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		<title>SCUM Manifesto</title>
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		<dc:date>2003-02-15T02:09:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie Solanas</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme, (questions de) genre</dc:subject>
		<dc:subject>Zanzara ath&#233;e (Paris-banlieue)</dc:subject>
		<dc:subject>Espa&#241;ol</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;SCUM, c'est l'&#233;norme crachat que Valerie Solanas renvoie aux hommes. Sa violence est une r&#233;ponse &#224; la violence. Avant que Kate Millett ne th&#233;orise la politique sexuelle du m&#226;le, Valerie Solanas l'a d&#233;nonc&#233;e au niveau visc&#233;ral, et &#224; la diff&#233;rence de Betty Friedman elle ne s'en prend pas aux institutions mais aux hommes qui les incarnent, tous les hommes, avec f&#233;rocit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;S&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;F&#233;minisme, (questions de) genre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot7" rel="tag"&gt;Zanzara ath&#233;e (Paris-banlieue)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;Espa&#241;ol&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L96xH150/arton4-501a1.jpg?1781040136' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff4.jpg?1155834298&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vivre dans cette soci&#233;t&#233;, c'est au mieux y mourir d'ennui. Rien dans cette soci&#233;t&#233; ne concerne les femmes. Alors, &#224; toutes celles qui ont un brin de civisme, le sens des responsabilit&#233;s et celui de la rigolade, il ne reste qu'&#224; renverser le gouvernement, en finir avec l'argent, instaurer l'automation &#224; tous les niveaux et supprimer le sexe masculin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au progr&#232;s technique, on peut aujourd'hui reproduire la race humaine sans l'aide des hommes (ou d'ailleurs sans l'aide des femmes) et produire uniquement des femmes ; conserver le m&#226;le n'a m&#234;me pas la douteuse utilit&#233; de permettre la reproduction de l'esp&#232;ce. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#226;le est un accident biologique ; le g&#232;ne Y (m&#226;le) n'est qu'un g&#232;ne X (femelle) incomplet, une s&#233;rie incompl&#232;te de chromosomes. En d'autres termes, l'homme est une femme manqu&#233;e, une fausse couche ambulante, un avorton cong&#233;nital. &#202;tre homme c'est avoir quelque chose en moins, c'est avoir une sensibilit&#233; limit&#233;e. La virilit&#233; est une d&#233;ficience organique, et les hommes sont des &#234;tres affectivement infirmes. L'homme est compl&#232;tement &#233;gocentrique, prisonnier de lui-m&#234;me, incapable de partager, ou de s'identifier &#224; d'autres ; inapte &#224; l'amour, &#224; l'amiti&#233;, &#224; l'affection, la tendresse. Cellule compl&#232;tement isol&#233;e, incapable d'&#233;tablir des relations avec qui que ce soit, ses enthousiasmes ne sont pas r&#233;fl&#233;chis, ils sont toujours animaux, visc&#233;raux, son intelligence ne lui sert qu'&#224; satisfaire ses besoins et ses pulsions. Il ne conna&#238;t pas les passions de l'esprit ni les &#233;changes mentaux ; il ne s'int&#233;resse qu'&#224; ses petites sensations physiques. Il n'est qu'un mort-vivant, un tas insensible, et pour ce qui est du plaisir et du bonheur, il ne sait ni en donner ni en recevoir. Au mieux de sa forme, il ne fait que distiller l'ennui, il n'est qu'une bavure sans cons&#233;quence, puisque seuls ont du charme ceux qui savent s'absorber dans les autres. Emprisonn&#233; dans cette zone cr&#233;pusculaire qui s'&#233;tend des singes aux humains, il est encore beaucoup plus d&#233;favoris&#233; que les singes parce que, au contraire d'eux, il pr&#233;sente tout un &#233;ventail de sentiments n&#233;gatifs - haine, jalousie, m&#233;pris, d&#233;go&#251;t, culpabilit&#233;, honte, bl&#226;me, doute - pis encore, il est pleinement conscient de ce qu'il est et de ce qu'il n'est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ne soit qu'un corps, l'homme n'est m&#234;me pas dou&#233; pour la fonction d'&#233;talon. &#192; supposer qu'il poss&#232;de une comp&#233;tence purement technique - bien rare en v&#233;rit&#233; - on ne peut d&#233;celer aucune sensualit&#233;, aucun humour dans sa fa&#231;on de s'envoyer en l'air. Quand &#231;a lui arrive, il culpabilise, il est d&#233;vor&#233; de honte, de peur et d'angoisse (sentiments qui ont leurs racines profond&#233;ment ancr&#233;es dans la nature du m&#226;le, et m&#234;me l'&#233;ducation la plus &#233;clair&#233;e ne peut en venir tout &#224; fait &#224; bout). Ensuite, la jouissance qu'il en tire est proche du n&#233;ant. Et pour finir, obs&#233;d&#233; qu'il est par son d&#233;sir de bien s'en sortir, de battre un record, de ramoner consciencieusement, il se soucie peu d'&#234;tre en harmonie avec sa partenaire. C'est encore trop le flatter que de le comparer &#224; un animal. Il n'est qu'une m&#233;canique, un godemich&#233; ambulant. On pr&#233;tend souvent que les hommes utilisent les femmes. Les utilisent &#224; quoi ? En tout cas, s&#251;rement pas au plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rong&#233; qu'il est de culpabilit&#233;, de honte, de peurs et d'angoisses, et malgr&#233; la vague sensation d&#233;croch&#233;e au bout de ses efforts, son id&#233;e fixe est toujours : baiser, baiser. Il n'h&#233;sitera ni &#224; nager dans un oc&#233;an de merde ni &#224; s'enfoncer dans des kilom&#232;tres de vomi, s'il a le moindre espoir de trouver sur l'autre rive un con bien chaud. Il baisera n'importe quelle vieille sorci&#232;re &#233;dent&#233;e, n'importe quelle femme m&#234;me s'il la m&#233;prise, et il ira jusqu'&#224; payer pour &#231;a. Et pourquoi toute cette agitation ? Si c'&#233;tait pour soulager une tension physique, il lui suffirait de se masturber, et puis s'il va jusqu'&#224; violer des cadavres et des b&#233;b&#233;s, ce n'est s&#251;rement pas pour combler son ego. Alors pourquoi ? Compl&#232;tement &#233;gocentrique, incapable de communiquer et de s'identifier aux autres (voir plus haut), n'existant que par une sexualit&#233; end&#233;mique et diffuse, le m&#226;le est psychiquement passif. Et parce que sa propre passivit&#233; lui fait horreur, il tente de s'en d&#233;barrasser en la projetant sur les femmes. Il postule que l'homme est Actif, et s'attache ensuite &#224; d&#233;montrer qu'il est actif, donc qu'il est un Homme. Et pour ce faire, il baise ! (Moi je suis un Vrai Mec et j'ai une Grosse Queue et comment que je Tire mon Coup). Mais comme ce qu'il cherche &#224; d&#233;montrer est faux, il est oblig&#233; de toujours recommencer. Alors baiser devient un besoin irr&#233;pressible, une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e de prouver qu'il n'est pas passif, qu'il n'est pas une femme. Mais en fait il est passif, et son d&#233;sir profond est d'&#234;tre une femme. Femelle incompl&#232;te, le m&#226;le passe sa vie &#224; chercher ce qui lui manque, &#224; tenter de devenir une femme. Voil&#224; pourquoi il est constamment &#224; l'aff&#251;t des femmes, voil&#224; pourquoi il fraternise ; il veut vivre &#224; travers elles, se fondre en elles. Voil&#224; pourquoi il revendique tout ce qui caract&#233;rise en fait les femmes, la force de caract&#232;re et l'ind&#233;pendance affective, l'&#233;nergie, le dynamisme, l'esprit d'initiative, l'aisance, l'objectivit&#233;, l'assurance, le courage, l'int&#233;grit&#233;, la vitalit&#233;, l'intensit&#233;, la profondeur, le sens de la rigolade, etc. Voil&#224; pourquoi il projette sur les femmes tout ce qui caract&#233;rise les hommes, la vanit&#233;, la frivolit&#233;, la banalit&#233;, la faiblesse, etc. (Il faut cependant reconna&#238;tre qu'il existe un domaine dans lequel les hommes sont largement sup&#233;rieurs aux femmes : celui des relations publiques. C'est de cette fa&#231;on qu'ils r&#233;ussissent &#224; faire croire &#224; des millions de femmes qu'elles sont des hommes et vice versa). Les hommes pr&#233;tendent que les femmes trouvent leur &#233;panouissement dans la maternit&#233; et la sexualit&#233;, ce qui correspond &#224; ce qu'&lt;i&gt;ils&lt;/i&gt; trouveraient satisfaisant, les pauvres, s'ils &#233;taient des femmes. Autrement dit, ce ne sont pas les femmes qui envient le p&#233;nis, mais les hommes qui envient le vagin. Lorsque le m&#226;le se r&#233;sout finalement &#224; accepter sa passivit&#233; et se d&#233;finit comme femme (les hommes, aussi bien que les femmes, prennent chaque sexe pour l'autre), bref lorsque le m&#226;le devient un travesti, il perd tout d&#233;sir de baiser (ou de quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs, son r&#244;le de vamp &#224; p&#233;d&#233; lui suffit), et il se fait couper la queue dans l'espoir de ressentir on ne sait quelle vague jouissance permanente &#224; l'id&#233;e d'&#234;tre femme. Baiser permet aux hommes de se prot&#233;ger contre leur d&#233;sir d'&#234;tre des femmes. La sexualit&#233; est en elle-m&#234;me une sublimation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa recherche fr&#233;n&#233;tique de compensations - parce qu'il n'est pas une femme - combin&#233;e avec son incapacit&#233; fondamentale &#224; communiquer et &#224; compatir, a permis &#224; l'homme de faire du monde un gigantesque tas de merde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il porte l'enti&#232;re responsabilit&#233; de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA GUERRE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de compensation le plus courant du m&#226;le, savoir d&#233;gainer son gros calibre, se r&#233;v&#233;lant notoirement inefficace, puisqu'il ne peut le sortir qu'un nombre tr&#232;s limit&#233; de fois, il d&#233;gaine sur une &#233;chelle franchement massive, donc sublime, prouvant ainsi au monde entier qu'il est un &#171; Homme &#187;. Du fait de son incapacit&#233; &#224; &#233;prouver de la compassion pour les autres, &#224; les comprendre ou &#224; s'identifier &#224; eux (voir plus haut), il trouve que l'affirmation de sa virilit&#233; vaut bien toutes sortes de mutilations et de souffrances, et il la fait passer avant un nombre incalculable de vies humaines, la sienne comprise. Pour ce que vaut celle-l&#224;, il pr&#233;f&#232;re mourir &#233;bloui de gloire que de se tra&#238;ner lugubrement cinquante ans de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA GENTILLESSE, LA POLITESSE, LA &#171; DIGNIT&#201; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque homme sait, au fond de lui, qu'il n'est qu'un tas de merde sans int&#233;r&#234;t. Submerg&#233; par la sensation de sa bestialit&#233; et par la honte qu'elle lui inspire, il ne cherche pas &#224; s'exprimer mais au contraire &#224; camoufler les limites de son &#234;tre purement physique et son parfait &#233;gocentrisme. &#192; cause de son syst&#232;me nerveux grossi&#232;rement constitu&#233; et boulevers&#233; &#224; la moindre marque d'&#233;motion ou de sentiment, le m&#226;le se prot&#232;ge &#224; l'aide d'un code &#171; social &#187; parfaitement insipide d'o&#249; est absente toute trace de sentiments ou d'opinions g&#234;nantes. Il utilise des termes comme &#171; copuler &#187;, &#171; commerce sexuel &#187;, &#171; avoir des rapports &#187; (pour les hommes, parler de rapports &lt;i&gt;sexuels&lt;/i&gt; est un pl&#233;onasme), et il en parle avec des allures guind&#233;es de chimpanz&#233; en habit &#224; queue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ARGENT, LE MARIAGE ET LA PROSTITUTION, LE TRAVAIL CONTRE L'AUTOMATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien, humainement, ne justifie l'argent, ni le travail pour quiconque au-del&#224; de deux ou trois heures par semaine au grand maximum. Tous les travaux non cr&#233;atifs (&#224; peu pr&#232;s tous les travaux exerc&#233;s &#224; ce jour) auraient pu &#234;tre automatis&#233;s depuis longtemps. Et dans un syst&#232;me sans argent, tout le monde aurait tout ce qu'il veut, et du meilleur. Les raisons qui maintiennent en place ce syst&#232;me bas&#233; sur l'argent et le travail n'ont rien d'humain, elles sont m&#226;les : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1- Le con. Le m&#226;le, qui m&#233;prise sa nature d&#233;ficiente, est saisi d'une anxi&#233;t&#233; profonde et submerg&#233; par une immense solitude lorsqu'il se retrouve dans sa seule affligeante compagnie. Il s'accroche alors &#224; n'importe quelle femme dans le vague espoir de remplir son vide int&#233;rieur, et se nourrissant de l'illusion mystique qu'&#224; force de toucher de l'or il se transformera en or, il convoite en permanence la compagnie des femmes. Il pr&#233;f&#232;re &#224; sa propre compagnie, et &#224; celle des autres hommes, celle de la femme la plus m&#233;prisable. Mais pour parvenir &#224; ses fins, il est oblig&#233; d'employer la force ou la corruption, &#224; moins de tomber sur des femmes tr&#232;s jeunes ou tr&#232;s atteintes. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2- L'homme, incapable d'entrer en relation avec les autres (voir plus haut), et contraint de se donner l'illusion de servir &#224; quelque chose, s'active, pour justifier son existence, &#224; creuser des trous et &#224; les remplir. L'homme est horrifi&#233; &#224; l'id&#233;e d'avoir du temps libre, pendant lequel il ne trouverait rien d'autre &#224; faire que de contempler sa grotesque personne. Puisqu'il ne peut aimer ni &#233;tablir de contacts, l'homme travaille. Les femmes, elles, r&#234;vent d'activit&#233;s intelligentes, absorbantes, &#224; m&#234;me de combler leur sensibilit&#233;, mais par manque d'occasion ou de comp&#233;tence elles pr&#233;f&#232;rent fol&#226;trer et perdre leur temps &#224; leur guise : dormir, faire des emplettes, jouer au bowling, miser de l'argent, jouer aux cartes, procr&#233;er, lire, marcher, r&#234;vasser, manger, se tripoter, s'envoyer des pilules derri&#232;re la cravate, aller au cin&#233;ma, se faire psychanalyser, biberonner, voyager, &#233;lever des chiens et des chats, se vautrer sur le sable, nager, regarder la t&#233;l&#233;, &#233;couter de la musique, d&#233;corer la maison, jardiner, coudre, aller dans les bo&#238;tes, danser, visiter, s'&#171; enrichir &#187; (suivre des stages), se &#171; cultiver &#187; (conf&#233;rences, th&#233;&#226;tre, concerts, cin&#233;ma &#171; d'art &#187;). Ainsi beaucoup de femmes, m&#234;me dans le cas d'une compl&#232;te &#233;galit&#233; &#233;conomique, pr&#233;f&#232;rent vivre avec des hommes ou tra&#238;ner leurs fesses dans la rue, c'est-&#224;-dire disposer le plus possible de leur temps, plut&#244;t que passer huit heures par jour &#224; faire pour d'autres un travail ennuyeux, abrutissant et absolument pas cr&#233;atif qui fait d'elles pis que des b&#234;tes, des machines, &#224; moins qu'un travail &#171; int&#233;ressant &#187; ne fasse d'elles, au mieux, les cog&#233;rantes de la merde ambiante. Ce qui pourra lib&#233;rer les femmes de l'emprise masculine, ce sera donc la destruction totale du syst&#232;me fond&#233; sur l'argent et le travail et non l'&#233;galit&#233; &#233;conomique &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3- Le pouvoir. Ne pouvant dominer les femmes dans ses relations personnelles, l'homme recherche la domination en g&#233;n&#233;ral en manipulant l'argent ainsi que toute chose et tout &#234;tre r&#233;gi par l'argent, c'est-&#224;-dire en manipulant tout et tout le monde. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4- Trouver un substitut &#224; l'amour. L'homme, inapte qu'il est &#224; donner de l'amour ou de l'affection, donne de l'argent. Il se sent maternel. La m&#232;re donne le lait ; il donne le pain. Il est le Gagne-Pain. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 5- Fournir un but &#224; l'homme. Puisqu'il est incapable de profiter de l'instant pr&#233;sent, l'homme doit trouver un but &#224; poursuivre et l'argent est la carotte apr&#232;s laquelle il peut courir &#233;ternellement : pensez un peu &#224; tout ce qu'on peut faire avec quatre-vingts milliards de dollars : ah, investir ! Et dans trois ans &#231;a vous fera trois cent mille millions de dollars, les gars ! &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 6- Donner &#224; l'homme sa plus belle occasion de manipuler les autres : la paternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA PATERNIT&#201; ET LA MALADIE MENTALE (peur, l&#226;chet&#233;, timidit&#233;, humilit&#233;, ins&#233;curit&#233;, passivit&#233;) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maman veut le bien de ses enfants, Papa ne veut que le bien de Papa, il veut qu'on lui fiche la paix, il veut que ses lubies de &#171; dignit&#233; &#187; soient respect&#233;es, il veut pr&#233;senter bien (le statut) et il veut contr&#244;ler et manipuler &#224; volont&#233; ce qui s'appellera &#171; guider &#187; s'il est un p&#232;re &#171; moderne &#187;. Ce qu'il veut aussi, c'est s'approprier sa fille sexuellement. Il donne la &lt;i&gt;main&lt;/i&gt; de sa fille en mariage, le reste est pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papa, au contraire de Maman, ne c&#232;de jamais &#224; ses enfants car il doit &#224; tout prix pr&#233;server l'image de l'homme d&#233;cid&#233;, fort, &#233;nergique, qui a toujours raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force de ne jamais agir &#224; sa fa&#231;on, on se sent d&#233;pass&#233; par ce monde et on accepte passivement le statu quo. Maman aime ses enfants. Elle se met quelquefois en col&#232;re, mais la crise passe vite et n'exclut jamais ni l'amour ni l'acceptation profonde. Papa, lui, est un d&#233;bile affectif et il n'aime pas ses enfants ; il les approuve - s'ils sont &#171; sages &#187;, gentils, &#171; respectueux &#187;, ob&#233;issants, soumis, silencieux et non sujets &#224; des sautes d'humeur qui pourraient bouleverser le syst&#232;me nerveux m&#226;le et fragile de Papa - en d'autres termes, s'ils vivent &#224; l'&#233;tat v&#233;g&#233;tal. S'ils ne sont pas &#171; sages &#187;, P&#232;re ne se f&#226;che pas - quand il est un p&#232;re moderne et &#171; civilis&#233; &#187; (la brute moralisatrice et gesticulante d'autrefois est bien pr&#233;f&#233;rable car suffisamment ridicule pour se d&#233;consid&#233;rer d'elle-m&#234;me) - non, il se contente de d&#233;sapprouver, attitude qui, contrairement &#224; la col&#232;re, persiste, et exprime un rejet fondamental : le r&#233;sultat pour l'enfant, qui se sent d&#233;valoris&#233; et recherchera toute sa vie l'approbation des autres, c'est la peur de penser par lui-m&#234;me, puisqu'une telle facult&#233; conduit &#224; des opinions et des modes de vie non conventionnels qui seront d&#233;sapprouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'enfant veut gagner l'approbation paternelle, il doit respecter Papa, et Papa qui n'est qu'un tas de pourriture n'a pas d'autre moyen d'imposer le respect que de rester &#224; bonne distance, suivant le pr&#233;cepte que &#171; la familiarit&#233; engendre le m&#233;pris &#187;, ce qui est naturellement vrai lorsqu'on est m&#233;prisable. En se montrant distant, le P&#232;re reste inconnu, myst&#233;rieux, il inspire donc la peur (le &#171; respect &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il r&#233;prouve les &#171; sc&#232;nes &#187;, les enfants en viennent &#224; craindre toute &#233;motion, &#224; avoir peur de leur propre col&#232;re et de leur haine, finalement &#224; redouter d'affronter la r&#233;alit&#233; puisque la r&#233;alit&#233; ne peut d&#233;clencher que col&#232;re et haine. Cette peur, alli&#233;e &#224; un sentiment d'incapacit&#233; &#224; changer ce monde qui vous d&#233;passe, voire &#224; influer un tant soit peu sur son destin, aboutit au sentiment facile que tout va tr&#232;s bien, que la moindre banalit&#233; vous comble et qu'on se fend la p&#234;che pour un rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet de la paternit&#233; sur les gar&#231;ons, notamment, est d'en faire des &#171; Hommes &#187;, c'est-&#224;-dire de d&#233;velopper en eux un syst&#232;me de d&#233;fenses farouches contre leur tendances &#224; la passivit&#233;, &#224; l'hyst&#233;rie &#171; grande-folle &#187;, et contre leur d&#233;sir d'&#234;tre des femmes. Tous les gar&#231;ons veulent imiter leur m&#232;re, &#234;tre elle, fusionner avec elle, mais Papa interdit de telles choses. C'est lui la m&#232;re. Lui, fusionne avec elle. Alors, plus ou moins directement il dit au petit gar&#231;on de ne pas faire la &#171; mauviette &#187; et de se conduire en &#171; homme &#187;. Le petit gar&#231;on qui chie dans son froc devant son p&#232;re, autrement dit le &#171; respecte &#187;, se soumet et devient un vrai petit Papa, ce mod&#232;le de Virilit&#233;, ce r&#234;ve am&#233;ricain : le lourd cr&#233;tin qu'est l'h&#233;t&#233;rosexuel bon teint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet de la paternit&#233; sur les femmes est d'en faire des hommes - d&#233;pendantes, passives, domestiqu&#233;es, animalastiqu&#233;es, gentilles, inqui&#232;tes, avides de s&#233;curit&#233; et d'approbation, trouillardes, humbles, &#171; respectueuses &#187; des autorit&#233;s et des hommes, ferm&#233;es, sans r&#233;action, &#224; demi mortes, futiles, ennuyeuses, conventionnelles, insipides et profond&#233;ment m&#233;prisables. La Fille &#224; son Papa, toujours contract&#233;e et apeur&#233;e, mal &#224; l'aise, d&#233;nu&#233;e d'esprit analytique et d'objectivit&#233;, situe Papa, et par suite tous les hommes, dans un contexte de peur nomm&#233;e &#171; respect &#187;. Elle ne voit pas que la lointaine silhouette paternelle n'est qu'un trompe-l'&#339;il, elle accepte la d&#233;finition de l'homme comme &#234;tre sup&#233;rieur en tant que femme, et accepte d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e inf&#233;rieure en tant que m&#226;le, ce que, merci Papa, elle est effectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;panouissement de la Paternit&#233;, d&#251; au d&#233;veloppement et &#224; la meilleure r&#233;partition des richesses (dont la Paternit&#233; a besoin pour prosp&#233;rer), qui est la cause de l'ascension de la b&#234;tise et du d&#233;clin des femmes aux &#201;tats-Unis depuis les ann&#233;es vingt : voyez la mont&#233;e de l'allaitement, de l'accouchement naturel, et de la pratique religieuse. L'association &#233;troite entre richesse et Paternit&#233; a valu aux filles les plus mal choisies, c'est-&#224;-dire les &#171; petites bourgeoises &#187; soi-disant privil&#233;gi&#233;es, d'avoir droit &#224; l'&#171; instruction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, le r&#244;le du p&#232;re a &#233;t&#233; d'apporter au monde la gangr&#232;ne de l'esprit m&#226;le. Les hommes sont des Midas d'un genre sp&#233;cial : tout ce qu'ils touchent se change en merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANIMALIT&#201; (domesticit&#233; et maternit&#233;) ET SUPPRESSION DE L'INDIVIDUALIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est une suite de r&#233;flexes conditionn&#233;s, il est incapable de r&#233;agir librement, avec son esprit. Il est enti&#232;rement d&#233;termin&#233; par le conditionnement subi pendant son enfance. Ses premi&#232;res exp&#233;riences ont &#233;t&#233; v&#233;cues avec sa m&#232;re et il est li&#233; &#224; elle pour la vie. Pour l'homme il n'est jamais tr&#232;s clair qu'il puisse &#234;tre autre chose qu'une partie de sa m&#232;re, qu'il est lui et qu'elle est elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son plus grand besoin est d'&#234;tre guid&#233;, abrit&#233;, prot&#233;g&#233; et admir&#233; par sa Mamma (les hommes s'attendent &#224; ce que les femmes adorent ce qui, eux, les p&#233;trifie d'horreur : eux-m&#234;mes). N'existant que par son corps, l'homme aspire &#224; passer son temps (celui qu'il ne perd pas &#171; dans le monde &#187; &#224; se d&#233;fendre &#226;prement contre sa passivit&#233;) dans une b&#233;atitude animale consistant &#224; manger, dormir, chier, s'&#233;crouler dans un fauteuil et se faire dorloter par la Mamma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fille &#224; son Papa, passive et abrutie, avide d'approbation et de petites tapes sur la joue, qui manifeste son respect au moindre tas d'immondices passant par l&#224;, se laisse facilement transformer en Mamma. Elle pr&#234;te machinalement son corps, &#233;ponge le front simiesque pliss&#233; par l'effort, pousse au cul le petit ego d&#233;faillant, complimente la crapule. Elle n'est plus qu'une bouillotte avec des nichons. R&#233;duites &#224; l'&#233;tat de b&#234;tes, les femmes du secteur le plus arri&#233;r&#233; de la soci&#233;t&#233;, les classes moyennes &#171; privil&#233;gi&#233;es &#187; et &#171; instruites &#187;, d&#233;chet de l'humanit&#233; sur lequel Papa r&#232;gne en ma&#238;tre, essaient de se d&#233;foncer en mettant bas, et dans la nation la plus avanc&#233;e du monde, en plein xxe si&#232;cle, elles se ventrouillent avec des enfants pendus &#224; leurs seins. Oh, ce n'est pas pour le bien des enfants que les &#171; sp&#233;cialistes &#187; racontent aux femmes que la Mamma doit rester &#224; la maison pour croupir comme une b&#234;te. C'est pour le bien de Papa, naturellement. C'est Papa qui a besoin de se cramponner &#224; des nichons. C'est Papa qui se pique d'obst&#233;trique et se d&#233;fonce ainsi par procuration (ce mort-vivant a besoin de stimulants vigoureux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; de faire de la femme une b&#234;te, une Mamma, un m&#226;le, est autant psychologique que pratique. Le m&#226;le n'est qu'un &#233;chantillon de l'esp&#232;ce, interchangeable avec tous les autres m&#226;les. Il n'a pas d'individualit&#233; profonde (ne sait pas diff&#233;rencier les &#234;tres, ne conna&#238;t pas l'autosuffisance mentale, la compl&#233;tude), car l'individualit&#233; ne peut na&#238;tre que de ce qui &#233;veille la curiosit&#233;, vous fait sortir de vous-m&#234;me, ce avec quoi on entre en relation. Compl&#232;tement absorb&#233;s en eux-m&#234;mes, ne sachant communiquer qu'avec leur propre corps et leurs sensations physiques, les hommes ne se diff&#233;rencient entre eux que par la fa&#231;on dont ils se d&#233;fendent contre leur passivit&#233; et leur d&#233;sir d'&#234;tre femme, et par le degr&#233; d'acharnement qu'ils y mettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individualit&#233; de la femme s'impose aux yeux de l'homme, mais il est incapable de la saisir, incapable d'entrer en relation avec elle ; elle le bouleverse, l'emplit d'effroi et d'envie. Aussi la nie-t-il et entreprend-il de d&#233;finir chacun et chacune en termes de fonction et d'usage, s'assignant bien entendu, les fonctions les plus importantes - docteur, pr&#233;sident, savant - ce qui l'aide &#224; rev&#234;tir une identit&#233; sinon &#224; atteindre &#224; l'individualit&#233;, et il cherche &#224; se convaincre comme &#224; convaincre les femmes (il a mieux r&#233;ussi de ce c&#244;t&#233;) que la fonction de la femme est de porter et d'&#233;lever les enfants, d'apaiser, de r&#233;conforter et de stimuler l'ego masculin ; que sa fonction fait d'elle un &#234;tre interchangeable avec les autres femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la fonction de la femme est d'explorer, d&#233;couvrir, inventer, r&#233;soudre des probl&#232;mes, dire des joyeuset&#233;s, faire de la musique - le tout, avec amour. En d'autres termes de cr&#233;er un monde magique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La fonction de l'homme est de produire du sperme. Nous avons maintenant des banques de sperme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE VOL DE L'INTIMIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme, qui a honte de ce qu'il est et d'&#224; peu pr&#232;s tout ce qu'il fait, tient beaucoup &#224; garder secrets tous les aspects de sa vie mais n'a aucun respect pour la vie priv&#233;e des autres. Lui qui est vide, qui n'a pas de r&#233;alit&#233; propre, pas d'individualit&#233;, pas d'&#233;tats d'&#226;me jouissifs, a constamment besoin de la compagnie des femmes et ne voit absolument rien de mal &#224; s'immiscer dans les pens&#233;es d'une inconnue, n'importe o&#249; n'importe quand ; et par-dessus le march&#233; il s'indigne et se sent insult&#233; lorsqu'il se fait rembarrer ; il en est tout d&#233;sorient&#233; : cela le d&#233;passe compl&#232;tement que quelqu'un puisse pr&#233;f&#233;rer une seule minute de solitude &#224; la compagnie de n'importe quel tar&#233;. Comme il voudrait en &#234;tre, il se d&#233;m&#232;ne pour &#234;tre toujours dans les pattes des femmes, ce qui est le plus pr&#232;s qu'il puisse atteindre de son but, et s'ing&#233;nie &#224; fabriquer une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la famille - le couple et les enfants (qui sont la bonne excuse de la famille) - et tout ce monde est cens&#233; vivre les uns sur les autres en violant scrupuleusement les droits de la femme et son intimit&#233;, en d&#233;t&#233;riorant sa sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ISOLEMENT, LES PAVILLONS DE BANLIEUE ET L'IMPOSSIBILIT&#201; DE LA VIE COMMUNAUTAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; n'est pas une communaut&#233;, c'est un entassement de cellules familiales. Min&#233; par son sentiment d'ins&#233;curit&#233;, l'homme est persuad&#233; que sa femme va le quitter si elle s'expose aux autres hommes et &#224; tout ce qui peut pr&#233;senter une lointaine ressemblance avec la vie. Aussi cherche-t-il &#224; l'isoler de ses rivaux et de cette faible agitation qu'on nomme civilisation, en l'emmenant en banlieue pour la caser dans une rang&#233;e de pavillons o&#249; s'enferment dans une contemplation mutuelle des couples et leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En devenant un &#171; farouche individualiste &#187;, un grand solitaire, il croit pouvoir pr&#233;tendre &#224; l'individualit&#233;, qu'il confond avec la claustration et le manque de coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore une autre explication &#224; cet isolement : chaque homme est une &#238;le. Enferm&#233; en lui-m&#234;me, sans aucun contact, sans &#233;motion, incapable de communiquer, l'homme a horreur de la civilisation, des gens, des villes, de toute situation qui demande de comprendre les autres et d'entrer en relations avec eux. Papa d&#233;tale comme un li&#232;vre apeur&#233; et tra&#238;ne son cul &#224; la recherche des contr&#233;es sauvages : les banlieues. Ou s'il est un &#171; hippie &#187;, il part - alors l&#224;, qu'est-ce qu'il est parti, les gars ! - pour le pr&#233; &#224; vaches o&#249; il peut baiser et procr&#233;er &#224; son aise en s'&#233;battant au milieu de ses fl&#251;tes et de sa verroterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hippie, dont le d&#233;sir d'&#234;tre un &#171; Homme &#187; et un &#171; farouche individualiste &#187; est moins forcen&#233; que chez la plupart des hommes - parce qu'il se d&#233;fend moins contre sa passivit&#233; ; qui, par ailleurs, est follement excit&#233; &#224; l'id&#233;e d'avoir tout un tas de femmes &#224; sa disposition, se r&#233;volte contre le r&#244;le &#233;reintant de Gagne-pain et la monotonie de la monogamie. Au nom de la coop&#233;ration et du partage, il forme une communaut&#233; ou tribu qui, en d&#233;pit de tous ses principes de solidarit&#233; et en partie &#224; cause d'eux (ladite communaut&#233;, qui est une extension de la famille, ne fait donc que bafouer un peu plus les droits des femmes, violer leur intimit&#233; et d&#233;t&#233;riorer leur sant&#233; mentale), ne ressemble pas plus &#224; une communaut&#233; que le reste de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable communaut&#233; se compose d'individus - pas de simples &#233;chantillons de l'esp&#232;ce, pas de couples - qui se respectent les uns les autres dans leur individualit&#233; et leur intimit&#233;, &#233;tablissent entre eux des contacts intellectuels et affectifs - en esprits libres ayant des relations libres - et coop&#232;rent &#224; l'ach&#232;vement de buts communs. Pour les traditionalistes, l'unit&#233; de base de la soci&#233;t&#233; est la famille ; pour les &#171; hippies &#187;, c'est la tribu. Pour aucun d'eux, ce n'est l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hippie babille beaucoup sur l'individu, mais comme les autres hommes, il n'a aucune id&#233;e de ce que c'est. Il voudrait retourner &#224; la Nature, &#224; la vie sauvage, retrouver l'antre des animaux &#224; fourrure dont il fait partie, loin de la ville, o&#249; au moins on rep&#232;re quelques traces, un vague d&#233;but de civilisation, pour vivre au niveau primaire de l'esp&#232;ce et s'occuper &#224; de simples travaux, non intellectuels : &#233;lever des cochons, baiser, enfiler des perles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; la plus importante de la vie communautaire, celle sur laquelle elle se fonde, c'est le baisage &#224; la cha&#238;ne. Ce qui all&#232;che le plus le hippie, dans l'id&#233;e de vivre en communaut&#233;, c'est tout le con qu'il va y trouver. Du con en libre circulation : le bien collectif par excellence ; il suffit de demander. Mais, aveugl&#233; par le d&#233;sir, il ne pense pas &#224; tous les hommes avec lesquels il devra partager, ni &#224; la jalousie et &#224; la possessivit&#233; des mignons cons eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes ne peuvent pas coop&#233;rer &#224; la r&#233;alisation d'un but commun, car le seul but de chaque homme est d'avoir tout le con pour lui. La communaut&#233; est donc vou&#233;e &#224; l'&#233;chec : chaque hippie, pris de panique, va empoigner la premi&#232;re jobarde qui en pince pour lui et filer avec elle dans un pavillon de banlieue. L'homme ne peut progresser socialement, il ne peut qu'aller et venir entre l'isolement et la partie de cul associ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE CONFORMISME&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en d&#233;sirant &#234;tre un individu, l'homme a peur de ce qui pourrait le diff&#233;rencier un tant soit peu des autres. Il craint de n'&#234;tre pas vraiment un &#171; Homme &#187;, d'&#234;tre passif et d&#233;termin&#233; par la sexualit&#233;, tous soup&#231;ons qui le bouleversent. Si les autres hommes sont &#171; A &#187; et qu'il ne l'est pas, alors il ne doit pas &#234;tre un homme. Il doit &#234;tre une p&#233;dale, selon ses termes. Alors il essaye d'affirmer sa Virilit&#233; en ressemblant aux autres hommes. Mais toute diff&#233;rence constat&#233;e chez les autres le menace aussi bien : ce sont eux les &#171; p&#233;dales &#187; qu'il doit &#233;viter &#224; tout prix et il fait tout pour les obliger &#224; rentrer dans le rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ose se montrer diff&#233;rent dans la mesure o&#249; il accepte sa passivit&#233; et son d&#233;sir d'&#234;tre une femme, sa r&#233;alit&#233; de p&#233;dale. L'homme le plus cons&#233;quent avec lui-m&#234;me est le travesti mais l&#224; encore, bien qu'il soit diff&#233;rent des autres hommes, il ressemble exactement &#224; tous les autres travestis. Fonctionnaliste, il ne cherche que l'identit&#233; formelle : &#234;tre une femme. Il se d&#233;barrasse de ses probl&#232;mes en leur collant des &#233;tiquettes, mais toujours pas trace d'individualit&#233;. N'arrivant pas &#224; se convaincre tout &#224; fait qu'il est une femme, angoiss&#233; &#224; l'id&#233;e de n'&#234;tre pas assez femelle, il se conforme d&#233;sesp&#233;r&#233;ment au st&#233;r&#233;otype f&#233;minin invent&#233; par les hommes, et devient une marionnette bourr&#233;e de tics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'assurer qu'il est un &#171; Homme &#187;, le m&#226;le doit veiller &#224; ce que la femelle se comporte bien en &#171; Femme &#187;, le contraire de l'homme viril, autrement dit qu'elle se comporte en grande-folle. Et la Fille &#224; son Papa, dont on a massacr&#233; tous les instincts de femme d&#233;s l'enfance, s'adapte au r&#244;le avec aisance et obligeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'AUTORIT&#201; ET LE GOUVERNEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme, qui n'a aucun sens du bien et du mal, aucune conscience morale (elle ne peut na&#238;tre qu'avec la facult&#233; de se mettre &#224; la place des autres), qui ne croit pas en lui-m&#234;me (pour la bonne raison qu'il n'a pas de r&#233;alit&#233;), comp&#233;titif par n&#233;cessit&#233; et inapte &#224; la vie communautaire par nature, a besoin de direction et de contr&#244;le. Pour cette raison il a mis en place diverses autorit&#233;s - les pr&#234;tres, les sp&#233;cialistes, les patrons, les chefs, etc. - et institu&#233; le Gouvernement. Comme il d&#233;sire que la femme soit son guide (la Mamma) mais qu'il est incapable d'accepter cette id&#233;e (apr&#232;s tout il est un Homme), comme il veut jouer &#224; la femme, usurper sa fonction de Guide et de Protectrice, il s'arrange pour que toutes les autorit&#233;s soient masculines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a aucune raison pour qu'une soci&#233;t&#233; compos&#233;e d'individus rationnels et capables de se comprendre les uns les autres, complets en eux-m&#234;mes et n'&#233;tant pas enclins naturellement &#224; entrer en comp&#233;tition les uns avec les autres, ait besoin d'un gouvernement, de lois ou de chefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA PHILOSOPHIE, LA RELIGION ET LA MORALE BAS&#201;ES SUR LE SEXE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu son incomp&#233;tence pour entrer en relation avec qui ou quoi que ce soit, l'homme dont la vie est d&#233;pourvue de sens (le dernier mot de la pens&#233;e m&#226;le est que le monde est absurde) a d&#251; inventer la philosophie et la religion. Ne trouvant en lui que vide, l'homme doit se tourner vers l'ext&#233;rieur, non seulement pour trouver une direction et un contr&#244;le, mais aussi le salut et un sens &#224; sa vie. Le bonheur &#233;tant pour lui impossible sur cette terre, il a invent&#233; le Ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous savons, l'homme est incapable de comprendre les autres et ne vit que par sa sexualit&#233;, aussi pour lui le &#171; mal &#187; est la &#171; licence &#187; sexuelle, qui conduit aux pratiques sexuelles &#171; d&#233;viantes &#187; (non viriles), c'est-&#224;-dire aux pratiques qui ne le d&#233;fendent pas contre sa passivit&#233; et sa sexualit&#233; omnipr&#233;sente, lesquelles risqueraient, s'il les laissait s'exprimer, de d&#233;truire la &#171; civilisation &#187; puisque la &#171; civilisation &#187; repose exclusivement sur le besoin de l'homme de se d&#233;fendre contre ces caract&#233;ristiques masculines. Pour une femme (d'apr&#232;s les hommes), le mal est tout comportement pouvant entra&#238;ner les hommes &#224; la &#171; licence &#187; sexuelle, c'est-&#224;-dire lorsqu'elle ne place pas les besoins de l'homme au-dessus des siens et refuse de jouer les tantouses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Religion, elle procure un but &#224; l'homme (le Ciel), elle renforce par son code &#171; moral &#187; l'assujettissement des femmes aux hommes, et de plus fournit &#224; l'homme des rituels lui permettant d'exorciser la honte et la culpabilit&#233; qu'il &#233;prouve de ne pas se d&#233;fendre assez contre ses pulsions sexuelles : finalement la honte et la culpabilit&#233; qu'il &#233;prouve d'&#234;tre un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des hommes, dans leur immense l&#226;chet&#233;, projettent les faiblesses qui leur sont inh&#233;rentes sur les femmes, les d&#233;signent comme faiblesses typiquement f&#233;minines et s'attribuent la v&#233;ritable force f&#233;minine. La plupart des philosophes, un peu moins l&#226;ches, reconnaissent &#224; l'homme certaines lacunes, mais n'arrivent toujours pas &#224; admettre que ces lacunes n'existent que chez les hommes. Ainsi ils &#233;tiquettent la condition masculine : Condition Humaine, posent leur probl&#232;me du n&#233;ant, qui les horrifie, comme un dilemme philosophique, affublant ainsi leur animalit&#233; de grandeur, baptisent pompeusement leur n&#233;ant &#171; Probl&#232;me d'Identit&#233; &#187; et p&#233;rorent avec grandiloquence sur la &#171; Crise de l'Individu &#187;, l'&#171; Essence de l'&#202;tre &#187;, l'&#171; Existence pr&#233;c&#233;dant l'Essence &#187;, les &#171; Modes Existentiels de l'&#202;tre &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes, elles, prennent pour acquises leur identit&#233; et leur individualit&#233;, elles savent instinctivement que le seul mal est de nuire aux autres et que le sens de la vie est l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES PR&#201;JUG&#201;S (raciaux, ethniques, religieux, etc.)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme a besoin de boucs &#233;missaires sur lesquels il peut projeter ses lacunes et ses imperfections et sur lesquels il peut d&#233;fouler sa frustration de n'&#234;tre pas une femme. Les multiples discriminations ont d'ailleurs un avantage pratique : elles accroissent substantiellement la masse de cons disponible pour les hommes qui campent au sommet de la pyramide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA COMP&#201;TITION, LE PRESTIGE, LE STATUT, L'&#201;DUCATION, L'IGNORANCE, LES CLASSES SOCIALES ET &#201;CONOMIQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obs&#233;d&#233; par le d&#233;sir d'&#234;tre admir&#233; par les femmes mais n'ayant aucune valeur intrins&#232;que, l'homme fabrique une soci&#233;t&#233; compl&#232;tement artificielle qui lui attribue un semblant de valeur &#224; travers l'argent, le prestige, la &#171; sup&#233;riorit&#233; &#187; de classe, les dipl&#244;mes, la profession et le savoir, tout en rel&#233;guant au bas de l'&#233;chelle sociale, professionnelle, &#233;conomique et culturelle, le plus grand nombre d'hommes possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de l'enseignement &#171; sup&#233;rieur &#187; n'est pas d'instruire mais d'exclure le plus grand nombre possible de gens de certaines professions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme, qui n'est qu'un corps, inapte aux rapports intellectuels, est sans doute capable d'utiliser &#224; ses fins la connaissance et les id&#233;es, mais pas d'entrer en relation avec elles, de les saisir sur le plan &#233;motionnel. Il n'attribue pas de valeur &#224; la connaissance et aux id&#233;es pour elles-m&#234;mes (elles ne sont que les moyens de servir ses buts) et n'&#233;prouve donc pas le besoin de communiquer avec d'autres esprits ni de cultiver les possibilit&#233;s intellectuelles des autres. Bien au contraire, il investit tout dans l'ignorance. Cela donne aux rares hommes instruits une sup&#233;riorit&#233; d&#233;cisive sur ceux qui ne le sont pas et, de plus, le m&#226;le sait qu'une population f&#233;minine &#233;clair&#233;e et consciente signifierait sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme saine, la femme suffisante, recherche la compagnie d'&#233;gaux qu'elle peut respecter et avec lesquels elle peut prendre son pied. Mais l'homme et la femme-mec (atrophi&#233;e, manquant d'assurance et souffrant d'un sentiment d'ins&#233;curit&#233;) n'aspirent, eux, qu'&#224; la compagnie de larves rampantes qu'ils pourront facilement regarder de haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune v&#233;ritable r&#233;volution sociale ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e par les hommes, car ceux qui sont en haut de l'&#233;chelle veulent y rester et ceux qui sont en bas n'ont qu'une id&#233;e, c'est d'&#234;tre en haut. La &#171; r&#233;volte &#187;, chez les hommes, n'est qu'une farce. Nous sommes dans une soci&#233;t&#233; masculine, faite &lt;i&gt;par&lt;/i&gt; l'homme pour satisfaire &lt;i&gt;ses&lt;/i&gt; besoins. S'il n'est jamais satisfait, c'est qu'il lui est impossible de l'&#234;tre. En fin de compte, ce qui r&#233;volte &#171; l'homme r&#233;volt&#233; &#187;, c'est d'&#234;tre un homme. L'homme ne change que lorsqu'il y est oblig&#233; par le progr&#232;s technique, quand il n'a pas le choix, quand la soci&#233;t&#233; arrive au point o&#249; il doit changer ou mourir. Nous en sommes l&#224;. Si les femmes ne se remuent pas le cul en vitesse, nous risquons de crever tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'IMPOSSIBILIT&#201; DE LA CONVERSATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; la nature totalement &#233;gocentrique de l'homme et son incapacit&#233; &#224; communiquer avec autre chose que lui-m&#234;me, sa conversation, lorsqu'elle ne porte pas sur sa personne, se r&#233;duit &#224; un bourdonnement impersonnel, d&#233;tach&#233; de tout ce qui peut avoir valeur humaine. La &#171; conversation intellectuelle &#187; du m&#226;le, lorsqu'elle n'est pas une simple fuite de lui-m&#234;me, n'est qu'une tentative laborieuse et grotesque d'impressionner les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fille &#224; son Papa, passive, mall&#233;able, qui respecte et craint le m&#226;le, se laisse volontiers assommer par son bavardage d&#233;bile. Cela ne lui est pas trop difficile car elle est tellement crisp&#233;e, anxieuse, mal &#224; l'aise, peu s&#251;re d'elle (gr&#226;ce &#224; Papa qui a sem&#233; l'incertitude dans tous ses sentiments et sensations), que sa perception en est obscurcie et qu'elle est incapable de voir que le bavardage masculin n'est que du bavardage. Comme l'esth&#232;te qui &#171; appr&#233;cie &#187; la crotte baptis&#233;e &#171; Grand Art &#187;, elle s'imagine faire ses choux gras de la conversation masculine alors qu'elle en chie d'ennui. Et non seulement elle le laisse postillonner &#224; sa guise, mais en plus elle s'adapte au style de la &#171; conversation &#187;. Entra&#238;n&#233;e comme elle l'est depuis l'enfance &#224; la gentillesse, la politesse et la &#171; dignit&#233; &#187;, &#224; entrer dans le jeu des hommes lorsqu'ils cherchent &#224; camoufler leur r&#233;alit&#233; bestiale, elle leur fait la fleur de r&#233;duire sa conversation &#224; des propos mielleux et insipides, &#233;vitant tout sujet profond ou bien, s'il s'agit d'une fille &#171; cultiv&#233;e &#187;, elle a une discussion &#171; intellectuelle &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle discourt de fa&#231;on impersonnelle sur des abstractions oiseuses telles que le Produit National Brut, le Sionisme, l'influence de Rimbaud sur la peinture symboliste. Elle est si bien vers&#233;e dans l'art de l&#233;cher le cul des hommes que cela devient bient&#244;t une seconde nature et qu'elle continue &#224; jouer leur jeu m&#234;me lorsqu'elle se trouve seulement avec des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de son c&#244;t&#233; l&#232;che-cul, la conversation de la Fille &#224; son Papa est encore limit&#233;e par sa crainte d'exprimer des opinions d&#233;viantes ou originales et par son sentiment d'ins&#233;curit&#233; qui l'emprisonne. Ce qui lui enl&#232;ve tout charme. La gentillesse, la politesse, la &#171; dignit&#233; &#187;, le sentiment d'ins&#233;curit&#233; et la claustration mentale ont peu de chance de s'allier &#224; l'intensit&#233; et &#224; l'humour, qualit&#233;s dont ne peut se passer une conversation digne de ce nom. Et la conversation digne de ce nom ne court pas les rues, &#233;tant donn&#233; que seules les femmes tout &#224; fait s&#251;res d'elles, arrogantes, exub&#233;rantes, et fortiches, sont capables d'avoir une conversation intense et spirituelle de vraies salopes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'IMPOSSIBILIT&#201; DE L'AMITI&#201; (DE L'AMOUR)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes se m&#233;prisent eux-m&#234;mes, m&#233;prisent tous les autres hommes qu'ils ont l'occasion d'approcher d'un peu pr&#232;s - et qu'ils ne prennent ni pour des femmes (comme les analystes &#171; sympa &#187; et les &#171; Grands Artistes &#187;) ni pour des agents de Dieu - et ils m&#233;prisent toutes les femmes qui leur l&#232;chent le cul. Les femmes-mec, les l&#232;che-cul en mal d'approbation et de s&#233;curit&#233; se m&#233;prisent elles-m&#234;mes ainsi que toutes les femmes qui leur ressemblent. Les femmes s&#251;res d'elles, celles qui n'ont pas froid aux yeux, qui aiment que &#231;a bouge, les femmes-femmes, m&#233;prisent les hommes et les femmes-mec l&#232;che-cul. Pour tout dire, le m&#233;pris est &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour n'est ni la d&#233;pendance ni la sexualit&#233;, c'est l'amiti&#233;. L'amour ne peut donc exister entre deux hommes, entre un homme et une femme ou entre deux femmes si l'un des deux, ou les deux, est un mec ou un l&#232;che-cul &#224; mec sans esprit et timor&#233;. De m&#234;me que la conversation, l'amour ne peut exister qu'entre deux femmes-femmes libres rouleuses, s&#251;res d'elles, ind&#233;pendantes et &#224; l'aise, puisque l'amiti&#233; est bas&#233;e sur le respect et non sur le m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me chez les femmes &#224; la coule, les amiti&#233;s profondes sont rares &#224; l'&#226;ge adulte car elles sont presque toutes ligot&#233;es &#224; un homme afin de survivre &#233;conomiquement, ou bien elles essayent de se tailler un chemin dans la jungle et de se maintenir &#224; la surface des masses amorphes. L'amour ne peut s'&#233;panouir dans une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur l'argent et sur un travail d&#233;pourvu de sens. Il exige une totale libert&#233; &#233;conomique et individuelle, des loisirs et la possibilit&#233; de s'engager intens&#233;ment dans des activit&#233;s absorbantes, &#224; m&#234;me de combler la sensibilit&#233;, et pouvant conduire &#224; l'amiti&#233; profonde lorsqu'on les partage avec ceux que l'on respecte. Notre soci&#233;t&#233; n'offre aucune activit&#233; de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;limin&#233; de ce monde la conversation, l'amiti&#233; et l'amour, voici les substituts d&#233;risoires que nous propose l'homme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE &#171; GRAND ART &#187; ET LA &#171; CULTURE &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste m&#226;le essaye de compenser son incapacit&#233; &#224; vivre et son impuissance &#224; &#234;tre une femme en fabriquant un monde compl&#232;tement factice dans lequel il fait figure de h&#233;ros, c'est-&#224;-dire s'affuble des caract&#233;ristiques f&#233;minines, et o&#249; la femme est r&#233;duite &#224; des r&#244;les subsidiaires insipides, c'est-&#224;-dire fait figure d'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; Art &#187; masculin ayant pour but, non de communiquer (un &#234;tre enti&#232;rement vide n'a rien &#224; dire), mais de d&#233;guiser la r&#233;alit&#233; bestiale de l'homme, il a recours au symbolisme et &#224; l'obscurit&#233; (au &#171; profond &#187;). La grande majorit&#233; des gens, en particulier les personnes &#171; cultiv&#233;es &#187;, n'osant pas juger par elles-m&#234;mes, humbles, respectueuses des autorit&#233;s (&#171; Mon Papa, y sait &#187; devient dans le langage adulte &#171; les critiques ils s'y connaissent &#187;, &#171; les &#233;crivains, ils savent mieux &#187;, et &#171; les agr&#233;g&#233;s, &#231;a en conna&#238;t un bout &#187;), se laissent facilement persuader que ce qui est obscur, vague, incompr&#233;hensible, indirect, ambigu et ennuyeux, est &#224; coup s&#251;r profond et brillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Grand Art &#187; se veut &#171; preuve &#187; de la sup&#233;riorit&#233; des hommes sur les femmes, preuve que les hommes sont des femmes, non seulement par son contenu, mais aussi par le simple fait de se baptiser &#171; Grand Art &#187;, puisque comme aiment &#224; nous le rappeler les antif&#233;ministes, il est presque enti&#232;rement l'&#339;uvre des hommes. Nous savons que le &#171; Grand Art &#187; est grand parce que les hommes, des &#171; sp&#233;cialistes &#187;, nous l'ont dit, et nous ne pouvons pas dire le contraire vu que seules des sensibilit&#233;s exquises bien sup&#233;rieures &#224; la n&#244;tre sont &#224; m&#234;me de percevoir et d'appr&#233;cier ce qui est grand, la preuve de leur sensibilit&#233; sup&#233;rieure &#233;tant qu'ils appr&#233;cient les saloperies qu'ils appr&#233;cient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Appr&#233;cier &#187;, c'est tout ce que sait faire l'homme &#171; cultiv&#233; &#187;. Passif, nul, d&#233;pourvu d'imagination et d'humour, il faut bien qu'il se d&#233;brouille avec &#231;a. Incapable de se cr&#233;er ses propres distractions, de se cr&#233;er un monde &#224; lui, d'agir d'une fa&#231;on ou d'une autre sur son environnement, il doit se contenter de ce qu'on lui offre. Il ne sait pas cr&#233;er, il ne sait pas communiquer : il est spectateur. En se gobergeant de culture, il cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; prendre son pied dans un monde qui n'a rien de jouissif ; il cherche &#224; fuir l'horreur d'une existence st&#233;rile d'o&#249; l'esprit est absent. La &#171; culture &#187; c'est le baba du pauvre, le cro&#251;ton spirituel des tar&#233;s, une fa&#231;on de justifier le spectateur dans son r&#244;le passif. Elle permet aux hommes de se glorifier de leur facult&#233; d'appr&#233;cier &#171; les belles choses &#187;, de voir un bijou &#224; la place d'une crotte. Ce qu'ils veulent, c'est qu'on admire leur admiration. Ne se croyant pas capables de changer quoi que ce soit, r&#233;sign&#233;s qu'ils sont au statu quo, ils sont oblig&#233;s de s'extasier sur des crottes vu qu'il n'y a que des crottes &#224; l'horizon de leur courte vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;n&#233;ration pour l'&#171; Art &#187; et la &#171; Culture &#187; distrait les femmes d'activit&#233;s plus importantes et plus satisfaisantes, les emp&#234;che de d&#233;velopper activement leurs dons, et parasite notre sensibilit&#233; de pompeuses dissertations sur la beaut&#233; profonde de telle ou telle crotte. Permettre &#224; l'&#171; Artiste &#187; d'affirmer comme sup&#233;rieurs ses sentiments, ses perceptions, ses jugements et sa vision du monde, renforce le sentiment d'ins&#233;curit&#233; des femmes et les emp&#234;che de croire &#224; la validit&#233; de leurs propres sentiments, perceptions, jugements et vision du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept m&#234;me d'&#171; Artiste &#187;, d&#233;fini par des traits f&#233;minins, le m&#226;le l'a invent&#233; pour &#171; prouver &#187; qu'il est une femme (&#171; Tous les Grands Artistes sont des hommes &#187;) ; il met en avant l'&#171; Artiste &#187; comme un guide qui va nous expliquer &#224; quoi ressemble la vie. Mais l'&#171; Artiste &#187; masculin n'&#233;merge pas du moule m&#226;le : son &#233;ventail de sentiments est tr&#232;s limit&#233; ; il n'a donc pas grand chose en fait de perceptions, jugements et vision du monde, puisque tout cela d&#233;pend des sentiments. Incapable d'entrer en contact avec autre chose que ses propres sensations physiques, il n'a rien &#224; dire, sinon que pour lui la vie est absurde, et ne peut donc &#234;tre un artiste. Comment quelqu'un qui ne sait pas vivre pourrait-il nous dire &#224; quoi ressemble la vie ? L'&#171; artiste &#187; au masculin, c'est une contradiction dans les termes. Un d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; ne peut que produire de l'&#171; art &#187; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. L'artiste v&#233;ritable, c'est toute femme saine et s&#251;re d'elle, et dans une soci&#233;t&#233; f&#233;minine, le seul Art, la seule Culture, ce sera des femmes d&#233;cha&#238;n&#233;es, contentes les unes des autres, et qui prennent leur pied entre elles et avec tout l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA SEXUALIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sexe ne permet aucune relation. C'est au contraire une exp&#233;rience solitaire, elle n'est pas cr&#233;atrice, c'est une perte de temps. Une femme peut facilement, bien plus facilement qu'elle ne pourrait le penser, se d&#233;barrasser de ses pulsions sexuelles et devenir suffisamment c&#233;r&#233;brale et d&#233;contract&#233;e pour se tourner vers des formes de relation et des activit&#233;s vraiment valables. Mais le m&#226;le libidineux met en chaleur la femelle lascive. Les hommes, qui ont l'air d'en pincer sexuellement pour les femmes et qui passent leur temps &#224; vouloir les exciter, jettent les femmes port&#233;es sur la chose dans des transes lubriques et les fourrent dans un pi&#232;ge &#224; con dont peu de femmes arrivent jamais &#224; se sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sexe est le refuge des pauvres d'esprit. Et plus une femme est pauvre d'esprit, - plus elle est embourb&#233;e dans la &#171; culture &#187; masculine - plus elle est charmante et plus elle est port&#233;e sur le sexe. Dans notre soci&#233;t&#233;, les femmes charmantes ont le feu au cul. Mais comme elles sont atrocement charmantes, elles ne s'abaissent pas &#224; baiser, tu parles, elles font l'amour, elles communiquent avec leur corps, elles &#233;tablissent un contact sensuel. Les plus litt&#233;raires valsent au rythme d'&#201;ros et s'enfilent l'Univers entier ; les mystiques se fondent dans le Principe &#233;rotique et fusionnent avec le Cosmos, et celles qui marchent &#224; l'acide Vibrent. Les femmes qui sont les moins compromises dans la culture m&#226;le, celles qui ne sont pas charmantes, ces esprits simples et grossiers pour qui baiser n'est que baiser, trop infantiles pour ce monde adulte de grands ensembles, d'int&#233;r&#234;ts &#224; 14%, de casseroles et de merde de b&#233;b&#233;, trop arrogantes pour respecter Papa, les &#171; Grands &#187; ou la profonde sagesse des Anciens, qui ne font confiance qu'&#224; leurs instincts les plus bas, pour qui la seule Culture, c'est le d&#233;cha&#238;nement des femmes, dont le seul divertissement est de r&#244;der &#224; la recherche d'&#233;motions et d'&#233;v&#233;nements excitants, qui &#171; font des sc&#232;nes &#187; et offrent le spectacle r&#233;pugnant, vil, g&#234;nant, de salopes acharn&#233;es contre ceux qui leur agacent les dents, qui n'h&#233;siteraient pas &#224; planter un couteau dans le ventre d'un type ou &#224; lui enfoncer un pic &#224; glace dans le cul au premier coup d'&#339;il si elles pensaient pouvoir s'en tirer, bref celles qui, selon les crit&#232;res de notre &#171; culture &#187;, sont la lie de la terre, les SCUM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Scum, en anglais (prononcer &#171; scome &#187;), veut dire : rebut, lie, &#233;cume, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont des filles &#224; l'aise, plut&#244;t c&#233;r&#233;brales et tout pr&#232;s d'&#234;tre asexu&#233;es. D&#233;barrass&#233;es des convenances, de la gentillesse, de la discr&#233;tion, de l'opinion publique, de la &#171; morale &#187;, du &#171; respect &#187; des trous-du-cul, toujours surchauff&#233;es, p&#233;tant le feu, sales et abjectes, les SCUM d&#233;ferlent&#8230; elles ont tout vu - tout le machin, baise et compagnie, suce-bite et suce-con - elles ont &#233;t&#233; &#224; voile et &#224; vapeur, elles ont fait tous les ports et se sont fait tous les porcs&#8230; Il faut avoir pas mal bais&#233; pour devenir anti-baise, et les SCUM sont pass&#233;es par tout &#231;a, maintenant elles veulent du nouveau ; elles veulent sortir de la fange, bouger, d&#233;coller, sombrer dans les hauteurs. Mais l'heure de SCUM n'est pas encore arriv&#233;e. La soci&#233;t&#233; nous confine encore dans ses &#233;gouts. Mais si rien ne change et si la Bombe ne tombe pas sur tout &#231;a, notre soci&#233;t&#233; cr&#232;vera d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ENNUI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie, dans une soci&#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par et pour des cr&#233;atures &#224; la sensibilit&#233; plus que limit&#233;e, donc profond&#233;ment ennuyeuses, lorsqu'elles ne sont pas sinistres et d&#233;primantes, ne peut &#234;tre que profond&#233;ment ennuyeuse, lorsqu'elle n'est pas sinistre et d&#233;primante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE SECRET, LA CENSURE, L'&#201;LIMINATION DE LA CONNAISSANCE ET DES ID&#201;ES, LA CHASSE AUX SORCI&#200;RES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfouie au fond de l'homme, g&#238;t la peur hideuse et secr&#232;te que l'on d&#233;couvre qu'il n'est pas une femme, qu'il est un m&#226;le, un &#234;tre moins qu'humain. Bien que la gentillesse, la politesse et la &#171; dignit&#233; &#187; suffisent &#224; le prot&#233;ger sur le plan personnel, l'homme doit, pour &#233;viter qu'on ne d&#233;couvre l'imposture g&#233;n&#233;rale du sexe masculin, et maintenir ses pouvoirs artificiels sur la soci&#233;t&#233;, avoir recours aux proc&#233;d&#233;s suivants : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1- La censure. L'homme qui r&#233;agit par r&#233;flexe &#224; des mots ou &#224; des phrases isol&#233;s au lieu de r&#233;agir avec son cerveau &#224; des significations globales, essaye d'emp&#234;cher l'&#233;veil et la d&#233;couverte de sa bestialit&#233; en censurant non seulement la &#171; pornographie &#187;, mais aussi tout ouvrage contenant des mots &#171; sales &#187;, quel qu'en soit le contexte. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2- L'&#233;limination de toute id&#233;e et connaissance risquant de le d&#233;masquer ou de menacer sa position dominante dans la soci&#233;t&#233;, une vaste documentation biologique et psychologique est mise hors de circulation, car elle r&#233;v&#233;lerait la flagrante inf&#233;riorit&#233; de l'homme par rapport &#224; la femme. De plus, le probl&#232;me de la maladie mentale ne sera jamais r&#233;solu tant que l'homme gardera les r&#234;nes du pouvoir pour la bonne raison qu'il y trouve son int&#233;r&#234;t : seules des femmes auxquelles il manque pas mal de cases peuvent laisser aux hommes la moindre parcelle de pouvoir, et pour r&#233;soudre ce probl&#232;me il faudrait que l'homme admette le r&#244;le que joue le P&#232;re dans l'origine des folies. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3- La chasse aux sorci&#232;res. Ce qui met l'homme en joie - dans la mesure o&#249; cette cr&#233;ature sinistre et constip&#233;e est capable d'&#233;prouver de la joie - c'est de d&#233;noncer les autres. Peu importe ce qu'il d&#233;nonce, du moment qu'il d&#233;nonce et d&#233;tourne l'attention de sa propre personne. D&#233;noncer les autres comme agents de l'ennemi (Communistes et Socialistes) est l'un de ses passe-temps favoris : cela lui permet de se disculper, lui, la patrie et l'Occident tout entier. Ce n'est pas dans son cul que grouille la vermine, c'est en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA M&#201;FIANCE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son incapacit&#233; &#224; se mettre &#224; la place des autres, &#224; &#233;prouver de l'affection ou &#224; se d&#233;vouer, ne sachant s'ext&#233;rioriser que pour contempler ses tripes, l'homme, &#233;videmment, ne joue jamais franc-jeu. L&#226;che comme il l'est, ayant constamment besoin de faire la pute avec les femmes pour gagner leur approbation sans laquelle il n'est rien, toujours sur le qui-vive dans la terreur que sa r&#233;alit&#233; m&#226;le et animale ne soit &#233;tal&#233;e au grand jour, ayant constamment besoin de se prot&#233;ger, l'homme doit mentir en permanence. Dans son n&#233;ant il ne peut avoir ni honneur ni int&#233;grit&#233; - il ne sait pas ce que ces mots signifient. L'homme, en bref, est tra&#238;tre et dans une soci&#233;t&#233; m&#226;le le seul comportement valable est le cynisme et la m&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA LAIDEUR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; sa sexualit&#233; envahissante, son indigence mentale et esth&#233;tique, son mat&#233;rialisme et sa gloutonnerie, l'homme, non content de nous avoir inflig&#233; son &#171; Grand Art &#187;, a cru devoir affubler ses villes sans paysage de constructions hideuses (dehors comme dedans) et de d&#233;cors non moins moches, d'affiches, d'autoroutes, de bagnoles, de camions pleins de merde, et tout particuli&#232;rement de sa naus&#233;abonde personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA HAINE ET LA VIOLENCE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est rong&#233; sans rel&#226;che par l'amertume de n'&#234;tre pas femme et d'&#234;tre incapable d'&#233;prouver jamais aucun plaisir ni aucune satisfaction. Il est ravag&#233; de haine, non de cette haine rationnelle que l'on renvoie &#224; ceux qui vous insultent ou abusent de vous, mais d'une haine irrationnelle qui frappe sans discernement, haine, au fond, dirig&#233;e contre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence gratuite &#171; prouve &#187; qu'il est un &#171; Homme &#187;, tout en servant d'exutoire &#224; sa haine ; et puisque l'homme n'a de r&#233;actions que sexuelles et qu'il faut des stimulants vraiment puissants pour exciter ce mort-vivant, elle lui procure, sexuellement, un petit frisson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA MALADIE ET LA MORT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les maladies sont gu&#233;rissables, et le vieillissement et la mort sont dus &#224; la maladie. Il est donc possible de ne jamais vieillir et de vivre &#233;ternellement. En fait, les probl&#232;mes de la vieillesse et de la mort pourraient &#234;tre r&#233;solus d'ici quelques ann&#233;es si la science y mettait le paquet. Cette &#233;ventualit&#233; n'aura cependant pas lieu dans un monde r&#233;gi par les hommes pour les raisons suivantes : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1- De nombreux chercheurs potentiels sont d&#233;courag&#233;s des carri&#232;res scientifiques &#224; cause de la rigidit&#233;, de l'ennui, de la chert&#233;, des pertes de temps et de la s&#233;lection sociale qui caract&#233;risent notre enseignement &#171; sup&#233;rieur &#187;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2- Les chercheurs en place, dans leur ins&#233;curit&#233; m&#226;le, prot&#232;gent jalousement leur poste, et veulent nous faire croire que seule une petite &#233;lite est &#224; m&#234;me d'appr&#233;cier les concepts scientifiques abstraits. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3- Beaucoup de gens dou&#233;s, dont la confiance en soi a &#233;t&#233; min&#233;e par l'&#233;ducation du P&#232;re, renoncent &#224; devenir des savants. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4- Le syst&#232;me de l'argent conduit &#224; ces postes les gens les moins cr&#233;atifs. La plupart des scientifiques sont issus de familles plut&#244;t ais&#233;es, o&#249; Papa r&#232;gne en ma&#238;tre. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 5- L'automation est insuffisante. Nous disposons actuellement de tonnes d'informations qui, utilis&#233;es &#224; bon escient, pourraient permettre de gu&#233;rir le cancer ainsi que d'autres maladies et peut-&#234;tre nous apporter la cl&#233; de la vie. Mais les donn&#233;es &#224; utiliser sont si nombreuses qu'il nous faudrait des ordinateurs ultra-rapides pour les relier. L institution de l'ordinateur sera continuellement retard&#233;e dans un syst&#232;me r&#233;gi par les hommes car ceux-ci ont horreur d'&#234;tre remplac&#233;s par des machines. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 6- L'homme a une pr&#233;f&#233;rence marqu&#233;e pour les objectifs &#171; virils &#187;, la guerre et la mort. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 7- La finance a un insatiable besoin de nouveaux produits. Les rares savants dont les recherches ne visent pas la destruction et la mort sont ligot&#233;s par les int&#233;r&#234;ts des corporations pour lesquelles ils travaillent : leurs inventions et leurs exp&#233;riences ne concernent que des marchandises. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 8- De nombreux savants m&#226;les s'&#233;cartent prudemment de la recherche biologique dans leur terreur de d&#233;couvrir que les hommes sont des femmes plus qu'incompl&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme, qui est incapable de conna&#238;tre un bonheur positif, seule justification &#224; l'existence, peut atteindre tout au mieux un &#233;tat neutre de confort physique qui n'est pas appel&#233; &#224; durer car l'ennui, &#233;tat n&#233;gatif, fait rapidement son apparition. Il est donc condamn&#233; &#224; une vie de souffrance, soulag&#233;e seulement par un assoupissement occasionnel et fugace qu'il ne pourra conna&#238;tre qu'aux d&#233;pens d'une femme. L'homme est par nature une sangsue, un parasite affectif, et aucune raison &#233;thique ne justifie de le laisser vivre et prosp&#233;rer car personne n'a le droit de vivre aux d&#233;pens de quelqu'un d'autre. De m&#234;me que la vie des humains prime celle des animaux pour la seule raison qu'ils sont plus &#233;volu&#233;s et dou&#233;s d'une conscience sup&#233;rieure, de m&#234;me la vie des femmes doit primer celle des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cet &#233;pilogue moral pourrait bien &#234;tre purement acad&#233;mique car l'homme travaille &#224; sa propre destruction. En dehors des proc&#233;d&#233;s classiques de la guerre et des &#233;meutes raciales, honor&#233;s par l'Histoire, les hommes versent de plus en plus dans la tantouzerie ou se consument dans la drogue. Les femmes, qu'elles le veuillent ou non, prendront bient&#244;t le monde en main, ne serait-ce que parce qu'elles ne pourront faire autrement : les hommes, pour des raisons pratiques, auront disparu du globe. Cette tendance autodestructrice est renforc&#233;e par le fait que les hommes commencent &#224; avoir une vision plus &#233;clair&#233;e de leurs int&#233;r&#234;ts. Ils se rendent de mieux en mieux compte que l'int&#233;r&#234;t des femmes est leur int&#233;r&#234;t, qu'ils ne peuvent vivre que par les femmes, et que plus les femmes seront encourag&#233;es &#224; vivre, &#224; se r&#233;aliser, &#224; &#234;tre des femmes et non des hommes, plus ils approcheront eux-m&#234;mes de ce qui ressemble &#224; la vie. Ils entrevoient d&#233;j&#224; qu'il est plus facile et plus satisfaisant de vivre &lt;i&gt;&#224; travers&lt;/i&gt; elles que d'essayer de &lt;i&gt;devenir&lt;/i&gt; elles - usurper leurs qualit&#233;s et repousser les femmes dans la fosse &#224; purin en d&#233;clarant que ce sont des hommes. Le p&#233;d&#233;, qui accepte sa nature de m&#226;le, c'est-&#224;-dire sa passivit&#233; et sa sexualit&#233; envahissante, sa f&#233;minit&#233;, a &#233;galement int&#233;r&#234;t &#224; ce que les femmes se r&#233;v&#232;lent v&#233;ritablement femmes car alors il lui serait plus facile d'&#234;tre m&#226;le, d'&#234;tre f&#233;minin. Si les hommes &#233;taient raisonnables, ils chercheraient &#224; se changer carr&#233;ment en femmes, m&#232;neraient des recherches biologiques intensives qui permettraient, au moyen d'op&#233;rations sur le cerveau et le syst&#232;me nerveux, de transformer les hommes en femmes, corps et esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir s'il faudra continuer &#224; utiliser les femmes pour la reproduction ou si celle-ci se fera en laboratoire est encore un faux probl&#232;me : que se passera-t-il quand chaque femme, d&#232;s l'&#226;ge de douze ans, prendra r&#233;guli&#232;rement la Pilule, et avortera en cas d'accident ? Combien de femmes accepteront-elles d&#233;lib&#233;r&#233;ment d'&#234;tre enceintes (ou, en cas d'accident, de le rester) ? Non, Virginia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Virginia est presque une institution aux &#201;tats-Unis. C'est une petite fille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les femmes n'adorent pas couver des ribambelles d'enfants, malgr&#233; ce qu'en disent les braves &#233;pouses h&#233;b&#233;t&#233;es. Quand toutes les femmes seront conscientes, la r&#233;ponse sera : aucune. Devrait-on alors obliger un petit nombre de femmes &#224; faire office de lapines pour les besoins de l'esp&#232;ce ? C'est hors de question, &#233;videmment. La r&#233;ponse, c'est les laboratoires de reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de reproduire le genre masculin, il ne s'ensuit pas, sous pr&#233;texte que les hommes, comme la maladie, ont toujours exist&#233;, qu'ils devraient continuer &#224; exister. Quand le contr&#244;le g&#233;n&#233;tique sera possible - et il le sera bient&#244;t - il est &#233;vident que nous ne devrons produire que des &#234;tres complets, sans d&#233;fauts physiques ni d&#233;ficiences g&#233;n&#233;rales telles que la masculinit&#233;. De m&#234;me que la production d&#233;lib&#233;r&#233;e d'aveugles serait parfaitement immorale, de m&#234;me en serait-il pour la production d&#233;lib&#233;r&#233;e d'&#234;tres tar&#233;s sur le plan affectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi reproduire des femmes ? Pourquoi des g&#233;n&#233;rations futures ? &#192; quoi serviront-elles ? Quand la vieillesse et la mort seront &#233;limin&#233;es, pourquoi se reproduire ? Et m&#234;me si elles ne sont pas &#233;limin&#233;es, pourquoi se reproduire ? Qu'est-ce que cela peut bien nous faire ce qui arrivera quand nous serons morts ? Qu'est-ce que cela peut bien nous faire qu'il y ait ou non une nouvelle g&#233;n&#233;ration pour nous succ&#233;der ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cours naturel des &#233;v&#233;nements, de l'&#233;volution sociale, aboutira au contr&#244;le total des femmes sur le monde. Il s'ensuit qu'elles cesseront de reproduire des hommes et pour finir elles cesseront de reproduire des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais SCUM est impatiente. SCUM ne se laisse pas consoler par la perspective des g&#233;n&#233;rations futures. SCUM veut prendre son pied tout de suite. Et si une grande majorit&#233; de femmes &#233;taient SCUM, elles parviendraient en quelques semaines aux commandes du pays en refusant de travailler, c'est-&#224;-dire en paralysant la nation enti&#232;re. Elles pourraient y ajouter d'autres mesures, dont chacune serait suffisante pour bouleverser l'&#233;conomie et le reste, comme de rompre avec le syst&#232;me de l'argent, d&#233;valiser les magasins au lieu d'acheter, et refuser d'ob&#233;ir aux lois chaque fois que &#231;a leur chante. La Police, la Garde Nationale et l'Arm&#233;e r&#233;unies ne pourraient r&#233;primer la r&#233;bellion de plus de la moiti&#233; de la population, surtout s'il s'agit des femmes, sans lesquelles ils se retrouveraient compl&#232;tement d&#233;sempar&#233;s. Si toutes les femmes laissaient tomber les hommes, tout simplement, le gouvernement et l'&#233;conomie nationale s'effondreraient. M&#234;me sans les laisser tomber, les femmes, une fois conscientes de l'&#233;tendue de leur sup&#233;riorit&#233; et de leur pouvoir sur les hommes, pourraient devenir ma&#238;tresses de tout en quelques semaines et parvenir &#224; l'assujettissement total des hommes. Dans une soci&#233;t&#233; saine, l'homme trottinerait docilement derri&#232;re la femme. L'homme est un &#234;tre ob&#233;issant, il se plie facilement au joug de toute femme qui veut bien essayer de le dominer. Les hommes, en fait, d&#233;sirent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment se soumettre aux femmes, &#234;tre sous la conduite de leur Mamma et s'abandonner &#224; ses soins. Mais cette soci&#233;t&#233; n'est pas saine et la plupart des femmes n'ont pas la plus faible id&#233;e de ce qu'est le v&#233;ritable rapport des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit ne se situe donc pas entre les hommes et les femmes, mais entre les SCUM - les femmes dominatrices, &#224; l'aise, s&#251;res d'elles, m&#233;chantes, violentes, &#233;go&#239;stes, ind&#233;pendantes, fi&#232;res, aventureuses, sans g&#234;ne, arrogantes, qui se consid&#232;rent aptes &#224; gouverner l'univers, qui ont bourlingu&#233; jusqu'aux limites de cette soci&#233;t&#233; et sont pr&#234;tes &#224; se d&#233;cha&#238;ner bien au-del&#224;, et les Filles &#224; son Papa, gentilles, passives, consentantes, &#171; cultiv&#233;es &#187;, subjugu&#233;es, d&#233;pendantes, apeur&#233;es, ternes, angoiss&#233;es, avides d'approbation, d&#233;concert&#233;es par l'inconnu, qui pr&#233;f&#232;rent croupir dans le purin (l&#224; au moins le paysage est familier), s'accrocher aux singes, sentir Papa derri&#232;re et se reposer sur ses gros biceps, qui ont besoin de voir une grosse face poilue &#224; la Maison Blanche, trop l&#226;ches pour regarder en face l'hideuse r&#233;alit&#233; de l'homme, de Papa, qui ont &#233;tabli leurs quartiers une fois pour toutes dans l'auge &#224; cochons, se sont adapt&#233;es &#224; l'animalit&#233; qu'on attend d'elles, y trouvent un confort superficiel et ne connaissent pas d'autre mode de vie, ont rabaiss&#233; leur esprit, leurs pens&#233;es et leurs perceptions au niveau du m&#226;le ; qui, d&#233;pourvues de jugement, d'imagination et d'humour, ne peuvent gagner la consid&#233;ration que dans une soci&#233;t&#233; masculine, qui ne peuvent se faire une place au soleil, ou plut&#244;t dans le fumier, que comme pondeuses et repos du guerrier, compresses d'ego et t&#233;tines roboratives ; qui sont n&#233;glig&#233;es par les autres femmes, qui projettent leurs tares, leur masculinit&#233;, sur toutes les femmes et consid&#232;rent les femmes comme des vers de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais SCUM est trop impatiente pour esp&#233;rer et attendre la prise de conscience de millions de trous-du-cul. Pourquoi les tr&#233;pidantes, les scories bouillonnantes continueraient-elles &#224; se tra&#238;ner mis&#233;rablement au milieu de toutes ces sinistres mec-femmes ? Pourquoi le destin des grisantes devrait-il croiser celui des gris&#226;tres ? Pourquoi les actives et les imaginatives devraient-elles tenir compte des passives et des m&#233;diocres ? Pourquoi les ind&#233;pendantes devraient-elles patauger dans la morve avec les crampons &#224; Papa ? Il n'y a aucune raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En baisant le syst&#232;me &#224; tout bout de champ, en d&#233;truisant la propri&#233;t&#233; de fa&#231;on s&#233;lective et en assassinant, une poign&#233;e de SCUM peut prendre le contr&#244;le du pays en l'espace d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SCUM sera la grande force bousi-baisante, la force du d&#233;-travail. Les SCUM choisiront toutes sortes de professions et d&#233;-travailleront. Par exemple, les vendeuses et les standardistes SCUM ne feront pas payer. Les employ&#233;es de bureau et les ouvri&#232;res SCUM, tout en sabotant le travail, d&#233;truiront secr&#232;tement le mat&#233;riel. Les filles SCUM d&#233;-travailleront syst&#233;matiquement jusqu'&#224; ce qu'elles se fassent renvoyer, puis chercheront un nouvel emploi &#224; bousiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SCUM prendra d'assaut les autobus, les taxis et les services de distribution de tickets, conduira les autobus et les taxis et donnera gratuitement les tickets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SCUM d&#233;truira tous les objets inutiles et nocifs tels que les voitures, les vitrines, le &#171; Grand Art &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite SCUM s'emparera des antennes de la radio et de la t&#233;l&#233;vision, et s'empressera de soulager de leur besogne tous les employ&#233;s qui s'opposeraient &#224; l'entr&#233;e de SCUM dans les studios.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SCUM exterminera tous les hommes qui ne feront pas partie de l'Auxiliaire Masculin de SCUM. Font partie de l'Auxiliaire Masculin les hommes qui s'emploient m&#233;thodiquement &#224; leur propre &#233;limination, les hommes qui pratiquent le bien, quels que soient leurs motifs, et entrent dans le jeu de SCUM. Exemples de ce qu'on peut trouver dans l'Auxiliaire Masculin de SCUM : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les hommes qui en tuent d'autres ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les chercheurs en biologie qui travaillent &#224; des recherches constructives (au lieu de pr&#233;parer la guerre biologique) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les &#233;crivains, les r&#233;dacteurs en chef les &#233;diteurs et les producteurs qui r&#233;pandent et favorisent les id&#233;es susceptibles de servir les buts de SCUM ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les travelos qui par leur exemple magnifique encouragent les autres hommes &#224; se d&#233;masculiniser et &#224; se rendre ainsi relativement inoffensifs ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les hommes qui prodiguent g&#233;n&#233;reusement l'argent et tous services gratuits ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les hommes qui disent ce qui est (jusqu'&#224; pr&#233;sent il n'y en a pas eu un seul) et ont une attitude juste avec les femmes, qui r&#233;v&#232;lent la v&#233;rit&#233; sur eux-m&#234;mes, donnent aux &#233;cervel&#233;es des phrases correctes &#224; r&#233;p&#233;ter et leur disent que le but premier d'une femme devrait &#234;tre d'&#233;craser le sexe masculin (pour aider les hommes dans cette t&#226;che, SCUM organisera des Sessions Merdiques au cours desquelles chaque homme pr&#233;sent fera un discours commen&#231;ant par la phrase : &#171; Je suis une merde, une merde minable et abjecte &#187;, &#224; la suite de quoi il fera une longue liste des diff&#233;rents aspects de sa merdicit&#233;. En r&#233;compense, il pourra fraterniser une heure enti&#232;re avec les membres de SCUM &#224; la fin de la session. On invitera aux sessions les femmes gentilles et proprettes afin d'&#233;claircir avec elles tous les doutes et malentendus qui subsistent &#224; propos du sexe masculin) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les fabricants de bouquins pornos, de films su&#233;dois, etc., qui nous rapprochent du jour o&#249; on ne verra plus sur l'&#233;cran que Baise et Sucerie (les hommes, comme les rats accourant aux sons de la fl&#251;te enchant&#233;e, seront men&#233;s &#224; leur perdition par les charmes trompeurs de La Chatte, et d&#233;pass&#233;s, submerg&#233;s, ils sombreront finalement dans la chair passive qu'ils ont toujours &#233;t&#233;) ; ceux qui incitent &#224; la drogue et pr&#233;cipitent la d&#233;ch&#233;ance masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire le bien est une condition n&#233;cessaire mais non suffisante pour faire partie de l'Auxiliaire Masculin de SCUM. Pour sauver leurs mornes culs, les hommes doivent aussi &#233;viter de faire le mal. Parmi les hommes les plus odieux ou les plus nuisibles, on compte : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ceux qui violent ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les politiciens et toute leur clique ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les chanteurs, compositeurs et, musiciens gnangnan ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les P.D.G. ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les Chefs de famille et honn&#234;tes travailleurs ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les proprios ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les possesseurs de cuillers graisseuses, de restaurants et de boutiques &#224; musique d'ambiance ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les &#171; Grands Artistes &#187; ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les joueurs qui jouent petit ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les flics qui alpaguent, les procureurs qui accusent et les juges qui collent des ann&#233;es &#224; tous ceux qui violent les lois antidrogue et antijeu, aux prostitu&#233;es, aux fauteurs de pornographie et &#224; ceux qui commettent des crimes contre les entreprises ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les magnats ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les savants dont les recherches visent la mort ou la destruction ou qui travaillent pour l'industrie priv&#233;e ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les menteurs et les bidons ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les agents immobiliers ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les agents de change ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les hommes qui parlent pour ne rien dire ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les pollueurs de voie publique ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les plagiaires ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les hommes qui font un tant soit peu de mal aux femmes ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; tous les requins de la publicit&#233; ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les psychiatres et les psy ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les hommes qui s'imaginent avoir droit &#224; la compagnie des inconnues qu'ils rencontrent ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les censeurs publics et priv&#233;s ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; toute l'arm&#233;e, y compris les appel&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un homme peut &#234;tre class&#233; &#224; la fois dans les cat&#233;gories bien et mal, l'ensemble de sa conduite sera examin&#233; de fa&#231;on toute subjective pour d&#233;terminer de quel c&#244;t&#233; penche la balance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est assez tentant de mettre dans le m&#234;me sac que les hommes, les &#171; Grands Artistes &#187; et les faux jetons de sexe f&#233;minin, mais ce serait g&#234;nant car la plupart des gens ne comprendraient pas clairement que les femmes liquid&#233;es sont des mecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laisser tout tomber et vivre en marge n'est plus la solution. Baiser le syst&#232;me, oui. La plupart des femmes vivent d&#233;j&#224; en marge, elles n'ont jamais &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es. Vivre en marge, c'est laisser le champ libre &#224; ceux qui restent ; c'est exactement ce que veulent les dirigeants ; c'est faire le jeu de l'ennemi ; c'est renforcer le syst&#232;me au lieu de le saper car il mise sur l'inaction, la passivit&#233;, l'apathie et le retrait de la masse des femmes. C'est, en revanche, une excellente solution pour les hommes et SCUM les y encouragera vivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercher le salut en soi, contempler son nombril, comme voudraient nous le faire croire les partisans du Grand L&#226;chage, n'est pas la solution. Le bonheur r&#233;side en dehors de soi, dans les relations avec les autres. Notre but devrait &#234;tre le d&#233;bordement et non l'auto-contemplation. L'homme, qui n'est capable que de cette derni&#232;re &#233;ventualit&#233;, fait d'un vice fondamental une vertu et l'&#233;l&#232;ve au rang du Bien Philosophique, ce qui le fait passer pour profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SCUM n'a rien &#224; faire de banderoles, de d&#233;fil&#233;s ou de gr&#232;ves pour r&#233;aliser ses desseins. De telles tactiques sont bonnes pour les dames comme il faut, qui choisissent soigneusement les moyens les plus s&#251;rs d'&#234;tre inefficaces. D'ailleurs, seules des femmes-mec du genre convenable, &#233;lev&#233;es pour se fondre dans l'esp&#232;ce, peuvent rechercher les mouvements de foule. SCUM se constitue d'individus. SCUM n'est pas un gros tas. Les actions de SCUM ne seront men&#233;es que par le nombre strictement n&#233;cessaire. De plus, SCUM, qui est &#233;go&#239;ste et garde la t&#234;te froide, n'ira pas se jeter sous les matraques des flics ; c'est bon pour les fifilles bien &#233;lev&#233;es qui tiennent en haute estime Papa et les policiers et manifestent une foi touchante en leur bont&#233; intrins&#232;que. Si SCUM d&#233;file un jour, ce sera sur la face stupide et r&#233;pugnante du Pr&#233;sident. Et en fait de piquets de gr&#232;ve, ce seront de longs couteaux que SCUM plantera dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agissements de SCUM seront criminels. Il ne s'agira pas de simple d&#233;sob&#233;issance civile, de violer ouvertement la loi pour aller en prison et attirer l'attention sur l'injustice. Cette tactique suppose l'acceptation globale du syst&#232;me et n'est utilis&#233;e que pour le modifier l&#233;g&#232;rement, pour changer certaines lois pr&#233;cises. SCUM se dresse contre le syst&#232;me tout entier, contre l'id&#233;e m&#234;me de lois et de gouvernement. Ce que SCUM veut, c'est d&#233;molir le syst&#232;me et non obtenir certains droits &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me. D'ailleurs, SCUM - qui garde la t&#234;te froide, qui est avant tout &#233;go&#239;ste - &#233;vitera toujours de se faire prendre et de se faire condamner. SCUM agira par en dessous, furtivement et sournoisement (mais les meurtres de SCUM seront toujours connus en tant que tels).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meurtres et destructions seront r&#233;alis&#233;s avec discernement, de fa&#231;on s&#233;lective. SCUM est contre ces soul&#232;vements confus et hyst&#233;riques, sans objectif pr&#233;cis, qui sont souvent fatals &#224; ceux de votre propre camp. SCUM n'encouragera jamais les &#233;meutes ni aucune de ces formes de destruction aveugle, et elle n'y participera pas. SCUM traquera sa proie froidement, dans l'ombre, et tuera avec le plus grand calme. Ses entreprises de destruction n'auront jamais pour cons&#233;quence de bloquer les routes n&#233;cessaires au transport de nourriture ou autres produits vitaux, de contaminer l'eau ou d'en emp&#234;cher l'acc&#232;s, de g&#234;ner la circulation des ambulances ou d'entraver le bon fonctionnement des h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SCUM continuera &#224; d&#233;truire, piller, saboter et tuer jusqu'&#224; ce que le syst&#232;me bas&#233; sur l'argent et le travail se soit effondr&#233; et que l'automation soit institu&#233;e &#224; tous les niveaux, ou jusqu'&#224; ce qu'un nombre suffisant de femmes alli&#233;es &#224; SCUM permette d'atteindre ces buts sans recourir &#224; la violence, en laissant tomber le travail ou en le sabotant, en quittant les hommes et en refusant d'ob&#233;ir &#224; toute loi inappropri&#233;e &#224; une soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement civilis&#233;e. Beaucoup de femmes se rangeront &#224; ces vues, mais beaucoup d'autres (qui se sont depuis longtemps rendues &#224; l'ennemi, qui se sont si bien adapt&#233;es &#224; l'animalit&#233;, la m&#226;litude, qu'elles ont pris go&#251;t &#224; la r&#233;pression et aux contraintes et qu'elles ne sauraient plus que faire de leur libert&#233;), continueront &#224; jouer les l&#232;che-cul et les paillassons, tout comme les paysans des rizi&#232;res restent les paysans des rizi&#232;res tandis que les r&#233;gimes se succ&#232;dent. Les plus &#233;tourdies pleurnicheront et bouderont, jetteront leurs jouets et leurs torchons par terre, mais SCUM passera, imperturbable, le rouleau compresseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile de parvenir rapidement &#224; une soci&#233;t&#233; enti&#232;rement automatis&#233;e, &#224; partir du moment o&#249; la demande est g&#233;n&#233;rale. Les plans existent d&#233;j&#224;, et si des millions de gens y travaillent, la construction ne prendra que quelques semaines. Malgr&#233; la suppression de l'argent, tout le monde sera ravi de mettre la main &#224; la p&#226;te et de participer &#224; la construction d'une soci&#233;t&#233; automatis&#233;e. Cela marquera le d&#233;but d'une &#232;re nouvelle et fantastique, et son &#233;dification se fera dans une atmosph&#232;re de f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression de l'argent et l'automation g&#233;n&#233;ralis&#233;e sont la base de toutes les autres r&#233;formes de SCUM qui seraient impossibles sans elles, mais qui pourront &#234;tre r&#233;alis&#233;es sans tarder &#224; partir de ces pr&#233;liminaires. Le gouvernement s'effondrera automatiquement. Gr&#226;ce &#224; l'automation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, il sera possible &#224; tout le monde de voter directement depuis chez soi en se servant d'une machine &#224; vote &#233;lectronique. Mais comme le gouvernement ne s'occupe pratiquement que d'organiser les finances et d'&#233;dicter des lois visant &#224; faire ing&#233;rence dans la vie priv&#233;e, la suppression de l'argent, et avec elle l'&#233;limination des m&#226;les qui r&#233;glementent la &#171; morale &#187;, ne laisseront plus gu&#232;re de raisons de voter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la finance foutue en l'air, il ne sera plus n&#233;cessaire de tuer les hommes. Ils seront d&#233;munis du seul pouvoir qu'ils peuvent avoir sur des femmes psychologiquement ind&#233;pendantes. Ils ne pourront plus s'imposer qu'aux paillassons, qui adorent &#231;a. Les autres femmes s'activeront &#224; r&#233;soudre les quelques probl&#232;mes restants, avant de mettre au programme l'&#233;ternit&#233; et l'Utopie. L'enseignement sera tout autre chose et des millions de gens pourront en quelques mois parvenir &#224; un niveau intellectuel qui exige actuellement des ann&#233;es d'&#233;tudes (il est tr&#232;s facile de r&#233;aliser ce but &#224; partir du moment o&#249; l'objectif de l'enseignement est d'instruire et non de perp&#233;tuer une &#233;lite acad&#233;mique et intellectuelle). Elles r&#233;soudront les probl&#232;mes de la maladie, de la vieillesse et de la mort et r&#233;inventeront compl&#232;tement les villes et l'habitat. Beaucoup de femmes continueront &#224; s'imaginer pendant un certain temps qu'elles en pincent pour les hommes, mais au fur et &#224; mesure qu'elles s'habitueront &#224; une soci&#233;t&#233; f&#233;minine et qu'elles seront accapar&#233;es par leurs projets, la lumi&#232;re se fera en elles et elles verront clairement &#224; quel point l'homme est inutile et banal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques hommes qui resteront sur la plan&#232;te auront tout le loisir de tra&#238;ner leurs vieux jours ch&#233;tifs. Ils pourront se d&#233;foncer ou frimer en travelo ou regarder agir les puissantes femmes en spectateurs passifs, essayant de vivre par procuration (un proc&#233;d&#233; &#233;lectronique leur permettra de se brancher sur la femme de leur choix et de suivre en d&#233;tail ses moindres mouvements. Les femmes y consentiront avec obligeance car cela ne leur fera pas le moindre mal et sera une fa&#231;on particuli&#232;rement humaine et g&#233;n&#233;reuse de venir en aide &#224; leurs malheureux compagnons handicap&#233;s), ou bien ils procr&#233;eront dans les p&#226;turages avec leurs paillassons, ou encore ils pourront se pr&#233;senter au centre de suicide le plus proche, amical et accueillant, o&#249; ils seront pass&#233;s au gaz en douceur, rapidement et sans douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que l'automation ne soit g&#233;n&#233;ralement instaur&#233;e, avant que les hommes ne soient remplac&#233;s par des machines, il faudra qu'ils se rendent utiles. Ils devront attendre les ordres des femmes, ob&#233;ir &#224; leurs moindres caprices, r&#233;pondre &#224; toutes leurs exigences, leur &#234;tre totalement soumis et n'exister que par leur volont&#233;, au lieu de cette situation compl&#232;tement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e et pervertie o&#249; les hommes non seulement existent et encombrent le monde de leur ignominieuse pr&#233;sence, mais en plus se font l&#233;cher le cul par la masse des femmes qui se prosternent devant eux, millions de femmes adorant le veau d'or. Et nous voyons le chien tirer son ma&#238;tre par la laisse alors que la seule position acceptable pour l'homme, celle o&#249; il est le moins mis&#233;rable, sauf lorsqu'il choisit d'&#234;tre travesti, est d'&#234;tre couch&#233; aux pieds de la femme, reconnu dans sa chiennerie : cela n'exige pas de lui ce dont il est &#233;motionnellement incapable ; les femmes, &#234;tres complets, s'occupent du reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes irrationnels, les malades, ceux qui essaient de nier leur sous-humanit&#233;, en voyant les SCUM arriver sur eux comme une lame de fond, hurleront de terreur et s'agripperont aux Gros Lolos tremblotants de Grosse Mamma, mais les lolos ne les prot&#233;geront plus contre SCUM et Grosse Mamma s'accrochera &#224; Gros P&#232;re qui sera recroquevill&#233; dans un coin et chiera dans son slip dynam. Les hommes rationnels, eux, ne se d&#233;battront pas, ils ne lanceront pas de ruades, ne provoqueront pas de brouhaha p&#233;nible, ils resteront sagement assis, d&#233;tendus, ils profiteront du spectacle et se laisseront d&#233;river jusqu'&#224; leur destin fatal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Scum, en anglais (prononcer &#171; scome &#187;), veut dire : rebut, lie, &#233;cume, scorie, etc. (N.D.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Virginia est presque une institution aux &#201;tats-Unis. C'est une petite fille qui, en 1897 (elle est morte &#224; l'&#226;ge de 81 ans) est devenue c&#233;l&#232;bre pour avoir envoy&#233; cette lettre &#224; un grand quotidien, le &lt;i&gt;New York Sun&lt;/i&gt; :&#171; ...Mes amis me disent que le P&#232;re No&#235;l existe. Papa me dit que si on le voit dans le Sun c'est que c'est vrai. Alors, y a-t-il un P&#232;re No&#235;l ? &#187; Voici ce que le &lt;i&gt;New York Sun&lt;/i&gt; a r&#233;pondu : &#171; Oui, Virginia, le P&#232;re No&#235;l existe, il existe aussi s&#251;rement que l'amour, la g&#233;n&#233;rosit&#233; et la d&#233;votion, et vous savez que ces qualit&#233;s abondent et donnent &#224; notre vie toute sa beaut&#233; et toute sa joie. H&#233;las, comme serait triste un monde sans P&#232;re No&#235;l. Il serait aussi triste que s'il n'y avait pas de Virginia. &#187; (N.D.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Val&#233;rie Solanas vivante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Ma fa&#231;on de penser, dites-vous, ne peut &#234;tre approuv&#233;e. Et que m'importe ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien fou est celui qui adopte une fa&#231;on de penser pour les autres ! Ma fa&#231;on de penser est le fruit de mes r&#233;flexions ; elle tient &#224; mon existence, &#224; mon organisation. Je ne suis pas le ma&#238;tre de la changer ; je le serais, que je ne le ferais pas. Cette fa&#231;on de penser que vous bl&#226;mez fait l'unique consolation de ma vie ; elle all&#232;ge toutes mes peines en prison, elle compose tous mes plaisirs dans le monde et j'y tiens plus qu'&#224; la vie. Ce n'est point ma fa&#231;on de penser qui a fait mon malheur, c'est celle des autres. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; Sade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comme bien l'on pense, Val&#233;rie Solanas n'emporta pas en paradis d'avoir commis SCUM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ecrit d&#232;s 1967, son pamphlet parut en 1968 - et, pour la traduction fran&#231;aise, en 1971 - soit, &#224; New York comme &#224; Paris, lors des tous&lt;br class='autobr' /&gt; premiers balbutiements du moderne &#034; mouvement de lib&#233;ration des femmes &#034; ; aussi la r&#233;action la plus simple et la plus r&#233;pandue&lt;br class='autobr' /&gt; consista-t-elle &#224; classer l'oeuvre dans la cat&#233;gorie des cris de r&#233;volte individuels in&#233;vitables et excusables en de telles circonstances, mais&lt;br class='autobr' /&gt; dont le caract&#232;re r&#233;solument irr&#233;aliste justifie, dit-on, l'oubli rapide...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SCUM ne connut donc qu'un &#233;ph&#233;m&#232;re succ&#232;s de scandale. A peine prit-on le temps de le lire ; l'on savait d&#233;j&#224; tout ce qu'il y avait &#224; en savoir :&lt;br class='autobr' /&gt; qu'il s'agissait d'un pur et simple appel &#224; l'extermination des m&#226;les, fleur v&#233;n&#233;neuse &#233;close &#224; quelque extr&#233;mit&#233; d'un domaine nouvellement&lt;br class='autobr' /&gt; d&#233;frich&#233; parmi tous ceux des particularismes sociaux... Dans le meilleur des cas, cependant, la force po&#233;tique de l'oeuvre se vit lou&#233;e et&lt;br class='autobr' /&gt; appr&#233;ci&#233;e ; mais comme peut l'&#234;tre une explosion de &#034; fantasmes &#034; lib&#233;rateurs. Rien, ou presque, n'a frapp&#233; les premiers lecteurs de la rigueur&lt;br class='autobr' /&gt; du raisonnement, de la lucidit&#233; des descriptions, ni de la profondeur de l'analyse du rapport social entre les sexes, d'embl&#233;e assez au-del&#224; des&lt;br class='autobr' /&gt; conjonctures pour qu'elle nous apparaisse aujourd'hui plus d'actualit&#233; que jamais. - Sans doute la soci&#233;t&#233; s'adresse-t-elle d&#233;sormais de plus&lt;br class='autobr' /&gt; en plus &#034; aux-hommes-et-aux-femmes &#034; ; et cette &#233;volution n'est gu&#232;re annonc&#233;e par Val&#233;rie Solanas. Mais cela ne d&#233;c&#232;le nullement une lacune&lt;br class='autobr' /&gt; de sa pens&#233;e. Bien au contraire, son analyse, au-del&#224; de la description partiellement dat&#233;e, nous aide &#224; comprendre que l'acc&#232;s des femmes &#224;&lt;br class='autobr' /&gt; la reconnaissance sociale se paie aujourd'hui d'un enfermement d'autant moins contest&#233; dans la f&#233;minit&#233; - r&#233;nov&#233;e s'entend. En t&#233;moigne -&lt;br class='autobr' /&gt; entre mille faits quotidiens - que personne ne rel&#232;ve jamais l'incongruit&#233; de cette formule par laquelle tout candidat aux suffrages de ses&lt;br class='autobr' /&gt; concitoyens se doit de nous rappeler sans tr&#234;ve qu'il existe, parmi nous, deux sortes d'&#234;tres : les-hommes-et-les-femmes ! Ainsi se parach&#232;ve le&lt;br class='autobr' /&gt; syst&#232;me de l'identit&#233; par le sexe, cette impitoyable machine de guerre contre la singularit&#233; des &#234;tres, dont SCUM d&#233;voilait la monstruosit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; par un coup de g&#233;nie, celui, tout bonnement, d'inverser avec la plus grande cons&#233;quence les pr&#233;jug&#233;s omnipr&#233;sents, et pr&#233;tendument&lt;br class='autobr' /&gt; naturels&#8230; (Voir &#224; ce propos une analyse de la port&#233;e de SCUM, disponible aupr&#232;s de L'Unique et son ombre, sous le titre : &#034; Vingt ans apr&#232;s,&lt;br class='autobr' /&gt; comme toujours, ou Tant qu'il y aura des hommes et des femmes. &#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y eut aussi plus direct, sinon plus efficace que l'indiff&#233;rence - car Val&#233;rie Solanas ne se plia gu&#232;re au r&#244;le commode de pr&#233;curseur destin&#233; &#224;&lt;br class='autobr' /&gt; s'effacer, &#224; sagement rentrer dans le rang. Une blessure qu'elle infligea &#224; l'artiste Andy Warhol fut l'occasion de son enfermement ; on sait que&lt;br class='autobr' /&gt; son &#233;crit constitua alors un argument essentiel pour d&#233;montrer sa folie (&#034; L'argument le plus solide avanc&#233; pour prouver la folie de&lt;br class='autobr' /&gt; Mademoiselle Solanas &#233;tait que les femmes ne peuvent pas se s&#233;parer des hommes. &#034; (Ti-Grace Atkinson, Odyss&#233;e d'une Amazone, p. 123)).&lt;br class='autobr' /&gt; Plus tard encore, se mit &#224; courir sans aucun fondement la rumeur de son suicide : rarement vit-on souhait de mort plus explicite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais non ! Ni par la mort ni par l'asile, Val&#233;rie Solanas n'&#233;tait vaincue. Elle n'avait rien perdu, m&#234;me, de son indomptable impertinence.&lt;br class='autobr' /&gt; Laissons-lui donc &#224; nouveau la parole. Voici ce qu'elle d&#233;clara en 1977, apr&#232;s tous ces &#233;v&#233;nements, &#224; un journaliste venu interviewer &#034; la&lt;br class='autobr' /&gt; femme qui tira, il y a neuf ans, sur l'artiste pop Andy Warhol &#034; (d'apr&#232;s le New York Daily Planet, 4 juillet 1977) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; J'ai un nouveau livre en cours : Val&#233;rie Solanas ; il doit para&#238;tre dans quelques mois. Ce n'est pas une autobiographie, mais il comportera des&lt;br class='autobr' /&gt; commentaires sur le coup de feu, sur les &#233;v&#233;nements qui y ont conduit, et sur d'autres &#233;v&#233;nements de ma vie depuis 1968. Il portera sur tout, et sera le&lt;br class='autobr' /&gt; commencement de la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pendant les neuf derni&#232;res ann&#233;es je n'ai rien fait dans le domaine public - &#233;crire, donner des interviews, tirer sur quelqu'un, etc. : j'&#233;tais en gr&#232;ve. L'une&lt;br class='autobr' /&gt; des conditions que je pose pour permettre aux hommes d'argent de publier mon nouveau livre est que certains de ces hommes d'argent avouent&lt;br class='autobr' /&gt; publiquement avoir pay&#233; les m&#233;decins pour qu'ils me d&#233;clarent ali&#233;n&#233;e. Presque tout ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit &#224; mon sujet jusqu'&#224; pr&#233;sent est de la merde pure&lt;br class='autobr' /&gt; et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s la publication de mon prochain livre, je serai la personne la plus puissante du monde, et je r&#233;glerai mes comptes avec tous ces artistes de merde.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour certains d'entre eux, parmi les principaux, je m'en occupe d&#233;j&#224; dans mon prochain livre. J'ai bonne m&#233;moire, et une liste de salauds bien fournie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je toucherai 100 millions de dollars d'avance pour mon prochain livre. Le syst&#232;me de l'argent ne tiendra pas longtemps le coup apr&#232;s sa parution ; que&lt;br class='autobr' /&gt; ferais-je donc avec mes 100 millions de dollars en attendant son effondrement ? Je financerai une prison, ma prison, tout ce qu'il y a de plus&lt;br class='autobr' /&gt; personnalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le type qui tient la librairie de l'East Side, &#224; Saint Marks Place, m'a dit qu'il ne vend pas SCUM Manifesto parce que c'est trop cher - quelques&lt;br class='autobr' /&gt; pages seulement pour un dollar. C'est un homme qui remue de l'air. Je pourrais gonfler mon livre de vent et lui dire : &#034; Le voil&#224; ton vent. Maintenant &#231;a&lt;br class='autobr' /&gt; vaut un dollar &#034;, et il serait content. La plupart des livres sont du vent, et rien d'autre. Ce que je propose, moi, c'est la plus belle affaire de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour un malheureux bifton, vous avez droit &#224; SCUM Manifesto, le meilleur texte de toute l'histoire, qui ne sera surpass&#233; que par mon prochain livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La semaine derni&#232;re, j'ai appel&#233; les &#233;ditions Random House pour leur demander un exemplaire de Going Too Far, de Robin Morgan. J'ai dit que j'en&lt;br class='autobr' /&gt; ferais une critique pour le Daily Planet. Ils m'ont envoy&#233; le livre, aussi je suppose que je leur dois maintenant une critique, en &#233;change des 36 cents&lt;br class='autobr' /&gt; qu'ils ont d&#233;pens&#233;s pour moi (35 cents de port, et 1 cent de co&#251;t du livre). O.K., voici donc ma critique : je jette le livre aux ordures. Je ne l'ai pas&lt;br class='autobr' /&gt; encore lu, mais je n'ai pas besoin de le faire pour savoir que c'est de l'ordure. L'ordure engendre l'ordure. Alors, pourquoi l'ai-je voulu, ce livre ?&lt;br class='autobr' /&gt; Parce que je suis un collecteur d'ordures. Mon prochain livre sera un ouvrage sur l'ordure : l'origine de l'ordure, la nature de l'ordure, le rem&#232;de &#224;&lt;br class='autobr' /&gt; l'ordure. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous ne savons rien du nouvel ouvrage annonc&#233;. Mais en 1977 encore, Val&#233;rie Solanas imprimait et diffusait &#224; son compte une nouvelle&lt;br class='autobr' /&gt; &#233;dition de SCUM, pr&#233;sent&#233;e sous la forme d'une sorte de journal de 8 pages. Rappelons qu'elle avait d'abord imprim&#233; son livre elle-m&#234;me (&#224;&lt;br class='autobr' /&gt; l'offset) en octobre 1967, puis qu'il avait &#233;t&#233; &#233;dit&#233; en ao&#251;t 1968 par Maurice Girodias pour Olympia Press, aux Etats-Unis, avec une seconde&lt;br class='autobr' /&gt; &#233;dition en 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le texte de 1977 comporte des corrections d'auteur, ainsi que, par rapport aux &#233;ditions d'Olympia Press, un nombre assez important de&lt;br class='autobr' /&gt; rectifications de fautes d'impression, lesquelles consistent le plus souvent en l'oubli d'un mot ou d'un membre de phrase. Dans la br&#232;ve&lt;br class='autobr' /&gt; introduction o&#249; elle s'en explique, Val&#233;rie Solanas pr&#233;cise que ces erreurs ne touchaient gu&#232;re qu'&#224; la lettre du texte, et non &#224; son fond - si ce&lt;br class='autobr' /&gt; n'est pour le titre. Celui-ci &#233;tait, dans l'original : SCUM Manifesto. Scum, rappelons-le, signifie : la lie. Mais aussi, par transformation du mot&lt;br class='autobr' /&gt; en sigle, Society for Cutting Up Men : Association pour Tailler les Hommes en Pi&#232;ces. Pour Olympia Press, ce titre &#233;tait devenu : S.C.U.M.&lt;br class='autobr' /&gt; (Society for Cutting Up Men) Manifesto - laissant de c&#244;t&#233; le sens premier de &#034; scum &#034; -, ce que Val&#233;rie Solanas juge &#034; d'un mauvais go&#251;t peu&lt;br class='autobr' /&gt; ordinaire &#034;. Quant au reste, sans rien bouleverser, en effet, rectifications et corrections confortent nettement la rigueur et la clart&#233; de&lt;br class='autobr' /&gt; l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La premi&#232;re &#233;dition fran&#231;aise de SCUM est actuellement introuvable, m&#234;me d'occasion. Outre le m&#233;rite &#233;vident d'exister, elle pr&#233;sentait celui&lt;br class='autobr' /&gt; d'offrir aux lecteurs fran&#231;ais une traduction pleine de verve, digne en cela du texte original. Mais elle date de 1971 et reproduit les fautes de&lt;br class='autobr' /&gt; l'&#233;dition am&#233;ricaine. D&#233;sirant la voir &#224; nouveau disponible, nous avons donc saisi l'occasion de cette r&#233;&#233;dition pour la rendre aussi tout &#224; fait&lt;br class='autobr' /&gt; conforme au texte voulu par l'auteur. Quant au titre, nous avons conserv&#233; le simple SCUM par lequel l'oeuvre avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;e en&lt;br class='autobr' /&gt; France, et qui ne posait pas le probl&#232;me soulev&#233; par Val&#233;rie Solanas &#224; propos du titre de l'&#233;dition am&#233;ricaine. (En revanche, mieux vaut sans&lt;br class='autobr' /&gt; doute fermer purement et simplement les yeux sur la bande-annonce qui enveloppait le tout : &#034; Faut-il ch&#226;trer les hommes ? &#034; y interrogeait-on&lt;br class='autobr' /&gt; au nom de l'auteur, dont nous ignorons comment elle qualifierait cette faute de go&#251;t. Rappelons donc seulement que &#034; to cut up &#034; ne signifie&lt;br class='autobr' /&gt; pas &#034; ch&#226;trer &#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour finir, voici comment Val&#233;rie Solanas envisageait alors le mode de diffusion de son oeuvre (cet &#034; avis &#034; fait suite au texte de 1977) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Outre la vente dans les kiosques, SCUM Manifesto est vendu par correspondance pour 2 dollars (envoyez les commandes &#224; mon adresse, donn&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt; plus bas ; payez en liquide, par mandat, ou par ch&#232;que certifi&#233;) et est colport&#233; dans les rues pour 1 dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'autorise quiconque le d&#233;sire &#224; le colporter - femmes, hommes, Hare Krishna, Filles de la R&#233;volution Am&#233;ricaine, ou American Legion. Maurice&lt;br class='autobr' /&gt; Girodias, vous &#234;tes toujours financi&#232;rement aux abois. Voici la chance de votre vie : colportez SCUM Manifesto. Vous pouvez le proposer aux&lt;br class='autobr' /&gt; alentours du salon de massage. Anita Bryant, financez votre campagne antip&#233;d&#233;s en vendant le seul livre qui en vaille la peine - SCUM Manifesto.&lt;br class='autobr' /&gt; Andy Warhol, proposez-le &#224; toutes ces partouzes o&#249; vous vous rendez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SCUM Manifesto se vend partout - sur les campus, &#224; Times Square, &#224; Harlem, aux Nations-Unies, dans les bars &#224; p&#233;d&#233;s, &#224; Gristedes, le long des&lt;br class='autobr' /&gt; docks, sous les docks (si vous y trouvez quelqu'un), &#224; Wall Street, sur les chantiers de construction, &#224; Sutton Place, dans les lyc&#233;es, au Palais de&lt;br class='autobr' /&gt; justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Colporteurs, passez prendre vos SCUM Manifesto chez moi : 170 E. 3&#186; St., NYC 10009, ou envoyez vos commandes &#224; la m&#234;me adresse. 50 cents&lt;br class='autobr' /&gt; l'exemplaire. La commande minimale pour les colporteurs est de 200 exemplaires. Ni cr&#233;dit, ni remises. Je n'aime pas l'arithm&#233;tique. Et &#233;vitez les&lt;br class='autobr' /&gt; guerres de gangs pour vos territoires respectifs - ce n'est pas correct. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, la publication s'achevait par une br&#232;ve anthologie ainsi pr&#233;sent&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Voici ce que divers personnages publics ont eu &#224; dire &#224; propos de moi-m&#234;me et de SCUM Manifesto :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Je ne l'ai jamais lu. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Jo (Joreen) Freeman (auteur de BITCH Manifesto, 1970), Rapport Majoritaire, 30 avril-13 mai 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; SCUM Manifesto et le mouvement radical de lib&#233;ration des femmes ont toujours &#233;t&#233; en opposition. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Brooke (collaboratrice de Feminist Revolution, et &#034; f&#233;ministe radicale &#034;), Rapport Majoritaire, 30 avril-13 mai 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; [SCUM Manifesto] n'a aucune valeur pour comprendre quoi que ce soit, si ce n'est le d&#233;sir de [Girodias] de faire de l'argent. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Phoebe Adams, Atlantic, novembre 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; [En 1967] j'avais un contrat [pour SCUM Manifesto] pr&#233;par&#233; pour [Val&#233;rie]. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Maurice Girodias, pr&#233;face &#224; la premi&#232;re &#233;dition de SCUM Manifesto par Olympia Press, 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;... il a fallu le coup de revolver contre Andy Warhol [en juin 1968] pour que Maurice Girodias publie SCUM Manifesto... &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Paul Krassner, commentaire &#224; la premi&#232;re &#233;dition de SCUM Manifesto par Olympia Press, 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Quelques mois de plus &#224; colporter SCUM Manifesto au long de la 42 rue, et je peux laisser tomber l'aide sociale. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Maurice Girodias, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Val&#233;rie Solanas s'est tu&#233;e &#224; 32 ans dans un h&#244;pital psychiatrique. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Paule Lebrun, pour l'&#233;dition fran&#231;aise de Ch&#226;telaine, novembre 1974 (Canada).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; [Val&#233;rie Solanas] s'est donn&#233; la mort du scorpion pi&#233;g&#233; dans un cercle de feu. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Fran&#231;oise d'Eaubonne, &#034; Une Rose pour Val&#233;rie &#034; (pan&#233;gyrique tir&#233; de Tombeau pour SCUM, ouvrage annonc&#233;), publi&#233; dans son livre, Le&lt;br class='autobr' /&gt; F&#233;minisme ou la Mort, 1974 (France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; La police m'a dit avoir trouv&#233; Val&#233;rie Solanas morte dans une chambre d'h&#244;tel, &#224; Paris. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Fran&#231;oise d'Eaubonne, lors d'une r&#233;union &#224; Paris, France, 19/4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Val&#233;rie Solanas est une vraie catastrophe. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt; - Andy Warhol, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dominique Fauquet, mars 1987.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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