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		<title>Retour sur la r&#233;cente flamb&#233;e s&#233;curitaire, r&#233;actionnaire et raciste &#224; Belleville</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article799</link>
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		<dc:date>2010-08-27T18:33:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Antiracisme, immigrations</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (Partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisme, citoyennisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 20 juin 2010, avait lieu dans le quartier de Belleville
(Nord-Est de Paris) une manifestation pour la &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, organis&#233;e par diverses associations cens&#233;es repr&#233;senter
la &#171; communaut&#233; asiatique &#187; pour demander aux
autorit&#233;s le renforcement d'un arsenal r&#233;pressif qui nous
pourrit d&#233;j&#224; la vie (plus de flics, de cam&#233;ras, de sanctions
etc.). Durant cette manifestation, des &#233;chauffour&#233;es ont
&#233;clat&#233; dans le quartier entre des centaines de
manifestants contre la police, accus&#233;e de mal faire son
travail, puis apr&#232;s le d&#233;part programm&#233; de celle-ci,
contre quelques gamins isol&#233;s et identifi&#233;s par la vindicte
populaire comme des &#171; voleurs &#187; &#224; punir par des crit&#232;res
tels que la tenue vestimentaire et la couleur de peau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les quelques textes recueillis ici sont des analyses de la
situation dans le quartier, sur fond de tensions
communautaires, ainsi que des tracts et affiches diffus&#233;s
et coll&#233;es aux alentours par quelques anarchistes
antagonistes. En r&#233;action &#224; ces &#233;v&#232;nements d'abord,
mais aussi dans l'espoir d'ouvrir de nouvelles
perspectives pour la guerre sociale ici comme ailleurs,
pour que la haine se retourne contre ceux qui nous
dominent au quotidien, qu'il s'agisse des flics et des
patrons ou de tout autre repr&#233;sentant officiel ou
informel de l'autorit&#233; capitaliste, &#233;tatique,
communautaire, religieuse et patriarcale ; qu'elle ne
serve plus &#224; nourrir les int&#233;r&#234;ts des ennemis de la libert&#233;
pour tous par le biais de la guerre entre exploit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;R&#233;flexions &#224; chaud sur les &#233;meutes r&#233;actionnaires de Belleville&lt;/i&gt; (texte publi&#233; le soir du 20 juin 2010, quelques heures apr&#232;s la fin de l'&#233;meute, sur le site
&quot;Base de Donn&#233;es Anarchistes&quot;)
&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;A Belleville comme ailleurs...&lt;/i&gt; (texte trouv&#233; en juin 2010 sous forme de tract et d'affiche sur les murs et dans les rues de Belleville)
&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;Non, vraiment, t'aimes ton quartier ?&lt;/i&gt; (tract trouv&#233; dans les rues de Belleville &#224; Paris, juillet 2010)
&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;Apr&#233;s la vague...&lt;/i&gt; (texte d'analyse sur la situation &#224; Belleville, son histoire, et retour sur les &#233;v&#233;nements r&#233;cents ainsi que sur l'agitation anarchiste autour de ceux-ci)
&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;Au hasard des promenades murales&lt;/i&gt; (photographies de quelques inscriptions murales apparues depuis le 20 Juin)
&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;Qui sommes-nous ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;R&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;Antiracisme, immigrations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (Partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisme, citoyennisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L108xH150/arton799-ad59f.jpg&quot; width='108' height='150' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff799-0153d.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L108xH150/arton799-ad59f.jpg'&quot; style='height:150px;width:108px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On retrouvera cette brochure en ligne sur le site &lt;a href='http://retourabelleville.blogspot.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;Retour &#224; Belleville&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;flexions &#224; chaud sur les &#233;meutes r&#233;actionnaires de Belleville&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En revenant d'une balade tr&#232;s peu champ&#234;tre, nous nous rendons dans le quartier de Belleville &#224; Paris. Quelques heures plus t&#244;t, une manifestation y avait d&#233;marr&#233; pour d&#233;noncer, selon les mots des organisateurs : &#171; Les violences chroniques dont est victime la communaut&#233; chinoise &#187;. En cause : des vols de sacs, agressions, d&#233;pouilles. Une manif aux relents bien r&#233;actionnaires, comme en t&#233;moignent les slogans cri&#233;s et inscrits sur les banderoles et pancartes :&quot;S&#233;curit&#233; pour tous&quot;, &quot;Vive la citoyennet&#233;&quot;, &quot;Stop la d&#233;linquance&quot;, drapeaux fran&#231;ais, chinois et europ&#233;ens, hymne national. On ne comprend pas bien de quelle violence il s'agit (ayant plut&#244;t l'habitude de ph&#233;nom&#232;nes de violence intra-communautaire dont nous parlerons plus tard), mais nous comprendrons plus tard ce qui se cachait derri&#232;re cette manifestation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s la fin officielle de la manif, l'ambiance est tr&#232;s chaude sur place, des gens sont attroup&#233;s, des camions de flics arrivent en masse. On entend &#224; droite &#224; gauche des bruits de casse, puis un torrent de violence se d&#233;cha&#238;ne sur les flics, attaqu&#233;s &#224; mains nues et au corps &#224; corps par des centaines de personnes, qui leur jettent &#339;ufs, pierres et bouteilles de verre. Des voitures sont retourn&#233;es, des CRS se font charger et sont oblig&#233;s de reculer.
&lt;br /&gt;Face &#224; ce d&#233;cha&#238;nement de violence anti-flic, nous h&#233;sitons &#224; entrer dans la danse, mais nous attendons, par &quot;prudence &#233;thique&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'un coup, les gens se mettent &#224; courir. Nous pensons que tout le monde fuit une &#233;ni&#232;me charge de keufs, mais nous nous rendons tr&#232;s vite compte qu'il s'agit d'autre chose. Des manifestants &#233;taient en train de poursuivre des gamins, qu'ils ciblaient &quot;noirs et arabes&quot;, en leur lan&#231;ant des bouteilles de verre. Un des gamins tombe &#224; terre, et tente de se r&#233;fugier sous le perron d'une porte. Courant &#224; leurs c&#244;t&#233;s, nous devons alors calmer la fureur des lyncheurs. Ceux-ci l&#226;chent prise, cette fois-ci. Nous comprenons, en &#233;coutant les conversations : que &#171; les flics ne faisant pas leur travail, et laissant les voleurs en libert&#233;, les manifestants auraient d&#233;cid&#233; de prendre l'affaire en main et de se venger eux-m&#234;mes &#187;. Nous comprenons aussi que tout serait parti du vol du sac &#224; main d'une manifestante par un gamin du quartier, puis de la tentative des manifestants de livrer le gamin aux flics, qui n'en auraient pas voulu. C'est &#224; partir de l&#224; que les manifestants ont d&#233;chain&#233; leur violence contre les flics. Une violence sans retenue, comme on a pas l'habitude d'en voir. Une violence pour punir les flics de ne pas assez bien faire leur boulot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les flics d&#233;cident de battre en retraite, en noyant la place sous un &#233;pais nuage de lacrymo tir&#233; dans le tas. C'est plus d'une cinquantaine de cametards de flics qui disparaissent en un clin d'&#339;il, au moment m&#234;me o&#249; la violence commen&#231;ait &#224; atteindre un pic. Clairement, les flics ont d&#233;cid&#233; d'abandonner la place, pour laisser se d&#233;rouler des violences inter-communautaires, alors qu'une heure plus t&#244;t, c'est contre les flics que tout le monde s'acharnait. Se cr&#233;e alors un ballet entre trois &#224; quatre cent membres de la communaut&#233; chinoise et quelques gamins noirs et arabes, parfois pass&#233;s &#224; tabac au sol par plusieurs dizaines de personnes, accus&#233;s &#224; la va-vite d'&#234;tre des voleurs, sous les yeux assoiff&#233;s des journaflics ayant flair&#233; l'odeur du sang et des gros titres, en bon charognards qu'ils sont. Mais pr&#233;cisons qu'&#224; l'heure o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, rien n'est encore sorti de pr&#233;cis dans les m&#233;dias sur ce qu'il s'est r&#233;ellement pass&#233;. Nous avons pu observer des sortes de milices improvis&#233;es, r&#233;unissant plus d'une centaine d'asiatiques, allant dans la cit&#233; voisine pour casser du noir et de l'arabe, dans une chasse &#224; l'homme rappelant les pogroms.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Durant ces &#233;meutes, nous avons ressenti chez les &#233;meutiers chinois une haine farouche contre les &#171; voleurs &#187;. Par exemple, apr&#232;s qu'une voiture banalis&#233;e de flics fut renvers&#233;e, et son gyrophare coup&#233;, des personnes ont commenc&#233; &#224; fouiller dans le coffre, imm&#233;diatement prises &#224; partie et lynch&#233;es car accus&#233;es d'&#234;tre des voleurs, par les m&#234;mes personnes qui avaient retourn&#233; la voiture. Autant dire que l'incompr&#233;hension nous gagne &#224; ce moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette chaude apr&#232;s-midi, et les &#233;v&#232;nements qui l'ont marqu&#233;e, semblent pr&#233;figurer un sc&#233;nario de guerre civile qui se d&#233;veloppe de-ci, de-l&#224; en ces temps de &quot;crise&quot;. L'attitude de la police vient confirmer cette impression, elle qui a quitt&#233; les lieux au moment o&#249; elle sentait que la rage &#224; son encontre &#233;tait en train de remplacer la haine ethnique entre les gens. Nous pouvons imaginer que pour le pr&#233;fet une bonne &#233;meute raciste est pr&#233;f&#233;rable &#224; une &#233;meute tourn&#233;e contre les flics, et autres symboles de l'&#201;tat et du capital (banques et autres McDonald's sont rest&#233;s intacts).
&lt;br /&gt;Au fond, quel besoin d'une pr&#233;sence polici&#232;re dans une &#233;meute contre des &quot;d&#233;linquants&quot; ? &lt;br /&gt;Pr&#233;cisons que toutes les semaines, des chinois se font rafler par dizaines par les flics, et ce dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, sans qu'une seule manifestation aussi importante ne soit appel&#233;e. De m&#234;me, jamais nous n'entendons une quelconque protestation contre l'exploitation de chinois par d'autres chinois. Cette violence-l&#224;, celle de l'exploitation, n'est jamais d&#233;nonc&#233;e.
&lt;br /&gt;Impuissants et tristes face &#224; ce spectacle inf&#226;me, nous tenons tout de m&#234;me &#224; exprimer quelques positions claires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette journ&#233;e a prouv&#233; que toutes les &#233;meutes ne sont pas bonnes, malgr&#233; ce que peuvent en penser les quelques hooligans et nihilistes qui y croient encore, par leur apologie de la guerre civile.
&lt;br /&gt;En outre, nous croyons qu'il est n&#233;cessaire de d&#233;serter les guerres entre pauvres, entre ethnies et entre toutes les communaut&#233;s imaginaires, entre tous les r&#244;les sociaux tout aussi imaginaires : &quot;honn&#234;tes travailleurs chinois&quot; contre &quot;voleurs arabes&quot;.
&lt;br /&gt;La guerre sociale n'est pas la guerre de tous contre tous, mais la guerre qui de tout temps a oppos&#233; la domination &#224; tous ceux qui ne la supportent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Encore et encore, il faudra nous battre contre les cancers nationalistes, ethniques, communautaristes, religieux et politiques.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des anarchistes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;[Texte publi&#233; le soir du 20 juin 2010, quelques heures apr&#232;s la fin de l'&#233;meute, sur le site
&lt;a href='http://www.non-fides.fr/?Reflexions-a-chaud-sur-les-emeutes' class='spip_out' rel='external'&gt;Base de Donn&#233;es Anarchistes&lt;/a&gt;.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A Belleville comme ailleurs...&lt;br&gt;
Sur un air de guerre civile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu, le 20 juin &#224; Belleville, une manifestation organis&#233;e par des associations chinoises et soutenue par la mairie du XXe arrondissement (PS), appelait les forces publiques &#224; renforcer les mesures de s&#233;curit&#233; et de contr&#244;le dans le quartier (plus de flics, plus de cam&#233;ras...) sur fond de tensions inter-communautaires (fusillade, agressions...). Ce qui est mis en avant, c'est que la communaut&#233; chinoise serait particuli&#232;rement vis&#233;e, selon les manifestants, par la d&#233;linquance, en insistant sur le fait que celle-ci viendrait surtout des noirs et des arabes. Ainsi, pr&#233;textant un vol de sac par &#171; un d&#233;linquant &#187;, des affrontements &#233;clatent, &#224; dix contre un, contre des enfants du quartier d&#233;sign&#233;s comme des &#171; voleurs &#187;, qui se font alors lyncher &#224; terre sous la bienveillance de la police qui a d&#233;sert&#233; la place en ayant tout &#224; fait bien compris la situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce quartier qu'on nous a toujours vendu comme un berceau du cosmopolitisme et de l'ouverture multi-culturelle (&#171; le melting-pot bellevillois &#187;), ce qui a &#233;clat&#233; ce jour-l&#224; ce sont les images r&#233;elles de la fermeture communautaire et de l'absence totale de m&#233;tissage. Il suffit de se balader dans le quartier pour constater que juifs, fran&#231;ais, arabes, bobos branch&#233;s, chinois et noirs ne se m&#233;langent pas. Ce sont des d&#233;cennies d'hypocrisie anti-raciste et humaniste qui explosent d'un coup, laissant &#233;clater au grand jour toute la haine larv&#233;e, le racisme et le m&#233;pris des uns envers les autres que la gauche bien-pensante a toujours voulu cacher de force &#224; coup de propagande citoyenniste et s&#233;curitaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais lorsque nous entendons parler de communaut&#233;s, ethnies, nations religions, patrie, de citoyens et de d&#233;linquants, d'honn&#234;tes gens et de voleurs, d'immigr&#233;s r&#233;guliers et de sans-papiers, nous ne voyons que la volont&#233; de diviser et s&#233;parer les individus entre identit&#233;s imaginaires afin d'universaliser la mainmise de l'&#201;tat et le r&#232;gne du capitalisme plut&#244;t que de la libert&#233;. Il nous parait clair, &#224; nous qui voulons supprimer l'&#201;tat, les fronti&#232;res, les prisons, l'exploitation, les dominations sexistes et racistes ainsi que le monde qui les produit, qu'il faudra bien s'unir, du moins trouver des terrains d'entente entre des individus librement associ&#233;s pour d&#233;truire cette soci&#233;t&#233; qui nous d&#233;truit.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Arabes, chinois, renois ? Rien &#224; foutre.
&lt;br /&gt;Nique les patrons, la police, la justice, l'&#201;tat, ses fronti&#232;res physiques et mentales !
&lt;br /&gt;Refusons la guerre entre pauvres, et que la guerre sociale vienne &#224; bout de ce sale monde.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Quelques anarchistes et sans patrie du quartier.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;[Trouv&#233; en juin 2010 sous forme de tract et d'affiche sur les murs et dans les rues de Belleville.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Non vraiment, t'aimes ton quartier ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans ce monde o&#249; tout ressemble de plus en plus &#224; une prison (prisons, h&#244;pitaux psychiatriques, maisons de retraites, &#233;coles, supermarch&#233;s, temples en tout genre, centres de r&#233;tention, transports, usines, urbanisme concentrationnaire, parcs et aires de jeux, logements, administration, etc.) il y a plusieurs choix possibles : la r&#233;volte et la lutte contre cet existant qui nous &#233;touffe, la r&#233;signation, l'indiff&#233;rence et la r&#233;appropriation des rapports de domination qui r&#233;gissent cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Se r&#233;approprier la merde, c'est par exemple &#234;tre fier de ta taule (avec barreaux) de ton quartier (sans barreaux), de ton petit bout de trottoir, de ton boulot de merde, ton &quot;identit&#233;&quot; et m&#234;me de choses totalement anodines ou qu'on nous a coll&#233;es sur la gueule &#224; la naissance comme la couleur de peau, le nom, les origines, le sexe ou le genre. &lt;i&gt;&#171; 9.3 en force ! &#187; &#171; Fleury-Merogis nique tout ! &#187; &#171; La France aux fran&#231;ais ! &#187; &#171; Black Power ! &#187; &#171; Fier d'&#234;tre juif ! &#187; &#171; Girl power ! &#187; &#171; Corsica nazione ! &#187;&lt;/i&gt;. A chacun sa petite fiert&#233; identitaire &#224; mettre en concurrence avec celle des autres.
&lt;br /&gt;Autant de m&#233;canismes aussi petits et cons que la pr&#233;tention &#224; l'int&#233;gration pseudo-universaliste des r&#233;publicains, autant de particularismes rempla&#231;ant ton individualit&#233; en te donnant l'impression de vivre par autre chose que par toi-m&#234;me. Autant de choses pour nous faire oublier que nous sommes des humains, tous autant que nous sommes, et que nous vivons tous dans le m&#234;me monde, ce monde de merde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui nous diff&#233;rencie les uns des autres, qui nous s&#233;pare souvent, nous relie aussi, ce sont nos choix individuels que nous faisons sans l'aide de quelconques directeurs de conscience et sans &#234;tre d&#233;termin&#233;s par quelques facteurs &quot;socio-culturels&quot; &#224; la con. Nous entendons &#234;tre bien plus que du gibier &#224; sociologue et nous ne voulons plus fonder notre cause sur d'autres choses que sur nous-m&#234;mes, ces choses qui nous asservissent comme les fronti&#232;res, les genres, les communaut&#233;s, les corporations, les religions, les ethnies, les nations, les patries...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 20 juin dernier, des milliers de T-shirts &#171; J'aime Belleville &#187; (avec au dos &#171; S&#233;curit&#233; pour tous &#187; en fran&#231;ais et chinois) &#233;taient distribu&#233;s dans tout le quartier et port&#233;s par des habitants de fa&#231;on joviale et irr&#233;fl&#233;chie dans une grande messe dominicale de la franche connerie citoyenne, s&#233;curitaire et communautariste. Autant dire que notre sentiment face &#224; cela fut le d&#233;go&#251;t, et nous ne parlons m&#234;me pas des lynchages racistes que nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;s ailleurs et dont on a d&#233;j&#224; discut&#233; ici-m&#234;me, si tu te souviens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fait, t'aimes quoi au juste dans ton quartier ? Les flics qui jouent aux cow-boys, leurs cam&#233;ras &#224; tous les coins de rue, l'exploitation, les taudis pourris qu'on te loue la peau du derche, le vigile du ED de la rue de Belleville qui te tripote en permanence, les barres d'immeubles qui te barrent l'horizon, le gardien qui t'ordonne de bouger ton cul parce que le parc va fermer, les caf&#233;s pour riches qu'on te refourgue au prix d'un repas de pauvre &#224; cause de l'invasion des bobos et autres artistes branch&#233;s accr&#233;dit&#233;s par la mairie de Paris pour laver le quartier des pauvres comme nous, cette salet&#233; de came qui nous endort, nous emp&#234;che de nous r&#233;volter, qui inonde les rues et fournit aux flics une bonne raison pour justifier leur immonde pr&#233;sence, ces tacherons de contr&#244;leurs RATP et leurs t&#234;tes &#224; claques, les poucaves et les indics qui te vendent aux cond&#233;s &#224; la moindre occasion de se faire bien voir ou de se racheter un casier, ces gros b&#226;tards de politiciens et d'&#233;ducateurs qui viennent te faire croire qu'ils sont tes amis et qui t'envoient les keufs d&#233;s que t'as le dos tourn&#233;, les journaflics qui viennent te filmer comme dans un zoo pour montrer leur image du bon pauvre qui bronche pas et qu'en est fier ; ou peut-&#234;tre bien que ce que t'aimes dans ton quartier, ce sont les rafles de sans-papiers dans la rue, les transports, &#224; la CAF, &#224; la sortie de l'&#233;cole, et la chasse &#224; l'homme permanente contre biffins et marchands ambulants ? En gros le m&#234;me merdier qu'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Belleville comme tout autre quartier, c'est avant tout un gros tas de cibles &#224; attaquer et &#224; d&#233;foncer, de flics &#224; d&#233;rouiller, de frustration sociale et de col&#232;re &#224; exprimer et d'exploiteurs &#224; d&#233;pouiller ; et toi tu voudrais te r&#233;approprier tout ca ? En &#234;tre fier et le revendiquer ?
&lt;br /&gt;Non, vraiment, respire un bon coup, r&#233;fl&#233;chis un peu avec tes tripes et ton c&#339;ur plut&#244;t qu'avec l'id&#233;ologie du 20H et choisis ton putain de camp face &#224; la domination.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;approprions nous la guerre sociale plut&#244;t que de la subir en victimes.
&lt;p&gt;Battons nous pour un monde de libert&#233; plut&#244;t que pour un bout de trottoir occup&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Quelques anarchistes et sans-patrie du quartier.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;[Tract trouv&#233; en juillet 2010 dans les rues de Belleville, &#224; Paris.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s la vague...&lt;br&gt;
R&#233;flexions sur une r&#233;cente pouss&#233;e communautaire et s&#233;curitaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de bruit pour pas grand chose, penseront certains. L'encre a en effet abondamment coul&#233; depuis l'&#233;meute du 20 juin &#224; Belleville, et les ph&#233;nom&#232;nes qui y ont brutalement surgi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des t&#233;moignages assez complets de ce qui s'est pass&#233; ce jour-l&#224; ont &#233;t&#233; publi&#233;s dans la foul&#233;e, accompagn&#233;s d'un certain nombre de remarques critiques plus ou moins pertinentes.
&lt;br /&gt;Nous n'insisterons pas sur les commentaires des in&#233;vitables flics de service cherchant &#224; savoir si les pr&#233;sum&#233;s auteurs de tel ou tel texte habitent ou non le quartier de Belleville (avec en arri&#232;re pens&#233;e la volont&#233; de dire que ces textes n'ont pas la l&#233;gitimit&#233; suffisante), ou affirmant de fa&#231;on tout &#224; fait scandaleuse que les tracts n'avaient pas &#233;t&#233; diffus&#233;s, et que les affiches n'&#233;taient visibles nulle part dans le quartier. Chacun est capable de se faire un point de vue sur la question, et nous n'allons pas nous enfermer dans une petite qu&#233;guerre pour d&#233;cerner la m&#233;daille d'or du meilleur &quot;travail de terrain&quot;, que nous laissons volontiers &#224; ceux qui tiennent encore &#224; se d&#233;finir comme militants.
&lt;br /&gt;D'autres questions ont par contre &#233;t&#233; formul&#233;es, posant des probl&#233;matiques bien plus int&#233;ressantes.
&lt;br /&gt;&#201;voquons rapidement, pour commencer, la question &#233;meuti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dimanche soir, alors que les affrontements &#233;taient en cours &#224; Belleville et que les lynchages se poursuivaient, des messages sont apparus sur internet, disant &#224; peu de chose pr&#232;s : &#171; les Chinois ont chass&#233; les flics et tiennent la place du m&#233;tro Belleville, pour la premi&#232;re fois depuis longtemps, les flics ont abandonn&#233; le terrain. Venez vite &#187;.
&lt;br /&gt;Ce type d'appel &#233;tait stupide pour plusieurs raisons &#233;videntes.
&lt;br /&gt;Tout d'abord, les flics n'ont pas &lt;i&gt;d&#251;&lt;/i&gt; abandonner le terrain, chose qu'ils font de fa&#231;on tr&#232;s rare, et lorsqu'ils sont r&#233;ellement d&#233;bord&#233;s (en nombre, en moyen et en d&#233;termination) ce qui arrive rarement en situation &#233;meuti&#232;re.
&lt;br /&gt;Les flics ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi de partir, non dans la panique mais dans le calme, sans charger, et appliquant une d&#233;cision r&#233;fl&#233;chie de la pr&#233;fecture. Si la police a alors pris la d&#233;cision de partir, abandonnant au passage une voiture banalis&#233;e qui sera ensuite retourn&#233;e, c'est qu'elle a jug&#233; qu'il n'y avait pas particuli&#232;rement de d&#233;bordement &#224; contenir, pas de danger r&#233;el pour &quot;l'ordre public&quot;. Chose &#233;tonnante au premier abord, car durant les affrontements, la police a bien &#233;t&#233; prise &#224; partie par les &#233;meutiers, parfois avec une violence tr&#232;s intense (contre-charges, jets de bouteilles, de pierres et d'&#339;ufs, lutte &#224; main nue, blocages de voitures de flics...), et des groupes de flics en civil ont bien failli se faire d&#233;rouiller. Mais d'autre part, et cela a eu beaucoup plus d'importance, aucune banque n'a &#233;t&#233; attaqu&#233;e, aucun commerce vis&#233;, m&#234;me si la rumeur a commenc&#233; &#224; tourner disant qu'un commissariat avait &#233;t&#233; attaqu&#233;. Certes, des voitures ont &#233;t&#233; retourn&#233;es (mais pas incendi&#233;es) et des cabines t&#233;l&#233;phoniques d&#233;fonc&#233;es, faits que la police tol&#232;re rarement en g&#233;n&#233;ral. Les raisons de leur retraite volontaire sont donc &#224; chercher ailleurs que dans la seule violence d&#233;ploy&#233;e.
&lt;br /&gt;Clairement, les flics ont pris en consid&#233;ration plusieurs facteurs qu'ils jugeaient favorables, et &#224; cause desquels il valait mieux pour eux partir que rester.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Premi&#232;rement, les &#233;meutes ponctuaient une manif pour la s&#233;curit&#233;, r&#233;clamant plus d'intervention de la force publique pour r&#233;primer les vols, qui selon les manifestants toucheraient particuli&#232;rement les &#171; membres de la communaut&#233; chinoise &#187;, et qui seraient le fait de bandes issues d'autres communaut&#233;s d'immigr&#233;s. &lt;br /&gt;Il ne s'agit pas dans ce texte de nier l'existence d'un racisme anti-asiatique, ni d'en faire un racisme particulier, car tous les racismes se valent de par leur connerie-m&#234;me. C'est aussi pourquoi, m&#234;me d'un point de vue anti-raciste, le fait d'organiser une manifestation contre une forme particuli&#232;re de racisme pose bien des questions. Nous imaginons bien que cette maladresse n'en est pas une et qu'il s'agit clairement de monter les gens les uns contre les autres.
&lt;br /&gt;Il est vrai qu'&#224; Belleville les patrons &#8220;chinois&#8221; se font plus voler que les autres, mais il est vrai aussi que les patrons chinois se font plus voler que leurs employ&#233;s, parce que l'argent ne peut &#234;tre vol&#233; que l&#224; o&#249; il se trouve.
&lt;br /&gt;Le racisme, c'est lorsqu'on va s'imaginer que n'importe quel &#8220;asiatique&#8221; va se balader avec des liasses de billets sur lui. Ce genre de clich&#233; n'est pas sans rappeler celui du &#8220;juif&#8221; forc&#233;ment blind&#233; aux as (voir par exemple l'affaire Ilan Halimi).
&lt;br /&gt;D'autre part, et ce dans la pure tradition coloniale fran&#231;aise, on entend r&#233;guli&#232;rement sur des terrasses de bar des r&#233;flexions du type &#171; &#224; nous les p'tites chinoises &#187; qui font &#233;chos aux regards affam&#233;s refl&#233;tant le sexisme teint&#233; de racisme &#224; l'&#233;gard des femmes &#8220;asiatiques&#8221; et tous les fantasmes de domination qui vont avec. Ces choses existent bel et bien et il faut les combattre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une manifestation bien rance donc, soutenue au d&#233;part par la mairie socialiste du XX&#232;me arrondissement, socialos qui regretteront a posteriori le caract&#232;re trop &quot;communautariste&quot; pris par la manifestation, dans un m&#233;lange d'hypocrisie et de mensonge opportuniste propres &#224; tous les charognards politiciens. Si il est paradoxal de parler d' &quot;&#233;meutes pour l'ordre&quot;, il faut bien admettre que celles qui ont eu lieu ce 20 juin en &#233;taient incontestablement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On se demande pourquoi diable irait-on manifester pour la s&#233;curit&#233; ; s&#233;curit&#233; de quoi, s&#233;curit&#233; pour qui, et contre quoi ? S&#233;curit&#233; pour les flics, pour les commer&#231;ants &#8220;bienfaiteurs&#8221;, qui disent nous rendre service alors qu'ils ne font que nous vendre des marchandises, pour les banques et autres profiteurs de l'exploitation ? S&#233;curit&#233; contre des gamins qui s'amusent en scooter et qui font exploser trois p&#233;tards ?
&lt;br /&gt;On se demande aussi &#224; qui s'adresse cette revendication et ce qu'elle signifie. Ici la r&#233;ponse est claire, elle s'adresse directement &#224; l'&#201;tat, &#224; la mairie, &#224; leurs flics et autres agents du contr&#244;le. Elle relaye aussi toute la propagande s&#233;curitaire qu'on nous fait bouffer dans les m&#233;dias, surtout lorsqu'une quelconque &#233;lection pointe le bout de sa sale gueule, cr&#233;ant la menace permanente de l'ennemi post&#233; &#224; chaque coin de rue, du grand criminel au petit d&#233;linquant, r&#234;vant tous de s'attaquer au premier venu, cr&#233;ant aussi la n&#233;cessit&#233; de regarder derri&#232;re son &#233;paule, de se m&#233;fier de tout le monde, de se trouver des protecteurs, les flics en premier lieu, alors qu'il y a plus de chances de crever sous les balles et les coups des policiers dans la rue comme en garde &#224; vue, que de se faire agresser en pleine rue.
&lt;br /&gt;Il n'est pas question de nier les comportements pr&#233;dateurs de certaines personnes (car la domination n'est pas le seul fait de l'&#201;tat, et ne se mesure pas &#224; l'aune d'un code p&#233;nal), mais bien de discuter de la question des relations humaines, et ce en d'autres termes que ceux de s&#233;curit&#233;, de r&#233;pression, de prison, d'&#233;ducation. De s'int&#233;resser aux causes plut&#244;t que de se focaliser sur tel ou tel ph&#233;nom&#232;ne spectaculaire, telle cons&#233;quence, de rappeler les liens entre les valeurs, les types de comportements engendr&#233;s et encourag&#233;s par cette soci&#233;t&#233;, et la pr&#233;dation qui n'en est que le reflet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fait, m&#234;me s'il peut-&#234;tre toujours plaisant de voir des gendarmes mobiles se faire canarder, il est &#233;vident, et il &#233;tait &#233;vident alors, qu'il n'y avait rien &#224; faire &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; cette &#233;meute, &#224; part pour ceux qui parviendraient &#224; se convaincre qu'il y a quelque chose d'int&#233;ressant &#224; tenter d'engrainer des r&#233;actionnaires et des lyncheurs de gamins contre les keufs, l'ennemi contre lequel tout le monde pourrait se mettre d'accord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;meutiers, radicalisant les mots d'ordre d'une manifestation officiellement pacifique, se sont organis&#233;s pour chasser des groupes de gamins du quartier, qualifi&#233;s de voleurs, attaquant au passage la flicaille en lui reprochant de ne pas faire son boulot, d'une part, et d'autre part, d'en &#234;tre venue &#224; arr&#234;ter des manifestants et &#224; les gazer. Dans leur traque aux pr&#233;tendus voleurs, ces policiers informels, s'organisant en petites milices priv&#233;es, ont essentiellement vis&#233; des gamins &#233;tiquet&#233;s &quot;africains&quot;, &quot;noirs&quot; et &quot;arabes&quot;.
&lt;br /&gt;Nous tenons &#224; pr&#233;ciser que si pour nous ces cat&#233;gories n'ont aucune r&#233;alit&#233; en tant que telles (&quot;chinois&quot;, &quot;noirs&quot;, &quot;blancs&quot; ou &quot;beurs&quot;), les personnes ayant particip&#233; aux lynchages se sont organis&#233;es comme membres de la &quot;communaut&#233; chinoise&quot;, et ont poursuivi des gens en fonction de leur apparence (v&#234;tements, couleur de peau) et donc de leur suppos&#233;e &quot;communaut&#233;&quot; jug&#233;e hostile dans ce cas-l&#224;. D'o&#249; le double caract&#232;re de ces &quot;lynchages-ratonnades&quot;, &#224; la fois r&#233;actionnaires, puisque voulant punir physiquement et directement des gens qualifi&#233;s de voleurs, et racistes, puisque visant des personnes en fonction de la couleur de leur peau. Au-del&#224; de ce qui a &#233;t&#233; entendu sur place, lors de cette manifestation, on pouvait lire dans une interview &#224; &lt;i&gt;France Soir&lt;/i&gt;, des organisateurs affirmer qu'&lt;i&gt;&#171; il y a toujours eu des agressions contre nous. Aujourd'hui, elles sont le fait d'un groupe d'une trentaine ou d'une quarantaine de jeunes, la plupart des mineurs, derri&#232;re lesquels se cachent &#233;videmment des adultes. Des jeunes originaires du Maghreb ou d'Afrique noire que la police arr&#234;te, quelquefois, et rel&#226;che aussit&#244;t &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; avanc&#233; suite aux &#233;meutes, que la manifestation (donc les &#233;meutes) a &#233;t&#233; organis&#233;e par des groupes influents de l'immigration chinoise, notamment par la &quot;petite bourgeoisie&quot; du quartier, et d'autres coins de Paris (notamment des commer&#231;ants du 3&#232;me arrondissement), ramenant au passage et sous la pression collective, tout ce que la dite &quot;communaut&#233;&quot; pourrait trouver en soutien. On a effectivement vu des personnes, avant la manifestation, faire le tour des bars et des restaurants, pour inciter les gens &#224; venir &#224; la manif, pour faire du nombre et montrer une image d' &quot;unit&#233; dans la communaut&#233;&quot;. Si cela a march&#233; pour la manifestation, l'&#233;meute et les lynchages n'&#233;taient pas aussi consensuels, m&#234;me si on a beaucoup entendu sur place des remarques du type &lt;i&gt;&#171; Eh ben oui, si c'est des voleurs, c'est normal que les gens se d&#233;fendent et veulent punir eux-m&#234;mes si les flics ne le font pas &#187;&lt;/i&gt;.
&lt;br /&gt;Du reste, tr&#232;s peu de gens sont concr&#232;tement intervenus physiquement pour emp&#234;cher les lynchages, m&#234;me lorsque cela &#233;tait possible. Peur de se manger des coups au passage, ou caution tacite aux jugements exp&#233;ditifs contre les &quot;voleurs&quot;, il est difficile de r&#233;pondre sans verser dans la g&#233;n&#233;ralit&#233;, mais tout cela fut bien d&#233;gueulasse &#224; constater. &lt;br /&gt;On a vu par contre des citoyens tenter de s'interposer entre les flics et les &#233;meutiers, ou essayant d'emp&#234;cher les incendies de palettes dans la rue et le renversement des voitures. Comme quoi, la vie de la marchandise a souvent plus de prix que celle des humains...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il aurait peut-&#234;tre &#233;t&#233; possible de porter un message antagoniste &#224; celui avanc&#233; par les manifestants, de dire d'une fa&#231;on ou d'une autre que nous avons nous aussi nos raisons pour ha&#239;r tous les dispositifs de s&#233;curit&#233; (police, milices, cam&#233;ras de surveillance, punitions juridiques...) qui visent indiff&#233;remment tous ceux que le pouvoir nomme &#171; d&#233;linquants &#187;.
&lt;br /&gt;Mais ce type de r&#233;ponse, pour &#234;tre un minimum r&#233;alisable et cons&#233;quente, n'est pas facile &#224; organiser, et encore, dans le cas o&#249; on estime que la question est importante...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et la question est grave, que l'on pense que cette &#233;meute est un simple fait isol&#233;, ou qu'elle traduise des ph&#233;nom&#232;nes plus profonds et se d&#233;veloppant de fa&#231;on moins spectaculaire.
&lt;br /&gt;Parce que le lynchage collectif nous r&#233;pugne, que le racisme est une saloperie id&#233;ologique dangereuse, tout comme le communautarisme et les revendications s&#233;curitaires.
&lt;br /&gt;Aussi parce que le racisme, s'il est clairement une arme de l'ennemi &#233;tatique (qu'il utilise souvent lui-m&#234;me, mais en veillant &#224; &#234;tre &quot;respectable&quot;), n'est pas son monopole, et que ce genre de lynchage cibl&#233; se solde souvent par des repr&#233;sailles tout aussi cibl&#233;es et naus&#233;abondes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup de critiques ont insist&#233;, au-del&#224; de la n&#233;cessaire prudence &#224; adopter dans le choix des termes utilis&#233;s, pour dire que la situation &#224; Belleville n'&#233;tait ni celle d'une guerre civile, ni d'une guerre inter-communautaire larv&#233;e ; que la haine et le racisme n'&#233;taient pas palpables dans le quartier, et que ces th&#232;ses &#233;taient couramment d&#233;velopp&#233;es par les r&#233;actionnaires de tout poil, des identitaires &#224; Zemmour, de Finkielkraut aux divers th&#233;oriciens du choc des civilisations, qui pr&#244;nent au choix l'union nationale, la civilisation occidentale, la souverainet&#233; r&#233;publicaine, son &#233;cole, ses valeurs, sa la&#239;cit&#233; et sa police, entre autres horreurs.
&lt;br /&gt;Il va sans dire que nous n'avons rien en commun avec ces raclures de chiottes. Des intellos du genre de Finkielkraut peuvent tr&#232;s bien critiquer les cons&#233;quences sociales de l'utilisation massive du t&#233;l&#233;phone portable, en terme d'abrutissement g&#233;n&#233;ralis&#233;, et nous aussi, sans que cela constitue un &quot;commun&quot;. Il en va de m&#234;me pour le communautarisme, puisque nous le critiquons dans la perspective d'une lib&#233;ration totale de l'individu vis-&#224;-vis de toutes les normes impos&#233;es par la collectivit&#233; (qu'elle soit sociale, communautaire, familiale...), alors que des mange-merde &#224; la Zemmour ne font que critiquer &lt;i&gt;une sorte&lt;/i&gt; de communautarisme, celle qui remet en cause le socle du r&#233;publicanisme et son int&#233;gration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous semble que c'est un mauvais proc&#232;s contre les textes publi&#233;s &#224; chaud sur ce qu'il s'est pass&#233;, notamment contre le tract-affiche intitul&#233; &lt;i&gt;A Belleville comme ailleurs...Sur un air de guerre civile&lt;/i&gt;, qui fut largement boycott&#233;, et parfois qualifi&#233; d'&quot;inf&#226;me&quot;, voir accus&#233; de relayer la &quot;pens&#233;e dominante&quot;, m&#234;me s'il fut tout de m&#234;me diffus&#233; par des compagnons dans la rue.
&lt;br /&gt;M&#234;me si ce texte d&#233;peignait de fa&#231;on quelque peu &quot;catastrophiste&quot; et peu nuanc&#233;e la situation, et ne prenait la peine de mettre des guillemets autour de chaque terme probl&#233;matique, il partait d'une r&#233;alit&#233; v&#233;cue et en proposait une critique assez claire, avec un point de vue antiautoritaire et dans le but de r&#233;agir (et oui !) le plus rapidement possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y a pas besoin de sociologues pour savoir que Belleville est un de ces rares quartiers en France o&#249; cohabitent de si nombreuses communaut&#233;s et confessions, l'histoire du quartier est d'ailleurs forg&#233;e par les vagues d'immigration, d'abord polonaise, arm&#233;nienne et turque, &#224; la fin du XIXe et au d&#233;but du XXe si&#232;cle, puis kabyle d'Alg&#233;rie et juive s&#233;farade dans les ann&#233;es 50 et 60. Les d&#233;cennies suivantes verront l'installation d'immigr&#233;s asiatiques, de majorit&#233; chinoise de la r&#233;gion de Wenzhou, et plus minoritairement, d'Afrique Sub-Saharienne dans les ann&#233;es 80. Il parait clair que de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, l'entente &quot;inter-communautaire&quot; ne sort que tr&#232;s rarement de sa paisibilit&#233;, que l'on peut attribuer &#224; un repli tel qu'on peut le constater &#224; peu pr&#233;s partout dans les grandes m&#233;tropoles du monde (Londres, NYC, Berlin etc.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous parait clair que sans ce repli, des tensions ponctuelles n'apparaitraient pas, comme celles de ce 20 juin, ou encore, aujourd'hui oubli&#233;es, celles de juin 1968 qui ont vu &#233;clater un d&#233;chainement de violences racistes entre jeunes immigr&#233;s &quot;musulmans du Maghreb&quot; et jeunes immigr&#233;s &quot;juifs tunisiens&quot;. Ces &#233;meutes racistes, parties d'une dispute quelconque autour d'une partie de carte, aboutirent &#224; la destruction cibl&#233;e (selon des crit&#232;res racialistes) d'une cinquantaine de commerces, et la tentative d'incendie d'un lieu de culte (la synagogue Julien Lacroix), il y aurait eu un mort, ce qui n'a finalement jamais &#233;t&#233; confirm&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un quartier o&#249; le cosmopolitisme et l'entente inter-communautaire ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s au stade de la mythologie, au point qu'il en est devenu un &#171; &#233;l&#233;ment de d&#233;cors &#187; pour de nombreux artistes branch&#233;s (et la population plus massive dite &quot;bobo&quot;, &#224; leur remorque) se livrant &#224; un tourisme social en faisant de Belleville, LE nouveau quartier &#224; la mode, ces deux &#233;v&#232;nements, aussi rares soient-ils, questionnent ce &#171; mythe de Belleville &#187;. Aussi, il nous parait &#233;tonnant que dans les milieux gauchistes, le m&#234;me engouement soit pr&#233;sent. Il est d'usage de percevoir le quartier comme exceptionnellement tol&#233;rant et cosmopolite, mais s'agit-il d'un cosmopolitisme &#171; vrai &#187; o&#249; la mixit&#233; et le m&#233;tissage deviennent la r&#233;alit&#233;, ou plut&#244;t d'un cosmopolitisme de fa&#231;ade, o&#249; les communaut&#233;s distinctes se c&#244;toient et en g&#233;n&#233;ral se tol&#232;rent, mais ne se m&#233;langent pas ? C'est une des questions que nous voulions poser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les arguments avanc&#233;s pour dire que Belleville est un quartier &quot;m&#233;tiss&#233;&quot;, o&#249; les gens se m&#233;langent sans distinction d'&quot;origine&quot;, de couleur de peau, ou de religion, consistaient &#224; &#233;voquer quelques endroits pr&#233;cis : bars, PMU, march&#233;s ouverts et autres lieux commerciaux, de circulation de la marchandise. C'est peut-&#234;tre vrai. Tout le monde ne se retrouve pas &quot;entre renois&quot;, entre &quot;bobos branch&#233;s&quot; ou entre &quot;juifs&quot; dans la rue, dans les bars, et encore moins sur les march&#233;s, certes. Mais c'est souvent le cas, et ensuite on peut en effet se demander si cela est v&#233;cu ou non comme repli, comme regroupement communautaire.
&lt;br /&gt;D'un c&#244;t&#233;, on se fout de savoir si tel ou tel bar est &quot;m&#233;tiss&#233;&quot; ou non, ou si le fait que les gens sont m&#233;lang&#233;s au march&#233; en dit beaucoup sur les relations sociales en g&#233;n&#233;ral. Les gens vont au march&#233; pour acheter des marchandises, pas pour &quot;montrer qu'ils aiment tout le monde sans discrimination d'aucune sorte&quot;. On se m&#233;lange bien aussi dans le m&#233;tro, et alors ?
&lt;br /&gt;De l'autre, ce n'est pas la guerre civile &#224; Belleville, et d'ailleurs personne ne pr&#233;tend que c'est le cas. Ce qui &#233;tait simplement dit, c'est d'une part que les lynchages (qui n'&#233;taient apparemment pas le fait de personnes &quot;membres de la classe moyenne chinoise&quot;, ni de riches commer&#231;ants) de par leurs cibles, refl&#233;taient une image de ce qui se passe lors d'une guerre civile, dans laquelle le pouvoir s'en sort toujours indemne, contrairement aux domin&#233;s, qui s'y affrontent mutuellement. Et d'autre part, qu'une &#233;meute pareille n'est jamais un fait isol&#233;, m&#234;me lorsqu'elle est pr&#233;m&#233;dit&#233;e et ouvertement organis&#233;e.
&lt;br /&gt;Et donc, qu'au-del&#224; de cette soudaine pouss&#233;e de haine et de violence &#224; caract&#232;re communautariste, une certaine ambiance existait peut-&#234;tre d&#233;j&#224;, pouvant mener &#224; ces lynchages, et rendant des actes similaires possibles &#224; l'avenir, sans pour autant que le ph&#233;nom&#232;ne ne se g&#233;n&#233;ralise, ni qu'&#224; plus forte mesure, tout le monde y participe, et c'est heureux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore une fois, la guerre civile n'est pas faite que de haine raciale et de communautarisme. Elle est aussi guerre de tous contre tous, en fonction de diff&#233;rents facteurs. Et de voir une telle haine exploser contre de suppos&#233;s voleurs en dit long et ne devrait pas &#234;tre n&#233;glig&#233;. On pourrait penser que ces lynchages ont &#233;t&#233; orchestr&#233;s par des groupes de commer&#231;ants souhaitant exercer leur main-mise sur une partie du quartier comme sur la main-d'&#339;uvre r&#233;cemment immigr&#233;e de Chine ou d'ailleurs, et que dans ce but, le bouc-&#233;missaire est souvent l'arme commun&#233;ment utilis&#233;e pour renforcer un groupe social particulier et ses int&#233;r&#234;ts. C'est plausible, puisqu'exploiteurs et pouvoir politique sont g&#233;n&#233;ralement en bonne entente. Mais personne ne peut nier que les riches ne sont pas les seuls &#224; d&#233;tester les &quot;voleurs&quot; et &#224; vouloir les corriger. Des pauvres mettent des b&#226;tons dans les roues d'autres pauvres, c'est un fait historique, qui suffirait presque &#224; r&#233;futer la notion de classe sociale dans son acceptation la plus primitive intellectuellement, cette autre communaut&#233; qu'on oppose si souvent aux &quot;fausses communaut&#233;s&quot;. Il serait donc facile d'avancer que ce jour-l&#224;, ce sont les riches commer&#231;ants, poussant de force leurs esclaves salari&#233;s pour aller au carton, qui ont contr&#244;l&#233; tant la manifestation que les lynchages et les affrontements avec les keufs. Mais ceci n'est que pure hypoth&#232;se, d&#233;termin&#233;e par des sch&#233;mas id&#233;ologiques. Ce n'est pas en niant arbitrairement les conflits qui existent entre pauvres que ceux-ci cessent miraculeusement d'exister, malheureusement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#233;videmment int&#233;ressant d'analyser les rapports d'exploitation, et les rapports mafieux qui peuvent exister dans d'innombrables quartiers, comme il serait int&#233;ressant de passer au crible la r&#233;cup&#233;ration politique de ces &#233;v&#232;nements, qu'elle vienne des r&#233;publicains ou des fachos, ou de dire deux mots sur la pacification/gentrification men&#233;e par les artistes, entre autres. &lt;br /&gt;Cela est une entreprise d'ampleur, auquel ce texte n'a pas de r&#233;ponse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Habitant ou non d'un quartier, il y a toujours une diff&#233;rence entre l'image publique, son discours officiel, et ce que les gens peuvent vivre &#224; l'ombre des murs, au boulot, et personne n'est dans chaque discussion &quot;priv&#233;e&quot;, ni dans la t&#234;te des individus. D'ailleurs seuls les flics, les juges, les sociologues et les journaleux r&#234;vent de cela. D&#233;testant toutes les crevures pr&#233;-cit&#233;es, nous n'allons &#233;videmment pas mener une enqu&#234;te pour tirer au clair le pourquoi et le comment.
&lt;br /&gt;Mais nous pouvons provoquer des discussions dans la rue, en portant un message clair, contre les rapports mafieux, les lynchages, la religion, le racisme, le communautarisme, l'exploitation, les rafles, la police, l'&#201;tat, contre tout ce qui nous rend la vie si insupportable, et la libert&#233; hors de port&#233;e, &#224; Belleville comme ailleurs, et c'est ce que nous avons commenc&#233; &#224; faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Il reste tant &#224; faire, &#224; faire, &#224; faire...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Qui sommes nous ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bonjour, nous sommes des anarchistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela fait d&#233;j&#224; quelques temps que nous sommes pr&#233;sents sur ce march&#233;, avec notre table de presse, nos sourires
(parfois) et nos yeux fatigu&#233;s (toujours). Comme beaucoup le savent d&#233;j&#224;, nous sommes l&#224; pour parler de nos id&#233;es, les
diffuser, faire connaitre des textes sous forme de brochures qui nous paraissent importants, faire des propositions,
toujours sans m&#233;diation. Cependant une question nous revient souvent, &#171; c'est quoi les anarchistes ? &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On connait mal les anarchistes, et souvent on croit connaitre leurs id&#233;es alors qu'en fait nous n'en entendons parler
que par le biais de faits divers (sabotages, &#233;meutes, actions directes) transmis par la police aux journalistes, qui eux-m&#234;mes
redistribuent l'&#171; information &#187; au plus grand nombre. Jamais pourtant ces &#171; informations &#187; n'ont r&#233;ellement
abord&#233; le fond de la pens&#233;e de ceux qui luttent pour l'anarchie, hormis dans le but de d&#233;sinformer et stigmatiser pour
mieux r&#233;primer ensuite. On nous parle souvent de l'affaire de Tarnac et des sabotages de cat&#233;naires SNCF dont les
m&#233;dias parlaient tant il y a quelques temps, ou encore de la campagne r&#233;cente de sabotage de distributeurs de billets
de banques balances en solidarit&#233; avec les sans-papiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les anarchistes en fait ont &#224; c&#339;ur de comprendre pourquoi la terre et tout ce qui s'y trouve ne constitue pas un
h&#233;ritage commun &#224; tous ceux qui la peuplent. Pourquoi certaines personnes ont fait le choix de se l'approprier et de la
l&#233;guer &#224; leurs h&#233;ritiers ? Pourquoi, selon le bout de terre, ex&#233;cute-t-on celui qui vole pour survivre ? Pourquoi enferme-t-on des gens qui n'ont pas le bon bout de papier ? Pourquoi traite-t-on les femmes comme des sous-hommes ?
Pourquoi alors qu'une majorit&#233; est exploit&#233;e, une minorit&#233; tient les rennes de cette exploitation ?
Il y a encore beaucoup de questions comme celles-la... Mais parmi elles, la plus importante est certainement :
Pourquoi les domin&#233;s du monde entier acceptent-ils ce sort alors qu'il suffirait qu'ils se r&#233;voltent pour vaincre la
minorit&#233; de dominants ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour comprendre les id&#233;es des anarchistes, il suffit d'imaginer un monde dans lequel l'entraide remplacerait
domination et concurrence. Ce monde n'est pas celui que nous connaissons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les anarchistes font partie de ceux qui sont en guerre contre l'existant, cet &#233;tat du monde qui fait froid dans le dos ; qui
ne veulent plus accepter cet ordre fou des choses, ce statu quo, qui en imposant sa paix impose la censure de nos
d&#233;sirs. Cette paix qui ne peut que s'imposer par la violence de l'Etat et de l'&#233;conomie entre directement en conflit avec
nos aspirations de libert&#233;, avec la &lt;i&gt;n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt; indivisible de combattre au quotidien. Et comme le disait en 1854
l'anarchiste Joseph D&#233;jacque (que vous avez certainement d&#233;j&#224; crois&#233; sur notre table), &#171; par le bras et le c&#339;ur, Par la
parole et la plume, Par le poignard et le fusil, Par l'ironie et l'impr&#233;cation, Par le pillage et l'adult&#232;re, Par
l'empoisonnement et l'incendie &#187;, les anarchistes combattent depuis des si&#232;cles la domination et l'autorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes contre toute forme d'Etat et d'institutions, nous d&#233;testons la soci&#233;t&#233; parce qu'elle ne fait qu'opprimer les
individus qui la composent, nous voulons d&#233;truire les prisons parce que l'enfermement sert &#224; notre neutralisation
sociale, parce qu'il n'a jamais rien r&#233;gl&#233; en profondeur, parce que nous
ne supportons plus que la soci&#233;t&#233; se venge contre nous ou tous ceux
qui ne supportent plus ce monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si tout cela ne te fait pas peur, si comme nous tu penses que le jeu en vaut la
chandelle, jette ce bout de papier et regarde autour de toi : la domination
est partout : agences d'int&#233;rim, p&#244;le emploi, boutiques de luxe,
commissariats, palais de justice, centres de r&#233;tention, prisons, usines,
supermarch&#233;s, expulseurs, vigiles, tous tirent profit de ta domination. Tous
doivent payer pour les marques sur nos mains, pour les blessures mentales
et physiques dont ils ont parsem&#233; nos corps et nos esprits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et tant que ce monde existera, nous pr&#244;nerons la haine de ce monde.
&lt;br /&gt;Et tant que ce monde existera, nous continuerons de diffuser nos
id&#233;es ici comme ailleurs, alors discutons un peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des anarchistes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;[Tract trouv&#233; sur un march&#233; quelque-part dans le nord-est de Paris.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://retourabelleville.blogspot.com/" class="spip_out"&gt;Retour &#224; Belleville&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Guerre au Paradis N&#176;1 disponible au t&#233;l&#233;chargement</title>
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		<dc:date>2010-08-12T10:02:27Z</dc:date>
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		<dc:subject>Ailleurs</dc:subject>

		<description>Comme promis, suite &#224; l'&#233;puisement de la version papier de ce num&#233;ro 1, voici venu le temps de mettre &#224; disposition le journal en version &#233;lectronique. Dans l'id&#233;al, nous esp&#233;rons qu'il sera imprim&#233; ici et l&#224; par ceux et celles que &#231;a int&#233;resse ou qui poss&#232;dent un infokiosque, une biblioth&#232;que ou une table de presse, car nous ne proc&#232;derons pas, a priori, &#224; un nouveau tirage afin de nous concentrer (financi&#232;rement) &#224; la sortie d'un nouveau num&#233;ro. Le PDF est (...)

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;ailleurs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;Ailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1598 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href=&quot;http://guerreauparadis.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L283xH400/7-42adf.jpg' width='283' height='400' alt=&quot;&quot; style='height:400px;width:283px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme promis, suite &#224; l'&#233;puisement de la version papier de ce num&#233;ro 1, voici venu le temps de mettre &#224; disposition le journal en version &#233;lectronique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'id&#233;al, nous esp&#233;rons qu'il sera imprim&#233; ici et l&#224; par ceux et celles que &#231;a int&#233;resse ou qui poss&#232;dent un infokiosque, une biblioth&#232;que ou une table de presse, car nous ne proc&#232;derons pas, a priori, &#224; un nouveau tirage afin de nous concentrer (financi&#232;rement) &#224; la sortie d'un nouveau num&#233;ro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le PDF est disponible gr&#226;ce &#224; la &lt;a href='http://www.non-fides.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;Base de Donn&#233;es Anarchistes&lt;/a&gt;, que nous remercions d'avoir accept&#233; d'h&#233;berger le fichier dans sa Fanzinotheque, on pourra le t&#233;l&#233;charger &lt;a href='http://www.non-fides.fr/?La-Fanzinotheque-anarchiste-et-ou#Guerre%20au%20Paradis' class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt; (attention le fichier p&#232;se environ 90 Mo).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A bient&#244;t !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://guerreauparadis.blogspot.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;strong&gt;http://guerreauparadis.blogspot.com/&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Aux Errants</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article757</link>
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		<dc:date>2010-07-21T09:20:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anonyme</dc:creator>


		<dc:subject>Antiracisme, immigrations</dc:subject>
		<dc:subject>Ravage &#201;ditions (Paris)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Personne n'&#233;migre pour le plaisir &#8212; c'est une v&#233;rit&#233; tr&#232;s simple que beaucoup veulent cacher. Si une personne laisse de bon gr&#233; sa terre et les siens, on ne l'appelle pas un migrant mais un touriste ou un voyageur. La migration, c'est un d&#233;placement forc&#233;, c'est errer &#224; la recherche de meilleures conditions de vie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sommaire :
&lt;br /&gt;- La cr&#233;ation du clandestin, la cr&#233;ation de l'ennemi
&lt;br /&gt;- L'accueil d'un camp de concentration
&lt;br /&gt;- Un nouveau d&#233;racinement
&lt;br /&gt;- Guerre civile
&lt;br /&gt;- Deux issues possibles
&lt;br /&gt;- Une machine qu'on peut briser&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;&lt;i&gt;Aux errants&lt;/i&gt;&quot; a &#233;t&#233; &#233;dit&#233; la premi&#232;re fois en juin 2002 par &lt;i&gt;Stranieri Ovunque&lt;/i&gt; (Turin) puis traduit de l'italien et publi&#233; dans &lt;i&gt;Cette Semaine&lt;/i&gt; en ao&#251;t-septembre 2002.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;A&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;Antiracisme, immigrations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Ravage &#201;ditions (Paris)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L104xH150/arton757-d6768.jpg&quot; width='104' height='150' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff757-fb4e0.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L104xH150/arton757-d6768.jpg'&quot; style='height:150px;width:104px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous avons demand&#233; de la main d'oeuvre,
nous avons eu des hommes. &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Max Frisch&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personne n'&#233;migre pour le plaisir &#8212; c'est une v&#233;rit&#233; tr&#232;s simple que beaucoup veulent cacher. Si une personne laisse de bon gr&#233; sa terre et les siens, on ne l'appelle pas un migrant mais un touriste ou un voyageur. La migration, c'est un d&#233;placement forc&#233;, c'est errer &#224; la recherche de meilleures conditions de vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a actuellement 150 millions d'&#233;trangers dans le monde &#224; cause de guerres, coups d'Etat, catastrophes &#233;cologiques, famines ou simplement le fonctionnement normal de la production industrielle (destruction des campagnes et des for&#234;ts, licenciements de masse, etc). Tous ces facteurs composent une mosa&#239;que d'oppression et de mis&#232;re dans laquelle les effets de l'exploitation deviennent eux-m&#234;mes des causes de souffrance et de d&#233;racinement, dans une spirale infinie qui rend hypocrite toute distinction entre &#8220;&#233;vacu&#233;s&#8221;, &#8220;migrants&#8221;, &#8220;exil&#233;s&#8221;, &#8220;demandeurs d'asile&#8221;, &#8220;r&#233;fugi&#233;s&#8221;, &#8220;survivants&#8221;. Pensons &#224; quel point les soi-disantes urgences &#233;cologiques (p&#233;nurie en eau, d&#233;sertification, st&#233;rilit&#233; des champs) sont sociales : l'explosion d'une raffinerie de p&#233;trole, unie &#224; la destruction de toute autonomie locale sur laquelle elle a &#233;t&#233; construite, peut parfois changer le sort d'une population enti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que voudrait nous faire croire la propagande raciste, l'immigration implique seulement pour 17% le Nord riche et concerne tous les continents (en particulier l'Asie et l'Afrique) ; ce qui signifie que pour chaque pays pauvre il y en a un encore plus pauvre d'o&#249; fuient des migrants. La mobilisation totale impos&#233;e par l'&#233;conomie et les Etats est un ph&#233;nom&#232;ne plan&#233;taire, une guerre civile non d&#233;clar&#233;e et sans fronti&#232;re : des millions d'exploit&#233;s errent dans l'enfer du paradis marchand, ballott&#233;s de fronti&#232;res en fronti&#232;res, enferm&#233;s dans des camps de r&#233;fugi&#233;s encercl&#233;s par la police et l'arm&#233;e et g&#233;r&#233;s par les organisations dites de charit&#233; &#8212; complices dans les trag&#233;dies dont elles ne d&#233;noncent pas les causes r&#233;elles dans le seul but de profiter des cons&#233;quences &#8212; entass&#233;s dans les &#8220;zones d'attentes&#8221; des a&#233;roports ou dans les stades, enferm&#233;s dans des camps appel&#233;s &#8220;centri di permanenza temporanea&#8221;, et enfin emball&#233;s et expuls&#233;s dans l'indiff&#233;rence la plus totale. &#192; de nombreux &#233;gards, on peut dire que ces ind&#233;sirables repr&#233;sentent notre r&#233;alit&#233;, et c'est aussi pour &#231;a qu'ils nous effraient. L'immigr&#233; nous fait peur parce que nous voyons le reflet de notre mis&#232;re dans la sienne, parce que dans son errance nous reconnaissons notre condition quotidienne : des individus de plus en plus &#233;trangers dans ce monde et &#224; eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;racinement est la condition la plus r&#233;pandue dans la soci&#233;t&#233; actuelle, et pour ainsi dire son &#8220;centre&#8221;, et non pas une menace venue d'un myst&#233;rieux et terrifiant Ailleurs. C'est seulement en regardant mieux notre vie quotidienne que nous pouvons comprendre en quoi la condition des immigr&#233;s nous concerne tous. Mais nous devons d'abord d&#233;finir un concept central, le concept de clandestin.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La cr&#233;ation du clandestin, la cr&#233;ation de l'ennemi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;[...] Qu'&#234;tes-vous ? [...] Vous n '&#234;tes pas du ch&#226;teau, vous n' &#234;tes pas du village, vous n'&#234;tes rien. Et pourtant, vous &#234;tes quelque chose, malheureusement, vous &#234;tes un &#233;tranger, un qui est toujours de trop et toujours entre nos jambes, un qui provoque beaucoup de soucis, [...] dont on ne sait pas les intentions.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;F. Kafka&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#8220;clandestin&#8221; est tout simplement un immigr&#233; qui n'a pas de papiers en r&#232;gle. Et, bien s&#251;r, pas par plaisir du risque et de l'ill&#233;galit&#233;, mais parce que dans la plupart des cas, pour avoir ces papiers, il devrait fournir des garanties qui ne feraient pas de lui un migrant, mais un touriste ou un &#233;tudiant &#233;tranger. Si ces crit&#232;res &#233;taient appliqu&#233;s &#224; tous, on serait jet&#233;s &#224; la mer par millions. Quel ch&#244;meur italien, par exemple, pourrait fournir la garantie d'un revenu l&#233;gal ? Comment feraient tous les pr&#233;caires d'ici qui travaillent par l'interm&#233;diaire d'agences d'int&#233;rim, dont les contrats ne sont pas reconnus aux immigr&#233;s pour le permis de s&#233;jour ? Et y a-t-il tant d'italiens qui vivent dans un appartement de 60 m&#232;tres carr&#233;s avec deux autres personnes maximum ? Lisons-les, les diff&#233;rents d&#233;crets (de droite ou de gauche) sur l'immigration, on comprendra alors que la clandestinisation des immigr&#233;s est un projet pr&#233;cis des Etats. Pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A un &#233;tranger, on peut plus facilement faire du chantage, lui faire accepter, en le mena&#231;ant d'expulsion, des conditions de travail et d'existence plus odieuses (pr&#233;carit&#233;, d&#233;placements continus, logements de fortune, etc.). Et cette menace existe aussi pour ceux qui ont le permis de s&#233;jour, mais qui savent tr&#232;s bien &#224; quel point il est facile de le perdre quand on n'est pas complaisant avec le patron ou les agents de police. Gr&#226;ce &#224; la menace des gendarmes, les patrons se procurent des salari&#233;s dociles, ou plut&#244;t, de v&#233;ritables travailleurs forc&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me les partis de la droite la plus r&#233;actionnaire et x&#233;nophobe savent tr&#232;s bien qu'une fermeture herm&#233;tique des fronti&#232;res est non seulement techniquement impossible, mais aussi d&#233;savantageuse. Selon les Nations Unies, l'Italie devrait, pour maintenir l'actuel &#8220;&#233;quilibre entre population active et inactive&#8221;, &#8220;accueillir&#8221;, d'ici &#224; 2025, un quota cinq fois sup&#233;rieur &#224; celui actuellement &#233;tabli par an. En effet, la Confindustria sugg&#232;re sans cesse de doubler le quota fix&#233; jusqu'&#224; maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La concession ou le refus de permis annuels et saisonniers d&#233;termine une hi&#233;rarchie sociale pr&#233;cise entre les pauvres. La distinction entre rapatriement forc&#233; imm&#233;diat et expulsion (c'est &#224; dire l'obligation, pour l'immigr&#233; irr&#233;gulier, de se pr&#233;senter &#224; la fronti&#232;re pour &#234;tre renvoy&#233; &#224; la maison) permet de choisir &#8212; sur la base de crit&#232;res ethniques, des accords &#233;conomico-politiques avec les gouvernements des pays d'o&#249; vient l'immigr&#233; et des besoins du march&#233; du travail &#8212; ceux &#224; clandestiniser et ceux &#224; &#233;loigner tout de suite. En effet, les autorit&#233;s savent tr&#232;s bien que personne ne se pr&#233;sentera spontan&#233;ment &#224; la fronti&#232;re pour se faire expulser ; certainement pas ceux qui ont d&#233;pens&#233; tout ce qu'ils avaient &#8212; et parfois m&#234;me plus &#8212; pour se payer le voyage. Les chefs d'entreprise d&#233;finissent les caract&#233;ristiques des marchandises qu'ils ach&#232;tent (l'immigr&#233; est une marchandise, comme nous tous d'ailleurs), l'Etat rassemble les donn&#233;es, la police ex&#233;cute les ordres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'alarme donn&#233;e par les politiques et les mass media, les proclamations anti-immigration cr&#233;ent des Ennemis imaginaires, pour pousser les exploit&#233;s d'ici &#224; d&#233;charger sur un commode bouc &#233;missaire les tensions sociales grandissantes et pour les rassurer, en leur faisant admirer le spectacle de pauvres encore plus pr&#233;caires et victimes de chantage qu'eux ; et enfin, pour qu'ils se sentent membres d'un fant&#244;me appel&#233; Nation. En faisant de l'irr&#233;gularit&#233; &#8212; qu'ils cr&#233;ent eux-m&#234;mes &#8212; un synonyme de d&#233;linquance et de danger, les Etats justifient un contr&#244;le policier et une criminalisation des conflits de classe de plus en plus latents. C'est dans ce contexte qu'agit la manipulation du consensus apr&#232;s le 11 septembre, r&#233;sum&#233;e dans l'ignoble slogan &#8220;clandestins=terroristes&#8221;, qui unit, si on le lit dans les deux sens, la parano&#239;a raciste &#224; la demande de r&#233;pression envers l'ennemi interne (1e rebelle, le subversif).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils hurlent, &#224; gauche comme &#224; droite, contre le racket qui organise le voyage des clandestins (d&#233;crit par les mass media comme une invasion, un fl&#233;au, l'arriv&#233;e d'une arm&#233;e) alors que ce sont leurs lois qui le favorisent. Ils hurlent contre le &#8220;crime organis&#233;&#8221; qui exploite &#233;norm&#233;ment d'immigr&#233;s (fait exact mais partiel), alors que ce sont eux qui leur fournissent la mati&#232;re premi&#232;re d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;te &#224; tout. Etat et mafia, dans leur symbiose historique sont unis par le m&#234;me principe lib&#233;ral : les affaires sont les affaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le racisme, instrument d'exigences &#233;conomiques et politiques, r&#233;ussit &#224; se r&#233;pandre dans un contexte de massification et d'isolement g&#233;n&#233;ralis&#233;s, quand l'ins&#233;curit&#233; cr&#233;e des peurs opportun&#233;ment manipulables. &#199;a ne sert pas &#224; grand chose de condamner moralement ou culturellement le racisme, car ce n'est pas une opinion ou un &#8220;argument&#8221;, mais une mis&#232;re psychologique, une &#8220;peste &#233;motionnelle&#8221;. C'est dans les conditions sociales actuelles qu'il faut chercher les explications de son expansion et, en m&#234;me temps, les forces pour le combattre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'accueil d'un camp de concentration&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;finir camps de concentration les Centri di Permanenza Temporanea pour immigr&#233;s en attente d'expulsion &#8212; centres introduits en italie en 1998 par le gouvernement de gauche avec la loi Turco-Napolitano &#8212; ce n'est pas de la r&#233;thorique, comme pensent au fond beaucoup de ceux qui utilisent cette expression. Il s'agit d'une d&#233;finition stricte. Les camps nazis &#233;taient des camps de concentration o&#249; &#233;taient enfermes des individus que la police consid&#233;rait, m&#234;me en absence de conduite p&#233;nalement condamnable, dangereux pour la s&#233;curit&#233; de l'Etat. Cette mesure pr&#233;ventive &#8212; d&#233;finie &#8220;d&#233;tention protectrice&#8221; &#8212; consistait &#224; retirer tous les droits civils et politiques &#224; certains citoyens. Qu'ils soient r&#233;fugi&#233;s, juifs, tziganes, homosexuels ou subversifs, il revenait &#224; la police, apr&#232;s des mois ou des ann&#233;es, de d&#233;cider de leur devenir. Les camps n'&#233;taient donc pas des prisons o&#249; on purgeait une peine pour un d&#233;lit, ni une extension du droit p&#233;nal. Il s'agissait de camps dans lesquels la norme &#233;tablissait l'exception ; c'est &#224; dire une exception l&#233;gale &#224; la l&#233;galit&#233;. Un camp ne d&#233;pend donc pas du nombre d'incarc&#233;r&#233;s ni de celui des assassins (entre 1935 et 1937, avant la d&#233;portation des juifs, il y avait 7500 incarc&#233;r&#233;s en Allemagne), mais de sa nature politique et juridique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les immigr&#233;s finissent aujourd'hui dans les centres, ind&#233;pendamment d'&#233;ventuels d&#233;lits, sans aucune proc&#233;dure p&#233;nale : leur incarc&#233;ration d&#233;cid&#233;e par le questore, est une simple mesure de police. Exactement comme en 1940 sous le r&#233;gime de Vichy, quand les pr&#233;fets pouvaient faire enfermer les individus &#8220;dangereux pour la d&#233;fense nationale et la s&#233;curit&#233; publique&#8221; ou bien &#8220;les &#233;trangers en surnombre par rapport &#224; l'&#233;conomie nationale&#8221;. On peut se rappeler la d&#233;tention administrative en Alg&#233;rie fran&#231;aise, en Afrique du sud de l'apartheid ou les actuels ghettos pour palestiniens cr&#233;&#233;s par l'Etat d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si, au sujet des conditions inf&#226;mes des centres pour immigr&#233;s, les bons d&#233;mocrates ne font pas appel au respect d'une quelconque loi, mais des droits humains &#8212; derni&#232;re chance pour des femmes et des hommes &#224; qui il ne reste que l'appartenance &#224; l'esp&#232;ce humaine. On ne peut pas les int&#233;grer en tant que citoyens, alors on fait semblant de les int&#233;grer en tant qu'humains. L'&#233;galit&#233; abstraite des principes masque partout les r&#233;elles in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un nouveau d&#233;racinement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les immigr&#233;s qui d&#233;barquaient pour la premi&#232;re fois &#224; Battery Park ne tardaient pas &#224; se rendre compte que ce qu 'on leur avait racont&#233; de la merveilleuse Am&#233;rique n'&#233;tait pas du tout exact : la terre appartenait peut-&#234;tre &#224; tous, mais ceux qui &#233;taient arriv&#233;s en premiers s'&#233;taient amplement servis, et il ne leur restait plus qu'&#224; s'entasser &#224; dix dans les taudis sans fen&#234;tre du Lower East Side et travailler quinze heures par jour. Les dindes ne tombaient pas d&#233;j&#224; r&#244;ties dans les assiettes et les rues de New York n'&#233;taient pas en or En fait bien souvent elle n'&#233;taient pas pav&#233;es du tout. Et ils comprenaient alors que c'&#233;tait justement pour les leur faire paver qu'on les avait fait venir. Et pour creuser des tunnels et des canaux, construire des rues, des ponts des grandes digues, des chemins de fer, d&#233;fricher des for&#234;ts, exploiter des mines et des carri&#232;res, fabriquer des voitures et des cigares, des carabines et des v&#234;tements, des chaussures, des chewing gums, du corned-beef et des savonnettes, et construire des gratte&#8211;ciels encore plus grands que ceux qu'ils avaient d&#233;couverts en arrivant.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;Georges Perec&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si on fait quelques pas en arri&#232;re, il s'av&#232;re &#233;vident que le d&#233;racinement est un moment essentiel du d&#233;veloppement de la domination &#233;tatique et capitaliste. Au d&#233;but de cette domination, la production industrielle a arrach&#233; les exploit&#233;s des campagnes et des villages pour les concentrer dans les villes. L'ancien savoir-faire des paysans et des artisans a &#233;t&#233; ainsi remplac&#233; par l'activit&#233; forc&#233;e et r&#233;p&#233;titive de l'usine &#8212; activit&#233; impossible &#224; contr&#244;ler, dans ses instruments et sa finalit&#233;, par les nouveaux prol&#233;taires. Les fils a&#238;n&#233;s de l'industrialisation ont donc perdu au m&#234;me moment leurs anciens lieux de vie et leurs connaissances antiques, celles qui leur permettaient de se procurer de mani&#232;re autonome une bonne part de leurs moyens de subsistance. De plus, en imposant &#224; des millions de femmes et d'hommes les m&#234;mes conditions de vie (m&#234;mes lieux, m&#234;mes probl&#232;mes, m&#234;me savoir), le capitalisme en a unifi&#233; les luttes, leur a fait retrouver des nouveaux fr&#232;res pour combattre contre cette vie insupportable. Le vingti&#232;me si&#232;cle a marqu&#233; l'apog&#233;e de cette concentration productive &#233;tatique &#8212; dont les embl&#232;mes &#233;taient l'usine-quartier et les camps de concentration &#8212; et aussi l'apog&#233;e des luttes sociales les plus radicales pour sa d&#233;molition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors des vingt derni&#232;res ann&#233;es, gr&#226;ce aux innovations technologiques, le capital a remplac&#233; la vieille usine par des nouveaux centres de production de plus en plus petits et d&#233;localis&#233;s sur le territoire, d&#233;sagr&#233;geant aussi le tissu social &#224; l'int&#233;rieur duquel ces luttes avaient grandi, et en d&#233;terminant ainsi un nouveau d&#233;racinement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas tout. La restructuration technologique a acc&#233;l&#233;r&#233; et facilit&#233; les &#233;changes, en ouvrant le monde entier &#224; la concurrence la plus f&#233;roce, en ruinant les &#233;conomies et les modes de vie de pays entiers. En Afrique, en Asie, en Am&#233;rique Latine, la fermeture de nombreuses usines, les licenciements de masse, dans un contexte social d&#233;truit par le colonialisme, de la d&#233;portation des habitants des villages aux bidonvilles, des champs aux cha&#238;nes de montage, ont produit une foule de pauvres devenus inutiles &#224; leurs patrons, des enfants ind&#233;sir&#233;s du capitalisme. Si on ajoute la chute des pays soi-disant communistes et le racket des dettes organis&#233; par le Fond Mon&#233;taire International et la Banque Mondiale, on obtient une carte assez pr&#233;cise des migrations, des guerres ethniques et religieuses. Ce qu'on appelle aujourd'hui &#8220;flexibilit&#233;&#8221; et &#8220;pr&#233;carit&#233;&#8221; est la cons&#233;quence de tout cela : un autre progr&#232;s dans la soumission aux machines, une augmentation de la comp&#233;tition, une aggravation des conditions mat&#233;rielles (contrats, sant&#233;, etc.). Nous en connaissons d&#233;j&#224; la raison : le capitalisme a d&#233;mantel&#233; les &#8220;communaut&#233;s&#8221; qu'il avait lui-m&#234;me cr&#233;&#233;es. Il serait de toute fa&#231;on partiel de concevoir la pr&#233;carit&#233; seulement au sens &#233;conomique, c'est &#224; dire absence d'un travail fixe et fiert&#233; du propre m&#233;tier. Celle-ci est un isolement dans la massification, c'est &#224; dire un conformisme fanatique sans espaces communs. Dans l'angoissant vide de sens et de prospectives, le besoin insatisfait de communaut&#233; revient, mystifi&#233;, sous forme de vieilles oppositions nationalistes, ethniques ou religieuses, une tragique reproposition d'identit&#233; collective l&#224; o&#249; s'est &#233;vanouie toute r&#233;ciprocit&#233; r&#233;elle entre les individus. Et c'est justement dans ce vide que s'installe le discours int&#233;griste, fausse promesse d'une communaut&#233; qui s'est rachet&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Guerre civile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci nous am&#232;ne de plus en plus vers un sc&#233;nario de guerre civile permanente, sans faire de distinctions entre &#8220;temps de paix&#8221; et &#8220;temps de guerre&#8221;. Le conflit n'est plus d&#233;clar&#233; &#8212; comme l'a d&#233;montr&#233; l'intervention militaire dans les Balkans &#8212; mais simplement g&#233;r&#233; en garantissant le maintien de l'Ordre Mondial. Ce conflit sans tr&#234;ve touche toute la soci&#233;t&#233; et les individus eux-m&#234;mes. Les espaces communs de dialogue et de lutte sont remplac&#233;s par l'adh&#233;sion aux mod&#232;les marchands : les pauvres se font la guerre pour le sweat ou la casquette &#224; la mode. Les individus se sentent de plus en plus insignifiants, et donc pr&#234;ts &#224; se sacrifier pour le premier leader nationaliste ou pour un bout de drapeau. Maltrait&#233;s chaque jour par l'Etat, les voici &#224; d&#233;fendre avec z&#232;le une quelconque Padania (d&#233;sol&#233;e et pollu&#233;e, avec des usines et des centres commerciaux partout &#8212; est-ce donc &#231;a l'enviable &#8220;terre des anc&#234;tres&#8221; ?). Attach&#233;s &#224; ce mirage de propri&#233;t&#233; qui leur reste, ils ont peur de se montrer tels qu'ils sont : des engrenages interchangeables d'une M&#233;gamachine, qui ont besoin de psycholeptiques pour tenir jusqu'au soir, de plus en plus envieux envers quiconque ayant seulement un peu l'air plus heureux qu'eux. A une rationalit&#233; de plus en plus froide, abstraite et calculatrice, correspond des pulsions de plus en plus brutales et inavou&#233;es. Alors, quoi de mieux qu'une personne diff&#233;rente de peau ou de religion pour d&#233;charger sa rancoeur ? Comme disait un mozambicain, les &#8220;gens ont pris la guerre &#224; l'int&#233;rieur d'eux&#8221;. Certaines conditions externes suffisent pour faire tout exploser comme en Bosnie. Et ces conditions, on nous les sert avec soin. A l'universalisme capitaliste s'oppose, dans un tragique jeu de miroirs, le particularisme ethnique. Sous l'ordre institutionnel, avec ses espaces de plus en plus anonymes et surveill&#233;s, se pr&#233;pare l'implosion des rapports humains. On dirait les m&#234;mes sables mouvants d'o&#249; a surgit, dans les ann&#233;es trente, l'homme totalitaire.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Deux issues possibles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons nous jusqu'ici parl&#233; d'immigration et de racisme, &#233;tant donn&#233; que nous ne sommes pas directement concern&#233;s par le probl&#232;me de l'errance et de l'expulsion ? Le capitalisme rapproche de plus en plus nos vies &#224; la pr&#233;carit&#233; et &#224; l'impossibilit&#233; de d&#233;cider de notre pr&#233;sent et de notre futur ; c'est pour cela que nous nous sentons fr&#232;res, dans les faits, des exploit&#233;s qui d&#233;barquent sur les c&#244;tes de ce pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face au sentiment de d&#233;pouillement que des millions d'individus &#233;prouvent envers un imp&#233;rialisme marchand qui les oblige tous &#224; r&#234;ver le m&#234;me r&#234;ve sans vie, aucun appel au dialogue et &#224; l'int&#233;gration d&#233;mocratique n'est possible. Quoiqu'en disent les antiracistes d&#233;mocratiques, il est trop tard pour les le&#231;ons d'&#233;ducation civique. Quand ils poussent partout &#8212; des bidonvilles de Caracas aux banlieues de Paris, des territoires palestiniens aux centres et stades o&#249; sont enferm&#233;s les clandestins &#8212; les camps o&#249; on assigne la mis&#232;re ; quand l'&#233;tat d'exception &#8212; c'est &#224; dire la suspension juridique de tout droit &#8212; devient la norme ; quand on laisse litt&#233;ralement pourrir des millions d'&#234;tres humains dans les r&#233;serves du paradis capitaliste ; quand on militarise et blinde des quartiers entiers (G&#234;nes, &#231;a vous dit quelque chose ?), parler d'int&#233;gration est une &#233;norme plaisanterie. A ces conditions de d&#233;sespoir et de peur, &#224; cette guerre civile plan&#233;taire, il n'y a que deux issues possibles : l'affrontement fratricide (religieux et de clan dans toutes ses variantes possibles), ou la temp&#234;te sociale de la guerre de classe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le racisme est la tombe de toutes les luttes des exploit&#233;s contre les exploiteurs, c'est la derni&#232;re carte &#8212; la plus sale &#8212; jou&#233;e par ceux qui voudraient nous voir nous massacrer entre nous. Il peut seulement dispara&#238;tre dans les moments de lutte commune, quand on reconna&#238;t nos ennemis r&#233;els &#8212; les exploiteurs et leurs sous-fifres &#8212; et on se reconna&#238;t en tant qu'exploit&#233;s qui ne veulent plus l'&#234;tre. Le conflit social des ann&#233;es soixante et soixante-dix en Italie &#8212; quand les jeunes ouvriers immigr&#233;s du sud rencontr&#232;rent ceux du nord sur le terrain du sabotage, de la gr&#232;ve sauvage et de la totale d&#233;loyaut&#233; envers le patron &#8212; l'a prouv&#233;. La disparition apr&#232;s les ann&#233;es soixante-dix des luttes r&#233;volutionnaires (du Nicaragua &#224; l'Italie, du Portugal &#224; l'Allemagne, de la Pologne &#224; l'Iran) a affaibli la base d'une solidarit&#233; concr&#232;te entre les expropri&#233;s de la Terre. On pourra seulement reconqu&#233;rir cette solidarit&#233; dans la r&#233;volte et non pas dans les discours impuissants des nouveaux tiersmondistes et des antiracistes d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, ou le massacre de clan et de religion, ou la guerre de classe. Et c'est seulement au fond de celle-ci que nous pouvons entrevoir un monde libre de l'Etat et de l'argent, dans lequel nous n'aurons besoin d'aucun permis pour vivre et voyager.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une machine qu'on peut briser&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es quatre-vingt, il y avait un slogan qui disait : &#8220;Aujourd'hui ce n'est pas tellement le bruit des bottes dont on doit avoir peur mais du silence des pantoufles&#8221;. Maintenant, elles sont toutes de retour. Avec un langage de guerre sainte (les forces de l'ordre, l'&#8220;arm&#233;e du bien&#8221; qui prot&#232;ge les citoyens des immigr&#233;s, l'&#8220;arm&#233;e du mal&#8221;, comme l'a affirm&#233; r&#233;cemment le pr&#233;sident du Conseil), l'Etat organise quotidiennement des rafles d'immigr&#233;s. Leurs maisons sont d&#233;vast&#233;es, les clandestins sont ramass&#233;s dans la rue et d&#233;port&#233;s, enferm&#233;s dans les camps et expuls&#233;s dans l'indiff&#233;rence la plus totale. Dans de nombreuses villes, des nouveaux centres de d&#233;tention sont d&#233;j&#224; en construction. La loi Bossi-Fini, continuation digne de Turco-Napolitano, veut limiter les permis de s&#233;jour selon la dur&#233;e exacte du contrat de travail, ficher tous les immigr&#233;s, transformer la clandestinit&#233; en d&#233;lit et renforcer la machine des expulsions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le m&#233;canisme d&#233;mocratique de la citoyennet&#233; et des droits, bien qu'&#233;largis, pr&#233;supposera toujours l'existence d'exclus. Critiquer et essayer d'emp&#234;cher les expulsions des immigr&#233;s signifie critiquer en acte &#224; la fois le racisme et le nationalisme ; cela signifie chercher un espace commun de r&#233;volte contre le d&#233;racinement capitaliste qui nous touche tous ; cela signifie entraver un m&#233;canisme r&#233;pressif tant important qu'odieux ; cela signifie briser le silence et l'indiff&#233;rence des civilis&#233;s qui restent l&#224; &#224; regarder ; cela signifie, enfin, discuter le concept m&#234;me de loi, au nom du principe &#8220;nous sommes tous clandestins&#8221;. Bref, il s'agit d'une attaque &#224; un des piliers de la soci&#233;t&#233; &#233;tatique et de classe : la comp&#233;tition entre les pauvres, le remplacement, aujourd'hui de plus en plus mena&#231;ant, de la guerre sociale par la guerre ethnique ou religieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour fonctionner, la machine des expulsions a besoin de la participation de nombreuses structures publiques et priv&#233;es (de la croix rouge qui cog&#232;re les camps aux entreprises qui fournissent des services, des compagnies a&#233;riennes qui d&#233;portent les clandestins aux a&#233;roports qui organisent les zones d'attente, en passant par les associations dites de charit&#233; qui collaborent avec la police). Toutes ces responsabilit&#233;s sont bien visibles et attaquables. Des actions contre les centres de d&#233;tention (comme s'est arriv&#233; il y a quelques ann&#233;es en Belgique et il y a quelques mois en Australie, o&#249; les manifestations se sont termin&#233;es par la lib&#233;ration de quelques clandestins), &#224; celle contre les &#8220;zones d'attente&#8221; (comme en France, contre la cha&#238;ne d'h&#244;tel Ibis, qui fournit des chambres &#224; la police) ou pour emp&#234;cher les vols de l'infamie (&#224; Francfort, un sabotage des c&#226;bles &#224; fibres optiques avait mis hors d'usage, il y a quelques ann&#233;es, tous les ordinateurs d'un a&#233;roport pendant quelques jours), il y a beaucoup d'actions qu'un mouvement contre les expulsions peut r&#233;aliser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais, c'est dans les rues que se reconstruit la solidarit&#233; de classe. Dans la complicit&#233; contre les rafles de la police ; dans la lutte contre l'occupation militaire des quartiers ; dans le refus obstin&#233; de toute division que les patrons voudraient nous imposer (italiens et &#233;trangers, immigr&#233;s r&#233;guliers et clandestins) ; en ayant conscience que tout outrage subi par chaque expropri&#233; de la Terre est un outrage &#224; tous &#8212; c'est seulement ainsi que les exploit&#233;s de mille pays pourront enfin se reconna&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contact :&lt;i&gt;Stranieri Ovunque, C.P. 1244, 10100 Torino
&lt;br /&gt;Centro di Documentazione &#8220;Porfido&#8221;, V. Tarino 12/c, 10124 Torino&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;i&gt;&lt;a href='http://www.non-fides.fr/spip.php?article246' class='spip_out' rel='external'&gt;Agli Erranti&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, texte &#233;dit&#233; la premi&#232;re fois en juin 2002 par Stranieri Ovunque (Turin), traduit de l'italien et publi&#233; dans &lt;i&gt;&lt;a href='http://cettesemaine.free.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;Cette Semaine&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; #85, ao&#251;t/septembre 2002, pp. 5-7].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://ravage-editions.blogspot.com/2009/11/aux-errants.html" class="spip_out"&gt;http://ravage-editions.blogspot.com...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Guide d'autod&#233;fense num&#233;rique</title>
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		<dc:date>2010-07-02T11:53:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anonymes</dc:creator>


		<dc:subject>Guides pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Sciences et technologies</dc:subject>
		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (Partout)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;[&#8230;] nous n'avons pas envie d'&#234;tre contr&#244;lables par quelque &#171; Big Brother &#187; que ce soit. Qu'il existe d&#233;j&#224; ou que l'on anticipe son &#233;mergence, le mieux est sans doute de faire en sorte qu'il ne puisse pas utiliser, contre nous, tous ces merveilleux outils que nous offrent &#8212; ou que lui offrent &#8212; les technologies num&#233;riques. [&#8230;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;M&#234;me si l'on choisit de ne pas les utiliser directement, d'autres le font pour nous. Alors, autant essayer de comprendre ce que &#231;a implique. [&#8230;] &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; ces constats, la seule voie praticable semble &#234;tre de devenir capables d'imaginer et de mettre en place des politiques de s&#233;curit&#233; ad&#233;quates. Tout l'enjeu de ce guide est de fournir cartes, sextant et boussole &#224; quiconque veut cheminer sur cette route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un guide &#224; lire, relire, pratiquer, en solitaire ou &#224; plusieurs, &#224; faire d&#233;couvrir et &#224; partager&#8230; ou comment affiner l'art de la navigation dans les eaux troubles du monde num&#233;rique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;G&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Guides pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;Sciences et technologies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (Partout)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L150xH103/arton792-632d3.jpg&quot; width='150' height='103' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff792-990bf.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L150xH103/arton792-632d3.jpg'&quot; style='height:103px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;face&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les revers de la m&#233;moire num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nos jours, les ordinateurs, l'Internet et le t&#233;l&#233;phone portable tendent &#224; prendre de plus en plus de place dans nos vies. Le num&#233;rique semble souvent tr&#232;s pratique : c'est rapide, on peut parler avec plein de gens tr&#232;s loin, on peut avoir toute son histoire en photos, on peut &#233;crire facilement des textes bien mis en page&#8230; Mais &#231;a n'a pas que des avantages ; ou en tout cas, &#231;a n'en a pas seulement pour nous, mais aussi pour d'autres personnes qu'on n'a pas forc&#233;ment envie d'aider.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est en effet bien plus facile d'&#233;couter discr&#232;tement des conversations par le biais des t&#233;l&#233;phones portables que dans une rue bruyante, ou de trouver les informations que l'on veut sur un disque dur, plut&#244;t que dans une &#233;tag&#232;re d&#233;bordante de papiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, &#233;norm&#233;ment de nos informations personnelles finissent par se retrouver publi&#233;es quelque part, que ce soit par nous-m&#234;mes ou par d'autres personnes, que ce soit parce qu'on nous y incite &#8212; c'est un peu le fond de commerce du &lt;i&gt;web 2.0&lt;/i&gt;, parce que les technologies laissent des traces, ou simplement parce qu'on ne fait pas attention.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien &#224; cacher ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mais faut pas &#234;tre parano : je n'ai rien &#224; cacher !&lt;/i&gt; &#187; pourrait-on r&#233;pondre au constat pr&#233;c&#233;dent&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux exemples tout b&#234;tes tendent pourtant &#224; montrer le contraire : personne ne souhaite voir ses codes secrets de carte bleue ou de compte &lt;i&gt;eBay&lt;/i&gt; tomber entre n'importe quelles mains ; et personne non plus n'aimerait voir quelqu'un qui ne lui veut pas du bien d&#233;barquer chez lui parce que son adresse a &#233;t&#233; publi&#233;e sur Internet malgr&#233; lui&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais au-del&#224; de ces b&#234;tes questions de d&#233;fense de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, la confidentialit&#233; des donn&#233;es devrait &#234;tre en soi un enjeu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, parce que ce n'est pas nous qui jugeons de ce qu'il est autoris&#233; ou non de faire avec un ordinateur. Des personnes arr&#234;t&#233;es pour des activit&#233;s num&#233;riques qui ne plaisaient pas &#224; leur gouvernement croupissent en prison dans tous les pays du monde &#8212; pas seulement en Chine ou en Iran.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, ce qui est autoris&#233; aujourd'hui, comment savoir ce qu'il en sera demain ? Les gouvernements changent, les lois et les situations aussi. Si on n'a pas &#224; cacher aujourd'hui, par exemple, la fr&#233;quentation r&#233;guli&#232;re d'un site web militant, comment savoir ce qu'il en sera si celui-ci se trouve li&#233; &#224; un processus de r&#233;pression ? Les traces &lt;i&gt;auront &#233;t&#233; laiss&#233;es&lt;/i&gt; sur l'ordinateur&#8230; et pourraient &#234;tre employ&#233;es comme &#233;l&#233;ment &#224; charge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin et surtout, &#224; l'&#233;poque des soci&#233;t&#233;s de contr&#244;les de plus en plus parano&#239;aques, de plus en plus r&#233;solues &#224; traquer la subversion et &#224; voir derri&#232;re chaque citoyen un terroriste en puissance qu'il faut surveiller en cons&#233;quence, se cacher devient en soi un enjeu &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;, ne serait-ce que pour mettre des b&#226;tons dans les roues de ceux qui nous voudraient transparents et rep&#233;rables en permanence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, beaucoup de gens, que ce soient les gouvernants, les employeurs, les publicitaires ou les flics [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='On utilise ici le terme &#171; flics &#187; tel qu'il est d&#233;fini dans (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] , ont un int&#233;r&#234;t &#224; obtenir l'acc&#232;s &#224; nos donn&#233;es, surtout au vu de la place qu'a pris l'information dans l'&#233;conomie et la politique mondiales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout &#231;a peut amener &#224; se dire que nous n'avons pas envie d'&#234;tre contr&#244;lables par quelque &#171; Big Brother &#187; que ce soit. Qu'il existe d&#233;j&#224; ou que l'on anticipe son &#233;mergence, le mieux est sans doute de faire en sorte qu'il ne puisse pas utiliser, contre nous, tous ces merveilleux outils que nous offrent &#8212; ou que lui offrent &#8212; les technologies modernes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi, &lt;i&gt;ayons tous quelque chose &#224; cacher, ne serait-ce que pour brouiller les pistes !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comprendre pour pouvoir choisir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce guide se veut une tentative de d&#233;crire dans des termes compr&#233;hensibles l'intimit&#233; (ou plut&#244;t son absence) dans le monde num&#233;rique ; une mise au point sur certaines id&#233;es re&#231;ues, afin de mieux comprendre &#224; quoi on s'expose dans tel ou tel usage de tel ou tel outil. Afin, aussi, de pouvoir faire le tri parmi les &#171; solutions &#187;, toutes plus ou moins dangereuses si l'on ne se rend pas compte de ce contre quoi elles ne prot&#232;gent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la lecture de ces quelques pages, on pourra avoir le sentiment que rien n'est vraiment s&#251;r avec un ordinateur ; et bien, c'est vrai. Et c'est faux. Il y a des outils et des usages appropri&#233;s. Et souvent la question n'est finalement pas tant &#171; doit-on utiliser ou pas ces technologies ? &#187;, mais plut&#244;t &#171; quand et comment les utiliser (ou pas) ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prendre le temps de comprendre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des logiciels simples d'utilisation meurent d'envie de se substituer &#224; nos cerveaux&#8230; S'ils nous permettent un usage facile de l'informatique, ils nous enl&#232;vent aussi prise sur les bouts de vie qu'on leur confie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec l'acc&#233;l&#233;ration des ordinateurs, de nos connexions &#224; Internet, est arriv&#233; le r&#232;gne de l'instantan&#233;it&#233;. Gr&#226;ce au t&#233;l&#233;phone portable et au Wi-Fi, faire le geste de d&#233;crocher un t&#233;l&#233;phone ou de brancher un c&#226;ble r&#233;seau &#224; son ordinateur pour communiquer est d&#233;j&#224; d&#233;suet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#202;tre patient, prendre le temps d'apprendre ou de r&#233;fl&#233;chir deviendrait superflu : on veut tout, tout de suite, on veut &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; solution. Mais cela implique de confier de nombreuses d&#233;cisions &#224; de distants experts que l'on croit sur parole. Ce guide a pour but de proposer d'autres solutions, qui n&#233;cessitent de prendre le temps de les comprendre et de les appliquer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Adapter ses pratiques &#224; l'usage qu'on a du monde num&#233;rique est donc n&#233;cessaire d&#232;s lors qu'on veut, ou qu'on doit, apporter une certaine attention &#224; son impact. Mais la travers&#233;e n'a que peu de sens en solitaire. Nous vous enjoignons donc &#224; construire autour de vous votre radeau num&#233;rique, &#224; sauter joyeusement &#224; bord, sans oublier d'emmener ce guide et quelques fus&#233;es de d&#233;tresse pour envoyer vos remarques &#224; guide@boum.org (avec les pr&#233;cautions n&#233;cessaires).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#171; guide &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce guide est une tentative de rassembler ce que nous avons pu apprendre au cours de nos ann&#233;es de pratiques, d'erreurs, de r&#233;flexions et de discussions pour le partager.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non seulement les technologies &#233;voluent tr&#232;s vite, mais nous avons pu commettre des erreurs ou &#233;crire des contre-v&#233;rit&#233;s dans ces pages. Nous tenterons donc de tenir ces notes &#224; jour &#224; l'adresse : &lt;a href='https://guide.boum.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;https://guide.boum.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin de rendre le tout plus digeste, nous avons divis&#233; tout ce que nous souhaitions raconter en plusieurs tomes. Qu'on se trouve avec uniquement un ordinateur, que ce dernier soit connect&#233; &#224; un r&#233;seau ou qu'on soit chez soi ou au t&#233;l&#233;phone, cela repr&#233;sente des contextes diff&#233;rents, donc des menaces, des envies et des r&#233;ponses diff&#233;rentes elles aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devant la grande complexit&#233; des outils informatiques et num&#233;riques, la quantit&#233; d'informations &#224; avaler pour tenter d'acqu&#233;rir quelques pratiques d'autod&#233;fense peut para&#238;tre &#233;norme. Elle l'est s&#251;rement pour qui chercherait &#224; tout comprendre en m&#234;me temps&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Avertissement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Devant la grande complexit&#233; des outils informatiques et num&#233;riques, la quantit&#233; d'informations &#224; avaler pour tenter d'acqu&#233;rir quelques pratiques d'autod&#233;fense peut para&#238;tre &#233;norme. Elle l'est s&#251;rement pour qui chercherait &#224; tout comprendre en m&#234;me temps&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce premier tome se concentrera donc sur l'utilisation d'un ordinateur &#171; hors connexion &#187; &#8212; on pourrait aussi bien dire &lt;i&gt;pr&#233;alablement &#224; toute connexion&lt;/i&gt;. Mais ce sont aussi des connaissances plus g&#233;n&#233;rales qui valent &lt;i&gt;que l'ordinateur soit connect&#233; ou non&lt;/i&gt; &#224; un r&#233;seau. On met donc de c&#244;t&#233;, jusqu'au second tome, les menaces sp&#233;cifiquement li&#233;es &#224; l'usage d'Internet et des r&#233;seaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ce morceau &lt;i&gt;hors connexion&lt;/i&gt;, comme pour les autres, on prendra le temps de s'attarder sur des notions de base, leurs implications en termes de s&#233;curit&#233; / confidentialit&#233; / intimit&#233; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='On souhaite ici faire appel &#224; une notion un peu floue : quelque chose qui (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Apr&#232;s l'analyse de cas concrets d'utilisation, on pourra se pencher sur quelques recettes pratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une derni&#232;re pr&#233;cision avant de nous jeter &#224; l'eau : &lt;i&gt;l'illusion de s&#233;curit&#233; est bien pire que la conscience nette d'une faiblesse&lt;/i&gt;. Aussi, prenons le temps de bien lire les premi&#232;res parties avant de nous jeter sur nos claviers&#8230; ou m&#234;me de jeter nos ordinateurs par les fen&#234;tres.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sommaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Pr&#233;face&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Comprendre&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Quelques bases sur les ordinateurs&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Des machines &#224; traiter les donn&#233;es&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le mat&#233;riel&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; La carte-m&#232;re&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le processeur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La m&#233;moire vive&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le disque dur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les autres p&#233;riph&#233;riques&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le BIOS&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#201;lectricit&#233;, champs magn&#233;tiques et ondes radios&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les logiciels&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Le syst&#232;me d'exploitation&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les applications&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les biblioth&#232;ques&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le rangement des donn&#233;es&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Les partitions&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les syst&#232;mes de fichiers&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les formats de fichiers&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La m&#233;moire virtuelle (swap)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Traces &#224; tous les &#233;tages&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Dans la m&#233;moire vive&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans la m&#233;moire virtuelle&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Veille et hibernation&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; La veille&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'hibernation&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les journaux&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sauvegardes automatiques et autres listes&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les m&#233;ta-donn&#233;es&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Logiciels malveillants, mouchards et autres espions&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Les logiciels malveillants&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les keyloggers, ou enregistreurs de frappe au clavier&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des probl&#232;mes d'impression ?&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Un peu de st&#233;ganographie&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La m&#233;moire, encore&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quelques illusions de s&#233;curit&#233;&#8230;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Logiciels propri&#233;taires, open source, libres&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; La m&#233;taphore du g&#226;teau&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les logiciels propri&#233;taires : une confiance aveugle&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'avantage d'avoir la recette : les logiciels libres&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le mot de passe d'un compte ne prot&#232;ge pas ses donn&#233;es&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#192; propos de l'&#171; effacement &#187; des fichiers&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; La suppression d'un fichier n'en supprime pas le contenu&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Un d&#233;but de solution : r&#233;&#233;crire plusieurs fois par-dessus les donn&#233;es&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quelques limites des possibilit&#233;s de r&#233;&#233;criture&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Les disques &#171; intelligents &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les syst&#232;mes de fichiers &#171; intelligents &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ce qu'on ne sait pas&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Plein d'autres fois o&#249; l'on &#171; efface &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et pour ne laisser aucune trace ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les logiciels portables : une fausse solution&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une piste pour se prot&#233;ger : la cryptographie&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Prot&#233;ger des donn&#233;es des regards indiscrets&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Comment &#231;a marche ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vous voulez un dessin ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour un disque dur&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R&#233;sum&#233; et limites&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S'assurer de l'int&#233;grit&#233; de donn&#233;es&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; La puissance du hachoir&lt;/li&gt;&lt;li&gt; V&#233;rifier l'int&#233;grit&#233; d'un logiciel&lt;/li&gt;&lt;li&gt; V&#233;rifier un mot de passe&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sym&#233;trique, asym&#233;trique ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Choisir des r&#233;ponses adapt&#233;es&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &#201;valuation des risques&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;finir une politique de s&#233;curit&#233;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Une affaire de compromis&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comment faire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quelques r&#232;gles&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Complexe vs. simple&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Liste blanche, liste noire&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On n'est pas des robots&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Date limite de consommation&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cas d'usages&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cas d'usage : un nouveau d&#233;part, pour ne plus payer les pots cass&#233;s&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Contexte&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#201;valuer les risques&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;finir une politique de s&#233;curit&#233;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Premi&#232;re &#233;tape : quand ouvrir les yeux suffit pour voir&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Seconde &#233;tape : le tiroir de la commode n'&#233;tait pas chiffr&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;me &#233;tape : la loi comme moyen de c&#339;rcition&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quatri&#232;me &#233;tape : en r&#233;seau&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Angle d'attaque : une br&#232;che dans le syst&#232;me de chiffrement utilis&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Angle d'attaque : cold boot attack&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Angle d'attaque : l'&#339;il et la vid&#233;o-surveillance&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Angle d'attaque : la partie non-chiffr&#233;e et le BIOS&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Angle d'attaque : les logiciels malveillants&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Angle d'attaque : la force brute&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cas d'usage : travailler sur un document sensible&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Travailler sur un document sensible&#8230; sur un syst&#232;me live&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Travailler sur un document sensible&#8230; sur une Debian chiffr&#233;e&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Travailler sur un document sensible&#8230; sous Windows&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Limites communes &#224; ces politiques de s&#233;curit&#233;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cas d'usage : archiver un projet achev&#233;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Outils&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Utiliser un terminal&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Choisir une phrase de passe&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;marrer sur un CD ou une cl&#233; USB&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Utiliser un syst&#232;me live&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Installer un syst&#232;me chiffr&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Choisir, v&#233;rifier et installer un logiciel&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Trouver un logiciel&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Crit&#232;res de choix&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Installer un paquet Debian&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comment modifier ses d&#233;p&#244;ts Debian&lt;/li&gt;&lt;li&gt; APT Pinning&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Effacer des donn&#233;es &#171; pour de vrai &#187;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Supprimer des fichiers&#8230; et leur contenu&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ajouter &#224; Nautilus une commande pour effacer des fichiers et leur contenu&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Supprimer en ecrasant les donnees&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Effacer pour de vrai tout un disque&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Effacer tout le contenu d'un disque&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Effacer le contenu d'une partition chiffr&#233;e LUKS&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Rendre irr&#233;cup&#233;rables des donn&#233;es d&#233;j&#224; supprim&#233;es&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ajouter &#224; Nautilus une commande pour rendre irr&#233;cup&#233;rables des donn&#233;es d&#233;j&#224; supprim&#233;es&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ecraser l espace libre de cette partition&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Partitionner et chiffrer un disque dur&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Trouver le nom d'un disque dur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Partitionner un disque dur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Chiffrer un disque dur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Utiliser un disque dur chiffr&#233;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sauvegarder des donn&#233;es&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cr&#233;er un compte &#171; utilisateur &#187; sur un syst&#232;me Debian&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Supprimer un compte &#171; utilisateur &#187; sur un syst&#232;me Debian&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Partager un secret&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Utiliser les sommes de contr&#244;le&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Faire une somme de contr&#244;le en mode graphique&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Calculer une somme de controle&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Installer et utiliser un syst&#232;me virtualis&#233;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Installer VirtualBox&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Installer un Windows virtualis&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sauvegarder une image de disque virtuel propre&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Effacer &#171; pour de vrai &#187; une machine virtuelle&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cr&#233;er une nouvelle machine virtuelle &#224; partir d'une image propre&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Envoyer des fichiers &#224; un syst&#232;me virtualis&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faire sortir des fichiers d'un syst&#232;me virtualis&#233;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Qui parle ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le texte complet est disponible sur le site &lt;strong&gt;&lt;a href='https://guide.boum.org/tomes/1_hors_connexions/' class='spip_out' rel='external'&gt;https://guide.boum.org/tomes/1_hors...&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] On utilise ici le terme &#171; flics &#187; tel qu'il est d&#233;fini dans l'introduction de &lt;strong&gt;&lt;a href='http://infokiosques.net/Face &#224; la police / Face &#224; la justice' class='spip_out'&gt;Face &#224; la police / Face &#224; la justice&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] On souhaite ici faire appel &#224; une notion un peu floue : quelque chose qui tournerait autour de la possibilit&#233; de d&#233;cider ce qu'on r&#233;v&#232;le, &#224; qui on le r&#233;v&#232;le, ainsi que ce que l'on garde secret ; quelque chose qui inclurait aussi une certaine attention &#224; d&#233;jouer les tentatives de percer ces secrets. Le terme employ&#233; en anglais pour nommer ce qu'on &#233;voque ici est &lt;i&gt;privacy&lt;/i&gt;. Aucun mot fran&#231;ais ne nous semble adapt&#233; pour porter tout le sens que l'on aimerait mettre derri&#232;re cette notion. Ailleurs, on rencontrera souvent le terme &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, mais l'usage qui en est couramment fait nous donne envie d'&#233;viter son usage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bruxelles : Agenda-biblioth&#232;que du local Acrata, juin-juillet 2010</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article797</link>
		<guid isPermaLink="true">http://infokiosques.net/spip.php?article797</guid>
		<dc:date>2010-06-13T19:35:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lokaal Acrata</dc:creator>


		<dc:subject>Ailleurs</dc:subject>

		<description>PROJECTION Jeudi 17 juin &#224; 20h Documentaire de Charlie Bauer &#171; Marathonien de l'espoir &#187; Fin des ann&#233;es 1950, Charlie Bauer, alors adh&#233;rent aux Jeunesses Communistes, rompt avec les directives du Parti qui a vot&#233; les cr&#233;dits de guerre pour l'intervention militaire en Alg&#233;rie. Il s'engage dans la lutte contre la colonisation de l'Alg&#233;rie et plus tard, il continue &#224; sa fa&#231;on &#8211; expropriation, redistribution de la marchandise, aide aux d&#233;serteurs &#8211; la (...)

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;ailleurs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;Ailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PROJECTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jeudi 17 juin &#224; 20h
&lt;br /&gt;Documentaire de Charlie Bauer &#171; Marathonien de l'espoir &#187;
&lt;br /&gt;Fin des ann&#233;es 1950, Charlie Bauer, alors adh&#233;rent aux Jeunesses Communistes, rompt avec les directives du Parti qui a vot&#233; les cr&#233;dits de guerre pour l'intervention militaire en Alg&#233;rie. Il s'engage dans la lutte contre la colonisation de l'Alg&#233;rie et plus tard, il continue &#224; sa fa&#231;on &#8211; expropriation, redistribution de la marchandise, aide aux d&#233;serteurs &#8211; la lutte contre le
capitalisme. Il sera arr&#234;t&#233;, tortur&#233;, et effectuera 25 ans de prison dont 9 en Quartier de haute s&#233;curit&#233; [QHS]. Dans ce documentaire, Charlie revient lui-m&#234;me sur le parcours de sa vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;DISCUSSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Samedi 26 juin &#224; 14h
&lt;br /&gt;La guerre sociale en Gr&#232;ce et ici
&lt;br /&gt;En d&#233;cembre 2008, le ciel d'Ath&#232;nes a &#233;t&#233; obscurci pendant trois semaines par des panaches de fum&#233;e. Ce qui a commenc&#233; comme une r&#233;action furieuse au meurtre policier du jeune Alexandros a rapidement pris les allures d'une r&#233;volte g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Des anarchistes, des antiautoritaires, des &#233;coliers, des immigr&#233;s et d'autres se rencontraient dans la pratique commune de l'attaque contre les banques, les magasins et les institutions &#233;tatiques ; d'occupations de b&#226;timents officiels ; de manifestations et de pillages. Au fur et &#224; mesure que la r&#233;volte s'est &#233;tendue, il est devenu clair qu'il ne s'agissait pas d'une &#171; simple r&#233;bellion de la jeunesse &#187;, mais d'une r&#233;volte qui touchait aux
fondements (le capitalisme, l'ali&#233;nation, l'autorit&#233;) de cette soci&#233;t&#233;.
&lt;br /&gt;Maintenant, deux ans plus tard, il semble que la discorde a p&#233;n&#233;tr&#233; plus profond&#233;ment dans d'amples strates de la soci&#233;t&#233;. Tandis que le gouvernement socialiste tire la sonnette d'alarme pour &#233;viter une faillite de l'Etat grec, des gr&#232;ves, des occupations, des manifestations et des attaques contre les structures de l'Etat et du Capital se succ&#232;dent et se multiplient rapidement. Les lourdes mesures d'aust&#233;rit&#233; (comme la quasi abolition de la sant&#233; publique et des r&#233;ductions des salaires et des retraites allant de 10 &#224; 30%) rencontrent beaucoup de r&#233;sistance. L'Etat grec semble avoir d&#233;finitivement enlev&#233; ses gants de velours : la police devient de plus en plus brutale contre
quiconque lutte ; les m&#233;dias pr&#234;chent sans cesse le patriotisme pour parer l'&#233;ventualit&#233; d'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral ; des dizaines d'anarchistes et d'autres rebelles croupissent actuellement en taule.
M&#234;me si la Gr&#232;ce peut sembler bien loin d'ici, nous avons l'intuition que ce qui est actuellement en train de se passer l&#224;-bas, pourrait survenir aussi demain dans n'importe quel autre pays europ&#233;en. Les &#171; acquis sociaux &#187; et l'id&#233;e m&#234;me d'&#171; Etat providence &#187; est en voie de liquidation ; le capitalisme ne cesse d'intensifier l'exploitation (conditions de travail,salaires,&#8230;). C'est dans ce sens que nous aimerions discuter : avec un oeil sur le conflit social en Gr&#232;ce et
l'autre sur ce qui se passe ici. Pour partir &#224; la recherche de pistes, de perspectives qui pourraient relier la lutte en Gr&#232;ce aux luttes partout ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;PROJECTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jeudi 1er juillet &#224; 20h
&lt;br /&gt;&#171; Z&#233;ro de Conduite &#187;
&lt;br /&gt;C'est la fin des vacances, il est temps de revenir &#224; l'&#233;cole, un lieu de privation, d&#233;pourvu de joie. Pour quatre gar&#231;ons, c'est tr&#232;s vite le z&#233;ro de conduite comme punition. Ceci, ils ne l'acceptent pas et se r&#233;voltent avec l'aide d'un surveillant qui refuse, lui aussi, l'autorit&#233;. Le jour de la f&#234;te de l'&#233;cole, ils canardent de pierres l'administration du coll&#232;ge ainsi que le pr&#233;fet et le cur&#233;, et dans un dernier assaut, remplacent le drapeau tricolore par le drapeau noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acrata&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;32, Rue de la Grande &#206;le
&lt;br /&gt;1000 Bruxelles
&lt;br /&gt;acrata [at] post.com&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Permanences :
&lt;br /&gt;mardi de 16h &#224; 20h
&lt;br /&gt;jeudi de 17h &#224; 21h
&lt;br /&gt;samedi de 14h &#224; 18h&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soutenir un-e survivant-e d'agression sexuelle</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article793</link>
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		<dc:date>2010-06-12T21:45:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme, queer, genre, sexualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Guides pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>Les Farfadettes (Nancy)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si vous &#234;tes une personne qui vit et &#233;volue sur cette plan&#232;te, vous connaissez quelqu'un qui a surv&#233;cu &#224; une agression sexuelle. Le nombre de femmes, hommes et personnes trans (c'est-&#224;-dire des personnes qui ne rentrent pas dans un syst&#232;me de genre binaire m&#226;le/femelle) qui subissent des agressions sexuelles est inconnu, ceci &#224; cause des ph&#233;nom&#232;nes de silence culturel, mise en doute de la parole de la personne, et de la peur d'encore plus de violence autour du viol.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La liste de principes qui va suivre a &#233;t&#233; faite dans le but de vous aider &#224; soutenir quelqu'un dans son processus &#171; d'aller mieux &#187;, au cas o&#249; vous vous trouveriez dans une situation o&#249; vous pourriez le faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Neuf principes pour le soutien aux survivant-e-s :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1/ La sant&#233; et la s&#233;curit&#233; d'abord&lt;br&gt;
2/ Restaurer le choix&lt;br&gt;
3/ Croire&lt;br&gt;
4/ Se taire et se laisser guider&lt;br&gt;
5/ Pas de violence suppl&#233;mentaire&lt;br&gt;
6/ Conna&#238;tre ses limites&lt;br&gt;
7/ Rester impliqu&#233;-e et rester flexible&lt;br&gt;
8/ Il ne s'agit pas de vous. Il ne s'agit pas de vous. Il ne s'agit pas de vous&lt;br&gt;
9/ Travailler pour comprendre le processus de survie&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;S&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;F&#233;minisme, queer, genre, sexualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Guides pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Les Farfadettes (Nancy)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L125xH150/arton793-61a8a.jpg&quot; width='125' height='150' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff793-272df.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L125xH150/arton793-61a8a.jpg'&quot; style='height:150px;width:125px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SOUTENIR UN-E SURVIVANT-E [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ndt : Le terme &#171; survivant-e &#187; est la traduction de &#171; survivor &#187;, le mot (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] D'AGRESSION SEXUELLE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette brochure a &#233;t&#233; faite gr&#226;ce au travail accompli en collaboration
par UBUNTU et Men Against Rape Culture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de MARC (Men Against Rape Culture) :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Men Against Rape Culture (hommes contre la culture du viol), est une organisation multi-raciale et antiraciste bas&#233;e &#224; Durham (Caroline du Nord, USA) qui se consacre &#224; mettre fin &#224; l'&#233;pid&#233;mie de la violence masculine en l'attaquant &#224; la racine. Nous &#233;duquons, organisons, cr&#233;ons et vivons d'une fa&#231;on qui cherche &#224; proposer des alternatives &#224; une culture qui privil&#233;gie certain-e-s, qui en opprime beaucoup, et qui limite nos choix &#224; tou-te-s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;MARC peut &#234;tre contact&#233; sur marc_nc[at]riseup.net
&lt;br /&gt;ou en ligne sur &lt;a href='http://www.menagainstrapeculture.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.menagainstrapeculture.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; propos de UBUNTU :&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;UBUNTU est un mouvement bas&#233; &#224; Durham, men&#233; par des femmes de couleur et survivantes d'agressions sexuelles, qui se consacre &#224; la cr&#233;ation d'un monde sans violence sexuelle. Nous transformons la douleur et la rage engendr&#233;es par la pers&#233;cution v&#233;cue et rev&#233;cue dans notre communaut&#233; en &quot;aller mieux&quot; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='J'ai choisi ce terme pour traduire &#171; healing &#187;, litt&#233;ralement &#171; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], en cr&#233;ation de r&#233;seaux, en incarnant et exigeant la responsabilit&#233; d'une communaut&#233; d&#233;mocratique et un changement social cr&#233;atif. Notre travail, ainsi que le mod&#232;le de notre mouvement est centr&#233; sur un amour transformatif et solidaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;pour contacter UBUNTU, veuillez &#233;crire &#224; ubuntuNC[at]gmail.com.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;UNE LITANIE POUR LA SURVIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour celles d'entre nous qui vivent sur le rivage&lt;br&gt;
debout sur le rebord constant de la d&#233;cision&lt;br&gt;
cruciale et seule&lt;br&gt;
pour celles d'entre nous qui ne peuvent pas se laisser aller&lt;br&gt;
aux r&#234;ves fugaces du choix&lt;br&gt;
qui aiment dans l'embrasure des portes allant et venant&lt;br&gt;
aux heures entre les aubes&lt;br&gt;
regardant &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur&lt;br&gt;
&#224; la fois avant et pr&#232;s&lt;br&gt;
cherchant un maintenant qui peut engendrer des futurs&lt;br&gt;
comme le pain dans la bouche de nos enfants&lt;br&gt;
pour que leurs r&#234;ves ne refl&#232;tent pas la mort des n&#244;tres.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Pour celles d'entre nous&lt;br&gt;
sur qui on a imprim&#233; la peur&lt;br&gt;
comme une ligne fine au centre de notre front&lt;br&gt;
apprenant &#224; craindre le lait de notre m&#232;re&lt;br&gt;
car par cette arme&lt;br&gt;
cette illusion d'une certaine s&#233;curit&#233; &#224; trouver&lt;br&gt;
ceux aux pieds lourds esp&#233;raient nous r&#233;duire au silence&lt;br&gt;
Pour nous toutes&lt;br&gt;
ce moment et ce triomphe&lt;br&gt;
Nous n'&#233;tions jamais cens&#233;es survivre&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Et quand le soleil se couche nous avons peur&lt;br&gt;
il pourrait ne pas se lever le matin&lt;br&gt;
quand notre ventre est plein nous avons peur&lt;br&gt;
de l'indigestion&lt;br&gt;
quand notre ventre est vide nous avons peur&lt;br&gt;
de ne plus jamais manger&lt;br&gt;
quand nous sommes aim&#233;es nous avons peur&lt;br&gt;
que l'amour disparaisse&lt;br&gt;
quand nous sommes seules nous avons peur&lt;br&gt;
que l'amour ne revienne jamais&lt;br&gt;
et quand nous parlons nous avons peur&lt;br&gt;
que nos mots ne soient pas entendus&lt;br&gt;
ni bienvenus&lt;br&gt;
mais quand nous sommes silencieuses&lt;br&gt;
nous avons toujours peur&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Il est donc meilleur de parler&lt;br&gt;
en se rappelant&lt;br&gt;
nous n'&#233;tions jamais cens&#233;es survivre&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Audre Lorde&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;VOUS CONNAISSEZ DES SURVIVANT-E-S&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes une personne qui vit et &#233;volue sur cette plan&#232;te, vous connaissez quelqu'un qui a surv&#233;cu &#224; une agression sexuelle. Le nombre de femmes, hommes et personnes trans (c'est-&#224;-dire des personnes qui ne rentrent pas dans un syst&#232;me de genre binaire m&#226;le/femelle) qui subissent des agressions sexuelles est inconnu, ceci &#224; cause des ph&#233;nom&#232;nes de silence culturel, mise en doute de la parole de la personne, et de la peur d'encore plus de violence autour du viol.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, beaucoup estiment qu'au moins une femme sur quatre sera viol&#233;e au cours de sa vie aux USA [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='En France, les statistiques donnent le chiffre d'une femme sur (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]. En ce qui concerne les femmes, le viol est une &#233;pid&#233;mie qui s&#233;vit dans le monde entier.
Les estimations en ce qui concerne les hommes sont plus basses mais tout aussi peu fiables.
&lt;br /&gt;Pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons plus tard, il est quasi impossible de faire des estimations quant aux violences sexuelles subies par les personnes trans ; on sait n&#233;anmoins qu'elles sont fr&#233;quentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout &#231;a pour dire : vous connaissez des survivant-e-s. Ce ne sont pas des statistiques, ce sont des gens qui comptent pour vous et que vous aimez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puisque vous prenez du temps pour comprendre l'importance des agressions et l'impact &#233;motionnel, psychologique, spirituel et physique qu'elles ont sur les gens leur vie durant, des personnes qui ont surv&#233;cu &#224; une agression se tourneront vers vous pour &#234;tre comprises.
Et c'est logique : dans notre culture remplie de silence, n'importe qu'elle personne qui prend position ouvertement est identifi&#233;e comme quelqu'un &#224; qui on peut confier des informations personnelles dont peu d'autres auront jamais connaissance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La liste de principes qui va suivre a &#233;t&#233; faite dans le but de vous aider &#224; soutenir quelqu'un dans son processus &#171; d'aller mieux &#187;, au cas o&#249; vous vous trouveriez dans une situation o&#249; vous pourriez le faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sachez que ceci n'est qu'une liste d'id&#233;es, de suggestions. Chaque individu-e r&#233;agit &#224; une agression sexuelle de fa&#231;on diff&#233;rente, et nos relations varient de personne &#224; personne.
&lt;br /&gt;G&#233;n&#233;ralement, beaucoup de ces conseils seront utiles, mais si vous trouvez qu'ils ne marchent pas bien, parlez &#224; quelqu'un qui pourrait vous soutenir et voir comment continuer &#224; soutenir le/la survivant-e de la fa&#231;on dont ille a besoin.
&lt;br /&gt;Bien sur la communication avec la personne survivante elle-m&#234;me est la cl&#233; ; demandez-lui ce qu'elle veut ou ce dont elle a besoin.
Si vous prenez la parole pour condamner les agressions sexuelles, des survivant-e-s viendront chercher un soutien aupr&#232;s de vous.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe n&#176;1 : LA SANT&#201; ET LA S&#201;CURIT&#201; D'ABORD&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Assurez-vous que la personne que vous soutenez ne soit pas en danger. Si elle l'est, essayez de trouver comment vous pouvez l'aider &#224; en sortir. Prot&#233;ger sa vie est votre priorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fois que sa s&#233;curit&#233; est assur&#233;e (au moins &#224; ce moment-l&#224;), essayez de voir si elle a des besoins physiques dont on doit s'occuper. Le viol est un acte de violence traumatisant physiquement. Ce n'est pas du sexe et le corps n'y r&#233;pond pas toujours comment il r&#233;pondrait &#224; un acte sexuel. Assurez-vous qu'il n'y ait pas de complications physiques imminentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A cause d'un principe que nous discuterons plus tard, il se peut qu'il n'y ait rien que vous puissiez faire pour assurer la s&#233;curit&#233; ou le bien-&#234;tre physique de la personne. Dans ce cas, continuez d'essayer de voir comment vous pouvez soutenir la personne et l'encourager &#224; trouver un endroit sur.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe n&#176;2 : RESTITUER LE CHOIX&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le viol est une prise de pouvoir et un vol du choix. Une personne qui commet un viol, vole ce qui est peut-&#234;tre le droit le plus fondamental que chacun-e poss&#232;de, droit que l'on vole r&#233;guli&#232;rement aux femmes, aux personnes racis&#233;es [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Le terme en anglais est &#171; people of color &#187;' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], aux personnes trans et aux enfants : le droit de disposer de son corps. Ce vol du choix a des impacts qui peuvent durer toute une vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin d'aider une personne &#224; aller mieux, vous devez imm&#233;diatement lui permettre de faire des choix pour elle-m&#234;me. Est-ce qu'elle veut s'asseoir ? &#202;tre debout ? Soda ? Jus d'orange ? Eau ? M&#234;me les choix les plus anodins doivent imm&#233;diatement lui appartenir. Ceci participe &#224; rendre un peu du pouvoir qui a &#233;t&#233; vol&#233; par le/la violeur-euse .
M&#234;me les choix les plus anodins doivent imm&#233;diatement appartenir au/&#224; la survivant-e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le m&#234;me principe est vrai pour des choix plus large. Veux-tu aller te faire ausculter &#224; l'h&#244;pital ? Veux-tu appeler la police ? Ces d&#233;cisions peuvent &#234;tre particuli&#232;rement difficiles &#224; prendre, alors soyez patient-e et aidez la personne que vous soutenez &#224; voir ce qu'implique exactement ces choix. Les visites &#224; l'h&#244;pital et les d&#233;clarations &#224; la police peuvent souvent faire autant violence que l'agression elle-m&#234;me et peuvent ne pas du tout constituer une option safe [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est-&#224;-dire qui garantit la s&#233;curit&#233; des personnes &#224; tous (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;] pour des personnes de couleur et /ou trans. Beaucoup des organismes cens&#233;s venir en aide aux survivnat-e-s de viol (comme la police, les h&#244;pitaux et les centres d'aide au personnes qui ont subi/subissent des violences conjugales/agressions sexuelles) sont, au mieux, tr&#232;s mal pr&#233;par&#233;s &#224; s'occuper de personnes racis&#233;es, LGBQ [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Lesbienne Gay Bi Queer.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;] ou trans. Dans le pire des cas, ils empirent la situation par encore plus de violence et d'humiliation. Votre travail en tant qu'alli&#233;-e est de les aider &#224; voir quelles sont les implications des choix qui peuvent &#234;tre faits. Cependant, la personne doit avoir le pouvoir de prendre les d&#233;cisions qu'elle veut, m&#234;me si ce ne sont pas celles que vous auriez prises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fa&#238;tes attention aux questions tr&#232;s larges, aux questions ouvertes (comme &#171; Qu'est-ce que tu veux faire ? &#187;). Il se peut que vous ayez &#224; proposer ou sugg&#233;rer des choix qui aide la personne &#224; r&#233;cup&#233;rer de son propre pouvoir. M&#234;me le fait de faire des choix simples peut-&#234;tre difficile. Vous devez comprendre cela. Parfois ces choix peuvent donner un grand sentiment de pouvoir, parfois c'est tout le contraire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces choix inclus bien s&#251;r les marques d'affection ou de r&#233;confort physiques. Ne pr&#233;supposez-pas que prendre la personne dans les bras est appropri&#233;. Ne pr&#233;supposez pas qu'&#234;tre proche physiquement va aider. Demandez et laissez vous guidez.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe n&#176;3 : CROIRE !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre cru-e est visiblement le facteur principal d'un processus &#171; d'aller mieux &#187; sain pour une survivant-e. Dans une grande majorit&#233; des cas, le/la violeur-euse ne croira pas le/la survivant-e, l'h&#244;pital ne le/la croira pas, la police ne le/la croira pas et ses ami-e-s et sa famille ne le/la croira pas. Vous devez le faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me avec un-e alli&#233;-e qui le/la croit, beaucoup de survivant-e-s passent leur vie &#224; se d&#233;battre autour de ce qu'ille aurait pu faire pour emp&#234;cher ce que quelqu'un d'autre leur a fait. C'est votre travail de lui assurer qu'elle a fait ce qu'elle avait &#224; faire pour survivre. Notre culture n'affirmera pas cela, et ainsi faisant, ne la croira pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une femme qui est agress&#233;e est sujette aux notions sexistes port&#233;es par notre soci&#233;t&#233; sur les femmes et la sexualit&#233;. Si une femme est active sexuellement, alors c'est une &#171; train&#233;e &#187;. Si les gens continuent &#224; voir le viol comme un acte sexuel ; les survivantes seront alors par cons&#233;quent tax&#233;es de &#171; train&#233;es &#187;. On l'a tou-te-s entendu. &#171; Elle a eu ce qu'elle m&#233;ritait . &#187; ; &#171; Qu'est-ce qu'elle faisait dans sa chambre de toute fa&#231;on ? Elle devait bien le vouloir. &#187; ; &#171; A quoi elle s'attendait en sortant habill&#233;e comme &#231;a ? &#187;. Il n'y a rien qu'une femme ait pu faire qui puisse justifier qu'un homme la viole. Ceci m&#233;rite d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233; : il n'y a rien qu'une femme, un homme, un-e trans, ou un-e enfant n'aie pu faire qui puisse justifier qu'un homme l'a viol&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A cause des st&#233;r&#233;otypes racistes, les femmes racis&#233;es sont sujettes &#224; cette dynamique d'une fa&#231;on particuli&#232;rement violente. Les corps des femmes racis&#233;es sont vus comme exotiques, sexuels par nature et m&#234;me comme des territoires dangereux qui doivent &#234;tre contr&#244;l&#233;s. Quand des hommes violent des femmes racis&#233;es, le &#171; elle l'a bien cherch&#233; &#187; r&#233;sonne fortement, m&#234;me au sein des communaut&#233;s ethniques ou culturelles minoris&#233;es (en fait, la plupart des viols se d&#233;roulent au sein m&#234;me des groupes raciaux, pas entre eux). Ceci doit &#234;tre attaqu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un homme qui se fait agress&#233; est sujet aux notions sexistes et homophobes port&#233;es par notre soci&#233;t&#233; sur les hommes et la sexualit&#233;. Puisqu'un homme est toujours cens&#233; &#234;tre dominant, un homme qui se fait viol&#233; n'est s&#251;rement pas un &#171; vrai &#187; homme. Sa douleur est quelque chose dont il doit avoir honte car sinon il sera tax&#233; d' &#171; homo &#187; ou de &#171; f&#233;minin &#187; et notre culture nous dit que ces deux identit&#233;s sont inacceptables pour des hommes. Les hommes qui survivent &#224; des viols en prison doivent faire face &#224; cela en plus de la vision de la soci&#233;t&#233; qu'il a eu &#171; ce qu'il m&#233;ritait &#187;. Tout cela contribuera &#224; son silence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre culture homophobe enseigne aux hommes h&#233;t&#233;ros &#224; d&#233;tester &#234;tre confront&#233;s &#224; la sexualit&#233; d'hommes gay, bi ou queer, car elle d&#233;clenche leur propre peur d'&#234;tre eux-m&#234;mes gay, ou pas des &#171; vrais &#187; hommes. Ces peurs conduisent au viol homophobe d'hommes et femmes homo/bi/queer et au viol transphobe de personnes que l'on d&#233;couvre &#234;tre trans ou pr&#233;sume &#234;tre homo/bi/queer car illes ne peuvent pas &#234;tre facilement cat&#233;goris&#233;-e-s comme &quot;homme&quot; ou &quot;femme&quot;. Un viol est un viol, et ses survivant-e-s doivent &#234;tre cru-e-s et soutenu-e-s. Les survivant-e-s trans doivent souvent faire face &#224; la double difficult&#233; d'avoir &#224; prouver non seulement ce qui s'est pass&#233; mais &#233;galement qui illes sont. Leurs papiers d'identit&#233; ne refl&#232;tent souvent pas le nom ou le genre choisis par des personnes trans. Ceci cr&#233;e encore plus de silence et de vuln&#233;rabilit&#233; face &#224; la police, aux h&#244;pitaux et aux diff&#233;rents organismes. Ne remettez jamais en question l'identit&#233; de genre d'une personne trans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A cause de l'homophobie mentionn&#233;e plus haut, il y a beaucoup de silence autour des agressions sexuelles qui se produisent au sein des communaut&#233;s LGBTQ. Tout comme les communaut&#233;s ethniques minoris&#233;es, elles subissent des attaques de l'ext&#233;rieur en permanence. Les personnes LGBTQ, les personnes racis&#233;es et d'autant plus les personnes LGBTQ racis&#233;es peuvent &#234;tre encore plus pouss&#233;es au silence par la pression au sein m&#234;me de leurs communaut&#233;s, pour &#233;viter d'exposer son linge sale publiquement ou pour se prot&#233;ger des menaces ext&#233;rieures. Les pressions venant de l'int&#233;rieur comme de l'ext&#233;rieur qui cr&#233;ent ce silence et font que les gens ne sont pas cru-e-s doivent &#234;tre combattues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un mythe culturel &#233;norme autour des fausses accusations d'agression sexuelle et de viol. Historiquement, et encore aujourd'hui, les fausses accusations &#233;taient/sont utilis&#233;es comme tactique raciste pour justifier le lynchage d'hommes racis&#233;s (en particulier d'hommes noirs) aux Etats-Unis. Il est n&#233;cessaire d'&#233;tudier, de comprendre et de prendre ce ph&#233;nom&#232;ne au s&#233;rieux. Selon la plupart des organismes l&#233;gaux, le pourcentage de fausses accusations de viol aujourd'hui est &#233;gal, voire inf&#233;rieur, au pourcentage de fausses accusations pour tous les autres crimes. Ce mythe est une tactique pour r&#233;duire les femmes au silence (en particulier les femmes racis&#233;es), les hommes gay/bi/queer, les personnes trans et tou-te-s les autres survivant-e-s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fait que vous croyiez un-e survivant-e est essentiel.
il n'y a rien qu'un-e survivant-e a pu faire qui l&#233;gitime en quoi que ce soit la violence qu'ille a subi.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe n&#176;4 : SE TAIRE ET SE LAISSER GUIDER&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A moins que vous ayez vous-m&#234;me subi une agression sexuelle, et m&#234;me si c'est le cas, vous n'allez certainement pas comprendre la majorit&#233; de ce que la personne que vous soutenez ressent. Pour cette raison, si vous commencez &#224; parler beaucoup lors de vos discussions, il y a de fortes chances que vous disiez des choses qui ne vont pas aider. Cela peut sembler dur, mais c'est malheureusement vrai. En gardant le silence et en laissant votre ami-e parler, vous vous emp&#234;chez d'ajouter &#224; la conversation des &#233;l&#233;ments qui n'y ont pas leur place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encore plus important, en gardant le silence, vous laissez l'espace au/&#224; la survivant-e qui lui permet de retrouver la possibilit&#233; de s'exprimer. Le viol r&#233;duit au silence, laisser l'espace au/ &#224; la survivant-e pour qu'ille s'exprime et une fa&#231;on de les soutenir qui lui redonne du pouvoir. Ille peut alors avoir le contr&#244;le, parler et &#234;tre &#233;cout&#233;-e s'ille le d&#233;sire. Le violeur n'a pas &#233;cout&#233;. Vous le pouvez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Culturellement, on ne donne passe assez de valeur au silence. Le silence peut aussi redonner beaucoup de pouvoir &#224; des survivant-e-s d'agression sexuelle et &#224; toutes les personnes qui sont confront&#233;es &#224; la violence dans notre culture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour finir, ne jugez pas les moyens d'expression qui brise le silence. La personne peut avoir besoin d'exploser de rage, de pleurer, elle peut avoir besoin d'&#233;crire, de nettoyer la maison de fond en comble. Elle peut avoir besoin de faire n'importe quoi d'autre que de penser ou parler de ce qu'elle a travers&#233;. Il y a un nombre illimit&#233; de r&#233;actions possibles et elles m&#233;ritent toutes d'&#234;tre respect&#233;es et soutenues. A part dans les cas de menace de suicide ou d'autres comportements auto-destructeurs, toutes les &#233;motions que les survivant-e-s expriment doivent &#234;tre accept&#233;es et soutenues.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe n&#176;5 : PAS DE VIOLENCE SUPPL&#201;MENTAIRE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce principe est particuli&#232;rement adress&#233; aux hommes dont un-e ami-e, membre de leur famille ou amant-e a &#233;t&#233; agress&#233;-e par un autre homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce que casser la gueule au violeur va oblit&#233;rer le fait que le viol ait eu lieu ? Est-ce que sa douleur fera que celle du/de la survivant-e disparaisse ? Est-ce que le/la survivant-e a besoin d'essayer de calmer un autre homme violent qui p&#234;te les plombs ? Probablement pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puisque les hommes bio commettent une &#233;norme majorit&#233; (certain-e-s estiment plus de 99%) des agressions sexuelles, les hommes qui soutiennent un-e survivant-e doivent &#234;tre particuli&#232;rement conscients de l'impact de la violence masculine. C'est la violence masculine qui cause le viol et non qui y met fin. Vos actions doivent aller dans le sens de mettre une fin &#224; la violence masculine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les femmes, qui constituent la majorit&#233; des survivant-e-s, d&#233;cident de r&#233;agir collectivement en faisant appel &#224; la violence ou demandent le soutien d'hommes qui les soutiennent de participer &#224; des actions violentes, c'est aux femmes et aux survivantes elles-m&#234;me de d&#233;cider ce qu'elles veulent. Aux hommes qui soutienne un-e survivant-e : il est absolument essentiel de mettre de c&#244;t&#233; vos d&#233;sirs de gratification masculine et que vous mettiez fin au cycle de la violence masculine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce viol, m&#234;me si vous pensez autrement, n'a rien &#224; voir avec vous. Il ne s'agit pas d'un autre homme qui ab&#238;me quelque chose qui vous appartient, il ne s'attaque pas &#224; votre virilit&#233;. Ce n'est ni votre responsabilit&#233;, ni votre droit de venir faire le vigile et de prendre les choses en main. Ceci est une vision des choses tr&#232;s masculine, et il n'y a pas de place pour votre &#233;go dans cette situation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe n&#176;6 : CONNA&#206;TRE SES LIMITES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vous ne pouvez pas sauvez tout le monde. Un-e survivant-e peut seulement se remettre en point au niveau qui lui est possible &#224; un moment donn&#233;. Si une personne que vous aimez a &#233;t&#233; agress&#233;e, il faut que vous r&#233;alisiez que, d'une certaine fa&#231;on, vous avez &#233;t&#233; agress&#233;-e &#233;galement. Vous ne pouvez pas &#234;tre tout et tout le monde tout le temps. Assurez-vous de trouver du soutien pour vous aussi. Beaucoup conseillent m&#234;me d'&#234;tre suivi psychologiquement ou de suivre une th&#233;rapie de groupe quand on soutien quelqu'un qui s'est fait agress&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encouragez (en faisant attention) la personne que vous soutenez &#224; &#233;largir son r&#233;seau de soutien. De nombreuses personnes trouvent beaucoup de r&#233;confort dans des groupes de soutien compos&#233;s de personnes qui vivent ou ont v&#233;cu la m&#234;me chose ou dans une vari&#233;t&#233; d'autres formes de soutien. Il est rare de savoir exactement comment soutenir de fa&#231;on appropri&#233;e une autre personne dans ce processus qui peut durer toute une vie si on ne dispose pas d'une aide quelconque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous ferez des erreurs lors de ce processus. Ne vous flageller pas, ne disparaissez pas parce que vous n'&#234;tes pas parfait-e. Vous ne le serez pas. Agissez avec sensibilit&#233; et int&#233;grit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faites attention &#224; vous. Vous n'&#234;tes d'aucune aide au/&#224; la survivante si vous vous tuez &#224; la t&#226;che.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe 7 : RESTER IMPLIQU&#201;-E ET RESTER FLEXIBLE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Se remettre d'une agression sexuelle ne se fera pas en une journ&#233;e. Cela signifie qu'il y aura des hauts et des bas, des bonnes p&#233;riodes et de p&#233;riodes difficiles. Un-e survivant-e peut passer par beaucoup de ces phases au cours d'une seule journ&#233;e. Votre pr&#233;sence et votre stabilit&#233; tout au long de ces transitions est fondamentale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le processus d' &#171; aller mieux &#187; de chaque personne est diff&#233;rent. N'abandonnez pas quelqu'un s'il semble que les choses ne vont pas s'am&#233;liorer tout de suite. Essayer autre chose. L'impact positif que vous aurez/pouvez avoir et plus important que ce que vous pensez, alors ne vous &#233;loignez pas et ajustez le mode de soutien que vous apportez quand il devient clair que vous en avez besoin.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe n&#176;8 : IL NE S'AGIT PAS DE&lt;i&gt; VOUS&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si vous &#234;tes vous m&#234;me un-e survivant-e d'agression sexuelle, dans cette situation il ne s'agit pas de vous. Il arrive souvent que quand des gens offrent leur soutien &#224; des proches, illes se retrouvent &#224; essayer de r&#233;gler leurs propres probl&#232;mes que ce soit avec, ou indirectement, par la personne qui a &#233;t&#233; violent&#233;e. Il peut s'agir d'abus pass&#233;s que vous avez subis ou auxquels vous avez assist&#233;s, de la col&#232;re par rapport &#224; ce qui est arriv&#233; &#224; quelqu'un &#224; qui vous tenez, de l'inqui&#233;tude quant &#224; comment votre relation avec la personne va &#234;tre affect&#233;e, d'un d&#233;sir de vengeance motiv&#233; par votre &#233;go, de n'importe quoi d'autre. En r&#233;agissant de cette fa&#231;on vous n'aidez personne, vous ne fa&#238;tes que prendre de la place avec vos propres pr&#233;occupations qui devraient &#234;tre centr&#233;es sur celles de la personne qui essaye de survivre &#224; ce qu'elle a travers&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si, pour les raisons cit&#233;es pr&#233;c&#233;demment (en particulier si vous &#234;tes vous-m&#234;me un-e survivant-e), vous n'arrivez pas &#224; mettre de c&#244;t&#233; vos propres pr&#233;occupations afin de soutenir cet-te individu-e, soyez honn&#234;te vis &#224; vis de &#231;a. N'essayer pas de soutenir quelqu'un si ce n'est pas quelque chose dont vous &#234;tes r&#233;ellement capable. Continuez &#224; vous gu&#233;rir et travaillez &#224; aider la personne que vous aimez &#224; trouver d'autres personnes qui sont plus capables de l'aider pour l'instant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fa&#231;on de contr&#244;ler cela est de faire attention &#224; ce que vous d&#238;tes et &#224; comment vous vous comportez. R&#233;fl&#233;chissez &#224; ce que vous fa&#238;tes et &#224; pourquoi vous le fa&#238;tes avant de le faire. R&#233;fl&#233;chissez &#224; pourquoi vous voulez dire ce que vous voulez dire. Assurez-vous qu'il ne s'agit pas d'un besoin que vous avez, peu importe &#224; quel point vous pensez qu'il est l&#233;gitime.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principe n&#176;9 : TRAVAILLER POUR COMPRENDRE LE &lt;i&gt;PROCESSUS&lt;/i&gt; DE SURVIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cause principale de PTSD [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Post-Traumatic Stress Disorder, en fran&#231;ais : le syndrome de stress (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] aux USA, entre autres maladies mentales, est l'agression sexuelle. Des mouvements, contacts physiques, lieux ou mots qui rappellent au/&#224; la survivant-e un moment pr&#233;cis ; des films ou chansons qui font allusions ou d&#233;crivent des agressions sexuelles, des situations inhabituelles ou qui ne sont pas s&#233;curisantes : tous ces ph&#233;nom&#232;nes peuvent litt&#233;ralement faire revivre l'agression au/&#224; la survivant-e. Fa&#238;tes attention lorsque ces situations se produisent et fa&#238;tes ce que vous pouvez pour &#233;liminer votre participation &#224; celles-ci quand vous &#234;tes aupr&#232;s de la personne que vous soutenez. Quand vous voyez ce comportements chez des ami-e-s que vous ne savez pas &#234;tre des survivant-e-s, proc&#233;dez avec prudence et comprenez que c'est ce qui peut &#234;tre en train de se passer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous &#234;tes le/la partenaire sexuelle d'un-e survivant-e, que vous ayez &#233;t&#233; leur partenaire avant, pendant ou apr&#232;s le moment de l'agression, faites particuli&#232;rement attention lors de vos rapports sexuels. Parfois, la personne ne voudra pas avoir de rapports physiques qu'ils soient sexuels ou m&#234;me juste affectueux. D'autres fois, l'activit&#233; sexuelle lui permettra de retrouver beaucoup de pouvoir. Soyez patient-e et permettez-lui de fixer le rythme et le type d'activit&#233;s dans lesquelles vous vous engagez. Soyez conscient-e-s que des actions en apparence anodines peuvent faire vriller le/la survivant-e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lisez des livres sur les agressions sexuelles et la psychologie du processus de survie. Comprenez les implications &#224; long terme et travaillez &#224; aider la personne que vous aimez &#224; gu&#233;rir.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;PR&#201;CISIONS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout &#231;a ne constitue une recette magique. Croyez en vous ; croyez en votre ami-e. Prenez conscience que le viol est li&#233; aux probl&#232;me du pouvoir, de l'oppression et du contr&#244;le et que le soutien doit donc se faire en donnant, aimant et partageant. Ce ne sera pas facile, mais avec le temps, vous et votre ami-e grandirez et apprendrez plus que vous ne pouvez l'imaginer. Consid&#233;rez ce document comme une aide qui peut vous guider au cours de ce processus, mais sachez que vous pouvez avoir &#224; constituer votre propre liste de choses &#224; faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Ndt : Le terme &#171; survivant-e &#187; est la traduction de &#171; survivor &#187;, le mot n'est pas encore tr&#232;s employ&#233; en fran&#231;ais pour faire r&#233;f&#233;rence &#224; des personnes ayant subi des agressions, mais il l'est largement aux USA notamment.&lt;br&gt;
J'ai choisi de faire porter les genres masculin et f&#233;minin &#224; tous les termes (l&#224; o&#249; en anglais on peut choisir des termes neutres). Il semble n&#233;anmois pertinent de rappeler que 96% des personnes qui violent sont des hommes et que 91% des personnes qui subissent des viols sont des femmes...&lt;br&gt;&lt;i&gt;Toutes les notes sont de la traductrice.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] J'ai choisi ce terme pour traduire &#171; healing &#187;, litt&#233;ralement &#171; gu&#233;rison &#187; qui en fran&#231;ais a une d&#233;notation beaucoup plus physique, alors qu'en anglais ce mot d&#233;crit aussi une gu&#233;rison mentale ou psychologique, le verbe, &#171; to heal &#187;, donne l'id&#233;e de &#171; se remettre de &#187;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] En France, les statistiques donnent le chiffre d'une femme sur cinq...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Le terme en anglais est &#171; people of color &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] C'est-&#224;-dire qui garantit la s&#233;curit&#233; des personnes &#224; tous niveaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Lesbienne Gay Bi Queer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Post-Traumatic Stress Disorder, en fran&#231;ais : le syndrome de stress post-traumatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduction : Soaz&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Contact :&lt;/i&gt; combiendefois4ans (at) gmail (point) com&lt;br&gt;
&lt;i&gt;ou&lt;/i&gt; enrageuses (at) pimienta (point) org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Dijon : programme biblioth&#232;que/cin&#233;ma/etc. des Tanneries, juin 2010</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Infokiosque des Tanneries (Dijon)</dc:subject>

		<description>Version mise en page du programme disponible ici : recto - verso Chaque mercredi apr&#232;s-midi aux Tanneries, ou l'occasion de se retrouver autour d'un verre, de confronter des id&#233;es, analyses et perspectives, mais aussi de penser des projets, des actions, du concret... ensemble, &#224; partir des mots, des images et des rencontres ! Des assembl&#233;es... Rappelons que ce qui fait vivre un lieu autonome, c'est de penser collectivement ses activit&#233;s et ses strat&#233;gies, son r&#244;le dans (...)

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;les tanneries&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;Infokiosque des Tanneries (Dijon)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Version mise en page du programme disponible ici :
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://squat.net/tanneries/documents/tanneries-bibli-maijuin2010-recto.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;recto&lt;/a&gt; - &lt;a href='http://squat.net/tanneries/documents/tanneries-bibli-maijuin2010-verso.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;verso&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque mercredi apr&#232;s-midi aux Tanneries, ou l'occasion de se retrouver autour d'un verre, de confronter des id&#233;es, analyses et perspectives, mais aussi de penser des projets, des actions, du concret... ensemble, &#224; partir des mots, des images et des rencontres !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Des assembl&#233;es...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rappelons que ce qui fait vivre un lieu autonome, c'est de penser collectivement ses activit&#233;s et ses strat&#233;gies, son r&#244;le dans la ville et ses liens avec les luttes. Cela passe entre autres par des assembl&#233;es mensuelles, ouvertes &#224; toutes celles et ceux qui ressentent que cet espace est un des &#233;l&#233;ments de leur vie et de leurs mondes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;... et des chantiers !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela peut aussi se faire en construisant et en s'amusant sous le soleil ou les spotlights, et &lt;strong&gt;c'est l'occasion de vous inviter du 17 au 24 juillet &#224; un grand chantier pour construire de nouvelles structures d'activit&#233;s et entretenir l'existant, entre autres balades, baignades, r&#233;coltes potag&#232;res, envol&#233;es ludiques ou &#233;clats sportifs&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur ce, &#224; bient&#244;t, ici ou l&#224;-bas !&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MERCREDI 02 JUIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;17H - &#201;coutes collectives
&lt;br /&gt;Gr&#232;ve des ch&#244;meureuses et pr&#233;caires : pour continuer sur la th&#233;matique de la gr&#232;ve des ch&#244;meurs, retour sur l'occupation de la direction nationale de P&#244;le Emploi &#224; Paris, le 3 mai 2010 par une centaine de ch&#244;meurs... Prise de son par Radio Fr&#233;quence Paris Plurielle.
&lt;br /&gt;La r&#233;volte des banlieues : le 21 juin s'ouvrira la suite des proc&#232;s des inculp&#233;s de Villiers-le-Bel, le proc&#232;s de la &quot;banlieue-tueuse-de-flics&quot;, charg&#233; de r&#233;concilier le pouvoir avec l'&#233;lectorat du Front National et tou&#183;te&#183;s les flipp&#233;&#183;e&#183;s de France. Une campagne de soutien et d'actions durant tout le mois de juin a &#233;t&#233; lanc&#233;e pour soutenir les inculp&#233;s de Villiers-le-Bel et contre-carrer la machination polici&#232;re et politique. Pour creuser le sujet et en parler, nous diffusons, &quot;Ch&#233;ri&#183;e fais moi peur&quot;, une th&#233;matique-antenne autour de la peur, diffus&#233;e sur Radio Grenouille &#224; Marseille : &quot;Quand les jeunes des cit&#233;s sont &#233;rig&#233;s en nouvel ennemi int&#233;rieur et la gestion s&#233;curitaire de la peur m&#232;ne &#224; la guerre urbaine de basse intensit&#233;&quot;. Avec Alessi Dell'Umbria, auteur de &lt;i&gt;C'est de la racaille ? Et bien j'en suis !&lt;/i&gt; et Mathieu Rigouste, auteur de &lt;i&gt;L'ennemi int&#233;rieur, la g&#233;n&#233;alogie coloniale et militaire de l'ordre s&#233;curitaire dans la France contemporaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;19H30 - R&#233;union mensuelle d'activit&#233;s&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21H - &lt;strong&gt;Centres autonomes en Suisse&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Montage DIY &#224; partir d'un film un peu officiel.
&lt;br /&gt;Apr&#232;s l'AG Tanneries, une mise en perspective sur un volet de la dynamique squat avec l'histoire des centres autonomes en Suisse.
&lt;br /&gt;Du d&#233;but des 70s &#224; Z&#252;rich, en passant par Gen&#232;ve ou Lausanne dans les 80s, ce documentaire retrace des r&#233;voltes, des besoins de lieux pour se retrouver, s'organiser... qui s'incarnent dans des mouvements forts et offensifs, permettant la cr&#233;ation d'un nombre impressionnant de &quot;communes&quot;, jusqu'au tournant r&#233;pressif et ultra-conservateur de ces derni&#232;res ann&#233;es... Outre des images d'archives croustillantes, ce documentaire interroge les acteurs de ces lieux et pose des analyses incitant &#224; prendre du recul et &#224; repenser nos espaces autonomes locaux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;MERCREDI 09 JUIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18H - &lt;strong&gt;Chicago-Ballade&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Hans-Magnus Enzensberger, 1964, &#201;d. Allia ou L'Esprit frappeur
&lt;br /&gt;Le boulevard de Chicago, &#231;a vous quelque chose ? H&#233;h&#233;h&#233;...
&lt;br /&gt;De 1925 &#224; 1931, Alfonso Caponi dit Al Capone r&#233;gna en ma&#238;tre absolu sur Chicago, instaurant une v&#233;ritable dictature fond&#233;e sur la terreur et devenant ainsi une figure embl&#233;matique de l'un des mythes du XXe si&#232;cle, celui du gangster. Dans cet essai, l'auteur montre comment s'est mise en place, &#224; la faveur de la prohibition et gr&#226;ce &#224; l'usage syst&#233;matique de la corruption et du meurtre, une contre-soci&#233;t&#233; criminelle dont l'actuel crime organis&#233; am&#233;ricain est l'h&#233;ritier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20H - Repas : alcool frelat&#233;, boeuf vegan aux hormones, et poker apr&#232;s le film, si le coeur vous en dit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21H - &lt;strong&gt;Scarface&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Film am&#233;ricain de Brian de Palma, 1983, VOSTFR, 2h43.
&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Scarface&lt;/i&gt; est un des plus fameux films de gangsters de l'histoire du cin&#233;ma. Il suit l'itin&#233;raire de Tony Montana, petit ca&#239;d cubain qui d&#233;barque &#224; Miami avec en t&#234;te une ambition d&#233;nu&#233;e d'id&#233;alisme : une sorte de r&#234;ve am&#233;ricain sans complexes.
&lt;br /&gt;Malin et sans scrupule, Montana (incarn&#233; par Al Pacino) entre en contact avec Lopez, un patron de la p&#232;gre qui fait dans le trafic de coca&#239;ne. Ayant attir&#233; sa confiance, il devient un de ses hommes de main, mais ne compte pas s'arr&#234;ter l&#224;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;MERCREDI 16 JUIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18H - &lt;strong&gt;Les en-dehors, anarchistes individualistes et ill&#233;galistes &#224; la &quot;Belle &#233;poque&quot;&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Anne Steiner, L'&#233;chapp&#233;e, 2008.
&lt;br /&gt;Les &quot;en-dehors&quot;, ce sont ces individus qui, au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle, refusent l'ordre social dominant, et pr&#233;conisent la mise en application directe des id&#233;aux libertaires. Se r&#233;unissant selon le principe de libre association, ils tentent de cr&#233;er des zones de libert&#233; exp&#233;rimentales dans les espaces n&#233;glig&#233;s par l'&#201;tat, au travers l'exploration de nouveaux modes de vie et pratiques, que ce soit par le v&#233;g&#233;tarisme, l'amour libre, le naturisme, la mise en branle de la l&#233;galit&#233;... Cet ouvrage suit Rirette Maitrejean, jeune institutrice alors fra&#238;chement d&#233;barqu&#233;e &#224; Paris et bient&#244;t figure de ce milieu, approchant ainsi l'histoire de ces individus et de leurs pratiques par le petit bout de la lorgnette...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21H - &lt;strong&gt;Le proc&#232;s&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Film am&#233;ricain de Orson Welles, VOSTF, 1962.
&lt;br /&gt;Un matin, K. est r&#233;veill&#233; dans son lit par l'entr&#233;e impromptue d'inspecteurs dans son appartement. Il est rapidement submerg&#233; de questions et de remarques incongrues. Il finit par comprendre qu'il est inculp&#233;, mais ne sait pas de quoi il est accus&#233;. Sa vie bascule d&#232;s lors dans les m&#233;andres d'une instance judiciaire dont il ne comprend pas les r&#232;gles. Laiss&#233; libre de ses mouvements, il court d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; la recherche de r&#233;ponses, essaye de percer le mur infranchissable qui le s&#233;pare de la Loi.
&lt;br /&gt;En adaptant Kafka, Orson Welles d&#233;clare qu'il &quot;voulait peindre un cauchemar tr&#232;s actuel, un film sur la police, la bureaucratie, la puissance totalitaire de l'Appareil, l'oppression de l'individu dans la soci&#233;t&#233; moderne&quot;. Il va r&#233;aliser un chef-d'oeuvre absolu, onirique et vitriol&#233;, excitant et &#233;touffant.
A travers l'exp&#233;rience de K., Welles dynamite les mythes de la justice et leurs ressorts : &quot;Il est difficile d'&#234;tre un homme libre, m&#234;me quand on est innocent. Mon innocence &#233;clate, mais, innocent ou coupable, cela ne veut rien dire&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;MERCREDI 23 JUIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18H - &lt;strong&gt;Why Children ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Women's Press, 1988.
&lt;br /&gt;Livre en anglais, pr&#233;sentation en anglais/fran&#231;ais.
&lt;br /&gt;[en] Confessions of womyn on the subject of having or not having kids, and on all the questions and conflicts that arise from their personal decisions and experiences : sterilization, abortion, adoption, loneliness, motherhood, children in lesbian relationships, and many others.
&lt;br /&gt;[fr] T&#233;moignages de femmes autour de la question &#171; avoir des enfants ou non ? &#187;, ainsi que des interrogations et conflits ressortant de leurs d&#233;cisions et exp&#233;riences personnelles : st&#233;rilisation, avortement, adoption, solitude, maternit&#233;, enfants dans les relations lesbiennes, et beaucoup d'autres.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;Tous les mercredis &#224; partir de 15h, l'espace autog&#233;r&#233; ouvre sa biblioth&#232;que, son infokiosque, sa zone de gratuit&#233;... et vous convie, &#224; 18h, &#224; des lectures, pr&#233;sentations et d&#233;bats autour des ouvrages ci-mentionn&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, c'est ap&#233;ro et auberge espagnole (chacun&#183;e am&#232;ne de quoi boire et manger - sans viande, svp), puis &#224; partir de 21h, c'est cin&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;... sans oublier, chaque premier mercredi vers 19h, la &#171; r&#233;u activit&#233;s &#187; de l'espace autog&#233;r&#233;, moment de choix pour qui souhaite s'impliquer dans les projets existants ou amener de nouvelles id&#233;es !&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Espace autog&#233;r&#233; des Tanneries
&lt;br /&gt;13-15-17, boulevard de Chicago
&lt;br /&gt;21000 Dijon&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;a href='http://squat.net/tanneries/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://squat.net/tanneries/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Utiliser les flux RSS</title>
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		<description>CE QU'ON PEUT SUIVRE tout le site Sur chaque page du site Infokiosques.net -sur Firefox c'est un bouton rouge a c&#244;t&#233; de la barre d'adresse- vous pouvez vous abonner en s&#233;lectionnant &quot;Infokiosques.net : tout le site&quot;. que les brochures De la m&#234;me mani&#232;re, vous pouvez choisir de recevoir que les nouvelles brochures en cliquant sur &quot;[Infokiosques.net : les brochures&quot;. &gt;http://infokiosques.net/spip.php?pa...] par th&#232;me ou par distro Sur chaque page d'infokiosque (...)

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;PRATIQUES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_1635 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/IMG/png/128px-Feed-icon-svg.png&quot; title='PNG - 7.3 ko' type=&quot;image/png&quot;&gt;&lt;img src='http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L128xH128/128px-Feed-icon-svg-6a54a-c0077.png' width='128' height='128' alt='PNG - 7.3 ko' style='height:128px;width:128px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:128px;'&gt;&lt;strong&gt;Icone RSS&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;CE QU'ON PEUT SUIVRE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;tout le site
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur chaque page du site Infokiosques.net -sur &lt;a href='http://www.mozilla-europe.org/fr/firefox/' class='spip_out' rel='external'&gt;Firefox&lt;/a&gt; c'est un bouton rouge a c&#244;t&#233; de la barre d'adresse- vous pouvez vous abonner en s&#233;lectionnant &quot;&lt;a href='http://infokiosques.net/spip?page=backend' class='spip_out'&gt;Infokiosques.net : tout le site&lt;/a&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;que les brochures
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, vous pouvez choisir de recevoir que les nouvelles brochures en cliquant sur &quot;&lt;a href='http://infokiosques.net/spip.php?page=backend&amp;id_rubrique=3' class='spip_out'&gt;Infokiosques.net : les brochures&quot;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;par th&#232;me ou par distro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur chaque page d'infokiosque ou de distro, ainsi que sur chaque page th&#233;matique, vous avez en cliquand sur l'icone rss a c&#244;t&#233; de la barre d'adresse la possibilit&#233; de suivre tel ou tel th&#232;me, tel ou tel distro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;par recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand vous faites une recherche, vous pouvez &#233;galement vous abonner &#224; cette recherche, pour recevoir uniquement les nouvelles brochures avec contenant tel ou tel mot.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;COMMENT S'EN SERVIR&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nombreuses mani&#232;res d'utiliser des flux rss. Firefox peut les r&#233;pup&#233;rer, et les afficher dans la barre des favoris, par d&#233;faut y'a &quot;A la une&quot; avec les derni&#232;res news du site &lt;a href='http://lemonde.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;lemonde.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a aussi des cliens mails (&lt;a href='http://www.mozilla-europe.org/fr/products/thunderbird/' class='spip_out' rel='external'&gt;Thunderbird&lt;/a&gt;), des plugin Firefox (&lt;a href='https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/77' class='spip_out' rel='external'&gt;Sage&lt;/a&gt;), des pages d'accueil personnalis&#233;s (&lt;a href='http://netvibes.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;Netvibes&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://www.google.fr/ig?source=fhig' class='spip_out' rel='external'&gt;iGoogle&lt;/a&gt;...).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous avez un blog ou quelque chose du style, vous avez peut-&#234;tre des fonctions de &quot;Syndication&quot; int&#233;gr&#233;es et ainsi vous pourriez afficher sur votre site les deni&#232;res brochures de tout ou partie de Infokiosques.net.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour de plus amples explications :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; sur le site de &lt;a href='http://www.commentcamarche.net/contents/www/rss.php3' class='spip_out' rel='external'&gt;comment&#231;amarche&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; sur &lt;a href='http://fr.wikipedia.org/wiki/RSS_(format)' class='spip_out' rel='external'&gt;wikipedia&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; et enfin une vid&#233;o de propagande sur youtube :&lt;/p&gt; &lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/xmP7dFV9uIo&amp;hl=fr&amp;fs=1&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/xmP7dFV9uIo&amp;hl=fr&amp;fs=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Incidents de classe en Chine</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article790</link>
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		<dc:date>2010-06-01T18:28:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (Partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves et luttes de travailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>Capital, multinationales</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce bref aper&#231;u des r&#233;voltes prol&#233;tariennes chinoises aujourd'hui, &#244; combien intrigantes tant par les formes, le nombre et l'intensit&#233;, nous rappelle que, quoi qu'on en dise, la lutte des classes est loin d'&#234;tre moribonde. &#202;tre curieux de ce qui se passe au bout du monde, en particulier dans les &#171; ateliers du monde &#187; rend plus lisible ce qui se passe ici, tant le capital (et donc l'antagonisme de classe) s'organise internationalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce recueil comporte des br&#232;ves g&#233;n&#233;rales (liste non exhaustive de conflits qui ont perturb&#233; l'harmonieuse soci&#233;t&#233; chinoise de 2008 &#224; d&#233;but 2010), un t&#233;moignage d'une ouvri&#232;re &lt;i&gt;mingong &lt;/i&gt;paru dans la revue &lt;i&gt;Echanges&lt;/i&gt;, un texte de Bruno Astarian qui r&#233;actualise son livre &lt;i&gt;Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes, (1978-2009)&lt;/i&gt; paru chez Acratie en 2009, des extraits du dit bouquin, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;nousvoulonstout(at)gmail.com&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;I&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (Partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves et luttes de travailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Capital, multinationales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L111xH150/arton790-17a10.jpg&quot; width='111' height='150' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff790-69b0c.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L111xH150/arton790-17a10.jpg'&quot; style='height:150px;width:111px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SOMMAIRE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;# 58 000 &#171; incidents de masse &#187;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Les neuf vies d'une ouvri&#232;re chinoise&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# L'exportation des prol&#233;taires chinois&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# La Chine dans la crise mondiale&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Br&#232;ves g&#233;n&#233;rales&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;TEXTES COMPLEMENTAIRES :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Unit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# La question de la plus-value absolue&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Les travailleurs migrants en Chine&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# La question des salaires&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Syndicats et modalit&#233; de l'exploitation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Gr&#232;ves et destructions&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;ANNEXES :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Quelques chiffres et donn&#233;es&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Chronologie indicative&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Pistes bibliographiques&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;58000 &#171; INCIDENTS DE MASSE &#187;...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours du premier trimestre 2009, 58 000 &#171; &lt;i&gt;incidents de masse&lt;/i&gt; &#187; ont, selon le Parti communiste chinois (PCC), perturb&#233; &#171; &lt;i&gt;l'harmonie&lt;/i&gt; &#187; de la soci&#233;t&#233; chinoise. Bigre : 58 000 gr&#232;ves (sauvages puisqu'interdites), manifestations (sauvages &#233;galement), blocages de voies [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Les m&#233;thodes de lutte contre ce monde se sont toujours adapt&#233;es aux (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], affrontements avec les flics, occupations (voire incendies) de b&#226;timents publics, saccages d'usines, lynchages de cadres et de patrons, &#233;meutes, etc. Des chiffres qui ne prennent pas en compte les p&#233;titions, &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt; et autres formes plus mod&#233;r&#233;es dont usent abondamment des protestataires qui font face, rappelons-le, &#224; une dictature particuli&#232;rement s&#233;v&#232;re. Des chiffres qui connaissent une augmentation remarquable depuis plusieurs ann&#233;es. Disciplin&#233;e, la main-d'&#339;uvre de &#171; l'atelier du monde &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th scope='col'&gt; ann&#233;e &lt;/th&gt;&lt;th scope='col'&gt; nombre d'incidents de masse &lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; 1993 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 8 700 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; 1994 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 12 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; 1998 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 25 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; 1999 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 32 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; 2002 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 50 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; 2003 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 58 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; 2004 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 74 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; 2005 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 87 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; 2006 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 90 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; 2007 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 116 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; 2008 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 120 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; 1er trimestre 2009 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; 58 000 &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Cette information, parmi quelques autres qui peuvent parfois surgir dans les m&#233;dias, a suscit&#233; quelque curiosit&#233; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='La lecture du livre de Bruno Astarian, Luttes de classes dans la Chine des (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] : mais que peuvent bien raconter ces chiffres, &#224; l'&#233;chelle d'un pays aussi gigantesque &#8211; et qui serait, dit-on, le prochain ma&#238;tre du monde ? Y aurait-il, par hasard, un lien avec les conditions de l'exploitation en Chine &#8211; et dans le monde ? D'ailleurs, o&#249; (en) est le prol&#233;tariat [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour faire tr&#232;s vite, disons que le prol&#233;tariat est la classe de ceux qui, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] aujourd'hui ? &#192; quelle actualit&#233; internationale de la lutte des classes [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='La lutte des classes est l'affrontement de classes aux int&#233;r&#234;ts (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;] (toujours f&#233;roce) font &#233;cho les r&#233;voltes ouvri&#232;res en Chine ? Que r&#233;v&#232;lent les luttes contre le capital qui ne prennent pas la forme de &#171; conflits du travail &#187; : paysans contre les expropriations, habitants contre les empoisonnements industriels, etc. ? Faut-il projeter dans ces col&#232;res prol&#233;tariennes les premi&#232;res manifestations d'une r&#233;volution &#171; &#224; venir &#187; (et pourquoi pas communiste [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Le communisme n'a &#233;videmment rien &#224; voir avec les dictatures du XXe (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]) ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En guise d'introduction, revenons sur quelques points pour donner un bref aper&#231;u de la lutte des classes en Chine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, brossons &#224; gros traits le paysage chinois : depuis la mort de Mao (1976), on peut dire que le pouvoir central [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Signalons qu'en Chine la s&#233;paration entre pouvoir central et pouvoirs (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;] de Beijing (P&#233;kin) n'a fait que promouvoir une longue s&#233;rie de r&#233;formes visant &#224; int&#233;grer pleinement le capitalisme d'&#201;tat chinois dans la dynamique mondiale du capital. [La &quot;&lt;i&gt;chronologie indicative&lt;/i&gt;&quot; en fin de document &#233;voque quelques dates marquantes de cette &#233;volution, lente mais s&#251;re.] Aujourd'hui, le capital en Chine s'organise autour d'un secteur public en d&#233;mant&#232;lement depuis les ann&#233;es 1980 (mais pas moribond) et, pour le secteur priv&#233;, autour d'entreprises occidentales et de leurs sous-traitants chinois, centr&#233;s notamment sur les zones c&#244;ti&#232;res. Il est &#224; noter que le secteur public comprend aussi bien les services et les banques que l'industrie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais surtout, le capital (mondial) en Chine se d&#233;veloppe sur le dos de 400 millions (au moins) de prol&#233;taires (pour une population active d'environ 800 millions de personnes).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi ceux-ci, les quelques 150-200 millions de travailleurs migrants, la plupart &#171; sans papiers &#187; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Le hukou (rural ou urbain), passeport int&#233;rieur (g&#233;n&#233;ralis&#233; par Mao en (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] : les &lt;i&gt;mingong&lt;/i&gt;, comme tous les &#171; sans-papiers &#187; du monde, forment une main-d'&#339;uvre id&#233;ale &#8211; enfin, plus exactement : formeraient, si leurs conditions d'exploitation ne les poussaient pas &#224; se r&#233;volter de plus en plus. Ces r&#233;voltes font &#233;cho aux r&#233;centes mutineries dans les centres de r&#233;tention et autres camps en Europe, mobilisations &#233;normes des latinos &#171; ill&#233;gaux &#187; aux &#201;tats-Unis en 2006, etc. L'&#233;conomie a besoin de fabriquer et conserver une telle cat&#233;gorie de travailleurs, dont la condition d'expulsabilit&#233; est particuli&#232;rement adapt&#233;e aux besoins des employeurs, &#233;videmment [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Elle permet de surcro&#238;t de maintenir une pression permanente sur (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]. Dans certains secteurs, il est en effet plus pratique de d&#233;localiser (importer) la main-d'&#339;uvre que les entreprises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fait qu'en Chine ce sont des Chinois qui forment cette masse laborieuse [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Tout comme au XIXe si&#232;cle en France, o&#249; Bretons et Auvergnats ont constitu&#233; (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;] indique que la question des migrations et des &#171; papiers &#187; est peut-&#234;tre plus une question de travail (c'est-&#224;-dire d'exploitation) que de fronti&#232;res (c'est-&#224;-dire d'&#201;tat) [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Et que &#171; la fronti&#232;re &#187; est un syst&#232;me de contr&#244;le g&#233;ographiquement diffus, (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &lt;i&gt;mingong&lt;/i&gt; forment une part importante du prol&#233;tariat r&#233;volt&#233;, dont la remarquable combativit&#233; peut surprendre par ici. Parmi les nombreuses formes que peuvent prendre ces r&#233;voltes, les ouvriers chinois ont r&#233;guli&#232;rement la bonne id&#233;e de sortir des usines pour manifester leurs col&#232;res, et rencontrer dans la rue de pr&#233;cieux complices [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Quand on est enferm&#233; douze heures par jour, sept jours par semaine, dans (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]. L'enjeu du pouvoir (local) est alors fr&#233;quemment d'essayer de les en emp&#234;cher &#8211; ce qui entra&#238;ne des affrontements r&#233;currents avec les keufs [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='En Chine, la police nationale comprend environ 1500000 hommes auxquels (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]. Le d&#233;ploiement policier augmente souvent le niveau de conflictualit&#233;. Une fois parvenus &#224; d&#233;border les premi&#232;res rang&#233;es de forces de l'ordre, les manifestants dirigent leur rage contre les b&#226;timents officiels (caillassages, occupations, incendies).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut imaginer que pour l'&#201;tat, une alternative serait l'instauration d'une relative libert&#233; syndicale [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='La F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats chinois (FNSC, que l'on trouve (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;] (envisageable dans un possible processus de d&#233;mocratisation). Ceci permettrait la mise en place de nouvelles structures de mod&#233;ration, de m&#233;diation et de contr&#244;le des travailleurs &#8211; et rendrait la contention &#233;thiquement plus acceptable pour les consommateurs occidentaux que la matraque ou le char. Une m&#233;thode particuli&#232;rement efficace qui a d&#233;j&#224; fait ses preuves &#224; travers le monde [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est la fonction des syndicats (les &#171; partenaires sociaux &#187;), (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;] mais qui ne semble pas, pour l'instant, s&#233;duire les dirigeants chinois [voir &quot;&lt;i&gt;Syndicats et modalit&#233;s de l'exploitation&lt;/i&gt;&quot;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;*&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La vive r&#233;sistance des prol&#233;taires n'est pas un particularisme local, car la Chine est certes le plus vaste &#171; atelier du monde &#187; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='La Chine (1300 millions d'habitants), qui produit 10% des biens (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;], mais pas le seul. Par exemple, pour l'important secteur du textile, citons l'Inde, le Vietnam, le Bangladesh, l'&#201;gypte et l'Iran, o&#249; les conditions d'exploitation sont particuli&#232;rement dures (les salaires dans ce secteur sont parmi les plus bas au monde : environ 0,86$/heure en Chine, 0,51 en Inde, 0,44 en Indon&#233;sie, 0,38 au Vietnam, 0,22 au Bangladesh &#8211; quand ils sont vers&#233;s) et o&#249; l'expression de la lutte des classes est vive, particuli&#232;rement vive : gr&#232;ves massives, &#233;meutes, destructions de machines, voire de leurs bo&#238;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Bangladesh, depuis 2006, ce sont &lt;i&gt;plusieurs centaines d'usines&lt;/i&gt; qui ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es et souvent d&#233;truites. Le 10 mai 2009, les patrons d'une usine de pulls &#224; Narayanganj (cit&#233; portuaire et centre industriel textile) sont malmen&#233;s par un groupe d'ouvriers r&#233;clamant plusieurs mois de salaires impay&#233;s. Le lendemain, les ouvriers trouvent l'usine cadenass&#233;e. Ils d&#233;cident alors de se rendre en cort&#232;ge devant les autres usines de la ville : des milliers de travailleurs quittent leurs postes pour les rejoindre. Des heurts se produisent avec les agents de s&#233;curit&#233;. 20000 travailleurs se mettent &#224; saccager et &#224; incendier des dizaines d'usines. Les deux principales autoroutes du pays sont bloqu&#233;es par les gr&#233;vistes. Dans la soir&#233;e, les ouvriers d'autres Zones &#233;conomiques sp&#233;ciales du Bangladesh d&#233;clenchent &#224; leur tour des &#233;meutes, provoquant de nouveaux affrontements avec l'arm&#233;e&#8230; mutineries et antitravail [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Le terme &#171; antitravail &#187;, forg&#233; dans les ann&#233;es 1970, d&#233;signe les pratiques (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;] radical qu'on pr&#233;f&#232;rerait voir export&#233;s, plut&#244;t que des tee-shirts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par le jeu de la lutte des classes, l'atelier du monde se d&#233;place et se r&#233;organise continuellement. Panasonic, par exemple, transf&#232;re aujourd'hui ses usines de Beijing vers le Guangdong pour baisser ses co&#251;ts. En 2008, c'&#233;tait Adidas qui se plaignait des salaires trop &#233;lev&#233;s en Chine (parions que la r&#233;sistance des prolos n'y est pas &#233;trang&#232;re) et annon&#231;ait la possible d&#233;localisation de ses usines vers l'Inde, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, l'ex-URSS ou l'Europe de l'Est. La relocalisation incessante des lieux de production s'accompagne in&#233;vitablement d'un red&#233;ploiement g&#233;ographique permanent de la combativit&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;*&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le capital, ayant toujours besoin d'augmenter ses profits, doit &#234;tre en permanence &#224; l'offensive. L'intensification des r&#233;sistances en Chine et ailleurs conforte sa tendance &#224; renforcer l'exploitation en Occident (r&#233;formes des retraites, allongement du temps de travail, flexibilit&#233;, etc.) o&#249; est aussi produite la plus-value. Car, bien qu'on nous parle sans cesse en France (par exemple) de fermetures et de d&#233;localisations d'usines, les ouvriers sont encore plus de six millions dans l'Hexagone (presque autant que dans les ann&#233;es soixante ; un quart de la population active) [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='En Occident, un enjeu, et une cons&#233;quence, de la restructuration du capital (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]. Et les salari&#233;s fran&#231;ais d&#233;tiennent le record mondial de productivit&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les rapports entre travailleurs asiatiques et occidentaux sont plus &#233;troits qu'on pourrait le croire : le faible co&#251;t des produits que les premiers fabriquent, et que les seconds consomment de mani&#232;re croissante, permet en Occident de tirer les salaires vers le bas (de diminuer le co&#251;t de la reproduction de la force de travail : l'achat de chaussettes fabriqu&#233;es en Chine est possible pour un smicard et m&#234;me pour un ch&#244;meur).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, si les luttes des ouvriers chinois entra&#238;nent une hausse de leurs salaires, le prix des biens qu'ils produisent augmenteront &#233;galement. Alors, le probl&#232;me du &#171; pouvoir d'achat &#187; (en fait des salaires [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='Le salaire ne repr&#233;sente pas le paiement du travail effectu&#233; mais (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]) risque de se poser encore plus s&#233;v&#232;rement en Occident (la Chine &#233;tant le premier exportateur mondial de t&#233;l&#233;phones portables, de cartes m&#232;res, d'appareils photo, d'aspirine, de v&#234;tements pour b&#233;b&#233;s, de chaussures, de jouets, de briquets, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut imaginer que cela s'accompagnera &#224; terme, en r&#233;ponse, d'une combativit&#233; croissante, les prolos occidentaux (avec ou sans travail) ayant de moins en moins &#171; &#224; perdre &#187;. On le constate d'ores et d&#233;j&#224; : bien que patrons et gouvernants brandissent la &#171; menace &#187; chinoise (concurrence, d&#233;localisations) pour faire pression (blocage des salaires, conditions et temps de travail), les travailleurs occidentaux ne sont pas, eux non plus, aussi soumis qu'on voudrait nous le faire croire [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='Le niveau de rage et de r&#233;sistance constat&#233; d&#233;but 2009 rien que dans le (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]. En France, l'&#201;tat reconna&#238;t d'ailleurs que depuis plusieurs ann&#233;es la &#171; conflictualit&#233; du travail &#187; est devenue plus intense et que le nombre de gr&#232;ves est en hausse [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='Notamment les gr&#232;ves de courte dur&#233;e&#8230; mais surtout dans les bo&#238;tes (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]. ]]. Les divers outils de pacification (syndicats, acc&#232;s &#224; la culture, consommation, etc.) devenant de moins en moins op&#233;rants, on peut s'attendre &#224; ce que la r&#233;pression s'intensifie encore [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='footnote' title='La r&#233;pression (&#171; criminalisation-du-mouvement-social &#187; incluse) est tout (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;*&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'harmonie sociale n'existe pas plus en France qu'en Chine ou ailleurs, la guerre sociale est internationale et tout laisse &#224; penser qu'elle n'est pas pr&#232;s de s'apaiser. Au contraire. D'ailleurs, qu'on le veuille ou non, nous sommes tous pris dans cet antagonisme quotidien et, quels que soient nos moyens et nos perspectives, plus ou moins activement, nous y prenons part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est nous qui gagnerons &#224; la fin.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&#171; Incidents de masse &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Juillet 2009, Tonghua (province de Jilin) :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que, depuis plusieurs ann&#233;es, l'aci&#233;rie de la ville est en &#171; restructuration &#187; (privatisation puis renationalisation) un nouveau rachat de la bo&#238;te par un entrepreneur priv&#233; est annonc&#233; : le 24 juillet, plusieurs milliers de sid&#233;rurgistes, rejoints par d'anciens travailleurs (pr&#233;retrait&#233;s et licenci&#233;s), bloquent les axes routiers et ferroviaires attenants &#224; l'usine, ce qui stoppe la production des sept hauts-fourneaux. Ils sont pr&#232;s de 30 000 &#224; affronter plus d'un millier de flics : voitures de police incendi&#233;es, plus de cent bless&#233;s. Le nouveau directeur ordonne la reprise du travail et annonce que le nombre de salari&#233;s va &#234;tre r&#233;duit de 30 000 &#224; 5 000 dans les jours suivants. L'usine est alors envahie par les manifestants. Le directeur passe par une fen&#234;tre (et hop !) et agonise pendant que plus de 10 000 ouvriers bloquent l'arriv&#233;e des secours (police, ambulance). Le soir, un repr&#233;sentant du gouvernement provincial annonce &#224; la t&#233;l&#233; que la privatisation est &#171; &lt;i&gt;report&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;LES NEUF VIES D'UNE OUVRIERE CHINOISE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le r&#233;cit de Mademoiselle Zhang publi&#233; le 8 mars 2006 par le&lt;/i&gt;China Labour Bulletin [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='footnote' title='Fond&#233; en 1994 par le dissident Han Dongfang, le China Labour Bulletin est (...)' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;(&lt;a href='http://www.clb.org.hk/public/main' class='spip_out' rel='external'&gt;www.clb.org.hk/public/main&lt;/a&gt; puis rubrique &#171; &lt;/i&gt;Feature article&lt;i&gt; &#187;) est int&#233;ressant en ce qu'il d&#233;crit bien les conditions de vie et de travail des millions de travailleurs migrants d&#233;racin&#233;s qui n'ont aucun droit. Or ils constituent une section importante du prol&#233;tariat chinois actuel, source de ce &#171; miracle chinois &#187; dont les m&#233;dias font l'apologie sans discernement depuis quelques ann&#233;es. Apr&#232;s la mise en place des r&#233;formes lanc&#233;es par Deng Xiaoping au d&#233;but des ann&#233;es 1980, la situation du prol&#233;tariat chinois a chang&#233; de fa&#231;on dramatique et rapide. Les ouvriers &#233;taient auparavant employ&#233;s &#224; vie par leur usine, qui constituait pour eux non seulement un lieu de travail mais le centre de leur vie : le logement, les soins, l'&#233;ducation des enfants, les loisirs &#8211; tout d&#233;pendait de l'entreprise d'&#201;tat o&#249; ils travaillaient. Les r&#233;formes ont mis fin &#224; cette s&#233;curit&#233;. Les entreprises publiques sont devenues des entreprises commerciales ordinaires, avec les m&#234;mes r&#232;gles de gestion &#233;conomique que les autres, et notamment le droit de licencier. Ce qu'elles ont fait de fa&#231;on massive, envoyant au ch&#244;mage (souvent non indemnis&#233;) et &#224; la retraite anticip&#233;e (souvent non pay&#233;e) des dizaines de millions de travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les travailleurs migrants, dont Mademoiselle Zhang fait partie, constituent une section bien distincte du prol&#233;tariat chinois. Ils sont appel&#233;s ainsi parce qu'ils sont, en quelque sorte, des sans-papiers de l'int&#233;rieur. En effet, le syst&#232;me mao&#239;ste du permis de r&#233;sidence (&lt;/i&gt;hukou&lt;i&gt;) n'a pas &#233;t&#233; aboli lorsque la lib&#233;ralisation du march&#233; a entra&#238;n&#233; un exode rural massif au cours des ann&#233;es 1980 et encore aujourd'hui. Ces paysans, chass&#233;s de la campagne par la mis&#232;re et par les limites de l'&#171; industrie rurale &#187; qui &#233;tait cens&#233;e les absorber, arrivent dans les villes de la c&#244;te Est sans avoir vraiment le droit de s'y trouver, ce qui permet aux capitalistes occidentaux et &#224; leurs sous-traitants chinois de les exploiter dans un syst&#232;me &#171; dortoir-usine &#187; qui est d&#233;crit de fa&#231;on tr&#232;s vivante par Mademoiselle Zhang.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce syst&#232;me, les travailleurs ne restent pas en ville s'ils n'ont pas de travail. Leur logement est strictement li&#233; &#224; leur emploi. Ils d&#233;pendent encore de leur r&#233;gion d'origine, o&#249; se trouvent leurs familles et leurs enfants, leurs &#233;coles et toutes les bases de leur reproduction. Quand ils ne travaillent pas, les autorit&#233;s ne les prennent pas en charge, ou si peu. Pour l'instant, les capitalistes disposent d'une r&#233;serve de migrants si importante qu'ils ne se soucient absolument pas de stabiliser cette main-d'&#339;uvre &#224; long terme. Au contraire, le syst&#232;me &#171; dortoir-usine &#187; est fait pour organiser leur exploitation maximale pendant une p&#233;riode relativement br&#232;ve et leur rotation rapide. Si le capitaliste investit pour un dortoir dans la cour de son usine, ce n'est pas pour fixer la main-d'&#339;uvre qui y loge, mais simplement pour que celle-ci, tant qu'elle est l&#224;, soit disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ou en tout cas dix-huit si l'on en croit le t&#233;moignage de Mademoiselle Zhang.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas par hasard que la description de l'exploitation des travailleurs migrants fait penser aux premiers &#226;ges du capitalisme europ&#233;en. Les formes f&#233;roces de l'exploitation subie par les travailleurs migrants (mis&#232;re absolue, absence de couverture sociale, autoritarisme sans piti&#233; des patrons, et surtout longueur des journ&#233;es de travail) ressemblent en effet &#224; cette &#233;poque du capitalisme occidental o&#249; l'accumulation du capital reposait principalement sur la plus-value absolue, celle que le capital obtient en allongeant la journ&#233;e de travail. Et de fait, en Chine comme dans tous les pays o&#249; les d&#233;localisations du capitalisme occidental recherchent des bas salaires, le niveau de vie des travailleurs est si bas qu'une hausse de la productivit&#233; appliqu&#233;e &#224; la production de leurs subsistances (m&#233;canisme de la plus-value relative) ne d&#233;gagerait que bien peu de surtravail suppl&#233;mentaire. Les capitalistes ne peuvent donc augmenter leur profit qu'en allongeant et en densifiant la journ&#233;e de travail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une logique mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais au-del&#224; de cette similitude avec les premiers temps du capitalisme europ&#233;en, l'exploitation des travailleurs chinois et autres s'inscrit dans le m&#233;canisme de production de la plus-value relative &#224; l'&#233;chelle mondiale. Car, pour une grande part, les marchandises qu'ils produisent &#224; bas co&#251;t viennent ensuite faire partie des subsistances des prol&#233;taires occidentaux, dont les salaires peuvent alors &#234;tre bloqu&#233;s ou r&#233;duits, d&#233;gageant une plus-value suppl&#233;mentaire pour le capital dans son ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l&#224; la grande diff&#233;rence avec les origines du capitalisme occidental : l'essor du capitalisme chinois s'inscrit d&#232;s le d&#233;part dans une logique mondiale o&#249; les capitalistes chinois n'ont pas grand-chose &#224; dire : leur march&#233; int&#233;rieur est tr&#232;s limit&#233;, et ils d&#233;pendent de leurs coll&#232;gues occidentaux pour les investissements et pour les d&#233;bouch&#233;s. De fait, les d&#233;localisations occidentales en Chine et le d&#233;veloppement des sous-traitants chinois &#224; leur service s'inscrivent dans un m&#233;canisme de lutte contre la baisse de rentabilit&#233; du capital mondial qui d&#233;termine en tr&#232;s grande partie les al&#233;as de l'accumulation de capital en Chine. &#192; la diff&#233;rence de leurs anc&#234;tres europ&#233;ens, les capitalistes chinois ne font pas l'histoire, mais ils la subissent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes ces questions devront &#234;tre examin&#233;es de fa&#231;on plus approfondie, afin de mieux &#233;valuer la part d'illusion et de propagande que les m&#233;dias occidentaux mettent dans leur apologie sans fin du &#171; miracle chinois &#187;. Il faudra en particulier mesurer l'importance des luttes des prol&#233;taires chinois. Celles-ci sont permanentes, dans les trois sections du prol&#233;tariat (employ&#233;s des actuelles ou ex-entreprises d'&#201;tat, travailleurs migrants travaillant pour le capital d&#233;localis&#233; et ses sous-traitants, ch&#244;meurs originaires des deux cat&#233;gories pr&#233;c&#233;dentes). Car ces luttes font fatalement monter les salaires, remettant en cause la place initiale du capital &#171; chinois &#187; dans la division internationale du travail. La lutte de classe en Chine s'inscrit directement dans la contradiction prol&#233;tariat-capital au niveau mondial.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;MADEMOISELLE ZHANG (21 ANS) RACONTE SON HISTOIRE :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Origines de Mademoiselle Zhang&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis partie de chez moi &#224; l'&#226;ge de quinze ans, en d&#233;cembre 1998. Je voulais aider ma famille et mon fr&#232;re, qui &#233;tait en &#226;ge de fonder sa propre famille. Pourtant, j'avais de bonnes notes &#224; l'&#233;cole et je suis s&#251;re que j'aurais pu aller &#224; l'universit&#233;. [Apparemment, Mademoiselle Zhang est une victime de la politique officielle de l'enfant unique par famille et est n&#233;e sans autorisation, peut-&#234;tre m&#234;me sans existence l&#233;gale. De plus, venant de la campagne, elle est peut-&#234;tre ill&#233;gale sans papiers dans son propre pays, le livret de r&#233;sidence permanent obligatoire, &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt;, lui interdisant de s'installer en ville o&#249;, de toute fa&#231;on elle reste consid&#233;r&#233;e comme une citoyenne de seconde zone, sans acc&#232;s aux services publics des r&#233;sidents de ces villes.]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er emploi : fabrication de fleurs et d'arbres de No&#235;l&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis arriv&#233;e &#224; Guangzhou gr&#226;ce &#224; un recruteur professionnel, qui m'a pris 250 yuan [un peu plus de 24 euros] plus 50 yuan [environ 5 euros] parce que je n'avais pas de carte d'identit&#233;, plus 50 yuan pour je ne sais quel certificat n&#233;cessaire lorsque je commencerai &#224; travailler. En fait, il ne m'a jamais procur&#233; de carte d'identit&#233;. Cette usine fonctionnait avec des capitaux &#233;trangers. On travaillait sept jours par semaine, avec trois jours de cong&#233; par an. On faisait des heures suppl&#233;mentaires tous les jours jusqu'&#224; 22 heures. Au d&#233;but, j'ai travaill&#233; &#224; la fabrication des pieds des sapins. On les polissait avec un chiffon tremp&#233; dans du diluant, puis on les envoyait au four. L'atelier &#233;tait plein de fum&#233;e, on ne voyait pas tr&#232;s loin. La direction nous donnait un masque et une paire de gants par semaine, mais ils &#233;taient tr&#232;s vite hors d'usage. Je suis rest&#233;e l&#224; trente jours et j'ai gagn&#233; un peu plus de 500 yuan. Je vivais dans le dortoir de l'usine. Plus tard, la direction a demand&#233; un statisticien, ou compteur. J'ai pass&#233; le test et j'ai eu l'emploi. Les conditions de travail &#233;taient moins terribles. Je suis rest&#233;e dans cette usine pendant neuf mois. Comme statisticienne, je gagnais 1,80 yuan de l'heure. J'ai chang&#233; de poste et ma rempla&#231;ante n'a &#233;t&#233; pay&#233;e que 1,70 yuan. Elle m'a pris en grippe, et comme elle &#233;tait la ma&#238;tresse du chef d'unit&#233;, ils ont commenc&#233; &#224; me pourrir la vie. J'ai d&#251; partir. Je suis rentr&#233;e chez moi. Je n'aurais jamais pens&#233; qu'il y avait une injustice et que je pouvais me plaindre. Je n'en avais pas eu l'id&#233;e non plus quand je travaillais dans la fum&#233;e du premier atelier. Je pensais simplement que c'&#233;tait &#231;a le travail en usine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2e emploi : fabrication de jouets dans une entreprise artisanale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis repartie apr&#232;s avoir appris &#224; coudre &#224; la machine industrielle. Je suis all&#233;e &#224; Chenghai, dans la province du Guangdong. Comme il n'y avait pas d'emplois disponibles dans la confection, j'ai trouv&#233; du travail dans une petite usine de jouets. L'entreprise n'employait que quelques douzaines de salari&#233;s, et quelquefois m&#234;me moins de dix personnes. On travaillait au premier &#233;tage de la maison, les dortoirs (filles et gar&#231;ons) &#233;taient au deuxi&#232;me et le patron et sa famille vivaient au troisi&#232;me. Nous lavions nos habits &#224; la rivi&#232;re. Le travail consistait &#224; placer des vis &#224; la main, de sorte que nous avions toutes sortes de plaies. Je suis partie au bout de quelques jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3e emploi : fabrication d'objets artisanaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis arriv&#233;e l&#224; par l'interm&#233;diaire de quelqu'un de mon village, en m&#234;me temps que mon cousin et ma cousine. C'&#233;tait &#224; Chenghai, et il y avait vingt &#224; trente personnes. L'usine occupait le rez-de-chauss&#233;e d'un b&#226;timent auquel avait &#233;t&#233; rajout&#233; un &#233;tage pour les dortoirs. M&#234;me une personne de petite taille comme moi ne pouvait s'y tenir debout ; en &#233;t&#233; il y faisait une chaleur terrible (ni air conditionn&#233; ni ventilateur : impossible de dormir) ; on y acc&#233;dait par une &#233;chelle. Il n'y avait qu'un WC et qu'une douche pour tout le monde, et il fallait faire la queue apr&#232;s le travail, qui finissait &#224; 23h30 tous les jours. La journ&#233;e &#233;tait de quatorze heures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On &#233;tait pay&#233; &#224; la pi&#232;ce, mais je n'ai jamais compris comment ils calculaient nos salaires, qui ne correspondaient jamais &#224; ce que nous avions produit. Nous sommes rest&#233;s un mois, puis nous avons d&#233;cid&#233; que &#231;a ne valait pas le coup. La paie &#233;tait de 400-500 yuan par mois, mais apr&#232;s d&#233;duction des frais d'alimentation, il ne restait rien. Ma cousine travaillait lentement : le patron l'a vid&#233;e. Nous sommes partis tous les trois. Mais le patron avait nos cartes d'identit&#233; et nos salaires. Nous avons d&#251; aller au d&#233;partement du Travail pour nous plaindre. Le fonctionnaire nous a expliqu&#233; que c'&#233;tait la pratique locale : si on d&#233;missionnait apr&#232;s juste un mois, on ne touchait pas son salaire. Mais il nous a aid&#233; &#224; r&#233;cup&#233;rer nos cartes d'identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4e emploi : usine de jouets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'&#233;tait une autre entreprise priv&#233;e de Chenghai. Il y avait cinquante salari&#233;s et les conditions &#233;taient l&#233;g&#232;rement meilleures que dans mes emplois pr&#233;c&#233;dents. On travaillait huit heures, quatre le matin et quatre l'apr&#232;s-midi. S'il y avait des commandes, on travaillait encore quatre heures le soir. Jamais de cong&#233;s, sauf s'il n'y avait aucune commande ou en cas de coupures d'&#233;lectricit&#233;. Je devais coller des &#233;tiquettes sur les jouets. Les salaires &#233;taient d&#233;termin&#233;s par la production et la vitesse de la cha&#238;ne. Certains arrivaient &#224; se faire 1000 yuan par mois, d'autres seulement 400-500 yuan. Les dortoirs aussi &#233;taient mieux, et on pouvait y faire sa cuisine. Cette usine &#233;tait priv&#233;e, et construite par le patron lui-m&#234;me, c'est pourquoi ce dernier &#233;tait plus compr&#233;hensif et courtois. Si on devait rentrer chez soi, on pouvait, et si quelqu'un de la famille venait en visite, il pouvait dormir dans le dortoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis rest&#233;e trois mois. J'avais appris &#224; me servir d'une machine &#224; coudre, et je voulais toujours travailler dans la confection. Je voulais aussi gagner plus. Je suis partie avec quelqu'un de mon village qui venait d'arriver pour chercher du travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5e emploi : une usine de vid&#233;odisques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes all&#233;s &#224; Dongguan. Nous avons pris un minibus sans autorisation officielle, qui nous a demand&#233; un prix fou pour nous laisser au milieu de nulle part. Nous avons pass&#233; les premiers jours &#224; la gare, puis &#224; la gare routi&#232;re. Plus tard, nous avons trouv&#233; ma cousine ; nous nous glissions dans son dortoir la nuit. Mais nous ne sommes pas rest&#233;s, de peur de lui faire du tort. Nous sommes all&#233;s chez quelqu'un d'autre de mon village. C'&#233;tait un brave type, mais c'&#233;tait un homme, et c'est pourquoi je pensais que ce n'&#233;tait pas une bonne id&#233;e de rester, m&#234;me s'il ne m'a rien fait. Un soir, je suis all&#233;e dans un cin&#233;ma qui est ouvert toute la nuit. Au matin, au moment de payer mon petit d&#233;jeuner, je me suis rendu compte que j'avais perdu mon portefeuille. J'ai d&#251; attendre mon cousin et lui demander de payer pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finalement, je ne suis pas all&#233;e dans une usine de confection, mais dans une usine de VCD (&lt;i&gt;video compact disc&lt;/i&gt;). Cette usine employait 200 personnes, la plupart des femmes. La premi&#232;re impression &#233;tait qu'elle &#233;tait exceptionnellement propre. Je travaillais &#224; l'emballage. On &#233;tait pay&#233; 2 yuan de l'heure, et 2,50 yuan pour les heures suppl&#233;mentaires. Il n'y avait pas d'heures suppl&#233;mentaires les week-ends.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai mis un moment &#224; comprendre ce qui n'allait pas : je n'avais rien &#224; faire de la journ&#233;e. Je gagnais seulement entre 200 et 300 yuan par mois, dont il fallait d&#233;duire 90 yuan pour la nourriture. L'usine avait un plan de retraite, et prenait 10% pour cela. On pouvait r&#233;cup&#233;rer cet argent au moment de quitter l'usine. Les hommes et les femmes avaient les m&#234;mes salaires pour le m&#234;me boulot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'y suis rest&#233;e cinq mois, puis je suis partie parce que je ne gagnais pas assez. J'ai d&#251; renoncer &#224; un mois de salaire quand je suis partie : les r&#232;gles de la soci&#233;t&#233; &#233;taient qu'il fallait travailler un an avant de partir pour &#234;tre pleinement pay&#233;e. C'est dire qu'on avait une occasion par an pour d&#233;missionner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6e emploi : usine de c&#233;ramique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette usine d'objets en terre cuite, il y avait 400 &#224; 500 salari&#233;s, dont 60% de femmes. Le salaire minimum &#233;tait de 480 yuan par mois. Durant les trois premiers mois, la prime d'heures suppl&#233;mentaires est de 1 yuan de l'heure ; apr&#232;s trois mois, on peut avoir une augmentation, selon l'&#233;valuation de la chef, qui favorise les femmes de la m&#234;me r&#233;gion qu'elle. Les travailleurs sont divis&#233;s en trois cat&#233;gories : A, pour qui l'augmentation est de 8 yuan, B de 7,50 yuan et C de 7 yuan. J'ai re&#231;u un B, ce qui &#233;tait tr&#232;s bien, parce que j'ai achev&#233; plein de travail. Si on ne prend aucun jour de cong&#233; pendant le mois, on peut recevoir une prime de 100 yuan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'usine fournissait gratuitement deux repas par jour. On avait aussi 2 yuan par jour pour le petit d&#233;jeuner. On travaillait sept jours par semaine. Dans le meilleur des cas, on ne faisait pas d'heures suppl&#233;mentaires le dimanche. En cas d'heures suppl&#233;mentaires, on travaillait de 18h &#224; 23h30. En principe, on commen&#231;ait &#224; 8h, mais en fait on devait &#234;tre au stade &#224; 7h30 pour faire des exercices et du jogging.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; au travail &#233;tait relativement bonne. Dans notre unit&#233;, on devait remplir d'argile des moules en forme de fleurs, et le travail demandait une certaine habilet&#233;. C'est pourquoi le g&#233;rant nous traitait bien et nous payait un peu plus. Dans d'autres unit&#233;s, c'&#233;tait moins bien, comme par exemple &#224; la peinture des fleurs, qui ne demandait pas beaucoup d'habilet&#233;. Dans cette unit&#233;, il y avait des tours pour aller aux toilettes, o&#249; on ne pouvait pas rester plus de cinq minutes, m&#234;me quand on avait ses r&#232;gles. Le long de la cha&#238;ne, il fallait s'asseoir convenablement, avec interdiction de croiser les jambes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y avait pas ces r&#232;gles dans mon unit&#233;. Les ouvriers &#233;taient assez qualifi&#233;s, et ils partaient si les patrons se montraient trop stricts. Or il fallait au moins deux semaines pour former quelqu'un.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, en cas de traitement injuste, il fallait sourire et supporter. Personne ne va au bureau du Travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7e emploi : confection &#224; P&#233;kin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s l'usine de c&#233;ramique, je suis rentr&#233;e chez moi quelque temps. Puis je suis all&#233;e travailler dans une usine de confection dans la grande banlieue de P&#233;kin, la Jiushan Garment Factory. Le propri&#233;taire &#233;tait de la province d'Anhui, et il y avait environ cent personnes. On travaillait en &#233;quipe de neuf heures, et les heures suppl&#233;mentaires le soir &#233;taient en option. On n'avait jamais un jour de cong&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le salaire &#233;tait aux pi&#232;ces, et les heures suppl&#233;mentaires n'&#233;taient pas compt&#233;es comme telles. Les conditions de travail &#233;taient terribles, pire que dans toutes les usines de Dongguan. Il n'y avait qu'une douche, que personne ne nettoyait jamais. Le dortoir &#233;tait dans un immeuble &#224; un &#233;tage, avec six ou sept personnes par chambre. &#192; cette &#233;poque les salaires &#233;taient en retard de trois mois. Je n'&#233;tais l&#224; que depuis un mois, mais j'avais des tensions avec la contrema&#238;tre, qui ne voulait pas me laisser sortir pour donner un coup de t&#233;l&#233;phone chez moi. Elle voulait que je finisse d'abord tout mon travail. Je lui ai dit que, si elle n'&#233;tait pas satisfaite de mon travail, elle n'avait qu'&#224; me donner un bon de sortie, et je m'en irais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les autres travailleurs demandaient au patron qu'il les paie. Ils le lui avaient d&#233;j&#224; demand&#233; plusieurs fois. Ils dirent alors que s'ils n'&#233;taient pas pay&#233;s, ils s'en iraient. Le patron a piqu&#233; une col&#232;re et d&#233;clar&#233; qu'il ne paierait personne. Son assistante est venue ensuite, plus polie. Elle a expliqu&#233; que le patron avait &#233;t&#233; kidnapp&#233; quelques jours plus t&#244;t, et avait d&#251; donner tout ce qu'il avait. Si le personnel n'avait pas d'argent pour les repas, l'usine pourrait les aider. On nous a donn&#233; 30 &#224; 50 yuan. L'assistante a dit qu'il y avait une commande urgente pour des habits en coton, et que si on arrivait &#224; traiter cette commande en toute priorit&#233;, elle verrait ensuite si elle pourrait nous payer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons travaill&#233; sur la commande pendant deux jours, et ils ne nous pay&#232;rent toujours pas. Plus tard, le patron nous a &#233;crit une note disant qu'il &#233;tait en crise financi&#232;re et qu'il nous paierait plus tard, selon un &#233;ch&#233;ancier d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a entendu des informations sur le patron, et on a fini par se dire que c'&#233;tait vraiment sans espoir. On a essay&#233; quand m&#234;me, mais le directeur de l'usine nous a dit que si on voulait partir, il fallait le faire maintenant. Il savait que nous n'avions pas un sou pour cela, m&#234;me pas de quoi prendre le bus pour P&#233;kin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fin de compte, nous avons d&#233;cid&#233; de partir, m&#234;me sans la paie, et que nous verrions que faire quand nous serions &#224; P&#233;kin. Normalement, la direction ferme &#224; cl&#233; la porte du terrain de l'usine. Si quelqu'un veut sortir pour donner un coup de t&#233;l&#233;phone ou faire des courses, il doit demander un bon de sortie. Mais nous sommes partis ensemble et unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes partis un soir. &#192; cette heure-l&#224;, il n'y avait qu'un gardien au portail. Un type qui travaillait avec nous avait vol&#233; la cl&#233;. Quand le portail a &#233;t&#233; ouvert, le gardien n'a pas pu nous retenir et nous sommes partis. &#192; ce moment, nous &#233;tions tr&#232;s contents de nous, pensant avoir remport&#233; une esp&#232;ce de victoire. En fait certains, qui avaient perdu quatre mois de salaires, me disaient que j'avais de la chance de n'en perdre qu'un.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne sommes pas all&#233;s au bureau du Travail. &#192; cette &#233;poque, nous ne savions rien sur rien. Par exemple, il ne fallait pas me demander pourquoi on avait besoin d'un bon de sortie. Toutes les usines le faisaient. Pour quitter l'usine, il faut une permission. Les patrons ont peur des vols. Quand on d&#233;missionnait, il fallait m&#234;me un bon de sortie pour ses bagages, sinon on ne pouvait pas les emporter. On a mis tout notre argent ensemble pour s'acheter des tickets de bus. &#192; P&#233;kin, j'ai trouv&#233; ma cousine, et je lui ai emprunt&#233; de l'argent pour rentrer chez moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;8e emploi : confection &#224; Shenzhen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne suis rest&#233;e qu'une semaine chez moi, puis je suis partie &#224; Shenzhen pour travailler dans une usine appel&#233;e Hongcheng Garment Factory, financ&#233;e par de l'argent de Taiwan. On y fabriquait des habits pour enfants. Il y avait environ six cents personnes, moiti&#233; &#224; la cha&#238;ne, moiti&#233; en travail &#224; la main. J'ai vers&#233; un d&#233;p&#244;t de 80 yuan, selon eux pour ma carte de personnel, ma licence d'usine et autres documents. On m'a mis sur une machine &#224; coudre industrielle, et le travail &#233;tait vraiment dur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On faisait des heures suppl&#233;mentaires tous les jours, on n'&#233;tait pas libres avant 23h, et parfois on travaillait jusqu'&#224; 2 ou 3 heures du matin. Et le lendemain, il fallait commencer comme tous les jours, &#224; 7h30. &#192; midi, on avait une pause d'une demi-heure pour manger et se reposer, mais on ne prenait pas de repos. On retournait au travail d&#232;s qu'on avait mang&#233;. Le meilleur jour &#233;tait le dimanche, o&#249; on ne travaillait que jusqu'&#224; 21h30. Nous &#233;tions vraiment &#233;puis&#233;s, au point que certains s'&#233;vanouissaient. D'autres &#233;taient si fatigu&#233;s que leur doigt &#233;tait piqu&#233; par l'aiguille ; ils &#233;taient ensuite incapables de dire pourquoi leurs mains &#233;taient si proches de l'aiguille. En fait, c'est parce qu'ils dormaient &#224; moiti&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y avait toujours une r&#233;union le matin. Un jour, une femme s'est &#233;vanouie en plein milieu. Nous ne sommes pas parvenu &#224; la faire revenir &#224; elle. Finalement son mari, qui travaillait l&#224;, l'a emmen&#233;e chez elle pour un jour de repos. Mais pas plus : ils ne lui ont pas accord&#233; plus de temps pour se reposer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On travaillait &#224; la pi&#232;ce, et il n'y avait pas de prime pour les heures suppl&#233;mentaires. Le salaire minimum &#233;tait de 800 yuan par mois, et pouvait aller jusqu'&#224; 2000 yuan. Mais il fut ensuite d&#233;cr&#233;t&#233; que le salaire maximum serait de 1800 yuan, parce que les chefs de section &#233;taient &#224; 2000 yuan. Le salaire &#233;tait bon, mais le syst&#232;me des amendes &#233;tait tr&#232;s strict. On pointait, et on perdait 1 yuan par minute de retard. S'il y avait des retours de marchandises pour mauvaise qualit&#233;, on avait une amende, si on r&#233;pondait &#224; un chef, amende, si le sol &#233;tait sale, amende.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y avait une femme nettement plus &#226;g&#233;e que les autres. Un jour, le chef de section lui a demand&#233; de refaire quelque chose, et elle a refus&#233;. En fait, on ne pouvait pas dire qu'il y avait un d&#233;faut dans son travail, mais quand le chef de section dit quelque chose, il vaut mieux ob&#233;ir. Elle eut donc une amende, mais elle a encore refus&#233; et s'est disput&#233;e avec le chef de section, qui lui a mis une deuxi&#232;me amende ! Ce mois-l&#224;, elle avait 600 yuan d'amendes, mais elle a encore fait environ 100 yuan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nourriture &#233;tait bonne dans cette usine : une soupe et trois plats midi et soir, et le riz &#233;tait tr&#232;s bon. Dans l'apr&#232;s-midi, on avait des fruits, et le soir tard il y avait un autre repas apr&#232;s les heures suppl&#233;mentaires, et encore un autre si on travaillait dans la nuit jusqu'&#224; 3 heures. C'est tr&#232;s rare dans les autres usines. Il y avait toutes sortes de choses pour le petit d&#233;jeuner, mais la plupart des gens n'en prenait pas : ils &#233;taient trop fatigu&#233;s et restaient au lit. On &#233;tait &#224; vingt par chambre, et il n'y avait pas assez de douches et de toilettes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y avait pas de contrat de travail. Une fois par an, on pouvait avoir un cong&#233; de vingt jours, trente jours maximum. Mais la plupart des gens avaient de la peine &#224; avoir une journ&#233;e libre. Si on ne venait pas travailler, on avait une amende de 50 &#224; 100 yuan. La f&#234;te nationale ou la f&#234;te du travail n'&#233;taient pas ch&#244;m&#233;es. Dans le meilleur des cas, on &#233;tait dispens&#233; d'heures suppl&#233;mentaires pour la f&#234;te de la mi-automne. Il n'y avait pas de syndicat, et nous n'avions jamais entendu parler de lois de protection du travail ni re&#231;u aucune formation l&#224;-dessus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis partie au bout de deux mois. J'&#233;tais trop &#233;puis&#233;e. Mon quota &#233;tait trop &#233;lev&#233;. Parfois je travaillais dans la nuit jusqu'&#224; 3 heures sans arriver &#224; le finir. Selon les r&#232;gles de cette usine, on ne pouvait pas d&#233;missionner avant trois mois. On n'a donc pas voulu me laisser partir. Je suis all&#233;e voir la chef de section, et elle a donn&#233; son accord. Mais quand je suis all&#233;e voir le chef de division, il a refus&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai d&#251; &#233;crire une lettre au directeur g&#233;n&#233;ral adjoint venu de Taiwan. &#192; cette &#233;poque, ma famille avait arrang&#233; mon mariage, alors que je n'en voulais pas. Mais j'ai pris ce pr&#233;texte pour quitter mon boulot. Dans la lettre, je disais que ma famille avait d&#233;j&#224; re&#231;u 2000 yuan de cadeaux pour la fianc&#233;e, que je n'&#233;tais pas d'accord et que je voulais rentrer pour arr&#234;ter tout. Lorsque j'aurais annul&#233; tous les engagements, je reviendrais travailler parce qu'il me fallait gagner 2000 yuan pour d&#233;dommager l'autre famille. Le directeur g&#233;n&#233;ral adjoint m'a dit de venir dans son bureau. Il m'a dit de revenir &#224; la fin du mois, et que l&#224; il serait d'accord. Je n'avais pas tr&#232;s confiance, et je lui ai demand&#233; de signer au bas d'une lettre que j'avais &#233;crite. Mais ensuite ses subordonn&#233;s n'&#233;taient toujours pas d'accord, et j'&#233;tais bloqu&#233;e. Au d&#233;but, je faisais du bon boulot sur les habits que je travaillais, mais ensuite je me suis moins fatigu&#233;e, et ils n'ont plus voulu me garder. Finalement, ils ont approuv&#233; ma demande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre groupe fabriquait une sorte de parc pour b&#233;b&#233; qui se vendait tr&#232;s bien. Les autres usines ne semblaient pas capables de produire ce parc, et dans notre usine, seule notre division pouvait le faire. Nous &#233;tions les mieux pay&#233;s de l'usine, et c'est aussi pourquoi il &#233;tait difficile de quitter cet emploi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'&#233;tait vraiment &#233;puisant. Ils avaient du mal &#224; trouver des travailleurs. Beaucoup de gens partaient. Quelqu'un avait &#233;crit sur le mur des toilettes : &#171; &lt;i&gt;Les filles ne devraient pas travailler dans cette usine&lt;/i&gt;. &#187; L'usine &#233;tait impitoyable. En 2003, pendant la crise du SRAS, un type avait une grosse fi&#232;vre et il est all&#233; &#224; la clinique pour avoir un certificat d'un docteur. Mais l'usine refusa de lui donner un cong&#233; maladie, et l'emp&#234;cha aussi de venir travailler. Finalement, le type est parti de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;9e emploi : une autre usine de confection &#224; Shenzhen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai tout de suite pris un autre emploi dans le district de Longgang de Shenzhen, &#224; la New Horse Garment Factory. Cette usine fabriquait des habits pour des mod&#233;listes connus. J'y ai travaill&#233; pendant un an. J'&#233;tais inspectrice des fils, c'est-&#224;-dire que je devais v&#233;rifier qu'il ne sortait aucun fil du v&#234;tement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les horaires habituels &#233;taient en &#233;quipes de huit heures, avec deux heures suppl&#233;mentaires les lundi, mercredi et vendredi. En cas d'heures suppl&#233;mentaires le week-end, on recevait double paie. On &#233;tait pay&#233; &#224; l'heure, et mon salaire &#233;tait de 2,77 yuan. Les salaires &#233;taient pay&#233;s avec un mois de retard. Le salaire minimum &#233;tait de 700 yuan par mois. On avait une prime de 7 yuan quand on faisait l'&#233;quipe du soir. Apr&#232;s trois mois de travail, on vous passait au salaire aux pi&#232;ces. L'usine fournissait aussi une assurance m&#233;dicale et une autre pour les accidents du travail. Cela co&#251;tait 60 &#224; 70 yuan par mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les dortoirs, on &#233;tait &#224; huit ou dix par chambre, mais il y avait un balcon &#224; chaque chambre. La direction faisait souvent des exercices incendie. Il y avait une salle de r&#233;cr&#233;ation, o&#249; on pouvait jouer au ballon ou regarder des films. Au bout de trois mois, j'ai chang&#233; de poste : j'ai travaill&#233; dans la section des pulv&#233;risations. La pulv&#233;risation est faite pour am&#233;liorer la qualit&#233; du tissu. Les autres n'&#233;taient pas contentes, mais j'avais &#233;tudi&#233; la confection et je travaillais dur &#8211; les autres femmes ne pouvaient pas dire grand-chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La division travaillait en &#233;quipe de nuit et sur la base du salaire aux pi&#232;ces. Puis le tarif fut r&#233;duit de 40%. &#192; l'origine, le salaire &#233;tait d'environ 1700 yuan, mais il est tomb&#233; &#224; 1000 yuan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus tard j'ai &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e au d&#233;partement du repassage. &#192; cette &#233;poque, il y avait trop de commandes et pas assez de machines. C'est pourquoi ils ont lou&#233; une machine fabriqu&#233;e en Chine. Elle n'&#233;tait pas tr&#232;s s&#251;re. Elle tombait tout le temps en panne. Mais j'avais &#233;t&#233; assign&#233;e &#224; cette machine et je ne pouvais rien y faire. La machine avait un &#233;cran de surveillance, mais un &#233;crou ne tenait pas et l'&#233;cran tombait souvent. L'&#233;lectricien l'a examin&#233;e, puis a affirm&#233; qu'on pouvait encore s'en servir, mais avec prudence. Je n'en ai pas tenu vraiment compte par la suite. Quand le contrema&#238;tre a d&#233;couvert le probl&#232;me, il m'a dit que si l'&#233;cran tombait encore une fois, on ne l'utiliserait plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 25 mars 2004, je travaillais de nuit et l'&#233;cran est tomb&#233; plusieurs fois. J'ai donc cess&#233; de l'utiliser. Dans la nuit, vers 3 heures, l'accident a eu lieu. Ma main a &#233;t&#233; happ&#233;e par le rouleau de fer. Quelqu'un, pensant que la machine s'&#233;tait enray&#233;e, coupa le courant. Mais ma main &#233;tait encore dedans, et je ne pouvais la retirer. Personne ne savait que faire, mais ils appel&#232;rent l'&#233;lectricien. Ce dernier dormait, et il mit six minutes &#224; venir. Quand il lib&#233;ra la pression de la machine, je pus retirer ma main. La s&#233;curit&#233; appela pour demander une voiture de l'usine pour m'emmener &#224; l'h&#244;pital, mais il n'y avait pas de chauffeur. Il fallut une demi-heure pour obtenir un taxi, et j'allai &#224; l'h&#244;pital toute seule. Personne ne m'a accompagn&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis rest&#233;e &#224; l'h&#244;pital vingt et un jours. On m'a greff&#233; de la peau sur la main. J'ai d&#251; demander plusieurs fois &#224; l'usine qu'ils m'envoient l'argent du traitement. L'usine n'a envoy&#233; personne pour me rendre visite ou rester avec moi au moment de l'op&#233;ration. J'ai demand&#233; ensuite plusieurs fois qu'ils envoient un travailleur de l'usine pour rester avec moi quelques jours. Ils ont finalement accept&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'usine n'avait donn&#233; que 100 yuan pour la nourriture. De peur de manquer d'argent, nous ne mangions pas les repas de l'h&#244;pital. Ma cousine m'apportait &#224; manger tous les jours. Je n'&#233;tais pas encore compl&#232;tement gu&#233;rie, mais l'usine a cess&#233; de payer les factures de l'h&#244;pital, qui a arr&#234;t&#233; les piq&#251;res. Ensuite l'h&#244;pital a dit que j'&#233;tais gu&#233;rie et que je n'avais plus besoin de piq&#251;res. S'ils ne s'&#233;taient pas arr&#234;t&#233;s au milieu du traitement, j'aurais &#233;t&#233; gu&#233;rie plus vite et mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dix jours apr&#232;s ma sortie de l'h&#244;pital, l'usine a commenc&#233; &#224; faire pression pour que je revienne travailler. Le contrema&#238;tre m'a convoqu&#233;e dans son bureau et m'a demand&#233; comment je faisais pour manger et m'habiller. Pensant qu'il s'enqu&#233;rait de ma sant&#233;, je lui ai r&#233;pondu que j'arrivais &#224; faire &#231;a toute seule, sans l'aide de personne. Il m'a r&#233;torqu&#233; qu'alors je pouvais bien venir travailler aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela m'a mise en col&#232;re. Le docteur avait sugg&#233;r&#233; qu'on me fasse une seconde greffe de peau. J'avais peur que ma main reste d&#233;form&#233;e et handicap&#233;e, et je n'avais vraiment pas le moral. J'avais envie de sauter par la fen&#234;tre. Quand j'&#233;tais &#224; l'h&#244;pital, quelqu'un &#233;tait venu d'un centre d'assistance aux travailleurs de Shenzhen pour m'interroger sur mon accident du travail. J'ai trouv&#233; leur adresse et je suis all&#233;e les voir pendant ma convalescence. Ils m'ont un peu aid&#233;e, mais c'&#233;tait limit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus tard, j'ai eu ma seconde greffe. Je suis all&#233;e seule &#224; l'h&#244;pital. Je ne savais pas, &#224; cette &#233;poque, que l'assurance pour les accidents du travail incluait les frais de transport et de nourriture. Pour faire des &#233;conomies, j'ai pris un bus public au trajet interminable. L'op&#233;ration a bien march&#233;. J'ai r&#233;cup&#233;r&#233; presque compl&#232;tement le fonctionnement de ma main. Mais quand il fait mauvais, la peau greff&#233;e craque facilement. L'usine ne m'a toujours pas pay&#233; mes salaires et l'argent de l'assurance qu'ils me doivent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation actuelle de Mlle Zhang&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je travaille maintenant dans un centre d'assistance aux travailleurs. Avec toute mon exp&#233;rience du travail, je crois que ce dont les travailleuses ont le plus besoin, c'est : premi&#232;rement, de conna&#238;tre la loi ; deuxi&#232;mement, quand elles connaissent un peu les lois, de d&#233;fendre leurs droits ; troisi&#232;mement, quand elles d&#233;fendent leurs droits, elles peuvent faire des progr&#232;s, et alors seulement elles peuvent am&#233;liorer leur condition. La premi&#232;re &#233;tape est difficile. La plupart de ceux qui ont ce genre d'emploi n'ont aucune connaissance de la loi et n'ont jamais pens&#233; qu'ils ont des droits et n'ont jamais cherch&#233; &#224; les conna&#238;tre. Ils pensent que partir dans le monde du travail c'est comme &#231;a, et c'est tout. Quand je me trouvais au ch&#244;mage entre mes neuf emplois, je vivais de fait dans la rue. Nous savions que la gare ne nous rejetterait pas, qu'on pourrait y fermer un peu les yeux et se reposer. Quand on d&#233;missionne, il faut quitter l'usine. Avant de rentrer &#224; la maison, nous allions dans des cin&#233;mas permanents o&#249; nous passions la nuit pour attendre l'aube et les premiers bus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le bureau du Travail n'a rien fait pour nous aider ou nous prot&#233;ger. Il ne pense qu'&#224; se d&#233;barrasser de tout travailleur qui vient dans ses bureaux. Ses fonctionnaires ne sont pas bien pay&#233;s, et moins ils en font mieux ils se portent. Si on ne les bouscule pas, ils refusent de consid&#233;rer votre cas. Et puis bien s&#251;r, il y a les relations avec les patrons des usines, qui les invitent &#224; d&#238;ner, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a des probl&#232;mes avec les lois actuelles. Prenez l'exemple des cong&#233;s de maternit&#233;. Le r&#232;glement dit que la femme a droit &#224; un cong&#233; pr&#233;natal de quinze jours. C'est tr&#232;s mauvais pour la sant&#233; des femmes qui viennent des autres parties de la Chine pour travailler dans le Sud. Supposez qu'elles prennent un bus quinze jours avant la date pr&#233;vue pour l'accouchement. Qu'est-ce qu'elles font si quelque chose arrive en chemin ? Quand l'enfant a un mois, elles doivent revenir au travail, et ce n'est pas bon pour l'enfant. Un autre probl&#232;me r&#233;pandu est celui des r&#232;gles douloureuses. Mais pour le moment, pas une usine, m&#234;me celles o&#249; les conditions de travail sont bonnes, ne trouve le moyen de donner une attention sp&#233;ciale &#224; ces femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte paru dans&lt;/i&gt; &#201;changes&lt;i&gt;, n&#176;120, printemps 2007&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;br&#232;ve insolite... :&lt;/strong&gt;&quot;Effront&#233;e et r&#233;volt&#233;e, Zhang, ouvri&#232;re chinoise de 26 ans, a eu assez d'audace pour se mettre &#224; nu afin de revendiquer ses droits. Ancienne employ&#233;e d'une usine situ&#233;e dans la province du Liaoning (Nord-Est), elle a manifest&#233; pendant trois heures devant l'entr&#233;e de son ancienne entreprise en petite culotte, afin de r&#233;clamer les 800 euros d'arri&#232;r&#233;s de salaire dus pas son ancien employeur.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; [&lt;i&gt;Extrait de &lt;/i&gt;Marie-Claire&lt;i&gt;... qui s'int&#233;resse aux ouvri&#232;res chinoises quand elles sont &#224; poil&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'EXPORTATION DES PROLETAIRES CHINOIS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;794 000, c'est le nombre officiel de travailleurs chinois expatri&#233;s en 2008, nombre croissant depuis plusieurs ann&#233;es et probablement plus proche du million [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='footnote' title='Ils &#233;taient 540000 en 2004, 635000 en 2006.' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]. Effectuant des missions de plusieurs mois ou ann&#233;es &#224; l'&#233;tranger avant de rentrer en Chine, ils ne doivent donc pas &#234;tre confondus avec les migrants (avec ou sans papiers) ni avec les membres de la diaspora chinoise [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='footnote' title='La diaspora chinoise se compose de populations ayant des anc&#234;tres chinois (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces expatri&#233;s [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='footnote' title='Des dizaines de millions de travailleurs s'expatrient ainsi &#224; travers (...)' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;], qui travaillent principalement dans les secteurs du BTP, du textile et de la p&#234;che, sont en fait de deux types :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# des ouvriers effectuant des missions temporaires et contractuelles pour le compte de grandes entreprises chinoises dans le cadre de chantiers internationaux de travaux publics, d'infrastructures routi&#232;res, ferroviaires et p&#233;troli&#232;res, auxquels s'ajoute du personnel d'encadrement pour des usines rachet&#233;es ou construites dans d'autres pays [&lt;a href='#nb26' class='spip_note' rel='footnote' title='En octobre 2009, la soci&#233;t&#233; chinoise Nile Textile Group s'&#233;tablit en (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;] ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# des ouvriers fournis par des agences de recrutement chinoises &#224; des entreprises de pays demandeurs de main-d'&#339;uvre dans le cadre d'accords bilat&#233;raux (surtout au Proche et Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est) [&lt;a href='#nb27' class='spip_note' rel='footnote' title='En 1997 un accord est par exemple sign&#233; avec Isra&#235;l o&#249; environ 40000 (...)' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le principal int&#233;r&#234;t de l'emploi d'expatri&#233;s r&#233;side, pour les entreprises, dans les salaires qui leurs sont vers&#233;s, bien inf&#233;rieurs &#224; ceux de la main-d'&#339;uvre locale&#8230; mais pourtant sup&#233;rieurs &#224; ceux vers&#233;s en Chine, ce qui explique que les volontaires ne manquent pas (une ouvri&#232;re chinoise dans une usine de textile en Roumanie gagne huit fois plus qu'en Chine mais deux fois moins qu'une ouvri&#232;re roumaine) [&lt;a href='#nb28' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour &#234;tre exploit&#233;s de la sorte, les travailleurs doivent payer de tr&#232;s (...)' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]. Leur soumission aux r&#232;gles locales de travail peut en outre &#234;tre beaucoup plus &#171; souple &#187; (cela varie selon les accords bilat&#233;raux).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les employeurs chinois, qui rencontrent parfois des &#171; difficult&#233;s &#187; avec la main-d'&#339;uvre locale (m&#233;tallos zambiens s'en prenant &#224; l'encadrement chinois et voulant incendier leurs baraquements, ouvriers alg&#233;riens voulant cr&#233;er des sections syndicales, etc.), pr&#233;f&#232;rent exploiter leurs compatriotes plus habitu&#233;s &#224; leurs m&#233;thodes d'encadrement et pouvant &#234;tre renvoy&#233;s en Chine en cas d'indiscipline ou de gr&#232;ve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'avantage salarial (qui entra&#238;ne des co&#251;ts inf&#233;rieurs de 20 &#224; 30% &#224; ceux de leurs concurrents) et la possibilit&#233; d'importer rapidement des centaines voire des milliers d'ouvriers, permet aux entreprises chinoises de s'emparer de nombreux march&#233;s dans le BTP ou l'extraction de mati&#232;res premi&#232;res, notamment en Afrique [&lt;a href='#nb29' class='spip_note' rel='footnote' title='S'y ajoutent les offres de pr&#234;ts chinois (des milliards &#224; des taux (...)' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]. Elles assurent aujourd'hui la plupart des grands chantiers de construction publics ou priv&#233;s (logements, barrages, routes, etc.) et on commence m&#234;me &#224; parler de &#171; &lt;i&gt;Chinafrique&lt;/i&gt; &#187;. En Alg&#233;rie, elles profiteraient &#233;galement de la crise du BTP qui a touch&#233; le pays dans les ann&#233;es 90, d&#233;truit beaucoup d'entreprises locales et entra&#238;n&#233; une p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e [&lt;a href='#nb30' class='spip_note' rel='footnote' title='Ces entreprises auraient commenc&#233; &#224; s'implanter dans les ann&#233;es 1990 (...)' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Europe, les entreprises chinoises (avec des travailleurs chinois) ont tent&#233; de p&#233;n&#233;trer le march&#233; italien sans succ&#232;s, mais font leurs premiers pas dans les nouveaux pays de l'UE (Pologne, Roumanie, Bulgarie) [&lt;a href='#nb31' class='spip_note' rel='footnote' title='Plusieurs articles sur les travailleurs asiatiques en Roumanie dans (...)' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;] et surtout aux marges de l'UE (Ukraine, Mac&#233;doine, Serbie). En Roumanie et en Pologne, une sorte de jeu de chaises musicales fait que les travailleurs locaux &#233;migrent vers l'Ouest europ&#233;en ce qui entra&#238;ne un manque de main-d'&#339;uvre et un recours &#224; des travailleurs asiatiques (Vietnamiens, Philippins ou Chinois) [&lt;a href='#nb32' class='spip_note' rel='footnote' title='Les travailleurs chinois expatri&#233;s auraient g&#233;n&#233;r&#233; des revenus de 7,24 (...)' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette mise en concurrence des travailleurs accentue leurs divisions et provoque parfois des tensions et l'apparition d'un racisme antichinois (comme par exemple en Alg&#233;rie o&#249; seraient pr&#233;sents 20 &#224; 50000 travailleurs chinois). C'est la figure de l'&#233;tranger, de l'immigr&#233;, qui &#233;merge encore une fois en &#233;vacuant les r&#233;f&#233;rences sociales (la notion de classe) pour le plus grand profit du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin d'assurer le d&#233;veloppement de cette tr&#232;s profitable exportation de prol&#233;taires, et pour pr&#233;server l'abondance des volontaires, le gouvernement chinois a &#233;t&#233; oblig&#233; en 2009 de prendre des mesures pour assurer un minimum de &#171; &lt;i&gt;protection&lt;/i&gt; &#187; aux expatri&#233;s (contre les agressions, fraudes, litiges &#233;conomiques, etc.) [&lt;a href='#nb33' class='spip_note' rel='footnote' title='En 2009, &#224; Bucarest et Varsovie, des ouvriers chinois en fin de contrat (...)' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]. Car cette main-d'&#339;uvre n'est pas aussi docile et corv&#233;able qu'on pourrait le croire, et les salaires n'effacent pas l'exploitation forcen&#233;e qu'elle subit (tr&#232;s dures conditions de travail et d'h&#233;bergement, non-paiement des salaires fr&#233;quent, etc.) : conflits, gr&#232;ves et &#233;meutes &#233;maillent nombre de ces missions aux quatre coins du monde : Alg&#233;rie, Roumanie, &#206;le Maurice, Arabie saoudite, Isra&#235;l, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juin, &#238;le Maurice : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 300 ouvriers chinois de Super Construction Ltd pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires. En octobre, les ouvriers emp&#234;chent l'expulsion par la police de quatre des leurs consid&#233;r&#233;s comme des &#171; meneurs &#187; ; ils campent devant l'ambassade de Chine pour obtenir le remboursement des sommes qu'ils ont d&#251; verser pour obtenir ce travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 mars, Mongomo (Guin&#233;e &#233;quatoriale) :&lt;/strong&gt; gr&#232;ve pour les salaires des ouvriers chinois sur un chantier de construction g&#233;r&#233; par la compagnie Jianyu Overseas Development Limited (filiale du groupe Wheihai). Des militaires d&#233;p&#234;ch&#233;s en nombre font des incursions jusque dans les dortoirs pour les obliger &#224; reprendre le travail. Devant la r&#233;sistance des travailleurs, ils ouvrent le feu (deux morts, quatre bless&#233;s, cent arrestations). Les jours suivants, plus de 300 ouvriers sont renvoy&#233;s en Chine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 octobre, Khemis Miliana (Alg&#233;rie) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 50 ouvriers chinois travaillant &#224; la construction d'une autoroute. Ils entament une marche en direction d'Alger pour protester contre leurs conditions de travail et d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2009&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 septembre, Tel-Aviv (Isra&#235;l) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de trois ouvriers chinois qui se barricadent une dizaine d'heures dans une cabine au sommet d'une grue pour le paiement de leurs salaires. Ils obtiennent la promesse qu'un millier de dollars dus leur sera vers&#233;e avant leur retour en Chine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 f&#233;vrier, Zallaq (Bahre&#239;n) : &lt;/strong&gt;150 ouvriers chinois de China State Construction Engineering Corp., en gr&#232;ve sauvage depuis la veille, s&#233;questrent neuf cadres et contrema&#238;tres. Apr&#232;s 6 heures de n&#233;gociations avec un diplomate chinois et le ministre de l'Int&#233;rieur de Bahre&#239;n, la police lance l'assaut (deux ouvriers, un cadre et un flic bless&#233;s, 26 ouvriers chinois arr&#234;t&#233;s). Les gr&#233;vistes protestaient contre les conditions de travail et de salaire, et demandaient le rapatriement en Chine des cadres s&#233;questr&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;LA CHINE DANS LA CRISE MONDIALE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plut&#244;t que de r&#233;sumer &lt;/i&gt;Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes (1978-2009)&lt;i&gt;, les notes qui suivent mettent &#224; jour certains des d&#233;veloppements que j'y ai faits. Je tiens compte d'informations concernant la p&#233;riode d&#233;j&#224; couverte, mais qui m'avaient &#233;chapp&#233;, et d'&#233;l&#233;ments r&#233;cents intervenus depuis la fin de la r&#233;daction de Luttes&#8230; .&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction : quelle crise en Chine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon la plupart des sources, la crise mondiale ne s'est traduite en Chine que par un &lt;i&gt;ralentissement de la croissance&lt;/i&gt;, et non pas par une r&#233;cession proprement dite. Il y a cependant de nombreux experts pour dire que les chiffres de croissance publi&#233;s par le gouvernement ne tiennent pas la route. Pour eux, l'&#233;conomie chinoise aurait bien connu une v&#233;ritable r&#233;cession fin 2008-d&#233;but 2009. Ces experts s'appuient sur le fait que les statistiques chinoises mentent mal. Elles annoncent par exemple une croissance du PIB de 7,9% au 2e trimestre 2009, alors que les exportations ont recul&#233; de 22% et surtout que la consommation d'&#233;lectricit&#233; a baiss&#233; de 2,3% (depuis des ann&#233;es, la consommation chinoise d'&#233;nergie augmente de 7 &#224; 9% par an). On pourrait multiplier les exemples. Les chiffres du PIB sont gonfl&#233;s parce que les sources provinciales qui les fournissent ont int&#233;r&#234;t &#224; ce qu'ils le soient et que le gouvernement central n'a pas les moyens de collecter les donn&#233;es de fa&#231;on ind&#233;pendante. Peu importe. Le plan de relance du gouvernement [annonc&#233; en novembre 2008] indique suffisamment que l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; chinoises sont prises dans le maelstr&#246;m de la crise mondiale et que celle-ci constitue une menace pour le pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Impact de la crise &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plupart des commentateurs pensent que la sortie de crise mondiale passe en particulier par un recentrage de l'&#233;conomie chinoise sur sa demande int&#233;rieure. Le plan de relance du gouvernement joue ce r&#244;le, mais d'une fa&#231;on perverse. Ce plan a &#233;t&#233; mis en place de fa&#231;on tr&#232;s rapide. Il semble que la crainte principale du pouvoir soit que la mont&#233;e du ch&#244;mage n'entra&#238;ne des probl&#232;mes sociaux. Rappelons que le syst&#232;me de protection sociale est quasiment inexistant en Chine, notamment en ce qui concerne les travailleurs migrants. Une autre cat&#233;gorie sociale &#224; risque pour le pouvoir est celle des &#233;tudiants, qui ont de plus en plus de peine &#224; trouver des d&#233;bouch&#233;s conformes &#224; leur formation et &#224; leurs esp&#233;rances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.1. La relance chinoise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le plan de relance comporte deux aspects : augmentation des d&#233;penses publiques et augmentation des cr&#233;dits accord&#233;s par les banques (publiques).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;1.1.1. D&#233;penses publiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; la baisse des importations am&#233;ricaines et europ&#233;ennes, P&#233;kin a tr&#232;s vite cherch&#233; &#224; soutenir la demande int&#233;rieure par un plan de relance de 460 milliards de dollars. En r&#233;alit&#233;, le financement du gouvernement central n'est que de 115 milliards de dollars, le reste &#233;tant attendu, mais sans certitude, des gouvernements locaux et du secteur priv&#233;. Quoi qu'il en soit, l'initiative de P&#233;kin a &#233;t&#233; tr&#232;s rapidement suivie d'effet : on a mis en &#339;uvre des projets tous pr&#234;ts qui avaient &#233;t&#233; refus&#233;s dans les ann&#233;es ant&#233;rieures, ou on en a improvis&#233;s de nouveaux sans trop d'&#233;tudes pr&#233;alables. Le gouvernement voudrait utiliser ces d&#233;penses pour favoriser une r&#233;orientation de l'&#233;conomie vers des secteurs plus modernes ou pas encore exc&#233;dentaires. Il n'est pas s&#251;r du tout qu'il y parvienne. Les principales d&#233;penses du plan sont les suivantes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;Infrastructures : &lt;/i&gt;les d&#233;penses de l'&#201;tat financeront le rail (plus 20000 km, &#224; 100000 km), les autoroutes (l'&#201;tat et les provinces feront passer le r&#233;seau autoroutier &#224; 180000 km en quelques ann&#233;es, pour 38 millions de voitures particuli&#232;res &#8211; aux USA, les chiffres sont respectivement de 75000 km et 230 millions de voitures), et les a&#233;roports (secteur o&#249; les doublons sont nombreux d&#233;j&#224;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;Logement social, d&#233;veloppement rural et protection sociale : &lt;/i&gt;on ne dispose pas de d&#233;tails sur les programmes de d&#233;penses dans ces secteurs. Il est &#233;vident qu'il s'agit de pacifier les campagnes et d'inciter les m&#233;nages &#224; &#233;pargner moins. Il y a longtemps qu'on en parle. En ce qui concerne la couverture sant&#233;, P&#233;kin finance 40% des 124 milliards de dollars n&#233;cessaires et attend des autorit&#233;s locales qu'elles financent le reste et trouvent les solutions concr&#232;tes. Il y a des exp&#233;riences locales, mais on n'a pas de vue d'ensemble pour le moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;1.1.2. Augmentation des cr&#233;dits&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous l'impulsion du gouvernement, les grandes banques publiques ont, dans un premier temps, fortement augment&#233; l'octroi de cr&#233;dits aux entreprises. Apr&#232;s avoir atteint 1200 milliards de yuan par mois (environ 175 milliards de dollars) au premier semestre 2009, les nouveaux cr&#233;dits tombent &#224; 300-700 milliards de yuan/mois au second trimestre. Mais ce n'est pas parce que la relance a atteint ses objectifs. C'est parce que les banques craignent l'accumulation de cr&#233;ances douteuses. Surtout, une part importante des cr&#233;dits sont investis de fa&#231;on sp&#233;culative en bourse (20 %) ou dans l'immobilier (30 %). Comme en Occident, la relance fait gonfler des bulles nouvelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, et selon un sch&#233;ma bien &#233;tabli, les nouveaux cr&#233;dits vont en quasi-totalit&#233; aux entreprises d'&#201;tat, tandis que les PME priv&#233;es exportatrices ou sous-traitantes &#224; l'exportation n'en re&#231;oivent pas. Or ce sont elles qui repr&#233;sentent 75% des emplois urbains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2. Modification du mod&#232;le chinois ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments ci-dessus n'indiquent pas de r&#233;orientation fondamentale du mod&#232;le &#233;conomique chinois, lequel est en r&#233;sum&#233; d'&#234;tre un fournisseur de travail pas cher pour l'Occident. L'&#233;volution souhait&#233;e par une fraction des capitalistes chinois et mondiaux consisterait en la fameuse mont&#233;e en gamme de l'&#233;conomie chinoise et en son recentrage sur le march&#233; int&#233;rieur. Il n'est pas impossible que l'effet de la crise aille dans le sens oppos&#233; : plus de la m&#234;me chose. Quelques aspects du probl&#232;me :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;Maintien des surcapacit&#233;s : &lt;/i&gt;c'est &#233;vident dans des secteurs comme la sid&#233;rurgie, le ciment, le verre. La crise n'entra&#238;ne pas de fermetures massives d'entreprises de ces secteurs, entre autre &#224; cause de la r&#233;sistance des travailleurs concern&#233;s (voir plus bas). En cons&#233;quence, il y a surproduction de produits sid&#233;rurgiques de base, baisse des prix &#8211; et les am&#233;ricains viennent de porter plainte &#224; l'OMC contre les importations chinoises de tubes &#224; des prix de dumping, disent-ils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;Exc&#232;s du cr&#233;dit &lt;/i&gt;et formation de nouvelles bulles de cr&#233;ances douteuses (voir plus haut).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;#&lt;i&gt;Relance de la consommation int&#233;rieure douteuse :&lt;/i&gt; les chiffres officiels sont, selon les experts, sujets &#224; caution. Il y a une certaine augmentation de la consommation, mais elle est temporaire car soutenue par des subventions publiques (dans l'automobile, l'&#233;lectrom&#233;nager, notamment). On a vu plus haut que, pour le moment en tout cas, l'am&#233;lioration de la protection sociale n'incite pas les m&#233;nages &#224; d&#233;s&#233;pargner de fa&#231;on significative. La seule fa&#231;on que la consommation augmente de fa&#231;on soutenable serait que les salaires augmentent. En ce qui concerne les migrants, le gel des salaires minimaux et la tol&#233;rance annonc&#233;e aux abus patronaux vont dans le sens inverse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;Mont&#233;e en gamme des exportations ?&lt;/i&gt; Au cours du premier semestre 2009, les exportations chinoises ont baiss&#233;, mais moins que celles des autres pays, de sorte que la Chine gagne des parts de march&#233;. Mais c'est dans le secteur bas de gamme qu'elle le fait. Habillement, chaussure, mobilier, la Chine prend des place sur les march&#233;s US et UE au d&#233;pens des autres pays fournisseurs (Mexique, Tunisie&#8230;). Et elle le fait en baissant prix et qualit&#233;, par exemple en utilisant des tissus au rebut, consid&#233;r&#233;s comme inutilisables jusqu'&#224; r&#233;cemment. Rappelons aussi que, depuis juillet 2008, le taux de change du Yuan ne s'appr&#233;cie plus. Il s'agit pour le gouvernement de d&#233;fendre les exportations par leur bas prix plus que par leur composition technique &#233;lev&#233;e ou par la hausse de la productivit&#233; dans les usines exportatrices. Quant &#224; la mont&#233;e en gamme de la production en g&#233;n&#233;ral, c'est &#224; dire le d&#233;veloppement technologique du capitalisme chinois, il semble bien que les limites que j'avais soulign&#233;es dans &lt;i&gt;Luttes&#8230; &lt;/i&gt;demeurent [&lt;a href='#nb34' class='spip_note' rel='footnote' title='&#192; savoir que la R&amp;D, en Chine, c'est surtout du d&#233;veloppement. (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]. Soulignant que les d&#233;penses de recherche et d&#233;veloppement de la Chine ont doubl&#233; entre 2000 et 2005, un article de &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt; conclut que &#171; &lt;i&gt;les r&#233;sultats sont mitig&#233;s. Nombre de Chinois hautement qualifi&#233;s pr&#233;f&#232;rent encore &#233;migrer en Europe ou aux &#201;tats-Unis. L'accent mis sur le d&#233;veloppement industriel, au d&#233;triment de la recherche fondamentale, risque de cr&#233;er un handicap s&#233;rieux pour la Chine dans le domaine des industries de pointe&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb35' class='spip_note' rel='footnote' title='La Tribune, 19 juin 2009, cit&#233; dans Probl&#232;mes &#233;conomiques, n&#176;2981, 28 (...)' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;Renationalisation de l'&#233;conomie ? Recul du secteur priv&#233; ?&lt;/i&gt; Comme les entreprises d'&#201;tat sont les seules &#224; profiter de l'abondance du cr&#233;dit, elles commencent &#224; reprendre des entreprises priv&#233;es. Par exemple, les soci&#233;t&#233;s nationales de p&#233;trole rach&#232;tent des stations-service priv&#233;es, ou des promoteurs publics reprennent des promoteurs priv&#233;s. Dans le Shanxi, sous pr&#233;texte de s&#233;curit&#233; du travail, les petites mines de charbon priv&#233;es sont autoritairement int&#233;gr&#233;es dans des mines publiques plus importantes. Il faudra voir si cette tendance se confirme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Conclusion :&lt;/i&gt; rien n'indique pour le moment que les capitalistes chinois soient capables d'instrumentaliser la crise pour promouvoir une mont&#233;e en gamme de l'appareil de production et une sortie de crise par le haut. Cependant, ne serait-ce que par la multiplication des faillites, une certaine modernisation de l'&#233;conomie chinoise doit r&#233;sulter de la crise. Pour l'instant, l'impact de cette &#233;puration n'est pas visible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &#201;volution des luttes prol&#233;tariennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par rapport &#224; ce que j'ai d&#233;velopp&#233; dans &lt;i&gt;Luttes&#8230;&lt;/i&gt;, les remarques qui suivent prennent en compte des informations nouvelles qui me sont apparues autant sur les luttes sociales d'avant la crise que sur l'impact de la crise proprement dite. Une certaine &#233;volution est perceptible depuis quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1. Luttes contre la restructuration des entreprises d'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On se souvient que, dans les ann&#233;es 1990, de nombreuses restructurations se sont faites &#224; la hussarde, les directeurs s'appuyant cyniquement sur l'ignorance o&#249; se trouvaient les salari&#233;s de leurs droits. Si la grande vague de restructurations est pass&#233;e, il reste encore des op&#233;rations &#224; faire. Mais &#224; pr&#233;sent, les travailleurs sont mieux arm&#233;s pour r&#233;sister. Ils connaissent mieux leurs droits et ont des pratiques de r&#233;sistance plus directes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, les travailleurs sont parvenus &#224; stopper net des tentatives de privatisation accompagn&#233;es &#233;videmment de licenciements importants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juillet 2009 :&lt;/strong&gt;la Tonghua Iron and Steel (Jilin) compte 30000 salari&#233;s. Lorsqu'un directeur venant d'une soci&#233;t&#233; priv&#233;e annonce aux travailleurs que la privatisation envisag&#233;e implique le licenciement de 25 000 d'entre eux, il est battu &#224; mort et les ouvriers emp&#234;chent les ambulances d'approcher. La privatisation est suspendue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu plus tard le m&#234;me &#233;t&#233;&lt;/strong&gt;, les salari&#233;s d'un magasin coop&#233;ratif apprennent que le directeur a vendu l'entreprise &#224; leur insu (alors qu'ils sont associ&#233;s au capital) et se mettent en gr&#232;ve. Sur une photo, on voit des vendeuses tr&#232;s calmes et quelconques sur les marches du magasin. Elles tiennent un panneau o&#249; est &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Un incident sanglant aura bient&#244;t lieu contre la corruption&lt;/i&gt; &#187;, allusion transparente &#224; l'affaire de Tonghua.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ao&#251;t 2009 :&lt;/strong&gt; &#224; la Linzhou Iron and Steel de Anyang (Henan), l'usine est obsol&#232;te (40 ans d'&#226;ge) et est &#224; l'arr&#234;t depuis mars 2009 pour cause de manque de commandes. Malgr&#233; cela, les travailleurs ne veulent pas entendre parler d'une reprise par un groupe priv&#233;. La privatisation est stopp&#233;e apr&#232;s que les travailleurs en col&#232;re ont s&#233;questr&#233; quelques heures un cadre du Parti venu en m&#233;diation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ao&#251;t 2009 :&lt;/strong&gt; plusieurs milliers de travailleurs du Hunan Coal Industry Group se mettent en gr&#232;ve quand la direction veut leur faire signer un accord de licenciement comportant des indemnit&#233;s nettement inf&#233;rieures au minimum l&#233;gal (qui est de un mois de salaire par ann&#233;e d'anciennet&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise mondiale va peut-&#234;tre contraindre le pouvoir &#224; lancer une deuxi&#232;me vague de restructuration des entreprises qu'il contr&#244;le. Baosteel, le premier sid&#233;rurgiste chinois ne produit que 35 millions de tonnes (autant que Nippon Steel, mais moins de 10% du total national chinois, et surtout avec huit fois plus de personnel). Il y a donc de la place pour une rationalisation s&#233;v&#232;re du secteur. Le cas &#233;ch&#233;ant, cependant, les conflits cit&#233;s ci-dessus indiquent nettement que le prix &#224; payer sera plus cher que lors de la premi&#232;re vague de restructuration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2. Travailleurs migrants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La baisse brutale des exportations avec la crise mondiale a entra&#238;n&#233; des millions de licenciements et des milliers de faillites. Les donn&#233;es dont je dispose ne permettent pas de se faire une image d'ensemble de l'impact de la crise. Le dernier rapport du &lt;i&gt;Chinese Labour Bulletin&lt;/i&gt; sur le mouvement ouvrier en Chine [&lt;a href='#nb36' class='spip_note' rel='footnote' title='CLB, Going it alone, The Workers Movement in China (2007-2008), juillet (...)' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;] s'appuie sur une &#233;chantillon de 100 conflits qu'il estime repr&#233;sentatif. 80% de ces conflits concernent des travailleurs migrants. Le CLB constate une &#233;volution dans la lutte des migrants. Un tiers des conflits porte sur la d&#233;fense des droits &#233;l&#233;mentaires (salaires non pay&#233;s, primes d'heures suppl&#233;mentaires refus&#233;es, patrons en fuite&#8230;). Mais un autre tiers est fait de luttes plus offensives, r&#233;clamant des hausses de salaires, des r&#233;ductions de la dur&#233;e ou de la charge de travail, une meilleure couverture sociale, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les conflits observ&#233;s par le CLB, la gr&#232;ve proprement dite n'intervient que dans 47% des cas. Les travailleurs ont aussi recours &#224; d'autres moyens pour lutter : &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt;, manifestations, barrages de route ou de voie ferr&#233;e. La violence contre les biens de l'entreprise, la direction ou le personnel de s&#233;curit&#233; n'intervient que dans 5% des cas. Parfois cependant, la violence devient extr&#234;me : un migrant maltrait&#233; par la police entre dans un commissariat et tue plusieurs flics. En juin 2009, dans une usine de Dongguan, un migrant a perdu une main dans un accident de travail et n'arrive pas &#224; obtenir de la direction l'indemnit&#233; &#224; laquelle il a droit. Il tente d'abord de suicider. Puis, lorsque la direction le vide des dortoirs, il poignarde trois directeurs (deux meurent). La sc&#232;ne se passe devant deux cents personnes qui n'interviennent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on admet que les observations du CLB sont repr&#233;sentatives d'une tendance g&#233;n&#233;rale dans la lutte des migrants, on constate une certaine banalisation, voire institutionnalisation des luttes. D'ailleurs, certains migrants sont d&#233;sormais sortis du rang et, en vertu d'une loi existante, font profession de repr&#233;senter et d'aider d'autres travailleurs migrants dans leurs d&#233;m&#234;l&#233;s avec les instances d'arbitrage. Il semble que cela ait une certaine efficacit&#233;, puisqu'un tribunal a d&#251; d&#233;clarer ill&#233;gal ce proc&#233;d&#233; d&#232;s que plus de deux ou trois travailleurs sont impliqu&#233;s. Le CLB constate que &#171; &lt;i&gt;les revendications des travailleurs sont devenues plus &#233;labor&#233;es et plus ambitieuses&#8230; Les travailleurs ont vu plein d'exemples o&#249; les gr&#232;ves, les protestations, les barrages routiers et les sit-in sont des moyens efficaces pour parvenir &#224; leurs fins ; ils ont plus confiance en leur capacit&#233; &#224; d&#233;fendre leur propres int&#233;r&#234;ts par ces moyens.&lt;/i&gt; &#187; Et un personnage aussi important que le vice-pr&#233;sident de la section de Shenzhen de l'ACFTU r&#233;pond en &#233;cho que &#171; &lt;i&gt;les gr&#232;ves sont aussi naturelles que les disputes entre mari et femme&lt;/i&gt; &#187;. Il n'est s&#251;rement pas repr&#233;sentatif de l'opinion g&#233;n&#233;rale dans la F&#233;d&#233;ration. Mais ces &#233;volutions sont-elles suffisamment repr&#233;sentatives pour que, &#224; la fin de la crise, les migrants chinois constituent une classe ouvri&#232;re plus int&#233;gr&#233;e que ce que j'ai d&#233;crit dans &lt;i&gt;Luttes&#8230;&lt;/i&gt; Si cela se confirmait, cela voudrait dire que la c&#244;te chinoise ne peut plus fonctionner comme l'atelier du monde. On reviendra sur cette question &#224; propos de la question syndicale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.3. Apparition de luttes sectorielles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les conflits sociaux en Chine sont de moins en moins isol&#233;s les uns des autres. Les exemples o&#249; la lutte se propage, soit localement soit sectoriellement, sont plus nombreux. En octobre 2008, plusieurs centaines d'ouvriers bloquent la circulation pour protester contre la fermeture d'une cimenterie &#224; Jiaozuo (Henan). Six jours plus tard, les salari&#233;s d'une usine de grues et d'une fabrique textile de la m&#234;me ville manifestent et font gr&#232;ve pour des salaires impay&#233;s. &#192; Shiajiazhang, en mars 2008, les ouvriers de trois usines d'un m&#234;me groupe textile se mettent en gr&#232;ve pour obtenir une augmentation de salaire. Ils sont bient&#244;t rejoints pas les ouvriers de quatre autres usines du groupe [&lt;a href='#nb37' class='spip_note' rel='footnote' title='Signalons, dans le m&#234;me esprit, le mouvement de mingong dans plusieurs (...)' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette extension des gr&#232;ves atteint parfois le niveau de gr&#232;ves sectorielles, ce qui est relativement nouveau en Chine. Le CLB en indique deux :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;2.3.1. Gr&#232;ve des enseignants (2008)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle couvre plusieurs centaines d'&#233;coles maternelles, primaires et secondaires &#224; travers le pays, surtout dans les r&#233;gions rurales du centre. Les enseignants demandent que, conform&#233;ment &#224; la loi, ils soient pay&#233;s autant que les autres fonctionnaires de m&#234;me niveau. Leur lutte est dirig&#233;e contre les autorit&#233;s locales, car ce sont elles qui n'appliquent pas la loi. Le CLB ne dit pas du tout comment le mouvement s'est propag&#233;. Les gr&#232;ves se sont termin&#233;es avec ou sans succ&#232;s, selon les cas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;2.3.2. Gr&#232;ve des taxis (2007-2009)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gr&#232;ve affecte, successivement ou simultan&#233;ment, de nombreuses villes du pays. Le CLB d&#233;nombre dix gr&#232;ves de taxis en 2007 et 32 en 2008. Il y en a encore en 2009. Les chauffeurs de taxis protestent contre les charges excessives que leur imposent les compagnies, ainsi que contre les taxis qui travaillent au noir. Dans la plupart des villes, les compagnies de taxis sont fortement oligopolistiques. Elles font varier arbitrairement les charges que supportent les chauffeurs, et l'absence de concurrence entre compagnies ne leur laisse aucun choix. Les gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; apr&#232;s de multiples tentatives de fonder des sections syndicales de chauffeurs, repouss&#233;es &#224; chaque fois par l'ACFTU parce que l'&#233;tablissement d'un syndicat &#171; &lt;i&gt;concerne l'entreprise&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de noter que, selon le CLB, les chauffeurs sont le plus souvent des anciens ouvriers des entreprises d'&#201;tat ; mais on trouve &#233;galement des travailleurs migrants. Si cela est av&#233;r&#233;, ce serait la premi&#232;re fois que je vois des travailleurs migrants lutter aux c&#244;t&#233;s de coll&#232;gues disposant d'un &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; urbain. Dans la plupart des cas, les autorit&#233;s municipales s'efforcent de d&#233;bloquer la situation en faisant des concessions l&#224; o&#249; c'est en leur pouvoir et en faisant pression sur les compagnies pour qu'elles en fassent aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.4. Toujours pas de lib&#233;ralisation syndicale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On se souvient qu'une vague de gr&#232;ves dans le port de Shenzhen (mars-mai 2007) avait notamment revendiqu&#233; la fondation d'une section syndicale (&lt;i&gt;Luttes&#8230;, p.139&lt;/i&gt;). Le CLB mentionne aussi ce mouvement, et donne sur lui des informations compl&#233;mentaires. Le 24 mars 2007, la gr&#232;ve &#233;clate d'abord dans une soci&#233;t&#233; de service d'un terminal de conteneurs dans la partie est (Yantian) du port. Le 30 mars, une gr&#232;ve similaire &#233;clate dans la partie ouest du port (Shekou). Dans les deux cas, les travailleurs obtiennent des concessions (mais le CLB ne donne aucun d&#233;tail). Le 7 avril, plus de 300 grutiers de Yantian entrent en gr&#232;ve, et le 1er mai 200 travailleurs de Shekou se remettent en gr&#232;ve y compris les grutiers, pour obtenir le paiement de quatre ans d'arri&#233;r&#233;s d'heures suppl&#233;mentaires. Ils gagnent. La revendication de former des sections syndicales au sein de l'ACFTU est m&#234;me obtenue et le syndicat n&#233;gocia un accord collectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce r&#233;cit semble confirmer qu'il existe, au sein de l'ACFTU, et notamment dans la zone c&#244;ti&#232;re, une tendance syndicale qu'on pourrait appeler proactive, pr&#234;te &#224; prendre en charge une pouss&#233;e revendicative pour maintenir son statut, &#233;viter la formation d'organisations ind&#233;pendantes et canaliser la combativit&#233; des travailleurs. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e, la section syndicale de Shenzhen aurait obtenu gain de cause contre Huawei (tr&#232;s importante soci&#233;t&#233; de mat&#233;riel de t&#233;l&#233;com) lorsque celle-ci, fin 2007, essaya d'imposer &#224; ses salari&#233;s ayant plus de huit ans d'anciennet&#233; de d&#233;missionner et de reprendre leur emploi dans des conditions pr&#233;caires. La direction voulait contourner une clause de la loi sur les contrats de travail, entrant en vigueur au 1er janvier 2008, stipulant que les salari&#233;s d'une anciennet&#233; de plus de 10 ans voyaient automatiquement leur contrat de travail converti en CDI. De tr&#232;s nombreuses soci&#233;t&#233;s ont proc&#233;d&#233; comme Huawei dans les derniers mois de 2007. Le CLB ne dit pas pourquoi l'ACFTU aurait pris la d&#233;fense des salari&#233;s de Huawei plut&#244;t que d'une autre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, comme je l'avais d&#233;j&#224; indiqu&#233; dans &lt;i&gt;Luttes&#8230;&lt;/i&gt;, la crise mondiale a mis fin &#224; ces tentations lib&#233;rales dans l'ACFTU. P&#233;kin a express&#233;ment demand&#233; au syndicat de &#171; &lt;i&gt;d&#233;fendre l'entreprise&lt;/i&gt; &#187;. Le CLB donne une certaine explication de cette victoire des conservateurs quand il souligne que le syndicat est encore plus soumis au Parti qu'auparavant. L'ACFTU a mis en place des proc&#233;dures pour que les unions locales prennent &#224; leur charge les activit&#233;s des sections d'entreprise. Du coup, les unions locales se sont trouv&#233;es surcharg&#233;es manquant de fonds et de personnel. Elles se sont tourn&#233;es vers les autorit&#233;s locales pour de l'aide et se sont peu &#224; peu confondues avec l'administration, c'est-&#224;-dire avec le Parti. Reste &#224; expliquer pourquoi le Parti arbitre encore et toujours contre les syndicats. J'ai donn&#233; une explication de cette attitude dans &lt;i&gt;Luttes&#8230;&lt;/i&gt; (pr&#233;dominance de la plus-value absolue, p. 142). Sur la base des &#233;l&#233;ments r&#233;unis dans cette note, rien n'indique qu'un changement de mod&#232;le massif est en court.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a vu dans &lt;i&gt;Luttes&#8230;&lt;/i&gt; que le prol&#233;tariat chinois, dans ses diff&#233;rentes fractions, est combatif et r&#233;pond comme il peut aux agressions des patrons. On a vu aussi que ces luttes restent, sauf exceptions, tr&#232;s s&#233;par&#233;es les unes des autres. Cette derni&#232;re appr&#233;ciation &#233;tait sans doute un peu rapide. La pr&#233;sente note indique que les luttes des travailleurs chinois parviennent &#224; sortir de leur isolement et rejoindre d'autres fractions pour gagner en efficacit&#233;. C'est sans doute un &#233;l&#233;ment nouveau, mais il &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;sent au cours de la p&#233;riode couverte dans &lt;i&gt;Luttes&#8230;&lt;/i&gt; J'en cite m&#234;me un bel exemple (la vague de gr&#232;ves dans les entreprises japonaises de la ZES de Dalian en 2005), mais sans en tenir compte suffisamment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Luttes&#8230;&lt;/i&gt;, le sch&#233;ma implicite du rapport entre prol&#233;tariat et capital est que la r&#233;pression est la principale r&#233;ponse que le capitalisme chinois trouve pour faire face aux pouss&#233;es prol&#233;tariennes. C'est probablement une vue trop simple, reposant de fa&#231;on excessive sur la situation des migrants &#8211; car on conna&#238;t mal la situation de ceux qui sont rest&#233;s dans les entreprises publiques. Il reste &#224; savoir comment le capitalisme chinois pourrait absorber la pouss&#233;e revendicative qui semble se former dans le pays sous l'impact de la crise si son insertion dans le cycle mondial reste sur le m&#234;me mod&#232;le et interdit la fameuse mont&#233;e en gamme qui, en ce qui concerne l'exploitation du travail, consisterait &#224; introduire une forte dose de plus-value relative, &#224; augmenter la consommation ouvri&#232;re et &#224; laisser se d&#233;velopper les syndicats. &#192; suivre&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;B. A., d&#233;cembre 2009&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;BREVES GENERALES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, les statistiques officielles du gouvernement chinois r&#233;v&#232;lent une augmentation des &#171; incidents de masse &#187; : gr&#232;ves, rassemblements, manifs, &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt;, s&#233;questrations de dirigeants, occupations, attaques de b&#226;timents, &#233;meutes et affrontements avec les keufs, lynchages de cadres et patrons&#8230; (liste non exhaustive car la d&#233;finition est floue et peut changer d'une province &#224; l'autre). Toujours aux dires des officiels, ces conflits croissent en nombre, en &#171; intensit&#233; &#187; et en &#171; violence &#187;, et les formes qu'ils prennent sont de plus en plus vari&#233;es. Le nombre de participants &#224; ces &#171; incidents &#187; serait &#233;galement en progression (730 000 en 1994, 3 760 000 en 2004). On peut supposer que les prolos chinois n'ont pas (plus) grand-chose &#224; perdre (&#224; d&#233;fendre) et que, du coup, les &#171; d&#233;bordements &#187; surgissent rapidement. Les experts gouvernementaux l'expliquent par l'absence de structures de r&#233;gulation et de m&#233;diation. Mais pour eux, ces &#233;v&#233;nements ont beau &#234;tre en augmentation et perturber &#171; &lt;i&gt;l'harmonie de la soci&#233;t&#233; chinoise&lt;/i&gt; &#187;, ces luttes sporadiques et isol&#233;es ne menacent pas la stabilit&#233; de l'&#201;tat et du capital en Chine. Qu'ils se fourrent le doigt dans l'&#339;il, jusqu'au coude !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces experts d&#233;signent comme principales causes de conflits : le travail, les expropriations urbaines ou rurales et la pollution. En effet, les r&#233;voltes concernent majoritairement des luttes d'ouvriers (salaires impay&#233;s, horaires, licenciements, rachats et restructurations, accidents du travail&#8230;) ; des luttes li&#233;es &#224; des restructurations urbaines ou rurales (gentrification, construction de lieux de loisirs pour les riches, ou de nouvelles usines) ; des mobilisations suite &#224; des empoisonnements collectifs, ou pour emp&#234;cher la construction d'usines polluantes ; des protestations massives et spontan&#233;es contre la r&#233;pression (les affrontements contre la police sont monnaie courante partout dans le monde, on se demande bien pourquoi).
Vous trouverez au fil des pages de cette brochure un recueil d'incidents de masse qui donnera un aper&#231;u concret (mais non exhaustif) de la lutte des classes en Chine de 2008 &#224; d&#233;but 2010 [date, lieu (&lt;i&gt;province&lt;/i&gt;)]. Outre des r&#233;voltes collectives qui t&#233;moignent de la combativit&#233; et du climat de tension g&#233;n&#233;rale figurent &#233;galement quelques p&#233;tages de plomb individuels, qui montrent &#224; quel point la pression est grande, &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certaines br&#232;ves sont impr&#233;cises parce qu'il est encore plus difficile de trouver des infos sur les luttes dans une dictature que dans une d&#233;mocratie. Infos vues, de toute fa&#231;on, par le filtre de la censure et de la presse (bourgeoise ou militante). Par exemple, n'ont transparu que peu de donn&#233;es sur les conflits li&#233;s aux Jeux olympiques : la restructuration urbaine &#224; Beijing a entra&#238;n&#233; beaucoup d'expulsions et de chantiers, donc un fort besoin de main-d'&#339;uvre, des mingong pour la plupart, sous pression pour finir les travaux dans les temps, etc. Les grandes vagues d'&#233;meutes qui ont secou&#233; le Tibet et le Xinjiang (Ou&#239;ghours) n'apparaissent pas ici, parce qu'elles rel&#232;vent d'autres probl&#233;matiques : nationalismes et luttes contre l'occupation d'un territoire (m&#234;me si on peut supposer que des conflits de classes sont sous-jacents, la question m&#233;riterait d'&#234;tre creus&#233;e).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Sources : China Labour Bulletin&lt;/i&gt; : &lt;a href='http://www.clb.org.hk/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.clb.org.hk&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Des nouvelles du front&lt;/i&gt; : &lt;a href='http://dndf.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://dndf.org&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Dans le monde une classe en lutte&lt;/i&gt; (bulletin trimestriel) : &lt;a href='http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique4&gt;' class='spip_out' rel='external'&gt;www.mondialisme.org/spip.php?rubriq...&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Anthropologie du pr&#233;sent&lt;/i&gt; (site d'un universitaire consacr&#233; aux &#233;meutes dans le monde) : &lt;a href='http://berthoalain.wordpress.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://berthoalain.wordpress.com&lt;/a&gt;, Bulletin mensuel &lt;i&gt;Les Droits de l'homme en Chine de la LDH&lt;/i&gt;, et si ! : &lt;a href='http://www.ldh-france.org/-groupe-chine-' class='spip_out' rel='external'&gt;www.ldh-france.org/-groupe-chine-&lt;/a&gt;, Br&#232;ves du d&#233;sordre : &lt;a href='http://cettesemaine.free.fr/spip/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://cettesemaine.free.fr/spip/&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Libertarian communism&lt;/i&gt; : &lt;a href='http://libcom.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://libcom.org&lt;/a&gt; (site d'infos et immense biblioth&#232;que &lt;i&gt;in english&lt;/i&gt;), presse bourgeoise (dont la presse &#233;conomique), glanage sur internet&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7-11 janvier, Foshan (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) :&lt;/strong&gt; gr&#232;ve de 3000 ouvriers de la soci&#233;t&#233; de bijouterie en m&#233;taux pr&#233;cieux Haoxin pour le paiement de deux ans d'arri&#233;r&#233;s d'heures suppl&#233;mentaires et le versement de cotisations. 2000 ouvriers se rassemblent &#224; la mairie et affrontent la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 janvier, Shanghai :&lt;/strong&gt; manifestation de 2000 personnes devant la municipalit&#233; pour protester contre la construction d'une ligne de train &#224; l&#233;vitation magn&#233;tique. Ils craignent pour leur sant&#233; et le bruit li&#233; au trafic et redoutent une d&#233;valorisation de leurs propri&#233;t&#233;s immobili&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 janvier, Shenzhen (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve et r&#233;volte des 2000 travailleurs de l'usine de conteneurs de Machong de la multinationale danoise des transports maritimes Maersk. Pouss&#233; par la bri&#232;vet&#233; de la pause cantine, un des ouvriers voulant passer prioritairement dans la queue a &#233;t&#233; tabass&#233; par un des sbires de l'usine. La tension pr&#233;existait dans l'usine avec l'acc&#233;l&#233;ration des cadences et le non-paiement des heures suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 janvier : &lt;/strong&gt;200 anciens employ&#233;s de la Banque industrielle et commerciale de Chine et de la Banque chinoise de construction manifestent devant le si&#232;ge de la F&#233;d&#233;ration des syndicats pour exiger leur r&#233;embauche par les deux firmes (une centaine d'arrestations). Les salari&#233;s affirment que s'ils ont quitt&#233; leur banque, c'est apr&#232;s tromperies et pressions diverses ; ils demandent l'annulation de la d&#233;cision qui a mis fin &#224; leur contrat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 f&#233;vrier, Dongtou (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt; d'une centaine de paysans devant la mairie pour l'indemnisation de leurs champs r&#233;quisitionn&#233;s et d&#233;truits par les autorit&#233;s locales. Ces terres ont &#233;t&#233; vendues au prix fort &#224; des promoteurs immobiliers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 mars, district de Kai (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;dans le dernier district &#224; &#233;vacuer dans la zone du barrage des Trois-Gorges, 4000 personnes s'opposent &#224; leur expropriation faute de r&#232;glement des diff&#233;rends sur les conditions de leur relogement et sur les indemnisations correspondantes. Les autorit&#233;s locales leur coupent l'eau et l'&#233;lectricit&#233;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les migrations forc&#233;es li&#233;es au projet ont concern&#233; 1,8 million de personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 mars, Jinma (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;200 policiers entrent dans le village pour en expulser les habitants. Plusieurs maisons sont d&#233;molies. Les terres des villageois avaient &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233;es pour construire des habitations de luxe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;31 mars : &lt;/strong&gt;pour appuyer des revendications de salaire, les pilotes de la China Eastern Yunan Airlines font demi-tour apr&#232;s le d&#233;collage et reviennent au sol en pr&#233;textant les mauvaises conditions m&#233;t&#233;orologiques. Deux semaines plus t&#244;t, quarante pilotes de la Shanghai Airlines s'&#233;taient mis simultan&#233;ment en arr&#234;t maladie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 avril, Haikou (Hainan) : &lt;/strong&gt;manifestation de 10 000 villageois contre des r&#233;quisitions fonci&#232;res destin&#233;es &#224; la construction de trente-six terrains de golf, &#224; l'occasion de la visite du chef de l'&#201;tat Hu Jintao dans l'&#238;le. La police encercle les villages, frappe et arr&#234;te des manifestants (800 bless&#233;s). Huit voitures de police partent en fum&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 juin, Weng'an (&lt;i&gt;Guizhou&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;30 000 personnes assi&#232;gent et incendient des b&#226;timents administratifs (160 bureaux d&#233;truits), attaquent la police et d&#233;truisent une quarantaine de v&#233;hicules pour protester contre les premi&#232;res conclusions d'une enqu&#234;te sur le viol et la mort d'une adolescente. La police affirme que la jeune fille s'est suicid&#233;e alors qu'elle a &#233;t&#233; viol&#233;e et assassin&#233;e par le fils d'un notable local. Cent cinquante personnes sont bless&#233;es ; le 14 novembre, six personnes accus&#233;es d'avoir particip&#233; &#224; l'&#233;meute sont condamn&#233;es &#224; des peines allant de deux &#224; seize ans de prison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 juillet, Huizhou (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;plus d'une centaine de personnes attaquent un commissariat, un b&#226;timent des autorit&#233;s locales et plusieurs commerces de proximit&#233; apr&#232;s la mort d'un motocycliste lors d'un contr&#244;le routier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 juillet, district de Pu'er (&lt;i&gt;Yunnan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation qui vire &#224; l'affrontement entre des villageois producteurs de caoutchouc et la police (deux morts, 61 bless&#233;s, neuf v&#233;hicules officiels d&#233;truits). Il y aurait &#224; l'origine un conflit entre les ouvriers et les soci&#233;t&#233;s qui les emploient. La direction locale du PCC avait soutenu les patrons (&#224; la surprise de tous, &lt;i&gt;isn't it ?&lt;/i&gt;) et trait&#233; les ouvriers de &#171; &lt;i&gt;gangsters&lt;/i&gt; &#187;, ce qui avait d&#233;clench&#233; la col&#232;re des manifestants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 ao&#251;t, Shenzhen (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 5 000 travailleurs d'une usine de portables contre un accroissement des horaires de travail sans augmentation de salaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 ao&#251;t, Hubei : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 600 mineurs dans une mine de charbon priv&#233;e contre des r&#233;ductions de salaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3-4 septembre, Jishou (&lt;i&gt;Hunan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;50 000 &#171; &lt;i&gt;investisseurs&lt;/i&gt; &#187; affrontent la police apr&#232;s l'arr&#234;t des versements d'int&#233;r&#234;ts promis aux porteurs de fonds de la soci&#233;t&#233; immobili&#232;re Fuda. Ils bloquent un train et interrompent le trafic pendant deux jours, une fois rejet&#233;e leur d&#233;marche aupr&#232;s de la pr&#233;fecture (50 bless&#233;s, 20 arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 septembre, Ningbo (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de milliers de &lt;i&gt;mingong&lt;/i&gt; de l'usine textile Jinxu suite au d&#233;c&#232;s d'un ouvrier. Certains d'entre eux attaquent l'usine et affrontent la police (20 bless&#233;s, 10 arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 septembre, district de Shenqiu (&lt;i&gt;Henan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;plusieurs milliers d'&#233;l&#232;ves d'une &#233;cole secondaire assi&#232;gent des b&#226;timents administratifs, dont le si&#232;ge du PCC, tentent de l'incendier et affrontent la police. Ils protestent contre la destruction de leur terrain de jeux par une soci&#233;t&#233; immobili&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 septembre, Chengdu (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;500 &#233;tudiants du conservatoire de musique affrontent la police car certains de leur profs ont &#233;t&#233; frapp&#233;s dans l'apr&#232;s-midi par des fonctionnaires municipaux (cinq bless&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 septembre, Lishui (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;10 000 victimes d'une lev&#233;e ill&#233;gale de fonds manifestent devant les b&#226;timents de l'administration locale et des soci&#233;t&#233;s immobili&#232;res concern&#233;es et affrontent la police (vingt bless&#233;s). 100 000 personnes avaient depuis 2004 vers&#233; des fonds &#224; plusieurs soci&#233;t&#233;s sur la promesse de forts dividendes, en liaison avec le boom immobilier des Jeux olympiques. Mais les groupes Tongxin et Yintai ont cess&#233; tout versement &#224; cause de l'accroissement du co&#251;t de la construction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre-novembre, &lt;i&gt;Sichuan &lt;/i&gt;et Chongqing : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve partielle des enseignants des &#233;coles primaires et secondaires de plusieurs districts en raison du grand &#233;cart de salaires entre les enseignants et les fonctionnaires. Tous sont syndiqu&#233;s mais le syndicat n'a pas le pouvoir de faire quoi que ce soit. Certains enseignants n'osent pas parler de gr&#232;ve ; ils r&#233;duisent alors leur temps d'enseignement et incitent les &#233;l&#232;ves &#224; travailler seuls. [Cette lutte couvre tout le pays. Voir dans cette brochure &#171; &lt;i&gt;La Chine dans la crise mondiale&lt;/i&gt; &#187;.]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er octobre, Jiaozuo (&lt;i&gt;Henan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de cent ouvriers d'une usine de ciment pour le paiement de six mois d'arri&#233;r&#233;s de salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er octobre, Guangzhou (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation d'un millier de paysans devant un chantier de construction de logements pour l'indemnisation des terres dont ils ont &#233;t&#233; expropri&#233;s (plusieurs demandes depuis 2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 octobre, Jiaozuo (&lt;i&gt;Henan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 500 ouvriers d'une usine de construction de grues et de 500 autres d'une unit&#233; textile en raison de cinq mois de salaires impay&#233;s. On ne sait pas si les actions &#233;taient coordonn&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;8 octobre, Shaoxing (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 1 000 ouvriers d'une imprimerie pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires et apr&#232;s la fuite des dirigeants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;8 octobre, Sanjiang (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des manifestants venus du village de Shenlu affrontent plus de 400 policiers. Ils imputent &#224; l'administration les d&#233;sastres subis lors du passage du typhon Hagupit en septembre (destruction d'une digue fluviale).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 octobre, Yongfeng (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des villageois expropri&#233;s, squattant dans des tentes devant les bureaux de l'administration locale depuis deux mois, affrontent la police venue les d&#233;loger. Ils accusent la municipalit&#233; d'avoir empoch&#233; le produit de la vente de leurs terres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 octobre, Wuzhou (&lt;i&gt;Guangxi&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de chauffeurs de taxi pour protester contre les punitions inflig&#233;es pour surcharge &#224; deux de leurs coll&#232;gues. Ils bloquent le trafic et saccagent un local de police (trois arrestations). [Les luttes des chauffeurs de taxis se sont progressivement r&#233;pandues &#224; travers tout le pays depuis 2007. Voir &#171; &lt;i&gt;La Chine dans la crise mondiale&lt;/i&gt; &#187;.]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 octobre, Dongguan (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;1 000 ouvriers d'une fabrique de jouets bloquent l'autoroute pour le paiement de trois mois d'arri&#233;r&#233;s de salaires et apr&#232;s la fuite de leur patron ta&#239;wanais avec la caisse. Une centaine de policiers anti-&#233;meutes les dispersent (20 arrestations).
&lt;strong&gt;13 octobre, Zhaoqing (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;4 000 villageois expropri&#233;s, qui tentent d'emp&#234;cher la construction d'une usine de recyclage de plastique, affrontent un millier de policiers. Ils protestent pour l'indemnisation de leurs terres et craignent des pollutions industrielles graves.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 octobre, Huoqiying (&lt;i&gt;Hebei&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des paysans occupent un chantier de construction de la ligne &#224; grande vitesse Beijing-Shanghai, contre les r&#233;quisitions de terrains engendr&#233;es par le projet et pour obtenir des indemnit&#233;s. Une centaine d'hommes &#224; la solde du bureau des chemins de fer les attaquent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 octobre, Le'an (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un ouvrier l&#233;s&#233; par son entreprise fait irruption dans les b&#226;timents municipaux avec une bombe de sa fabrication. Il tue quatre personnes avant d'&#234;tre abattu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 octobre : &lt;/strong&gt;un millier de victimes d'une compagnie de vente pyramidale manifestent devant le bureau national des plaintes et affrontement avec 500 flics. Ils exigent du gouvernement qu'il prenne des mesures leur permettant de recouvrer les sommes perdues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 octobre, Haicheng (&lt;i&gt;Liaoning&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un millier de &lt;i&gt;mingong &lt;/i&gt;bloquent la circulation et saccagent le commissariat en r&#233;ponse &#224; la mort d'un de leurs camarades travaillant dans cette ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 octobre, Lo Wu (Hong Kong) : &lt;/strong&gt;manifestation des ouvriers d'une usine de pi&#232;ces pour les montres Rolex et Om&#233;ga, pour le paiement de deux mois d'arri&#233;r&#233;s de salaires suite &#224; la fermeture du site.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 octobre, Daduan (&lt;i&gt;Jiangxi&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un affrontement entre des villageois et la soci&#233;t&#233; de bois d'&#339;uvre Liuhai &#233;paul&#233;e par la police provoque deux morts et plus de cent bless&#233;s. Suite &#224; quoi, plusieurs milliers de paysans assi&#232;gent la bo&#238;te, incendient les b&#226;timents et des voitures de flics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;24 octobre, Shenzhen (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;rassemblement pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires de 500 ouvriers de la fabrique d'appareils Shunyi (appartenant &#224; des entrepreneurs ta&#239;wanais en fuite) qui vire &#224; l'affrontement devant l'usine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 octobre, Wujiang (&lt;i&gt;Jiangsu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation et blocage des grandes voies de communication par les ouvriers de l'usine textile Chunyu pour le paiement de quatre mois d'arri&#233;r&#233;s de salaires et apr&#232;s la fuite de leur patron.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 octobre, Xiamen (&lt;i&gt;Fujian&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation d'un millier de salari&#233;s d'une usine de jouets appartenant &#224; un investisseur de Hong Kong en fuite &#224; l'&#233;tranger pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 octobre, district de Gaotai (&lt;i&gt;Gansu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un millier de personnes attaquent le si&#232;ge de la police suite &#224; la mort d'un gardien d'entrep&#244;t d'explosifs lors de son arrestation par les flics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Novembre : &lt;/strong&gt;des gr&#232;ves de chauffeurs de taxi &#233;clatent au sujet des r&#233;mun&#233;rations, des licences d'exercice de la profession et des conditions de travail dans de nombreuses localit&#233;s : arr&#234;t de travail de 8000 chauffeurs de taxi &#224; Chongqing et de leurs coll&#232;gues dans des agglom&#233;rations de la province du &lt;i&gt;Gansu&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Hunan&lt;/i&gt; (Fenghuang et Hongjiang), du &lt;i&gt;Hubei &lt;/i&gt;(Suizhou), &#224; Sanya (&lt;i&gt;Hainan&lt;/i&gt;), &#224; Shantou, Chaozhou et Guangzhou (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;), &#224; Dali Bai (&lt;i&gt;Yunnan&lt;/i&gt;) et &#224; Yongfeng (&lt;i&gt;Jiangxi&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er novembre, Xi'an (&lt;i&gt;Shaanxi&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation des ouvriers d'une usine de chaussures pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires, suite &#224; la fuite du patron ta&#239;wanais. Sous la pression, le gouvernement local l&#226;che l'&#233;quivalent de un million de dollars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 novembre, Dongguan (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de 10 000 ouvriers de l'usine de chaussures Weixu pour le versement de salaires impay&#233;s, suite &#224; la fermeture du site qui met 4 000 ouvriers au ch&#244;mage. La police charge la manif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 novembre, Jilin (&lt;i&gt;Jilin&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;plusieurs centaines d'ouvriers du BTP bloquent les rues pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 novembre, Shangyu (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des ouvriers bloquent une autoroute et l'agglom&#233;ration de Daxu apr&#232;s le licenciement de 1 200 salari&#233;s par la soci&#233;t&#233; de teintures Runtu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 novembre, Shenzhen (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;plus de 400 personnes s'en prennent &#224; un poste de police suite &#224; la mort d'un motocycliste qui cherchait &#224; &#233;chapper &#224; un contr&#244;le. Les manifestants caillassent la police et incendient un v&#233;hicule (13 arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;8 novembre, Jiangyan (&lt;i&gt;Jiangsu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;2 000 ouvriers de l'usine de moteurs diesel Yangdong prennent leur directeur en otage et bloquent la circulation de l'agglom&#233;ration pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 novembre, Shenzhen (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de plusieurs centaines d'ouvriers pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires et suite &#224; leur licenciement. Ils caillassent les flics venus les disperser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 novembre, Qingdao (&lt;i&gt;Shandong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve des chauffeurs d'autobus suite au non-renouvellement de leur contrat par la municipalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 novembre, Longnan (&lt;i&gt;Gansu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;10 000 paysans tentent de s'opposer &#224; l'expropriation de terrains en vue de la construction d'un centre administratif. Ils affrontent la police, mettent &#224; sac 110 salles dans les b&#226;timents administratifs (y compris les si&#232;ges du PCC et du syndicat) et d&#233;truisent vingt-deux v&#233;hicules. Les affrontements durent plusieurs jours (74 flics bless&#233;s, plus de cent arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 novembre, Zhongtang (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de centaines d'ouvriers de l'usine de jouets Kaida contre le licenciement, avec de trop faibles indemnit&#233;s, de 300 &lt;i&gt;mingong&lt;/i&gt; et le non-respect du nouveau code de travail. Les ouvriers rejoints par 500 ch&#244;meurs affrontent les flics et les vigiles, d&#233;truisent plusieurs voitures, saccagent l'usine et les locaux de la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;26 novembre, Ji'nan (&lt;i&gt;Shandong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de 4 000 enseignants de toute la province devant le si&#232;ge du PCC contre leur licenciement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 d&#233;cembre, Longhui (&lt;i&gt;Hunan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 1 000 enseignants pour le paiement d'allocations supprim&#233;es par le gouvernement local. Au m&#234;me moment, &#224; Liaoning (&lt;i&gt;Shaanxi&lt;/i&gt;), gr&#232;ve des enseignants pour obtenir le m&#234;me salaire que les autres fonctionnaires locaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 d&#233;cembre, Zhuzhou (&lt;i&gt;Hunan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;rassemblement de 1 000 ouvriers du groupe Taizi devant la mairie pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;8 d&#233;cembre, Shanghai : &lt;/strong&gt;protestant contre des licenciements dans l'usine d'&#233;lectronique Yixin (filiale de la firme ta&#239;wanaise Huanxin), trois ouvriers demandent &#224; parler au chef d'entreprise mais sont tabass&#233;s par des nervis. Un millier de &lt;i&gt;mingong &lt;/i&gt;tentent alors de p&#233;n&#233;trer de force dans l'usine et affrontent plus de 300 flics (dix bless&#233;s et une voiture de police endommag&#233;e). L'usine serait occup&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 d&#233;cembre-8 janvier, Shantou (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des paysans du village de Caikeng, insatisfaits des indemnit&#233;s d'expropriation, bloquent l'acc&#232;s du chantier de l'a&#233;roport de Chaoshan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 d&#233;cembre, Jinan (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontements entre des paysans et des vigiles de l'entreprise Wanjia. Sur un chantier de r&#233;novation urbaine, l'entreprise a modifi&#233; unilat&#233;ralement le projet initial et veut implanter des commerces &#224; la place des espaces verts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 d&#233;cembre, Chongqing : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de deux jours de 9 000 chauffeurs de taxi sur les questions du prix des carburants, des salaires, de la retraite et de la couverture sant&#233;. La gr&#232;ve semble avoir &#233;t&#233; organis&#233;e avec des piquets de gr&#232;ve et des attaques contre les jaunes. Des tracts et des affiches distribu&#233;s dans la ville proclament : &#171; &lt;i&gt;Debout. Unissons-nous et faisons gr&#232;ve ensemble.&lt;/i&gt; &#187; Les gr&#233;vistes n'ayant pas d&#233;sign&#233; de repr&#233;sentants, la firme en a impos&#233; aux chauffeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 d&#233;cembre, Dongguan (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 300 ouvriers de Jianrong Suitcase Factory. Apr&#232;s trois jours de manifestations, les travailleurs sont enferm&#233;s dans l'usine par la police ! La gr&#232;ve se poursuit malgr&#233; la proposition du gouvernement local de payer 60% des salaires d&#251;s suite &#224; la faillite de la firme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 d&#233;cembre, Langfang (&lt;i&gt;Hebei&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 400 ouvriers travaillant &#224; la construction d'une nouvelle usine de composants &#233;lectroniques Foxconn (qui exploite 450 000 travailleurs chinois) pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires. Ils parcourent 50 km pour manifester devant le si&#232;ge de la bo&#238;te &#224; Beijing. Ils sont dispers&#233;s par la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;24 d&#233;cembre, Jizhou (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontements entre des policiers et des habitants (9 arrestations). Des ouvriers charg&#233;s d'installer un &#233;quipement &#233;lectrique ont p&#233;n&#233;tr&#233; de force dans Jizhou, accompagn&#233;s des autorit&#233;s locales. Les villageois s'opposent au projet et contestent l'indemnit&#233; octroy&#233;e pour l'expropriation des terres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin d&#233;cembre 2008 &#224; f&#233;vrier 2009, Guangzhou (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontements r&#233;guliers entre la police et des milliers de riverains qui s'opposent &#224; la construction d'un transformateur &#233;lectrique dans le parc Junjing. Ils craignent les nuisances sanitaires qu'engendrerait un tel projet. En f&#233;vrier, ils bloquent l'entr&#233;e du chantier et sont attaqu&#233;s par des hommes de mains de la bo&#238;te. Le 14, jour de la Saint-Valentin, ils sont un millier &#224; attaquer et saccager le chantier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2009&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 janvier, &lt;i&gt;Shandong&lt;/i&gt; : &lt;/strong&gt;un millier de &lt;i&gt;mingong &lt;/i&gt;occupent et bloquent le campus de l'universit&#233; des Finances dont ils construisent les dortoirs. Ils protestent contre le non-paiement de leurs salaires. Les affrontements avec la police font cinq bless&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 janvier, Wuhu (&lt;i&gt;Anhui&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;blocage du pont de Zhongjiang par 1 000 ouvriers de l'entreprise immobili&#232;re Jiancheng pour des arri&#233;r&#233;s de salaires. Affrontement avec 500 policiers (10 bless&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 janvier, Humen (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;les salari&#233;s de la fabrique de v&#234;tements Lusi affrontent une cinquantaine de policiers escort&#233;s d'une trentaine de vigiles de la bo&#238;te. L'usine a ferm&#233; ses portes sans verser de salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;15-17 janvier : &lt;/strong&gt;des &lt;i&gt;mingong &lt;/i&gt;demandant le paiement de leurs salaires bloquent la circulation des villes de Hohhot (&lt;i&gt;Mongolie int&#233;rieure&lt;/i&gt;), Wuhan (&lt;i&gt;Hubei&lt;/i&gt;), Nanjing (&lt;i&gt;Jiangsu&lt;/i&gt;), Chengdu (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;), Haikou (&lt;i&gt;Hainan&lt;/i&gt;), Xian (&lt;i&gt;Shaanxi&lt;/i&gt;) et Nanning (&lt;i&gt;Guangxi&lt;/i&gt;). Un mode d'action qui fait t&#226;che d'huile, si bien que le gouvernement interdit aux m&#233;dias d'en parler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 f&#233;vrier, Pingshan (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestations pendant plusieurs jours de 700 ouvriers d'une usine italienne de travail du cuir. Ils demandent le paiement d'arri&#233;r&#233;s de salaires apr&#232;s la fermeture de leur bo&#238;te en janvier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 f&#233;vrier, Tongxiang (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontements entre plusieurs centaines de &lt;i&gt;mingong &lt;/i&gt;et la police, suite au passage &#224; tabac d'un ouvrier par des flics (six voitures de poulets r&#244;ties ou endommag&#233;es, cent bless&#233;s, une vingtaine d'arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;18-19 f&#233;vrier, Baolin (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontements entre 2 000 paysans et 1 000 flics, blocages de routes et si&#232;ge des locaux de la police. Les villageois protestent contre le d&#233;tournement des subsides li&#233;s au tremblement de terre du printemps 2008, mais leur col&#232;re &#233;clate suite &#224; la mort de l'un d'eux dans un commissariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 f&#233;vrier, Beijing : &lt;/strong&gt;des travailleurs licenci&#233;s occupent l'usine Panasonic Electronic Devices pendant six heures et y s&#233;questrent trois des dirigeants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er mars, Daqing (&lt;i&gt;Heilongjiang&lt;/i&gt;) et Liaoyang (&lt;i&gt;Liaoning&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestations de dizaines de milliers d'ouvriers contre la suppression de leur allocation pour le chauffage et de leur s&#233;curit&#233; sociale apr&#232;s licenciement. Plut&#244;t que de r&#233;primer imm&#233;diatement le mouvement, le gouvernement lui laisse prendre de l'ampleur : &#233;mergent des meneurs qui sont alors arr&#234;t&#233;s. Les manifestations pour exiger leur lib&#233;ration durent jusqu'en juin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 mars, Beijing : &lt;/strong&gt;un millier de p&#233;titionnaires d&#233;truisent une voiture de la police du Jiangsu venue les observer pr&#232;s de la gare du Sud de la capitale. Une p&#233;titionnaire avait &#233;t&#233; frapp&#233;e par les policiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 mars, Beijing : &lt;/strong&gt;blocages de rues par 1 000 habitants de la zone r&#233;sidentielle Xinkang, pour protester contre l'installation d'une ligne &#224; haute tension dont ils redoutent des effets magn&#233;tiques nocifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 mars, Jiangnan (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation et blocages de routes par 2 000 &lt;i&gt;mingong &lt;/i&gt;contre des d&#233;tournements de fonds destin&#233;s &#224; assister les personnes d&#233;plac&#233;es par le chantier du barrage des Trois-Gorges. Ils affrontent un millier de policiers et renversent leurs v&#233;hicules (une trentaine de bless&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 mars, Anyang (&lt;i&gt;Henan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;blocages de routes par pr&#232;s d'un millier d'ouvriers sid&#233;rurgistes oppos&#233;s au plan de restructuration de leur entreprise (Linzhou Iron and Steel Co). Leurs revendications concernent le paiement des arri&#233;r&#233;s de salaires, l'assurance maladie et les retraites ainsi que l'indemnisation des salari&#233;s licenci&#233;s. Ils se mettent en gr&#232;ve &#224; la fin du mois de mars. Le conflit semble durer encore longtemps, puisqu'&#224; partir du mercredi 12 ao&#251;t, ils manifestent devant l'usine pendant quatre jours pour protester contre la privatisation de leur entreprise, les licenciements massifs qui en d&#233;coulent et des indemnit&#233;s ridicules. Ils s&#233;questrent un de leurs dirigeants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 mars, Zhaoqing (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un millier de villageois envahissent le si&#232;ge du PCC et affrontent des centaines de policiers. Ils protestent contre les faibles indemnit&#233;s accord&#233;es pour leur relogement en raison de la construction de la voie ferr&#233;e Guyyang-Guangzhou (30 bless&#233;s et une centaine d'arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 mars, Yulin (&lt;i&gt;Shaanxi&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontements entre 200 ouvriers d'un champ p&#233;trolif&#232;re et 50 policiers suite &#224; l'interpellation de trois ouvriers lors d'une rixe (quarante-six bless&#233;s dont vingt flics et trois de leurs v&#233;hicules d&#233;truits).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 mars-4 avril, Baoding (&lt;i&gt;Hebei&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 6 000 ouvriers de l'usine textile Yimian (c&#233;d&#233;e en 2004 &#224; un groupe de Hong Kong) pour protester contre la privatisation, les r&#233;ductions et les impay&#233;s de salaires. Plus d'un millier d'entre eux entreprennent une marche de 140 km vers Beijing mais la police les stoppe au bout de 40 km.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 avril, Huainan (&lt;i&gt;Anhui&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;5 000 paysans originaires de sept villages envahissent les locaux d'une soci&#233;t&#233; mini&#232;re et molestent les cadres. Les autorit&#233;s locales avaient autoris&#233; l'entreprise Gubei &#224; creuser sous leurs villages, ce qui avait provoqu&#233; affaissements de terrain, pertes de surface cultivable et d&#233;gradations d'immeubles. Les villageois affrontent ensuite 1 000 flics puis s'en prennent aux dirigeants locaux venus pour r&#233;tablir le calme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 avril, Shenzhen (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un millier d'habitants assi&#232;gent un commissariat et affrontent la police (une dizaine de bless&#233;s). L'origine du conflit se trouve dans la mauvaise qualit&#233; des habitations &#224; bas co&#251;t construites par les autorit&#233;s locales. L'arrestation la veille de deux habitants qui protestaient devant les dirigeants locaux a d&#233;clench&#233; la manifestation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 avril, Fuling (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve pour le paiement de trois mois d'arri&#233;r&#233;s de salaires de 4 &#224; 5000 ouvriers de la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat Jindi (textile) qui vient de reprendre le groupe priv&#233; d&#233;clar&#233; en faillite. 400 ouvriers bloquent les rues de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 avril, Yueyang (&lt;i&gt;Hunan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve et manifestation de chauffeurs de taxis pour une r&#233;duction des charges qu'ils doivent aux employeurs. Des bagarres &#233;clatent entre gr&#233;vistes et jaunes (10 arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 avril, Wuhan (&lt;i&gt;Hubei&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;une vingtaine d'enseignants qui se r&#233;unissent pour discuter de leur licenciement sont arr&#234;t&#233;s par la police, la r&#233;union projet&#233;e ayant &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e ill&#233;gale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 avril, Huizhou (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;blocage de l'entr&#233;e de l'usine de piles GP par 30 ouvriers. Les cas d'empoisonnement au cadmium se sont multipli&#233;s (en premier lieu chez les enfants), et l'entreprise refuse d'accorder des compensations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 avril, Anyang (&lt;i&gt;Henan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;blocage d'une autoroute par 300 travailleurs de la firme Henan Anrai Hightech Co, licenci&#233;s suite &#224; la fermeture de l'usine. Ils r&#233;clament le paiement de leurs salaires et de primes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 mai, Hangzhou (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de centaines d'&#233;tudiants et blocages de routes apr&#232;s la mort d'un &#233;tudiant lors d'un accident de la route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 mai, Nanjing (&lt;i&gt;Jiangsu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de milliers d'&#233;tudiants qui vire &#224; l'affrontement avec la police, suite aux brutalit&#233;s d'agents administratifs lors d'un march&#233; nocturne informel (30 bless&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 mai, district de Huining (&lt;i&gt;Gansu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;plus d'un millier de manifestants attaquent la police apr&#232;s le passage &#224; tabac d'un jeune de 15 ans ayant grill&#233; un feu rouge (des dizaines de flics bless&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 mai, Yingde (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un poste de police est attaqu&#233; par 300 producteurs de th&#233; (v&#233;hicules de flics et de pompiers incendi&#233;s). En lutte pour le paiement d'arri&#233;r&#233;s de prestations sociales, ils s'&#233;taient rassembl&#233;s pour demander la lib&#233;ration de quatre des leurs arr&#234;t&#233;s la veille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 juin, Shishou (&lt;i&gt;Hubei&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de 10 000 personnes et affrontement avec la police suite au d&#233;c&#232;s suspect d'un employ&#233; d'h&#244;tel dont le propri&#233;taire a des connexions avec les dirigeants locaux du PCC. Des centaines de flics anti-&#233;meutes sont oblig&#233;s de fuir, poursuivis par les manifestants (200 bless&#233;s, dont 62 keufs et 16 de leurs voitures d&#233;truites).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juillet-ao&#251;t 2009 : &lt;/strong&gt;dans le but pr&#233;tendu d'&#233;lever leur niveau de vie, les autorit&#233;s chinoises du Xinjiang organisent l'&#233;migration des Ou&#239;gours vers les provinces c&#244;ti&#232;res (avec mise en place de quotas). Ces quasi-d&#233;portations de travailleurs que non seulement l'ethnie mais aussi la religion, les coutumes et la langue, diff&#233;rencient fortement de la majorit&#233; Han, causent in&#233;vitablement des tensions et le d&#233;veloppement d'un racisme. Il est difficile de savoir comment s'est d&#233;velopp&#233; le conflit entre travailleurs hans et ou&#239;gours fin juin 2009 dans la fabrique de jouets Early Light (20 000 travailleurs dont 800 Ou&#239;gours), &#224; Shaoguan (Guangdong), mais sur la base d'accusation de viols, des affrontements entre les deux communaut&#233;s ont fait deux morts ou&#239;gours. Ces meurtres ont eu des r&#233;percussions dans leur province d'origine, le Xinjiang (extr&#234;me-ouest de la Chine) : notamment &#224; Ouroumtsi, la capitale de la province, les raids meurtriers des deux communaut&#233;s difficilement contenues par la police auraient fait &#171; officiellement &#187; 156 morts. De nouveaux affrontements ont lieu d&#233;but ao&#251;t &#224; Ouroumtsi, &#224; la fois entre communaut&#233;s et chacune d'elles contre la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;24 juillet, Tonghua (&lt;i&gt;Jilin&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;10 000 ouvriers de l'aci&#233;rie publique, menac&#233;s de licenciements occupent leur usine. Certains d'entre eux balancent leur patron par la fen&#234;tre (et hop !) tandis que ceux rest&#233;s dehors pour bloquer l'usine, emp&#234;chent l'arriv&#233;e des secours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 ao&#251;t, Wenping (&lt;i&gt;Hunan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;plus de cent villageois bloquent les routes et affrontent la police. Leurs plaintes contre une fonderie de mangan&#232;se qui a empoisonn&#233; au plomb la population &#233;taient rest&#233;es sans effet. L'usine est finalement ferm&#233;e et deux de ses dirigeants arr&#234;t&#233;s. Des actions similaires se sont d&#233;roul&#233;es &#224; Dangling (&lt;i&gt;Shaanxi&lt;/i&gt;) contre une fonderie de zinc qui a empoisonn&#233; 800 enfants. Les manifestants ont envahi l'usine, encourag&#233;s par les ouvriers, et affront&#233; la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 ao&#251;t, &lt;i&gt;Hunan&lt;/i&gt; : &lt;/strong&gt;d&#233;but d'une gr&#232;ve illimit&#233;e avec occupation dans une mine de charbon suite &#224; une privatisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er septembre, Fengwei (&lt;i&gt;Fujian&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontements entre la police et plus de 10 000 manifestants ayant pris en otage plusieurs officiels. Ils protestent contre la pollution industrielle dans la r&#233;gion, qui expliquerait un taux de cancer &#233;lev&#233; au sein de la population locale. Les villageois bloquent l'acc&#232;s &#224; l'usine de traitement des eaux pour en d&#233;montrer la toxicit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin septembre, Shibin (&lt;i&gt;Henan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des centaines de paysans manifestent contre la pollution engendr&#233;e par une fonderie de plomb qui a contamin&#233; un millier d'enfants (sources officielles). Les autorit&#233;s locales auraient ordonn&#233; &#224; l'h&#244;pital de cesser ses analyses de sang. Les manifestations durent jusqu'&#224; d&#233;but octobre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er octobre, Jiaoyang (&lt;i&gt;Fujian&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de milliers de paysans pour demander le d&#233;placement d'une fabrique de batteries &#233;lectriques qui a provoqu&#233; plus d'une centaine d'empoisonnements dans la population (surtout des chiards).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 octobre, Baijiamao (&lt;i&gt;Shanxi&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des paysans qui occupent l'entr&#233;e d'une mine de charbon depuis plusieurs mois sont attaqu&#233;s par une centaine de nervis (quatre morts et quatorze bless&#233;s). Ils protestent contre la privatisation de la mine jusque l&#224; propri&#233;t&#233; du village.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 octobre, Binchuan (&lt;i&gt;Yunnan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;suite &#224; l'assassinat de l'un d'entre eux, 3 000 villageois attaquent les bureaux et l'&#233;cole du PCC, des b&#226;timents municipaux et d&#233;truisent des voitures de flics (55 bless&#233;s dont 5 policiers, 50 arrestations). Ils protestent contre leur expulsion visant &#224; la construction d'une centrale &#233;lectrique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 octobre, Pingyang (&lt;i&gt;Jiangsu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de dizaines de milliers d'habitants contre la construction d'un incin&#233;rateur. 3 000 flics sont d&#233;p&#234;ch&#233;s sur place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 octobre, &lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt; : &lt;/strong&gt;une d&#233;l&#233;gation de 50 travailleurs du b&#226;timent, repr&#233;sentant plus de 1 000 ouvriers, se pr&#233;sente au si&#232;ge du Cheng Tu Xingdu Real Estate. Ils en ont assur&#233; la construction dans une cascade de sous-traitants qui, le chantier termin&#233;, les laisse avec pr&#232;s d'une ann&#233;e d'arri&#233;r&#233;s de salaires. Ils sont &#233;conduits sans m&#233;nagement par les hommes de main de la firme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 octobre, Lanzhou (&lt;i&gt;Gansu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un millier d'&#233;tudiants manifestent, attaquent des b&#226;timents officiels et affrontent un millier de policiers (dix bless&#233;s). Ils d&#233;noncent leurs conditions d'existence, d'alimentation et d'h&#233;bergement et l'imposition de droits scolaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;30 octobre, Kunming (&lt;i&gt;Yunnan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;apr&#232;s la mort d'un charretier tu&#233; par des agents municipaux, 1000 personnes d&#233;filent en portant son cadavre. Ils attaquent des b&#226;timents officiels et affrontent des centaines de policiers (50 bless&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 novembre, Luzhou (&lt;i&gt;Sichuan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation devant la mairie de 100 retrait&#233;s (&#226;g&#233;s de 70 &#224; 80 ans), licenci&#233;s lors d'une restructuration en 1990, attaqu&#233;e par plus de 100 flics (deux bless&#233;s). Leur ancienne usine, qui payait encore leurs retraites, est vendue &#224; un sp&#233;culateur immobilier et leurs pensions sont &lt;i&gt;ipso facto &lt;/i&gt;supprim&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 novembre, Haikou (&lt;i&gt;Hainan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve des ouvri&#232;res de l'usine de lingerie Triumph International contre la r&#233;duction de la prime annuelle de r&#233;sultat. L'annonce du paiement de cette prime ne met pas fin au conflit : la revendication devient celle du salaire et des jours de repos. Les n&#233;gociations seraient difficiles car les ouvri&#232;res, par crainte de la r&#233;pression, refusent de d&#233;signer des d&#233;l&#233;gu&#233;es. La multinationale germano-suisse (38 000 travailleurs dans 120 pays) vient de fermer ses usines des Philippines et de Tha&#239;lande pour les transf&#233;rer notamment en Chine. L'usine de Haikou exploite 3 000 ouvri&#232;res pour un salaire mensuel de 70 &#224; 90 euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Novembre, Huijiang (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;protestations massives de villageois contre la construction d'un incin&#233;rateur (le projet est ajourn&#233; en d&#233;cembre).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 novembre, district de Danshan (&lt;i&gt;Anhui&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un millier de villageois affrontent 200 policiers (trois voitures de flics d&#233;truites, vingt bless&#233;s, vingt arrestations). Les manifestants protestent contre les faibles indemnit&#233;s accord&#233;es apr&#232;s des exporpriations visant &#224; l'installation d'un jardin public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 novembre, Chongqing : &lt;/strong&gt;un millier de retrait&#233;s de l'usine de motocycles Jialing bloquent pendant deux jours deux axes routiers ; suite &#224; la faillite de leur soci&#233;t&#233; leurs pensions sont menac&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er d&#233;cembre, Shitang (&lt;i&gt;Guanxi&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un millier de villageois affrontent la police apr&#232;s la confiscation de motocycles non autoris&#233;s et le tabassage d'un des propri&#233;taires qui r&#233;sistait (quatorze arrestations, cinquante bless&#233;s dont vingt policiers). Ces engins servent souvent de v&#233;hicules-taxis et fournissent un revenu &#224; leur propri&#233;taire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 d&#233;cembre, Yunfu (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;plusieurs milliers d'habitants manifestent devant le si&#232;ge de la police pour demander la remise en libert&#233; d'un des leurs arr&#234;t&#233; &#224; la suite &#224; une rixe. Ils attaquent les locaux, cassent portes et fen&#234;tres et affrontent les forces sp&#233;ciales d&#233;p&#234;ch&#233;es pour les disperser (vingt bless&#233;s). Le lendemain, une route nationale est bloqu&#233;e et les affrontements continuent (cinquante arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;31 d&#233;cembre, Zhentou (&lt;i&gt;Hunan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des centaines de paysans affrontent la police pour emp&#234;cher l'&#233;pandage d'oxyde de calcium sur leur champs. Depuis cinq mois ils manifestent contre des empoisonnements au cadmium et &#224; l'indium qui auraient provoqu&#233; sept morts et atteint des centaines de personnes. L'&#233;pandage aurait pour objectif de d&#233;truire les preuves d'une pollution et de retirer aux paysans le droit &#224; une indemnisation. Les sols sont inutilisables pour les soixante ans &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Janvier, Hong Kong : &lt;/strong&gt;manifestations de plusieurs milliers de personnes contre la construction de la voie ferr&#233;e rapide Hong Kong-Guangzhou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 janvier, Foshan (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve et manifestation de 1 000 &lt;i&gt;mingong &lt;/i&gt;de l'usine de jouets Mattel Diecast China contre un soudain changement dans le calcul de leur retraite. Ils bloquent l'un des axes majeurs de la ville et affrontent une centaine de flics (22 arrestations).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 janvier, Wanshi (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;blocage d'un chantier par 500 villageois qui affrontent pendant trois heures un millier de flics (avec notamment des couteaux et des cocktails Molotov ; 10 bless&#233;s, 40 arrestations). Ils s'opposent &#224; la vente de leurs terres par les autorit&#233;s locales &#224; une soci&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 janvier, Hewan (&lt;i&gt;Jiangsu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des villageois affrontent 200 nervis d'une soci&#233;t&#233; p&#233;trochimique qui, avec le PCC local, veut les expulser. Un villageois est tu&#233;, les paysans se rassemblent devant la mairie pour r&#233;clamer le corps. Le jour suivant, ils manifestent &#224; nouveau (50 bless&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 janvier, Longyatun (&lt;i&gt;Guangxi&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation et blocage de travaux par des villageois qui refusent leur expropriation. La police p&#233;n&#232;tre dans le village pour arr&#234;ter douze protestataires mais sont pris &#224; partie par les habitants (50 arrestations, 11 flics et une de leurs voitures endommag&#233;s, 12 villageois bless&#233;s dont 5 par balles et peut-&#234;tre un mort).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 janvier, Miaobei (&lt;i&gt;Zhejiang&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontement entre 300 policiers et des villageois qui s'opposent &#224; un projet de construction qui menace leurs r&#233;coltes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 janvier, Yangzhuang (&lt;i&gt;Henan&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;des villageois bloquent l'autoroute avec des troncs d'arbres. Une soci&#233;t&#233; veut s'emparer de leurs terres et envoie la nuit des gros bras pour d&#233;truire les r&#233;coltes et tabasser les paysans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 janvier, Suzhou (&lt;i&gt;Jiangsu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;plusieurs milliers d'ouvriers de l'usine Wintek Corp (sous-traitant d'Apple qui lui fournit les &#233;crans tactiles de l'iPhone) entrent en gr&#232;ve &#224; l'annonce de la suppression des primes de fin d'ann&#233;e. Ils d&#233;truisent des v&#233;hicules, endommagent les b&#226;timents et caillassent les flic (100 bless&#233;s). Ils d&#233;noncent aussi l'emploi de produits toxiques (l'hexane qui a caus&#233; la mort de plusieurs travailleurs) dans le proc&#232;s de fabrication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 janvier, Pizhou (&lt;i&gt;Jiangsu&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;2 000 personnes (presque tout le village) manifestent dans la ville et sont dispers&#233;es par la police anti-&#233;meutes (50 bless&#233;s). La veille, un habitant de Hewan a &#233;t&#233; tu&#233; lorsque qu'une centaine de gardes a tent&#233; de s'emparer de force d'exploitations agricoles que les autorit&#233;s veulent vendre pour y construire une usine chimique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 janvier, Huangwu (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;les villageois affrontent plus de 200 flics venus arr&#234;ter un habitant soup&#231;onn&#233; de fabriquer des cocktails Molotov (dix villageois et deux flics bless&#233;s). Pour un projet de construction, les autorit&#233;s locales veulent expulser 108 familles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;19-20 janvier, Likeng (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;un millier de personnes manifestent contre un incin&#233;rateur qui provoquerait des cancers et des cas de saturnisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;24 janvier, Nanhai (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;400 personnes manifestent devant le futur site de construction d'un incin&#233;rateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;26 janvier, Tongle (&lt;i&gt;Guangxi&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;affrontements entre des villageois et 700 policiers. Ils tentent d'emp&#234;cher l'expropriation de leurs fermes que les autorit&#233;s ont revendues 100 fois plus ch&#232;res que le montant des indemnisations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;26 janvier, Guangzhou (&lt;i&gt;Guangdong&lt;/i&gt;) : &lt;/strong&gt;manifestation de 500 agents de la voierie suite &#224; la privatisation de leur service.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 janvier, Beijing : &lt;/strong&gt;gr&#232;ve de 200 employ&#233;s de l'usine Panasonic Electronic Devices. Ils bloquent pendant au moins quatre jours l'entr&#233;e de l'usine et semblent s&#233;questrer des cadres (y compris japonais). L'entreprise, qui dispose de deux chaines de production de condensateurs, veut en d&#233;localiser une dans le Guangdong o&#249; le co&#251;t de production est inf&#233;rieur. Les ouvriers veulent obtenir des indemnit&#233;s de licenciement plus &#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;TEXTES COMPLEMENTAIRES&lt;/h3&gt;
&lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;UNITE ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'une part, l'unit&#233; du prol&#233;tariat n'est pas une condition &lt;i&gt;pr&#233;alable&lt;/i&gt; n&#233;cessaire &#224; une avanc&#233;e victorieuse du prol&#233;tariat, m&#234;me sur un plan purement revendicatif. Le prol&#233;tariat est toujours, n&#233;cessairement, fractionn&#233;. Il l'est parce que le capital l'est (en pays, en secteurs, en entreprises) et parce que les patrons s'attachent &#224; le diviser. Il l'est enfin parce que les travailleurs sont en concurrence sur le march&#233; du travail. Vouloir surmonter ces divisions par une construction politique ou syndicale pr&#233;alable, c'est en derni&#232;re analyse viser une r&#233;volution politique, o&#249; la pseudo unit&#233; de la classe n'existe que dans une unit&#233; r&#233;elle d'un pouvoir qui la domine, que ce soit celui des conseils ouvriers ou celui du parti. L'appel traditionnel &#224; l'unit&#233; s'inscrit dans une vision politique de la r&#233;volution, o&#249; tous les prol&#233;taires doivent faire masse face &#224; l'Etat qu'il faudrait conqu&#233;rir ou abattre, selon les versions, face aux patrons qu'il faudrait d&#233;poss&#233;der de leurs moyens de production. Cette unit&#233;-l&#224;, c'est celle de la massification. Elle correspond aux besoins des politiques et proc&#232;de de la massification du travailleur collectif dans les usines et les quartiers. La r&#233;volution dont parle cette unit&#233;, c'est l'affirmation des travailleurs en tant que travailleurs pour la g&#233;n&#233;ralisation du travail et la dictature du prol&#233;tariat. Cette id&#233;ologie appartient au pass&#233; du mouvement ouvrier. La Chine ne fera pas exception.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, l'unit&#233; r&#233;elle de la classe dans la lutte ne se v&#233;rifie pas dans sa massification (formation d'une masse de man&#339;uvre pour les politiques ?). elle se v&#233;rifie lorsque, dans la crise, le prol&#233;tariat se trouve largement confront&#233; &#224; son absence de r&#233;serve, ce statut commun, cette vraie communaut&#233; du prol&#233;tariat, peu visible dans la prosp&#233;rit&#233;, qui l'unifie de fait malgr&#233; la diversit&#233; des situations particuli&#232;res et cr&#233;era une langue et une pratique communes, celles de la communisation de la soci&#233;t&#233;. L'unit&#233; se fera dans la lutte. Des divisions sociologiques actuelles, qui semblent profondes et d&#233;terminantes, seront d&#233;pass&#233;es naturellement si la lutte prend de l'ampleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de Bruno Astarian,&lt;/i&gt; Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes (1978-2009)&lt;i&gt;, p. 97&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;LA QUESTION DE LA PLUS-VALUE ABSOLUE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments ci-dessus indiquent nettement une grande importance [en Chine] de l'extraction de la plus-value sur le mode absolu : longueur de la journ&#233;e de travail et baisse du travail n&#233;cessaire par r&#233;duction absolue du salaire (et non par baisse de la valeur des subsistances). La recherche d'un renforcement de l'exploitation du prol&#233;tariat mondial sur le mode de la plus-value absolue est l'une des principales raisons que le capital occidental et japonais a de se d&#233;localiser, depuis trente ou quarante ans, dans les pays &#224; bas co&#251;t de main-d'&#339;uvre. Cela est encore plus vrai depuis l'explosion du secteur de la logistique et de sa productivit&#233; (ann&#233;es 1990).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le capital international est all&#233; en Chine pour la qualit&#233; particuli&#232;re de sa main-d'&#339;uvre : abondance, discipline, horaires interminables, bas salaires et sous-consommation &#8211; ce qu'il ne pouvait pas trouver dans ses bases m&#233;tropolitaines. Le renforcement de l'extraction de la plus-value sur le mode relatif y &#233;tait bloqu&#233; par la difficult&#233; &#224; augmenter la productivit&#233;, tandis que l'injection d'une dose de plus-value absolue y &#233;tait entrav&#233;e par les r&#233;sistances des OS et l'inertie du compromis fordiste. Certes, une fois que les d&#233;localisations se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;es, elles ont agi en retour sur les conditions de l'exploitation dans les m&#233;tropoles o&#249; certaines r&#233;formes de l'extraction de la plus-value absolue reviennent en force (longueur, mais surtout densit&#233; de la journ&#233;e de travail et pluri-activit&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les modalit&#233;s actuelles de l'exploitation du prol&#233;tariat chinois (surtout les migrants) indiquent une forte pr&#233;dominance de la plus-value absolue. Le tr&#232;s faible niveau des salaires, la longueur de la journ&#233;e de travail, l'arbitraire patronal des amendes, du non-paiement des salaires, etc. vont dans ce sens. Car tout cela implique une tr&#232;s faible consommation ouvri&#232;re. Or, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, plus le panier des subsistances est restreint, moins la plus-value relative peut jouer. C'est pourquoi il peut &#234;tre int&#233;ressant d'examiner la consommation ouvri&#232;re en Chine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de &#171; Les travailleurs migrants en Chine &#187;, &lt;/i&gt; Echanges&lt;i&gt;, n&#176; 123, hiver 2007-2008&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la journ&#233;e de travail, le travailleur produit de la valeur, dont une part correspond &#224; son salaire ; c'est le travail n&#233;cessaire. L'autre part est le surtravail, dont la valeur est appel&#233;e plus-value. Le salaire correspond &#224; la valeur des biens n&#233;cessaires &#224; la reproduction de la force de travail. Plus il faut de temps pour produire ces marchandises de la consommation ouvri&#232;re, moins la part de la plus-value (le temps qu'il reste dans la journ&#233;e pour produire pour le patron) est grande. Il y a deux fa&#231;ons d'augmenter la plus-value : en allongeant la journ&#233;e de travail (la plus-value absolue), et en augmentant la productivit&#233; du travail qui produit le panier de subsistances, ce qui &#233;quivaut &#224; une baisse du temps de travail n&#233;cessaire (plus-value relative). La combinaison de ces deux formes de la plus-value est la base de la formule d'&#233;quilibre de la reproduction du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de Bruno Astarian, &lt;/i&gt; Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes (1978-2009)&lt;i&gt;, p. 149&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;LES TRAVAILLEURS MIGRANTS EN CHINE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs migrants ne repr&#233;sentent qu'une fraction du prol&#233;tariat chinois, mais c'est celle qui est la plus impliqu&#233;e dans l'insertion internationale du capitalisme chinois et probablement la plus exploit&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donn&#233;es g&#233;n&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On appelle travailleurs migrants les prol&#233;taires issus de l'exode rural. Le plus souvent, ces ruraux ne disposent pas d'un permis de r&#233;sidence (&lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt;) urbain. Malgr&#233; plusieurs d&#233;buts de r&#233;forme, souvent limit&#233;s localement, le syst&#232;me mao&#239;ste des permis de r&#233;sidence reste essentiellement en vigueur. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; ruraux repr&#233;sentent 57% de la population (selon des chiffres de 2005), contre 43% pour les &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; urbains. Les tentatives de lib&#233;ralisation du syst&#232;me du &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; sont plus avanc&#233;es dans les petites villes que dans les grandes, et dans ces derni&#232;res sont le plus souvent limit&#233;es aux banlieues. Les conditions de base pour accorder un &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; urbain &#224; un rural sont toujours l'obligation d'avoir un emploi stable et un domicile fixe. La limite de cette lib&#233;ralisation est pour une bonne part celle du budget de l'aide sociale des villes, car le &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; urbain est assorti de droits, de m&#234;me que le &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; rural s'accompagne d'un droit &#224; louer une terre agricole (l'octroi d'un &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; urbain fait parfois partie des compensations offertes aux paysans chass&#233;s de leurs terres par l'extension des villes).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans leur grande masse, les travailleurs migrants n'ont qu'un &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; rural. Ils doivent donc &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des sans-papiers de l'int&#233;rieur, et sont &#224; ce titre exploitables comme les immigr&#233;s dans d'autres pays. On estime leur nombre &#224; 150-200 millions. Selon une &#233;tude r&#233;cente du &lt;i&gt;Development Research Center of the State Council&lt;/i&gt;, dont a rendu compte l'agence Xinhua le 16 juin 2007, il y aurait 120 millions de migrants dans les grandes villes, et 80 millions dans les petites. Pour donner un ordre de grandeur de l'importance de cette masse, l'Organisation internationale du travail a &#233;tabli des chiffres qui permettent de conclure qu'en 2002 il y avait en tout 350 &#224; 434 millions de prol&#233;taires (urbains et ruraux) en Chine, pour une population active totale de 754 millions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'on croit souvent, l'exode rural ne se dirige pas exclusivement vers la c&#244;te. Entre 1985 et 2000, les zones rurales du pays ont vu le d&#233;part (provisoire et d&#233;finitif) de 114 millions de gens. 54 millions sont all&#233;s dans les villes des provinces int&#233;rieures, et 60 millions vers les villes des provinces c&#244;ti&#232;res. La r&#233;partition des migrants par grands secteurs est la suivante : plus de la moiti&#233; vont dans le b&#226;timent et l'industrie, et le reste dans l'h&#244;tellerie, la restauration, les services. Seuls 20% du total vont dans les &lt;i&gt;sweatshops&lt;/i&gt; (&#171; ateliers de la sueur &#187;) de la c&#244;te, ce qui repr&#233;sente quand m&#234;me 25 &#224; 30 millions de travailleurs (pour comparaison, la population active totale de la France est de 27 millions).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les chiffres suivants sont anciens, mais ce sont les seuls que j'ai trouv&#233;s : en 1993, 22% des migrants se retrouvaient dans l'industrie, 33% dans le b&#226;timent, 10% dans les transports, 31% dans le commerce et la restauration, et 4% dans l'agriculture. Autres chiffres : la population de la ville de Shenzhen, dans le Guangdong, limitrophe de Hong Kong, o&#249; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e une des premi&#232;res zones &#233;conomiques sp&#233;ciales en 1979, est pass&#233;e de 310 000 &#224; 4,3 millions d'habitants entre 1980 et 2000. &#192; cette date, seuls 30% de la population &#233;taient des r&#233;sidents permanents avec un &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; urbain. Il s'agissait de fonctionnaires, d'entrepreneurs, de techniciens et de travailleurs qualifi&#233;s. Le reste &#233;tait form&#233; de migrants sans permis de r&#233;sidence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de &#171; Les travailleurs migrants en Chine &#187;,&lt;/i&gt; Echanges&lt;i&gt;, n&#176;123, hiver 2007-2008&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;LA QUESTION DES SALAIRES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;volution des salaires, on observe qu'au cours de la p&#233;riode 1994-2004, en termes r&#233;els, le revenu des travailleurs migrants ne leur a permis que de se maintenir au plus bas niveau de vie. Cependant, on observe aussi qu'en raison d'une p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre apparue dans la r&#233;gion &#224; partir de la fin 2003, les choses sont peut-&#234;tre en train de changer. Elles le font cependant lentement car la loi de l'offre et de la demande (ici, de travail) est contrecarr&#233;e par le comportement ill&#233;gal des patrons, qui cherchent &#224; limiter la mobilit&#233; du travail de plusieurs fa&#231;ons. Face &#224; la forte r&#233;sistance qu'opposent les patrons aux demandes d'augmentations de salaires ou d'am&#233;liorations des conditions de vie et de travail, les travailleurs r&#233;agissent en effet par la recherche d'un autre travail dans une autre usine. Mais les patrons contre-attaquent :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# en ne payant les salaires qu'avec un retard consid&#233;rable. Tout travailleur qui veut vraiment d&#233;missionner doit admettre de perdre les salaires en retard &#192; Shangha&#239;, les 1000 travailleurs d'une filature sud-cor&#233;enne ont s&#233;questr&#233; sept cadres expatri&#233;s pour obtenir le paiement des arri&#233;r&#233;s. Ce serait la premi&#232;re fois que les travailleurs s'attaquent &#224; des cadres &#233;trangers ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# en retenant forfaitairement quinze jours de salaire si le travailleur d&#233;missionne en cours de mois, lorsque les salaires sont &#224; jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me la pratique courante de loger les travailleurs dans l'enceinte de l'usine est un frein efficace &#224; la mobilit&#233; : si le travailleur d&#233;missionne en esp&#233;rant toucher plus tard ses arri&#233;r&#233;s de salaire, encore faut-il qu'il puisse se loger dans la r&#233;gion. La chert&#233; des loyers l'en dissuade rapidement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le CLB d&#233;plore ce comportement ill&#233;gal des patrons et appelle de ses v&#339;ux un libre jeu des lois du march&#233; selon le droit &#233;crit [&lt;a href='#nb38' class='spip_note' rel='footnote' title='Avec la nouvelle loi sur le contrat de travail, entr&#233; en vigueur le 1er (...)' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le niveau des salaires augmente malgr&#233; tout, car les &#171; forces du march&#233; &#187; s'imposent envers et contre tout. Les travailleurs ont trouv&#233; des fa&#231;ons de quitter l'entreprise avec leur salaire :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# en se faisant vider pour mauvais travail ou mauvais comportement (les ouvriers allemands de la p&#233;riode nationale-socialiste ne firent pas autre chose lorsque le gouvernement chercha &#224; bloquer leur mobilit&#233; [&lt;a href='#nb39' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir &#171; L'opposition des travailleurs dans l'Allemagne nazie &#187;, (...)' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;]) ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# en achetant par des cadeaux le blanc-seing de leur contrema&#238;tre (c'est &#224; ce niveau qu'est donn&#233;e la v&#233;ritable autorisation de d&#233;missionner).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'apr&#232;s des statistiques publi&#233;es par &lt;i&gt;Le Quotidien du Peuple&lt;/i&gt; du 15 juin 2007, les salaires mensuels des migrants ont &#233;volu&#233; comme suit :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th scope='col'&gt; Ann&#233;e &lt;/th&gt;&lt;th scope='col'&gt; Yuan/mois &lt;/th&gt;&lt;th scope='col'&gt; variation &lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt; 2003 &lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt; 781 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; - &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt; 2004 &lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt; 803 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; + 2,8 % &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt; 2005 &lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt; 855 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; + 6,5 % &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt; 2006 &lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt; 953 &lt;/td&gt;
&lt;td&gt; +11,5 % &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres montrent une nette acc&#233;l&#233;ration de la hausse en fin de p&#233;riode [&lt;a href='#nb40' class='spip_note' rel='footnote' title='La source qui cite le conflit chez Alco mentionn&#233; plus haut indique (...)' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;]. Dans le m&#234;me contexte, une nouvelle fa&#231;on de faire travailler plus les migrants est apparue r&#233;cemment dans la r&#233;gion de Guangzhou. Sur la base des p&#233;nuries de main-d'&#339;uvre apparues dans la r&#233;gion, certains travailleurs ont r&#233;invent&#233; l'int&#233;rim. Ce sont des travailleurs qui connaissent d&#233;j&#224; bien le travail &#224; la cha&#238;ne, qui peuvent travailler sur tous les postes et ont une bonne qualification. Au lieu de garder un emploi permanent dans une entreprise, ils louent leurs services sur une base temporaire quand l'entreprise conna&#238;t une situation d'urgence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par exemple, dans une usine de confection, le salaire normal pour un travail de repassage est de 30-45 yuan par jour avec nourriture et dortoir. Le salaire des travailleurs employ&#233;s en cas d'urgence varie entre 80 et 120 yuan pour le m&#234;me emploi. De plus, le salaire est vers&#233; chaque jour, ce qui limite les impay&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce syst&#232;me s'est bient&#244;t vu institutionnalis&#233; sous la forme d'&#233;quipes toutes constitu&#233;es qui viennent dans les usines au moment des coups de bourre. Elles sont dirig&#233;es par un chef d'&#233;quipe, qui est habituellement un travailleur plus &#226;g&#233;, qui conna&#238;t bien le m&#233;tier et a de nombreux contacts dans les usines d'une r&#233;gion. Les enqu&#234;teurs [&lt;a href='#nb41' class='spip_note' rel='footnote' title='Jian Yang et Chenyan Liu, &#171; New trend for factory hiring in PRD &#187;, CSR (...)' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;] citent le cas d'un chef d'&#233;quipe qui dispose de cent travailleurs &#224; qui il garantit 15 jours de travail par mois. Il prend 10% de leur salaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; le surco&#251;t, les patrons sont int&#233;ress&#233;s par ces travailleurs parce qu'ils permettent d'&#233;viter les frais li&#233;s aux retards de livraison, et parce qu'ils assurent un travail plus intensif et de meilleure qualit&#233; que le personnel permanent. Autrement dit parce qu'ils travaillent encore plus tant qu'ils sont dans l'usine, &#224; un niveau d'exploitation que les patrons ne peuvent pas obtenir des permanents. Mais ces m&#234;mes patrons d&#233;clarent aux enqu&#234;teurs que le salaire de ces travailleurs est trop &#233;lev&#233;, et qu'ils ne peuvent les employer qu'exceptionnellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de &#171; Les travailleurs migrants en Chine &#187;,&lt;/i&gt; Echanges&lt;i&gt;, n&#176;123, hiver 2007-2008&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SYNDICATS ET MODALITES DE L'EXPLOITATION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le gouvernement a arbitr&#233; ce les syndicats ind&#233;pendants parce qu'il s'en tient au mod&#232;le d'exploitation du travail instaur&#233; par les r&#233;formes, et qui repose sur l'avantage comparatif des bas salaires. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me dans le d&#233;veloppement historique du capitalisme occidental. Les syndicats n'ont &#233;t&#233; tol&#233;r&#233;s par les patrons que progressivement, au fur et &#224; mesure que se mettait en place l'accumulation intensive et le m&#233;canisme de la plus-value relative. La recherche de la plus-value absolue est, pour les patrons, antagonique &#224; l'admission d'un syndicat. Dans ce mod&#232;le, o&#249; les immobilisations de capital fixe sont peu &#233;lev&#233;es, l'initiative du travailleur non qualifi&#233; dans l'effort de productivit&#233; n'est pas ou peu sollicit&#233;e. On impose de faire le maximum possible d'heures pour un salaire de survie qui est &#224; prendre ou &#224; laisser. D'autres sont pr&#234;ts &#224; prendre sa place. Il n'y a pas grand chose &#224; n&#233;gocier. La fonction de contr&#244;le et de pressurage de la main-d'&#339;uvre est d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la r&#233;pression pure. [&#8230;] La complexification du proc&#232;s de travail collectif requiert une participation plus active des travailleurs, un minimum d'initiative dans la r&#233;solution des probl&#232;mes. Tout &#231;a se paie, et le syndicat est une bonne institution pour obtenir cette collaboration en &#233;change d'un partage des gains de productivit&#233;. La hausse des salaires et de la consommation ouvri&#232;re, l'accumulation de capital fixe, signifie le d&#233;veloppement du m&#233;canisme de la plus-value relative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme lors du passage &#224; la domination r&#233;elle du capital en Occident, ce sch&#233;ma laisse une place au syndicalisme. Mais ce passage d'un syst&#232;me d'exploitation du travail qui interdit le syndicalisme &#224; un autre qui y trouve son int&#233;r&#234;t est-il possible en Chine aujourd'hui ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de Bruno Astarian,&lt;/i&gt; Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes (1978-2009)&lt;i&gt;, p. 142&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;GREVES ET DESTRUCTIONS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Presque par d&#233;finition, les gr&#232;ves en Chine ne sont pas ou tr&#232;s peu organis&#233;es, [...] la formation de groupes syndicaux ou parasyndicaux &#224; la base est fortement r&#233;prim&#233;e. Il y a probablement des groupes plus ou moins clandestins, mais ils ne sont pas perceptibles sur notre radar. Par &#171; pas ou tr&#232;s peu organis&#233;es &#187;, il faut entendre donc qu'il n'y a pas de pr&#233;paratifs de la gr&#232;ve longtemps &#224; l'avance, par la demande de n&#233;gociations, la communication aux travailleurs de l'&#233;tat du rapport de forces, l'annonce de dates lointaines o&#249; &#171; on agira &#187;, etc. Les gr&#232;ves sont donc le plus souvent soudaines, improvis&#233;es, et s'organisent dans le feu de l'action. En se mettant en gr&#232;ve, les travailleurs prennent des risques consid&#233;rables. Ceux qui sont arr&#234;t&#233;s finissent fr&#233;quemment en prison pour plusieurs ann&#233;es. Aussi n'est-il pas &#233;tonnant que, une fois le travail suspendu, ils ne reculent pas devant le recours &#224; la violence et les destructions. Entrer en gr&#232;ve, pour un travailleur chinois, c'est d&#233;j&#224; br&#251;ler ses vaisseaux. Il ne s'y met donc que lorsque son exasp&#233;ration a atteint un degr&#233; tr&#232;s &#233;lev&#233;. La r&#233;pression, le refus de la n&#233;gociation et l'absence ou la faiblesse des m&#233;diations font le reste. [...]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale la gr&#232;ve &#233;clate sans pr&#233;paratifs particuliers lorsque les conditions d'exploitation d&#233;passent, sur un point particulier, les limites du supportable (qualit&#233; de la cantine, heures non pay&#233;es, brutalit&#233; des vigiles ou contrema&#238;tres, etc.). [...]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve l&#224; une atmosph&#232;re qui ressemble &#224; celle de r&#233;voltes des OS qui a eu lieu dans les usines &#224; la cha&#238;ne d'Europe et d'Am&#233;rique dans les ann&#233;es 1960-1970. Les m&#234;mes causes produisant les m&#234;mes effets, la surexploitation du travail tayloris&#233; et fordis&#233; produit les m&#234;mes r&#233;actions de r&#233;volte que celles qui avaient &#233;t&#233; regroup&#233;es sous le nom d'antitravail. Sans doute en plus violent encore, puisque les destructions sont nombreuses dans ces soul&#232;vements brefs et sans suite d'ouvriers exasp&#233;r&#233;s par la rigidit&#233; des patrons sur la moindre question de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre caract&#233;ristique assez g&#233;n&#233;rale des gr&#232;ves en Chine est leur courte dur&#233;e. L'absence de r&#233;serves, individuelles ou collectives, est &#233;videmment en cause ici. Mais l'isolement l'est aussi. On a vu la difficult&#233; qu'ont les gr&#233;vistes &#224; &#233;tablir des liens de solidarit&#233; avec leur entourage, et je ne connais pas d'exemple de gr&#232;ve de solidarit&#233;. L'occupation des locaux favorise en g&#233;n&#233;ral la prolongation des conflits, surtout si ces locaux sont abandonn&#233;s par leur patron. Or, ainsi qu'on l'a mentionn&#233;, il ne semble pas y avoir beaucoup d'occupations en Chine - en tout cas pour le moment. Une autre raison probable de la courte dur&#233;e des gr&#232;ves est l'absence de syndicats pour les pr&#233;parer, les soutenir, les financer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de Bruno Astarian,&lt;/i&gt; Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes (1978-2009)&lt;i&gt;, p. 142&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;ANNEXES&lt;/h3&gt;
&lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;QUELQUES CHIFFRES ET DONNEES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[pour comparaison, les chiffres entre crochets sont ceux concernant la France]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Superficie : 9 641 144 km2 [675 417]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Population : 1 360 445 010 hab. [65 073 482]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Population urbaine : 606 millions, soit 43% de la population totale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Densit&#233; : 141 hab./km2 [96,3]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Population active : 812 millions (2009) [27,97]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Population active par secteur :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;agriculture : 43% [3,8%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;industrie : 25% [24,3%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;services : 32% [71,8%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Mingong&lt;/i&gt; : 150 &#224; 200 millions&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Travailleurs expatri&#233;s : 794 000 (2008)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Taux de ch&#244;mage urbain : 4% (officiellement ; 9,5% selon une &#233;tude ind&#233;pendante) [9,7%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PIB(nominal) : 4 758 milliards $ (3e rang mondial) [2635]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Croissance du PIB : 8,7% (2009) [- 2,2%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PIB (nominal) par habitant : 3259 $ (2008), (104e) [46037]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PIB par secteur :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;agriculture : 11,3% [2%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;industrie : 48,6% [24,3%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;services : 40,1% [77,6%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2005, les provinces de Guangdong, Shandong et Jiangsu repr&#233;sentaient un tiers du PIB chinois. Les onze provinces quoti&#232;res en repr&#233;sentaient 70 %.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Inflation : 4,9% (2008) [2,8%]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Indice de d&#233;veloppement humain (IDH) : 81e (2008) [10e]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Principales industries : &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;fer, acier, aluminium et autres m&#233;taux, charbon, construction de machines, armement, textiles, p&#233;trole, ciment, produits chimiques, engrais, produits de consommation, mat&#233;riels de transport.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2009, la Chine est devenue le premier constructeur automobile et le premier march&#233; mondial (13,64 millions d'unit&#233;s produites). Les marques les plus vendues proviennent d'entreprises mixtes associant notamment Volkswagen e t GM.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Commerce ext&#233;rieur :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Exportation : 1200 milliards $ (2009) [457]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Principaux clients : &#201;tats-Unis 17,7%, Hong Kong 13,3%, Japon 8,1%, Cor&#233;e du Sud 5,2%, Allemagne 4% (2008)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La moiti&#233; des exportations dites chinoises sont r&#233;alis&#233;es par des multinationales &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Importations : 1005 milliards $ (2009) [532]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Biens import&#233;s, principaux fournisseurs : Japon 13,3%, Cor&#233;e du Sud 9,9%, Ta&#239;wan 9,2%, &#201;tats-Unis 7,2%, Allemagne 4,9% (2008)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2009, la Chine comptait 1430 ports commerciaux, dont les six premiers mondiaux : Shangai, Shenzen, Qingdao, Ningbo, Guangzhou, Tianjin (aucun dans le &#171; top 20 &#187; en 2000 !).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dette publique : 18,9% du PIB (2007)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dette ext&#233;rieure : 363 milliards $ (31 d&#233;cembre 2007)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Recettes publiques : 640,6 milliards $&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;penses publiques : 634,6 milliards $ (2007)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Accidents du travail : &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;500000 en 2007, dont 98340 morts (soit 300 morts par jour).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1616 accidents dans les mines de charbons, causant la mort de 2631 travailleurs (2009). En 2007, le taux de mortalit&#233; &#233;tait de cinq mineurs par million de tonnes de charbons extraites dans les grandes mines, 9,1 dans les petites ; ce taux &#233;tait de 0,5 en Inde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les deux premiers mois de 2009, 500 dirigeants d'entreprises auraient &#233;t&#233; tu&#233;s dans des conflits touchant des salaires impay&#233;s, r&#233;duits, ou lors d'un durcissement des conditions d'exploitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Conflits du travail :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2008, on en aurait compt&#233; dans tout le pays 237000, en augmentation de 98% par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. De septembre 2008 &#224; mars 2009, leur nombre s'&#233;l&#232;verait &#224; 546000 rien que dans les provinces centrales et du Sud-Est (Guangzhou, Fujian et Jiangsu), o&#249; ils auraient &#233;t&#233; multipli&#233;s par dix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En janvier 2008 on estimait que dans le Guangdong, &#233;clatait chaque jour au moins une gr&#232;ve impliquant plus de 1000 travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;CHRONOLOGIE INDICATIVE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er octobre 1949 : &lt;/strong&gt;proclamation de la R&#233;publique populaire de Chine suite &#224; la victoire militaire du Parti communiste chinois (PCC) sur les nationalistes (le Kuomintang, dont les partisans se replient sur l'&#238;le de Ta&#239;wan).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1958 :&lt;/strong&gt; Grand Bond en avant. Vaste mobilisation pour la modernisation &#233;conomique, industrialisation des campagnes, collectivisation des terres et cr&#233;ation des communes populaires. La d&#233;sorganisation des structures agricoles entra&#238;ne une gigantesque famine. Mao perd de son autorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1966 :&lt;/strong&gt; d&#233;but de la R&#233;volution culturelle. Pour mettre &#224; mal les dirigeants favorables &#224; une lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie et recouvrer son autorit&#233; au sein du parti, Mao lance une campagne contre les &#233;lites et les bureaucrates en s'appuyant sur la jeunesse du pays. Une p&#233;riode de chaos s'ensuit. La situation est progressivement reprise en main par Zhou Enlai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1975 :&lt;/strong&gt; Zhou Enlai, second&#233; par Deng Xiaoping, annonce le lancement officiel des &#171; &lt;i&gt;quatre modernisations&lt;/i&gt; &#187; (agriculture, industrie, science et technologie, d&#233;fense nationale), marquant le d&#233;but de l'&#232;re des r&#233;formes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Septembre 1976 :&lt;/strong&gt; mort de Mao Zedong.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juillet 1977 :&lt;/strong&gt; Deng Xiaoping (consid&#233;r&#233; comme le leader des r&#233;formistes) est r&#233;habilit&#233; apr&#232;s avoir &#233;t&#233; mis &#224; l'&#233;cart pendant la R&#233;volution culturelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1978 :&lt;/strong&gt; d&#233;but des r&#233;formes lanc&#233;es par Deng, qui font passer la Chine d'une &#233;conomie planifi&#233;e de type sovi&#233;tique &#224; un &#171; &lt;i&gt;socialisme de march&#233;&lt;/i&gt; &#187;, conservant la structure rigide de contr&#244;le par le PCC.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1979 :&lt;/strong&gt; ouverture au commerce mondial, d&#233;but de la d&#233;collectivisation des terres, loi autorisant les investissements &#233;trangers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avril 1979 :&lt;/strong&gt; cr&#233;ation des quatre premi&#232;res zones &#233;conomiques sp&#233;ciales (ZES) dans les provinces du Guangdong et du Fujian. Elles offrent aux entreprises &#233;trang&#232;res des conditions pr&#233;f&#233;rentielles (droits de douane all&#233;g&#233;s, libre rapatriement des investissements et des b&#233;n&#233;fices, pas d'imp&#244;ts pendant plusieurs ann&#233;es puis imp&#244;ts tr&#232;s bas, statut d'extra-territorialit&#233; pour les cadres qui viennent travailler, etc.) ; elles sont un vecteur important des r&#233;formes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1984 :&lt;/strong&gt; r&#233;introduction des lois du march&#233; et lib&#233;ralisation des prix, grand boom dans l'industrie l&#233;g&#232;re, suppression des communes populaires. &#171; Ouverture &#187; de 14 villes c&#244;ti&#232;res (puis des deltas de Yangzi et de la rivi&#232;re des perles en 1985, de l'&#238;le de Hainan en 1988&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1986 :&lt;/strong&gt; loi autorisant la constitution de soci&#233;t&#233;s au capital &#224; 100% &#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avril-juin 1989 :&lt;/strong&gt; un vaste mouvement &#233;tudiant de protestation contre le r&#233;gime est rejoint par les ouvriers et s'&#233;tend &#224; plusieurs villes. L'&#201;tat &#233;crase la r&#233;volte dans le sang en utilisant l'arm&#233;e (notamment sur la place Tian'anmen &#224; Beijing).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1992 :&lt;/strong&gt; le 14e Congr&#232;s du PCC adopte le principe de l'&#171; &lt;i&gt;&#233;conomie de march&#233; socialiste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1993 :&lt;/strong&gt; Jiang Zemin devient pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1994 : &lt;/strong&gt;d&#233;but de la construction du barrage des Trois-Gorges (le plus grand du monde) sur le fleuve Yangzi Jiang ; il ne sera achev&#233; qu'en 2006. 1,8 millions de personnes vont &#234;tre expropri&#233;es, 15 villes et 116 villages engloutis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mars 1996 :&lt;/strong&gt; la r&#233;forme du secteur d'&#201;tat est d&#233;clar&#233;e t&#226;che principale du gouvernement chinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juillet 1997 :&lt;/strong&gt; r&#233;trocession de Hong Kong.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre 2000 :&lt;/strong&gt; cr&#233;ation du Forum sur la coop&#233;ration sino-africaine afin de renforcer la &#171; coop&#233;ration &#187; &#233;conomique entre la Chine et l'Afrique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2001 : &lt;/strong&gt;la Chine adh&#232;re &#224; l'OMC.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juillet 2001 : &lt;/strong&gt;Beijing est d&#233;sign&#233;e pour accueillir les jeux olympiques de 2008 ; d&#233;but d'une vaste restructuration de la ville qui se couvre de chantiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Novembre 2002 : &lt;/strong&gt;Hu Jintao succ&#232;de &#224; Jiang Zemin &#224; la t&#234;te du PCC et devient pr&#233;sident de la R&#233;publique en 2003.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cembre 2006 : &lt;/strong&gt;la Chine ouvre son march&#233; aux banques &#233;trang&#232;res, conform&#233;ment aux engagements pris lors de son adh&#233;sion &#224; l'OMC en 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juillet 2007 : &lt;/strong&gt;la Chine devient la troisi&#232;me puissance &#233;conomique du monde derri&#232;re le Japon et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2009 : &lt;/strong&gt;la Chine devient le premier exportateur mondial, d&#233;passant l'Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pour aller chiner ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;# Bruno Astarian, &lt;i&gt;Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes (1978-2009)&lt;/i&gt;, Acratie, 2009, 182 p.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Hsi Hsuan-wou et Charles Reeve, &lt;i&gt;China blues. Voyage au pays de l'harmonie pr&#233;caire&lt;/i&gt;, Verticales, 2008, 288 p.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; La lutte des classes dans la Chine en transformation &#187;, &lt;i&gt;&#201;changes&lt;/i&gt;, n&#176; 125, &#233;t&#233; 2008, p. 27-40 (r&#233;sum&#233; d'un article de la revue &lt;i&gt;Aufheben&lt;/i&gt;, n&#176;16, janvier 2008, disponible sur &lt;a href='http://infokiosques.net/libcom.org/files/china.pdf' class='spip_out'&gt;libcom.org/files/china.pdf&lt;/a&gt;, suivi de commentaires de Bruno Astarian)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Dossier &#171; Chine &#187; de la revue &lt;i&gt;&#201;changes &lt;/i&gt;sur internet : &lt;a href='http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique91' class='spip_out' rel='external'&gt;www.mondialisme.org/spip.php?rubrique91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; Grondements ouvriers en Chine &#187;, &lt;i&gt;Mouvement communiste&lt;/i&gt;, n&#176; 9, printemps-&#233;t&#233; 2002, p. 27-33, &lt;a href='http://www.mouvement-communiste.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.mouvement-communiste.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Serge Michel, Michel Beuret, &lt;i&gt;La Chinafrique. P&#233;kin &#224; la conqu&#234;te du continent noir&lt;/i&gt;, Hachette, &#171; Litt&#233;ratures-Pluriel &#187;, 2009, 352 p.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Wang Bing, &lt;i&gt;&#192; l'ouest des rails&lt;/i&gt;, 2004 (film sur la &#171; restructuration &#187; dans le centre industriel de Shenyang, 540 mn &#8211; !)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Xiaolu Guo, &lt;i&gt;Chine, la deuxi&#232;me r&#233;volution&lt;/i&gt;, 2005 (film sur la restructuration urbaine et les ouvriers du BTP &#224; Beijing, 61 mn)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le monde une classe en lutte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Henri Simon, &#171; Bangladesh, une r&#233;volte ouvri&#232;re &#187;, &lt;i&gt;&#201;changes&lt;/i&gt;, n&#176;118, automne 2006, sous forme de brochure sur &lt;a href='https://infokiosques.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;https://infokiosques.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; Au Bangladesh, des dizaines de milliers de gr&#233;vistes d&#233;truisent des centaines d'usines &#187;, mai 2009, &lt;a href='http://infokiosques.net/dndf.org' class='spip_out'&gt;dndf.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; Mahalla Al Kubra (&#201;gypte) : une classe ouvri&#232;re militante &#187; (sur les gr&#232;ves &#233;meuti&#232;res dans le textile en 2006-2007), &lt;a href='http://www.tlaxcala.es/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.tlaxcala.es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Loren Goldner, &#171; La d&#233;faite de la gr&#232;ve de Ssangyong Motors &#187; (Cor&#233;e du Sud, &#233;t&#233; 2009), &lt;i&gt;&#201;changes&lt;/i&gt;, n&#176;130, automne 2009, &lt;a href='http://www.mondialisme.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.mondialisme.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; Les mouvements ouvriers et la mobilit&#233; du capital &#187; (dans l'industrie automobile), &lt;i&gt;&#201;changes&lt;/i&gt;, n&#176;122, automne 2007, &lt;a href='http://www.mondialisme.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.mondialisme.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;Gr&#232;ce. La r&#233;volte de d&#233;cembre 2008&lt;/i&gt;, 2009, 40 p., &lt;a href='https://infokiosques.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;https://infokiosques.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; R&#233;flexions sur la solidarit&#233; &#8220;virtuelle&#8221; dans les luttes &#187; (&#224; propos des luttes des dockers de Liverpool de 1995, ou de l'enthousiasme romantique pour &#171; le Chiapas &#187;), &lt;i&gt;&#201;changes&lt;/i&gt;, n&#176;84, avril-septembre 1997&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;&#201;trangers de partout. Bulletin contre les centres de r&#233;tention et leur monde&lt;/i&gt;, ap&#233;riodique depuis 2009, &lt;i&gt;etrangersdepartout(at)riseup.net&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; Histoires de r&#233;voltes dans les centres de r&#233;tention en Europe &#187;, 2009, &lt;a href='https://infokiosques.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;https://infokiosques.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; Travailleurs immigr&#233;s en Roumanie : de nouveaux aspects de la lutte de classe &#187;, &lt;i&gt;&#201;changes&lt;/i&gt;, n&#176;126, autonome 2008&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, vous l'aurez compris, la revue trimestrielle &lt;i&gt;&#201;changes&lt;/i&gt; publie des infos et des analyses sur la lutte des classes dans le monde : &lt;a href='http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique3' class='spip_out' rel='external'&gt;www.mondialisme.org/spip.php?rubrique3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu d'histoire et de th&#233;orie...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Gilles Dauv&#233; et Karl Nesic, &lt;i&gt;Sortie d'usine&lt;/i&gt;, Troploin, 2010, 52 p., &lt;a href='http://infokiosques.net/troploin0.free.fr/i' class='spip_out'&gt;troploin0.free.fr/i&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Bruno Astarian, Christian Charrier, &#171; P&#233;riodisation du mode de production capitaliste. Histoire du capital, histoire des crises et histoire du communisme &#187;, &lt;i&gt;Hic Salta&lt;/i&gt;, 1998, &lt;a href='http://infokiosques.net/lamaterielle.chez-alice.fr' class='spip_out'&gt;lamaterielle.chez-alice.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Bruno Astarian, &lt;i&gt;Aux origines de l'&#171; antitravail &#187;&lt;/i&gt;, &#201;changes &amp; mouvement, 2005, 66 p.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# St&#233;phane Beaud et Michel Pialoux, &lt;i&gt;Retour sur la condition ouvri&#232;re. Enqu&#234;te aux usines Peugeot de Sochaux-Montb&#233;liard&lt;/i&gt;, 10/18, 2005 [1999], 480 p.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# Les amis du potlatch, &#171; &#192; bas le prol&#233;tariat, vive le communisme &#187;, 1979, &lt;a href='https://infokiosques.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;https://infokiosques.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;#&lt;i&gt; Contre le mythe autogestionnaire&lt;/i&gt;, 2009, 80 p., &lt;i&gt;Ottogeyrtonnex(at)live.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &#171; Abandonnez l'activisme &#187;, &lt;a href='http://infokiosques.net/cettesemaine.free.fr/Broch/andrewxbroch.html' class='spip_out'&gt;cettesemaine.free.fr/Broch/andrewxb...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;# &lt;i&gt;&#192; couteaux tir&#233;s avec l'Existant, ses d&#233;fenseurs et ses faux critiques&lt;/i&gt;, Mutines s&#233;ditions, 2007, 102 p., &lt;i&gt;mutineseditions(at)free.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Epilogue...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une premi&#232;re &#233;dition de cette brochure a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e &#224; l'occasion de deux soir&#233;es-discussion &#224; Ganges et Avignon autour du livre de Bruno Astarian, &lt;/i&gt;Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes (1978-2009)&lt;i&gt;. Cette seconde version, tout comme la pr&#233;c&#233;dente (ici revue et corrig&#233;e), ne pr&#233;tend &#233;videmment pas remplacer la lecture de ce bouquin, ni en proposer un r&#233;sum&#233;, mais offre une premi&#232;re approche du sujet et quelques documents compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces recherches sur la lutte des classes en Chine ont &#233;t&#233; l'occasion de prendre le temps d'approfondir collectivement quelques r&#233;flexions, de se demander ce qu'on fait, comment et pourquoi. &#202;tre curieux de ce qui se passe au bout-du-monde (pas toujours si &#233;loign&#233; que &#231;a, que l'on pense aux faubourgs de l'Union europ&#233;enne : Alg&#233;rie, Roumanie, etc.) ne signifie pas se complaire dans un rassurant &#171; exotisme &#187; r&#233;volutionnaire &#224; la noix de coco, ni dans une fascination pour le &#171; beau geste &#187; &#233;meutier (en soi d'un int&#233;r&#234;t limit&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &#171; question internationale &#187; affine notre vision du monde, oblige &#224; prendre du recul et permet une meilleure compr&#233;hension de se qui se trame &#171; ici &#187; dans sa complexit&#233;&#8230; Bref, &#231;a &#233;largit consid&#233;rablement (cr&#251;ment) les perspectives de la guerre sociale en cours. Cela confirme que &#171; the system &#187;, structur&#233; par l'exploitation, et la lutte pour l'abattre sont internationaux (ce qui est loin d'&#234;tre un scoop, on l'admet).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela fait aussi &#233;cho &#224; nos pratiques, &#224; nos discours sur ce monde, &#224; notre tendance &#224; courir apr&#232;s les luttes, le tout p&#226;tissant quelquefois d'un manque de r&#233;flexions, de perspectives, et basculant parfois dans des postures id&#233;ologiques : on le sait, ce ne sont pas les r&#233;volutionnaires (encore moins les activistes) qui feront la r&#233;volution, mais bien la r&#233;volution qui fera les r&#233;volutionnaires (et d&#233;fera les activistes).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette brochure ne refl&#232;te pas non plus exactement l'&#233;tat actuel de nos discussions. Certains points n'ont pu &#234;tre qu'effleur&#233;s, voire n'ont pas &#233;t&#233; abord&#233;s. Par exemple, les questions de &#171; solidarit&#233; &#187;, qui ne sont pas une mince affaire (tant au niveau international que local). Mais ce bon temps pass&#233; ensemble &#224; manger des nouilles saut&#233;es au faux canard (m&#234;me pas laqu&#233;) et des g&#226;teaux au soja en discutant de lutte des classes et de communisme nous a donn&#233; envie de continuer. M&#234;me si c'est pas avec une ou plusieurs brochures qu'on va abolir la soci&#233;t&#233; de classes. Comme quoi, on est peu de choses&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;printemps 2010&lt;/p&gt; &lt;p&gt;nousvoulonstout(at)gmail.com&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Les m&#233;thodes de lutte contre ce monde se sont toujours adapt&#233;es aux &#233;volutions des rapports sociaux et des modes de production. On voit qu'il n'est donc pas n&#233;cessaire d'&#234;tre adepte de certaines th&#232;ses radicales, pr&#233;tendues novatrices, pour comprendre l'int&#233;r&#234;t du &#171; blocage de flux &#187; de marchandises ou de travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] La lecture du livre de Bruno Astarian, &lt;i&gt;Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes (1978-2009)&lt;/i&gt;, apporte de pr&#233;cieuses informations et m&#234;me, quelques perspectives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Pour faire tr&#232;s vite, disons que le prol&#233;tariat est la classe de ceux qui, n'ayant d'autre moyen de survivre, sont &lt;i&gt;contraints&lt;/i&gt; de vendre leur force de travail (d'&#234;tre salari&#233;s par ceux qui poss&#232;dent les moyens de production) ; ils n'ont donc aucun pouvoir sur l'emploi de leur vie. Cette classe, qui comprend entre autres les ouvriers et les employ&#233;s, est en expansion permanente et n'a jamais &#233;t&#233; aussi massive qu'aujourd'hui. &#171; &lt;i&gt;Il faut entendre par prol&#233;taire le salari&#233; qui produit le capital et le fait fructifier, et que M. Capital [...] jette sur le pav&#233; d&#232;s qu'il n'en a plus besoin&lt;/i&gt;. &#187; (Karl Marx, &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;, 1867)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] La lutte des classes est l'affrontement de classes aux int&#233;r&#234;ts contradictoires : la classe capitaliste (d&#233;tentrice des moyens de production) et le prol&#233;tariat qu'elle domine et exploite. Cette lutte est quotidienne, souvent peu visible (exploitation, r&#233;sistance au travail, sabotage, etc.) ou parfois tr&#232;s palpable (restructurations, licenciements, gr&#232;ves, &#233;meutes, etc.). &#171; &lt;i&gt;La lutte des classes existe, et c'est la mienne qui est en train de la remporter&lt;/i&gt;. &#187; (le milliardaire Warren Buffet, s'exprimant en novembre 2006 dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Le communisme n'a &#233;videmment rien &#224; voir avec les dictatures du XXe si&#232;cle improprement appel&#233;es &#171; communistes &#187; (Chine mao&#239;ste comprise) qui &#233;taient en fait des formes autoritaires de capitalisme d'&#201;tat. N&#233;gativement, on peut dire que le communisme sera la fin (l'abolition, le d&#233;passement) de toutes les formes d'ali&#233;nation humaine, de m&#233;diation, de domination, l'abolition de l'&#201;tat, des classes (donc du prol&#233;tariat), du salariat, de l'argent et de la valeur, du droit, de la morale, du genre, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Signalons qu'en Chine la s&#233;paration entre pouvoir central et pouvoirs locaux (provinces, municipalit&#233;s) ne facilite pas toujours la gouvernance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Le &lt;i&gt;hukou&lt;/i&gt; (rural ou urbain), passeport int&#233;rieur (g&#233;n&#233;ralis&#233; par Mao en 1958), structure fondamentalement le contr&#244;le des populations chinoises. Voir &quot;&lt;i&gt;Les travailleurs migrants en Chine&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Elle permet de surcro&#238;t de maintenir une pression permanente sur l'ensemble des travailleurs et de renforcer leur division.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Tout comme au XIXe si&#232;cle en France, o&#249; Bretons et Auvergnats ont constitu&#233; le prol&#233;tariat n&#233;cessaire &#224; l'industrialisation de la r&#233;gion parisienne ou, en Italie au XXe si&#232;cle, les paysans du Sud qui ont permis le d&#233;veloppement industriel du Nord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Et que &#171; la fronti&#232;re &#187; est un syst&#232;me de contr&#244;le g&#233;ographiquement diffus, plus que la limite physique d'un territoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Quand on est enferm&#233; douze heures par jour, sept jours par semaine, dans une usine, il n'est pas tr&#232;s &#233;tonnant qu'on ait parfois envie de prendre l'air... Il semble d'ailleurs que les occupations d'entreprises soient assez rares. Quant aux nombreuses bo&#238;tes ferm&#233;es et abandonn&#233;es par leurs patrons, les ouvriers chinois (tout comme leurs coll&#232;gues fran&#231;ais) ne paraissent pas r&#234;ver de les remettre en route en succombant aux sir&#232;nes de la contre-r&#233;volution autogestionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] En Chine, la police nationale comprend environ 1500000 hommes auxquels s'ajoutent 700000 militaires de la &#171; police ar-m&#233;e &#187; (qui comprend notamment les unit&#233;s anti-&#233;meutes). En France, 150000 policiers (dont 15000 CRS) et 100000 gendarmes prot&#233;gent la r&#233;publique de l'ennemi int&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] La F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats chinois (FNSC, que l'on trouve &#233;galement sous le sigle ACFTU : &lt;i&gt;All China federation of trade unions&lt;/i&gt;) est l'unique syndicat, impos&#233; par l'&#201;tat ; &#224; juste titre assimil&#233; au PCC, la d&#233;fiance des travailleurs &#224; son &#233;gard est bien grande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] C'est la fonction des syndicats (les &#171; partenaires sociaux &#187;), partout dans le monde, que d'&#339;uvrer pour le maintien de la paix sociale, contre le prol&#233;tariat r&#233;volt&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] La Chine (1300 millions d'habitants), qui produit 10% des biens manufactur&#233;s dans le monde, est certes devenu en 2009 le premier exportateur mondial en d&#233;passant l&#233;g&#232;rement l'Allemagne (82 millions d'habitants)&#8230; mais reste encore derri&#232;re l'Union europ&#233;enne (500 millions d'habitants).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] Le terme &#171; antitravail &#187;, forg&#233; dans les ann&#233;es 1970, d&#233;signe les pratiques de r&#233;sistance au travail et/ou &#224; son intensification par des actes vari&#233;s individuels ou collectifs (sabotage, freinage, absent&#233;isme, &lt;i&gt;turn-over&lt;/i&gt;, perruque, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] En Occident, un enjeu, et une cons&#233;quence, de la restructuration du capital a &#233;t&#233; &#171; l'invisibilisation &#187; de la classe ouvri&#232;re. Elle a accompagn&#233; l'acharnement &#224; d&#233;faire les derniers liens de solidarit&#233; ouvri&#232;re lors des grands affrontements des ann&#233;es 1980 : Thatcher, Reagan, Mitterrand, l'entr&#233;e de la CEE en Espagne, etc., contre les mineurs, les dockers, les m&#233;tallos, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] Le salaire ne repr&#233;sente pas le paiement du travail effectu&#233; mais correspond au co&#251;t de la reproduction de la force de travail du salari&#233; : de quoi lui permettre de se loger, de manger, de s'habiller, et de revenir bosser le lendemain matin ; il comprend aussi l'entretien du &#171; reste &#187; de la famille et donc l'&#233;levage des futurs prol&#233;taires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] Le niveau de rage et de r&#233;sistance constat&#233; d&#233;but 2009 rien que dans le secteur automobile en Europe (Continental, Rencast, Visteon en Angleterre, etc.) peut en &#234;tre un r&#233;v&#233;lateur. Rappelons que la crise de 2008 chamboule particuli&#232;rement ce secteur cl&#233; (pour l'&#233;conomie et l'organisation sociale du monde) en Europe ; les &#233;quipementiers sont les premi&#232;res entreprises &#224; morfler. Voir aussi l'&#233;volution de l'antagonisme en Gr&#232;ce depuis quelques ann&#233;es, notamment depuis 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh20' id='nb20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] Notamment les gr&#232;ves de courte dur&#233;e&#8230; mais surtout dans les bo&#238;tes ayant mis en place une organisation du travail &#224; flux tendu o&#249; les r&#233;percussions de telles gr&#232;ves sont plus importantes ! relire la note [[&lt;1&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh21' id='nb21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] La r&#233;pression (&#171; &lt;i&gt;criminalisation-du-mouvement-social&lt;/i&gt; &#187; incluse) est tout sauf un &#171; &#233;tat d'exception &#187;. La guerre sociale, comme la r&#233;volution, n'est pas un d&#238;ner de gala.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh22' id='nb22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] Fond&#233; en 1994 par le dissident Han Dongfang, le &lt;i&gt;China Labour Bulletin&lt;/i&gt; est aujourd'hui une ONG bas&#233;e &#224; Hong Kong qui d&#233;fend les droits des travailleurs et les droits de l'homme en Chine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh23' id='nb23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] Ils &#233;taient 540000 en 2004, 635000 en 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh24' id='nb24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] La diaspora chinoise se compose de populations ayant des anc&#234;tres chinois mais r&#233;sidant dans d'autres pays que la Chine et poss&#233;dant g&#233;n&#233;ralement la nationalit&#233; de leur pays &#171; d'accueil &#187;. Elle trouve notamment son origine au XIXe si&#232;cle lorsque les occidentaux manquaient de main-d'&#339;uvre pour leurs colonies (plantations et mines) ou pour de vastes chantiers (construction de voies ferr&#233;es aux &#201;tats-Unis apr&#232;s l'abolition de l'esclavage). Elle serait forte aujourd'hui selon les estimations de 35 &#224; 100 millions de membres (dont 80% en Asie du Sud-Est).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh25' id='nb25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] Des dizaines de millions de travailleurs s'expatrient ainsi &#224; travers le monde (beaucoup en provenance du Bangladesh ou des Philippines).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh26' id='nb26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] En octobre 2009, la soci&#233;t&#233; chinoise Nile Textile Group s'&#233;tablit en &#201;gypte dans la zone franche de Port-Sa&#239;d, exploitant 600 travailleurs dont 20% de Chinois import&#233;s ; 950 firmes chinoises seraient pr&#233;sentes dans les zones franches de ce pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh27' id='nb27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] En 1997 un accord est par exemple sign&#233; avec Isra&#235;l o&#249; environ 40000 Chinois travaillent aujourd'hui surtout dans le BTP.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh28' id='nb28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] Pour &#234;tre exploit&#233;s de la sorte, les travailleurs doivent payer de tr&#232;s fortes commissions &#224; ces agences d'int&#233;rim.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh29' id='nb29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] S'y ajoutent les offres de pr&#234;ts chinois (des milliards &#224; des taux imbattables) et les pots-de-vin (dont les occidentaux ne peuvent plus user aussi ouvertement).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh30' id='nb30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] Ces entreprises auraient commenc&#233; &#224; s'implanter dans les ann&#233;es 1990 alors que les occidentaux d&#233;sertaient la r&#233;gion par crainte de la mont&#233;e de l'islamisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh31' id='nb31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] Plusieurs articles sur les travailleurs asiatiques en Roumanie dans &lt;i&gt;&#201;changes&lt;/i&gt; n&#176; 126, automne 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh32' id='nb32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] Les travailleurs chinois expatri&#233;s auraient g&#233;n&#233;r&#233; des revenus de 7,24 milliards de dollars de janvier &#224; novembre 2008 (en augmentation de 24,2%).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh33' id='nb33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] En 2009, &#224; Bucarest et Varsovie, des ouvriers chinois en fin de contrat sont abandonn&#233;s sur place par leurs patrons qui ne voulaient pas leur payer de billet de retour&#8230; se transformant du coup en &#171; sans-papiers &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh34' id='nb34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &#192; savoir que la R&amp;D, en Chine, c'est surtout du d&#233;veloppement. Cf. &lt;i&gt;Luttes&#8230;&lt;/i&gt;, p. 30-33. De son c&#244;t&#233;, Andr&#233; Grjebine souligne le poids important des importations dans les exportations technologiques chinoises : en informatique 95%, en t&#233;l&#233;communication 85%, en composants &#233;lectroniques 78% (&#171; Quel r&#244;le pour la Chine dans la qu&#234;te de la stabilit&#233; &#233;conomique mondiale ? &#187;, &lt;i&gt;L'&#233;conomie politique&lt;/i&gt;, 2e trim. 2009).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh35' id='nb35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;, 19 juin 2009, cit&#233; dans &lt;i&gt;Probl&#232;mes &#233;conomiques&lt;/i&gt;, n&#176;2981, 28 octobre 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh36' id='nb36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] CLB, &lt;i&gt;Going it alone, The Workers Movement in China (2007-2008)&lt;/i&gt;, juillet 2009, disponible sur le site du CLB : &lt;a href='http://www.china-labour.org.hk/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.china-labour.org.hk&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh37' id='nb37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] Signalons, dans le m&#234;me esprit, le mouvement de &lt;i&gt;mingong&lt;/i&gt; dans plusieurs provinces en janvier 2009. Voir &quot;&lt;i&gt;br&#232;ves g&#233;n&#233;rales&lt;/i&gt;&quot; &#224; cette date. (n.d.&#233;.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh38' id='nb38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] Avec la nouvelle loi sur le contrat de travail, entr&#233; en vigueur le 1er janvier 2008, le &lt;i&gt;China Labour Bulletin&lt;/i&gt; va pouvoir continuer &#224; r&#234;ver... Cette loi comporte beaucoup d'avanc&#233;es pour les travailleurs, mais on sait que tout d&#233;pend des textes d'application... et du bon vouloir des patrons. La majorit&#233; des migrants n'ont pas de contrat de travail, ce qui est ill&#233;gal depuis longtemps. Fin 2007, les autorit&#233;s de Dongguan ont r&#233;dig&#233; un contrat type qui tient pr&#233;tendument compte de la nouvelle loi. &#192; y regarder de pr&#232;s, ce contrat est en infraction sur de nombreux points, faisant dispara&#238;tre comme par hasard des clauses qui prot&#232;gent les travailleurs. Voir &lt;a href='http://www.ihlo.org/LRC/WC/071207.html' class='spip_out' rel='external'&gt;www.ihlo.org/LRC/WC/071207.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh39' id='nb39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] Voir &#171; L'opposition des travailleurs dans l'Allemagne nazie &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Tim Mason, &lt;i&gt;La Classe ouvri&#232;re sous le IIIe Reich&lt;/i&gt;, &#201;changes et mouvement, 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh40' id='nb40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] La source qui cite le conflit chez Alco mentionn&#233; plus haut indique toutefois un salaire de 690 yuan par mois (avant d&#233;ductions) en novembre 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh41' id='nb41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] Jian Yang et Chenyan Liu, &#171; &lt;i&gt;New trend for factory hiring in PRD&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;CSR Asia&lt;/i&gt;, vol. 3, n&#176;41.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nous ne revendiquons rien</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Kaspar</dc:creator>


		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (Partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves et luttes de travailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes contre les discriminations raciales</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les luttes au contenu insurrectionnel aux &#201;tats-Unis sont pass&#233;es de &lt;/i&gt;revendiquer quelque chose&lt;i&gt; (ann&#233;es 1880-1940), &#224; &lt;/i&gt;revendiquer tout&lt;i&gt; (ann&#233;es 1960 &#224; 70), jusqu'&#224; &lt;/i&gt;ne rien revendiquer&lt;i&gt; (1992 &#224; nos jours). [...]
Ce changement pratique d&#233;localise le pouvoir d'&#233;crire l'histoire, passant de ceux qui r&#233;concilient les conflits &#224; ceux qui les rendent irr&#233;conciliables. La compr&#233;hension actuelle de l'histoire est repr&#233;sent&#233;e sous les formes par
lesquelles les luttes ont aujourd'hui lieu, et ces formes sont marqu&#233;es par un ensemble d'actes de violence sociale sans revendications, contre le capital dans toutes ses manifestations.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Brochure propos&#233;e par les &#233;ditions Senonevero.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;N&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (Partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves et luttes de travailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot96" rel="tag"&gt;Luttes contre les discriminations raciales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L115xH150/arton791-c47f8.jpg&quot; width='115' height='150' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff791-1adde.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L115xH150/arton791-c47f8.jpg'&quot; style='height:150px;width:115px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Brochure propos&#233;e par les &#233;ditions &lt;a href='http://www.senonevero.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;Senonevero&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote&gt;
&#171; &lt;i&gt; Je ne revendique aucun droit, par cons&#233;quent je n'ai pas non plus besoin d'en reconna&#238;tre aucun&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;Stirner [Johann Caspar Schmidt]
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La nuit du 8 ao&#251;t 2009, des centaines de d&#233;tenus de la California Institution for Men &#224; Chino [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ville situ&#233;e dans le comt&#233; de San Bernardino, dans l'&#233;tat de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] d&#233;clench&#232;rent une &#233;meute de 11 heures, causant des dommages &#171; significatifs et &#233;tendus &#187; &#224; la prison de moyenne s&#233;curit&#233;. 250 prisonniers furent bless&#233;s, dont 55 admis &#224; l'h&#244;pital. Le 1er mai 2009, trois p&#226;t&#233;s de maisons du quartier de luxe furent d&#233;molis par une foule mouvante, laissant une train&#233;e de verre bris&#233; tout le long du trottoir, de sorte que les boutiquiers, la police et les journalistes en rest&#232;rent bouche b&#233;e le lendemain matin. &#192; l'aube du 10 avril 2009, 19 personnes s'empar&#232;rent d'un b&#226;timent vide de l'universit&#233;, de la taille d'un p&#226;t&#233; de maisons, sur la cinqui&#232;me avenue &#224; Manhattan, et le cadenass&#232;rent, d&#233;ployant des banderoles et lisant des communiqu&#233;s depuis le toit. La police et les responsables universitaires
r&#233;pliqu&#232;rent en envoyant des h&#233;licopt&#232;res, des groupes d'intervention et des centaines de policiers pour y p&#233;n&#233;trer et tous les arr&#234;ter. Apr&#232;s qu'Oscar Grant, un noir d&#233;sarm&#233;, eut &#233;t&#233; assassin&#233; par des policiers de la route &#224; Oakland, en Californie, le 1er janvier 2009, une marche de 250 personnes prit une tournure sauvage quand un groupe de discussion, digne des r&#234;ves de multiculturalisme, saccagea le centre-ville, causant plus de 200 000 $ de dommages en brisant des vitrines, br&#251;lant des voitures, enflammant des poubelles et en jetant des bouteilles sur des officiers de police. La police en arr&#234;ta plus de 100. Du 6 d&#233;cembre 2008 au jour de No&#235;l, une r&#233;bellion balaya la Gr&#232;ce apr&#232;s que la police ait abattu un gar&#231;on de 16 ans &#224; Ath&#232;nes. Des centaines de milliers de gens y prirent part, d&#233;vastant les rues, attaquant les commissariats avec des bombes incendiaires, pillant les magasins, occupant les universit&#233;s et les b&#226;timents syndicaux, affrontant pendant tout ce temps les flics quotidiennement avec une intensit&#233; et une coordination digne d'une arm&#233;e. Apr&#232;s les morts &#171; accidentelles &#187; de deux jeunes qui &#233;taient poursuivis par la police dans la banlieue parisienne, &#224; Clichy-sous-Bois, le 27 octobre 2005, les jeunes des &lt;i&gt;banlieues&lt;/i&gt;* fran&#231;aises br&#251;l&#232;rent des milliers de voitures, fracass&#232;rent des centaines de b&#226;timents et d&#233;truisirent petits et grands magasins chaque jour pendant trois semaines, en r&#233;action. 8 973 voitures br&#251;l&#232;rent dans toute la France ces nuits-l&#224; et 2 888 personnes furent arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'est-ce qui unit ces &#233;v&#233;nements &#233;pars des derni&#232;res ann&#233;es ? Ni la race, ni l'origine de classe des participants, ni leurs contextes politiques ou leur condition sociale, ni leur situation g&#233;ographique, ni leurs cibles. C'est plut&#244;t une certaine absence qui les unit, une br&#232;che au centre de tous ces conflits : l'&lt;i&gt;absence de revendications&lt;/i&gt;. Cherchant &#224; comprendre, g&#233;rer ou expliquer les &#233;v&#233;nements pr&#233;c&#233;demment cit&#233;s &#224; un public ali&#233;n&#233;, les responsables carc&#233;raux feignent l'ignorance, les journalistes font les poubelles &#224; la recherche d'une &#171; cause &#187;, les politiciens cherchent quelque chose &#224; n&#233;gocier, alors que les progressistes imposent leur propre id&#233;ologie. La peur qu'il n'y ait vraiment &lt;i&gt;rien&lt;/i&gt; sous ces actions, pas de plainte, pas de raison, pas de cause, juste une lib&#233;ration sauvage d'&#233;nergie primale, aussi inexplicable et irrationnelle qu'un sacrifice aux dieux eux-m&#234;mes. &#192; tout prix, &lt;i&gt;il doit y avoir une signification&lt;/i&gt;, g&#233;missent-ils, une sorte de poign&#233;e &#224; laquelle se raccrocher, quelque chose, n'importe quoi. &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'ils veulent ?&lt;/i&gt; demande tout un chacun, et la r&#233;ponse est partout la m&#234;me : Rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De Chino &#224; Paris, d'Australie &#224; Ath&#232;nes, de New York &#224; San Francisco, c'est seulement un &#233;chantillon mondial de r&#233;voltes qui ont progressivement abandonn&#233; le d&#233;sir de &#171; revendiquer quelque chose &#187;. Pour la presse bourgeoise, l'absence de revendications est consid&#233;r&#233;e
comme un sympt&#244;me d'irrationalit&#233;, une certaine folie ou une pathologie qui frappe les d&#233;chus du droit de vote. Pour la gauche radicale, l'absence de revendications est per&#231;ue comme une immaturit&#233; politique, une rage na&#239;ve qui ne peut s'&#233;puiser qu'en de brefs &#233;clats. Mais &#224; ceux qui ont pris part ensemble &#224; de tels actes, &#224; ceux qui ont vu leurs revendications devenir le moyen de leur propre &#233;touffement, une telle tendance est un bon auspice des choses &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-&#234;tre est-il temps d'arr&#234;ter de voir ces luttes comme &#171; manquant de &#187; quelque chose, mais plut&#244;t comme des actes d&#233;termin&#233;s de n&#233;gation, avec leur force, leur sens et leur histoire propres. Pour prendre au s&#233;rieux le &lt;i&gt;contenu&lt;/i&gt; des luttes sans revendications, on doit les prendre non comme des &#233;v&#233;nements isol&#233;s, mais comme des moments dans une histoire des rapports antagonistes qui se d&#233;veloppent entre le capital et la vie qu'il subsume. Quelles sont les formes sous lesquelles les luttes sans revendications nous apparaissent ? Comme &lt;i&gt;&#233;meutes&lt;/i&gt; principalement, mais aussi comme gr&#232;ves sauvages, occupations ind&#233;finies, r&#233;bellions violentes, soul&#232;vements populaires et insurrections g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Au lieu de voir une &#233;meute &#224; la fa&#231;on des sociologues, c'est-&#224;-dire n'importe quel acte de violence collective qui cherche &#224; propager directement son message sans respecter les normes l&#233;gales, nous pouvons les voir telles qu'elles nous apparaissent : comme des formes de lutte se d&#233;veloppant, ad&#233;quates aux conditions de l'exploitation &#224; une moment donn&#233;. Les &#233;meutes commencent g&#233;n&#233;ralement accompagn&#233;es de quelques griefs, parfois en vue d'une revendication. Une &#233;meute peut aussi d&#233;marrer sans revendication, mais finir avec une. &#192; d'autres moments, les &#233;meutes d&#233;marrent sur une revendication particuli&#232;re, mais prennent fin sans se soucier nullement de sa satisfaction. Parfois les revendications sont plaqu&#233;es sur une collectivit&#233; &#233;meuti&#232;re par un &#171; repr&#233;sentant &#187; autoproclam&#233; et &#224; d'autres occasions les revendications sont &#233;labor&#233;es par
la collectivit&#233; elle-m&#234;me. Chacun des cas ici mentionn&#233;s est survenu dans l'histoire am&#233;ricaine, et ce serait la t&#226;che d'un scientifique de l'insurrection de mettre &#224; jour toutes les logiques possibles du d&#233;veloppement historique de tels rapports, dans la dialectique entre revendication et destruction. Comme les conditions de l'exploitation se d&#233;veloppent, les luttes contre elles font de m&#234;me, et par l&#224; le sens des luttes elles-m&#234;mes change, exprim&#233; non par les revendications mais par le contenu de l'activit&#233;
elle-m&#234;me. C'est cette activit&#233; sur laquelle nous nous penchons ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Th&#233;orie de la revendication&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que une revendication, qu'est ce qu'une demande ? &#201;tymologiquement, la revendication, en anglais &lt;i&gt;demand&lt;/i&gt;, c'est &lt;i&gt;ce qui est donn&#233;&lt;/i&gt; de la&lt;i&gt; main&lt;/i&gt; de quelqu'un, un ordre [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='mander, par exemple, provient aussi de mandare' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Dans le contexte ici, la revendication est un contrat, une date d'expiration garantie pour une lutte donn&#233;e, les conditions de sa conclusion. &#171; Si on parvient &#224; X, l'action Y prendra fin &#187; est ce qu'exprime la revendication. Mais ceci est clairement une ruse, dans
la mesure o&#249; un contrat pr&#233;suppose deux parties &#233;gales, deux individus ou entit&#233;s abstraits &#233;changeant les dates de fin des hostilit&#233;s sur la base d'une reconnaissance mutuelle des conditions. Si le vote est l'&#233;quivalent
politique de l'argent, alors la revendication est l'&#233;quivalent politique de la carte de cr&#233;dit. C'est une foi, un contrat, un mot de passe pour obtenir quelque chose quand on a rien. Elle peut &#234;tre employ&#233;e par tout un chacun, les voleurs comme les rois, les riches et les pauvres, &#234;tre juste ou injuste : sa fonction est la m&#234;me, enfermer plus profond&#233;ment les gens dans la structure du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi les luttes ayant des revendications tendentielles &#224; devenir plus sauvages, et les luttes dont elles sont absentes tendent-elles &#224; prolif&#233;rer ? D'un c&#244;t&#233;, la capacit&#233; qu'a l'&#201;tat ou le capital de satisfaire aux revendications minimales s'amoindrit. Dans une &#233;conomie hyperglobalis&#233;e, ils n'est pas besoin d'une garantie pour que les travailleurs se reproduisent socialement en tant que travailleurs, l&#224; o&#249; ils se trouvent, dans la mesure o&#249; tout ce que le capital exige est qu'&lt;i&gt;un&lt;/i&gt; travailleur, quelque part, fasse le travail. Les revendications salariales et de maintien de l'emploi viennent se heurter &#224; l'implacable mur de la loi de la valeur. Les prol&#233;taires en ont conscience et r&#233;pliquent, mena&#231;ant dor&#233;navant de faire sauter leur usine (&#224; New Fabris, Paris, par exemple), s&#233;questrant des patrons (&#224; Scapa, en France), et faisant la gr&#232;ve non
pour am&#233;liorer leur conditions, pour de meilleurs salaires ou m&#234;me pour conserver leurs emplois, mais &lt;i&gt;pour de l'argent&lt;/i&gt;, juste plus d'argent quand l'usine est vendue. Plus aucune illusion &#224; pr&#233;sent, ils semblent proclamer &lt;i&gt;nous ne sommes rien, nous n'avons rien, nous ne demandons
rien si ce n'est quelques menus moyens d'amortir notre chute&lt;/i&gt;. Les limites des revendications r&#233;v&#232;lent les limites de la lutte de classe, ce qui peut tout aussi bien signifier l'ouverture vers son d&#233;passement par la lutte sociale &#233;largie &#8212; insurrection, guerre sociale &#8212;, que la cl&#244;ture de la lutte. Nous parions sur le premier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que la possibilit&#233; de satisfaire les revendications soit devenue plus t&#233;nue, des revendications sont toujours formul&#233;es, peut-&#234;tre du fait de l'habitude ou du d&#233;sespoir. La revendication peut seulement reproduire le capital, puisque nous avons &#233;t&#233; vid&#233;s de tout contenu &#224; part le contenu du capital : quand nous mangeons, buvons, marchons, embrassons, baisons, nous battons ou apprenons pour nous-m&#234;mes, ce n'est pas pour nous-m&#234;mes mais en fonction des besoins et d&#233;sirs &#233;tablis par les lois de l'&#233;conomie afin de produire de la valeur. &#201;trangers &#224; nous-m&#234;mes, nous sommes chez nous en capital. Nous ne connaissons m&#234;me pas nos besoins,
et pourtant nous brandissons encore des banderoles pour leur satisfaction. Notre seul besoin r&#233;el peut &#234;tre de lib&#233;rer le besoin de sa soumission au capital. Jusqu'&#224; ce que cela survienne, nos besoins continueront &#224; n'&#234;tre
rien de plus qu'un moyen de reproduire la richesse, et les revendications seront simplement le sursis, la poign&#233;e par laquelle nos besoins peuvent &#234;tre saisis, reproduits, reconfigur&#233;s et r&#233;affirm&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans une revendication particuli&#232;re, aucune m&#233;diation n'est possible afin de les pacifier, aucune politique n'est possible pour g&#233;rer le conflit : &#171; ne pas &#187; avoir de revendication n'est pas un manque de quoi que ce soit, mais une affirmation contradictoire de son pouvoir et de sa faiblesse. Trop faible pour m&#234;me essayer d'obtenir quelque chose de ceux qui dominent la vie des prol&#233;taires, et simultan&#233;ment assez forte pour essayer d'accomplir l'appropriation directe de sa vie, de son temps et de son activit&#233;, hors de toute m&#233;diation. Une lutte sans revendications, qu'on la nomme &#233;meute ou r&#233;bellion, insurrection ou guerre civile, r&#233;v&#232;le la totalit&#233;
de l'ennemi que l'on combat (le capital comme soci&#233;t&#233;), et la totalit&#233; de ceux qui le combattent (la potentialit&#233; de la vie non ali&#233;n&#233;e). Dans de telles luttes, le prol&#233;tariat &#171; ne revendique pas de &lt;i&gt;droit particulier&lt;/i&gt;, parce qu'on ne lui a pas fait de &lt;i&gt;tort particulier&lt;/i&gt;, mais un &lt;i&gt;tort en soi&lt;/i&gt; &#187; (Marx [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Contribution &#224; la critique de La philosophie du droit de Hegel' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]). Ce &#171; tort en soi &#187; est la structure g&#233;n&#233;rale d'exploitation qui est au c&#339;ur du syst&#232;me capitaliste &#8212; la&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6
vente forc&#233;e de son temps et de son activit&#233; &#224; quelqu'un
d'autre en &#233;change d'un salaire &#8212; qui ne peut jamais &#234;tre
d&#233;pass&#233;e par un changement particulier, seulement par
un changement total.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que les revendications particuli&#232;res se transforment tout au long de l'histoire am&#233;ricaine &#8212; de revendications salariales en revendications sociales, en revendications politiques, en revendications environnementales &#8212; le possible refus de revendications hante la bourgeoisie. Ceci est &#233;vident pour quiconque consid&#232;re les niveaux de violence de classe employ&#233;e par les exploit&#233;s comme des formes rationnelles de lutte en prise avec une structure objective de domination.
Ce qui n'est pas aussi &#233;vident, ce sont les fa&#231;ons dont ce refus se manifeste au travers de &lt;i&gt;diverses&lt;/i&gt; formes de destruction de la propri&#233;t&#233;, d'expropriation et d'incendie. Seule l'histoire est &#224; m&#234;me d'en t&#233;moigner.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;S&#233;quences de lutte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes de la conscription de 1863 [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#201;meutes de New York suite &#224; l'adoption de nouvelles lois de (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], les plus sanglantes de l'histoire am&#233;ricaine (au moins 120 tu&#233;s, 2 000 bless&#233;s, 50 b&#226;timents incendi&#233;s) rec&#232;lent toutes les contradictions et tous les &#233;l&#233;ments qui devaient se d&#233;velopper et se s&#233;parer sous des formes propres tout au long du si&#232;cle suivant : revendications politiques (pas de conscription, pas de guerre), attaques de classe (destruction de biens, incendies, pillages) et guerre raciale (agressions, meurtre). Entre les &#233;meutes de la conscription et les &#233;meutes &#171; Oscar Grant &#187;, nous relevons trois tendances principales qui &#233;mergent quant au contenu de l'activit&#233; insurrectionnelle et &#224; la forme qu'elle prend en tant que &#171; revendication &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement parlant, nous pouvons distinguer trois p&#233;riodes historiques principales du ph&#233;nom&#232;ne &#233;meutier, quant &#224; ses probl&#233;matiques ou sa forme, et deux styles historiques quant &#224; ses m&#233;thodes ou ses contenus. La lutte entre capital et travail, de 1877 &#224; 1934, les conflits raciaux entre 1935 et 1968 et les actions &#233;tudiantes et anti-guerre des ann&#233;es 60 et 70 sont les trois grandes traditions qui sont venues s'amalgamer dans la contestation moderne de notre p&#233;riode. Les actions f&#233;ministes, de lib&#233;ration homosexuelle et de lutte anti-nucl&#233;aire des ann&#233;es 70 et 80, et le renouveau des &#233;meutes raciales &#224; Miami et New York dans les ann&#233;es
80 perp&#233;tuent le double h&#233;ritage des &#233;meutes &#224; la mode des ann&#233;es 60 sous ses deux aspects diff&#233;rents. Ce n'est qu'&#224; partir des &#233;meutes &#171; Rodney King &#187; &#224; Los Angeles (et partout ailleurs) de 1992 qu'une nouvelle phase de r&#233;volte commence, celle dans laquelle nous sommes encore aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la p&#233;riode 1877-1934, les luttes sur le travail en Am&#233;rique atteignirent des niveaux de violence jamais vus jusqu'alors ou depuis lors. Durant cette p&#233;riode, les revendications &#233;taient formul&#233;es sur les
salaires, les conditions de travail et sur la longueur de la journ&#233;e de travail, mais une fois que ces revendications fondamentales furent bross&#233;es dans les grandes lignes durant les ann&#233;es 1860, presque rien de nouveau n'apparut. Depuis lors, le niveau de lutte de classe s'intensifia alors que les revendications devenaient de moins en moins importantes. Les gr&#232;ves ferroviaires tournaient imm&#233;diatement &#224; l'&#233;meute, se r&#233;pandant
nationalement tout au long du chemin de fer, laissant des milliers de wagons d&#233;truits, des macchab&#233;s dans les deux camps et des milliers de bless&#233;s. Les mineurs du charbon firent sauter leurs propres mines, et les ouvriers tuaient les Pinkertons &#224; la porte de leur usine [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='La Pinkerton National Detective Agency dont les agents sont g&#233;n&#233;ralement (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La destruction de biens &#233;tait tr&#232;s r&#233;pandue, mais ses cibles et sa signification &#233;taient alors diff&#233;rentes de celles d'aujourd'hui. Premi&#232;rement, la propri&#233;t&#233; attaqu&#233;e par les ouvriers &#233;tait leurs propres outils et produits de leur travail, c'est-&#224;-dire les moyens de production qu'ils employaient pour cr&#233;er de la valeur additionnelle pour leur patron. En d&#233;truisant leurs propres instruments de production &#8212; voies ferr&#233;es, mines de charbon, machines &#8212; ils d&#233;truisaient l'unit&#233; du proc&#232;s de production capitaliste, non simplement son aspect marchandise dans le domaine de la circulation et de la consommation. Deuxi&#232;mement, bien que les machines, les rails, les wagons, les trolleys, les mines et les usines que diff&#233;rents ouvriers d&#233;truisaient appartinssent l&#233;galement au capitaliste qui les employaient, les ouvriers les consid&#233;raient comme &lt;i&gt;leur propre propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt;. Ceci du fait que les machines &#233;taient le produit et les moyens de &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; travail, de leur labeur physique et mental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8
L'attaque de cette propri&#233;t&#233; n'&#233;tait pas qu'une attaque
des capitalistes, mais de ce qui les fait prol&#233;taires : le
travail, les outils, la valeur. L'auto-abolition du prol&#233;tariat
ne s'exprimait formellement dans aucune de leurs
revendications, mais &#233;tait pos&#233;e concr&#232;tement par les
actions et les cibles elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'Harlem en 1935 [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Le 19 mars 1935, les mouvements activistes noirs d&#233;clench&#232;rent des &#233;meutes (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;] &#224; Washington en 1968 [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Suite &#224; la mort de Martin Luther King.' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;], les luttes de classe prirent l'aspect de &#171; rapports de race &#187; et d'&#171; &#233;meutes du ghetto &#187;. Qualitativement diff&#233;rentes des &#233;meutes Jim Crow [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Jim Crow est un surnom donn&#233; aux lois de s&#233;gr&#233;gation raciale, commun&#233;ment (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;] anti-noirs, anti-immigr&#233;s [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='&#192; l'exception de l'&#233;meute de D&#233;troit des 20-22 juin, la (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;], ces luttes &#233;taient marqu&#233;es par les attaques des prol&#233;taires et sous-prol&#233;taires noirs contre les fondements de la soci&#233;t&#233; blanche, bourgeoise : la police, les magasins, les b&#226;timents, les voitures. Le pillage et l'incendie &#233;taient les m&#233;thodes principales employ&#233;es comme critique de
tels &#233;l&#233;ments. Le pillage qui eut lieu &#224; Harlem en 1935, 1943, et ensuite &#224; Watts, Newark et Detroit au milieu des ann&#233;es 60 ne consistait pas en pillage des habitations, &#224; l'instar du pillage des maisons des capitalistes pendant les &#233;meutes de la conscription de 1863, mais plut&#244;t en pillage de magasins, les endroits o&#249; les produits que les gens fabriquent leur sont revendus &#224; des prix qu'ils ne peuvent se permettre. En d'autres termes, le pillage &#233;tait social, non personnel. Il &#233;tait la critique d'une soci&#233;t&#233; qui repose sur l'accumulation de merdes dont les gens n'ont pas besoin et le d&#233;sir de merdes qu'ils fabriquent mais qu'ils ne peuvent avoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pratique de l'incendie n'a rien de nouveau dans l'histoire de la violence de classe am&#233;ricaine (les travailleurs anglais br&#251;laient les machines qui
mena&#231;aient leurs emplois au XVIIIe si&#232;cle), mais elle choqua profond&#233;ment la bourgeoisie quand des noirs commenc&#232;rent &#224; bruler leur propre quartier. Pourquoi ? Qu'est-ce que le feu avait de si nouveau &#224; ce moment-l&#224; ? Peut-&#234;tre fut-ce le changement de nature de cette destruction de la propri&#233;t&#233;, un changement sensiblement diff&#233;rent de celui de la pr&#233;c&#233;dente p&#233;riode d'&#233;meutes. Oui, les gens brulaient et d&#233;truisaient toutes les propri&#233;t&#233;s alentour, mais &lt;i&gt;ce n'&#233;tait pas leurs propri&#233;t&#233;s&lt;/i&gt;. Elles &#233;taient d&#233;tenues par quelqu'un &#224; l'ext&#233;rieur du ghetto. &#192; l'oppos&#233; de la destruction, auparavant, par les ouvriers, de voies ferr&#233;es, de charbon, de tramways et d'usines, toutes choses &lt;i&gt;qu'ils estimaient &#234;tre leur propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (bien que techniquement elle ait &#233;t&#233; d&#233;tenue par le capitaliste), ces gens savaient que ce &#224; quoi ils s'attaquaient n'&#233;tait pas leur propri&#233;t&#233;, et &#233;taient bien contents de s'en d&#233;barrasser. M&#234;me si cela signifiait saboter leurs propres moyens de subsistance, comme un acc&#232;s &#224; la nourriture, un toit et des transports. Le rejet concret du capital entraine l'abolition de son pr&#233;c&#233;dent mode de vie, et cette auton&#233;gation appara&#238;t toujours comme suicidaire. Mais elle n'est &lt;i&gt;suicidaire&lt;/i&gt; que du point de vue du capital, non depuis la perspective des &#234;tres humains s'activant &#224; la cr&#233;ation de leurs vies pour la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre juin 1963 et mai 1968, on d&#233;nombre 239 &#233;meutes urbaines distinctes, impliquant au moins 200 000 participants, qui d&#233;bouch&#232;rent sur 8 000 bless&#233;s et 190 morts. Pour le seul 4 avril 1968, &#224; la mort de Martin
Luther King, des &#233;meutes eurent lieu dans 125 villes diss&#233;min&#233;es sur 28 &#233;tats, aboutissant &#224; la mort de 47 personnes. &#192; Washington, les &#233;meutes survinrent &#224; 10 p&#226;t&#233;s de maison de la Maison Blanche. Pour la m&#234;me
p&#233;riode, au moins 50 000 personnes furent arr&#234;t&#233;es. Les &#233;meutes de Watts, Newark et D&#233;troit comptabilisaient &#224; elles seules un sixi&#232;me des arrestations. Bien que 190 morts soient un lourd tribut, ce n'est rien en regard du nombre de d&#233;c&#232;s survenus r&#233;guli&#232;rement pendant les affrontements plus formels entre capital et travail. Les meurtres &#233;taient principalement le fait de la police et de l'arm&#233;e, non des &#233;meutiers. &#192; Watts, 28 des 34 tu&#233;s &#233;taient noirs ; &#224; Newark, 24 sur 26 ; &#224; Detroit 36 sur 43.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que les &#233;meutes de ghetto prolif&#233;raient dans les zones urbaines am&#233;ricaines, une autre forme de contestation &#233;mergeait, la contestation &#233;tudiante, jeune, anti-guerre, de &lt;i&gt;gauche radicale&lt;/i&gt;. Les foyers d'&#233;meutes se d&#233;plac&#232;rent vers les universit&#233;s, les centres de conscription et les conventions politiques. Pendant ces luttes, des revendications apparaissaient et disparaissaient constamment, allant de l'arr&#234;t de la
conscription &#224; &#171; l'amour libre &#187;, de la paix &#224; l'id&#233;e de &#171; porter la guerre &#224; la maison &#187;. Ce qui unissait les revendications s&#233;par&#233;es, contradictoires, et m&#234;me superficielles, ce sont les actions elles-m&#234;mes de ceux qui les formulaient. Ces actions comprenaient principalement des sit-ins et des occupations, quelques destructions et incendies, pas mal de confrontations avec la police et peu ou pas d'agressions sur les personnes. &#192; Berkeley en
1964, pendant le &#171; Mouvement pour la libert&#233; de parole &#187;, 1 000 personnes occup&#232;rent Sproul Hall pendant 32 heures, se qui se termina par l'arrestation en douceur de 773 d'entre eux. En 1966, lorsque la conscription fut vot&#233;e, les campus se soulev&#232;rent massivement. Les &#233;tudiants occup&#232;rent l'administration de l'universit&#233; de Chicago pendant 4 jours, et des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent dans les centres ROTC [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Reserve Officers and Training Corps, centres de recrutement notamment (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;] de l'universit&#233; du Wisconsin, du CCNY [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='City College of New York.' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;] et d'Oberlin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En octobre 1967, on appelait &#224; un mois de contestation nationale, &#224; l'occasion duquel quelques occupations, quelques actions symboliques et quelques confrontations eurent lieu. Le 18 octobre, pr&#232;s de 1 000 personnes affront&#232;rent la police dans le Wisconsin, o&#249; 70 &#233;tudiants furent bless&#233;s et plusieurs b&#226;timents incendi&#233;s. Le 19 octobre, le Boylan Hall du Brooklyn College fut occup&#233; et &#224; Chicago, 18 personnes furent arr&#234;t&#233;es alors qu'elles &#233;taient entr&#233;es par effraction dans un centre d'incorporation. Le 20 octobre, 10 000 activistes de Berkeley et d'Oakland bloqu&#232;rent les rues conduisant &#224; un centre d'incorporation, crevant des pneus, l&#226;chant des clous sur la chauss&#233;e, inscrivant des graffiti et affrontant pr&#232;s de 1 000 policiers pendant des heures. Les 21 et 22 octobre, un rassemblement de masse, ritualis&#233;, &#171; non violent &#187; de 150 000 personnes eut lieu &#224; Washington. Certains outrepass&#232;rent les r&#232;gles et affront&#232;rent la police, ce qui se termina par l'arrestation de 681 manifestants, ainsi que 13 marshals, 10 soldats et 24 manifestants bless&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s six jours d'occupation de l'universit&#233; de Columbia, les &#233;tudiants affront&#232;rent la police le 29 avril 1968, ce qui aboutit &#224; ce que 132 &#233;tudiants, 4 personnels de l'universit&#233; et 12 policiers soient bless&#233;s. Cette
m&#234;me ann&#233;e, &#224; la convention nationale d&#233;mocrate de Chicago, les Yippies [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Le Youth International Party (YIP) &#233;tait un parti politique antiautoritaire (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;] tent&#232;rent d'initier une &#233;meute, et ils y parvinrent de fait entre le 25 et le 30 ao&#251;t. 192 policiers bless&#233;s, 81 v&#233;hicules de police endommag&#233;s, 24 pare-brises &#233;clat&#233;s, 17 voitures caboss&#233;es et aussi de
nombreuses vitrines de magasin bris&#233;es. En mars et avril 1969, des &#233;tudiants noirs de Buffalo, Harvard et Cornell, trois sites de l'Universit&#233; de New York, en occup&#232;rent les b&#226;timents centraux. En mai, des &#233;tudiants furent tu&#233;s dans des confrontations avec la police &#224; Berkeley et Greensboro. En octobre, les Weathermen lanc&#232;rent leurs &#171; jours de col&#232;re &#187;, pendant lesquels 300 d'entre eux d&#233;truisirent des propri&#233;t&#233;s et lutt&#232;rent ensemble contre la police. Six weathermen furent abattus, la plupart battus, 250 furent arr&#234;t&#233;s. &#192; Santa Barbara, le 25 f&#233;vrier 1970, les &#233;tudiants de l'Universit&#233; de Californie, Santa Barbara incendi&#232;rent une succursale de la Bank of America, et le 18 avril 1970, un &#233;tudiant fut tu&#233; par une balle perdue de la police. Mais ce ne fut que lorsque les gardes nationaux assassin&#232;rent 4 &#233;tudiants, le 4 mai 1970, &#224; l'universit&#233; d'&#233;tat de Kent qu'&#233;clata dans tout le pays une rage contre les victimes des contestations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mod&#232;le des manifestations &#233;tudiantes et antiguerre se conforme aux tendances de son &#233;poque : attaques limit&#233;es sur les biens, escalade polici&#232;re, sit-in et occupations. Comme les &#233;tudiants et les jeunes devenaient de moins en moins s&#233;lectifs quant &#224; l'emplacement de leurs luttes, comme ils devenaient plus violents dans leurs tactiques et moins conciliants quant &#224; leur r&#233;solution, leur griefs &#233;volu&#232;rent d'un rejet de la guerre et de l'imp&#233;rialisme &#224; une critique de la vie quotidienne et du capitalisme. Ce qui avait commenc&#233; comme une strat&#233;gie de revendications et d'intensification se termina comme un rejet de tout ce
qui restait en de&#231;&#224; de la r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Probl&#233;matiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les trois principaux points d'achoppement des luttes violentes &#8212; le travail, la race et la guerre &#8212; faisaient tous appara&#238;tre quelques revendications minimales. Dans le premier cas, des salaires plus &#233;lev&#233;s, de meilleures
conditions de travail et une journ&#233;e plus courte. Dans le second, &#233;galit&#233; des droits politiques et dans la fa&#231;on d'&#234;tre trait&#233;s, ainsi que des aides dans tous les domaines &#233;conomiques et sociaux. Dans le troisi&#232;me cas, la fin de la guerre au Vietnam et l'arr&#234;t de la conscription. Avec un tel sch&#233;ma de revendications, il est facile de ramener tous les ph&#233;nom&#232;nes antagonistes de ces p&#233;riodes &#224; une certaine structure : le groupe des exploit&#233;s X demande la chose Y &#224; l'institution Z. Par exemple, on peut consid&#233;rer la gr&#232;ve du rail de 1877, l'&#233;meute de Harlem de 1935 et les
r&#233;bellions dans les universit&#233;s de mai 1970 comme des formes similaires de &lt;i&gt;n&#233;gociation collective&lt;/i&gt;, qui, en d&#233;pit de leurs moyens ill&#233;gaux, sont pr&#233;dispos&#233;es &#224; trouver des issues l&#233;gales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qu'on d&#233;duit d'une telle &#233;quation, c'est le contenu propre des actions elles-m&#234;mes, actions qui vont &#224; l'encontre de leurs finalit&#233;s m&#234;mes, d&#233;bordant &#224; leur tour de leurs formes politiques et devenant sociales. Qu'est-ce qui &lt;i&gt;survient&lt;/i&gt; durant ces &#233;meutes, &lt;i&gt;comment&lt;/i&gt; commencent-elles et comment &lt;i&gt;finissent-elles&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gr&#232;ve ferroviaire de 1877 est l'une des plus violentes de l'histoire am&#233;ricaine. Apr&#232;s les baisses de salaire du 1er juillet, les ouvriers se mirent en gr&#232;ve &#224; Baltimore, dans l'Ohio et en Virginie Orientale. Le 20 juillet, l'arm&#233;e attaqua les gr&#233;vistes, en tuant 10. La gr&#232;ve se propagea
aux villes de New York, Newark et Pittsburgh. L'arm&#233;e &#224; Philadelphie attaqua les gr&#233;vistes de Pittsburgh, et les gr&#233;vistes attaqu&#232;rent en retour, faisant 24 morts. Finalement, les dommages de la Pennsylvania Railroad
s'&#233;lev&#232;rent &#224; 5 millions de dollars, comprenant 104 locomotives et 2 152 wagons. 3 000 militaires des troupes f&#233;d&#233;rales et des milliers de miliciens vinrent pour restaurer la paix. Des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent &#224; Altoona, Reading, Harrisburg, Scranton, Philadelphie, avant de se d&#233;placer vers Chicago, Saint Louis, San Francisco et Washington. Sans &#234;tre encadr&#233;e par un quelconque syndicat, la gr&#232;ve se r&#233;pandit le long des voies ferr&#233;es, des ouvriers de divers corps de m&#233;tier s'y joignant l&#224; o&#249; ils le pouvaient. Tout cela pour des hausses de salaire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;meutes de Harlem de 1935 pr&#233;figurent les &#233;meutes raciales des ann&#233;es 60. Un jeune noir se fit arr&#234;ter par des flics blancs alors qu'il &#233;tait en train de voler &#224; l'&#233;talage, et une altercation s'ensuivit. Des rumeurs se r&#233;pandirent selon lesquelles la police l'avait tu&#233; (ce qu'elle n'avait pas fait) et les habitants de Harlem cherch&#232;rent &#224; prendre leur revanche. En deux jours d'&#233;meutes, plus de 200 magasins tenus par des blancs furent d&#233;molis, causant 2 millions de dollars de dommages. Ce sch&#233;ma devait
se reproduire encore et encore pendant les 70 ann&#233;es suivantes. Peut-on vraiment dire que ces &#233;meutes, en tant que r&#233;pliques, aient &#233;t&#233; parties prenantes d'une revendication d'&#233;galit&#233; des droits ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En mai 1970, la vague d'actions anti-guerre des ann&#233;es 60 atteint son apog&#233;e lorsque 4 &#233;tudiants furent abattus lors d'une manifestation &#224; l'universit&#233; d'&#233;tat Kent. En r&#233;ponse, des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent dans 1 350 universit&#233;s, auxquelles particip&#232;rent 4 350 000 personnes. 400 &#233;coles furent ferm&#233;es. La police ouvrit le feu au coll&#232;ge d'&#233;tat Jackson, le 14 mai &#8212; tuant deux &#233;tudiant noirs &#8212; et aussi &#224; Lawrence, au Kansas, tuant deux jeunes, ce qui fut l'&#233;tincelle qui d&#233;clencha une vague d'incendies et de destructions en retour. Tout cela juste pour arr&#234;ter une guerre &#224; des milliers de kilom&#232;tres ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons que non. Au contraire, de telles revendications sont de simples &#233;crans qui viennent s'interposer entre des espaces de rage et des espaces de loi, une force du m&#233;contentement subjectif de la vie sous le capital contre une force de la n&#233;cessit&#233; objective du capital subsumant la vie. Sans commune mesure quant &#224; leur contenu, elles sont mises au m&#234;me plan et comprises, du point de vue &lt;i&gt;d'un seul des c&#244;t&#233;s&lt;/i&gt;, celui de
la loi, comme des tentatives d'exprimer collectivement une volont&#233; tendue vers un changement particulier de la loi. Elles ne sont pas comprises &#224; partir du c&#244;t&#233; des pratiques elles-m&#234;mes, peut-&#234;tre m&#234;me pas par ceux qui les commettent. En tant qu'objectifs, les revendications ne d&#233;terminent pas le type de luttes, d'actions ou d'&#233;v&#233;nements que nous d&#233;crivons ici. Car on peut aussi chercher &#224; satisfaire chaque revendication cit&#233;e plus haut par des moyens l&#233;gaux. Ce qui rend ces activit&#233;s uniques, c'est la contradiction se d&#233;veloppant continuellement entre leur forme et leur contenu, la forme comme revendication de &lt;i&gt;quelque chose&lt;/i&gt; pr&#233;sent&#233;e &#224; &lt;i&gt;quelqu'un&lt;/i&gt;, et le contenu comme le rejet de la tentative de &lt;i&gt;quiconque&lt;/i&gt; d'int&#233;grer &lt;i&gt;quoi que ce soit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Int&#233;gration, acc&#233;l&#233;ration&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cadence &#224; laquelle les institutions de l'&#201;tat et du capital int&#232;grent les revendications de ces luttes s'acc&#233;l&#232;re rapidement. Lorsque la revendication d'une lutte trouve un arrangement, la lutte passe rapidement
d'un conflit externe entre deux adversaires oppos&#233;s &#224; un conflit interne g&#233;r&#233; par une institution. Il a fallu 60 ann&#233;es d'&#233;meutes (1877-1934) pour produire la premi&#232;re int&#233;gration majeure des revendications, lorsque le
gouvernement et les capitalistes, dans les ann&#233;es 30, donn&#232;rent suite aux assauts de violence prol&#233;tarienne en am&#233;liorant partout les conditions de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde int&#233;gration majeure des revendications demanda 30 ans d'&#233;meutes (1935-1968), quand, apr&#232;s que de multiples villes eurent &#233;t&#233; ravag&#233;es par de petites insurrections de prol&#233;taires majoritairement noirs, le gouvernement, &#224; la fin des ann&#233;es 60, &#233;tablit une nouvelle l&#233;gislation pour assurer l'&#233;galit&#233; dans les &#233;coles, en mati&#232;re d'emploi et dans les services publics. &#171; Les &#233;meutes raciales &#187; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous mettons &#171; &#233;meutes raciales &#187; entre guillemets parce que chaque &#233;meute (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;] existaient &#233;videmment avant le soul&#232;vement de Harlem en 1935 (et ont continu&#233; &#224; se produire apr&#232;s les &#233;meutes massives
qui ont suivi l'assassinat de Martin Luther King en avril 1968), mais elles ont pris leur caract&#232;re moderne &#224; ce moment-l&#224;, dans la mesure o&#249; les &#233;meutes &#233;taient, &#224; l'initiative de noirs, une r&#233;ponse &#224; un acte particulier de violence polici&#232;re (g&#233;n&#233;ralement une arrestation, un tabassage, un meurtre ou une rumeur de meurtre), au lieu de prendre leur origine dans l'attaque par des blancs vis-&#224;-vis de communaut&#233;s noire ou immigr&#233;e, qui se d&#233;fendaient alors &#224; leur tour (l'&#233;meute raciale d'Atlanta de 1906, par exemple). D'o&#249; le fait que les cibles des &#233;meutes raciales contemporaines soient les biens, la police et les magasins, et que les actes de violence physique entre civils noir et blancs et/ou immigr&#233;s, tels que ceux qui avaient lieu pendant la p&#233;riode Jim Crow (1890-1914), soient moins courants, bien que toujours pr&#233;sents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finalement, la troisi&#232;me int&#233;gration prit environ dix ans d'&#233;meutes (1964-1972), apr&#232;s que des &#233;tudiants, des jeunes et des radicaux de gauche de tous poils eurent occup&#233;, d&#233;truit, brul&#233; et se soient battus avec les flics dans des milliers d'universit&#233;s dans tout le pays. Peu apr&#232;s les &#233;meutes nationales qui suivirent le massacre de l'universit&#233; d'&#233;tat Kent, du 4 mai 1970, le gouvernement commen&#231;a &#224; prendre en compte les dissidents antiguerre dans ses d&#233;bats, pour finalement acc&#233;der &#224; leurs
revendications en abolissant la conscription en 1973, et en se retirant compl&#232;tement du Vietnam en 1975.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis les manifestations anti-guerre des ann&#233;es 60, le mouvement de lib&#233;ration des femmes, des homosexuels, des Indiens, et les mouvements anti-apartheid sont pass&#233;s par les m&#234;mes phases d'acc&#233;l&#233;ration de la s&#233;quence &#233;meute&#8212;contestation&#8212;int&#233;gration&#8212;r&#233;organisation. Certaines de ces luttes n'ont jamais abouti, mais une fois que leurs revendications sp&#233;cifiques sont incorpor&#233;es dans une structure institutionnelle g&#233;n&#233;rale, sous une forme ou une autre, le mouvement change de nature, passant de l'opposition &#224; la rivalit&#233;. La cadence s'est tellement acc&#233;l&#233;r&#233;e r&#233;cemment que la dialectique entre destruction, revendication, int&#233;gration et neutralisation survient dans un laps de temps de plus en plus court apr&#232;s la premi&#232;re &#233;meute. Avec le coup d'envoi de l'aile am&#233;ricaine du mouvement anti-mondialisation donn&#233; &#224; Seattle en 1999, cela a pris moins d'une d&#233;cennie, le FMI, la Banque mondiale et l'OMC s'&#233;tant presque r&#233;tract&#233;s ou ayant &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; revoir leur fa&#231;on de parler et leurs projets, de sorte &#224; prendre en compte la puissance des attaques globales et des critiques en actes qu'ils avaient re&#231;us. Avec les manifestations des immigr&#233;s de mai 2006, cela a pris moins d'un, les politiciens r&#233;organisant
rapidement leur agenda pour voter de nouvelles lois (ou plut&#244;t, pour faire des lois qui ne soient jamais adopt&#233;es). Avec les &#233;meutes de janvier 2009, cela a pris une semaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand on se focalise sur la pr&#233;sence ou l'absence de revendications comme crit&#232;re distinctif entre lutte r&#233;formiste ou r&#233;volutionnaire, on oublie les relations et les significations intrins&#232;ques aux activit&#233;s de lutte elles-m&#234;mes. Les revendications sont plus rapidement int&#233;gr&#233;es, mais la r&#233;volution n'est pas plus &#224; port&#233;e de main qu'auparavant.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;thodes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les deux grandes tendances dans la contre-violence am&#233;ricaine sont l'&#233;meute g&#233;n&#233;ralis&#233;e et la tactique sp&#233;cialis&#233;e. Les &#233;l&#233;ments fondamentaux de la premi&#232;re sont le pillage, l'incendie, la destruction de biens et l'agression physique ; ses acteurs sont des prol&#233;taires et des sous-prol&#233;taires. Les &#233;l&#233;ments de la seconde sont les piquets de gr&#232;ves, les manifestations, les sit-ins et les blocages de rue ; ses participants sont g&#233;n&#233;ralement un groupe minoritaire form&#233; &#224; de telles actions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant les ann&#233;es 1930, ces deux formes d'action &#233;taient indistinctes au sein du conflit g&#233;n&#233;ral de l'&#233;poque, celui entre capital et travail, dans lequel les gr&#232;ves &#233;taient aussi des &#233;meutes, les manifestations des batailles rang&#233;es, et les sit-in et les blocages, rien d'autre que la cr&#233;ation et la d&#233;fense de barricades. Apr&#232;s 60 ans d'intense guerre de classe (1877-1934), pendant lesquels chaque gr&#232;ve amenait son lot de morts dans les deux camps, des changements quand &#224; la tactique et la strat&#233;gie furent adopt&#233;s, des changements qui &#233;taient &#224; l'image de l'&#233;volution du rapport entre capital et prol&#233;tariat et entre l'&#201;tat et ses sujets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1934, les &#201;tats-Unis &#233;taient au bord de l'anarchie. Des gr&#232;ves violentes, sanglantes s'&#233;tendaient &#224; Mineapolis, Toledo et San Francisco. Les 21 et 22 mai, les camionneurs de Mineapolis en gr&#232;ve arr&#234;t&#232;rent toutes
les livraisons et, en retour, la police et une &#171; alliance de citoyens &#187; nouvellement form&#233;e les attaqu&#232;rent. Les camionneurs d&#233;firent la police et l'&#171; alliance &#187;, faisant 67 bless&#233;s. Les 23 et 24 mai, 6 000 travailleurs de
l'automobile en gr&#232;ve, &#224; Toledo, affront&#232;rent la police, la compagnie de s&#233;curit&#233; et la Garde nationale, les contraignant finalement &#224; la retraite, mais apr&#232;s que deux gr&#233;vistes aient &#233;t&#233; tu&#233;s. Le 9 mai, les dockers de toute la C&#244;te ouest lanc&#232;rent une gr&#232;ve massive, mais ce ne fut qu'&#224; partir du 3 juillet qu'eurent lieu &#224; San Francisco des affrontements violents entre la police et les prol&#233;taires. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale atteignit son apog&#233;e quand la police en tua deux lors du &#171; jeudi sanglant &#187;, en blessant aussi 115.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que la d&#233;pression faisait rage, que les ouvriers s'orientaient de plus en plus vers des m&#233;thodes de destruction d&#233;sesp&#233;r&#233;e [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple, le 1er d&#233;cembre 1906, 250 hommes masqu&#233;s d&#233;boul&#232;rent dans (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;], et que la police, les Pinkertons et les gardes nationaux accumulaient des pertes quotidiennes, l'&#201;tat, comme beaucoup de capitalistes importants, commenc&#232;rent &#224; faire des concessions, acceptant la formation de syndicats dans certaines branches, garantissant des horaires all&#233;g&#233;s et des conditions de travail am&#233;lior&#233;es, et m&#234;me un salaire minimum. Au m&#234;me moment, les m&#233;thodes ouvri&#232;res commenc&#232;rent &#224; prendre leurs distances avec le saccage g&#233;n&#233;ralis&#233; et &#224; se tourner vers la gr&#232;ve sur le tas, le paradigme de la r&#233;volte symbolique dont l'apparition transforma le conflit en Am&#233;rique, passant de l'&#233;meute au
rituel. En 1936, il y eut 48 occupations impliquant 87 817 travailleurs, 477 en 1937, impliquant 398 117 travailleurs et 52 en 1938, avec 28 749 travailleurs. Ces occupations ne se montraient pas provocatrices, &#224; dessein, pour autant elles se d&#233;fendaient lors d'attaques ou quand on les
emp&#234;chait de se tenir. Ce qui arriva en particulier &#224; Flint, dans le Michigan, en janvier 1937, lorsque des gardes bloqu&#232;rent des syndicalistes qui approvisionnaient en vivres leurs camarades gr&#233;vistes dans l'usine General
Motors. En retour, les ouvriers enferm&#232;rent les gardes dans les toilettes, la police gaza les ouvriers, et les ouvriers renvoy&#232;rent les lacrymog&#232;nes. Apr&#232;s que 14 policiers aient &#233;t&#233; bless&#233;s, la police se retira dans un mouvement qu'on nomme avec fac&#233;tie &#171; La bataille des taureaux en fuite &#187; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Battle of Running Bulls : r&#233;f&#233;rence aux deux batailles de Bull Run ; la (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 30, alors que les capitalistes et le gouvernement int&#233;graient les revendications minimales des travailleurs, la r&#233;volte prol&#233;tarienne &#233;volua vers les tactiques sp&#233;cialis&#233;es, et le capitalisme commen&#231;a &#224; se transformer, se tournant vers la production compl&#232;te,
r&#233;gul&#233;e, de tous les biens et services de la vie quotidienne, non seulement pour la bourgeoisie, mais aussi pour la classe ouvri&#232;re. Dans les ann&#233;es 30, la distinction entre revendication et destruction s'op&#233;ra pour la premi&#232;re fois. Comme la sp&#233;cialisation &#233;tait &#233;rig&#233;e en norme sur le lieu de travail, ainsi en allait-il pour la lutte aussi. Cette s&#233;paration pr&#233;parait le terrain pour les formes de r&#233;bellion ritualis&#233;es dont &#233;tait porteur le mouvement des droits civiques de 1955-1965, avec les sit-ins dans
les &lt;i&gt;lunch counters&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Une vari&#233;t&#233; des lieux de restauration am&#233;ricains : restaurant de petite (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;], tout comme les actions &#233;tudiantes anti-guerre de 1964-1972, avec sit-ins, occupations et blocages du trafic routier. Les luttes &#233;cologiques contre le nucl&#233;aire, sur les for&#234;ts primaires, l'eau, la pollution et le charbon, perfectionn&#232;rent rapidement ces tactiques
et les d&#233;velopp&#232;rent dans les ann&#233;es 70 et 80. Ce fut principalement le fait de trois groupes : l'Alliance Clamshell de Nouvelle-Angleterre, l'Alliance Abalone de la c&#244;te ouest, et le Groupe d'action Livermore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ao&#251;t 1976, l'Alliance Clamshell occupa le chantier de la centrale nucl&#233;aire de Seabrook, &#224; deux reprises. La premi&#232;re fois, il y eut 18 arrestations, la seconde 180. Apr&#232;s presque un an d'entrainement et de pr&#233;paration, en avril 1977, l'Alliance Clamshell revint avec 2 400 personnes. Il y eut 1 400 arrestations, pourtant aucune violence ne fut commise. S'inspirant de l'Alliance Clamshell, l'Alliance Abalone de la c&#244;te Ouest tenta d'occuper la centrale de Diablo Canyon en ao&#251;t 1977. Cela ne put se faire, mais quatre ans plus tard, en 1981, ils revinrent, occupant les
lieux pendant deux semaines, bloquant l'usine, se qui se solda par 1 900 arrestations. En 1982, le jour de la F&#234;te des m&#232;res, le groupe d'action Livermore stoppa la production d'armes nucl&#233;aires au laboratoire national de Lawrence Livermore, pr&#232;s de San Francisco, quand des femmes arm&#233;es d'ours en peluche s'assirent sur la route, 4 d'entre elles s'enchainant &#224; la porte. En mars 1983, le groupe traversa les bois pour aller occuper la base a&#233;rienne de Vanderberg, jusqu'&#224; ce que 777 d'entre eux soient arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces trois groupes, avec la kyrielle d'autres groupes &#233;cologistes qui firent leur apparition dans les ann&#233;es 80, formalis&#232;rent les tactiques sp&#233;cialis&#233;es des occupations ouvri&#232;res des ann&#233;es 30, des sit-ins des mouvements pour les droits civiques des ann&#233;es 50 et 60, et des occupations &#233;tudiantes des ann&#233;es 70, les transformant en science, avec son propre jargon, ses
m&#233;thodes, principes et valeurs. Rebaptisant l'&#233;meute en &#171; action directe non violente &#187;, les foules vengeresses &#233;taient devenues alors &#171; des contestataires &#187; avec des &#171; droits &#187; &#224; faire valoir. L'arrestation pacifique fut le point d'aboutissement ultime, le cadenassage devint central et le pacifisme &#233;tait &#233;rig&#233; en norme &#233;thique. Les contestataires, tout comme le gouvernement, avaient finalement une langue commune, un cadre partag&#233; avec ses r&#232;gles et des limites &#224; l'int&#233;rieur desquelles agir. Les mouvements de lib&#233;ration de la Terre et des animaux des ann&#233;es 90 et 2000 prirent la m&#234;me tournure &#8212; actions formalis&#233;es &#8212;, intervertissant pourtant ses &#233;l&#233;ments : de publics &#224; clandestins, du cadenassage &#224; la fuite, du pacifisme &#224; l'incendie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;meutes &#171; Rodney King &#187; de 1992 &#224; Los Angeles (&lt;i&gt;et&lt;/i&gt; San Diego, San Francisco, Oakland, Sacramento, San Bernardino, Las Vegas, Atlanta, Chicago, Denver, Detroit, Miami, New York City, Philadelphia, Phoenix, St. Louis, Washington et Toronto) font voler en &#233;clats cette logique de la s&#233;paration. Sans sp&#233;cialisation, ces &#233;v&#233;nements contagieux semblent annoncer le retour de &#171; l'&#233;meute raciale &#187;, de l'agression physique, du pillage g&#233;n&#233;ralis&#233;, de l'incendie et de la destruction de masse. Pourtant, aucune de ces formes n'avait vraiment pris fin avec les ann&#233;es 60, elles &#233;taient juste devenues de plus en plus s&#233;par&#233;es du mouvement social en g&#233;n&#233;ral, confin&#233;es &#224; des niches &#171; d'int&#233;r&#234;ts particuliers &#187;. Il y eut des douzaines de pr&#233;tendues &#233;meutes raciales de 1970 &#224; 1992. D'une part, les guerres de type racial ant&#233;rieures aux mouvements pour les droits civiques furent raviv&#233;es par les men&#233;es du genre KKK/n&#233;onazi/blanc racistes envers les gens noirs et mats, en particulier entre 1976 et 1979 dans le Sud : attaques de bus de Boston entre 1974 et 1976, affrontements KKK &#224; Columbus, dans l'Ohio et &#224; Mobile, dans l'Alabama, en 1977, batailles n&#233;onazies &#224; San Jose, en Californie et &#224; Saint Louis dans
le Missouri, respectivement en octobre 1977 et mars 1978, et le tristement c&#233;l&#232;bre massacre de Greensboro le 3 novembre 1970, lorsque le Klan et le parti n&#233;onazi assassin&#232;rent quatre manifestants lors d'une marche
organis&#233;e par le Parti communiste des ouvriers [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='un parti mao&#239;ste am&#233;ricain.' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]. D'autre part, l'&#233;meute du ghetto des ann&#233;es 60 refit surface &#224;
plusieurs reprises : &#224; Elizabeth, dans le New Jersey en 1975, &#224; Miami en 1980, 1982, 1984 et 1989, &#224; Howard's Beach, dans le Queens, en 1986, &#224; Bensonhurst, Brooklyn, en 1989 &#224; Washington en 1991, &#224; Brooklyn en 1991 et &#224; Manhattan en 1992.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes reposent sur la m&#234;me histoire : un policier ou un blanc raciste abat quelqu'un &#8212; noir, cubain, puerto-ricain, dominicain, cor&#233;en, vietnamien &#8212; et la communaut&#233; ethnique ou raciale &#224; laquelle appartient cette personne r&#233;plique imm&#233;diatement par des incendies, des destructions et des pillages. Apr&#232;s que quatre policiers accus&#233;s d'avoir abattu un noir d&#233;sarm&#233; eurent &#233;t&#233; acquitt&#233;s par un jury de Tampa enti&#232;rement blanc, Miami fut couverte de sang et de fum&#233;e pendant trois jours, du 17 au 19 mai 1980. Trois blancs furent battus &#224; mort, pendant que la police et la Garde nationale tuaient 11 noirs. 3 600 gardes nationaux furent appel&#233;s &#224; la rescousse et 1 000 noirs arr&#234;t&#233;s. En juillet 1992, un policier abattit un dominicain d&#233;sarm&#233; &#224; New York, et 1 000 personnes r&#233;agirent en renversant des voitures, brisant des vitrines, semant le d&#233;sordre dans les rues, brulant trois b&#226;timents et bloquant la circulation sur le pont George Washington. Les &#233;meutes de Howard's Beach, Bensonhurst et Brooklyn
commenc&#232;rent un peu diff&#233;remment, lorsqu'un jeune blanc tua intentionnellement un jeune noir, et lorsqu'un juif hassidique &#233;crasa un Antillais. Dans tous les cas, la forme guerre raciale de l'&#233;meute r&#233;apparut, avec des attaques directes contre des blancs et des noirs, des Hassidiques et des Antillais, des Cor&#233;ens et des Afro-Am&#233;ricains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et que dire des &#233;meutes suite au black-out de 1977 &#224; New York, des nuits d&#233;moniaques de D&#233;troit, des &#233;meutes de Tompkins Square Park de 1988, des &#233;meutes &#171; Chicago Bulls &#187;, sans parler des &#233;meutes du Michigan, de Milwaukee et de Pittsburgh, suite &#224; des &#233;v&#233;nements sportifs ? Tout cela tend &#224; montrer que la forme &#233;meute g&#233;n&#233;ralis&#233;e caract&#233;ristique des &#171; &#233;meutes raciales &#187; n'a jamais disparu, mais s'impose constamment entre les ann&#233;es 70 et 90, bien que sous des formes bien plus isol&#233;es, fragment&#233;es et partielles. Ce n'est qu'&#224; Los Angeles, en 1992, que l'&#233;meute g&#233;n&#233;ralis&#233;e redevint coh&#233;sive, dans une atmosph&#232;re nationale et sociale de refus, qui permit &#224; la r&#233;bellion de transcender les pr&#233;c&#233;dentes limites du conflit, c'est-&#224;-dire les limites des revendications.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;diation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre 1877 et 1934, les prol&#233;taires (la plupart blancs et immigr&#233;s) cherchaient &#224; attaquer le capital directement (leur patron, leur usine, leurs moyens de production), mais &#233;taient constamment m&#233;di&#233;s et bloqu&#233;s par
diff&#233;rentes officines de violence l&#233;gitime ayant l'aval &#233;tatique (police, Pinkertons, Garde nationale, arm&#233;e). En d'autres termes, les ouvriers qui voulaient d&#233;truire les capitalistes combattaient, au lieu de cela, la police.
Entre 1934 et 1968, une nouvelle situation appara&#238;t. Les sous-prol&#233;taires et les prol&#233;taires (principalement noirs) cherchent &#224; attaquer directement l'&#201;tat (comme police), mais sont constamment m&#233;di&#233;s par le capital (comme propri&#233;t&#233;). En d'autres termes, les noirs qui voulaient combattre la police y parvinrent au moyen de la destruction de la propri&#233;t&#233; en lieu et place de la confrontation directe (&#224; quelques exceptions pr&#232;s). Dans le premier cas, l'&#201;tat m&#233;die le rapport antagoniste entre capital et travail ; dans le second, le capital m&#233;die la relation antagoniste entre l'&#201;tat et le travail. Les actions &#233;tudiantes et anti-guerre vont voir la tentative d'attaquer tout &#224; la fois le capital et l'&#201;tat, mais au travers de la m&#233;diation qui pr&#233;pare la transition vers la vente de la force de travail : l'universit&#233;. En d'autres termes, le creuset de la main-d'oeuvre &#224; venir devient un endroit de lutte, qui est alors davantage contr&#244;l&#233; par la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, de 1970 &#224; 1992, la tendance &#171; action directe non violente &#187; se cristallise et les &#233;meutes raciales isol&#233;es continuent &#224; survenir. Les deux sont m&#233;di&#233;es par leur propres limites : la premi&#232;re est que leurs propres corps deviennent les moyens par lesquels ils prennent part au conflit, et la seconde que le conflit n'appara&#238;t qu'en lien avec un acte de violence raciste de la part de la police ou autre. De 1992 &#224; nos jours, la destruction refait surface, mais de fa&#231;on diff&#233;rente de pr&#233;c&#233;demment. D'un c&#244;t&#233; comme sp&#233;cialis&#233;e (les &#233;meutes politiques) et de l'autre comme g&#233;n&#233;ralis&#233;e (les &#171; &#233;meutes raciales &#187;). Mais les deux tendent &#224; s'amalgamer au moment des bulles internet et immobili&#232;re des ann&#233;es 90 et 2000. &#192; Miami, Los Angeles, Seattle, Cincinatti, Michigan et Oakland, la cible est &#224; nouveau le capital, mais alors la tentative de le nier est m&#233;di&#233;e par le capital lui-m&#234;me sous l'une de ses formes, la propri&#233;t&#233;. Pour d&#233;truire le capital en tant que tel, le capital en tant que propri&#233;t&#233; est attaqu&#233; (au contraire du capital comme marchandises, argent ou travail). L'&#201;tat en est la m&#233;diation lorsqu'il le peut (d&#233;fendant les sommets, envoyant la Garde nationale), mais il se met aussi quelque peu en retrait, laissant le capital s'occuper de lui-m&#234;me. C'est-&#224;-dire que l'app&#226;t de la destruction de la propri&#233;t&#233; attire des individus vers une activit&#233; ill&#233;gale isol&#233;e, dont le capital peut se remettre alors que l'&#201;tat peut faire des exemples avec ceux qu'il capture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; mesure que les revendications progressaient des questions particuli&#232;res au refus g&#233;n&#233;ral, l'&#233;meute r&#233;gressait d'une activit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e vers une pratique sp&#233;cialis&#233;e. Depuis la guerre de S&#233;cession, la nature des revendications est pass&#233;e de locale &#224; totale &lt;i&gt;au sein&lt;/i&gt; du contenu des luttes particuli&#232;res elles-m&#234;mes. Les r&#233;voltes sur le travail &#8212; de la gr&#232;ve massive des chemins de fer de 1877, en passant par les &#233;meutes de Pullman et Homestead des ann&#233;es 1880 et 1890, &#224; la bataille de Blair Mountain dans les ann&#233;es 1920 &#8212;, les r&#233;voltes quant &#224; l'exploitation raciale &#8212; des &#233;meutes de Harlem en 1935 au &#233;meutes &#171; Martin Luther King &#187; de 1968 &#8212; et les r&#233;voltes relatives &#224; la guerre &#8212; du mouvement des droits civiques de 1964 aux Jours de col&#232;re de 1969 ; toutes prennent fin &#224; deux doigts de la guerre civile. Une fois qu'appara&#238;t cette possibilit&#233;, les revendications &#8212; qu'elles soient r&#233;elles ou pas &#8212; sont mises en avant pour r&#233;gler le diff&#233;rend avec, s'accommoder de et pacifier la populace. Ce n'est pas une co&#239;ncidence si un groupe situationniste am&#233;ricain de Berkeley, appel&#233; &#171; Pour nous-m&#234;mes &#187; pouvait produire en 1972 une d&#233;claration th&#233;orique avec le sous-titre &#171; sur la n&#233;cessit&#233; pratique de tout demander &#187;. Ce cadre a finalement vol&#233; en &#233;clats pendant la r&#233;bellion de Los Angeles en 1992, lorsqu'on a r&#233;alis&#233; qu'il n'y avait plus personne &#224; qui &#171; demander tout &#187;. Alors que &#171; Pour nous-m&#234;mes &#187; th&#233;orisait le contenu de la pr&#233;c&#233;dente d&#233;cennie de r&#233;voltes comme la n&#233;cessit&#233; de tout revendiquer, ind&#233;pendamment de toute pratique particuli&#232;re, l'Alliance Clamshell th&#233;orisait le contenu des d&#233;cennies pass&#233;es de d&#233;sob&#233;issance
civile comme la n&#233;cessit&#233; de revendiquer quelque chose par le biais de techniques &#171; d'action directe non violente &#187; bien particuli&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Outre les &#233;meutes raciales/de classe modernes, le mouvement antimondialiste a re&#231;u ce double h&#233;ritage, conduisant au mouvement contradictoire de ceux qui demandent tout (en perp&#233;tuant l'h&#233;ritage des occupations des ann&#233;es 30) agissant c&#244;te &#224; c&#244;te avec ceux qui ne
demandent rien (perp&#233;tuant l'h&#233;ritage de la violence de classe du XXe si&#232;cle et des &#233;meutes de ghetto des ann&#233;es 60). La diff&#233;rence est qu'une telle violence g&#233;n&#233;ralis&#233;e est maintenant aussi le fait de sp&#233;cialistes, d'anarchistes &#171; black blocks &#187;, et les tactiques sp&#233;cialis&#233;es d'action directe non violente ont &#233;t&#233; de plus en plus accept&#233;es comme les moyens g&#233;n&#233;riques pour prendre part &#224; un conflit social. La g&#233;n&#233;ralisation des revendications et la sp&#233;cialisation des pratiques nous am&#232;ne &#224; l'impasse du
pr&#233;sent, qui ne peut &#234;tre d&#233;pass&#233;e sans rompre avec les formes et les contenus de la r&#233;volte tels que nous en avons h&#233;rit&#233;, avec et sans revendications.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Revendiquer quelque chose, tout, rien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les luttes au contenu insurrectionnel aux &#201;tats-Unis sont pass&#233;es de &lt;i&gt;revendiquer quelque chose&lt;/i&gt; (ann&#233;es 1880-1940), &#224; &lt;i&gt;revendiquer tout&lt;/i&gt; (ann&#233;es 1960 &#224; 70), jusqu'&#224; &lt;i&gt;ne rien revendiquer&lt;/i&gt; (1992 &#224; nos jours). Chaque nouvelle phase est marqu&#233;e par les contradictions r&#233;manentes de
la pr&#233;c&#233;dente, dans la mesure o&#249; aucune p&#233;riode n'est compl&#232;tement &#171; nouvelle &#187;. Elle s&#233;pare et fait pr&#233;valoir une certaine tendance jusqu'alors indistincte dans le mode de lutte pr&#233;c&#233;dent. Quand les soul&#232;vements de
Philadelphie en 1964, de Rochester en 1964, de Watts en 1965, de Newark en 1967, de Detroit en 1967, de Buffalo en 1967, de partout en 1968, de Berkeley en 1969, de Chicago en 1969 et de centaines d'autres villes revendiquent un changement de la totalit&#233; des conditions existantes, ils ne font que th&#233;oriser les implications des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales et des &#233;meutes des prol&#233;taires des derni&#232;res d&#233;cennies du XIXe si&#232;cle et des premi&#232;res d&#233;cennies du XXe. Lorsque les &#233;meutiers de Los Angeles en 1992, St.
Petersburg en 1996, Seattle en 1999, Cincinnati en 2001, Toledo en 2003, Benton Harbor en 2005, de la Nouvelle Orl&#233;ans en 2005, St. Paul en 2008 ou Oakland en 2009, pendant les deux derni&#232;res d&#233;cennies, agissent avec
l'intensit&#233; et la coordination des &#233;meutiers des ann&#233;es 60, mais sans l'atmosph&#232;re de r&#233;bellion g&#233;n&#233;ralis&#233;e, et sans rien attendre de leur cibles et de leurs ennemis, ils ne font que th&#233;oriser en actes l'&#233;chec manifeste de
toutes les tentatives institutionnelles de &#171; changer tout &#187;. Contre la revendication abstraite, m&#234;me la revendication d'en finir avec les revendications, ils agissent sur la base d'un rejet concret des revendications en tant que telles. Ce changement pratique d&#233;localise le pouvoir d'&#233;crire l'histoire, passant de ceux qui r&#233;concilient les conflits &#224;
ceux qui les rendent irr&#233;conciliables. La compr&#233;hension actuelle de l'histoire est repr&#233;sent&#233;e sous les formes par lesquelles les luttes ont aujourd'hui lieu, et ces formes sont marqu&#233;es par un ensemble d'actes de violence sociale sans revendications, contre le capital dans toutes ses manifestations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelle est la morale des luttes sans revendications ? Elles ne reposent pas sur une fin ou un objet d&#233;sir&#233;, elles ne peuvent &#234;tre jaug&#233;es &#224; l'aune de calculs ou sur leur utilit&#233;. Bien plus, leur force provient de leur fondement
qui est dans l'acte lui-m&#234;me, l'action m&#233;prisant le calcul, l'int&#233;r&#234;t ou le gain ; c'est le privil&#232;ge de l'activit&#233; sur le produit. Le danger avec cette &#233;thique anti-moraliste de l'action pure est qu'elle peut facilement franchir les limites de la violence bien disciplin&#233;e, comme durant l'&#233;meute de la conscription de 1863, quand la r&#233;volte de classe s'est transform&#233;e en guerre raciale. Comment peut-on alors surmonter ce danger ? En maintenant les principes de fraternit&#233; et de confiance, en fondant l'anarchie de l'action pure sur la communaut&#233; des besoins partag&#233;s. Mais qu'est-ce qui fonde la communaut&#233; ? L'action, et son h&#233;ritage. L'histoire des actes est le seul &#171; produit &#187; cr&#233;&#233; &#8212; un r&#233;cit d'une vie compl&#232;te, directe et coh&#233;rente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une lutte sans revendications est une gr&#232;ve au niveau du langage. En refusant la forme convenue du cahier de dol&#233;ances, le sens et la justification de l'action deviennent intrins&#232;ques &#224; sa pr&#233;sentation. Mais pas
comme imm&#233;diatement &#171; symbolique &#187; ou &#171; gestuelle &#187;, elle est plut&#244;t m&#233;di&#233;e par toutes les choses qui forment la vie ali&#233;n&#233;e : les marchandises, la propri&#233;t&#233;, la police, l'argent, le travail. La critique de la soci&#233;t&#233; existante devient non un simple cri lanc&#233; pour un monde meilleur
mais un rejet silencieux de l'int&#233;gralit&#233; de celui-ci, seulement perceptible par le mouvement coh&#233;sif et les rapports entre les actes de n&#233;gation pratique de toutes ces m&#233;diations dominantes qui constituent notre non-vie. Apr&#232;s qu'une bataille de la guerre sociale se soit &#233;loign&#233;e, seules les ruines qu'elle a laiss&#233; derri&#232;re elle peuvent nous en raconter l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le refus des revendications permet &#224; l'abstraction du capital de se r&#233;v&#233;ler, n'&#233;tant plus dissimul&#233;e par le mysticisme des jeux de mots, tels que &lt;i&gt;nous combattons pour le droit X du fait du besoin Y bas&#233; sur la condition Z&lt;/i&gt;. Cette structure ne remettra jamais en cause la base des &lt;i&gt;besoins&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;conditions&lt;/i&gt; eux-m&#234;mes. La lutte sans revendication n'est pas une lutte pour &lt;i&gt;n'importe quoi&lt;/i&gt;, elle est une posture, une position, un risque de devenir sujet de sa propre activit&#233; ; jusqu'alors, nous ne sommes rien que des objets du capital, &lt;i&gt;des choses&lt;/i&gt; que l'on fait passer du travail au vote, et &#224; la reproduction. Le capital s'incarne dans nos actions (travail, consommation, r&#233;p&#233;tition), et l'&#201;tat s'incarne dans nos mots (droits,
justice, libert&#233;). Refuser ces deux incarnations signifie d&#233;truire la forme de l'Homme dont le capital et l'&#201;tat ont besoin pour leur r&#233;alit&#233;, cette forme &#233;tant celle du prol&#233;tariat et du citoyen, du travailleur et de l'activiste, de l'entrepreneur et du po&#232;te. La compl&#232;te n&#233;gation de l'Homme &lt;i&gt;tel&lt;/i&gt; qu'il existe sous toutes les cat&#233;gories que lui accorde la soci&#233;t&#233; de classes est le but ultime du communisme, et cela ne peut &#234;tre revendiqu&#233;. Cela ne
peut qu'&#234;tre accompli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La revendication est un outil de l'auto-organisation. Elle unifie les individus s&#233;par&#233;s face &#224; un ennemi commun pour un bien commun. Elle est l'unification des exploit&#233;s fond&#233;e sur un &#233;nonc&#233; commun, &#171; nous voulons X &#187;. La revendication devient une auto-m&#233;diation, une autoconstitution des masses indiff&#233;renci&#233;es en une masse singuli&#232;re, un &lt;i&gt;sujet&lt;/i&gt; qui revendique. Les revendications, en d'autres termes, sont des processus de subjectivation. Les individus agissent en tant que classe, et dans cette
action en tant que classe ils deviennent sujets et plus simplement objets du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le probl&#232;me est que la classe de ceux qui sont exploit&#233;s par un syst&#232;me de domination commun est unifi&#233;e sur la base m&#234;me de cette domination, sur la base m&#234;me du rapport capitaliste. Toutes les apparences de notre vie fragment&#233;e sont coh&#233;rentes autour d'une essence unifi&#233;e &#8212; l'identit&#233; de l'exploit&#233; comme ouvrier, comme &#233;tudiant, comme opprim&#233;. Cette identit&#233; est b&#226;tie par la lutte, et devient la base d'une communaut&#233;. La communaut&#233; peut perdurer au-del&#224; de la lutte pour une revendication donn&#233;e, ou pas. La diff&#233;rence et la diversit&#233; de ceux qui vivent sous le capital ne sont pas en jeu, mais plut&#244;t l'essence sur laquelle ils sont unis. Si la lutte et la revendication unifient tout d'abord les gens qui ne sont pas unifi&#233;s, alors l'&#233;tape suivante est la destruction de la base de cette unit&#233; d'une fa&#231;on qui permette une nouvelle unit&#233; qui ne soit pas empoisonn&#233;e par la centralit&#233; du rapport capitaliste. En d'autres termes, on d&#233;truit ce que la revendication unifie, notre identit&#233; abstraite, l'unit&#233; d'une classe, l'unit&#233; d'une identit&#233;. &#171; Le processus de la r&#233;volution est celui de l'abolition de ce qui est auto-organisable. &#187; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='L'auto-organisation est le premier acte de la r&#233;volution, le reste (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]] Les conditions d'une unification r&#233;elle apparaitront par le d&#233;passement de cette forme n&#233;gative de communaut&#233;, une forme n&#233;e de la lutte revendicative, et amen&#233;e au-del&#224; de cette derni&#232;re par la lutte sans revendication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le communisme, ou anarchie, est l'abolition des rapports capitalistes dans la vie, par la rupture avec la rupture qui les r&#233;v&#232;le &#8212; cette seconde rupture est d&#233;termin&#233;e, une nouvelle configuration dont nous ne pouvons que parler en termes de potentialit&#233; : activit&#233; sans travail, vie sans valeur, gens sans choses, temps sans mesure, social sans soci&#233;t&#233;. &#171; Des luttes revendicatives &#224; la r&#233;volution, il ne peut y avoir que rupture, saut qualitatif,
mais cette rupture n'est pas un miracle. &#187; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;] C'est une revendication sur nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Ville situ&#233;e dans le comt&#233; de San Bernardino, dans l'&#233;tat de Californie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] mander, par exemple, provient aussi de &lt;i&gt;mandare&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Contribution &#224; la critique de La philosophie du droit de Hegel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &#201;meutes de New York suite &#224; l'adoption de nouvelles lois de conscription pendant la guerre de S&#233;cession.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] La Pinkerton National Detective Agency dont les agents sont g&#233;n&#233;ralement appel&#233;s simplement Pinkertons, fut une agence am&#233;ricaine priv&#233;e de d&#233;tectives et de s&#233;curit&#233; cr&#233;&#233; par Allan Pinkerton en 1850 &#8212; briseurs de gr&#232;ves.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Le 19 mars 1935, les mouvements activistes noirs d&#233;clench&#232;rent des &#233;meutes qui firent 4 morts et de lourds d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Suite &#224; la mort de Martin Luther King.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Jim Crow est un surnom donn&#233; aux lois de s&#233;gr&#233;gation raciale, commun&#233;ment d&#233;sign&#233;es comme &#171; lois Jim Crow &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &#192; l'exception de l'&#233;meute de D&#233;troit des 20-22 juin, la derni&#232;re des &#233;meutes Jim Crow &#171; classiques &#187;, pour laquelle ce furent principalement des blancs qui attaqu&#232;rent les noirs (en tuant 25) et des noirs se d&#233;fendant (tuant 9 blancs).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Reserve Officers and Training Corps, centres de recrutement notamment pr&#233;sents sur les campus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] City College of New York.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Le Youth International Party (YIP) &#233;tait un parti politique antiautoritaire cr&#233;&#233; aux &#201;tats-Unis en 1967.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] Nous mettons &#171; &#233;meutes raciales &#187; entre guillemets parce que chaque &#233;meute raciale est une &#233;meute de classe, et nous les nommons seulement &#171; &#233;meutes raciales &#187; pour les distinguer des premi&#232;res &#233;meutes de classe du si&#232;cle. Pour une analyse concr&#232;te d'une pr&#233;tendue &#171; &#233;meute raciale &#187;, voir, le cas &#233;ch&#233;ant, l'article &#171; &lt;i&gt;Los Angeles 1992 : le contexte d'un soul&#232;vement prol&#233;tarien&lt;/i&gt; &#187; dans le premier num&#233;ro d'&lt;i&gt;Aufheben&lt;/i&gt; [une traduction fran&#231;aise est disponible en ligne].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] Par exemple, le 1er d&#233;cembre 1906, 250 hommes masqu&#233;s d&#233;boul&#232;rent dans Princeton, au Kentucky, occup&#232;rent la ville pendant deux heures et dynamit&#232;rent deux usines appartenant au Tobacco Trust, d&#233;truisant 180 tonnes de tabac.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Battle of Running Bulls&lt;/i&gt; : r&#233;f&#233;rence aux deux batailles de Bull Run ; la premi&#232;re bataille de Bull Run fut le premier affrontement majeur de la guerre de S&#233;cession.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] Une vari&#233;t&#233; des lieux de restauration am&#233;ricains : restaurant de petite taille servant principalement au comptoir. Le mouvement des droits civiques organisa des &#171; occupations &#187; de nombreux lunch counters, dans les &#233;tats du sud, o&#249; les noirs allaient s'asseoir dans la partie r&#233;serv&#233;e aux blancs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] un parti mao&#239;ste am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;L'auto-organisation est le premier acte de la r&#233;volution, le reste s'effectue contre elle&lt;/i&gt;, Th&#233;orie Communiste [Brochure billingue&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] Ibid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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