;
trouvera limit&#233;e et il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'av&#233;rera difficile de se&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;placer d'un c&#244;t&#233; &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autre du panneau. Et en&lt;br class='autobr' /&gt;
cas de probl&#232;mes, il vous&lt;br class='autobr' /&gt;
faudra plus de temps&lt;br class='autobr' /&gt;
pour fuir et cela pourra&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me devenir dangereux&lt;br class='autobr' /&gt;
si vous vous affolez. Et il&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;est &#233;galement tr&#232;s difficile de coller des images ou des lettres de grosse taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C) S&#233;curit&#233;&lt;/strong&gt; : Apr&#232;s avoir s&#233;lectionn&#233; votre panneau, relevez toutes activit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
aux alentours, nuits et jours. Que s'y passe-t-il vers 2h00 du matin ? Serez-vous&lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup visible en escaladant la structure ? Souvenez-vous que vous allez faire&lt;br class='autobr' /&gt;
du bruit ; assurez-vous qu'il n'y a pas d'appartements ou de bureaux occup&#233;s &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
proximit&#233;. Marchez doucement sur les toits - vous ne savez pas au-dessus de quoi&lt;br class='autobr' /&gt;
ou de chez qui vous marchez.&lt;br&gt;
Les voitures qui circulent dans les environs peuvent-elles vous voir ? Que&lt;br class='autobr' /&gt;
voyez-vous du panneau depuis votre zone de travail ? M&#234;me si cela semble&lt;br class='autobr' /&gt;
difficile de voir une image dans l'obscurit&#233;, cela n'est pas impossible. Tout votre&lt;br class='autobr' /&gt;
champ de vision sera aussi celui des passants, &#224; l'envers !&lt;br&gt;
Le panneau se trouve-t-il loin d'un commissariat ou d'un poste de&lt;br class='autobr' /&gt;
patrouilles autorouti&#232;res ? Quelle est la fr&#233;quence des patrouilles ? Quel est leur&lt;br class='autobr' /&gt;
temps de r&#233;ponse &#224; l'appel d'un &#034;bon&#034; citoyen ? Faites-vous votre propre id&#233;e en&lt;br class='autobr' /&gt;
observant le coin. Est-ce tranquille la nuit, ou y a-t-il du trafic ? Lorsque les bars&lt;br class='autobr' /&gt;
ferment, ceci vous fournira-t-il une bonne couverture - par ex. des mecs bourr&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
occupant les flics - ou bien au contraire, cela nuira-t-il &#224; votre discr&#233;tion et vous&lt;br class='autobr' /&gt;
fera rep&#233;rer des passants ? Mais, s'en soucient-ils ? Si vous &#234;tes rep&#233;r&#233;s, il pourrait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre pr&#233;f&#233;rable que les personnes au sol leur parlent plut&#244;t que de simplement&lt;br class='autobr' /&gt;
esp&#233;rer qu'ils n'appellent pas la police. Ne les laissez pas vous mettre en rapport&lt;br class='autobr' /&gt;
avec un v&#233;hicule. Les personnes au sol peuvent se faire passer pour des badauds et&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi essayer de savoir ce que pensent les vrais badauds. Nous avons &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;couverts &#224; de nombreuses reprises, et la plupart du temps les gens &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
amus&#233;s. Vous verrez qu'en g&#233;n&#233;ral, les gens n'y pr&#234;tent pas attention sauf s'ils ont&lt;br class='autobr' /&gt;
une bonne raison de le faire.&lt;br&gt;
Grimpez d&#233;j&#224; sur le panneau avant de vous occuper du d&#233;tournement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Familiarisez-vous avec la structure en bougeant dessus. Prenez &#233;ventuellement&lt;br class='autobr' /&gt;
une cam&#233;ra ou un appareil photo - cela peut servir de couverture en cas de visite&lt;br class='autobr' /&gt;
ind&#233;sirable : &#034;&lt;i&gt;Mais voyons, monsieur l'agent, je suis photographe, et de nuit on a une vue magnifique depuis le pont...&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br&gt;
Pr&#233;voyez toujours des voies de secours qui vous permettront de fuir et&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;rifiez qu'elles ne sont pas bloqu&#233;es. Pouvez-vous passer d'un toit d'immeuble &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autre et partir par un escalier de secours ? etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D) Eclairage&lt;/strong&gt; : La plupart des panneaux sont tr&#232;s &#233;clair&#233;s, par des lampes de&lt;br class='autobr' /&gt;
diff&#233;rents mod&#232;les. Les plus gros panneaux sont parfois &#233;teints entre 23h00 et&lt;br class='autobr' /&gt;
2h00 par un syst&#232;me de minuterie situ&#233; sur le panneau, ou &#224; c&#244;t&#233;. Les petits&lt;br class='autobr' /&gt;
panneaux sont g&#233;n&#233;ralement contr&#244;l&#233;s par des cellules photo&#233;lectriques ou des&lt;br class='autobr' /&gt;
minuteurs conventionnels, qui se trouvent aussi sur le panneau. Si vous parvenez&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; trouver la cellule photo&#233;lectrique, vous pouvez couper l'&#233;clairage en projetant le&lt;br class='autobr' /&gt;
faisceau lumineux d'une lampe directement sur l'&#034;oeil&#034; de la cellule. Cela perturbe&lt;br class='autobr' /&gt;
le syst&#232;me qui &#034;pense&#034; qu'il fait jour - le moment o&#249; les lampes sont cens&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;teindre.&lt;br&gt;
Les minuteurs des gros panneaux se trouvent dans le bo&#238;tier de contr&#244;le aux&lt;br class='autobr' /&gt;
pieds du panneau, ou sur le c&#244;t&#233; de celui-ci. Ces bo&#238;tiers sont g&#233;n&#233;ralement ferm&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
(et plus particuli&#232;rement ceux qui se trouvent aux pieds des panneaux) et s'ouvrent&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'aide d'une pointe de couteau, de tournevis. Mais &#224; moins de vous y conna&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
en &#233;lectricit&#233;, nous vous d&#233;conseillons d'y toucher, et il est pr&#233;f&#233;rable d'attendre&lt;br class='autobr' /&gt;
que l'&#233;clairage s'&#233;teigne de lui-m&#234;me. Ces panneaux sont branch&#233;s sur du 220&lt;br class='autobr' /&gt;
volts, une mauvaise manipulation pourrait vous co&#251;ter cher ! (Cependant si vous&lt;br class='autobr' /&gt;
trouvez un disjoncteur &#224; l'int&#233;rieur du bo&#238;tier, il suffit juste de le mettre &#224; z&#233;ro,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans plus d'efforts ou de soucis - ndt)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Le Graphisme :
conception des lettres
et des images&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A) Echelle&lt;/strong&gt; : Si vous comptez seulement changer une petite zone (une lettre,&lt;br class='autobr' /&gt;
un symbole) il ne vous sera pas n&#233;cessaire d'aller prendre beaucoup de mesures&lt;br class='autobr' /&gt;
pour concevoir votre &#034;rev&#234;tement&#034; (nous utiliserons ce terme pour d&#233;signer&lt;br class='autobr' /&gt;
l'image/lettrage que vous collerez sur la pub). Il vous suffira de prendre les&lt;br class='autobr' /&gt;
mesures de tra&#231;age directement sur le panneau. Si jamais vous voulez quand&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me r&#233;aliser des rev&#234;tements de grande taille et/ou avec beaucoup de lettres, et&lt;br class='autobr' /&gt;
que vous voulez que l'image finale ressemble le plus possible &#224; celles des&lt;br class='autobr' /&gt;
publicitaires, vous devrez vous pr&#233;parer &#224; un travail plus &#233;labor&#233;.&lt;br&gt;
Placez-vous bien devant le panneau, photographiez-le dans cette position&lt;br class='autobr' /&gt;
et r&#233;alisez un trac&#233; depuis une impression grand format de cette photo. Gr&#226;ce aux&lt;br class='autobr' /&gt;
mesures que vous aurez prises sur le panneau (hauteur, largeur, taille des lettres,&lt;br class='autobr' /&gt;
etc.), vous pouvez &#233;laborer une &#233;chelle pour votre projet. D'apr&#232;s celle-ci, il&lt;br class='autobr' /&gt;
deviendra possible de d&#233;terminer la taille de votre rev&#234;tement et l'espace&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessaire entre les lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B) Harmonisation des couleurs&lt;/strong&gt; : Il y a deux techniques de base qui&lt;br class='autobr' /&gt;
permettent d'harmoniser le fond et/ou les couleurs du lettrage ou de l'image.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1) Sur les panneaux peints ou en papier, vous pouvez g&#233;n&#233;ralement pr&#233;lever un&lt;br class='autobr' /&gt;
petit &#233;chantillon directement sur le panneau. Ceci ne marche pas toujours sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
vieux panneaux qui ont plusieurs couches de peintures.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2) La plupart des grands magasins de peinture fournissent des nuanciers de&lt;br class='autobr' /&gt;
couleurs. Il est possible de trouver des couleurs similaires &#224; l'aide de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chantillons. Pour un impact visuel maximum, nous vous sugg&#233;rons de vous&lt;br class='autobr' /&gt;
concentrer sur des couleurs unies et des croquis simples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C) Style du lettrage&lt;/strong&gt; : Si vous souhaitez reproduire exactement le style&lt;br class='autobr' /&gt;
des lettres, recherchez-les dans des livres de typographie. Et utilisez ces mod&#232;les&lt;br class='autobr' /&gt;
avec le trac&#233; des lettres existantes afin de cr&#233;er une gamme compl&#232;te de lettres&lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessaires &#224; votre&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tournement. Vous pourrez&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;galement vous rapprochez&lt;br class='autobr' /&gt;
du style des lettres en utilisant&lt;br class='autobr' /&gt;
le trac&#233; de celles qui figurent&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la photo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D) Application&lt;/strong&gt; : Nous&lt;br class='autobr' /&gt;
vous conseillons de ne pas utiliser de rev&#234;tement plus&lt;br class='autobr' /&gt;
grand que les 4x3.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si votre message&lt;br class='autobr' /&gt;
est plus gros, il&lt;br class='autobr' /&gt;
vous faudra le&lt;br class='autobr' /&gt;
diviser en plusieurs&lt;br class='autobr' /&gt;
parties . Les panneaux &#233;tant souvent expos&#233;s au&lt;br class='autobr' /&gt;
vent, les grandes affiches deviennent difficiles &#224; poser. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
y a aussi, parfois, de la condensation sur les panneaux, et il faut alors essuyer les zones &#224; recouvrir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les rev&#234;tements, utilisez plut&#244;t du papier &#233;pais et de la peinture brillante. La&lt;br class='autobr' /&gt;
peinture se r&#233;pand sur le papier, le rendant plus dur, &#233;tanche, et difficile &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;chirer. Pour faire les rev&#234;tements, peignez le fond au rouleau, puis utilisez des&lt;br class='autobr' /&gt;
pochoirs pour les lettrages, en les remplissant &#224; l'aide d'une bombe. Pour des&lt;br class='autobr' /&gt;
images ou des panneaux extr&#234;mement larges, utilisez de grandes pi&#232;ces de toile&lt;br class='autobr' /&gt;
peinte. La toile devrait &#234;tre l&#233;g&#232;rement lourde afin d'&#233;viter tout d&#233;chirement &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
cause du vent ou des intemp&#233;ries. Collez et agrafez entre elles toutes les longueurs de la toile. Celle-ci s'enroulera alors comme un tapis pr&#234;t &#224; &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
transport&#233; et vous le d&#233;roulerez depuis le dessus du panneau, et le mettrez en&lt;br class='autobr' /&gt;
place, &#233;ventuellement &#224; l'aide de cordes.&lt;br&gt;
Vous pouvez &#233;galement lier les quatre angles et le centre (en haut et en&lt;br class='autobr' /&gt;
bas) de fa&#231;on s&#251;re, ou, si vous pouvez atteindre le devant du panneau gr&#226;ce &#224; une&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chelle ou une corde, attachez-le en vissant les bords sur le panneau. Un mat&#233;riel&lt;br class='autobr' /&gt;
fiable est n&#233;cessaire dans ces cas-l&#224;, des vis #8 ou #10, qui tiennent sur le m&#233;tal.&lt;br&gt;
Pour placer vos rev&#234;tements sur le panneau, prenez des mesures de haut en&lt;br class='autobr' /&gt;
bas du panneau, pour d&#233;terminer la surface &#224; recouvrir, puis tracez deux marques&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; droite et &#224; gauche. Cette ligne constituera votre point de rep&#232;re pour placer vos&lt;br class='autobr' /&gt;
rev&#234;tements.&lt;br&gt;
M&#234;me s'il existe quantit&#233; d'adh&#233;sifs utiles, nous vous recommandons le&lt;br class='autobr' /&gt;
mastic au caoutchouc. Il s'en va facilement (mais s'il est appliqu&#233; correctement, il&lt;br class='autobr' /&gt;
restera ind&#233;finiment) et il n'ab&#238;me pas ni ne marque de fa&#231;on permanente la&lt;br class='autobr' /&gt;
surface du panneau. Ceci peut s'av&#233;rer crucial si vous &#234;tes appr&#233;hend&#233;s et que les&lt;br class='autobr' /&gt;
autorit&#233;s ou le propri&#233;taire tentent de vous demander des dommages et int&#233;r&#234;ts&lt;br class='autobr' /&gt;
pour avoir esquint&#233; leur panneau.&lt;br&gt;
Pour faire tenir le mastic sur de larges surfaces, il vous faudra en appliquer&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le dos du rev&#234;tement ainsi que sur le panneau. Attendez une &#224; deux minutes&lt;br class='autobr' /&gt;
que cela s&#232;che avant de poser.&lt;br&gt;
Pour &#233;tendre le mastic, utilisez des rouleaux &#224; peinture larges et un seau en&lt;br class='autobr' /&gt;
plastique. Le mieux est qu'une personne s'occupe d'encoller le rev&#234;tement pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'une autre s'occupe du panneau.&lt;br&gt;
Il faudra de toute fa&#231;on deux personnes pour fixer les parties encoll&#233;es sur&lt;br class='autobr' /&gt;
le panneau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. La Cible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois que vous aurez termin&#233; vos pr&#233;paratifs et que vous serez pr&#234;ts&lt;br class='autobr' /&gt;
pour vous attaquer &#224; la cible, vous pourrez encore faire plusieurs choses pour&lt;br class='autobr' /&gt;
minimiser votre appr&#233;hension :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A) Le Groupe&lt;/strong&gt; : Il faut le moins de personnes possible sur le panneau. Pas&lt;br class='autobr' /&gt;
plus de trois. Deux pour s'occuper du panneau et une qui fait le guet ou s'occupe&lt;br class='autobr' /&gt;
des communications. Mais, il vous faudra peut-&#234;tre d'autres personnes au sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B) Communications&lt;/strong&gt; : Pour les travaux sur les plus gros panneaux, o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
vous &#234;tes expos&#233;s pendant un certain temps, nous recommandons l'usage de&lt;br class='autobr' /&gt;
mat&#233;riel de communications portable (CB ou talkies-walkies), que l'on peut&lt;br class='autobr' /&gt;
trouver pour pas cher dans les magasins d'&#233;lectronique.&lt;br&gt;
Positionnez une ou deux voitures aux intersections cruciales visibles&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis le panneau. Les personnes au sol devraient s'occuper de la circulation et&lt;br class='autobr' /&gt;
maintenir un contact radio avec le groupe du panneau. (Note : n'utilisez pas les&lt;br class='autobr' /&gt;
canaux CB ou FM standards : il en existe beaucoup d'autres. N'h&#233;sitez pas &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
recourir &#224; des codes, surtout si d'autres personnes, y compris les flics, peuvent&lt;br class='autobr' /&gt;
entendre ce que vous dites).&lt;br&gt;
Il est crucial que les membres de l'&#233;quipe au sol ne stagnent pas autour des&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;hicules, ou de n'importe quelle fa&#231;on qui signalerait qu'ils attendent quelque&lt;br class='autobr' /&gt;
chose dans un endroit&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sert au beau milieu de&lt;br class='autobr' /&gt;
la nuit. Une patrouille&lt;br class='autobr' /&gt;
risquerait de les rep&#233;rer&lt;br class='autobr' /&gt;
rapidement, avant qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
ne puissent vous avertir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soyez discrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C) La Fuite&lt;/strong&gt; : Si vous&lt;br class='autobr' /&gt;
avez effectu&#233; tous les&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;paratifs n&#233;cessaires,&lt;br class='autobr' /&gt;
vous vous serez&lt;br class='autobr' /&gt;
familiaris&#233; avec les&lt;br class='autobr' /&gt;
environs du panneau. En cas de n&#233;cessit&#233;, il vous faudra s&#233;lectionner des voies de fuites dans le secteur, et&lt;br class='autobr' /&gt;
convenir d'un point de chute avec le reste de l'&#233;quipe. Si une patrouille s'approche&lt;br class='autobr' /&gt;
de vous alors que vous vous trouvez dans une position d&#233;licate pour d&#233;taler et&lt;br class='autobr' /&gt;
vous cacher rapidement (si vous &#234;tes suspendus au bout d'une corde en plein&lt;br class='autobr' /&gt;
milieu du panneau par exemple), il vaut parfois mieux rester tranquille et attendre&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils passent. Le moindre mouvement aura tendance &#224; attirer l'oeil. Une fois au&lt;br class='autobr' /&gt;
sol, si la poursuite est in&#233;vitable, se cacher s'av&#232;re parfois la meilleure solution. Si&lt;br class='autobr' /&gt;
vous avez d&#233;j&#224; parcouru le terrain avec attention, vous saurez o&#249; sont les&lt;br class='autobr' /&gt;
meilleurs endroits pour se cacher. Gardez &#224; l'esprit que si les policiers effectuent&lt;br class='autobr' /&gt;
une recherche pouss&#233;e (peu probable, mais pas impossible), ils utiliseront les&lt;br class='autobr' /&gt;
phares et les lumi&#232;res de leurs v&#233;hicules ainsi que des mag-light.&lt;br&gt;
Il peut &#233;galement &#234;tre int&#233;ressant de dissimuler d'autres v&#234;tements de&lt;br class='autobr' /&gt;
rechange. Un costume, ou des fringues de clochards sales et puantes. Soyez&lt;br class='autobr' /&gt;
cr&#233;atifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. D&#233;tournement de jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous ne vous&lt;br class='autobr' /&gt;
recommandons pas&lt;br class='autobr' /&gt;
cette m&#233;thode pour&lt;br class='autobr' /&gt;
les grands panneaux&lt;br class='autobr' /&gt;
ou ceux qui sont&lt;br class='autobr' /&gt;
situ&#233;s pr&#232;s des&lt;br class='autobr' /&gt;
autoroutes et des&lt;br class='autobr' /&gt;
grands axes routiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela marche mieux&lt;br class='autobr' /&gt;
sur les panneaux bas&lt;br class='autobr' /&gt;
et pr&#232;s du sol, l&#224; o&#249; il&lt;br class='autobr' /&gt;
est plus facile et&lt;br class='autobr' /&gt;
rapide d'effectuer une&lt;br class='autobr' /&gt;
action d e&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tournement. Si vous choisissez d'oeuvrer au grand jour, mettez des vestes de&lt;br class='autobr' /&gt;
travail (avec un nom d'entreprise dans le dos pour &#234;tre encore plus cr&#233;dible), des&lt;br class='autobr' /&gt;
casquettes ou des casques de chantier, et ne tra&#238;nez pas. Surveillez les alentours,&lt;br class='autobr' /&gt;
jetez un oeil aux v&#233;hicules, qu'ils soient gar&#233;s ou non, (&#233;vitez soigneusement ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'entreprise dont vous portez les v&#234;tements !), et v&#233;rifiez que personne ne vous&lt;br class='autobr' /&gt;
observe avec insistance et suspicion ou appelle la police.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Post-scriptum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si ce que vous venez de lire vous sert dans votre&lt;br class='autobr' /&gt;
lutte contre la publicit&#233;, les membres du Billboard Liberation Front ne pourront&lt;br class='autobr' /&gt;
que s'en f&#233;liciter.&lt;br&gt;
Selon nous, le sabotage de panneaux est une&lt;br class='autobr' /&gt;
occupation dans laquelle devraient s'engager de&lt;br class='autobr' /&gt;
nombreuses personnes. Il n'est d'ailleurs pas tr&#232;s difficile&lt;br class='autobr' /&gt;
de s'attaquer aux petits panneaux urbains, tr&#232;s accessibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un raid &#233;clair sur de tels panneaux ne requiert&lt;br class='autobr' /&gt;
aucunement toutes les techniques &#233;labor&#233;es pr&#233;sent&#233;es ici.&lt;br&gt;
Plus le message est &#034;vrai&#034;, plus il passera facilement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;R. O. Thornhill, Officier Instructeur du BLF&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous faisions aussi des panneaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre histoire d&#233;bute il y a tr&#232;s longtemps... m&#234;me le statut de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
limitations en est expir&#233;.&lt;br&gt;
Je n'ai jamais &#233;t&#233; au mieux de ma forme &#224; 3h30&lt;br class='autobr' /&gt;
du matin ; &#234;tre nerveux n'arrange rien. Dans l'obscurit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
qui pr&#233;c&#232;de l'aube, nos voix sont basses tandis que nous&lt;br class='autobr' /&gt;
nous r&#233;veillons et que nous buvons du caf&#233;, de l'alcool :&lt;br class='autobr' /&gt;
Slivovitz. On part en silence, en mettant discr&#232;tement&lt;br class='autobr' /&gt;
nos sacs &#224; dos noirs, nos tenues noires, et des baskets,&lt;br class='autobr' /&gt;
nous rentrons dans le v&#233;hicule et c'est parti !&lt;br&gt;
Dans la zone pr&#233;par&#233;e &#224; l'avance, nous nous&lt;br class='autobr' /&gt;
garons, hors de vue les un-e-s des autres, nous reprenons&lt;br class='autobr' /&gt;
nos sacs et notre matos (rouleaux de papier, brosses &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
coller &#233;quip&#233;es de longs manches et des balais-brosses) et&lt;br class='autobr' /&gt;
nous nous dirigeons tranquillement vers le panneau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous l'avions d&#233;j&#224; d&#233;tourn&#233; une fois, nous savions donc&lt;br class='autobr' /&gt;
comment y acc&#233;der et o&#249; nous &#233;tions visibles ou non. Heureusement, des&lt;br class='autobr' /&gt;
guetteurs au sol se placent dans chaque direction. Mais nous ne saurons pas ce qui&lt;br class='autobr' /&gt;
se passe autour de nous jusqu'&#224; ce que nous soyons rentr&#233;s chez nous - ou que&lt;br class='autobr' /&gt;
nous ne soyons avertis de la pr&#233;sence d'un flic par le signal lumineux d'une lampe.&lt;br&gt;
Le panneau est bas, donc une personne travaillera au sol. Le plus agile&lt;br class='autobr' /&gt;
grimpe le premier, ensuite c'est au tour du plus lourd. On se passe les balais, on&lt;br class='autobr' /&gt;
sort le seau, dans lequel on vide les bouteilles d'amidon. On d&#233;roule le papier et&lt;br class='autobr' /&gt;
on l'humidifie l&#233;g&#232;rement, tandis qu'au-dessus de nous, quelqu'un humidifie le&lt;br class='autobr' /&gt;
papier du panneau de la m&#234;me mani&#232;re. On soul&#232;ve la pi&#232;ce de papier la moins&lt;br class='autobr' /&gt;
maniable, on la place puis on la d&#233;roule pour la coller. Nous r&#233;p&#233;tons le processus sur une autre grande pi&#232;ce de papier, puis sur deux petites.&lt;br&gt;
Nous sommes interrompus par&lt;br class='autobr' /&gt;
des cris joyeux provenant de la rue - des&lt;br class='autobr' /&gt;
skaters ! L'un d'eux, n'en croyant pas ses&lt;br class='autobr' /&gt;
yeux, appelle ses amis. Ceux-ci ne nous&lt;br class='autobr' /&gt;
voient pas du premier coup, puis nous&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;couvrent, et nous demandent ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
nous faisons. Je leur explique&lt;br class='autobr' /&gt;
laconiquement que &#034;nous corrigeons&lt;br class='autobr' /&gt;
cette publicit&#233;.&#034; Ils regardent quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
instants avant de repartir vers University&lt;br class='autobr' /&gt;
Avenue. Nous finissons rapidement notre&lt;br class='autobr' /&gt;
travail et ramassons nos outils. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
personnes au sol ont d&#233;j&#224; quitt&#233; les lieux&lt;br class='autobr' /&gt;
lorsque nous commen&#231;ons &#224; partir dans&lt;br class='autobr' /&gt;
le calme, nous arr&#234;tant un moment pour&lt;br class='autobr' /&gt;
admirer notre travail. [...] &lt;br&gt;
Nous d&#233;tournons environ une&lt;br class='autobr' /&gt;
douzaine de panneaux par an. Nous nous&lt;br class='autobr' /&gt;
sommes inspir&#233;s d'un autre groupe de&lt;br class='autobr' /&gt;
Berkeley qui d&#233;tournait les panneaux&lt;br class='autobr' /&gt;
d'inscription pour le Service Militaire&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;i&gt;C'est Rapide/C'est Facile/C'est la Loi/&lt;br class='autobr' /&gt;
Les hommes &#226;g&#233;s de 18 ans doivent&lt;br class='autobr' /&gt;
s'inscrire au Poste de Police&lt;/i&gt;). Ils ont&lt;br class='autobr' /&gt;
substitu&#233; - avec finesse - le mot &#034;&lt;i&gt;Mortel&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; &#034;&lt;i&gt;la Loi&lt;/i&gt;&#034;. Notre premi&#232;re tentative ne&lt;br class='autobr' /&gt;
fut pas aussi subtile : nous avons&lt;br class='autobr' /&gt;
remplac&#233; la 3&#232;me ligne par &#034;&lt;i&gt;C'est un&lt;br class='autobr' /&gt;
pi&#232;ge &#224; cons&lt;/i&gt;&#034;. Nous nous sommes&lt;br class='autobr' /&gt;
sp&#233;cialis&#233;s dans ces signalisations, nos&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tournement donnant : &#034;&lt;i&gt;C'est la Loi des&lt;br class='autobr' /&gt;
Porcs&lt;/i&gt;&#034;. et &#034;&lt;i&gt;Les hommes &#226;g&#233;s de 18 ans&lt;br class='autobr' /&gt;
doivent s'inscrire &#224; la morgue&lt;/i&gt;&#034;. Nous&lt;br class='autobr' /&gt;
nous sommes &#233;galement attaqu&#233;s &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'autres cibles suivant les opportunit&#233;s.&lt;br&gt;
Nous avons consid&#233;r&#233; cela&lt;br class='autobr' /&gt;
comme un entra&#238;nement pour d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
situations aventureuses. Nous lu avec&lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup d'int&#233;r&#234;t &lt;i&gt;Without a Trace&lt;/i&gt; de&lt;br class='autobr' /&gt;
Moriarty - un manuel tr&#232;s efficace pour&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux qui participent &#224; des actions ill&#233;gales et veulent &#233;viter de se faire prendre - qui d&#233;crit tr&#232;s bien l'utilisation&lt;br class='autobr' /&gt;
d'objets ind&#233;tectables et ordinaires, les moyens d'effacer et de ne pas laisser de&lt;br class='autobr' /&gt;
traces sur les lieux d'actions, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne nous sommes jamais souci&#233;s de la facilit&#233; et de la vitesse de&lt;br class='autobr' /&gt;
nettoyage des d&#233;tournements - puisque de toutes fa&#231;ons les ouvriers qui le font&lt;br class='autobr' /&gt;
sont pay&#233;s pour &#231;a. Un jour, j'ai vu un mec qui rempla&#231;ait un panneau du Service&lt;br class='autobr' /&gt;
Militaire que nous avions d&#233;tourn&#233; ; on a boss&#233; comme des dingues, regroup&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;quipe, et on a eu une nouvelle - et bien meilleure - version &#224; 4h00 du matin !&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a c'est du service rapide !&lt;br&gt;
Nous ne sommes jamais all&#233;s inspecter un panneau &#224; l'avance. Cela ne&lt;br class='autobr' /&gt;
nous semblait pas n&#233;cessaire et risquait de nous exposer inutilement. En fait, des&lt;br class='autobr' /&gt;
membres du LAG (&lt;i&gt;Livermore Action Group&lt;/i&gt;, des activistes antinucl&#233;aires) se sont&lt;br class='autobr' /&gt;
fait prendre en train de mesurer un panneau, ce qui fut consid&#233;r&#233; comme une&lt;br class='autobr' /&gt;
infraction. Il est inutile de pr&#233;ciser qu'ils devinrent des &#034;suspects id&#233;aux&#034; chaque&lt;br class='autobr' /&gt;
fois qu'un panneau &#233;tait d&#233;tourn&#233; dans le coin. Nous avons boss&#233; sur des photos et&lt;br class='autobr' /&gt;
des inspections p&#233;destres, puisque nous nous occupions essentiellement de petits&lt;br class='autobr' /&gt;
panneaux en zone urbaine. Pour les autoroutes, c'est diff&#233;rent.&lt;br&gt;
En grande partie, notre travail consistait &#224; &#034;corriger&#034; et &#224; pratiquer de&lt;br class='autobr' /&gt;
petits d&#233;tournements. Nous avons appris &#224; nos d&#233;pends ce que le Billboard Liberation Front voulait dire&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; propos des petites pi&#232;ces de papier, qui ne s'av&#233;raient pas seulement &#234;tre une&lt;br class='autobr' /&gt;
bonne id&#233;e, mais une loi de la nature. Nous n'avons essay&#233; qu'une seule fois de&lt;br class='autobr' /&gt;
recouvrir une pub en entier. Nous &#233;tions plus d'une douzaine dessus, &#231;a nous a&lt;br class='autobr' /&gt;
demand&#233; beaucoup de travail, et ce fut un cuisant &#233;chec. Si nous &#233;tions all&#233;-e-s&lt;br class='autobr' /&gt;
reconna&#238;tre les lieux au pr&#233;alable, nous aurions pu voir que la b&#234;te &#233;tait &#233;maill&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos agrafeuses et l'amidon &#233;taient devenus inutiles. Mais au moins, on avait la&lt;br class='autobr' /&gt;
bonne taille de lettre. Ils ont boucl&#233; l'acc&#232;s au lieu apr&#232;s notre tentative. Il nous aurait fallu le manuel du Billboard Liberation Front &#224; ce moment l&#224;.&lt;br&gt;
Pour ne pas nous limiter aux endroits &#034;autoris&#233;s&#034;, nous avons aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
suspendu des banderoles - deux grandes. Elles furent r&#233;alis&#233;es par d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
personnes ; nous avons simplement fourni une &#034;assistance technique&#034;. (...)&lt;br&gt;
Il vous faut &#233;galement &#234;tre prudent avec les pochoirs. L'un d'entre nous&lt;br class='autobr' /&gt;
apposait des slogans antinucl&#233;aire sur les &#233;tiquettes de bo&#238;tes destin&#233;es &#224; une&lt;br class='autobr' /&gt;
entreprise de &#034;s&#233;curit&#233; nationale&#034;. Son patron lui fit savoir qu'il venait de rassurer&lt;br class='autobr' /&gt;
la s&#233;curit&#233; de cette entreprise en renvoyant la personne qui avait fait cela. (Le FBI&lt;br class='autobr' /&gt;
prouva que les pochoirs &#233;taient faits avant le collage des &#233;tiquettes).&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement pour lui, son patron avait menti.&lt;br&gt;
Alors, que retirer de tout cela ? Allez vous promener et amusez-vous !&lt;br class='autobr' /&gt;
Changez les messages ! C'est parfois frustrant - vous r&#233;aliserez que beaucoup de&lt;br class='autobr' /&gt;
gens finissent par ne plus regarder les panneaux publicitaires, et que certains ne&lt;br class='autobr' /&gt;
comprennent pas ce que vous avez voulu dire. Mais le d&#233;tournement publicitaire&lt;br class='autobr' /&gt;
demeure une alternative subversive qui ronge l'espace commercial et social.&lt;br&gt;
Nous esp&#233;rons voir vos messages partout sur les murs, tr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
prochainement !&lt;br&gt;
Et souvenez-vous - de la prudence, de la joie, de l'audace !&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Primitivo Morales&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Visez Haut&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois, trois jardiniers, qui apr&#232;s avoir travaill&#233; dur dans une&lt;br class='autobr' /&gt;
coop&#233;rative, partirent en vacances &#224; Seattle. Sur la route, ils virent un panneau&lt;br class='autobr' /&gt;
avec une pub repr&#233;sentant un avion de l'arm&#233;e, tr&#232;s phallique, avec la mention,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Visez Haut.&#034; C'est donc ce qu'ils firent.&lt;br&gt;
Ils all&#232;rent aux pieds du panneau, prirent toutes les mesures n&#233;cessaires et pr&#233;lev&#232;rent des &#233;chantillons de couleurs. Ensuite, ils coll&#232;rent des lettres rouges&lt;br class='autobr' /&gt;
sur du papier gras blanc, se munirent de balais &#233;ponges et autre mat&#233;riel, et en fin&lt;br class='autobr' /&gt;
de journ&#233;e, &#224; l'heure de pointe, ils post&#232;rent une personne &#224; un bout du pont&lt;br class='autobr' /&gt;
autoroutier pr&#232;s du panneau, et une autre pr&#232;s d'une entr&#233;e dans l'autre direction,&lt;br class='autobr' /&gt;
toutes &#233;quip&#233;es de talkies-walkies. Les autres collaient le papier sur la pub.&lt;br&gt;
La plupart des personnes observant la sc&#232;ne &#233;taient amus&#233;es. D'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;taient franchement hostiles. Un bon p&#232;re de famille sortit de sa voiture et exigea&lt;br class='autobr' /&gt;
que l'&#233;quipe &#034;&lt;i&gt;Descende tout de suite de l&#224; !&lt;/i&gt;&#034;. Les jeunes vandales lui&lt;br class='autobr' /&gt;
expliqu&#232;rent qu'ils avaient un boulot &#224; finir, et ils ignor&#232;rent ce &#034;&lt;i&gt;bon citoyen&lt;/i&gt;&#034;. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
flux des voitures contraignit bient&#244;t ce r&#233;ac &#224; s'en aller. En fait, il y avait tellement&lt;br class='autobr' /&gt;
de circulation que m&#234;me s'ils avaient &#233;t&#233; pr&#233;venus d&#232;s le d&#233;part - les portables&lt;br class='autobr' /&gt;
n'existaient pas encore - les flics auraient mis du temps pour arriver au panneau.&lt;br&gt;
En 15 minutes la pub &#233;tait &#034;corrig&#233;e&#034; et nos h&#233;ros avaient quitt&#233; les lieux,&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;posant leur mat&#233;riel et leurs tenues dans le bateau d'un ami, amarr&#233; dans un des&lt;br class='autobr' /&gt;
canaux de la ville. Pour c&#233;l&#233;brer leur action, ils se rendirent dans un bar du coin,&lt;br class='autobr' /&gt;
dont les fen&#234;tres donnaient comme par hasard sur la sc&#232;ne du crime. En entrant&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le bar, il s'aper&#231;urent que tout le monde les avait vus proc&#233;der ; et tout le&lt;br class='autobr' /&gt;
monde se tourna vers eux... pour les applaudir.&lt;br&gt;
Ils se relaxaient depuis une vingtaine de minutes d&#233;j&#224;, lorsque la police&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;barqua avec fracas, cherchant des t&#233;moins pour leur enqu&#234;te. Mais comme&lt;br class='autobr' /&gt;
personne n'avait rien vu, les flics s'en all&#232;rent, sans bruit cette fois.&lt;br&gt;
Le lendemain midi, le panneau &#233;tait &#224; nouveau recouvert... par la m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
pub. Tout semblait rentr&#233; dans l'ordre... jusqu'&#224; ce qu'il pleuve. L&#224;, les lettres qui&lt;br class='autobr' /&gt;
avaient &#233;t&#233; ajout&#233;es apparurent sous le papier mouill&#233;. Sous le slogan &#034;Visez&lt;br class='autobr' /&gt;
Haut&#034; &#233;tait &#233;crit &#034;Faites Sauter le Pentagone !&#034;.&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Med-o&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.billboardliberation.com/" class="spip_out"&gt;Billboard Liberation Front Creative Group&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Anti-Pub Consortium - 2002 - Kill copyright.&lt;br&gt;
Version originale en am&#233;ricain (1990-1999) sur &lt;a href=&#034;http://www.billboardliberation.com/guidebook.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.billboardliberation.com/guidebook.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/BLF.pdf" length="3025678" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/art_detournement_publicitaire-pageparpage-16pa5-1990.pdf" length="3048829" type="application/pdf" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
