<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://infokiosques.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>infokiosques.net</title>
	<link>https://infokiosques.net/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://infokiosques.net/spip.php?id_auteur=338&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>infokiosques.net</title>
		<url>https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L144xH144/favicon-3-256-37457.png?1780453177</url>
		<link>https://infokiosques.net/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Auto-r&#233;ductions !</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article620</link>
		<guid isPermaLink="true">https://infokiosques.net/spip.php?article620</guid>
		<dc:date>2009-01-19T12:58:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anonymes, Tout doit partir</dc:creator>


		<dc:subject>Hobolo (Paris)</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvance autonome</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvements sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves et luttes des classes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le Parti communiste (PCI) et les syndicats appellent la population &#224; se serrer la ceinture, mais les comit&#233;s autonomes r&#233;pondent que les prol&#233;taires n'ont pas &#224; se sacrifier pour la bonne marche de l'&#233;conomie, et d&#233;fendent plut&#244;t le vol et l'auto-r&#233;duction. L'auto-r&#233;duction, &#231;a consiste &#224; refuser ensemble de payer le prix demand&#233; pour diff&#233;rents services, l'&#233;lectricit&#233;, le t&#233;l&#233;phone, les transports, les loyers, et m&#234;me la nourriture et les autres biens de consommation. On paye soit l'ancien prix (lorsqu'il augmente), soit moiti&#233; prix, soit rien du tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Italie, ann&#233;es 70's&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;A&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot65" rel="tag"&gt;Hobolo (Paris)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Mouvance autonome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Mouvements sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves et luttes des classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH138/arton620-fd98c.jpg?1780469154' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff620.jpg?1229955069&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Exproprier notre histoire au pouvoir. Lui arracher ce qu'il aimerait garder sous silence et nous en nourrir. La faire exister, ne plus &#234;tre d&#233;racin&#233;s, ne plus venir de nulle part. Savoir que d'autres &#233;taient l&#224; avant nous. Savoir apprendre de &#231;a, profiter des r&#233;flexions, des exp&#233;riences, des auto-critiques, des scissions... Voil&#224; aussi une t&#226;che d'un mouvement r&#233;volutionnaire s'affrontant au pouvoir qui voudrait nous voir isol&#233;s et sans pass&#233; (o&#249; alors terrass&#233;s par l'histoire des vaincus). Nous avons compil&#233; des extraits de textes reprenant des exp&#233;riences d'auto-r&#233;ductions dans le mouvement autonome italien des ann&#233;es '70. Pour ce faire, nous avons joyeusement pill&#233; une lecture d&#233;nomm&#233;e &#8220;intervento&#8221; qui se base principalement sur diff&#233;rents documents d'&#233;poque. &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Tout doit partir n&#176; 1, juillet 2008&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contexte politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On parle d'un mouvement social &#8220;autonome&#8221;, car autonome des partis et des syndicats. Refusant la d&#233;l&#233;gation et la repr&#233;sentation, les exploit&#233;-e-s se pr&#233;occupent de prendre en charge leurs besoins, sans m&#233;diation, sans confiance dans les institutions, ici et maintenant, sans attendre une hypoth&#233;tique et lointaine r&#233;volution pr&#233;par&#233;e par des &#233;lites. En 1973, la crise appara&#238;t en Italie comme dans les autres pays occidentaux. Le Parti communiste (PCI) et les syndicats appellent la population &#224; se serrer la ceinture, mais les comit&#233;s autonomes r&#233;pondent que les prol&#233;taires n'ont pas &#224; se sacrifier pour la bonne marche de l'&#233;conomie, et d&#233;fendent plut&#244;t le vol et l'auto-r&#233;duction. L'auto-r&#233;duction, &#231;a consiste &#224; refuser ensemble de payer le prix demand&#233; pour diff&#233;rents services, l'&#233;lectricit&#233;, le t&#233;l&#233;phone, les transports, les loyers, et m&#234;me la nourriture et les autres biens de consommation. On paye soit l'ancien prix (lorsqu'il augmente), soit moiti&#233; prix, soit rien du tout. Cette forme de d&#233;sob&#233;issance va se r&#233;pandre comme une tra&#238;n&#233;e de poudre dans tout le pays, souvent soutenue par les ouvriers des services concern&#233;s. Si le mouvement des auto-r&#233;ductions a pu se d&#233;velopper &#224; une &#233;chelle de masse, c'est qu'il existait en Italie des luttes d'usines particuli&#232;rement fortes et permanentes. Mais c'est aussi parce qu'&#224; la diff&#233;rence de l'Angleterre, o&#249; les ouvriers restent souvent enferm&#233;s au seul niveau de l'entreprise, ici les conflits sortent de l'usine. Le capitalisme casse le mod&#232;le de l'usine, o&#249; les ouvrier-e-s sont rassembl&#233;-e-s et relativement puissant-e-s. Il d&#233;localise, sous-traite, disperse et r&#233;duit les unit&#233;s de production. La lutte des classes est toujours moins centralis&#233;e dans l'habituelle usine, entre l'ouvrier-e et le patron, et se dilue de plus en plus dans beaucoup d'aspects de la vie quotidienne, et touche d'autres personnes. Les autonomes remarquent ce glissement, et se mettent &#224; lutter sur tous les domaines de la vie : logement, acc&#232;s aux fluides, information parall&#232;le, patriarcat... Ils analysent la situation en parlant &#171; d'usine diffuse &#187;, concept qui justifiait la sortie de l'usine au nom du fait que tout, en d&#233;finitive, de la consommation de marchandises culturelles au travail domestique, contribuait d&#233;sormais &#224; la reproduction de la soci&#233;t&#233; capitaliste, et que donc l'usine &#233;tait d&#233;sormais partout. Le mouvement r&#233;volutionnaire n'appartient plus &#224; la classe ouvri&#232;re en tant que telle, mais &#224; &#171; l'ouvrier social &#187; : une cat&#233;gorie suffisamment &#233;lastique pour int&#233;grer les femmes, les ch&#244;meurs, les artistes, les marginaux, les jeunes r&#233;volt&#233;s de toutes sortes. Cette &#233;volution contenait en soi, &#224; plus ou moins br&#232;ve &#233;ch&#233;ance, la rupture avec le socialisme et avec ceux qui, comme les Brigades Rouges et certains collectifs de l'autonomie ouvri&#232;re, voulaient croire que &#171; la classe ouvri&#232;re reste de toutes fa&#231;ons le noyau central et dirigeant de la r&#233;volution communiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;lectricit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Auto-r&#233;duire ses factures d'&#233;lectricit&#233;, &#231;a veut dire refuser unilat&#233;ralement de payer le prix demand&#233;, par conscience et par refus du syst&#232;me de profit qui tourne autour des fluides. Les factures sont pay&#233;es soit &#224; l'ancien prix (apr&#232;s une augmentation), soit &#224; moiti&#233; prix, soit au prix que paient les entreprises, soit pas du tout. Parfois elles sont orn&#233;es du tampon du comit&#233; d'usine. Ces auto-r&#233;ductions prennent beaucoup d'ampleur. Ainsi le 12 novembre 1974 &#224; Turin, par exemple, 80.000 personnes manifesteront et br&#251;leront la lettre que l'ENEL (&#233;quivalent italien d'EDF) leur a envoy&#233; pour les menacer poliment de poursuites judiciaires s'ils et elles continuent &#224; auto-r&#233;duire leur facture. Parfois, les habitant-e-s d'un quartier s'organisent pour faire des &#171; piquets &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
devant les compteurs de leurs immeubles, et emp&#234;cher ainsi que les employ&#233;-e-s de l'ENEL puissent les relever. Parfois, ce sont les employ&#233;-e-s m&#234;mes qui refusent de relever les compteurs ou de couper l'&#233;lectricit&#233; : les mouvements d'auto-r&#233;duction de l'&#233;lectricit&#233; sont, pour beaucoup, lanc&#233;s et appuy&#233;s par les comit&#233;s d'ouvriers de l'ENEL, bien plac&#233;s pour conna&#238;tre et diffuser les d&#233;tails des finances de l'ENEL... En 1974, on peut estimer &#224; 280.000 les foyers qui recourent dans toute l'Italie &#224; l'auto-r&#233;duction. Devant l'ampleur de la catastrophe, l'ENEL et le gouvernement se d&#233;p&#234;chent de n&#233;gocier. Ils trouvent d'ailleurs des syndicats assez contents de s'asseoir autour du tapis vert. La gauche syndicale a &#233;t&#233; d&#233;bord&#233;e et partout, sauf &#224; Turin, les luttes les plus importantes sont men&#233;es par des collectifs ou des groupes autonomes, dans un cadre r&#233;solument extra-syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant qu'immanquablement, autour des auto-r&#233;ductions des notes d'&#233;lectricit&#233;, surgissent les probl&#232;mes du gaz de chauffage, du t&#233;l&#233;phone, des charges locatives, de la redevance de la t&#233;l&#233;vision, etc. La lutte risque alors d'&#233;chapper aux limites pr&#233;cises d'une n&#233;gociation et sur l'exercice du pouvoir des prol&#233;taires dans la soci&#233;t&#233;. Ainsi le PCI, face &#224; l'&#233;mergence de ce mouvement, restera indiff&#233;rent, se limitera &#224; lancer des p&#233;titions contre l'augmentation des tarifs de l'&#233;lectricit&#233;, ou encore sabotera directement les luttes,&lt;br class='autobr' /&gt;
en s'en dissociant publiquement, en arrachant les affiches, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tract &#233;dit&#233; &#224; Rome en 1973 par un comit&#233; d'ouvriers de l'ENEL :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;&#171; Tout a augment&#233;, et l'argent on en a de moins en moins. Nous devons aller nous faire exploiter &#224; l'usine pour rapporter un salaire de mis&#232;re. Il nous faut des mois de lutte pour arracher une augmentation. Tandis que pour les patrons et le gouvernement, un simple trait de plume suffit pour augmenter les prix. Les prix, les imp&#244;ts, les loyers et les tarifs.&lt;br class='manualbr' /&gt;Organisons-nous pour reprendre le salaire qu'ils nous volent tous les jours. Notre &#171; non aux licenciements &#187;, ce sera le salaire garanti, que nous travaillions ou pas, notre &#171; non &#224; la vie ch&#232;re &#187; consistera &#224; reprendre notre argent : en ne payant pas le loyer des patrons, en d&#233;cidant nous-m&#234;mes du prix des loyers, en occupant les maisons vides. Nous voulons des transports gratuits pay&#233;s par les patrons. Ne payons plus les notes astronomiques l'&#233;lectricit&#233;, de gaz, de t&#233;l&#233;phone : d&#233;cidons de payer ce que nous voulons en auto-r&#233;duisant.&lt;br class='manualbr' /&gt;Organisons-nous pour payer un prix qui corresponde &#224; nos revenus en ce qui concerne les produits alimentaires de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour l'&#233;lectricit&#233;, les prol&#233;taires payent 45 lires. Agnelli, le patron de la Fiat, paye 10 lires.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les prol&#233;taires de certains quartiers de Rome, de Turin et de Milan ont r&#233;pondu &#224; la chert&#233; de l'&#233;lectricit&#233; et aux notes astronomiques en auto-r&#233;duisant : payons tous comme Agnelli. L'auto-r&#233;duction se fait en exp&#233;diant un mandat postal en indiquant le relev&#233; de la consommation : nombre de kWh x 10 lires = tant de lires.&lt;br class='manualbr' /&gt;PAYONS L'ELECTRICITE CE QU'ELLE COUTE ET NON CE QU'ILS VEULENT NOUS LA FAIRE PAYER ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Transport&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan des transports en commun, les luttes autonomes revendiquent la nationalisation des transports en commun, la baisse des tarifs, voire la gratuit&#233;. L'auto-r&#233;duction s'exprime alors par le paiement collectif de l'ancien prix du billet quand celui-ci vient d'augmenter. Des comit&#233;s naissent un peu partout en Italie et m&#232;nent des actions comme le blocage des routes ou des voies ferr&#233;es. Le 19 Ao&#251;t 1974, &#224; peine rentr&#233;s des vacances, les ouvriers de la Fiat Rivalta (seconde usine Fiat apr&#232;s Mirafiori) ont la bonne surprise d'apprendre que les tarifs des bus qui les conduisent de Turin ou de sa banlieue &#224; l'usine ont augment&#233; de 25% &#224; 30%. Propos&#233;es en leur absence par le gouvernement &#224; la r&#233;gion, ces augmentations ont &#233;t&#233; vot&#233;es, fin juillet, par des organismes r&#233;gionaux trop heureux de faire une fleur aux entreprises de transports qui prosp&#232;rent sur le dos des ouvriers. Pris de court, les ouvriers commencent par payer, mais, le 24 ao&#251;t, le m&#233;contentement est si grand que la d&#233;cision d'auto-r&#233;duire est prise &#224; l'unanimit&#233;. Sur les bus de la SIPAV qui les transportent de Pinerolo (grande banlieue de Turin) aux d&#233;partements de Rivalta, la lutte s'organise rapidement : les ouvriers &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s de car et adoptent une attitude que la Stampa qualifie pour la premi&#232;re fois de &#171; d&#233;sob&#233;issance civile &#187;. A Pinerolo, le 26 Ao&#251;t, d'importants barrages emp&#234;chent les bus de partir ; la compagnie est alors contrainte de revenir &#224; l'ancien tarif. Mais, m&#234;me de celui-ci, les ouvriers ne veulent plus. De ce moment, la FLM (Federazione di Lavoratori Metalmeccanichi) de Turin entre &#224; son tour dans la lutte : elle a fait distribuer sur toute la ligne des abonnements auto-r&#233;duits qui portent son cachet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 2 septembre, les ouvriers emp&#234;chent de nouveau les bus de partir de Pinerolo. Et la FLM peut bien distribuer ses abonnements auto-r&#233;duits, les ouvriers pr&#233;f&#232;rent ce jour-l&#224; exhiber leur force de classe et voyager gratuitement.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le 3 septembre, les barrages se multiplient dans la banlieue de Turin, impliquant un nombre grandissant de gens. L'ampleur de la &#171; d&#233;sob&#233;issance &#187; contraint alors les autorit&#233;s &#224; n&#233;gocier directement avec les comit&#233;s pour l'auto-r&#233;duction, qui imposent le retour aux vieux tarifs. La lutte sur les transports cesse &#224; Turin aussi soudainement qu'elle avait commenc&#233;, mais l'exemple a &#233;t&#233; compris. Et, tandis qu'&#224; Turin se pr&#233;parent les premi&#232;res auto-r&#233;ductions de l'&#233;lectricit&#233;, autour de tous les grands centres industriels italiens, la lutte pour des transports meilleurs, moins chers ou gratuits, va prendre une forme nouvelle. C'est ainsi qu'&#224; Salmone, dans la grande banlieue milanaise, la compagnie &#233;tait revenue aux anciens tarifs deux heures seulement apr&#232;s l'annonce des premi&#232;res auto-r&#233;ductions. L'ampleur du mouvement surprend tellement les autorit&#233;s que, le 27 septembre, le pr&#233;fet de Milan convoque une s&#233;rie de journalistes, t&#233;l&#233;phone aux principaux directeurs des quotidiens milanais et leur d&#233;clare : &#171; Je ne veux pas vous enseigner votre m&#233;tier, mais vous ne traitez pas de la bonne mani&#232;re un sujet aussi d&#233;licat que celui-l&#224;... Si vous &#233;crivez, par exemple, sur le journal que deux cents personnes n'ont pas pay&#233; hier le billet de tram, alors demain il y en aura deux mille pour ne pas le faire : et c'est comme &#231;a que la d&#233;sob&#233;issance marche &#224; toute vapeur ! &#187;. _ Tout un programme. Mais le pr&#233;fet de Milan n'est pas le seul &#224; s'inqui&#233;ter. Dans un communiqu&#233; rendu public le m&#234;me jour, la FIOM d&#233;clare : &#171; Le mouvement ouvrier a d&#233;pass&#233; le stade de la lutte passive, (...). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;T&#233;l&#233;phone&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement d'auto-r&#233;duction des factures de t&#233;l&#233;phone d&#233;marre tr&#232;s vite : en six mois, plusieurs dizaines de milliers de foyers refusent de payer la somme que leur demande la SIP, &#233;quivalent italien de France Telecom. En 1974, 52000 foyers italiens refusent de payer leur facture de t&#233;l&#233;phone. La SIP envoie des menaces de coupure par &#233;crit et les met en application d&#233;but octobre. Mais la riposte ne se fait pas attendre. A Rome, o&#249; la SIP a coup&#233; plusieurs milliers de t&#233;l&#233;phone dans les banlieues prol&#233;taires, un premier attentat, symbolique, a lieu contre un central t&#233;l&#233;phonique. Mais quelques jours plus tard, une charge de plastic fait sauter, avec le central de la via Shakespeare, 14.000 lignes de t&#233;l&#233;phone, dont ceux de tous les minist&#232;res, ainsi que de la pr&#233;sidence de la R&#233;publique. Le lendemain, l'op&#233;ration se r&#233;p&#232;te &#224; G&#234;nes, o&#249; 15.000 t&#233;l&#233;phones sont &#224; leur tour priv&#233;s de lignes. Dans chaque cas, l'op&#233;ration vise des quartiers bourgeois, en repr&#233;sailles des coupures intervenues dans les quartiers les plus pauvres ; on comptera, dans la semaine, vingt-sept attentats contre des centraux t&#233;l&#233;phoniques dans toute l'Italie, dont quatre au moins &#8220;r&#233;ussiront&#8221;. _ Parall&#232;lement, des magistrats ordonnent &#224; la SIP de r&#233;tablir les lignes aux usagers qui auto-r&#233;duisaient, la d&#233;cision de couper ayant &#233;t&#233; prise sans tenir compte de la loi, tr&#232;s stricte en Italie sur ce point. Pour ceux qui auto-r&#233;duisaient, c'est une premi&#232;re victoire, non pas tant sur les augmentations, qui restent inchang&#233;es, mais c'est la premi&#232;re fois que des prol&#233;taires s'emparent collectivement, et par la violence, d'un droit insupportable &#224; toute soci&#233;t&#233; capitaliste : celui de ne plus rien payer du tout. A Milan, dans la premi&#232;re semaine d'avril 1975, un groupe d'usagers p&#233;n&#232;tre lors d'une gr&#232;ve syndicale dans un central t&#233;l&#233;phonique et d&#233;truit, &#224; coups de barre de fer, les enregistreurs d'unit&#233;s. Permettant ainsi &#224; tout un quartier de t&#233;l&#233;phoner gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Logement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en 69 que se produit l'explosion r&#233;sultant des tensions accumul&#233;es durant toutes les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. A Rome, 70.000 prol&#233;taires parqu&#233;s dans des ghettos et dans des conditions catastrophiques ont en face d'eux 40.000 appartements vides qui ne trouvent pas d'acqu&#233;reurs ou de locataires en raison du co&#251;t des loyers. &lt;br class='manualbr' /&gt;L'Association des Entrepreneurs du b&#226;timent romain reconna&#238;t elle-m&#234;me qu'il s'agit l&#224; d'une &#171; marge de man&#339;uvre indispensable &#187;. Le climat politique g&#233;n&#233;ral cr&#233;&#233; par les luttes ouvri&#232;res et &#233;tudiantes exerce alors une grande influence dans le d&#233;clenchement d'un nouveau genre d'action : il ne s'agit plus d'une occupation symbolique servant de moyen de pression suppl&#233;mentaire dans le cadre d'une n&#233;gociation au sommet. Cette derni&#232;re est refus&#233;e et les occupations prennent l'allure d'une prise de possession violente qui traduit confus&#233;ment la volont&#233; des prol&#233;taires de prendre les biens n&#233;cessaires &#224; leurs besoins. Ces luttes vont avoir pour cons&#233;quence de d&#233;mystifier l'&#201;tat qui &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme &#171; m&#233;diateur &#187; dans la prestation des services pour tous les citoyens. Elles mettent le doigt sur la nature de classe de l'&#201;tat et de l'administration communale et concr&#233;tisent une extension directe de la lutte de l'usine vers la soci&#233;t&#233;. En juillet 1969, la commune de Nichelino (banlieue &#171; rouge &#187; de Turin) est occup&#233;e : aucun-e de ses habitant-e-s ne paye de loyer. En 1974, 600 familles d'ouvrier-e-s de Fiat Mirafiori (Turin toujours) se mettent &#224; squatter des b&#226;timents vides. _ En 1976 &#224; Milan, 5.000 familles squattent, 20.000 auto-r&#233;duisent leur loyer et 12.000 leur facture d'&#233;lectricit&#233;. 100 b&#226;timents sont ouvertement squatt&#233;s. &#171; Les retards de paiement des loyers, habituellement de1 &#224; 2%, ont grimp&#233; &#224; un niveau &#8220;politique&#8221; : 20%. &#187; A Rome, c'est &#224; partir du 15 janvier 1974 qu'on entre dans la phase ascendante du mouvement : en trois mois, plus de quatre mille appartements vont &#234;tre successivement occup&#233;s, (...) &lt;br class='manualbr' /&gt;D&#233;but septembre 1974, cela fait onze mois que 147 familles occupent des immeubles appartenant &#224; l'IACP (Istituto Autonomo delle Case Popolari, organisme de logements sociaux). Le jeudi 5 septembre, la police intervient de mani&#232;re ultra-violente pour d&#233;loger les gens qui avaient investis ces immeubles. Ils parvinrent &#224; expulser quelques familles, mais c'&#233;tait sans compter sur la d&#233;termination des personnes ni sur leur capacit&#233; &#224; organiser la contre-attaque. Les jours suivants, des personnes affluent de tous les quartiers pour s'affronter avec la police. Un manifestant y perdra la vie. Et quand plus tard, la police sortira &#224; nouveau ses armes &#224; feu, elle aura la surprise de voir que le plomb ne vient pas uniquement de son c&#244;t&#233;. Huit policiers sont touch&#233;s gri&#232;vement, dont un commissaire. Le vent a tourn&#233;. L'occupation militaire, qui avait dur&#233; quatre jours, prend ainsi fin. Le lendemain, les n&#233;gociations pour reloger dans les m&#234;mes conditions les 147 familles de San Basilio, les 30 de Casal Bruciato et les 40 de Bagni di Tivoli commencent. Elles aboutiront tr&#232;s vite tant la d&#233;termination du quartier a fait peur. (...) Les &#171; accords &#187; se multiplient. Le mouvement des occupations &#233;tait d&#233;j&#224; massif &#224; Naples, Salerne et Turin. Le 27 novembre, les 700 &#224; 800 familles qui occupaient gagnent : 368 familles obtiennent un appartement dans les quinze jours, 325 dans les trois mois et les 130 autres en 1975. Elles obtiennent &#233;galement la garantie que le loyer ne d&#233;passera pas 12% de leur salaire, ce qui est tr&#232;s proche de la revendication initialement pos&#233;e : pas de loyer au-dessus de 10% du salaire ! Ces luttes ont par ailleurs pu mettre en crise la structure du secteur du b&#226;timent public. L&#224; o&#249;, en effet, la politique r&#233;formiste du PCI n'avait jamais r&#233;ussi &#224; venir &#224; bout de la sp&#233;culation, la lutte ouverte a commenc&#233; &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Supermarch&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les auto-r&#233;ductions dans les supermarch&#233;s consistent &#224; s'y rendre en nombre et &#224; en sortir les marchandises sans payer ou en n'en payant qu'une partie. Des noyaux d'ouvriers d&#233;cid&#233;s vont choisir la seule forme de lutte capable de faire c&#233;der les supermarch&#233;s : l'appropriation collective, violente s'il le faut, remettant en cause le respect de toute propri&#233;t&#233; priv&#233;e ; sans qu'il s'agisse pour les ouvriers d'un vol, comme l'affirmait un tract distribu&#233; lors d'une de ces actions : &#171; les biens que nous avons pris sont &#224; nous, comme est n&#244;tre, tout ce qui existe parce que nous l'avons produit &#187;. Voici le r&#233;cit d'une auto-r&#233;duction organis&#233;e &#224; Milan en 1976, paru dans le journal Contro-informazione. &#171; Ceux de l'Alfa et des petites usines du quartier Sempione avaient choisi comme objectif un quartier populaire, Quarto Oggiaro. Pourquoi Quarto Oggiaro ? Pour la composante sociale qu'on y trouve, ouvriers des grandes et petites usines et sous-prol&#233;taires qui sont directement touch&#233;s par le probl&#232;me de l'augmentation des prix. De plus, 50% des habitants y pratiquent la gr&#232;ve des loyers. La chose a &#233;t&#233; bien organis&#233;e, et tout &#224; &#233;t&#233; fait pour garantir aux camarades un maximum d'impunit&#233;, ainsi qu'aux gens qui rentraient &#171; faire des achats &#187;. Un retrait&#233; est sorti, le chariot plein de vivres, et il a dit en milanais : &#171; Ils ont raison ceux-l&#224;, on ne peut pas vivre avec 75.000 lires par mois &#187;, et il s'en est all&#233; &#224; la maison avec son chariot. Les gens n'ont m&#234;me pas respect&#233; le mot d'ordre syndical qui voulait qu'on paye la moiti&#233; environ du prix des produits. Ils ont compris que m&#234;me cette attitude n'est plus possible, et l'opinion selon laquelle il faut prendre les choses sans attendre l'intervention du syndicat est en train de prendre racine chez les prol&#233;taires et les m&#233;nag&#232;res exploit&#233;s du quartier, refusant la logique du contrat : &#171; Je te donne une chose et tu m'en donnes une autre &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/autoreduction-brochure.pdf" length="261545" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://infokiosques.net/IMG/pdf/autoreduction-2.pdf" length="272022" type="application/pdf" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
