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		<title>Points de vue sur le sexisme</title>
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		<dc:date>2008-08-11T17:36:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emma Goldman, Nancy Antisexist, Non Fides</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme, (questions de) genre</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (partout)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette brochure est une compilation de textes d&#233;j&#224; parus dans le num&#233;ro un du journal ap&#233;riodique &lt;i&gt;Mon crayon dans ta gueule !&lt;/i&gt;, organe d'expression papier du groupe anarchiste autonome Non Fides. Elle n'a pas forc&#233;ment vocation &#224; convaincre le dernier ou la derni&#232;re des sexistes (soyons r&#233;alistes), mais d'informer sur des th&#232;mes peu abord&#233;s dans les milieux anarchistes. Ce petit dossier est suivi d'un texte d'Emma Goldman, &lt;i&gt;L'anarchisme et la question sexuelle&lt;/i&gt;, ainsi que d'une affiche de l'APF et d'un tract contre le sexisme publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'ancrage du sexisme (Non Fides) &lt;br class='manualbr' /&gt;- Le cas des chasses aux sorci&#232;res, deux si&#232;cles de sexocide (Non Fides)&lt;br class='manualbr' /&gt;- La Gr&#232;ce antique, une civilisation misogyne (Non Fides) &lt;br class='manualbr' /&gt;- L'anarchisme et la question sexuelle (Emma Goldman)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Chaque fille, chaque gar&#231;on (APF)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Contre le publisexisme (Collectifs antipub &amp; antipatriarcat) &lt;br class='manualbr' /&gt;- Col&#232;res de femmes (Nancy Antisexist)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Resistance is fertile (Crimethinc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez t&#233;l&#233;charger la brochure au format PDF page par page lisible sur votre &#233;cran sur le site de Non Fides.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;P&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;F&#233;minisme, (questions de) genre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (partout)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L105xH150/arton577-250ea.jpg?1780549986' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff577.jpg?1213725763&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'ancrage du sexisme (Non Fides) &lt;br class='manualbr' /&gt;- Le cas des chasses aux sorci&#232;res, deux si&#232;cles de sexocide (Non Fides)&lt;br class='manualbr' /&gt;- La Gr&#232;ce antique, une civilisation misogyne (Non Fides) &lt;br class='manualbr' /&gt;- L'anarchisme et la question sexuelle (Emma Goldman)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Chaque fille, chaque gar&#231;on (APF)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Contre le publisexisme (Collectifs antipub &amp; antipatriarcat) &lt;br class='manualbr' /&gt;- Col&#232;res de femmes (Nancy Antisexist)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Resistance is fertile (Crimethinc)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ancrage du sexisme (Non Fides)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sexisme, c'est l'action de discriminer et de poser sur les genres des distinctions morales ou axiologiques (qui &#233;tablissent une hi&#233;rarchie entre les valeurs d'un point de vue &#233;thique et/ou esth&#233;tique). Il y a le sexisme qui consiste &#224; diff&#233;rencier ou cat&#233;goriser deux personnes selon leurs sexes, &#224; &#233;tablir des diff&#233;rences autres que purement biologiques entre les hommes et les femmes. Il y a aussi le sexisme qui consiste &#224; nier toute forme d'&#233;galit&#233; entre les sexes sous pr&#233;texte d'une pr&#233;tendue inf&#233;riorit&#233; biologique de la femme ou -plus rarement- de l'homme. Or, porter un jugement de valeur sur un organe g&#233;nital ou des donn&#233;es biologiques est hors propos, il ne s'agit la que d'opinions personnelles travesties en donn&#233;es scientifiques. En effet, dire &#171; je pr&#233;f&#232;re le rouge au noir &#187; est purement subjectif et lutter pour que la science et la soci&#233;t&#233; acceptent que le rouge soit &#171; mieux &#187; (jugement de valeur) que le noir en faisant passer des opinions subjectives pour des preuves objectives est contraire &#224; toute raison. Les sexistes qui s'appuient sur des &#171; donn&#233;es scientifiques &#187; pour affirmer l'inf&#233;riorit&#233; de la femme sont donc des imposteurs qui tentent de faire passer des vessies pour des lanternes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant c'est bien &#224; travers la science que se sont l&#233;gitim&#233;es &#224; travers les ages les id&#233;es sexistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons par exemple le cas du d&#233;veloppement de la craniom&#233;trie au XIXe si&#232;cle. Paul Broca (1824-1880), professeur de chirurgie clinique &#224; la facult&#233; de m&#233;decine fonda en 1859 la Soci&#233;t&#233; anthropologique de Paris avec laquelle il fit avancer l'anthropom&#233;trie craniale en d&#233;veloppant de nouveaux instruments de mesure et de nouveaux indices num&#233;riques. Cependant une des pr&#233;tendues d&#233;couverte de Broca fut que l'intelligence des &#234;tres se mesurait &#224; la taille de leurs cerveaux. La femme ayant un cerveau plus petit que celui de l'homme, vous pouvez ais&#233;ment imaginer les conclusions du scientifique qui aujourd'hui servent encore de &#171; preuve &#187; aux id&#233;ologues du sexisme et aux racistes (puisque des &#171; preuves &#187; de l'inf&#233;riorit&#233; des noirs seront &#233;galement fournies). Il est aujourd'hui &#233;tabli malgr&#233; l'acharnement de nombreux r&#233;actionnaires que la taille du cerveau et le degr&#233; d'intelligence n'ont aucun rapport et que le poids du cerveau a plus &#224; voir avec la masse corporelle qu'avec les facult&#233;s intellectuelles. Les exemples de ce type sont l&#233;gions dans l'histoire des sciences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour approfondir la question : lire La Mal-mesure de l'homme de Stephen Jay (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, aussi fausses soient-elles, ces id&#233;es re&#231;ues fabriqu&#233;es par les esprits scientifiques du pass&#233; perdurent et sont loin de dispara&#238;tre, notamment &#224; cause d'un retour du religieux infectieux &#224; propagation rapide. Il est de notre devoir de pr&#233;venir et de combattre la r&#233;action, qui devient de plus en plus dangereuse au fur et &#224; mesure que math et physique rencontrent m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sous le drapeau de la science que l'on impose aux hommes comme aux femmes, un mod&#232;le de comportement en nous faisant croire qu'il s'agit de &#171; natures &#187; diff&#233;rentes. Or, ce n'est qu'une construction sociale s&#233;culairement ancr&#233;e dans nos cultures. Il serait temps de se demander pourquoi les parents et les institutions scolaires continuent de mettre entre les mains des jeunes filles des poup&#233;es &#224; habiller et coiffer ou de la d&#238;nettes &#224; ranger comme pour habituer la femme &#224; ranger la vaisselle, &#224; devenir esth&#233;ticienne, &#224; aimer &#231;a (ou plut&#244;t, apprendre &#224; aimer &#231;a). Pourquoi les gar&#231;ons eux, n'ont acc&#232;s qu'&#224; des jeux de violences, des figurines muscl&#233;es, des armes en plastique et des super h&#233;ros militaris&#233;s ?&lt;br&gt;
C'est parce que le sexisme commence au berceau qu'il est si prononc&#233;. Une des solutions pour l'enrayer est de prendre le probl&#232;me &#224; la base et de transformer ce que l'on appelle aujourd'hui &#171; l'&#233;ducation &#187;, qui est en fait le conditionnement/formatage, par une v&#233;ritable &#233;ducation &#233;galitaire (ou les gar&#231;ons et les filles sont &#233;gaux), solidaire (ou l'entraide ne se manifeste pas seulement qu'entre filles ou entre gar&#231;ons) et fraternelle (ou les diff&#233;rences sexuelles deviennent moteur de curiosit&#233;, d'&#233;rotisme, de sensualit&#233; ou d'instruction plut&#244;t que de haine ou de m&#233;pris). Les enfants doivent &#234;tres instruits de fa&#231;on &#224; ce que pour eux, &#171; homme &#187; et &#171; femme &#187; soient reconnus comme des genres sexuels et non comme des r&#244;les sociaux auxquels ils devront se conformer sans r&#233;fl&#233;chir aux cons&#233;quences morales de ces constructions sociologiques. &lt;br&gt;
Pourtant, le sentiment que les femmes ont tout acquis gr&#226;ce aux luttes f&#233;ministes de ces quarante derni&#232;res ann&#233;es (contraception, parit&#233;, divorce etc.) est largement r&#233;pandu. En effet, certaines luttes ont abouties &#224; des &#171; droits &#187;, mais saurait-on se satisfaire de quelques couches de vernis superficielles dans les manuels juridiques ou dans le vocabulaire l&#233;gal alors que le fond rance de nos cultures est toujours impr&#233;gn&#233; de sexisme, et surtout de misogynie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains progr&#232;s sont &#224; remarquer mais les fondement des mod&#232;les homme/femme traditionnels n'ont jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement remis en question &#224; grande &#233;chelle ou par de larges groupes sociaux. Les sciences naturelles, la philosophie, l'Histoire, l'anthropologie ne devraient elles pas aujourd'hui servir &#224; d&#233;truire les id&#233;es re&#231;ues concernant l'inf&#233;riorit&#233; des femmes ? Comment se fait il que des personnages comme Eric Zemmour ou Alain Soral ont aujourd'hui encore droit de cit&#233; ? comment se fait il que les &#233;tudiants en philosophie (ou de toutes autres sciences humaines) soient abreuv&#233;s de philosophie masculine tandis que la qualit&#233; des travaux de philosophes telles que Hannah Arendt, Judith Butler, Simone De Beauvoir ou Voltayrine de Cleyre ne sont plus &#224; prouver et pourtant majoritairement mis &#224; la trappe ? Comment se fait il que dans les d&#233;bats historiques moderne l'on ne reconnaisse toujours pas le sexisme comme &#233;l&#233;ment moteur de certaines p&#233;riodes et &#233;v&#232;nements historiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sexisme recouvre ainsi des traditions, des comportements et des id&#233;ologies qui posent une diff&#233;rence de statut et de dignit&#233; entre l'homme et la femme. Dans la mesure o&#249; le sexisme d&#233;finit le rapport hi&#233;rarchique ou non des deux sexes, c'est une forme de cat&#233;gorisation sociale, morale, politique, religieuse, philosophique, &#233;conomique, qui impose des normes de comportements aux deux sexes, et dont les deux sexes peuvent &#233;galement souffrir ou jouir (selon leur position hi&#233;rarchique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abattons les r&#244;les genr&#233;s ! &lt;br&gt;
Les deux sexes sont deux sexes, pas deux r&#244;les construits socialement !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cas des &#171; chasses aux sorci&#232;res &#187;, deux si&#232;cles de sexocide (Non Fides)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est sur un fond de troubles que para&#238;t en 1486, directement inspir&#233; par la bulle papale Summis desiderantes affectibus d'Innocent VIII, le Malleus maleficarum. Ses auteurs, les inquisiteurs Henry Institoris et Jacques Sprenger, ont le sentiment de vivre la d&#233;sint&#233;gration d'un monde : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Au milieu d'un si&#232;cle qui s'&#233;croule, l'h&#233;r&#233;sie des sorci&#232;res, attaquant par d'innombrables assauts, r&#233;alise en chacune de ses oeuvres, son incarnation totale &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre se r&#233;v&#232;le &#234;tre l'un des &#233;l&#233;ments d&#233;clencheurs des deux vagues de pers&#233;cutions des sorci&#232;res perp&#233;tr&#233;es par l'Inquisition et par les diff&#233;rents parlements. Ils y font une lecture d&#233;monologique centr&#233;e sur le mal&#233;fice, puis anthropologique et sexologique accablant la femme, accus&#233;e d'&#234;tre la complice de Satan. La th&#233;ologie s'est alors mu&#233;e (mais est-t-elle fondamentalement diff&#233;rente aujourd'hui ?) en une id&#233;ologie amalgamant h&#233;r&#233;sie, folie et fr&#233;n&#233;sie sexuelle. Le mod&#232;le d&#233;monologique de &#171; la femme au diable &#187; est n&#233;, aussit&#244;t pris en charge par l'imprimerie, c'est-&#224;-dire v&#233;hicul&#233; par une abondante litt&#233;rature d'o&#249; se d&#233;tache le trait&#233; de Jean Bodin D&#233;monomanie des sorciers (1580). &lt;br&gt;
Dans les premi&#232;res soci&#233;t&#233;s n&#233;olithiques matriarcales, la femme avait socialement, le r&#244;le le plus important. A l'&#232;re chr&#233;tienne, les religions et croyances anciennes sont le diable de la nouvelle et c'est pourquoi le christianisme associa les femmes &#224; des r&#244;les mal&#233;fiques. Ce qui explique la pr&#233;pond&#233;rance sur les b&#251;chers des sorci&#232;res sur les sorciers. la chasse aux sorci&#232;res fut donc la r&#233;pression des croyances ancestrales des cultures populaires par le pouvoir religieux augment&#233;e d'un vaste mouvement de r&#233;pression de la sexualit&#233; f&#233;minine et m&#234;me, de la femme ensoi. A tel point que certains historiens parlent d'un &#171; gynocide &#187; ou encore d'un &#171; sexocide &#187; selon l'&#233;crivaine Fran&#231;oise d'Eaubonne dans Le sexocide des sorci&#232;res (1999). La phrase de Michelet extraite de son plaidoyer La Sorci&#232;re (1862), illustre bien l'ampleur de la pers&#233;cution dont elles ont fait l'objet : &lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; pour un sorcier, dix mille sorci&#232;res &#187; &lt;/i&gt;&lt;br&gt;
D&#233;montrant l'acharnement des inquisiteurs &#224; juger et parfois br&#251;ler des femmes plut&#244;t que des hommes, car entre 70 et 80% des condamn&#233;s au b&#251;cher &#233;taient des femmes. La sorcellerie serait donc en partie due &#224; une misogynie tenace autant dans la culture populaire que dans la culture savante, principale responsable de cette extermination. Elles y sont rendues coupables, comme dans la bible avec la figure d'Eve, de la d&#233;naturation de l'&#234;tre humain en g&#233;n&#233;ral, et de l'homme en particulier. Il appara&#238;t souvent, au cours des proc&#232;s du tribunal de l'Inquisition, une dimension sexuelle importante. Ces faits sont &#224; mettre en relation avec les valeurs socioculturelles que l'Eglise et l'Etat tentent d'implanter dans l'esprit des ruraux et dans les fondements de la culture populaire. A travers la pers&#233;cution des femmes s'exprime une r&#233;pression plus g&#233;n&#233;rale de la sexualit&#233;. Les missionnaires de la r&#233;forme catholique combattent la relative libert&#233; des m&#339;urs qui existait dans les campagnes avant 1550. Ils imposent au monde paysan des &#171; freins sexuels &#187; efficaces. Les &#171; aveux &#187; extorqu&#233;s par la torture aux pr&#233;tendues sorci&#232;res peuvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s par rapport &#224; cette lutte puritaine bien r&#233;elle. La copulation avec Satan, ou avec des d&#233;mons, rappelle la survivance dans le monde rural des &#171; fian&#231;ailles &#224; l'essai &#187;, des concubinages, que veulent extirper de la culture populaire les autorit&#233;s. Le sabbat, cette &#171; f&#234;te sacril&#232;ge &#187;, n'est que la transposition diabolique des f&#234;tes populaires multiples qui d&#233;bouchaient fr&#233;quemment, l'ivresse aidant, sur des d&#233;bordements sexuels. En fait, les multiples p&#233;ch&#233;s imput&#233;s aux sorci&#232;res r&#233;sultent d'une insatisfaction profonde des missionnaires devant la r&#233;sistance d'une conduite sexuelle paysanne qui ne se coule pas suffisamment dans le moule th&#233;orique v&#233;hicul&#233; par la r&#233;forme catholique du concile de Trente. Les proc&#232;s en sorcellerie, dans ce contexte, permettent de culpabiliser les foules en reliant au diable la femme et la sexualit&#233; hors mariage. Dans le Malleus Maleficarum qui inspira ces vagues de r&#233;pressions, les femmes sont l'embl&#232;me de la luxure. Avec elles, la sorcellerie prend la forme d'une d&#233;bauche sexuelle : orgies, accouplements contre nature avec le diable, la sorci&#232;re est succube, f&#233;condable par le diable et susceptible de donner naissance &#224; des &#234;tres d&#233;moniaques en transgressant les lois chr&#233;tiennes de la procr&#233;ation. Les sorci&#232;res r&#233;v&#232;lent &#233;galement en creux les angoisses sexuelles profondes de l'imaginaire masculin : elles sont suppos&#233;es sectionner le membre viril des hommes &#224; des fins rituelles, attenter &#224; leur puissance sexuelle, ou encore, comme dans certains r&#233;cits, engloutir des hommes par leur vagin (n'est-ce pas typiquement freudien ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombres d'historiens, et principalement Jules Michelet (1798-1874) dans La Sorci&#232;re, affirment que la pratique de la sorcellerie &#233;tait l'expression d'une marginalisation volontaire, d'un refus de l'imp&#233;rialisme religieux et d'une r&#233;bellion antisociale. Une r&#233;volte na&#239;ve de la culture populaire rurale contre les oppressions de l'Eglise et des &#233;lites urbaines et savantes, car c'est majoritairement dans les zones g&#233;ographiques en cours de christianisation et dans lesquelles le pouvoir religieux &#233;tait faible, dans les zones tardivement conquises, &#233;loign&#233;es des centres de d&#233;cisions et aux confins de la chr&#233;tient&#233; qu'ont prolif&#233;r&#233;s ces marginaux rebelles hostiles aux efforts de normalisation, d'int&#233;gration et d'acculturation d&#233;ploy&#233;s par la r&#233;forme catholique et le pouvoir monarchique. En effet, l'impi&#233;t&#233; est &#224; l'&#233;poque baroque, un acte de r&#233;bellion. La sorcellerie peut donc &#234;tre vue comme la r&#233;action de la marginale qui sait son mode d'existence et sa libert&#233; menac&#233;s par un nouvel ordre des choses impos&#233; par les autorit&#233;s religieuses. Loin de la consid&#233;rer comme la manifestation d'un obscurantisme archa&#239;que ou comme d'absurdes superstitions, Michelet voit dans la sorcellerie &#224; la fois la cons&#233;quence de la mis&#232;re des &#171; temps du d&#233;sespoir &#187; et l'expression d'une r&#233;volte. La naissance, en r&#233;action a l'imp&#233;rialisme du dogme chr&#233;tien, d'une contre-culture f&#233;minine ancr&#233;e dans le paganisme -&#224; qui l'Eglise et l'Inquisition font la guerre- pour mieux rejeter l'ordre moral chr&#233;tien. Seulement, nous pouvons voir que pour l'Eglise et les monarques europ&#233;ens, la plus grande menace est tout simplement la femme. &lt;br&gt;
Le pouvoir, les hommes et parfois m&#234;me les femmes aiment voir le genre f&#233;minin comme la raison de leurs malheurs. &lt;br&gt;
Comme si la femme portait en elle le germe de la subversion.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Gr&#232;ce antique, une civilisation misogyne (Non Fides)&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Qui se fie &#224; une femme se fie aux voleurs. &#187;&lt;/i&gt; (H&#233;siode, &lt;i&gt;Travaux&lt;/i&gt;, v. 375)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Plus connue aujourd'hui pour son h&#233;ritage culturel (Aristophane, Sophocle&#8230;), scientifique (Pythagore, Thal&#232;s, Euclide&#8230;) politique (la d&#233;mocratie, l'aristocratie, la tyrannie&#8230;) et philosophique (Platon, Aristote, X&#233;nophon, H&#233;raclite&#8230;), la Gr&#232;ce antique &#233;tait une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment misogyne. Les femmes n'y avaient que des devoirs et &#233;taient toute leur vie soumises &#224; une autorit&#233; masculine : le p&#232;re, le mari, le fr&#232;re et/ou le fils. Elles sortaient peu de chez elles et ne pouvaient pas disposer librement de leur fortune qui &#233;tait g&#233;r&#233;e par une des autorit&#233;s masculine cit&#233;es plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ath&#232;nes &#233;tait une d&#233;mocratie, le peuple y exer&#231;ait le pouvoir et tous, riches ou pauvres, pouvaient voter &#224; condition d'&#234;tre Ath&#233;nien de p&#232;re et de m&#232;re, de ne pas faire partie des esclaves et d'&#234;tre un homme, car &#224; Ath&#232;nes les femmes ne faisaient pas de politique. Une jeune fille ath&#233;nienne de bonne famille &#171; vivait sous une stricte surveillance ; elle devait voir le moins de choses possible, en entendre le moins possible, poser le moins de questions possible &#187; (extrait de l'&lt;i&gt;&#201;conomique&lt;/i&gt; de X&#233;nophon). Les jeunes filles et les femmes participaient pourtant activement &#224; la vie religieuse de leur cit&#233;. Pour certaines, les f&#234;tes et les c&#233;r&#233;monies &#233;taient les seules v&#233;ritables occasions de sortir de la maison, et la religion &#233;tait le seul domaine o&#249; elles pouvaient exercer officiellement des fonctions importantes. La principale mission des femmes &#233;tait de faire des enfants, ce dont se plaint M&#233;d&#233;e, l'h&#233;ro&#239;ne d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &#233;crite au Ve si&#232;cle avant JC par le po&#232;te grec Euripide :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes, nous autres femmes, la cr&#233;ature la plus mis&#233;rable. [&#8230;] Ils disent de nous que nous vivons une vie sans danger &#224; la maison tandis qu'ils combattent avec la lance. Pi&#232;tre raisonnement : je pr&#233;f&#233;rerais lutter trois fois sous un bouclier que d'accoucher une seule. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans les plus anciens r&#233;cits l&#233;gendaires de la Gr&#232;ce antique, les r&#244;les de h&#233;ros sont r&#233;serv&#233;s aux hommes&#8230; Les femmes, elles, doivent se contenter d'&#234;tre des m&#232;res, des s&#339;urs, des &#233;pouses ou des filles de h&#233;ros. L'histoire de la cr&#233;ation du G&#233;nos Guneikon (la &#034;race des femmes&#034;) nous est racont&#233;e par le po&#232;te grec du VIIIe si&#232;cle avant JC, H&#233;siode.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#034;Zeus, qui gronde dans les nu&#233;es, pour le grand malheur des hommes mortels a cr&#233;&#233; les femmes&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; la m&#234;me &#233;poque en &#201;gypte, les femmes jouissait des m&#234;mes droits que leurs &#233;poux, elles pouvaient poss&#233;der des biens et il est m&#234;me arriv&#233; plusieurs fois que l'&#201;gypte soit gouvern&#233;e par une reine. Dans la d&#233;mocratie ath&#233;nienne, le &#171; f&#233;minin &#187; est assur&#233; par l'&#233;ph&#232;be et l'&#233;rom&#232;ne. Des po&#232;tes comiques se demanderont pourquoi Zeus obligea l'homme &#224; passer par la femme pour avoir des fils au lieu de se contenter d'une offrande &#224; son autel. Cependant, c'est une soci&#233;t&#233; ou les taches m&#233;nag&#232;res sont accomplies par les esclaves, l'&#233;ducation par des p&#233;dagogues et o&#249; la sexualit&#233; est plus souvent pratiqu&#233;e entre hommes lorsque le but n'est pas la procr&#233;ation. Ce qui semble justifier dans la pens&#233;e grecque la gynophobie explicite des syst&#232;mes sociaux grecs, dans lesquels la femme ne sert finalement qu'&#224; la reproduction des m&#226;les. La soumission des femmes est un fait &#233;tabli qui ne sera quasiment jamais remis en question. Les exemples litt&#233;raires sont nombreux, dans la trag&#233;die Antigone de Sophocle, Cr&#233;on d&#233;clare que si une femme ose se dresser, il faut l'&#233;craser. Ou encore la mort de l'amazone abattue par Achille sous les hourras des hoplites : &#171; Apprends-lui donc &#224; se conduire comme une femme ! &#187;. Que dire &#233;galement du fait qu'aujourd'hui l'&#233;tude de la philosophie antique se r&#233;sume aux noms de Platon, Aristote, X&#233;nophon et autres philosophes m&#226;les et non pas aux noms de la cinquantaine de femmes philosophes de l'antiquit&#233; gr&#233;co-romaine r&#233;cemment red&#233;couvertes avec parfois de tr&#232;s grands noms comme Hypatie. Il s'agit d'un soucis patriarcal de n&#233;antisation de la femme et du f&#233;minin de l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'anarchisme et la question sexuelle (Emma Goldman)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier, dont les muscles et la force sont tellement admir&#233;s par la p&#226;le et ch&#233;tive prog&#233;niture bourgeoise, mais dont le travail suffit &#224; peine &#224; lui maintenir la t&#234;te hors de l'eau, se marie seulement pour avoir &#224; la maison une femme et une m&#233;nag&#232;re, qui, r&#233;duite en esclavage du matin au soir, doit concentrer ses efforts pour maintenir au plus bas le niveau des d&#233;penses. Elle est tellement us&#233;e par ses efforts continuels pour permettre au mis&#233;rable salaire de son mari de les faire vivre tous les deux qu'elle en devient irritable et n'est tr&#232;s vite plus en mesure de r&#233;pondre aux demandes d'affection de son mari et ma&#238;tre qui, h&#233;las ! Arrive assez vite &#224; la conclusion que ses plans ont &#233;chou&#233;s et se met donc &#224; penser que son mariage est un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une spirale de plus en plus forte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;penses allant en augmentant au lieu de diminuer, la femme, qui a perdu la force qu'elle avait au d&#233;but du mariage, commence &#224; se sentir trahie, et les soucis et la crainte de la famine ont raison de sa beaut&#233; peu de temps apr&#232;s son mariage. Elle se d&#233;courage, d&#233;prime, n&#233;glige son travail domestique, et comme il n'y a aucun lien d'amour ni d'affection entre elle et son mari qui leur permettrait de faire face &#224; la mis&#232;re et &#224; la pauvret&#233; de leurs vies, au lieu de s'accrocher l'un &#224; l'autre, ils deviennent deux &#233;trangers l'un &#224; l'autre, de plus en plus attentifs &#224; leurs fautes respectives.&lt;br&gt;
Au contraire du millionnaire, l'homme ne peut s'&#233;vader vers son club, mais il va au bar noyer sa mis&#232;re dans un verre de bi&#232;re ou de whisky. La partenaire malheureuse de cette mis&#232;re, trop honn&#232;te pour chercher du r&#233;confort dans d'autres bras, et trop pauvre pour s'autoriser une quelconque distraction ou loisir, reste dans cet environnement sordide et &#224; peine entretenu qu'elle appelle sa maison, &#224; pleurer am&#232;rement sur la folie qui a fait d'elle la femme d'un pauvre.&lt;br&gt;
Et pourtant, il n'y a aucun moyen qu'ils ne se s&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais ils doivent faire avec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si exasp&#233;rants que soient les liens avec lesquels l'&#201;glise et l'&#201;tat les ont enchain&#233;s l'un &#224; l'autre, ils ne peuvent &#234;tre bris&#233;s, sauf si les deux personnes d&#233;cident de leur permettre d'&#234;tre rompus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand la Loi a suffisamment piti&#233; pour d&#233;faire leurs liens, c'est que tous les d&#233;tails de leur vie priv&#233;e ont &#233;t&#233; mis &#224; jour. La femme est condamn&#233;e par l'opinion publique et sa vie toute enti&#232;re est ruin&#233;e. La peur de cette disgr&#226;ce l'entraine souvent &#224; plier sous le poids des contraintes de la vie maritale sans oser &#233;mettre une seule plainte contre le monstrueux syst&#232;me qui l'a bris&#233;e comme tant de ses soeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bourgeois endurent ce syst&#232;me pour &#233;viter le scandale, les pauvres pour &#233;pargner leurs enfants et par peur de l'opinion publique. Leurs vies ne sont que mensonge et hypocrisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme qui vend ses faveurs est libre de quitter quand elle veut l'homme qui les ach&#232;te, tandis que &#171; la femme respectable &#187; ne peut se lib&#233;rer d'une union qui l'humilie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les unions artificielles qui ne sont pas consacr&#233;es par l'amour rel&#232;vent de la prostitution, qu'elles soient sanctionn&#233;es ou non par l'Eglise et la soci&#233;t&#233;. De telles unions ne peuvent avoir qu'une influence d&#233;gradante &#224; la fois sur la morale et la sant&#233; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le coupable, c'est le syst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me qui force les femmes &#224; vendre leur f&#233;minit&#233; et leur ind&#233;pendance au plus offrant n'est qu'une ramification du m&#234;me syst&#232;me infernal qui permet &#224; quelques uns de vivre sur les richesses produitent par leurs semblables, dont 99 % doivent travailler et se r&#233;duire en esclavage du matin au soir pour un salaire &#224; peine suffisant &#224; leur survie, cependant que les fruits de leur travail sont absorb&#233;s par une minorit&#233; de vampires d&#233;soeuvr&#233;s qui vivent entour&#233;s de tout ce que le monde compte de plus luxueux .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tons nous un moment &#224; la contemplation de ces deux images du syst&#232;me social en vigueur au XIX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons les maisons bourgeoises, ces endroits magnifiques dont la vente du seul ameublement pourrait subvenir aux besoins de centaines d'hommes et de femmes . Regardez les soir&#233;es et les diners des enfants de ces bourgeois, dont un seul plat aurait suffit &#224; nourrir des centaines d'affam&#233;s pour qui un repas d'eau et de pain est un luxe. Regardez ces fanatiques de la mode, passer leur temps &#224; inventer de nouveaux moyens de s'amuser : sorties au th&#233;&#226;tre, bals, concerts, yachting, courant d'une partie &#224; l'autre du globe dans une recherche folle de gaiet&#233; et plaisirs. Et alors tournez vous un moment et regardez ceux qui produisent la richesse qui paie ces divertissement excessifs et artificiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autre c&#244;t&#233; du miroir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez les, entass&#233;s dans des caves sombres et humides o&#249; jamais n'arrive le moindre souffle d'air frais, v&#234;tus de guenilles, trainant leur mis&#232;re du berceau au tombeau, leurs enfants vagabondant dans les rues, nus, affam&#233;s, sans personne pour leur adresser la moindre parole d'amour ni leur offrir la moindre tendresse, grandissant dans l'ignorance et la superstition, maudissant le jour de leur naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez-les, ces deux images ! Vous les moralistes et les philantropes, et dites moi qui doit &#234;tre bl&#226;m&#233; pour cela ! Ceux qui sont conduit &#224; se prostituer, l&#233;galement ou pas, ou bien ceux qui conduisent leurs victimes &#224; tant de d&#233;sespoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, ce n'est pas la prostitution, mais la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, ce syst&#232;me injuste port&#233; par la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, l'Etat et l'Eglise. Ce syst&#232;me du vol l&#233;galis&#233;, du meurtre et du viol de la femme innocente et de l'enfant sans espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rem&#232;de au fl&#233;au&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que nous ne nous serons pas d&#233;barrass&#233;s de ce monstre, nous n'arriverons pas &#224; bout de ce qui gangr&#232;ne le S&#233;nat et les administrations, les demeures des bourgeois comme les masures des pauvres. L'humanit&#233; doit &#234;tre consciente de ses forces et de ses capacit&#233;s, elle doit se lib&#233;rer pour commencer une nouvelle vie, meilleure et plus noble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prostitution ne sera jamais d&#233;truite par les m&#233;thodes du r&#233;v&#233;rend Parkhurst et des autres r&#233;formateurs. Elle existera tant que le syst&#232;me actuel le nourrirra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme ne sera autonome et ind&#233;pendante que lorsque ces r&#233;formateurs uniront leurs efforts avec ceux qui luttent pour abolir le syst&#232;me qui engendre le crime sous toutes ses formes et en construire un bas&#233; sur l'&#233;galit&#233; totale, un syst&#232;me qui garantit &#224; chaque homme, femme ou enfant le fruit de son travail et exactement les m&#234;mes droits de profiter des cadeaux de la nature et d'avoir acc&#232;s &#224; la meilleure des &#233;ducations. Alors, sa sant&#233; ne sera plus affect&#233;e par l'esclavage et le labeur sans fin et, elle ne sera plus la victime de l'Homme, tandis que l'Homme ne sera plus poss&#233;d&#233; par des vices ou des passions artificielles et contraires &#224; son bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#234;ve anarchiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun devrait entrer l'&#233;tat de mariage en position de force et avec une enti&#232;re confiance morale en l'autre. Chacun aimerait et estimerait l'autre, et soutiendrait son travail, pas seulement pour son propre bien-&#234;tre, mais aussi parce que, &#233;tant heureux ensemble, ils d&#233;sireraient le bonheur universel de tous. La prog&#233;niture de ces unions serait forte et en bonne sant&#233; morale et physique, et respecterait et honorerait ses parents, pas seulement parceque c'est son devoir, mais parceque leurs parents le m&#233;ritent.La communaut&#233; toute enti&#232;re prendrait en charge leur &#233;ducation et leur porterait attention, et ils seraient libres de suivre leurs penchants, et il ne serait pas n&#233;cessaire de leur apprendre la flagornerie et les techniques de base pour s'attaquer &#224; leurs semblables. Leur objectif dans la vie serait, non pas d'acqu&#233;rir du pouvoir sur leurs fr&#234;res, mais de gagner l'estime et les respect de chaque membre de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le divorce anarchiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'union d'un homme et d'une femme se r&#233;v&#232;lait insatisfaisante et d&#233;sagr&#233;able pour eux, ils pourraient se s&#233;parer de fa&#231;on douce et calme, et n'auraient pas besoin de d&#233;t&#233;riorer les quelques liens du mariage en continuant une union peu agr&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, au lieu de pers&#233;cuter les victimes, les r&#233;formateurs d'aujourd'hui s'unissaient pour &#233;radiquer le probl&#232;me, la prostitution ne d&#233;shonorerait plus jamais l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supprimer une classe et en prot&#233;ger une autre n'est pas que pure folie. C'est un crime. Ne d&#233;tournez pas la t&#234;te, vous, hommes et femmes moralistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vous laissez pas influencer par vos pr&#233;jug&#233;s : consid&#233;rez la question d'un point de vue objectif .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de faire usage de votre force inutilement, donnez donc un coup de main &#224; l'abolition de ce syst&#232;me corrompu et malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la vie maritale ne vous a pas priv&#233;-e de tout honneur et estime personnelle, si vous &#233;prouvez de l'amour pour ceux que vous appellez vos enfants, vous devez, pour votre salut et celui des v&#244;tres lutter pour l'&#233;mancipation et l'&#233;tablissement de la v&#233;rit&#233;. Alors, et seulement alors, le mariage cessera d'&#234;tre un fl&#233;au.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre le publisexisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne na&#238;t pas fille ou gar&#231;on on le devient : le social cr&#233;e des diff&#233;renciations consid&#233;r&#233;es comme biologiques. Tel est ainsi le cas des qualit&#233;s pr&#233;tendument f&#233;minines que sont la beaut&#233;, la douceur, le don de soi qui s'opposent &#224; des valeurs dites masculines (force, virilit&#233;, r&#233;fl&#233;chi) et qui sont largement mises en avant par la publicit&#233;. La r&#233;p&#233;tition d'images de femmes soumises, r&#233;duites &#224; des corps ou &#224; des m&#233;nag&#232;res participe de la domination masculine, tout comme la glorification de la puissance (virilisme) dans les publicit&#233;s. &lt;br /&gt;
L'omnipr&#233;sence de la publicit&#233; renforce un ph&#233;nom&#232;ne pernicieux qui est l'adoption par les domin&#233;es (ici les femmes) des valeurs des dominants (les hommes) : L'image de la femme moderne largement reprise et mise en avant dans les pub &#233;tant la femme sexy qui arrive &#224; concilier tant le travail domestique que le travail &#224; l'ext&#233;rieur tout en restant &#171; fra&#238;che &#187; et &#171; belle &#187;. Quelle femme ne s'est pas un jour r&#233;clam&#233;e de ce trio ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accomplissement des femmes :&lt;br /&gt;
Sexy : Etre belle et &#224; l'&#233;coute de l'homme.&lt;br /&gt;
Travail domestique : Travailler gratuitement &#224; la maison (t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et &#233;ducation des enfants).&lt;br /&gt;
Activit&#233; salari&#233;e : Etre subordonn&#233;e et moins r&#233;mun&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En envahissant tous les domaines de la vie, &#224; travers un processus r&#233;p&#233;titif et abrutissant, la publicit&#233; impose un format qui l&#233;gitime notre mode de vie actuel en pays riche, pourtant insoutenable, tant des points de vue &#233;cologique (promotion des 4x4 et des vols charters) que social (vision sexiste et individualiste) et culturel (une beaut&#233;/uniformisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi nous pensons que la pub est dangereuse !&lt;br /&gt;
Ni &#224; prendre ni &#224; vendre, les femmes ne sont pas des objets ! &lt;br /&gt;
Rendons aux publisexistes leurs coups de pub !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tract des Collectif anti-pub et Collectif anti-patriarcat (&lt;a href='https://infokiosques.net/antipat at ml.free.fr' class=&#034;spip_url&#034;&gt;antipat at ml.free.fr&lt;/a&gt; &amp; &lt;a href='https://infokiosques.net/antipub59 at no-log.org' class=&#034;spip_url&#034;&gt;antipub59 at no-log.org&lt;/a&gt;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Col&#232;res de femmes&lt;br&gt;
Ou comment on devient une sale f&#233;ministe (par Nancy Antisexist)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On me dit que ma col&#232;re n'est pas constructive, qu'elle n'est pas l&#233;gitime ; que tout analyser en terme de rapports de genre et de domination sexiste est r&#233;ducteur.&lt;br /&gt;
Oui, je suis en col&#232;re. Je suis r&#233;volt&#233;e parce que depuis toute petite, on m'a appris la soumission. On m'a expliqu&#233; que je devais &#234;tre douce et compr&#233;hensive, ne pas m'&#233;nerver, ne jamais &#234;tre violente. Parce qu'on m'a forc&#233; &#224; rentrer tout &#231;a en moi, &#224; subir les agressions et &#224; ne pas broncher.&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que tous les jours, je suis renvoy&#233;e &#224; mon r&#244;le de femme, &#224; ma place de femme. Femmes qui doivent g&#233;rer le quotidien, femmes qui ont le sens des responsabilit&#233;s, femmes qui doivent toujours &#234;tre capables de s'exprimer pos&#233;ment, femmes &#224; qui tant d'activit&#233;s sont interdites, parce qu'elles sont masculines.&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que je suis une bizarrerie : femme qui boit, qui crie, qui bricole, qui se bat. Parce que j'ai &#233;t&#233; contrainte d'adopter les codes masculins pour pouvoir exister dans des espaces publics, parce que j'ai &#233;t&#233; oblig&#233;e de me battre pour &#234;tre &#233;cout&#233;e, crue, prise au s&#233;rieux, reconnue. Parce que je ne suis pas une femme, puisque je n'ai pas le comportement attendu d'une femme ; que je ne suis pas un homme, parce qu'il me manque une bite. Du coup, je suis la chieuse, l'emmerdeuse.&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que je me croyais forte. Et que j'ai laiss&#233; un homme me soumettre, m'humilier, me culpabiliser. Parce que je n'ai jamais voulu regarder cette situation de domination, parce que je ne voulais pas me voir comme la victime.&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que je n'ai pas le droit d'exprimer cette col&#232;re, parce que la femme qui s'insurge de ce qu'elle subit exag&#232;re toujours, va trop loin, est antimec. Je suis en col&#232;re parce qu'&#234;tre f&#233;ministe est un stigmate infamant. Parce que quand on gueule, c'est encore nous qui sommes jug&#233;es. Parce que c'est nous les hyst&#233;riques, les lesbiennes, les mal bais&#233;es, les folles.&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que je parle avec des femmes, que nous avons toutes la m&#234;me histoire, que cette histoire est celle du patriarcat et que la d&#233;noncer nous expose &#224; la r&#233;pression de ceux qui n'y ont pas int&#233;r&#234;t. Je suis en col&#232;re parce que l'homme arrive toujours &#224; se faire passer pour la victime : victime de sa compagne qui l'a quitt&#233;, victimes des sales f&#233;ministes qui l'oppresse par leurs blagues, victime de son conditionnement. Alors que merde, c'est nous femmes qui trinquons !&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que j'ai peur des hommes. De ce qu'ils peuvent faire subir, &#224; moi ou &#224; d'autres femmes. Parce qu'aujourd'hui il n'y a qu'en non-mixit&#233; que je me sens en confiance. Parce que oui, c'est dommage, mais que je n'ai simplement pas d'autre choix.&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que m&#234;me quand des mecs r&#233;fl&#233;chissent &#224; ces questions, c'est encore &#224; nous, femmes, de les prendre par la main, de leur expliquer, de comprendre leurs doutes, de leur demander de prendre position, de les inciter &#224; s'organiser.&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que dans tous les cas c'est &#224; la femme de porter. De porter son histoire, les violences qu'elle subit, de porter la critique, les attaques antif&#233;ministes, le d&#233;ni de sa rage. De porter la responsabilit&#233; de toujours r&#233;expliquer.&lt;br /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que je ne veux plus compatir. Je ne veux plus m'interroger des heures sur comment expliquer sans renvoyer un truc agressif ou blessant aux hommes. Je ne veux pas m'excuser d'&#234;tre en col&#232;re.&lt;br /&gt;
Ce que nous exigeons, c'est d'&#234;tre enfin entendues et reconnues, en tant que femmes, en tant que f&#233;ministes, en tant que cat&#233;gorie socialement opprim&#233;e.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cr&#232;ve le patriarcat. Maintenant, tout de suite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.non-fides.fr/spip.php?article4" class="spip_out"&gt;Non Fides&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour approfondir la question : lire &lt;i&gt;La Mal-mesure de l'homme&lt;/i&gt; de Stephen Jay Gould dans lequel l'auteur s'att&#232;le &#224; la remise en cause profonde des th&#233;ories sur l'intelligence qui ont permis la fondation de multiples pr&#233;jug&#233;s racistes et sexistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cette brochure contient &#233;galement deux affiches qui ne sont visibles que dans la version PDF &#224; imprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:non-fides(AT)riseup.net&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;non-fides(AT)hotmail.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>De la mis&#232;re sexiste en milieu anarchiste</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article532</link>
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		<dc:date>2008-02-13T13:58:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nancy Antisexist</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme, (questions de) genre</dc:subject>
		<dc:subject>Les Farfadettes (Nancy)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ces textes ont &#233;t&#233;s &#233;crits dans le stress, la pr&#233;cipitation, l'urgence mais surtout la col&#232;re... &lt;br&gt;La col&#232;re d'&#233;voluer dans un milieu qui se pr&#233;tend d&#233;construit, r&#233;volutionnaire, mais au sein duquel se perp&#233;tue le sexisme, sexisme d'autant moins d&#233;non&#231;able que personne ne veut admettre son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de novembre 2007, des femmes ont commenc&#233; &#224; parler de violences sexistes subies dans le milieu anarchiste. Un groupe mixte s'est constitu&#233; de fa&#231;on formelle (sur la base d'un groupe affinitaire pr&#233;existant) dans le but d'agir collectivement sur ces violences, &#224; partir des questions suivantes : &lt;br&gt;comment faire cesser ces situations ?&lt;br&gt;comment aider la femme &#224; en sortir ?&lt;br&gt;comment amener l'homme &#224; remettre en question ses comportements ?&lt;br&gt;qu'est ce qui est r&#233;parateur pour la femme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce groupe a d&#233;cid&#233; d'intervenir dans des situations de violence particuli&#232;res, notamment de viol et de violences conjugales. Il a mis en place des confrontations entre agress&#233;e et agresseur, des espaces de parole pour r&#233;fl&#233;chir aux situations de violence rencontr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes rassembl&#233;s ici ont &#233;t&#233; distribu&#233;s &#224; un maximum de personnes dans le milieu anar nanc&#233;ien, afin de briser le silence et d'amener chacun-e &#224; regarder ce que trop souvent on feint d'ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous voulons, c'est que l'antisexisme cesse de s'arr&#234;ter &#224; la d&#233;nonciation d'un syst&#232;me abstrait et ext&#233;rieur &#224; nous, mais qu'il devienne une r&#233;alit&#233; concr&#232;te. Qu'il soit au centre de nos quotidiens, que chacun-e accepte de le regarder en lui/elle-m&#234;me, chez son ami-e, son amant-e, dans son groupe militant. Et qu'enfin les choses changent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;D&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;F&#233;minisme, (questions de) genre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Les Farfadettes (Nancy)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH150/arton532-2f015.jpg?1780468469' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff532.jpg?1200086424&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la mis&#232;re sexiste en milieu anarchiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;ou un pav&#233; de plus dans l'anar&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compilation de textes &#233;crits par des femmes et des hommes&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ces textes ont &#233;t&#233; &#233;crits par individu-e-s anarchistes, des hommes et des femmes r&#233;volt&#233;-e-s par les nombreux cas de violences conjugales qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;s ces derniers temps au sein de notre milieu, et r&#233;v&#232;lent une r&#233;alit&#233; qu'il est temps de regarder en face, car nous pensons qu'ils ne sont pas isol&#233;s. &lt;br&gt;Les violences conjugales, ce sont tous les petits actes, propos, attitudes, qui pris isol&#233;ment peuvent para&#238;tre anodins mais qui mis bout &#224; bout cr&#233;ent un rapport profond&#233;ment asym&#233;trique et placent la femme sous l'emprise de son compagnon. C'est la r&#233;currence au sein du couple de processus de contr&#244;le, d'isolement, de d&#233;valorisation, de culpabilisation. &lt;br&gt;Nous pensons qu'il est temps de r&#233;agir collectivement face &#224; un syst&#232;me d'oppression si fortement ancr&#233; en nous. Qu'il est temps de ne plus laisser passer de tels actes. Qu'il est temps de r&#233;fl&#233;chir collectivement pour agir collectivement. C'est ce que nous avons tent&#233; de commencer &#224; travers ces textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriarcat ne s'&#233;croulera pas tout seul, aidons-le !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;des hommes et des femmes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://infokiosques.net/nancy.antisexist at no-log.org' class=&#034;spip_url&#034;&gt;nancy.antisexist at no-log.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sexisme et capitalisme : m&#234;me logique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ou du sexisme en tant que m&#233;canisme de domination de classe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anars se d&#233;finissent notamment comme anticapitalistes. Illes reconnaissent qu'il y a des exploit&#233;-e-s et des exploiteur-euse-s : le d&#233;bat n'est pas de dire &#171; tou-te-s les patron-ne-s sont m&#233;chant-e-s &#187; ni &#171; tou-te-s les ouvrier-e-s sont gentil-le-s &#187;, mais de reconna&#238;tre qu'il y a un syst&#232;me g&#233;n&#233;ral de domination, qu'il faut d&#233;truire cette domination (non pas en tuant tou-te-s les patron-ne-s et leur familles mais en luttant contre le syst&#232;me qui cr&#233;e cette domination : le capitalisme !). Il en va de m&#234;me pour le syst&#232;me patriarcal : oui, les hommes sont aussi ali&#233;n&#233;s par ce syst&#232;me car ils sont soumis &#224; des normes. N&#233;anmoins, dans ce syst&#232;me, chaque homme n'en reste pas moins conditionn&#233; &#224; &#234;tre l'oppresseur ! &lt;br&gt;Pour &#234;tre r&#233;ellement efficace, la lutte contre le sexisme doit se faire &#224; deux niveaux : premi&#232;rement, critique du conditionnement et des carcans genr&#233;s, subis aussi bien par les hommes que par les femmes. Car oui, dans ce syst&#232;me, les hommes aussi sont oppress&#233;s , et subissent un contr&#244;le social par la virilit&#233; obligatoire, la n&#233;cessit&#233; permanente de prouver &#171; qu'on a des couilles &#187;, etc. &lt;br&gt;Cependant , le fait que les hommes soient aussi oppress&#233;s ne les justifient en rien lorsqu'ils continuent &#224; cautionner un syst&#232;me de domination ! Pour revenir &#224; l'exemple de l'anticapitalisme, on est d'accord pour dire que &#171; y'a des patron-ne-s qui sont aussi alien&#233;-e-s et qui ont aussi des vies de merde &#187; ou encore que &#171; les ouvrier-e-s sont con-ne-s aussi, ils-elles vont bosser pour acheter des conneries, donc ils-elles se complaisent dans leur r&#244;le de domin&#233;-e-s &#187;. N&#233;anmoins, c'est pas pour &#231;a qu'on va dire &#171; les ouvrier-e-s et les patron-ne-s, c'est pareil ! &#187; : on lutte quand m&#234;me avec les domin&#233;s contre les dominants pour abolir toute domination. Ainsi, on admet que les patron-ne-s ne vont pas spontan&#233;ment abandonner leurs privil&#232;ges.&lt;br&gt; De la m&#234;me fa&#231;on, les hommes sinc&#232;rement antisexistes doivent &#234;tre coh&#233;rents : les grands discours &#171; universalistes &#187; du type&#171; hommes femmes, m&#234;me combat, tou-te-s victimes de l'oppression genr&#233;e ! &#187; servent malheureusement trop souvent &#224; nier qu'en pratique, il y a bien des diff&#233;rences, qu'elles sont ultra-interioris&#233;es en chacun-e de nous, y compris chez les anars. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est d'autant plus difficile d'arriver &#224; une prise de conscience et une remise en question que l'antisexisme semble un postulat acquis. De fait, hommes et femmes n'utilisent que peu ces grilles d'analyse puisque qu'illes sont persuad&#233;-e-s de les avoir d&#233;pass&#233;es : l'homme ne se pense pas comme dominant ni la femme comme domin&#233;e, et tou-te-s deux cherchent d'autres explications &#224; leurs comportements genr&#233;s. Il est n&#233;cessaire pour avancer de reconna&#238;tre les rapports de pouvoir entre les sexes. Chacun-e doit admettre sa part de construction genr&#233;e et regarder sa place dans le rapport dominant-domin&#233;e. Ce n'est que lorsqu'on a conscience des choses qu'on peut esp&#233;rer les modifier. Affirmer qu'on est super d&#233;construit c'est la meilleure fa&#231;on de refuser d'&#233;voluer. Le d&#233;passement des genres est un travail long et difficile, car il remet en cause une tr&#232;s grande partie de nous m&#234;me, qu'on a int&#233;rioris&#233; notre genre depuis notre naissance, car il est toujours difficile de se remettre en question, d'autant plus quand cela touche &#224; notre identit&#233; m&#234;me. C'est pour &#231;a qu'il faut qu'on se bouge le cul, individuellement mais aussi collectivement en cr&#233;ant des groupes mixtes et non-mixtes, d'hommes et de femmes notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le capitalisme, ce sexisme est un syst&#232;me d'oppression organis&#233;. Comme on aime &#224; le r&#233;p&#233;ter lorsqu'on parle du capitalisme, une barricade n'a que deux cot&#233;s. Ne pas agir radicalement contre un syst&#232;me oppressant c'est conspirer avec lui...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le priv&#233; est politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;ou une critique le la s&#233;paration de la vie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sph&#232;re priv&#233;e, c'est l'intimit&#233; du couple, ces moments o&#249; ce qui se passe entre les individu-e-s n'est connu que d'elleux m&#234;me. La s&#233;paration des sph&#232;res publiques et priv&#233;es est une des clefs de vo&#251;tes de la domination masculine. C'est par elle que le patriarcat se perp&#233;tue. La domination masculine et les violences qui en d&#233;coulent s'op&#232;rent majoritairement au sein de cette intimit&#233; et rarement en publique, devant tout-e-s les potes anars antisexistes par exemple. &lt;br&gt;C'est parce que le viol conjugal, les chantages affectifs et les humiliations et violences sexistes s'effectuent dans la sph&#232;re priv&#233;e qu'ils peuvent se perp&#233;tuer. En effet, l'existence de cette sph&#232;re priv&#233;e s&#233;par&#233;e de la vie publique et donc du regard des autres emp&#234;che : &lt;br&gt;- d'une part l'oppresseur d'&#234;tre amen&#233; &#224; consid&#233;rer sa conduite comme &#233;tant une violence institutionnalis&#233;e et utilis&#233;e comme arme de domination par le patriarcat. On aura beau dire mille fois &#171; c'est pas parce que je suis macho que je tape ma meuf, c'est parce qu'elle m'a &#233;nerv&#233; &#187;, dans les faits ce sont toujours les femmes qui subissent des violences de la part des hommes ;&lt;br&gt;- d'autre part la femme de se voir comme ce qu'elle est vraiment, c'est &#224; dire comme une victime parmi tant d'autres de la violence de la domination masculine. &#171; C'est pas parce qu'il est macho qu'il m'a tap&#233; dessus, c'est parce que je l'ai saoul&#233; &#187; : c'est cette s&#233;paration du public et du priv&#233; qui am&#232;ne la femme &#224; se voir comme un cas isol&#233;, uniquement victime de la violence d'un individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constater les m&#233;faits de cette s&#233;paration c'est admettre de fait que le priv&#233; est politique et que ce qui s'y passe ne rel&#232;ve pas seulement de l'individuel mais aussi et surtout de m&#233;canismes socio-politiques depuis longtemps mis en &#233;vidence par la critique anarcha-f&#233;ministe.&lt;br&gt;Ce qu'on entend par &#171; lutter contre la s&#233;paration public-priv&#233; &#187;, c'est rendre publiques toutes ces oppressions, c'est &#171; rendre la honte encore plus honteuse en la livrant &#224; la publicit&#233; &#187; et &#234;tre en mesure d'&#233;tablir une r&#233;ponse, un positionnement et une r&#233;action collective face &#224; ces oppressions. Agir ainsi, c'est agir de fa&#231;on &#224; ce que lorsqu'une violence sexiste est commise au sein du milieu anarchiste, il n'y ait plus quelques individu-e-s proches de la victime qui soient au courant et d&#233;plorent ce qu'il s'est pass&#233; pendant que les autres ignorent tout et ne se posent pas m&#234;me la question du pourquoi certaines personnes vont mal. Certes ce doit &#234;tre un truc perso, mais est-ce pour cela que &#231;a ne nous regarde pas ?&lt;br&gt;Agir ainsi, c'est agir de fa&#231;on &#224; ce que cela n'arrive plus et que ces violences soient cri&#233;es haut et fort. La question n'est pas alors de diaboliser l'oppresseur et de plaindre la femme mais de se poser les questions suivantes : comment cela peut-il avoir lieu dans un milieu anarchiste se revendiquant de l'antisexisme ? Et comment faire pour que cela n'arrive plus ?&lt;br&gt;Poser ces questions revient &#224; s'interroger sur nos comportements. Ainsi en tant qu'hommes, ne p&#233;rennisons-nous pas le syst&#232;me patriarcal par nos actes soi disant priv&#233;s, qu'on les juge sexistes ou pas ? Et en tant que femme, l'isolement dans la sph&#232;re priv&#233;e et le silence qui en d&#233;coule ne permettent-ils pas la perp&#233;tuation de la domination masculine ? &lt;br&gt;Mais poser ces questions revient aussi &#224; nous interroger sur les moyens que nous, anarchistes, voulons mettre en place pour lutter contre le sexisme dans sa totalit&#233;. Nous estimons que rendre publiques les violences qu'ont subi des femmes dans le cadre de leur vie priv&#233;e contribue d'une part &#224; porter le d&#233;bat sur le sexisme dans la sph&#232;re publique ; et d'autre part, &#224; s'interroger concr&#232;tement sur les r&#233;ponses collectives que nous sommes en mesure de fournir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Col&#232;res de femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ou comment on devient une sale f&#233;ministe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me dit que ma col&#232;re n'est pas constructive, qu'elle n'est pas l&#233;gitime ; que tout analyser en terme de rapports de genre et de domination sexiste est r&#233;ducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je suis en col&#232;re. Je suis r&#233;volt&#233;e parce que depuis toute petite, on m'a appris la soumission. On m'a expliqu&#233; que je devais &#234;tre douce et compr&#233;hensive, ne pas m'&#233;nerver, ne jamais &#234;tre violente. Parce qu'on m'a forc&#233; &#224; rentrer tout &#231;a en moi, &#224; subir les agressions et &#224; ne pas broncher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que tous les jours, je suis renvoy&#233;e &#224; mon r&#244;le de femme, &#224; ma place de femme. Femmes qui doivent g&#233;rer le quotidien, femmes qui ont le sens des responsabilit&#233;s, femmes qui doivent toujours &#234;tre capables de s'exprimer pos&#233;ment, femmes &#224; qui tant d'activit&#233;s sont interdites, parce qu'elles sont masculines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que je suis une bizarrerie : femme qui boit, qui crie, qui bricole, qui se bat. Parce que j'ai &#233;t&#233; contrainte d'adopter les codes masculins pour pouvoir exister dans des espaces publics, parce que j'ai &#233;t&#233; oblig&#233;e de me battre pour &#234;tre &#233;cout&#233;e, crue, prise au s&#233;rieux, reconnue. Parce que je ne suis pas une femme, puisque je n'ai pas le comportement attendu d'une femme ; que je ne suis pas un homme, parce qu'il me manque une bite. Du coup, je suis la chieuse, l'emmerdeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que je me croyais forte. Et que j'ai laiss&#233; un homme me soumettre, m'humilier, me culpabiliser. Parce que je n'ai jamais voulu regarder cette situation de domination, parce que je ne voulais pas me voir comme la victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que je n'ai pas le droit d'exprimer cette col&#232;re, parce que la femme qui s'insurge de ce qu'elle subit exag&#232;re toujours, va trop loin, est antimec. Je suis en col&#232;re parce qu'&#234;tre f&#233;ministe est un stigmate infamant. Parce que quand on gueule, c'est encore nous qui sommes jug&#233;es. Parce que c'est nous les hyst&#233;riques, les lesbiennes, les mal bais&#233;es, les folles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que je parle avec des femmes, que nous avons toutes la m&#234;me histoire, que cette histoire est celle du patriarcat et que la d&#233;noncer nous expose &#224; la r&#233;pression de ceux qui n'y ont pas int&#233;r&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis en col&#232;re parce que l'homme arrive toujours &#224; se faire passer pour la victime : victime de sa compagne qui l'a quitt&#233;, victimes des sales f&#233;ministes qui l'oppresse par leurs blagues, victime de son conditionnement. Alors que merde, c'est nous femmes qui trinquons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que j'ai peur des hommes. De ce qu'ils peuvent faire subir, &#224; moi ou &#224; d'autres femmes. Parce qu'aujourd'hui il n'y a qu'en non-mixit&#233; que je me sens en confiance. Parce que oui, c'est dommage, mais que je n'ai simplement pas d'autre choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que m&#234;me quand des mecs r&#233;fl&#233;chissent &#224; ces questions, c'est encore &#224; nous, femmes, de les prendre par la main, de leur expliquer, de comprendre leurs doutes, de leur demander de prendre position, de les inciter &#224; s'organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que dans tous les cas c'est &#224; la femme de porter. De porter son histoire, les violences qu'elle subit, de porter la critique, les attaques antif&#233;ministes, le d&#233;ni de sa rage. De porter la responsabilit&#233; de toujours r&#233;expliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en col&#232;re parce que je ne veux plus compatir. Je ne veux plus m'interroger des heures sur comment expliquer sans renvoyer un truc agressif ou blessant aux hommes. Je ne veux pas m'excuser d'&#234;tre en col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous exigeons, c'est d'&#234;tre enfin entendues et reconnues, en tant que femmes, en tant que f&#233;ministes, en tant que cat&#233;gorie socialement opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cr&#232;ve le patriarcat. Maintenant, tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la place des hommes dans la lutte antisexiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ou en tant qu'homme, quel positionnement pouvons nous avoir face &#224; la lutte antisexiste alors que nous faisons partie du camp des oppresseurs ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant entendu que nous sommes pr&#234;ts &#224; participer &#224; la lutte contre le sexisme dans nos milieux et ailleurs, nous ne souhaitons pas laisser de c&#244;t&#233; les questions th&#233;oriques que pose la participation de mecs &#224; une lutte contre une domination que notre construction nous pousse &#224; exercer. Notre but est de se poser des questions pour r&#233;fl&#233;chir &#224; nos comportements et &#224; nos actes dans le cadre de cette lutte et &#224; la part de mauvaises raisons de les avoir. Malgr&#233; tout, on esp&#232;re qu'on peut quand m&#234;me essayer de faire &#233;voluer les choses en participant &#224; l'action collective, mais qu'il faut toujours rester vigilant pour que &#231;a ne soit pas juste superficiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une sorte de contradiction th&#233;orique dans l'id&#233;e que la classe des opprim&#233;es ait besoin du soutien de membres de la classe des oppresseurs pour lutter. Typiquement si des ouvrie-re-s se r&#233;voltaient parce que l'un-e des leurs s'est fait-e buter par un-e patron-ne et que ces m&#234;mes patron-ne-s participaient &#224; la r&#233;volte, nous aurions tendance &#224; dire que ce sont des vendu-e-s qui cherchent &#224; se d&#233;douaner de leur position de patron-ne et que y'a pas besoin de la caution des ma&#238;tres pour l&#233;gitimer la col&#232;re des esclaves. Nous dirions que c'est trop facile de renier ainsi sa participation &#224; l'oppression, que cet accident est le fait de tout un syst&#232;me et qu'illes sont dans le camp de ceux qui font ce syst&#232;me. Nous dirions qu'un-e patron-ne a int&#233;r&#234;t &#224; affirmer sa solidarit&#233; avec ses ouvrie-re-s pour ne pas se faire lyncher ellui aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors quelles sont toutes les &#171; mauvaises &#187; raisons qui peuvent nous pousser &#224; lutter contre le sexisme ?&lt;br&gt;Il y a certainement cette volont&#233; de se donner une bonne image, de se dire et de dire aux autres qu'on est d&#233;construits. &lt;br&gt;Notre participation a une action antisexiste est une fa&#231;on de montrer et de se montrer que nous on est clean, que nous on est pas comme tous les autres mecs, qu'on est pas des machos. &#199;a a un c&#244;t&#233; beaucoup trop facile, parce que, m&#234;me si on l'a pas demand&#233; on est n&#233;s avec des couilles, on a &#233;t&#233; socialis&#233;s comme des mecs et on est forc&#233;ment un peu machos. Il ne faut pas que &#231;a nous serve &#224; nous d&#233;douaner, &#224; oublier et &#224; faire oublier aux autres qu'il faut toujours garder un regard critique sur la part de construction sexiste de nos comportements.&lt;br&gt;Il y a aussi cette id&#233;e que ne pas participer &#224; l'action contre le sexisme, c'est avoir la crainte de se faire mal voir de ses ami-e-s. M&#234;me si on a envie d'affirmer qu'on fait des choix en tant qu'individus en fonction de notre morale, nous devons nous avouer que &#231;a n'est jamais enti&#232;rement le cas. Par volont&#233; de simplifier nos rapports aux autres - certes dans un milieu particulier, mais quand m&#234;me dans celui o&#249; nous &#233;voluons - nous avons int&#233;r&#234;t &#224; participer aux actions f&#233;ministes.&lt;br&gt;Se donner une bonne image, c'est aussi &#171; avoir la classe &#187;, se mettre au dessus des autres mecs et donc les dominer sur le mode &#171; regardez, je suis plus antisexiste que vous &#187;. De plus, si on &#233;volue dans un milieu o&#249; de nombreuses femmes sont f&#233;ministes, le fait de se placer &#171; dans leur camp &#187; peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme un &#171; regardez les keums, moi j'ai toutes les meufs de mon c&#244;t&#233;, j'ai plus de chances que vous de les p&#233;cho &#187;. Or l'image du chasseur de meufs est un &#233;l&#233;ment important de la construction genr&#233;e masculine. Finalement, en montrant qu'on est pas des m&#233;chants machos, on montre en m&#234;me temps qu'on est pas des petites bites. C'est ouf, hein ? Et cette volont&#233; de domination, de se prouver qu'on est &#171; des vrais &#187;, n'est-elle pas typiquement une construction masculine ?&lt;br&gt;Enfin, participer en tant que mecs &#224; une lutte pour les femmes dans laquelle les femmes sont pr&#233;dominantes, sont plus l&#233;gitimes, n'est-ce pas une fa&#231;on de vouloir prendre le contr&#244;le de cette lutte qui nous &#233;chappe ? &#199;a participe du d&#233;sir de tout contr&#244;ler, ne ne pas supporter qu'un truc se fasse sans nous. C'est &#224; mettre en parall&#232;le avec cette aversion plus ou moins d&#233;clar&#233;e pour le groupe non mixte femme qui est peut-&#234;tre surtout une expression de la jalousie vis-&#224;-vis des gentes qui agissent sans nous, qui nous excluent de quelque chose. Il y a dans tout &#231;a une volont&#233; de r&#233;cup&#233;ration, de r&#233;appropriation, de d&#233;possession des femmes de leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, on est un peu dans la merde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bon en m&#234;me temps, on pense quand m&#234;me qu'on a sinc&#232;rement envie de d&#233;passer un conditionnement masculin qui nous oppresse aussi, qu'on a envie de d&#233;passer notre classe &#171; keum &#187; et qu'il faut bien commencer un jour. On a pas envie d'oppresser des gentes, et ne pas agir contre un syst&#232;me qu'on consid&#232;re comme oppressant, c'est pire que l'accepter, c'est le perp&#233;tuer. &lt;br&gt;On essaie d'esp&#233;rer qu'on participe &#224; l'action antisexiste comme des individus libres - m&#234;me si les individus libres &#231;a n'existe pas. On essaie d'esp&#233;rer qu'agir collectivement en tant qu'individus et non en tant qu'hommes et que femmes, c'est une tentative de d&#233;passement de cette dichotomie. L'action collective permettrait de nous individualiser. On sait pas si on y croit, mais on croit que si on prend les pr&#233;cautions suffisantes, &#231;a vaut toujours le coup d'essayer.&lt;br&gt;Sauf qu'on a l'impression que malheureusement l'action antisexiste n'est pas per&#231;ue de la m&#234;me fa&#231;on si des mecs y participent que si y'a que des femmes, puisque s'il n'y avait que des femmes elles seraient per&#231;ues comme des sales f&#233;ministes reloutes, voire anti-mecs et que leur critique ne serait m&#234;me pas &#233;cout&#233;e. Du coup on ne sera pas seulement per&#231;us en tant qu'individus, on est quand m&#234;me l&#224; en tant que l&#233;gitimation, de par notre classe de sexe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;... C'est des questions qu'on se pose et dont on pense qu'il faut tenir compte. Mais elles ne doivent pas non plus nous emp&#234;cher d'agir et donc nous obliger &#224; conspirer. Si nous devons avoir une r&#233;flexivit&#233;, nous sommes avant tout pr&#234;ts &#224; soutenir l'action des oppress&#233;es lorsqu'elles souhaitent notre participation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Deux couillus&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Outils collectifs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment ne plus laisser les femmes seules face &#224; des situations de violence ? &lt;br&gt;Comment r&#233;agir collectivement pour aider la femme &#224; sortir de ces violences ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Briser la s&#233;paration public-priv&#233;, rompre l'isolement, c'est poser des actes de solidarit&#233; collective. C'est faire sentir &#224; la femme qu'elle est soutenue, qu'il y de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de prendre en compte la sp&#233;cificit&#233; de chaque femme, de voir que toutes les femmes ne sont pas &#233;gales, c'est &#224; dire qu'elles n'ont pas subi la m&#234;me construction, qu'elles n'ont pas les m&#234;mes armes, les m&#234;mes mani&#232;res ou moyens de r&#233;agir. Par exemple, certaines femmes ne souffriront pas d'une main au cul dans un bar, ou enverront chier le mec directement, alors que d'autres ne sauront pas quoi faire et paniqueront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons comprendre qu'aider une femme, c'est faire avec elle, et non pour elle ou &#224; sa place. C'est essayer de lui donner de la force, de lui montrer qu'elle est soutenue, de lui permettre de trouver des espaces o&#249; elle arrive &#224; r&#233;agir. Les questions que nous devons nous poser, c'est aussi : comment on reconna&#238;t la souffrance de l'autre ? Comment on l'accompagne dans sa col&#232;re, dans son ext&#233;riorisation ? Comment on l'aide &#224; sortir tout &#231;a d'elle ? Comment on l'appuie, comment on l'&#233;paule pour qu'elle parvienne &#224; atteindre ses objectifs ? Comment on aide une femme &#224; trouver sa force, &#224; ne plus se sentir faible, &#224; trouver les moyens de riposter ? Bref, comment on transforme le rapport de domination qu'elle subit en rapport de force o&#249; elle aussi a des armes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervenir dans les situations de violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien souvent, quand nous sommes t&#233;moin-ne-s de certaines sc&#232;nes, nous entretenons la s&#233;paration entre sph&#232;re intime et sph&#232;re publique, en faisant comme si &#231;a ne nous regardait pas. Par exemple, si nous observons une situation o&#249; un homme fait une sc&#232;ne de jalousie &#224; sa compagne en lui parlant mal, nous pouvons intervenir, lui signifier qu'il d&#233;passe les limites et signifier &#224; la femme que nous la soutenons. Nous pouvons dire &#171; ne lui parle pas comme &#231;a &#187; au lieu de continuer &#224; discuter avec nos ami-e-s comme si nous n'avions rien vu. Nous pouvons accepter de nous mouiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;couter la femme et prendre acte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque souvent la femme ne dit rien, nous pouvons essayer de cr&#233;er pour elle des espaces de parole o&#249; elle puisse exprimer ce qu'elle vit. Ce qui veut dire se montrer attentif-ve-s et non jugeant-e-s. C'est aussi &#234;tre en mesure de donner &#224; la femme une reconnaissance de ce qu'elle subit, une preuve de cr&#233;dit : ne pas mettre sa parole en doute, entendre la r&#233;alit&#233; de sa subjectivit&#233;. Ce point devient encore plus crucial quand l'homme en question est proche de nous, et que nous n'avons pas l'impression qu'il ait des comportements machistes. C'est se dire qu'on ne conna&#238;t pas forc&#233;ment l'intimit&#233; des personnes, que la fa&#231;on d'&#234;tre dans un couple par exemple peut &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rente de la fa&#231;on d'&#234;tre en public, que l'homme ne traite pas tout le monde de la m&#234;me fa&#231;on, que les rapports de force ne sont pas les m&#234;mes dans toutes les relations. &#199;a peut-&#234;tre dialoguer avec la femme en t&#234;te &#224; t&#234;te ou cr&#233;er des espaces de discussion en non-mixit&#233; femme. Entendre les t&#233;moignages d'autres femmes aide aussi &#224; poser des mots sur ce qu'on vit, prendre conscience que le probl&#232;me n'est pas individuel mais rel&#232;ve d'un syst&#232;me social, que ce qui cloche ce n'est pas que soi-m&#234;me on est trop faible mais que &#234;tre femme dans cette soci&#233;t&#233; l&#224;, &#231;a craint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas brusquer la femme quand elle se confie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de lui servir le discours f&#233;ministe radicale type &#171; quitte le, point final &#187;. &#199;a ne l'aide pas et lui renvoie l'image qu'elle est faible et qu'elle devrait avoir honte. C'est &#224; nous d'avoir en t&#234;te que toute relation affective est complexe, que les sentiments qu'elle engage rendent parfois la rupture difficile, que prendre conscience des violences qu'on subit et de la n&#233;cessit&#233; d'y r&#233;agir est un long processus qui n'a rien d'&#233;vident. Que notre r&#244;le est d'&#233;pauler la femme et non de faire &#224; sa place ou de l'amener &#224; faire. C'est lui faire sentir qu'on est avec elle, qu'on la soutient mais que ce qu'elle d&#233;cidera ne d&#233;pend que d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aider mat&#233;riellement la femme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a veut dire essayer d'&#233;liminer toutes les causes extra-affectives qui font qu'elle n'arrive pas &#224; sortir de ce rapport de domination. Si elle ressent par exemple le besoin de quitter le domicile, c'est trouver des solutions d'accueil et d'h&#233;bergement. &#199;a peut &#234;tre trouver des moyens de l'aider financi&#232;rement, aller chercher ses affaires avec ou sans elle (selon ce qu'elle souhaite), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Porter avec la femme, encadrer les d&#233;marches individuelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a veut dire concr&#232;tement que la femme n'ait pas &#224; g&#233;rer seule des situations de confrontation. &#199;a peut &#234;tre l'accompagner quand elle doit r&#233;gler des choses avec l'homme dont il est question. Par exemple, dans le cas o&#249; une femme ne veut ou ne peut pas supporter de voir un homme parce qu'il lui a fait subir des violences, bien souvent c'est la femme qui d&#233;serte les espaces collectifs o&#249; elle est susceptible de le croiser, ou qui endure d'&#234;tre en pr&#233;sence de cet homme simplement parce qu'elle ne veut ou ne peut pas c&#233;der cet espace. Une solution serait d'am&#233;nager des espaces pour cette femme, en disant par exemple &#224; l'homme que sa pr&#233;sence est ind&#233;sirable et en lui expliquant pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poser un rapport de force&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, les menaces, avertissements, plaintes de l'oppress&#233;e ne sont pas entendues par l'oppresseur. Poser clairement un rapport de force, montrer que la femme est soutenue et n'est plus seule permet de lui donner du cr&#233;dit, de l'aider &#224; poser des limites. C'est montrer &#224; l'homme que &#231;a ne sert plus &#224; rien d'essayer de &#171; calmer &#187; la femme par une quelconque manipulation ou du chantage affectif. C'est signifier &#224; l'homme que les violences qu'il exerce sont sorties du cocon de l'intime. Que nous sommes au courant et pr&#234;t-e-s &#224; soutenir la femme. C'est lui dire que clairement, quand la femme dit &#034;je pars&#034;, ce ne sont pas des menaces mais une d&#233;cision pos&#233;e qui sera suivie d'effets. C'est aussi mettre une pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aider la femme &#224; porter son histoire dans la sph&#232;re publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a veut dire lui permettre de trouver un espace public ou son histoire peut exister. Parce que ce n'est pas &#224; elle de vivre dans la honte, dans le silence. Parce que ce n'est pas &#224; elle de porter seule cette histoire. C'est refuser que la barri&#232;re de l'intime serve une fois de plus &#224; prot&#233;ger les hommes violents. &#199;a peut &#234;tre sous la forme d'une intervention en public, ou d'une r&#233;union, o&#249; nous aidons la femme &#224; exposer les faits, la violence qu'elle a subis. &#199;a peut &#234;tre un courrier diffus&#233; dans un milieu, un village, expliquant ce qu'il s'est pass&#233;. Il est important que la femme ne soit pas seule &#224; expliquer : c'est aussi &#224; nous de prendre la responsabilit&#233; de raconter &#224; l'entourage ce qui s'est pass&#233;, au lieu de renvoyer tout le monde aller demander &#224; la femme concern&#233;e. C'est trouver des formes o&#249; c'est le groupe qui parle, qui expose et non la femme elle-m&#234;me. Par exemple, c'est &#233;crire une lettre qui dit &#171; nous, groupe de femmes &#187; ou &#171; nous, groupe antisexiste soutenons X &#187;. C'est donner une visibilit&#233; au soutien et &#224; la force collective. Parce que souvent, dans les histoires de couple, tout le monde prend tacitement le parti de l'homme : &#171; le pauvre, elle le fait souffrir &#187;... C'est dire en public ce qui se passe r&#233;ellement. Que non, X n'est pas m&#233;chante mais qu'elle a subit des violences. Et c'est dire aussi que, si elle &#233;tait en col&#232;re, ce serait de toute fa&#231;on l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Garder la m&#233;moire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;viter que deux ans plus tard, un violeur puisse se repointer l'air de rien parce que les gens qui savaient se sont tou-te-s dispers&#233;-e-s, et que ce soit encore &#224; la femme d'aller raconter l'histoire, de revivre la m&#234;me situation. C'est laisser une trace, assurer un suivi. A la fois que la m&#233;moire de ce qui s'est pass&#233; reste dans le milieu et que chacun-e soit pr&#234;t-e &#224; revenir ou &#224; r&#233;intervenir pour raconter &#224; nouveau l'histoire. C'est rester vigilant-e, exiger une &#233;volution, veiller &#224; ce que les m&#234;mes sc&#232;nes ne se reproduisent plus, ni avec la m&#234;me femme, ni avec d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se retrouver entre alli&#233;-e-s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi faire en sorte que le soutien soit politique et non affinitaire. Que la femme puisse sentir une force qui l'entoure parce que c'est juste, et non parce qu'on est ses potes. Par exemple, proposer des r&#233;unions non-mixtes o&#249; la femme puisse parler &#224; d'autres femmes ; qui ne sont pas forc&#233;ment des copines mais juste des femmes solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner aux femmes les moyens de leur d&#233;fense&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est se poser la question de comment faire pour que &#231;a n'arrive plus. &#199;a peut &#234;tre mettre en place des ateliers d'autod&#233;fense verbale ou gestuelle, des mises en situation o&#249; les femmes peuvent apprendre ce que leur conditionnement leur refuse : riposter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et l'homme dans tout &#231;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on d&#233;cide de g&#233;rer collectivement ces situations de violence, il faut &#233;galement s'interroger sur quels dispositifs on met en place pour accompagner l'homme. En effet, s'il est n&#233;cessaire de permettre &#224; la femme d'exprimer ce qu'elle a subi, de l'aider &#224; ce que cela ne se reproduise pas et de l'accompagner dans sa reconstruction, il est n&#233;cessaire aussi de suivre l'oppresseur, et ce sur deux plans :&lt;br&gt;Tout d'abord, pour lui faire comprendre qu'il n'est pas question de le juger et encore moins de le condamner dans sa totalit&#233;, mais uniquement de lui faire entendre et reconna&#238;tre les violences qu'il a fait subir. Qu'il s'agit de briser le silence non pour l'exclure socialement, mais pour que ce ne soit pas encore une fois la femme qui doive porter toute la charge de ce qu'elle a subi.&lt;br&gt;Ensuite, il s'agit de l'aider &#224; comprendre pourquoi il a agit comme il l'a fait, quels sont les m&#233;canismes qui sont a l'origine de ses comportements. Il s'agit de susciter ces questionnements et de l'accompagner dans son &#233;volution quant &#224; ses fa&#231;ons de relationner avec les femmes.&lt;br&gt;Comment faire ? &#199;a peut &#234;tre la cr&#233;ation d'un groupe de parole, qui pourra &#234;tre non mixte pour faciliter l'expression, o&#249; l'homme en question pourra s'interroger et remettre en question ses comportements. C'est donner un sens politique &#224; l'action non seulement pour la femme, mais aussi pour lui : ne pas se contenter de le &#171; punir &#187; mais l'aider &#224; avancer.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ces textes ont &#233;t&#233; &#233;crits dans le stress, la pr&#233;cipitation, l'urgence mais surtout la col&#232;re... &lt;br&gt;La col&#232;re d'&#233;voluer dans un milieu qui se pr&#233;tend d&#233;construit, r&#233;volutionnaire, mais au sein duquel se perp&#233;tue le sexisme, sexisme d'autant moins d&#233;non&#231;able que personne ne veut admettre son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de novembre 2007, des femmes ont commenc&#233; &#224; parler de violences sexistes subies dans le milieu anarchiste. Un groupe mixte s'est constitu&#233; de fa&#231;on formelle (sur la base d'un groupe affinitaire pr&#233;existant) dans le but d'agir collectivement sur ces violences, &#224; partir des questions suivantes : &lt;br&gt;comment faire cesser ces situations ?&lt;br&gt;comment aider la femme &#224; en sortir ?&lt;br&gt;comment amener l'homme &#224; remettre en question ses comportements ?&lt;br&gt;qu'est ce qui est r&#233;parateur pour la femme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce groupe a d&#233;cid&#233; d'intervenir dans des situations de violence particuli&#232;res, notamment de viol et de violences conjugales. Il a mis en place des confrontations entre agress&#233;e et agresseur, des espaces de parole pour r&#233;fl&#233;chir aux situations de violence rencontr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes rassembl&#233;s ici ont &#233;t&#233; distribu&#233;s &#224; un maximum de personnes dans le milieu anar nanc&#233;ien, afin de briser le silence et d'amener chacun-e &#224; regarder ce que trop souvent on feint d'ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous voulons, c'est que l'antisexisme cesse de s'arr&#234;ter &#224; la d&#233;nonciation d'un syst&#232;me abstrait et ext&#233;rieur &#224; nous, mais qu'il devienne une r&#233;alit&#233; concr&#232;te. Qu'il soit au centre de nos quotidiens, que chacun-e accepte de le regarder en lui/elle-m&#234;me, chez son ami-e, son amant-e, dans son groupe militant. Et qu'enfin les choses changent.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;A ces textes, sur la version Pdf, nous avons ajout&#233; un tract &#233;crit collectivement &#233;galement et qui fut aussi envoy&#233; dans les bo&#238;tes aux lettres du milieu anar nanc&#233;ien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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