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		<title>TOUS les programmes politiques</title>
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		<dc:date>2012-01-11T07:33:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadarlana</dc:creator>


		<dc:subject>Nadarlana (Montpellier)</dc:subject>
		<dc:subject>Critiques du citoyennisme</dc:subject>
		<dc:subject>Apache &#233;ditions (Paris)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'occasion des prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, voici pr&#233;sent&#233;es succinctement, les diff&#233;rentes positions de l'&#233;chiquier politique. Le PIF, le PAF, le POUF, le POF, le PROUT, le PEF rivalisent d'arguments. Quant au PUF (Parti unique fran&#231;ais), il d&#233;clare simplement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votez !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;T&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Nadarlana (Montpellier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Critiques du citoyennisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Apache &#233;ditions (Paris)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L102xH150/arton896-cc338.jpg?1780455683' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff896.jpg?1323970085&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En exclusivit&#233;&#8230; TOUS les programmes politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De quelle soci&#233;t&#233; on parle ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A bas le d&#233;veloppement !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous arr&#234;terons cette machine mortif&#232;re par tous les moyens &#224; notre disposition !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A bas le commerce !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la gratuit&#233;, vive le vol, &#224; bas la propri&#233;t&#233; m&#234;me sexuelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A bas le gouvernement ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas d'ordres &#224; donner, nous ne voulons pas en recevoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A bas la police !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marre de tous les flics ! Soldats, CRS, gendarmes, matons, vigiles, patrons et petits chefs, profs, &#233;ducateurs, cur&#233;s&#8230; sans oublier celui qui est en chacun de nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le POUF&lt;/strong&gt;, social-tra&#238;tre altermondialiste pr&#233;f&#232;re le confort de la n&#233;gociation au r&#233;el rapport de force dans tous les compartiments de la vie. C'est un fossile englu&#233; dans les mythes industriels et productivistes !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Le POF&lt;/strong&gt; dirige tout, d&#233;tient tout, profite de tous. Normal qu'il ne veuille rien changer ! Cr&#232;ve charogne ! Nous pillerons ses magasins ! Nous frauderons ses administrations ! Nous offenserons sa morale !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Le PROUT&lt;/strong&gt; est repr&#233;sentatif d'une morale naus&#233;abonde. Monarchie ou D&#233;mocratie, nous n'avons pas finit de guillotiner les rois et de br&#251;ler les &#233;glises ! Qu'ils se mettent leurs cierges dans le cul !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Le PEF&lt;/strong&gt;, moteur intellectuel de la vie politique, n'est qu'un pauvre rat nazillon que nous matons r&#233;guli&#232;rement dans la rue &#224; coups de battes de base-ball !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Le PAF&lt;/strong&gt; nous fait bien rigoler lorsqu'il croit que l'abstention peut &#234;tre suffisante pour renverser le vieux monde ! Sans parler que lui aussi emploie le vocabulaire de ses soi-disant ennemis, baragouine sur le d&#233;veloppement, le commerce, le gouvernement, la police&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Le PUF&lt;/strong&gt; est l'organe de propagande qui orchestre cette soci&#233;t&#233; spectaculaire-marchande que nous allons faire voler en &#233;clats &#224; coups de pav&#233;s, d'&#233;meutes et de cocktails molotov !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette soci&#233;t&#233;, nous allons la d&#233;truire !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;PIF, Parti insurrectionnel Fant&#244;me&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votez bien : ne votez rien ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PAF r&#233;pond R&#201;SISTANCE suite &#224; l'affichage massif perp&#233;tr&#233; par le PUF. Cette officine financ&#233;e par l'ensemble des partis politiques encourage odieusement le vote car elle chie dans son froc de voir l'abstention grandir &#224; chaque scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, Le PAF ! est de loin le parti le plus important.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le PAF se r&#233;jouit d'avance &#224; la lecture du programme du PUF. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un d&#233;veloppement de proximit&#233; (AGIR LOCAL, PENSER GLOBAL) ! Un commerce l&#233;gitime (NI &#201;TAT NI PATRON AUTOGESTION) ! Les &#233;lections ne peuvent certainement pas &#233;lire un gouvernement durable (CONTRE LA REPR&#201;SENTATION POUR LA D&#201;MOCRATIE DIRECTE PARTICIPATIVE) ! Enfin, nous voulons une police &#233;quitable (POLICE PARTOUT JUSTICE NULLE PART) ! Le PUF joue sur les mots (UN PAS EN AVANT DEUX PAS EN ARRI&#200;RE), mais la population n'est pas dupe (TOUT EST A NOUS RIEN N'EST A EUX) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le POUF, le POF et le PROUT sont d'accord sur l'essentiel, ils se partagent le pouvoir contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, en jouant sur la peur du PEF. Seule change la couleur de l'oppression, un coup rouge, un coup bleu, un coup blanc. Nous n'acceptons de voter que dans des conditions de d&#233;mocratie directe et d'autogestion. Nous voulons des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;vocables &#224; tout moment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tremblez bourgeois, car l'abstention fera la r&#233;volution sociale-libertaire !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;PAF, Parti Abstentionniste Fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous ne sommes rien soyons POUF !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;(Communiqu&#233; du Parti Ouvrier Unifi&#233; de France)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; CAMARADES, EXPLOITES DE TOUT PAYS VOTEZ POUR NOUS ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;(Eddy Merckx, Manifeste du parti r&#233;formiste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fonctionnaires et autres camarades, il &#233;tait grand temps que notre Parti Ouvrier Unifi&#233; Fran&#231;ais sorte de son activisme souterrain afin de r&#233;aliser le destin historique du prol&#233;tariat : LA R&#201;VOLUTION &#201;LECTORALE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NE NOUS VOILONS PAS LA FACE&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le capitalisme a enti&#232;rement gagn&#233; depuis Christophe Colomb et quasiment personne de la masse populaire n'est encore assez intelligent pour vouloir autre chose. Gauchistes, pas de pr&#233;cipitation dans la r&#233;volution !! Il faut donc nous adapter afin d'adoucir le syst&#232;me de l'int&#233;rieur et nous promettons de passer sous la table des n&#233;gociations voire par les urnes afin de mieux vous lubrifier ces exc&#232;s de lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PAS BESOIN DE CIRAGE POUR LECHER DES BOTTES !!&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De mani&#232;re objective et repr&#233;sentative de l'opinion des travailleurs nous pouvons critiquer le patronat et les institutions &#233;tatiques et en soutenir l'existence. Soyons raisonnables, les r&#233;formes propos&#233;s par le POF et le PROUT sont parfois mauvaises et nous avons des doutes sur l'origine de leurs inspirations (certaines id&#233;es sont proches du PEF qui rappelons le est un parti raciste et &#231;a craint pour la d&#233;mocratie m&#234;me si celui-ci exprime certaines craintes des fran&#231;ais&#8230;) Nos r&#233;formes seraient certainement plus positives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN AUTRE COMMERCE EST POSSIBLE !! POUR UN COMMERCE DE PROXIMIT&#201; DU ROUGE !!&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans la rue comme au sein des syndicats et des associations, le POUF a toujours su s'imposer comme l'interlocuteur principal entre les travailleurs et le pouvoir. Ce qui a permis &#224; notre parti d'&#234;tre largement inform&#233; des v&#233;ritables envies de notre France d'en bas et par ses contacts r&#233;guliers avec le MEDEF, il est capable de g&#233;rer le pays en &#233;cartant certaines utopies archa&#239;ques. Afin d'aider la paysannerie et d'augmenter le pouvoir d'achat du prol&#233;tariat urbain le POUF soutiendra et facilitera l'implantation des d&#233;bitants de vin rouge au sein des &#171; quartiers sensibles &#187;. Ceci est un des exemples pratique et r&#233;aliste que notre parti se propose de n&#233;gocier s&#233;v&#232;rement avec l'&#233;tat. Notre priorit&#233; d'action se situera &#233;galement sur la cr&#233;ation d'un organe de contr&#244;le citoyen et d&#233;mocratique (ou technocratique suivant les postes) du catalogue des produits vendus dans chaque supermarch&#233;. Il y a par exemple beaucoup trop de marques de riz diff&#233;rentes par rapport &#224; celles de sauce tomate, ces exc&#232;s m&#233;ritent d'&#234;tre r&#233;gul&#233;s contre un ultra lib&#233;ralisme alimentaire effr&#233;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES INSTITUTIONS DOIVENT CHANGER&#8230; DE COULEURS !!!!&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour un d&#233;veloppement l&#233;gitime et l&#233;gislatif du rouge. Nous ne pouvons garder les symboles de la R&#233;publique tels qu'ils existent car d&#233;sormais trop r&#233;trogrades. A l'heure actuelle ils n'attirent que le m&#233;pris du bas peuple. Nous proposons donc de garder l'air de la Marseillaise mais d'y coller les paroles de l'Internationale afin de ne pas non plus trop perturber la garde nationale lors des d&#233;fil&#233;s du 14 mai (dans un souci de consensus la f&#234;te nationale et celle du travail seront d&#233;plac&#233;s du 1er mai et du 14 juillet &#224; cette date). Le drapeau fran&#231;ais abandonnera le bleu blanc rouge pour un NOIR, BEUR, ROUGE dans un esprit de riposte et d'alternative au lib&#233;ralisme et qui collerait mieux &#224; l'image de notre &#233;quipe de foot. Il est enfin temps que, dans un souci de conscientisation des masses, le rouge se d&#233;mocratise dans le domaine de la mode vestimentaire et ce m&#234;me s'il faut passer par les voies du tribunal afin de faire changer la l&#233;gislation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;POUR UN COMMUNISME DE GOUVERNEMENT &#201;QUITABLE ET OLIGARCHIQUE !!&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans un souci de pluralisme du d&#233;bat citoyen, l'assembl&#233;e doit &#234;tre compos&#233;e d'un nombre &#233;quitable de d&#233;put&#233;s par parti politique et non plus subir le darwinisme social lib&#233;ral que sont les &#233;lections ouvertes &#224; tous les &#233;lecteurs. Bien s&#251;r le POUF, par sa position de m&#233;diateur social, devra &#234;tre en l&#233;g&#232;re sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique au sein de l'assembl&#233;e. Dans un souci de d&#233;mocratie directe, les d&#233;put&#233;s seront &#233;lus au sein de chaque parti par les militants de ceux-ci. Nous proposons &#233;galement la nomination de Daniel Mermet en tant qu'animateur du d&#233;bat politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA POLICE VOIT ROUGE ASSUMONS LE DANS LA DUR&#201;E !!&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La police est une institution qui a ses d&#233;rives et qui est am&#233;liorable mais surtout une n&#233;cessit&#233; &#224; la s&#233;curit&#233; de nos concitoyens. Face aux attaques et insultes parfois virulentes de la part d'une partie de plus en plus nombreuse de la petite bourgeoisie forc&#233;ment r&#233;actionnaire (comme le PIF et le PAF) croyant que la r&#233;volution se joue dans la rue lorsque celle-ci se passe dans les urnes. Notre devoir pour la classe ouvri&#232;re et la v&#233;ritablement efficace R&#201;VOLUTION &#201;LECTORALE est d'en assurer la s&#233;curit&#233; lors des manifestations symboliques de rue. N'oublions pas que l'UNITE face au lib&#233;ralisme doit se construire seulement et toujours dans le cadre d'un rapport de force de n&#233;gociations et que nous ne construirons qu'&#233;tape par &#233;tape la R&#201;VOLUTION &#201;LECTORALE PROL&#201;TARIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONTRE LES EXTR&#201;MISTES DU PEF ET DU PIF, POUR BATTRE LE POF ET LE PROUT,&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Prol&#233;taires ce n'est qu'un d&#233;but continuons les n&#233;gociations !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOTEZ P.O.U.F.&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;(Le bureau central et d&#233;mocratique du P.O.U.F.)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout va bien, ne changeons rien !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a toujours eu des riches et des pauvres ce n'est pas cela qui changera un jour. Pour le reste nous avons mis en place une politique qui a fait ses preuves et que certains de nos adversaires voudraient changer par populisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous restons fid&#232;les au D&#233;veloppement Durable !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Nous acceptons de bon gr&#233; les mesures &#233;cologiques, &#224; condition qu'elles n'entravent pas la croissance. L'innovation constante dans l'industrie nous permettra de trouver des voies de traitement des pollutions de fa&#231;on rentable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous restons fid&#232;les au Commerce &#201;quitable !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les pays pauvres ne doivent pas &#234;tre trop pauvres, les pays riches doivent avoir bonne conscience. Et puis cela permet de retenir les d&#233;sirs d'exil de ces pays vers le notre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous restons fid&#232;les au Gouvernement L&#233;gitime !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Un &#233;lu re&#231;oit la confiance de ses administr&#233;s, afin de s'occuper des choses auxquelles ils ne connaissent rien. Peut-on tout changer sur un coup de t&#234;te &#233;lectoral ? Si nous pouvions mieux faire, nous le ferions d&#233;j&#224; et nous sommes dans le moins pire des syst&#232;mes. Ce n'est pas la rue qui gouverne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous restons fid&#232;les &#224; la Police de Proximit&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et nous irons toujours plus loin dans ce domaine : nous proposons en effet de doter les cartes d'identit&#233;s (en puces sous la peau) d'un enregistreur sonore permanent. La s&#233;curit&#233; est un mal n&#233;cessaire, l'Homme est un loup pour l'Homme. S'il n'y avait pas de lois ce serait l'anarchie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PEF, le PROUT et le POUF, nos partenaires au sein du PUF, avancent des id&#233;es int&#233;ressantes mais c&#232;dent &#224; leurs exc&#232;s d'enthousiasme. Le PIF et le PAF refusent le jeu d&#233;mocratique, ce qui prouve leur m&#233;pris du peuple. Ils fuient le d&#233;bat d'id&#233;es et ne proposent rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Seul le POF est le vrai garant des valeurs qui font la France !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POF (Parti Optimiste Fran&#231;ais)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PROUT ! DU VENT DANS LA SOIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;veloppement &#233;quitable&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le d&#233;veloppement doit &#234;tre &#233;quitable, selon la valeur de chacun. L'&#233;lite vertueuse m&#233;rite de par son sang un meilleur d&#233;veloppement que la gueuserie. On ne m&#233;lange pas les torchons et les serviettes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un commerce durable&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;A cause de la mondialisation, les artisans et boutiquiers &#233;touffent sous les chargent et ferment, tandis que nos paysans sont contraints par Bruxelles &#224; la culture d'OGM et &#224; l'assistanat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un gouvernement de proximit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour que la France soit plus proche de son bas-peuple, il est temps d'entreprendre de v&#233;ritables r&#233;formes institutionnelles. Il est de notori&#233;t&#233; publique que les collectivit&#233;s territoriales sont corrompues et ne servent &#224; rien. Il faut &#233;tablir une v&#233;ritable autorit&#233; morale dans notre pays de profonde tradition catholique, avec des seigneurs et des &#233;v&#234;ques aux cot&#233;s de leurs serfs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une police l&#233;gitime&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Trop de fonctionnaires de cette institution ont &#233;t&#233; recrut&#233;s en dehors de toute moralit&#233;, ce qui explique certains exc&#232;s. La pratique religieuse r&#233;guli&#232;re serait un garant de fid&#233;lit&#233; &#224; l'Ecriture, l'esprit de justice divine assur&#233;. Dans un souci de contre pouvoir, chaque seigneur pourra se doter d'une garde personnelle qu'il s&#233;lectionnera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous nous situons au-del&#224; des querelles de partis&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La France m&#233;rite mieux que la R&#233;publique, mieux que la dictature des m&#233;diocres ! Le PEF a une haute vision de la France. Il ne suffit pas que les institutions soient fran&#231;aises : elles doivent &#234;tre de droit divin ! Si le PUF a le m&#233;rite de poser les bonnes questions, les opinions formul&#233;s par le POF sont hypocrites et celles du POUF populistes voire dangereuses. Le PAF cherche &#224; diviser la Nation, appuy&#233; clandestinement par une puissance &#233;trang&#232;re et le PIF. Nous demandons d'ailleurs comment la France peut encore tol&#233;rer les agissements terroristes de cette chienlit dont on sait dans quel trou noir elle a plong&#233; la France en 1793. Dieu sait que la suppression de la peine de mort fut une id&#233;e fun&#232;bre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A bas la technocratie, vive l'aristocratie !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PROUT&lt;br class='manualbr' /&gt;Parti des Riches Obs&#233;d&#233;s par l'Universel Th&#233;ocratique&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s la nuit vient le beau blanc !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ploutocratie jud&#233;o-ma&#231;onnique nous gouverne depuis des dizaines d'ann&#233;es, laissant sombrer le pays dans le laxisme radical-socialiste. Elle nous pique nos id&#233;es mais ne les applique pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les beaux discours on voit toujours d&#233;ferler sur nous un raz-de-mar&#233;e de bou&#8230;, d'&#233;trangers clandestins, islamistes d&#233;linquants, qui viennent violer nos emplois et prendre nos femmes. Tout cela en d&#233;pit des valeurs telles que le mariage chr&#233;tien, le travail de la terre, etc.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le disons tout net : pour un d&#233;veloppement fran&#231;ais, il faut un commerce fran&#231;ais dirig&#233; par un gouvernement fran&#231;ais soutenu par une police fran&#231;aise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'original vaut mieux que la copie ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;PEF (Parti Extr&#233;miste Fran&#231;ais)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;POUR&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VOTEZ ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti Unique Fran&#231;ais&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Carnaval, la f&#234;te qui retourne tout</title>
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		<dc:date>2010-02-08T17:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadarlana</dc:creator>


		<dc:subject>Art, Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Nadarlana (Montpellier)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette brochure contient plusieurs textes dans deux grandes parties, l'une raconte les origines pa&#239;ennes du Carnaval et son histoire du Moyen-&#226;ge &#224; nos jours, l'autre parle du Carnaval &#224; Montpellier.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Nadarlana (Montpellier)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH126/arton776-8817f.jpg?1780457124' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff776.jpg?1265389318&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1e partie : Histoire du Carnaval&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussi loin que l'on se projette, il semble que les hommes aient eu besoin de se d&#233;fouler, de briser l'ordre quotidien r&#233;guli&#232;rement. Le Carnaval n'est qu'une expression r&#233;cente, li&#233;e au christianisme, de pratiques beaucoup plus anciennes. Les arch&#233;ologues ont ainsi retrouv&#233; des masques datant du pal&#233;olithique (- 15 000 / - 10 000 av. J.C.). Si on ne sait pas avec certitude quels usages les hommes en avaient &#224; cette &#233;poque-l&#224;, on sait par contre que toutes les civilisations antiques avaient des f&#234;tes orgiaques ritualisant le rythme des saisons et renversant les hi&#233;rarchies sociales. Les masques y &#233;taient pr&#233;sents, repr&#233;sentant des esprits pa&#239;ens que l'&#201;glise combattra avant de les convertir en saints ou en anges. Ainsi, l'&#201;glise a d&#233;tourn&#233; les anciennes f&#234;tes rituelles pour leur donner des significations chr&#233;tiennes. Elle n'a par contre jamais r&#233;ussi, malgr&#233; plusieurs tentatives, &#224; emp&#234;cher les d&#233;bordements blasph&#233;matoires du Carnaval. La Renaissance, l'av&#232;nement du capitalisme et de la soci&#233;t&#233; moderne li&#233;e &#224; la civilisation des m&#339;urs tentera elle aussi d'interdire et d'encadrer des pratiques carnavalesques o&#249; les personnes masqu&#233;es, en plus de blasph&#233;mer, font fi de la sacro-sainte propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Mais derri&#232;re les grandes parades publicitaires subventionn&#233;es, il reste partout dans le monde une r&#233;alit&#233; sociale et populaire d'un Carnaval contestataire toujours combattu et toujours renaissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I - Les origines pa&#239;ennes des f&#234;tes chr&#233;tiennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#234;tres humains ont depuis toujours ritualis&#233; les changements de saison. Les solstices d'&#233;t&#233; (21 juin) et d'hiver (21 d&#233;cembre) marquent l'inversion du raccourcissement et de l'augmentation des jours. Les passages de l'&#233;t&#233; &#224; l'hiver et inversement sont &#233;galement pr&#233;textes &#224; grandes f&#234;tes rituelles. La dichotomie hiver/&#233;t&#233; est sublim&#233;e par celle entre la mort et la vie. De la th&#233;matique du passage de l'un &#224; l'autre on tire celle du renversement de toute chose. Ainsi, l'ordre quotidien est suspendu, tout ce qui n'est pas permis le reste du temps le devient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le Carnaval tel qu'on le conna&#238;t, il y avait donc des f&#234;tes du m&#234;me type un peu partout. Les Sac&#233;es &#224; Babylone et les Saturnales &#224; Rome inversaient les r&#244;les entre les esclaves et leurs ma&#238;tres et un condamn&#233; &#224; mort devenait quelques jour roi (avec tous les avantages li&#233;s &#224; cette position), avant d'&#234;tre ex&#233;cut&#233; le dernier soir. A Rome, le culte de Janus avait fait du jour de l'an (qui se situait en mars) un jour de travestissement. Puis lors de la premi&#232;re pleine lune du printemps on vidait des coupes en proportion des ann&#233;es que l'on souhaitait encore vivre... La f&#234;te juive de Pourrim est c&#233;l&#233;br&#233;e pendant le mois d'Adar (qui tombe, selon la lune, en f&#233;vrier ou mars) permet elle aussi le d&#233;guisement, l'inversion des r&#244;les et la transgression des r&#232;gles. N'oublions pas le culte d'Isis en &#201;gypte, celui de Bacchus chez les Grecs, celui d'Odin en Scandinavie ou la tradition celte de la Samain, le 1er novembre, qui est &#224; l'origine de la Toussaint et d'Halloween.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calendrier chr&#233;tien va s'inspirer de toutes ces f&#234;tes. La &#171; feste Toz Sainz &#187;, la f&#234;te de tous les Saints en ancien fran&#231;ais, correspond d'une part aux c&#233;r&#233;monies romaines instaur&#233;es par l'empereur Auguste en l'honneur de tous les dieux. D'autre part, le choix de la date vient donc de la Samain, f&#234;te celtique du nouvel an. Les coutumes pa&#239;ennes n'&#233;tant pas &#233;radiqu&#233;es, on institua au XIe si&#232;cle la f&#234;te des morts le 2 novembre. Le tout finit par fusionner dans la Toussaint qu'on conna&#238;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#234;ter les morts permettait d'entrer en contact avec eux. Ainsi, dans certaines r&#233;gions, on ouvrait le lit des d&#233;funts pour qu'ils s'y reposent quelques instants ou on leur pr&#233;parait un repas. La Samain (Samhuin) marquait le 1er jour de l'ann&#233;e celtique qui &#233;tait divis&#233;e en 2 cycles de 6 mois. La Samain se c&#233;l&#233;brait le 1er novembre mais les Celtes comptaient en nuits et non en jours, de sorte que la c&#233;l&#233;bration devait commencer le 31 octobre au soir. Elle marquait le d&#233;but du cycle hivernal, celui de la lutte entre les t&#233;n&#232;bres et la lumi&#232;re. En effet, l'hiver avait pour les soci&#233;t&#233;s paysannes traditionnelles un caract&#232;re ambigu et inqui&#233;tant (si le soleil ne revient pas), et &#233;tait une p&#233;riode d'inactivit&#233;. Bien s&#251;r des c&#233;l&#233;brations assez similaires existaient en &#201;gypte et au Mexique, au cours desquelles on c&#233;l&#233;brait la mort du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la nuit de la Samain, les Celtes suivaient un c&#233;r&#233;monial rigoureux afin de s'assurer de la bonne ann&#233;e &#224; venir. Les druides allumaient un feu sacr&#233; sur l'autel afin d'honorer Been, le dieu du soleil, pour l'inciter &#224; revenir. Ce feu servait aussi &#224; chasser les mauvais esprits. Ensuite, chaque famille recevait une braise de ce feu avec laquelle elle allumait un nouveau feu protecteur dans son &#226;tre, qui devrait br&#251;ler jusqu'&#224; l'automne suivant. La f&#234;te s'&#233;tendait sur plusieurs jours et des festins &#233;taient pr&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette f&#234;te a une fonction d'interm&#233;diaire entre les mondes humains et divins, ainsi que entre les vivants et les morts. Pendant cette nuit, les esprits des tr&#233;pass&#233;s pouvaient revenir dans leur demeure terrestre et les vivants essayaient de les accueillir au mieux. Par exemple, on leur laissait une place autour de la table ou pr&#232;s du feu&#8230; Les masques et les d&#233;guisements avaient pour fonction de faire peur aux esprits ou de les apaiser en leur ressemblant, voire de s'identifier &#224; eux afin de s'en prot&#233;ger. On voit donc bien d'o&#249; vient Halloween. De m&#234;me, la coutume des navets, raves ou citrouilles &#233;vid&#233;es avait pour but d'effrayer les esprits. Mais elle est aussi li&#233;e &#224; la l&#233;gende de Jack O'Lantern, un ivrogne et joueur de cartes qui aurait bern&#233; le diable, mais comme le Paradis ne voulu pas de lui, il fut condamn&#233; &#224; errer sur terre apr&#232;s sa mort. Jack obtint cependant une braise du diable, qu'il introduisit dans une citrouille &#233;vid&#233;e, afin de guider sa marche dans les t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#235;l est une autre entreprise de r&#233;cup&#233;ration. F&#234;t&#233;e le 6 janvier, le 25 mars, le 10 avril ou le 29 mai, la naissance du Christ a &#233;t&#233; variable avant que ne s'impose le 25 d&#233;cembre. Cette date correspond &#224; peu de choses pr&#232;s au solstice d'hiver qui &#233;tait d&#233;j&#224; f&#234;t&#233; par des r&#233;jouissances accompagn&#233;es de sacrifices, au pied d'arbres consacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date de l'&#233;piphanie, le 6 janvier, fut pour sa part choisie car on f&#234;tait &#224; cette date l'apparition de Dionysos, dieu des esclaves, des pauvres et des riches (il s'int&#233;resse &#224; la destin&#233;e de chacun). Lui aussi li&#233; aux saisons, il meurt avec le d&#233;clin de la v&#233;g&#233;tation, pour ressusciter avec la lumi&#232;re croissante. Dieu de la v&#233;g&#233;tation il est par extension dieu du vin et de la f&#233;condit&#233;. La tradition de la galette des rois n'est pas, &#224; l'origine, li&#233;e aux fameux rois mages. Il y avait d&#233;j&#224; cette coutume &#224; Rome : le prisonnier roi quelques jours avant d'&#234;tre ex&#233;cut&#233; &#233;tait s&#233;lectionn&#233;e par les gardes &#224; l'aide d'une f&#232;ve cach&#233;e &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Saint-Valentin quant &#224; elle est une reprise des rituels li&#233;s &#224; la f&#233;condit&#233; avant le printemps, saison des amours. Les Romains c&#233;l&#233;braient Lupercus (nom romain du dieu Pan), le dieu des troupeaux et des bergers, destructeur des loups, pr&#233;sidant aux bois et aux p&#226;turages. Les jeunes filles &#233;crivaient alors des mots doux qu'elles d&#233;posaient dans une grande urne. Chaque jeune homme prenait au hasard une de ces d&#233;clarations et courtisait celle qui en &#233;tait l'auteur. Les Luperques, v&#234;tus seulement des peaux des boucs sacrifi&#233;s, couraient &#224; travers la ville en frappant avec des lani&#232;res de peaux de boucs tous ceux qu'ils rencontraient notamment les femmes. Celles-ci ne cherchaient pas &#224; se soustraire aux coups, parce qu'elles croyaient que cela favorisait la grossesse. Ces Lupercales, assurant le d&#233;part d'une nouvelle ann&#233;e, symbolisaient l'intrusion du monde sauvage dans le monde civilis&#233;, celle du d&#233;sordre dans la vie r&#233;gl&#233;e, celle du monde des morts dans celui des vivants, th&#233;matique qu'on retrouve dans le Carnaval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre pratique pa&#239;enne li&#233;e &#224; la fertilit&#233;, reprise par les chr&#233;tiens, est celle de la d&#233;coration des &#339;ufs. Des &#339;ufs d&#233;cor&#233;s datant de la pr&#233;histoire ont &#233;t&#233; retrouv&#233; en Ukraine et cela se faisait en &#201;gypte. P&#226;ques, symbole de la r&#233;surrection du Christ, est donc dans la continuit&#233; du symbole de (re)naissance. De plus, pendant le Car&#234;me, l'&#201;glise interdit, entre autres, la consommation des &#339;ufs. D&#232;s lors, on conservait les &#339;ufs jusqu'&#224; P&#226;ques, o&#249; on les offrait aux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si P&#226;ques est la fin du Car&#234;me, Mardi-gras en est le d&#233;but, 40 jours avant. &#171; Carne Levare &#187;, Carnaval, et son apoth&#233;ose le Mardi Gras, &#233;taient, en f&#233;vrier, la p&#233;riode o&#249; l'on mangeait pour la derni&#232;re fois de la cuisine grasse, avant d'entrer en quarantaine, la &#171; quadragesima &#187;, mot qui a donn&#233; &#171; quaresimo &#187; puis &#171; car&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Carnaval ne se limite pas, au d&#233;part, &#224; Mardi-gras. Il commence avec l'&#233;piphanie, d&#232;s le 6 janvier. Toutes les traditions pa&#239;ennes s'y retrouvent, li&#233;es au renouveau printanier. Carnaval repr&#233;sente le chaos primordial avant toute nouvelle cr&#233;ation. Le prisonnier, &#171; roi &#187; pendant quelques jours avant d'&#234;tre ex&#233;cut&#233; (dans les Sac&#233;es et Saturnales), est devenu un &#171; Caramentrant &#187; de paille et de bois, responsable de tous les maux, qui finit br&#251;l&#233;. Parfois c'&#233;tait un &#226;ne et pour ridiculiser l'&#201;glise on le rev&#234;tait des v&#234;tements &#233;piscopaux et on le faisait officier &#224; l'autel. Or, l'&#226;ne symbolise notamment &#171; satan &#187;, c'est-&#224;-dire l'inverse de l'ordre assur&#233; par l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carnaval a une filiation directe avec les saturnales romaines o&#249; les travaux cessaient, les tribunaux et les &#233;coles se fermaient, o&#249; il n'&#233;tait permis d'entreprendre aucune guerre, d'ex&#233;cuter aucun criminel, ni d'exercer d'autre art que celui de la cuisine. Chacun s'envoyait des pr&#233;sents et s'invitait mutuellement &#224; de somptueux repas. On donnait des spectacles, des combats de gladiateurs et on accordait la libert&#233; &#224; quelques prisonniers. Les esclaves rev&#234;tus de toges blanches orn&#233;es de pourpre prenaient la place de leurs ma&#238;tres ; ils pouvaient les plaisanter, leur dire tout ce qu'ils voulaient et m&#234;me se faire servir &#224; table par eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que n&#233;gation du quotidien Carnaval permet d'outrepasser les r&#232;gles morales et sociales. Gr&#226;ce aux d&#233;guisements, aux masques, chacun peut oublier pour un temps la mis&#232;re, la maladie, la souffrance. Chacun peut changer de condition : les hommes se d&#233;guisent en femmes, les enfants s'octroient des droits d'adultes. La r&#233;serve qui r&#233;git habituellement les rapports sociaux dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II - Carnaval au Moyen &#226;ge : Rapports conflictuels avec l'&#201;glise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, seuls les hommes pouvaient investir l'espace public ; ils &#233;taient les d&#233;positaires de la morale et des valeurs alors que les femmes &#233;taient seulement charg&#233;es de l'accueil dans les foyers. Cela change peu pendant le Carnaval. Certaines se risquent &#224; se masquer mais ne doivent pas &#234;tre rep&#233;r&#233;es. Mais cette discrimination n'est pas cat&#233;gorique puisque certains carnavals ont toujours poss&#233;d&#233; des soci&#233;t&#233;s mixtes, comme par exemple les Haguettes ou les Longs-nez de Malmedy, ou ont compens&#233; en offrant un jour de libert&#233; compl&#232;te r&#233;serv&#233;e aux femmes, comme le Jeudi des Femmes &#224; Eupen. On remarque aussi que certains carnavaliers miment la gestation, la mise au monde puis l'allaitement d'un b&#233;b&#233;. Il existe m&#234;me des r&#233;gions o&#249; le Carnaval est plac&#233; sous autorit&#233; f&#233;minine, celle des m&#232;res en l'occurrence. Dans ces r&#233;gions, elles s'habillent en homme et attaquent les m&#226;les en leur faisant sauter le chapeau, les arrosent, les maltraitent. A La Ch&#226;tre (Indre), les femmes du peuple s'assemblaient le Mardi Gras sur la grande place et y dansaient des rondes en chantant les couplets les plus obsc&#232;nes. Ailleurs, elles s'occupent d'un immense festin qui se termine par une bataille o&#249; l'on se jette les restes dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine du mot &#171; masque &#187; reste aussi myst&#233;rieuse que les visages qu'il cache. Il appara&#238;t en 643 et pourrait venir du latin (sorci&#232;re) ou de l'indoeurop&#233;en (filet dont on enveloppe les morts). Dans le sud de la Provence, les sorciers seront, jusqu'au XIX&#232;me si&#232;cle appel&#233;s des &#171; masques &#187;. Pour se d&#233;guiser, on se contente souvent au Moyen &#226;ge de se noircir le visage avec de la suie, de le dissimuler sous une &#233;toffe ou de porter ses v&#234;tements &#224; l'envers, coutures apparentes. Les premiers masques sont taill&#233;s dans la t&#234;te des porcs tu&#233;s &#224; No&#235;l (on se cache derri&#232;re la peau &#233;paisse et soyeuse ou le groin) ou dans une cagoule de peau de lapin. Les jeunes gens ainsi masqu&#233;s parcourent bruyamment les rues &#224; la nuit tomb&#233;e, chahutent les femmes, les filles et les avares. Ils &#233;voquent l&#224; encore d'une part les revenants et l'au-del&#224;, d'autre part la nature et le printemps qui va revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nuits de pleine lune ces bandes r&#244;dent, s'approchent doucement des maisons pour soudainement crier, lancer des cailloux sur les volets, la porte et le toit, jouer parfois du tambour, entrer dans les maisons et poursuivre les filles en qu&#234;te de baisers, puis se calmer et se taire, manger des cr&#234;pes et des beignets et boire sans jamais r&#233;v&#233;ler leurs visages. Parfois, ces exp&#233;ditions se font plus furtives afin de d&#233;rober un coq ou un cochon qu'on se partage au clair de lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ambiance perdure alors jusqu'au soir de Mardi Gras, o&#249; l'autorit&#233; est ouvertement entre les mains des masques. Les avares et les moralistes sont les premi&#232;res cibles, oblig&#233;s d'offrir ripaille aux assaillants. Ceux qui travaillent ce jour-l&#224; sont attrap&#233;s, juch&#233;s sur un &#226;ne, promen&#233;s et oblig&#233;s de payer &#224; boire. On pouvait se masquer en plein jour, et le peuple usait largement d'un privil&#232;ge r&#233;serv&#233; longtemps aux seuls gentilshommes. Repas solide o&#249; figurent comme pi&#232;ce de r&#233;sistance une oie ou un dindon, comme accessoires oblig&#233;s les traditionnelles cr&#234;pes, larges beuveries, mascarades sillonnant les villes &#224; grands fracas, bals &#233;chevel&#233;s, cavalcades...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vieilles femmes osaient &#224; peine quitter leurs maisons de peur des attrapes du mardi gras. On plaquait sur leurs manteaux noirs des empreintes de craie figurant des rats et des souris, on attachait &#224; leurs robes des torchons sales. Les th&#233;&#226;tres ont conserv&#233; longtemps la tradition de jouer les pi&#232;ces les plus licencieuses dans les derniers jours du carnaval, et la Com&#233;die-Fran&#231;aise elle-m&#234;me repr&#233;sentait le Don Japhet d'Arm&#233;nie, de Scarron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arr&#234;ts d'Amour (1540, plaidoyer XII) racontent que des troupes de personnes masqu&#233;es, &#171; &lt;i&gt;en robes retourn&#233;es, barbouillez de farine ou charbon, faux visages de papier, portant argent &#224; la mode ancienne &lt;/i&gt; &#187;, accompagn&#233;es de musiciens et de valets tenant des flambeaux, se pr&#233;sentaient dans toutes les maisons o&#249; l'on donnait soir&#233;e, y entraient sans autorisation, faisaient danser les demoiselles, offraient des drag&#233;es aux dames et proposaient des d&#233;fis aux d&#233;s. De telles libert&#233;s choquaient fort les particuliers qui, n'osant pas r&#233;sister ouvertement, &#171; &lt;i&gt;&#233;teignent leurs lumi&#232;res, r&#233;pondent qu'il n'y a personne, qu'on est couch&#233;, ou font sortir leurs femmes et leurs filles par l'huis de derri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pr&#233;cautions n'&#233;vitaient pas toujours les injures, les querelles et les rixes. Les valets des masques profitaient du tumulte pour voler, d&#233;vorer toutes les provisions de l'office et d&#233;baucher les chambri&#232;res. Si bien que le parlement, assailli de plaintes, dut &#224; plusieurs reprises interdire la fabrication et la vente des masques. On se masquait encore pour jouer aux jeux de hasard. Le jeu &#233;tait d'ailleurs une des licences caract&#233;ristiques du Carnaval. Le jour de mardi gras, apr&#232;s l'audience du grand conseil, la cour elle-m&#234;me jouait aux d&#233;s sur le bureau du greffier en pr&#233;sence du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain du Mardi Gras, le mercredi des cendres, donnait lui aussi lieu &#224; de jolies sc&#232;nes, comme la &#171; descente de la Courtille &#187;, des masques revenant de Belleville le matin avec leurs d&#233;guisements ignoblement salis et d&#233;chir&#233;s, hurlant des obsc&#233;nit&#233;s. Jules Janin raconte que cela dure toute la matin&#233;e, &#171; &lt;i&gt;ceux qui passent insultent ceux qui regardent passer, les uns et les autres se disent mille injures.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#201;glise int&#232;gre le Carnaval &#224; sa liturgie, c'est parce qu'elle n'a pas pu l'interdire. Elle essaya r&#233;guli&#232;rement de r&#233;duire sa port&#233;e contestataire et ouvertement blasph&#233;matoire. Jusqu'au XVII&#232;me si&#232;cle, la p&#233;riode de Carnaval couvrait les quatre mois d'hiver. De nombreuse r&#233;glementations, tant eccl&#233;siastiques que la&#239;ques, tent&#232;rent d'endiguer les exc&#232;s caus&#233;s par ces bacchanales et finalement Carnaval fut r&#233;duit &#224; trois jours : dimanche, lundi, pour atteindre son apoth&#233;ose le mardi gras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois ce sont les circonstances qui rapprochent de l'&#201;glise. Par exemple au Moyen &#226;ge &#224; Stavelot, les moines &#171; guindaillaient &#187; le jour de la Laetare en se m&#234;lant &#224; la population locale dans des r&#233;jouissances mi-sacr&#233;es mi-pa&#239;ennes. L'&#201;glise est ensuite intervenue pour interdire aux moines de quitter l'abbaye &#224; cette occasion. Il arrivait que l'on danse dans l'&#233;glise, que l'on chante la messe &#224; l'envers. Un pr&#234;tre d'Amiens d&#233;nonce, en 1182 : &#171; &lt;i&gt;Dans certaines &#233;glises la coutume veut que les &#233;v&#234;ques et archev&#234;ques se d&#233;mettent par jeu de leurs attributs. Cette libert&#233; de d&#233;cembre &#8211; libertas decembricas &#8211; est analogue &#224; celle qui avait cours autrefois chez les pa&#239;ens, lorsque les bergers, devenus libres, se pla&#231;aient sur le m&#234;me plan que leurs ma&#238;tres et faisaient, apr&#232;s les moissons, la f&#234;te avec eux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut de tout temps une r&#233;pression envers Carnaval. Charlemagne tenta de bannir les mascarades de son empire. Il n'y r&#233;ussit pas et, pendant tout le Moyen &#226;ge, le Carnaval, adopt&#233; et prot&#233;g&#233; par l'&#201;glise, &#233;tala en plein jour ses fantaisies les plus grossi&#232;res et les plus monstrueuses. Le 9 mars 1399, Charles VI, rappelant d'autres ordonnances qui ont &#233;t&#233; perdues, d&#233;fendit &#171; &lt;i&gt;que nul ne portast faux visages, [...] aucun ne batist ou injuriant, ne feist batre ne injurier autres personnes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du XVe si&#232;cle, les parlements commenc&#232;rent &#224; s&#233;vir ; mais la fr&#233;quence m&#234;me de leurs arr&#234;ts peut inspirer quelques doutes sur leur efficacit&#233;. Nous citerons les principaux. Le 14 d&#233;cembre 1509, le parlement de Paris d&#233;fend de faire et de vendre des masques, de porter des masques, de jouer au jeu de momon en masques ou avec d'autres d&#233;guisements, sous peine de prison et d'amende. Le 26 avril 1514, arr&#234;t&#233; portant que les masques et faux visages seront br&#251;l&#233;s en public, avec d&#233;fense d'en porter sous peine de confiscation. Les 26-27 novembre 1535, 9 mars 1539, 2-14 janvier 1562, 8 janvier 1575, 4 f&#233;vrier 1592, d&#233;fense d'aller en masques dans les rues de Paris avec des joueurs d'instruments, sous peine d'&#234;tre punis comme perturbateurs du repos public. Une ordonnance royale du 9 novembre 1720, et une ordonnance de police du 5 f&#233;vrier 1746, interdirent aux masques de porter des b&#226;tons et des &#233;p&#233;es ou d'en faire porter par les laquais. Des ordonnances de police du 6 d&#233;cembre 1737 et du 11 d&#233;cembre 1742, d&#233;fendirent aux jeunes gens et tapageurs de nuit d'entrer de force dans tous les lieux o&#249; il y a des bals et de la musique, de violenter les traiteurs, leurs femmes et enfants et d'obliger les violons &#224; jouer toute la nuit. Malgr&#233; tout Carnaval perdure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Florence, le moine fondamentaliste Savonarole limite le Carnaval au seul jour du Mardi Gras, et instaure un grand b&#251;cher purifiant les &#171; vanit&#233;s &#187; : jeux de cartes, livres de musique profane ou de po&#233;sie, parfums, masques, costumes, peintures et sculptures qui ont &#233;t&#233; confisqu&#233;es chez les habitants... C'&#233;tait en 1497 et l'ann&#233;e suivante, c'est ce Savonarole qui finira sur le b&#251;cher...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter aussi que le Carnaval peut appuyer des r&#233;voltes politiques, par exemple &#224; l'&#233;poque de l'apparition du protestantisme. A B&#226;le, en 1529, Mardi Gras voit d&#233;ferler 300 personnes masqu&#233;es, conduites par le bourreau, qui envahissent la cath&#233;drale, brisent les statues et le grand crucifix en lan&#231;ant : &#171; &lt;i&gt;Si tu es un dieu, d&#233;fends-toi, mais si tu es un homme, saigne !&lt;/i&gt; &#187;. Ils attaquent &#233;galement l'H&#244;tel de ville o&#249; le Conseil d&#233;cide d'autoriser le culte protestant. Ces m&#234;mes protestants d&#233;cideront quelques ann&#233;es plus tard la suppression du Car&#234;me, en esp&#233;rant &#233;liminer avec lui les d&#233;bordements carnavalesques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III - Carnaval face &#224; la soci&#233;t&#233; marchande&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient l'&#233;poque de la Renaissance, le th&#233;&#226;tre prend son essor moderne et s'approprie les masques. En Italie, Carnaval atteint une splendeur et un d&#233;veloppement exceptionnels. L'affluence d'&#233;trangers riches, &#224; Rome notamment, peut expliquer la tol&#233;rance s&#233;culaire de l'&#201;glise pour des divertissements profanes que d'aucuns, &#224; vrai dire, jugeaient assez d&#233;plac&#233;s dans une ville directement soumise &#224; l'autorit&#233; des papes. Ceux-ci d'ailleurs protest&#232;rent parfois contre des licences un peu trop vives, mais il ne para&#238;t pas qu'ils aient insist&#233; beaucoup en ce sens et plusieurs d'entre eux ont collabor&#233; aux magnificences de ces f&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Carnaval de Venise fut encore plus c&#233;l&#232;bre et plus fr&#233;quent&#233; que celui de Rome, car il le d&#233;passait en licence et durait une partie de l'hiver. Des illuminations f&#233;eriques, des feux d'artifice, des gondoles illumin&#233;es circulant sur les canaux avec leur &#233;quipage de masques et de musiciens, le luxe des d&#233;guisements, l'affluence des belles courtisanes et surtout l'autorisation des jeux de hasard, tels &#233;taient les attraits puissants de ces f&#234;tes qui ont beaucoup p&#226;li quand Venise perdit son ind&#233;pendance politique. Plus encore que le d&#233;guisement, le masque est l'attribut essentiel du carnaval v&#233;nitien. Le port du masque &#233;tait si g&#233;n&#233;ralis&#233; qu'il fut interdit - en vain - dans les &#233;glises. Gr&#226;ce &#224; lui, et au d&#233;guisement, les barri&#232;res sociales &#233;taient abolies. L'humble devenait seigneur, le puissant bouffon. Hommes et femmes, jeunes et vieux, chacun pouvait s'abandonner &#224; ses pulsions, vivre ses fantasmes en toute impunit&#233;. La ville fusionnait, et ses autorit&#233;s laissaient faire, sachant fort bien que ce d&#233;sordre contribuait au maintien d'un ordre plus subtil. Plus qu'une simple f&#234;te, il devient un pr&#233;texte aux abus et &#224; la rencontre des diff&#233;rentes classes sociales. Les masques prennent toute leur importance, car ils permettent aux f&#234;tards de conserver leur anonymat. Cela est essentiel, surtout pour les nobles, qui malgr&#233; leur d&#233;bauche sont sujets aux r&#232;gles d'honneur et d'&#233;tiquette. Ils peuvent ainsi s'adonner aux plaisirs du jeu, de la boisson, et de l'amour sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise, interdira elle aussi le Carnaval &#224; partir de 1790. La Gazette Nationale &#233;crit, en 1792, que la municipalit&#233; a arr&#234;t&#233; : &#171; 1&#176; qu'il est d&#233;fendu de para&#238;tre travesti dans les rues ; 2&#176; que personne ne pourra donner de bal masqu&#233; public ; 3&#176; qu'on ne peut &#233;taler ou vendre des masques et habits de d&#233;guisement pass&#233; onze heures du soir ; 4&#176; que personne ne peut donner de bal public, sans en avoir obtenu l'autorisation de la police ; 5&#176; que ces bals ne peuvent se prolonger au-del&#224; de onze heures de nuit. &#187; (Gazette Nationale, ou Le Moniteur Universel, n&#176; 32, mercredi 1er f&#233;vrier 1792, Troisi&#232;me ann&#233;e de la Libert&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de cette &#233;poque, la police a publi&#233; tous les ans au moment du carnaval une ordonnance con&#231;ue toujours &#224; peu pr&#232;s dans les m&#234;mes termes. On interdit &#224; tous les masques de se montrer sur la voie publique avec des armes ou b&#226;tons, de se masquer avant 10 heures du matin et apr&#232;s 6 heures du soir, de prendre des d&#233;guisements de nature &#224; troubler l'ordre public ou &#224; blesser la d&#233;cence et les m&#339;urs, de porter aucun insigne, aucun costume eccl&#233;siastique ou religieux, d'apostropher qui que ce soit par des invectives, des mots grossiers ou provocations injurieuses, de s'arr&#234;ter pour tenir des discours ind&#233;cents et provoquer les passants par gestes ou paroles contraires &#224; la morale, de jeter dans les maisons, dans les voitures et sur les personnes des objets ou substances pouvant causer des blessures, endommager ou salir les v&#234;tements, de promener ou br&#251;ler des mannequins dans les rues et places publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques variantes int&#233;ressantes. Entre 1801 et 1820, l'ordonnance de police d&#233;fend le port du masque dans les rues et lieux publics. De 1815 &#224; 1820, parmi les mascarades interdites figurent &#171; &lt;i&gt;celles qui rappelleraient les &#233;poques malheureuses de la R&#233;volution fran&#231;aise &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors qu'en 1948, &#224; Paris, Carnaval se m&#234;le aux journ&#233;es r&#233;volutionnaires. Lorsque le d&#233;fil&#233; se pr&#233;sente devant le Minist&#232;re, la troupe tire et tue 16 personnes. Celles-ci sont alors dispos&#233;es sur une charrette pour une &#171; promenade des cadavres &#187; dans le sillage de laquelle s'&#233;l&#232;vent les barricades qui m&#232;neront les r&#233;volutionnaires vers la IIe R&#233;publique. Le pr&#233;sident &#233;lu, devenu trois ans plus tard l'empereur Napol&#233;on III, ne tol&#232;rera ensuite que le d&#233;fil&#233; de la corporation des bouchers, accompagn&#233; de quelques chars publicitaires. M&#234;me lorsque la IIIe R&#233;publique arrive, le Carnaval renaissant est tr&#232;s vite encadr&#233; par les festivit&#233;s offertes par de grands patrons. Carnaval prend alors le masque de la bienfaisance afin de faire des collectes qui autorisent des d&#233;fil&#233;s de plus en plus fastueux, les b&#233;n&#233;fices restant &#233;tant solennellement revers&#233;s &#224; des &#339;uvres de charit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 20e si&#232;cle, Carnaval est de plus en plus spectaculaire, avec un roi qui varie au gr&#233; des modes et de l'actualit&#233;. En 1967, &#224; Nice, un tyrolien &#171; Roi des loisirs &#187; sera br&#251;l&#233; avant son heure par des &#171; anarchistes &#187; m&#233;contents. Carnaval devient une entreprise &#224; part enti&#232;re, employant des gens toute l'ann&#233;e. Le maquillage narcissique, beau, visant &#224; attirer les regards, tend &#224; remplacer le masque repoussant. De m&#234;me, la parade o&#249; l'on se montre se substitue au drame jou&#233; ensemble. Mais si la programmation officielle voudrait l'oublier, la tradition des hommes sauvages, des revenants, des gar&#231;ons enceints, des libert&#233;s amoureuses, de la verve critique et d&#233;nonciatrice demeure en souterrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question, ici, de se lamenter sur le degr&#233; de r&#233;cup&#233;ration que peuvent avoir les carnavals d'aujourd'hui. Je sais que la r&#233;pression n'emp&#234;chera jamais totalement les besoins de d&#233;foulement qu'ont les humains. Le Carnaval n'est qu'un rituel qui sert d'exutoire aux frustrations que l'on connait le reste de l'ann&#233;e. Plus le Carnaval est encadr&#233; et plus ce besoin d&#233;borde &#224; d'autres moments. Plus on canalisera &#233;troitement ce type de rituel, plus la chance est grande de voir ces pratiques se politiser. Car au-del&#224; du simple besoin de se d&#233;fouler une fois par an, la question est plus largement celle de la ma&#238;trise qu'on a de nos rituels. L'id&#233;e de f&#234;ter le renouveau du jour sur la nuit est plaisante. Ridiculiser publiquement le pouvoir le jour du Carnaval doit aussi nous amener &#224; le saper petit &#224; petit le reste du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon id&#233;e du Carnaval n'est pas focalis&#233;e sur les &#171; incidents &#187;, les &#171; affrontements &#187; ou la &#171; casse &#187;. Pour moi, ces d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels et les provocations contre la morale font partie de fa&#231;on normale de cet &#233;v&#232;nement qui pr&#244;ne un &#171; renversement &#187;, fut-il limit&#233; &#224; quelques heures par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que Carnaval c'est avant tout :&lt;br class='manualbr' /&gt;- les d&#233;guisements, les masques, l'anonymat g&#233;n&#233;ralis&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;- les maquillages repr&#233;sentant des personnages et des symboles &#171; renvers&#233;s &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- les chars, symboles contre le pouvoir br&#251;l&#233;s &#224; la fin&lt;br class='manualbr' /&gt;- le don d'alcool, de bouffe voire d'autres drogues, sans argent&lt;br class='manualbr' /&gt;- les p&#233;tards, fumig&#232;nes et fus&#233;es&lt;br class='manualbr' /&gt;- la farine, les &#339;ufs, et autres projectiles salissants dans des batailles endiabl&#233;es o&#249; n'importe quel passant encravat&#233; peut se retrouver ridiculis&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;- la musique, battucadas et autres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Carnaval est un renversement, alors Carnaval doit &#234;tre un moment de libert&#233;, un moment o&#249; ceux qui n'ont pas de pouvoir prennent le pouvoir, l'espace, la rue. L'id&#233;al &#233;tant qu'il ne se limite pas &#224; ce qu'il a beaucoup &#233;t&#233; : une soupape, un moment de libert&#233; pour une ann&#233;e de surveillance, de r&#233;signation. Carnaval doit plut&#244;t faire prendre go&#251;t &#224; la libert&#233;. Il a ce potentiel et c'est pourquoi le pouvoir a toujours cherch&#233; &#224; le limiter, le canaliser voire l'interdire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer, voici ce que disait Harvey Cox, en 1971 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Comme pr&#233;vu, &#233;v&#234;ques et patrons n'en sont gu&#232;re heureux, mais en tout cas cela a lieu. Cette renaissance de la fantaisie et de la f&#234;te, qui commence, est un bon signe. Elle montre que notre &#233;poque red&#233;couvre peut-&#234;tre la valeur de deux composantes de la culture qui, toutes deux, &#233;taient jadis visibles dans la F&#234;te des Fous. La premi&#232;re est la f&#234;te en elle-m&#234;me, importante parce qu'elle remet le travail &#224; sa place. Elle sugg&#232;re que le travail, bien que r&#233;mun&#233;rateur, n'est pas la plus haute fin de la vie, mais doit contribuer &#224; l'accomplissement de la personne humaine. Nous avons besoin d'interrompre le travail &#224; date fixe pour nous souvenir que ce ne sont m&#234;me pas un produit national brut d'un montant astronomique et le plein emploi de tous qui peuvent apporter le salut. Les jours de f&#234;te, nous cessons de travailler et nous go&#251;tons ces gestes traditionnels et ces heures de franche gaiet&#233; sans lesquels une vie ne serait plus humaine. La f&#234;te, comme le jeu, la contemplation et l'amour, est une fin en soi. Ce n'est pas un moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre importante composante culturelle de la F&#234;te des Fous est la fantaisie en tant que critique de la soci&#233;t&#233;. D&#233;masquer la vanit&#233; des puissants fait toujours para&#238;tre leur pouvoir moins irr&#233;sistible. C'est pourquoi les tyrans tremblent devant les bouffons, et les dictateurs interdisent les chansonniers. Bien qu'une occasion fix&#233;e pour le persiflage politique puisse &#234;tre exploit&#233;e par les puissants pour rendre la critique insignifiante, m&#234;me une telle occasion ne doit pas exister. Du point de vue de l'oppresseur, la satire risque toujours de lui &#233;chapper ou de donner des id&#233;es aux gens, aussi est-il pr&#233;f&#233;rable de ne pas du tout la tol&#233;rer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Daniel Favre, &lt;i&gt;Carnaval ou la f&#234;te &#224; l'envers&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Harvey Cox, &lt;i&gt;La F&#234;te des fous&lt;/i&gt;, Seuil, 1971&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;a href=&#034;http://www.carnaval-pantruche.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.carnaval-pantruche.org/&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- et autres sources internet.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour le plaisir :&lt;/strong&gt; Une protestation contre le Carnaval, en 1844 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Le Carnaval&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le commencement de notre publication, nous n'avons pas manqu&#233; chaque ann&#233;e de protester, au nom de la morale, contre ce qui se passe &#224; Paris dans ces jours de d&#233;vergondage et de profonde immoralit&#233; que l'on appelle le Carnaval. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut des hommes &#224; la France pour qu'elle soit toujours digne de son nom, pour qu'elle pr&#233;side encore aux destin&#233;es du monde, et que tous la qualifient, avec l'un de ses puissants chefs, de belle, d'h&#233;ro&#239;que, de grande nation. Ses enfants laborieux le savent, et ils n'iront pas s'amollir et se corrompre dans des f&#234;tes scandaleuses pour devenir semblables &#224; ces Romains d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s qui n'avaient plus la force de soulever une lance lorsque la barbarie est venue les envahir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du laisser-aller incroyable qui pr&#233;side &#224; ces jours &#224; la fois si abominables et si funestes ; encore jeunes et plein d'avenir, mais d&#233;j&#224;, pour la plupart, us&#233;s par la d&#233;bauche et glac&#233;s par l'&#233;go&#239;sme, il est, parmi les classes dites sup&#233;rieures, des hommes qui abjurent toute dignit&#233;, tout sentiment honn&#234;te, et font de l'orgie monstrueuse o&#249; ils se vautrent quelque chose de si ignoble et de si vil, de si bas et de si sale, qu'on ne trouve rien &#224; comparer, m&#234;me dans les derniers rangs des animaux. Oui, c'est &#224; cette jeunesse soi-disant d'&#233;lite, c'est &#224; ces fils de famille qu'il est donn&#233; de faire rena&#238;tre parmi nous tout un monde d'antiques turpitudes, et d'offrir en spectacle &#224; nos enfants l'effronterie des cyniques unie &#224; la lubricit&#233; des satyres. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un grand crime du Pouvoir que sa tol&#233;rance pour des exc&#232;s si pernicieux et si funestes ; si un mauvais g&#233;nie avait pour mission de d&#233;truire l'esp&#232;ce humaine, il nous semble qu'il ne choisirait pas d'autre voie. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs on est hautain, pr&#233;tentieux, poli avec ses &#233;gaux, d&#233;daigneux envers ses inf&#233;rieurs, l&#224; tout le monde se serre la main, s'embrasse, se tutoie : c'est l'&#233;galit&#233; dans toute sa latitude, mais c'est l'&#233;galit&#233; du vice. C'est l&#224; que l'homme abjure toute retenue, et la femme toute pudeur. Puis quand la bande est bien repue, quand les liqueurs spiritueuses fermentent dans ces cerveaux vides, alors le d&#233;sordre est &#224; son comble ; c'&#233;tait affreux, cela devient horrible : ce sont des hurlements prolong&#233;s, d&#233;lirants, fr&#233;n&#233;tiques, qui font que la piti&#233; vous serre le c&#339;ur quand on les entend de loin, et qui, de pr&#232;s, feraient croire &#224; une saturnale des d&#233;mons. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute femme qui quitte son m&#233;nage et qui insinue &#224; son &#233;poux de la conduire &#224; ces r&#233;unions avilissantes aura bient&#244;t besoin de lui fermer les yeux sur sa conduite. Quels attraits ces lieux peuvent-ils lui offrir ? Quelle &#226;me honn&#234;te et chaste n'&#233;prouve pas de r&#233;pulsion pour de telles horreurs ? Celle donc qui m&#233;conna&#238;t ainsi son devoir n'a plus droit &#224; aucune sorte de respect ni d'&#233;gard, car elle se fait, par induction, l'&#233;gale des prostitu&#233;es, dont elle envie les plaisirs obsc&#232;nes et la licence affreuse. [...].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte paru dans la revue &#034;L'Atelier, Organe des int&#233;r&#234;ts moraux et mat&#233;riels des ouvriers&#034;. &#171; Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger. &#187; Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233;, Unit&#233;. Mars 1844.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2e partie : Quand Carnaval retourne Montpellier...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite histoire du Carnaval &#224; Montpellier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire qui va suivre est extr&#234;mement incompl&#232;te. Elle se concentre surtout sur les trois derni&#232;res d&#233;cennies. Comment cela se passait-il au Moyen Age ? On ne peut qu'imaginer que le Carnaval ressemblait aux autres. Pr&#232;s de Montpellier, &#224; Cournonterral, la f&#234;te des Pailhasses reste encore aujourd'hui une tradition o&#249; la lie de vin se r&#233;pand partout dans le village, jusque dans les maisons ou les v&#233;hicules qui ne sont pas suffisamment ferm&#233;s. A part &#231;a on trouve de vieilles cartes postales du d&#233;but du XXe si&#232;cle repr&#233;sentant des chars du Carnaval &#224; Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1978 et 1989, il y avait &#233;galement un Carnaval organis&#233; par le Comit&#233; des f&#234;tes de la ville, avec des chars repr&#233;sentant les diff&#233;rentes corporations. Il y avait notamment un Bacchus vigneron promenant une fontaine &#224; vin. Yves Naquet raconte (Midi-Libre, 11-04-1987) que le comit&#233; des f&#234;tes avait d&#233;j&#224; tent&#233; de relancer un Carnaval en 1949. &#171; &lt;i&gt;comme aucune subvention n'est allou&#233;e, nous organisons un loto monstre qui nous rapporte cinq millions de centimes de l'&#233;poque.&lt;/i&gt; &#187; Tous les bistrots de la ville avaient particip&#233; &#224; l'op&#233;ration et une cavalcade g&#233;ante comptant une vingtaine de chars avait eu lieu cette ann&#233;e-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'exp&#233;rience reste isol&#233;e et ce n'est qu'en 1978, gr&#226;ce &#224; une subvention de la municipalit&#233; que ce d&#233;fil&#233; reprendra. Les archives de l'&#233;poque nous apprennent en outre qu'un &#171; &lt;i&gt;char collectif&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt;festivit&#233;s parall&#232;les&lt;/i&gt; &#187; ont eu lieu. Initiatives impr&#233;vues qui &#171; &lt;i&gt;n'ont gu&#232;re fait l'unanimit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Le journaliste raconte : &#171; &lt;i&gt;Nous avons nous-m&#234;mes re&#231;u, en notre si&#232;ge, des coups de t&#233;l&#233;phone de Montpelli&#233;rains n'ayant gu&#232;re appr&#233;ci&#233; d'&#234;tre pris pour cible (sacs de farine, &#339;ufs pourris) alors qu'ils se rendaient fort gentiment au rendez-vous autoris&#233;.&lt;/i&gt; &#187; On trouve &#233;galement dans ce Midi-Libre du 25-02-1979, ce commentaire : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;surrection d'un Carnaval &#224; Montpellier est, &#224; coup s&#251;r, un &#233;l&#233;ment appr&#233;ciable pour l'animation et la vie de notre ville. Toutefois &#034;Midi-Libre&#034; tient &#224; pr&#233;ciser qu'il n'est pour rien dans l'affichage sauvage qui &#034;fleurit&#034; dans tous les coins de Montpellier. Ces affiches reprennent le graphisme de notre titre et le transformant en Midi Ivre constituent malheureusement une contrefa&#231;on flagrante.&lt;/i&gt; &#187; Le Carnaval souterrain en avait des id&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Cavalcade organis&#233;e se d&#233;roulait le week-end, il y avait aussi Mardi-Gras, qui rendait &#171; &lt;i&gt;la place de l'&#339;uf toute blanche&lt;/i&gt; &#187;. Mais en cette ann&#233;e 1982, le journal relate que ce fut l'occasion d'&#233;chauffour&#233;es au Polygone. &#171; &lt;i&gt;J'estime que c'est grave, commente M. Michel Badie, le directeur du centre commercial. On a vraiment fr&#244;l&#233; l'&#233;meute type mai 68. Les quatre portes d'entr&#233;e ont &#233;t&#233; bris&#233;es, trois membres du personnel l&#233;g&#232;rement bless&#233;s par des jets de bouteilles et de silex, des lances &#224; incendies coup&#233;es... Ce qui me surprend, ce sont les motivations : pourquoi, chaque ann&#233;e, le Polygone est-il vis&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; (24-02-82) On lui r&#233;pondra que si Carnaval est un renversement, il est normal que le temple de la consommation soit une cible...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque d'ailleurs que Midi-Libre oscille selon les ann&#233;es entre l'indignation contre les d&#233;bordements et la d&#233;ception quand le Carnaval est trop sage. &#171; &lt;i&gt;Pauvre Carnaval ! Pour lui, ce Mardi que l'on dit Gras, aura &#233;t&#233; bien maigre.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Apr&#232;s les d&#233;bordements de l'an dernier qui firent souffler la temp&#234;te du c&#244;t&#233; du Polygone, on l'a b&#226;illonn&#233;. Hier, il avait des allures de fant&#244;me d&#233;guis&#233; en otage.&lt;/i&gt; &#187; (16-02-83) En 1984 la cavalcade officielle se d&#233;roule sur deux dimanches, plus d'un mois apr&#232;s Mardi-Gras o&#249; &#171; &lt;i&gt;quelques hordes de jeunes macul&#233;s de farine ont envahi les art&#232;res principales de la cit&#233;.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Dans la plus grande pagaille, faisant pour certains l'&#233;cole buissonni&#232;re, les jeunes Montpelli&#233;rains ont tout de m&#234;me tenu &#224; demeurer fid&#232;les aux traditions citadines de leurs anc&#234;tres.&lt;/i&gt; &#187; (7-03-84) L'ann&#233;e suivante, le journal trouve Mardi-Gras &#171; &lt;i&gt;de plus en plus pacifique. On se souvient en effet que ces derni&#232;res ann&#233;es les bagarres de farine avaient parfois d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en v&#233;ritable pugilat et que quelques casseurs s'&#233;taient gliss&#233; dans la sarabande pour accomplir leurs basses &#339;uvres, casser des vitrines de magasins notamment.&lt;/i&gt; &#187; (20-02-85)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pacification qui finit encore par d&#233;cevoir : &#171; &lt;i&gt;Quelques centaines d'irr&#233;ductibles, charg&#233;s de l'in&#233;vitable petit sachet de farine ont donc &#034;d&#233;boul&#233;s&#034; hier apr&#232;s-midi sur la vaste place de l'Oeuf pour faire une dr&#244;le de bombe... glac&#233;e ! &#199;a p&#233;taradait dans tous les sens et en quelques instants l'endroit a rev&#234;tu un blanc manteau qui n'avait rien de tr&#232;s hivernal...&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Montpellier &#034;la surcoinc&#233;e&#034;, faute de v&#233;ritables noceurs a tr&#232;s sagement pr&#233;f&#233;r&#233; reculer la c&#233;l&#233;bration officielle de Carnaval au 11 et 12 avril prochain... En attendant, peut-&#234;tre de f&#234;ter le r&#233;veillon du Nouvel An un 31 juillet... Il y a comme des traditions qui se perdent. Les jeunes excit&#233;s d'hier entendaient un peu le rappeler &#224; leur mani&#232;re. Allez les p'tits gars, encore un effort et on risque de red&#233;couvrir les vertus populaires de la f&#234;te. R&#233;volutionnaire, non ?&lt;/i&gt; &#187; (4-03-87) Or, le mois suivant, ces espoirs sont d&#233;&#231;us : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a rien &#224; dire, le carnaval de Montpellier a tout pour plaire, mais il lui manque ce petit plus qui fait qu'une f&#234;te est r&#233;ellement une f&#234;te.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Le soleil &#233;tait l&#224; et le public aussi. Que voulez-vous de plus ? Peut-&#234;tre tout simplement que ce ne soit pas un spectacle passif, dans lequel seuls les m&#244;mes ont encore un brin de spontan&#233;it&#233;.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Cela &#233;tant, encore une fois, le carnaval de Montpellier est comme une poup&#233;e neuve qu'on sort de sa boite... Il est joli et bien propret. Mais allez y comprendre quelque chose les enfants lui pr&#233;f&#232;rent souvent le vieux nounours tout frip&#233;.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Le Carnaval, a-t-on dit, chaque ann&#233;e renait de ses cendres. Peut-&#234;tre faudrait-il souffler un peu sur les braises pour qu'elles nous enflamment.&lt;/i&gt; &#187; (12-04-87)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra deux ans, car en 1988, &#171; &lt;i&gt;Le carnaval se meurt, de sa belle mort, et le pav&#233; montpelli&#233;rain n'en a eu que des miettes hier. &#338;ufs et farine &#233;taient au menu du jour, d&#233;gust&#233;s presque exclusivement au pied des Trois Gr&#226;ces. Une petite poign&#233;e de lyc&#233;ens ont perp&#233;tu&#233; la tradition dans la franche rigolade.&lt;/i&gt; &#187; (17-02-88) Puis l'ann&#233;e suivante &#171; &lt;i&gt;certaines m&#232;res de famille ont d&#251; s'arracher les cheveux mardi soir au moment du retour &#224; la maison de leur prog&#233;niture. Imaginez des v&#234;tements, des cartables, et m&#234;me des chevelures, gluants d'une ind&#233;finissable mixture faite de farine, d'omelette et de cr&#232;me d'a&#233;rosol.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Au moins ce Carnaval avait-il le m&#233;rite d'&#234;tre parfaitement spontan&#233; et inorganis&#233;, comme le veut son vrai pur esprit. Mais il eut l'inconv&#233;nient d'emporter dans la tourmente quelques simples passants, parfois &#226;g&#233;s, qui n'appr&#233;ciaient qu'&#224; moiti&#233;. Un instant, les arroseuses municipales pr&#233;tendirent remettre les lieux en &#233;tat. Elles contribu&#232;rent plut&#244;t &#224; transformer la dalle en patinoire, rajoutant ainsi &#224; la dr&#244;lerie.&lt;/i&gt; &#187; (9-02-89).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1990 marque un tournant. D'une part, les subventions allou&#233;es au Carnaval du Comit&#233; des F&#234;tes sont supprim&#233;es et lui avec. Deux jours apr&#232;s cette annonce, c'est Mardi-Gras et l&#224;, c'est &#171; &lt;i&gt;le d&#233;rapage&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Place de la Com&#233;die, les bus ont &#233;t&#233; pris d'assaut par des jeunes gens arm&#233;s de sacs de farine, d'oeufs et de bombes &#224; eau. Ca n'a pas fait plaisir &#224; tout le monde... Des voyageurs exc&#233;d&#233;s, des chauffeurs ulc&#233;r&#233;s, des vitres bris&#233;es, des bus souill&#233;s, le carnaval des lyc&#233;ens a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/i&gt; (...) &#034;La municipalit&#233; n'a donn&#233; aucune autorisation pour que se d&#233;roule une telle manifestation&#034;, &lt;i&gt;a expliqu&#233;, Fran&#231;ois Delacroix, le directeur de cabinet de Georges Fr&#234;che. Si la mairie de Montpellier&lt;/i&gt; &#034;condamne ces violences&#034;, &lt;i&gt;elle tient d'ailleurs &#224; pr&#233;ciser qu'elle a aussit&#244;t fait&lt;/i&gt; &#034;intervenir la police municipale sur les lieux de l'incident&#034;. &#187; (28-02-90) Rien d'extraordinaire, au vu des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes ne s'&#233;tait pass&#233; et pourtant, cette ann&#233;e-l&#224;, c'est l'emballement. &#171; &lt;i&gt;Bernard Toulemonde, recteur de l'acad&#233;mie de Montpellier, a tenu, hier, &#224; pr&#233;senter ses excuses aux Montpelli&#233;rains.&lt;/i&gt; &#034;Mardi-Gras a de nouveau, cette ann&#233;e, donn&#233; lieu aux manifestations habituelles. Celles-ci sont acceptables tant que les chansons, les chahuts et les jets de farine demeurent dans les limites raisonnables. En revanche, il ne peut &#234;tre tol&#233;r&#233; que des &#233;l&#232;ves, parfois d&#233;bord&#233;s par des personnes beaucoup plus &#226;g&#233;es, se livrent &#224; des d&#233;pr&#233;dations &#8211; vitres bris&#233;es, portes enfonc&#233;es &#8211; ou menacent physiquement de jeunes &#233;l&#232;ves, des professeurs ou des passants.&#034; &#187; (1-03-90)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'ann&#233;e suivante, les &#171; &lt;i&gt;limites raisonnables &lt;/i&gt; &#187; des &#171; &lt;i&gt;manifestations habituelles&lt;/i&gt; &#187; sont fix&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Cette ann&#233;e, avant son d&#233;part pour Toulouse, le recteur avait mis les points sur les i. Les exc&#232;s de l'ann&#233;e pass&#233;e, il n'en veut plus, M. Toulemonde. Et pas davantage la mairie. Le premier a promis des sanctions aux &#233;l&#232;ves absents sans motif valable, ou porteurs de produits interdits ou dangereux.&lt;/i&gt; &#034;La f&#234;te ne peut porter atteinte aux biens ou aux personnes&#034;. &lt;i&gt;Georges Fr&#234;che a pris, lui, un arr&#234;t&#233; municipal, interdisant&lt;/i&gt; &#034;compte tenu des circonstances particuli&#232;res&#034; &lt;i&gt;les jets de p&#233;tard, d'&#339;ufs et de farine.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Mettre la f&#234;te sous surveillance, voil&#224; qui pouvait choquer certains puristes de la liesse populaire.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Alors, il faut bien le dire, &#224; part quelques drilles pas vraiment joyeux, quelques irr&#233;ductibles qui n'avaient pas peur du ridicule, le mardi gras montpelli&#233;rain n'a m&#234;me pas eu hier le go&#251;t du fruit d&#233;fendu. &lt;/i&gt; &#187; (13-02-91) L'ann&#233;e suivante, rebelote. &#171; &lt;i&gt;Carnaval ou pas, silence dans les rangs ! Les chefs d'&#233;tablissements scolaires de Montpellier, d'un m&#234;me trait de plume, serrent la vis du Mardi Gras. Histoire de mettre un terme aux exc&#232;s d'&#339;ufs, p&#233;tards, farine et autres confettis que ces derni&#232;res ann&#233;es, les lyc&#233;ens en goguette faisaient pleuvoir sur les Montpelli&#233;rains qui n'en pouvaient plus.&lt;/i&gt; (...) &#034;Les &#233;l&#232;ves qui seront absents sans motif valable, qui seront porteurs de produits dangereux ou interdits ou qui auront un comportement de nature &#224; troubler les cours seront passibles de sanctions&#034;. &#187; (2-03-92)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils croyaient l'avoir tu&#233;, Carnaval est r&#233;apparu quelques ann&#233;es plus tard. En 1995, m&#234;me Midi-Libre s'enthousiasme pour &#171; &lt;i&gt;le d&#233;lirant cirque ambulant du Carnaval des anarchistes. Une cohorte d'hurluberlus grim&#233;s et d&#233;guis&#233;s, qui parcourent les rues de la ville au son des tam-tam et de la fanfare, voil&#224; enfin un Mardi-Gras digne d'int&#233;r&#234;t &#224; Montpellier. Le rendez-vous de 16h au Peyrou, fix&#233; par les anarchistes, s'est donc poursuivi jusque tr&#232;s tard dans la nuit. En milieu de soir&#233;e, la place Candolle (devenue territoire anarchiste depuis quelques mois) s'est retrouv&#233;e noire de monde, entre cracheurs de feu et &#233;chassiers. Puis le d&#233;fil&#233; a fait &#233;tape devant la cath&#233;drale &#224; 23h avant de rejoindre le Peyrou, point de d&#233;part de ce Carnaval d&#233;brid&#233;. L&#224;, la grosse t&#234;te de Charles Pasqua a &#233;t&#233; enflamm&#233;e en un habile d&#233;tournement de la tradition. Une ronde autour des braises, quelques sauts au travers des flammes pour les plus t&#233;m&#233;raires... Jusque tard dans la nuit, le happening alternatif de 300 f&#234;tards s'est r&#233;v&#233;l&#233; totalement vivifiant. Vivement l'ann&#233;e prochaine.&lt;/i&gt; &#187; (2-03-1995)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ce Carnaval qui perdure encore aujourd'hui le jour de Mardi Gras. On peut donc laisser tomber la presse bourgeoise pour laisser la parole &#224; des t&#233;moins directs :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite anthologie partisane du Carnaval de Montpellier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(texte trouv&#233; en 2004 dans une brochure distribu&#233;e par le Comit&#233; de soutien aux inculp&#233;s du carnaval)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait hasardeux et dangereux d'attribuer la paternit&#233; du Carnaval de Montpellier &#224; un groupe, une personne, une id&#233;e politicienne. Les pouvoirs publics et les m&#233;dias locaux s'en chargent r&#233;guli&#232;rement en se r&#233;pandant en inepties, pr&#233;jug&#233;s et m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Karnaval fut, pour eux, tour &#224; tour celui des &#171; Zanarchistes &#187;, des &#171; Z&#233;tudiants &#187;, des &#171; Zartistes &#187;, des &#171; Zapatistes &#187; (et m&#234;me qu'une fois on y aurait vu Zorro !) mais aussi celui des squatters ou du populo. Et tout derni&#232;rement le &#171; Carnaval Alternatif &#187; s'affiche dans Midi Libre comme une sorte de reconnaissance d&#233;finitive d'un mouvement toujours indompt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour finir cette liste extravagante, le tribunal usera d'un incongru &#171; Carnaval des Gueux &#187; (D&#233;geu !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux derni&#232;res appellations il est facile de r&#233;pondre que pour &#234;tre alternatif et des gueux il eu fallut qu'il exist&#226;t un autre carnaval et qu'il fut celui des Riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce Karnaval est le Carnaval, point !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les poseurs d'&#233;tiquettes s'interroger encore longtemps sur un mouvement incontr&#244;l&#233;, &#231;a leur fera du papier &#224; remplir et des mensonges &#224; diffuser. Ils auront beau chercher des organisateurs, ils n'en trouveront pas, le Carnaval est &#224; celles et ceux qui le font, il n'a rien &#224; dire au Pouvoir et &#224; ses chiens de garde, il n'a qu'&#224; montrer sa pr&#233;sence, sa foule, sa capacit&#233; &#224; retourner l'espace public et &#224; renverser les valeurs. Pour une nuit, seulement h&#233;las ! Mais quelle nuit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nuit par an et ce depuis 1995, un rendez-vous est donn&#233; &#224; 19h au Peyrou le jour de Mardi Gras. Bien s&#251;r au d&#233;but existait un Kollectif Karnaval qui pendant 2 ou 3 ans se chargea de rassembler les bonnes et les mauvaises volont&#233;s pour r&#233;aliser et distribuer tracts et affiches, pour construire des chars, jouer de la samba, d&#233;clarer et d&#233;finir le parcours. Ce collectif avait comme objectif premier sa dissolution rapide et d&#233;finitive. En effet, quel sens aurait une f&#234;te qui se d&#233;clare libre, gratuite, inorganis&#233;e, incontr&#244;l&#233;e, subversive et populaire, si elle conservait &#224; sa t&#234;te quelques personnes, seraient-elles de la meilleure composition possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carnaval peut-il avoir une t&#234;te ? NON, il faut la couper ! Mais comme l'Hydre, chaque ann&#233;e apparaissent de nouvelles t&#234;tes et tombent la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Carnaval de Montpellier est une id&#233;e, et comme toute id&#233;e, voire toute chose, elle appartient &#224; celles et ceux qui s'en servent.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors voyant que d'ann&#233;es en ann&#233;es la foule se rassemblait sans cesse plus nombreuse, d&#233;guis&#233;e, festive, accompagn&#233;e de chars massifs et ing&#233;nieux, le Kollectif Karnaval s'est dissous pour ne plus jamais se reformer et laisser Carnaval vivre ou mourir. Comme bon lui semble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait justement que cette libert&#233; lui semble bonne et depuis 9 ans [aujourd'hui 15 ans], il n'a pas manqu&#233; un seul rendez-vous. Seules les traditions peuvent se targuer d'une telle long&#233;vit&#233;. Mais la tradition n'a rien de bon, c'est une image floue, consommatrice d'un pass&#233;, rien qu'un cadavre de souvenir. La tradition ne vit pas, elle ressuscite les morts. Karnaval c'est le contraire, c'est le jour o&#249; les valeurs sont invers&#233;es, o&#249; la f&#234;te est grat&#244;s, sans obligation d'achat, sans subvention et sans patron. C'est un mouvement joyeux fait de cris, de danses, de rires, de sons et de cr&#233;ativit&#233;. Rien &#224; voir avec la f&#234;te de la musique, les f&#233;rias et autres grandes messes populistes o&#249; l'argent, Ricard, Kronenbourg et Merguez Frites sont rois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Carnaval, le roi c'est toi, le roi c'est moi ! C'est Nous !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chars ont &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s en bande, les costumes subtilement &#233;tudi&#233;s, toujours avec les moyens du bord, et ils sont multiples &#224; qui se sert plus de son imagination que de son porte-monnaie. Seul le rendez-vous est toujours le m&#234;me et c'est parti !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FA&#207; TIRAR MARIUS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout doit circuler, sans papiers !&lt;/strong&gt; L'alcool, les chars, les gens, les enfants, les vieux. L'argent lui n'a rien &#224; faire l&#224;. Les seuls &#233;changes sont les paroles, les sourires, les bouteilles, les baisers, les bras pour porter les f&#234;tards ext&#233;nu&#233;s, pour pousser les chars des autres, les corps et les cris pour soutenir les Batucadas... &#199;a ce sont des &#233;changes. Le reste de l'ann&#233;e est l&#224; pour nous rappeler que tout se vend, que tout s'ach&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces derni&#232;res ann&#233;es, m&#234;me si la foule occupait toujours plus nombreuse la place publique, il y a de moins en moins de chars, de d&#233;guisements, de bars gratuits. Carnaval oublie peu &#224; peu de se lib&#233;rer et se prend pour une tradition. Comme s'il pouvait d&#233;sormais se pointer avec pour seul apanage son nom, port&#233; comme un titre de noblesse. Carnaval vient aujourd'hui, majoritairement, d&#233;guis&#233; en &#233;tudiant, en marchand, en d'jeun's, en flic, en flic d&#233;guis&#233; en &#233;tudiant (et vice-versa) pour voir ceux qui, en nombre restreint, comme des b&#234;tes curieuses, distribuent sambas, verres gratuits et &#233;nergies subversives. Karnaval se regarde passer comme &#224; Nice (&#224; quand les barri&#232;res de s&#233;curit&#233; ?), se consomme comme un litre de 51, et ne sait m&#234;me plus pourquoi il est bourr&#233;. La tradition gagne du terrain, Carnaval ferait-il la f&#234;te par habitude comme on joue au Loto et regarde la t&#233;l&#233; ? N'a-t-il plus rien &#224; d&#233;fendre qu'une exception culturelle, une particularit&#233; minoritaire ? C'est triste de voir Karnaval encadr&#233; par la police, surveill&#233; de si pr&#232;s. Pourtant si inoffensif !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carnaval devient un jour comme les autres, un soir tranquille, p&#233;p&#232;re, o&#249; le badeau profite du spectacle en toute s&#233;curit&#233; au lieu de s'inscrire dans cette r&#233;appropriation de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette ann&#233;e 2004 fut l'apoth&#233;ose de cette apathie g&#233;n&#233;ralis&#233;e o&#249; la confusion des id&#233;es et l'absence de pens&#233;e et d'investissement de Karnaval se r&#233;v&#233;la symptomatique d'une soci&#233;t&#233; malade parce qu'incapable de se prendre en main hors du contr&#244;le policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, cette ann&#233;e arriva ce que beaucoup attendaient. Depuis trop longtemps peut-&#234;tre ! Le &#171; d&#233;rapage &#187; de Carnaval, comme se plaisent &#224; dire les observateurs &#171; objectifs &#187; ! Une vitrine a c&#233;d&#233;e sous des coups de pieds enrag&#233;s et s'en est suivie une intervention muscl&#233;e de la police et un d&#233;but d'affrontement entre carnavaliers et forces de l'ordre. Affrontement fait de jets de canettes et d'insultes d'une part, de coups de tonfa, de lacrymos et de terreur automobile de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il n&#233;cessaire de savoir : C&#233;kikakomenc&#233; ? Et C&#233;kikakac&#233;lavitrine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui voyaient en Karnaval une force subversive et s&#233;ditieuse appr&#233;cieront le geste, m&#234;me symbolique, mais auront manqu&#233; de discernement quand &#224; la port&#233;e de celui-ci dans un tel contexte : une rue commer&#231;ante ultra-fliqu&#233;e, vid&#233;o-surveill&#233;e, envahie par une foule plus pr&#233;occup&#233;e d'entretenir son taux d'alcool&#233;mie que le feu de la r&#233;volte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui voyaient en Carnaval un &#233;l&#233;ment de trouble &#224; l'ordre public, une manifestation hors-la-loi, appr&#233;cieront aussi le geste, occasion r&#234;v&#233;e de porter atteinte au Carnaval. Et eux aussi manqueront de discernement. Il est vrai que dans les nuages de lacrymos il est difficile de discerner qui est un &#171; m&#233;chant &#187; ou un &#171; gentil &#187;. Alors pas de d&#233;tail, on arr&#234;te qui se trouve sur place et on triera plus tard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 6 arrestations et les jugements qui s'en suivront montreront combien tout &#231;a ne fut qu'une tentative de r&#233;pression avort&#233;e d'une occupation de rue libre et sans autorisation. En punir un pour en effrayer ou dissuader cent. Et au milieu de tout &#231;a, quelques &#171; bons citoyens &#187; qui tout en se faisant gazer et frapper par les flics leur d&#233;noncent quelques &#171; troubles-f&#234;te &#187; parce que &#171; quand m&#234;me on est venu pour faire la f&#234;te &#187; et que &#171; casser des vitrines, c'est pas festif &#187; et que, c'est bien connu, &#171; la police est l&#224; pour qu'on s'amuse dans le calme &#187;. On croit r&#234;ver !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui aurait cru que cette f&#234;te populaire mais surtout libre et gratuite permettrait aux flics de s'y promener tranquillement et d'y agir impun&#233;ment avec la complicit&#233; de d&#233;lateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme partout, le &#171; bon sens &#187; reprend ses droits m&#234;me au sein du Carnaval qui ne sera bient&#244;t plus qu'un spectacle, un bal &#224; papa pour jeunes qui croient manifester pour la libert&#233;. Rien que le d&#233;sir de libert&#233; les effraye, alors ils suivent et plut&#244;t que d'assumer enti&#232;rement cette f&#234;te, ils laissent (aident m&#234;me) l'argent, l'ordre &#224; remettre les choses &#224; l'endroit, dans le &#171; bon sens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si Karnaval n'est plus &#224; Montpellier ce qu'une trace de pneu est &#224; un slip blanc alors Karnaval doit mourir.&lt;/strong&gt; Il ne manquerait plus que Bov&#233; s'en m&#234;le pour que Karnaval devienne un SarKoval : on ach&#232;terait nos costumes chez Auchan avec maman, on boirait en accord avec les associations de commer&#231;ants (c'est pas tous des voleurs ! Y'en a des &#171; &#233;quitables &#187; !) et les chars seraient marqu&#233;s d'un M cher &#224; notre ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syst&#233;matiquement Karnaval doit refuser ces intrusions du monde marchand et policier.&lt;/strong&gt; Ce n'est pas parce que ce mouvement vieillit qu'il doit oublier d'&#234;tre un enfant : libre, gratuit, inorganis&#233;, subversif et populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; tous les sales m&#244;mes de se le dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les autres aillent faire le Beaujolais Nouveau et continuent &#224; voter &#171; Rutile &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guru khan (2004)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Carnaval 2004-2009...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette ann&#233;e l&#224;, pas une fois le carnaval ne se d&#233;roula sans arrestation ni intervention polici&#232;re pour y mettre fin. Cependant, cela n'emp&#234;che pas les gens de revenir ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu des arrestations pour tags, pour outrages, rebellions, violences sur agent, d&#233;gradations de biens publics ou priv&#233;s, mises en d&#233;grisement... Mais cela, souvent, en faisant porter le chapeau &#224; d'autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la Mairie a d&#233;cid&#233; de mettre fin &#224; toute vie nocturne en dehors des lieux et des moments pr&#233;vus &#224; cet effet, cela s'est sold&#233; par des charges polici&#232;res &#224; 1h du matin p&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du Carnaval, les effectifs policiers se placent d&#233;sormais sur la place Candolle qui &#233;tait auparavant le lieu d'arriv&#233;e du Carnaval o&#249; les chars &#233;taient br&#251;l&#233;s et qui f&#251;t en 2006-2007 le lieu d'une opposition quasi-quotidienne entre policiers et f&#234;tards (opposition qui s'est sold&#233;e par l'installation de cam&#233;ras et par un r&#233;am&#233;nagement de la place au profit des bars, avec la suppression de la moiti&#233; des bancs ; ainsi que par des arr&#234;t&#233;s municipaux interdisant les rassemblement, la consommation et la vente d'alcool en dehors des bars d&#232;s 22h... d&#232;s 15h le jour du Carnaval !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place Candolle n'&#233;tant pas fr&#233;quentable, le Carnaval tend &#224; se disperser dans tout le centre-ville, avec pour terminus de pr&#233;dilection pour br&#251;ler les chars les places St Anne et St Roch. La r&#233;pression est aveugle : en 2009, un flic en civil aurait &#233;t&#233; parmi les victimes de la charge polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le danger qui guette vraiment Carnaval est celui qui l'a menac&#233; tout au long de son existence multi-mill&#233;naire : celui de son encadrement, de sa normalisation. C'est ainsi que la Mairie ne se contente plus de la r&#233;pression pure. Elle accorde une autorisation &#224; une association culturelle, laquelle termine au plus t&#244;t le d&#233;fil&#233; sur la place de la Com&#233;die et invite ensuite les participants &#224; une &#171; after &#187; dans un bar musical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque fois, ce moment sur la place de la Com&#233;die est inqui&#233;tant, car outre les arrestations qui y surviennent parfois, plane le danger que tout s'arr&#234;te l&#224;. Mais cela n'est encore jamais arriv&#233;. On peut seulement regretter que le cort&#232;ge, lorsqu'il repart, d&#233;daigne les petites ruelles pour remonter sous l'&#339;il des cam&#233;ras dans la grande avenue centrale, qui fut pr&#233;cis&#233;ment trac&#233;e au 19e si&#232;cle pour aider la police dans sa gestion des troubles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Carnaval n'est pas mort, mais Carnaval semble toujours en danger. &lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que le besoin ancestral de renverser les valeurs ne se fait plus sentir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors... que sera Carnaval 2010 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'on va y aller pour regarder ou pour participer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce qu'on va se pr&#233;parer un peu plus que seulement acheter d'avance de l'alcool &#224; cause des interdictions faites aux &#233;piceries ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce qu'on va r&#233;fl&#233;chir au d&#233;guisement qui surprendra tout le monde ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sommes-nous toujours capables de faire un char et/ou une batucada avec sa bande de potes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rendez-vous le 16 f&#233;vrier !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;cit et impressions sur le mouvement dit &#171; anti-CPE &#187; &#224; Montpellier</title>
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		<dc:date>2007-11-17T21:09:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadarlana</dc:creator>


		<dc:subject>Critiques de l'&#226;gisme et de l'&#233;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Nadarlana (Montpellier)</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvements sociaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette brochure est un extrait d'un m&#233;moire de sociologie rendu &#224; la fin de l'ann&#233;e. Le m&#233;moire dans son ensemble est un projet de th&#232;se sur les imaginaires et pratiques radicaux aujourd'hui. Il devait contenir une esp&#232;ce de chapitre de la future th&#232;se. L'objectif de d&#233;part &#233;tait de pr&#233;senter et d'analyser le contenu des brochures que l'on trouve dans les infokiosques. Mais l'auteur &#233;tant totalement impliqu&#233; dans l'action, il n'a rien foutu. Alors au moment de rendre son m&#233;moire, il a pr&#233;f&#233;r&#233; raconter ce qu'il avait vu durant le mouvement. C'est cette partie qui est pr&#233;sent&#233;e ici. On remarquera donc que le style employ&#233; n'est pas aussi &#233;nerv&#233; que l'auteur aurait voulu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture quand m&#234;me !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;R&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot57" rel="tag"&gt;Critiques de l'&#226;gisme et de l'&#233;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Nadarlana (Montpellier)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Mouvements sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L135xH150/arton400-70fc9.jpg?1780519329' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='135' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff400.jpg?1195305703&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du milieu du mois de f&#233;vrier au milieu du mois d'avril, l'Universit&#233; Paul Val&#233;ry &#224; Montpellier conna&#238;t une gr&#232;ve avec occupation des locaux. La mobilisation avait commenc&#233; pr&#232;s d'un mois auparavant et se poursuivra pr&#232;s d'un mois par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants entendent s'opposer au &#171; Contrat Premi&#232;re Embauche &#187; (CPE) vot&#233; par le Parlement, qui pr&#233;voit une p&#233;riode d'essai de deux ans pour les moins de 26 ans qui signeront ce contrat. Plus largement, les &#233;tudiants s'opposent &#224; l'ensemble de la &#171; Loi sur l'Egalit&#233; des Chances &#187; (LEC), dont le CPE fait partie, et qui comprend &#233;galement des mesures comme la possibilit&#233; d'entrer en apprentissage d&#232;s l'&#226;ge de 14 ans et celle de travailler de nuit d&#232;s l'&#226;ge de 15. La LEC est alors pr&#233;sent&#233;e comme la r&#233;ponse du gouvernement aux inqui&#233;tudes de la jeunesse dont la frange la plus populaire s'est soulev&#233;e plusieurs semaines durant, le mois de novembre pr&#233;c&#233;dent. Des milliers de voitures furent alors incendi&#233;es, des centaines d'institutions et de commerces br&#251;l&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour prendre le relais, c'est cette fois la frange la moins d&#233;favoris&#233;e de la jeunesse qui se mobilise, puisque celle-ci, pour la plupart, reste ins&#233;r&#233;e dans le syst&#232;me scolaire. Les modes d'actions sont alors plus conventionnels, m&#234;me si l'ensemble du r&#233;pertoire diversifi&#233; propre aux nouvelles formes de militantisme va &#234;tre mobilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours se voudra plus constructif : les jeunes s'opposent d'abord aux logiques &#171; n&#233;olib&#233;rales &#187; qui impliquent une flexibilisation du march&#233; de l'emploi, c'est-&#224;-dire, pour eux, une &#171; pr&#233;carit&#233; &#187; accrue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils s'opposent ensuite aux mesures &#171; r&#233;pressives &#187; qui visent &#224; criminaliser davantage la petite d&#233;linquance et, le cas &#233;ch&#233;ant, l'action politique (on reconna&#238;tra l'analyse de Lo&#239;c Wacquant sur l'affaiblissement de l'Etat social et le renforcement de l'Etat p&#233;nal). &lt;br class='autobr' /&gt;
Une frange plus r&#233;duite met &#233;galement en avant ses pr&#233;occupations &#233;cologistes, les principes productivistes &#233;tant rendus responsables de la d&#233;gradation de la plan&#232;te. Certains parlent de &#171; d&#233;croissance &#187;, d'autres sont plus radicaux encore, en articulant l'ensemble des pr&#233;occupations en un anti-capitalisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre compte du r&#233;sultat de ce bouillonnement tel que j'ai pu l'observer, j'ai choisi de l'aborder sous un angle th&#233;matique plut&#244;t que chronologique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rapport aux m&#233;dias&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rapport aux syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rapport aux &#171; d&#233;gradations &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rapport &#224; l'administration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Actions et manifestations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vie quotidienne&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapport aux m&#233;dias&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, selon certains &#233;tudiants exp&#233;riment&#233;s, du premier mouvement o&#249; l'on a pu observer une r&#233;elle m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des m&#233;dias. L'image qui est renvoy&#233;e du mouvement para&#238;t d&#233;form&#233;e : seule la probl&#233;matique du CPE est &#233;voqu&#233;e alors que les &#233;tudiants s'opposent &#224; l'ensemble de la loi et votent en AG une multitude de revendications, la part belle est faite &#224; la personnification du mouvement &#224; travers quelques leaders syndicaux, la pol&#233;mique autour du blocage de la facult&#233; leur semble grossie et nombre d'actions men&#233;es n'apparaissent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales vont interdire l'acc&#232;s aux journalistes, nombre d'&#233;tudiants vont refuser de leur parler, voire les agresseront verbalement. Un tag sur un mur ext&#233;rieur de la fac ordonne : &#171; M&#233;dias casse-toi &#187; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opposants aux m&#233;dias s'inspirent des analyses de Guy Debord, de Pierre Bourdieu, des films de Pierre Carles (qui viendra par deux fois projeter l'un de ses films), du journal de critique des m&#233;dias &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/plpl/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;PLPL&lt;/a&gt;, du site Internet &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acrimed&lt;/a&gt;. Ils valorisent les alternatives comme les radios alternatives ou les sites Internet d'information comme &lt;a href=&#034;http://www.indymedia.org/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Indymedia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faudrait cependant pas croire que cette opposition faisait consensus. Le discours syndical, notamment, mettait en avant la n&#233;cessit&#233; de toucher l'opinion publique dans un sens favorable (argument de la &#171; cr&#233;dibilit&#233; &#187; repris pour critiquer &#233;galement l'&#233;largissement des revendications, les d&#233;gradations, les violences en manifestation...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;galement pu observer que cette relation d'&#171; associ&#233;s rivaux &#187;, propre aux mutations du militantisme, existait plus largement puisque la question des m&#233;dias s'est pos&#233;e lors des coordinations nationales auxquelles j'ai assist&#233; &#224; Poitiers, Dijon et Aix. A Poitiers, l'assembl&#233;e a d'abord vot&#233; contre la pr&#233;sence des m&#233;dias puis, le bureau de l'assembl&#233;e cachant mal sa partialit&#233;, un autre vote a permis d'autoriser leur pr&#233;sence pour un unique point de l'ordre du jour dans lequel chaque ville faisait &#233;tat du bilan de sa mobilisation. C'est ce compromis qui sera par la suite reconduit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de noter que les journalistes pr&#233;sents lors de ces assembl&#233;es o&#249; leur professionnalisme est mis en doute manifestent une totale incompr&#233;hension voire de l'hostilit&#233;, alors m&#234;me qu'ils trouvent parfaitement normal de ne pas assister &#224; un Conseil des Ministres. C'est pourtant pr&#233;cis&#233;ment cette diff&#233;rence de traitement qui leur est reproch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapport aux syndicats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On sait que le mod&#232;le de militantisme propre aux syndicats, fond&#233; sur l'absorption de l'identit&#233; individuelle du militant dans le &#171; nous &#187; collectif est remis en cause depuis les ann&#233;es 1970. L'affaiblissement de ce type d'engagement a &#233;t&#233; flagrant puisque si ce sont eux qui ont donn&#233; le coup d'envoi de la mobilisation, ils n'ont jamais &#233;t&#233; les seuls guides du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est notamment l'UNEF qui a p&#226;ti de la m&#233;fiance g&#233;n&#233;rale &#224; son &#233;gard d'une part parce que son leader national, Bruno Julliard, a &#233;t&#233; omnipr&#233;sent dans les m&#233;dias mais en renvoyant une image d&#233;form&#233;e des revendications ; d'autre part parce qu'un document pr&#233;sent&#233; comme &#171; fiche interne &#187; du syndicat a beaucoup circul&#233; &#224; Montpellier comme dans d'autres villes. Ce document se pr&#233;sente comme une fiche pratique visant &#224; contr&#244;ler les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, les bureaux de gr&#232;ve et les relations aux m&#233;dias en visant les positions-cl&#233;s et en retenant des informations telles que les contacts avec la presse. De fait, l'UNEF n'a quasiment eu aucune influence sur la gr&#232;ve &#224; l'Universit&#233; Paul Val&#233;ry, se contentant d'appara&#238;tre lors de quelques assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, pour laisser l'occupation se d&#233;rouler seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat SUD a eu plus de poids. Etant lui-m&#234;me une forme de syndicat issu des nouvelles formes de militantisme qui sont apparues dans les ann&#233;es 80, il n'a pas, par exemple de bureau national et privil&#233;gie l'horizontalit&#233;. A l'inverse de l'UNEF, proche du Parti Socialiste, SUD compte de nombreux membres appartenant par ailleurs au Parti Communiste et &#224; la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire. On peut dire que son influence sur les gr&#233;vistes pr&#233;sents sur l'occupation &#233;tait environ aussi grande que celle des personnes pr&#234;chant un discours radicalement oppos&#233; aux partis traditionnels auxquels il est notamment reproch&#233; la strat&#233;gie m&#233;diatique visant plus &#224; toucher l'opinion publique que faire pression sur le gouvernement par des actions directes de blocage et de sabotage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, c'est la th&#233;matique de la &#171; cr&#233;dibilit&#233; &#187; qui va diviser les gr&#233;vistes, l'un ou l'autre &#171; camp &#187; l'emportant selon les questions et les moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus fondamentalement les deux groupes s'opposent sur la place du travail dans la soci&#233;t&#233;. Si les syndicats d&#233;fendent les statuts et combattent la flexibilisation du travail, les autres remettent radicalement en cause le salariat qui reste pour eux tout aussi ali&#233;nant qu'au XIXe si&#232;cle. C'est donc m&#234;me la position revendicatrice qui va &#234;tre critiqu&#233;e, selon le principe : &#171; nous n'aurons que ce que nous prendrons &#187;. Un slogan souvent repris refl&#233;tait cette pens&#233;e : &#171; CPE on s'en fout, on n'veut pas bosser du tout ! &#187; ou une banderole &#171; CDI-Famille-Patrie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coexistence de ces deux p&#244;les au sein de l'occupation n'est pas sans rappeler celle qui existe au sein des squats &#171; alternatifs &#187; qui revendiquent &#224; la fois le droit au logement et une certaine mani&#232;re de vivre autrement : les p&#244;les de r&#233;insertion sociale et de transformation sociale. Cependant on peut penser que dans ces squats on trouve des personnes de chaque p&#244;le mais qui partagent l'envie de mener un projet ensemble. Or, dans le cadre du mouvement plus large qui se d&#233;roulait &#224; l'universit&#233; on trouvait &#233;galement des gens farouchement oppos&#233; au p&#244;le adverse. On a ainsi pu voir, le premier Mai, certains &#171; radicaux &#187; se mettre en marge du cort&#232;ge et tourner en d&#233;rision le r&#244;le institutionnel de l'ensemble des syndicats : post&#233;s sur le trottoir comme pour suivre une course, chacun ayant son favori, ils les encourageaient &#224; atteindre au plus vite la table des n&#233;gociations en guise de ligne d'arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapport aux &#171; d&#233;gradations &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la bouche de ceux qui s'en offusquent les &#171; d&#233;gradations &#187; renvoient aux graffitis pr&#233;sent&#233;s de mani&#232;re n&#233;gative. Pour ceux qui les pratiquent, ils s'agit avant tout d'un mode d'expression, d'un d&#233;tournement, d'une r&#233;appropriation de l'espace. Au demeurant, le fait que cela soit per&#231;u comme &#171; d&#233;gradation &#187; par les autorit&#233;s ne leur d&#233;pla&#238;t pas, mais au contraire cela leur para&#238;t &#234;tre un moyen d'action comme un autre inscrit dans leur r&#233;pertoire. Mais il s'agit avant tout, la plupart du temps, d'un message souvent explicite et humoristique destin&#233; &#224; tous ceux qui &#233;voluent dans l'environnement. L'universit&#233; et plus particuli&#232;rement l'amphith&#233;&#226;tre occup&#233; &#233;taient recouverts de telles inscriptions et il serait impossible d'en faire un relev&#233;, d'autant que les personnes qui s'y opposaient nettoyaient r&#233;guli&#232;rement les tables et les murs - sans jamais parvenir &#224; enrayer le ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du discours sur la &#171; cr&#233;dibilit&#233; &#187;, les critiques mettaient en avant l'id&#233;e selon laquelle il s'agissait en quelque sorte d'un coup port&#233; &#224; soi-m&#234;me, puisque les &#233;tudiants ab&#238;maient leur propre outil de travail. On retrouvait l&#224; la vieille question que s'est pos&#233; le syndicalisme autour de la th&#233;matique du sabotage. Au demeurant, le sabotage des &#233;lections du CROUS a &#233;t&#233; effectu&#233; avec enthousiasme par tous les syndicats qui craignaient - &#224; juste titre - des mauvais scores du fait de n'avoir pas fait campagne &#224; cause de la mobilisation et des cons&#233;quences de la d&#233;cision de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de boycotter l'&#233;lection en plus de la saboter. En revanche, il ne restait plus qu'une vingtaine d'&#233;tudiants non-syndiqu&#233;s, au d&#233;but du mois de mai, pour envisager le boycott et le sabotage des examens conform&#233;ment &#224; la d&#233;cision de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si pour certains les d&#233;gradations du mat&#233;riel scolaire nuit d'abord aux &#233;tudiants, celles-ci ne d&#233;rangeaient pas ceux qui les commettaient. Ils mettaient en avant une critique profonde du r&#244;le de l'institution scolaire comme mode de s&#233;lection et de reproduction sociale. De plus, la relation in&#233;galitaire professeurs-&#233;l&#232;ves &#233;tait critiqu&#233;e de m&#234;me que le r&#244;le des examens et des dipl&#244;mes dans ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapport &#224; l'administration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Craignant sans doute des d&#233;g&#226;ts plus importants, l'administration de l'universit&#233; affichait son soutien aux &#233;tudiants gr&#233;vistes. Le Pr&#233;sident de l'Universit&#233;, apr&#232;s avoir envoy&#233; une lettre au Premier Ministre lui demandant de suspendre l'application du CPE pour l'exp&#233;rimenter d'abord, s'est ensuite prononc&#233; en faveur du retrait de cet article de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;tait interpr&#233;t&#233; comme un soutien par les uns, le fut comme une manipulation par les autres. Un &#233;tudiant r&#233;p&#232;tera plusieurs fois une formule avec beaucoup de succ&#232;s : &#171; si l'administration est derri&#232;re nous, c'est peut-&#234;tre pour mieux nous en... tuber &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la pr&#233;sence des vigiles dans l'Universit&#233; a &#233;t&#233; renforc&#233;e et apr&#232;s avoir accord&#233; des photocopies illimit&#233;es (suite au vote par l'assembl&#233;e de l'occupation de l'imprimerie), le Pr&#233;sident reviendra sur sa d&#233;cision... avant qu'une nouvelle menace d'entrer par effraction dans le local le pousse &#224; accorder de nouveau des photocopies mais sous r&#233;serve de contr&#244;ler auparavant le contenu des tracts et affiches. On voit donc bien qu'il s'agissait moins d'une collaboration que d'un rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atout principal du Pr&#233;sident r&#233;sidait dans son droit d'en appeler aux forces de l'ordre pour faire &#233;vacuer l'universit&#233; - comme il finira par le faire interpr&#233;tant le vote du d&#233;blocage de la facult&#233; comme signifiant &#233;galement la fin de l'occupation de l'amphith&#233;&#226;tre. Mais cela n'&#233;tait pas aussi simple et s'il avait tent&#233; l'&#233;vacuation plus t&#244;t il se serait heurt&#233; &#224; l'hostilit&#233; d'une grande partie des professeurs attach&#233;s au droit de gr&#232;ve et aux principes de la d&#233;mocratie qui s'exprime &#224; travers les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Sans parler de l'opinion publique, qui avait d&#233;j&#224; bondi en faveur des manifestants au lendemain de l'&#233;vacuation de la Sorbonne. Beaucoup de personnes ont &#233;t&#233; &#233;tudiantes, ont ou ont eu des proches &#233;tudiants...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Actions et manifestations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de rendre compte de la r&#233;alit&#233; qui se cache derri&#232;re le terme &#171; casseurs &#187;. Ce terme m&#233;diatique entre surtout en jeu dans les strat&#233;gies de disqualification men&#233;es par les entrepreneurs de morale. A l'origine, cela vient de la loi &#171; anti-casseurs &#187; vot&#233;e dans les ann&#233;es 1970 pour r&#233;primer les pratiques en manifestation des &#171; Autonomes &#187; : bris des vitrines, pillage et &#233;meutes. La loi permettait notamment des arrestations pr&#233;ventives et alourdissait sensiblement les peines encourues par les manifestants se livrant &#224; ces actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours le terme renvoie toujours &#224; ces manifestants, mais aussi aux franges les plus pr&#233;caires de la population, habitant souvent les banlieues et qui profiteraient des manifestations pour se livrer &#224; des agressions et des vols &#224; la tire au milieu des cort&#232;ges. Des doutes sont &#233;mis par certains sur leur degr&#233; de manipulation de la part des forces de polices qui, selon certains t&#233;moignages, laisseraient faire ces actes en toute impunit&#233; pour se concentrer sur les &#171; casseurs &#187; s'attaquant aux commerces et aux lignes polici&#232;res. D'autres expliquent que ces &#171; jeunes des banlieues &#187; n'ont pas tord de n'avoir que du m&#233;pris pour ces &#171; gentils manifestants &#187;, qui sont pour la plupart &#233;tudiants et donc, dans leur esprit, repr&#233;sentants d'une classe favoris&#233;e qui s'est par ailleurs peu mobilis&#233;e lorsque des lois r&#233;primant plus durement leur petite d&#233;linquance &#233;taient vot&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, il s'agit l&#224; d'un ph&#233;nom&#232;ne essentiellement parisien et les manifestations &#224; Montpellier &#233;taient plut&#244;t calmes. Si des &#171; jeunes des banlieues &#187; &#233;taient pr&#233;sents, c'&#233;tait avec le reste des manifestants. Et si des incidents ont eu lieu, c'&#233;tait face aux forces de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on a pu surtout observer c'est le nombre assez incroyable d'actions diverses qui ont &#233;t&#233; men&#233;es, en conclusion des manifestations (un vote en ce sens avait &#233;t&#233; fait en Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale) et les autres jours. Parfois plusieurs actions &#233;taient men&#233;es le m&#234;me jour, il serait ambitieux d'en faire un relev&#233; exhaustif. &lt;br&gt;
Notons plusieurs actions &#171; p&#233;age gratuit &#187;, qui consistent &#224; occuper un p&#233;age pour faire passer gratuitement les automobilistes que l'on informe et qui peuvent aussi donner quelques pi&#232;ces (ce qui permet de financer le mouvement). Il y a aussi les blocages de routes qui peuvent &#234;tre &#171; filtrant &#187;, c'est-&#224;-dire dans lesquels la circulation est seulement ralentie. Les manifestations nocturnes aux flambeaux avec des jongleurs ont de leur c&#244;t&#233; fait le lien avec le Carnaval qui avait subi une forte r&#233;pression fin f&#233;vrier, au d&#233;but du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;galement eu nombre d'occupations symboliques, accompagn&#233;es parfois du d&#233;m&#233;nagement du mobilier sur la chauss&#233;e voire de d&#233;gradations (mais avec l'&#233;ternel conflit sur la &#171; cr&#233;dibilit&#233; &#187;) et parfois de petits affrontements avec la police notamment lorsque l'occupation concernait le cort&#232;ge post-manifestation qu'il s'agissait de disperser : UMP, MEDEF, Palais des Congr&#232;s, Centre commercial Polygone (avec des affrontements contre les vigiles), Chambre de Commerce et d'Industrie (o&#249; les occupants voteront l'abolition du commerce et de l'industrie), magasins Virgin (en lien avec la r&#233;pression du t&#233;l&#233;chargement) et Mc Donalds (symbole de pr&#233;carit&#233;, de &#171; malbouffe &#187; et d'imp&#233;rialisme am&#233;ricain), les h&#244;tels 4 &#233;toiles du centre-ville, plusieurs tentatives avort&#233;es sur la gare...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi eu le blocage de la Poste Rondelet suivie d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale avec le personnel, une action consistant &#224; menacer les commer&#231;ants du centre-ville de pillage s'ils ne fermaient pas leur rideau (&#171; jeu des trente secondes &#187;). N'oublions pas les actions beaucoup plus pacifistes comme le fait de tracter devant des grands magasins en demandant aux clients de faire un don de nourriture au retour et aussi les innombrables et quasi quotidiennes actions &#171; culturelles &#187; en ville et au sein m&#234;me de la facult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc bien que le mouvement ne se limitait pas au blocage de l'universit&#233; et aux manifestations hebdomadaires. Les plus radicaux, s'ils participaient voire impulsaient les occupations, se montraient frustr&#233;s de ne pas pouvoir &#171; vivre l'&#233;meute &#187; en raison de la faiblesse du rapport de force et de l'inexp&#233;rience des manifestants. S'ils faisaient durer le plus possible les occupations et les multipliaient, ils &#233;vitaient de risquer leur arrestation par des actes irr&#233;fl&#233;chis. Ils tentaient d'informer au maximum les manifestants sur l'&#171; utilit&#233; &#187; de s'&#233;quiper de masques et de produits contre les gaz lacrymog&#232;ne. En manifestation, ils tentaient de faire sortir le cort&#232;ge du trajet pr&#233;d&#233;finit en critiquant am&#232;rement le service d'ordre (SO), lequel, selon eux, collabore avec les forces r&#233;pressives jusqu'&#224; permettre des arrestations au lieu, au contraire, de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forts de l'absence de vote d'un service d'ordre l&#233;gitime par l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale (m&#234;me s'il y avait tout de m&#234;me un SO venu de l'autre facult&#233; et une &#171; brigade d'intervention clownesque &#187; qui partie d'une volont&#233; ludique a &#233;volu&#233; vers un r&#244;le de SO), ils pr&#244;naient la participation de tous les manifestants &#224; la d&#233;fense les uns des autres et l'absence de tout contact avec les forces de l'ordre. Ce conflit sur le service d'ordre s'est exprim&#233; plusieurs fois lorsque les radicaux voulaient que le cort&#232;ge d&#233;vie son trajet pour occuper la gare, tandis que le SO formait un cordon pour les en emp&#234;cher. Une fois, alors que la fin de la manifestation passait pr&#232;s du centre commercial Polygone, le SO en prot&#233;geait l'entr&#233;e. Mais ceux qui voulaient l'occuper ont r&#233;ussi &#224; passer en formant une file indienne coupant le cordon et entra&#238;nant la plupart des personnes qui voulaient continuer &#224; manifester.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vie quotidienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La lutte doit esquisser une autre forme de soci&#233;t&#233; et comme j'esp&#232;re voir un jour une soci&#233;t&#233; sans police ni gouvernement, je ne comprend pas pourquoi nous aurions un service d'ordre ou un bureau de gr&#232;ve permanent. &#187; Cet &#233;tudiant exprimait lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale l'essentiel de l'argumentation contre la mise en place d'une structure hi&#233;rarchis&#233;e qu'il voyait calqu&#233;e sur une soci&#233;t&#233; qu'il critiquait dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale ne vote jamais en faveur d'un service d'ordre et que la mobilisation fonctionna pratiquement toute sa dur&#233;e sans bureau central indique que l'id&#233;e d'autogestion et de refus de la d&#233;l&#233;gation &#233;tait bien pr&#233;sente. Le fonctionnement passait par diff&#233;rentes commissions ouvertes &#224; tous qui ont plus ou moins bien fonctionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une AG vota en faveur d'un bureau central, le bilan qui en fut fait, 10 jours apr&#232;s, &#233;tait que celui-ci avait seulement apport&#233; de l'aide aux diff&#233;rentes commissions et surtout que l'un des membres de ce bureau, connu pour &#234;tre anarchiste, n'avait jamais &#233;t&#233; pr&#233;venu des r&#233;unions de ce bureau par les autres membres syndiqu&#233;s ou sympathisants ! Suite &#224; ce &#171; bug &#187;, il s'ensuivit un encha&#238;nement de votes assez rocambolesque : apr&#232;s avoir vot&#233; pour la d&#233;signation d'un nouveau bureau, l'AG vota pour qu'il n'y ait pas de limitation dans le nombre de personne le composant. Puis apr&#232;s de longues secondes o&#249; personne ne daigna se pr&#233;senter pour en faire partie, l'AG vota contre le bureau qui se pr&#233;sentait, dont la majeure partie des membres faisait partie de syndicats ! De fait, il n'y eu un bureau que pendant dix jours sur deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'autogestion &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sente, au point que s'affichait la volont&#233; d'autog&#233;rer l'universit&#233; enti&#232;re. Si l'on &#233;tait loin de l&#224;, il faut signaler des initiatives fort int&#233;ressantes, comme l'amphith&#233;&#226;tre dans lequel les professeurs et les &#233;l&#232;ves venaient d&#233;poser les cours des diff&#233;rentes fili&#232;res, afin que les &#233;tudiants puissent les photocopier et les lire &#224; d&#233;faut de pouvoir assister &#224; des cours. Par ailleurs, toujours dans la volont&#233; de continuer la transmission du savoir, une biblioth&#232;que de gr&#232;ve a &#233;t&#233; mise en place avec des livres, des brochures et des tracts. Il y a eu &#233;galement nombre de projections et de conf&#233;rences-d&#233;bats, souvent avec la participation de professeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement signaler que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#233;tait ouverte &#224; tous, que le fait d'&#234;tre &#233;tudiant n'&#233;tait pas requis, selon l'argument que tout le monde devrait avoir acc&#232;s au savoir. Des jeunes ayant quitt&#233; l'universit&#233; r&#233;cemment &#233;taient pr&#233;sents, des moins jeunes ayant connu des mouvements comme celui de 1994-95 &#233;galement. On a aussi vu quelques personnes sans domicile venir dormir &#224; l'universit&#233; et participer activement &#224; la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter, enfin, le conflit par rapport aux concerts que certains &#233;tudiants voulaient organiser. D'autres les craignaient et agissaient, parfois avec succ&#232;s, pour les faire annuler, en expliquant qu'un concert provoquerait l'afflux de personnes alcoolis&#233;es incontr&#244;lables qui provoqueraient n&#233;cessairement des incidents et donc, n&#233;cessairement, la d&#233;cision par la Pr&#233;sidence de l'Universit&#233; de l'&#233;vacuation de l'Universit&#233;. Cette peur de la r&#233;pression, souvent pr&#233;sente par ailleurs lors des diff&#233;rentes actions d'occupation, fut &#233;galement mise en avant lorsque l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale vota l'occupation du b&#226;timent administratif. L'id&#233;e que si cette occupation &#233;tait effectu&#233;e les forces de l'ordre interviendraient s'est alors mise &#224; circuler fortement. L'argument inverse &#233;tait alors que les derniers mouvements &#233;tudiants (2001 et 2003) avaient occup&#233; la salle du conseil d'administration et les bureaux de la pr&#233;sidence sans que la police intervienne pour autant. Le compromis trouv&#233;, finalement, sera le blocage du b&#226;timent sans son occupation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Petite description de la technopole montpelli&#233;raine</title>
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		<dc:date>2007-03-27T13:56:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadarlana</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie radicale</dc:subject>
		<dc:subject>Technocritique</dc:subject>
		<dc:subject>Nadarlana (Montpellier)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;La pharmacie est une sp&#233;cialit&#233; bien pratique : elle associe des comp&#233;tences informatiques, robotiques, agronomiques et g&#233;n&#233;tiques qui ont &#233;galement leurs propres applications.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une histoire d'amour entre pouvoir, recherche et entreprises
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'industrie pharmaceutique aux commandes
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vive le cancer et la g&#233;n&#233;tique !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La logique du profit n'exclut pas la logique humaniste &#187;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des applications agricoles et de contr&#244;le social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme cette brochure date un peu, et en attendant une vraie version actualis&#233;e, je vous met en documents pdf &#224; t&#233;l&#233;charger, trois brochures interm&#233;diaires, prolongements de celle-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montpellier, une &#233;conomie du cancer. Comment la ville se plie en quatre pour l'industrie pharmaceutique, les empoisonneurs de l'agroalimentaire, les g&#233;ants de l'informatique et les start-ups des technologies de contr&#244;le. (printemps 2009)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G20 sur la recherche agricole &#224; Montpellier : se faire du beurre sur le dos des cr&#232;ve la dalle. (septembre 2011)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montpellier, la ville qui aime la surveillance et le contr&#244;le. (d&#233;cembre 2011)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;P&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Ecologie radicale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;Technocritique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Nadarlana (Montpellier)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L113xH150/arton300-fca38.jpg?1780519329' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff300.jpg?1168209317&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pharmacie est une sp&#233;cialit&#233; bien pratique : elle associe des comp&#233;tences informatiques, robotiques, agronomiques et g&#233;n&#233;tiques qui ont &#233;galement leurs propres applications.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi les &#171; sciences du vivant &#187;, qui par leurs manipulations tentent d'inventer des mol&#233;cules pour traiter le cancer par exemple, sont avant tout d&#233;di&#233;es au traitement des cultures : fongicides, pesticides, herbicides... Trop de &#171; cides &#187; pour que l'on ne se demande pas pourquoi on appelle cela des sciences du &#171; vivant &#187; ! Autre paradoxe : d'o&#249; viennent de plus en plus les cancers qu'il s'agit de traiter, si ce n'est l'emploi d&#233;mesur&#233; de produits chimiques divers dans la production agricole, lesquels se d&#233;versent dans les nappes phr&#233;atiques contenant l'eau que nous buvons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'informatique de son c&#244;t&#233; est en train tout simplement d'envahir tous les aspects de la vie, de l'ordinateur personnel au t&#233;l&#233;phone portable, en passant par les cam&#233;ras de surveillance dans les rues et les entreprises, l'individu est trac&#233; du matin au soir, jusque dans ses go&#251;ts lorsqu'il fait ses courses. L'aspect m&#233;dical prend une dimension tout &#224; fait int&#233;ressante (en dehors du simple traitement des cancers engendr&#233;s par les composants) puisqu'il tient le r&#244;le d'argument irr&#233;futable l&#233;gitimant la course aux nouvelles technologies (et tant pis si les composants sont extr&#234;mement polluants, que leur fabrication exige des volumes d'eau hallucinants et qu'on ne sait toujours pas si les nano-composants que l'on trouve d&#233;j&#224; dans des cr&#232;mes solaires sont canc&#233;rig&#232;nes ou non...). La prochaine &#233;tape, dans l'envahissement &#233;lectronique de la vie, sera, est d&#233;j&#224;, son implantation &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du corps humain. On puce d&#233;j&#224; les animaux, certains humains (qui se d&#233;finissent comme trans-humanistes) le font pour le plaisir, d'autre l'exp&#233;rimenteront bient&#244;t comme mesure &#171; alternative &#187; &#224; la prison. Mais c'est par l'aspect m&#233;dical que l'on va tous s'y habituer. Les pace-makers sont des objets banaux, il pourrait &#234;tre pratique de s'implanter sous la peau les informations importantes de son dossier m&#233;dical, et puis si un robot de la taille d'un cachet pouvait nous &#233;viter une op&#233;ration classique, pourquoi s'en priverait-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le triptyque &#233;conomique de la technopole montpelli&#233;raine est d&#233;cid&#233;ment dans l'air du temps, parfaitement coh&#233;rent, au point que l'informatique et la g&#233;n&#233;tique ne sont plus des disciplines s&#233;par&#233;es, comme le prouve la plate-forme de recherche en &#171; bio-informatique &#187;, encadr&#233;e par le programme national &#171; Genopole &#187;. Il n'est finalement pas surprenant de voir que le concepteur du sch&#233;ma de coh&#233;rence territorial de Montpellier (qui planifie l'am&#233;nagement du territoire des 15 prochaines ann&#233;es), a &#233;t&#233; distingu&#233; par le Grand prix de l'urbanisme d&#233;cern&#233; pourtant par le Ministre Perben. Le vice-pr&#233;sident de l'agglo exulte. Le SCOT &#171; &lt;i&gt;a confirm&#233; la localisation des parcs &#224; vocation technologique pr&#232;s des centres de recherche et d'enseignement.&lt;/i&gt; [Notre priorit&#233; &#224; court terme est d'offrir] &lt;i&gt;&#224; chaque entreprise les conditions optimales pour s'implanter !&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Moure, vice-pr&#233;sident de l'agglo, Eco-Infos no 3&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une histoire d'amour entre pouvoir, recherche et entreprises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux dessiner la technopole o&#249; nous vivons, pr&#233;ciser ce qui vient d'&#234;tre dit en introduction, il nous faut partir de la logique qui commande &#224; peu pr&#232;s toutes les politiques mondiales, de droite comme de gauche, d&#233;mocratiques ou non : le bonheur, c'est le pouvoir d'achat qui permet la consommation ; le pouvoir d'achat, c'est l'emploi ; on cr&#233;e de l'emploi en cr&#233;ant des entreprises ; on cr&#233;e des entreprises gr&#226;ce &#224; l'innovation ; la recherche doit donc &#234;tre associ&#233;e &#233;troitement &#224; l'industrie. Voyons d'abord pourquoi cette logique est fausse, de l'aveu m&#234;me de ceux qui la vantent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Fr&#234;che le proclame : &#171; &lt;i&gt;Il faudra beaucoup d'efforts et d'investissements pour optimiser, coordonner, bref, lib&#233;rer les remarquables potentiels de la recherche publique fran&#231;aise pour les engager dans une coop&#233;ration active avec l'industrie existante ou g&#233;n&#233;rer des start-up.&lt;/i&gt; &#187; On va donc pouvoir lire sur le site internet charg&#233; de ce boulot&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.tech-montpellier.com, point de d&#233;part des recherches ici pr&#233;sent&#233;es.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que &#171; &lt;i&gt;Montpellier M&#233;diterran&#233;e Technopole ne l&#233;sine sur aucun moyen pour apporter un soutien d&#233;cisif aux jeunes chefs d'entreprises&lt;/i&gt; &#187;, que &#171; &lt;i&gt;l'objectif est de favoriser les relations entreprises/recherche/institutions et initier des projets de d&#233;veloppement communs et des partenariats d'affaires&lt;/i&gt; &#187;, que &#171; &lt;i&gt;la Communaut&#233; d'Agglom&#233;ration pilote une politique immobili&#232;re et fonci&#232;re destin&#233;e tant au d&#233;veloppement des entreprises locales qu'aux entreprises ext&#233;rieures d&#233;sirant s'installer&lt;/i&gt; &#187;. On va pr&#233;senter la ville sous son meilleur jour : Paris est &#224; 3h15 en TGV, &#224; 2h30 de Barcelone et 3h de Gen&#232;ve par l'autoroute. La temp&#233;rature moyenne est de 14,2&#176;C (la moyenne fran&#231;aise est de seulement 12,2&#176;C) et l'ensoleillement par jour est de 7h22 (contre &#224; peine 4h46 en France) ! Autre argument d&#233;cisif : le salaire des futurs employ&#233;s : 32 520 euros par an pour les cadres (38 750 en France) et un tout petit 13 700 euros pour les employ&#233;s (14 665 en France) ! Et enfin, le nec plus ultra gr&#226;ce &#224; &#171; Invest in Montpellier &#187; : &#171; &lt;i&gt;un guichet unique pour votre implantation, une offre de services compl&#232;te, gratuite et &lt;strong&gt;respectant la confidentialit&#233; de votre projet&lt;/strong&gt;.&lt;/i&gt; &#187; Peu importe que vous fabriquiez du poison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; de tels arguments, difficile de r&#233;sister. Le Languedoc Roussillon fait partie des r&#233;gions qui remportent le plus de subventions pour leurs start-up dans le cadre du Concours national d'aide &#224; la cr&#233;ation d'entreprises de technologies innovantes, pilot&#233; par l'Anvar. Le d&#233;l&#233;gu&#233; r&#233;gional de cette officine explique que &#171; &lt;i&gt;dans pr&#232;s des deux tiers des programmes d'innovation que nous aidons, le principe de la collaboration avec un laboratoire figure dans le contrat.&lt;/i&gt; &#187; Montpellier met en &#339;uvre toute une strat&#233;gie d'&#171; incubation &#187;, comprenez d'aide aux jeunes entreprises. &#171; &lt;i&gt;L'enjeu consiste &#224; valoriser les ressources de ce vivier scientifique en termes de croissance &#233;conomique et d'emplois sur l'ensemble du territoire&lt;/i&gt; &#187;, explique le responsable de &#171; Languedoc Roussillon Incubation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que c'est le m&#234;me qui constate : &#171; &lt;i&gt;Le Languedoc Roussillon affiche l'un des produits int&#233;rieurs bruts les plus faibles de France mais occupe le 3e rang national pour la qualit&#233; de ses recherches. Or l'Agglom&#233;ration de Montpellier concentre plus de 80% des laboratoires de la r&#233;gion.&lt;/i&gt; &#187; En clair : l'innovation n'est pas synonyme de richesse, encore moins de cr&#233;ation d'emplois. Et notre candide d'avouer : &#171; &lt;i&gt;Mais dans cette r&#233;gion o&#249; le tissu industriel reste faible, il s'agit aussi d'attirer des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es ext&#233;rieures, ou tout au moins leur d&#233;partement de recherche-d&#233;veloppement.&lt;/i&gt; &#187; On comprendra donc que la strat&#233;gie est surtout efficace pour cr&#233;er des emplois de chercheurs, ce qui para&#238;t insuffisant pour endiguer le ch&#244;mage dans une r&#233;gion qui en est recordman national. Ce Alain Guilbot, tr&#232;s instructif &#224; son insu, est d'ailleurs &#233;galement directeur du service de valorisation de la recherche &#224; l'Universit&#233; Montpellier 2. Il travaille pour sa paroisse universitaire ! C'est l'Anvar qui enfonce malgr&#233; elle le clou en vantant le soutien &#224; 36 entreprises ayant cr&#233;&#233; 200 emplois. 200, c'est un peu faible dans une agglom&#233;ration de plus de 400 000 habitants...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'industrie pharmaceutique aux commandes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi autant de soins sont apport&#233;s &#224; ces secteurs ? Le responsable de &#171; Montpellier M&#233;diterran&#233;e Technopole &#187; est une figure qui permet peut-&#234;tre d'en avoir une id&#233;e : Gilbert Pastor, Maire de Castries est vice-pr&#233;sident de l'Agglo. Mais il est aussi, tiens tiens, salari&#233; de Sanofi-Synth&#233;labo (devenu Sanofi-Aventis et l'un des plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux) depuis 1983. Et &#244; surprise ! Le plus grand centre de recherche du groupe se trouve &#224;... Montpellier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Approfondissons l'aspect m&#233;dico-pharmaceutique dans la technopole &#171; o&#249; le soleil ne se couche jamais &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Campagne nationale de publicit&#233; de la ville en 2006.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Parlons de ces leaders mondiaux de l'industrie pharmaceutique implant&#233;s &#224; Montpellier, Sanofi ou Novartis, comment ils d&#233;terminent les choix politiques nationaux en mati&#232;re de sant&#233; depuis Montpellier &#224; travers le p&#244;le de comp&#233;titivit&#233; &#171; Orph&#232;me &#187;, le contr&#244;le du service charg&#233; de d&#233;livrer les autorisations de mise sur le march&#233;, la place particuli&#232;re de la lutte contre le cancer et toutes les d&#233;rivations - organis&#233;es dans un syst&#232;me complexe de parcs d'activit&#233;s divers -, qu'elles soient g&#233;n&#233;tiques vers l'agronomie ou des applications en robotique et en informatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pour rien que Montpellier est la premi&#232;re destination de congr&#232;s m&#233;dicaux en France. Bernard Pau, le directeur du d&#233;partement &#171; sciences de la vie &#187; au CNRS, ambitionne de faire de la ville &#171; &lt;i&gt;le premier centre europ&#233;en de cr&#233;ation de nouveaux m&#233;dicaments&lt;/i&gt; &#187;. Il fr&#233;tille : &#171; &lt;i&gt;Au stade o&#249; nous en sommes, il suffit de quelques &#233;tincelles pour faire flamber ce potentiel d'innovation&lt;/i&gt; &#187; ! Et cela, la ville le doit &#224; l'industrie : &#171; &lt;i&gt;La pr&#233;sence de groupes pharmaceutiques aux c&#244;t&#233;s de la recherche publique est essentielle au d&#233;roulement du processus d'innovation. En amont, une collaboration s'&#233;tablit entre public et priv&#233; pour identifier des pistes de recherche et breveter ensemble les inventions. En aval, le groupe pharmaceutique est le seul &#224; pouvoir donner un d&#233;veloppement international au m&#233;dicament. Ainsi, les objectifs sont atteints : mise &#224; disposition de nouvelles th&#233;rapies pour les malades et valorisation &#233;conomique gr&#226;ce &#224; l'acc&#232;s aux march&#233;s internationaux.&lt;/i&gt; &#187; Ce cirage de pompe aupr&#232;s des groupes pharmaceutique masque mal le go&#251;t des profits r&#233;alis&#233;s gr&#226;ce au brevet qui n'aurait pas &#233;t&#233; &#233;tablit sans la mutualisation des moyens entre le public et le priv&#233;. Ce sont aussi les industriels qui en profitent, b&#233;n&#233;ficiant du droit &#224; pr&#233;lever des profits gr&#226;ce &#224; la recherche publique. Quant aux malades, on ne sait quel profit ils vont en tirer : le circuit commercial est entre les mains industrielles. Nul doute que la consommation de m&#233;dicaments va garder son exceptionnel dynamisme ! Nul doute que le trou de la s&#233;curit&#233; sociale va se creuser et qu'il va falloir la r&#233;former afin d'intensifier la traque aux parasites qui se soignent mais n'en ont pas les moyens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les industriels renvoient donc l'ascenseur comme il se doit. Sanofi Aventis (environ 1 500 salari&#233;s &#224; Montpellier), troisi&#232;me groupe pharmaceutique mondial, a &#233;lu Montpellier pour y implanter son plus grand centre de recherche. C'est la recherche publique dans les domaines de la neurologie, de l'infectiologie et de la canc&#233;rologie qui a s&#233;duit le groupe. Le centre montpelli&#233;rain &#171; &lt;i&gt;joue le r&#244;le de plaque tournante pour la plupart des m&#233;dicaments mis sur le march&#233; par le groupe&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dossier de presse de l'agglom&#233;ration du 18 avril 2005&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Jean-Claude Muller, Directeur administration, contr&#244;le et prospective de Sanofi-Synth&#233;labo caresse : &#171; &lt;i&gt;Lorsque nous signons un accord, nos chercheurs s'impliquent directement dans les travaux. Il s'agit d'une v&#233;ritable relation de partenariat. Nous sommes tr&#232;s ouverts aux soci&#233;t&#233;s de biotechnologies fran&#231;aises. Ici &#224; Montpellier, o&#249; nous avons l'un de nos plus grands centres de recherche, nos &#233;quipes connaissent bien toutes les jeunes pousses qui se lancent dans la biotechnologie. Nous regardons de tr&#232;s pr&#232;s ce qu'elles font.&lt;/i&gt; &#187; Novartis Pharma s'int&#233;resse de plus en plus &#224; notre technopole. Le groupe a pris en 2003 la majorit&#233; des parts de la strat-up Idenix Pharmaceutical, couv&#233;e par les bons soins des institutions locales (l'Universit&#233; Montpellier 2) et aujourd'hui h&#233;berg&#233;e par l'h&#244;tel d'entreprises d&#233;di&#233; &#224; la biopharmacie Cap Gamma (avec une aide de l'Agglo de 95 000 euros). La soci&#233;t&#233; est prometteuse, elle ambitionne de devenir un leader sur le march&#233; des traitements antiviraux, des h&#233;patites B et C et du SIDA. &#171; &lt;i&gt;On estime que plus de 500 millions de personnes sont atteintes dans le monde par ces maladies&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dossier de presse de l'Agglo du 18 avril 2005.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Quel march&#233; all&#233;chant ! Et d'autres groupes se sont pr&#233;cipit&#233;s comme Chauvin Boch&amp;Lomb, Horiba-ABX...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique ne devrait pas s'arr&#234;ter l&#224;, puisque dans le cadre des &#171; &lt;i&gt;p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;&lt;/i&gt; &#187; lanc&#233;s par l'Etat et l'Union Europ&#233;enne, Montpellier est associ&#233;e &#224; Marseille dans le secteur de la sant&#233;. Plus pr&#233;cis&#233;ment dans le diagnostic et l'immunoth&#233;rapie des cancers, des maladies infectieuses et tropicales, des maladies neurologiques rares ou li&#233;es au vieillissement. Objectifs : g&#233;n&#233;rer des emplois, favoriser les rencontres entre industrie et recherche, produire des m&#233;dicaments, d&#233;velopper une fili&#232;re sant&#233;. Ce p&#244;le de comp&#233;titivit&#233; r&#233;pond au doux nom d'Orph&#232;me et le co-pr&#233;sident de la structure, pr&#233;sident d'&#171; Holobiosud &#187; (l'&#233;quivalent de &#171; Biomediterran&#233;e &#187; en PACA), c'est... Jacquie Berthe, Directeur scientifique du centre montpelli&#233;rain de Sanofi Aventis ! Celui-ci explique que le r&#244;le d'Holobiosud est de &#171; &lt;i&gt;d&#233;velopper, f&#233;d&#233;rer et promouvoir les activit&#233;s des acteurs des sciences de la vie en Languedoc Roussillon,&lt;/i&gt; [de les repr&#233;senter] &lt;i&gt;au sein d'Orph&#232;me&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eco-Info n&#176;3&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et la pr&#233;sence de Sanofi est comme naturelle : &#171; &lt;i&gt;En tant que centre de recherche-phare, nous avons pens&#233; que nous pouvions et devions faire peser la balance du bon c&#244;t&#233;. Sans oublier que ce label b&#233;n&#233;ficie &#224; l'image du groupe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les industriels sont pr&#233;sents &#224; tous les niveaux, notamment en amont et en aval de l'Agence Fran&#231;aise de S&#233;curit&#233; Sanitaire des Produits de Sant&#233; (Afssaps) dont le 2e centre est &#224; Montpellier. Ce sont les s&#233;nateurs eux-m&#234;mes qui s'en sont rendu compte, comme le rapporte &#171; Le Monde &#187; du 15 juin 2006 : D'apr&#232;s eux, les conditions de mise sur le march&#233; et de suivi des m&#233;dicaments &#171; &lt;i&gt;souffrent d'un manque de transparence et d'une trop grande d&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'industrie pharmaceutique.&lt;/i&gt; &#187; L'Afssaps, qui est charg&#233;e de d&#233;livrer les autorisations de mise sur le march&#233; est financ&#233;e &#224; 80% par les redevances vers&#233;es par les laboratoires, qui ne sont pas oblig&#233;s de fournir des essais comparatifs dans leurs dossiers de demande. L'industrie pharmaceutique s'est &#171; &lt;i&gt;impos&#233;e comme le premier vecteur d'information des professionnels de sant&#233;&lt;/i&gt; &#187;, remarque le rapport qui comprend mieux les &#171; &lt;i&gt;probl&#232;mes de prescription inadapt&#233;es et de surconsommation m&#233;dicamenteuse&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;L'absence de neutralit&#233;&lt;/i&gt; &#187; est la r&#232;gle dans les facult&#233;s de m&#233;decine et la formation m&#233;dicale continue est financ&#233;e &#224; 98% par les laboratoires. Ces derniers s'aident par ailleurs d'une arm&#233;e de 24000 visiteurs m&#233;dicaux qui font leur promo jusque dans les cabinets des villes pour influencer &#171; &lt;i&gt;consid&#233;rablement les comportements de prescription&lt;/i&gt; &#187;. Gr&#226;ce au financement du dictionnaire Vidal et au noyautage de la presse m&#233;dicale, ils sont parvenus &#224; &#171; &lt;i&gt;monopoliser&lt;/i&gt; &#187; l'aide &#224; la prescription. M&#234;me les s&#233;nateurs le disent !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vive le cancer et la g&#233;n&#233;tique !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le CHU qui abrite l'agence de l'Afssaps &#224; Montpellier, tout comme il abrite environ 120 laboratoires de biopharmacie publics ou priv&#233;s. Le 4e CHU de France a connu un boom de 1992 &#224; 2002, avec un nombre de protocoles de recherche clinique suivis qui est pass&#233; de 90 &#224; pr&#232;s de 900. L'un des fleurons de la structure est son Centre R&#233;gional de Lutte contre le Cancer, surnomm&#233; Val d'Aurelle, &#224; la pointe du partenariat avec Sanofi-Aventis. Le directeur du centre, Jean-Bernard Dubois, se vante d'avoir &#171; &lt;i&gt;d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; pour eux plusieurs &#233;tudes cliniques&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Concr&#232;tement, nos chercheurs contactent r&#233;guli&#232;rement les m&#234;mes trois ou quatre personnes d'Aventis Pharma&lt;/i&gt; &#187;. 35 M&#8364; viennent d'&#234;tre investit par le centre pour se d&#233;velopper. Dot&#233; d'un statut de droit priv&#233; malgr&#233; une mission de service public, Val d'Aurelle pr&#233;voit de suivre 24000 patients en 2010, contre 18000 aujourd'hui.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Midi Libre, 23 juin 2006&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Outre cette entreprise prometteuse et all&#233;chante, le CHU accueille le Centre d'Investigation Clinique, un labo de l'Inserm qui travaille &#224; la fois pour le CHU et l'industrie pharmaceutique, ou encore l'Institut R&#233;gional de Bioth&#233;rapie, lui aussi pilot&#233; par l'Inserm, sp&#233;cialis&#233; entre autre dans les th&#233;rapies cellulaires et g&#233;niques qui pourraient permettre de d&#233;velopper par exemple des foies &#171; bioartificiels &#187;. Bernard Klein, le directeur de ce dernier Institut qui r&#233;serve 450 m&#178; &#224; l'accueil de soci&#233;t&#233;s priv&#233;es de biotechnologies, s'est &#233;cri&#233; : &#171; &lt;i&gt;L'objectif est de transf&#233;rer le plus vite possible les connaissances produites par la recherche fondamentale vers le monde des applications m&#233;dicales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en fallait pas plus pour que Montpellier puisse faire partie des 7 villes fran&#231;aises int&#233;gr&#233;es dans le r&#233;seau &#171; Genopole &#187; vou&#233; au d&#233;veloppement des biotechnologies. Huit axes ont &#233;t&#233; d&#233;finis pour le Languedoc-Roussillon, dont la simple formulation est inqui&#233;tante : &#171; Robotique, s&#233;quen&#231;age et g&#233;notypage &#187;, &#171; Transcriptome &#187;, &#171; Prot&#233;ome &#187;, &#171; Clinique de la souris &#187;, &#171; Bio-informatique &#187;, &#171; Transg&#233;n&#232;se v&#233;g&#233;tale &#187;, &#171; Biologie Structurale &#187; et &#171; Interactome &#187;. Le CNRS (&#224; travers l'Institut de g&#233;n&#233;tique humaine ou le Centre de Biologie Mol&#233;culaire), le Centre contre le cancer, l'Inra, l'Inserm, l'IRD, les Universit&#233;s Montpellier 1 et 2 sont parmi les organismes qui participent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La logique du profit n'exclut pas la logique humaniste &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le CNRS est omnipr&#233;sent. Il pr&#233;pare la constitution d'un &#171; canc&#233;ropole &#187; de dimension europ&#233;enne associant Montpellier, Bordeaux et Toulouse. Il se d&#233;ploie dans la ville : Institut de G&#233;n&#233;tique Mol&#233;culaire, Institut de g&#233;n&#233;tique Humaine, Centre de Biochimie Structurale, Centre R&#233;gional d'Imagerie Cellulaire, Institut Universitaire de G&#233;nomique Fonctionnel, Institut R&#233;gional de Bioth&#233;rapie, Institut de Biotechnologie-Pharmacologie, Centre de Recherche en Biochimie Macromol&#233;culaire, Institut de Recherche sur le Vieillissement. Les entreprises sont bien &#233;videmment omnipr&#233;sentes. Le Centre de Biochimie Structurale est le fruit d'un accord avec le laboratoire Servier. Le directeur de recherche, qui appartient au CNRS, lance un cri du c&#339;ur : &#171; &lt;i&gt;Les liens tiss&#233;s vont bien au-del&#224; des seuls contrats. Une amiti&#233; s'est instaur&#233;e entre les hommes, notamment avec Pierre Bernard, directeur de la recherche ext&#233;rieure des laboratoires Servier, et Paul Vanhoutte, pr&#233;sident du conseil d'administration. Pour ces industriels la logique du profit n'exclut pas la logique humaniste&lt;/i&gt; &#187; ! Le Laboratoire de Chimie Biomol&#233;culaire est quant &#224; lui issu de noces avec Mayoli Spindler. Le directeur de ce centre promettait lors de la signature d'un nouveau contrat en 2003 : &#171; &lt;i&gt;Avec notre nouveau centre de biologie qui doit &#234;tre op&#233;rationnel d&#233;but septembre, nous serons encore mieux arm&#233;s pour satisfaire notre partenaire industriel.&lt;/i&gt; &#187; Que d'attentions !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des applications agricoles et de contr&#244;le social&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les recherches qui sont men&#233;es sur le plan m&#233;dical font toutes appel &#224; des techniques g&#233;n&#233;tiques ou robotiques. Il n'est pas surprenant de voir d'autres applications se d&#233;velopper dans l'un ou l'autre sens. Nombre d'entreprises sont positionn&#233;es sur diff&#233;rents aspects. La g&#233;nomique trouve quantit&#233; d'applications sur le plan v&#233;g&#233;tal, pour trouver des mol&#233;cules soignantes mais aussi des vari&#233;t&#233;s agricoles plus &#171; performantes &#187;. Le parc Agropolis regroupe 2 800 chercheurs dont plus de 300 dans le domaine de g&#233;nomique v&#233;g&#233;tale et du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique, ce qui en fait la plus forte concentration de chercheurs dans ces domaines au monde, l'un des trois grands p&#244;les mondiaux d'agronomie. Nestl&#233;, Limagrain ou Danone font partie des meilleurs investisseurs. Les aspects informatiques, robotiques, &#233;lectroniques ou nanotechnologiques apparaissent &#224; travers plusieurs laboratoires et notamment le Centre informatique national de l'enseignement sup&#233;rieur (deuxi&#232;me puissance publique de calcul en France). IBM et DELL ont des usines &#224; Montpellier, ce n'est pas pour rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Agglom&#233;ration bichonne les entreprises &#224; l'aide de dispositifs personnalis&#233;s : Des parcs d'activit&#233;s sp&#233;cialis&#233;s, des p&#233;pini&#232;res d'entreprises pour &#171; l'incubation &#187;, des h&#244;tels d'entreprise pour les consolider. Eurom&#233;decine est un parc d'activit&#233;s d&#233;di&#233; aux laboratoires et industries m&#233;dicales. Il est dot&#233; d'une p&#233;pini&#232;re, Cap Alpha, pour entreprises technologiques et sant&#233;, sciences du vivant, biotechnologies (pharmaceutiques, humaines et v&#233;g&#233;tales). Elle trouve son prolongement dans les h&#244;tels d'entreprises Cap Gamma et Cap Delta, sp&#233;cialis&#233;s dans les m&#234;mes domaines. Il y a aussi le parc Eureka plus sp&#233;cialis&#233; sur les technologies de l'information et de la communication. Ce parc abrite par ailleurs la p&#233;pini&#232;re Cap Omega, un h&#244;tel d'entreprises et un atelier-relais, tout pr&#232;s d'IBM, de Dell, de PalmSource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 13 parcs d'activit&#233;s en tout o&#249; les entreprises sont choy&#233;es. Parmi elles, il y en a certaines pour lesquelles on se demande si c'&#233;tait une bonne id&#233;e de &#171; respecter la confidentialit&#233; du projet &#187;. Calytherm, qui s'occupe d'analyse de compos&#233;s chimiques, est &#224; l'aise aussi bien aupr&#232;s de l'industrie pharmaceutique que des industries agro-alimentaires, chimiques et cosm&#233;tiques. Biophytech recherche, produit, d&#233;veloppe et formule des &#171; &lt;i&gt;mati&#232;res actives d'origine biologiques&lt;/i&gt; &#187; afin de lutter contre les &#171; &lt;i&gt;maladies des cultures&lt;/i&gt; &#187;. Comprenez les saloperies chimiques et modifi&#233;es g&#233;n&#233;tiquement qui augmentent les rendements agricoles. La sp&#233;cialit&#233; de Biophytech : les antifongiques sur la viticulture et l'arboriculture. Toujours dans les bio-technologies, les start-up n&#238;moises Phylog&#232;ne et Ivagen se sont associ&#233;es au Cirad pour d&#233;velopper un moyen de d&#233;terminer l'origine g&#233;ographique d'un produit &#224; l'aide des bact&#233;ries qu'il contient : un &#171; &lt;i&gt;code barre biologique&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Midi Libre (26 juin 2006). Specific Polymers, pur produit du syst&#232;me, fabrique pour sa part des mat&#233;riaux &#224; partir de nouveaux polym&#232;res, et collabore avec des entreprises comme Total, l'industrie a&#233;ronautique... Peut-&#234;tre qu'elle fournit Hytec Hydro-Technologie qui a gentiment propos&#233; quelques financements au Laboraoire d'informatique, de robotique et de micro&#233;lectronique de Montpellier, afin de disposer d'un nouveau robot sous-marin qui ravira ses clients de l'offshore p&#233;trolier, de l'oc&#233;anographie et du nucl&#233;aire. Les aspects s&#233;curitaires, fortement en vogue ne sont bien s&#251;r pas laiss&#233;s de c&#244;t&#233; : LPR Editor nous propose une nouvelle g&#233;n&#233;ration de syst&#232;mes de lecture automatique des plaques d'immatriculation. Coronis Syst&#232;ms a &#233;t&#233; accompagn&#233;e de pr&#232;s dans le d&#233;veloppement d'un syst&#232;me de radiotransmission de donn&#233;es &#224; tr&#232;s basse consommation d'&#233;nergie. Une technique dont est friande le secteur de la t&#233;l&#233;surveillance. Un secteur dans lequel Montpellier excelle avec Stim, qui s'occupe de la vid&#233;osurveillance d'un grand nombre de banques, de l'arm&#233;e, des tramways et bus de Montpellier, Grenoble, Dublin... Phillippe Locournet, l'un des dirigeants est optimiste : &#171; &lt;i&gt;Tous les lieux publics seront un jour &#233;quip&#233;s de cam&#233;ras. Elles seront de plus en plus pr&#233;cises. La technique de surveillance est aujourd'hui indispensable pour la police scientifique&lt;/i&gt; &#187; (Midi Libre 26 juin 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend non seulement pourquoi la politique men&#233;e ne cr&#233;e pas d'emploi, puisqu'elle ne favorise qu'une &#233;lite scientifique, mais surtout aussi pourquoi les loyers augmentent tant !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Moure, vice-pr&#233;sident de l'agglo, Eco-Infos no 3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tech-montpellier.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.tech-montpellier.com&lt;/a&gt;, point de d&#233;part des recherches ici pr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Campagne nationale de publicit&#233; de la ville en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dossier de presse de l'agglom&#233;ration du 18 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dossier de presse de l'Agglo du 18 avril 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eco-Info n&#176;3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Midi Libre, 23 juin 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;sob&#233;issance en prison</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article301</link>
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		<dc:date>2006-10-24T08:26:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadarlana</dc:creator>


		<dc:subject>Prison, justice, r&#233;pression</dc:subject>
		<dc:subject>Nadarlana (Montpellier)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La prison est cens&#233;e avoir un r&#244;le de punition et de dissuasion face aux personnes qui d&#233;sob&#233;issent. Mais de plus en plus de personnes sont hors la loi et la prison n'emp&#234;che pas la r&#233;cidive. Au contraire, elle l'encourage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment comprendre cet &#233;chec ? Peut-&#234;tre bien en &#233;tudiant la d&#233;sob&#233;issance au sein m&#234;me de la prison.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;D&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot20" rel="tag"&gt;Prison, justice, r&#233;pression&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH140/arton301-9bcc9.jpg?1780519329' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='140' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff301.jpg?1161546037&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La prison est cens&#233;e avoir un r&#244;le de punition et de dissuasion face aux personnes qui d&#233;sob&#233;issent. Mais de plus en plus de personnes sont hors la loi et la prison n'emp&#234;che pas la r&#233;cidive. Au contraire, elle l'encourage.&lt;br&gt; Comment comprendre cet &#233;chec ? Peut-&#234;tre bien en &#233;tudiant la d&#233;sob&#233;issance au sein m&#234;me de la prison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;sob&#233;issance se comprend d'abord comme &lt;i&gt;d&#233;viance&lt;/i&gt; par rapport &#224; des normes sociales plus largement qu'en rapport aux lois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;loisBecker H., Outsiders : &#233;tudes de sociologie de la d&#233;viance, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui pousse &#224; la transgression est une &lt;i&gt;pulsion de vie&lt;/i&gt; face &#224; des normes jug&#233;es &lt;i&gt;mortif&#232;res&lt;/i&gt;. Une &lt;i&gt;peur de l'absorption&lt;/i&gt; et un &lt;i&gt;d&#233;sir d'authenticit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pedretti M., La figure du d&#233;sob&#233;issant en politique, Paris, L'Harmattant, 2001&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La prison est ainsi int&#233;ressante en tant qu'institution &lt;i&gt;totalitaire&lt;/i&gt;, d&#233;truisant la personnalit&#233; des individus enferm&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La norme carc&#233;rale est l'exacerbation d'une norme pr&#233;&#233;minente dans les soci&#233;t&#233;s modernes : la &lt;i&gt;discipline&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault M., Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La notion d'initiative sugg&#232;re que l'individu ne peut se r&#233;sumer &#224; la situation.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;L'initiative appara&#238;t ainsi comme le produit de l'exc&#232;s de sens potentiel qui parcourt la vie sociale et qui se montre r&#233;tif &#224; toute institutionnalisation achev&#233;e. A l'inverse, les marges de man&#339;uvre sont produites par la situation et l'institution elles-m&#234;mes.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les marges de man&#339;uvre de l'acteur, d&#233;personnalis&#233; par l'institution, ne sont envisag&#233;es que dans les failles des contraintes carc&#233;rales, elles ne sont, au bout du compte, que des &#8220;r&#233;actions&#8221; aux contraintes.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Cette distinction ainsi pos&#233;e,&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;l'institution carc&#233;rale peut &#234;tre d&#233;finie comme celle qui tend, infiniment plus que les autres, &#224; r&#233;duire l'initiative &#224; la marge de man&#339;uvre&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de l&#224;, &lt;i&gt;peut-on r&#233;sister &#224; la tendance carc&#233;rale r&#233;duisant l'initiative &#224; la marge de man&#339;uvre&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux sortes de d&#233;sob&#233;issance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marges de man&#339;uvre, d&#233;sob&#233;issances &#224; la r&#232;gle n&#233;cessaires &#224; la bonne marche de l'institution qui sont r&#233;v&#233;latrices de l'&#233;chec de la prison dans sa mission de r&#233;insertion (1e partie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives, d&#233;sob&#233;issances de rares d&#233;tenus contre la norme carc&#233;rale jug&#233;e mortif&#232;re (2e partie).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;re partie : D&#233;sob&#233;ir &#224; la r&#232;gle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I Des marges de man&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe en prison de nombreuses d&#233;sob&#233;issances qui ne sont pas punies. Ces marges de man&#339;uvre laiss&#233;es aux d&#233;tenus permettent de rendre leur quotidien moins insupportable afin d'obtenir le calme et parce qu'il serait impossible de tout punir. Tous les d&#233;tenus ne sont pas log&#233;s &#224; la m&#234;me enseigne et certains s'en sortent mieux que d'autres selon leurs ressources sociales et symboliques, leur position dans la hi&#233;rarchie entre d&#233;tenus, leur capacit&#233; de n&#233;gociation et celle des surveillants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Une d&#233;sob&#233;issance permanente&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;couper les marges de man&#339;uvre selon trois types : syst&#232;me des privil&#232;ges, adaptations secondaires et vie clandestine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des privil&#232;ges sont accord&#233;s &#224; tout le monde et c'est supprimer le privil&#232;ge qui constitue alors une sorte de sanction (photos de femmes nues dans la cellule, rapports sexuels au parloir, fumer dans les parties communes...) D'autres sont distill&#233;s plus subtilement selon le rapport entre le surveillant et le d&#233;tenu : accorder des douches suppl&#233;mentaires, avertir le m&#233;decin plus ou moins rapidement, &#234;tre plus rarement surveill&#233; &#224; l'&#339;illeton de sa cellule... Il y a tout ce qui est de l'ordre du jeu avec l'impossibilit&#233; de tout punir (n&#233;gocier plut&#244;t que r&#233;primer face &#224; un refus de rentrer en cellule, tol&#233;rer des comportements &#233;manant de d&#233;tenus atteints de troubles psychiatriques ou dans des phases psychologiques d&#233;licates). C'est aussi les privil&#232;ges officiels comme les bons postes de travail en d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me des adaptations secondaires &#171; &lt;i&gt;consiste en pratiques qui, sans provoquer directement le personnel, permettent au reclus d'obtenir des satisfactions interdites ou bien des satisfactions autoris&#233;es par des moyens d&#233;fendus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On utilise les m&#233;dicaments &#224; des fins psychotropes, on se calme gr&#226;ce au cannabis. Cela produit du calme et il est impossible de l'emp&#234;cher. &#171; &lt;i&gt;Quand on suit 30 d&#233;tenus &#224; fouiller en une demi heure par deux surveillants : une fouille int&#233;grale, on sait qu'on le fera pas bien et qu'ils feront entrer tout et n'importe quoi. Ils ne sont fouill&#233;s que sommairement. Les stups, &#231;a passe par l&#224;. Puis si il veut se faire une ligne, pas de probl&#232;me ! Le portique de d&#233;tection d&#233;tecte les m&#233;taux mais si vous passez avec un kilo de coca&#239;ne il va pas le d&#233;tecter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Impossible d'emp&#234;cher le racket, les &#233;changes commerciaux ou non. Il y a par exemple le syst&#232;me du &#8220;yoyo&#8221; : depuis la fen&#234;tre de sa cellule, on lance une ficelle avec une boite au bout pour faire passer &#224; une autre cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce est &#233;videmment au c&#339;ur de l'activit&#233; clandestine. Nourriture, alcool, cigarettes, drogues, m&#233;dicaments, t&#233;l&#233;phones portables et bien d'autres choses sont monnayables et &#233;changeables en d&#233;tention. On s'approvisionne par des gardiens ripoux, le parloir, par dessus le mur de la cour de promenade qui fait office de lieu d'&#233;change tout comme les cellules, les couloirs (surtout si l'on occupe un emploi strat&#233;gique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B La vie carc&#233;rale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ca&#239;dat est fortement pr&#233;sent dans les imaginaires. Corps de r&#232;gles aussi important que les r&#232;gles officielles, il repose sur une hi&#233;rarchie entre d&#233;tenus fond&#233;e principalement sur leur d&#233;lit : en haut les braqueurs, en bas les affaires de m&#339;urs. Plus pr&#233;cis&#233;ment chaque d&#233;tenu se fait une id&#233;e de la hi&#233;rarchie et d'autres crit&#232;res jouent : l'homosexualit&#233; pr&#233;sum&#233;e, &#234;tre nouveau ou habitu&#233;, la &#8220;collaboration&#8221; avec l'administration, l'origine ethnique, l'appartenance &#224; tel ou tel quartier, &#224; telle ou telle ville, etc... Les modifications de la population carc&#233;rale laissent penser que le ca&#239;dat traditionnel n'existe plus. Les jeunes des banlieues de &#8220;respectent plus rien&#8221; et cela emmerde les anciens autant que l'administration qui s'appuie sur le ca&#239;dat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des interactions, les marges de man&#339;uvre sont en n&#233;gociation permanente entre chaque gardien et chaque d&#233;tenu, selon l'image qu'ils donnent d'eux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Goffman E., La mise en sc&#232;ne de la vie quotidienne tome 1 : la pr&#233;sentation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On peut &#234;tre en position plut&#244;t de &lt;i&gt;soumis&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;tacticien&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;strat&#232;ge&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;L'art du tacticien, &#8220;combinard&#8221; de la d&#233;tention, consiste pour une bonne part &#224; rester le plus longtemps possible hors de cellule.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;L'ensemble de la vie quotidienne est marqu&#233;e par une s&#233;rie d'ill&#233;galismes qui seuls, compte tenu du cadre s&#233;curitaire qui la caract&#233;rise, peuvent produire un ordre relatif en d&#233;tention.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Elles se comprennent aussi suivant des types d'attitudes : l'&lt;i&gt;apathie&lt;/i&gt; (r&#233;signation extr&#234;me), la &lt;i&gt;fid&#233;lit&#233;&lt;/i&gt; (collaborer avec l'administration), la &lt;i&gt;protestation&lt;/i&gt; (revendiquer) et la &lt;i&gt;fuite&lt;/i&gt; (&#233;vasion)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les relations se comprennent aussi suivant que le surveillant est dans une logique statutaire ou missionnaire, que le d&#233;tenu est dans une logique de participation ou de refus : &lt;i&gt;norm&#233;es&lt;/i&gt; (statutaire et participation), &lt;i&gt;personnalis&#233;es&lt;/i&gt; (missionnaire et participation), &lt;i&gt;n&#233;goci&#233;es&lt;/i&gt; (missionnaire et refus) et &lt;i&gt;conflictuelles&lt;/i&gt; (statutaire et refus)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rostaing C. La relation carc&#233;rale. Identit&#233;s et rapports sociaux dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On peut enfin comprendre les interactions comme une situation de guerre potentielle o&#249; chaque camp observe l'autre afin d'aller le plus loin possible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chauvenet A., Guerre et paix en prison, Les cahiers de la s&#233;curit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'administration, le gardien doit g&#233;rer les diff&#233;rentes phases qui provoquent la nervosit&#233; du d&#233;tenu : le fait d'arriver en prison, surtout si c'est la premi&#232;re fois, le fait d'&#234;tre dans l'attente de son jugement et donc dans l'incertitude ou juste apr&#232;s et devoir avaler la sanction, le fait d'&#234;tre &#224; quelques encablures de sa lib&#233;ration (surtout pour les longues peines) car le monde ext&#233;rieur est mena&#231;ant. Ce point de vue psychologique tient &#224; la nature des institutions totalitaires. &#171; &lt;i&gt;La traduction de la conduite du reclus en termes moraux conformes &#224; la perspective officielle de l'institution implique n&#233;cessairement d'importantes pr&#233;suppositions sur la nature de l'homme en g&#233;n&#233;ral. Compte tenu des reclus dont il a la charge et de la mani&#232;re dont il doit se conduire &#224; leur &#233;gard, le personnel tend &#224; &#233;laborer une sorte de th&#233;orie de la nature humaine.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II Arbitraire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marges de man&#339;uvre d&#233;passent souvent le cadre r&#233;glementaire et parfois un comportement tol&#233;r&#233; est punit subitement, des r&#233;actions violentes sont provoqu&#233;es par cet arbitraire. La proc&#233;dure disciplinaire se codifie mais ne r&#233;duit l'arbitraire qu'&#224; la marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Une r&#232;gle floue&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la r&#232;gle &#233;crite, le syst&#232;me repose sur l'int&#233;r&#234;t et la peur. L'espoir d'un am&#233;nagement de peine (libert&#233; provisoire ou conditionnelle, permissions de sortie, etc...) et la menace de la sanction (d&#233;classement au travail, privations...). L'administration pense r&#233;ins&#233;rer les d&#233;tenus en leur inculquant les bonnes mani&#232;res. &#171; &lt;i&gt;Avec un bon comportement, il a plus de chances d'obtenir ce qu'il d&#233;sire donc c'est p&#233;dagogique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Y'a des valeurs &#233;ducatives qu'on ne peut pas imposer parce que ce n'est pas pr&#233;vu.&lt;/i&gt; [...] &#171; &lt;i&gt;On peut exiger d'un d&#233;tenu un rythme de vie. Ca fait partie de nos missions d'insertion ou de r&#233;insertion. Ce qui n'est pas pr&#233;vu on ne le fait pas. Si c'&#233;tait pr&#233;vu, ce ne serait pas plus mal.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Centre de d&#233;tention&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#232;glement int&#233;rieur de chaque prison est rarement disponible, toujours en instance de r&#233;&#233;criture, notamment par le jeu des directives qui obligent &#224; des modifications mais aussi de mani&#232;re volontaire. En cas de r&#232;glement &#233;crit, il faut encore savoir lire (sans parler des &#233;trangers...) La personnalit&#233; du directeur joue &#233;norm&#233;ment sur les r&#232;gles ayant cours dans son &#233;tablissement. Le gardien peut avoir des changements d'humeur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B Franchir la limite&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le flou de la r&#232;gle facilite sa transgression, soit qu'un comportement tol&#233;r&#233; ne l'est plus, soit que l'on s'&#233;nerve contre cette variabilit&#233; qui produit des injustices contre soi, d'autres d&#233;tenus, des proches (victimes indirectes en termes de co&#251;t, de temps, d'atteintes &#224; l'intimit&#233;, de sentiment de stigmatisation). On s'&#233;nerve aussi contre les comportements des gardiens lesquels peuvent mentir, insulter ou &#234;tre violents avec une grande impunit&#233;. C'est une forme d'affirmation de soi, un r&#233;flexe de reprise de pouvoir face &#224; l'autorit&#233; qui met syst&#233;matiquement en inf&#233;riorit&#233;. Processus qui conduit aussi de la libert&#233; &#224; la prison...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; administration p&#233;nitentiaire on analyse la d&#233;sob&#233;issance du d&#233;tenu de mani&#232;re pathologique : le fou dangereux restera fou dangereux, le voleur continuera de voler, le dealer de dealer, le toxicomane d'&#234;tre d&#233;pendant, le d&#233;tenu condamn&#233; pour affaires de m&#339;urs restera pervers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nervement se traduit par des insultes et menaces puis par de la violence contre le mobilier de la prison ou les gardiens.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;520 agressions contre le personnel ont &#233;t&#233; compt&#233;es en 2004&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La proc&#233;dure disciplinaire se donne alors les apparences du syst&#232;me judiciaire avec une large gamme de peines possibles prononc&#233;es par le directeur en pr&#233;sence du d&#233;tenu, de son avocat et d'un repr&#233;sentant des gardiens. Par suite d'abus, un ensemble de dispositions sont venues, progressivement, r&#233;duire les possibilit&#233;s d'arbitraire dans les sentences. Mais le directeur reste juge et partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#8220;mitard&#8221; est la prison dans la prison, v&#233;ritable torture o&#249; l'on peut &#234;tre plac&#233; jusqu'&#224; 45 jours. Le d&#233;tenu risque de se voir supprimer ses am&#233;nagements de peine voire d'&#234;tre condamn&#233; &#224; de la prison suppl&#233;mentaire au judiciaire si l'acte est grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1996 diff&#233;rents degr&#233;s de faute sont d&#233;finis pour toutes les prisons alors qu'avant tout &#233;tait &#224; la discr&#233;tion du directeur. Le d&#233;tenu a maintenant quelques possibilit&#233;s de recours et il b&#233;n&#233;ficie d'un avocat depuis le 12 avril 2000. Une &#233;volution dont se f&#233;licite l'administration mais en r&#233;alit&#233; elle a d&#251; s'y plier &#224; la suite de la plainte d'un d&#233;tenu (arr&#234;t Marie du Conseil d'Etat, en 1995).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cependant, les chefs d'&#233;tablissements ont r&#233;guli&#232;rement recours &#224; d'autres mesures (isolement et transferts impos&#233;s, parloir avec hygiaphones...) pour sanctionner un manquement au r&#232;glement, afin de s'affranchir des garanties proc&#233;durales pr&#233;vues par la proc&#233;dure disciplinaire.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;La circulaire du 2 avril 1996 insiste &#224; plusieurs reprises sur le caract&#232;re exceptionnel et subsidiaire que doit rev&#234;tir le placement en cellule disciplinaire.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Toutefois, en pratique, le &#8220;mitard&#8221; demeure la sanction la plus utilis&#233;e : elle repr&#233;sente les trois quarts des sanctions prononc&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OIP, Le guide du prisonnier, Paris, La D&#233;couverte, 2004&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En outre la dur&#233;e maximale de 45 jours de mitard est largement sup&#233;rieure &#224; celle pratiqu&#233;e par exemple en Italie (15 jours) et en Allemagne (28 jours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'administration p&#233;nitentiaire, l'&#233;ventualit&#233; du r&#233;duction ou d'une suppression du mitard est assez mal v&#233;cue. Il s'agit d'un &#171; &lt;i&gt;moyen tr&#232;s efficace pour faire entendre raison&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directrice de Maison centrale&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; &lt;i&gt;si on nous enl&#232;ve &#231;a, il ne nous reste plus rien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Surveillant -entr&#233; en 1988- en quartier mineurs de Centre p&#233;nitentiaire&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III Une d&#233;sob&#233;issance normale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement de la population p&#233;nale et l'ouverture de la prison &#224; des intervenants ext&#233;rieurs ouvriraient les possibilit&#233;s de n&#233;gociation et par l&#224; de conflits. Le caract&#232;re criminog&#232;ne de la prison reste cependant inchang&#233;, la d&#233;sob&#233;issance &#233;tant encourag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A D&#233;sob&#233;issances multipli&#233;es&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La modification de la population p&#233;nale tient aux nouveaux d&#233;lits institu&#233;s, aux condamnations de personnes relevant auparavant des h&#244;pitaux psychiatriques, &#224; la multiplication et au durcissement des condamnations li&#233;es aux stup&#233;fiants et aux m&#339;urs, &#224; l'arriv&#233;e des jeunes de banlieues. Cette p&#233;nalisation accrue a pour effet d'augmenter le nombre de personnes incarc&#233;r&#233;es ce qui n'arrange pas la surpopulation malgr&#233; la construction de places suppl&#233;mentaires. Surpopulation facteur d'&#233;nervement, de tensions, notamment du fait d'un racisme assez r&#233;pandu parmi les gardiens. Un &#233;ph&#233;m&#232;re syndicat FN P&#233;nitentiaire &#224; Villeneuve-l&#232;s-Maguelone avait par exemple rassembl&#233; tous les anciens syndiqu&#233;s CGT et une bonne part des syndiqu&#233;s FO de la prison, avant d'&#234;tre interdit par le Conseil d'Etat. &#171; &lt;i&gt;Mais tout &#231;a c'est des... c'est d&#251; &#224; des flux migratoires aussi, diff&#233;rentes cultures qui se sont enchev&#234;tr&#233;es... c'est pas impossible &#231;a aussi... On a de plus en plus de gens de l'est, eux c'est pareil ils sont... enfin bon.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel de Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les structures &#233;ducatives (familiales et scolaires) sont aussi mises en cause. &#171; &lt;i&gt;C'est des enfants... les jeunes des cit&#233;s en majorit&#233; d'origine maghr&#233;bine. Les parents ont baiss&#233; les bras&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Voil&#224; trente ans, y'avait un code entre voyous, un code d&#233;ontologique qui s'est perdu au fil des ans, au fil des r&#233;formes entre autres.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Y'a plus de r&#232;gle, que de la fourberie... Ca nous simplifie le travail : tout le monde balance tout le monde.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Braver l'interdit c'est... ouais c'est leur truc je sais pas... pffff...&lt;/i&gt; [rire g&#234;n&#233;] &lt;i&gt;Je n'ai jamais approfondi la question. Il y a un r&#232;glement, je dois le faire respecter. Moi j'ai eu deux filles, elles ne sont pas tomb&#233;es dans la d&#233;linquance donc c'est peut-&#234;tre qu'il fallait qu'elle soit prise en amont la d&#233;sob&#233;issance...&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Dans les ann&#233;es 70, les gens &#233;taient structur&#233;s par le ca&#239;dat. Y'avait du respect entre eux. Quand un surveillant passait bien, un jeune qui lui manquait de respect, un autre d&#233;tenu r&#233;glait le probl&#232;me. Maintenant c'est toujours un petit peu le cas, mais 100 fois moins.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;La prison c'est leur deuxi&#232;me chez eux en plus... Y'a 70% de r&#233;cidivistes, y'a bien une raison, &#231;a veut dire quelque chose mais bon, on n'est pas l&#224; pour r&#233;fl&#233;chir mais pour faire respecter la loi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel de Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;Dans la soci&#233;t&#233; les enfants respectaient les parents, se tenaient bien &#224; table... Cette &#233;volution dans la soci&#233;t&#233;, dans la famille... le travail dans les mines... Y'avait du respect &#224; tous les niveaux. Ca a beaucoup &#233;volu&#233;.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les parents ont moins d'autorit&#233;. A l'&#233;cole, le ma&#238;tre n'a plus d'autorit&#233;. Eu sein de l'AP, les surveillants vont avoir du r&#233;pondant vis-&#224;-vis de leur autorit&#233;. Les d&#233;tenus respectent moins l'autorit&#233; car c'est l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;. C'est la logique...&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Y'a plus de claque &#233;ducative... Les enfants peuvent porter plainte... Ca dispara&#238;t tout &#231;a, les parents soixante-huitards ont donn&#233; naissance aux parents peinards.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Centre de d&#233;tention&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critiqu&#233;s pour leur d&#233;politisation par les anciens d&#233;tenus engag&#233;s les jeunes refusent n&#233;anmoins le travail, ce que l'on peut expliquer en partie par les parcours des parents et les &#233;checs scolaires. Ils ne sont pas pour autant r&#233;sign&#233;s &#224; vivre pauvres et sont adeptes des grandes marques promues par la soci&#233;t&#233; de consommation : v&#234;tements de sport et &#224; la mode, technologie, voitures... C'est souvent pour se procurer ces biens qu'ils finissent en prison. &#171; &lt;i&gt;J&#233;r&#233;mi, tu peux pas lui dire de faire des petits boulots. Il va pas ob&#233;ir &#224; un patron, se lever &#224; telle heure. Tous vont dire qu'ils pr&#233;f&#232;rent faire ce qu'ils font, avec le risque de la prison, plut&#244;t que devoir ob&#233;ir &#224; un patron. M&#234;me si &#231;a les prive pas de vouloir mener la grande vie. C'est pas le d&#233;lire des ch&#232;vres sur le Larzac et le refus de la soci&#233;t&#233; de consommation. C'est plus le mythe de Scarface.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Mais alors, quelle solution ? Et l&#224;, le probl&#232;me c'est qu'en fait y'a des gens qui veulent pas bosser. Leur d&#233;sob&#233;issance, c'est une d&#233;sob&#233;issance au boulot, &#224; l'ordre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien intervenant du G&#233;n&#233;pi en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les revendications des d&#233;tenus sont &#233;voqu&#233;es, elles sont souvent r&#233;duites &#224; la notion d'humanisation. Plus qu'un mouvement r&#233;gulier d'humanisation, la prison a plut&#244;t &#233;volu&#233; sous l'influence des changements de gouvernement. &#171; &lt;i&gt;Depuis quelques ann&#233;es, on va vers un resserrement pour qu'ils rentrent dans le cadre qu'on a fix&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directeur adjoint de Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui n'est pas pour d&#233;plaire aux surveillants. &#171; &lt;i&gt;Nous on est tr&#232;s livr&#233; aux tendances politiques. Par exemple aujourd'hui c'est la r&#233;pression. Y'a 3-4 ans c'&#233;tait le laxisme.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Y'a trois ans, le Peuple a vot&#233;. C'&#233;tait contre l'ins&#233;curit&#233;. Chez nous pareil, c'&#233;tait l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;La France est un pays de contradictions. D&#232;s qu'une id&#233;e sort, une id&#233;e contraire sort. C'est la d&#233;mocratie mais &#231;a avance pas vite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;C'est g&#233;n&#233;ral au niveau national, la baisse des mineurs incarc&#233;r&#233;s c'est g&#233;n&#233;ral. Le pourquoi du comment je sais pas. L'effet Sarkosy j'y crois pas du tout. Il y aurait moins de d&#233;linquance &#224; l'ext&#233;rieur ? Les chiffres, on leur fait dire ce qu'ils veulent...&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Surveillant -entr&#233; en 1988- en quartier mineurs de Centre p&#233;nitentiaire&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Chaque fois qu'on a agrandit le parc p&#233;nitentiaire fran&#231;ais, &#231;a a &#233;t&#233; pour le remplir de plus belle. Avec Sarkosy, on est pass&#233; de 18 mineurs incarc&#233;r&#233;s &#224; 2. Il y a eu des consignes aux parquets. Et maintenant il a son bilan. Tout le discours sur l'ins&#233;curit&#233;... C'est comme &#231;a qu'on se retrouve avec Le Pen au second tour des &#233;lections. On est pass&#233; du &#8220;je ne peux pas sortir de chez moi parce que on se fait agresser par des hordes de maghr&#233;bins enrag&#233;s et des noirs qui ont le SIDA&#8221; &#224; &#8220;Tout est beau, les parcs sont fleuris&#8221;...&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Surveillant -entr&#233; en 1985- en quartier mineurs de Centre p&#233;nitentiaire&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement le gouvernement qui est mis en cause, mais aussi, la sensibilit&#233; de la magistrature &#224; l'opinion publique, aux m&#233;dias. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s, selon les gouvernements, la politique a &#233;t&#233; plus r&#233;pressive ou orient&#233;e vers plus d'ouverture. En 81, c'est la suppression de la peine de mort, les parloirs libres, la t&#233;l&#233;vision en d&#233;tention. Et en contre-coup, des r&#233;formes assez s&#233;v&#232;res avec les p&#233;riodes de s&#251;ret&#233;. Un coup d'un c&#244;t&#233;, un coup de l'autre. La gauche est orient&#233;e vers une culture de pr&#233;paration de la sortie. La droite est plus s&#233;curitaire, construit plus de places de prison.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;On se rend compte que les magistrats qui nous rabattent les oreilles avec leur ind&#233;pendance, sont en fait les plus sensibles &#224; l'opinion publique et aux politiques en place. Quand il y a plus de place, il y a plus d'incarc&#233;rations. Quand Sarkosy est arriv&#233;, tout d'un coup ils se sont mis &#224; incarc&#233;rer beaucoup plus parce que les m&#233;dias parlaient de l'ins&#233;curit&#233;... A un moment on a beaucoup vu des mineurs, y'a trois-quatre ans... Il n'y avait pas un JT sans sujet sur les banlieues, les sauvageons... Tout d'un coup &#231;a s'est mis &#224; &#233;crouer les mineurs &#224; tout va. Puis c'est retomb&#233; m&#233;diatiquement et donc il y a moins d'incarc&#233;rations. Ca laisse un peu perplexe. Car normalement ils devraient se d&#233;tacher de l'opinion publique. Ils devraient avoir une plus grande r&#233;serve et ils ne l'ont pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directrice de Maison centrale&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des droits pour les d&#233;tenus aurait ouvert la br&#232;che des n&#233;gociations possible, les d&#233;tenus (pourquoi en serait-il autrement ?) r&#233;clamant toujours plus de droits, alors qu'auparavant, ils n'avaient droit &#224; rien. Cela serait responsable d'une mont&#233;e des petites d&#233;sob&#233;issances en m&#234;me temps qu'une baisse des grosses r&#233;voltes. &#171; &lt;i&gt;Depuis 75, j'ai vu changer les choses. La d&#233;sob&#233;issance... c'est qu'on l'a bien voulu.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Quand on a quelque chose &#224; d&#233;fendre c'est plus facile de d&#233;sob&#233;ir. Avant, ils avaient droit &#224; rien donc la d&#233;sob&#233;issance &#233;tait plus difficile. Avec leurs droits obtenus dans les ann&#233;es 80 et vu qu'on n'a pas su g&#233;rer... donc l'angle de d&#233;sob&#233;issance a augment&#233;, obligatoirement...&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Mon id&#233;e personnelle : qui dit laxisme dit d&#233;sob&#233;issance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison d'Arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B Impasse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on suit la logique, l'humanisation des prisons, l'ouverture sur l'ext&#233;rieur, l'augmentation des droits, produiraient de la d&#233;sob&#233;issance ! Plus fondamentalement, l'administration consid&#232;re les d&#233;tenus comme &#233;tant irr&#233;m&#233;diablement d&#233;linquants et n'esp&#232;re emp&#234;cher la r&#233;cidive que par la terreur. Le d&#233;tenu est d&#233;responsabilis&#233; ce qui l'emp&#234;che de r&#233;int&#233;grer la soci&#233;t&#233; dans de bonnes conditions puisqu'il int&#232;gre la fatalit&#233; qu'on lui attribue. C'est ainsi que la r&#233;cidive est encourag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois catalogu&#233; comme d&#233;linquant le d&#233;tenu n'en sort plus. &#171; &lt;i&gt;D&#233;j&#224;, tout petits ils ont pas... C'est le manque de respect, le manque de... enfin bon... c'est compliqu&#233;...&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Enfin bon... La d&#233;sob&#233;issance c'est quoi : c'est des jeunes qu'on leur a jamais dit non petits. A 20 ans quand on dit non, c'est pas les m&#234;mes r&#233;actions qu'&#224; 6 ans. Avec cette fameuse drogue... on veut pas travailler. C'est des gros fain&#233;ants... voil&#224; le r&#233;sultat. Dans un premier temps, c'est les parents qui sont responsables, dans un deuxi&#232;me l'Education Nationale. Apr&#232;s &#231;a devient des d&#233;linquants et qui dit d&#233;linquants dit d&#233;sob&#233;issance &#224; la r&#232;gle... Enfin bon...&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a que les d&#233;tenus ayant renonc&#233; &#224; toute individualit&#233; qui ne d&#233;sob&#233;issent pas en prison. On demande aux d&#233;tenus de respecter les r&#232;gles au sein de la d&#233;tention avec l'id&#233;e qu'ils respecteront les r&#232;gles de la soci&#233;t&#233; &#224; l'ext&#233;rieur. D'o&#249; la discipline demand&#233;e. Les gardiens se repr&#233;sentent le syst&#232;me carc&#233;ral comme &#233;tant de l'assistanat, tandis que ses d&#233;tracteurs critiquent l'infantilisation ayant cours en prison. L'id&#233;e est la m&#234;me : &#224; sa sortie, l'ex-d&#233;tenu est perdu pour affronter la soci&#233;t&#233;. Trop habitu&#233; &#224; &#234;tre assist&#233;, il ne sait pas prendre sa vie en main. &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me : maintenant, ils sont trop assist&#233;s et dehors, ils savent pas se d&#233;brouiller seuls. La prison, c'est de l'assistanat. Maintenant le d&#233;tenu n'a qu'&#224; claquer des doigts.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Comme &#224; l'ext&#233;rieur, on attend des gens qu'ils soient disponible pour ex&#233;cuter des directives sans les discuter, qu'ils soient disciplin&#233;s, et en m&#234;me temps on leur reproche leur manque d'initiative.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me partie : D&#233;sob&#233;ir &#224; la norme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I Prendre l'initiative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;tenus refusent le jeu des marges de man&#339;uvre qui produit le calme mais conduit aux frustrations, tensions et conflits que nous venons de voir. En tant que pulsion de vie ayant pour but le changement de l'institution, l'initiative est une d&#233;sob&#233;issance politique avec des revendications. Les troubles que cela engendre sont le fait d'une minorit&#233; de d&#233;tenus sauf lorsqu'ils parviennent &#224; entra&#238;ner un mouvement dans leur sillage. Les actions sont ainsi vari&#233;es, individuelles ou collectives, et fissurent le caract&#232;re total de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Une d&#233;sob&#233;issance politique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une institution totale mortifie la personnalit&#233; des reclus (perte de l'autonomie et rationalisation de la servitude) par l'isolement, les c&#233;r&#233;monies d'admission, le d&#233;pouillement, la d&#233;gradation de l'image de soi, la contamination physique (par la violation de l'intimit&#233;), la contamination morale (par la promiscuit&#233; avec les autres d&#233;tenus), la destruction du lien qui unit habituellement l'agent &#224; ses actes (le ricochet en provoquant une riposte d&#233;fensive pr&#233;texte &#224; une nouvelle attaque et l'embrigadement qui frustre la possibilit&#233; d'ajuster ses besoins &#224; ses objectifs)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;Le syst&#232;me de surveillance intime et omnipr&#233;sent coupl&#233; &#224; l'absence de droits de revendication vient, en les d&#233;poss&#233;dant de leur&lt;/i&gt; autonomie, &lt;i&gt;de leur&lt;/i&gt; ind&#233;pendance, &lt;i&gt;et en mettant &#224; l'&#233;preuve leur&lt;/i&gt; autocontr&#244;le &lt;i&gt;et en mena&#231;ant leur&lt;/i&gt; expressivit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;tralogie de l'individualit&#233; moderne, Martuccelli D., Grammaires de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;toucher les d&#233;tenus au c&#339;ur de leur individualit&#233; propre.&lt;/i&gt; &#187;Chantraine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pulsions de vie ne sont pas forc&#233;ment interdites, mais en s'opposant &#224; la logique mortif&#232;re du lieu elles sont mal vues, provoquent des repr&#233;sailles. &#171; &lt;i&gt;Ils se font happer par le temps, le temps difforme qui n'a pas de chronologie. En situation d'attente sans ma&#238;trise.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Pour donner du sens, on a pens&#233; qu'un journal serait la meilleure chose.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Mon journal les emmerde, ils tentent de le faire arr&#234;ter...&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Y'a rien qui est transgress&#233; mais la prison est un lieu mortif&#232;re... C'est une pulsion de mort. En prison tout est &#233;teint. Ce journal est une pulsion de vie. Ca transgresse rien mais c'est pas dans l'air de la prison.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Est-ce que faire quelque chose qui a du sens dans un lieu qui n'en a pas, c'est de la d&#233;sob&#233;issance ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directeur de la structure d'enseignement d'une Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de d&#233;sob&#233;issance va concerner plut&#244;t des longues peines qui sont d'autant plus touch&#233;es par le temps carc&#233;ral. En miroir, on peut estimer que les actes de d&#233;sob&#233;issance quotidienne vus en premi&#232;re partie concernent en majorit&#233; des d&#233;tenus effectuant des courtes peines en Maison d'arr&#234;t o&#249; le probl&#232;me principal est plut&#244;t la surpopulation. Cependant, cette s&#233;paration est loin d'&#234;tre &#233;tanche, elle offre seulement un indice de compr&#233;hension. En effet, la perspective d'une lib&#233;ration est tellement lointaine pour les longues peines que la peur d'un refus de son am&#233;nagement est moindre. D'autre part, la d&#233;personnalisation et le sentiment de perte d'humanit&#233; sont bien plus pr&#233;gnants chez eux. &#171; &lt;i&gt;De l'insurrection contre l'innommable fin qu'ils nous destinent d&#233;pend notre humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rouillan J.-M., Le devoir de r&#233;sistance !, Lannemezan, 2000&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pos&#233; par les longues peines s'accro&#238;t depuis l'abolition de la peine de mort, car en contrepartie les peines de s&#251;ret&#233; ont &#233;t&#233; institu&#233;es. Surtout, on d&#233;note une plus grande s&#233;v&#233;rit&#233; dans les jugements. Ainsi, entre 1978 et 1998, les peines de cinq ans ont augment&#233; de 1020%, les condamnations &#224; plus de dix ans de 233% et les perp&#233;tuit&#233;s de 100%, tandis que le nombre de lib&#233;rations conditionnelles a &#233;t&#233; divis&#233; par deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier &#233;l&#233;ment politique dans ces d&#233;sob&#233;issances : porter le probl&#232;me vers l'ext&#233;rieur. Sans cela, la revendication n'aura aucune chance d'aboutir et en lui-m&#234;me le d&#233;faut de communication avec l'ext&#233;rieur est un probl&#232;me, peut-&#234;tre le probl&#232;me principal de la prison car il d&#233;truit l'identit&#233; de l'individu comme faisant partie de la soci&#233;t&#233;. Le simple fait d'&#233;crire est d&#233;j&#224; une d&#233;sob&#233;issance &#224; la norme carc&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison est un lieu hors du droit avec ses propres r&#232;gles. L'arriv&#233;e des avocats en commission de discipline n'a pas forc&#233;ment &#233;t&#233; bien v&#233;cue, des d&#233;tenus n'h&#233;sitent pas &#224; porter plainte. Ces &#171; proc&#233;duriers &#187; vont ainsi parvenir r&#233;guli&#232;rement &#224; obtenir gain de cause (le d&#233;cret du 2 avril 1996 instaurant les trois degr&#233;s de fautes disciplinaires et donnant des possibilit&#233;s de recours a &#233;t&#233; provoqu&#233; par la plainte donnant lieu &#224; l'arr&#234;t Marie du Conseil d'Etat en f&#233;vrier 1995, l'arr&#234;t Remli du 30 juillet 2003 introduit des voies de recours contre les proc&#233;dures d'isolement injustifi&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des strat&#233;gies avec un souci d'efficacit&#233; sont &#233;labor&#233;es, avec des revendications pr&#233;cises. Les actions prennent une intensit&#233; croissante jusqu'&#224; la violence qui n'est pas rejet&#233;e contrairement aux d&#233;finitions communes de d&#233;sob&#233;issance civile. Cette menace est essentielle pour esp&#233;rer obtenir gain de cause. Nombre d'acteurs, de part et d'autre de la barri&#232;re, consid&#232;rent que ce sont les grandes r&#233;voltes des ann&#233;es 70 qui ont contribu&#233; &#224; am&#233;liorer le sort des d&#233;tenus. En pratique, c'est toujours le r&#233;sultat de chaque situation particuli&#232;re qui compte. La l&#233;gitimit&#233; de la d&#233;sob&#233;issance tient simplement au fait d'avoir &#171; &lt;i&gt;raison de d&#233;sob&#233;ir&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lochak D., D&#233;sob&#233;ir &#224; la loi, in Pouvoir et Libert&#233;. Etudes offertes &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les r&#233;voltes provoquent des changements ou si -comme nous le verrons- elles sont des gages de r&#233;insertion ou de maintien d'une bonne sant&#233; mentale, alors les d&#233;tenus qui d&#233;sob&#233;issent &#224; la norme carc&#233;rale ont raison de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ranger les revendications selon les techniques de transformation de l'individu qu'elles visent : l'isolement, le travail et la normalisation.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault M., Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication principale port&#233;e par les d&#233;tenus politis&#233;s concerne l'isolement, qualifi&#233; de torture. Il s'agit autant de la cellule disciplinaire que la d&#233;tention en isolement pour raisons de s&#233;curit&#233; (qui n'est pas en th&#233;orie une sanction). Le droit d'association, de s'organiser et d'&#233;lire des repr&#233;sentants fait &#233;galement partie, plus largement, des revendications. Il s'agit aussi de l'isolement vis-&#224;-vis de sa famille et donc la revendication du rapprochement familial, du droit &#224; l'intimit&#233;, &#224; avoir une vie sexuelle. Plus largement, c'est une libre communication avec l'ext&#233;rieur que demandent les d&#233;tenus, et notamment la fin de la violation du courrier, de sa censure, qui entrave la libert&#233; d'expression. C'est ainsi que le libre acc&#232;s au t&#233;l&#233;phone est aussi une demande r&#233;currente. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas en &#233;tant coup&#233; de la soci&#233;t&#233; que le prisonnier peut se pr&#233;parer &#224; la rejoindre. Seule la multiplication des contacts, d'&#233;changes d'id&#233;es, l'y pr&#233;pare, chaque contact constituant une simulation concr&#232;te de sa r&#233;int&#233;gration sociale &#224; venir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif de Saint-Maur, 1999&#034; id=&#034;nh2-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; D'o&#249; un besoin, plus g&#233;n&#233;ral, d'une ouverture &#171; &lt;i&gt;&#224; plus d'intervenants ext&#233;rieurs (cours, d&#233;bats, etc.)&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif de Saint-Maur, 1999&#034; id=&#034;nh2-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; &#171; &lt;i&gt;la culture, &#224; l'art, &#224; ces aliments de l'esprit et des sens&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte lu par trois prisonniers anonymes de la Maison centrale d'Arles qui se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications portent &#233;galement sur le travail en d&#233;tention. &#171; &lt;i&gt;Les droits des travailleurs en prison doivent &#234;tre calqu&#233;s sur ceux de l'ensemble des travailleurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif de Saint-Maur, 1999&#034; id=&#034;nh2-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Reprenant l'id&#233;e que le travail participe de la &#171; &lt;i&gt;mission d'aide &#224; la r&#233;insertion des d&#233;tenu(e)s&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte lu par trois prisonniers anonymes de la Maison centrale d'Arles qui se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les d&#233;tenus estiment qu'il doit de se fait se d&#233;rouler dans les m&#234;mes conditions qu'&#224; l'ext&#233;rieur : m&#234;mes salaires, contrat de travail, SMIC, jours de maladie pay&#233;s, minimas sociaux en p&#233;riode de ch&#244;mage et RMI, droit &#224; la syndicalisation et &#224; l'&#233;lection de d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux. Certains d&#233;tenus cependant ont une autre vision du travail, comme Pascal Brozzoni qui a br&#251;l&#233; les ateliers de la prison de Clairvaux, le 16 avril 2003. Il s'en explique ensuite dans un texte titr&#233; &#171; &lt;i&gt;On n'est pas venu en prison pour travailler !&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;On s'en bat les () du travail ! On est en taule, et certains veulent entrer dans le jeu de la p&#233;nitentiaire et de la justice : &#234;tre sages, payer leur dette et tout irait pour le mieux ? Faut arr&#234;ter ! Aucun compromis n'est possible, et m&#234;me ceux qui collaborent (on a vu les d&#233;positions, h&#233; h&#233; !) sont bien mal pay&#233;s en retour ! Comprend qui peut. Plut&#244;t que de penser au boulot, faudrait plut&#244;t se battre (ou au moins soutenir ceux qui se battent !) pour que la justice respecte ses propres lois, notamment : mi peine, mi gr&#226;ce. pour tous. Dans toutes les luttes en prison, que ce soit celle pour les parloirs &#8220;libres&#8221; (de quoi, d'ailleurs ?), la t&#233;l&#233;, l'acc&#232;s au t&#233;l&#233;phone... Pour chaque am&#233;lioration des conditions de vie en d&#233;tention et des am&#233;nagements dont nos proches ont profit&#233;, pour tout cela, il y a eu des morts, et aussi des ann&#233;es de zonzon distribu&#233;es &#224; la minorit&#233; qui osait combattre. Les acquis des mutineries, des mouvements collectifs de 74 ou du d&#233;but des ann&#233;es 80 sont aujourd'hui remis en cause et personne ne se battra &#224; notre place, et surtout pas ceux qui s'autoproclament les repr&#233;sentants des d&#233;tenus et de leurs proches. Rien n'a &#233;t&#233; donn&#233;, tout a &#233;t&#233; pris. Et tout reste &#224; prendre !&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte &#233;crit en f&#233;vrier 2004. Le site Internet d&#233;di&#233; &#224; cette affaire :&#034; id=&#034;nh2-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Plus g&#233;n&#233;ralement, il y a une lutte contre la privatisation des prisons, sachant que les d&#233;tenus sont exclus du contr&#244;le de la gestion financi&#232;re de l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications que l'on peut ranger dans la lutte contre la normalisation touchent d'abord les conditions de d&#233;tention jug&#233;es anormale. Sont ainsi vis&#233;es les restrictions, le soup&#231;on ou l'infantilisation dont sont victimes les d&#233;tenus. C'est ensuite tout ce qui est du domaine des longues peines, qualifi&#233;es de peines de &#171; mort lente &#187;. D'une part du point de vue de la sant&#233; (choix du m&#233;decin, lib&#233;ration des d&#233;tenus atteints de maladies incurables et en fin de vie c'est-&#224;-dire application de la loi Kouchner, transfert en asile des d&#233;tenus malades psychiatriques). D'autre part, tout ce qui concerne l'application des peines (extension des lib&#233;rations conditionnelles &#224; mi-peine, application syst&#233;matique des permissions de sortie, limitation &#224; 15 ans du maximum des peines, fin du cumul des peines, abolition de la perp&#233;tuit&#233;, amnistie des mutins). Mais le reproche principal fait &#224; l'administration p&#233;nitentiaire concerne la r&#233;pression dont sont victimes les r&#233;calcitrants, l'arbitraire, la violence. C'est ainsi qu'un r&#232;glement unique pour toutes les prisons est revendiqu&#233;. Une partie des surveillant est explicitement vis&#233;e &#224; plusieurs reprises (&#171; &lt;i&gt;provocations des matons fascistes et racistes&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif, Contre l'enfermement, Paris, Aktion, 1994&#034; id=&#034;nh2-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; &lt;i&gt;l'activit&#233; nocive d'une minorit&#233; extr&#234;mement agissante du personnel surveillant pour qui le d&#233;tenu est l'ennemi &#224; abattre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte lu par trois prisonniers anonymes de la Maison centrale d'Arles qui se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Les agents les plus r&#233;pressifs se savent couverts par la direction et la direction par le minist&#232;re&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif de Saint-Maur, 1999&#034; id=&#034;nh2-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) Plus r&#233;cemment, les Equipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (ERIS), cr&#233;es par le garde des sceaux, cristallisent les reproches. Cette r&#233;pression prend de multiples formes. &#171; &lt;i&gt;L'humiliation, la provocation verbale et la brutalit&#233; physique sur les d&#233;tenus sont devenues monnaie courante. En effet on ne compte plus les diff&#233;rents probl&#232;mes qui ont surgis ces derniers temps et dont la liste est loin d'&#234;tre exhaustive : r&#233;flexions douteuses voire racistes sur les origines et les croyances religieuses ou ethniques d'une partie de la population carc&#233;rale (ph&#233;nom&#232;ne croissant &#233;tant donn&#233; la cons&#233;quence directe du contexte mondial et soci&#233;tal actuel) ; violation d&#233;lib&#233;r&#233;e du dernier lieu d'intimit&#233; qu'il reste au d&#233;tenu : la cellule, en arrachant tout ce qui se trouve &#224; port&#233;e de main ; non respect des conditions politiques que tout un chacun &#224; la libert&#233; d'avoir ; bousculades lors d'altercations avec des d&#233;tenus refusant de se soumettre &#224; l'exc&#232;s de z&#232;le autoritaire de certains surveillants et/ou bricards ; passages &#224; tabac sur les d&#233;tenus qui par leurs &#233;tats psychomentaux devraient &#234;tre plac&#233;s dans d'autres endroits p&#233;nitenciers&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif des d&#233;tenus du b&#226;timent D5 de Fleury M&#233;rogis, Octobre 2001&#034; id=&#034;nh2-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B Troubles de la vie carc&#233;rale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux figures de d&#233;tenus qui pratiquent des d&#233;sob&#233;issances politiques : le prisonnier politique et le rebelle. Incarc&#233;r&#233;s pour des raisons diff&#233;rentes (m&#234;me si le droit ne fait pas la distinction), ces figures renvoient &#224; celles qui connaissent un d&#233;sir d'exemplarit&#233; qui les conduit &#224; l'action.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pedretti M., La figure du d&#233;sob&#233;issant en politique, Paris, L'Harmattant, 2001&#034; id=&#034;nh2-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Elles &#233;tablissent un contre-pouvoir, selon la figure du &lt;i&gt;strat&#232;ge&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&#034; id=&#034;nh2-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; ne pas confondre avec celle du ca&#239;d, qui peut mener des actions &#224; des fins personnelles plut&#244;t que collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir une r&#233;f&#233;rence id&#233;ologique forte est essentiel et cela caract&#233;rise les d&#233;tenus politiques, tr&#232;s souvent class&#233;s comme d&#233;tenus particuli&#232;rement surveill&#233;s (DPS), qui entrent souvent en prison en ayant d&#232;s le d&#233;part l'envie d'y poursuivre leur lutte. Ce qui est particuli&#232;rement redout&#233; avec eux, c'est le soutien que leur apporte bien souvent l'ext&#233;rieur et le fait qu'ils sont un certain nombre au sein des prisons fran&#231;aises &#224; partager les m&#234;mes id&#233;es et &#224; pouvoir se porter un soutien r&#233;ciproque (avec la revendication r&#233;currente d'un regroupement). Ils connaissent pour la plupart de tr&#232;s longues p&#233;riodes d'isolement (7 ann&#233;es successives pour ceux d'Action Directe), ce qui explique l'importance de la revendication pour la suppression de l'isolement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des prisonniers politiques racontent leur d&#233;tention : Rouillan J.-M. Je hais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres d&#233;tenus n'entrent pas en prison &#224; cause de leurs id&#233;es politiques (m&#234;me si l'on peut consid&#233;rer qu'un refus de vivre &#8220;dans&#8221; le syst&#232;me est politique en soi). Souvent condamn&#233;s pour grand banditisme, ils montrent un fort caract&#232;re et sont entr&#233;s dans une carri&#232;re d&#233;linquante assum&#233;e qui les am&#232;ne &#224; refuser le syst&#232;me en bloc. L&#224; encore l'isolement est une des raisons principales &#224; leur r&#233;volte. Certains d'entre eux pratiquent l'&#233;criture comme moyen de lutte, apr&#232;s avoir tent&#233; des &#233;vasions &#224; de multiples reprises et avoir particip&#233; aux diff&#233;rentes luttes, comme par exemple Laurent Jacqua.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacqua L., La Guillotine carc&#233;rale. Silence, on meurt, Paris, Nautilus, 2003&#034; id=&#034;nh2-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Y'en a quelques uns, c'est des grandes gueules, qu'on retrouve plus tard dans les m&#233;dias. Bauer&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bauer C. Fracture d'une vie, Marseille, Agone, 2004&#034; id=&#034;nh2-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;par exemple, un copain de Mesrine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mesrine J. L'instinct de mort, Paris, Champ Libre, 1984&#034; id=&#034;nh2-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;qui vient du grand banditisme, quelqu'un d'intelligent. Ils ont choisit leur voie, ce sont des voyous. Ceux-l&#224; sont ceux qui s'&#233;vadent... C'est la forme supr&#234;me de d&#233;sob&#233;issance. Ca peut &#234;tre aussi les terroristes. Ils ont une id&#233;ologie suffisamment forte pour ne pas subir la prison. Mais quand m&#234;me ce sont des exceptions rares. 98-99% des d&#233;tenus collent au syst&#232;me parce que c'est beaucoup plus facile. C'est aussi ce qu'on attend d'eux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directrice de Maison centrale&#034; id=&#034;nh2-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut classer les actions mises en &#339;uvre en deux ensembles, selon qu'elles se pratiquent seul ou en collectif, m&#234;me si la s&#233;paration n'est pas &#233;tanche. En g&#233;n&#233;ral, les d&#233;tenus concern&#233;s d&#233;veloppent une d&#233;sob&#233;issance individuelle et participent aux actions collectives qui se pr&#233;sentent et/ou qu'ils provoquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance individuelle commence par refuser le rythme impos&#233; par la prison : se lever, manger, se coucher, &#224; l'heure de son choix. Varier si l'on veut. Il s'agit d'une premi&#232;re marge d'initiative facile &#224; saisir, qui contrecarre d'embl&#233;e le mod&#232;le disciplinaire dont la vocation est de dresser le corps &#224; une vie ext&#233;rieure o&#249; l'on demande &#224; l'&#233;l&#232;ve ou au travailleur de venir chaque jour &#224; la m&#234;me heure. Autre r&#233;sistance, le fait de se pr&#233;senter au m&#234;me plan que le gardien. C'est aussi r&#233;pondre &#224; chaque humiliation, quitte &#224; en subir de dures cons&#233;quences. En effet, les gardiens ne supportent pas l'id&#233;e d'&#234;tre mis sur un pied d'&#233;galit&#233; avec les d&#233;tenus. R&#233;sister &#224; la tentation de l'homosexualit&#233; peut aussi &#234;tre pr&#233;sent&#233; comme une r&#233;sistance des longues peines.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marchetti A.-M., Perp&#233;tuit&#233;s. Le temps infini des longues peines, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; S'instruire en prison n'est pas une attitude que l'on attend du d&#233;tenu. Au contraire, il est plut&#244;t pouss&#233; &#224; regarder la t&#233;l&#233;vision, &#224; effectuer des t&#226;ches non-intellectuelles et r&#233;p&#233;titives au travail. Si l'&#233;cole y a &#233;t&#233; introduite, cela a &#233;t&#233; impos&#233; de l'ext&#233;rieur et l'administration peut lui reprocher son caract&#232;re &#233;litiste, lorsqu'elle se borne &#224; fabriquer un journal. Rares sont les v&#233;ritables biblioth&#232;ques en prison. S'instruire est par ailleurs une mani&#232;re d'occuper son temps carc&#233;ral qui est cumulative, ce qui permet l&#224; encore de r&#233;sister &#224; l'&#233;tourdissement du temps inerte. Vient ensuite le fait de communiquer avec l'ext&#233;rieur. Garder un lien, t&#233;moigner, est aussi bon pour la sant&#233; mentale du d&#233;tenu que pour contribuer (lorsqu'on &#233;crit &#224; des journaux ou &#224; des radios, voire des livres) &#224; sortir la prison du brouillard et ainsi porter les probl&#232;mes sur la place publique. Puis il y a l'&#233;vasion. Il faut d'abord la consid&#233;rer en tant que projet. En effet, un d&#233;tenu qui pense &#224; l'&#233;vasion est consid&#233;r&#233; comme dangereux - sans v&#233;ritable lien avec sa dangerosit&#233; r&#233;elle - et sera en g&#233;n&#233;ral plac&#233; en isolement. Le d&#233;tenu qui pense &#224; l'&#233;vasion aura peu de chances de perdre la t&#234;te. Le seul risque qu'il court est de sombrer dans le d&#233;sespoir et d'&#234;tre conduit au suicide. Et puis il y a l'&#233;vasion proprement dite. Qui &#233;choue la plupart du temps. Qui r&#233;ussi parfois.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2004, 18 &#233;vasions concernant 22 d&#233;tenus et 38 tentatives d'&#233;vasion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le taux d'&#233;vasion est de 6,2 pour 10 000 d&#233;tenus en 1996. Nous l'avons class&#233;e parmi les actions individuelles, mais elle peut &#234;tre collective (il est extr&#234;mement rare d'observer des cas o&#249; des prisons enti&#232;res sont vid&#233;es, comme la Bastille en 1789 ou, plus r&#233;cemment, quelques cas dans le cadre de la r&#233;volte dans la r&#233;gion mexicaine du Chiapas). En r&#233;alit&#233;, il y a une immense vari&#233;t&#233; d'&#233;vasions (par des tunnels, par les airs, des prises d'otages, lors de sorties chez le juge ou &#224; l'h&#244;pital...) et il n'y a pas la place, ici, pour en faire un relev&#233; exhaustif.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plusieurs exemples : Collectif, Au pied du Mur. 765 raisons de d&#233;truire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ca commence par refuser leur rythme : lever, coucher, manger. Tu te donnes un autre rythme. Je connais assez peu de gens qui acceptent ce rythme. Ensuite, les r&#233;sistances, y'en a deux types. De mani&#232;re isol&#233;e ou collective. Pour les isol&#233;es : ne jamais se laisser mal parler sans le remettre &#224; sa place. Ca c'est un truc de tous les jours, quitte &#224; aller au mitard. Refuser la t&#233;l&#233; : on se m&#233;fie de toi, on te catalogue comme subversif, on se demande &#224; quoi tu penses. C'est &#233;crire le plus possible &#224; l'ext&#233;rieur, t&#233;moigner. Ne jamais laisser quelqu'un tout seul. Ca &#231;a fait le jeu de l'AP car elle fabrique l'individualisme et se m&#233;fie des gens qui vont en voir d'autres.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Pour la d&#233;sob&#233;issance collective, elle passe par la vie quotidienne. Quand je suis arriv&#233; &#224; Fleury, j'ai &#233;t&#233; vite biblioth&#233;caire. Quand t'arrives en prison, on te donne le minimum strict : le paquet arrivant. Avec une ou deux autres personnes on s'est dit qu'on pouvait le corriger pour avoir un vrai pack arrivant. Tout arrivant passait la biblioth&#232;que. Un peu de Ricor&#233;e, du sucre, du sel, un paquet de tabac, un peu de bouffe. On avait fait &#231;a : la biblioth&#232;que sert de coop&#233;rative. Tout le monde donne et apr&#232;s &#231;a donnait un cadeau pour le nouvel arrivant. Je leur disais : &#8220;vous le prenez en attendant votre premier mandat qui met au moins quinze jours &#224; arriver. Et puis quand vous touchez de l'argent, vous remboursez. Si vous avez plus de sous, vous en donnez plus et si vous avez pas de sous, pas de remboursement&#8221;. C'&#233;tait compl&#232;tement interdit. Ca a &#233;t&#233; d&#233;couvert un jour. Je me suis fait d&#233;classer et on a &#233;t&#233; s&#233;par&#233;s. C'est un petit exemple. Une d&#233;sob&#233;issance pour am&#233;nager la vie &#224; l'int&#233;rieur. Pas une r&#233;sistance directe contre l'AP.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Apr&#232;s sinon, c'est un mot d'ordre, une p&#233;tition. C'est un truc compl&#232;tement interdit. Celui qui la lance, c'est mitard pour incitation au d&#233;sordre. Y'a le refus de plateau. Au bout de trois jours, l'AP doit le signaler &#224; la direction r&#233;gionale. En m&#234;me temps, t'essayes de le faire savoir &#224; l'ext&#233;rieur. C'est pour &#231;a qu'il faut des passerelles et qu'on fait ce qu'on fait. Ca peut &#234;tre aussi des lettres collectives, qu'on re&#231;oit des fois &#224; la radio. Ca peut &#234;tre ensuite un refus de remonter de promenade. En g&#233;n&#233;ral, ils t'envoient les CRS. Et puis &#224; chaque mouvement collectif, l'AP essaye de d&#233;gager des meneurs et les transf&#232;re. Quitte &#224; en fabriquer. Ca casse rapidement tout mouvement. Ensuite tu as... Tout ce qui est plus violent.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;D&#232;s que tu fais mine de t'opposer, ils font tout pour te casser en deux. L'arme principale : l'isolement. Transfert, isolement. Apr&#232;s, les autres formes... Ah oui ! Les basques en ont une superbe : c'est investir le mitard. Par exemple, quand y'a des fouilles pour aller au parloir. Les fouilles &#224; corps sont possibles. En g&#233;n&#233;ral, tu refuses. Contre &#231;a : on refuse et on va au mitard. Y'a un certain nombre de places. Ils rendent le mitard complet pour les autres. Et ils tournent. Ca &#231;a fait chier l'AP. Et puis y'a les formes tr&#232;s speed. En dernier &#224; Clairvaux : c'est l'&#233;meute et la destruction. Ca se paye tr&#232;s tr&#232;s tr&#232;s cher. Et puis bien s&#251;r l'&#233;vasion. C'est une d&#233;sob&#233;issance constante. Quand tu penses &#224; &#231;a, tu refuses la taule tout le temps, &#231;a te rend fort. C'est quelque chose que tu peux faire et que... qui peut &#234;tre solitaire. Par exemple &#224; Toulouse, un type a observ&#233; pendant six mois un mur. C'&#233;tait un grimpeur. Il est sorti comme &#231;a. Ca peut &#234;tre &#224; plusieurs. Et souvent avec l'ext&#233;rieur. Y'a beaucoup de tentatives.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien prisonnier, &#233;diteur, animateur de l'&#233;mission radio L'Envol&#233;e&#034; id=&#034;nh2-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les actions collectives le principe de base est celui de la solidarit&#233;. Il faut savoir que la moindre tentative pour s'organiser devra &#234;tre clandestine car cela n'est pas permis. Dans l'extrait pr&#233;c&#233;dent, l'ancien d&#233;tenu part du principe qu'il ne faut jamais laisser quelqu'un tout seul ruminer sur son sort. Souvent, des actions solidaires vont &#234;tre men&#233;es afin d'alerter l'administration sur les cas de d&#233;tenus en situation de d&#233;tresse, de maladie ou dont le traitement leur para&#238;t indigne. Un exemple &#233;labor&#233; d'organisation solidaire nous est expos&#233; dans l'extrait d'entretien pr&#233;c&#233;dent, avec l'organisation d'une collecte pour faire des colis pour les arrivants. Pour des revendications plus g&#233;n&#233;rale, l'action collective premi&#232;re est la p&#233;tition. Elle aussi interdite, elle aura un impact si elle est relay&#233;e par l'ext&#233;rieur. Il en est de m&#234;me pour les lettres collectives. Nous avons vu l'exemple d'une m&#234;me lettre envoy&#233;e de mani&#232;re individuelle par plusieurs d&#233;tenus. Un niveau sup&#233;rieur est atteint avec des actions entrant dans le cadre de ce qu'un ancien d&#233;tenu d&#233;nomme la &#8220;strat&#233;gie du refus&#8221;. Cela recouvre une grande vari&#233;t&#233; d'actions : refus de plateau, refus de &#8220;cantiner&#8221;, refus d'aller en promenade ou de revenir de promenade, refus de parloir, refus de t&#233;l&#233;, refus de l'am&#233;nagement de peine, gr&#232;ve de la faim&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a eu 861 gr&#232;ves de la faim d&#233;nombr&#233;es en 2001 par l'administration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... Nous noterons d'ailleurs que cette strat&#233;gie peut &#233;galement &#234;tre employ&#233;e &#224; titre individuel, avec des chances de r&#233;ussite beaucoup moindres. A la limite de l'&#233;meute, il y a le cas de d&#233;tenus qui montent sur les toits pour afficher des revendications. Il peut y avoir des strat&#233;gies plus originales comme &#8220;investir le mitard&#8221; pour &#233;chapper &#224; la fouille &#224; corps (voir l'exemple cit&#233; dans l'extrait pr&#233;c&#233;dent). Autre exemple cit&#233; : des d&#233;tenus s'&#233;taient mis &#224; refuser de pousser les portes eux-m&#234;mes quand la direction d&#233;cida de les faire sortir en promenade uniquement par groupe de cinq. Le fait que les gardiens soient ainsi oblig&#233;s d'ouvrir toutes les portes aux d&#233;tenus en permanence leur a vite rendu la vie impossible, si bien que la mesure a &#233;t&#233; assouplie. Au sommet de la d&#233;sob&#233;issance collective se trouve &#233;videmment la mutinerie, une explosion de violence qui survient en g&#233;n&#233;ral au bout d'une longue p&#233;riode de conflits plus ou moins larv&#233;s. La plupart du temps elles n'ont pas pour but l'&#233;vasion, mais sont l'expression d'un ras le bol dont l'objectif est la destruction pure et simple de la prison. Les cellules d'isolement, les ateliers de travail, sont souvent les premi&#232;res cibles des d&#233;tenus en col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de l'intensit&#233; des r&#233;voltes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous nous sommes appuy&#233;s, pour cette chronologie sur celle donn&#233;e dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et des mesures prises nous am&#232;ne &#224; confirmer pour une part l'id&#233;e d'une corr&#233;lation entre r&#233;voltes violentes et mesures favorables aux d&#233;tenus. Une premi&#232;re vague d'&#233;meutes a eu lieu en 1971-72, suite &#224; la circulaire Pleven qui supprimait les colis de No&#235;l. Fin 72, apr&#232;s la nomination d'une commission d'enqu&#234;te (Schmelk), les colis sont r&#233;tablis. Les quartiers d'isolement et les parloirs libres (sans hygiaphones) sont instaur&#233;s, en m&#234;me temps que se met en place une politique d'application des peines. La s&#233;rie principales d'&#233;meutes a eu lieu durant l'&#233;t&#233; 1974, avec 89 mouvement collectifs d&#233;nombr&#233;s par la Chancellerie, suivis par un mouvement de gr&#232;ve des surveillants. La r&#233;forme p&#233;nitentiaire qui s'ensuit en 1975 est ambitieuse : am&#233;lioration et lib&#233;ralisation des conditions de d&#233;tention (autorisation d&#233;finitive de la presse, abandon du port du droguet - la tenue p&#233;nale -, abolition effective des &#8220;cages &#224; poules&#8221;, &#233;largissement des possibilit&#233;s de cantine, fin de la r&#233;glementation sur la coupe des cheveux, assouplissement des conditions d'obtention des parloirs et augmentation de leur fr&#233;quence, augmentation des salaires, limitation de la d&#233;tention pr&#233;ventive &#224; six mois pour les primaires, autorisation de la radio en cellule et de la t&#233;l&#233;vision en salle collective), assouplissement des mesures d'am&#233;nagement des peines, red&#233;finition des &#233;tablissements en trois cat&#233;gories (centres de d&#233;tention &#224; r&#233;gime lib&#233;ral, maison centrales conservant le r&#233;gime ant&#233;rieur, quartiers ou &#233;tablissements &#224; s&#233;curit&#233; renforc&#233;e). Mais en contrepartie, les parloirs libres sont supprim&#233;s tandis que sont cr&#233;&#233;s les Quartiers de haute s&#233;curit&#233; (QHS) et des Quartiers de s&#233;curit&#233; renforc&#233;e (QSR). Bien que les r&#233;voltes aient &#233;t&#233; moindres les ann&#233;es suivantes, l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en 1981 conduit &#224; des r&#233;formes : abolition de la loi anti-casseurs et de la peine de mort, puis, en 1982, des QHS - objet principal des luttes pr&#233;c&#233;dentes. En 1983, une s&#233;rie de protestations semble &#234;tre &#224; l'origine du r&#233;tablissement des parloirs libres et de la cr&#233;ation de peines de substitution. En 1985, une vague de mutineries a pour cons&#233;quence l'autorisation des t&#233;l&#233;viseurs en cellule. Un an plus tard en revanche, la p&#233;riode de s&#251;ret&#233; est &#233;lev&#233;e &#224; 30 ans et les possibilit&#233;s de r&#233;duction de peine sont r&#233;duites. En 1987, tandis que le recours partiel au secteur priv&#233; dans la gestion des &#233;tablissements est autoris&#233;, et que se d&#233;clare l'affaire du sang contamin&#233;, plusieurs mutineries &#233;clatent. En fin d'ann&#233;e, le pr&#233;servatif est autoris&#233; en prison et le travail obligatoire est supprim&#233;. L'ann&#233;e suivante, le &#8220;programme 13000&#8221; est lanc&#233;. En revanche, il semble que la contestation commence &#224; baisser &#224; partir de ces ann&#233;es l&#224;, ce qui confirme le discours que nous avons entendu de la part de l'ensemble de nos interlocuteurs. De nouvelles revendications font leur apparition, concernant la longueur des peines. Les anciennes revendications contestant l'isolement restent bien pr&#233;sentes. C'est toujours au niveau des conditions de d&#233;tentions qu'un changement va &#234;tre apport&#233;, avec les soins qui sont &#224; la charge des h&#244;pitaux classiques &#224; partir de 1994. Mais en m&#234;me temps, on assiste &#224; un durcissement : cr&#233;ation d'une peine de 30 ans, diminution des possibilit&#233; de confusion des peines. Par la suite des r&#233;voltes &#233;clatent contre le durcissement de la discipline dans certains &#233;tablissements, et pour des parloirs sexuels. Le combat contre les longues peines et l'isolement reste toujours aussi pr&#233;sent. En l'an 2000 de nouvelles revendications apparaissent : gratuit&#233; de la t&#233;l&#233;vision, r&#233;ception d'&#233;missions alg&#233;riennes, am&#233;nagement des parloirs, pr&#233;sence d'un imam. Plus r&#233;cemment, c'est notamment le retour &#224; un r&#233;gime &#8220;portes ferm&#233;es&#8221; dans les couloirs, voulu par le ministre Nicolas Sarkosy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 16 avril 2003 &#224; Clairvaux, premi&#232;re Maison centrale o&#249; le r&#233;gime a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et plus g&#233;n&#233;ralement le resserrement r&#233;cent de la discipline, qui a provoqu&#233; des r&#233;voltes. Evidemment, comme nous l'avons vu plus haut, les d&#233;tenus ont plut&#244;t de nombreuses revendications. Force est cependant de constater que les r&#233;voltes sont de plus en plus rares depuis la fin des ann&#233;es 80. Les derni&#232;res r&#233;formes semblent avoir &#233;t&#233; provoqu&#233;es par les recours juridiques (Arr&#234;ts Marie et Remli codifiant la proc&#233;dure disciplinaire et permettant des voies de recours contre l'isolement) et par les scandales m&#233;diatiques (enfermement de &#171; VIP &#187; - aujourd'hui organis&#233;s au sein du Groupe Mialet -, livre du docteur Vasseur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vasseur V. M&#233;decin-chef &#224; la prison de la Sant&#233;, Paris, Cherche-midi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; provoquant les deux grandes enqu&#234;tes de l'Assembl&#233;e Nationale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assembl&#233;e Nationale, La France face &#224; ses prisons, rapport de la commission (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et du S&#233;nat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;nat, Prisons : une humiliation pour la R&#233;publique, rapport de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II R&#233;pression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration p&#233;nitentiaire ne tol&#232;re pas ce qui contrevient &#224; ses normes : la s&#233;curit&#233; et le secret. A partir de l&#224; son fonctionnement consiste &#224; en emp&#234;cher la remise en cause, avec une certaine efficacit&#233;. La prison est avant tout un lieu de punition o&#249; le d&#233;tenu doit souffrir, avec l'objectif primordial de pr&#233;venir les &#233;vasions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Une d&#233;sob&#233;issance impensable&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a en d&#233;finitive qu'une r&#232;gle &#224; laquelle se plie l'administration, c'est celle de la s&#233;curit&#233;. Alors qu'un directeur de prison n'est tenu &#224; aucun r&#233;sultat en mati&#232;re de r&#233;insertion, il est jug&#233; sur sa capacit&#233; &#224; &#233;viter tout d&#233;bordement. &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, le nouveau apprend vite qu'il vaut mieux &#8220;dix pendus qu'un &#233;vad&#233;&#8221;. La preuve en est qu'en cas d'&#233;vasion, le surveillant passe au conseil de discipline, alors que ce n'est pas le cas lorsqu'un suicide a lieu&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le repr&#233;sentatnt de la CGT P&#233;nitentiaire face &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Affirm&#233;e par les textes, la pr&#233;dominance de l'imp&#233;ratif de s&#233;curit&#233; semble avoir &#233;t&#233; totalement int&#233;gr&#233;e et relever d'une v&#233;ritable &#8220;culture p&#233;nitentiaire&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assembl&#233;e Nationale, La France face &#224; ses prisons, rapport de la commission (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contradictions sont bien exprim&#233;es par un surveillant peu repr&#233;sentatif de sa profession : &#171; &lt;i&gt;Le surveillant, il voit ce qu'on lui livre. Bon, c'est vrai, y'a plus de maghr&#233;bins. Les surveillants sont un peu &#233;troits d'esprit. Leur culture s'arr&#234;te pour beaucoup au JT de 13 heures de TF1. C'est un refuge, une mani&#232;re de se prot&#233;ger pour le personnel, parce qu'ils ne se sentent pas soutenus, un peu largu&#233;s. Alors on choisit la voie la plus facile : c'est la faute des &#233;trangers.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les probl&#232;mes de discipline, &#231;a d&#233;coule tout de l&#224;. Comment demander &#224; des gens d'avoir une hygi&#232;ne irr&#233;prochable et dire apr&#232;s &#8220;non non je ne vous accorde pas une douche suppl&#233;mentaire&#8221; ?&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Un jour il y a eu une r&#233;union &#224; N&#238;mes o&#249; les gens ont soulev&#233; le probl&#232;me des douches. J'avais six mois de boite. Avant, je faisais de la ma&#231;onnerie. Je leur ai demand&#233; : Comment peut-on faire des prisons avec 100 cellules et seulement quatre douches ? Et bien je me suis vu r&#233;pondre : &#8220;Et pourquoi pas l'eau chaude en cellule tant qu'on y est ?&#8221;. A l'&#233;poque, j'ai fait rire toute la salle. J'avais dit une &#233;normit&#233; ! &#8220;Mais quoi ? Ce sont des gens qui ont faut&#233;, ils doivent payer !&#8221; Alors m&#234;me que la punition ne devrait &#234;tre que la privation de libert&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Surveillant -entr&#233; en 1985- en quartier mineurs de Centre P&#233;nitentiaire&#034; id=&#034;nh2-70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est r&#233;pandue que faire souffrir le d&#233;tenu fait partie du r&#244;le de la prison. &#171; &lt;i&gt;On se rend compte qu'il faut bien de la r&#233;pression. L'&#234;tre humain a besoin de r&#233;pression pour se trouver, se retrouver, avoir une base.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Pour maintenir son contr&#244;le, l'administration utilise &#233;galement les d&#233;tenus les uns contre les autres. &#171; &lt;i&gt;Pour &#234;tre bon surveillant, il faut avoir un bon r&#233;seau de renseignements. C'est simple &#224; obtenir...&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Y'a plein de d&#233;tenus qui collaborent et qui esp&#232;rent que tu sois d&#233;gag&#233;. Ils font leur petit bizness, ils n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que tout s'arr&#234;te. Ils vivent sur &#231;a avec l'accord de l'AP. M&#234;me arr&#234;ter de parler avec les surveillants, y'en a plein qui ne veulent pas de &#231;a. Le premier qui peut te trahir il te trahi. Un jour, on a fait une lettre de revendications. J'avais volontairement laiss&#233; des fautes dans une lettre. On avait donn&#233; les lettres aux autres d&#233;tenus et celle avec des fautes, pr&#233;cis&#233;ment &#224; celui qu'on soup&#231;onnait de collaborer. C'est cette lettre qui s'est retrouv&#233;e sur le bureau de la direction.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien d&#233;tenu, militant association &#224; Ban public&#034; id=&#034;nh2-73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie interne de la prison ne doit pas fuiter &#224; l'ext&#233;rieur. Il en va de la pr&#233;servation du caract&#232;re total de la prison. Dans ce but, les pratiques d&#233;passent, l&#224; encore le droit. En tant qu'institution totale, la prison tend &#224; refermer tous les interstices o&#249; l'on pourrait s'engouffrer. Cela va jusqu'&#224; la libert&#233;, pour les d&#233;tenus, de s'exprimer. La direction d'un &#233;tablissement va ainsi chercher &#224; avoir un contr&#244;le total de ce qui s'y passe. D'o&#249; un culte du secret car chaque information qui sort vient fissurer la ma&#238;trise du lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand je travaillais dans la prison, je ne rencontrait que des gens qui le demandaient. Je r&#233;sistais aux demandes de l'AP. Sauf que je me suis aper&#231;ue que les mineurs ne le demandaient jamais. Alors j'ai pris la d&#233;cision de les voir syst&#233;matiquement. J'en ai rep&#233;r&#233; un qui n'allait pas bien, dont le corps &#233;tait marqu&#233; de traces. J'en parle aux m&#233;decins, &#224; l'AS, au juge des enfants puis au procureur en charge des mineurs. Ce gamin allait mal. Ca a lanc&#233; une machine que l'AP a d&#233;test&#233; parce qu'il y a eu une enqu&#234;te. Il s'est av&#233;r&#233; que le jeune &#233;tait viol&#233; par son cod&#233;tenu. Je ne suis pas s&#251;re que c'&#233;tait juste un viol. L'administration, les surveillants, m'ont mise en quarantaine : on ne m'a plus parl&#233;. J'avais enfreint la r&#232;gle du silence. &#8220;On ne balance pas&#8221;. Ca a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile. Le directeur a fait des pieds et des mains pour dire que j'avais fait une faute professionnelle. Sauf qu'en mati&#232;re de mineurs, c'est justifi&#233; de ne pas suivre la voie hi&#233;rarchique. Le r&#233;gime que j'ai subi a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile. Il m'est arriv&#233;e d'&#234;tre coinc&#233;e entre deux portes. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la moindre tentative de non-soumission, &#231;a rend la vie et le travail tr&#232;s difficile. C'est un monde tr&#232;s manich&#233;en. Il y a les bons et les m&#233;chants. Les professionnels et les d&#233;tenus. Il faut que les deux groupes soient &#233;tanches. D&#232;s que &#231;a ne l'est plus, &#231;a met le doute dans le syst&#232;me. C'est ce que j'ai essay&#233;. C'est tr&#232;s tr&#232;s mal vu. Quand je suis arriv&#233;e &#224; la maison d'arr&#234;t, j'&#233;tais la premi&#232;re psy. Le fait de vouvoyer les d&#233;tenus et de les toucher pour leur dire bonjour, les surveillants l'ont tr&#232;s mal pris. Ils ne voulaient pas que les d&#233;tenus soient trait&#233;s pareil qu'eux. Les surveillants sont assez mal parce que c'est un boulot tr&#232;s difficile. On est au ban de la soci&#233;t&#233;. Ils sont tr&#232;s peu &#224; ne pas s'identifier &#224; leur fonction. Finalement ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s contents quand je suis partie. Je n'en pouvais plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancienne psychologue en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B Efficacit&#233; p&#233;nitentiaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; le fait que la prison peut aller au-del&#224; du droit pour punir les d&#233;tenus dans le plus grand secret. Sa t&#226;che est grandement facilit&#233;e par l'adh&#233;sion du plus grand nombre au fonctionnement normal de la prison. Les derniers r&#233;calcitrants sont alors plus facilement rep&#233;r&#233;s et &#233;limin&#233;s. La notion de p&#233;nitentiarisation des esprits nous a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e par l'ancien professeur en Maison d'arr&#234;t dont la th&#232;se concerne l'enseignement en prison. Selon lui, r&#233;sister &#224; cet effet &#171; &lt;i&gt;suffit &#224; vous transformer en rebelle&lt;/i&gt; &#187;. Cela touche autant les d&#233;tenus que les intervenants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une description romanc&#233;e : Rouillan J.-M., Paul des &#233;pinettes ou la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-75&#034;&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On pourrait d&#233;finir l'anomie en d&#233;tention lorsque &#171; &lt;i&gt;la n&#233;cessit&#233; d'occuper son temps prend le pas sur les projets de construction de l'avenir&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Ne rien calculer, ne rien comprendre, ne pas penser, tel semble l'extr&#234;me vers lequel tend la fid&#233;lit&#233; en prison.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;A cette routinisation, processus de r&#233;p&#233;tition m&#233;canique des m&#234;mes actions aux m&#234;mes moments de la journ&#233;e, le cadre carc&#233;ral ajoute une &#8220;torpeur amn&#233;siante&#8221; qui la transforme en une robotisation, terme utilis&#233; par les personnes enqu&#234;t&#233;es et qui exprime, pr&#233;cis&#233;ment, le vide existentiel de cette routinisation.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;L'apathie, qui est l'inverse absolu de la protestation, n'ouvre pas le conflit et ainsi contribue &#224; reproduire le contr&#244;le social, mais provoque une d&#233;t&#233;rioration de la coop&#233;ration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&#034; id=&#034;nh2-76&#034;&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Or, &#171; &lt;i&gt;l'apathie engendr&#233;e par la condition carc&#233;rale peut arranger le personnel p&#233;nitentiaire. Le d&#233;tenu qui ne demande rien est, par d&#233;finition, un d&#233;tenu qui ne pose pas de probl&#232;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assembl&#233;e Nationale, La France face &#224; ses prisons, rapport de la commission (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-77&#034;&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tenus qui s'attaquent &#224; la norme carc&#233;rale vont s'attirer toute l'attention de l'administration qui cherchera &#224; pr&#233;venir toute influence de ceux-ci sur les autres, par l'isolement et la terreur. Il y a une obsession du meneur lorsque des r&#233;voltes collectives apparaissent ou risquent d'appara&#238;tre. Tout d&#233;tenu consid&#233;r&#233; comme meneur sera isol&#233; voire transf&#233;r&#233; pour &#233;viter &#224; tout prix la diffusion d'un esprit contestataire. Lors de toutes les r&#233;voltes collectives, l'administration d&#233;signe d'ailleurs des meneurs, m&#234;me s'il n'y en a pas. Cela permet d'expliquer ces r&#233;voltes par le caract&#232;re du meneur, plut&#244;t que par la situation que les d&#233;tenus avaient jug&#233; intol&#233;rable. Rares sont les d&#233;tenus qui parviennent &#224; r&#233;sister &#224; l'isolement. &#171; &lt;i&gt;La seule garantie pour sa libert&#233;, c'est cr&#233;er un espace de pens&#233;e. Ca a un prix : la solitude. Pour un d&#233;tenu c'est un prix exorbitant. Il faut &#234;tre intelligent, solide, structur&#233;. Et aussi appartenir &#224; un groupe dans la prison. Ca c'est de plus en plus dur. La voie royale, c'est avoir une r&#233;f&#233;rence id&#233;ologique forte. On peut tenir vingt ans sans perdre son &#226;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-78&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancienne psychologue en Maison d'arr&#234;t&#034; id=&#034;nh2-78&#034;&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; d'isolement est quelque chose que l'on retrouve &#224; l'ext&#233;rieur vis-&#224;-vis des mouvements d&#233;sob&#233;issants. &#171; &lt;i&gt;En fait, l'&#233;tiquette de l'anormal qui va &#234;tre accol&#233;e au d&#233;sob&#233;issant repose sur deux propositions : l'acte ressort de la psychologie interne de l'individu et pr&#233;sente un caract&#232;re pathologique. L'objectif est de r&#233;&#233;duquer le d&#233;sob&#233;issant en l'isolant mais cet objectif ne sera pas atteint et la disqualification par l'anormalit&#233; aura pour principal effet d'accentuer le travail cognitif des acteurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-79&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pedretti M., La figure du d&#233;sob&#233;issant en politique, Paris, L'Harmattant, 2001&#034; id=&#034;nh2-79&#034;&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La mise en isolement va toucher les d&#233;tenus selon leur personnalit&#233; de meneur. Il existe ainsi un fichier national de d&#233;tenus particuli&#232;rement signal&#233;s (DPS) qui sont grosso modo ceux qui passent le plus de temps en isolement. Parfois, il s'agit d'une sanction d&#233;guis&#233;e, lorsque l'absence de preuve emp&#234;che une proc&#233;dure disciplinaire, ou alors pour prolonger une punition arriv&#233;e &#224; son terme. Le r&#233;gime subi est ainsi plus dur qu'en d&#233;tention normale. Les d&#233;tenus sont seuls en promenade &#224; des horaires variables pour pr&#233;venir tout risque d'&#233;vasion. Ils sont en outre fouill&#233;s plus souvent et plus minutieusement. Les d&#233;tenus qui ne commettent pas d'actes dont la r&#233;pression est justifiable mais qui sont consid&#233;r&#233;s comme fauteurs de troubles peuvent subir de multiples tracasseries quotidiennes. Cela peut toucher, en particulier, les d&#233;tenus qui s'opposent &#224; la norme carc&#233;rale de mani&#232;re l&#233;gale. Ainsi, pour certains d&#233;tenus, &#224; l'isolement s'ajoutent les transferts successifs. C'est &#171; &lt;i&gt;ce qu'on appelle le &#8220;tourisme p&#233;nitentiaire&#8221;, &#224; savoir un changement d'&#233;tablissement p&#233;nitentiaire tous les deux &#224; six mois, ce qui participe de l'entreprise de d&#233;stabilisation d'une personne d&#233;tenue et du d&#233;litement de ses liens familiaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-80&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OIP, Le guide du prisonnier, Paris, La D&#233;couverte, 2004&#034; id=&#034;nh2-80&#034;&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, les violences sont couvertes. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas tr&#232;s reluisant pour l'administration p&#233;nitentiaire. Et comme c'est ma m&#232;re nourrici&#232;re...&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-81&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formateur du personnel en Maison centrale&#034; id=&#034;nh2-81&#034;&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On peut donc se demander si la r&#233;pression n'est pas disproportionn&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Monter sur le toit est pourtant un acte pacifique au m&#234;me titre qu'une gr&#232;ve de la faim ou de la soif. Eux, te r&#233;pondent par la violence terrible, aveugle et sans limite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-82&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Recueil de t&#233;moignages (Thierry)&#034; id=&#034;nh2-82&#034;&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Certains d&#233;tenus sont ainsi accul&#233;s au suicide.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-83&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a eu 122 suicides en 2002, 115 en 2004. Il y aurait eu selon l'OIP un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-83&#034;&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III Une d&#233;sob&#233;issance insupportable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes en prison tendent &#224; revendiquer les m&#234;mes droits qu'&#224; l'ext&#233;rieur mais elles ne sont accept&#233;es qu'en termes de confort tandis que la pr&#233;vention des r&#233;voltes se perfectionne. Il en d&#233;coule un isolement des d&#233;tenus toujours plus grand et leur mise sous silence ce qui contribue &#224; amoindrir leurs chances de r&#233;insertion. Or ce sont les d&#233;tenus qui r&#233;sistent, parce qu'ils pr&#233;servent leur individualit&#233;, qui ont les meilleures chances de r&#233;insertion. Ainsi, &#224; l'ext&#233;rieur, on en retrouve un certain nombre qui participent &#224; poser les probl&#232;mes des prisonniers sur la place publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Le droit ou le confort ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les r&#233;voltes sont plus rares, les recours juridiques se multiplient et il semble que le regard ext&#233;rieur soit un peu plus pr&#233;sent. En dehors de cela, l'&#233;volution se situe au niveau du progr&#232;s technique qui permet &#224; l'administration un contr&#244;le plus affin&#233;, tandis que l'accroissement de l'individualisme &#224; l'ext&#233;rieur se retrouve &#224; l'int&#233;rieur (ce qui explique peut-&#234;tre la r&#233;duction des r&#233;voltes collectives). Pour les pouvoirs publics, la seule pr&#233;occupation valable est celle du confort des d&#233;tenus pour que l'&#233;cart avec l'ext&#233;rieur ne soit pas trop grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moyens d&#233;mesur&#233;s sont mis en &#339;uvre contre les r&#233;voltes politiques, r&#233;ussissant &#224; r&#233;duire le nombre de r&#233;voltes collectives ce qui rend le rapport de force plus d&#233;favorable aux prisonniers. Mais en m&#234;me temps, cela n'emp&#234;che pas le fait qu'un regard ext&#233;rieur, institutionnel et social, ait la volont&#233; de rendre conforme la prison avec les id&#233;aux des droits de l'homme, notamment depuis le passage de personnalit&#233;s. C'est la raison d'&#234;tre des associations qui militent &#224; l'ext&#233;rieur comme l'OIP qui semble se placer de plus en plus comme un interlocuteur incontournable. &#171; &lt;i&gt;L'Observatoire international des prisons joue un r&#244;le d'alerte tout &#224; fait utile et b&#233;n&#233;ficie d&#233;sormais d'une cr&#233;dibilit&#233; qui ne peut que renforcer l'int&#233;r&#234;t port&#233; &#224; ses r&#233;flexions.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-84&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;nat, Prisons : une humiliation pour la R&#233;publique, rapport de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-84&#034;&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Certains membres de l'administration p&#233;nitentiaire s'en servent comme r&#233;f&#233;rence, m&#234;me si des r&#233;sistances demeurent. &#171; &lt;i&gt;L'auteur est membre de l'OIP, donc... Bon y'a un parti pris contre l'Administration p&#233;nitentiaire... A l'OIP il y a beaucoup d'anciens d&#233;tenus qui veulent r&#233;gler leurs comptes...&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-85&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DRH de Centre p&#233;nitentiaire&#034; id=&#034;nh2-85&#034;&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le pari que pourrait remporter l'OIP serait celui de faire entrer le droit en prison. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s, sur les revendications de l'OIP, etc... Je pense que c'est tr&#232;s bien qu'il y ait un regard un peu ext&#233;rieur m&#234;me si &#231;a ne fait jamais plaisir. Ca permet aussi d'&#233;voluer plus en douceur car habituellement l'administration p&#233;nitentiaire &#233;volue plut&#244;t par gros &#224;-coups et c'est pas tr&#232;s bon.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Il faut aussi qu'on ait les moyens de g&#233;rer les d&#233;tenus qui sont asociaux et donc avoir les moyens de les faire plier. Donc les quartiers d'isolement sont n&#233;cessaires m&#234;me s'il ne faut pas les utiliser comme des moyens de torture.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-86&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directrice de Maison centrale&#034; id=&#034;nh2-86&#034;&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les observations de l'OIP ne sont admises que de mani&#232;re parcellaire. Entre le risque de servir de caution &#224; une &#233;ni&#232;me fausse r&#233;forme et l'objectif de mettre fin au plus vite aux scandales les plus &#233;vidents de la prison, l'association se situe pour l'heure sur un &#233;troit passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de l'&#233;volution de ces 30 derni&#232;res ann&#233;es on remarque que la mont&#233;e individualiste qui traverse la soci&#233;t&#233; a p&#233;n&#233;tr&#233; la prison, en m&#234;me temps que les progr&#232;s techniques contribuent &#224; isoler avec plus d'efficacit&#233; ceux qui refusent cette anomie. S'il y a une &#233;volution dans la prison, c'est celle qui est parall&#232;le &#224; la soci&#233;t&#233; ext&#233;rieure : des changements dont le but est de maintenir la situation dans l'&#233;tat. On assiste &#224; un affaiblissement de la conscience politique de la m&#234;me mani&#232;re que l'abstention augmente &#224; l'ext&#233;rieur, que les organisations politiques et syndicales perdent leurs membres. Mais &#171; &lt;i&gt;la prison humaine, c'est une oxymore&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-87&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien professeur en Maison d'Arr&#234;t, auteur d'une th&#232;se, militant &#224; l'OIP&#034; id=&#034;nh2-87&#034;&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les fondements de la prison restent les m&#234;mes et ne peuvent &#234;tre remis en cause sans remettre en cause la prison elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire la culture de soumission. En prison, &#171; il ne saurait &#234;tre tol&#233;rable que s'y forme le moindre espace public, le moindre espace d'auto-organisation ou d'auto-institution d'une communaut&#233; des d&#233;tenus. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-88&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brossat A., Pour en finir avec la prison, Paris, La Fabrique, 2001&#034; id=&#034;nh2-88&#034;&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B Impasse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition entre d&#233;tenus rebelles et l'administration n'oppose pas, on l'a vu, un camp du bien et un camp du mal. Or la prison est justement sens&#233;e repr&#233;senter la justice, &#234;tre une peine que le d&#233;tenu acceptera afin de pouvoir consid&#233;rer avoir pay&#233; une juste dette &#224; sa sortie. Force est de constater qu'&#224; l'inutilit&#233; des peines trop courtes, s'ajoute le caract&#232;re insens&#233; des peines trop longues. L'objectif de r&#233;insertion ne veut plus rien dire, sauf en fin de peine, alors que le d&#233;tenu va se retrouver terroris&#233; &#224; l'id&#233;e d'affronter un monde r&#233;el qu'il ne conna&#238;t plus. Contre cela le travail social est parfaitement impuissant. Cela perdurera sans doute tant que la soci&#233;t&#233; concevra l'acte criminel comme incompr&#233;hensible, barbare, et celui qui l'a commis comme &#233;tant de nature criminelle bien avant l'acte et bien apr&#232;s. Et pourtant, tout le monde peut &#234;tre amen&#233; &#224; commettre des atrocit&#233;s, &#224; cause de la douleur, de la tristesse, de toutes sortes de drogues... C'est cette ressemblance entre les personnes &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur que la soci&#233;t&#233; ne veut pas voir. C'est pour cela qu'elle a besoin des prisons. Dans ce contexte, l'effet pervers est que la prison contribue &#224; ce que les d&#233;tenus int&#232;grent cette id&#233;ologie, se vivent comme &#233;tant d&#233;finitivement en marge, embrassent des carri&#232;res d&#233;linquantes. Comment accepter les r&#232;gles de la soci&#233;t&#233; quand on vient de vivre dans un monde o&#249; les r&#232;gles jouent surtout un r&#244;le de vernis et qui peuvent &#234;tre constamment viol&#233;es lorsque le calme en d&#233;tention en d&#233;pend ? Lorsqu'on observe que la culture de soumission doit primer sur l'int&#233;grit&#233; morale et physique des personnes, on ne peut que remettre en cause la culture de soumission exig&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur. &#171; &lt;i&gt;Face &#224; &#231;a, il y a des formes de r&#233;sistances multiples. Si tu veux continuer &#224; r&#233;fl&#233;chir, &#224; communiquer, &#231;a demande des d&#233;sob&#233;issances constantes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-89&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien d&#233;tenu, &#233;diteur, animateur radio &#224; L'Envol&#233;e&#034; id=&#034;nh2-89&#034;&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept d'humanisation est pervers. Enrayer la surpopulation et octroyer une cellule par d&#233;tenu ? &#171; &lt;i&gt;Les surveillants comme les d&#233;tenus &#233;taient unanimes pour critiquer la conception tr&#232;s s&#233;curitaire des nouveaux &#233;tablissements qui suppriment les contacts humains.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-90&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;nat, Prisons : une humiliation pour la R&#233;publique, rapport de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-90&#034;&gt;90&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une v&#233;ritable humanisation, visant la r&#233;int&#233;gration en soci&#233;t&#233;, semble gu&#232;re possible. Il faudrait que les d&#233;tenus puissent se consid&#233;rer comme membres &#224; part enti&#232;re de la soci&#233;t&#233;. En l'&#233;tat actuel des choses, il est utopique d'esp&#233;rer des gardiens qu'ils puissent accepter cela. Si la prison pr&#233;pare &#224; la vie en soci&#233;t&#233;, c'est dans l'incitation &#224; la r&#233;signation. Lorsqu'on ne travaille pas, on s'emp&#234;che de penser par la pratique du sport, la t&#233;l&#233;vision, la consommation de m&#233;dicaments ou de drogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus surprenant, dans cette &#233;tude, aura &#233;t&#233; de constater que d&#233;sob&#233;ir &#224; la norme carc&#233;rale, malgr&#233; toute la r&#233;pression que cela entra&#238;ne, permet souvent aux d&#233;tenus qui s'y lancent de pr&#233;server leur int&#233;grit&#233; morale. On retrouvera ensuite &#224; l'ext&#233;rieur plusieurs de ces d&#233;tenus engag&#233;s dans la vie sociale, souvent dans une vie professionnelle et/ou associative, en lien avec la prison. Si l'on peut se poser la question du d&#233;passement de la culture disciplinaire, on doit se poser in&#233;vitablement celle du d&#233;passement de la prison. Ce qui illustre peut-&#234;tre le mieux son absurdit&#233; c'est d'observer la d&#233;sob&#233;issance contre la norme carc&#233;rale : elle permet au d&#233;tenu de conserver son int&#233;grit&#233; morale, d'&#233;chapper &#224; la folie. &#171; &lt;i&gt;Mais ceux qui continuent &#224; r&#233;sister malgr&#233; la brutalit&#233; et l'isolement restent en vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-91&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barnsley M. Il faut porter des marques de ski !, Lille, La Br&#232;che, 2004&#034; id=&#034;nh2-91&#034;&gt;91&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Je pr&#233;senterais la d&#233;sob&#233;issance comme la seule fa&#231;on de vivre. Comme un r&#233;sistant sous l'occupation. A tous les niveaux, tout est fait pour te briser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-92&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien prisonnier, &#233;diteur, animateur radio &#224; L'Envol&#233;e&#034; id=&#034;nh2-92&#034;&gt;92&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ceux qui d&#233;sob&#233;issent, ce ne sont pas forc&#233;ment ceux qui s'en sortent le plus mal apr&#232;s d'ailleurs. Ils &#233;crivent souvent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-93&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directrice de Maison centrale&#034; id=&#034;nh2-93&#034;&gt;93&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Quelle en est la raison ? &#171; &lt;i&gt;Parce que dehors ils doivent se battre aussi&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-94&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancienne pr&#233;sidente du G&#233;n&#233;pi&#034; id=&#034;nh2-94&#034;&gt;94&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;Ainsi, d&#233;sob&#233;ir, c'est la meilleur marque de bonne sant&#233; mentale&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Ils ont encore les ressorts humains n&#233;cessaires &#224; r&#233;ussir une r&#233;insertion.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-95&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien d&#233;tenu, pr&#233;sident de l'OIP&#034; id=&#034;nh2-95&#034;&gt;95&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la question n'est pas tellement celle de la l&#233;galit&#233; de ses actes. C'est la question de savoir si nous pouvons les choisir, du d&#233;terminisme social. C'est lorsqu'on ne parvient pas &#224; choisir ses actes que l'on se trouve encha&#238;n&#233; &#224; la place sociale pr&#233;vue par la soci&#233;t&#233;. Pour la plupart des personnes qui sortent de prison, leur place d&#233;volue est de rester dans la marginalit&#233;. Une suppression des prisons reste une vis&#233;e utopique tant que la soci&#233;t&#233; ext&#233;rieure restera fond&#233;e sur les m&#234;mes normes. Si l'on convient que ce qui pousse vers la d&#233;linquance, c'est le sentiment d'impuissance, alors il faut combattre l'impuissance des prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'une part les ill&#233;galismes pour survivre en soci&#233;t&#233; ne sont pas combattus, voire encourag&#233;s de crainte de r&#233;voltes violentes ; on ne voit pas dans ces conditions comment la r&#233;cidive pourrait &#234;tre combattue. D'autre part, la r&#233;sistance &#224; la d&#233;personnalisation induite par la prison est catalogu&#233;e comme dangereuse et combattue s&#233;v&#232;rement, alors qu'elle est un gage de r&#233;insertion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il faut ainsi se m&#233;fier des r&#233;formes carc&#233;rales lorsqu'elles ne s'ins&#232;rent pas dans une th&#233;orie critique plus g&#233;n&#233;rale de l'enfermement carc&#233;ral. Par exemple, l'id&#233;e selon laquelle les &#8220;droits des d&#233;tenus&#8221; et l'instauration de conditions de d&#233;tention &#8220;dignes&#8221; r&#233;gleraient enfin le probl&#232;me de l'&#233;chec de la prison &#224; assurer son impossible mission de r&#233;insertion est une illusion avec laquelle il faut rompre. Cette promotion des droits semble essentiellement &#234;tre celle du droit au confort : une cellule individuelle, une douche quotidienne, le droit &#224; l'intimit&#233;, &#224; la sexualit&#233;, droit au travail, droit du travail, droit au RMI, droit &#224; la solitude ou au contraire &#224; la vie en commun, etc. Ces am&#233;liorations sont effectivement urgentes, mais elles se distinguent encore trop du droit d'initiative, du droit &#224; construire sa vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-96&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&#034; id=&#034;nh2-96&#034;&gt;96&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est aussi pour des raisons principalement &#233;thiques (au moins pour les deux premi&#232;res) qu'on supprime dans la plupart des pays la peine de mort : parce qu'il y a forc&#233;ment des erreurs judiciaires sans possibilit&#233; de rendre les ann&#233;es de vie arrach&#233;es, parce qu'elle flatte le sadisme de beaucoup, parce qu'elle est inutile. Ces trois raisons restent tout aussi valables en ce qui concerne l'incarc&#233;ration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-97&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Baker C., Pourquoi faudrait-il punir ?, Lyon, Tahin Party, 2004&#034; id=&#034;nh2-97&#034;&gt;97&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La question &#8220;Mais que voulez-vous donc mettre &#224; la place des prisons ?&#8221; vise &#224; faire occuper au citoyen ordinaire la place de l'Etat, elle vise &#224; lui faire adopter sur la soci&#233;t&#233; le regard de l'autorit&#233;, de la police, le point de vue inconditionnel de l'ordre, mais sans lui conc&#233;der pour autant la plus petite once de pouvoir effectif.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Or la prison d&#233;shumanise.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Une fois repouss&#233;e cette injonction destin&#233;e &#224; suspendre tout effort de pens&#233;e autour de l'enjeu de la s&#233;curit&#233; et des p&#233;nalit&#233;s, un vaste programme de questions appara&#238;t, toutes infiniment complexes. Elles concernent notamment la notion de responsabilit&#233; (quel sens r&#233;parateur y a-t-il &#224; enfermer un criminel psychotique en prison ?), la question du contrat social (un voleur ou un d&#233;linquant peut-il &#234;tre d&#233;crit, comme on l'entend si souvent, comme &#8220;celui qui a rompu le contrat social&#8221; ?), celle de la s&#233;curit&#233; (en quel sens est-elle &#8220;un droit&#8221; ?), celle d'un &#233;talonnage des d&#233;lits et des peines (quelle dur&#233;e de suspension de l'appartenance &#224; la communaut&#233; et quelle intensit&#233; de souffrance constituent-elles l'&#8220;&#233;quivalent&#8221; &#233;quitable d'un vol de t&#233;l&#233;phone portable ?).&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Une proportion d&#233;terminante des pratiques ill&#233;galistes contemporaines a lieu dans cet espace o&#249; la masse est incit&#233;e constamment (par toutes sortes de moyens raffin&#233;s de s&#233;duction et d'incitation) &#224; consommer des biens et &#224; jouir d'objets &#224; l'acc&#232;s desquels sa position &#233;conomique et ses revenus lui interdisent d'acc&#233;der. Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; o&#249; ce ne sont plus le d&#233;nuement ou la faim qui poussent au crime, mais o&#249; le non-acc&#232;s &#224; la consommation constitue dans ce monde-vitrine une forme assez rigoureuse non seulement de marginalisation ou, comme on dit, d'exclusion, mais quasiment de mort sociale.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;A cette fuite en avant dans l'imaginaire s&#233;curitaire, le citoyen &#233;clair&#233; et le philosophe opposent cette douce prescription : vivez de fa&#231;on &#224; ne pas avoir grand-chose &#224; craindre du voleur et vous vous verrez soulag&#233;s d'une forte part de vos hantises s&#233;curitaires.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-98&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brossat A., Pour en finir avec la prison, Paris, La Fabrique, 2001&#034; id=&#034;nh2-98&#034;&gt;98&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une multitude de pistes &#224; explorer, notamment dans l'&#233;tude des soci&#233;t&#233;s primitives, avec des syst&#232;mes de justice vari&#233;s pouvant aider &#224; trouver des alternatives au syst&#232;me p&#233;nal. Un drame touche l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, y compris celui consid&#233;r&#233; comme &#8220;coupable&#8221;. L'ensemble de la soci&#233;t&#233; cherche alors &#224; trouver une r&#233;paration constructive et non vengeresse, et pour ce faire, institue des rituels.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-99&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos les exemples dans Collectif, Au pied du mur, 765 raisons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-99&#034;&gt;99&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De notre point de vue, si la prison encourage la d&#233;sob&#233;issance par ses normes et ses r&#232;gles, on peut se demander si les normes et les r&#232;gles de la soci&#233;t&#233; (gu&#232;re diff&#233;rentes de celles de la prison) n'encouragent pas &#233;galement la d&#233;sob&#233;issance. Comment appr&#233;hender alors cette d&#233;sob&#233;issance ? Pourrait-on &#233;viter la d&#233;sob&#233;issance en d&#233;finissant une norme qui ne soit pas disciplinaire ? Peut-&#234;tre au contraire que toute les normes impliquent des d&#233;sob&#233;issances. Dans l'intervalle, il existe peut-&#234;tre une norme &#224; d&#233;finir qui produirait une d&#233;sob&#233;issance qu'il ne serait pas n&#233;cessaire de punir ou, du moins, pas par la prison. Parce que la d&#233;sob&#233;issance est fondamentalement une pulsion de vie, toute r&#232;gle n'est-elle pas pulsion de mort ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sites Internet :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://abolition.prisons.free.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://abolition.prisons.free.fr&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://apa.online.free.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://apa.online.free.fr&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.internetdown.org/envolee&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.internetdown.org/envolee&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://lejournalenvolee.free.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lejournalenvolee.free.fr/&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.justice.gouv.fr/minister/DAP/accueil.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.justice.gouv.fr/minister...&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.prison.eu.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.prison.eu.org&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://toutlemondedehors.free.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://toutlemondedehors.free.fr&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.vivelesmutins.freeservers.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.vivelesmutins.freeservers.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;loisBecker H., Outsiders : &#233;tudes de sociologie de la d&#233;viance, Paris, Anne-Marie M&#233;taill&#233;, 1985&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pedretti M., La figure du d&#233;sob&#233;issant en politique, Paris, L'Harmattant, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus, Paris, Minuit, 1968&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault M., Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus, Paris, Minuit, 1968&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus, Paris, Minuit, 1968&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goffman E., La mise en sc&#232;ne de la vie quotidienne tome 1 : la pr&#233;sentation de soi, Paris, Minuit, 1973&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rostaing C. La relation carc&#233;rale. Identit&#233;s et rapports sociaux dans les prisons de femmes, Paris, PUF, 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chauvenet A., Guerre et paix en prison, Les cahiers de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure n&#176;31, 1998&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus, Paris, Minuit, 1968&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Centre de d&#233;tention&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;520 agressions contre le personnel ont &#233;t&#233; compt&#233;es en 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;OIP, Le guide du prisonnier, Paris, La D&#233;couverte, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directrice de Maison centrale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Surveillant -entr&#233; en 1988- en quartier mineurs de Centre p&#233;nitentiaire&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel de Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel de Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Centre de d&#233;tention&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien intervenant du G&#233;n&#233;pi en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directeur adjoint de Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Surveillant -entr&#233; en 1988- en quartier mineurs de Centre p&#233;nitentiaire&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Surveillant -entr&#233; en 1985- en quartier mineurs de Centre p&#233;nitentiaire&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directrice de Maison centrale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison d'Arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goffman E., Asiles : &#233;tudes sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus, Paris, Minuit, 1968&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T&#233;tralogie de l'individualit&#233; moderne, Martuccelli D., Grammaires de l'individu, Paris, Gallimard, 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directeur de la structure d'enseignement d'une Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rouillan J.-M., Le devoir de r&#233;sistance !, Lannemezan, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lochak D., D&#233;sob&#233;ir &#224; la loi, in Pouvoir et Libert&#233;. Etudes offertes &#224; Jacques Mourgon, Bruyland, 1998&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault M., Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif de Saint-Maur, 1999&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif de Saint-Maur, 1999&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte lu par trois prisonniers anonymes de la Maison centrale d'Arles qui se sont film&#233;s clandestinement en 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif de Saint-Maur, 1999&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte lu par trois prisonniers anonymes de la Maison centrale d'Arles qui se sont film&#233;s clandestinement en 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte &#233;crit en f&#233;vrier 2004. Le site Internet d&#233;di&#233; &#224; cette affaire : &lt;a href=&#034;http://vivelesmutins.freeservers.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://vivelesmutins.freeservers.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif, Contre l'enfermement, Paris, Aktion, 1994&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte lu par trois prisonniers anonymes de la Maison centrale d'Arles qui se sont film&#233;s clandestinement en 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif de Saint-Maur, 1999&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif des d&#233;tenus du b&#226;timent D5 de Fleury M&#233;rogis, Octobre 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pedretti M., La figure du d&#233;sob&#233;issant en politique, Paris, L'Harmattant, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des prisonniers politiques racontent leur d&#233;tention : Rouillan J.-M. Je hais les matins, Paris, Deno&#235;l, 2001 ; Barnsley M., Il faut porter des masques de ski, Lille, La Br&#232;che, 2004 ; Mouesca G., Prison@net, journal d'un &#8220;longue peine&#8221;, Paris, Gatuzain, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacqua L., La Guillotine carc&#233;rale. Silence, on meurt, Paris, Nautilus, 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bauer C. Fracture d'une vie, Marseille, Agone, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mesrine J. L'instinct de mort, Paris, Champ Libre, 1984&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directrice de Maison centrale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marchetti A.-M., Perp&#233;tuit&#233;s. Le temps infini des longues peines, Paris, Plan, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2004, 18 &#233;vasions concernant 22 d&#233;tenus et 38 tentatives d'&#233;vasion concernant 52 d&#233;tenus ont &#233;t&#233; r&#233;pertori&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plusieurs exemples : Collectif, Au pied du Mur. 765 raisons de d&#233;truire toutes les prisons, Paris, L'Insomniaque, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien prisonnier, &#233;diteur, animateur de l'&#233;mission radio L'Envol&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y a eu 861 gr&#232;ves de la faim d&#233;nombr&#233;es en 2001 par l'administration p&#233;nitentiaire. Il ne s'agit l&#224; que de celles qui ont dur&#233; plus de 7 jours ou qui &#233;taient accompagn&#233;es d'une gr&#232;ve de la soif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous nous sommes appuy&#233;s, pour cette chronologie sur celle donn&#233;e dans Collectif, Au pied du Mur. 765 raisons de d&#233;truire toutes les prisons, Paris, L'Insomniaque, 2000 ; celle du site Internet &lt;a href=&#034;http://www.vivelesmutins.freeservers.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.vivelesmutins.freeservers.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 16 avril 2003 &#224; Clairvaux, premi&#232;re Maison centrale o&#249; le r&#233;gime a &#233;t&#233; instaur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vasseur V. M&#233;decin-chef &#224; la prison de la Sant&#233;, Paris, Cherche-midi &#233;diteur, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assembl&#233;e Nationale, La France face &#224; ses prisons, rapport de la commission d'enqu&#234;te sur la situation dans les prisons fran&#231;aises, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;nat, Prisons : une humiliation pour la R&#233;publique, rapport de la commission d'enqu&#234;te sur les conditions de d&#233;tention dans les &#233;tablissements p&#233;nitentiaires en France, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le repr&#233;sentatnt de la CGT P&#233;nitentiaire face &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, La France face &#224; ses prisons, rapport de la commission d'enqu&#234;te sur la situation dans les prisons fran&#231;aises, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assembl&#233;e Nationale, La France face &#224; ses prisons, rapport de la commission d'enqu&#234;te sur la situation dans les prisons fran&#231;aises, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Surveillant -entr&#233; en 1985- en quartier mineurs de Centre P&#233;nitentiaire&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien d&#233;tenu, militant association &#224; Ban public&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancienne psychologue en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-75&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-75&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-75&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une description romanc&#233;e : Rouillan J.-M., Paul des &#233;pinettes ou la mixomatose panoptique, Paris, L'Insomniaque, 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-76&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-76&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-76&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-77&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-77&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-77&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assembl&#233;e Nationale, La France face &#224; ses prisons, rapport de la commission d'enqu&#234;te sur la situation dans les prisons fran&#231;aises, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-78&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-78&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-78&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancienne psychologue en Maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-79&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-79&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-79&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pedretti M., La figure du d&#233;sob&#233;issant en politique, Paris, L'Harmattant, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-80&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-80&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-80&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;OIP, Le guide du prisonnier, Paris, La D&#233;couverte, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-81&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-81&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-81&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formateur du personnel en Maison centrale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-82&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-82&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-82&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Recueil de t&#233;moignages (Thierry)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-83&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-83&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-83&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y a eu 122 suicides en 2002, 115 en 2004. Il y aurait eu selon l'OIP un doublement des suicides depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-84&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-84&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-84&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;nat, Prisons : une humiliation pour la R&#233;publique, rapport de la commission d'enqu&#234;te sur les conditions de d&#233;tention dans les &#233;tablissements p&#233;nitentiaires en France, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-85&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-85&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-85&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DRH de Centre p&#233;nitentiaire&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-86&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-86&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-86&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directrice de Maison centrale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-87&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-87&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-87&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien professeur en Maison d'Arr&#234;t, auteur d'une th&#232;se, militant &#224; l'OIP&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-88&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-88&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-88&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brossat A., Pour en finir avec la prison, Paris, La Fabrique, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-89&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-89&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-89&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien d&#233;tenu, &#233;diteur, animateur radio &#224; L'Envol&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-90&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-90&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-90&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;90&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;nat, Prisons : une humiliation pour la R&#233;publique, rapport de la commission d'enqu&#234;te sur les conditions de d&#233;tention dans les &#233;tablissements p&#233;nitentiaires en France, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-91&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-91&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-91&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;91&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Barnsley M. Il faut porter des marques de ski !, Lille, La Br&#232;che, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-92&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-92&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-92&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;92&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien prisonnier, &#233;diteur, animateur radio &#224; L'Envol&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-93&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-93&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-93&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;93&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Directrice de Maison centrale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-94&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-94&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-94&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;94&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancienne pr&#233;sidente du G&#233;n&#233;pi&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-95&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-95&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-95&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;95&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ancien d&#233;tenu, pr&#233;sident de l'OIP&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-96&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-96&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-96&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;96&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chantraine G., Par-del&#224; les murs, Paris, PUF, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-97&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-97&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-97&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;97&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Baker C., Pourquoi faudrait-il punir ?, Lyon, Tahin Party, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-98&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-98&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-98&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;98&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brossat A., Pour en finir avec la prison, Paris, La Fabrique, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-99&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-99&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-99&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;99&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos les exemples dans Collectif, Au pied du mur, 765 raisons d'en finir avec toutes les prisons, Paris, L'Insomniaque, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>liste des brochures nadarlana non exhaustive</title>
		<link>https://infokiosques.net/spip.php?article284</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadarlana</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On va pas r&#233;p&#233;ter, ici, ce qu'il y a d&#233;j&#224; sur le site. Les brochures ci-dessous sont commandables par mail (nadarlana@no-log.org) gratuitement. On peut essayer de vous envoyer un PDF, mais c'est pas garanti (le scan est peut-&#234;tre trop gros). Ah oui et puis je n'ajoute pas non plus les brochures des renseignements g&#233;n&#233;reux et de pi&#232;ce et main d'&#339;uvre : allez sur leur site ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;dit&#233;s exclusivement par Nadarlana : &lt;br class='autobr' /&gt;
Montpellier, une &#233;conomie du cancer &lt;br class='autobr' /&gt;
Montpellier 2006-2007 (Trois recueils de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique61" rel="directory"&gt;Nadarlana&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On va pas r&#233;p&#233;ter, ici, ce qu'il y a d&#233;j&#224; sur le site.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les brochures ci-dessous sont commandables par mail (nadarlana@no-log.org) gratuitement. On peut essayer de vous envoyer un PDF, mais c'est pas garanti (le scan est peut-&#234;tre trop gros).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah oui et puis je n'ajoute pas non plus les brochures des renseignements g&#233;n&#233;reux et de pi&#232;ce et main d'&#339;uvre : allez sur leur site !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;dit&#233;s exclusivement par Nadarlana :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montpellier, une &#233;conomie du cancer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montpellier 2006-2007 (Trois recueils de tracts : A la fac, Dans les squats, Place candolle)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aventures de Bibi : Bibi est une femme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Underground et r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NNCC (Neus neus contre le capitalisme)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NNCC n&#176;2 Pour nous, les filles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viandox Friendly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rue Coupe Jambe (2 num&#233;ros en 2005-2006 d'analyse et de critique sur Montpellier)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Super ch&#244;meur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hom&#233;opathie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carnaval, la b&#234;te revient (collectif anti-r&#233;pression, Montpellier, 2004)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En exclusivit&#233;, TOUS les programmes politiques (avec Apache Editions)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autres (qu'on trouve pas sur le net ou difficilement) :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guide juridique pour les Sans papiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guignol, Punch, Gioppino et compagnie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire politique des marionnettes en Europe et de leurs h&#233;ros populaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuel de survie en garde &#224; vue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guide juridique pour les militants et les activistes Mai 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sexe, rap et flouze (Rapaces, communiqu&#233; n&#176;7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On m'appelait l'&#233;tudiant&#034;, infiltration d'un rg dans le mouvement autonome&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Survivre &#224; un bust (anonymat informatique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite histoire du groupe Crass. Une aventure anarco-punk&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Black Blocs : bas les masques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne d&#233;cidera pour nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examen gyn&#233;cologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuiseurs solaires pliables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fours &#224; pain en terre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phyto-&#233;puration &#224; rejet z&#233;ro pour les eaux d'&#233;gout : un moyen autonome contre le basculement climatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit manuel anti-tampons et anti-serviettes hygi&#233;niques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droit a la paresse (lafargue)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance des portes ou Serre la vis camarade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretenir et r&#233;parer son v&#233;lo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecod&#233;fense&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment construire une maison bioclimatique autonome et pas ch&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit manuel d'&#233;lectricit&#233; DIY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; : l'art de survivre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaux de mai 68 : L'Enrag&#233; n&#176;s 1 et 2 et Le Pav&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barricadons nos squats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire une douche de jardin solaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuel du guerillero urbain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toujours chaud dans la culotte des filles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faites le vous m&#234;me : strat&#233;gies d&#233;class&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;placements sous contr&#244;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour libre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour sur les ann&#233;es de braise (les groupes autonomes et L'organisation Action Directe)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utopies collectives&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>qcq Nadarlana</title>
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		<dc:creator>Nadarlana</dc:creator>


		<dc:subject>Nadarlana (Montpellier)</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous sommes plusieurs et pas toujours les m&#234;mes. Nous avons un lieu (ou pas) o&#250; les brochures sont disponibles. En tout cas, on essaye d'&#234;tre souvent dans la rue, dans des lieux de rassemblement... Mais des fois on a la flemme et donc on n'est pas facile &#224; trouver. En g&#233;n&#233;ral c'est gratuit, mais on accepte l'argent pour faire plus d'impressions, alimenter des caisses anti-repression. Si vous voulez nous joindre, nous proposer un lieu ou une occasion : nadarlana@no-log.org &lt;br class='autobr' /&gt;
Merci bonsoir.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?rubrique61" rel="directory"&gt;Nadarlana&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://infokiosques.net/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Nadarlana (Montpellier)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes plusieurs et pas toujours les m&#234;mes. Nous avons un lieu (ou pas) o&#250; les brochures sont disponibles. En tout cas, on essaye d'&#234;tre souvent dans la rue, dans des lieux de rassemblement... Mais des fois on a la flemme et donc on n'est pas facile &#224; trouver. En g&#233;n&#233;ral c'est gratuit, mais on accepte l'argent pour faire plus d'impressions, alimenter des caisses anti-repression. Si vous voulez nous joindre, nous proposer un lieu ou une occasion : nadarlana@no-log.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci bonsoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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