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		<title>Carnaval, la f&#234;te qui retourne tout</title>
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		<dc:date>2010-02-08T18:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadarlana</dc:creator>


		<dc:subject>Art, Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Nadarlana (Montpellier)</dc:subject>

		<description>Cette brochure contient plusieurs textes dans deux grandes parties, l'une raconte les origines pa&#239;ennes du Carnaval et son histoire du Moyen-&#226;ge &#224; nos jours, l'autre parle du Carnaval &#224; Montpellier.

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;IMG/arton776.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;251&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff776.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/IMG/arton776.jpg'&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
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&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1e partie : Histoire du Carnaval&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi loin que l'on se projette, il semble que les hommes aient eu besoin de se d&#233;fouler, de briser l'ordre quotidien r&#233;guli&#232;rement. Le Carnaval n'est qu'une expression r&#233;cente, li&#233;e au christianisme, de pratiques beaucoup plus anciennes. Les arch&#233;ologues ont ainsi retrouv&#233; des masques datant du pal&#233;olithique (- 15 000 / - 10 000 av. J.C.). Si on ne sait pas avec certitude quels usages les hommes en avaient &#224; cette &#233;poque-l&#224;, on sait par contre que toutes les civilisations antiques avaient des f&#234;tes orgiaques ritualisant le rythme des saisons et renversant les hi&#233;rarchies sociales. Les masques y &#233;taient pr&#233;sents, repr&#233;sentant des esprits pa&#239;ens que l'&#201;glise combattra avant de les convertir en saints ou en anges. Ainsi, l'&#201;glise a d&#233;tourn&#233; les anciennes f&#234;tes rituelles pour leur donner des significations chr&#233;tiennes. Elle n'a par contre jamais r&#233;ussi, malgr&#233; plusieurs tentatives, &#224; emp&#234;cher les d&#233;bordements blasph&#233;matoires du Carnaval. La Renaissance, l'av&#232;nement du capitalisme et de la soci&#233;t&#233; moderne li&#233;e &#224; la civilisation des m&#339;urs tentera elle aussi d'interdire et d'encadrer des pratiques carnavalesques o&#249; les personnes masqu&#233;es, en plus de blasph&#233;mer, font fi de la sacro-sainte propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Mais derri&#232;re les grandes parades publicitaires subventionn&#233;es, il reste partout dans le monde une r&#233;alit&#233; sociale et populaire d'un Carnaval contestataire toujours combattu et toujours renaissant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I - Les origines pa&#239;ennes des f&#234;tes chr&#233;tiennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#234;tres humains ont depuis toujours ritualis&#233; les changements de saison. Les solstices d'&#233;t&#233; (21 juin) et d'hiver (21 d&#233;cembre) marquent l'inversion du raccourcissement et de l'augmentation des jours. Les passages de l'&#233;t&#233; &#224; l'hiver et inversement sont &#233;galement pr&#233;textes &#224; grandes f&#234;tes rituelles. La dichotomie hiver/&#233;t&#233; est sublim&#233;e par celle entre la mort et la vie. De la th&#233;matique du passage de l'un &#224; l'autre on tire celle du renversement de toute chose. Ainsi, l'ordre quotidien est suspendu, tout ce qui n'est pas permis le reste du temps le devient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant le Carnaval tel qu'on le conna&#238;t, il y avait donc des f&#234;tes du m&#234;me type un peu partout. Les Sac&#233;es &#224; Babylone et les Saturnales &#224; Rome inversaient les r&#244;les entre les esclaves et leurs ma&#238;tres et un condamn&#233; &#224; mort devenait quelques jour roi (avec tous les avantages li&#233;s &#224; cette position), avant d'&#234;tre ex&#233;cut&#233; le dernier soir. A Rome, le culte de Janus avait fait du jour de l'an (qui se situait en mars) un jour de travestissement. Puis lors de la premi&#232;re pleine lune du printemps on vidait des coupes en proportion des ann&#233;es que l'on souhaitait encore vivre... La f&#234;te juive de Pourrim est c&#233;l&#233;br&#233;e pendant le mois d'Adar (qui tombe, selon la lune, en f&#233;vrier ou mars) permet elle aussi le d&#233;guisement, l'inversion des r&#244;les et la transgression des r&#232;gles. N'oublions pas le culte d'Isis en &#201;gypte, celui de Bacchus chez les Grecs, celui d'Odin en Scandinavie ou la tradition celte de la Samain, le 1er novembre, qui est &#224; l'origine de la Toussaint et d'Halloween.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le calendrier chr&#233;tien va s'inspirer de toutes ces f&#234;tes. La &#171; feste Toz Sainz &#187;, la f&#234;te de tous les Saints en ancien fran&#231;ais, correspond d'une part aux c&#233;r&#233;monies romaines instaur&#233;es par l'empereur Auguste en l'honneur de tous les dieux. D'autre part, le choix de la date vient donc de la Samain, f&#234;te celtique du nouvel an. Les coutumes pa&#239;ennes n'&#233;tant pas &#233;radiqu&#233;es, on institua au XIe si&#232;cle la f&#234;te des morts le 2 novembre. Le tout finit par fusionner dans la Toussaint qu'on conna&#238;t.
F&#234;ter les morts permettait d'entrer en contact avec eux. Ainsi, dans certaines r&#233;gions, on ouvrait le lit des d&#233;funts pour qu'ils s'y reposent quelques instants ou on leur pr&#233;parait un repas. La Samain (Samhuin) marquait le 1er jour de l'ann&#233;e celtique qui &#233;tait divis&#233;e en 2 cycles de 6 mois. La Samain se c&#233;l&#233;brait le 1er novembre mais les Celtes comptaient en nuits et non en jours, de sorte que la c&#233;l&#233;bration devait commencer le 31 octobre au soir. Elle marquait le d&#233;but du cycle hivernal, celui de la lutte entre les t&#233;n&#232;bres et la lumi&#232;re. En effet, l'hiver avait pour les soci&#233;t&#233;s paysannes traditionnelles un caract&#232;re ambigu et inqui&#233;tant (si le soleil ne revient pas), et &#233;tait une p&#233;riode d'inactivit&#233;. Bien s&#251;r des c&#233;l&#233;brations assez similaires existaient en &#201;gypte et au Mexique, au cours desquelles on c&#233;l&#233;brait la mort du soleil.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au cours de la nuit de la Samain, les Celtes suivaient un c&#233;r&#233;monial rigoureux afin de s'assurer de la bonne ann&#233;e &#224; venir. Les druides allumaient un feu sacr&#233; sur l'autel afin d'honorer Been, le dieu du soleil, pour l'inciter &#224; revenir. Ce feu servait aussi &#224; chasser les mauvais esprits. Ensuite, chaque famille recevait une braise de ce feu avec laquelle elle allumait un nouveau feu protecteur dans son &#226;tre, qui devrait br&#251;ler jusqu'&#224; l'automne suivant. La f&#234;te s'&#233;tendait sur plusieurs jours et des festins &#233;taient pr&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette f&#234;te a une fonction d'interm&#233;diaire entre les mondes humains et divins, ainsi que entre les vivants et les morts. Pendant cette nuit, les esprits des tr&#233;pass&#233;s pouvaient revenir dans leur demeure terrestre et les vivants essayaient de les accueillir au mieux. Par exemple, on leur laissait une place autour de la table ou pr&#232;s du feu&#8230; Les masques et les d&#233;guisements avaient pour fonction de faire peur aux esprits ou de les apaiser en leur ressemblant, voire de s'identifier &#224; eux afin de s'en prot&#233;ger. On voit donc bien d'o&#249; vient Halloween. De m&#234;me, la coutume des navets, raves ou citrouilles &#233;vid&#233;es avait pour but d'effrayer les esprits. Mais elle est aussi li&#233;e &#224; la l&#233;gende de Jack O'Lantern, un ivrogne et joueur de cartes qui aurait bern&#233; le diable, mais comme le Paradis ne voulu pas de lui, il fut condamn&#233; &#224; errer sur terre apr&#232;s sa mort. Jack obtint cependant une braise du diable, qu'il introduisit dans une citrouille &#233;vid&#233;e, afin de guider sa marche dans les t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;No&#235;l est une autre entreprise de r&#233;cup&#233;ration. F&#234;t&#233;e le 6 janvier, le 25 mars, le 10 avril ou le 29 mai, la naissance du Christ a &#233;t&#233; variable avant que ne s'impose le 25 d&#233;cembre. Cette date correspond &#224; peu de choses pr&#232;s au solstice d'hiver qui &#233;tait d&#233;j&#224; f&#234;t&#233; par des r&#233;jouissances accompagn&#233;es de sacrifices, au pied d'arbres consacr&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La date de l'&#233;piphanie, le 6 janvier, fut pour sa part choisie car on f&#234;tait &#224; cette date l'apparition de Dionysos, dieu des esclaves, des pauvres et des riches (il s'int&#233;resse &#224; la destin&#233;e de chacun). Lui aussi li&#233; aux saisons, il meurt avec le d&#233;clin de la v&#233;g&#233;tation, pour ressusciter avec la lumi&#232;re croissante. Dieu de la v&#233;g&#233;tation il est par extension dieu du vin et de la f&#233;condit&#233;. La tradition de la galette des rois n'est pas, &#224; l'origine, li&#233;e aux fameux rois mages. Il y avait d&#233;j&#224; cette coutume &#224; Rome : le prisonnier roi quelques jours avant d'&#234;tre ex&#233;cut&#233; &#233;tait s&#233;lectionn&#233;e par les gardes &#224; l'aide d'une f&#232;ve cach&#233;e &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Saint-Valentin quant &#224; elle est une reprise des rituels li&#233;s &#224; la f&#233;condit&#233; avant le printemps, saison des amours. Les Romains c&#233;l&#233;braient Lupercus (nom romain du dieu Pan), le dieu des troupeaux et des bergers, destructeur des loups, pr&#233;sidant aux bois et aux p&#226;turages. Les jeunes filles &#233;crivaient alors des mots doux qu'elles d&#233;posaient dans une grande urne. Chaque jeune homme prenait au hasard une de ces d&#233;clarations et courtisait celle qui en &#233;tait l'auteur. Les Luperques, v&#234;tus seulement des peaux des boucs sacrifi&#233;s, couraient &#224; travers la ville en frappant avec des lani&#232;res de peaux de boucs tous ceux qu'ils rencontraient notamment les femmes. Celles-ci ne cherchaient pas &#224; se soustraire aux coups, parce qu'elles croyaient que cela favorisait la grossesse. Ces Lupercales, assurant le d&#233;part d'une nouvelle ann&#233;e, symbolisaient l'intrusion du monde sauvage dans le monde civilis&#233;, celle du d&#233;sordre dans la vie r&#233;gl&#233;e, celle du monde des morts dans celui des vivants, th&#233;matique qu'on retrouve dans le Carnaval.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre pratique pa&#239;enne li&#233;e &#224; la fertilit&#233;, reprise par les chr&#233;tiens, est celle de la d&#233;coration des &#339;ufs. Des &#339;ufs d&#233;cor&#233;s datant de la pr&#233;histoire ont &#233;t&#233; retrouv&#233; en Ukraine et cela se faisait en &#201;gypte. P&#226;ques, symbole de la r&#233;surrection du Christ, est donc dans la continuit&#233; du symbole de (re)naissance. De plus, pendant le Car&#234;me, l'&#201;glise interdit, entre autres, la consommation des &#339;ufs. D&#232;s lors, on conservait les &#339;ufs jusqu'&#224; P&#226;ques, o&#249; on les offrait aux enfants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si P&#226;ques est la fin du Car&#234;me, Mardi-gras en est le d&#233;but, 40 jours avant. &#171; Carne Levare &#187;, Carnaval, et son apoth&#233;ose le Mardi Gras, &#233;taient, en f&#233;vrier, la p&#233;riode o&#249; l'on mangeait pour la derni&#232;re fois de la cuisine grasse, avant d'entrer en quarantaine, la &#171; quadragesima &#187;, mot qui a donn&#233; &#171; quaresimo &#187; puis &#171; car&#234;me &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Carnaval ne se limite pas, au d&#233;part, &#224; Mardi-gras. Il commence avec l'&#233;piphanie, d&#232;s le 6 janvier. Toutes les traditions pa&#239;ennes s'y retrouvent, li&#233;es au renouveau printanier. Carnaval repr&#233;sente le chaos primordial avant toute nouvelle cr&#233;ation. Le prisonnier, &#171; roi &#187; pendant quelques jours avant d'&#234;tre ex&#233;cut&#233; (dans les Sac&#233;es et Saturnales), est devenu un &#171; Caramentrant &#187; de paille et de bois, responsable de tous les maux, qui finit br&#251;l&#233;. Parfois c'&#233;tait un &#226;ne et pour ridiculiser l'&#201;glise on le rev&#234;tait des v&#234;tements &#233;piscopaux et on le faisait officier &#224; l'autel. Or, l'&#226;ne symbolise notamment &#171; satan &#187;, c'est-&#224;-dire l'inverse de l'ordre assur&#233; par l'&#201;glise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Carnaval a une filiation directe avec les saturnales romaines o&#249; les travaux cessaient, les tribunaux et les &#233;coles se fermaient, o&#249; il n'&#233;tait permis d'entreprendre aucune guerre, d'ex&#233;cuter aucun criminel, ni d'exercer d'autre art que celui de la cuisine. Chacun s'envoyait des pr&#233;sents et s'invitait mutuellement &#224; de somptueux repas. On donnait des spectacles, des combats de gladiateurs et on accordait la libert&#233; &#224; quelques prisonniers. Les esclaves rev&#234;tus de toges blanches orn&#233;es de pourpre prenaient la place de leurs ma&#238;tres ; ils pouvaient les plaisanter, leur dire tout ce qu'ils voulaient et m&#234;me se faire servir &#224; table par eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En tant que n&#233;gation du quotidien Carnaval permet d'outrepasser les r&#232;gles morales et sociales. Gr&#226;ce aux d&#233;guisements, aux masques, chacun peut oublier pour un temps la mis&#232;re, la maladie, la souffrance. Chacun peut changer de condition : les hommes se d&#233;guisent en femmes, les enfants s'octroient des droits d'adultes. La r&#233;serve qui r&#233;git habituellement les rapports sociaux dispara&#238;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;II - Carnaval au Moyen &#226;ge : Rapports conflictuels avec l'&#201;glise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cette &#233;poque, seuls les hommes pouvaient investir l'espace public ; ils &#233;taient les d&#233;positaires de la morale et des valeurs alors que les femmes &#233;taient seulement charg&#233;es de l'accueil dans les foyers. Cela change peu pendant le Carnaval. Certaines se risquent &#224; se masquer mais ne doivent pas &#234;tre rep&#233;r&#233;es. Mais cette discrimination n'est pas cat&#233;gorique puisque certains carnavals ont toujours poss&#233;d&#233; des soci&#233;t&#233;s mixtes, comme par exemple les Haguettes ou les Longs-nez de Malmedy, ou ont compens&#233; en offrant un jour de libert&#233; compl&#232;te r&#233;serv&#233;e aux femmes, comme le Jeudi des Femmes &#224; Eupen. On remarque aussi que certains carnavaliers miment la gestation, la mise au monde puis l'allaitement d'un b&#233;b&#233;. Il existe m&#234;me des r&#233;gions o&#249; le Carnaval est plac&#233; sous autorit&#233; f&#233;minine, celle des m&#232;res en l'occurrence. Dans ces r&#233;gions, elles s'habillent en homme et attaquent les m&#226;les en leur faisant sauter le chapeau, les arrosent, les maltraitent. A La Ch&#226;tre (Indre), les femmes du peuple s'assemblaient le Mardi Gras sur la grande place et y dansaient des rondes en chantant les couplets les plus obsc&#232;nes. Ailleurs, elles s'occupent d'un immense festin qui se termine par une bataille o&#249; l'on se jette les restes dessus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'origine du mot &#171; masque &#187; reste aussi myst&#233;rieuse que les visages qu'il cache. Il appara&#238;t en 643 et pourrait venir du latin (sorci&#232;re) ou de l'indoeurop&#233;en (filet dont on enveloppe les morts). Dans le sud de la Provence, les sorciers seront, jusqu'au XIX&#232;me si&#232;cle appel&#233;s des &#171; masques &#187;. Pour se d&#233;guiser, on se contente souvent au Moyen &#226;ge de se noircir le visage avec de la suie, de le dissimuler sous une &#233;toffe ou de porter ses v&#234;tements &#224; l'envers, coutures apparentes. Les premiers masques sont taill&#233;s dans la t&#234;te des porcs tu&#233;s &#224; No&#235;l (on se cache derri&#232;re la peau &#233;paisse et soyeuse ou le groin) ou dans une cagoule de peau de lapin. Les jeunes gens ainsi masqu&#233;s parcourent bruyamment les rues &#224; la nuit tomb&#233;e, chahutent les femmes, les filles et les avares. Ils &#233;voquent l&#224; encore d'une part les revenants et l'au-del&#224;, d'autre part la nature et le printemps qui va revenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les nuits de pleine lune ces bandes r&#244;dent, s'approchent doucement des maisons pour soudainement crier, lancer des cailloux sur les volets, la porte et le toit, jouer parfois du tambour, entrer dans les maisons et poursuivre les filles en qu&#234;te de baisers, puis se calmer et se taire, manger des cr&#234;pes et des beignets et boire sans jamais r&#233;v&#233;ler leurs visages. Parfois, ces exp&#233;ditions se font plus furtives afin de d&#233;rober un coq ou un cochon qu'on se partage au clair de lune.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette ambiance perdure alors jusqu'au soir de Mardi Gras, o&#249; l'autorit&#233; est ouvertement entre les mains des masques. Les avares et les moralistes sont les premi&#232;res cibles, oblig&#233;s d'offrir ripaille aux assaillants. Ceux qui travaillent ce jour-l&#224; sont attrap&#233;s, juch&#233;s sur un &#226;ne, promen&#233;s et oblig&#233;s de payer &#224; boire. On pouvait se masquer en plein jour, et le peuple usait largement d'un privil&#232;ge r&#233;serv&#233; longtemps aux seuls gentilshommes. Repas solide o&#249; figurent comme pi&#232;ce de r&#233;sistance une oie ou un dindon, comme accessoires oblig&#233;s les traditionnelles cr&#234;pes, larges beuveries, mascarades sillonnant les villes &#224; grands fracas, bals &#233;chevel&#233;s, cavalcades...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les vieilles femmes osaient &#224; peine quitter leurs maisons de peur des attrapes du mardi gras. On plaquait sur leurs manteaux noirs des empreintes de craie figurant des rats et des souris, on attachait &#224; leurs robes des torchons sales. Les th&#233;&#226;tres ont conserv&#233; longtemps la tradition de jouer les pi&#232;ces les plus licencieuses dans les derniers jours du carnaval, et la Com&#233;die-Fran&#231;aise elle-m&#234;me repr&#233;sentait le Don Japhet d'Arm&#233;nie, de Scarron.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Arr&#234;ts d'Amour (1540, plaidoyer XII) racontent que des troupes de personnes masqu&#233;es, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;en robes retourn&#233;es, barbouillez de farine ou charbon, faux visages de papier, portant argent &#224; la mode ancienne &lt;/i&gt; &#187;, accompagn&#233;es de musiciens et de valets tenant des flambeaux, se pr&#233;sentaient dans toutes les maisons o&#249; l'on donnait soir&#233;e, y entraient sans autorisation, faisaient danser les demoiselles, offraient des drag&#233;es aux dames et proposaient des d&#233;fis aux d&#233;s. De telles libert&#233;s choquaient fort les particuliers qui, n'osant pas r&#233;sister ouvertement, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;teignent leurs lumi&#232;res, r&#233;pondent qu'il n'y a personne, qu'on est couch&#233;, ou font sortir leurs femmes et leurs filles par l'huis de derri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces pr&#233;cautions n'&#233;vitaient pas toujours les injures, les querelles et les rixes. Les valets des masques profitaient du tumulte pour voler, d&#233;vorer toutes les provisions de l'office et d&#233;baucher les chambri&#232;res. Si bien que le parlement, assailli de plaintes, dut &#224; plusieurs reprises interdire la fabrication et la vente des masques. On se masquait encore pour jouer aux jeux de hasard. Le jeu &#233;tait d'ailleurs une des licences caract&#233;ristiques du Carnaval. Le jour de mardi gras, apr&#232;s l'audience du grand conseil, la cour elle-m&#234;me jouait aux d&#233;s sur le bureau du greffier en pr&#233;sence du public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lendemain du Mardi Gras, le mercredi des cendres, donnait lui aussi lieu &#224; de jolies sc&#232;nes, comme la &#171; descente de la Courtille &#187;, des masques revenant de Belleville le matin avec leurs d&#233;guisements ignoblement salis et d&#233;chir&#233;s, hurlant des obsc&#233;nit&#233;s. Jules Janin raconte que cela dure toute la matin&#233;e, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ceux qui passent insultent ceux qui regardent passer, les uns et les autres se disent mille injures.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'&#201;glise int&#232;gre le Carnaval &#224; sa liturgie, c'est parce qu'elle n'a pas pu l'interdire. Elle essaya r&#233;guli&#232;rement de r&#233;duire sa port&#233;e contestataire et ouvertement blasph&#233;matoire. Jusqu'au XVII&#232;me si&#232;cle, la p&#233;riode de Carnaval couvrait les quatre mois d'hiver. De nombreuse r&#233;glementations, tant eccl&#233;siastiques que la&#239;ques, tent&#232;rent d'endiguer les exc&#232;s caus&#233;s par ces bacchanales et finalement Carnaval fut r&#233;duit &#224; trois jours : dimanche, lundi, pour atteindre son apoth&#233;ose le mardi gras.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parfois ce sont les circonstances qui rapprochent de l'&#201;glise. Par exemple au Moyen &#226;ge &#224; Stavelot, les moines &#171; guindaillaient &#187; le jour de la Laetare en se m&#234;lant &#224; la population locale dans des r&#233;jouissances mi-sacr&#233;es mi-pa&#239;ennes. L'&#201;glise est ensuite intervenue pour interdire aux moines de quitter l'abbaye &#224; cette occasion. Il arrivait que l'on danse dans l'&#233;glise, que l'on chante la messe &#224; l'envers. Un pr&#234;tre d'Amiens d&#233;nonce, en 1182 : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dans certaines &#233;glises la coutume veut que les &#233;v&#234;ques et archev&#234;ques se d&#233;mettent par jeu de leurs attributs. Cette libert&#233; de d&#233;cembre &#8211; libertas decembricas &#8211; est analogue &#224; celle qui avait cours autrefois chez les pa&#239;ens, lorsque les bergers, devenus libres, se pla&#231;aient sur le m&#234;me plan que leurs ma&#238;tres et faisaient, apr&#232;s les moissons, la f&#234;te avec eux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y eut de tout temps une r&#233;pression envers Carnaval. Charlemagne tenta de bannir les mascarades de son empire. Il n'y r&#233;ussit pas et, pendant tout le Moyen &#226;ge, le Carnaval, adopt&#233; et prot&#233;g&#233; par l'&#201;glise, &#233;tala en plein jour ses fantaisies les plus grossi&#232;res et les plus monstrueuses. Le 9 mars 1399, Charles VI, rappelant d'autres ordonnances qui ont &#233;t&#233; perdues, d&#233;fendit &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;que nul ne portast faux visages, [...] aucun ne batist ou injuriant, ne feist batre ne injurier autres personnes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A partir du XVe si&#232;cle, les parlements commenc&#232;rent &#224; s&#233;vir ; mais la fr&#233;quence m&#234;me de leurs arr&#234;ts peut inspirer quelques doutes sur leur efficacit&#233;. Nous citerons les principaux. Le 14 d&#233;cembre 1509, le parlement de Paris d&#233;fend de faire et de vendre des masques, de porter des masques, de jouer au jeu de momon en masques ou avec d'autres d&#233;guisements, sous peine de prison et d'amende. Le 26 avril 1514, arr&#234;t&#233; portant que les masques et faux visages seront br&#251;l&#233;s en public, avec d&#233;fense d'en porter sous peine de confiscation. Les 26-27 novembre 1535, 9 mars 1539, 2-14 janvier 1562, 8 janvier 1575, 4 f&#233;vrier 1592, d&#233;fense d'aller en masques dans les rues de Paris avec des joueurs d'instruments, sous peine d'&#234;tre punis comme perturbateurs du repos public. Une ordonnance royale du 9 novembre 1720, et une ordonnance de police du 5 f&#233;vrier 1746, interdirent aux masques de porter des b&#226;tons et des &#233;p&#233;es ou d'en faire porter par les laquais. Des ordonnances de police du 6 d&#233;cembre 1737 et du 11 d&#233;cembre 1742, d&#233;fendirent aux jeunes gens et tapageurs de nuit d'entrer de force dans tous les lieux o&#249; il y a des bals et de la musique, de violenter les traiteurs, leurs femmes et enfants et d'obliger les violons &#224; jouer toute la nuit. Malgr&#233; tout Carnaval perdure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A Florence, le moine fondamentaliste Savonarole limite le Carnaval au seul jour du Mardi Gras, et instaure un grand b&#251;cher purifiant les &#171; vanit&#233;s &#187; : jeux de cartes, livres de musique profane ou de po&#233;sie, parfums, masques, costumes, peintures et sculptures qui ont &#233;t&#233; confisqu&#233;es chez les habitants... C'&#233;tait en 1497 et l'ann&#233;e suivante, c'est ce Savonarole qui finira sur le b&#251;cher...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A noter aussi que le Carnaval peut appuyer des r&#233;voltes politiques, par exemple &#224; l'&#233;poque de l'apparition du protestantisme. A B&#226;le, en 1529, Mardi Gras voit d&#233;ferler 300 personnes masqu&#233;es, conduites par le bourreau, qui envahissent la cath&#233;drale, brisent les statues et le grand crucifix en lan&#231;ant : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Si tu es un dieu, d&#233;fends-toi, mais si tu es un homme, saigne !&lt;/i&gt; &#187;. Ils attaquent &#233;galement l'H&#244;tel de ville o&#249; le Conseil d&#233;cide d'autoriser le culte protestant. Ces m&#234;mes protestants d&#233;cideront quelques ann&#233;es plus tard la suppression du Car&#234;me, en esp&#233;rant &#233;liminer avec lui les d&#233;bordements carnavalesques...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;III - Carnaval face &#224; la soci&#233;t&#233; marchande&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vient l'&#233;poque de la Renaissance, le th&#233;&#226;tre prend son essor moderne et s'approprie les masques. En Italie, Carnaval atteint une splendeur et un d&#233;veloppement exceptionnels. L'affluence d'&#233;trangers riches, &#224; Rome notamment, peut expliquer la tol&#233;rance s&#233;culaire de l'&#201;glise pour des divertissements profanes que d'aucuns, &#224; vrai dire, jugeaient assez d&#233;plac&#233;s dans une ville directement soumise &#224; l'autorit&#233; des papes. Ceux-ci d'ailleurs protest&#232;rent parfois contre des licences un peu trop vives, mais il ne para&#238;t pas qu'ils aient insist&#233; beaucoup en ce sens et plusieurs d'entre eux ont collabor&#233; aux magnificences de ces f&#234;tes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Carnaval de Venise fut encore plus c&#233;l&#232;bre et plus fr&#233;quent&#233; que celui de Rome, car il le d&#233;passait en licence et durait une partie de l'hiver. Des illuminations f&#233;eriques, des feux d'artifice, des gondoles illumin&#233;es circulant sur les canaux avec leur &#233;quipage de masques et de musiciens, le luxe des d&#233;guisements, l'affluence des belles courtisanes et surtout l'autorisation des jeux de hasard, tels &#233;taient les attraits puissants de ces f&#234;tes qui ont beaucoup p&#226;li quand Venise perdit son ind&#233;pendance politique. Plus encore que le d&#233;guisement, le masque est l'attribut essentiel du carnaval v&#233;nitien. Le port du masque &#233;tait si g&#233;n&#233;ralis&#233; qu'il fut interdit - en vain - dans les &#233;glises. Gr&#226;ce &#224; lui, et au d&#233;guisement, les barri&#232;res sociales &#233;taient abolies. L'humble devenait seigneur, le puissant bouffon. Hommes et femmes, jeunes et vieux, chacun pouvait s'abandonner &#224; ses pulsions, vivre ses fantasmes en toute impunit&#233;. La ville fusionnait, et ses autorit&#233;s laissaient faire, sachant fort bien que ce d&#233;sordre contribuait au maintien d'un ordre plus subtil. Plus qu'une simple f&#234;te, il devient un pr&#233;texte aux abus et &#224; la rencontre des diff&#233;rentes classes sociales. Les masques prennent toute leur importance, car ils permettent aux f&#234;tards de conserver leur anonymat. Cela est essentiel, surtout pour les nobles, qui malgr&#233; leur d&#233;bauche sont sujets aux r&#232;gles d'honneur et d'&#233;tiquette. Ils peuvent ainsi s'adonner aux plaisirs du jeu, de la boisson, et de l'amour sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise, interdira elle aussi le Carnaval &#224; partir de 1790. La Gazette Nationale &#233;crit, en 1792, que la municipalit&#233; a arr&#234;t&#233; : &#171; 1&#176; qu'il est d&#233;fendu de para&#238;tre travesti dans les rues ; 2&#176; que personne ne pourra donner de bal masqu&#233; public ; 3&#176; qu'on ne peut &#233;taler ou vendre des masques et habits de d&#233;guisement pass&#233; onze heures du soir ; 4&#176; que personne ne peut donner de bal public, sans en avoir obtenu l'autorisation de la police ; 5&#176; que ces bals ne peuvent se prolonger au-del&#224; de onze heures de nuit. &#187; (Gazette Nationale, ou Le Moniteur Universel, n&#176; 32, mercredi 1er f&#233;vrier 1792, Troisi&#232;me ann&#233;e de la Libert&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A partir de cette &#233;poque, la police a publi&#233; tous les ans au moment du carnaval une ordonnance con&#231;ue toujours &#224; peu pr&#232;s dans les m&#234;mes termes. On interdit &#224; tous les masques de se montrer sur la voie publique avec des armes ou b&#226;tons, de se masquer avant 10 heures du matin et apr&#232;s 6 heures du soir, de prendre des d&#233;guisements de nature &#224; troubler l'ordre public ou &#224; blesser la d&#233;cence et les m&#339;urs, de porter aucun insigne, aucun costume eccl&#233;siastique ou religieux, d'apostropher qui que ce soit par des invectives, des mots grossiers ou provocations injurieuses, de s'arr&#234;ter pour tenir des discours ind&#233;cents et provoquer les passants par gestes ou paroles contraires &#224; la morale, de jeter dans les maisons, dans les voitures et sur les personnes des objets ou substances pouvant causer des blessures, endommager ou salir les v&#234;tements, de promener ou br&#251;ler des mannequins dans les rues et places publiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a quelques variantes int&#233;ressantes. Entre 1801 et 1820, l'ordonnance de police d&#233;fend le port du masque dans les rues et lieux publics. De 1815 &#224; 1820, parmi les mascarades interdites figurent &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;celles qui rappelleraient les &#233;poques malheureuses de la R&#233;volution fran&#231;aise &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprend alors qu'en 1948, &#224; Paris, Carnaval se m&#234;le aux journ&#233;es r&#233;volutionnaires. Lorsque le d&#233;fil&#233; se pr&#233;sente devant le Minist&#232;re, la troupe tire et tue 16 personnes. Celles-ci sont alors dispos&#233;es sur une charrette pour une &#171; promenade des cadavres &#187; dans le sillage de laquelle s'&#233;l&#232;vent les barricades qui m&#232;neront les r&#233;volutionnaires vers la IIe R&#233;publique. Le pr&#233;sident &#233;lu, devenu trois ans plus tard l'empereur Napol&#233;on III, ne tol&#232;rera ensuite que le d&#233;fil&#233; de la corporation des bouchers, accompagn&#233; de quelques chars publicitaires. M&#234;me lorsque la IIIe R&#233;publique arrive, le Carnaval renaissant est tr&#232;s vite encadr&#233; par les festivit&#233;s offertes par de grands patrons. Carnaval prend alors le masque de la bienfaisance afin de faire des collectes qui autorisent des d&#233;fil&#233;s de plus en plus fastueux, les b&#233;n&#233;fices restant &#233;tant solennellement revers&#233;s &#224; des &#339;uvres de charit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au 20e si&#232;cle, Carnaval est de plus en plus spectaculaire, avec un roi qui varie au gr&#233; des modes et de l'actualit&#233;. En 1967, &#224; Nice, un tyrolien &#171; Roi des loisirs &#187; sera br&#251;l&#233; avant son heure par des &#171; anarchistes &#187; m&#233;contents. Carnaval devient une entreprise &#224; part enti&#232;re, employant des gens toute l'ann&#233;e. Le maquillage narcissique, beau, visant &#224; attirer les regards, tend &#224; remplacer le masque repoussant. De m&#234;me, la parade o&#249; l'on se montre se substitue au drame jou&#233; ensemble. Mais si la programmation officielle voudrait l'oublier, la tradition des hommes sauvages, des revenants, des gar&#231;ons enceints, des libert&#233;s amoureuses, de la verve critique et d&#233;nonciatrice demeure en souterrain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est pas question, ici, de se lamenter sur le degr&#233; de r&#233;cup&#233;ration que peuvent avoir les carnavals d'aujourd'hui. Je sais que la r&#233;pression n'emp&#234;chera jamais totalement les besoins de d&#233;foulement qu'ont les humains. Le Carnaval n'est qu'un rituel qui sert d'exutoire aux frustrations que l'on connait le reste de l'ann&#233;e. Plus le Carnaval est encadr&#233; et plus ce besoin d&#233;borde &#224; d'autres moments. Plus on canalisera &#233;troitement ce type de rituel, plus la chance est grande de voir ces pratiques se politiser. Car au-del&#224; du simple besoin de se d&#233;fouler une fois par an, la question est plus largement celle de la ma&#238;trise qu'on a de nos rituels. L'id&#233;e de f&#234;ter le renouveau du jour sur la nuit est plaisante. Ridiculiser publiquement le pouvoir le jour du Carnaval doit aussi nous amener &#224; le saper petit &#224; petit le reste du temps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon id&#233;e du Carnaval n'est pas focalis&#233;e sur les &#171; incidents &#187;, les &#171; affrontements &#187; ou la &#171; casse &#187;. Pour moi, ces d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels et les provocations contre la morale font partie de fa&#231;on normale de cet &#233;v&#232;nement qui pr&#244;ne un &#171; renversement &#187;, fut-il limit&#233; &#224; quelques heures par an.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'oublions pas que Carnaval c'est avant tout :
&lt;br /&gt;- les d&#233;guisements, les masques, l'anonymat g&#233;n&#233;ralis&#233;
&lt;br /&gt;- les maquillages repr&#233;sentant des personnages et des symboles &#171; renvers&#233;s &#187;
&lt;br /&gt;- les chars, symboles contre le pouvoir br&#251;l&#233;s &#224; la fin
&lt;br /&gt;- le don d'alcool, de bouffe voire d'autres drogues, sans argent
&lt;br /&gt;- les p&#233;tards, fumig&#232;nes et fus&#233;es
&lt;br /&gt;- la farine, les &#339;ufs, et autres projectiles salissants dans des batailles endiabl&#233;es o&#249; n'importe quel passant encravat&#233; peut se retrouver ridiculis&#233;
&lt;br /&gt;- la musique, battucadas et autres&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Carnaval est un renversement, alors Carnaval doit &#234;tre un moment de libert&#233;, un moment o&#249; ceux qui n'ont pas de pouvoir prennent le pouvoir, l'espace, la rue. L'id&#233;al &#233;tant qu'il ne se limite pas &#224; ce qu'il a beaucoup &#233;t&#233; : une soupape, un moment de libert&#233; pour une ann&#233;e de surveillance, de r&#233;signation. Carnaval doit plut&#244;t faire prendre go&#251;t &#224; la libert&#233;. Il a ce potentiel et c'est pourquoi le pouvoir a toujours cherch&#233; &#224; le limiter, le canaliser voire l'interdire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour terminer, voici ce que disait Harvey Cox, en 1971 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Comme pr&#233;vu, &#233;v&#234;ques et patrons n'en sont gu&#232;re heureux, mais en tout cas cela a lieu. Cette renaissance de la fantaisie et de la f&#234;te, qui commence, est un bon signe. Elle montre que notre &#233;poque red&#233;couvre peut-&#234;tre la valeur de deux composantes de la culture qui, toutes deux, &#233;taient jadis visibles dans la F&#234;te des Fous. La premi&#232;re est la f&#234;te en elle-m&#234;me, importante parce qu'elle remet le travail &#224; sa place. Elle sugg&#232;re que le travail, bien que r&#233;mun&#233;rateur, n'est pas la plus haute fin de la vie, mais doit contribuer &#224; l'accomplissement de la personne humaine. Nous avons besoin d'interrompre le travail &#224; date fixe pour nous souvenir que ce ne sont m&#234;me pas un produit national brut d'un montant astronomique et le plein emploi de tous qui peuvent apporter le salut. Les jours de f&#234;te, nous cessons de travailler et nous go&#251;tons ces gestes traditionnels et ces heures de franche gaiet&#233; sans lesquels une vie ne serait plus humaine. La f&#234;te, comme le jeu, la contemplation et l'amour, est une fin en soi. Ce n'est pas un moyen.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'autre importante composante culturelle de la F&#234;te des Fous est la fantaisie en tant que critique de la soci&#233;t&#233;. D&#233;masquer la vanit&#233; des puissants fait toujours para&#238;tre leur pouvoir moins irr&#233;sistible. C'est pourquoi les tyrans tremblent devant les bouffons, et les dictateurs interdisent les chansonniers. Bien qu'une occasion fix&#233;e pour le persiflage politique puisse &#234;tre exploit&#233;e par les puissants pour rendre la critique insignifiante, m&#234;me une telle occasion ne doit pas exister. Du point de vue de l'oppresseur, la satire risque toujours de lui &#233;chapper ou de donner des id&#233;es aux gens, aussi est-il pr&#233;f&#233;rable de ne pas du tout la tol&#233;rer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sources :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- Daniel Favre, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Carnaval ou la f&#234;te &#224; l'envers&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;- Harvey Cox, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La F&#234;te des fous&lt;/i&gt;, Seuil, 1971
&lt;br /&gt;- &lt;a href=&quot;http://www.carnaval-pantruche.org/&quot; class=&quot;spip_url spip_out&quot;&gt;http://www.carnaval-pantruche.org/&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;- et autres sources internet.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le plaisir :&lt;/strong&gt; Une protestation contre le Carnaval, en 1844 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i&gt;Le Carnaval&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis le commencement de notre publication, nous n'avons pas manqu&#233; chaque ann&#233;e de protester, au nom de la morale, contre ce qui se passe &#224; Paris dans ces jours de d&#233;vergondage et de profonde immoralit&#233; que l'on appelle le Carnaval. [...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut des hommes &#224; la France pour qu'elle soit toujours digne de son nom, pour qu'elle pr&#233;side encore aux destin&#233;es du monde, et que tous la qualifient, avec l'un de ses puissants chefs, de belle, d'h&#233;ro&#239;que, de grande nation. Ses enfants laborieux le savent, et ils n'iront pas s'amollir et se corrompre dans des f&#234;tes scandaleuses pour devenir semblables &#224; ces Romains d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s qui n'avaient plus la force de soulever une lance lorsque la barbarie est venue les envahir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au milieu du laisser-aller incroyable qui pr&#233;side &#224; ces jours &#224; la fois si abominables et si funestes ; encore jeunes et plein d'avenir, mais d&#233;j&#224;, pour la plupart, us&#233;s par la d&#233;bauche et glac&#233;s par l'&#233;go&#239;sme, il est, parmi les classes dites sup&#233;rieures, des hommes qui abjurent toute dignit&#233;, tout sentiment honn&#234;te, et font de l'orgie monstrueuse o&#249; ils se vautrent quelque chose de si ignoble et de si vil, de si bas et de si sale, qu'on ne trouve rien &#224; comparer, m&#234;me dans les derniers rangs des animaux. Oui, c'est &#224; cette jeunesse soi-disant d'&#233;lite, c'est &#224; ces fils de famille qu'il est donn&#233; de faire rena&#238;tre parmi nous tout un monde d'antiques turpitudes, et d'offrir en spectacle &#224; nos enfants l'effronterie des cyniques unie &#224; la lubricit&#233; des satyres. [...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un grand crime du Pouvoir que sa tol&#233;rance pour des exc&#232;s si pernicieux et si funestes ; si un mauvais g&#233;nie avait pour mission de d&#233;truire l'esp&#232;ce humaine, il nous semble qu'il ne choisirait pas d'autre voie. [...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ailleurs on est hautain, pr&#233;tentieux, poli avec ses &#233;gaux, d&#233;daigneux envers ses inf&#233;rieurs, l&#224; tout le monde se serre la main, s'embrasse, se tutoie : c'est l'&#233;galit&#233; dans toute sa latitude, mais c'est l'&#233;galit&#233; du vice. C'est l&#224; que l'homme abjure toute retenue, et la femme toute pudeur. Puis quand la bande est bien repue, quand les liqueurs spiritueuses fermentent dans ces cerveaux vides, alors le d&#233;sordre est &#224; son comble ; c'&#233;tait affreux, cela devient horrible : ce sont des hurlements prolong&#233;s, d&#233;lirants, fr&#233;n&#233;tiques, qui font que la piti&#233; vous serre le c&#339;ur quand on les entend de loin, et qui, de pr&#232;s, feraient croire &#224; une saturnale des d&#233;mons. [...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute femme qui quitte son m&#233;nage et qui insinue &#224; son &#233;poux de la conduire &#224; ces r&#233;unions avilissantes aura bient&#244;t besoin de lui fermer les yeux sur sa conduite. Quels attraits ces lieux peuvent-ils lui offrir ? Quelle &#226;me honn&#234;te et chaste n'&#233;prouve pas de r&#233;pulsion pour de telles horreurs ? Celle donc qui m&#233;conna&#238;t ainsi son devoir n'a plus droit &#224; aucune sorte de respect ni d'&#233;gard, car elle se fait, par induction, l'&#233;gale des prostitu&#233;es, dont elle envie les plaisirs obsc&#232;nes et la licence affreuse. [...].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Texte paru dans la revue &quot;L'Atelier, Organe des int&#233;r&#234;ts moraux et mat&#233;riels des ouvriers&quot;. &#171; Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger. &#187; Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233;, Unit&#233;. Mars 1844.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2e partie : Quand Carnaval retourne Montpellier...&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Petite histoire du Carnaval &#224; Montpellier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'histoire qui va suivre est extr&#234;mement incompl&#232;te. Elle se concentre surtout sur les trois derni&#232;res d&#233;cennies. Comment cela se passait-il au Moyen Age ? On ne peut qu'imaginer que le Carnaval ressemblait aux autres. Pr&#232;s de Montpellier, &#224; Cournonterral, la f&#234;te des Pailhasses reste encore aujourd'hui une tradition o&#249; la lie de vin se r&#233;pand partout dans le village, jusque dans les maisons ou les v&#233;hicules qui ne sont pas suffisamment ferm&#233;s. A part &#231;a on trouve de vieilles cartes postales du d&#233;but du XXe si&#232;cle repr&#233;sentant des chars du Carnaval &#224; Montpellier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Entre 1978 et 1989, il y avait &#233;galement un Carnaval organis&#233; par le Comit&#233; des f&#234;tes de la ville, avec des chars repr&#233;sentant les diff&#233;rentes corporations. Il y avait notamment un Bacchus vigneron promenant une fontaine &#224; vin. Yves Naquet raconte (Midi-Libre, 11-04-1987) que le comit&#233; des f&#234;tes avait d&#233;j&#224; tent&#233; de relancer un Carnaval en 1949. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;comme aucune subvention n'est allou&#233;e, nous organisons un loto monstre qui nous rapporte cinq millions de centimes de l'&#233;poque.&lt;/i&gt; &#187; Tous les bistrots de la ville avaient particip&#233; &#224; l'op&#233;ration et une cavalcade g&#233;ante comptant une vingtaine de chars avait eu lieu cette ann&#233;e-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l'exp&#233;rience reste isol&#233;e et ce n'est qu'en 1978, gr&#226;ce &#224; une subvention de la municipalit&#233; que ce d&#233;fil&#233; reprendra. Les archives de l'&#233;poque nous apprennent en outre qu'un &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;char collectif&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;festivit&#233;s parall&#232;les&lt;/i&gt; &#187; ont eu lieu. Initiatives impr&#233;vues qui &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;n'ont gu&#232;re fait l'unanimit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Le journaliste raconte : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons nous-m&#234;mes re&#231;u, en notre si&#232;ge, des coups de t&#233;l&#233;phone de Montpelli&#233;rains n'ayant gu&#232;re appr&#233;ci&#233; d'&#234;tre pris pour cible (sacs de farine, &#339;ufs pourris) alors qu'ils se rendaient fort gentiment au rendez-vous autoris&#233;.&lt;/i&gt; &#187; On trouve &#233;galement dans ce Midi-Libre du 25-02-1979, ce commentaire : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;surrection d'un Carnaval &#224; Montpellier est, &#224; coup s&#251;r, un &#233;l&#233;ment appr&#233;ciable pour l'animation et la vie de notre ville. Toutefois &quot;Midi-Libre&quot; tient &#224; pr&#233;ciser qu'il n'est pour rien dans l'affichage sauvage qui &quot;fleurit&quot; dans tous les coins de Montpellier. Ces affiches reprennent le graphisme de notre titre et le transformant en Midi Ivre constituent malheureusement une contrefa&#231;on flagrante.&lt;/i&gt; &#187; Le Carnaval souterrain en avait des id&#233;es !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la Cavalcade organis&#233;e se d&#233;roulait le week-end, il y avait aussi Mardi-Gras, qui rendait &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la place de l'&#339;uf toute blanche&lt;/i&gt; &#187;. Mais en cette ann&#233;e 1982, le journal relate que ce fut l'occasion d'&#233;chauffour&#233;es au Polygone. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;J'estime que c'est grave, commente M. Michel Badie, le directeur du centre commercial. On a vraiment fr&#244;l&#233; l'&#233;meute type mai 68. Les quatre portes d'entr&#233;e ont &#233;t&#233; bris&#233;es, trois membres du personnel l&#233;g&#232;rement bless&#233;s par des jets de bouteilles et de silex, des lances &#224; incendies coup&#233;es... Ce qui me surprend, ce sont les motivations : pourquoi, chaque ann&#233;e, le Polygone est-il vis&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; (24-02-82) On lui r&#233;pondra que si Carnaval est un renversement, il est normal que le temple de la consommation soit une cible...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On remarque d'ailleurs que Midi-Libre oscille selon les ann&#233;es entre l'indignation contre les d&#233;bordements et la d&#233;ception quand le Carnaval est trop sage. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pauvre Carnaval ! Pour lui, ce Mardi que l'on dit Gras, aura &#233;t&#233; bien maigre.&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s les d&#233;bordements de l'an dernier qui firent souffler la temp&#234;te du c&#244;t&#233; du Polygone, on l'a b&#226;illonn&#233;. Hier, il avait des allures de fant&#244;me d&#233;guis&#233; en otage.&lt;/i&gt; &#187; (16-02-83) En 1984 la cavalcade officielle se d&#233;roule sur deux dimanches, plus d'un mois apr&#232;s Mardi-Gras o&#249; &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;quelques hordes de jeunes macul&#233;s de farine ont envahi les art&#232;res principales de la cit&#233;.&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la plus grande pagaille, faisant pour certains l'&#233;cole buissonni&#232;re, les jeunes Montpelli&#233;rains ont tout de m&#234;me tenu &#224; demeurer fid&#232;les aux traditions citadines de leurs anc&#234;tres.&lt;/i&gt; &#187; (7-03-84) L'ann&#233;e suivante, le journal trouve Mardi-Gras &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;de plus en plus pacifique. On se souvient en effet que ces derni&#232;res ann&#233;es les bagarres de farine avaient parfois d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en v&#233;ritable pugilat et que quelques casseurs s'&#233;taient gliss&#233; dans la sarabande pour accomplir leurs basses &#339;uvres, casser des vitrines de magasins notamment.&lt;/i&gt; &#187; (20-02-85)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une pacification qui finit encore par d&#233;cevoir : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques centaines d'irr&#233;ductibles, charg&#233;s de l'in&#233;vitable petit sachet de farine ont donc &quot;d&#233;boul&#233;s&quot; hier apr&#232;s-midi sur la vaste place de l'Oeuf pour faire une dr&#244;le de bombe... glac&#233;e ! &#199;a p&#233;taradait dans tous les sens et en quelques instants l'endroit a rev&#234;tu un blanc manteau qui n'avait rien de tr&#232;s hivernal...&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montpellier &quot;la surcoinc&#233;e&quot;, faute de v&#233;ritables noceurs a tr&#232;s sagement pr&#233;f&#233;r&#233; reculer la c&#233;l&#233;bration officielle de Carnaval au 11 et 12 avril prochain... En attendant, peut-&#234;tre de f&#234;ter le r&#233;veillon du Nouvel An un 31 juillet... Il y a comme des traditions qui se perdent. Les jeunes excit&#233;s d'hier entendaient un peu le rappeler &#224; leur mani&#232;re. Allez les p'tits gars, encore un effort et on risque de red&#233;couvrir les vertus populaires de la f&#234;te. R&#233;volutionnaire, non ?&lt;/i&gt; &#187; (4-03-87) Or, le mois suivant, ces espoirs sont d&#233;&#231;us : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y a rien &#224; dire, le carnaval de Montpellier a tout pour plaire, mais il lui manque ce petit plus qui fait qu'une f&#234;te est r&#233;ellement une f&#234;te.&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le soleil &#233;tait l&#224; et le public aussi. Que voulez-vous de plus ? Peut-&#234;tre tout simplement que ce ne soit pas un spectacle passif, dans lequel seuls les m&#244;mes ont encore un brin de spontan&#233;it&#233;.&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cela &#233;tant, encore une fois, le carnaval de Montpellier est comme une poup&#233;e neuve qu'on sort de sa boite... Il est joli et bien propret. Mais allez y comprendre quelque chose les enfants lui pr&#233;f&#232;rent souvent le vieux nounours tout frip&#233;.&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Carnaval, a-t-on dit, chaque ann&#233;e renait de ses cendres. Peut-&#234;tre faudrait-il souffler un peu sur les braises pour qu'elles nous enflamment.&lt;/i&gt; &#187; (12-04-87)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faudra deux ans, car en 1988, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le carnaval se meurt, de sa belle mort, et le pav&#233; montpelli&#233;rain n'en a eu que des miettes hier. &#338;ufs et farine &#233;taient au menu du jour, d&#233;gust&#233;s presque exclusivement au pied des Trois Gr&#226;ces. Une petite poign&#233;e de lyc&#233;ens ont perp&#233;tu&#233; la tradition dans la franche rigolade.&lt;/i&gt; &#187; (17-02-88) Puis l'ann&#233;e suivante &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;certaines m&#232;res de famille ont d&#251; s'arracher les cheveux mardi soir au moment du retour &#224; la maison de leur prog&#233;niture. Imaginez des v&#234;tements, des cartables, et m&#234;me des chevelures, gluants d'une ind&#233;finissable mixture faite de farine, d'omelette et de cr&#232;me d'a&#233;rosol.&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Au moins ce Carnaval avait-il le m&#233;rite d'&#234;tre parfaitement spontan&#233; et inorganis&#233;, comme le veut son vrai pur esprit. Mais il eut l'inconv&#233;nient d'emporter dans la tourmente quelques simples passants, parfois &#226;g&#233;s, qui n'appr&#233;ciaient qu'&#224; moiti&#233;. Un instant, les arroseuses municipales pr&#233;tendirent remettre les lieux en &#233;tat. Elles contribu&#232;rent plut&#244;t &#224; transformer la dalle en patinoire, rajoutant ainsi &#224; la dr&#244;lerie.&lt;/i&gt; &#187; (9-02-89).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1990 marque un tournant. D'une part, les subventions allou&#233;es au Carnaval du Comit&#233; des F&#234;tes sont supprim&#233;es et lui avec. Deux jours apr&#232;s cette annonce, c'est Mardi-Gras et l&#224;, c'est &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le d&#233;rapage&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Place de la Com&#233;die, les bus ont &#233;t&#233; pris d'assaut par des jeunes gens arm&#233;s de sacs de farine, d'oeufs et de bombes &#224; eau. Ca n'a pas fait plaisir &#224; tout le monde... Des voyageurs exc&#233;d&#233;s, des chauffeurs ulc&#233;r&#233;s, des vitres bris&#233;es, des bus souill&#233;s, le carnaval des lyc&#233;ens a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/i&gt; (...) &quot;La municipalit&#233; n'a donn&#233; aucune autorisation pour que se d&#233;roule une telle manifestation&quot;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a expliqu&#233;, Fran&#231;ois Delacroix, le directeur de cabinet de Georges Fr&#234;che. Si la mairie de Montpellier&lt;/i&gt; &quot;condamne ces violences&quot;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;elle tient d'ailleurs &#224; pr&#233;ciser qu'elle a aussit&#244;t fait&lt;/i&gt; &quot;intervenir la police municipale sur les lieux de l'incident&quot;. &#187; (28-02-90) Rien d'extraordinaire, au vu des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes ne s'&#233;tait pass&#233; et pourtant, cette ann&#233;e-l&#224;, c'est l'emballement. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bernard Toulemonde, recteur de l'acad&#233;mie de Montpellier, a tenu, hier, &#224; pr&#233;senter ses excuses aux Montpelli&#233;rains.&lt;/i&gt; &quot;Mardi-Gras a de nouveau, cette ann&#233;e, donn&#233; lieu aux manifestations habituelles. Celles-ci sont acceptables tant que les chansons, les chahuts et les jets de farine demeurent dans les limites raisonnables. En revanche, il ne peut &#234;tre tol&#233;r&#233; que des &#233;l&#232;ves, parfois d&#233;bord&#233;s par des personnes beaucoup plus &#226;g&#233;es, se livrent &#224; des d&#233;pr&#233;dations &#8211; vitres bris&#233;es, portes enfonc&#233;es &#8211; ou menacent physiquement de jeunes &#233;l&#232;ves, des professeurs ou des passants.&quot; &#187; (1-03-90)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et l'ann&#233;e suivante, les &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;limites raisonnables &lt;/i&gt; &#187; des &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;manifestations habituelles&lt;/i&gt; &#187; sont fix&#233;es. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cette ann&#233;e, avant son d&#233;part pour Toulouse, le recteur avait mis les points sur les i. Les exc&#232;s de l'ann&#233;e pass&#233;e, il n'en veut plus, M. Toulemonde. Et pas davantage la mairie. Le premier a promis des sanctions aux &#233;l&#232;ves absents sans motif valable, ou porteurs de produits interdits ou dangereux.&lt;/i&gt; &quot;La f&#234;te ne peut porter atteinte aux biens ou aux personnes&quot;. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Georges Fr&#234;che a pris, lui, un arr&#234;t&#233; municipal, interdisant&lt;/i&gt; &quot;compte tenu des circonstances particuli&#232;res&quot; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;les jets de p&#233;tard, d'&#339;ufs et de farine.&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mettre la f&#234;te sous surveillance, voil&#224; qui pouvait choquer certains puristes de la liesse populaire.&lt;/i&gt; (...) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, il faut bien le dire, &#224; part quelques drilles pas vraiment joyeux, quelques irr&#233;ductibles qui n'avaient pas peur du ridicule, le mardi gras montpelli&#233;rain n'a m&#234;me pas eu hier le go&#251;t du fruit d&#233;fendu. &lt;/i&gt; &#187; (13-02-91) L'ann&#233;e suivante, rebelote. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Carnaval ou pas, silence dans les rangs ! Les chefs d'&#233;tablissements scolaires de Montpellier, d'un m&#234;me trait de plume, serrent la vis du Mardi Gras. Histoire de mettre un terme aux exc&#232;s d'&#339;ufs, p&#233;tards, farine et autres confettis que ces derni&#232;res ann&#233;es, les lyc&#233;ens en goguette faisaient pleuvoir sur les Montpelli&#233;rains qui n'en pouvaient plus.&lt;/i&gt; (...) &quot;Les &#233;l&#232;ves qui seront absents sans motif valable, qui seront porteurs de produits dangereux ou interdits ou qui auront un comportement de nature &#224; troubler les cours seront passibles de sanctions&quot;. &#187; (2-03-92)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils croyaient l'avoir tu&#233;, Carnaval est r&#233;apparu quelques ann&#233;es plus tard. En 1995, m&#234;me Midi-Libre s'enthousiasme pour &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le d&#233;lirant cirque ambulant du Carnaval des anarchistes. Une cohorte d'hurluberlus grim&#233;s et d&#233;guis&#233;s, qui parcourent les rues de la ville au son des tam-tam et de la fanfare, voil&#224; enfin un Mardi-Gras digne d'int&#233;r&#234;t &#224; Montpellier. Le rendez-vous de 16h au Peyrou, fix&#233; par les anarchistes, s'est donc poursuivi jusque tr&#232;s tard dans la nuit. En milieu de soir&#233;e, la place Candolle (devenue territoire anarchiste depuis quelques mois) s'est retrouv&#233;e noire de monde, entre cracheurs de feu et &#233;chassiers. Puis le d&#233;fil&#233; a fait &#233;tape devant la cath&#233;drale &#224; 23h avant de rejoindre le Peyrou, point de d&#233;part de ce Carnaval d&#233;brid&#233;. L&#224;, la grosse t&#234;te de Charles Pasqua a &#233;t&#233; enflamm&#233;e en un habile d&#233;tournement de la tradition. Une ronde autour des braises, quelques sauts au travers des flammes pour les plus t&#233;m&#233;raires... Jusque tard dans la nuit, le happening alternatif de 300 f&#234;tards s'est r&#233;v&#233;l&#233; totalement vivifiant. Vivement l'ann&#233;e prochaine.&lt;/i&gt; &#187; (2-03-1995)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et c'est ce Carnaval qui perdure encore aujourd'hui le jour de Mardi Gras. On peut donc laisser tomber la presse bourgeoise pour laisser la parole &#224; des t&#233;moins directs :&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Petite anthologie partisane du Carnaval de Montpellier&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;(texte trouv&#233; en 2004 dans une brochure distribu&#233;e par le Comit&#233; de soutien aux inculp&#233;s du carnaval)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait hasardeux et dangereux d'attribuer la paternit&#233; du Carnaval de Montpellier &#224; un groupe, une personne, une id&#233;e politicienne. Les pouvoirs publics et les m&#233;dias locaux s'en chargent r&#233;guli&#232;rement en se r&#233;pandant en inepties, pr&#233;jug&#233;s et m&#233;pris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce Karnaval fut, pour eux, tour &#224; tour celui des &#171; Zanarchistes &#187;, des &#171; Z&#233;tudiants &#187;, des &#171; Zartistes &#187;, des &#171; Zapatistes &#187; (et m&#234;me qu'une fois on y aurait vu Zorro !) mais aussi celui des squatters ou du populo. Et tout derni&#232;rement le &#171; Carnaval Alternatif &#187; s'affiche dans Midi Libre comme une sorte de reconnaissance d&#233;finitive d'un mouvement toujours indompt&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pour finir cette liste extravagante, le tribunal usera d'un incongru &#171; Carnaval des Gueux &#187; (D&#233;geu !).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux derni&#232;res appellations il est facile de r&#233;pondre que pour &#234;tre alternatif et des gueux il eu fallut qu'il exist&#226;t un autre carnaval et qu'il fut celui des Riches.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ce Karnaval est le Carnaval, point !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Laissons les poseurs d'&#233;tiquettes s'interroger encore longtemps sur un mouvement incontr&#244;l&#233;, &#231;a leur fera du papier &#224; remplir et des mensonges &#224; diffuser. Ils auront beau chercher des organisateurs, ils n'en trouveront pas, le Carnaval est &#224; celles et ceux qui le font, il n'a rien &#224; dire au Pouvoir et &#224; ses chiens de garde, il n'a qu'&#224; montrer sa pr&#233;sence, sa foule, sa capacit&#233; &#224; retourner l'espace public et &#224; renverser les valeurs. Pour une nuit, seulement h&#233;las ! Mais quelle nuit !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une nuit par an et ce depuis 1995, un rendez-vous est donn&#233; &#224; 19h au Peyrou le jour de Mardi Gras. Bien s&#251;r au d&#233;but existait un Kollectif Karnaval qui pendant 2 ou 3 ans se chargea de rassembler les bonnes et les mauvaises volont&#233;s pour r&#233;aliser et distribuer tracts et affiches, pour construire des chars, jouer de la samba, d&#233;clarer et d&#233;finir le parcours. Ce collectif avait comme objectif premier sa dissolution rapide et d&#233;finitive. En effet, quel sens aurait une f&#234;te qui se d&#233;clare libre, gratuite, inorganis&#233;e, incontr&#244;l&#233;e, subversive et populaire, si elle conservait &#224; sa t&#234;te quelques personnes, seraient-elles de la meilleure composition possible ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Carnaval peut-il avoir une t&#234;te ? NON, il faut la couper ! Mais comme l'Hydre, chaque ann&#233;e apparaissent de nouvelles t&#234;tes et tombent la suivante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le Carnaval de Montpellier est une id&#233;e, et comme toute id&#233;e, voire toute chose, elle appartient &#224; celles et ceux qui s'en servent.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors voyant que d'ann&#233;es en ann&#233;es la foule se rassemblait sans cesse plus nombreuse, d&#233;guis&#233;e, festive, accompagn&#233;e de chars massifs et ing&#233;nieux, le Kollectif Karnaval s'est dissous pour ne plus jamais se reformer et laisser Carnaval vivre ou mourir. Comme bon lui semble !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il semblerait justement que cette libert&#233; lui semble bonne et depuis 9 ans [aujourd'hui 15 ans], il n'a pas manqu&#233; un seul rendez-vous. Seules les traditions peuvent se targuer d'une telle long&#233;vit&#233;. Mais la tradition n'a rien de bon, c'est une image floue, consommatrice d'un pass&#233;, rien qu'un cadavre de souvenir. La tradition ne vit pas, elle ressuscite les morts. Karnaval c'est le contraire, c'est le jour o&#249; les valeurs sont invers&#233;es, o&#249; la f&#234;te est grat&#244;s, sans obligation d'achat, sans subvention et sans patron. C'est un mouvement joyeux fait de cris, de danses, de rires, de sons et de cr&#233;ativit&#233;. Rien &#224; voir avec la f&#234;te de la musique, les f&#233;rias et autres grandes messes populistes o&#249; l'argent, Ricard, Kronenbourg et Merguez Frites sont rois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Au Carnaval, le roi c'est toi, le roi c'est moi ! C'est Nous !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les chars ont &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s en bande, les costumes subtilement &#233;tudi&#233;s, toujours avec les moyens du bord, et ils sont multiples &#224; qui se sert plus de son imagination que de son porte-monnaie. Seul le rendez-vous est toujours le m&#234;me et c'est parti !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;FA&#207; TIRAR MARIUS !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Tout doit circuler, sans papiers !&lt;/strong&gt; L'alcool, les chars, les gens, les enfants, les vieux. L'argent lui n'a rien &#224; faire l&#224;. Les seuls &#233;changes sont les paroles, les sourires, les bouteilles, les baisers, les bras pour porter les f&#234;tards ext&#233;nu&#233;s, pour pousser les chars des autres, les corps et les cris pour soutenir les Batucadas... &#199;a ce sont des &#233;changes. Le reste de l'ann&#233;e est l&#224; pour nous rappeler que tout se vend, que tout s'ach&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, ces derni&#232;res ann&#233;es, m&#234;me si la foule occupait toujours plus nombreuse la place publique, il y a de moins en moins de chars, de d&#233;guisements, de bars gratuits. Carnaval oublie peu &#224; peu de se lib&#233;rer et se prend pour une tradition. Comme s'il pouvait d&#233;sormais se pointer avec pour seul apanage son nom, port&#233; comme un titre de noblesse. Carnaval vient aujourd'hui, majoritairement, d&#233;guis&#233; en &#233;tudiant, en marchand, en d'jeun's, en flic, en flic d&#233;guis&#233; en &#233;tudiant (et vice-versa) pour voir ceux qui, en nombre restreint, comme des b&#234;tes curieuses, distribuent sambas, verres gratuits et &#233;nergies subversives. Karnaval se regarde passer comme &#224; Nice (&#224; quand les barri&#232;res de s&#233;curit&#233; ?), se consomme comme un litre de 51, et ne sait m&#234;me plus pourquoi il est bourr&#233;. La tradition gagne du terrain, Carnaval ferait-il la f&#234;te par habitude comme on joue au Loto et regarde la t&#233;l&#233; ? N'a-t-il plus rien &#224; d&#233;fendre qu'une exception culturelle, une particularit&#233; minoritaire ? C'est triste de voir Karnaval encadr&#233; par la police, surveill&#233; de si pr&#232;s. Pourtant si inoffensif !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Carnaval devient un jour comme les autres, un soir tranquille, p&#233;p&#232;re, o&#249; le badeau profite du spectacle en toute s&#233;curit&#233; au lieu de s'inscrire dans cette r&#233;appropriation de la rue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cette ann&#233;e 2004 fut l'apoth&#233;ose de cette apathie g&#233;n&#233;ralis&#233;e o&#249; la confusion des id&#233;es et l'absence de pens&#233;e et d'investissement de Karnaval se r&#233;v&#233;la symptomatique d'une soci&#233;t&#233; malade parce qu'incapable de se prendre en main hors du contr&#244;le policier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, cette ann&#233;e arriva ce que beaucoup attendaient. Depuis trop longtemps peut-&#234;tre ! Le &#171; d&#233;rapage &#187; de Carnaval, comme se plaisent &#224; dire les observateurs &#171; objectifs &#187; ! Une vitrine a c&#233;d&#233;e sous des coups de pieds enrag&#233;s et s'en est suivie une intervention muscl&#233;e de la police et un d&#233;but d'affrontement entre carnavaliers et forces de l'ordre. Affrontement fait de jets de canettes et d'insultes d'une part, de coups de tonfa, de lacrymos et de terreur automobile de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-il n&#233;cessaire de savoir : C&#233;kikakomenc&#233; ? Et C&#233;kikakac&#233;lavitrine ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui voyaient en Karnaval une force subversive et s&#233;ditieuse appr&#233;cieront le geste, m&#234;me symbolique, mais auront manqu&#233; de discernement quand &#224; la port&#233;e de celui-ci dans un tel contexte : une rue commer&#231;ante ultra-fliqu&#233;e, vid&#233;o-surveill&#233;e, envahie par une foule plus pr&#233;occup&#233;e d'entretenir son taux d'alcool&#233;mie que le feu de la r&#233;volte.
Ceux qui voyaient en Carnaval un &#233;l&#233;ment de trouble &#224; l'ordre public, une manifestation hors-la-loi, appr&#233;cieront aussi le geste, occasion r&#234;v&#233;e de porter atteinte au Carnaval. Et eux aussi manqueront de discernement. Il est vrai que dans les nuages de lacrymos il est difficile de discerner qui est un &#171; m&#233;chant &#187; ou un &#171; gentil &#187;. Alors pas de d&#233;tail, on arr&#234;te qui se trouve sur place et on triera plus tard !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les 6 arrestations et les jugements qui s'en suivront montreront combien tout &#231;a ne fut qu'une tentative de r&#233;pression avort&#233;e d'une occupation de rue libre et sans autorisation. En punir un pour en effrayer ou dissuader cent. Et au milieu de tout &#231;a, quelques &#171; bons citoyens &#187; qui tout en se faisant gazer et frapper par les flics leur d&#233;noncent quelques &#171; troubles-f&#234;te &#187; parce que &#171; quand m&#234;me on est venu pour faire la f&#234;te &#187; et que &#171; casser des vitrines, c'est pas festif &#187; et que, c'est bien connu, &#171; la police est l&#224; pour qu'on s'amuse dans le calme &#187;. On croit r&#234;ver !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui aurait cru que cette f&#234;te populaire mais surtout libre et gratuite permettrait aux flics de s'y promener tranquillement et d'y agir impun&#233;ment avec la complicit&#233; de d&#233;lateurs ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme partout, le &#171; bon sens &#187; reprend ses droits m&#234;me au sein du Carnaval qui ne sera bient&#244;t plus qu'un spectacle, un bal &#224; papa pour jeunes qui croient manifester pour la libert&#233;. Rien que le d&#233;sir de libert&#233; les effraye, alors ils suivent et plut&#244;t que d'assumer enti&#232;rement cette f&#234;te, ils laissent (aident m&#234;me) l'argent, l'ordre &#224; remettre les choses &#224; l'endroit, dans le &#171; bon sens &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Si Karnaval n'est plus &#224; Montpellier ce qu'une trace de pneu est &#224; un slip blanc alors Karnaval doit mourir.&lt;/strong&gt; Il ne manquerait plus que Bov&#233; s'en m&#234;le pour que Karnaval devienne un SarKoval : on ach&#232;terait nos costumes chez Auchan avec maman, on boirait en accord avec les associations de commer&#231;ants (c'est pas tous des voleurs ! Y'en a des &#171; &#233;quitables &#187; !) et les chars seraient marqu&#233;s d'un M cher &#224; notre ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Syst&#233;matiquement Karnaval doit refuser ces intrusions du monde marchand et policier.&lt;/strong&gt; Ce n'est pas parce que ce mouvement vieillit qu'il doit oublier d'&#234;tre un enfant : libre, gratuit, inorganis&#233;, subversif et populaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; tous les sales m&#244;mes de se le dire !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que les autres aillent faire le Beaujolais Nouveau et continuent &#224; voter &#171; Rutile &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Guru khan (2004)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Carnaval 2004-2009...&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis cette ann&#233;e l&#224;, pas une fois le carnaval ne se d&#233;roula sans arrestation ni intervention polici&#232;re pour y mettre fin. Cependant, cela n'emp&#234;che pas les gens de revenir ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e. Il y a eu des arrestations pour tags, pour outrages, rebellions, violences sur agent, d&#233;gradations de biens publics ou priv&#233;s, mises en d&#233;grisement... Mais cela, souvent, en faisant porter le chapeau &#224; d'autres...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque la Mairie a d&#233;cid&#233; de mettre fin &#224; toute vie nocturne en dehors des lieux et des moments pr&#233;vus &#224; cet effet, cela s'est sold&#233; par des charges polici&#232;res &#224; 1h du matin p&#233;tante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors du Carnaval, les effectifs policiers se placent d&#233;sormais sur la place Candolle qui &#233;tait auparavant le lieu d'arriv&#233;e du Carnaval o&#249; les chars &#233;taient br&#251;l&#233;s et qui f&#251;t en 2006-2007 le lieu d'une opposition quasi-quotidienne entre policiers et f&#234;tards (opposition qui s'est sold&#233;e par l'installation de cam&#233;ras et par un r&#233;am&#233;nagement de la place au profit des bars, avec la suppression de la moiti&#233; des bancs ; ainsi que par des arr&#234;t&#233;s municipaux interdisant les rassemblement, la consommation et la vente d'alcool en dehors des bars d&#232;s 22h... d&#232;s 15h le jour du Carnaval !).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La place Candolle n'&#233;tant pas fr&#233;quentable, le Carnaval tend &#224; se disperser dans tout le centre-ville, avec pour terminus de pr&#233;dilection pour br&#251;ler les chars les places St Anne et St Roch. La r&#233;pression est aveugle : en 2009, un flic en civil aurait &#233;t&#233; parmi les victimes de la charge polici&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le danger qui guette vraiment Carnaval est celui qui l'a menac&#233; tout au long de son existence multi-mill&#233;naire : celui de son encadrement, de sa normalisation. C'est ainsi que la Mairie ne se contente plus de la r&#233;pression pure. Elle accorde une autorisation &#224; une association culturelle, laquelle termine au plus t&#244;t le d&#233;fil&#233; sur la place de la Com&#233;die et invite ensuite les participants &#224; une &#171; after &#187; dans un bar musical.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A chaque fois, ce moment sur la place de la Com&#233;die est inqui&#233;tant, car outre les arrestations qui y surviennent parfois, plane le danger que tout s'arr&#234;te l&#224;. Mais cela n'est encore jamais arriv&#233;. On peut seulement regretter que le cort&#232;ge, lorsqu'il repart, d&#233;daigne les petites ruelles pour remonter sous l'&#339;il des cam&#233;ras dans la grande avenue centrale, qui fut pr&#233;cis&#233;ment trac&#233;e au 19e si&#232;cle pour aider la police dans sa gestion des troubles...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, Carnaval n'est pas mort, mais Carnaval semble toujours en danger. Est-ce que le besoin ancestral de renverser les valeurs ne se fait plus sentir ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Alors... que sera Carnaval 2010 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce qu'on va y aller pour regarder ou pour participer ?
Est-ce qu'on va se pr&#233;parer un peu plus que seulement acheter d'avance de l'alcool &#224; cause des interdictions faites aux &#233;piceries ?
Est-ce qu'on va r&#233;fl&#233;chir au d&#233;guisement qui surprendra tout le monde ?
Sommes-nous toujours capables de faire un char et/ou une batucada avec sa bande de potes ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Rendez-vous le 16 f&#233;vrier !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Plaidoyer pour que les mineurs du monde entier se reconnaissent dans les souffrances des caissi&#232;res de grand magasin</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article769</link>
		<guid isPermaLink="true">http://infokiosques.net/spip.php?article769</guid>
		<dc:date>2010-01-26T07:10:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif 1984</dc:creator>


		<dc:subject>Critiques du travail</dc:subject>
		<dc:subject>Zanzara ath&#233;e (Grenoble)</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce plaidoyer, publi&#233; initialement en 1996, veut s'attaquer aux mille et un m&#233;canismes qui sont le plus souvent mis en avant pour nous emp&#234;cher de nous reconna&#238;tre comme faisant partie d'une seule et m&#234;me classe sociale, nous qui travaillons pour (sur)vivre et qui sommes soumis-es &#224; ce titre, &#224; un m&#234;me d&#233;nominateur commun : l'exploitation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette v&#233;rit&#233; toute simple est aujourd'hui tout bonnement &#171; impronon&#231;able &#187; : on ne peut plus dire l'exploitation. L'&#233;voquer, c'est la plupart du temps voir son interlocuteur balayer la question d'un revers de main fatigu&#233;, en arguant de la &#171; complexe r&#233;alit&#233; &#187; pour finalement noyer le poisson de l'exploitation dans les eaux confusionnantes des &#171; diff&#233;rences culturelles &#187;, des &#171; conditions particuli&#232;res dans le tiers-monde &#187;, des soi-disant progr&#232;s dans les pays dits socialistes, de la charge plus ou moins lourde du labeur, ... toutes choses qui aboutissent &#224; d&#233;manteler la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts qui nous relie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique22" rel="directory"&gt;P&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot6" rel="tag"&gt;Critiques du travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot7" rel="tag"&gt;Zanzara ath&#233;e (Grenoble)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;IMG/arton769.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;443&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff769.png'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/IMG/arton769.png'&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; la premi&#232;re fois en 1996 par le Collectif 1984 de Bruxelles. Il constitue le prolongement d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qui fut mont&#233;e, par cette compagnie, &#224; l'occasion de la comm&#233;moration par l'Etat belge du cinquanti&#232;me anniversaire des accords belgo-italiens scellant l'importation massive, par la Belgique, d'une main-d'&#339;uvre italienne destin&#233;e &#224; assurer la production de charbon belge. C'est le fils d'un de ces mineurs qui est &#224; l'origine du d&#233;sir de r&#233;agir du Collectif 1984. En effet, voyant se profiler &#224; l'horizon ces comm&#233;morations o&#249; l'on allait construire du h&#233;ros, en f&#234;tant la beaut&#233; de l'effort et du sacrifice, le tout dans un halo de nostalgie hypocrite, il eut le sentiment que son p&#232;re allait mourir une deuxi&#232;me fois. Cette brochure marque donc, d'abord, le refus du mensonge qui veut habiller des habits clinquants du devoir accompli la pire des saloperies : l'exploitation de l'homme [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-1&quot; name=&quot;nh1-1&quot; id=&quot;nh1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Note de Zanzara ath&#233;e (NdZA) : dans le texte du Collectif 1984, il est (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] par l'homme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Exploit&#233;, voil&#224; un mot que l'on n'entend plus gu&#232;re. On y pr&#233;f&#232;re celui de privil&#233;gi&#233; pour parler de celui qui a un travail. Le passage &#224; la soci&#233;t&#233; post-industrielle a permis de faire ce petit nettoyage langagier. L'exploitation n'est encore &#233;voqu&#233;e, rarement, que lorsqu'il s'agit de d&#233;crire les conditions de travail particuli&#232;rement atroces qui ont cours dans certains pays du tiers-monde (le travail des enfants, par exemple). En fait, on ne serait en pr&#233;sence de l'exploitation que lorsqu'on ne sait quelle mesure aurait &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e sur une myst&#233;rieuse &#233;chelle de la souffrance. On nous signifie clairement que si subsistent, de part le monde, des zones d'exploitation, cette r&#233;alit&#233;, dans nos contr&#233;es, appartient &#224; notre pass&#233;. Ce qui nous incite &#224; accepter, d'autant plus volontiers, l'existence de ces centaines de millions d'&#171; exploit&#233;s labellis&#233;s &#187; comme une survivance archa&#239;que appel&#233;e &#224; dispara&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mensonge ! La tertiarisation du travail, la d&#233;mat&#233;rialisation de la production, ne changent rien au fait que nous devons consacrer une part cons&#233;quente de nos existences &#224; cette &#171; activit&#233; aux ordres &#187; qu'est le travail, et que cette m&#234;me existence s'articule totalement autour du fait d'exercer ou de ne pas exercer une telle activit&#233;. Certes, on parle, dans nos pays riches, de la fin du travail, mais ce que nous constatons, surtout, c'est la crise du salariat et du mod&#232;le classique de l'entreprise. Les exploiteurs s'aper&#231;oivent que l'exploitation peut se passer des murs de l'usine, de la hi&#233;rarchie (la personne physique du patron est, depuis longtemps, &#224; peine un souvenir), des horaires fixes [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-2&quot; name=&quot;nh1-2&quot; id=&quot;nh1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] &#171; Pour prendre le cas qui para&#238;t fort charmant &#224; certains analystes du (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]. Toutes choses qui semblaient d&#233;finir l'exploitation mais qui ne sont en fait que les moyens anciens qui permettaient sa mise en &#339;uvre. Ils inventent le &#171; travailleur-entrepreneur &#187;, chacun devient pourvoyeur autonome de services. Libre, donc, de se soumettre, encore et toujours, aux conditions &#233;conomiques et sociales existantes, qui le contraignent, finalement, &#224; &#234;tre son propre contrema&#238;tre. Qui plus est, ce nouveau travailleur, &#171; affranchi &#187;, se voit dans l'obligation de veiller au maintien de sa propre valeur sur le march&#233; du travail (formation permanente, auto-&#233;valuation, etc.), et &#224; s'assurer qu'il sera employ&#233; (prospection, relations publiques, etc.). Finalement, la fronti&#232;re entre le temps travaill&#233; et le temps non-travaill&#233; abolie, c'est la totalit&#233; de son temps qui est colonis&#233;e par le travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, pr&#233;sent&#233; comme ayant disparu, le prol&#233;tariat est partout [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-3&quot; name=&quot;nh1-3&quot; id=&quot;nh1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] &#171; Certains le d&#233;couvriront avec terreur, mais le prol&#233;tariat repr&#233;sente (...)' &gt;3&lt;/a&gt;], mais il a pris mille virages. C'est ce qu'ignore trop, dans sa volont&#233; d&#233;nonciatrice, le &#171; Plaidoyer pour que&#8230; &#187;. Il n'est pas si &#233;vident, comme cela y est &#233;crit, qu'il y ait &#171; moins de diff&#233;rences de situation et d'int&#233;r&#234;ts entre des exploit&#233;s du tiers-monde et des pays d&#233;velopp&#233;s qu'entre l'exploiteur et l'exploit&#233; de n'importe laquelle des r&#233;gions du monde &#187;. En effet, cette affirmation ignore le fait que, par exemple, de plus en plus de travailleurs soient int&#233;ress&#233;s aux b&#233;n&#233;fices de leurs entreprises, et que, dans le cadre de l'&#171; autonomisation &#187; du travailleur, &#233;voqu&#233;e plus haut, le prol&#233;taire soit appel&#233; &#224; en exploiter un autre, du nord ou du sud pour maintenir sa propre position. En outre, mettre par trop l'accent sur le fait que ce soient les int&#233;r&#234;ts partag&#233;s qui pousseraient les individus &#224; lutter, c'est croire que les individus sont agis par les circonstances (l'appartenance &#224; une classe sociale), et non pas qu'ils d&#233;cident d'entreprendre de les modifier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, le refus de l'exploitation ne peut se faire sur la seule mise en avant d'int&#233;r&#234;ts communs &#224; tous les prol&#233;taires, le monde actuel multipliant et opposant les situations particuli&#232;res, mais plut&#244;t sur la volont&#233; partag&#233;e par les individus de s'opposer &#224; l'exploitation, au nom du refus de l'organisation sociale et &#233;conomique existante et de la n&#233;cessit&#233; de construire une soci&#233;t&#233; juste. Ainsi, moi, ici et maintenant, dans ma situation particuli&#232;re de travailleur, je ne peux pas dire que j'ai, obligatoirement, les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts concrets que tel ou tel travailleur du nord ou du sud, mais cela ne m'emp&#234;che en rien d'agir pour que mes int&#233;r&#234;ts ne priment pas sur les siens, et pour que nous nous retrouvions dans le m&#234;me d&#233;sir d'en finir avec l'exploitation et le syst&#232;me &#233;conomique, social et politique qui l'organise.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Gen&#232;ve-Lausanne, le 2 juin 1998 (&#233;ditions EDAM)&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Plaidoyer pour que les mineurs du monde entier se reconnaissent dans les souffrances des caissi&#232;res de grand magasin&lt;/h3&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, tu vois, si je me coupe des bouts de doigts, c'est pour ne pas perdre la t&#234;te !... Tu vois, le danger, c'est la r&#233;signation. Le danger, c'est quand tu laisses le sort te tomber dessus comme les saisons d'une ann&#233;e. Tu vois, tu supportes et puis tu t'habitues et tu finis par trouver normal que la vie soit comme &#231;a. Ton cerveau se vide et dans la t&#234;te, t'as plus que de la polenta. Et moi, la polenta, je l'aime dans l'estomac, pas dans le cr&#226;ne !...&lt;/i&gt; &#187; (extrait de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rue des Italiens&lt;/i&gt; &#187; &#8211; G. Santocono).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme bon nombre de mineurs, celui qui t&#233;moigne ici de sa mutilation pr&#233;f&#233;rait perdre un doigt plut&#244;t que d'aller souffrir au fond. Ce cas pr&#233;cis se situe en 1948, dans la r&#233;gion du Centre en Belgique. Mais c'est le propre de tous ceux qui souffrent sous le joug du travail que de chercher par tous les moyens &#224; r&#233;sister &#224; l'abrutissement, et cette r&#233;sistance prend toutes sortes de formes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, rien de chang&#233; sous le soleil : voil&#224; comment Rita, une h&#244;tesse de l'air am&#233;ricaine, t&#233;moigne de sa lutte pour ne pas devenir folle face aux conditions de travail de plus en plus &#233;prouvantes de ce m&#233;tier, li&#233;es aux pressions exerc&#233;es par la direction pour que les h&#244;tesses assument de plus en plus de t&#226;ches au cours d'un m&#234;me vol. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quand je commence &#224; &#234;tre crev&#233;e pendant un vol, j'&#233;vite les passagers. Je n'entends pas, je regarde ailleurs, je m'&#233;loigne. J'appelle &#231;a &quot;se d&#233;filer sur le tas&quot;. Tout dans une compagnie a&#233;rienne est fond&#233; sur le travail sentimental : &#234;tre gentille quand on n'a pas envie de l'&#234;tre. Je fais tout ce que je peux pour pas devenir cingl&#233;e. Il ne suffit pas de rentrer chez soi et de ne plus parler boulot. J'ai besoin de faire quelque chose contre le r&#232;glement pour rester saine d'esprit.&lt;/i&gt; &#187; (Extrait de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;In the American workplace&lt;/i&gt; &#187; &#8211; Martin Sprouse, 1995).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on lutte pour &#233;chapper aux pressions de l'exploitation, l'&#233;poque ou le type de travail assum&#233; importe peu, on se sent partie prenante d'une communaut&#233;. Qu'on soit homme ou femme, blanc ou noir, belge ou italien, que le boulot soit plus ou moins dur, ces diff&#233;rences disparaissent car on r&#233;siste aux m&#234;mes peines, au m&#234;me ennui. Evidemment, si l'on part des conditions imm&#233;diates dans lesquelles se produit l'activit&#233;, chaque cas para&#238;t sp&#233;cifique, chaque situation particuli&#232;re. Le mineur est un homme, l'h&#244;tesse est une femme. L'un travaille au fond, l'autre en l'air. Les risques d'accident ne sont pas identiques. L'effort n'est pas le m&#234;me. Bref, tout les distingue. Et c'est ce qui est syst&#233;matiquement mis en exergue aujourd'hui : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;les particularit&#233;s, les &#233;l&#233;ments qui diff&#233;rencient les situations&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce plaidoyer veut s'attaquer aux mille et un m&#233;canismes qui sont le plus souvent mis en avant pour nous emp&#234;cher de nous reconna&#238;tre comme faisant partie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'une seule et m&#234;me classe sociale&lt;/i&gt;, nous qui travaillons pour (sur)vivre et qui sommes soumis &#224; ce titre, &#224; un m&#234;me d&#233;nominateur commun : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'exploitation&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette v&#233;rit&#233; toute simple est aujourd'hui tout bonnement &#171; impronon&#231;able &#187; : on ne peut plus &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dire&lt;/i&gt; l'exploitation. L'&#233;voquer, c'est la plupart du temps voir son interlocuteur balayer la question d'un revers de main fatigu&#233; : en arguant de la &#171; complexe r&#233;alit&#233; &#187; pour finalement noyer le poisson de l'exploitation dans les eaux confusionnantes des &#171; diff&#233;rences culturelles &#187;, des &#171; conditions particuli&#232;res dans le tiers-monde &#187;, des soi-disant progr&#232;s dans les pays dits socialistes, de la charge plus ou moins lourde du labeur, &#8230; toutes choses qui aboutissent &#224; d&#233;manteler la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts qui nous relie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Relier les anneaux de la cha&#238;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Partir de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ce qu'il y a de commun&lt;/i&gt;, c'est reconstituer la cha&#238;ne bris&#233;e par les particularit&#233;s. Suivre cette d&#233;marche conduit &#224; refuser d'exister comme un tas de maillons s&#233;par&#233;s, atomis&#233;s, charriant chacun un int&#233;r&#234;t sp&#233;cifique. Peut-&#234;tre alors pourrons-nous rattacher chaque maillon circonstanciel &#224; la grande cha&#238;ne organique que forme l'ensemble des exploit&#233;s de ce monde. Une cha&#238;ne de force pour briser les fils invisibles qui, partout dans le monde, lient le &#171; travailleur libre &#187; au salariat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi par exemple, il y a moins de diff&#233;rences de situation et d'int&#233;r&#234;ts entre des exploit&#233;s du tiers-monde et de pays d&#233;velopp&#233;s qu'entre l'exploiteur et l'exploit&#233; de n'importe laquelle de ces r&#233;gions du monde. Et il en va de m&#234;me pour les &#171; pays socialistes &#187;. Apr&#232;s plus de 75 ann&#233;es de mystification stalinienne, il appara&#238;t de plus en plus clairement aux yeux de tous que des pays tels la Russie ou la Chine n'ont jamais quitt&#233; le monde capitaliste, et que les mesures protectionnistes ou les nationalisations op&#233;r&#233;es dans ces r&#233;gions n'ont en rien rompu avec le capitalisme traditionnel. L&#224;-bas comme partout r&#233;gnait et r&#232;gne encore le travail salari&#233;, l'exploitation de l'homme par l'homme, l'argent, l'arm&#233;e, l'Etat, ...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cavanna &#233;voque avec ironie la mystification de la nationalisation des mines d&#233;cid&#233;e par les staliniens du Parti Communiste Fran&#231;ais dans le gouvernement d'apr&#232;s-guerre. En 1945 en effet, comme les capitalistes du monde entier, le PCF appelle &#224; arr&#234;ter les gr&#232;ves et &#224; travailler plus pour augmenter la production (et donc les profits) : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, plus question de gr&#232;ves, fallait produire &#224; tout va pour relever la France et l'industrie. Alors on a crach&#233; dans nos mains (&#8230;). Un sacr&#233; coup, oui ! En deux ans, &#224; force de sueur et d'ampoules, on avait d&#233;pass&#233; le niveau d'avant-guerre. Faut dire aussi que les mines avaient &#233;t&#233; enlev&#233;es aux compagnies pourries qui avaient collabor&#233; avec l'ennemi, et nationalis&#233;es. C'est &#231;a qui nous remontait le moral ! On &#233;tait les patrons, vous comprenez ? Qu'on croyait&#8230; Parce qu'en fait on nous avait couillonn&#233;s. Mais &#231;a on l'a su plus tard.&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les enfants de Germinal&lt;/i&gt; &#8211; Cavanna)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici aussi, comme en Russie, &#224; Cuba ou en Chine [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-4&quot; name=&quot;nh1-4&quot; id=&quot;nh1-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] NdZA : ou, aujourd&amp;#39;hui, dans certains pays sud-am&#233;ricains.' &gt;4&lt;/a&gt;], on a fait croire &#224; l'ouvrier que substituer un patron &#171; public &#187; &#224; un patron &#171; priv&#233; &#187; transformerait la nature de l'exploitation qu'il subissait, tout comme on faisait croire qu'il suffisait de peindre le capitalisme en rouge pour le supprimer. Voil&#224; une autre mani&#232;re de couper une partie des exploit&#233;s de la lutte g&#233;n&#233;rale de leurs fr&#232;res de mis&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe des milliers de semblables m&#233;canismes dont la fonction est d'occulter l'existence d'une m&#234;me communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts entre les &#171; prol&#233;taires du monde entier &#187;. Les uns disent qu'ici on est mieux, les autres affirment qu'ailleurs c'est pire. Du nord au sud et de l'est &#224; l'ouest, d'innombrables bonnes ou mauvaises intentions participent &#224; l'atomisation des maillons de la servitude. Et quand ces s&#233;parations ne prennent pas la g&#233;ographie pour base, c'est la sociologie ou le culturel qui s'en m&#234;lent : dans ces domaines, on dissocie le rural de l'urbain, l'ouvrier de l'employ&#233;, l'&#233;tudiant du travailleur, le Wallon du Flamand, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette petite balade dans le monde de la s&#233;paration s'affirme d&#233;finitivement comme une bataille tenace pour tenter de relier les fils &#233;pars et d&#233;faits d'une classe sociale qui a vu son unit&#233; bris&#233;e par autant de mystifications subies. Elle nous conduit tout naturellement chez les mineurs. Elle nous conduit au fond.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sous terre, seulement des prol&#233;taires &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, au fond de la mine, dans la peur d'un coup de grisou ou d'un &#233;boulement, toutes les s&#233;parations chant&#233;es par l'id&#233;ologie dominante s'effondrent. Ici, il n'y a plus de dieu, plus de patrie, plus de Belges ou d'immigr&#233;s, plus de &#171; Bataille du charbon &#187; ou de &#171; Plan quinquennal &#187;. Que cela soit en Chine, en Belgique, aux USA ou en Afrique du Sud, il n'y a plus qu'un tas d'hommes suant du charbon sous le joug des cadences impos&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici au fond de la mine, il n'y a plus qu'une et une seule classe sociale : le prol&#233;tariat [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-5&quot; name=&quot;nh1-5&quot; id=&quot;nh1-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Oui, on a bien lu, on parle des &#171; prol&#233;taires &#187;, ceux-l&#224; m&#234;me que le (...)' &gt;5&lt;/a&gt;]. La nationalit&#233; n'a pas d'importance pour les exploiteurs. Mais ce qui est clair aussi, c'est qu'il n'y a pas un seul bourgeois qui tient le marteau piqueur. Pas de confusion possible. Seul le prol&#233;tariat travaille et seule la bourgeoisie en tire profit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guerre r&#233;v&#232;le de fa&#231;on plus marquante encore cette distribution des r&#244;les. Quel que soit le capitaliste qui s'empare des mines, il n'y envoie que des ouvriers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1940, l'Etat allemand y enverra trimer les prisonniers russes. Lisez les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;prol&#233;taires&lt;/i&gt; russes, pas les officiers de l'Arm&#233;e Rouge, pas les bureaucrates, pas les gestionnaires de l'Etat. En 1945, l'Etat belge y envoie creuser les prisonniers allemands. Pas les dignitaires nazis, les hauts officiers SS, les ministres fascistes, les banquiers, non, les simples soldats. Prolo dans leur pays, prolo au front, prolo au fond de la mine. Et quand il faudra rel&#226;cher les prisonniers allemands et qu'une majorit&#233; de mineurs belges refuseront de retourner mourir pour du charbon, l'Etat belge d&#233;cr&#233;tera une &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mobilisation civile de toutes les personnes occup&#233;es dans les charbonnages depuis le 10 septembre 1944&lt;/i&gt; &#187; en pr&#233;cisant que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;les ex-mineurs qui se soustrairaient &#224; cette mobilisation civile seraient exclus du b&#233;n&#233;fice du ch&#244;mage mais aussi passibles d'une peine de prison de 8 jours &#224; un an et d'une amende de 26 000 &#224; 100 000 francs&#8230;&lt;/i&gt; &#187; (extrait de l'Arr&#234;t&#233;-loi paru dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Moniteur belge&lt;/i&gt; d'avril 1945 et cit&#233; dans &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'appel &#224; la main-d'&#339;uvre italienne...&lt;/i&gt; &#187; &#8211; Anne Morelli). Lib&#233;r&#233; de la guerre, l'ouvrier reste prisonnier du capitalisme. Enfin, quand il fut clair que malgr&#233; ces mesures, il n'y aurait jamais assez de Belges pour retourner au charbon, les Etats belge et italien sign&#232;rent les accords de juin 1946, qui pr&#233;cipitaient des dizaines de milliers de jeunes italiens dans le noir des profondeurs mini&#232;res. Des jeunes italiens sans travail, sans terre, sans argent, sans autre propri&#233;t&#233; que leurs bras. Des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;prol&#233;taires&lt;/i&gt;. Pas des hauts fonctionnaires du Minist&#232;re du Travail, pas des rentiers ou des gros commer&#231;ants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme on le voit, la recherche inalt&#233;rable du profit an&#233;antit toutes les consid&#233;rations id&#233;ologiques, politiques, nationalistes, ... Seule une certaine &#171; reconnaissance &#187; sociale subsiste qui voit les bourgeois, quelles que soient les guerres qu'ils se livrent, refuser d'envoyer leurs semblables souffrir sous les coups du labeur. Une confirmation du vieil adage qui veut que les loups se battent, mais ne se mangent pas entre eux. Les loups en surface, les rats sous la terre. Au fond. Au fond de l'exploitation...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car quel m&#233;tier impos&#233; &#224; l'homme a-t-il plus concentr&#233; l'inhumanit&#233; d'une soci&#233;t&#233; dont le seul souci est le profit ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quel autre m&#233;tier que celui de mineur de fond a-t-il &#224; ce point ni&#233; l'&#234;tre humain pour le soumettre aux exigences d&#233;lirantes de la rentabilit&#233; &#233;conomique ? Quel autre m&#233;tier a-t-il conduit l'homme &#224; ramper comme un rat plusieurs heures par jour dans des galeries noires, bruyantes et puantes, parfois &#233;troites de 30 centim&#232;tres ? Quel autre m&#233;tier a-t-il plac&#233; l'homme face &#224; une telle destruction de son propre corps ? Quel autre m&#233;tier a-t-il permis qu'un jour on justifie la transformation des organes de respiration de l'homme en v&#233;ritable chair &#224; charbon ? Quel m&#233;tier a-t-il autant humili&#233; l'homme, jusqu'&#224; le contraindre &#224; manger aux c&#244;t&#233;s de ses propres excr&#233;ments ? &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Au fond de la mine, pas de r&#233;fectoire ni de toilettes, pas de robinet d'eau pour enlever la poussi&#232;re de vos mains, ni de votre bouche, pas possible de rincer celle-ci&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;et ce n'est que quand les circonstances le permettent que l'on peut rapidement satisfaire ou apaiser ses besoins, sur les lieux m&#234;mes de votre travail au milieu des dangers et des salet&#233;s, devant bien souvent manger aussi &#224; cette m&#234;me place tout comme du b&#233;tail humain.&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La bataille du charbon&lt;/i&gt; &#8211; Alexandre Lambrix)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans oublier les morts. Ceux des grandes catastrophes, bien s&#251;r, une liste interminable. Mais ceux du quotidien aussi, morts un par un, et pour lesquels il n'y a pas le bruit des photographes de journaux &#224; sensation... On n'insistera pas ici sur l'horreur v&#233;cue par ces millions d'hommes de par le monde qui furent condamn&#233;s aux mines - comme on condamnait aux gal&#232;res - parce qu'il leur fallait survivre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Comment &#171; donner un sens &#187; &#224; ces souffrances et &#224; ces morts ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le capitalisme assurait aux mineurs qu'ils mouraient pour la patrie, qu'ils souffraient pour chauffer les familles sans charbon, qu'ils travaillaient pour eux-m&#234;mes ou pour le pays ou pour le &#171; socialisme &#187; puisque les mines &#233;taient nationalis&#233;es... La r&#233;alit&#233; une fois d&#233;maquill&#233;e de toutes ces mystifications, on constate que les mineurs sont morts pour le taux de profit, pour la comp&#233;titivit&#233; de l'entreprise, pour la hausse des actions de la F&#233;d&#233;char... et pour un salaire qui leur permettait &#224; peine de payer un loyer et nourrir une famille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le capitalisme ne &#171; donne &#187; pas de sens, il le &#171; chiffre &#187;. Il rel&#232;ve des taux de profit. Il quantifie des marchandises import&#233;es [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-6&quot; name=&quot;nh1-6&quot; id=&quot;nh1-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Sur un registre de la F&#233;d&#233;ration des Charbonnages, nous avons pu lire, (...)' &gt;6&lt;/a&gt;]. Il sp&#233;cule sur le futur de l'exploitation, mais pas sur le sort des mineurs. &#171; Chez ces gens-l&#224;, Monsieur, on ne vit pas, on compte ! &#187; [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-7&quot; name=&quot;nh1-7&quot; id=&quot;nh1-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Extrait de &#171; Ces gens-l&#224; &#187; de Jacques Brel.' &gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lendemain m&#234;me de la catastrophe de Marcinelle, qui avait laiss&#233; plus de 250 morts sur le carreau, un journaliste ne d&#233;clarait-il pas d&#233;j&#224; : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il manque trois mille ouvriers mineurs pour assurer une exploitation normale des entreprises houill&#232;res du bassin de Charleroi. O&#249; les trouver ? Il est douteux que ce soit d&#233;sormais en Italie. On parle de main-d'oeuvre portugaise et espagnole qui s'ajouterait aux travailleurs italiens et grecs install&#233;s chez nous.&lt;/i&gt; &#187; (Ajax &#8211; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soir &lt;/i&gt;du 11 ao&#251;t 1956)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est m&#234;me pas du cynisme, c'est la tragique r&#233;alit&#233; d'une soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re ax&#233;e sur le bien-&#234;tre des capitaux accumul&#233;s et non des hommes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mourir pour cela n'a d&#233;finitivement pas de sens : il faut chercher celui-ci ailleurs. Si le &#171; sens &#187; que propose l'exploitation ne convient pas, il faudra bien en d&#233;finir un par nous-m&#234;mes. Pour cela, il faut d'abord sortir de la mine, prendre de la perspective et oublier un instant tout ce qui caract&#233;rise &#171; imm&#233;diatement &#187; le mineur. Il faut qualifier les eaux communes dans lesquelles nagent le mineur italien ou le ch&#244;meur am&#233;ricain, la paysanne chinoise ou l'employ&#233; de banque za&#239;rois et d&#233;noncer l'existence universelle d'un monde qui suspend les vies &#224; un salaire. En retournant &#224; la mine apr&#232;s ce large d&#233;tour, on verra alors que ce n'est que dans la lutte pour qu'il n'y ait plus jamais de &#171; vies suspendues aux salaires &#187; que se trouve le sens &#224; donner aux souffrances des mineurs ou de toute autre cat&#233;gorie d'exploit&#233;s particuli&#232;rement attaqu&#233;e. Ouvrons donc cette large parenth&#232;se, quittons momentan&#233;ment les mineurs et changeons de niveau d'abstraction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Changer de niveau d'abstraction [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-8&quot; name=&quot;nh1-8&quot; id=&quot;nh1-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Un &#171; niveau d&amp;#39;abstraction &#187; peut se d&#233;finir comme un cadre (...)' &gt;8&lt;/a&gt;] &#187; pour expliquer la r&#233;alit&#233; est extr&#234;mement p&#233;nible aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un exemple. Les restructurations battent leur plein, la crise est plus profonde que jamais, les entreprises licencient &#224; tour de bras sur la plan&#232;te enti&#232;re... et l'on continue &#224; se tourner vers le ch&#244;meur pour lui demander les raisons de son refus de chercher du travail !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a quelques semaines encore, lors d'un d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233;, un pauvre bougre qui, depuis son licenciement, avait centr&#233; toute son existence sur la recherche d'emploi, clamait sa fiert&#233; d'avoir retrouv&#233; un travail. Il s'acharnait, d&#232;s lors, &#224; d&#233;montrer aux ch&#244;meurs du monde entier qu'ils &#233;taient seuls responsables de leur sort et qu'il constituait, lui, la preuve vivante des infinies possibilit&#233;s de r&#233;int&#233;gration existant dans le circuit du travail. Des tas de gens avaient beau lui d&#233;montrer qu'il &#233;tait impossible, en Belgique, de faire rentrer &#171; physiquement &#187; plus de 600 000 personnes sur un march&#233; domin&#233; par des entreprises qui licencient &#224; n'en plus finir, il s'obstinait &#224; reprendre son exp&#233;rience personnelle particuli&#232;re pour nier la r&#233;alit&#233; d'ensemble. Apr&#232;s tout, s'il faisait partie des quelques gouttes d'eau qui s'&#233;taient retrouv&#233;es dans la pipette, qu'est-ce qui pourrait bien emp&#234;cher le reste de la bouteille d'y entrer ?&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Quand le sage montre la Lune, l'idiot regarde le doigt. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, pour expliquer le ch&#244;mage, le sage a beau d&#233;noncer l'&#233;conomie capitaliste, le gouvernement continue &#224; montrer du doigt le ch&#244;meur et &#224; le sanctionner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A ce niveau, la question cesse bien &#233;videmment d'&#234;tre th&#233;orique, le probl&#232;me de l'Etat n'&#233;tant pas de &#171; comprendre &#187; rationnellement que la bonne ou mauvaise volont&#233; des individus est soumise &#224; la dictature globale de l'&#233;conomie et du march&#233;, mais bien de &#171; d&#233;fendre pratiquement &#187; le cadre g&#233;n&#233;ral dont il est produit et dans lequel s'exerce l'exploitation de l'homme par l'homme. Pour l'Etat, ce n'est donc plus un probl&#232;me de &#171; raisonnement &#187;, mais bien une question d'&#171; int&#233;r&#234;t &#187;. Ce qui dicte la r&#233;pression du ch&#244;meur, c'est le souci du d&#233;veloppement des entreprises repr&#233;sent&#233;es et d&#233;fendues par l'Etat, et non la bonne ou la mauvaise compr&#233;hension des lois du march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le salari&#233; par contre, saisir le bon niveau d'explication est litt&#233;ralement une question de vie ou de mort. S'il se persuade que la mis&#232;re &#224; laquelle il est soudain confront&#233; en &#233;tant licenci&#233; est le r&#233;sultat de sa propre incapacit&#233; &#224; trouver sa place dans le monde, il risque fort bien de se tromper d'ennemi. Ainsi, aux Etats-Unis, ces trois derni&#232;res ann&#233;es, 13 travailleurs de Caterpillar se sont suicid&#233;s du fait des menaces de licenciement que cette entreprise a fait peser sur eux. Ils n'avaient pourtant rien &#224; se reprocher. Leur seul tort &#233;tait d'avoir accumul&#233; des ann&#233;es d'anciennet&#233; et donc de b&#233;n&#233;ficier d'un salaire &#233;lev&#233;, ce qui nuisait aux int&#233;r&#234;ts de l'entreprise, soucieuse de les remplacer par de plus jeunes ouvriers pay&#233;s 30% moins cher.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cet exemple, si ces prol&#233;taires avaient pu recadrer leur situation ne fut-ce qu'au niveau de l'humanit&#233; et de la v&#233;nalit&#233; de ceux qui les exploitent, ils auraient certainement surv&#233;cu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Changer de niveau d'abstraction, c'est permettre au jeune docker de Lagos, au vieil ouvrier de Caterpillar, &#224; l'h&#244;tesse de l'air am&#233;ricaine ou au mineur fran&#231;ais &#171; nationalis&#233; &#187; d'&#233;lever leurs souffrances respectives sp&#233;cifiques au d&#233;sir commun d'exister comme des &#234;tres humains et non comme des marchandises.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En prenant un peu de hauteur, en refusant l'application imm&#233;diate donn&#233;e par les journaux et qu'on nous &#233;crase sur le nez : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;tu es ch&#244;meur, tu es mineur, tu es immigr&#233;, tu es femme, tu es manuel, tu es flamand, tu es intellectuel&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, nous nous rendons &#224; nouveau capables d'affirmer : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nous ne sommes ni ch&#244;meur, ni mineur, ni immigr&#233;, ni femme, ni manuel, ni flamand, ni intellectuel... nous sommes le prol&#233;tariat !&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-9&quot; name=&quot;nh1-9&quot; id=&quot;nh1-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] C&amp;#39;est ce qu&amp;#39;avaient r&#233;pondu, au cours de la Premi&#232;re guerre (...)' &gt;9&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour saisir l'universalit&#233; de nos conditions d'exploitation, il faut refuser de s'arr&#234;ter &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ce qui semble formellement&lt;/i&gt; et imm&#233;diatement diff&#233;rencier ces conditions, et crier bien fort &#224; tous ceux qui nient l'existence des classes sociales, que ce qui constitue le c&#339;ur commun de la r&#233;alit&#233; de tous les exploit&#233;s de la terre, c'est la d&#233;possession de toute propri&#233;t&#233; et l'obligation pour survivre de vendre sa force de travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vues sous cet angle, les diff&#233;rences de condition existant entre un mineur du si&#232;cle dernier [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-10&quot; name=&quot;nh1-10&quot; id=&quot;nh1-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] NdZA : comprendre &#171; au 19&#232;me si&#232;cle &#187;.' &gt;10&lt;/a&gt;] et nos actuelles caissi&#232;res de grand magasin dispara&#238;tront rapidement. Et ce sera une bonne chose. Parce que toutes ces particularit&#233;s sont mises si souvent en avant, qu'elles finissent par briser l'unit&#233; naturelle entre les prol&#233;taires du monde entier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Se vendre ou mourir : une r&#232;gle commune impos&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'occasion de la journ&#233;e des Droits de l'Enfant, un journaliste avait &#233;t&#233; invit&#233; &#224; BlaBla, l'&#233;mission pour enfants de la t&#233;l&#233;vision belge, et dialoguait avec la c&#233;l&#232;bre marionnette &#224; propos de l'&#233;cole :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; - Tu sais, Blabla, il y a des pays pauvres o&#249; les enfants n'ont m&#234;me pas d'&#233;cole !
&lt;br /&gt;- C'est vrai que nous on est riches, on vit dans un pays riche !
&lt;br /&gt;- Exactement. Et nos &#233;tudiants qui manifestent si r&#233;guli&#232;rement leur m&#233;contentement dans les rues feraient bien de s'en souvenir quand ils revendiquent de meilleures conditions pour leur enseignement !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mieux que de longs discours, cette conversation approximativement retransmise ici, donne toute la mesure de la fonction qu'assume, dans notre soci&#233;t&#233;, le discours sur les conditions diff&#233;rentes dans lesquelles se retrouvent les exploit&#233;s. Reproduisant jusqu'&#224; la caricature l'id&#233;ologie dominante concernant les diff&#233;rences particuli&#232;res entre le monde dit &#171; riche &#187; et le monde dit &#171; sous-d&#233;velopp&#233; &#187;, les protagonistes encouragent ici les &#233;tudiants &#224; se dire qu'ils sont riches et &#224; ne pas se plaindre de leur sort. Le tour est jou&#233;. L'&#233;tudiant va sortir de l'&#233;cole, sans travail parce qu'il n'y en a plus, sans droit imm&#233;diat aux allocations de ch&#244;mage, sans toit s'il part de chez ses parents... bref sans rien, et il s'entend dire qu'en tant que riche dans un pays riche, il ferait mieux de ne pas pleurer sur son sort, qu'il y a des endroits du monde o&#249; c'est pire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La fonction essentielle de tout cela est d'emp&#234;cher le prol&#233;taire en Belgique de se reconna&#238;tre dans le prol&#233;taire du dit tiers-monde. Et vice versa. Parce qu'&#224; Lagos ou &#224; Bogota, d'autres journalistes ou d'autres militants tiers-mondistes bien intentionn&#233;s compl&#233;teront l'histoire en pr&#233;tendant qu'il n'y a pas &#224; se solidariser avec ces masses de prolos embourgeois&#233;s d'Europe, poss&#233;dant caravane et t&#233;l&#233; [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-11&quot; name=&quot;nh1-11&quot; id=&quot;nh1-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Quel luxe pour tous ceux qui, de plus en plus nombreux en Europe, (...)' &gt;11&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui se met en place dans un tel m&#233;canisme d'explication de la r&#233;alit&#233; est d&#233;terminant dans la n&#233;gation de toute possibilit&#233; de se solidariser et de lutter ensemble contre ce qui nous d&#233;truit, ici et l&#224;-bas : l'exploitation capitaliste. Il ne s'agit pas de nier le fait qu'&#224; certains endroits de la plan&#232;te le capitalisme place des masses de prol&#233;taires dans une situation de mis&#232;re absolue qui ne leur laisse m&#234;me pas de quoi refaire leur force de travail, et qu'ils en meurent. Il s'agit de montrer que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;cette r&#233;alit&#233; r&#233;sulte directement des m&#234;mes lois&lt;/i&gt; d'un m&#234;me march&#233; mondial qui soumet, dans tous les pays du monde, la m&#234;me classe sociale &#224; la m&#234;me exigence pour survivre : vendre sa force de travail ou mourir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que les r&#233;gions o&#249; se sont concentr&#233;es la production et la richesse aient produit quelques m&#233;canismes qui permettent momentan&#233;ment d'&#233;viter que ne meurent directement ceux qui n'ont pas de propri&#233;t&#233; et pas de travail, ne remet en rien en question cette r&#233;alit&#233; fondamentale : le capitalisme est bas&#233; partout sur l'existence de masses d'hommes d&#233;poss&#233;d&#233;s de toute propri&#233;t&#233; (si ce n'est leur force de travail) et dont la survie d&#233;pend globalement du travail qu'ils ont ou non.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout comme pour les treize &#171; suicid&#233;s &#187; de Caterpillar, les conclusions d'une telle affirmation sont vitales parce que prendre conscience du fait que la m&#234;me cause capitaliste universelle produit partout la m&#234;me cons&#233;quence en terme d'exploitation permet non seulement de ne pas se tromper d'ennemi (ce n'est pas le &#171; blanc &#187; qui exploite le &#171; noir &#187; mais bien les patrons &#171; blancs &#187; et &#171; noirs &#187; qui exploitent les prol&#233;taires &#171; blancs &#187; et &#171; noirs &#187;) mais aussi et surtout d'envisager que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;seule une dimension internationale de remise en question du monde pourra changer cet &#233;tat de fait&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A contrario, si l'on part de certaines conditions d'exploitation locale, si l'on s'attarde sur l'ici et maintenant, non seulement on ne r&#233;sout ni l'ici ni le maintenant, mais en plus on participe, qu'on le veuille ou non, &#224; la mise en place d'une id&#233;ologie qui tire du &#171; particulier &#187; (nos fr&#232;res qui meurent de faim en Afrique) la justification pour ne pas agir sur le &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; (entamer, ici, une action pour remettre en cause les conditions mondiales d'exploitation de l'homme par l'homme).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On est conscient qu'en situant l'urgence d'une explication des contradictions de ce monde &#224; partir du point de vue le plus g&#233;n&#233;ral, on renvoie &#224; des perspectives tellement globales qu'elles semblent a priori quelque peu utopiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Utopie pour utopie...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, elles ne sont pas plus illusoires que l'utopie lib&#233;rale qui se borne &#224; attendre une reprise qui ne viendra pas ou un monde meilleur d&#233;coulant du respect des conditions des Accords de Maastricht. Utopie pour utopie, autant partir de ce qui nous semble seul porteur d'humanit&#233; et de d&#233;passement : l'appel &#224; l'unit&#233; de toutes celles et de tous ceux qui, par del&#224; les fronti&#232;res, n'ont pour futur que l'angoisse du lendemain et pour pr&#233;sent le r&#233;veil matin, cette premi&#232;re humiliation de la journ&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Renverser la cha&#238;ne des oppressions &#187;, ouvrir l'espace &#224; l'unit&#233;, c'est &#233;galement le combat que mena Augusto Boal, le cr&#233;ateur des techniques du &#171; Th&#233;&#226;tre de l'Opprim&#233; &#187;, lorsqu'il appelait l'ouvrier adulte, l'enfant immigr&#233;, la femme au foyer, et chaque maillon de la cha&#238;ne &#224; retourner sa r&#233;volte vers le haut, vers l'oppresseur &#171; sup&#233;rieur &#187;, vers l'exploiteur, disait-il, plut&#244;t que de se venger de ses malheurs sur plus faible que lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En plagiant Boal, on pourrait appeler &#224; renverser la cha&#238;ne des divisions particuli&#232;res op&#233;r&#233;es par la soci&#233;t&#233; pour cacher le fondamental. Car en partant de ce qu'il y a de sp&#233;cifique dans une partie du monde, puis dans une couleur de peau, puis dans un pays, puis dans une r&#233;gion, puis dans une ville, puis dans un quartier, puis dans une maison ou un couple, ... on se retrouve vite &#224; limiter sa lutte pour un monde meilleur &#224; son seul individu [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb1-12&quot; name=&quot;nh1-12&quot; id=&quot;nh1-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] Et m&#234;me au niveau de l&amp;#39;&#171; individu &#187;, ce qui subsiste comme &#171; (...)' &gt;12&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De l'ennui g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; l'aventure universelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le court d&#233;tour que nous avons effectu&#233; par le &#171; tiers-monde &#187; cherchait &#224; mettre en lumi&#232;re l'importance du refus de transformer en cloisons s&#233;paratrices les mille et une situations particuli&#232;res dans lesquelles s'exerce notre exploitation. Revenons maintenant aux mineurs. Nous cherchions &#224; donner un sens &#224; ce qu'ils ont endur&#233;, et nous avons vu que le capitalisme n'en est pas capable, que l'exploitation n'a pas de sens, si l'on part du point de vue de l'&#234;tre humain et non des besoins du Capital.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Changeons donc de cadre. Passons &#224; un autre niveau pour re-situer maintenant la souffrance des mineurs dans le cadre d'une m&#234;me classe sociale qui, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;aujourd'hui comme hier, au Nord comme au Sud ou &#224; l'Est et &#224; l'Ouest&lt;/i&gt;, cherche toujours d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; r&#233;sister &#224; cette m&#234;me pression capitaliste qui la contraint &#224; accepter n'importe quoi pour &#233;chapper &#224; la mis&#232;re. C'est &#224; ce niveau-ci, et &#224; ce niveau-ci seulement, que la m&#233;moire des innombrables prolos morts &#224; la mine trouve tout son sens. Elle trouve son sens dans la m&#233;moire vivante d'une classe qui revendique le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;caract&#232;re universel et commun&lt;/i&gt; de ses souffrances parce qu'elle cherche &#224; abolir &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;universellement&lt;/i&gt; l'exploitation. Elle trouve son sens dans le fait de rattacher les &#233;preuves du mineur &#224; celles de tous ceux qui, quels que soient leur sexe, la couleur de leur peau, leur nationalit&#233;, leur degr&#233; de souffrance, leur lieu de travail, sont &#224; la base de tout ce que cette soci&#233;t&#233; produit et en sont pourtant compl&#232;tement d&#233;poss&#233;d&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans la seule &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;n&#233;gation&lt;/i&gt; de ces conditions g&#233;n&#233;rales d'exploitation que r&#233;side la signification &#224; donner &#224; la m&#233;moire des mineurs. Un sens qui n'est pas de l'ordre des justifications, car rien ne justifiera jamais le ravalement de l'homme &#224; l'&#233;tat d'animal et moins encore &#224; celui d'une marchandise. Un sens qui est de l'ordre d'une direction, d'un combat, d'une attitude vivante et actuelle : relier le fil des souffrances pass&#233;es de la classe ouvri&#232;re &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;celles&lt;/i&gt; qu'elle endure actuellement, pour revendiquer dans l'unit&#233; l'abolition de tout esclavage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette d&#233;marche commence par affirmer que le mineur n'a pas endur&#233; la mine pour extraire du charbon, mais pour que des capitalistes puissent extraire une plus-value. Elle se poursuit par le rejet de toutes les id&#233;ologies, de droite comme de gauche, qui ont l&#233;gitim&#233; la soumission d'&#234;tres humains &#224; de telles conditions d'existence. Elle &#233;tend sa critique &#224; la critique de toute forme de situation qui permet &#224; des hommes de s'enrichir en exploitant d'autres &#234;tres humains. Elle se concr&#233;tise ici et aujourd'hui de fa&#231;on vivante, en re-situant la m&#233;moire des combats et des d&#233;faites des mineurs de l'apr&#232;s-guerre en Belgique dans le cadre de la lutte &#224; mener partout dans le monde, pour refuser la mis&#232;re et l'absence de perspective.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Camarade mineur, quand on nous explique aujourd'hui que c'est tellement mieux de travailler chez Caterpillar ou chez Delhaize, et que c'est incomparable &#224; ce que tu as souffert dans la mine, prends la parole, hausse le ton, et t&#233;moigne de ton refus de voir la gigantesque statue qu'ils t'&#233;rigent servir d'ombre &#224; tous ceux qui, comme toi hier, souffrent aujourd'hui d'&#234;tre contraints d'accepter n'importe quel boulot pour survivre ! Et quand pour s'excuser de t'y avoir envoy&#233;, les grands de ce monde vantent le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;courage&lt;/i&gt; que vous avez eu, toi et tes fr&#232;res, de descendre &#224; la mine, rappelle-leur donc avec v&#233;h&#233;mence que ce n'est pas le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;courage&lt;/i&gt;, mais la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mis&#232;re&lt;/i&gt; qui t'a jet&#233; dans ce trou profond et que c'est cette m&#234;me mis&#232;re qui contraint aujourd'hui ton fr&#232;re de classe, partout dans le monde, &#224; accepter de &#171; perdre sa vie &#224; la gagner &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui t'ont fait souffrir sont ceux qui glorifient aujourd'hui les souffrances que tu as endur&#233;es. Il faut d&#233;noncer ces id&#233;ologies qui magnifient les tourments des prol&#233;taires les plus d&#233;favoris&#233;s d'hier pour emp&#234;cher ceux d'aujourd'hui de se r&#233;volter contre leurs conditions d'exploitation. A l'encontre de tous ceux qui veulent t'enterrer en faisant de toi une relique d'un autre &#226;ge, alerte les hommes de notre temps et &#233;claire de toute l'actualit&#233; de ton exp&#233;rience le jusqu'au-boutisme dont le capitalisme est capable quand il s'agit d'exploiter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Camarade mineur, participe &#224; ce plaidoyer pour l'affirmation d'une seule et m&#234;me r&#233;ponse humaine &#224; l'inhumanit&#233; du capitalisme, en appelant les mineurs du monde entier &#224; &#171; se reconna&#238;tre dans les souffrances des caissi&#232;res de grand magasin &#187;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8230; et puis aussi dans l'ennui mortel des employ&#233;s de bureau, dans les col&#232;res des jeunes ch&#244;meurs, dans la rage contenue d'un &#233;tudiant se pr&#233;sentant pour un boulot, dans les regards d'un gosse qui cr&#232;ve de faim, dans les d&#233;sirs tu&#233;s des enseignants, dans la d&#233;tresse d'un demandeur d'asile africain, dans la r&#233;volte des banlieusards de tous pays...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Se reconna&#238;tre &#187;. C'est sans doute l&#224; un premier pas pour prendre conscience qu'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une soci&#233;t&#233; qui abolit toute aventure, fait de l'abolition de cette soci&#233;t&#233; la seule aventure possible&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Collectif 1984 (Bruxelles, 1996)&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Postface&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Lutte des classes ou compromis historique introuvable ?
&lt;br /&gt;L'exemple suisse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nos soci&#233;t&#233;s occidentales reposent sur le mensonge et la s&#233;duction. La juste r&#233;tribution de l'effort, de l'intelligence, de l'audace... ce serait la libert&#233; au volant, la satisfaction imm&#233;diate du fast food ou du sexe virtuel en r&#233;seau&#8230; Chacun pour soi, et que le meilleur gagne. Tel est le discours officiel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;galit&#233; des chances est garantie, ici du moins, nous dit-on. Ailleurs on meurt de faim ? Peut-&#234;tre, mais c'est parce que les dirigeants du tiers-monde sont corrompus. Ils n'ont qu'&#224; faire comme nous. Avant on nous disait d'aller voir &#224; Moscou. Maintenant ce serait plut&#244;t chez Saddam ou au Pakistan. Les nouveaux ennemis voilent leurs femmes et leurs filles, ils ont des coutumes barbares. Ici c'est la civilisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plaider pour la solidarit&#233; internationale du prol&#233;tariat, c'est refuser le compromis historique conclu par les bureaucraties politiques et syndicales de nos pays au d&#233;pend des exploit&#233;s d'ici et d'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les salari&#233;s suisses ne se reconnaissent pas dans les souffrances des damn&#233;s de la terre, c'est parce que, bien longtemps, ils en ont &#233;t&#233; relativement pr&#233;serv&#233;s. Domin&#233;s, mais dans le camp des dominants. Notre bourgeoisie nationale a invit&#233; son prol&#233;tariat &#224; sa table. En bout de table certes&#8230; Un ananas ou une tablette de choc' &#224; un prix d&#233;fiant toute concurrence, une paire de baskets fabriqu&#233;e par un enfant du tiers-monde, un voyage en charter, une petite pute tha&#239;landaise... Elle lui a fait go&#251;ter &#224; sa grande pr&#233;dation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'or nazi... on ne savait pas, vous voulez rire ! Notre paix sociale s'est impos&#233;e, dans l'apr&#232;s-guerre, par un accord entre les &#171; repr&#233;sentants &#187; des classes ouvri&#232;res, le patronat et l'Etat. On &#233;tait tous dans le m&#234;me bateau et la guerre continuait. Une guerre &#233;conomique et financi&#232;re, dans laquelle notre petite patrie avait tout avantage &#224; se blottir sous l'aile du grand fr&#232;re am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mayonnaise a pris parce que bien des travailleurs suisses ont &#233;t&#233; pouss&#233;s vers le haut par les immigr&#233;s venus, comme dans les mines belges, occuper les mauvaises places. Ce sont eux qui ont construit les autoroutes, les cit&#233;s nouvelles, rempli les usines, fait les basses besognes. Les Suisses devenaient contrema&#238;tres, flics ou fonctionnaires... leurs enfants prenaient le chemin des bureaux et des banques o&#249; certains dictateurs barbares et corrompus avaient l'habitude de passer discr&#232;tement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les oubli&#233;s de la croissance, le quart-monde, les ouvriers suisses ? Des rat&#233;s, des nuls, des cr&#233;tins, des alcooliques... r&#233;duits &#224; avoir honte de leur &#233;chec, car chacun &#233;tait cens&#233; avoir eu sa chance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis quelques ann&#233;es, il y a une nouvelle donne. Il devient de plus en plus difficile de croire que le succ&#232;s ou l'&#233;chec professionnel ont un lien avec le m&#233;rite individuel. Les bonnes places sont prises, l'ascenseur est en panne. Si j'ai tel ou tel boulot, tel ou tel salaire, si je suis ch&#244;meur... c'est parce que je me suis trouv&#233; au bon ou au mauvais moment au bon ou au mauvais endroit. Les domin&#233;s jouent encore le jeu, mais ils savent maintenant que les d&#233;s sont pip&#233;s, que l'arbitraire domine et qu'une petite minorit&#233; sort gagnante &#224; tout coup.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soumise aux lois aveugles du march&#233;, &#224; la logique de la haute finance, une soci&#233;t&#233; inhumaine se d&#233;veloppe sous nos yeux. Elle exploite les uns, jette les autres &#224; la rue, projette quelques &#171; chanceux &#187; sous les feux de la rampe, pour le temps d'un &#233;t&#233;. Tout cela dans le d&#233;cor bruyant des destructions de notre environnement et de nos liens sociaux. Ce que nous pouvons observer aujourd'hui &#224; notre petit niveau, dans notre petit pays, s'est d&#233;velopp&#233; avec une ampleur d&#233;cupl&#233;e, tout au long de ce si&#232;cle, au niveau de la plan&#232;te. Ce ne sont pas seulement des individus &#171; inaptes &#187; que le capitalisme jette &#224; la casse, mais des populations enti&#232;res, des r&#233;gions, des nations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;sister &#224; la barbarie, oui mais comment ? Il est possible de rechercher un nouveau compromis dans le cadre de l'&#233;conomie nationale (ou europ&#233;enne) en pr&#233;conisant une politique fiscale, ou une autre recette, qui favoriserait la relance de la consommation int&#233;rieure. L'exploitation se maintiendrait, mais de fa&#231;on quelque peu adoucie peut-&#234;tre, dans le cadre de la m&#232;re patrie... ou alors on choisirait l'Europe, avec une clause sociale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Essayer de discipliner, de canaliser la logique capitaliste, au moins dans nos pays, est une option possible, mais ce n'est pas la n&#244;tre. D'abord parce que nous sommes des niveleurs qui luttons pour l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et pour une rotation des t&#226;ches socialement utiles. Or actuellement, non seulement il y a des riches et des pauvres, mais ce sont les gens qui r&#233;alisent les travaux les plus ingrats qui sont les moins pay&#233;s. En plus, les travailleurs n'ont pas leur mot &#224; dire quant au choix de ce qui est produit. Pr&#233;tendre retourner &#224; l'&#233;poque des &#171; trente glorieuses &#187;, cela signifie d'abord accepter les hi&#233;rarchies traditionnelles et l'exploitation des faibles. Mais c'est aussi un programme utopique, parce que la majorit&#233; du camp bourgeois (banques et industries d'exportation) a fait le choix de la mondialisation et n'a plus gu&#232;re la fibre patriotique. Il y a fort peu d'espoirs d'obtenir de sa part des cadeaux substantiels. Le nouveau compromis nordiste, qu'esp&#232;rent certains, semble bien introuvable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Renouer avec l'internationalisme et avec la lutte des classes est &#224; nos yeux juste et n&#233;cessaire, mais pas &#233;vident. Il faut une dose de volontarisme et d'id&#233;al pour reconna&#238;tre notre appartenance au prol&#233;tariat mondial et &#224; ses souffrances. Pour accepter l'id&#233;e qu'il n'y a pas de salut individuel et que c'est solidairement, en son sein, que nous voulons construire une autre soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement humaine et consciente de son destin collectif.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Lausanne-Gen&#232;ve, le 1er juin 1998 (&#233;ditions EDAM)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-1&quot; name=&quot;nb1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Note de Zanzara ath&#233;e (NdZA) : dans le texte du Collectif 1984, il est souvent question de &#171; l'homme &#187; ou &#171; des hommes &#187; quand il s'agit en r&#233;alit&#233; des humain-e-s, indistinctement de leur identit&#233; de genre ou de sexe&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-2&quot; name=&quot;nb1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pour prendre le cas qui para&#238;t fort charmant &#224; certains analystes du t&#233;l&#233;-travail, entre la jeune femme riv&#233;e chez elle &#224; son &#233;cran d'ordinateur, &quot;annualis&#233;e&quot; dans la dur&#233;e et la productivit&#233; de son travail par une direction qui la contr&#244;lera dans tous ses mouvements quotidiens, quelle diff&#233;rence de classe avec l'ouvri&#232;re d'usine ?&lt;/i&gt; &#187;, Michel Cahen, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Monde : dossiers et documents&lt;/i&gt;, n&#176;266, juin 1998.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-3&quot; name=&quot;nb1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Certains le d&#233;couvriront avec terreur, mais le prol&#233;tariat repr&#233;sente d&#233;sormais probablement plus de 75% de la population fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187;, ibid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-4&quot; name=&quot;nb1-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;NdZA : ou, aujourd'hui, dans certains pays sud-am&#233;ricains.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-5&quot; name=&quot;nb1-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Oui, on a bien lu, on parle des &#171; prol&#233;taires &#187;, ceux-l&#224; m&#234;me que le lib&#233;ralisme a enseveli jusque dans la terminologie et dont on disait pourtant qu'ils parviendraient un jour, en s'unissant, &#224; briser les cha&#238;nes de l'oppression et &#224; enterrer le capitalisme. On sait qu'il n'est pas de bon ton aujourd'hui d'appeler un chat un chat. Des mots comme exploitation, prol&#233;taires, plus-value, capitalisme, &#8230; ne trouvent pas leur place dans une soci&#233;t&#233; domin&#233;e par l'euph&#233;misme et la dictature du &#171; politically correct &#187; [&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;NdZA : le terme est plut&#244;t mal choisi, quand on sait qu'il est largement utilis&#233; par diverses tendances de la Droite, ouvertement racistes, sexistes et homophobes, en France comme aux USA, pour se plaindre notamment de ceux et celles qui les combattent&#8230;&lt;/i&gt;]. Pour notre part, on pr&#233;f&#232;re continuer &#224; parler du &#171; chef de personnel &#187; et du &#171; balayeur de rue &#187;, plut&#244;t que du &#171; directeur en ressources humaines &#187; et du &#171; technicien de surface &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-6&quot; name=&quot;nb1-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Sur un registre de la F&#233;d&#233;ration des Charbonnages, nous avons pu lire, pour qualifier l'arriv&#233;e d'un contingent de mineurs venus de l'Est avant 1939 : &#171; import&#233; de Pologne &#187;. La violence de la terminologie a l'avantage de la clart&#233;. L'homme, r&#233;duit &#224; sa force de travail sous le r&#232;gne du capitalisme, n'est rien d'autre qu'une marchandise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-7&quot; name=&quot;nb1-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Extrait de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ces gens-l&#224;&lt;/i&gt; &#187; de Jacques Brel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-8&quot; name=&quot;nb1-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Un &#171; niveau d'abstraction &#187; peut se d&#233;finir comme un cadre d'explication renvoyant &#224; un aspect plus ou moins particulier ou plus ou moins g&#233;n&#233;ral de la r&#233;alit&#233;. Passer d'un niveau &#171; particulier &#187; de l'explication du monde &#224; un niveau &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; provoque actuellement toutes les r&#233;sistances propres &#224; une soci&#233;t&#233; qui pr&#233;f&#232;re globalement &#171; g&#233;rer l'impuissance &#187; face &#224; la crise plut&#244;t que de chercher &#224; d&#233;passer le syst&#232;me qui en est la cause.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-9&quot; name=&quot;nb1-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] C'est ce qu'avaient r&#233;pondu, au cours de la Premi&#232;re guerre mondiale, des gr&#233;vistes anglais accus&#233;s par leurs patrons d'&#234;tre des alli&#233;s des allemands parce qu'ils brisaient l'Union nationale : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne sommes ni anglais, ni allemands, nous sommes le prol&#233;tariat !&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-10&quot; name=&quot;nb1-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;NdZA : comprendre &#171; au 19&#232;me si&#232;cle &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-11&quot; name=&quot;nb1-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Quel luxe pour tous ceux qui, de plus en plus nombreux en Europe, habitent toute l'ann&#233;e dans leur caravane faute de pouvoir se payer un logement en dur !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh1-12&quot; name=&quot;nb1-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] Et m&#234;me au niveau de l'&#171; individu &#187;, ce qui subsiste comme &#171; unit&#233; &#187; est tr&#232;s relatif, car il int&#232;gre &#224; ce point les d&#233;chirements de la soci&#233;t&#233; que c'est &#224; une v&#233;ritable implosion sociale de son &#234;tre qu'il est confront&#233;. L'unit&#233; n'existe plus et, s'il part de lui-m&#234;me pour &#171; lutter &#187;, c'est sans espoir qu'il tentera de recoller les &#233;clats de son &#234;tre, car ils ne font que rejeter l'unit&#233; bris&#233;e d'une soci&#233;t&#233; immerg&#233;e dans des antagonismes produits de la division en classes sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;Les &#233;ditions EDAM-Europe (Editions et Diffusion de l'Aide Mutuelle, &#224; Gen&#232;ve) avaient &#233;galement publi&#233; :
&lt;br /&gt;- John Clark &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Introduction &#224; la philosophie &#233;cologique et politique de l'anarchisme&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;- Nicolas Walter &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pour l'anarchisme&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;- Noam Chomsky &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un monde compl&#232;tement surr&#233;el&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;- Andr&#233; Devriendt &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le mouvement mutualiste&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;- Ronald Creagh &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;f&#233;rence, l'insolence anarchiste et la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://infokiosques.net/IMG/pdf/plaidoyer-collectif1984-pageparpageA4prA5.pdf" length="5719792" type="application/pdf" />
		
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	</item>



	<item>
		<title>Dissonances</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article770</link>
		<guid isPermaLink="true">http://infokiosques.net/spip.php?article770</guid>
		<dc:date>2010-01-21T13:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alfredo M. Bonanno</dc:creator>


		<dc:subject>Anarchismes, anarchie</dc:subject>
		<dc:subject>Antipsychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Exp&#233;rimentations collectives</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes contre les discriminations raciales</dc:subject>
		<dc:subject>Ravage &#201;ditions (Paris)</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la dissonance est partie int&#233;grante de l'harmonie et constitue l'autre r&#233;sultat, celui qui est toujours pr&#233;visible et m&#234;me d&#233;sirable, sa coagulation libre dans les processus de r&#233;alisation al&#233;atoire produit quelque chose d'autre, une rupture qui n'est pas facilement amendable. Que chacun respecte le cycle complet dans le lit rassurant de la rivi&#232;re des significations, avec laquelle les transporteurs d'eau &#233;touffent nos craintes, mais ailleurs. &lt;br /&gt;Ici on propose une lecture risqu&#233;e : une chance, un voyage ouvert &#224; d'autres possibilit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;SOMMAIRE :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Mettre sa vie en jeu
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Maladie et Capital
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Que faire de l'anti-fascisme ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; La Maladie Communautaire
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; La perte du langage
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Inactualit&#233;s sur les drogues&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;D&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Anarchismes, anarchie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Antipsychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot90" rel="tag"&gt;Exp&#233;rimentations collectives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot96" rel="tag"&gt;Luttes contre les discriminations raciales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Ravage &#201;ditions (Paris)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;IMG/arton770.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;424&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff770.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/IMG/arton770.jpg'&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;SOMMAIRE :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Mettre sa vie en jeu
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Maladie et Capital
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Que faire de l'anti-fascisme ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; La Maladie Communautaire
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; La perte du langage
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Inactualit&#233;s sur les drogues&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les dissonances se trouvent dans le contenu de ces arguments. Mais en restant dans le contenu, se cristallisant &#224; la place du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;parler&lt;/i&gt; (et m&#234;me du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;faire&lt;/i&gt;), elles pourraient aussi devenir des &#233;l&#233;ments de r&#233;cup&#233;ration, d'alimentation de futures pens&#233;es conservatrices, de nouveaux uniformes (de couleur diff&#233;rente), de nouvelles &#171; idoles &#187; (dans un format plus agr&#233;able). Il n'y a aucune recette d&#233;finitive capable de casser le rythme qui nous enveloppe constamment, pas m&#234;me des dissonances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pourtant, la dissonance a autre chose &#224; offrir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelque chose de significatif appara&#238;t au carrefour des rythmes entre des faits r&#233;&#233;voqu&#233;s, le temps de l'&#233;criture et le temps de la r&#233;alisation, c'est-&#224;-dire dans la t&#226;che librement appropri&#233;e par le lecteur, on per&#231;oit un contenu qui est quelque chose d'autre que les arguments autoritaires, les voies d'observation et l'&#233;nonciation de voies. Dans la permission de se laisser frapper par la dissonance, on n'en devient pas illumin&#233;, on ne chute pas prostr&#233; sur la route de Damas, nous cr&#233;ons simplement de l'air autour de nos pens&#233;es, c'est-&#224;-dire qu'on laisse l'inattention entrer dans le domaine de la codification. La gamme d'arguments elle-m&#234;me ouvre la voie aux unions impr&#233;visibles qui n'ont pas toujours &#233;t&#233; pr&#233;vues pendant la phase d'&#233;criture, et n'&#233;taient probablement pas des probl&#232;mes en tant que tel, m&#234;me dans la phase factuelle. La dissonance agit comme un catalyseur pour les ouvertures informelles qui ne peuvent pas &#234;tre contr&#244;l&#233;es. Juste un avertissement : ne c&#233;dez pas &#224; la tentation alarmiste sur la question de la signification.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la dissonance est partie int&#233;grante de l'harmonie et constitue l'autre r&#233;sultat, celui qui est toujours pr&#233;visible et m&#234;me d&#233;sirable, sa coagulation libre dans les processus de r&#233;alisation al&#233;atoire produit quelque chose d'autre, une rupture qui n'est pas facilement amendable. Que chacun respecte le cycle complet dans le lit rassurant de la rivi&#232;re des significations, avec laquelle les transporteurs d'eau &#233;touffent nos craintes, mais ailleurs. &lt;br /&gt;Ici on propose une lecture risqu&#233;e : une chance, un voyage ouvert &#224; d'autres possibilit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La chance est encore &#224; d&#233;couvrir, surtout dans son rapport au chaos. Mais m&#234;me cela doit encore &#234;tre d&#233;couvert, au moins dans le rapport avec l'ordre spontan&#233;.
&lt;br /&gt;On se revoit ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;AMB.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mettre sa vie en jeu&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis la nuit des temps, les humains ont toujours eut un go&#251;t prononc&#233; pour le risque et l'aventure, pour des formes de jeu p&#233;rilleuses comme les duels ou la chasse. Les jeux qui mettent la vie du joueur en danger datent autant des temps pass&#233;s qu'ils perdurent aujourd'hui. Mais pour &#233;viter d'aller trop loin en arri&#232;re dans l'histoire, il suffit de penser &#224; la roulette russe, dont chacun se rappelle des pages d'un grand roman russe, ou de sc&#232;nes dans un film am&#233;ricain assez r&#233;cent. Dans les Ann&#233;es cinquante, un film sur la violence dans l'Am&#233;rique rurale a d&#233;peint un jeu appel&#233; &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le saut de lapin&lt;/i&gt; &#187;, une course entre jeunes, chacun au volant d'une voiture et fon&#231;ant vers le bord d'une falaise. Celui qui sautait de la voiture en dernier &#233;tait le gagnant. Ces derniers mois, des m&#233;dias rapportaient la tenue de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;roulettes d'autoroute&lt;/i&gt; &#187;, qui consistent &#224; conduire le long d'une d'autoroute en sens inverse ; celui qui ira le plus loin sera le gagnant. Un autre jeu &#224; la mode chez les jeunes gar&#231;ons isra&#233;liens, et ce d&#233;s dix ans, consiste &#224; placer un sac d'&#233;colier au milieu de la route et de s'en saisir d&#233;s qu'une voiture approche. Celui qui r&#233;cup&#232;re son sac en dernier gagne. Selon les m&#233;dias, un certain nombre d'enfants sont morts en jouant &#224; ce jeu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, pourquoi mettre sa vie en jeu ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;ponse pourrait simplement &#234;tre que ces comportements trouvent leurs raisons dans &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la crise des valeurs&lt;/i&gt; &#187; d'une soci&#233;t&#233; post-industrielle avanc&#233;e qui n'a aucun avenir &#224; offrir aux jeunes. Un autre film am&#233;ricain montrant la guerre des gangs &#224; Los Angeles se terminait sur une sc&#232;ne ou le jeune protagoniste, plut&#244;t que de se laisser arr&#234;ter, tuait un flic en criant &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y a aucun avenir !&lt;/i&gt; &#187; Cela pourrait bien &#234;tre une remarque pertinente. Les exp&#233;riences quotidiennes qui forment la personnalit&#233; ont &#233;t&#233; s&#233;rieusement affect&#233;es par les changements profonds qui ont eu lieu ces derni&#232;res ann&#233;es dans les structures &#233;conomiques et sociales des pays &#224; industrialisation avanc&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pens&#233;es, les &#233;motions et les actions des individus sont immerg&#233;es dans une situation sans aucune cat&#233;gorie pr&#233;-existante dans laquelle les ranger. C'est ce d&#233;sordre qui emp&#234;che tout sens de la s&#233;curit&#233;.
&lt;br /&gt;Cela m&#232;ne les strates les plus jeunes, celles non encore capables de faire face &#224; une telle situation ou qui ne sont pas encore en possession d'int&#233;r&#234;ts et d'id&#233;es bien enracin&#233;s, &#224; se sentir &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;priv&#233;es de valeurs&lt;/i&gt; &#187; et incapables de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;donner un sens &#224; la vie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi est-ce une r&#233;ponse trop simple ? D'abord, parce qu'il ne me semble pas juste de toujours tout rel&#233;guer &#224; un m&#233;canisme social sous-jacent qui expliquerait tout. Derri&#232;re cette attitude se cache une sorte de n&#233;o-d&#233;terminisme qui nous emp&#234;cherait de saisir les motivations r&#233;elles &#224; la racine des choses qui, si r&#233;v&#233;l&#233;es au grand jour, pourraient nous donner une meilleure indication de ce qu'il faut faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;sint&#233;gration sociale r&#233;sultant de la restructuration &#233;conomique des ann&#233;es quatre-vingt est certainement l'une des raisons de l'&#233;br&#232;chement des valeurs qui est apparu dans la p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre et qui resta plus ou moins intacte jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es soixante-dix. Une institution comme la famille, qui s'av&#232;re &#234;tre de moins en moins solide ou capable de r&#233;soudre la t&#226;che importante qui lui est assign&#233;e par la soci&#233;t&#233; capitaliste du si&#232;cle dernier, est frapp&#233;e non seulement par les conditions changeantes du monde du travail et de la production, mais aussi par la circulation d'id&#233;es diff&#233;rentes, de la culture, des concepts de temps et d'espace, et ainsi de suite. Chacun de ces &#233;l&#233;ments, qu'il serait trop simpliste de regrouper ensembles sous le terme &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;conomie&lt;/i&gt; &#187;, a produit des conditions qui doivent &#234;tre examin&#233;es s&#233;par&#233;ment. Elles sont tr&#232;s importantes et composent le tissu connectif sur lequel les &#233;motions sont greff&#233;es aux pens&#233;es et aux actions de tant de ces jeunes qui se trouvent face-&#224;-face dans les stades de football d'aujourd'hui et qui jouent avec leurs vies de mille fa&#231;ons diff&#233;rentes, se retrouvant notamment sur la base d'un non-avenir et d'un manque commun de perspectives.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici nous ne regardons pas simplement le ph&#233;nom&#232;ne marginal de l'int&#233;gration tardive des jeunes dans les conditions impos&#233;es par la vie sociale. Cela a toujours exist&#233;. Ce que nous pouvons voir &#224; pr&#233;sent est un ph&#233;nom&#232;ne d'une consistance et d'une extension inconnue de par le pass&#233;. Et si nous voulons le comprendre nous devons aussi regarder nos propres mod&#232;les de pens&#233;e. Nous avons pens&#233;, et correctement, que les conditions de travail importaient dans la compr&#233;hension des raisons pour lesquelles le prol&#233;tariat s'&#233;tait engag&#233; dans la lutte des classes, y compris de perspective r&#233;volutionnaire. Mais des conditions objectives changent. Nous avions l'habitude de penser que les luttes de la classe ouvri&#232;re pouvaient &#224; tout moment se transformer en conscience r&#233;volutionnaire, pr&#233;cis&#233;ment en raison des d&#233;fauts du syst&#232;me de production dans son enti&#232;ret&#233;. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus penser de fa&#231;on si automatique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous disions souvent qu'une des choses qui mettrait un frein &#224; la lutte des classes &#233;tait l'int&#233;gration &#233;ducative des jeunes par la famille, la premi&#232;re pierre de l'uniformit&#233; de jugement qui &#233;tait compl&#233;t&#233;e &#224; l'&#233;cole, dans l'arm&#233;e et au travail. Beaucoup de ces choses ont maintenant chang&#233;es. Divers concepts ont int&#233;gr&#233; la famille depuis sa d&#233;sint&#233;gration, la menant &#224; respirer un air nouveau de paternalisme. Les m&#233;nages sont directement p&#233;n&#233;tr&#233;s par le biais de la t&#233;l&#233;vision et le filtre parental de censure ne fonctionne plus. Ces derniers ont aussi perdu un peu de l'autorit&#233; qui autrefois ne venait que de la simple force physique, au fil d'un contr&#244;le &#233;tatique plus strict concernant les violences faites aux mineurs dans le cadre familial. La vieille affection, ce truc de peintures &#224; l'huile du XVIIe si&#232;cle, sur laquelle on a suppos&#233; que r&#233;sidait l'essence de la famille - une fantaisie d'&#233;crivains et de po&#232;tes - n'est plus capable de dissimuler le manque r&#233;el de sentiments qui existe dans cette institution. Et nous, les anarchistes, &#233;tions parmi les premiers &#224; avancer une critique s&#233;rieuse de la famille comme &#233;tant l'origine de beaucoup des horreurs de la soci&#233;t&#233; de classes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il en va de m&#234;me pour l'&#233;cole, o&#249;, avec une clart&#233; de longue vue, nous avions vu ses limitations et ses d&#233;fauts d&#233;s le XIXe si&#232;cle, proposant des formes libertaires d'&#233;ducation qui sont d&#233;sormais reprises et r&#233;cup&#233;r&#233;es par les intellectuels du r&#233;gime. Je ne sais pas si nous sommes capables de comprendre ce qui se passe vraiment &#224; l'&#233;cole aujourd'hui, mais il ne me semble pas qu'il s'agisse l&#224; d'un secteur dans lequel nous serions en retard vis-&#224;-vis des autres. Cependant, le niveau de l'analyse anarchiste aujourd'hui, ne semble pas capable de comprendre les changements rapides qui ont lieu dans la soci&#233;t&#233; et l'&#233;conomie. Cela est d&#233;montr&#233; par ce qui est dit du probl&#232;me de la production, et, avec une constance digne des plus grandes choses, l'insistance sur la validit&#233; du syndicalisme plus ou moins r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; mon avis, de nouveaux probl&#232;mes se pr&#233;sentent sur la sc&#232;ne sociale auxquels nous ne pouvons pas nous confronter en utilisant de vieilles analyses, bien qu'elles puissent avoir &#233;t&#233; correctes en d'autres temps. En un sens, nous n'avons pas &#233;t&#233; capables d'amener nos propres formulations &#224; leurs conclusions logiques. L'exemple de la famille est significatif. Nous &#233;tions parmi les premiers &#224; d&#233;noncer les fonctions r&#233;pressives de cette institution, mais ne sommes nulle part parmi les premiers aujourd'hui, &#224; en avoir tir&#233; les conclusions appropri&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La perte g&#233;n&#233;rale des valeurs traditionnelles ne nous voit pas capable de proposer autre chose (je ne dis pas de remplacer), pas m&#234;me de critiquer les propositions des autres. Face aux nombreux jeunes qui demandent une bonne raison de ne pas mettre leurs vies en jeu, nous ne savons que dire. D'autres ont donn&#233; ce que nous savons ne pas &#234;tre de r&#233;elles r&#233;ponses, mais cela n'emp&#234;che pas des jeunes de les accepter de fa&#231;on acritique, les r&#233;duisant &#224; des instruments passifs entre les mains du pouvoir en &#233;teignant leur agressivit&#233; lib&#233;ratrice. D'autres leur disent que la vie a une valeur en soi, parce que Dieu nous l'a donn&#233; ou bien parce qu'elle sert la r&#233;volution, la survie de l'esp&#232;ce, et ainsi de suite. Nous savons que, prises individuellement, ces propositions ne sont pas justes, mais nous devrions savoir que proposer comme alternative valable aux jeux de risque pour le risque.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Maladie et Capital&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La maladie, c'est-&#224;-dire le mauvais fonctionnement de l'organisme, n'est pas le propre de l'homme. Les animaux aussi sont malades, et m&#234;me les choses peuvent &#224; leur mani&#232;re pr&#233;senter des d&#233;fauts de fonctionnement. L'id&#233;e de la maladie comme anormalit&#233; est un grand classique, d&#233;velopp&#233; par la science m&#233;dicale. La r&#233;ponse &#224; la maladie, principalement &#224; cause de l'id&#233;ologie positiviste qui domine encore la m&#233;decine contemporaine, est celle de la gu&#233;rison, c'est-&#224;-dire, d'une intervention ext&#233;rieure choisie sur la base de pratiques sp&#233;cifiques, visant &#224; r&#233;tablir les conditions d'une id&#233;e donn&#233;e de la normalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, ce serait une erreur de penser que la recherche des causes de la maladie a toujours &#233;t&#233; mise en parall&#232;le avec cette n&#233;cessit&#233; scientifique de r&#233;tablir la normalit&#233;. Des si&#232;cles durant, les rem&#232;des ne sont pas all&#233;s de pair avec l'&#233;tude des causes, qui ont parfois &#233;t&#233; absolument fantastiques. Les rem&#232;des avaient leurs propres logiques, surtout lorsqu'ils se basaient sur des connaissances empiriques des forces de la nature.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus r&#233;cemment, une critique du sectarisme scientifique, incluant la m&#233;decine, s'est bas&#233;e sur l'id&#233;e de la totalit&#233; humaine : une entit&#233; compos&#233;e de divers &#233;l&#233;ments naturels - intellectuels, &#233;conomiques, sociaux, culturels, politiques et ainsi de suite. C'est dans cette nouvelle perspective que les hypoth&#232;ses dialectiques et mat&#233;rialistes du marxisme se sont introduites. Cette totalit&#233; variablement d&#233;crite de l'homme nouveau, le vrai, qui n'est plus divis&#233; en secteurs comme l'ancien positivisme nous y avait habitu&#233;, a de nouveau &#233;t&#233; enferm&#233;e par les marxistes dans un d&#233;terminisme unilat&#233;ral. La cause de la maladie a donc &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme exclusivement reli&#233;e au capitalisme qui, en ali&#233;nant l'humain par le travail, l'a expos&#233; &#224; une relation distordue avec la nature et la &#171; normalit&#233; &#187;, l'autre face de la maladie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A notre avis, ni la th&#232;se positiviste qui voit la maladie comme un mauvais fonctionnement de l'organisme, ni la th&#232;se marxiste qui la voit comme un r&#233;sultat d&#233;termin&#233; par les m&#233;faits du capitalisme, ne sont suffisantes.
&lt;br /&gt;Les choses sont un petit peu plus compliqu&#233;es que cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout simplement, nous ne pouvons pas dire qu'il n'y aurait plus de choses telles que la maladie dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e. Nous ne pouvons pas dire non plus que dans cet heureux &#233;v&#233;nement, la maladie elle-m&#234;me se r&#233;duirait &#224; un simple affaiblissement de certaines forces hypoth&#233;tiques qu'il nous reste &#224; d&#233;couvrir. Nous pensons que la maladie fait partie de la nature de l'&#233;tat de vie de l'humain dans la soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire qu'elle correspond &#224; un certain prix &#224; payer pour corriger les conditions optimales de la nature en vue d'obtenir la superficialit&#233; n&#233;cessaire &#224; la construction des soci&#233;t&#233;s les plus libres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certainement que la croissance exponentielle de la maladie dans une soci&#233;t&#233; libre o&#249; la superficialit&#233; entre les individus serait r&#233;duite au strict minimum ne serait pas comparable &#224; celle d'une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur l'exploitation, telle que celle dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Il en r&#233;sulte que la lutte contre la maladie fait partie int&#233;grante du conflit de classe. Pas tellement parce que la maladie est caus&#233;e par le capital - ce qui serait une d&#233;claration d&#233;terministe, donc inacceptable, mais parce qu'une soci&#233;t&#233; plus libre serait diff&#233;rente. M&#234;me dans sa n&#233;gativit&#233;, elle serait plus proche de la vie, de l'&#234;tre humain. Ainsi, la maladie serait une expression de notre humanit&#233;, tout comme elle est l'expression de notre terrifiante inhumanit&#233; aujourd'hui. C'est pourquoi nous n'avons jamais accept&#233; la th&#232;se simpliste que l'on peut r&#233;sumer par le slogan entendu : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;faisons de la maladie une arme&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me si elle m&#233;rite notre respect, notamment en ce qui concerne la maladie mentale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est pas vraiment possible de proposer au patient un traitement qui serait exclusivement bas&#233; sur la lutte contre l'ennemi. Ici, la simplification serait absurde. La maladie, c'est aussi la souffrance, la douleur, la confusion, l'incertitude, le doute, la solitude, et ces &#233;l&#233;ments n&#233;gatifs ne se limitent pas exclusivement &#224; l'organisme, puisqu'ils attaquent aussi la conscience et la volont&#233;. &#201;laborer de tels programmes de lutte sur ces bases serait tout &#224; fait irr&#233;aliste et terriblement inhumain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la maladie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;peut&lt;/i&gt; devenir une arme si on la comprend &#224; la fois dans ses causes et dans ses effets. Il peut &#234;tre important pour moi de comprendre ce que sont les causes ext&#233;rieures de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ma maladie&lt;/i&gt; : les capitalistes et les exploiteurs, l'&#201;tat et le Capital. Mais cela ne me suffit pas. Je dois aussi clarifier ma relation avec ma maladie, qui pourrait ne pas seulement &#234;tre la souffrance, la douleur et la mort. Elle pourrait aussi &#234;tre un moyen de mieux me comprendre, moi-m&#234;me et les autres, ainsi que la r&#233;alit&#233; qui m'entoure et ce qui doit &#234;tre fait pour la transformer ; aussi, avoir une meilleure compr&#233;hension de la question r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les erreurs qui ont &#233;t&#233; faites par le pass&#233; sur ce sujet proviennent d'un manque de clart&#233; en raison de l'interpr&#233;tation marxiste, bas&#233;e sur la pr&#233;tention du pouvoir &#224; &#233;tablir une relation &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;directe&lt;/i&gt; entre la maladie et le capital. Nous pensons aujourd'hui que cette relation est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;indirecte&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire, en prenant conscience de la maladie, pas de la maladie en g&#233;n&#233;ral comme condition d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;anormalit&#233;&lt;/i&gt;, mais de ma maladie comme un &#233;l&#233;ment de ma vie, un &#233;l&#233;ment de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ma normalit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, place &#224; la lutte contre cette maladie. M&#234;me si les combats ne sont pas toujours victorieux.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Que faire de l'anti-fascisme ?&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le renard sait beaucoup de choses. &lt;br /&gt;Le porc-&#233;pic n'en sais qu'une, mais une grande. &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;Archiloque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fascisme est un mot &#224; sept lettres qui commence par F. &lt;br /&gt;Les gens aiment jouer avec les mots, qui en dissimulant en partie la r&#233;alit&#233;, les d&#233;chargent de toute r&#233;flexion personnelle ou de toute prise de d&#233;cision. Le symbole agit &#224; notre place en nous fournissant un drapeau et un alibi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et placer &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;anti-&lt;/i&gt; &#187; devant le symbole n'&#233;quivaut pas &#224; &#234;tre absolument contre tout ce qui nous d&#233;go&#251;te. Nous nous sentons &#224; l'aise de ce c&#244;t&#233;-ci, avec le sentiment du devoir accompli. Avoir recours &#224; ce &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;anti-&lt;/i&gt; &#187; nous donne une conscience claire, nous enfermant dans un domaine bien gard&#233;, et tr&#232;s fr&#233;quent&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant ce temps, les choses &#233;voluent. Les ann&#233;es passent, tout comme les relations de pouvoir. De nouveaux patrons prennent la place des vieux et le cercueil tragique du pouvoir passe d'une main &#224; l'autre. Les fascistes d'antan ont observ&#233; le jeu d&#233;mocratique et ont laiss&#233; leurs drapeaux et leurs croix gamm&#233;es &#224; quelques t&#234;tes brul&#233;es. Et pourquoi pas ? Apr&#232;s tout, nous parlons l&#224; d'hommes de pouvoir. Les bavardages vont et viennent, le r&#233;alisme politique est &#233;ternel. Mais nous, qui ne voulons savoir que peu ou rien de la politique, nous demandons &#224; nous-m&#234;mes, embarrass&#233;s, qu'&#224;-t-il bien pu se passer pour que les chemises noires, les fascistes &#224; barres de fer que nous avons combattus avec r&#233;solution, disparaissent de la sc&#232;ne ?
&lt;br /&gt;Ainsi, comme des poules sans t&#234;tes nous cherchons un nouveau bouc &#233;missaire contre lequel nous pouvons l&#226;cher notre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pr&#234;t-&#224;-ha&#239;r&lt;/i&gt;, alors que tout autour de nous, tout tend &#224; devenir plus subtil et plus m&#251;r et que le pouvoir nous invite &#224; entrer en dialogue avec lui : Mais marchez vers l'avant je vous prie, en avant, dites ce que vous devez dire, ce n'est pas un probl&#232;me ! N'oubliez pas, nous vivons en d&#233;mocratie, chacun a le droit de dire ce qu'il veut. D'autres &#233;coutent, sont d'accord ou ne sont pas d'accord, mais les purs d&#233;cident du jeu. La majorit&#233; gagne et il ne reste plus &#224; la minorit&#233; que le droit de continuer &#224; n'&#234;tre pas d'accord. Tout cela, aussi longtemps que la totalit&#233; se r&#233;duit &#224; la dialectique du &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;choisir son camp&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si nous devions r&#233;duire la question du fascisme &#224; de simples mots, nous serions forc&#233;s d'admettre que tout cela n'ait &#233;t&#233; qu'un jeu, ou peut-&#234;tre un r&#234;ve. &lt;br /&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mussolini, un honn&#234;te homme, un grand politicien. Il a fait des erreurs. Mais qui n'en fait pas ? puis il est devenu hors de contr&#244;le. Il a &#233;t&#233; trahi. Nous avons tous &#233;t&#233; trahis. De la mythologie fasciste ? Laisse tomber ! Il n'y a aucun int&#233;r&#234;t &#224; penser &#224; de telles reliques du pass&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hitler&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Klausmann, en faisant le portrait sarcastique de la mentalit&#233; de Gerhart Hauptmann, le vieux th&#233;oricien du r&#233;alisme politique, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mes chers amis ! ... sans rancune ! Essayons d'&#234;tre... Non, si vous me permettez, ... permettez moi ... objectif ... Voulez vous que je vous serve un autre verre ? Ce champagne... vraiment exquis - Ce Hitler l&#224;, je veux dire ... le champagne aussi, d'ailleurs, quelle grande &#233;volution ... la jeunesse allemande... environ 7 millions de votes ... comme je le dis souvent &#224; mes amis juifs... ces allemands... incroyable nation... vraiment myst&#233;rieuse ...des impulsions cosmiques... Goethe ... la saga de la dynamique ... des tendances &#233;l&#233;mentaires et irr&#233;sistibles...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non, que cesse le papotage. Les diff&#233;rences s'att&#233;nuent autour d'un verre de bon vin, et tout devient une question d'opinion. Parce que, et c'est l&#224; la chose importante, il y a des diff&#233;rences, pas entre le fascisme et l'anti-fascisme, mais entre ceux qui veulent le pouvoir et ceux qui se battent contre le pouvoir et le refusent. Mais quelles sont les bases de ces diff&#233;rences &#224; d&#233;chiffrer ?
&lt;br /&gt;Peut &#234;tre en ayant recours &#224; analyse ? Non, je ne pense pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les historiens sont la cat&#233;gorie la plus utile d'idiots au service du pouvoir. Ils pensent connaitre &#233;norm&#233;ment, mais plus ils &#233;tudient furieusement des documents, plus ils ne connaissent rien d'autre. Les documents qui certifient ind&#233;niablement ce qui est arriv&#233; proc&#232;dent de la volont&#233; de l'individu emprisonn&#233; dans la rationalit&#233; de l'&#233;v&#233;nement. L'&#233;quivalent de la v&#233;rit&#233; et du fait. Consid&#233;rer qu'autre chose est possible devient un vague passe-temps litt&#233;raire. Si l'historien a la moindre lueur vacillante d'intelligence, il se dirige imm&#233;diatement vers la philosophie, s'immergeant dans l'angoisse commune, dans les contes de f&#233;es et de ch&#226;teaux enchant&#233;s. En attendant le monde autour de nous se voit emprisonn&#233; entre les mains des puissants, et leur culture du livre de r&#233;vision d'examens est incapable de souligner la diff&#233;rence entre un document et une pomme de terre cuite. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Si la volont&#233; de l'homme &#233;tait libre&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Tolsto&#239; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Guerre et Paix&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;toute l'histoire serait une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements fortuits... Si au lieu de cela il y a une loi dirigeant seule les actions de l'homme, alors le libre arbitre ne peut exister, parce que la volont&#233; de l'homme doit &#234;tre soumise &#224; ces lois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fait est que les historiens sont utiles, particuli&#232;rement pour nous fournir des &#233;l&#233;ments confortables, des alibis et des b&#233;quilles psychologiques. Quel courage ces Communards de 1871 ! Ils sont morts comme de braves hommes, dos au mur du P&#232;re Lachaise ! Et le lecteur est excit&#233; et se pr&#233;pare &#224; mourir aussi si n&#233;cessaire, dos au prochain mur des communards. Attendre des forces sociales qu'elles nous mettent dans la condition du mort h&#233;ro&#239;que nous traverse alors quotidiennement, souvent au seuil de la mort sans m&#234;me que cette occasion ne se pr&#233;sente. Mais les tendances historiques ne sont pas si exactes. Donnez ou prenez une d&#233;cennie, nous pourrions manquer cette occasion et nous retrouver les mains vides.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si vous voulez mesurer l'imb&#233;cillit&#233; d'un historien, faites lui raisonner sur les choses qui arrivent aujourd'hui plut&#244;t que dans le pass&#233;. Cela vous ouvrira l'esprit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non, pas d'analyse historique non plus : la discussion peut-&#234;tre politique ou politico-philosophique, du genre que nous nous sommes habitu&#233;s &#224; lire ces derni&#232;res ann&#233;es. Le fascisme est quelque chose une minute et quelque chose d'autre la minute suivante. La technique n&#233;cessaire pour en arriver &#224; cette analyse est vite vue. Prenez le m&#233;canisme h&#233;g&#233;lien d'affirmation et d'infirmation simultan&#233;es, extrayez-en une affirmation pure &#224; propos de ce qui vous vient &#224; l'esprit. Cela ressemble &#224; ce sentiment de d&#233;ception que l'on a lorsqu'apr&#232;s avoir couru pour attraper un bus, on r&#233;alise que le chauffeur, m&#234;me s'il nous a vu, a acc&#233;l&#233;r&#233; au lieu de s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien, dans ce cas on peut d&#233;montrer, et je pense qu'Adorno l'a fait, que c'est pr&#233;cis&#233;ment une vague de frustration inconsciente - caus&#233;e par la vie qui nous &#233;chappe et devient insaisissable - qui d&#233;ferle en nous, nous donnant envie de tuer le conducteur. Tels sont les myst&#232;res de la logique H&#233;g&#233;lienne ! Ainsi, le fascisme devient progressivement moins m&#233;prisable. Parce qu'&#224; l'int&#233;rieur de nous, se cachant dans un coin sombre de notre instinct animal, le rythme du c&#339;ur s'excite. Pourtant inconnu de nous-m&#234;mes, un fasciste se cache en nous. Et c'est au nom de ce potentiel fasciste que nous venons &#224; justifier tous les autres. Pas d'extr&#233;mistes, bien entendu ! Tant de gens sont-ils morts ? &lt;br /&gt;Plus s&#233;rieusement, au nom d'un sens bancal de la justice, des personnes qui &#233;taient pourtant dignes de respect mettent les non-sens de Faurisson en circulation. Mais non, mieux vaut ne pas s'aventurer le long de cette route.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand les connaissances sont rares et que le peu de notions que nous avons semblent sautiller sur place dans une mer orageuse, il est facile de devenir la proie d'histoires invent&#233;es par ceux qui sont plus intelligents avec les mots que nous le sommes. Dans le but d'&#233;viter une telle &#233;ventualit&#233;, les Marxistes, gracieux programmeurs d'esprits qu'ils sont, ont entretenu l'id&#233;e que le fascisme &#233;tait l'&#233;quivalent de la matraque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'oppos&#233;, m&#234;me des philosophes comme Gentile [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb2-1&quot; name=&quot;nh2-1&quot; id=&quot;nh2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Giovanni Gentile (Castelvetrano, le 30 mai 1875 - Florence, le 15 avril (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] ont sugg&#233;r&#233; que la matraque, en agissant sur la volont&#233;, est aussi un moyen moral en ce qu'elle construit la symbiose future entre &#201;tat et individu dans cette unit&#233; sup&#233;rieure o&#249; l'acte individuel devient collectif. L&#224; nous voyons &#224; quel point les Marxistes et les fascistes sont originaires d'un m&#234;me stock id&#233;ologique, avec toutes les cons&#233;quences pratiques qui s'ensuivent, camps de concentration inclus. Mais continuons. Non, le fascisme n'est pas juste la matraque, il n'est pas non plus juste C&#233;line, Mishima, Pound [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb2-2&quot; name=&quot;nh2-2&quot; id=&quot;nh2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Ezra Weston Loomis Pound (Hailey, Idaho, &#201;tats-Unis, 30 octobre 1885 - (...)' &gt;2&lt;/a&gt;] ou Cioran. Il n'est pas un seul de ces &#233;l&#233;ments, ni aucun autre pris individuellement, mais tous, lorsqu'ils sont r&#233;unis. Ce n'est pas non plus la r&#233;bellion d'un individu isol&#233; qui choisit sa propre lutte personnelle contre toutes les autres, en incluant de temps en temps l'&#201;tat, et qui pourrait m&#234;me attirer cette sympathie humaine que nous ressentons pour tous les rebelles, m&#234;me les plus inconfortables. Non, cela n'est pas le fascisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le pouvoir, le fascisme brut comme celui qui a pu exister sous des dictatures &#224; des p&#233;riodes diverses de l'histoire n'est plus un projet politique praticable. De nouveaux instruments apparaissent aux cot&#233;s des nouvelles formes de gestion du pouvoir. Alors laissons cela aux historiens pour qu'ils puissent m&#226;cher autant qu'ils le veulent. Le fascisme est d&#233;mod&#233; m&#234;me en tant qu'insulte politique ou accusation. Quand un mot en vient &#224; &#234;tre instrumentalis&#233; de fa&#231;on d&#233;sobligeante par ceux qui sont au pouvoir, nous ne pouvons pas l'ignorer. Et parce que ce mot et le concept li&#233; &#224; ce mot nous d&#233;go&#251;tent, il serait bien de mettre l'un et l'autre loin dans le grenier avec toutes les autres horreurs de l'histoire et l'oublier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oublier le mot et le concept, oui, mais surtout pas ce qui s'y dissimule. Nous devons garder cel&#224; &#224; l'esprit pour nous pr&#233;parer &#224; agir. La chasse aux fascistes pourrait en effet &#234;tre un sport plaisant de nos jours, mais il pourrait aussi repr&#233;senter ce d&#233;sir inconscient d'&#233;viter toute analyse plus profonde de l'existant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je peux comprendre l'anti-fascisme. Je suis un antifasciste aussi, mais mes raisons ne sont pas semblables &#224; celle des anti-fascistes ! J'en ai entendu par le pass&#233; et j'en entend toujours aujourd'hui qui se d&#233;finissent comme tel. &lt;br /&gt;Pour beaucoup, il fallait combattre le fascisme il y a vingt ans lorsqu'il &#233;tait au pouvoir en Espagne, au Portugal, en Gr&#232;ce, au Chili, etc. Mais pourtant, lorsque les nouveaux r&#233;gimes d&#233;mocratiques ont pris leurs marques dans ces pays, l'anti-fascisme qui poss&#233;dait tant de f&#233;roces adversaires s'est &#233;teint. C'est l&#224; que je me suis rendu compte que l'anti-fascisme de mes vieux camarades de lutte &#233;tait diff&#233;rent du mien. Pour moi rien n'avait chang&#233;. Ce que nous avons fait en Gr&#232;ce, en Espagne, dans les colonies portugaises et en d'autres endroits pourrait avoir continu&#233; m&#234;me apr&#232;s que les nouveaux &#201;tats d&#233;mocratiques aient h&#233;rit&#233; des succ&#232;s pass&#233;s du vieux fascisme. &lt;br /&gt;Mais beaucoup n'&#233;taient pas d'accord.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est n&#233;cessaire de savoir &#233;couter les vieux camarades qui nous racontent leurs aventures et les trag&#233;dies qu'ils ont connu, lorsqu'ils nous parlent de tous ceux qui furent assassin&#233;s par les fascistes, de la violence et de tout le reste. Mais, comme disait Tolsto&#239;, encore lui, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'individu qui joue un r&#244;le dans des &#233;v&#233;nements historiques n'en comprend jamais vraiment la signification. S'il essaye de la comprendre, il devient un composant st&#233;rile&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;Je comprends moins ceux qui un demi-si&#232;cle plus tard et n'ayant pas v&#233;cu ces exp&#233;riences (ne se trouvant donc pas prisonniers de ces &#233;motions) empruntent des explications qui n'ont plus aucune raison d'exister et qui ne sont souvent rien de plus qu'un simple &#233;cran de fum&#233;e derri&#232;re lequel se cacher confortablement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis anti-fasciste !&lt;/i&gt; &#187;, vous jettent-ils &#224; la figure comme une d&#233;claration de guerre, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;et vous ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un tel cas, ma r&#233;ponse quasi-spontan&#233;e est - Non, je ne suis pas un antifasciste. Je ne suis pas un antifasciste de la fa&#231;on dont vous l'&#234;tes. Je ne suis pas un antifasciste parce que je suis all&#233; combattre les fascistes dans leurs pays pendent que vous restiez au chaud dans votre d&#233;mocratie. Je ne suis pas un antifasciste parce que j'ai continu&#233; &#224; me battre contre la d&#233;mocratie qui a remplac&#233; ces innombrables versions du fascisme dans ce v&#233;ritable feuilleton m&#233;lodramatique. La d&#233;mocratie utilise des moyens de r&#233;pression bien plus modernes, elle est, si cela vous fait plaisir, plus fasciste que les fascistes eux-m&#234;mes. Je ne suis pas un antifasciste parce que j'essaye encore d'identifier ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir aujourd'hui et je ne me laisse pas aveugler par des &#233;tiquettes et des symboles ; tandis que vous, vous continuez &#224; vous appeler anti-fascistes uniquement dans le but d'avoir une justification pour parader dans les rues &#224; vous cacher derri&#232;re votre banderole &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#224; bas le fascisme !&lt;/i&gt; &#187;. Bien s&#251;r, si j'avais eu plus de huit ans du temps de la &#171; r&#233;sistance &#187;, peut-&#234;tre aurais-je &#233;t&#233; moi aussi exalt&#233; par tant de jeunes m&#233;moires et d'antiques passions et surement que je n'aurais pas &#233;t&#233; si lucide. Mais je ne pense pas. Parce que si l'on examine soigneusement les faits, m&#234;me dans le conglom&#233;rat embarrass&#233; et anonyme de l'anti-fascisme des formations politiques, il y en eut qui ne se sont pas conform&#233;s, qui sont all&#233;s plus loin, ont continu&#233; et ont port&#233; leurs convictions bien au-del&#224; du &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;cessez-le-feu !&lt;/i&gt; &#187;. Parce que la lutte vitale n'est pas seulement contre les fascistes en chemises noires [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb2-3&quot; name=&quot;nh2-3&quot; id=&quot;nh2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Les chemises noires, ou Milice Volontaire pour la S&#233;curit&#233; Nationale (...)' &gt;3&lt;/a&gt;] du pass&#233; et ceux du pr&#233;sent, mais aussi et fondamentalement contre le pouvoir et tous ses &#233;l&#233;ments d'appui qui nous oppriment, m&#234;me lorsqu'il porte la figure laxiste et tol&#233;rante de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce cas la, vous auriez du le dire plus t&#244;t&lt;/i&gt; &#187; pourrait-on me r&#233;pondre - &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;vous &#234;tes un antifasciste aussi&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Et comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? Vous &#234;tes anarchiste... donc vous &#234;tes anti-fasciste ! Arr&#234;tez de vous couper les cheveux en quatre et de nous emmerder.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais je pense qu'il est utile de faire des distinctions claires, je suis anarchiste et je n'ai jamais aim&#233; les fascistes, ni leur projet. Pour d'autres raisons (mais qui apr&#232;s examen s'av&#232;rent &#234;tre les m&#234;mes), je n'ai jamais aim&#233; les d&#233;mocrates, les lib&#233;raux, les r&#233;publicains, les Gaullistes, les travaillistes, les Marxistes, les communistes, les socialistes ou n'importe lequel de ces projets. Contre eux, je n'ai jamais vraiment oppos&#233; mon anarchisme mais plut&#244;t ma diff&#233;rence : Tout d'abord mon individualit&#233;, ma propre compr&#233;hension de la vie, ressentir des &#233;motions, chercher, d&#233;couvrir, exp&#233;rimenter et aimer. Je permets seulement l'entr&#233;e &#224; ce monde qu'aux id&#233;es et aux gens qui m'attirent ; le reste je le garde g&#233;n&#233;ralement &#224; bonne distance de moi, poliment, ou autrement.
&lt;br /&gt;Je ne me d&#233;fends pas, j'attaque. Je ne suis pas un pacifiste et je n'attends pas que les choses aillent au-del&#224; du niveau de s&#233;curit&#233; limite. J'essaye de prendre l'initiative contre ceux qui pourraient -m&#234;me potentiellement- constituer un danger pour ma fa&#231;on de vivre la vie. Et une partie de cette fa&#231;on de vivre est aussi le besoin et le d&#233;sir des autres - pas comme des entit&#233;s m&#233;taphysiques, mais comme des autres clairement identifi&#233;s, ceux qui ont une affinit&#233; avec ma fa&#231;on d'&#234;tre et de vivre. Et cette affinit&#233; n'est pas quelque chose de statique et grav&#233;e &#224; jamais dans la pierre. Il s'agit d'une affinit&#233; dynamique qui change et continue &#224; se cultiver et &#224; s'&#233;largir, en r&#233;v&#233;lant encore d'autres personnes et d'autres id&#233;es et en tissant un r&#233;seau de relation immense et divers, mais o&#249; la constance de ma fa&#231;on d'&#234;tre et de vivre avec toutes ses variations et &#233;volutions, n'est pas menac&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai voyag&#233; aux quatre coins du royaume des hommes et je n'ai pas encore trouv&#233; d'endroit pr&#233;cis o&#249; satisfaire ma soif pour la connaissance, la diversit&#233;, la passion, les r&#234;ves : un amant amoureux de l'amour.
&lt;br /&gt;Partout j'ai vu d'&#233;normes potentialit&#233;s se laisser &#233;craser par l'inconvenance, et de maigres capacit&#233;s fleurir au soleil d'une constance de l'engagement. Mais tant que fleurit l'ouverture vers ce qui est diff&#233;rent [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb2-4&quot; name=&quot;nh2-4&quot; id=&quot;nh2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] la r&#233;ceptivit&#233; &#224; se laisser p&#233;n&#233;trer et &#224; p&#233;n&#233;trer au point de ne plus (...)' &gt;4&lt;/a&gt;], l'affinit&#233; est possible ; c'est possible de r&#234;ver &#224; un engagement commun, perp&#233;tuel et au-del&#224; du contingent, telle est l'approche humaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et plus nous nous &#233;loignons de tout cela, plus les affinit&#233;s commencent &#224; s'affaiblir et finalement, &#224; dispara&#238;tre. Et alors nous les retrouvons l&#224;, tous ceux qui portent leurs opinions comme des m&#233;dailles, qui montrent leurs muscles et qui font tout ce qu'ils peuvent pour appara&#238;tre fascinants. Et au-del&#224;, la domination du pouvoir, ses lieux et ses hommes, la vitalit&#233; obligatoire, la fausse idol&#226;trie, le feu sans chaleur, le monologue, le bavardage, le tumulte, toutes ces choses qui peuvent &#234;tre pes&#233;es et mesur&#233;es demeurent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est tout cela que je souhaite &#233;viter, voici mon anti-fascisme.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La Maladie Communautaire&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pratique anarchiste est brusquement retomb&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, avec peu d'actions, que ce soit &#224; un niveau &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;de masse&lt;/i&gt; &#187;, ou au niveau de groupes sp&#233;cifiques. Par cons&#233;quent, nous voyons un &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;revival&lt;/i&gt; &#187; de la vieille question de la meilleure fa&#231;on de se rapprocher du &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communisme&lt;/i&gt; &#187; ou de la construction de situations qui expriment non seulement nos id&#233;es mais aussi des valeurs morales et culturelles, mais qui sont aussi capables de satisfaire notre fondamental besoin individuel et collectif de libert&#233;. Autrement dit, il y a une proposition de cr&#233;er des points de r&#233;f&#233;rence qui vont au-del&#224; de la division classique entre le personnel et le &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela correspond &#224; un besoin croissant dans l'int&#233;gralit&#233; du mouvement anti-capitaliste d'aujourd'hui, pas uniquement dans le mouvement anarchiste. Comme les espoirs de changements profonds de la structure sociale ont disparu avec la diffusion du d&#233;sistement de la lutte, la pr&#233;occupation de ne pas &#234;tre englouti par la restructuration progressive est devenue plus grande encore ; &#171; Nous devons continuer &#224; lutter pour nos besoins essentiels, parce que de toute fa&#231;on, ce n'est pas le moment de converser sur de grands changements macroscopiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me est que ces impulsions finissent par prendre deux routes qui, si examin&#233;es de pr&#232;s, finissent toutes les deux dans la m&#234;me impasse, dans le m&#234;me ghetto. &lt;br /&gt;La premi&#232;re, plus directe, est celle du d&#233;sistement : rien ne peut &#234;tre fait, l'ennemi est trop puissant. Nous pourrions plut&#244;t compter sur la diffusion de nos id&#233;es (qui de toute fa&#231;on, sont sup&#233;rieures) et ne pas insister sur l'attaque, qui ne m&#232;ne qu'&#224; la r&#233;pression, cr&#233;ant plus de difficult&#233;s pour le mouvement dans son activit&#233; fondamentale de propagande et de diffusion de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la&lt;/i&gt; th&#233;orie anarchiste. &lt;br /&gt;La deuxi&#232;me route, plus tortueuse, est celle de la proposition organisationnelle, forcement en lien avec l'id&#233;e de communaut&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup de compagnons parlent de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;, bien que pas toujours comme quelque chose de limit&#233; &#224; un secteur g&#233;ographique ou pour satisfaire (ou essayer de satisfaire) certains besoins, m&#234;me les plus basiques. Cela devrait signifier une fa&#231;on diff&#233;rente de voir la vie, la culture, la nouveaut&#233;, la diversit&#233;. La &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#233;chappe ainsi aux dangers du conservatisme, ou au danger de devenir une simple r&#233;p&#233;tition de slogans vides.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais tr&#232;s peu de choses sont dites &#224; propos de cette &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;, de sa structure ou des autres arrangements qui pourraient donner une certaine id&#233;e de son aspect &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op&#233;rationnel&lt;/i&gt; &#187;. On le voit en termes de sens de la participation, d'une conscience des contradictions sp&#233;cifiques de l'anarchisme (qui en v&#233;rit&#233; n'est jamais claire), et du d&#233;sir de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;, sans accepter l'un aux d&#233;pens de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi croyons-nous que cette route est &#233;gale &#224; la premi&#232;re, celle du d&#233;sistement ouvert et d&#233;clar&#233; ? C'est facilement dit.
&lt;br /&gt;Parce que la lutte r&#233;volutionnaire est un fait organisationnel, ici et maintenant ; non simplement une &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#233;volution culturelle&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb2-5&quot; name=&quot;nh2-5&quot; id=&quot;nh2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] par l&amp;#39;utilisation de ce terme je ne me r&#233;f&#232;re pas &#224; la r&#233;volution (...)' &gt;5&lt;/a&gt;]. Parce que le heurt entre les classes ne laisse aucune place pour les &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;marges&lt;/i&gt; &#187; ou les espaces libres qui peuvent &#234;tre atteints par des op&#233;rations effectu&#233;es parmi les courants quelque peu pollu&#233;s de la pens&#233;e philosophique. Parce que le r&#233;volutionnaire paye toujours de sa personne, il est donc conscient qu'il devra aussi faire face au &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sacrifice&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; l'ajournement de ses projets, au retard de la satisfaction de ses besoins.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que quelqu'un qui d&#233;cide vraiment d'attaquer le pouvoir des oppresseurs ne peut pas raisonnablement penser que ces derniers le laisseront en paix avec ses tensions id&#233;elles vers la libert&#233; et l'&#233;galit&#233;. Parce que s'ils veulent vraiment que ces espaces de vie &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communautaire&lt;/i&gt; &#187; soient tangibles en termes pratiques (et pas juste comme un exercice c&#233;r&#233;bral), ils doivent aussi montrer un peu de bonne volont&#233;, c'est-&#224;-dire, se prononcer contre la violence, contre l'expropriation, particuli&#232;rement au sens individuel, et contre la solidarit&#233; active avec ceux qui luttent vraiment et font face &#224; la mort chaque jour, sur leurs lieux de travail ou en d'autres endroits o&#249; se heurtent des int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; ce point, la provocation doit &#234;tre mise en ces termes, il me semble :
&lt;br /&gt;Nous pouvons &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;parler&lt;/i&gt; de l'id&#233;e de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; et nous y limiter. Tr&#232;s bien. Alors nous devrions &#234;tre clairs &#224; ce sujet.
&lt;br /&gt;Ou alors nous pouvons essayer de mettre l'id&#233;e de communaut&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;en pratique&lt;/i&gt;. OK. Dans ce cas nous devrions &#234;tre plus sp&#233;cifiques sur les structures, les activit&#233;s, les limitations et les possibilit&#233;s communautaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi longtemps que cela concerne le deuxi&#232;me point, nous avons seulement une vague critique de tentatives auto-g&#233;r&#233;es dans des situations capitalistes aujourd'hui, qui ne prennent pas les nombreux autres probl&#232;mes en consid&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je dois dire que lorsque l'on se trouve face &#224; une myriade d'exemples historiques rarement &#233;difiants, c'est toujours mieux de prendre du recul sur une id&#233;e, peu importe l'importance, l'utilit&#233; ou le confort &#224; le faire. Et le probl&#232;me de la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; est sans aucun doute de cette sorte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jetons-y un coup d'&#339;il. L'id&#233;e de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; n'est pas sp&#233;cifique aux anarchistes. Au contraire, elle a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e partout dans la pens&#233;e philosophique (la codification universitaire des id&#233;es de la classe dominante), souvent en opposition au concept de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En laissant de c&#244;t&#233; l'utilisation sp&#233;cifique que Platon, Fichte et Hegel faisaient de l'id&#233;e de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;, un exemple que l'on doit garder en m&#233;moire est l'analyse de Marx et Engels de la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233; primitive&lt;/i&gt; &#187; dans laquelle commen&#231;a l'histoire de l'humanit&#233;. Celle-ci devait devenir une communaut&#233; finale dans laquelle l'histoire du prol&#233;tariat et la lutte des classes devaient se r&#233;soudre. Un tel d&#233;terminisme philosophique atteint son expression tragi-comique achev&#233;e dans les th&#233;ories de la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; de Staline, qui se porte bien &#224; c&#244;t&#233; des th&#233;ories des Nationaux-Socialistes, qui n'&#233;taient pas juste des th&#233;oriciens, mais presque les architectes de la communaut&#233; d'un peuple et d'une culture sacr&#233;e (par la force, bien s&#251;r).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'ici, nous sommes clairement dans le secteur d'une interpr&#233;tation supranationale du concept de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais une autre &#233;laboration de ce concept a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans les ateliers du monde universitaire, une plus proche des id&#233;es qui sont discut&#233;es dans le mouvement anarchiste d'aujourd'hui. Celle-ci ne voit pas la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; comme une entit&#233; supranationale, mais comme une liaison particuli&#232;re entre les individus, autrement dit comme une &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;relation sociale&lt;/i&gt; &#187;. Selon cette fa&#231;on de voir les choses, des relations individuelles sont provoqu&#233;es par l'int&#233;r&#234;t commun, cr&#233;ant l'interaction qui sert &#224; int&#233;grer la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce concept a d'abord &#233;t&#233; formul&#233; par l'&#233;cole Romantique allemande, par le th&#233;ologien Schleiermacher [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb2-6&quot; name=&quot;nh2-6&quot; id=&quot;nh2-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Friedrich Daniel Ernst Schleiermacher (Breslau, 21 novembre 1768 (...)' &gt;6&lt;/a&gt;], pour &#234;tre pr&#233;cis, en 1799, et ses id&#233;es sont sans aucun doute li&#233;es &#224; son concept de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;religion&lt;/i&gt; &#187; qui signifie &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;lier ensemble&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;relier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors en 1887, T&#246;nnies [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb2-7&quot; name=&quot;nh2-7&quot; id=&quot;nh2-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Ferdinand T&#246;nnies, n&#233; le 26 juillet 1855 et mort le 9 avril 1936, &#233;tait (...)' &gt;7&lt;/a&gt;], dans une formulation plus d&#233;taill&#233;e, d&#233;crivit la communaut&#233; comme un organisme naturel dans une sorte de volont&#233; collective destin&#233;e &#224; la satisfaction d'int&#233;r&#234;ts collectifs. Dans cet organisme, les pulsions et les int&#233;r&#234;ts individuels s'atrophient &#224; un degr&#233; maximal, tandis que l'orientation culturelle tend &#224; atteindre une dimension presque sacr&#233;e. Il y a une solidarit&#233; globale entre tous les membres. La propri&#233;t&#233; est conserv&#233;e dans le commun. Le pouvoir (au moins comme il est compris aujourd'hui) est absent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mod&#232;le pr&#233;sent&#233; par T&#246;nnies pour son analyse est celui de la soci&#233;t&#233; rurale europ&#233;enne, des villages de paysans. Kropotkine, pour sa part, s'est bas&#233; sur d'autres sujets d'&#233;tude, comme le &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mir&lt;/i&gt; &#187; russe [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb2-8&quot; name=&quot;nh2-8&quot; id=&quot;nh2-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Commune paysanne sous le r&#233;gime tsariste.' &gt;8&lt;/a&gt;] et sur d'autres &#233;tudes anthropologiques de langue anglaise, mais tout deux avaient un mod&#232;le assez semblable en m&#233;moire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; mon avis, l'erreur se trouve dans la croyance qu'il est naturel d'agir dans une voie sp&#233;cifique &#224; certaines situations communautaires de l'histoire, dans un sentiment communautaire qui a exist&#233; parmi certaines populations avant la d&#233;sint&#233;gration de l'ordre social. Autrement dit, il a &#233;t&#233; pens&#233; que certaines institutions communautaires avaient &#233;chapp&#233; &#224; leurs destructions par l'&#201;tat moderne et continuaient &#224; exister sous des formes incompl&#232;tes qui sont toujours visibles aujourd'hui, comme la famille (ou la famille &#233;tendue), les groupes de voisinage, les coop&#233;ratives, etc. Tout cela est vraiment na&#239;f.
&lt;br /&gt;Moins na&#239;f, mais tout aussi trompeur (et dangereux), est le point de vue de ceux qui disent que la communaut&#233; est une union qui est ressentie &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;subjectivement&lt;/i&gt; &#187; par ses membres, tandis que la soci&#233;t&#233; est seulement comprise par un arrangement objectif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rien de cela n'amoindrit les sentiments de solidarit&#233;, l'&#233;galit&#233;, le refus du pouvoir et de la propri&#233;t&#233; que l'exploit&#233; a &#233;t&#233; capable de r&#233;aliser dans des formes bien d&#233;finies. Tout comme cela n'amoindrit pas le concept d'auto-organisation, de cr&#233;ativit&#233; spontan&#233;e et de projectualit&#233; de ceux qui luttent contre le pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que je veux mettre en question ici, c'est la validit&#233; et l'utilisation possible du concept de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;, au moins, pour les raisons suivantes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-96d77.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 1. A la lumi&#232;re de l'histoire de ce concept, nous ne pouvons pas envisager la communaut&#233; comme indicateur d'une valeur qui est sup&#233;rieure &#224; celle de la soci&#233;t&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-96d77.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 2. Il s'ensuit que nous ne pouvons pas envisager la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; comme faisant partie d'un h&#233;ritage culturel du progr&#232;s contre la r&#233;action ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-96d77.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 3. Le point 2 est d&#233;montr&#233; par le fait que les mouvements fascistes et r&#233;actionnaires aussi - &#224; leur propre fa&#231;on - firent r&#233;f&#233;rence au concept de communaut&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-96d77.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 4. Il n'est pas facile de lib&#233;rer la communaut&#233; de l'aura du sacr&#233; ou des porteurs-de-v&#233;rit&#233;. Cela a un effet de d&#233;formation sur la solidarit&#233; ind&#233;niable qui s'y &#233;tend, une solidarit&#233; qui s'&#233;tend souvent de fa&#231;on acritique sous des drapeaux ou des slogans ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-96d77.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 5. Il serait loin d'&#234;tre facile aussi de s&#233;parer le concept de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; de ses origines paysannes et rurales avec toutes les implications qui sont maintenant lointaines et qui sont certainement contrast&#233;es par une situation g&#233;n&#233;rale de changement technologique profond.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me semble que nous pouvons terminer en disant simplement qu'il n'y a aucun besoin d'avoir recours &#224; des concepts comme la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;, qui contiennent des pollutions qui ne sont pas faciles &#224; filtrer, afin d'indiquer la capacit&#233; effective de l'auto-organisation que poss&#232;de l'exploit&#233; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand ce concept est utilis&#233; pour se r&#233;f&#233;rer &#224; une forme d'organisation possible, en pensant qu'il surmonterait les limites et les contradictions, les dangers et les traumatismes que l'activit&#233; anarchiste r&#233;volutionnaire porte in&#233;vitablement en elle &#224; une &#233;poque de lac&#233;ration sociale profonde comme la notre, je dois souligner mon d&#233;saccord.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La perte du langage&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un des projets que le capital tend &#224; r&#233;aliser est la r&#233;duction du langage. Par le mot langage, nous entendons ici toutes les formes d'expression, particuli&#232;rement celles qui nous permettent d'articuler des concepts complexes sur les choses et les sentiments.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pouvoir a besoin de cette r&#233;duction parce qu'elle supplante la r&#233;pression directe par le contr&#244;le, dans lequel le consensus joue un r&#244;le fondamental. Et le consensus uniforme est impossible en la pr&#233;sence d'une cr&#233;ativit&#233; prot&#233;iforme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le vieux probl&#232;me r&#233;volutionnaire de la propagande a aussi consid&#233;rablement chang&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, d&#233;masquant les limitations d'un r&#233;alisme qui a pr&#233;tendu montrer les alt&#233;rations du monde aux exploit&#233;s de fa&#231;on claire, les mettant dans la situation d'une prise de conscience de leur condition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la sph&#232;re historique de l'anarchisme, nous avons l'exemple tout &#224; fait exceptionnel de la capacit&#233; litt&#233;raire d'un Malatesta, bas&#233;e sur une langue simplifi&#233;e &#224; un degr&#233; maximal, constituant un mod&#232;le unique pour son temps. Errico Malatesta n'a pas utilis&#233; de rh&#233;torique ou d'effets de choc. Il a utilis&#233; la logique d&#233;ductive &#233;l&#233;mentaire, commen&#231;ant par des points de d&#233;part simples bas&#233;s sur le bon sens et terminant avec de complexes conclusions, facilement comprises par le lecteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Luigi Galleani, lui, travaillait &#224; un niveau linguistique totalement diff&#233;rent. Il utilisait de vastes constructions rh&#233;toriques, attachant beaucoup d'importance &#224; la musicalit&#233; de l'expression et &#224; l'utilisation de mots anciens, choisis pour cr&#233;er une atmosph&#232;re qui &#224; son avis am&#232;nerait les consciences vers l'action.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aucun des exemples sus-mentionn&#233;s ne peut &#234;tre propos&#233; comme des mod&#232;les d'un langage r&#233;volutionnaire qui conviendrait aux temps pr&#233;sent. Malatesta, parce qu'il y a bien moins de choses &#224; d&#233;montrer aujourd'hui et Galleani, parce qu'il y a de moins en moins de consciences &#224; amener vers l'action.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#233;ventail bien plus large de litt&#233;rature r&#233;volutionnaire peut &#234;tre trouv&#233; en France, en raison de la grande tradition de ce pays qui n'a aucune &#233;quivalence en Italie, en Espagne ou en Grande-Bretagne, et en raison de la relation particuli&#232;re en France avec la langue et la culture. &#192; peu pr&#233;s au m&#234;me moment que les exemples italiens mentionn&#233;s ci-dessus, nous avons S&#233;bastien Faure, Jean Grave et &#201;mile Armand pour la clart&#233; de l'exposition, tandis que pour la recherche et les aspects plus rh&#233;toriques, il y avait Albert Libertad et Zo d'Axa.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne devons pas oublier que la France avait d&#233;j&#224; l'exemple de Proudhon dont le style avait m&#234;me &#233;tonn&#233; l'Acad&#233;mie, Faure &#233;tait consid&#233;r&#233;, lui, comme la suite logique de cette grande &#233;cole, sans oublier Grave, son style m&#233;thodique, asphyxiant. Autodidacte, il &#233;tait un &#233;l&#232;ve enthousiaste de Kropotkine dont le fran&#231;ais &#233;tait d'ailleurs tr&#232;s bon, pr&#233;cis&#233;ment parce que, comme Bakounine, c'&#233;tait le fran&#231;ais d'un russe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait continuer longtemps, des exp&#233;riences linguistiques, litt&#233;raires et journalistiques de Libertad, Zo d'Axa et d'autres, jusqu'&#224; leur pr&#233;d&#233;cesseur Ernest C&#339;urderoy. Mais bien qu'ils repr&#233;sentent certains des meilleurs exemples de &#171; journalisme &#187; r&#233;volutionnaire, aucun de ces mod&#232;les n'est valable aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fait est que la r&#233;alit&#233; a chang&#233;, alors que les r&#233;volutionnaires, eux, continuent de produire du langage de la m&#234;me fa&#231;on, ou plut&#244;t d'une fa&#231;on plus mauvaise encore. Pour le voir il suffirait de comparer une feuille de chou comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'En-dehors&lt;/i&gt; de Zo d'Axa &#224; certains des journaux lapidaires que nous produisons aujourd'hui - en regardant notre propre situation - comme par exemple celui que nous avons fait &#224; l'occasion de la rencontre avec les compagnons d'Europe de l'Est &#224; Trieste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le probl&#232;me est parti bien plus loin que &#231;a. Non seulement nos interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s perdent leur langue, mais nous aussi nous perdons la n&#244;tre. Et parce que nous devons n&#233;cessairement nous r&#233;unir sur des terrains commun si nous voulons communiquer, cette perte s'av&#232;re &#234;tre grave, et irr&#233;versible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce processus d'aplatissement r&#233;pandu frappe toutes les langues, rabaissant l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des expressions &#224; l'uniformit&#233; des moyens. Le m&#233;canisme est plus ou moins le suivant, et pourrait &#234;tre compar&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision. L'augmentation quantitative de nouveaux signifi&#233;s, r&#233;duit le temps disponible pour la transmission de chacun d'entre eux. Cela m&#232;ne &#224; une s&#233;lection progressive et spontan&#233;e d'images et de mots, d'une part ces &#233;l&#233;ments sont essentialis&#233;s, tandis que de l'autre la quantit&#233; de donn&#233;es transmissibles augmente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La si d&#233;sirable clart&#233; d&#233;plor&#233;e par tant de g&#233;n&#233;rations de r&#233;volutionnaires d&#233;sireux d'expliquer la r&#233;alit&#233; aux gens, a finalement &#233;t&#233; atteinte de la seule fa&#231;on possible : en ne rendant pas claire la r&#233;alit&#233; (chose de toute fa&#231;on impossible), mais en rendant r&#233;elle la clart&#233;, c'est-&#224;-dire l'exposition de la r&#233;alit&#233; construite par la technologie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela arrive &#224; toute l'expression linguistique, en incluant les tentatives d&#233;sesp&#233;r&#233;es de sauver l'activit&#233; humaine par l'art, qui laisse aussi de moins en moins de possibilit&#233;s. De plus, cet effort se retrouve &#224; devoir lutter sur deux fronts : d'abord, pour ne pas &#234;tre aval&#233; par l'appauvrissement qui transforme la cr&#233;ativit&#233; en uniformit&#233; et ensuite, contre le probl&#232;me oppos&#233; mais de m&#234;mes racines, celui du march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mes vieilles th&#232;ses &#224; propos de l'art pauvre et de l'art comme destruction sont toujours proches dans mon c&#339;ur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donnons un exemple : toute langue, en ce qu'elle est un instrument, peut &#234;tre utilis&#233;e de beaucoup de fa&#231;ons. Elle peut &#234;tre utilis&#233;e pour transmettre un code visant &#224; entretenir ou perfectionner le consensus, elle peut aussi &#234;tre utilis&#233;e pour stimuler la transgression. La musique n'est pas une exception ici, bien qu'&#224; cause de ses caract&#233;ristiques particuli&#232;res la route vers la transgression lui est encore plus difficile. Bien qu'elle semble plus directe, elle est en r&#233;alit&#233; plus difficilement accessible. Le Rock est une musique de r&#233;cup&#233;ration et a contribu&#233; &#224; l'extinction de beaucoup d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire dans les ann&#233;es soixante-dix. Selon l'intuition de Nietzsche, la m&#234;me chose arriva &#224; son &#233;poque avec l'innovation de la musique Wagn&#233;rienne. Pensez aux grandes diff&#233;rences th&#233;matiques et culturelles qui existent entre ces deux sortes de production musicale. Wagner a d&#251; construire un &#233;difice culturel &#233;norme et d&#233;composer compl&#232;tement l'instrument linguistique pour captiver la jeunesse r&#233;volutionnaire de son temps. Aujourd'hui, le Rock a fait la m&#234;me chose &#224; une &#233;chelle beaucoup plus large mais avec un effort culturel ridicule qu'il vaudrait mieux ne pas comparer &#224; celui de Wagner. La massification de la musique a favoris&#233; le travail de r&#233;cup&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous pourrions dire que l'action r&#233;volutionnaire fonctionne de deux fa&#231;ons, d'abord selon l'instrument, qui subit un processus de simplification et de d&#233;shabillement, ensuite dans le sens de son utilisation, devenu peu &#224; peu standardis&#233;e, produisant des effets qui ne peuvent pas toujours &#234;tres r&#233;duits &#224; un d&#233;nominateur commun acceptable pour tous ou presque tous. Cela arrive dans la pr&#233;tendue litt&#233;rature (po&#233;sie, r&#233;cit, th&#233;&#226;tre, etc.) aussi bien que dans le microcosme restreint des r&#233;volutionnaires avec l'examination des probl&#232;mes sociaux. Si cela prend la forme d'articles dans des journaux anarchistes, ou des tracts, des brochures, des livres, etc, les risques sont assez semblables. Le r&#233;volutionnaire est un produit de son temps, il utilise donc les instruments et les occasions que son temps produit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les chances de pouvoir lire &#224; propos des conditions actuelles de la soci&#233;t&#233; et de la production ont &#233;t&#233; r&#233;duites, parce qu'il y a beaucoup moins de choses &#224; apporter &#224; la surface et parce que les instruments interpr&#233;tatifs ont subi une r&#233;cession. Dans une soci&#233;t&#233; qui a &#233;t&#233; polaris&#233;e en deux classes clairement oppos&#233;es, la t&#226;che de la contre-information &#233;tait d'apporter la r&#233;alit&#233; de l'exploitation que les structures du pouvoir avait int&#233;r&#234;t &#224; dissimuler, de les exhiber au grand air. Les m&#233;canismes d'extraction de la valeur en surplus, les stratag&#232;mes r&#233;pressifs, les r&#233;gressions autoritaires de l'&#201;tat. Maintenant, dans une soci&#233;t&#233; qui se d&#233;place de plus en plus vers une forme d&#233;mocratique de gestion de la production bas&#233;e sur les technologies de l'information, le capital devient de plus en plus compr&#233;hensible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui nous devons interpr&#233;ter la soci&#233;t&#233; avec des instruments culturels qui ne sont tout simplement pas capables d'interpr&#233;ter les faits qui sont inconnus ou trait&#233;s superficiellement. Nous devons aussi identifier une conflictualit&#233; inconsciente qui est loin du vieux conflit de classe extr&#234;mement visible, nous devons aussi &#233;viter d'&#234;tres entra&#238;n&#233;s dans un refus simpliste incapable d'&#233;valuer les m&#233;canismes de r&#233;cup&#233;ration, le consensus et la mondialisation.
&lt;br /&gt;Plus que la documentation, nous avons besoin de la participation active des compagnons, y compris par l'&#233;criture, dans ce qui doit &#234;tre un projet pr&#233;cis. Nous ne pouvons pas nous limiter &#224; la d&#233;nonciation de l'exploitation, nous devons apporter nos analyses dans un projet plus large qui devienne compr&#233;hensible au cours de l'analyse elle-m&#234;me. La contre-information document&#233;e et la d&#233;nonciation ne doivent plus suffire. Nous avons besoin de quelque chose en plus, tant que nous avons toujours des langues pour parler, tant qu'ils ne nous les couperont pas toutes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est cette nouvelle interaction entre la fa&#231;on de s'exprimer et le projet que l'on exprime qui est la force de cette utilisation des instruments linguistiques, mais c'est elle aussi qui m&#232;ne &#224; la d&#233;couverte de ses limitations. Si l'on permet &#224; la langue de s'appauvrir, si l'on s'adapte &#224; la tendance &#224; sa r&#233;duction permanente qui a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;e et appliqu&#233;e par le pouvoir, alors c'est in&#233;vitable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me suis toujours battu contre cette sorte d'objectivit&#233; d&#233;tach&#233;e par &#233;crit, regardant les questions r&#233;volutionnaires. Pr&#233;cis&#233;ment parce que c'est un instrument, l'expression linguistique a toujours une dimension sociale qui se r&#233;sume &#224; son style. Ce n'est pas juste &#171; l'homme &#187; comme disait Buffon, mais &#171; l'homme dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e &#187;. Et c'est le style qui r&#233;sout le probl&#232;me, certainement difficile, de fournir les pr&#233;tendus actes de l'&#233;v&#233;nement avec le contenu indispensable, leur insertion dans un projet. Si ce projet est vivant et &#224; jour sur les conditions du conflit, le style pourrait &#234;tre &#233;gay&#233;, tandis que si ce dernier n'est pas appropri&#233; ou perdu dans l'illusion de l'objectivit&#233;, m&#234;me le meilleur projet courra le risque de se perdre lui-m&#234;me dans une for&#234;t fantomatique d'impressions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre langage doit donc prendre une forme capable de soutenir notre contenu r&#233;volutionnaire et poss&#233;der des pouss&#233;es de provocation capables de violer et de renverser les moyens normaux de communication. Il doit &#234;tre capable de repr&#233;senter la r&#233;alit&#233; que nous ressentons dans nos c&#339;urs sans pour autant nous envelopper nous-m&#234;me dans un linceul de logique et n'&#234;tre compris que par nous-m&#234;mes. Le projet et la langue utilis&#233;es pour l'illustrer doivent se rencontrer et se reconna&#238;tre dans le style employ&#233;. Sans vouloir pousser les choses &#224; l'extr&#234;me logique de cette th&#232;se bien us&#233;e, nous savons aujourd'hui que l'instrument constitue une partie consid&#233;rable du message.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous devons rechercher ces processus, ne pas laisser une nouvelle id&#233;ologie du pragmatisme nous submerger dans des expressions jetables o&#249; il n'y a aucune relation entre le projet et la fa&#231;on d'en parler.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, l'appauvrissement linguistique en plein accroissement est aussi refl&#233;t&#233; dans les instruments de communication qu'utilisent les r&#233;volutionnaires. Tout d'abord parce que nous sommes des hommes et des femmes de notre temps, participants aux processus culturels r&#233;ducteurs qui les caract&#233;risent. Nous perdons peu &#224; peu les instruments comme n'importe qui d'autre. C'est normal. Mais nous devons faire plus qu'un effort pour obtenir de meilleurs r&#233;sultats et acqu&#233;rir la capacit&#233; &#224; r&#233;sister &#224; ce projet d'appauvrissement du langage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette r&#233;duction de la capacit&#233; stylistique est une cons&#233;quence de la baisse de contenu. Elle est aussi capable de produire un nouvel appauvrissement, menant &#224; l'incapacit&#233; d'exprimer la partie essentielle de notre projectualit&#233;, qui n&#233;cessairement reste li&#233;e aux moyens d'expression. Ce n'est pas donc pas le genre qui sauve le contenu, mais par dessus tout la fa&#231;on qu'&#224; ce contenu de prendre forme. Quelques personnes font des sch&#233;mas et ne r&#233;ussissent jamais &#224; s'en lib&#233;rer. Ils filtrent tout ce qu'ils viennent &#224; savoir par ce sch&#233;ma, en le croyant &#234;tre &#171; leur fa&#231;on naturelle de s'exprimer &#187;. Mais ce n'est pas comme &#231;a que cela se passe. Il faut se lib&#233;rer de cette prison t&#244;t ou tard, si l'on veut faire de ce que l'on communique, la vivante r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a ceux qui choisissent l'ironie pour transmettre l'urgence qu'ils ressentent, par exemple. Tr&#232;s bien, mais l'ironie a ses propres particularit&#233;s, c'est agr&#233;able, l&#233;ger, une danse, une plaisanterie, une m&#233;taphore allusive. Cela ne peut pas devenir un syst&#232;me sans devenir r&#233;p&#233;titif ou path&#233;tique comme les encarts satiriques des quotidiens, ou les bandes dessin&#233;es o&#249; nous savons &#224; l'avance comment va se terminer l'histoire sans quoi nous ne serions pas capables de la comprendre, comme des plaisanteries de caserne. De la m&#234;me fa&#231;on, mais pour des raisons oppos&#233;es, la tentative de rendre la r&#233;alit&#233; visible et palpable par la communication, en partant de la supposition qu'il ne peut y avoir aucune r&#233;alisation imm&#233;diate de quoi que ce soit qui ne semble pas r&#233;el - finit par devenir ennuyeuse, et irr&#233;alisable. Nous nous perdons dans le besoin constant d'insister, perdant la conceptualit&#233; qui est &#224; la base de la vraie communication.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une des expressions rebattue dans le mus&#233;e de la stupidit&#233; quotidienne est que nous ne savons pas comment dire quelque chose, alors que le probl&#232;me est vraiment que nous ne savons pas que dire. Ce n'est pas n&#233;cessairement vrai. Le flux de communication n'est pas unidimensionnel, mais multidimensionnel : nous ne faisons pas que communiquer, nous recevons aussi des communications. Et nous avons les m&#234;mes probl&#232;mes avec la communication, qu'avec la r&#233;ception de la communication. Il y a aussi un probl&#232;me de style &#224; propos de la r&#233;ception. Difficult&#233;s identiques, illusions identiques. De nouveau, nous limitant au langage &#233;crit, nous constatons que quand nous lisons des articles de la presse, nous pouvons reconstruire la faon dont l'auteur de l'article re&#231;oit ses communications de l'ext&#233;rieur. Le style est le m&#234;me, nous pouvons le voir dans les m&#234;mes articles, les m&#234;mes erreurs, les m&#234;mes raccourcis. Et c'est parce que ces incidents et limites ne sont pas juste des questions de style, mais sont les composants essentiels du projet de l'auteur, de sa vie m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous pouvons voir que plus faible est la capacit&#233; du r&#233;volutionnaire &#224; saisir la signification d'une communication entrante, m&#234;me lorsqu'elle nous atteint directement par les &#233;v&#233;nements, plus pauvre et plus r&#233;p&#233;titive est son interpr&#233;tation, dans les mots et malheureusement dans les actes, l'approximation, l'incertitude, un bas niveau d'id&#233;es qui ne fait justice en rien aux complexit&#233;s des capacit&#233;s de l'ennemi ; ou &#224; nos propres intentions r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les choses &#233;taient autrement, le r&#233;alisme socialiste par exemple, avec sa bonne classe ouvri&#232;re toujours pr&#234;te &#224; se mobiliser, aurait &#233;t&#233; la seule solution possible. La derni&#232;re aberration dict&#233;e par une telle ignorance et le refus de consid&#233;rer la r&#233;alit&#233; diff&#233;remment &#233;tait l'intervention des bons mineurs roumains pour r&#233;tablir le nouvel ordre d'Illiescu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les tentatives du Pouvoir de g&#233;n&#233;raliser l'appauvrissement de l'expression linguistique sont l'une des composantes essentielles du mur insurmontable qui se construit entre l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;inclus&lt;/i&gt; et l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;exclu&lt;/i&gt;. Si nous avons identifi&#233; l'attaque directe et imm&#233;diate comme un instrument dans la lutte, parall&#232;lement &#224; cela, nous devons aussi d&#233;velopper une utilisation optimale de l'instrument linguistique et prendre, peu importe le prix, ce que nous ne poss&#233;dons pas. Les deux sont ins&#233;parables.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Inactualit&#233;s sur les drogues&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a au moins deux fa&#231;ons de faire de la musique. La fa&#231;on n&#233;gative et la fa&#231;on positive. Nous pouvons faire hurler tant que nous le voulons les cordes d'un violon sans pour autant r&#233;ussir &#224; faire de la musique. Les carnets d'influences enti&#232;rement remplis de grands compositeurs ne font pas toujours les grands musiciens. Il s'ensuit qu'il ne faudrait pas pr&#234;ter autant d'attention &#224; la fa&#231;on dont les choses sont dites, qu'&#224; ce qui est dit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a autant de violons dans les drogues aujourd'hui qu'il y en a dans tout le reste. Chacun joue &#224; sa mani&#232;re, avec ses buts propres. Il y a ceux qui parlent avec un air d'autorit&#233;, bien que quand ils arrivent au fond du sujet, tout ce qu'ils connaissent consiste en de l'ou&#239;-dire. Cette conscience les atteint par l'exp&#233;rience des autres, c'est une affaire ext&#233;rieure. Ils ont observ&#233; de loin ces questions qui ne sont pas les leurs, rassemblant &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;les t&#233;moignages oculaires&lt;/i&gt; &#187; qui sont de simples signaux, mais pas la r&#233;alit&#233;. Pour cela, il importe peu &#224; mon avis que l'on adopte une attitude laxiste ou que l'on fasse des pr&#233;visions apocalyptiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors il y a les canailles habituelles qui s'en remettent aux projets politiques opportunistes, grands ou petits ; mais ici encore, la diff&#233;rence est sans int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et il y a ceux qui en toute bonne foi (nous parlons de ceux qui font de la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;bonne foi&lt;/i&gt; &#187; une profession) et de fa&#231;on d&#233;sarmante, font presque de leur &#233;tat de gr&#226;ce un bouclier derri&#232;re lequel se cacher, insistant timidement sur le fait que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;quelque chose doit &#234;tre fait&lt;/i&gt; &#187; (qui n'aboutit g&#233;n&#233;ralement pas plus qu'&#224; une r&#233;novation digne de certaines des formes les plus d&#233;su&#232;tes de services sociaux).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et finalement il y a les &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; &#187; les plus avanc&#233;s qui peuvent &#234;tre grossi&#232;rement divis&#233;s en deux positions, toutes comiques, mais pour des raisons diff&#233;rentes. La premi&#232;re est laxiste, mais seulement &#224; un certain point. Ils sont pour l'utilisation de drogues &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;douces&lt;/i&gt; &#187;, et pas de drogues &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dures&lt;/i&gt; &#187;. Ils sont ouverts d'esprit au point de devenir eux-m&#234;mes des consommateurs. Avec l'asc&#233;tisme r&#233;volutionnaire bien s&#251;r, ne consommant que de petites quantit&#233;s en faisant attention de n'en avoir que tr&#232;s peu sur eux afin de ne pas avoir de probl&#232;mes avec la loi. &lt;br /&gt;La deuxi&#232;me position est la condamnation absolue de toutes les drogues, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dures&lt;/i&gt; comme &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;douces&lt;/i&gt; &#187;, ils ne font aucune diff&#233;rence ; toutes &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#233;duisent nos facult&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces deux positions &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; &#187; manquent clairement de quelque chose. La diff&#233;rence entre drogues &#171; douces &#187; et &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dures&lt;/i&gt; &#187; m'a toujours sembl&#233;e fausse, en partie parce que cette diff&#233;rence est d&#233;finie par des laboratoires l&#233;gaux du syst&#232;me. Et il me semble &#234;tre trop h&#226;tif d'&#233;tablir une fois pour toutes que les drogu&#233;s sont des idiots sans cervelle, incapables d'auto-organiser leurs vies. Des rondins de bois &#224; la merci de la rivi&#232;re tourbillonnante des relations de pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le stupide et le superficiel, le faible et l'incertain, ceux d&#233;sireux de l'uniformit&#233; &#224; n'importe quel prix, se rallieront sous n'importe quel drapeau, y compris le drapeau r&#233;volutionnaire. &#192; mes c&#244;t&#233;s, sous le m&#234;me drapeau, je les ai entendus haleter dans des situations trop fortes pour leur go&#251;t de l'humanitaire, et ind&#233;pendamment du d&#233;guisement mensonger de lion. J'en ai m&#234;me vu qui cachaient leurs faiblesses derri&#232;re des attitudes dignes de juges &#233;craseurs de montagne. Nous avons presque tous besoin d'un appui, je ne dis pas que je ne m'y inclus pas. Je prends un somnif&#232;re quand je ne peux pas dormir, je mange trop quand je suis nerveux, et d'autres choses du m&#234;me genre. Nous ne parlons pas de nos faiblesses, mais de nos attitudes envers ce que nous envisageons &#234;tre les faiblesses des autres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi, si je consid&#232;re ma position soigneusement je trouve que la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;question des drogues&lt;/i&gt; &#187; rel&#232;ve de l'inactualit&#233;. Je n'ai pas envie de souscrire aux positions cit&#233;es plus t&#244;t. Ni aux positions de sup&#233;riorit&#233; que prennent d'autres pour parler des &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;drogu&#233;s&lt;/i&gt; &#187; (mais c'est plus &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;in&lt;/i&gt; &#187; de les appeler les &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;junkies&lt;/i&gt; &#187;). Je vois les choses diff&#233;remment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De nouveau nous devons partir d'une &#233;vidence : la libert&#233;. Bien s&#251;r, quelqu'un pourrait r&#233;pondre qu'une jeune personne avec tr&#232;s peu de perspectives d'acquisition de la connaissance et de points de r&#233;f&#233;rence, n'a pas la possibilit&#233; de partir de cette &#233;vidence. Ainsi que devrais-je faire ? Cela &#233;quivaudrait &#224; dire que je suis d&#233;sol&#233; que les exploit&#233;s ont peu de chance de se rebeller parce que la structure du pouvoir a &#233;t&#233; assez intelligente pour tout recoudre. En fait je ne suis pas d&#233;sol&#233; d'une telle chose. Ils l'ont demand&#233;, avec leurs suggestions malheureuses et petites sur la fa&#231;on de forcer l'&#201;tat &#224; satisfaire leurs besoins. Et alors les besoins continuent &#224; &#234;tre satisfaits ou report&#233;s, permettant une r&#233;organisation du contr&#244;le et une restructuration de l'&#233;conomie. &#192; un tel point qu'un jour ou l'autre, si ce n'est aujourd'hui, l'espace pour la r&#233;bellion sera r&#233;duit au point de devenir presque inexistant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'individu veut &#233;tablir une relation avec des drogues, il est libre de le faire, mais ne me dites pas qu'une seule sorte de relation est possible. Pendant une longue p&#233;riode de ma vie, j'ai consid&#233;r&#233; les situations que nous avons v&#233;cues pendant les ann&#233;es 50 comme diff&#233;rentes. En ces temps nous &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;jouions avec le feu&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui nous pouvons l'examiner de long en large, tout ce que nous avons, c'est des zombis pleurant pour un &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fix&lt;/i&gt; &#187;. Mais je ne suis pas pris par cette sorte de g&#233;missement, qui est le m&#234;me que celui que l'on peut entendre en &#233;coutant &#224; la porte de n'importe quel prol&#233;taire ou de n'importe quel taudis de la pauvret&#233; la plus honteuse et r&#233;pugnante, sans que personne ne soul&#232;ve un doigt lorsqu'il passe devant les vitres blind&#233;es d'une banque o&#249; le coffre-fort n'attend que d'&#234;tre vid&#233;. Bien s&#251;r que les probl&#232;mes de la pauvret&#233; et de l'exploitation existent. Mais il y a aussi le probl&#232;me social de la soumission, de la respectabilit&#233;, de la pi&#233;t&#233;, de l'acceptation, du sacrifice. Si l'exploit&#233; est vraiment un rebelle il ne commencera certainement pas par r&#233;soudre le probl&#232;me social de &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;tous&lt;/i&gt; &#187; les exploit&#233;s, mais essayera au moins de r&#233;soudre le sien sans s'arr&#234;ter &#224; la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;m&#233;chancet&#233;&lt;/i&gt; &#187; du capitalisme. Dans le cas d'un &#233;tat physique incapacitant, il faut toujours &#233;valuer que faire de sa vie avant d'atteindre l'abjection de la simple d&#233;nonciation de sa pauvret&#233;. Dans l'&#233;nonciation de cela, je ne dis pas que je suis contre les exploit&#233;s ou les pauvres bougres qui prennent des drogues et sont les proies de leurs propres fant&#244;mes. Je les plains, oui. Apr&#232;s tout je suis aussi un &#234;tre humain. Mais je ne suis pas pr&#233;par&#233; &#224; faire quoi que ce soit pour eux. Que devrais-je faire ? Les r&#233;orienter vers les vieilles luttes pour le logement, l'eau, l'&#233;lectricit&#233; ou pour une pension, juste pour qu'ils puissent se d&#233;placer vers de nouveaux niveaux de pauvret&#233; et de d&#233;couragement ? Et que doit-on faire avec ces larves en transe ? Leur donner de la m&#233;thadone ? Ou leur construire un hospice libertaire et humanitaire ? Ne me le mentionnez m&#234;me pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je sais &#224; coup s&#251;r que le prol&#233;taire exploit&#233; peut se rebeller, et que s'il ne le fait pas, il est aussi responsable, au moins autant, que ceux qui l'exploitent. Je sais &#224; coup s&#251;r que les drogu&#233;s peuvent se rebeller et que s'ils ne le font pas ils sont aussi responsables, autant que ceux qui s'enrichissent de leur mis&#232;re. Il n'est pas vrai que la privation, le travail, la pauvret&#233; ou les drogues nous d&#233;poss&#232;dent totalement de notre volont&#233;. Au contraire, ils peuvent la rendre plus grande. Il n'est pas vrai, contrairement &#224; ce que beaucoup de personnes sans exp&#233;rience maintiennent, que l'h&#233;ro&#239;ne emp&#234;che toute volont&#233; et rend incapable d'agir avec un projet d&#233;termin&#233; et une conscience de la r&#233;alit&#233; des classes, c'est-&#224;-dire des m&#233;canismes qui produisent, parmi d'autres choses, le march&#233; des drogues. Quelqu'un qui dit le contraire manque de comp&#233;tence, ou alors, c'est un mystificateur. Il y a toujours une conscience de soi et de sa projectualit&#233; chez le drogu&#233;, m&#234;me chez ceux qui sont cens&#233;s &#234;tre dans une &#233;tape finale (mais quelle est cette &#233;tape ?). Si l'individu est faible, un pauvre roseau avec un caract&#232;re d&#233;j&#224; marqu&#233; par une vie de privation, il r&#233;agit faiblement. On pourrait r&#233;pondre que les drogues, comme appui, ont tendance &#224; &#234;tre plus recherch&#233;es par des personnes faibles. Je dois admettre que c'est vrai. Mais cela ne change pas le raisonnement (&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;inactualit&#233;es&lt;/i&gt; &#187;) que j'ai fait au d&#233;but, celui de pointer la responsabilit&#233; du faible concernant ses propres faiblesses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je consid&#232;re que le temps est venu de dire les choses sans m&#226;cher ses mots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh2-1&quot; name=&quot;nb2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Giovanni Gentile (Castelvetrano, le 30 mai 1875 - Florence, le 15 avril 1944) &#233;tait un philosophe italien, id&#233;aliste et n&#233;o-h&#233;g&#233;lien, proche de Benedetto Croce. Il se d&#233;crit lui-m&#234;me comme le &quot;philosophe du fascisme&quot;, et a en grande partie r&#233;dig&#233; pour Benito Mussolini la Doctrine du fascisme en 1932. Il est &#233;galement &#224; l'origine de l'id&#233;alisme actuel, un courant philosophique qui entendait se distinguer de l'id&#233;alisme transcendantal de Kant et de l'id&#233;alisme absolu de Hegel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh2-2&quot; name=&quot;nb2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Ezra Weston Loomis Pound (Hailey, Idaho, &#201;tats-Unis, 30 octobre 1885 - 1er novembre 1972 &#224; Venise) est un po&#232;te, musicien et critique am&#233;ricain qui a fait partie du mouvement moderniste du d&#233;but des ann&#233;es 1920 et qui est souvent rattach&#233; &#224; la G&#233;n&#233;ration perdue. Pound &#233;tait le chef de file de plusieurs mouvements litt&#233;raires et artistiques comme l'imagisme et le vorticisme. Pound &#233;tait &#233;galement un fervent supporter de Benito Mussolini, il fut critiqu&#233; pour ses prises de position antis&#233;mites. Son engagement aux c&#244;t&#233;s de Mussolini lui vaut d'&#234;tre condamn&#233; en 1945. Il est reconnu malade et intern&#233; jusqu'en 1958.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh2-3&quot; name=&quot;nb2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Les chemises noires, ou Milice Volontaire pour la S&#233;curit&#233; Nationale (MVSN) &#233;tait la principale milice des fascistes italiens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh2-4&quot; name=&quot;nb2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] la r&#233;ceptivit&#233; &#224; se laisser p&#233;n&#233;trer et &#224; p&#233;n&#233;trer au point de ne plus craindre l'autre, mais plut&#244;t une conscience de ses propres limites et capacit&#233;s et donc aussi des limites et des capacit&#233;s de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh2-5&quot; name=&quot;nb2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] par l'utilisation de ce terme je ne me r&#233;f&#232;re pas &#224; la r&#233;volution culturelle de Mao, qui n'a aucun rapport avec nous et qui n'avait de culturelle que le nom&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh2-6&quot; name=&quot;nb2-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Friedrich Daniel Ernst Schleiermacher (Breslau, 21 novembre 1768 &#8211; Berlin, 12 f&#233;vrier 1834) est un th&#233;ologien protestant et un philosophe allemand.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh2-7&quot; name=&quot;nb2-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Ferdinand T&#246;nnies, n&#233; le 26 juillet 1855 et mort le 9 avril 1936, &#233;tait un sociologue et philosophe allemand. Il est l'auteur de l'ouvrage &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Communaut&#233; et Soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nh2-8&quot; name=&quot;nb2-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Commune paysanne sous le r&#233;gime tsariste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Recueil paru chez Elephant Editions, Londres, 2000, coll. Work in Progress N&#176;4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Titres originaux des textes
pr&#233;sents dans ce recueil
dont la source est connue :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Che ne facciamo
dell' antifascismo ?&lt;/i&gt;,
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Anarchismo&lt;/i&gt; N&#176;74.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Inattualita sulla
droga&lt;/i&gt;, Septembre 1994,
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ProvocAzione&lt;/i&gt; N&#176;17.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Come giocarsi la vite
e perche&lt;/i&gt;, Juin 1990,
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ProvocAzione&lt;/i&gt; N&#176;21.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mal di &quot;Comunita&quot;&lt;/i&gt;,
Mai 1987, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ProvocAzione&lt;/i&gt;
N&#176;5.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; L'introduction est celle de l'&#233;dition anglaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://infokiosques.net/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Che ne facciamo dell' antifascismo ?&lt;/i&gt; traduit en fran&#231;ais par Non
Fides et repris de la brochure &lt;a href=&quot;http://www.non-fides.fr/?L-Anarchisme-contre-l-antifascisme,385&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Anarchisme contre l'antifascisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Non Fides, octobre 2009.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les autres textes sont traduits de l'anglais par &lt;a href=&quot;http://ravage-editions.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Ravage &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>



	<item>
		<title>Dijon : programme biblioth&#232;que/cin&#233;ma/etc. de l'espace autog&#233;r&#233; des Tanneries - janvier/f&#233;vrier 2010</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article773</link>
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		<dc:date>2010-01-13T10:55:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Infokiosque des Tanneries</dc:creator>


		<dc:subject>Infokiosque des Tanneries (Dijon)</dc:subject>

		<description>Version mise en page disponible sur : &lt;br /&gt;http://squat.net/tanneries/document... &lt;br /&gt;Cher&#183;e&#183;s usager&#183;e&#183;s de l'espace autog&#233;r&#233;, &lt;br /&gt;Nouveau programme et nouvelle formule en ce d&#233;but d'ann&#233;e : les d&#233;sormais traditionnelles lectures/discussions des mercredi se voient agr&#233;ment&#233;es de divers bonus, et notamment de prolongations cin&#233; ! Rien de tel pour mettre &#224; l'honneur la nouvelle salle de projection, apparue au terme du chantier collectif d'octobre dernier ! Il devrait y avoir du popcorn, et des bons trucs (...)


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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;les tanneries&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;Infokiosque des Tanneries (Dijon)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Version mise en page disponible sur :&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://squat.net/tanneries/documents/tanneries-bibli-janfev2010.pdf&quot; class=&quot;spip_url spip_out&quot;&gt;http://squat.net/tanneries/document...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cher&#183;e&#183;s usager&#183;e&#183;s de l'espace autog&#233;r&#233;,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nouveau programme et nouvelle formule en ce d&#233;but d'ann&#233;e : les d&#233;sormais traditionnelles lectures/discussions des mercredi se voient agr&#233;ment&#233;es de divers bonus, et notamment de prolongations cin&#233; ! Rien de tel pour mettre &#224; l'honneur la nouvelle salle de projection, apparue au terme du chantier collectif d'octobre dernier ! Il devrait y avoir du popcorn, et des bons trucs &#224; regarder.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En guise de break dans ces mercredis bien remplis, nous vous proposons de casser la cro&#251;te en d&#233;but de soir&#233;e, sur le principe de l'auberge espagnole, o&#249; chacun&#183;e am&#232;ne une denr&#233;e &#224; partager. Par soucis tant &#233;thique que pratique, merci cependant de laisser viandes et produits issus de l'exploitation animale de c&#244;t&#233;, le monde v&#233;g&#233;tal &#233;tant bien plus &#224; m&#234;me de tou&#183;te&#183;s nous r&#233;galer en convivialit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, si vous avez quelque chose &#224; proposer, n'h&#233;sitez pas &#224; venir en parler lors des r&#233;us mensuelles, chaque premier mercredi. &#192; noter que ces jours l&#224;, nous vous proposons dor&#233;navant de passer de la lecture &#224; l'&#233;coute collective, avec une s&#233;lection de passionnantes et diverses &#233;missions !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour finir sur les nouveaut&#233;s, nous pouvons d'ores et d&#233;j&#224; annoncer qu'un atelier de dessin devrait voir le jour sans tarder (la rumeur parle des mercredis &#224; 16h, &#224; confirmer). En voici la pr&#233;sentation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;On va se donner les moyens pour comprendre et accepter notre expression et de s'y approcher d'une autre fa&#231;on, on pourra cr&#233;er des comix, dessiner des objets, des personnes, illustrer des textes et faire des mises en page, un logo activiste, des posters pour la rue ou tout ce qu'on pourra imaginer. Tout &#231;a avec attention &#224; affaiblir hi&#233;rarchie, jalousie ou concurrence, mais confronter nos pratiques, s'amuser ou inspirer et donner forme au invisible, beau et moche, bizarre ou ordinaire. L'&#226;ge n'est pas important. Le talent est une insulte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur ce, &#224; bient&#244;t, autour d'un bouquin, d'une tchatche, d'une projection ou d'un g&#226;teau ! Yo !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Solidaritet med alle klimafanger !&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Solidarit&#233; avec les tou-te-s les manifestant-e-s emprisonn&#233;-e-s lors du sommet de Copenhague !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MERCREDI 13 JANVIER&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18H - &quot;La face noire de la mondialisation&quot;
&lt;br /&gt;De Xavier Raufer, Alain Bauer. CNRS &#233;ditions. 2009.
&lt;br /&gt;Attention, livre de l'ennemi : les deux zozos qui le signent sont criminologues et conseillers du pouvoir. &#199;a parle de faire triompher l'ordre sur le chaos, de terrorisme, de police mondiale. Mais &#231;a donne une vision assez int&#233;ressante des fant&#244;mes qui les hantent, et de leur strat&#233;gie dans les temps &#224; venir (car m&#234;me si l'analyse est parfois assez hallucin&#233;e, les deux comp&#232;res sont assez influents pour la faire entendre et appliquer).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21H - &quot;Lucio&quot;
&lt;br /&gt;Documentaire. 90mn. 2007.
&lt;br /&gt;Un film qui retrace la vie de Lucio, ma&#231;on espagnol immigr&#233; &#224; Paris et issu de la r&#233;sistance antifranquiste, braqueur, expropriateur, r&#233;cup&#233;rateur et faux monnayeur de g&#233;nie. En 1979, il passe &#224; la vitesse sup&#233;rieure et fait imprimer pour plusieurs milliards d'anciens francs de travellers ch&#232;ques. Ce sera le d&#233;but des ennuis et de la l&#233;gende, car devant l'ampleur et la qualit&#233; de l'arnaque, la First National City Bank en sera r&#233;duite &#224; mettre genou &#224; terre et &#224; n&#233;gocier. Ce livre &#233;crit par Lucio nous raconte cette saga &#224; la Robin des bois, tapiss&#233;e de rencontres avec les GARI, des militants d'Action Directe et d'ETA, Che Guevara, des voyous et des ministres&#8230; mais il nous raconte &#233;galement le pourquoi : vols enti&#232;rement revers&#233;s &#224; des groupes d'action, des syndicats, des caisses de gr&#232;ve, pour soutenir des prisonniers... C'est ce que Lucio appelle sa morale anarchiste, une morale selon laquelle voler les riches pour la r&#233;volution est un devoir...&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MERCREDI 20 JANVIER&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18H - &quot;Faut pas payer !&quot;
&lt;br /&gt;De Dario Fo - Dramaturgie &#201;ditions, 1997
&lt;br /&gt;La pi&#232;ce de Dario Fo, &quot;Faut pas payer&quot; est d'une actualit&#233; f&#233;roce en ces temps o&#249; le capitalisme se restructure &#224; coup de crise &#233;conomique. Elle s'inscrit dans l'histoire bien r&#233;elle du mouvement des auto-r&#233;ductions en Italie durant les ann&#233;es 70, p&#233;riode dans laquelle des dizaines de milliers de personnes, souvent aid&#233;es par les employ&#233;s des services concern&#233;s, se mirent &#224; s'organiser collectivement pour faire la gr&#232;ve des loyers, des factures de gaz ou d'&#233;lectricit&#233;, &#224; s'emparer des produits dans les supermarch&#233;s... Une Histoire que &quot;faut pas payer&quot; aborde avec le ton d&#233;licieux et puissant de la farce. Pour Dario Fo, spectacle et engagement sont ins&#233;parables, et il n'&#233;crira ou ne repr&#233;sentera rien qui ne se conforme &#224; ce principe, mais en sachant donner au militantisme une chaleur de vie, une jubilation inventive qui ont pu en &#234;tre trop souvent absentes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21H - &quot;Reprise&quot;
&lt;br /&gt;De Herv&#233; Le Roux, Les films d'ici - 1997
&lt;br /&gt;C'est une image : une jeune femme, r&#233;volt&#233;e qui crie.Nous sommes en juin 68, c'est la reprise du travail aux usines wonder, apr&#232;s la gr&#232;ve de Mai. Des &#233;tudiants de l'IDHEC filment la sc&#232;ne. Et cette jeune femme crie qu'elle ne retournera pas au travail,qu'elle ne veut plus retrouver la salet&#233;, les cadences, le m&#233;pris de cette &#171; taule &#187;. Plus de 30 ans apr&#232;s, hant&#233; par le visage et la voix de cette femme, Herv&#233; Le Roux part &#224; sa recherche et nous offre un r&#233;cit &#224; suspense, polar social, jalonn&#233; parles rencontres avec les acteurs de l'&#233;poque : ouvriers, contrema&#238;tres, militants d'extr&#234;me gauche...&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MERCREDI 27 JANVIER&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18H - &quot;&lt;a href=&quot;http://www.lyber-eclat.net/lyber/bolo/bolo.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Bolo' bolo&lt;/a&gt;&quot;
&lt;br /&gt;Bolo'bolo est un essai, &#233;crit en 1983, n'ayant b&#233;n&#233;fici&#233; d'aucune publicit&#233;, mais traduit dans un grand nombre de langues et r&#233;&#233;dit&#233; plusieurs fois. Il explique d'abord comment la race humaine est sous l'emprise de la gigantesque Machine-Travail plan&#233;taire (MTP), en apparence invincible et qui va pourtant s'effondrer. Dans la grande tradition des oeuvres utopiques, est ensuite d&#233;crite par le menu, le fonctionnement d'une soci&#233;t&#233; organis&#233;e en &#171; bolos &#187;, communaut&#233;s autonomes interconnect&#233;es dans un monde ouvert et d&#233;barrass&#233; des rapports marchands et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. 100 ans apr&#232;s &#171; Le Capital &#187;, Bolo' bolo ne se r&#233;soud ni &#224; la fin de l'histoire ni &#224; un insurrectionnalisme nihiliste et ose reposer la question d'un projet de soci&#233;t&#233; anti-autoritaire qui nous extirpe du capitalisme. Il n'offre pas un programme mais une mallette pleine de trouvailles pour qui ambitionne d'&#233;tablir des voies vers d'autres futurs. Pour ne rien g&#226;cher, B'b ne sombre pas dans l'aridit&#233; th&#233;orique et id&#233;ologique de certains de ses pr&#233;d&#233;cesseurs et privil&#233;gie une vision ludique et pittoresque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21H - &quot;La belle verte&quot;
&lt;br /&gt;Film de Coline Serreau - 1996
&lt;br /&gt;Quelque part dans l'univers, existe une plan&#232;te dont les habitant-e-s &#233;volu&#233;-e-s et heureux vivent en parfaite harmonie. De temps en temps, quelques-un-e-s d'entre eux/elles partent en excursion sur d'autres plan&#232;tes. Curieusement, depuis deux cents ans, plus personne ne veut aller sur la plan&#232;te Terre. Une jeune femme d&#233;cide finalement de se porter volontaire. Et c'est ainsi que les Terriens la voient atterrir en plein Paris... En d&#233;pit d'une certaine na&#239;vet&#233;, le film de Coline Serreau a le m&#233;rite de pr&#233;senter d'autres mod&#232;les de soci&#233;t&#233;, et de questionner nos modes de vie actuels avec humour...&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MERCREDI 03 F&#201;VRIER&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18H - &quot;Le complot des cagoles&quot;
&lt;br /&gt;&#201;mission f&#233;ministe de Marseille sur Radio Gal&#232;re.
&lt;br /&gt;Cette &#233;mission sur les luttes des femmes nous emm&#232;ne de Marseille, avec la gr&#232;ve des caissi&#232;res du Carrefour littoral, au Burundi, en passant par diverses initiatives non-mixtes et combats de lesbiennes radicales, le tout par le biais de divers reportages sonores.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;19H - R&#233;u mensuelle d'activit&#233;s&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MERCREDI 10 F&#201;VRIER&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18H - &quot;Les cahiers au feu&quot;
&lt;br /&gt;De Catherine Baker, &#201;ditions Barrault - 1988
&lt;br /&gt;L'&#233;cole - un outil, une obligation, une n&#233;cessit&#233; pour un beau futur, une prison ou un lieu d'&#233;panouissement intellectuel et culturel ? Qui choisit d'y aller ? Quelles sont les alternatives ? Qu'est-ce qu'un enfant ? Les enfants ont-ils/elles tou&#183;te&#183;s les moyens de d&#233;cider ? Et qu'est-ce qu'on veut pour lui, pour elle ? Une &#233;ducation, un apprentissage ? Une vie int&#233;ressante et enrichissante &#224; 5, 15 ou 45 ans ? L'&#233;cole peut-elle en &#234;tre le moyen ? Quelques pistes de r&#233;flexion sur notre rapport &#224; l'apprentissage et au formattage des esprits - les n&#244;tres et ceux de nos enfants...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21H - &quot;&lt;a href=&quot;http://www.archive.org/details/zero_de_conduite&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Z&#233;ro de conduite&lt;/a&gt;&quot;
&lt;br /&gt;Com&#233;die satirique de Jean Vigo - 1933
&lt;br /&gt;Dans un pensionnat de province, entre chahuts, punitions, &#233;tudes et r&#233;cr&#233;ations, trois gamins fomentent une r&#233;bellion... Un joyeux vent de r&#233;volte souffle sur ce film largement autobiographique de Jean Vigo. C'est sans aucun doute ce qui valut &#224; &quot;Z&#233;ro de conduite&quot; d'&#234;tre interdit par la censure jusqu'en 1945.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;23H - &quot;Les quatre cents coups&quot;
&lt;br /&gt;Film de Fran&#231;ois Truffaut - 1959
&lt;br /&gt;Au moment o&#249; il se fait punir par son instituteur, il &#233;crira sur le mur l'&#233;pitaphe suivant : &quot;Ici souffrit le pauvre Antoine Doisnel ; Puni injustement par Petite-Feuille ; Pour une pin-up tomb&#233;e du ciel ; Entre nous, ce sera dent pour dent ; Oeil pour oeil&quot;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MERCREDI 17 F&#201;VRIER&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18H - &quot;&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/article.php3?id_article=426&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La joie de la r&#233;volution&lt;/a&gt;&quot;
&lt;br /&gt;De Ken Knabb - 1997
H&#233;ritier des situationnistes fran&#231;ais des ann&#233;es 60-70, Ken Knabb nous propose, 30 ans plus tard, des moyens pour aboutir &#224; la mise en place d'une &quot;soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e&quot;. En des termes plus qu'abordables, il conseille, analyse, remet en question, tant les th&#233;ories que la pratique d'une r&#233;volution. Ceci sera sans doute pour nous l'occasion de discuter nos diff&#233;rents modes d'action, comme nos pistes de r&#233;flexion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21H - &quot;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xfbni_femmes-debout-1_family&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Debout !&lt;/a&gt;&quot;
&lt;br /&gt;Documentaire de Carole Roussopoulos - 1999
&lt;br /&gt;Document pr&#233;sentant un volet de l'histoire du mouvement f&#233;ministe en France et en Suisse des ann&#233;es 70 &#224; 80 &#224; travers les t&#233;moignages d'une vingtaine de femmes suisses et fran&#231;aises ayant particip&#233; &#224; la naissance de ce mouvement. Elles en retracent l'histoire, les luttes, les acquis et les soubresauts.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les mercredis &#224; partir de 15h, l'espace autog&#233;r&#233; ouvre sa biblioth&#232;que, son infokiosque, sa zone de gratuit&#233;... et vous convie, &#224; 18h, &#224; des lectures, pr&#233;sentations et d&#233;bats autour des ouvrages ci-mentionn&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, c'est ap&#233;ro et auberge espagnole (chacun-e am&#232;ne de quoi boire et manger - sans viande, Svp), puis &#224; partir de 21h, c'est cin&#233; !
... sans oublier, chaque premier mercredi vers 19h, la &#171; r&#233;u activit&#233;s &#187; de l'espace autog&#233;r&#233;, moment de choix pour qui souhaite s'impliquer dans les projets existants ou amener de nouvelles id&#233;es !&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Espace autog&#233;r&#233; des Tanneries&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
17 bd de Chicago, 21000 Dijon&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://squat.net/tanneries/&quot; class=&quot;spip_url spip_out&quot;&gt;http://squat.net/tanneries/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Gr&#232;ce : la r&#233;volte de d&#233;cembre 2008</title>
		<link>http://infokiosques.net/spip.php?article732</link>
		<guid isPermaLink="true">http://infokiosques.net/spip.php?article732</guid>
		<dc:date>2010-01-12T12:03:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anonymes, Blaumachen, flesh machine // ego te provoco // comrades, TPTG</dc:creator>


		<dc:subject>Infokiosque fant&#244;me (Partout)</dc:subject>
		<dc:subject>Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvements sociaux</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous on travaille pour qu'ils mangent. IL Y EN A MARRE, eux avec leur ventre et nous avec notre faim. O&#249; est l'&#233;galit&#233; dont parle leur SOI-DISANT d&#233;mocratie ? Le salaire de base de 600 euros ? C'est donc &#231;a leur &#233;galit&#233;, c'est &#231;a l'&#233;galit&#233; des chances ? C'EST LES 600 EUROS QUI LES BR&#219;LENT. &#199;a va &#234;tre l'allume-feu qui fera flamber votre monde, bande de salauds !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Nous venger non seulement pour la mort de Alexis, mais aussi pour les milliers d'heures qu'on nous vole au travail, pour les milliers de moments o&#249; l'on a senti l'humiliation au bureau du directeur, les milliers de moments o&#249; l'on a retenu notre col&#232;re devant un CONNARD de client &#8216;exigeant' ! Pour nos r&#234;ves qui sont devenus publicit&#233;s, pour nos id&#233;es qui sont devenues orientations gouvernementales et votes, pour la vie qui s'use continuellement, pour nous-m&#234;mes qui devenons petit &#224; petit des ombres dans une vie quotidienne qui se r&#233;p&#232;te&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;sommaire :
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ath&#232;nes : Br&#232;ve pr&#233;sentation des r&#233;cents &#233;v&#233;nements d'Ath&#232;nes vus par quelques prol&#233;taires qui y ont particip&#233; (6-31 d&#233;cembre)...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Thessalonique : Une premi&#232;re mise &#224; jour sur le r&#233;cent soul&#232;vement (6-23 d&#233;cembre)&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;cembre 2008 en Gr&#232;ce : une tentative de mise au jour de la force et des limites de notre lutte&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Rien n'est fini, rien ne finira ! Tout continue, tout...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interview de quelques anarchistes grecs &#224; propos du soul&#232;vement en cours&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Konstantina Kuneva : Lorsqu'ils s'attaquent &#224; l'une d'entre-nous, c'est &#224; tous qu'ils s'attaquent&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2e communiqu&#233; des occupants de la Facult&#233; d'&#201;conomie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;claration de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Travailleurs Insurg&#233;s d'Ath&#232;nes&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Fin de l'occupation de l'&#201;cole Polytechnique&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Chronologie de la solidarit&#233; internationale avec les incendiaires grecs&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une pinc&#233;e de sucre, et tout s'adoucit...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#8211; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;...divers tracts...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;G&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Infokiosque fant&#244;me (Partout)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot92" rel="tag"&gt;Insurrections, r&#233;voltes, &#233;meutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://infokiosques.net/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Mouvements sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;IMG/arton732.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;169&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff732.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://infokiosques.net/IMG/arton732.jpg'&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font color = &quot;BF0000&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;introduction
&lt;br /&gt;FUCK MAY 68, FIGHT NOW !&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;h5&gt;
&lt;blockquote&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous on travaille pour qu'ils mangent. IL Y EN A MARRE, eux avec leur ventre et nous avec notre faim. O&#249; est l'&#233;galit&#233; dont parle leur SOI-DISANT d&#233;mocratie ? Le salaire de base de 600 euros ? C'est donc &#231;a leur &#233;galit&#233;, c'est &#231;a l'&#233;galit&#233; des chances ? C'EST LES 600 EUROS QUI LES BR&#219;LENT. &#199;a va &#234;tre l'allume-feu qui fera flamber votre monde, bande de salauds !&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Nous venger non seulement pour la mort de Alexis, mais aussi pour les milliers d'heures qu'on nous vole au travail, pour les milliers de moments o&#249; l'on a senti l'humiliation au bureau du directeur, les milliers de moments o&#249; l'on a retenu notre col&#232;re devant un CONNARD de client &#8216;exigeant' ! Pour nos r&#234;ves qui sont devenus publicit&#233;s, pour nos id&#233;es qui sont devenues orientations gouvernementales et votes, pour la vie qui s'use continuellement, pour nous-m&#234;mes qui devenons petit &#224; petit des ombres dans une vie quotidienne qui se r&#233;p&#232;te&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici un recueil de textes qui revient, un an apr&#232;s, sur le mois de d&#233;cembre 2008 grec et sa r&#233;volte enflamm&#233;e. Le monde a eu les yeux riv&#233;s sur cette quasi-insurrection ; nous aussi. Cependant il est tr&#232;s difficile de pouvoir cerner avec tout le recul n&#233;cessaire cet &#233;v&#233;nement hors du commun de ces derni&#232;res d&#233;cennies. Nous savons que ce maigre recueil est tr&#232;s tr&#232;s loin d'&#234;tre exhaustif &#8212; tant sur la r&#233;alit&#233; de la r&#233;volte et de celles et ceux qui l'ont v&#233;cu, que sur les traces &#233;crites (textes et analyses) qui sont parvenues jusqu'&#224; nous. Et, aussi incompl&#232;te que peut &#234;tre cette brochure, nous voulons quand m&#234;me proposer un aper&#231;u de ce mois de d&#233;cembre 2008 en donnant la parole &#224; celles et ceux qui y ont particip&#233; : deux r&#233;cits d&#233;taill&#233;s des &#233;v&#233;nements &#224; Ath&#232;nes et Thessalonique, deux esquisses d'analyse intitul&#233;es &#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tentative de mise &#224; jour de la force et des limites de notre lutte&lt;/i&gt;&#8221; et &#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rien n'est fini, rien ne finira ! Tout continue, tout...&lt;/i&gt;&#8221;, un entretien avec des anarchistes quelques jours apr&#232;s l'assassinat d'Alexis Grigoropoulos, un r&#233;cit des actions de solidarit&#233; avec Konstantina Kuneva vitriol&#233;e par ses patrons, des tracts de divers collectifs, des communiqu&#233;s des occupations d'universit&#233;s, ainsi qu'une longue chronologie de la solidarit&#233; internationale qui s'est exprim&#233;e ces semaines-l&#224;... Enfin, &#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une pinc&#233;e de sucre et tout s'adoucit...&lt;/i&gt;&#8221;, une analyse r&#233;cente sur les tentatives contre-insurrectionnelles que l'&#201;tat met en &#339;uvre pour essayer de mater durablement la r&#233;volte grecque...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mouvement ne s'est pas arr&#234;t&#233; soudainement d&#233;but 2009. Et m&#234;me s'il a perdu en intensit&#233; depuis, la guerre de classe fait toujours rage. L'arriv&#233;e peu surprenante de la gauche au pouvoir en septembre dernier n'emp&#234;che pas les &#233;clats de col&#232;re de perdurer un peu partout. Et malgr&#233; la volont&#233; de l'actuel gouvernement socialiste de casser tr&#232;s clairement toute contestation par tous les moyens &#8212; utilisation beaucoup plus large de l'outil antiterroriste ; rafles dans les milieux anti-autoritaires et arrestations pr&#233;ventives ; cr&#233;ation d'une brigade de flics voltigeurs (&#171; Escadron Delta &#187;) ; loi contre le fait de masquer son visage ; violations r&#233;p&#233;t&#233;es de l'asile universitaire qui, jusqu'&#224; aujourd'hui, interdit aux flics de pouvoir rentrer dans les facs ; alliance objective avec les fascistes qui sont de plus en plus actifs et violents,... &#8212;, on ne peut pas dire que la tension sociale ne se calme. Pour exemples dans la toute fra&#238;che actualit&#233; : les trois jours d'&#233;meutes venant saluer, un an apr&#232;s, la r&#233;volte de d&#233;cembre 2008 ; ainsi que, plus quotidiennement, les manifestations qui finissent tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement en affrontements avec les keufs, occupations de b&#226;timents institutionnels, multiples attaques contre les locaux des partis politiques de tous bords, attaques de commissariats, de banques et de personnalit&#233;s politiques... Contre l'&#233;tat. Contre le capital.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224;, ce recueil n'est rien d'autre qu'un modeste geste de solidarit&#233; avec les r&#233;volt&#233;s de Gr&#232;ce et d'ailleurs, ainsi qu'avec tous ceux qui se font rattraper par les griffes de la r&#233;pression.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Il est possible de participer &#224; la diffusion de cette brochure. Nous pouvons faire parvenir &#224; qui le d&#233;sire le nombre d'exemplaires souhait&#233; (jusqu'&#224; plusieurs dizaines) en contre-partie d'une modique somme (prix co&#251;tant d'impression et frais de port). Pour toute demande, il suffit d'&#233;crire un mail &#224; &lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/fuckmay68fightnow(((AAA)))riseup.net&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;fuckmay68fightnow(((AAA)))riseup.net&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h5&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Ath&#232;nes : Br&#232;ve pr&#233;sentation des r&#233;cents &#233;v&#233;nements d'Ath&#232;nes vus par quelques prol&#233;taires qui y ont particip&#233; (6-31 d&#233;cembre)...&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi 6 d&#233;cembre 2008, un coup de feu de la police a d&#233;clench&#233; dans les villes de toute la Gr&#232;ce les plus fortes &#233;meutes depuis des d&#233;cennies. Ce qui suit est une premi&#232;re &#8212; et incompl&#232;te &#8212; pr&#233;sentation des r&#233;centes &#233;meutes &#224; Ath&#232;nes, qui sont toujours en cours, bas&#233;e sur nos propres exp&#233;riences et ce dont nous avons entendu parler. D'un c&#244;t&#233;, la f&#233;rocit&#233; des &#233;meutes et la d&#233;termination des &#233;meutiers et des pillards et, de l'autre la strat&#233;gie &#224; venir de l'&#201;tat, demandent certainement plus de
temps et d'attention pour &#234;tre comprises de fa&#231;on ad&#233;quates, ce que nous ne sommes honn&#234;tement pas en mesure de faire en ce moment, parce que nous participons &#224; plusieurs actions locales, manifs et assembl&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;samedi 6 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Vers 21h10, un garde sp&#233;cial de la police shoote &#224; mort un jeune gar&#231;on de 15 ans, Alexis-Andreas Grigoropoulos, de sang froid, dans une altercation ordinaire pr&#232;s de la place Exarchia. Tout de suite apr&#232;s, beaucoup de personnes dont de nombreux anti-autoritaires se rendent sur place pour savoir ce qui s'&#233;tait pass&#233; et pour exprimer leur rage contre la police. Des centaines de policiers tentent de boucler la zone pour &#233;touffer toute r&#233;action, sans succ&#232;s. Spontan&#233;ment, les gens commencent &#224; attaquer la police dans les rues autour de la place par tous les moyens possibles. En moins de deux heures, plus de 10 000 personnes se sont empar&#233;es des rues avoisinantes pour venir aux nouvelles et s'affronter avec la police. Quelques groupes anarchistes occupent le b&#226;timent historique de l'Universit&#233; Technique Nationale (&#201;cole Polytechnique), situ&#233; quelques rues plus loin, et la Facult&#233; d'&#201;conomie, situ&#233;e &#224; un kilom&#232;tre de l&#224;, pour en faire des centres de lutte. Les gauchistes font la m&#234;me chose avec la Facult&#233; de Droit, situ&#233;e &#224; moins d'un kilom&#232;tre de l'endroit o&#249; s'est produit le meurtre. Dans ce quartier, les affrontements avec la police et les attaques contre les banques et les commerces dureront jusqu'&#224; 4h du matin, aussi tard que nous ayons pu le voir.
&lt;br /&gt;La nouvelle de l'assassinat se diffuse rapidement &#224; travers les portables et internet. R&#233;sultat, environ 150 personnes qui se trouvaient d&#233;j&#224; sur la place Monastiraki attaquent de mani&#232;re spontan&#233;e et pillent presque tous les magasins de la rue Ermou, la 11&#232;me rue la plus chicos du monde. L&#224;, beaucoup de passants se joignent &#224; l'&#233;meute des bars et des bo&#238;tes de nuit alentours. Dans le centre d'Ath&#232;nes cette nuit-l&#224;, des personnes ont attaqu&#233; le commissariat pr&#232;s de l'Acropole, lui causant de gros d&#233;g&#226;ts.
&lt;br /&gt;Il faut noter que l'info concernant l'assassinat du jeune gar&#231;on a fait le tour de nombreuses villes (Thessalonique, Ioannina, Irakleio, Volos), o&#249; ont lieu des attaques contre des banques, des commissariats et des commerces.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;dimanche 7 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La Facult&#233; de Droit occup&#233;e appelle &#224; une manifestation &#224; 14h devant le Mus&#233;e d'Arch&#233;ologie, qui est juste &#224; c&#244;t&#233; de l'autre b&#226;timent historique occup&#233;, l'&#201;cole Polytechnique, dans l'avenue Patission. De nombreuses personnes s'y rendent et, vers 15h30, la manifestation se dirige vers le Quartier G&#233;n&#233;ral de la Police d'Ath&#232;nes. Nous savions d&#233;j&#224; que la police ne nous laisserait jamais approcher de son QG, mais nous &#233;tions d&#233;termin&#233;s &#224; nous en approcher aussi pr&#232;s que possible. Les destructions de banques et les jets de pierres contre les flics ont commenc&#233; d&#232;s que nous avons quitt&#233; la place. Lorsque nous avons tourn&#233; &#224; droite sur l'avenue Alexandras, il y avait environ 4000 personnes, de tous &#226;ges. Chaque commerce ouvert a &#233;t&#233; attaqu&#233;, principalement des concessionnaires de voitures de luxe et des banques. Au d&#233;but, la police est rest&#233; &#224; bonne distance des &#233;meutiers et &#233;vitait de se faire prendre pour cible. Lorsqu'elle s'est rapproch&#233;e, les &#233;meutiers l'ont attaqu&#233;e avec des pierres. Elle a effectu&#233; une premi&#232;re tentative de rompre la manif avec des gaz pr&#232;s de la place d'Argentine, mais sans succ&#232;s. Dix minutes plus tard, &#224; l'angle de la rue Ippokratous, elle a men&#233; une charge furieuse avec un paquet de gaz lacrymog&#232;ne qui ont fait leur effet : la manif s'est disloqu&#233;e en plusieurs parties, la plus grande continuant &#224; droite &#224; travers Neapoli. Les attaques contre les commerces et les banques ont continu&#233;, accompagn&#233;es cette fois de destruction de voitures. Beaucoup de gens ont d&#233;cid&#233; de continuer de marcher en direction du QG de la Police par une rue parall&#232;le, mais apr&#232;s peu de temps il est devenu clair qu'il n'y avait pas moyen d'y acc&#233;der : la petite rue perpendiculaire &#224; l'avenue Alexandras est le lieu de la d&#233;sormais fameuse photo o&#249; le flic anti-&#233;meute brandit son arme. La tension &#233;tait haute. Nous avons d&#233;cid&#233; de faire demi-tour et de retourner &#224; la place Exarchia pour voir ce qu'on pourrait faire par la suite. Sur le chemin du retour, il y avait toujours des affrontements avec la police, mais moins intenses. Certains ont attaqu&#233; le Commissariat 5 situ&#233; non loin et les flics ont r&#233;pondu avec des balles en caoutchouc. Plus tard en soir&#233;e, les affrontements avec les flics ont repris &#8212; et dans une moindre mesure les attaques de magasin &#8212; autour de l'&#201;cole Polytechnique et de la Facult&#233; d'&#201;conomie, qui ont dur&#233; jusque tard dans la nuit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;lundi 8 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le matin, des jeunes de plusieurs lyc&#233;es se rassemblent spontan&#233;ment devant le Quartier G&#233;n&#233;ral de la Police. Beaucoup, venus des banlieues nord, est et ouest se rendent au centre-ville en manif spontan&#233;e. Des jeunes des lyc&#233;es du Pyr&#233;e (le port du sud-est de la ville) en profitent pour attaquer le commissariat, o&#249; ils renversent les voitures des flics.
&lt;br /&gt;A 18h, la Facult&#233; de Droit appelle &#224; une manifestation &#224; Propylaia, une place centrale d'Ath&#232;nes. On estime &#224; plus de 20 000 le nombre de participants, principalement des jeunes. Beaucoup d'entre eux, environ 1500 marchaient &#8220;de ci de l&#224;&#8221; le long de la manif, d&#233;fon&#231;ant des banques et d&#233;truisant les magasins de luxe du centre. Ils ont commenc&#233; &#224; d&#233;truire ou piller les marchandises d&#232;s le d&#233;but de la manif. Place Omonoia, les banques ont &#233;t&#233; d&#233;truites, tandis qu'avenue Stadiou et Filellinon, ce sont plus de la moiti&#233; des magasins qui ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s. Au d&#233;but de l'avenue Piraeus, de nombreux pillages ont aussi eu lieu. Les gens marchaient lentement et personne ne tentait vraiment d'emp&#234;cher les attaques ni les pillages. Certains se sont m&#234;me arr&#234;t&#233;s et ont acclam&#233; les jeunes assaillants. Au m&#234;me moment, d'autres &#233;taient en train d'attaquer les flics, les banques et les commerces &#224; diff&#233;rent endroits de la ville tout autour de l'avenue Syggrou, la rue qui m&#232;ne au sud d'Ath&#232;nes. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le montant r&#233;el des d&#233;g&#226;ts caus&#233;s &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e n'a pas &#233;t&#233; estim&#233;. Les m&#233;dias parlent de 10 billions d'euros, ce qui pourrait &#234;tre vrai tant des dizaines de magasins ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s, pill&#233;s ou br&#251;l&#233;s par des &#8220;jeunes incontr&#244;lables&#8221;, grecs et immigr&#233;s. Bien qu'on puisse dire que les jeunes Grecs (&#233;tudiants et travailleurs pr&#233;caires) aient pris l'initiative et que les immigr&#233;s aient suivis, il faut admettre qu'il est tr&#232;s difficile de distinguer les uns des autres dans les rues. En ce qui concerne les immigr&#233;s, les Albanais de la seconde g&#233;n&#233;ration ont volontiers particip&#233; aux attaques contre les flics tandis que les autres immigr&#233;s (Afghans et Africains) se sont plus concentr&#233;s sur les pillages. Les &#233;meutes et les pillages ont concern&#233; environ la moiti&#233; du centre-ville. Bien que la police ait proc&#233;d&#233; &#224; plusieurs arrestations ce soir-l&#224;, il serait faux de dire qu'ils aient pu penser contr&#244;ler la situation, parce qu'il y avait &#233;norm&#233;ment de gens dans les rues agissant en petits groupes de 10 ou 20 personnes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mardi 9 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les enseignants du primaire et du secondaire se mettent en gr&#232;ve aujourd'hui contre la brutalit&#233; polici&#232;re. A midi, la manifestation d&#233;marre place Propylaia et se dirige vers le Parlement, mais il n'y a pas plus de 3000 participants. Apr&#232;s la dispersion, et bien qu'ils soient en nombre r&#233;duit, 150 jeunes lancent des molotovs, des pierres et autres objets contre la police anti-&#233;meute. Le Parti Communiste (KKE), effray&#233; par la perspective d'une &#233;meute g&#233;n&#233;ralis&#233;e, montre une fois de plus sa nature contre-r&#233;volutionnaire et r&#233;actionnaire. Il d&#233;clare que les &#233;meutiers et les pillards sont des agents secrets d' &#171; obscures forces &#233;trang&#232;res &#187; et appelle le &#171; mouvement populaire &#187;, un sujet imaginaire dont il serait le repr&#233;sentant l&#233;gitime suppos&#233;, &#224; se tenir &#224; l'&#233;cart des combats. L'histoire se r&#233;p&#232;te : cela fait 35 ans que ce parti psalmodie le m&#234;me mantra, monotone et dangereux, &#224; propos des &#171; provocateurs &#187; ; en 1973, ils avaient fait la m&#234;me contre les &#233;tudiants et les ouvriers qui avaient occup&#233; l'&#201;cole Polytechnique, une &#233;meute qui avait men&#233; au renversement de la dictature. Encore une fois, ils tentent de sauver l'&#201;tat et de restaurer l'ordre public. A 15h, les fun&#233;railles du gar&#231;on d&#233;c&#233;d&#233; se d&#233;roulent dans le cimeti&#232;re de Palaio Faliro, une banlieue sud d'Ath&#232;nes. Plus de 5000 personnes se rassemblent pour rendre un dernier hommage &#224; Alex et hurler une fois de plus contre ses assassins. Lors de l'enterrement, pr&#232;s de 200 jeunes se lancent &#224; l'attaque de la police anti-&#233;meute qui se tient &#224; quelques rues de l&#224;. Cette confrontation durera plus d'une heure, au cours de laquelle des commerces et des banques furent attaqu&#233;s ; des pierres furent aussi lanc&#233;es contre des voitures de police. Apr&#232;s une bonne heure, les jeunes se sont rendus vers le commissariat de Palaio Faliro, mais la police est parvenue &#224; les stopper juste avant. Lors de cette &#233;meute, trois motards de la police ont tir&#233; plus de dix fois en l'air pour &#8220;effrayer&#8221; les &#233;meutiers.
&lt;br /&gt;Au cours de la nuit, des fascistes ont fait leur apparition dans les rues autour de l'&#201;cole Polytechnique et de la Facult&#233; d'&#201;conomie o&#249; se d&#233;roulaient de f&#233;roces affrontements avec la police. Place Victoria, des immigr&#233;s ont attaqu&#233; la police et tent&#233; de piller trois magasins, mais des flics en civil et des citoyens ont arr&#234;t&#233; l'un d'eux brutalement. Plus g&#233;n&#233;ralement, cela a &#233;t&#233; le jour o&#249; l'&#201;tat a officieusement mis en avant les soi-disant &#8220;r&#233;flexes sociaux&#8221;, encourageant la collaboration entre commer&#231;ants, fascistes, &#8220;citoyens&#8221; et la police contre les &#233;meutiers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mercredi 10 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est le jour de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;cid&#233;e il y a un mois, principalement &#171; contre le budget 2009 de l'&#201;tat &#187;. Du fait de la poursuite des &#233;meutes, les leaders syndicaux condamnent les violences polici&#232;res, tout en s&#233;parant en m&#234;me temps les &#171; &#233;meutiers &#187; des &#171; manifestants paisibles et responsables &#187;. Plus de 7000 personnes se rendent au rassemblement sue la place Syntagma. Quelques manifestants lancent des molotovs contre la police lors de cette gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a paralys&#233; la Gr&#232;ce et mis sous pression un gouvernement s&#233;nile.
&lt;br /&gt;De petites &#233;meutes se d&#233;roulent avenue Panepistimiou. Apr&#232;s la manif, beaucoup de monde rejoint les assembl&#233;es de l'&#201;cole Polytechnique et de la Facult&#233; de Droit pour discuter de ce qui se fera les jours suivants. Plus tard, il y a eu une grande assembl&#233;e du milieu anti-autoritaire &#224; la Facult&#233; d'&#201;conomie. Plus t&#244;t dans la matin&#233;e, des lyc&#233;ens ont attaqu&#233; le poste de police local dans la banlieue de Kaisariani. La nuit, des affrontements avec la police se produisent avenue Tritis Septemvriou, au centre d'Ath&#232;nes.
&lt;br /&gt;Les &#233;meutes se sont &#233;tendues &#224; 42 pr&#233;fectures de Gr&#232;ce, y compris dans des villes o&#249; il n'y avait pas eu de manifestations jusqu'&#224; pr&#233;sent. Leur d&#233;roulement est identique : ce sont principalement des &#233;tudiants et des jeunes qui attaquent les commissariats, les banques, les magasins et les b&#226;timents d'&#233;tat. Ils se rassemblent spontan&#233;ment, apr&#232;s avoir communiqu&#233; entre eux par portables. Les anarchistes et les autres &#8220;politis&#233;s&#8221; ne repr&#233;sentent qu'une petite fraction des &#233;meutiers et sont souvent pris au d&#233;pourvu par la f&#233;rocit&#233;, la diffusion et la dur&#233;e des &#233;meutes.
&lt;br /&gt;C'est principalement &#224; Ath&#232;nes et H&#233;raklion (Cr&#232;te) qu'une grande partie des &#233;meutiers sont des immigr&#233;s. Cette &#233;meute peut donc parfaitement se nommer une &#233;meute internationale, la premi&#232;re du genre en Gr&#232;ce. Contre cette situation compl&#232;tement nouvelle, les m&#233;dias ont tent&#233; de changer leur propagande en parlant de &#171; manifestants grecs &#187; et de &#171; pillards &#233;trangers &#187;, en une tentative de raviver le racisme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, pr&#232;s de la moiti&#233; des arr&#234;t&#233;s &#224; Ath&#232;nes sont des immigr&#233;s et l'accusation principale retenue contre eux est &#8220;pillage&#8221;. La tr&#232;s grande majorit&#233; des arr&#234;t&#233;s &#224; travers le pays sont des jeunes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;jeudi 11 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les lyc&#233;ens ont d&#233;sert&#233; un peu partout leur bahut et se sont rassembl&#233;s devant tous les commissariats d'Ath&#232;nes. Certains ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s avec des containers et des pierres tandis que la police tirait des gaz lacrymog&#232;ne et parfois aussi... des pierres. En tout, 35 commissariats ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s &#224; Ath&#232;nes et &#224; certains endroits d'autres gens y ont particip&#233;, g&#233;n&#233;ralement des parents. L'entr&#233;e de la prison de Korydallos a aussi &#233;t&#233; attaqu&#233;e par des &#233;tudiants. Les m&#233;dias ont d&#233;clar&#233; que 4500 cartouches de gaz avaient &#233;t&#233; utilis&#233;es ces cinq derniers jours par la police. Ils sont &#224; court de lacrymog&#232;ne et pensent en importer d'Isra&#235;l ! Dans la matin&#233;e, un groupe de libertaires a occup&#233; la mairie dans la banlieue sud d'Ath&#232;nes. De nombreux voisins ont particip&#233; &#224; l'assembl&#233;e du soir et les travailleurs municipaux qui soutiennent l'occupation ont publi&#233; un communiqu&#233;. L'H&#244;tel de Ville a par la suite &#233;t&#233; utilis&#233; comme un point de rassemblement et un centre de contre-information.
&lt;br /&gt;Des assembl&#233;es ont eu lieu dans beaucoup d'universit&#233;s et les occupations s'&#233;tendent. Des militants de l'organisation &#233;tudiante du Parti Communiste (PKS) ont tent&#233; de bloquer ces assembl&#233;es pour &#233;viter l'occupation (Universit&#233; Panteion, &#233;cole de Philosophie de l'Universit&#233; d'Ath&#232;nes). Leurs tentatives ont &#233;chou&#233; vu que les occupations se sont d&#233;velopp&#233;es &#224; travers Ath&#232;nes et toute la Gr&#232;ce.
En d&#233;but de soir&#233;e, il y a eu une grande manifestation (peut-&#234;tre 5000 personnes) dans le centre d'Ath&#232;nes, appel&#233;e par une assembl&#233;e de syndicalistes principalement gauchistes, qui se r&#233;unissaient &#224; la Facult&#233; de Droit occup&#233;e. A la fin de la manif ont &#233;clat&#233; des affrontements avec la police dans le centre-ville et autour de la Facult&#233; de Droit. Ils ont dur&#233; plusieurs heures.
&lt;br /&gt;A Komotini, une ville au nord-est pr&#232;s de la Turquie, une manifestation d'&#233;tudiants a &#233;t&#233; attaqu&#233;e et pourchass&#233;e jusque dans l'universit&#233; par de nombreux fascistes et des loubards de la droite dure qui infestent la r&#233;gion pour prot&#233;ger... la s&#233;curit&#233; nationale.
&lt;br /&gt;Il r&#232;gne un sentiment g&#233;n&#233;ral d'hostilit&#233; contre les flics et un ras-le-bol d'ensemble. La brutalit&#233; polici&#232;re qui a augment&#233; apr&#232;s les Jeux Olympiques de 2004, de faibles salaires et de dures conditions d'exploitation, des lyc&#233;ens surmen&#233;s et sous pression, le m&#233;contentement &#233;tudiant d'une vie toujours plus caract&#233;ris&#233;e par la peur et l'ins&#233;curit&#233;, la corruption du gouvernement et les hauts responsables de l'&#201;glise, la surexploitation des immigr&#233;s et une soci&#233;t&#233; o&#249; les divisions de classes se creusent : c'est le m&#233;lange explosif o&#249; le meurtre d'un m&#244;me n'a &#233;t&#233; que l'&#233;tincelle.
&lt;br /&gt;La publication d'extraits de la d&#233;position du flic qui a tu&#233; le jeune a soulev&#233; l'indignation g&#233;n&#233;rale. Il y accuse le lyc&#233;en d'avoir eu &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; un comportement d&#233;viant &#187; parce qu'il &#171; avait &#233;t&#233; renvoy&#233; de l'&#233;cole priv&#233;e o&#249; il &#233;tudiait&lt;/i&gt; &#187; (ce qui du reste est faux). Son avocat, une c&#233;l&#233;brit&#233; de la t&#233;l&#233;vision, a fait une d&#233;claration encore plus provocatrice : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;C'est uniquement &#224; la Justice grecque de se prononcer pour d&#233;cider si ce jeune homme a &#233;t&#233; tu&#233; avec raison, ou pas&lt;/i&gt; &#187;. Le rapport balistique est attendu aujourd'hui. Des &#8220;fuites&#8221; parues pr&#233;c&#233;demment dans les m&#233;dias sugg&#232;rent que le rapport dira qu'Alexandros a &#233;t&#233; tu&#233; par ricochet et non pas par un tir direct (ce qui est contraire &#224; ce que disent tous les t&#233;moins oculaires). Quoi qu'il en soit, c'est la rue qui r&#233;pond &#224; de telles provocations. De nouveaux slogans sont imagin&#233;s tous les jours : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous n'avons pas lanc&#233; de pierres, elles ont ricoch&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le mieux qu'il puisse arriver &#224; l'avocat c'est d'&#234;tre tu&#233; par ricochet&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;vendredi 12 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;700 lyc&#233;es et 100 universit&#233;s sont occup&#233;s et leur nombre ne cesse d'augmenter. Une grande manifestation (plus de 10 000 personnes) a &#233;t&#233; organis&#233;e &#224; Ath&#232;nes. Les lyc&#233;ens et les autres ont attaqu&#233; la police et plusieurs banques ont &#233;t&#233; d&#233;fonc&#233;es. Lors de la manif, pr&#232;s de 200 anarchistes ont saccag&#233; les bureaux de l'avocat du flic. La police anti-&#233;meute a arr&#234;t&#233; de nombreux lyc&#233;ens (certains sont &#226;g&#233;s de 13-14 ans).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;samedi 13 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un sit-in est organis&#233; place Syntagma &#224; midi par la coordination des &#233;tudiants des universit&#233;s occup&#233;es et par les groupes politiques. Plus de 1000 personnes de tous &#226;ges y participent : des &#233;tudiants, des lyc&#233;ens aussi bien que des travailleurs. Le sit-in devait durer jusqu'au bout de la nuit. Apr&#232;s minuit, la police attaque le rassemblement pacifique avec des lacrymog&#232;nes et disperse la foule. Des manifestations &#233;taient aussi organis&#233;es dans les banlieues d'Ath&#232;nes : Nea Smirni, Peristeri, Zografou.
&lt;br /&gt;Le soir, le Minist&#232;re de l'Environnement et des Travaux Publics, rue Patission, est attaqu&#233; par une foule de 200 personnes. Vers 21h, un millier de personnes se rassemblent &#224; Exarchia pour protester contre le meurtre d'Alexis-Andreas Grigoropoulos pr&#232;s de l'endroit o&#249; il a &#233;t&#233; assassin&#233;. Certains attaquent le poste de police local pendant que d'autres affrontent la police anti-&#233;meute. Il y a eu une autre manifestation passant par Monastiraki et Gazi, des quartiers o&#249; beaucoup de gens vont en bo&#238;te de nuit le samedi soir. La manif a &#233;t&#233; attaqu&#233;e par la police et quelques personnes ont tent&#233; de continuer. Ils ont reflu&#233; vers Exarchia, mais les attaques de la police ont forc&#233; les gens &#224; se disperser dans plusieurs directions. Une grande partie de la foule a &#233;t&#233; repouss&#233;e aux abords de l'&#201;cole Polytechnique. Les &#233;meutes ont continu&#233; toute la nuit dans les rues aux alentours de cette Universit&#233;.
&lt;br /&gt;Ceux qui avaient r&#233;ussi &#224; poursuivre la manifestation ont travers&#233; Monastiraki, Thisseio et Gazi puis ont essay&#233; de rejoindre le centre en marchant rue Piraeus. Des banques et des cam&#233;ras de vid&#233;o-surveillance ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es par les manifestants. La police a de nouveau charg&#233; vers la place Omonia et il y a eu pr&#232;s de 50 arrestations. Les arr&#234;t&#233;s ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s sans inculpation. Ce m&#234;me jour, plusieurs banques ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es partout dans Ath&#232;nes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;dimanche 14 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Il y a eu des manifestations dans plusieurs banlieues d'Ath&#232;nes ainsi que dans beaucoup de villes de Gr&#232;ce (Thessaloniki, Corfu, Volos, Xanthi, etc.). Plus t&#244;t dans la nuit, une manifestation pacifique place Syntagma, appel&#233;e par des bloggeurs, &#233;tait dispers&#233;e au gaz lacrymog&#232;ne par la police anti-&#233;meute.
&lt;br /&gt;Sur la place centrale de Nea Smirni, une banlieue au sud-est d'Ath&#232;nes, un grand caf&#233; abandonn&#233; appel&#233; &#171; Galaxias &#187;, appartenant &#224; la municipalit&#233;, &#233;tait occup&#233; &#224; midi par environ cent personnes (libertaires, membres d'un parti municipal et plusieurs r&#233;sidents) pour &#234;tre transform&#233; en centre de contre-information et de coordination d'action. L'occupation de b&#226;timents publics est une nouvelle forme de luttes venant des &#233;meutes. Comme nous l'avons vu, cela a commenc&#233; dans la banlieue d'Agios Demetrios, avec l'occupation de la mairie. L'occupation du &#171; Galaxias &#187; a adopt&#233; le nom de &#171; Eleftheros Galaxias &#187; (qui signifie &#171; la Galaxie Libre &#187;) et a appel&#233; &#224; une assembl&#233;e de voisinage plus tard dans l'apr&#232;s-midi.
&lt;br /&gt;Durant la journ&#233;e, quatre stations de radio ont &#233;t&#233; occup&#233;es. Elles ont &#233;t&#233; utilis&#233;es pour les d&#233;clarations radiophoniques et des communiqu&#233;s d'appel &#224; la g&#233;n&#233;ralisation de l'insurrection.
L'apr&#232;s-midi, le Comit&#233; des r&#233;sidents d'Exarchia a appel&#233; &#224; un rassemblement sur la place o&#249; le meurtre d'Alexis a eu lieu. Malgr&#233; la pluie, un nombre significatif des personnes y particip&#232;rent et discut&#232;rent des &#233;v&#233;nements lors d'un rassemblement en plein air. Quand la police anti-&#233;meute est apparue, les gens l'ont repouss&#233;e en criant et en les insultant.
&lt;br /&gt;Le maire d'Ath&#232;nes annon&#231;a qu'un nouvel Arbre de No&#235;l sur la place Syntagma serait &#233;rig&#233; le mercredi, puisque le pr&#233;c&#233;dent avait &#233;t&#233; brul&#233; par les cocktails Molotov dans la nuit du 8 d&#233;cembre. Pour l'&#201;tat, cet arbre symbolise l'esprit consum&#233;riste et le retour &#224; la normale alors que pour les insurg&#233;s, son incendie signifie que l'&#233;meute continue. Plusieurs tentatives d'y mettre le feu sont survenues pendant les manifestations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;lundi 15 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; 17h00, les occupants de la vieille mairie de Halandri, une banlieue du nord-est d'Ath&#232;nes, &#233;tait attaqu&#233;e par une poign&#233;e de crapules qui avaient pr&#233;tendument des connexions mafieuses avec les propri&#233;taires de magasins locaux. L'un d'entre eux for&#231;ait les manifestants &#224; quitter le b&#226;timent en les mena&#231;ant avec un fusil de chasse et une batte de base-ball. N&#233;anmoins, les gens r&#233;ussirent &#224; r&#233;occuper le b&#226;timent deux heures apr&#232;s.
&lt;br /&gt;Dans Agios Demetrios, l'assembl&#233;e populaire de l'occupation a essay&#233; de coop&#233;rer avec les employ&#233;s municipaux pour red&#233;marrer quelques services sans la m&#233;diation des autorit&#233;s municipales. L'objectif &#233;tait de satisfaire les besoins sociaux urgents, tels que le fait d'&#233;diter des cartes vertes pour les immigrants et de payer les salaires et les allocations suppl&#233;mentaires. Le maire et le conseil municipal ont intimid&#233; les ouvriers en essayant de les emp&#234;cher de fournir ces services.
Le matin, une centaine de lyc&#233;ens environ, et quelques ouvriers et militants se sont rassembl&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur du tribunal dans la rue Evelpidon pour exprimer leur solidarit&#233; envers les interpell&#233;s des affrontements contre la police anti-&#233;meute de la semaine pr&#233;c&#233;dente. Les jeunes sont entr&#233;s dans le tribunal, en &#233;vitant les contr&#244;les. En m&#234;me temps, une manifestation &#233;tait organis&#233;e dans la banlieue de Korydallos par plus de mille jeunes des &#233;coles proches. Ils sont all&#233;s &#224; la prison Korydallos (la plus grande prison du pays) et ont attaqu&#233; la police avec des pierres et des cocktails Molotov. Par ailleurs, dans le quartier de Pagrati, des lyc&#233;ens manifestaient &#224; l'ext&#233;rieur du poste de police. A midi, plus de mille jeunes des &#233;coles locales se rassemblaient &#224; l'ext&#233;rieur du quartier g&#233;n&#233;ral de la police dans l'avenue Alexandras et attaquaient la police avec des &#339;ufs, de la farine et des pierres. Deux &#233;tudiants furent arr&#234;t&#233;s apr&#232;s avoir &#233;t&#233; battus.
&lt;br /&gt;L'apr&#232;s-midi, environ 150 personnes participaient &#224; une manifestation musicale place Propylaia. Les manifestants bloquaient l'Avenue Panepistimiou en chantant et en dansant, mais subirent une attaque f&#233;roce des polices sp&#233;ciales. En m&#234;me temps environ 100 personnes faisaient une intervention dans la station de m&#233;tro souterraine de Propylaia. Des tracts &#233;taient distribu&#233;s, exprimant une critique explicite de la circulation capitaliste de la marchandise force de travail, en demandant le transport libre pour tous et en promouvant la violation des politiques de tol&#233;rance z&#233;ro &#224; l'int&#233;rieur des stations de m&#233;tro. L'intervention prit fin avec le sabotage de tous les distributeurs automatiques, l'&#233;criture de slogans sur les murs de cet environnement st&#233;rilis&#233; et le bombage des cam&#233;ras de surveillance. Les polices sp&#233;ciales surgirent dans la station de m&#233;tro et les joyeux participants les attaqu&#232;rent verbalement et se moqu&#232;rent d'eux du haut des escaliers &#224; l'entr&#233;e de la station. Dans le m&#234;me temps, une action similaire se d&#233;roulait dans la station de m&#233;tro de Daphni, organis&#233;e par l'assembl&#233;e populaire de l'H&#244;tel de Ville occup&#233; d'Agios Demetrios.
Une &#233;norme banderole repr&#233;sentant Kugias, l'avocat du flic tueur, &#233;tait accroch&#233;e sur l'universit&#233; place Propylaia, avec le slogan &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;vas te ricocher toi-m&#234;me, esp&#232;ce de cafard&lt;/i&gt; &#187;. Peu apr&#232;s l'intervention &#224; la station de m&#233;tro, une manifestation appel&#233;e par l'assembl&#233;e de l'occupation de la Facult&#233; de Droit commen&#231;ait depuis cette place. Environ 2 000 personnes y participaient, se dirigeant vers le Parlement puis revenant place Propylaia.
&lt;br /&gt;Dans la banlieue de Nea Filadelfia, le centre culturel municipal &#233;tait occup&#233; pour &#234;tre utilis&#233; comme un lieu de rassemblement et un centre de contre-information.
&lt;br /&gt;Les occupations de b&#226;timents municipaux et stations de radio aussi bien que de d&#233;partements universitaires ont continu&#233; de s'&#233;tendre partout dans Ath&#232;nes et dans d'autres villes.
&lt;br /&gt;Ce jour-l&#224;, 14 repr&#233;sentants de communaut&#233;s immigr&#233;es ont publi&#233; une d&#233;claration essayant de prendre leurs distances avec les &#233;meutes et le pillage en particulier : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nous ne sommes pas des pillards, les immigrants ont une expression publique et de la dignit&#233; [...] Nous d&#233;clarons que la grande majorit&#233; des immigrants ne sont ni des pillards, ni des criminels &lt;/i&gt; &#187;. Adoptant une position tout &#224; fait diff&#233;rente, les militants du Repaire ath&#233;nien des migrants albanais distribuaient le matin une brochure au piquet de gr&#232;ve &#233;tudiant &#224; l'ext&#233;rieur du quartier g&#233;n&#233;ral de la police, revendiquant leur part dans les &#233;meutes, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Ces jours sont &#233;galement les n&#244;tres&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mardi 16 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Un groupe de 50 personnes r&#233;ussit &#224; entrer dans les studios de FILET, la chaine de t&#233;l&#233;vision national, contr&#244;l&#233; par l'&#233;tat, et interrompait le bulletin d'information de 15h00 pendant environ 1 minute. Les cam&#233;ras furent retourn&#233;es vers les manifestants qui portaient les banderoles demandant &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; la lib&#233;ration imm&#233;diate de tous les prisonniers de l'insurrection&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; la Libert&#233; pour tous &lt;/i&gt; &#187; et enjoignant les t&#233;l&#233;spectateurs : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;[d'] Arr&#234;ter de regarder la t&#233;l&#233; et [de] sortir dans les rues&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;A midi, un groupe d'environ 70 militants attaquait le poste de police central d'Ilissia qui sert aussi de quartier g&#233;n&#233;ral d'une unit&#233; des polices sp&#233;ciales (YMET). Un fourgon de la police et quatre v&#233;hicules de la police furent br&#251;l&#233;s et 2 agents de police bless&#233;s. L'apr&#232;s-midi, des rassemblements et des manifestations &#233;taient organis&#233;s dans les banlieues de Petralona, Daphni, Agios Demetrios avec la participation d'&#233;tudiants de lyc&#233;ens, ouvriers et d'autres r&#233;sidents. Simultan&#233;ment, environ mille personnes se rassemblaient dans Exarchia et se dirig&#232;rent vers le poste de police local o&#249; ils furent arr&#234;t&#233;s par d'importantes forces de police.
&lt;br /&gt;L'occupation de la Mairie d'Agios Demetrios se terminait par une manifestation d'environ 300 personnes.
&#192; un autre endroit du centre-ville, une intervention &#233;tait organis&#233;e &#224; la station de m&#233;tro de la place Victoria, l'apr&#232;s-midi. Les distributeurs automatiques &#233;taient d&#233;truits, des slogans &#233;crits sur les murs (l'un d'entre eux &#233;tait &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;rendons l'insurrection souterraine&lt;/i&gt; &#187;) et les cam&#233;ras de surveillance bomb&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mercredi 17 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Les bureaux centraux de la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail de Gr&#232;ce (GSEE), situ&#233;s au carrefour de Patission et de l'avenue Alexandras, furent occup&#233;s t&#244;t le matin par un groupe d'environ 70 ouvriers. Les buts de l'occupation &#233;taient exprim&#233;s dans un premier communiqu&#233; de l'occupation. Environ 50 bureaucrates et leurs nervis essayaient d'expulser les squatters vers 15h00 mais &#233;taient repouss&#233;s par les gens avec l'aide des occupants de l'ASOEE, se trouvant &#224; proximit&#233;. Un rassemblement &#233;tait appel&#233; &#224; 18h et regroupa 800 personnes.
&lt;br /&gt;Depuis le d&#233;but, il &#233;tait &#233;vident qu'il y avait deux tendances &#224; l'int&#233;rieur de l'occupation &#8212; peu importe leur manifestation ext&#233;rieure : l'une, ouvri&#233;riste, qui voulait utiliser l'occupation symboliquement pour critiquer la bureaucratie syndicale et promouvoir l'id&#233;e d'un basisme ind&#233;pendant de l'influence politicienne ; et l'autre, prol&#233;tarienne, qui voulait attaquer une autre institution de la soci&#233;t&#233; capitaliste, critiquer le syndicalisme et utiliser l'endroit pour cr&#233;er une autre communaut&#233; de lutte dans le contexte des troubles g&#233;n&#233;raux. Les syndiqu&#233;s gauchistes qui &#233;taient pr&#233;sents &#224; l'assembl&#233;e ne surent pas vraiment que faire avec tous ces ouvriers insurg&#233;s et abandonn&#232;rent.
&lt;br /&gt;Le matin, les &#233;tudiants accrochaient deux banderoles g&#233;antes sur l'Acropole avec des slogans appelant &#224; des manifestations de masse &#224; travers l'Europe le 18 d&#233;cembre, et &#224; la r&#233;sistance. Les ouvriers du site arch&#233;ologique soutenaient l'action. Dans les jours pr&#233;c&#233;dents, les ouvriers de l'Acropole &#233;taient en gr&#232;ve &#224; cause d'une diminution de leur salaire suite &#224; la r&#233;duction d'une allocation sp&#233;ciale. Plus tard dans la journ&#233;e le minist&#232;re promettait de satisfaire les demandes des gr&#233;vistes et la mobilisation &#233;tait suspendue.
&lt;br /&gt;Le soir, les occupants du vieil H&#244;tel de Ville dans Halandri organisaient une manifestation dirig&#233;e contre le poste de police. Au moins 400 personnes ont particip&#233; et ont attaqu&#233; le poste de police avec des &#339;ufs, pierres, bouteilles, etc ; 30 minutes plus t&#244;t, la m&#234;me manifestation avait lanc&#233; des &#339;ufs et de la peinture sur le tribunal local. Une autre manifestation traversait les banlieues de Kesariani, Pangrati et Vironas. 300 personnes y prenaient part et se dirigeaient vers le poste de police o&#249; ils s'affrontaient bri&#232;vement &#224; la police. Ensuite, la manifestation se dirigea vers l'H&#244;tel de Ville de Kesariani qui &#233;tait occup&#233; depuis quelques heures.
&lt;br /&gt;Le sabotage de distributeurs automatiques de ticket et de cam&#233;ras de surveillance se r&#233;p&#233;tait le soir dans 5 stations de m&#233;tro : Attiki, Ano Patisia, Kato Patisia, Tavros et Monastiraki.
&lt;br /&gt;Un nouveau lyc&#233;en se fit tirer dessus par des inconnus sur un lieu de rencontre de jeunes dans Peristeri, une banlieue &#224; l'ouest d'Ath&#232;nes. Heureusement, l'&#233;tudiant, dont le p&#232;re est un syndicaliste bien connu et un membre du parti soi-disant communiste, n'a pas &#233;t&#233; bless&#233; s&#233;rieusement.
&lt;br /&gt;Un groupe de professeurs (pour la plupart enseignants de droit dans les universit&#233;s grecques) lan&#231;aient un appel au Gouvernement et aux groupes politiques &#224; prendre quelques mesures contre &#171; les maux &#187; de la soci&#233;t&#233; grecque, demandant surtout une utilisation plus stricte de l'asile universitaire et des poursuites judiciaires contre l'utilisation de cagoules pendant les manifestations. Ainsi les intellectuels, bien que tardivement, essayaient de r&#233;introduire le vieux Black Act dans la Gr&#232;ce de 2008 en actualisant son sens &#224; l'encontre des insurg&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;jeudi 18 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une manifestation partait &#224; midi de la place Propylaia avec la participation de lyc&#233;ens, &#233;tudiants, enseignants et autres ouvriers. Le syndicat de base des postiers appelait &#224; une gr&#232;ve d'une journ&#233;e, alors que le syndicat des ouvriers des librairies et des maisons d'&#233;dition appelait &#224; un arr&#234;t de travail de 5 heures. Les postiers formaient leur propre bloc dans la manifestation. De m&#234;me, la conf&#233;d&#233;ration des syndicats des ouvriers de secteur public (ADEDY) appelait &#224; un arr&#234;t de travail de 5 heures. Cela donnait l'occasion &#224; beaucoup d'ouvriers de participer de fa&#231;on ind&#233;pendante &#224; la manifestation. Le nombre des manifestants &#233;tait tr&#232;s &#233;lev&#233;. Certains les estiment &#224; environ 20 000. Quand la manifestation atteignit le parlement, les affrontements avec la police anti-&#233;meute commenc&#232;rent. Les flics prot&#233;geaient principalement l'Arbre de No&#235;l nouvellement &#233;rig&#233; place Syntagma ; ils l'entouraient, en essayant d'emp&#234;cher son incendie par les cocktails Molotov lanc&#233;s. C'&#233;tait un spectacle si ridicule &#224; voir que des centaines de manifestants criaient et en se moquaient d'eux. Le vrai esprit de No&#235;l : l'Arbre de No&#235;l, (en plastique, en fait), symbole du consommateur heureux, prot&#233;g&#233; par les forces de la loi et de l'ordre ! Les affrontements se propag&#232;rent &#224; l'Avenue Panepistimiou, l'Avenue d'Akadimias et la Rue Solonos jusqu'au soir. Plusieurs personnes furent arr&#234;t&#233;es et parmi eux un soldat qui passait par l&#224; et fut brutalement frapp&#233; par les flics.
Apr&#232;s une manifestation semblable dans la ville de Patras, la bourse du travail locale fut occup&#233;e par des manifestants suite &#224; l'exemple de l'occupation de GSEE.
&lt;br /&gt;Une manifestation antiraciste avec quelques centaines de personnes a &#233;t&#233; organis&#233;e l'apr&#232;s-midi par les organisations immigr&#233;es et antiracistes. Certaines de ces organisations &#233;taient celles qui avaient ni&#233; la participation d'immigrants dans les &#233;meutes et le pillage, d&#233;montrant ainsi leur r&#244;le comme les m&#233;diateurs capitalistes.
&lt;br /&gt;Le soir, les membres de la Jeunesse soi-disant Communiste ont organis&#233; une manifestation dans Peristeri pour protester contre l'attentat contre le lyc&#233;en la veille. Selon des t&#233;moignages, quelques &#233;tudiants ont conspu&#233; les membres de la Jeunesse Communiste.
Un groupe d'&#233;tudiants en art a interrompu un concert de musique classique dans Megaro Mousikis, le music-hall le plus important de Gr&#232;ce, les tracts distribu&#233;s critiquant le r&#244;le de l'art et des artistes dans la relation avec les &#233;v&#233;nements r&#233;cents et a scand&#233; quelques slogans contre les flics et l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;vendredi 19 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'Institut fran&#231;ais &#233;tait attaqu&#233; &#224; midi par 40 personnes avec des cocktails Molotov et des pierres. Des slogans &#233;taient bomb&#233;s sur les murs : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;tincelle &#224; Ath&#232;nes, Incendie &#224; Paris, l'insurrection vient&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gr&#232;ce-France : insurrection partout&lt;/i&gt; &#187;. Cette action exprimait la solidarit&#233; avec les activistes qui sont accus&#233;s de saboter les chemins de fer aussi bien qu'avec les mobilisations lyc&#233;ennes en France.
&lt;br /&gt;L'apr&#232;s-midi un concert de solidarit&#233; &#233;tait donn&#233; place Propylaia avec la participation de centaines d'artistes et de plus de 5 000 personnes.
&#192; 18h00, une manifestation &#233;tait organis&#233;e dans Egaleo, une banlieue d'Ath&#232;nes, par le groupe anarchiste local. Plus de 100 personnes ont particip&#233; &#224; la manifestation qui s'est dirig&#233;e vers le poste de police. Les manifestants ont attaqu&#233; le poste de police et ont cass&#233; les vitrines et les cam&#233;ras de surveillance de toutes les banques sur leur chemin. Au m&#234;me endroit, il avait lieu une manifestation organis&#233;e par des groupes gauchistes qui suivaient une autre route.
&lt;br /&gt;Pendant la journ&#233;e, ouvriers permanents et int&#233;rimaires, &#233;tudiants et ch&#244;meurs des occupations d'ASOEE et de GSEE organisaient des interventions dans deux centres d'appel : MRB (une compagnie organisant des sondages d'opinion publique) et OTE (la compagnie de t&#233;l&#233;communications nationale de la Gr&#232;ce). La premi&#232;re intervention est survenue autour de midi et seulement quelques personnes y ont particip&#233; &#224; cause de la grande distance entre le site et le centre-ville. Dans la deuxi&#232;me intervention, environ 60 personnes ont particip&#233; et ont bloqu&#233; le travail pendant quelques minutes. Les ouvriers int&#233;rimaires dans le centre d'appel ont r&#233;pondu &#224; l'action d'une fa&#231;on positive.
&lt;br /&gt;&#192; ce moment-l&#224;, 800 lyc&#233;es &#233;taient occup&#233;s selon le Syndicat des enseignants des &#233;coles secondaires (OLME).
&lt;br /&gt;Environ cent personnes ont interrompu la premi&#232;re du Th&#233;&#226;tre national &#224; Ath&#232;nes, tard le soir. Ils ont pris la sc&#232;ne et ont tendu une banderole disant &#171; Tout le monde dans la rue. Lib&#233;ration imm&#233;diate de tout les interpell&#233;s pendant la r&#233;volte &#187;. Le texte distribu&#233; dans la salle et lu par des acteurs disait, entre autres : &#171; maintenant que vous ayez &#233;teint vos portables, il est grand temps d'allumer votre conscience &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;samedi 20 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Ce jour-l&#224;, 3 stations de radio furent occup&#233;es. L'apr&#232;s-midi, des manifestations &#233;taient organis&#233;es dans beaucoup de banlieues et quartiers d'Ath&#232;nes : Gyzi, Peristeri, Halandri, Vironas, Petralona, Nea Smirni. Les manifestations &#233;taient organis&#233;es par les occupations locales ou par des groupes libertaires ou gauchistes locaux. Cette mobilisation survenait apr&#232;s l'appel &#224; une journ&#233;e internationale d'action par les occupations d'ASOEE et de l'&#233;cole Polytechnique d'Ath&#232;nes. Des centaines des gens ont particip&#233; aux manifestations.
Plus tard, un grand magasin d'Agios Panteleimonas, un quartier pauvre d'Ath&#232;nes o&#249; vivent beaucoup d'immigrants, a &#233;t&#233; pill&#233; par un groupe de militants.
&lt;br /&gt;Le soir, le b&#226;timent de Teiresias, une compagnie interbancaire qui &#171; traite les donn&#233;es qui refl&#232;tent le comportement &#233;conomique des individus et des entreprises &#187; a &#233;t&#233; attaqu&#233; et incendi&#233;. &lt;br /&gt;Plus tard, plus de mille personnes se sont rassembl&#233;es dans les rues autour de la place Exarchia comm&#233;morant le meurtre d'Alexandros. Les affrontements commenc&#232;rent avec la police mais la foule fut dispers&#233;e et repouss&#233;e &#224; l'int&#233;rieur des locaux de l'&#233;cole Polytechnique. Les affrontements ont continu&#233; autour de l'universit&#233; jusqu'&#224; t&#244;t le matin.
Le d&#233;partement financier de la police grecque dans Nea Filadelfeia fut attaqu&#233; aux cocktails Molotov. En dehors des d&#233;g&#226;ts caus&#233;s au b&#226;timent, 7 voitures furent d&#233;truites.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;dimanche 21 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A midi, des manifestations se d&#233;roul&#232;rent dans Kesariani-Pagrati (environ 250 participants) et Ilion (environ 100 participants). Dans Ilion, les manifestants ont lanc&#233; des pierres et ont cass&#233; les vitrines de 4 banques et d'une agence pour l'emploi (OAED).
&lt;br /&gt;L'occupation de GSEE s'est termin&#233;e dans l'apr&#232;s-midi avec une manifestation qui s'est dirig&#233;e vers l'&#233;cole Polytechnique via l'avenue Patission. Le parcours initial de la manifestation devait traverser des quartiers prol&#233;tariens proches o&#249; beaucoup d'immigrants vivent. Mais cela fut modifi&#233; car des rumeurs circulaient, disant que la police violerait l'asile universitaire et &#233;vacuerait l'&#233;cole Polytechnique. Le dernier rassemblement dans le GSEE, centr&#233; sur la question de la solidarit&#233; avec les insurg&#233;s emprisonn&#233;s ou subissant la r&#233;pression de la police, d&#233;cida d'organiser une manifestation le mercredi 24 d&#233;cembre &#224; 16h00, de la place Monastiraki &#224; la place Syntagma, par la rue Ermou qui est le centre commercial le plus riche de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;Environ cent &#233;tudiants des &#233;coles de th&#233;&#226;tre ont interrompu 15 pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre autour d'Ath&#232;nes. Les slogans principaux des interventions : &#171; Nouvel an insurrectionnel, tout le monde dans la rue &#187;, &#171; Il n'est pas possible de tuer nos r&#234;ves &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;lundi 22 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'H&#244;tel de Ville de Peristeri fut occup&#233; &#224; midi par environ 100 personnes.
&lt;br /&gt;Un groupe de type mafieux a attaqu&#233; une femme de m&#233;nage int&#233;rimaire, K. Kuneva, 44 ans, secr&#233;taire du syndicat des femmes de m&#233;nage, de retour chez elle, tard le soir. Ils brul&#232;rent son visage &#224; l'acide sulfurique. Elle a perdu un &#339;il et est rest&#233;e en soins intensifs &#224; l'h&#244;pital, en situation critique, souffrant encore aujourd'hui de s&#233;rieux probl&#232;mes de vue et du syst&#232;me respiratoire. K. Kuneva travaillait dans une des compagnies sous-traitantes de l'ISAP (Chemins de fer d'Ath&#232;nes-le Pir&#233;e) et disait qu'elle &#233;tait en conflit constant avec ses patrons et que, ces derniers temps, elle avait re&#231;u des appels anonymes mena&#231;ants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mardi 23 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;T&#244;t le matin, des coups de feu visaient un car de la police anti-&#233;meute dans Goudi, sans blesser personne. Un groupe s'intitulant &#171; Action Populaire &#187; revendiquait l'attaque en t&#233;l&#233;phonant &#224; un centre de m&#233;dia en ligne, sans laisser d'explications sur leurs motivations, ce qui est tout &#224; fait inhabituel comme pratique. Cela, comme le lieu d'o&#249; partirent les coups (un petit b&#226;timent occup&#233; utilis&#233; comme un lieu de rencontre pour les &#233;tudiants contestataires) rendirent l'affaire tr&#232;s suspecte. Peu de temps apr&#232;s, le procureur g&#233;n&#233;ral autorisa la police &#224; fouiller le lieu, violant ainsi l'asile universitaire.
&lt;br /&gt;5 000 personnes particip&#232;rent &#224; la manifestation organis&#233;e par les comit&#233;s de coordination des universit&#233;s occup&#233;es et des lyc&#233;es. Avant que la manifestation ne commence, certains manifestants ont retourn&#233; une voiture de la police mais cette action n'a pas &#233;t&#233; suivie par plus d'affrontements pendant la manifestation.
&lt;br /&gt;La plupart des participants &#224; l'occupation de l'&#201;cole de droit ont d&#233;cid&#233; de quitter le b&#226;timent.
&lt;br /&gt;Dans Nea Filadelfia, 200 personnes ont manifest&#233; du centre culturel municipal occup&#233; au poste de police local. Les manifestants ont lanc&#233; des &#339;ufs, de la peinture et des pierres sur le poste de police.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mercredi 24 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;L'occupation d'ASOEE s'est termin&#233;e l'apr&#232;s-midi.
Plus de 1 500 personnes, principalement du milieu libertaire, ont particip&#233; &#224; la manifestation qui avait &#233;t&#233; organis&#233;e durant l'occupation du GSEE du dimanche, en solidarit&#233; avec les insurg&#233;s poursuivis. La manifestation, partie de la palce Monastiraki, a travers&#233; la rue Ermou, a atteint la place Syntagma et est revenue ensuite place Monastiraki par la rue Kolokotroni. Certains jeunes ont rejoint la manifestation qui traversait la partie la plus commerciale de la ville, quand les courses de No&#235;l &#233;taient &#224; leur sommet. Les slogans de la manifestation appelaient &#224; une poursuite de l'insurrection contre &#8220;l'esprit&#8221; des achats de No&#235;l. L'occupation de l'&#233;cole Polytechnique s'est termin&#233;e &#224; minuit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;vendredi 26 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Environ 150 personnes ont particip&#233; &#224; une manifestation devant l'h&#244;pital d'Evaggelismos o&#249; K. Kuneva est suivie. Les slogans clamaient : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;sistance contre le terrorisme patronal&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;samedi 27 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A midi, 300 personnes occupaient le b&#226;timent de quartier g&#233;n&#233;ral de l'ISAP comme une premi&#232;re r&#233;ponse &#224; l'attaque meurtri&#232;re sur Konstantina Kuneva. Le groupe qui avait organis&#233; cette action y publiait un communiqu&#233;.
&lt;br /&gt;&#192; 16h00, une assembl&#233;e fut appel&#233;e afin organiser des actions de solidarit&#233; avec les insurg&#233;s emprisonn&#233;s ou sous poursuites judiciaires. 500 personnes y ont assist&#233;. Il y fut d&#233;cid&#233; que, dimanche, des gens participeraient aux actions contre l'ouverture des magasins. (En Gr&#232;ce les magasins sont ferm&#233;s le dimanche, mais l'&#201;tat essaie d'imposer une loi contre). La veille, le gouvernement avait d&#233;cid&#233; d'ouvrir les magasins &#171; exceptionnellement &#187; dans le centre d'Ath&#232;nes pour compenser le dommage &#171; que les propri&#233;taires de magasin &#187; avaient subi &#224; cause de la violence de l'insurrection). Dans la m&#234;me assembl&#233;e, des gens d&#233;cid&#232;rent &#233;galement de tenir une manifestation devant les prisons de Korydallos pour la Saint-Sylvestre, &#224; 23h00, pour exprimer leur solidarit&#233; aux insurg&#233;s emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;dimanche 28 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&#192; 9h30, environ 200 personnes se sont rassembl&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur d'une grande librairie sur la place Syntagma et ont bloqu&#233; les entr&#233;es. Certains d'entre eux &#233;taient des membres du syndicat des employ&#233;s de librairie, mais la plupart d'entre eux &#233;taient des ouvriers et des &#233;tudiants de l'assembl&#233;e de solidarit&#233; du jour pr&#233;c&#233;dent. Beaucoup de participants d&#233;cid&#232;rent qu'ils pourraient bloquer plus de magasins et ils march&#232;rent sur la rue Ermou. L&#224;, ils se r&#233;partirent en groupes de 10 &#224; 20 personnes et ils commenc&#232;rent &#224; bloquer les entr&#233;es de quelques magasins principaux de la rue (comme nous avons dit auparavant, une des rues commerciales les plus chics d'Europe). Les slogans cri&#233;s &#233;taient : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libert&#233; &#224; ceux qui doivent travailler&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ils nous font travailler le dimanche, nous tirent dessus et nous vivons dans une guerre chaque jour&lt;/i&gt; &#187;. A mesure, une foule de consommateurs envahissait la Rue Ermou et il devenait difficile de continuer &#224; bloquer les acc&#232;s d'une fa&#231;on ou d'une autre. Cela restait int&#233;ressant car les patrons de magasin semblaient avoir peur : ils &#233;teignaient les lumi&#232;res et attendaient patiemment que les manifestant quittent les lieux. Certains gauchistes particip&#232;rent eux aussi aux blocages qui survenaient en m&#234;me temps dans au moins 3 autres endroits du centre commercial de la ville. 500 membres du Parti pr&#233;tendu communiste marchaient dans le haut et le bas de la rue, plus int&#233;ress&#233;s par l'offre d'un spectacle m&#233;diatique que par le fait de bloquer en fait les magasins. &#192; environ 13h30, les bloqueurs d&#233;cid&#232;rent de quitter l'endroit, marchant vers une grande librairie dans Exarchia (&#224; environ 2km de distance). Apr&#232;s avoir fait fermer le magasin par le patron, ils repartirent. La plupart d'entre eux all&#232;rent &#224; l'ISAP occup&#233; en organisant une manifestation de ce b&#226;timent &#224; l'h&#244;pital Evaggelismos o&#249; K. Kuneva est suivie, mettant fin ainsi &#224; cette occupation particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;lundi 29 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A 15h, environ 120 personnes se sont rassembl&#233;es au deuxi&#232;me &#233;tage du centre commercial &#171; The Mall Athens &#187; &#8212; le plus grand et plus chic centre commercial de la r&#233;gion de l'Attique &#8212; &#224; Marousi, une banlieue &#224; 15 km du centre d'Ath&#232;nes, et ont manifest&#233; pendant 30 minutes dans le centre commercial. Il y avait deux banderoles, une demandant la lib&#233;ration imm&#233;diate des insurg&#233;s arr&#234;t&#233;s et une autre avec le credo &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;je consomme, donc je suis &lt;/i&gt; &#187;. Pendant la manif, qui &#233;tait visible par tous ceux qui se trouvaient dans le b&#226;timent, certains manifestants brandirent une autre banderole, sur laquelle &#233;tait &#233;crite &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;travaille, consomme, meurs&lt;/i&gt; &#187;, alors que d'autres distribuaient des tracts aux centaines de gens &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur des magasins. Apr&#232;s la fin de la manif, ils s'empar&#232;rent des micros du bureau d'informations et lurent leurs tracts. Il y eut des graffitis et le slogan &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;travaille, vote et tais toi&lt;/i&gt; &#187; fut &#233;crit pr&#232;s de l'entr&#233;e principale. Finalement, ils quitt&#232;rent le centre en jouant au foot avec les boules et d&#233;corations du sapin de No&#235;l juste devant l'entr&#233;e principale.
&lt;br /&gt;L'apr&#232;s-midi, une manifestation organis&#233;e par l'assembl&#233;e de solidarit&#233; &#224; K. Kuneva se dirigea vers les bureaux de l'entreprise de nettoyage (dont le propri&#233;taire est un ex-officiel du PASOK, un des deux principaux partis politiques en Gr&#232;ce), au Pir&#233;e. Ils se rendirent l&#224;-bas afin de prot&#233;ger une autre ouvri&#232;re de licenciement. Toutefois, le patron avait ferm&#233; les bureaux et les flics &#233;taient dehors, gardant l'endroit. Les gens attaqu&#232;rent la police et les mirent en fuite, avec quatre officiers de police bless&#233;s, conduits &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mercredi 31 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A 23h30, une foule d'environ 1 000 personnes se rassembla devant la prison d'Ath&#232;nes qui se trouve dans la banlieue Korydallos, exigeant la relaxe imm&#233;diate des rebelles arr&#234;t&#233;s durant le soul&#232;vement de d&#233;cembre. La foule hurlait des slogans comme &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libert&#233; pour tous les prisonniers&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la passion de la libert&#233; est plus forte que les cellules&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ni droits communs, ni prisonniers politiques, br&#251;lons toutes les prisons&lt;/i&gt; &#187;. Les d&#233;tenus enflamm&#232;rent des couvertures et des draps et les agit&#232;rent par les fen&#234;tres des cellules. A minuit, la foule assembl&#233;e alluma des feux d'artifice et des torches pour &#171; saluer &#187; l'arriv&#233;e d'une nouvelle ann&#233;e de lutte. Ensuite, ils se dirig&#232;rent vers la prison des femmes en criant des slogans en solidarit&#233; avec les d&#233;tenus. Finalement, ils se rendirent &#224; la place centrale de Korydallos attaquant verbalement la police et se dispers&#232;rent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;TPTG (Ta Paidia tis Galarias), le 1er janvier 2009.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Thessalonique : Une premi&#232;re mise &#224; jour
sur le r&#233;cent soul&#232;vement (6-23 d&#233;cembre)&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cette br&#232;ve pr&#233;sentation ne peut pas r&#233;pondre au besoin d'une consid&#233;ration en profondeur des soul&#232;vements r&#233;cents en Gr&#232;ce. C'est juste une premi&#232;re tentative pour informer les camarades et les prol&#233;taires plus largement, &#224; propos des &#233;v&#233;nements en cours, du point de vue des participants. Ceci est une mise &#224; jour des &#233;v&#233;nements tels que nous les avons v&#233;cus (ou la plupart d'entre eux), &#224; Thessalonique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;samedi 6 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Imm&#233;diatement apr&#232;s que le jeune Alexis-Andreas Grigoropoulos, &#226;g&#233; de 15 ans, ait &#233;t&#233; assassin&#233; par un agent sp&#233;cial de la police &#224; Ath&#232;nes, 200-300 personnes, principalement des anarchistes et des &#233;tudiants gauchistes, se r&#233;unirent &#224; l'&#201;cole Polytechnique de l'Universit&#233; Aristote de Thessalonique (AUTH), qui se trouve pr&#232;s du centre commercial et culturel de la ville. Une manifestation spontan&#233;e se dirigea vers le commissariat de la place Aristote (la place la plus touristique de la ville), o&#249; eurent lieu des combats avec la police. Au m&#234;me moment, il y avait des gens qui affrontaient la police anti-&#233;meute avec des pierres et des cocktails Molotov autour de la place Syntrivani, pr&#232;s de l'AUTH. Les affrontements avec les flics ont dur&#233; toute la nuit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;dimanche 7 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une manifestation est partie de la place Kamara (situ&#233;e dans le quartier &#233;tudiant pr&#232;s de l'AUTH) &#224; midi. 1 500 &#224; 2 000 personnes (lyc&#233;ens et &#233;tudiants, anarchistes et gauchistes) d&#233;fil&#232;rent dans les rues commerciales du centre-ville (Egnatia, Agias Sofia, Tsimiski), d&#233;truisant quelques banques et vitrines, jusqu'au commissariat de la place Aristote. L&#224;, beaucoup de manifestants attaqu&#232;rent la police avec des pierres et quelques cocktails Molotov. Un flic prit feu. La police r&#233;pliqua avec des lacrymos. La manifestation se prolongea jusqu'&#224; la rue Ermou et ensuite &#224; travers Venizelou vers le minist&#232;re de Mac&#233;doine et de Thrace. Beaucoup de magasins et l'H&#244;tel de Ville, furent d&#233;truits rue Venizelou. Apr&#232;s avoir atteint le minist&#232;re, la manif se dirigea vers le commissariat Ano Poli par la rue Agiou Dimitriou, o&#249; la police anti-&#233;meute fut &#224; nouveau attaqu&#233;e. En se dirigeant vers la place Kamara, des jeunes pill&#232;rent un supermarch&#233;. Pendant que la manif se terminait, quelques lyc&#233;ens tent&#232;rent de piller une librairie et de nouveaux affrontements avec la police commenc&#232;rent. Plus tard dans la soir&#233;e, l'&#201;cole sup&#233;rieure d'Art dramatique et les bureaux du Barreau de Thessalonique furent occup&#233;s, le premier par des &#233;tudiants et des anarchistes et le second principalement par des &#233;tudiants gauchistes. Ces deux endroits, situ&#233;s dans le centre-ville, seront utilis&#233;s comme point de ralliement pour les participants des manifs. Durant la nuit, il y eut des affrontements avec la police devant l'AUTH. Un &#233;meutier fut bless&#233; par une balle en caoutchouc de la police. La m&#234;me nuit, le commissariat du quartier-est de Toumpa, l'H&#244;tel de Ville du quartier d'Agios Pavlos et les bureaux du parti Nouvelle D&#233;mocratie (le parti du gouvernement en Gr&#232;ce) furent attaqu&#233;s dans le quartier des 40 Ekklisies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;lundi 8 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A 10h, 400 lyc&#233;ens manifest&#232;rent dans le quartier de Toumpa et attaqu&#232;rent une fois encore le commissariat. Il y eut aussi des blocages de routes dans d'autres quartiers de la ville. Pendant ce temps, 1 500 lyc&#233;ens &#233;rig&#232;rent des barricades et affront&#232;rent la police anti-&#233;meute dans les rues Slovou et Ethnikis Amynis et place Navarinou, le quartier &#233;tudiant du centre-ville. Des magasins des rues Tsimiski et Vinizelou furent aussi attaqu&#233;s. Neuf facult&#233;s &#233;taient occup&#233;es par des &#233;tudiants. Le m&#234;me matin, le commissariat du quartier-ouest de Sykies fut aussi attaqu&#233;. Il y avait un appel &#224; manifester &#224; 18h30, place Kamara. 6 000 personnes d&#233;fil&#232;rent dans le centre-ville. Il y avait des lyc&#233;ens et des &#233;tudiants, quelques jeunes immigrants, des d&#233;linquants, quelques ouvriers, des anarchistes et des gauchistes. Un grand nombre de banques et de magasins (t&#233;l&#233;phones portables, &#233;lectronique, fringues, fast-food et bijouteries) furent d&#233;truits, principalement rue Tsimiski, la rue la plus commer&#231;ante de la ville, et rue Venizelou. Certains furent aussi pill&#233;s. Il y eut des affrontements avec les flics en face du minist&#232;re de Mac&#233;doine et Thrace. Les flics nous &#233;touff&#232;rent avec des lacrymos. Les combats avec les flics continu&#232;rent autour de l'AUTH pendant la nuit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mardi 9 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait le jour des obs&#232;ques d'Alexis &#224; Palaio Faliro, &#224; Ath&#232;nes. Les enseignants du primaire et du secondaire &#233;taient en gr&#232;ve et il y eut un d&#233;brayage l'apr&#232;s-midi de tous les travailleurs du secteur public. Une manifestation est partie de la place Kamara &#224; midi. 4 000 personnes ont d&#233;fil&#233; vers le minist&#232;re de Mac&#233;doine et de Thrace, o&#249; il y eut quelques heurts avec la police. Pendant la nuit, il y eut quelques combats entre les jeunes et la police anti-&#233;meute dans le secteur de l'universit&#233;. Nous devons signaler que plusieurs secteurs de l'universit&#233; furent pill&#233;s par des lyc&#233;ens venant de diff&#233;rentes banlieues ces jours derniers jours. La m&#234;me nuit, les fascistes apparurent pr&#232;s de l'universit&#233;. La m&#234;me chose est survenue dans de nombreuses villes de la Gr&#232;ce, sp&#233;cialement &#224; Patras, ce qui est la preuve que cela avait &#233;t&#233; organis&#233; par le gouvernement. Dans certains cas, comme &#224; Larisa, les fascistes attaqu&#232;rent les &#233;meutiers de concert avec des flics en civil et des &#171; propri&#233;taires de magasins en col&#232;re &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mercredi 10 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;C'est un jour de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, d&#233;cr&#233;t&#233;e longtemps auparavant par la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail de Gr&#232;ce (GSEE) et la Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs du service public (ADEDY) contre le budget 2009. Du fait des &#233;meutes en cours, les leaders syndicaux annonc&#232;rent le mardi qu'ils annuleraient les manifestations pr&#233;vues. A Thessalonique, les branches locales de la GSEE et l'ADEDY tent&#232;rent de confiner les gr&#233;vistes dans un rassemblement pacifique en face de la Bourse du travail. Les lyc&#233;ens et les &#233;tudiants se montr&#232;rent alors d&#233;termin&#233;s &#224; emmener les gr&#233;vistes en manif et ils y r&#233;ussirent. 4 000 &#233;tudiants et travailleurs d&#233;fil&#232;rent vers le minist&#232;re de Mac&#233;doine et Thrace. L&#224;, quelques lyc&#233;ens attaqu&#232;rent les flics qui r&#233;pliqu&#232;rent avec des lacrymos. Les combats continu&#232;rent une demi-heure dans une zone de 500 m&#232;tres entre le minist&#232;re et la Bourse du travail. Quelques jeunes combattirent la police, mais de nombreux travailleurs et &#233;tudiants les soutenaient en restant sur place et en insultant les flics. Finalement, les flics furent contraints de battre en retraite. Apr&#232;s &#231;a, 500 personnes bloqu&#232;rent la rue Egnatia, une avenue principale du centre-ville, pour plus d'une heure. Dans la soir&#233;e, des lyc&#233;ens affront&#232;rent la police anti-&#233;meute pendant un moment, sur la rue Ethnikis Amynis. Le m&#234;me soir, l'occupation des bureaux du Barreau de Thessalonique prit fin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;jeudi 11 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;T&#244;t dans l'apr&#232;s midi, 80 anarchistes ont attaqu&#233; les bureaux du journal local Makedonia, rue Monastiriou. L'occupation de l'&#201;cole d'Art dramatique a appel&#233; &#224; une manifestation &#224; 17h place Camara. 2 000 personnes, principalement des &#233;tudiants et des anarchistes, et quelques lyc&#233;es d&#233;fil&#232;rent pacifiquement vers les quartiers est de la ville, d&#233;sertiques. Il n'y eut pas d'affrontement ce jour-l&#224;, pour autant que nous le sachions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;vendredi 12 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une manifestation appel&#233;e par les occupants de l'&#233;cole d'Art est partie de la place Kamara &#224; 18h30. 1 500 &#224; 2 000 personnes, principalement des militants libertaires, des &#233;tudiants et de jeunes ouvriers, se sont dirig&#233;es vers les quartiers populaires de l'ouest de la ville. Les manifestants ont travers&#233; les quartiers de Neapoli et de Sykies et sont revenus &#224; l'&#233;cole d'Art par le quartier du centre-nord, Ano Poli. Malgr&#233; la pluie intense, la manifestation a dur&#233; trois heures, des slogans contre les flics et l'&#233;tat et d'autres appelant &#224; une lib&#233;ration imm&#233;diate de tous ceux qui avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; durant les derniers jours, &#233;taient r&#233;p&#233;t&#233;s sans cesse et inscrits sur les murs ; beaucoup de tracts furent distribu&#233;s. Un grand nombre d'habitants du quartier applaudissaient, alors que d'autres se joignaient &#224; la manif, un fait qui t&#233;moigne de la large sympathie avec l'insurrection, m&#234;me de la part de prol&#233;taires qui ne participaient pas aux &#233;meutes ou aux autres actions. Un bureau du Laos (parti d'extr&#234;me droite) fut attaqu&#233; et brul&#233; ; un bureau politique de Nouvelle D&#233;mocratie fut aussi attaqu&#233;. Ce m&#234;me soir, des militants de la gauche extra-parlementaire manifest&#232;rent dans des zones voisines.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;samedi 13 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, 500 personnes, principalement des militants libertaires, se rassembl&#232;rent place Kamara. Ils constitu&#232;rent un bloc et se dirig&#232;rent vers la place Aristote o&#249; s'&#233;taient principalement rassembl&#233;s des militants de la gauche extra-parlementaire, suite &#224; l'appel de la Coordination des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et des occupations de l'AUTH, pour une manif. Les deux groupes form&#232;rent initialement une manifestation commune de 1 000 personnes le long de la rue Egnatia. Apr&#232;s un moment, les deux blocs se s&#233;par&#232;rent de quelques m&#232;tres. Ils march&#232;rent tous deux le long de l'avenue Nikis, la rocade du centre, pleine de caf&#233;s et de bars, o&#249; beaucoup de cam&#233;ras de surveillance de banque furent d&#233;truites. Les gauchistes se dirig&#232;rent vers le minist&#232;re de Mac&#233;doine et de Thrace alors que la plupart des gens quittaient la manif. Ce fut la premi&#232;re manifestation depuis sept jours qui avait un caract&#232;re plus politique que social.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;dimanche 14 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Une manifestation &#224; moto d&#233;marra de l'&#233;cole d'Art occup&#233;e &#224; 13h00. Elle se dirigea vers les banlieues &#233;loign&#233;es de l'est de la ville &#8212; Stavroupoli, Evosmos, Eptalofos, Xirokrini &#8212; o&#249; vivent de nombreux immigr&#233;s de Russie et d'Albanie et les travailleurs pauvres. Quelques-uns d'entre eux se joignirent &#224; la manif. En revenant, les manifestants pass&#232;rent en face du minist&#232;re de Mac&#233;doine et de Thrace, et devant le commissariat d'Ano Poli, et revinrent &#224; l'&#233;cole d'Art.
Une autre manifestation eut lieu dans la banlieue &#233;loign&#233;e, au sud-est, de Peraia. 60 lyc&#233;ens et &#233;tudiants march&#232;rent jusqu'au commissariat et ensuite &#224; l'H&#244;tel de Ville, o&#249; ils accroch&#232;rent une banderole proclamant : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#224; bas le gouvernement des assassins et de la police&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;lundi 15 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;T&#244;t le matin, une initiative de militants de l'occupation de l'&#233;cole d'Art occupait l'H&#244;tel de Ville du quartier de Sykies, &#224; l'ouest, afin de le transformer en centre de contre-information local et d'appeler &#224; une assembl&#233;e populaire locale. Les assembl&#233;es populaires dans les quartiers et les occupations des b&#226;timents municipaux ou d'&#201;tat ont &#233;merg&#233; comme nouvelle forme de lutte, tout d'abord &#224; Ath&#232;nes, introduites par l'occupation de l'H&#244;tel de Ville de la banlieue Agios Demetrios, l'occupation de l'ancien H&#244;tel de Ville dans la banlieue nord d'Halandri et celle de Galaxias, dans la banlieue Nea Smirni. Pendant cette semaine, cette forme de lutte se r&#233;pandit aux autres quartiers et banlieues d'Ath&#232;nes et &#224; nombre de villes partout en Gr&#232;ce.
Dans la journ&#233;e les habitants du coin passaient &#224; l'H&#244;tel de Ville occup&#233; de Sykies ; certains d'entre eux sympathisant avec l'action, d'autres juste curieux. Dans la soir&#233;e, au moins 200 personnes se retrouv&#232;rent l&#224;, dans une premi&#232;re assembl&#233;e populaire ; principalement des participants aux contestations et aux &#233;meutes des jours pr&#233;c&#233;dents, mais aussi des habitants du coin favorables au bouleversement en cours. L'assembl&#233;e d&#233;cida d'appeler &#224; une manifestation locale mercredi apr&#232;s-midi et d'organiser des actions de contre-information locale mardi. Cette assembl&#233;e continue &#224; se tenir dans l'H&#244;tel de Ville jusqu'&#224; pr&#233;sent.
&lt;br /&gt;Toute la journ&#233;e de lundi, beaucoup d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d'&#233;tudiants avaient lieu &#224; l'AUTH, votant l'occupation des locaux universitaires contre la r&#233;pression d'&#201;tat. La plupart des assembl&#233;es &#233;tudiantes demandaient aussi la d&#233;mission du gouvernement et le d&#233;sarmement de la police. Aux dires de certains &#233;tudiants, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;taient massives, rappelant celles qui avaient eu lieu durant le mouvement &#233;tudiant de 2006-2007. Durant cette semaine, plus d'&#233;tudiants particip&#232;rent activement aux occupations, par rapport &#224; la semaine pr&#233;c&#233;dente, quand le seul point de rendez-vous pour chacun &#233;tait la rue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mardi 16 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le proc&#232;s de huit flics avait lieu au tribunal de Thessalonique ; ils &#233;taient accus&#233;s d'avoir molest&#233; Avgoustinos Demetriou, un &#233;tudiant de Chypre, le 17 novembre 2006, alors qu'ils &#233;taient en service et en civil. Bien qu'ils aient &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s coupables et condamn&#233;s de 15 &#224; 39 mois d'emprisonnement, ils furent rel&#226;ch&#233;s sous caution pour 5 euros par jour. 150 personnes se rassembl&#232;rent devant le tribunal pour protester contre la police. Quand le r&#233;sultat fut prononc&#233;, les gens attaqu&#232;rent la police anti-&#233;meute gardant l'entr&#233;e du tribunal avec des pierres, des &#339;ufs et des bouteilles vides. Les flics r&#233;pliqu&#232;rent en utilisant des lacrymos et en frappant les manifestants.
&lt;br /&gt;A 19h00, une manifestation appel&#233;e par la coordination des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et des occupations de l'AUTH d&#233;marra de la place Kamara. Environ 3 000 personnes, pour la majeure partie des &#233;tudiants, d&#233;fil&#232;rent dans les rues principales du centre-ville et se dirig&#232;rent vers le minist&#232;re de Mac&#233;doine et de Thrace. Pendant la manif, des slogans et des graffitis furent inscrits sur les vitrines et les murs ; les militants &#233;tudiants occup&#232;rent pendant un moment trois stations de radios, diffusant proclamations et communiqu&#233;s. Il n'y eut pas d'affrontements, bien que les flics furent largement insult&#233;s.
&lt;br /&gt;Les premi&#232;res assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;tudiantes eurent lieu et davantage de b&#226;timents universitaires furent occup&#233;s. L'&#233;cole de cin&#233;ma occup&#233;e, situ&#233;e &#224; l'ouest dans la banlieue ouvri&#232;re de Stavroupoli, appela &#224; sept jours de projections populaires et de discussions ouvertes dans le quartier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mercredi 17 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Le matin, un supermarch&#233; Carrefour &#224; Stavroupoli fut pill&#233; par 50 militants. Les marchandises furent distribu&#233;es sur un march&#233; du voisinage.
&lt;br /&gt;A 14h30, une manifestation, appel&#233;e par la premi&#232;re assembl&#233;e populaire de l'H&#244;tel de Ville de Sykies, d&#233;marra de l'ancienne prison de Genti Koule et se poursuivit dans les rues du quartier de Sykies. Plus tard dans la soir&#233;e, la deuxi&#232;me assembl&#233;e populaire eut lieu &#224; Sykies. Les participants &#233;taient moins nombreux que la premi&#232;re fois, principalement des habitants du coin.
&lt;br /&gt;Pendant ce temps, la premi&#232;re assembl&#233;e populaire du quartier d'Ano Poli eu lieu &#224; 18h00, avec plus de 200 participants, la plupart d'entre eux &#233;tant de jeunes gens (ouvriers et &#233;tudiants), qui avaient particip&#233; aux contestations et &#233;meutes des jours pr&#233;c&#233;dents et dont la plupart vivent dans ce quartier partiellement pr&#233;serv&#233; et alternatif de la ville, mais aussi d'autres habitants du coin, d'&#226;ges divers, en sympathie avec l'agitation en cours. L'assembl&#233;e se tint dans le b&#226;timent de la biblioth&#232;que municipale, qui avait accueilli dans le pass&#233; un centre social expuls&#233; par les flics 10 ans auparavant. Beaucoup de gens particip&#232;rent &#224; la discussion avec des comptes-rendus des &#233;v&#233;nements des jours pr&#233;c&#233;dents, tout en proposant qu'une revendication essentielle &#224; avancer soit la lib&#233;ration imm&#233;diate de tous ceux qui avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Des rassemblements de contre-information furent planifi&#233;s pour le lendemain. Apr&#232;s la fin de l'assembl&#233;e, 150 personnes particip&#232;rent &#224; une manif spontan&#233;e dans les rues d'Ano Poli, chantant et taguant des slogans contre les flics, le travail salari&#233; et l'&#201;tat.
&lt;br /&gt;Ce m&#234;me soir, des militants &#233;tudiants organis&#232;rent une assembl&#233;e populaire dans le quartier ouest, &#233;loign&#233;, d'Ampelokipi, pour ce que nous en savons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;jeudi 18 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La Coordination des occupations et des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de l'AUTH appela &#224; une manifestation place Kamara &#224; 11h. Du fait de la forte pluie, seulement 300 militants se rassembl&#232;rent et se dirig&#232;rent vers le minist&#232;re de Mac&#233;doine et de Thrace.
&lt;br /&gt;Dans la soir&#233;e un concert fut organis&#233; place YMCA, &#224; c&#244;t&#233; de la zone de l'Exposition internationale de Thessalonique, par l'&#233;cole d'Art occup&#233;e, avec de nombreux artistes alternatifs y participant, 4 000 &#224; 5 000 personnes de tous &#226;ges &#233;taient l&#224;. De nombreux tracts appelant &#224; la solidarit&#233; avec les personnes arr&#234;t&#233;es furent distribu&#233;s, relay&#233;es en m&#234;me temps par des annonces dans les haut-parleurs. Ce concert pris fin apr&#232;s minuit. Plus tard dans la nuit, un autre concert eut lieu &#224; l'&#233;cole Polytechnique, appel&#233; par la Coordination.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;vendredi 19 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La seconde assembl&#233;e populaire d'Ano Poli eut lieu place Koule Kafe, en face de la biblioth&#232;que municipale pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;e. 100 &#224; 150 personnes y particip&#232;rent ; des rassemblements de contre-information furent pr&#233;vus pour le lendemain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;samedi 20 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Vers 10h, des militants libertaires occup&#232;rent le cin&#233;ma Olympion, le plus luxueux de la ville et lieu du Festival International du Film de Thessalonique, au c&#339;ur du centre-ville. Les projections officielles laiss&#232;rent place aux films militants et aux documentaires pour le reste de la journ&#233;e. Le caf&#233; du cin&#233;ma servit de lieu de rendez-vous pour les occupants et les passants, o&#249; les boissons &#233;taient gratuites. Des milliers de tracts furent distribu&#233;s. Les slogans furent cri&#233;s &#224; c&#244;t&#233; de l'Olympion occup&#233;, une boite de bonbons fut lanc&#233;e sur le maire de Thessalonique pendant une op&#233;ration caritative de rue, qui fut interrompue. Une petite unit&#233; de police accourut afin de d&#233;fendre le maire ridiculis&#233;. A 18h, 400 &#224; 500 personnes se retrouv&#232;rent dans une assembl&#233;e ouverte qui eut lieu au &#171; cin&#233;ma Olympion lib&#233;r&#233; &#187;. De nombreux comptes-rendus de l'agitation r&#233;cente et les propositions pour le futur furent d&#233;battues. Tard dans la soir&#233;e, l'occupation prit fin avec une manifestation de 1 000 &#224; 1 500 personnes dans l'avenue Nikis et la rue Ethnikis Aminis. Les flics qui gardaient l'arbre de No&#235;l furent attaqu&#233;s &#224; la peinture, des cam&#233;ras de surveillance furent d&#233;truites.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;dimanche 21 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;La troisi&#232;me assembl&#233;e populaire eut lieu &#224; Ano Poli. Environ 100 personnes occup&#232;rent temporairement l'&#233;glise de Taksiarches o&#249; ils firent des propositions et discut&#232;rent des actions pour le lendemain. Un pr&#234;tre mena&#231;a d'excommunier les participants ! Cette occupation constitua un scandale majeur pour les fractions conservatrices de la soci&#233;t&#233; locale. Le lendemain, une douzaine de flics en civil gardaient l'&#233;glise de Taksiarches alors que la police anti-&#233;meute surveillait une autre &#233;glise connue dans le quartier d'Ano Poli.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;lundi 22 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;T&#244;t le matin, la biblioth&#232;que municipale d'Ano Poli fut occup&#233;e afin d'accueillir les assembl&#233;es populaires et d'&#234;tre utilis&#233;e comme centre de contre-information. Dans la matin&#233;e, des tracts furent distribu&#233;s par des occupants dans les rues et les lyc&#233;es d'Ano Poli. La quatri&#232;me assembl&#233;e populaire eut lieu le soir. Outre l'organisation des actions pour le lendemain, un th&#232;me majeur de l'assembl&#233;e fut l'id&#233;e d'un appel &#224; des actions dans le centre-ville pendant No&#235;l, faisant valoir que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; cette ann&#233;e on ne c&#233;l&#232;bre pas No&#235;l, on s'&#233;meute&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;mercredi 24 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A 18h30, une manifestation locale appel&#233;e par la biblioth&#232;que municipale occup&#233;e eut lieu dans les rues principales du quartier d'Ano Poli, &#224; laquelle particip&#232;rent une centaine de militants du milieu libertaire. De nombreux tracts appelant &#224; une lib&#233;ration imm&#233;diate des personnes arr&#234;t&#233;es et d&#233;non&#231;ant les c&#233;l&#233;brations de No&#235;l furent distribu&#233;s aux employ&#233;s des magasins, aux habitants et aux passants. Apr&#232;s la manif, l'occupation de la biblioth&#232;que municipale pris fin sur fond d'agitation sociale r&#233;duite. De ce fait il &#233;tait devenu impossible d'organiser des contestations et d'autres actions durant No&#235;l.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;retour &#224; la normale ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;Jusqu'ici tout va bien. La vie dans la ville de Thessalonique semble &#234;tre revenue &#224; la normale. Toutefois, quelques r&#233;unions de militants continuent &#224; avoir lieu, comme dans l'&#233;cole d'Art occup&#233;e dans la banlieue est de Kalamaria et &#224; Ano Poli. Hier, jeudi 30 d&#233;cembre, 100 personnes manifest&#232;rent &#224; Kalamaria contre les c&#233;l&#233;brations du Nouvel An, appelant &#224; la lib&#233;ration imm&#233;diate des personnes arr&#234;t&#233;es pendant que des ouvriers, des immigr&#233;s et des militants occupaient la Bourse du travail de Thessalonique, exprimant leur solidarit&#233; &#224; l'ouvri&#232;re syndicaliste bulgare de l'ISAP (m&#233;tro d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e) Konstantina Kouneva, qui avait &#233;t&#233; attaqu&#233;e &#224; l'acide sulfurique le 23 d&#233;cembre ; elle est toujours &#224; l'h&#244;pital et dans un &#233;tat grave.
&lt;br /&gt;Comme pour ce soir, il y a un appel &#224; un rassemblement place Rotonda &#224; minuit et demi : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pendant la nuit du r&#233;veillon, nous n'allons pas rester &#224; la maison en attendant une nouvelle ann&#233;e morte ; nous allons sortir nous amuser et les rues seront &#224; nous ; tout &#224; chang&#233;, l'&#233;meute fait maintenant partie de nos vies ; pour chaque moment assassin, pour tous les copains qui sont morts, pour tout ce que nous ressentons et nous recherchons.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;Il est quasiment impossible pour qui que ce soit d'estimer si ou comment cette agitation sociale va continuer apr&#232;s le 7 janvier, le jour de la rentr&#233;e. Selon ce qui arrivera, plus rien ne sera pareil, non seulement pour nous qui avons &#233;t&#233; dans la rue, mais aussi bien pour toute la classe ouvri&#232;re de ce pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Blaumachen et amis, Thessalonique, 31 d&#233;cembre 2008.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Joyeux No&#235;l !&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La VIOLENCE c'est travailler 40 ans, pour des salaires mis&#233;rables, et s'estimer heureux de pouvoir prendre sa retraite,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE ce sont les obligations d'&#201;tat, les fonds de pension vol&#233;s, et la fraude des march&#233;s boursiers,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE c'est d'&#234;tre forc&#233; d'emprunter pour te loger et de rembourser &#224; prix d'or,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE c'est le droit de la direction de te licencier quand elle veut,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE c'est le ch&#244;mage, le temps partiel, 400 euros de salaire avec ou sans s&#233;curit&#233; sociale,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE ce sont les accidents du travail ; vu que les patrons diminuent les &#171; co&#251;ts de s&#233;curit&#233; &#187; du travail,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE c'est de se rendre malade de travailler si dur,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE c'est consommer des psychotropes et des vitamines afin d'affronter des heures de travail &#233;puisantes,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE c'est travailler pour de l'argent afin d'acheter les m&#233;dicaments n&#233;cessaires pour maintenir ta capacit&#233; de travail,
&lt;br /&gt;La VIOLENCE c'est mourir sur des lits pr&#234;ts &#224; l'emploi dans des h&#244;pitaux horribles, quand tu ne peux pas payer de pot-de-vin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Prol&#233;taires du local occup&#233; de la Conf&#233;d&#233;ration Syndicale Grecque (GSEE), Ath&#232;nes, d&#233;cembre 2008.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;[tract distribu&#233; le 24 d&#233;cembre]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
Voici un texte de camarades grecs, &#233;labor&#233; dans le contexte de discussions qui ont eu lieu, notamment &#224; Paris, en juin 2009.
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;D&#201;CEMBRE 2008 EN GRECE :
UNE TENTATIVE DE MISE AU JOUR DE LA FORCE ET DES LIMITES DE NOTRE LUTTE&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; les tentatives de l'&#201;tat et de son spectacle de r&#233;duire les &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre 2008 &#224; une &#171; r&#233;volte des jeunes &#187; qui, vu la sensibilit&#233; intrins&#232;que de leur &#226;ge, ont toutes les raisons de r&#233;agir au monde des adultes, on y trouve des &#233;l&#233;ments qui les d&#233;signent comme les &#233;v&#233;nements historiques les plus importants des 35 derni&#232;res ann&#233;es en Gr&#232;ce. D&#233;cembre fut une r&#233;volte d'une minorit&#233; de la classe ouvri&#232;re qui vit dans ce coin du monde. Par ses actions, cette minorit&#233; a critiqu&#233; les rapports sociaux contemporains, le travail, la marchandise, l'&#201;tat. Cette critique (destructrice et cr&#233;atrice &#224; la fois) &#233;tait anticapitaliste et non r&#233;formiste et exprimait le besoin de d&#233;passement des rapports capitalistes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De la fronti&#232;re aux commissariats, la d&#233;mocratie assassine&lt;/i&gt; &#187; (slogan inscrit sur un mur)&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Remember, remember the 6th of December&lt;/i&gt; &#187;, a &#233;t&#233; inscrit sur un mur &#224; Ath&#232;nes. Depuis ce soir-l&#224; et pendant quelques jours ce sont les actions d'une foule de jeunes surtout (mais pas exclusivement) prol&#233;taires qui ont parl&#233; : flics et commissariats attaqu&#233;s, banques incendi&#233;es, magasins d&#233;truits et pill&#233;s, minist&#232;res, chambres d'industrie et entreprises de location de personnel vandalis&#233;es, universit&#233;s, mairies et autres b&#226;timents publics occup&#233;s. Dans les rues des villes r&#233;volt&#233;es, on trouvait des &#233;l&#232;ves du secondaire, parmi lesquels nombre d'immigr&#233;s de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration, des &#233;tudiants, des jeunes travailleurs et ch&#244;meurs, des gens du pays et des immigr&#233;s, des &#171; lumpen &#187; prol&#233;taires et quelques travailleurs &#171; stables &#187;. Dans l'&#233;volution de la crise capitaliste mondiale, la r&#233;volte en elle-m&#234;me a d&#233;montr&#233; &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; la profonde conviction des jeunes que leur avenir a &#233;t&#233; pill&#233; d'avance&lt;/i&gt; &#187; (comme Mike Davis l'a signal&#233; tr&#232;s pertinemment lors d'une interview). D&#233;cembre ne fut pas un mouvement contre l'arbitraire policier ou la r&#233;pression. Le fait que la r&#233;pression devint la cible de l'attaque prol&#233;taire peut s'expliquer si l'on consid&#232;re dans sa r&#233;alit&#233; le coup tir&#233; par un petit flic quelconque : comme l'expression d'un &#201;tat qui doit intervenir d'une fa&#231;on de plus en plus disciplinaire contre un prol&#233;tariat qu'il est de plus en plus difficile d'&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;int&#233;grer&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-1&quot; name=&quot;nh4-1&quot; id=&quot;nh4-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Sous &#171; int&#233;gration &#187; il faut entendre ici les modalit&#233;s de (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] dans le monde capitaliste actuel. Ce n'&#233;tait pas non plus un mouvement contre le gouvernement : les actions des r&#233;volt&#233;s, ayant comme point de d&#233;part la vie de merde d'aujourd'hui [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-2&quot; name=&quot;nh4-2&quot; id=&quot;nh4-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] &#171; Nous venger non seulement pour la mort de Alexis, mais aussi pour les (...)' &gt;2&lt;/a&gt;], &#233;taient dirig&#233;es contre l'avenir du monde capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eux, ils ruinent notre vie, nous, on va tout ruiner pour reprendre nos vies en main&lt;/i&gt; &#187; (slogan inscrit sur un mur)&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les prol&#233;taires r&#233;volt&#233;s n'ont formul&#233; aucune demande et n'avaient aucune revendication, parce qu'&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; ils vivent quotidiennement et, par cons&#233;quent, ils savent bien que la classe dominante refuse de satisfaire toute demande de ce genre&lt;/i&gt; &#187;, comme on lisait sur un tract distribu&#233; par quelques occupants de l'ASOEE (&#201;cole Sup&#233;rieure d'&#201;tudes &#201;conomiques et Commerciales). Les jours de d&#233;cembre ont rendu plus que clair que la crise du capitalisme est aussi une crise de la politique. Les r&#233;volt&#233;s saccageaient ou occupaient les b&#226;timents de l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire du capitaliste collectif et du m&#233;canisme de reproduction sociale avec lequel ils auraient d&#251; tenter d'entrer en compromis dans le cadre d'une lutte revendicative. Leurs attaques contre les b&#226;timents publics et l'absence de revendications n'ont &#233;t&#233; que deux aspects de la m&#234;me r&#233;alit&#233;. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;C'est bien s&#251;r cette absence de demande de r&#233;formes (et ainsi l'absence de toute prise permettant la gestion de la protestation) qui est l'&#233;l&#233;ment le plus scandaleux &#8212; et pas les cocktails Molotov ou les vitrines bris&#233;es&lt;/i&gt; &#187; signale justement Mike Davis dans la m&#234;me interview.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;cembre ne cherchait pas &#224; n&#233;gocier, et cela constitue une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;rupture&lt;/i&gt; avec le mouvement des occupations &#233;tudiant de 2006-07, qui fut massif et de longue dur&#233;e et constitue le pr&#233;curseur direct de la r&#233;volte, dans le sens o&#249; ce mouvement exprimait la r&#233;bellion d'une fraction particuli&#232;re de jeunes prol&#233;taires (ayant un grand poids social dans le cas grec) &#8212; de la (future) force de travail qualifi&#233;e &#8212; contre le blocage de sa reproduction. Mais le mouvement &#233;tudiant &#233;tait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;revendicatif&lt;/i&gt; (il revendiquait une meilleure int&#233;gration pour les jeunes sp&#233;cialis&#233;s), malgr&#233; les contradictions et les conflits internes qu'il a connus. Nous qui signons ce texte, faisant partie de ce mouvement et envisageant son incapacit&#233; de s'&#233;tendre au del&#224; de l'universit&#233;, nous consid&#233;rions que certaines demandes concr&#232;tes pourraient constituer un outil (politique) de contestation des clivages au sein de la classe ouvri&#232;re. Sentant l'attaque contre la reproduction de la classe comme un &#233;l&#233;ment central de la restructuration capitaliste, nous croyions que la revendication d'un &#171; salaire social &#187; pourrait jouer ce r&#244;le unificateur, contestant l'ancrage de notre reproduction au travail, et c'est ainsi que nous avons essay&#233; de promouvoir cette id&#233;e au sein du mouvement. La r&#233;volte de d&#233;cembre et notre participation &#224; celle-ci a &#233;t&#233; la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;critique v&#233;cue&lt;/i&gt; de notre attitude pr&#233;c&#233;dente, car elle nous a d&#233;montr&#233; que la fragmentation du prol&#233;tariat en plusieurs cat&#233;gories de force de travail, antagonistes entre elles, n'est mise en question qu'au moment de la critique en actes du rapport capital lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire de l'existence m&#234;me des prol&#233;taires en tant que force de travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'absence de revendications signifiait en m&#234;me temps la pr&#233;dominance d'une forme d'organisation informelle (le cercle d'amis) et elle a eu un r&#233;sultat concret : l'&#201;tat a eu beau chercher, il n'a pas pu trouver une repr&#233;sentation des r&#233;volt&#233;s et surtout il n'a pas pu en fabriquer une, afin d'ouvrir la voie pour dompter le mouvement [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-3&quot; name=&quot;nh4-3&quot; id=&quot;nh4-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] &#171; En fin de compte, l&amp;#39;&#201;tat est capable de reconnaitre toute (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]. Dans tout mouvement revendicatif il existe par d&#233;finition une organisation qui exprime aussi les limites de ce mouvement. Par exemple, une gr&#232;ve revendicative est organis&#233;e par un syndicat ou m&#234;me par une fraction combative des ouvriers en dehors du syndicat ; ces deux formes d'organisation assument en fin de compte le r&#244;le de garantir la reprise du travail (peut-&#234;tre m&#234;me contre une minorit&#233; qui ne d&#233;sire pas cette reprise). De m&#234;me, une protestation sur une question concr&#232;te est organis&#233;e par un parti (ou un milieu politique), dont le r&#244;le est avant tout de d&#233;finir la question, c'est-&#224;-dire de d&#233;finir l'issue du combat en tant qu'enjeu se rapportant &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une question pr&#233;cise&lt;/i&gt; et d&#233;terminer par la suite le contenu ainsi que le moment de la victoire ou de la d&#233;faite, c'est-&#224;-dire le moment de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fin&lt;/i&gt; du combat. Dans le cas de D&#233;cembre, il y a eu des r&#233;cup&#233;rateurs de toute sorte qui, aux c&#244;t&#233;s de ceux qui condamnaient en bloc la r&#233;volte, essayaient de convaincre que c'est uniquement la protestation politique qui peut g&#233;n&#233;rer des avantages et pas la soi-disant violence aveugle. Pourtant, la tentative de m&#233;diation a &#233;chou&#233;, car les m&#233;diateurs faisaient face &#224; des r&#233;volt&#233;s qui, refusant leur r&#244;le, montraient qu'ils ont enfin compris qu'il ne peut y avoir d'&#171; avantage &#187; mat&#233;riel pour eux dans le capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revenir &#224; la situation d'avant ? Il n'en est pas question &lt;/i&gt; &#187; (slogan inscrit sur un mur)&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un bilan de la r&#233;volte de d&#233;cembre &#224; usage prol&#233;tarien, il est important d'examiner ce que les prol&#233;taires r&#233;volt&#233;s des deux sexes [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-4&quot; name=&quot;nh4-4&quot; id=&quot;nh4-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Dans les pratiques manifest&#233;es dans les rues on ne pouvait pas (...)' &gt;4&lt;/a&gt;] &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;ont fait&lt;/strong&gt;, ce qu'ils &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;n'ont pas&lt;/strong&gt; fait, c'est-&#224;-dire quelles &#233;taient les limites de leurs actions, et ce qu'ils ont montr&#233; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;pouvoir faire&lt;/strong&gt; dans l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les actions qui montraient la direction d'un monde nouveau, malgr&#233; les contradictions qui se trouvaient aussi en elles, &#233;taient &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;les pillages des marchandises, la pratique anti-syndicale&lt;/strong&gt; qui s'est exprim&#233;e lors de l'occupation du b&#226;timent de la GSEE (Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Travailleurs) et les &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;attaques&lt;/strong&gt; sauvages &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;des commissariats de police&lt;/strong&gt; par les lyc&#233;ens. Ces actions expriment la pression qui s'est exerc&#233;e sur les &#171; parois &#187; des rapports capitalistes, &#224; leurs points les plus forts, tandis qu'en m&#234;me temps elles se caract&#233;risent par une originalit&#233; historique [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-5&quot; name=&quot;nh4-5&quot; id=&quot;nh4-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] D&amp;#39;apr&#232;s nos connaissances, dans le territoire grec il n&amp;#39;y a (...)' &gt;5&lt;/a&gt;] en ce qui concerne la Gr&#232;ce. &#201;galement importante fut la &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;participation relativement forte des immigr&#233;s&lt;/strong&gt;, fait qui d&#233;montre que les divisions parmi les prol&#233;taires sont surmont&#233;es uniquement quand la lutte est &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;contre le capital&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Up against the wall motherfuckers ! We've come for what's ours&#8230;&lt;/i&gt; &#187; (titre d'un tract)&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pillages ont eu lieu surtout &#224; Ath&#232;nes, dans un moindre degr&#233; &#224; Thessalonique et &#224; un degr&#233; encore moindre en province. Ils constituent le plus grand scandale de D&#233;cembre. Les journalistes et les m&#233;diateurs politiques de tous bords ont pu dans un premier temps supporter et &#171; justifier &#187; les attaques contre la police et les vandalismes, mais jamais l'attaque prol&#233;tarienne contre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Et pourtant, quoi de plus naturel que l'expropriation directe quand le spectacle distribue &#224; gogo des promesses de bonheur consum&#233;riste, au moment m&#234;me o&#249; l'on prive les prol&#233;taires des moyens pour satisfaire ces promesses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#244;le principal dans les pillages de d&#233;cembre a &#233;t&#233; tenu par les immigr&#233;s, mais ils n'&#233;taient pas les seuls &#224; y participer. Dans plusieurs cas, des &#233;l&#232;ves, des &#233;tudiants, mais &#233;galement des prol&#233;taires grecs d'un &#226;ge plus avanc&#233; ont pu profiter des soldes &#224; 100% qu'offrait la faiblesse de l'&#201;tat &#224; prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Bien entendu, l'&#201;tat et les moyens d'information ont tent&#233; de distinguer parmi les r&#233;volt&#233;s manifestants grecs et pilleurs &#233;trangers. Pour plusieurs immigr&#233;s c'&#233;tait leur seule fa&#231;on de participer &#224; la r&#233;volte ; vu que la police &#233;tait occup&#233;e, ils ont saisi l'occasion pour exproprier des marchandises dans les magasins de leur quartier. Dans deux cas au moins, des dizaines d'entre eux sont apparu brusquement, venus de nulle part, et ils ont vid&#233; les magasins d'une rue commerciale. Dans d'autres cas, il y a eu des pillages derri&#232;re les barricades dans des quartiers qui &#233;taient provisoirement lib&#233;r&#233;s de la police durant les affrontements. Il est important de souligner que les pillages ont commenc&#233; &#224; Ath&#232;nes juste apr&#232;s le coup de feu, le premier soir de la r&#233;volte, et &#224; Thessalonique le lendemain. Les r&#233;appropriations qui ont eu lieu concernent une tr&#232;s large gamme de marchandises : des denr&#233;es alimentaires et autres articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; (m&#233;dicaments, meubles, habits, carburant) jusqu'aux articles de luxe, certains d'entre eux destin&#233;s &#224; la revente. &#192; certaines occasions il y a eu des attaques de distributeurs automatiques de billets visant la monnaie &#171; sonnante et tr&#233;buchante &#187;, mais sans succ&#232;s. Plusieurs &#171; professionnels de la d&#233;linquance &#187; ont saisi l'occasion pour organiser des attaques contre des joailleries et autres commerces de luxe. Souvent, apr&#232;s le pillage, les r&#233;volt&#233;s d&#233;truisaient les magasins et les marchandises qu'ils n'avaient pu emporter. C'est ainsi qu'ils concevaient l'ach&#232;vement de leur f&#234;te. &#192; travers leurs actions ils d&#233;claraient que bien qu'aujourd'hui ils utilisent les marchandises (les privant de leur valeur d'&#233;change dans la plupart des cas), ils ne souhaitent pas que les magasins existent demain.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ces jours appartiennent &#224; Alexis&lt;/i&gt; &#187; (slogan inscrit sur un mur)&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'entr&#233;e des &#233;l&#232;ves du secondaire dans la sc&#232;ne des affrontements, le matin du lundi 8 d&#233;cembre, donna &#224; l'agitation une autre dimension et la propagea dans les quartiers d'Ath&#232;nes et dans plusieurs petites villes de province. Aux attaques sauvages des &#233;l&#232;ves du secondaire contre les commissariats participaient aussi plusieurs immigr&#233;s de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration, &#233;l&#232;ves du secondaire eux-m&#234;mes. Vu l'impuissance de l'&#201;tat grec &#224; promouvoir une &#233;ducation s&#233;gr&#233;gative (il est habituel que des lyc&#233;ens grecs et immigr&#233;s soient assis sur le m&#234;me banc) et l'absence d'une exclusion urbanistique des immigr&#233;s comme c'est le cas dans les villes fran&#231;aises, cette g&#233;n&#233;ration d'immigr&#233;s inter-agit avec les lyc&#233;ens d'origine grecque, parce que les conditions auxquelles doivent faire face beaucoup de jeunes grecs et &#233;trangers co&#239;ncident. Ce fait explique en grande partie leur pr&#233;sence collective lors de l'agitation de D&#233;cembre. Naturellement, ce sont les lyc&#233;ens qui ont v&#233;cu, plus que tous les autres, l'assassinat du jeune de 15 ans, comme l'assassinat de l'un d'entre eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est clair que ces lyc&#233;ens savent tr&#232;s bien ce que l'avenir leur r&#233;serve [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-6&quot; name=&quot;nh4-6&quot; id=&quot;nh4-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] On peut voir l&amp;#39;&#233;tat d&amp;#39;esprit d&amp;#39;une grande partie des (...)' &gt;6&lt;/a&gt;], car ils vivent l'intensification de l'entreprise disciplinaire (par exemple, avec la loi &#171; contre le port de la cagoule &#187;, les attaques contre les sous-cultures des jeunes et les contr&#244;les continuels dans la rue par les flics) et la tentative de rationalisation des m&#233;canismes de s&#233;lection/exclusion (plusieurs lois les concernant ont &#233;t&#233; mises en application par l'&#201;tat grec au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie). Dans le tumulte g&#233;n&#233;ral du monde de l'enseignement (avec le mouvement des occupations &#233;tudiant et la longue gr&#232;ve &#8212; six semaines &#8212; des enseignants), vers l'automne de chaque ann&#233;e depuis 2006 on voit appara&#238;tre des occupations de plusieurs &#233;coles du pays par les &#233;l&#232;ves, sans raison/revendication sp&#233;ciale [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-7&quot; name=&quot;nh4-7&quot; id=&quot;nh4-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Les occupations d&amp;#39;&#233;coles par les &#233;l&#232;ves sans v&#233;ritable ensemble (...)' &gt;7&lt;/a&gt;] la plupart du temps. Bref, les &#233;l&#232;ves expriment qu'ils n'ont pas envie d'&#234;tre des &#233;l&#232;ves, et par le moyen des occupations ils diminuent indirectement la dur&#233;e de l'ann&#233;e scolaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette pratique des &#233;l&#232;ves du secondaire pendant la r&#233;volte annonce que la crise de reproduction du syst&#232;me capitaliste est d&#233;j&#224; l&#224;. Les jeunes, c'est-&#224;-dire les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;futurs travailleurs/ch&#244;meurs&lt;/i&gt;, ayant conscience qu'ils sont destin&#233;s &#224; &#234;tre une force de travail enti&#232;rement consommable &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dans l'avenir&lt;/i&gt;, refusent &#224; travers la r&#233;volte leur r&#244;le de lyc&#233;en ou d'&#233;tudiant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dans le pr&#233;sent&lt;/i&gt;. L'absence de revendication s'est exprim&#233;e par l'&#233;lan destructeur contre les commissariats, une pratique &#171; revaloris&#233;e &#187; par rapport aux occupations d'&#233;coles. Peut-&#234;tre la combinaison de l'absence totale de revendications et de l'intensit&#233; de la violence pendant les premiers jours de la r&#233;volte est la raison pour laquelle les occupations d'&#233;coles n'ont pas &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;es par la suite. Il &#233;tait difficile pour les &#233;l&#232;ves de revenir &#224; la pratique plus usuelle de &#171; rater le cours &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ces jours sont les n&#244;tres, aussi&lt;/i&gt; &#187; (extrait d'un tract d'immigr&#233;s albanais)&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les actes de r&#233;volte simultan&#233;s des prol&#233;taires grecs pr&#233;caris&#233;s et des immigr&#233;s, auxquels le capital impose la pr&#233;carit&#233; en termes plus que brutaux, marquent le d&#233;passement de la division ethnique, une des armes les plus puissantes qu'utilise le capital pour imposer sa reproduction. Le fait que lors du mouvement fran&#231;ais en 2005-06 cette division a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif, fait de l'action simultan&#233;e des prol&#233;taires grecs et immigr&#233;s en d&#233;cembre une &#233;volution d'une importance historique. La premi&#232;re g&#233;n&#233;ration d'immigr&#233;s des Balkans (ceux qui ont commenc&#233; &#224; affluer dans le pays d&#232;s 1990) n'a pas pris part &#224; la r&#233;volte ; en g&#233;n&#233;ral, ils sont largement int&#233;gr&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; grecque puisque leurs attentes (tr&#232;s limit&#233;es de toute fa&#231;on) ont &#233;t&#233; en quelque sorte r&#233;alis&#233;es. Par contre, leurs enfants, qui ont commenc&#233; leur vie dans ce pays, ont des attentes plus grandes et ils voient qu'elles ne peuvent pas &#234;tre satisfaites ; leur vie peut &#234;tre tout au plus semblable &#224; celle de leurs parents, ce qui ne peut pas satisfaire cette g&#233;n&#233;ration [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-8&quot; name=&quot;nh4-8&quot; id=&quot;nh4-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Des immigr&#233;s nous ont d&#233;crit le conflit entre des adolescents et leurs (...)' &gt;8&lt;/a&gt;]. Ces jeunes immigr&#233;s vont &#224; l'&#233;cole et malgr&#233; le fait qu'ils ne sont pas compl&#232;tement s&#233;par&#233;s du reste des &#233;l&#232;ves, comme on a vu plus haut, ils vivent le racisme et la d&#233;pr&#233;ciation et ils savent qu'ils sont les premiers &#224; faire face &#224; une &#233;chelle d'ascension sociale bloqu&#233;e. Au del&#224; de la participation de jeunes immigr&#233;s des Balkans aux manifestations agressives des &#233;l&#232;ves dans les quartiers d'Ath&#232;nes, des groupes-bandes de jeunes immigr&#233;s se sont joints aux manifestations centrales du lundi 8 d&#233;cembre. Ils n'avaient pas d'intention particuli&#232;re de se battre avec les flics. Leur cible principale les banques et les b&#226;timents publics, mais certains d'entre eux n'ont pas rat&#233; l'occasion pour piller des magasins.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux &#233;meutes d'Ath&#232;nes ont &#233;galement particip&#233; les immigr&#233;s r&#233;cents et mis&#233;rables, qui vivent dans les quartiers-ghettos du centre-ville ; les surnum&#233;raires/exclus : afghans, pakistanais et africains. Ce prol&#233;taires ont particip&#233; aux combats du centre-ville, aux alentours de leurs quartiers, pendant les premiers jours des &#233;meutes de d&#233;cembre et ils ont pill&#233; plusieurs magasins quand l'occasion se pr&#233;sentait. Ils ont aussi attaqu&#233; le commissariat d'Omonoia (connu pour les nombreux cas de brutalit&#233;s contre les immigr&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;videmment, la coexistence de diff&#233;rentes fractions prol&#233;tariennes et de leur pratiques n'&#233;tait pas toujours harmonieuse. D&#232;s le premier jour, plusieurs immigr&#233;s qui tentaient de piller ont &#233;t&#233; repouss&#233;s par certains manifestants. &#201;galement, pendant l'occupation de l'&#201;cole Polytechnique d'Ath&#232;nes &#224; laquelle participaient quelques immigr&#233;s apr&#232;s l'explosion des premiers jours, il y a eu des confrontations anim&#233;es sur cette question entre certains anarchistes et les immigr&#233;s. On ne peut pas ignorer le fait que dans certains cas les confrontations au sujet des pillages ont eu lieu pendant les affrontements avec la police, car certains parmi les expropriateurs ne contribuaient pas au maintien des affrontements gr&#226;ce auxquels ils pouvaient s'approprier ce qu'ils voulaient. &#192; noter aussi que certains des participants aux affrontements, au lieu de se r&#233;server les marchandises, les jetaient dans le feu, soulignant ainsi la valeur d'usage qu'elles devraient avoir en ce moment pr&#233;cis. D'un autre c&#244;t&#233;, cependant, les confrontations au sujet des pillages sont apparues ailleurs sans qu'il soit question de soutenir le combat (comme par exemple le lundi 8 d&#233;cembre). Ceux des anarchistes qui s'en sont pris aux &#171; voleurs &#187; auraient tr&#232;s bien pu mettre en valeur leur savoir-faire pour aider &#224; l'expropriation de marchandises et &#224; leur transformation en valeurs d'usage pour ceux qui en avaient besoin, mais au lieu de cela ils ont d&#233;fendu la &#171; puret&#233; politique &#187; des &#233;v&#233;nements, c'est-&#224;-dire qu'ils pensaient et agissaient &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; en fonction de l'image qu'on aurait d'eux apr&#232;s la fin de la r&#233;volte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;ponse de l'&#201;tat &#224; la participation des immigr&#233;s aux &#233;v&#232;nements fut celle qu'on pouvait attendre : intensification de la r&#233;pression, op&#233;rations de ratissage, expulsions et projet de cr&#233;ation d'un camp de concentration &#224; Aspropyrgos. Mais en m&#234;me temps le flux migratoire grandit et l'&#201;tat grec se trouve face &#224; des foules de prol&#233;taires surnum&#233;raires qui transitent obligatoirement par la Gr&#232;ce &#224; cause de sa situation g&#233;ographique. La col&#232;re exprim&#233;e par des centaines d'immigr&#233;s &#224; Ath&#232;nes avec les manifs des 21 et 22 mai, o&#249; il y a eu des affrontements &#233;tendus avec la police (&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Le premier affrontement ouvert entre police et immigr&#233;s&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait le titre de l'article paru dans le quotidien &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Kathimerini&lt;/i&gt;) et des saccages (des dizaines de voitures et pas mal de banques et de magasins), &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;n'est pas&lt;/strong&gt; le r&#233;sultat de la stupidit&#233; d'un petit flic de base de plus qui aurait d&#233;cid&#233; de d&#233;chirer un livre de pri&#232;res musulman, ni de l'id&#233;ologie religieuse des immigr&#233;s musulmans (laquelle est bien r&#233;elle) [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-9&quot; name=&quot;nh4-9&quot; id=&quot;nh4-9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Il est &#224; noter que l&amp;#39;Association des Musulmans de Gr&#232;ce a (...)' &gt;9&lt;/a&gt;], contrairement aux affirmations d&#233;vers&#233;es par le spectacle pour nous convaincre. Elle provient de la combinaison de la situation asphyxiante r&#233;serv&#233;e aux immigr&#233;s sans papiers et de l'exp&#233;rience qu'ils ont pu acqu&#233;rir en participant aux &#233;v&#232;nements de D&#233;cembre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale d'Ouvriers R&#233;volt&#233;s&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'occupation du b&#226;timent de la GSEE a exprim&#233; d'une fa&#231;on contradictoire la force et la limite de la r&#233;volte. Malgr&#233; le fait que l'initiative provenait de syndicalistes de base (le r&#244;le principal &#233;tant tenu par le syndicat des travailleurs sur deux-roues) qui, dans le remous social, ont trouv&#233; l'occasion de fortifier leurs syndicats par le moyen d'une action &#171; spectaculaire &#187; [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-10&quot; name=&quot;nh4-10&quot; id=&quot;nh4-10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] Il s&amp;#39;est av&#233;r&#233; qu&amp;#39;ils avaient pr&#233;vu une occupation de deux (...)' &gt;10&lt;/a&gt;], l'occupation a exprim&#233; le besoin des prol&#233;taires r&#233;volt&#233;s de voir la r&#233;volte &#171; atteindre &#187; les lieux de travail. Ce m&#234;me besoin d'extension de la r&#233;volte avait &#233;t&#233; exprim&#233; les jours pr&#233;c&#233;dents avec l'occupation de mairies et autres b&#226;timents publics dans les voisinages/quartiers et dans certaines villes de province.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ainsi que, d&#232;s le d&#233;but de l'occupation du b&#226;timent de la GSEE, les syndicalistes de base se sont trouv&#233;s face &#224; une tendance radicale de prol&#233;taires pr&#233;caires et stables qui consid&#233;raient cette occupation comme la seule possibilit&#233; restante pour atteindre le domaine de la production en termes de r&#233;volte. Naturellement, les deux tendances ont attaqu&#233; la principale instance syndicale bureaucratique des travailleurs en Gr&#232;ce, mais leur concordance de vues s'arr&#234;tait l&#224; [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-11&quot; name=&quot;nh4-11&quot; id=&quot;nh4-11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Lors d&amp;#39;une discussion organis&#233;e dans la GSEE occup&#233;e, sous le (...)' &gt;11&lt;/a&gt;]. Allant contre le contenu m&#234;me de la r&#233;volte, ceux qui &#233;taient pour un syndicalisme autonome ont d&#233;fendu l'identit&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ouvri&#232;re&lt;/i&gt; de l'occupation et ont tent&#233; (sans succ&#232;s) de restreindre le r&#244;le des non-travailleurs r&#233;volt&#233;s dans celle-ci. La synth&#232;se (contradictoire) des deux tendances oppos&#233;es se refl&#232;te dans la d&#233;signation de cette op&#233;ration comme &#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale d'Ouvriers R&#233;volt&#233;s&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'occupation de la GSEE &#8212; tout comme les contradictions et les conflits qui se sont manifest&#233;s lors des occupations dans les quartiers &#8212; a fait transpara&#238;tre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'impossibilit&#233; d'extension de la r&#233;volte&lt;/i&gt;. Des milliers de travailleurs sont pass&#233;s par le b&#226;timent occup&#233; de la GSEE, tandis que plus de cinq cent personnes faisaient leur apparition lors des assembl&#233;es de l'occupation. Pourtant on ne peut dire, en aucun cas, qu'une partie &#8212; f&#251;t-elle infime &#8212; de ces travailleurs a rejoint cette activit&#233;. La pr&#233;sence des passants avait un caract&#232;re exploratoire et ils ne se sont pas impliqu&#233;s activement dans un processus que la plupart d'entre eux concevaient comme syndical. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause du fait que l'occupation ne formulait pas de revendications, que cette contradiction a rendu &#224; plusieurs reprises la discussion chaotique. &#192; noter aussi que les interventions organis&#233;es dans les lieux de travail (aux centres d'appel de l'organisme des t&#233;l&#233;communications &#8212; OTE &#8212; et dans une entreprise de sondages) n'ont pas pu atteindre leur but, c'est-&#224;-dire le blocage de la production.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'occupation du b&#226;timent de la GSEE a dur&#233; cinq jours. Certains syndicalistes de base, d&#232;s le deuxi&#232;me jour (jour de l'accomplissement de leur projet), tentaient sans cesse de bloquer la continuation de l'op&#233;ration, contre le besoin ressenti par la majorit&#233; des occupants de continuer l'occupation &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sans aucun but revendicatif / syndical&lt;/i&gt;. Il est &#224; noter cependant que dans cette opposition, il y a eu des camarades qui sont &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;aussi&lt;/i&gt; des syndicalistes de base, qui ont d&#233;fendu la pratique antisyndicale d'occupation sans revendications et qui y sont rest&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le dernier jour de l'occupation il y a eu la premi&#232;re manifestation de solidarit&#233; aux personnes arr&#234;t&#233;es pendant la r&#233;volte. C'est ainsi qu'on est pass&#233;s concr&#232;tement au stade des &#171; op&#233;rations post-r&#233;volte &#187;, puisque les centaines de participants ont form&#233; une &#171; assembl&#233;e de solidarit&#233; aux personnes arr&#234;t&#233;es de la r&#233;volte &#187; qui fut par la suite active pendant deux mois et demi avant de d&#233;g&#233;n&#233;rer. Une autre op&#233;ration post-r&#233;volte importante &#224; Ath&#232;nes, qui d&#233;coule de la tentative d'assassinat de Konstantina Kouneva (une syndicaliste, ouvri&#232;re bulgare immigr&#233;e travaillant dans le secteur du nettoyage), a &#233;galement un rapport avec l'occupation du b&#226;timent de la GSEE puisque la majorit&#233; des participants se sont aussi rencontr&#233;s pendant cette occupation. La coexistence conflictuelle de la tendance syndicale avec la tendance antisyndicale appara&#238;t d'une fa&#231;on encore plus claire dans cette activit&#233;. Dans les occupations des Bourses du Travail qui ont eu lieu plus tard &#224; Patras, &#224; Thessalonique et dans d'autres villes de province, c'est la tendance syndicale qui a pr&#233;domin&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Canailles, les jours de votre soci&#233;t&#233; sont compt&#233;s, on a pes&#233; ses joies et ses raisons et on a vu qu'elles manquaient de poids&#8230; &lt;/i&gt; &#187; (extrait d'un tract)&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La restructuration que le capital a commenc&#233;e dans le monde occidental au milieu des ann&#233;es 70, et en Gr&#232;ce au milieu des ann&#233;es 80, a fractionn&#233; la classe ouvri&#232;re, par cons&#233;quent la lutte de classe ne peut qu'&#234;tre caract&#233;ris&#233;e par ce fractionnement. Les armes m&#234;mes de la restructuration sont retourn&#233;es aujourd'hui contre le capital ; les d&#233;faites des luttes ouvri&#232;res revendicatives des vingt derni&#232;res ann&#233;es en Gr&#232;ce portaient en elles ce d&#233;cembre 2008. La r&#233;pression en tant que moyen (inefficace) de gestion des jeunes, la pr&#233;carisation de la vie elle-m&#234;me, l'afflux massif d'immigr&#233;s et leur utilisation en tant que machines de si&#232;ge en vue d'une d&#233;gradation et d'une flexibilisation plus pouss&#233;es des relations de travail, tout a &#233;t&#233; contest&#233; et d&#233;l&#233;gitim&#233; au moment o&#249; la balle sortit de l'arme du flic le 6 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La limite de la r&#233;volte &#233;tait son impossibilit&#233; de s'&#233;tendre aux lieux de travail&lt;/strong&gt;, fait qui est directement li&#233; &#224; la composition des participants. La fin d'une r&#233;volte ne peut pas &#234;tre attribu&#233;e &#224; des erreurs tactiques ; ces derni&#232;res peuvent seulement influencer les d&#233;tails et la vitesse du reflux. Les travailleurs &#171; stables &#187; n'ont pas pris part &#224; la r&#233;volte (&#224; part quelques petites fractions minoritaires). Comment &#233;tait-il possible de perturber le processus de production alors que la plupart des participants &#224; la r&#233;volte sont coinc&#233;s &#224; la fronti&#232;re entre ch&#244;mage et travail ou bien ne sont pas encore entr&#233;s dans le processus de production ? Le fait que ces deux mondes n'ont pas pu entamer une liaison, &#224; commencer par le moyen de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 10 d&#233;cembre, a d&#233;montr&#233; qu'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt; la g&#233;n&#233;ralisation de la r&#233;volte (des pr&#233;caires surtout) est impossible. De m&#234;me, les combats qui ont &#233;t&#233; men&#233;s l'ann&#233;e derni&#232;re par une partie importante des &#171; stables &#187; de la classe ouvri&#232;re contre la restructuration du syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale, ont prouv&#233; qu'une r&#233;volte ne peut pas r&#233;sulter d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale (o&#249; ce sont surtout les stables qui participent) exprimant avant tout les int&#233;r&#234;ts d'une fraction de la classe qui se sent &#171; travailleuse &#187; et se d&#233;fend, qui sent donc qu'elle a encore des choses &#224; perdre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;volution de la situation en Gr&#232;ce apr&#232;s D&#233;cembre rend encore plus claires les raisons pour lesquelles la g&#233;n&#233;ralisation de la r&#233;volte &#233;tait impossible &#224; r&#233;aliser en ce moment historique pr&#233;cis de la lutte des classes. Dans tous les secteurs de production dans lesquels les travailleurs les plus &#226;g&#233;s sont en plus grande partie stables et o&#249; les nouveaux arrivants entrent dans la production sous le r&#233;gime des &#171; nouvelles relations de travail &#187;, il y a des conflits entre eux, qui arrivent parfois jusqu'&#224; des confrontations violentes [&lt;a href=&quot;http://infokiosques.net/#nb4-12&quot; name=&quot;nh4-12&quot; id=&quot;nh4-12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] Tr&#232;s r&#233;cemment, dans un congr&#232;s de l&amp;#39;OME-OTE (syndicat de (...)' &gt;12&lt;/a&gt;]. Dans une p&#233;riode o&#249; la crise capitaliste s'accentue et o&#249; les emplois qu'offre le capital se r&#233;duisent, les prol&#233;taires entrent en concurrence pour ces postes. En Gr&#232;ce, comme en France, au Royaume Uni et en Belgique, un nouveau courant a commenc&#233; &#224; faire surface, celui exprim&#233;, comme nous avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;, dans les occupations de la GSEE et des Bourses du Travail, le courant du syndicalisme de base &#171; sauvage &#187;. Mais la question est que le p&#244;le capitaliste utilise m&#234;me la crise pour accentuer la flexibilisation du travail et pour s'attaquer &#224; la reproduction des prol&#233;taires, et que donc il devient impossible pour ces tentatives syndicalistes marginales, qui s'expriment aux limites entre la l&#233;galit&#233; et l'ill&#233;galit&#233;, d'obtenir des succ&#232;s &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pour l'ensemble&lt;/i&gt; des travailleurs qui y participent. D'apr&#232;s les donn&#233;es que nous poss&#233;dons jusqu'&#224; aujourd'hui, et bien que nous nous trouvions &#224; un stade pr&#233;coce de cette &#233;volution, il para&#238;trait que le r&#233;sultat des luttes syndicales d'aujourd'hui est une division accrue entre les travailleurs pr&#233;caires, qui vient s'ajouter &#224; la division d&#233;j&#224; existante entre pr&#233;caires et stables. Bien s&#251;r, il se pourrait que la mobilisation des pr&#233;caires ouvre des br&#232;ches au sein des syndicats des travailleurs stables et que les minorit&#233;s radicales trouvent l'occasion, &#224; travers les confrontations, de se lib&#233;rer enfin du mode d'action qui est in&#233;vitablement reproduit dans leur syndicat. Mais de cette fa&#231;on, la lutte syndicale pourrait-elle obtenir des r&#233;sultats ? Rien de moins s&#251;r, puisque le non retour du capital &#224; une strat&#233;gie social-d&#233;mocrate n'est pas une question de rapport de forces conjoncturel ; il est une question historique, c'est-&#224;-dire le produit cumul&#233; des luttes de classe du pass&#233; et de la restructuration qui a suivi la p&#233;riode des grandes luttes de classe des ann&#233;es 1960 et 1970. Il est clair que nous traversons une p&#233;riode historique critique, dans laquelle la perspective de la destruction du capital (mais aussi de l'approfondissement de sa domination) s'ouvre devant nous. Cette &#233;volution d&#233;pendra de plusieurs facteurs, que nous ne sommes manifestement pas en mesure de conna&#238;tre en ce moment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;volution historique g&#233;n&#233;rale dans le sens de la pr&#233;carisation de la vie de la classe ouvri&#232;re a montr&#233; elle aussi, en d&#233;cembre, sa force mais aussi ses limites. Cette tendance, en tant que strat&#233;gie du capital, va continuer &#224; l'avenir. Notre appr&#233;ciation, c'est que les luttes syndicales m&#232;nent &#224; une plus grande division et fragmentation du prol&#233;tariat et qu'elles vont de toute fa&#231;on &#233;chouer. Peut-&#234;tre que de cette fa&#231;on, &#224; l'avenir, la lutte des diverses fractions des travailleurs de plus en plus pr&#233;caires et des ch&#244;meurs sera de plus en plus une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;lutte contre le rapport capital&lt;/i&gt;, comme ceci s'est d&#233;j&#224; exprim&#233; en d&#233;cembre 2008 en Gr&#232;ce par des minorit&#233;s qui ont agi de fa&#231;on diffuse dans tout le pays. Peut-&#234;tre qu'ainsi la &#171; classe dangereuse &#187; va occuper de fa&#231;on agressive l'avant de la sc&#232;ne ; peut-&#234;tre que les lieux de travail aussi deviendront des cibles des attaques destructrices du prol&#233;tariat, en plus des b&#226;timents publics qui, d&#233;j&#224;, ne se sentent pas tr&#232;s bien parce que les flics embauch&#233;s, quel que soit leur nombre, ne suffisent pas pour les garder. Nous retrouverons la r&#233;volte sur notre chemin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques participants &#224; certains des &#233;v&#232;nements de d&#233;cembre 2008 en Gr&#232;ce, fin mai 2009.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Ces jours sont les n&#244;tres, aussi.&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;blockquote&gt;
Apr&#232;s l'assassinat d'Alexis Grigoropoulos, nous avons connu un &#233;tat d'agitation sans pr&#233;c&#233;dent, une explosion de col&#232;re qui semble infinie. Il semble que ce soient les &#233;tudiants qui ont &#233;t&#233; &#224; l'origine de ce soul&#232;vement, qui avec une passion in&#233;puisable et une chaleureuse spontan&#233;it&#233; ont renvers&#233; la situation dans son ensemble. Vous ne pouvez pas arr&#234;ter quelque chose que vous ne contr&#244;lez pas, quelque chose qui s'organise spontan&#233;ment et dans des conditions que vous ne comprenez pas. C'est la beaut&#233; du soul&#232;vement. Les &#233;l&#232;ves du secondaire font l'histoire et laissent &#224; d'autres le soin de l'&#233;crire et de la classer id&#233;ologiquement. Les rues, les objectifs, la passion leur appartiennent.
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cadre de cette mobilisation &#233;largie, derri&#232;re les manifestations &#233;tudiantes &#224; l'avant-garde, il y a une participation massive de la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration d'immigr&#233;s et &#233;galement de nombreux r&#233;fugi&#233;s. Les r&#233;fugi&#233;s viennent &#224; la rue en petit nombre, avec peu d'organisation, mais de la spontan&#233;it&#233; et de l'imp&#233;tuosit&#233;. &#192; l'heure actuelle, ils sont les plus actifs parmi les &#233;trangers vivant en Gr&#232;ce. Quoi qu'il en soit, ils ont tr&#232;s peu &#224; perdre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les enfants d'immigr&#233;s se mobilisent en masse et dynamiquement, principalement au travers des actions de l'&#233;cole secondaire et de l'universit&#233; ainsi que via les organismes de gauche et d'extr&#234;me gauche. Ils sont la partie la mieux int&#233;gr&#233;e de la communaut&#233; immigr&#233;e, sa partie la plus courageuse. Ils sont diff&#233;rents de leurs parents, qui sont arriv&#233;s ici la t&#234;te basse, comme s'ils mendiaient un morceau de pain. Ils font partie de la soci&#233;t&#233; grecque, puisqu'ils n'ont jamais v&#233;cu ailleurs. Ils ne mendient rien, ils demandent l'&#233;galit&#233; avec leurs camarades grecs. &#201;gaux en droits, dans la rue, dans leurs r&#234;ves.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour nous, les immigr&#233;s organis&#233;s politiquement, il s'agit d'un second Novembre 2005 Fran&#231;ais. Nous n'avons jamais eu l'illusion que lorsque les peuples se soul&#232;veraient de rage, nous serions en mesure de les diriger d'aucune mani&#232;re. Malgr&#233; les luttes que nous avons men&#233;es toutes ces ann&#233;es, nous n'avons jamais r&#233;ussi &#224; atteindre un tel niveau de r&#233;ponse que celui d'aujourd'hui. Maintenant il est temps &#224; la rue de parler : Le cri assourdissant que nous entendons est pour les 18 ans de violence, de r&#233;pression, d'exploitation et d'humiliation. Ces jours sont les n&#244;tres, aussi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces journ&#233;es sont pour les centaines d'immigr&#233;s et de r&#233;fugi&#233;s qui ont &#233;t&#233; assassin&#233;s aux fronti&#232;res, dans les commissariats de police et sur les lieux de travail. Ils sont pour tous ceux qui ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par les flics et les milices. Ils sont pour tous ceux qui ont &#233;t&#233; assassin&#233;s pour avoir os&#233; franchir la fronti&#232;re et travailler jusqu'&#224; la mort, pour n'avoir pas baiss&#233; la t&#234;te, ou pour rien. Ils sont pour GRAMOZ PALOUSI, LOUAN MPERNTELIMA, ENTISON GIAXAI, TONI ONOUXA, AMNPTOURAKIM INTRIZ, MONTASER MOXAMENT ASTRAF et tant d'autres que nous n'avons pas oubli&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces jours sont pour la violence polici&#232;re quotidienne qui reste impunie et sans r&#233;ponse. Ils sont pour les humiliations &#224; la fronti&#232;re et aux centres de d&#233;tention d'immigr&#233;s, humiliations qui continuent &#224; ce jour. Ils sont pour l'injustice criante des tribunaux grecs, pour les immigr&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s injustement en prison, pour la justice nous est refus&#233;e. M&#234;me aujourd'hui, dans ces jours et ces nuits de r&#233;volte, les immigr&#233;s paient un lourd tribu aux attaques de l'extr&#234;me-droite et des flics, avec des peines d'emprisonnement et d'expulsion que les tribunaux distribuent avec un amour chr&#233;tien aux infid&#232;les que nous sommes.
Ces jours sont pour l'exploitation continue et sans rel&#226;che depuis 18 ans maintenant. Ils sont pour les luttes qui n'ont pas &#233;t&#233; oubli&#233;es : dans les faubourgs de Volos, les travaux olympiques, la ville d'Amaliada. Ils sont pour la peine et le sang de nos parents, pour le travail non d&#233;clar&#233;, pour les horaires de travail interminables. Ils sont pour les transferts financiers et les frais d'envoi, les contributions que nous versons &#224; la communaut&#233; et qui ne sont jamais reconnues. Ils sont pour les papiers d'identit&#233; que nous chercherons pendant le reste de notre vie, tel un billet de loterie gagnant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces jours sont pour le prix que nous devons payer pour simplement exister et respirer. Ils sont pour tous les moments o&#249; nous avons serr&#233; les dents face aux insultes, face aux reniements quotidiens. Ils sont pour tous les moments o&#249; nous n'avons pas r&#233;agi quand bien m&#234;me nous avions les meilleurs raisons au monde de le faire. Ils sont pour toutes les fois o&#249; nous avons r&#233;agi et o&#249; nous nous sommes retrouv&#233;s seuls parce que nos morts et notre rage ne correspondaient pas aux formes existantes admises, n'apportaient pas de votes, n'&#233;taient pas vendeurs au prime time de l'actualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces jours-ci appartiennent &#224; tous les marginaux, aux exclus, aux personnes afflig&#233;es de noms difficilement pronon&#231;ables et d'histoires incompr&#233;hensibles. Ils appartiennent &#224; tous ceux qui meurent chaque jour dans la mer Eg&#233;e et le fleuve Evros, &#224; tous ceux assassin&#233;s &#224; la fronti&#232;re ou dans une rue du c&#339;ur d'Ath&#232;nes. Ils appartiennent &#224; la communaut&#233; rom de Zefyri, aux toxicomanes d'Eksarhia. Ces jours-ci appartiennent aux enfants de la rue Mesollogiou , aux non int&#233;gr&#233;s, aux &#233;tudiants incontr&#244;lables. Gr&#226;ce &#224; Alexis, ces jours-ci nous appartiennent &#224; tous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;18 ans de rage silencieuse, c'est trop.
&lt;br /&gt;A nos rues, pour la solidarit&#233; et la dignit&#233; !
&lt;br /&gt;Nous n'avons pas oubli&#233;, nous n'oublierons pas
&lt;br /&gt;Ces jours-ci sont les v&#244;tres aussi
&lt;br /&gt;Luan, Tony, Mohamed, Alexis &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le texte suivant a &#233;t&#233; distribu&#233; le 15 d&#233;cembre 2008 aux &#233;tudiants encerclant le si&#232;ge de la police, par des membres de l'Association des Immigr&#233;s Albanais.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Lettre ouverte des travailleurs d'Ath&#232;nes &#224; ses &#233;tudiants, dans le contexte des bouleversements sociaux qui ont suivi l'assassinat policier d'un jeune gar&#231;on&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;blockquote&gt;
Notre diff&#233;rence d'&#226;ge et l'&#233;loignement rendent difficile la discussion dans la rue ; c'est pourquoi nous vous envoyons cette lettre.
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La plupart d'entre nous ne sont pas (pour l'instant) devenus chauves ou bedonnants. Nous avons fait partie du mouvement de 1990-1991, dont vous avez d&#251; entendre parler. A l'&#233;poque et alors que nous occupions nos &#233;coles depuis 30/35 jours, les fascistes tu&#232;rent un enseignant parce qu'il avait outrepass&#233; son r&#244;le (qui est d'&#234;tre un gardien) et qu'il avait rejoint le mouvement adverse ; il nous avait rejoint dans notre combat. Alors m&#234;me les plus forts d'entre nous rejoignirent la rue et ses &#233;meutes. Pourtant, &#224; l'&#233;poque, nous n'envisagions m&#234;me pas ce que vous faites si facilement aujourd'hui : attaquer les commissariats (bien que nous chantions : &#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Br&#251;lons les commissariats !&lt;/i&gt;&#8221;...).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous avez donc &#233;t&#233; plus loin que nous, comme il arrive toujours au cours de l'histoire. Bien s&#251;r, les conditions sont diff&#233;rentes. Dans les ann&#233;es 90, ils nous firent miroiter des perspectives de succ&#232;s personnel et certains d'entre nous y cr&#251;rent. Maintenant plus personne ne peut croire leurs contes de f&#233;es. Vos grands fr&#232;res nous l'ont prouv&#233; durant le mouvement &#233;tudiant 2006/2007 ; &#224; votre tour, vous leur r&#233;d&#233;gueulez en pleine face leurs contes de f&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'ici tout va bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Maintenant les questions int&#233;ressantes mais difficiles vont appara&#238;tre.
Nous allons vous dire ce que nous avons appris de nos combats et de nos d&#233;faites (parce qu'aussi longtemps que ce monde ne sera pas le n&#244;tre, nous serons toujours les vaincus) et vous pourrez vous servir comme vous le souhaitez de ce que nous avons appris :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ne restez pas seuls ; faites appel &#224; nous ; contactez autant de personnes que possible. Nous ne savons pas comment vous pouvez le faire, mais vous y arriverez certainement. Vous avez d&#233;j&#224; occup&#233; vos &#233;coles et vous nous dites que la raison la plus importante est que vous n'aimez pas vos &#233;coles. Impeccable. Maintenant que vous les occupez, changez leur r&#244;le. Partagez vos occupations de b&#226;timents avec d'autres personnes. Faites que vos &#233;coles soient les premiers b&#226;timents &#224; accueillir de nouvelles relations. Leur arme la plus puissante est de nous diviser. De la m&#234;me fa&#231;on que vous n'avez pas peur d'attaquer leurs commissariats parce que vous &#234;tes ensemble, n'ayez pas peur de nous appeler pour que nous changions nos vies tous ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'&#233;coutez aucune organisation politique (qu'elle soit anarchiste ou n'importe quoi d'autre) Faites ce que vous avez besoin de faire. Faites confiance aux gens, pas aux id&#233;es et aux sch&#233;mas abstraits. Ayez confiance en vos relations directes avec les gens. Ne les &#233;coutez pas quand ils vous disent que votre combat n'a pas de contenu politique et qu'il devrait en avoir un. Votre combat est le contenu. Vous n'avez que votre combat et il ne tient qu'&#224; vous seuls de conserver son avance. C'est seulement votre combat qui peut changer votre vie, &#224; savoir vous-m&#234;me et vos vraies relations avec vos camarades.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'ayez pas peur de la nouveaut&#233;. Chacun de nous en vieillissant a des id&#233;es grav&#233;es dans le cerveau. Vous aussi, bien que vous soyez jeunes. N'oubliez pas l'importance de cela. En 1991, nous avons senti l'odeur du nouveau monde et ne l'avons pas trouv&#233; tr&#232;s agr&#233;able. On nous apprenait qu'il y a des limites &#224; ne pas d&#233;passer. N'ayant pas peur des destructions d'infrastructures. N'ayant pas peur des vols dans les supermarch&#233;s. Nous avons produit tout cela, c'est &#224; nous. Comme nous dans le pass&#233;, vous avez &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s pour produire des choses qui ensuite ne vous appartiennent plus. Reprenons tout cela et partageons-le. Comme nous partageons nos amis et notre amour parmi nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous nous excusons d'&#233;crire cette lettre rapidement, mais nous l'avons &#233;crite sur notre lieu de travail, &#224; l'insu de notre patron. Nous sommes prisonniers du travail comme vous l'&#234;tes de l'&#233;cole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous allons maintenant mentir &#224; notre patron et quitter notre boulot sous un faux pr&#233;texte, pour vous rejoindre &#224; Syntagma, les pierres &#224; la main.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;16 d&#233;cembre 2008&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;&#171; Rien n'est fini, rien ne finira ! Tout continue, tout... &#187;&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Anarchistes du d&#233;sert du R&#233;el&lt;/i&gt;. Ath&#232;nes, janvier 2009.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mois de d&#233;cembre 2008 a compt&#233; comme des ann&#233;es. Le meurtre d'Alexis Grigoropoulos par l'assassin d'&#201;tat Epaminondas Korkoneas dans le quartier d'Exarchia le 6 d&#233;cembre a &#233;t&#233; l'&#233;tincelle &#224; travers laquelle la douleur s'est transform&#233;e en rage, et la rage en r&#233;volte. Cette nuit-l&#224; et pendant de nombreux jours et nuits, la contre-violence sociale et de classe s'est d&#233;velopp&#233;e dans les rues d'Ath&#232;nes, de Thessalonique et de dizaines d'autres villes et villages grecs pour renvoyer au pouvoir une partie de notre vengeance. Une vengeance qui a trouv&#233; des mani&#232;res de s'exprimer collectivement, en masse comme individuellement, spontan&#233;ment comme de mani&#232;re organis&#233;e. Les rassemblements et les affrontements avec les chiens de garde de la d&#233;mocratie grecque, les dizaines de manifestations et d'attaques contre les commissariats, les incendies et les saccages de centaines de banques et de commerces, les destructions et les expropriations de marchandises, le sapin de no&#235;l br&#251;l&#233; sur la place du Parlement ont &#233;t&#233; quelques-unes des n&#233;gations face au dilemme qui se pose depuis qu'existe le pouvoir : &#234;tre agenouill&#233; ou r&#233;volt&#233;, citoyen pacifi&#233; ou humain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'&#233;tait la premi&#232;re fois depuis la chute de la dictature, sous la d&#233;mocratie, qu'autant de femmes et d'hommes, de jeunes, grecs ou immigr&#233;s, diff&#233;rents et &#233;gaux, ont ni&#233; les r&#244;les impos&#233;s par le pouvoir et ont contest&#233; en pratique le privil&#232;ge de l'&#201;tat, celui de tuer impun&#233;ment. Les occupations de consulats grecs et les attaques qu'ils ont subies, les manifestations dans des dizaines de villes &#224; travers le monde, et qui se sont parfois termin&#233;es par des arrestations, ont montr&#233; que les damn&#233;s de la terre savent partager le langage de la rue et de la solidarit&#233;.
Le lavage de cerveau par les &#233;crans de t&#233;l&#233;vision, internet, les premi&#232;res pages des journaux et les &#233;missions de radios se sont empress&#233;es d'&#171; expliquer &#187; la r&#233;volte, la divisant entre &#171; bons &#187; lyc&#233;ens et &#171; m&#233;chants &#187; cagoul&#233;s, entre manifestants &#171; pacifiques &#187; et immigr&#233;s &#171; voleurs &#187;. Ils ont tent&#233; de semer la peur et la confusion. Mais tout cela s'est r&#233;v&#233;l&#233; inutile. La r&#233;volte n'a pas &#233;t&#233; divis&#233;e. Tous ceux qui se sont retrouv&#233;s dans les rues connaissent les raisons qui l'ont allum&#233;e. La seule division qui existe dans une soci&#233;t&#233; d'exploitation et d'oppression a surgi d&#232;s les premi&#232;res heures apr&#232;s l'assassinat d'Alexis. D'un c&#244;t&#233; des barricades se trouvait la foule agit&#233;e des insurg&#233;s. De l'autre se trouvaient leurs ennemis : l'&#201;tat en prot&#233;geant son pouvoir, ses flics en tabassant et arr&#234;tant, les haut-grad&#233;s de l'arm&#233;e en d&#233;clarant l'&#233;tat d'urgence, les n&#233;o-nazis para-&#233;tatiques en aidant les forces de r&#233;pression, les procureurs et les juges en incarc&#233;rant, les partis en tentant de cr&#233;er un consensus politique, les constructeurs de l'opinion publique en calomniant l'esprit de la r&#233;volte, les pr&#234;tres voleurs en excommuniant, les petits et grands commer&#231;ants en pleurant leurs richesses perdues, les bien-pensants en demandant de l'ordre et de la s&#233;curit&#233;, c'est-&#224;-dire en d&#233;fendant l'id&#233;ologie qui a arm&#233; la main de dizaines d'assassins comme Korkoneas, volant la vie de dizaines d'insoumis comme Alexis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les vitrines fragiles sont tomb&#233;s en morceaux, et avec elles toutes les illusions d'un bien-&#234;tre n&#233; de l'esclavage volontaire, un bien-&#234;tre qui ne peut plus &#234;tre ni promis ni garanti pour personne. Les distributeurs n'ont plus crach&#233; d'argent mais du feu. Aucune propagande ne peut cacher la r&#233;alit&#233; qui a illumin&#233; les rues. Aucune guerre chimique ni aucune r&#233;pression ne pourront imposer un silence de cimeti&#232;re. Rien ne sera plus comme avant. Au cours de ces semaines lors desquelles a &#233;t&#233; mis en acte ce qui aurait pu devenir une guerre civile, chaque conscience a du faire un choix : avec la vie ou avec la mort, avec la r&#233;volte ou avec le pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le langage m&#233;diatique et intellectuo&#239;de de la r&#233;cup&#233;ration s'est plaint sans interruption : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ils n'avaient aucune revendication, &#231;a n'a &#233;t&#233; qu'une explosion, il s'agit de violence aveugle &lt;/i&gt; &#187;. Alors oui, messieurs, nous ne demandons rien parce que nous voulons tout, parce que dans ce monde nous pr&#233;f&#233;rons cacher nos visages et attaquer. Moins vous comprenez ce que nous disons et ce que nous faisons, et plus nous sommes s&#251;rs d'&#234;tre sur la bonne route, sur la route du refus de ce monde-prison. Vous cherchez inutilement &#224; nous pousser au dialogue, mais nous n'avons aucune demande &#224; faire, car ce que nous revendiquons ne se mendie pas, il s'obtient par la pratique : auto-organisation et solidarit&#233;, complicit&#233; et entraide entre les opprim&#233;s, haine infinie contre le pouvoir et action directe pour sa destruction. Des dizaines d'occupations d'universit&#233;, d'&#233;coles et de b&#226;timents &#233;tatiques et municipaux aussi bien au centre qu'en banlieue d'Ath&#232;nes et de tant d'autres villes. L'autogestion du quotidien en leur sein, bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233; et l'horizontalit&#233;. Les cantines et le caf&#233; auto-organis&#233;s avec des produits expropri&#233;s. Les tracts, les journaux, les affiches, les radios et les sites autog&#233;r&#233;s comme moyens de contre-information. Les initiatives et les concerts de solidarit&#233; et de soutien financier pour les incarc&#233;r&#233;s. Les occupations d'&#233;missions radio/t&#233;l&#233; publiques et priv&#233;es. Les interventions au cours de pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre. Les assembl&#233;es tr&#232;s suivies avec leurs discussions sans pr&#233;sident ni vote. L'int&#233;r&#234;t des uns pour les autres contre la logique de l'indiff&#233;rence. Le partage, et pas l'atomisation. Le sentiment vital de r&#233;sister malgr&#233; la cage invisible de la famille. Voil&#224; nos revendications ! Voil&#224; des signes tangibles du monde auquel nous r&#234;vons ! Nous savons bien que pour rendre ce monde r&#233;el nous devons d'abord d&#233;molir une fois pour toute la boucherie que vous nommez &#201;tat, d&#233;mocratie et libre march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une balle de l'&#201;tat a provoqu&#233; la merde dans les cale&#231;ons de soie des patrons de ce monde. Ils savent bien que rien n'est fini et que rien ne finira. Nous le savons aussi. Parce que nous le devons avant tout &#224; nous-m&#234;me. Parce que le retour &#224; la mis&#232;re de la normalit&#233; ne nous plait pas. Parce que nous le devons &#224; Alexis Grigoropoulos mais pas qu'&#224; lui. Nous le devons &#224; Michalis Kaltezas, &#224; Stamatina Kanellopoulou, &#224; Iakovos Koumis. Nous le devons &#224; Tony Onoua, &#224; Edison Giaxai et aux dizaines de fr&#232;res et s&#339;ur de classe qui sont tomb&#233;s dans les rues, aux fronti&#232;res, dans les commissariats, dans les prisons et dans les lieux de l'esclavage salari&#233;. Nous le devons &#224; Konstantina Kuneva, la syndicaliste combative hospitalis&#233;e depuis le 23 d&#233;cembre et luttant actuellement pour sa vie, apr&#232;s avoir subi une l&#226;che attaque des sbires des patrons social-d&#233;mocrates de Oicomet (entreprise de nettoyage pour laquelle elle travaillait dans le m&#233;tro d'Ath&#232;nes), parce qu'elle avait choisi de lutter pour ses droits et ceux de ses coll&#232;gues. Nous le devons aux centaines de mis en examens et aux dizaines de prisonniers de cette r&#233;volte que nous n'abandonnerons pas aux mains d'une justice grecque affam&#233;e...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les prisonniers de la r&#233;volte ne sont pas seuls !
&lt;br /&gt;Rien n'est fini, rien ne finira ! Tout continue, tout...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Interview de quelques anarchistes grecs &#224; propos du soul&#232;vement en cours&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;ponses de quelques camarades anarchistes grecs &#224; des questions du site italien &lt;a href=&quot;http://www.informa-azione.info&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.informa-azione.info&lt;/a&gt; sur certains aspects du soul&#232;vement de ces derniers jours et sur le contexte social, politique et urbain qui les anime. Traduction T'Okup.
&lt;br /&gt;[S. et P. se trouvent en Gr&#232;ce, O. &#224; Londres]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Informa-Azione : Quelques mots sur la brutalit&#233; de la police en Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;O. : Contrairement &#224; la plupart des &#233;tats occidentaux, la tactique de la police grecque ne consiste pas &#224; arr&#234;ter les personnes, &#224; leur infliger une amende etc, mais principalement &#224; les intimider et &#224; &#8220;les punir&#8221; physiquement. La r&#233;pression polici&#232;re est ainsi exerc&#233;e au quotidien, par exemple au pr&#233;texte de contr&#244;ler l'identit&#233; dans la rue, surtout &#224; l'encontre des jeunes au look &#8220;alternatif&#8221;, des pauvres et des migrants. Il existe diverses divisions de police, la plus connue est celle des &#8220;gardes sp&#233;ciales&#8221;, des idiots arm&#233;s et compl&#232;tement d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;s ; form&#233;e il y a 3-4 ans, elle s'est d&#233;j&#224; rendue responsable d'un nombre non n&#233;gligeable de meurtres (comme Iraklis Maragkakis, un jeune chauffeur cr&#233;tois mort d'un projectile dans la t&#234;te pour ne pas s'&#234;tre arr&#234;t&#233; lors d'un contr&#244;le). Il y a les &#8220;groupes d'arrestations&#8221;, qui effectuent des arrestations en recourant aux arts martiaux durant les manifestations violentes (&#224; Ath&#232;nes uniquement), et de nombreux groupes de police militaire (comme l'EKAM, souvent envoy&#233; en Cr&#234;te, lorsque le business local, comme la culture du cannabis, interf&#232;re avec les plans du gouvernement), et les &#8220;gardes-fronti&#232;res&#8221; responsables de la mort de centaines de migrants qui cherchent &#224; passer la fronti&#232;re. En ce qui concerne les milieux politiques, il y a la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;s&#251;ret&#233; d'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; qui identifie, importune et fiche les activistes, tout en s'occupant aussi des arrestations pendant les manifestations. Il y a la &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;s&#251;ret&#233; de l'ordre constitutionnel&lt;/i&gt; &#187;, un peu au-dessus des d&#233;ments pr&#233;c&#233;demment cit&#233;s, qui tient dans sa ligne de mire les milieux anarchistes et plus g&#233;n&#233;ralement de l'action directe, mais aussi le crime organis&#233; et le trafic de drogue. Enfin, il y a l'unit&#233; anti-terroriste qui fait plus ou moins les m&#234;mes choses, mais se trouve au sommet de cette hi&#233;rarchie. Les commissariats sont commun&#233;ment per&#231;us comme des lieux de torture : il n'est pas rare de voir appara&#238;tre, &#233;galement sur youtube, des vid&#233;os de flics montrant les souffrances de leurs victimes. Pendant les manifs ou les actions contre la police, ils ne cherchent pas trop &#224; arr&#234;ter. Ils pr&#233;f&#232;rent charger quelques personnes de nombreux et lourds d&#233;lits ou de les tabasser pour de bon. Enfin, il y a une longue liste d'individus tu&#233;s par la police pour raisons politiques (anarchistes, manifestants). Les agents restant g&#233;n&#233;ralement impunis, on en est venu &#224; cr&#233;er une mentalit&#233;, une attitude de &#8220;Rambo&#8221;. Ainsi, lors des heurts de ces derniers jours, les policiers anti&#233;meute pointaient leur index contre les gamins en disant &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;o&#249; est votre petit Alexis, p&#233;d&#233;s ? Nous tuerons chacun d'entre vous, encul&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I-A : Quelques mots sur Exarchia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;O. : Exarchia est une zone dans le centre d'Ath&#232;nes o&#249; furent fond&#233;es les premi&#232;res universit&#233;s, et qui donc attire beaucoup d'&#233;tudiants, d'intellectuels, d'artistes, etc. La plupart des r&#233;sidents (&#233;tudiants grecs, immigr&#233;s, g&#233;rants de petits magasins et de petits bars) ont un bas revenu. Autour se trouvent des aires comme Kolonaki &#8212; o&#249; il y a quelques lieux fr&#233;quent&#233;s par les riches &#8212; et on maintient une sorte de solidarit&#233; de voisinage, initiatives de nettoyage des rues, assembl&#233;es ouvertes, une sorte d'auto-organisation. La pr&#233;sence des &#233;tudiants a permis l'ouverture de beaucoup de librairies, de centres et de squats anarchistes et de gauche. Entre autres choses, cet esprit de libert&#233; a offert un refuge aux toxicos qui viennent se d&#233;truire sur la place d'Exarchia ; une habitude qui par le pass&#233; a caus&#233; des heurts entre anarchistes et dealers, et qui a &#233;galement provoqu&#233; des heurts avec les toxicos. La rumeur veut que la police fait la chasse aux toxicos dans les autres zones pour les pousser vers Exarchia, afin de convaincre les habitants &#224; demander une surveillance accrue. C'est un lieu dans lequel les heurts avec la police sont &#224; l'ordre du jour, gr&#226;ce aussi &#224; la protection du voisinage et aux campus universitaires qui offrent asile. L'urbanisme joue aussi son r&#244;le, avec ses ruelles, ses pav&#233;s, la colline bois&#233;e voisine de Strefis. Tout cela fait que la police porte une attention particuli&#232;re &#224; cette zone : patrouilles quotidiennes, anti&#233;meutes plac&#233;s autour d'Exarchia (d&#233;finie par les habitants comme les Romains et le village d'Ast&#233;rix), arrestations incessantes et tensions entre gens du lieu et police. Les efforts des flics pour dominer le territoire ont men&#233; &#224; la mort d'Alexis et &#224; de semblables &#233;pisodes. Le policier assassin est d&#233;crit (ndt par les m&#233;dias) comme un flic furieux, qui se querelle avec ses sup&#233;rieurs parce qu'ils ne le laissent pas &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;montrer &#224; ces petits connards d'anarchistes de quoi il est fait&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I-A : Les r&#233;volt&#233;s, constituent-ils un groupe politiquement h&#233;t&#233;rog&#232;ne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;P. et S. : Au d&#233;but, sont descendus dans la rue les anarchistes avec leurs &#8220;alliances politiques&#8221; (ultras du football, quelques migrants, quelques jeunes &#8220;alternatifs&#8221;). Parmi la gauche : le parti communiste a condamn&#233; les violences, mais maintenu une attitude diplomatique en d&#233;plorant la mort du gar&#231;on, le SYN/Syriza par contre, a offert refuge aux r&#233;volt&#233;s &#224; condition que d'abord ils montrent leur visage. Positions typiques de ces deux principaux courants de la gauche grecque. Le parti communiste cherche toujours &#224; saboter les luttes qu'il ne r&#233;ussit pas &#224; contr&#244;ler, mais tente d'en tirer profit lors des &#233;lections ; le SYN cherche &#224; r&#233;cup&#233;rer chaque mouvement en le mutilant de ses composantes radicales. Durant les premi&#232;res 24 heures, les anarchistes ont organis&#233; des manifestations agressives et des attaques partout o&#249; ils &#233;taient pr&#233;sents, disons dans une trentaine de localit&#233;s en Gr&#232;ce. Plusieurs composantes de la gauche ont particip&#233; soit aux manifestations soit aux heurts. Cela ne s'&#233;tait jamais vu auparavant. Le jour suivant, &#233;tudiants universitaires et &#233;coliers se sont unis. Beaucoup d'ultras/hooligans des &#233;quipes de football. De nombreux migrants et fils de migrants. &#192; ce moment a &#233;clat&#233; le chaos. Des gens de tous &#226;ges, de 12 &#224; 70 ans, ont pris part &#224; la r&#233;volte. Des gens que tu n'aurais jamais imagin&#233; trouver l&#224; au milieu : &#8220;jeunes &#224; la mode&#8221;, &#8220;respectables p&#232;res de famille&#8221;, &#8220;femmes &#226;g&#233;es&#8221;, toutes des personnes habituellement &#233;tiquet&#233;es comme &#8220;gens normaux&#8221;&#8230; bien au-del&#224; de la minorit&#233; anarchiste. Des personnes qui ne savaient certes pas g&#233;rer la situation, certaines ne la comprenant m&#234;me pas. Beaucoup d'entre elles critiquaient le saccage comme &#233;tant une pratique qui &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pr&#233;sente les anarchistes sous un mauvais jour&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Ils regardent trop de t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I-A : Il semble que la r&#233;ponse &#224; la brutalit&#233; polici&#232;re ait engendr&#233; quelque chose de beaucoup plus &#233;tendu. Un point de vue anarchiste sur les nouveaux &#8220;contenus&#8221; de la r&#233;volte en cours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S. : Je pense qu'on se trouve face &#224; un vrai soul&#232;vement social. Il est assez semblable &#224; celui qui s'est produit en France [ndt : banlieues], mais selon moi, il se d&#233;veloppe mieux, parce que les pauvres ne br&#251;lent pas seulement leurs propres quartiers, mais atteignent le centre urbain et s'attaquent &#224; tout ce qui repr&#233;sente l'oppression sous toutes ses formes, pas seulement la police et les banques. &#192; Thessalonique, ils ont attaqu&#233; une &#233;glise, &#224; Ath&#232;nes l'arbre de no&#235;l du syndic, le minist&#232;re de l'&#233;ducation, le parlement, dans la petite &#238;le d'Ithaki, ils ont br&#251;l&#233; une &#233;cole. C'est la r&#233;ponse &#224; une vie vol&#233;e, peut-&#234;tre pas aussi subitement et horriblement que celle d'Alexis, mais lentement, chaque jour, honteusement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que j'essaie de faire, c'est soutenir physiquement les r&#233;voltes, partager toutes connaissances inh&#233;rentes aux affrontements de rue accumul&#233;es jusqu'&#224; aujourd'hui, emp&#234;cher toute force de gauche de r&#233;primer et calomnier le soul&#232;vement (tel que le parti communiste) ou de l'instrumentaliser &#224; des fins parlementaires (les sociaux-d&#233;mocrates) et amener un esprit d'auto- organisation de nos forces, cr&#233;er nos assembl&#233;es, nos moyens d'informations, nos &#233;quipes d'attaque et de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale se lib&#233;rer du monde capitaliste, se lib&#233;rer de notre besoin du capitalisme. Le saccage a repr&#233;sent&#233; un bon point de d&#233;part, maintenant nous devons le g&#233;n&#233;raliser.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I-A : La Gauche grecque, comme entend-elle exploiter et mettre fin &#224; la r&#233;volte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;P. : Je me r&#233;f&#233;rerai exclusivement au KKE (parti communiste) et au SYN (social-d&#233;mocrate qui a int&#233;gr&#233; presque tous les petits groupuscules) ; parce que ce qui est &#224; la gauche de l'&#8220;extr&#234;me-gauche&#8221; est pour la premi&#232;re fois actif dans les affrontements de rue (apr&#232;s la guerre civile, la culture grecque de la gauche est bas&#233;e sur la victimisation) avec un esprit anti-ND (Nouvelle D&#233;mocratie, parti au gouvernement).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le KKE voit les r&#233;centes r&#233;voltes comme une expression de la rancune populaire caus&#233;e par le ch&#244;mage et les carences des services publics, qui est mise sous un mauvais jour par des &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; anarchistes encapuchonn&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, &#233;videmment organis&#233;s
&lt;br /&gt;a) par le gouvernement,
&lt;br /&gt;b) par l'opposition (PASOK, un parti en d&#233;confiture),
&lt;br /&gt;c) les Etats-Unis,
&lt;br /&gt;d) les extra-terrestres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais qu'importe, ce qu'il faut retenir est que tout ce qui est hors du Parti repr&#233;sente le mal. Il demande &#224; la population de manifester pacifiquement et de fa&#231;on organis&#233;e dans le tron&#231;on du KKE et de se pr&#233;parer pour la bataille &#233;lectorale !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; Corfu, 15 jeunes du KKE se sont barricad&#233;s dans l'universit&#233; pour &#233;viter que les r&#233;volt&#233;s, pris en chasse par les flics, n'entrent dans l'universit&#233; ; ils en sont m&#234;me arriv&#233;s &#224; leur lancer des bouteilles pour les provoquer ! Ils sont habitu&#233;s &#224; faire ce genre de choses. Par le pass&#233;, ils avaient frapp&#233; quelques anarchistes pour avoir recouvert leurs affiches. Sur ce, 40 anarchistes se sont rassembl&#233;s et se sont attaqu&#233;s &#224; 70 communistes r&#233;unis dans l'universit&#233;. Apr&#232;s quoi, tous les repr&#233;sentants de parti pleurnich&#232;rent dans les media en d&#233;non&#231;ant le r&#232;gne de la terreur anarchiste, l'absence de police, etc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le SYN a un r&#244;le plus actif dans la rue. Beaucoup de ses jeunes &#233;lecteurs sont probablement parmi les r&#233;volt&#233;s, tout au moins parmi ceux qui lancent des pierres et affrontent les lignes de police. Leur pr&#233;sident a dit aux encapuchonn&#233;s que s'ils enlevaient leur cagoule, le SYN les d&#233;fendrait face &#224; la justice. Cela exprime la tactique du parti : saboter ceux qui agissent individuellement pour des raisons qui leur sont propres et les amener au parti pour mener des batailles au parlement, &#224; la t&#233;l&#233;vision ou dans les tribunaux. Je ne veux pas d&#233;former ou minimiser la rage caus&#233;e par l'assassinat d'un gamin par la police chez nombre de ses &#233;lecteurs, mais je crois que le SYN compte beaucoup sur ce qui est en train de se passer pour augmenter sa l&#233;gitimit&#233; politique, peut-&#234;tre m&#234;me dans le cadre d'une alliance gouvernementale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors des premi&#232;res manifestations, on avait la sensation g&#233;n&#233;rale d'&#234;tre tous ensemble dans cette affaire, vu que chaque courant politique se remettait encore des heurts entre &#233;tudiants et police de l'an pass&#233;, lorsque apr&#232;s divers mauvais coups, les forces de l'ordre avaient repris le contr&#244;le de la rue et que s'en &#233;tait suivit un an de fr&#233;quentes violences polici&#232;res et de tortures dans les commissariats. Au fur et &#224; mesure que les jours pass&#232;rent, les choses se firent plus claires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ah, il y a aussi les syndicats : principalement li&#233;s au PASOK, au SYN, peut-&#234;tre quelques-uns m&#234;me &#224; Nouvelle D&#233;mocratie et le KKE qui a son propre front syndical. Ils se sont vendus en annulant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale programm&#233;e de longue date, &#224; la demande du premier ministre afin d'&#233;viter des d&#233;sordres. Personne ne semble s'y int&#233;resser, mais la mentalit&#233; des syndicats est un foutage de gueule, une insulte &#224; la majeure partie de la population grecque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I-A : Nous avons suivi la derni&#232;re lutte des prisonniers. Savez-vous quelque chose de leurs r&#233;actions aux actuelles r&#233;voltes et aux actions de sabotage en solidarit&#233; avec leurs mobilisations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;O. : Aujourd'hui, le jour de l'enterrement d'Alexis, les prisonniers ont refus&#233; leur repas dans toutes les 22 prisons de Gr&#232;ce. Des milliers (nous ne sommes pas en mesure de dire exactement combien) ont donc exprim&#233; de cette fa&#231;on leur respect pour un jeune en lutte, et leur solidarit&#233; pour toutes les personnes arr&#234;t&#233;es lors des affrontements, plus de 200, pour saccage de magasins. Pour ce que j'en sais, la plupart des prisonniers soutiennent pleinement les actions solidaires de sabotage hors des prisons. Il ressort des discussions avec les gens dedans, les camarades Polikarpos et Vaggelis, des quelques publications anarchistes avec des contributions de prisonniers et des communiqu&#233;s parus durant la r&#233;cente lutte, qu'ils &#233;taient d&#233;cid&#233;ment &#233;mus lorsque ils parlaient des actions &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;I-A : Les r&#233;voltes ont parfois des parcours sinueux, certaines s'&#233;teignent (banlieues fran&#231;aises), certaines sont r&#233;cup&#233;r&#233;es, d'autres se mordent la queue. Objectifs personnels et collectifs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S. : Premi&#232;rement, d&#233;fendre nos vies, d&#233;fendre la m&#233;moire de nos camarades, d&#233;fendre notre existence dans les rues et notre pouvoir dans la rue. La lutte de classe ne se termine pas lorsque nous quittons notre place de travail, dans la rue, dans un bar alternatif ou &#224; la mode o&#249; nous continuons &#224; &#234;tre des marchandises, nos vies sont de pures marchandises. La police d&#233;pr&#233;cie nos vies et arrive &#224; les d&#233;truire, nous devons donc tout de suite prendre les choses en mains, et l'unique mani&#232;re d'y parvenir est de se lib&#233;rer de ce qui nous transforme en marchandise et de sa police. Si tout cela ne tourne pas en r&#233;volution, je pense que nous devrions au moins nous amuser le plus possible dans ce processus d'humanisation. Ah, et nous lib&#233;rer d'un humanisme bon &#224; rien. [...]&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Lorsqu'ils s'attaquent &#224; l'une d'entre-nous c'est &#224; tous qu'ils s'attaquent&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La nuit du 22 d&#233;cembre, retournant du travail, Konstantina Kuneva, travailleuse de l'entreprise Oicomet, est attaqu&#233;e par un groupe d'inconnus envoy&#233;s par les patrons de l'entreprise. Oicomet appartient au vieil &#233;lu du Pasok, Iconomakis, tandis que son avocat est l'ex-vice-ministre des Affaires Int&#233;rieures, Tzanis. Ces chiens l'ont attendue chez elle dans la banlieue populaire de Petralona puis lui ont jet&#233; du vitriol au visage et sur les &#233;paules, la contraignant aussi &#224; ingurgiter de l'acide sulfurique pour qu'elle se taise &#224; jamais. Konstantina a perdu la vue &#224; un &#339;il, elle est d&#233;figur&#233;e et a de graves l&#233;sions aux appareils digestif et respiratoire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;
Aujourd'hui 27 d&#233;cembre, nous avons occup&#233; le si&#232;ge central de l'ISAP (RATP d'Ath&#232;nes/Le Pir&#233;e), et ce comme une premi&#232;re r&#233;ponse &#224; l'attaque contre la vie de Konstantina Kuneva le 23 d&#233;cembre 2008 alors qu'elle rentrait de son travail. Konstantina est soign&#233;e dans le d&#233;partement de soins intensifs de l'h&#244;pital Evangelismos avec de graves l&#233;sions aux yeux et &#224; l'appareil respiratoire.
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Qui est Konstantina ? Pour quels raisons a-t-elle &#233;t&#233; attaqu&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Konstantina est une des centaines de travailleuses immigr&#233;es qui travaille depuis des ann&#233;es en int&#233;rim dans le secteur du nettoyage. Elle est aussi la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de l'Union Panattique des nettoyeurs et des travailleurs domestiques (PECOP), syndicaliste militante connue pour sa combativit&#233;. La semaine derni&#232;re, elle s'&#233;tait affront&#233;e avec les dirigeants de OICOMET revendiquant un treizi&#232;me mois pour elle et ses coll&#232;gues et d&#233;non&#231;ant des irr&#233;gularit&#233;s sur leurs feuilles de paye. Cette attaque s'est aussi produite apr&#232;s le licenciement de sa m&#232;re par la m&#234;me entreprise, le transfert de Konstantina &#224; un autre poste de travail, et alors que sa plainte &#224; l'inspection du travail sera examin&#233;e le 5 janvier 2009. Tout cela constitue la norme et non pas l'exception dans le secteur du nettoyage et du travail int&#233;rimaire. Des contrats hors-normes, des heures de travail et des heures suppl&#233;mentaires, des &#233;carts entre la paye sign&#233;e sur le contrat de travail et celle touch&#233;e en r&#233;alit&#233;, l'embauche d'immigr&#233;s qui sont encore plus corv&#233;ables, ainsi que le non paiement des cotisations &#224; la s&#233;curit&#233; sociale sont les pratiques habituelles de ceux qui remportent les appels d'offre dans le secteur du nettoyage. Naturellement, tout cela arrive gr&#226;ce aux dirigeants des entreprises publiques qui couvrent les irr&#233;gularit&#233;s et encouragent la pr&#233;carit&#233;.
Oicomet est famili&#232;res d'abus en tout genre. Cette entreprise du nettoyage et du travail int&#233;rimaire est pr&#233;sente dans tout le pays : propri&#233;t&#233; de Nikitas Iconomakis (dirigeant du Pasok) elle emploie &#171; officiellement &#187; 800 travailleurs (les travailleurs eux-m&#234;me parlent d'au moins 1500, tandis que pr&#232;s de 3000 employ&#233;s sont pass&#233;s dans l'entreprise ces trois derni&#232;res ann&#233;es).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les travailleurs sont contraints de sign&#233;s des contrats &#171; en blanc &#187; dont ils ne re&#231;oivent jamais la copie. Ils travaillent 6 heures mais ne sont pay&#233;s que 4,5 heures afin qu'ils n'atteignent jamais les 30 heures hebdomadaires qui leurs permettraient d'apr&#232;s la loi de recevoir les primes li&#233;s &#224; un &#171; travail p&#233;nible &#187;. Ils sont terroris&#233;s, transf&#233;r&#233;s souvent, ou menac&#233;s pour les contraindre &#224; donner leur d&#233;mission (une travailleuse a, par exemple, &#233;t&#233; s&#233;questr&#233;e quatre heures dans les locaux de l'entreprise afin qu'elle signe sa d&#233;mission).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, les dirigeants tentent de monter un syndicat jaune pour soumettre les travailleurs, mais aussi de bloquer les canaux de communications et l'action collective de ces derniers par de nombreux licenciements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quel est le rapport entre OICOMET et l'ISAP ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est Oicomet qui a remport&#233; le march&#233; du nettoyage de l'Isap et d'autres entreprises publiques parce qu'elle a fait l'offre la plus basse obtenue avec un taux d'exploitation et une d&#233;pr&#233;ciation de la force de travail plus &#233;lev&#233;s. Ce syst&#232;me d'exploitation a &#233;t&#233; organis&#233; pour r&#233;pondre aux exigences de diff&#233;rentes entreprises publiques, dont l'Isap. Cette derni&#232;re est complice de ce syst&#232;me d'exploitation sauvage, malgr&#233; les nombreuses plaintes faites par les syndicats.
L'attaque contre la vie de notre coll&#232;gue est une vengeance et une tentative d'intimidation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sa cible ne tient pas au hasard : femme, immigr&#233;e, militante syndicale, charg&#233;e de famille. Elle constituait aux yeux des patrons une cible facile.
&lt;br /&gt;Sa m&#233;thode ne tient pas au hasard : l'objectif &#233;tait de laisser un stigmate, d'intimider et de terroriser.
&lt;br /&gt;Le moment ne tient pas au hasard : au moment o&#249; les m&#233;dias, les partis, l'&#201;glise, les patrons et les dirigeants syndicaux tentent de calmer la r&#233;volte, au moment o&#249; l'assassinat de sang froid d'Alexis Grigoropoulos est pr&#233;sent&#233; comme un &#171; accident &#187;, il &#233;tait clair que l'attaque contre Konstantina passerait inaper&#231;ue.
&lt;br /&gt;L'attaque contre la vie de Konstantina a &#233;t&#233; diligent&#233;e par les dirigeants d'Icomet. Konstantina est l'une des n&#244;tres. La lutte pour la dignit&#233; et la solidarit&#233; est notre lutte ! L'attaque contre Konstantina nous a tous marqu&#233;. Elle marque notre m&#233;moire et notre c&#339;ur plein de douleur et de rage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les assassins payeront tout.
&lt;br /&gt;Nous ne nous ferons pas intimid&#233;s par les patrons.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Assembl&#233;e de solidarit&#233; avec Konstantina Kuneva.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'occupation du si&#232;ge de l'Isap a pris fin deux jours plus tard, le 28 d&#233;cembre, par une manifestation bruyante et fournie. Partie de ces bureaux, elle a travers&#233;e tout le centre d'Ath&#232;nes et s'est termin&#233;e devant l'h&#244;pital o&#249; Konstantina luttait pour sa vie. Dans la rue, avant de se s&#233;parer, &#231;a discute sur les prochaines mobilisations et on d&#233;cide de se revoir le lendemain, mais cette fois au Pir&#233;e, l&#224; o&#249; se trouve le si&#232;ge d'Oicomet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 29 d&#233;cembre, de nombreuses personnes solidaires ont manifest&#233; dans les rues de ce quartier en diffusant de la contre-information sur la situation de Konstantina. A la fin, la manifestation a rejoint le si&#232;ge de l'entreprise de nettoyage qui l'employait. De nombreux flics, qui n'&#233;taient pas en tenue anti-&#233;meute, et donc sans lacrymog&#232;ne pour &#171; disperser la foule &#187;, ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par des compagnons avec leurs propres matraques. Certains d'entre-eux, le visage en sang, ont quitt&#233; les lieux dans des ambulances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solidarit&#233; a continu&#233; de s'&#233;tendre. Le 3 janvier, dans le quartier de Petralena o&#249; habitait Konstantina, s'est d&#233;roul&#233;e une manifestation de 3000 personnes avec une banderole de t&#234;te qui disait : &#171; Konstantina n'est pas seule. Isap-Oicomet assassins. &#187; La manifestation a travers&#233; le quartier en criant des slogans et en recouvrant les murs de tags, avec la complicit&#233; de nombreux habitants de cette banlieue. En passant devant la station de m&#233;tro, un groupe de personnes masqu&#233;es arm&#233;es d'&#233;chelles, de bombes de peintures et de masses, est entr&#233; pour laisser un message de solidarit&#233; : attaquer ceux qui nous attaquent. A l'ext&#233;rieur de la station, l'ensemble de la manifestation n'a pas boug&#233;, malgr&#233; l'arriv&#233;e des MAT, criant &#224; ce moment-l&#224; : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La solidarit&#233; est l'arme du peuple, guerre &#224; la guerre des patrons&lt;/i&gt; &#187;. La manifestation s'est ensuite dissoute vers l'Acropole. Ce m&#234;me apr&#232;s-midi et le lendemain, en plein jour et en dehors des diff&#233;rentes manifestations, de nombreuses actions directes se sont r&#233;p&#233;t&#233;es contre les stations du m&#233;tro.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans toute la Gr&#232;ce ont eu lieu des initiatives de solidarit&#233; avec Konstantina. Des occupations : 27 d&#233;cembre, si&#232;ge central de l'Isap ; 30 d&#233;cembre, bureaux du Syndicat g&#233;n&#233;ral du Travail de Thessalonique ; 8 janvier, l'ordre des avocats &#224; Ath&#232;nes ; les 9, 12 et 14 janvier, les bureaux du Syndicat g&#233;n&#233;ral du Travail d'Ionina, de Volos et de Xanthi ; et le 21 janvier, l'Inspection du travail &#224; Ath&#232;nes... Et des actions de solidarit&#233; et manifestations : 29 d&#233;cembre, manifestation de solidarit&#233; au Pir&#233;e et actions auparavant ; 31 d&#233;cembre, manifestation de solidarit&#233; &#224; Thessalonique ; 31 d&#233;cembre, action au m&#233;tro d'Omonia (Ath&#232;nes) ; 3 janvier, manifestation de solidarit&#233; &#224; Ath&#232;nes ; 9 janvier, attaque des bureaux d'Adecco et d'Oicomet &#224; Thessalonique ; 14 janvier, occupation des bureaux du directeur de l'h&#244;pital Evangelismos ; 22 janvier, manifestation devant le minist&#232;re du travail &#224; Ath&#232;nes, puis saccage de banques, de restaurants de luxe et de bars de bobos dans le quartier de Gazi ; 24-25 janvier, deux jours de manifestation de solidarit&#233; &#224; Nea Filadelfia ; 31 janvier, manifestation de solidarit&#233; devant l'Isap au Pir&#233;e ; 6 f&#233;vrier, attaque d'agences d'int&#233;rim et irruption aux bureaux du Syndicat g&#233;n&#233;ral du Travail &#224; Kozani ; 7 f&#233;vrier, intervention de solidarit&#233; dans un centre commercial &#224; Thessalonique ; 9 f&#233;vrier, occupation de radios &#224; Mitil&#232;ne, et intervention de solidarit&#233; &#224; Oreokastro ; 13 f&#233;vrier, intervention au m&#233;gaphone &#224; Kozani ; 17 f&#233;vrier, attaque contre Oicomet et rassemblement &#224; Komotini ; 19 f&#233;vrier, rassemblements et manifestations de solidarit&#233; &#224; Ath&#232;nes, Thessalonique, Igoumenitsa, Volos, Chania. Attaques contre des entreprises de nettoyages.&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;2e communiqu&#233; des occupants de la Facult&#233; d'&#201;conomie&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;9 d&#233;cembre 2008.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dimanche 7 d&#233;cembre, dans son premier communiqu&#233; sur les &#233;meutes qui se d&#233;roulent dans plusieurs villes de Gr&#232;ce depuis samedi soir lorsqu'Alexis Grigoropoulos (15 ans) a &#233;t&#233; assassin&#233; par l'&#201;tat, le ministre de l'int&#233;rieur observe que &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la mort tragique de l'enfant est utilis&#233;e par quelques uns pour leur manie destructive&lt;/i&gt; &#187;, visant ainsi les anarchistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lundi matin, la rage sociale continue aux quatre coins de Gr&#232;ce avec les lyc&#233;ens qui entrent en sc&#232;ne : manifestations, blocages de rue et attaques de commissariats dans tous les quartiers. Le soir, des manifs de dizaines de milliers de personnes prennent le relais dans toutes les villes, s'attaquant &#224; des immeubles de l'&#233;tat, des banques, des grands supermarch&#233;s et des cha&#238;nes de grands magasins... ces fameux &#8220;petits commer&#231;ants&#8221; que les m&#233;dias accusaient il y a quelques semaines d'&#234;tre responsables de l'inflation et de la sp&#233;culation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mort d'Alexis vient croiser toutes les petites morts quotidiennes de la discipline, de l'ordre, des ordres du pouvoir, des conditions de survie toujours plus difficiles, du contr&#244;le et de la r&#233;pression. Une sensibilit&#233; insurrectionnelle qui, &#224; c&#244;t&#233; de l'asphyxie accumul&#233;e, a donn&#233; naissance &#224; une rage incroyable contre les symboles-objectifs de l'&#201;tat et du Capital, produisant une d&#233;stabilisation du syst&#232;me politique. De l'autre c&#244;t&#233;, une d&#233;mocratie qui s'enfonce dans la crise &#233;conomique, socialement en perte de l&#233;gitimit&#233; suite aux petits et grands scandales, remplie de pauvres et d'exclus, une d&#233;mocratie qui essaye d'arracher le consentement pour r&#233;primer les &#233;meutes... Des d&#233;monstrations th&#233;&#226;trales de sensibilit&#233; du Premier Ministre, des ministres, des d&#233;put&#233;s, des journalistes et autres parasites devant les cam&#233;ras, plaidant la n&#233;cessit&#233; de la paix sociale et d'une coop&#233;ration entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233;, promettant plus de d&#233;mocratie. Mais le fameux mythe de la d&#233;mocratie, &#8220;le contrat social&#8221;, est r&#233;duit en cendres dans les rues par la mutinerie sociale de ces derniers jours. C'est pour cela que le r&#233;gime essaye de se ressaisir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pour cela que se succ&#232;dent rencontres et meetings au sommet du gouvernement. C'est pour cela que les m&#233;dias jouent leur r&#244;le de propagande &#233;tatique et cr&#233;ent la peur et le mensonge organis&#233;, en d&#233;bitant des fausses nouvelles comme ces gens bloqu&#233;s dans des immeubles en flammes ou le vol d'armes dans les magasins. C'est pour cela que le Premier Ministre se r&#233;unit avec le Pr&#233;sident de la R&#233;publique et tous les chefs des partis parlementaires. C'est pour cela que les &#233;coles sont ferm&#233;es, pour emp&#234;cher les &#233;coliers de se retrouver et de se rassembler. C'est pour cela que le syndicat central a transform&#233; la manifestation de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en un simple rassemblement &#224; Syntagma. C'est pour cela que les piliers gauchistes du syst&#232;me &#8220;comprennent&#8221; la juste cause de la rage sociale mais condamnent les actions extr&#234;mes et posent la question de la chute du gouvernement, transformant la mutinerie en simple manifestation contre la politique gouvernementale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Contre les sc&#233;narios de l'&#233;tat d'exception, le consentement des partis, les m&#233;dias de l'ordre et de la s&#233;curit&#233;... pas d'armistice.
&lt;br /&gt;TOUS DANS LES RUES !
&lt;br /&gt;L'occupation de la Facult&#233; d'&#201;conomie, comme partie de la confrontation g&#233;n&#233;rale, est ouverte pour toute information et l'organisation en commun d'actions dans la rue, c'est un espace d'auto-organisation de nos forces contre la r&#233;pression de l'&#201;tat, comme toutes les autres universit&#233;s occup&#233;es.
&lt;br /&gt;Rassemblement aujourd'hui mardi 9 d&#233;cembre &#224; 18 heures, &#224; la Facult&#233; d'&#201;conomie occup&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;PAS D'INCARC&#201;RATIONS !
&lt;br /&gt;&#192; L'&#201;POQUE DES ASSASSINS, LE SILENCE EST COMPLICIT&#201; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le si&#232;ge social de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs de Gr&#232;ce (GSEE) a &#233;t&#233; occup&#233; aux premi&#232;res heures de la matin&#233;e par un groupe d'environ 70 travailleurs. L'objectif de l'occupation a &#233;t&#233; exprim&#233; dans leur premier communiqu&#233;.&lt;/i&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Nous d&#233;terminerons notre histoire nous-m&#234;me ou l'histoire sera &#233;crite sans nous &#8211; D&#233;claration de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Travailleurs Insurg&#233;s d'Ath&#232;nes&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;17 d&#233;cembre 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous, travailleurs manuels, employ&#233;s, ch&#244;meurs, int&#233;rimaires et pr&#233;caires, locaux ou migrants, ne sommes pas des t&#233;l&#233;spectateurs passifs. Depuis le meurtre d'Alexandros Grigoropoulos le samedi soir, nous participons aux manifestations, aux affrontements avec la police, aux occupations du centre ville et des banlieues d'Ath&#232;nes. Nous avons d&#251; maintes et maintes fois quitter le travail et nos obligations quotidiennes pour descendre dans la rue avec les lyc&#233;ens, les &#233;tudiants et les autres prol&#233;taires en lutte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; d'occuper le b&#226;timent de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs de Gr&#232;ce (GSEE) :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Pour le transformer en un espace de libre expression et un point de rencontre pour les travailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Pour dissiper le mythe cr&#233;&#233; par les m&#233;dias, selon lesquels les travailleurs &#233;taient absents des affrontements, et, selon lesquels, la rage de ces derniers jours ne concernait que 500 &#171; anarchistes &#187;, &#171; hooligans &#187;, et bandes de la m&#234;me esp&#232;ce, alors que dans les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s les travailleurs sont pr&#233;sent&#233;s comme des victimes de ces affrontements et que la crise capitaliste en Gr&#232;ce et dans le monde m&#232;ne &#224; des licenciements innombrables que les m&#233;dias et leurs dirigeants consid&#232;rent comme un &#171; ph&#233;nom&#232;ne naturel &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Pour d&#233;masquer le r&#244;le honteux de la bureaucratie syndicale dans le travail de sape contre la r&#233;volte, mais aussi d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale. La Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs de Gr&#232;ce (GSEE), et toute l'int&#233;gralit&#233; de la machinerie syndicale qui le soutient depuis des dizaines et des dizaines d'ann&#233;es, sape les luttes en n&#233;gociant notre force de travail contre des miettes, en perp&#233;tuant le syst&#232;me d'exploitation et d'esclavage salari&#233;. L'attitude de la GSEE mercredi dernier [le 10 d&#233;cembre] parle d'elle-m&#234;me lorsqu'elle a annul&#233; la manifestation des gr&#233;vistes pourtant programm&#233;e, se rabattant pr&#233;cipitamment sur un bref rassemblement sur la place Syntagma, tout en s'assurant simultan&#233;ment que les participants se disperseraient tr&#232;s vite, de peur qu'ils ne soient contamin&#233;s par le &#171; virus &#187; de la r&#233;bellion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Pour ouvrir cet immeuble pour la premi&#232;re fois aux travailleurs, comme une continuation de l'ouverture sociale cr&#233;&#233;e par l'insurrection elle-m&#234;me, si&#232;ge qui a &#233;t&#233; construit avec nos cotisations mais dont nous avons &#233;t&#233; jusqu'ici exclus. Pendant toute ces ann&#233;es nous avons confi&#233; notre destin &#224; des &#171; sauveurs &#187; en tout genre, jusqu'au point de perdre toute trace de dignit&#233;. Comme travailleurs, nous devons commencer &#224; assumer nos responsabilit&#233;s plut&#244;t que de d&#233;l&#233;guer nos espoirs &#224; de leaders &#171; illumin&#233;s &#187; ou &#224; des repr&#233;sentants &#171; rus&#233;s &#187;. Nous devons commencer &#224; parler en notre nom, nous rencontrer, discuter, d&#233;cider pour agir par nous-m&#234;me. Contre les attaques g&#233;n&#233;ralis&#233;es que nous endurons, la cr&#233;ation de formes de r&#233;sistance collective &#171; de base &#187; est la seule solution.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Pour propager l'id&#233;e de l'auto-organisation et de la solidarit&#233; sur les lieux de travail, de la m&#233;thode des comit&#233;s de luttes et des collectifs de base, abolissant ainsi les bureaucraties syndicales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant toutes ces ann&#233;es nous avons d&#251; supporter la mis&#232;re, la r&#233;signation, la violence au travail. Nous nous sommes habitu&#233;s &#224; compter nos bless&#233;s et nos morts &#8211; les soit disant &#171; accidents du travail &#187;. Nous nous sommes habitu&#233;s &#224; nous d&#233;sint&#233;resser des immigr&#233;s, nos fr&#232;res de classe, qui ont &#233;t&#233; assassin&#233;s. Nous sommes fatigu&#233;s de vivre avec l'angoisse de devoir assurer notre salaire, de pouvoir payer nos imp&#244;ts et de se garantir une retraite qui maintenant ressemble toujours plus &#224; un mirage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De m&#234;me que nous luttons pour ne pas abandonner nos vies dans les mains des patrons et des repr&#233;sentants syndicaux, de m&#234;me nous n'abandonnerons pas les insurg&#233;s arr&#234;t&#233;s dans les mains de l'&#201;tat et de l'appareil judiciaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;LIB&#201;RATION IMM&#201;DIATE DES INCARC&#201;R&#201;S
&lt;br /&gt;ABANDON DES POURSUITES CONTRE LES INTERPELL&#201;S
&lt;br /&gt;AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS
&lt;br /&gt;GR&#200;VE G&#201;N&#201;RALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Travailleurs Insurg&#233;s, dans les b&#226;timents &#171; lib&#233;r&#233;s &#187; de la GSEE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Fin de l'occupation de l'&#201;cole Polytechnique&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;24 d&#233;cembre 2008.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s l'assassinat d'Alexandros Grigoropoulos par le flic Ep. Korkoneas et les premiers affrontements dans les rues d'Exarchia, l'&#201;cole Polytechnique a &#233;t&#233; occup&#233;e et est devenue un lieu d'expression pour la rage sociale. Pour les rebelles et une grande partie de la soci&#233;t&#233;, c'est un espace li&#233; historiquement et symboliquement &#224; la m&#233;moire vivante de la lutte contre l'Autorit&#233; &#8211; de la p&#233;riode de la dictature jusqu'au totalitarisme d&#233;mocratique moderne d'aujourd'hui. Elle est donc redevenue l'endroit o&#249; des centaines de personnes se sont rassembl&#233;es spontan&#233;ment : des camarades, des jeunes et des travailleurs, des ch&#244;meurs, des lyc&#233;ens, des immigr&#233;s, des &#233;tudiants...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les combats contre les forces de r&#233;pression et les barricades enflamm&#233;es dans les rues alentour sont devenus l'&#233;tincelle d'une r&#233;volte qui s'est &#233;tendue avec des manifestations spontan&#233;es dans la ville, l'occupation de la Facult&#233; d'&#201;conomie et de Droit, avec des attaques contre des objectifs li&#233;s &#224; l'&#201;tat et au capitalisme dans le centre et les banlieues d'Ath&#232;nes, ainsi que dans la plupart des villes du pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les jours suivants, la r&#233;volte s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e avec des manifestations de milliers de personnes terminant en &#233;meutes et en attaques contre les banques, les minist&#232;res et les grands magasins, avec des occupations d'&#233;coles et de b&#226;timents publics, avec des ados assi&#233;geant et assaillant les commissariats, avec la police anti-&#233;meute prot&#233;geant la prison de Koridallos et le Parlement ; si le d&#233;tonateur de cette r&#233;volte a &#233;t&#233; l'assassinat d' A. Grigoropoulos, elle a explos&#233; suite &#224; la r&#233;action imm&#233;diate de centaines de camarades &#224; cette extension de la violence d'&#201;tat, inspirant des actions de rage et de solidarit&#233; au-del&#224; des fronti&#232;res partout dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette r&#233;volte qui couvait dans un contexte d'offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'&#201;tat et des patrons contre la soci&#233;t&#233;, a grandit dans un quotidien de mort de la libert&#233; et de la dignit&#233; des opprim&#233;s suite &#224; l'augmentation de l'exclusion, de la pauvret&#233;, de l'exploitation, de la r&#233;pression et du contr&#244;le. Cette r&#233;volte qui a &#233;t&#233; &#171; pr&#233;par&#233;e &#187; avec obstination, m&#234;me aux heures les plus sombres du terrorisme d'&#201;tat et des fascistes, &#224; travers des petits et des grands gestes de r&#233;sistance contre la soumission et la reddition, a su offrir &#224; beaucoup de personnes la possibilit&#233; de se rencontrer sur les chemins de la r&#233;volte, exactement comme cela s'est produit ces jours derniers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte social explosif, l'&#201;cole Polytechnique occup&#233;e est devenue un point de r&#233;f&#233;rence pour une confrontation directe avec l'&#201;tat, dans toutes ses formes et par tous moyens possibles, par le biais d'&#233;v&#233;nements insurrectionnels qui ont consum&#233; l'ordre et la s&#233;curit&#233; des patrons, brisant la fausse image de consensus social au service de leurs intentions meurtri&#232;res. Elle est devenue un endroit o&#249; les rebelles sociaux et politiques se sont rencontr&#233;s et influenc&#233;s r&#233;ciproquement lors d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et une pr&#233;sence quotidienne dans l'occupation. Cela a servi de base pour une contre-information, &#224; travers des communiqu&#233;s et des affiches, des blogs et la station de radio, et avec le syst&#232;me de sono envoyant des messages et des infos sur la r&#233;volte en cours. Cela a &#233;galement donn&#233; vie &#224; des initiatives de r&#233;sistance, comme l'appel lanc&#233; par l'assembl&#233;e d'occupation de Polytechnique pour un jour d'actions internationales
le 20 d&#233;cembre &#8211; qui s'est concr&#233;tis&#233; par des mobilisations coordonn&#233;es dans plus de 50 villes de diff&#233;rents pays, et auquel les occupants de Polytechnique ont particip&#233; en appelant &#224; un rassemblement sur la place o&#249; A. Grigoropoulos a &#233;t&#233; tu&#233;. D'autres initiatives ont &#233;t&#233; le concert du 22 d&#233;cembre en solidarit&#233; financi&#232;re avec les otages de la r&#233;volte, et l'appel &#224; la participation &#224; la manifestation en solidarit&#233; avec les prisonniers, organis&#233;e par les camarades qui ont pris part &#224; l'assembl&#233;e ouverte du si&#232;ge occup&#233; de la GSEE (Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Travailleurs).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En tant que point stable pendant 18 jours d'une r&#233;volte qui s'&#233;tendait, l'&#201;cole Polytechnique occup&#233;e a &#233;t&#233; un appel permanent &#224; l'insubordination pour les gens qui r&#233;sistaient partout dans le monde, et un signe de solidarit&#233; avec les otages de cette lutte enlev&#233;s par l'&#201;tat. C'est devenu un territoire que nous avons utilis&#233; pour diffuser un message de solidarit&#233; entre les opprim&#233;s, d'auto-organisation et de contre-attaque sociale de classe contre le monde de l'Autorit&#233;, ses m&#233;canismes et ses symboles. Ces &#233;l&#233;ments et les valeurs de la lutte ont cr&#233;&#233; le terrain pour que les opprim&#233;s se mettent en r&#233;bellion, armant nos consciences, et, pour la premi&#232;re fois peut-&#234;tre, qu'ils soit largement r&#233;appropri&#233; par des personnes de tous &#226;ges et nationalit&#233;s ; des personnes qui partagent avec les anarchistes et les anti-autoritaires les m&#234;mes slogans contre la police, les m&#234;mes mots, les m&#234;mes pratiques de lutte, la m&#234;me rage contre ceux qui pillent nos vies et, parfois, la m&#234;me vision d'un monde de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; et de solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pour ce motif que la r&#233;pression ne s'est pas seulement exprim&#233;e sous forme de brutalit&#233;s polici&#232;res, d'arrestations et d'emprisonnements de manifestants, mais aussi sous la forme d'une intense attaque id&#233;ologique lanc&#233;e des deux bords du syst&#232;me politique. Un syst&#232;me qui a vu trembler ses fondations lorsque la r&#233;pression sur lequel il est bas&#233; a &#233;t&#233; non seulement incapable de contenir les vagues de r&#233;volte mais, au contraire, a m&#234;me &#233;t&#233; ce qui les a d'abord d&#233;clench&#233;es. Cette attaque id&#233;ologique a d'abord cibl&#233; les anarchistes, en tant que partie politique non int&#233;grable des r&#233;volt&#233;s, &#224; cause pr&#233;cis&#233;ment de l'impact de leurs mots et actions et du danger qu'ils repr&#233;sentent pour l'&#201;tat lorsqu'ils communiquent et se coordonnent avec des milliers d'opprim&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte, il y a eu un effort hyst&#233;rique de diviser les r&#233;volt&#233;s entre &#171; bons lyc&#233;ens &#187; d'un c&#244;t&#233;, &#171; m&#233;chants anarchistes cagoul&#233;s &#187; (koukouloforoi) et &#171; immigr&#233;s pilleurs &#187; de l'autre. Un effort qui a aussi port&#233; sur le bon vieux mythe des provocateurs, dans le but de manipuler la col&#232;re suite &#224; l'assassinat, de contenir l'explosion sociale, de criminaliser, d'isoler et de briser les points de r&#233;f&#233;rence de cette r&#233;volte. (C'est, somme toute, la m&#234;me rh&#233;torique de r&#233;pression qui a conduit au meurtre d'A. Grigoropoulos, puisque des milieux sociaux-politiques, des lieux et des gens avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;s comme un &#171; ennemi int&#233;rieur &#187; face auquel la violence de l'&#201;tat pourrait &#171; l&#233;gitimement &#187; s'exercer).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cet effort men&#233; par l'&#201;tat, la stigmatisation permanente de Polytechnique &#233;tait devenue une base quotidienne des discours des politiciens, tout comme elle faisait l'objet d'une campagne de diffamation des m&#233;dias. Apr&#232;s des heures d'affrontements &#224; Exarchia et autour de Polytechnique la nuit du 20 d&#233;cembre, l'&#201;tat, par la voix du procureur g&#233;n&#233;ral, a menac&#233; de faire une descente de police apr&#232;s avoir suspendu l'asile acad&#233;mique sur le campus, malgr&#233; le d&#233;saccord des autorit&#233;s universitaires, afin de mater la r&#233;volte en attaquant l'un des premiers endroits d'o&#249; elle &#233;tait partie. Leurs intentions ont &#233;chou&#233; gr&#226;ce au refus des occupants de c&#233;der &#224; tout ultimatum, leur d&#233;termination &#224; d&#233;fendre ce territoire politique et social en tant que partie de la r&#233;volte, leur appel &#224; tous de venir soutenir l'occupation et de participer au concert de solidarit&#233; avec les prisonniers du 22 d&#233;cembre, qui a rassembl&#233; des centaines de personnes &#224; Polytechnique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La menace d'une expulsion imm&#233;diate est redevenue forte le lendemain, 23 d&#233;cembre, lorsque pendant que l'assembl&#233;e &#233;tait en train de discuter de la fin de l'occupation, nous avons &#233;t&#233; inform&#233;s par des personnages politiques et universitaires que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et la police demandaient notre sortie imm&#233;diate du campus, sans quoi les flics allaient l'envahir. La r&#233;ponse des occupants a &#233;t&#233; que l'&#201;cole Polytechnique n'appartient ni au minist&#232;re ni &#224; la police ; elle appartient &#224; ceux qui luttent et qui d&#233;cideront quoi faire en se fondant uniquement sur le crit&#232;re du mouvement et pas sur les chantages et les ultimatums des assassins. C'est ainsi que l'occupation de Polytechnique s'est prolong&#233;e un jour de plus et a appel&#233; &#224; une manifestation dans le centre d'Ath&#232;nes, qui s'est d&#233;roul&#233;e en solidarit&#233; avec les arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aucun projet r&#233;pressif et aucune attaque id&#233;ologique ne r&#233;ussiront &#224; n&#233;gocier le retour &#224; la normale et &#224; imposer la pacification sociale et de classe. Rien n'est plus pareil ! Le d&#233;passement de la peur, de l'isolement et des divisions sociales dominantes a conduit des milliers de jeunes, de concert avec des femmes et des hommes de tous &#226;ges, des r&#233;fugi&#233;s et des migrants, des travailleurs et des ch&#244;meurs, &#224; s'unir dans les rues et derri&#232;re les barricades pour combattre les tyrans de notre vie, de notre dignit&#233; et de notre libert&#233;. C'est une r&#233;alit&#233; qui &#233;claire de ses flammes l'avenir de la r&#233;volte, &#224; la fois son intensification et son approfondissement, jusqu'&#224; la subversion absolue du monde des patrons. Parce que nous avons gueul&#233; sur tous les tons que ces jours appartenaient &#224; Alexis, Michalis Kaltezas, Carlo Giuliani, Christoforos Marinos, Michalis Prekas, Maria Koulouri et tous les camarades tu&#233;s par les assassins d'&#201;tat en uniforme, ces jours n'ont pas &#233;t&#233; ceux de la mort, mais de la VIE ! De la vie qui fleurit dans les luttes, sur les barricades, dans la r&#233;volte qui continue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mettant fin &#224; l'occupation de Polytechnique apr&#232;s 18 jours, nous envoyons notre solidarit&#233; la plus chaude &#224; tous ceux qui ont pris part &#224; cette r&#233;volte, chacun &#224; sa mani&#232;re, pas seulement en Gr&#232;ce mais aussi dans de nombreux pays d'Europe, en Am&#233;rique du Sud et du Nord, en Asie et en Australie-Nlle Z&#233;lande. A tous ceux que nous avons rencontr&#233; et avec lesquels nous allons rester ensemble, luttant pour la lib&#233;ration des prisonniers de cette r&#233;volte, mais aussi en la poursuivant jusqu'&#224; la lib&#233;ration sociale totale. Pour un monde sans ma&#238;tres ni esclaves, sans police ni arm&#233;es, sans fronti&#232;res ni prisons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mort &#224; l'&#201;tat &#8211; Vive l'anarchie !
&lt;br /&gt;Relaxe imm&#233;diate de tous les arr&#234;t&#233;s pendant la r&#233;volte !
&lt;br /&gt;La lutte continue !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous appelons &#224; l'assembl&#233;e ouverte qui se tiendra &#224; Polytechnique samedi 27 d&#233;cembre &#224; 16h, &#224; propos de l'organisation de la solidarit&#233; avec les arr&#234;t&#233;s, assembl&#233;e appel&#233;e par les camarades lors de l'occupation du GSEE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Polytechnique Occup&#233;e, 24 d&#233;cembre 2008&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Tirer dans la chair
est le point culminant de l'oppression sociale&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;blockquote&gt;
&#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le fant&#244;me de la libert&#233; arrive toujours avec le couteau entre les dents&lt;/i&gt;&#8221;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tirer dans la chair est le point culminant de l'oppression sociale. Toutes les pierres arrach&#233;es des trottoirs et jet&#233;es sur les boucliers des flics ou sur les vitrines des temples de la marchandise ; toutes les bouteilles enflamm&#233;es gravitant sous le firmament ; toutes les barricades &#233;rig&#233;es dans les avenues, s&#233;parant nos espaces des leurs ; tous les containers plein des d&#233;chets d'une soci&#233;t&#233; consum&#233;riste que les flammes de l'&#233;meute transforment, d'un rien en un quelque chose ; tous les poings dress&#233;s &#224; la lune ; ce sont les armes qui donnent un corps et un vrai pouvoir, non seulement &#224; la r&#233;sistance, mais aussi &#224; la libert&#233;. C'est ce sentiment de libert&#233; qui, seul, m&#233;rite qu'on parie sur de tels moments : le sentiment des matins oubli&#233;s de notre enfance, lorsque tout peut arriver, parce que c'est nous, comme &#234;tres humains cr&#233;atifs, qui nous sommes r&#233;veill&#233;s, et non les futures machines-hommes productives du subordonn&#233;, du stagiaire, du travailleur ali&#233;n&#233;, du propri&#233;taire priv&#233;, du p&#232;re de famille. C'est le sentiment de se confronter aux ennemis de la libert&#233; &#8211; de ne plus les craindre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, celui qui veut continuer &#224; penser &#224; ses propres affaires, comme si rien ne se passait, comme si rien ne s'&#233;tait jamais pass&#233;, a de s&#233;rieuses raisons de s'inqui&#233;ter. Le spectre de la libert&#233; vient toujours le couteau entre les dents, avec l'envie violente de rompre toutes les cha&#238;nes qui r&#233;duisent sa vie &#224; une mis&#233;rable r&#233;p&#233;tition, permettant aux rapports sociaux dominants de se reproduire. Depuis samedi 6 d&#233;cembre, aucune
ville dans ce pays ne fonctionne normalement : pas de th&#233;rapie par l'achat, pas de routes d&#233;gag&#233;es pour rejoindre nos lieux de travail, pas de nouvelles des prochaines initiatives du gouvernement pour le r&#233;tablissement, pas de va-et-vient insouciant entre des &#233;missions de t&#233;l&#233; sur la fa&#231;on de vivre, pas de conduites nocturnes autour de Syntagma, et ainsi de suite. Ces nuits et ces jours n'appartiennent pas aux boutiquiers, aux commentateurs t&#233;l&#233;, aux ministres et aux flics. Ces nuits et ces jours appartiennent &#224; Alexis !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En tant que surr&#233;alistes, nous sommes sortis dans les rues d&#232;s le premier moment, ensemble, avec des milliers de rebelles et d'autres gens exprimant leur solidarit&#233;, parce que le surr&#233;alisme est n&#233; du souffle de la rue et n'a pas l'intention de le l&#226;cher. Apr&#232;s cette r&#233;sistance massive aux assassins d'&#201;tat, le souffle de la rue est encore plus chaud, encore plus accueillant et encore plus cr&#233;atif. Proposer une direction &#224; ce mouvement ne nous correspond pas. Toutefois, nous assumons toute la responsabilit&#233; de la lutte commune, parce que c'est une lutte pour la libert&#233;. Sans &#234;tre oblig&#233;s d'approuver chaque expression d'un mouvement aussi massif, sans &#234;tre partisans de la col&#232;re aveugle ou de la violence pour elle-m&#234;me, nous consid&#233;rons que l'existence de ce ph&#233;nom&#232;ne est juste. Ne laissons pas ce souffle flamboyant de po&#233;sie s'&#233;teindre ou mourir !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Convertissons le en une certaine utopie : la transformation du monde et de la vie !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pas de paix avec les flics et leurs patrons ! Tout le monde dans la rue !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui ne peut comprendre la rage se taise !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Groupe surr&#233;aliste d'Ath&#232;nes, d&#233;cembre 2008&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;hr noshade size=&quot;1&quot; align=&quot;left&quot; color=&quot;#BF0000&quot;&gt;
&lt;font color = &quot;#BF0000&quot;&gt;&lt;h2&gt;Chronologie de la solidarit&#233; internationale avec les incendiaires grecs&lt;/h2&gt;&lt;/font&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9 janvier 2009&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Bogota, rassemblement d'une centaine de personnes devant le consulat grec, banderoles et slogans de solidarit&#233; avec les r&#233;volt&#233;s grecs, d&#233;ambulation puis dispersion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;6 janvier 2009&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Split, en Croatie, Alors que les chantiers navals de Split doivent fermer prochainement, une campagne de pochoirs graff&#233;s et d'affiches dans toute la ville inqui&#233;terait les politiciens locaux : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;si nous n'avons plus de chantiers navals, vous aurez la Gr&#232;ce&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;3 janvier 2009&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Lausanne, manif &#171; reclaim the street &#187; avec banderole et blocage de la circulation sur les principaux carrefours de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1er janvier 2009&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Londres, attaque de deux banques et tags en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;31 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Rovereto, en Italie, selon les journaux locaux, les vitrines de trois agences d'interim ont &#233;t&#233; d&#233;fonc&#233;es avec des gros p&#233;tards. Selon la m&#234;me source, un tag a &#233;t&#233; laiss&#233; sur le mur d'une des agences : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Faire comme en Gr&#232;ce&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;A Alessandria en Italie, des tags apparaissent sur les murs de la ville, avec &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Alexis, Carlo, Sope, Baleno &#8212; les anarchistes n'oublient pas&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Alexis vit dans les luttes&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Flics assassins&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;A La Spezia, en Italie, une banderole a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e en centre ville en soutien aux r&#233;volt&#233;s grecs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;30 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A Montevideo, attaque &#224; l'engin incendiaire de l'ambassade de Gr&#232;ce, avec tags de solidarit&#233; retrouv&#233;s &#224; proximit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;29 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Bonn en Allemagne, une trentaine de personnes ont manifest&#233; dans le centre-ville en signe de solidarit&#233; avec les insurg&#233;s grecs. Pas d'arrestations a priori.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;24 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Milan, une voiture de police et quatre voitures de la police municipale incendi&#233;es, tag en solidarit&#233; aux insurg&#233;s grecs a proximit&#233;.
&lt;br /&gt;A Sarajevo, rassemblement devant l'ambassade grecque, diffusion de tracts et banderoles. Dans l'apr&#232;s-midi, visite des keufs au domicile d'un des manifestants pour l'amener au comico pour interrogatoire.
&lt;br /&gt;A Bochum, en Allemagne, dans la nuit du 23 au 24, le si&#232;ge de la police est attaqu&#233;e &#224; la peinture en solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;23 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A Ilmenau, en Allemagne, dans la nuit du 22 au 23 d&#233;cembre, deux banderoles, une avec l'inscription &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un coup de feu contre l'un d'entre nous est un coup de feu contre tous. Arr&#234;tons la police !&lt;/i&gt; &#187; et l'autre &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Meurtre &#224; Ath&#232;nes, Alexandros victime de la police&lt;/i&gt; &#187; sont pos&#233;es le long du passage Goethe et sur l'&#233;glise de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;22 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Milwaukee, 4x4, b&#226;timents municipaux et fa&#231;ades d'immeubles vandalis&#233;s &#224; coup de tags de solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;21 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A Paris, manif sauvage dans le Nord Est (18/19e arrondissements) avec banderoles en soutien aux &#233;meutiers (&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;vive les feux de la r&#233;volte&lt;/i&gt; &#187;) qui sera ensuite pos&#233;e sur les rambardes du m&#233;tro a&#233;rien &#224; La Chapelle. Le quartier a &#233;t&#233; par ailleurs recouvert de tags de solidarit&#233; et d'affiches.
&lt;br /&gt;A Saint-Josse, en Belgique, feu &#224; une voiture de keuf devant son commissariat.
&lt;br /&gt;A Buenos Aires, un attentat commis &#224; 2h30 du matin a fait exploser la porte de l'ambassade grecque. Action revendiqu&#233; par des anarchistes.
&lt;br /&gt;A Lancy, pr&#232;s de Gen&#232;ve, un sapin de no&#235;l a br&#251;l&#233; devant la mairie en solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;20 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Paris, une trentaine de distributeurs de banques des quartiers bourgeois ont &#233;t&#233; d&#233;finitivement mis hors d'&#233;tat de nuire &#224; la soude par des anarchistes, en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Oshkosh, dans le Wisconsin, une banque est attaqu&#233;e, ses serrures bouch&#233;es &#224; la glue et des tags sont laiss&#233;s sur les murs : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Br&#251;lons la Gr&#232;ce. Br&#251;lons les prisons. Br&#251;lons les &#201;tats.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;A Amsterdam, Un distributeur de billets de la banque ABN-AMRO est incendi&#233;.
&lt;br /&gt;A Kansas City, l'ambassade du Mexique est prise pour cible (tags, briques) lors d'un rassemblement en solidarit&#233; avec les r&#233;volt&#233;s, de Oaxaca, de Gr&#232;ce et d'ailleurs.
&lt;br /&gt;A Tacoma, les tuyaux du combustible ont &#233;t&#233; coup&#233;s, les consoles des pompes &#224; essence ont &#233;t&#233; d&#233;truites et le message &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vas au boulot et butte ton patron &lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; tagu&#233; sur deux stations de Shell et sur deux stations de Chevron dans la ville.
&lt;br /&gt;A Rome, une centaine d'anarchistes ont manifest&#233; devant le Colis&#233;e avec distribution de tracts appelant &#224; la solidarit&#233; internationale.
&lt;br /&gt;A Gen&#232;ve, en d&#233;but de soir&#233;e, une banderole a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e sur la fa&#231;ade de la gare centrale. Elle disait : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Visiblement, l'insurrection vient. Ath&#232;nes, Moscou, Bordeaux, Gen&#232;ve... &lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;A Naples, 150 anarchistes ont manifest&#233; dans le centre ville.
&lt;br /&gt;A Washington DC, petit rassemblement devant l'ambassade de Gr&#232;ce, en solidarit&#233; avec le soul&#232;vement grec et contre la violence d'&#201;tat.
&lt;br /&gt;A Valladolid, une petite centaine de personnes se r&#233;unissent sur la place Fuente Dorada en solidarit&#233; avec la r&#233;volte en Gr&#232;ce, les arr&#234;t&#233;s &#224; Madrid, Ath&#232;nes et partout dans le monde.
&lt;br /&gt;A Denver, deux grandes banderoles ont &#233;t&#233; accroch&#233;es &#224; un pont passant du centre-ville, stipulant : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nouvelle de Gr&#232;ce : les flics sont inflammables&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;A San Francisco, une centaine de personnes en manif sauvage tr&#232;s mobile. Des banderoles pos&#233;es ici et l&#224;. Perturbation des flux dans la principale galerie marchande de la ville, le Westfield San Francisco Center, qui fut ferm&#233;e par la police apr&#232;s quelques heurts et de la casse de marchandises. 6 arrestations pour vandalisme, un manifestant bless&#233; &#224; la t&#234;te.
&lt;br /&gt;A Barcelone, manifestation de centaines de personnes en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs malgr&#233; le harc&#232;lement policier. Affrontements avec les keufs. Des arrestations.
&lt;br /&gt;A Erevan, capitale de l'Arm&#233;nie, rassemblement de solidarit&#233; devant l'ambassade de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Zurich, une quarantaine de personnes ont tagg&#233; et occup&#233; le consulat grec.
&lt;br /&gt;A Bologne, une bombe explose contre une agence de la banque Unicredit.
&lt;br /&gt;A Frederick, dans le Maryland, pose d'une tr&#232;s large banderole.
&lt;br /&gt;A Omaha, dans le Nebraska, une banderole a &#233;t&#233; plac&#233;e sur un pont.
&lt;br /&gt;A Sao Paulo, manifestation devant le consulat grec avec banderoles.
&lt;br /&gt;A Offemburg, une quarantaine de personnes ont manifest&#233; spontan&#233;ment dans le centre-ville, dans le cadre de la journ&#233;e d'action mondiale en solidarit&#233; avec la r&#233;volte en Gr&#232;ce. P&#233;tards, tracts et banderole pos&#233;e.
&lt;br /&gt;A Oklahoma, de nombreuses banderoles ont &#233;t&#233; pos&#233;es en diff&#233;rents points de la ville.
&lt;br /&gt;A Boston, manif de solidarit&#233; avec le soul&#232;vement de grecs.
&lt;br /&gt;A Barnaul, en Sib&#233;rie, malgr&#233; les -30&#176;, manif sauvage r&#233;prim&#233;e par la police. Environ 10 arrestations.
&lt;br /&gt;A Dublin, manif de solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs. Une quarantaine de personnes avec plusieurs banderoles.
&lt;br /&gt;A Belgrade, des anarchistes se sont rassembl&#233;s devant l'ambassade grecque et l'ont d&#233;grad&#233;.
&lt;br /&gt;A Ankara, rassemblement devant l'ambassade grecque d'une centaine d'anarchistes malgr&#233; le harcellement policier des manifestants avant le rendez vous.
&lt;br /&gt;A Krasnoyarsk, en Sib&#233;rie, rassemblement avec banderoles. Drapeaux grecs brul&#233;s.
&lt;br /&gt;A Syracuse, New-York, manif sauvage en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Lisbonne, manif sauvage, blocage de routes, banques, magasins, voiture de flics p&#233;t&#233;es. Des banderoles pos&#233;es ici et l&#224;.
&lt;br /&gt;A Hambourg, plus de 1000 personnes en manifestation, affrontements avec la police &#224; coup de fus&#233;es.
&lt;br /&gt;A Amadora, Portugal, diff de tracts, tags de solidarit&#233; et distribution de brochures sur la situation.
&lt;br /&gt;A Wroclaw, manifestation de solidarit&#233; avec les grecs en lutte.
&lt;br /&gt;A Strasbourg, rassemblement devant le consulat grec, diffusion de tracts d'info, graffitis dans la ville.
&lt;br /&gt;A Mexico, une centaine de personnes r&#233;unies devant l'ambassade de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Copenhague, manif sauvage jusque l'ambassade de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Minsk, le commissariat central a &#233;t&#233; attaqu&#233; avec des grenades fumig&#232;nes en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Belo Horizonte, Br&#233;sil, collage et tags de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Mineapolis, une quarantaine de personnes ont manifest&#233;es en solidarit&#233;. Blocage de routes et fumig&#232;nes.
&lt;br /&gt;A Saratov, en Russie, banderoles et tags de solidarit&#233; en diff&#233;rents points de la ville.
&lt;br /&gt;A Odessa, rassemblement devant le consulat grec avec banderoles. Aussi, de nombreux tags de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Saint-Louis, USA, une quarantaine de personnes rassembl&#233;es en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Nicosie, capitale de Chypre, manifestation en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Leiden, en Hollande, expo d'information en pleine rue pour informer sur la situation en Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Tyumen, en Sib&#233;rie, rassemblement et diffusion de tract en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Iowa City, des banderoles pos&#233;es en diff&#233;rents points de la ville.
&lt;br /&gt;A Lyon, manif sauvage d'une centaine de personnes jusqu'&#224; l'h&#244;tel de ville, fumig&#232;nes et p&#233;tards.
&lt;br /&gt;A Chapel Hill, Carrboro, et Durham en Caroline du Nord, des banderoles ont &#233;t&#233; pos&#233;es par des anarchistes en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Lecce, manif sauvage en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Portland, manif sauvage d'une quarantaine de personne en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Milan, manif sauvage avec barricades et affrontements contre les flics.
&lt;br /&gt;A Toulouse, une centaine de personnes rassembl&#233;es en solidarit&#233; avec les incendiaires grecs ont converg&#233; avec avec une manif de ch&#244;meurs et de pr&#233;caires en lutte, eux aussi solidaires des &#233;meutiers. au final &#224; peu pr&#232;s 300 personnes ont bloqu&#233;s les entr&#233;es de Virgin Megastore.
&lt;br /&gt;A Saint-Louis, USA, manif sauvage en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs. Un flics bless&#233;, des arrestations.
&lt;br /&gt;A Kiev, rassemblement devant le minist&#232;re de l'int&#233;rieur et des banderoles pos&#233;es en diff&#233;rents points de la ville en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Grenoble, rassemblement devant l'ambassade grecque et diffusion de tracts sur la situation.
&lt;br /&gt;A Irkoutsk, capitale de l'oblast d'Irkoutsk en Sib&#233;rie, rassemblement devant l'&#233;cole polytechnique locale en solidarit&#233; avec l'occupation de l'&#233;cole polytechnique d'Ath&#232;nes.
&lt;br /&gt;A Montauban, rassemblement et diffusion de tracts en solidarit&#233; avec les insurg&#233;s.
&lt;br /&gt;A Reykjavik, en Islande, manifestation avec banderoles en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A New-York, rassemblement en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs et la New School University occup&#233;e.
&lt;br /&gt;A Bilbao, rassemblement d'une trentaine de personnes sur la place Unamuno, et distribution de tracts en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Zagreb (Croatie), rassemblement devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A Londres, le centre hell&#233;nique a &#233;t&#233; attaqu&#233; &#224; la peinture rouge.
&lt;br /&gt;A Poitiers, rassemblement de soutien d'une trentaine de personnes et distribution de tracts en solidarit&#233; avec les insurg&#233;Es grecques. Quelques tags ici et l&#224; dans la ville.
&lt;br /&gt;A Modesto, USA, manif sauvage d'une trentaine de personnes avec banderoles et distribution de tracts pour informer sur la situation de l'insurrection grecque.
&lt;br /&gt;A P&#233;rouse, en Italie, le consulat grec attaqu&#233; &#224; la peinture rouge.
&lt;br /&gt;A Omsk, en Russie, rassemblement et diff de tracts sur la situation en Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A C&#225;ceres, petite ville d'Extramadure en Espagne, rassemblement en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Lubliana, manifestation et tags de solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Istanbul, manifestation de centaines de personnes dans le centre ville en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Melbourne, manifestation en &#233;cho &#224; l'appel de l'&#233;cole polytechnique occup&#233;e d'Ath&#232;nes pour une journ&#233;e de solidarit&#233; internationale avec les &#233;meutiers grecs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;19 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Mexico, rassemblement de solidarit&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de l'ambassade grecque. Forte pr&#233;sence polici&#232;re.
&lt;br /&gt;A Schaerbeek, en Belgique une voiture de ISS Cleaning a &#233;t&#233; brul&#233;. ISS effectue des travaux de nettoyage dans les CRA. Un communiqu&#233; revendiquant l'action indique &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De Steenokkerzeel &#224; Ath&#232;nes, feu aux fronti&#232;res, feu aux papiers, feu &#224; l'&#201;tat&lt;/i&gt;. &#187;
&lt;br /&gt;A Helsinki, manif sauvage en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs. Des tentatives d'arrestations avort&#233;es et des d&#233;gradations de magasins.
&lt;br /&gt;A Helsinki encore, l'ambassade grecque a &#233;t&#233; attaqu&#233;e &#224; la peinture rouge dans la nuit du 18 au 19 d&#233;cembre.
&lt;br /&gt;A Detmold environ 25 personnes se sont r&#233;unies en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs et protester contre la police de Minden.
&lt;br /&gt;A Saragosse, un engin incendiaire est lanc&#233; par des anarchistes sur la porte du commissariat du quartier Torrero, en m&#233;moire de toutes les personnes tu&#233;es par les &#201;tats, et de tous les prisonniers.
&lt;br /&gt;A Fort Collins, dans le Colorado, une banque Wells-Fargo a &#233;t&#233; attaqu&#233;e en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Toledo, dans l'Ohio aux USA, des anarchistes en manif sauvage en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Hanovre, 4 banderoles ont &#233;t&#233; dispos&#233;es sur le march&#233; de no&#235;l.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;18 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Turin, plusieurs distributeurs de banque ont &#233;t&#233; obstru&#233;s avec de la colle. De m&#234;me pour une dizaine de parcm&#232;tres, les serrures d'une biblioth&#232;que et d'une soci&#233;t&#233; d'assurance, le tout avec de nombreux tags en solidarit&#233; avec les r&#233;volt&#233;s grecs.
&lt;br /&gt;A Berlin, manif en solidarit&#233; avec les grecs en lutte.
&lt;br /&gt;A New-York, environ 70 personnes ont manifest&#233;es en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs dans un parcours de terminant &#224; la New School University occup&#233;e. Voitures de flics p&#233;t&#233;es. Une arrestation.
&lt;br /&gt;A Skopje, en Mac&#233;doine, manifestation en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Seoul, en Cor&#233;e du Sud, rassemblement de solidarit&#233; devant l'ambassade de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Amsterdam, manifestation contre la police en solidarit&#233; avec les incendiaires grecs.
&lt;br /&gt;A Edimbourg, rassemblement de solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;17 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Amsterdam, quatre voiture de luxe sont incendi&#233;es en centre-ville et autour du Vondelpark.
&lt;br /&gt;A Oaxaca, des anarchistes ont manifest&#233;s en soutien aux &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A New-York, occupation de l'universit&#233; de New School. Divers messages de solidarit&#233; adress&#233;s aux &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Londres, rassemblement devant l'ambassade grecque avec banderoles et tracts.
&lt;br /&gt;A Taunton, &#201;tats-unis, des messages de solidarit&#233; ont &#233;t&#233; tagg&#233;s aux alentours du campus universitaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;16 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Boston, manif de solidarit&#233; devant le consulat grec, dont la porte a &#233;t&#233; forc&#233;e.
&lt;br /&gt;A Montr&#233;al, rassemblement en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers devant le consulat grec. Distribution d'un tract. &lt;br /&gt;A Torun, en Pologne, des banderoles ont &#233;t&#233; plac&#233;es en divers points de la ville.
&lt;br /&gt;A Prague, une vingtaine d'anarchistes se sont rassembl&#233;s en solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;15 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Montevideo, en Uruguay, l'ambassade grecque a &#233;t&#233; attaqu&#233;e &#224; coup de pierres et de bombes de peintures.
&lt;br /&gt;A San Pedro, Costa Rica, manif devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A Zurich, rassemblement de solidarit&#233; d'environ 120 personnes.
&lt;br /&gt;A Set&#250;bal, au Portugal, des poubelles ont &#233;t&#233; brul&#233;es en diff&#233;rents points de la ville. Des messages de solidarit&#233; ont &#233;galement &#233;t&#233; tagg&#233;s dans la ville.
&lt;br /&gt;A Gand, en Belgique, entre 100 et 150 personnes en manif, la grande majorit&#233; masqu&#233;s. Beaucoup de p&#233;tards, des slogans, tags sur le sol et des vitrines, banques attaqu&#233;es, manif sauvage r&#233;unissant entre 50 et 80 personnes ; une voiture de flics essuie des projectiles, une des principales rues commer&#231;antes de Gand est saccag&#233;e. Aucune arrestation durant les actions, mais il y a des courses-poursuites et les flics continuent pendant un certain temps &#224; chasser les manifestants dans les rues. Au final, il y aura 19 arrestations (un seul a &#233;t&#233; maintenu en d&#233;tention par la suite) et quelques dizaines de vitres &#233;clat&#233;es.
&lt;br /&gt;A Paris, manif sauvage d'une centaine de personnes dans le quartier latin (bourge). Tr&#232;s peu de casse (h&#244;tel de luxe, voitures) mais chasse &#224; l'homme des flics apr&#232;s dispersion forc&#233;e. Avons eu &#233;cho d'arrestations.
&lt;br /&gt;A Buenos Aires, manifestation, rassemblement et occupation de l'ambassade de Gr&#232;ce par des anarchistes.
&lt;br /&gt;A Gen&#232;ve, attaque du consulat grec. fen&#234;tres p&#233;t&#233;es et tags de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Ancona, 100 personnes occupent le consulat grec.
&lt;br /&gt;A P&#233;rouse, rassemblement devant le consulat grec, blocage de rues, sabotage des achats de no&#235;l.
&lt;br /&gt;A Madrid, lors d'une manif sauvage, attaque d'un comico et quelques banques. 7 arrestations. En banlieue de Madrid, plus tard dans la soir&#233;e, attaques de banques.
&lt;br /&gt;A Izmir, nouvelle manifestation de solidarit&#233; avec les &#233;meutiers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;14 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Esslingen (All.), une trentaine de personnes partent en manif sauvage dans la march&#233; de No&#235;l, l&#226;chant tracts et p&#233;tards, poursuivis par les flics.
&lt;br /&gt;A Hanovre, environ 200 personnes rassembl&#233;es en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Boston, des messages de solidarit&#233; ont &#233;t&#233; tagg&#233;s sur le consulat grec, attaqu&#233; &#224; coup de peinture rouge.
&lt;br /&gt;A Milwaukee, lors d'un rassemblement de solidarit&#233; avec les personnes arr&#234;t&#233;es lors de la convention r&#233;publicaine, des banderoles ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es en solidarit&#233; avec les incendiaires grecs.
&lt;br /&gt;A Wroc&#322;aw, en Pologne, des anarchistes se sont rassembl&#233;s en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers.
&lt;br /&gt;A Bilbao, rassemblement avec banderoles devant le consulat grec.
&lt;br /&gt;A Toulouse, rassemblement de solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs malgr&#233; le harcellement policier de la BAC et des gendarmes mobiles.
&lt;br /&gt;A La Corogne, rassemblement avec banderoles devant le consulat grec.
&lt;br /&gt;A Tolede, rassemblement de solidarit&#233; avec banderoles.
&lt;br /&gt;A Dalston, un quartier de Londres, rassemblement de solidarit&#233; avec banderoles et forte pr&#233;sence polici&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;13 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Dijon, une s&#233;rie de tags &#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en solidarit&#233; avec les grecs en lutte.
&lt;br /&gt;A Katowice, en Pologne, rassemblement de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Melbourne, manifestation en solidarit&#233; devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A Montpellier, une quarantaine de personnes se sont rassembl&#233;es en solidarit&#233; avec les luttes en Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Vancouver, des anarchistes ont attaqu&#233;s une banque, en solidarit&#233;. Vitres bris&#233;es et tags.
&lt;br /&gt;A Saint-P&#233;tersbourg, rassemblement devant le consulat qui s'est d&#233;roul&#233; malgr&#233; l'interdiction polici&#232;re. Des fumig&#232;nes lanc&#233;s contre le consulat et contre les keufs.
&lt;br /&gt;A Pittsburgh (USA), rassemblement pr&#232;s d'un poste de police de quartier, distribution de tracts sur la situation en Gr&#232;ce et sur les m&#233;faits des keufs &#224; travers le monde.
&lt;br /&gt;A Berlin, 2 banques ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es en solidarit&#233;, les fen&#234;tres ont &#233;t&#233; bris&#233;es et des tags de solidarit&#233; ont &#233;t&#233; fait.
&lt;br /&gt;A M&#252;nster, en Allemagne, manif sauvage en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs et, pour f&#234;ter &#231;a, sabotage du march&#233; de no&#235;l.
&lt;br /&gt;A Nantes, des manifestants solidaires des &#233;meutiers grecs se sont r&#233;unis devant le consulat grec avec des banderoles et tracts malgr&#233; la forte pr&#233;sence polici&#232;re. ils ont ensuite perturb&#233; le march&#233; de no&#235;l.
&lt;br /&gt;A Gen&#232;ve, des anarchistes ont vandalis&#233; et tagg&#233; le b&#226;timent du consulat g&#233;n&#233;ral de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Barcelone, manifestation de solidarit&#233;. attaque d'un commissariat et de banques.
&lt;br /&gt;A Stockholm, manifestation de solidarit&#233; avec banderoles.
&lt;br /&gt;A Kiev, rassemblement d'anarchistes devant l'ambassade avec fumig&#232;nes et tags de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Rouen, une banderole de solidarit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e &#224; 15h rue du Gros-Horloge, la principale rue commer&#231;ante du centre-ville de Rouen. On pouvait y lire : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Nous sommes partout. De Tarnac &#224; Ath&#232;nes, c'est l'insurrection qui vient&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;A Birmingham, rassemblement devant le consulat grec avec banderole de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Bristol, 30 voitures de keufs attaqu&#233;es au lance-pierre en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Moscou, un rassemblement interdit par la police devant l'ambassade grecque s'est quand m&#234;me tenu. 8 arrestations.
&lt;br /&gt;A Chicago, rassemblement devant le consulat grec qui succ&#232;de &#224; une assembl&#233;e populaire de 300 personnes sur les &#233;v&#233;nements en Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Luxembourg, rassemblement avec banderoles devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A Leeds, manif de solidarit&#233; avec les &#233;meutiers de Gr&#232;ce et d'ailleurs.
&lt;br /&gt;A Berne, une manifestation pr&#233;vue de longue date a d&#233;vi&#233;e vers le consulat grec (300/400 personnes), puis dans les rues de berne, &#224; la gare ou de nombreux slogans ont &#233;t&#233; cri&#233;s.
&lt;br /&gt;A Skopje, en Mac&#233;doine, rassemblement avec banderole devant le consulat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;12 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Amsterdam, l'organisation nationale du tourisme de Gr&#232;ce est attaqu&#233;e &#224; la peinture.
&lt;br /&gt;A Magdeburg en Allemagne, une trentaine de personnes en manif, avec tracts en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers en Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Munich, une centaine de personnes se rassemblent en solidarit&#233; avec les r&#233;volt&#233;s grecs, diffusant des tracts aux passants.
&lt;br /&gt;A Barcelone, une quarantaine de poubelles enflamm&#233;es en diff&#233;rents points de la ville.
&lt;br /&gt;A Lisbonne, des banderoles ont &#233;t&#233; plac&#233;es en divers endroits de la ville, ainsi que des tags de solidarit&#233;. A noter &#233;galement des incendies de poubelles juste &#224; cot&#233;s de tags de solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Grenade, occupation de solidarit&#233; du centre &#233;tudiant byzantins, n&#233;o-grec et chypriotes.
&lt;br /&gt;A Santa Cruz, 3 banques ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Vienne, 150 anarchistes manifestent en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Trieste (Italie), Manifestation et rassemblement devant le consulat grec.
&lt;br /&gt;A Ancona (Italie), occupation du consulat grec.
&lt;br /&gt;A Grenoble, rassemblement de solidarit&#233; avec les insurg&#233;-e-s grec-que-s, devant le consulat de Gr&#232;ce, rue de la Libert&#233;. Deux grandes banderoles, un drapeau noir et rouge, et plusieurs panneaux visibilisaient les raisons du rassemblement. Le rassemblement a r&#233;uni une centaine de personnes et s'est &#233;branl&#233; en manifestation sauvage tandis que trois grosses ampoules de peinture &#233;taient jet&#233;es sur le consulat de Gr&#232;ce. Blocage de tram. Des p&#233;tards et des fus&#233;es &#233;taient lanc&#233;s ici et l&#224;, les manifestant-e-s &#233;taient quasiment tou-te-s masqu&#233;-e-s. D'autres grosses ampoules de peinture ont &#233;t&#233; p&#233;t&#233;es, notamment sur une banque.
&lt;br /&gt;A Cosenza (Italie), rassemblement et manifestation devant le consulat grec.
&lt;br /&gt;A Lugano, en suisse, occupation du consulat grec.
&lt;br /&gt;A Turin, le si&#232;ge du consulat grec a &#233;t&#233; occup&#233; pendant plus d'une heure, une banderole a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e de ses fen&#234;tres en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Catanzaro (it), manif devant le consulat grec.
&lt;br /&gt;A Paris, plusieurs centaines de personnes devant l'ambassade. Manif sauvage sur les champs-elys&#233;es, quelques affrontements avec les flics. une caisse de flic d&#233;fonc&#233;e. 6 arrestations pour d&#233;gradations et jets de projectiles sur les forces de l'ordre.
&lt;br /&gt;A Olympia, USA, une petite centaine de manifestants. Quelques banques d&#233;grad&#233;es.
&lt;br /&gt;A Francfort, pr&#233;s de 200 manifestants proche du consulat grec. Barricades. Trois voitures de patrouille ont &#233;t&#233; endommag&#233;es, ainsi que la fa&#231;ade d'un poste de police. 8 manifestants ont &#233;t&#233; bri&#232;vement interpell&#233;s et une personne arr&#234;t&#233;e. &lt;br /&gt;A Wellington, en Nouvelle-Z&#233;lande, un rassemblement de solidarit&#233; &#224; eu lieu devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A P&#233;rouse, en Italie, manif devant le consulat.
&lt;br /&gt;A Bruxelles, dans le quartier d'Ixelles, la porte de la &#171; pastorale de la communaut&#233; grecque &#187; de la ville est incendi&#233;e en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers de Gr&#232;ce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;11 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Saarbr&#252;cken, en Allemagne, une trentaine de personnes en manif spontan&#233;e &#224; travers la ville, l&#226;chant des tracts de solidarit&#233; dans les rues pi&#233;tonnes.
&lt;br /&gt;A Nuremberg, 50 personnes partent en manif sauvage dans la ville avec p&#233;tards et banderole. &lt;br /&gt;A G&#234;nes, attaque d'un commissariat dans la vieille ville. vitres bris&#233;es, tags de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Edinburgh, 200 personnes ont manifest&#233;s dans le centre ville en solidarit&#233; avec les incendiaires grecs.
&lt;br /&gt;A Bruxelles, un engin incendiaire compos&#233; de deux bouteilles de gaz a d&#233;truit une banque d'ING &#224; Auderghem en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers de Gr&#232;ce et du monde entier.
&lt;br /&gt;A Londres, trop de flics pour tenir le rassemblement, les compagnons se contentent d'une banderole.
&lt;br /&gt;A Catania, en Italie, occupation du consulat grec.
&lt;br /&gt;A Florence, blocage des routes devant le consulat grec et manifestation de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Bucarest, rassemblement devant le consulat grec. Trois arrestations (sans poursuites).
&lt;br /&gt;A Stockholm, rassemblement de solidarit&#233; devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A New-York, rassemblement de solidarit&#233; avec tags et banderoles devant le consulat grec.
&lt;br /&gt;A Moscou, environ une centaine de personnes ont manifest&#233; fumig&#232;nes en main. Plusieurs tags de solidarit&#233; ont &#233;t&#233;s fait, notamment sur le comico ou des compagnons avaient &#233;t&#233; tortur&#233;s.
&lt;br /&gt;A Izmir, en Turquie, des anarchistes ont tagg&#233;s les ponts par lesquels passent quotidiennement les ferrys qui vont en Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Rosario, en Argentine, divers b&#226;timents de repr&#233;sentation grecs ont &#233;t&#233; tagg&#233;s et attaqu&#233;s &#224; la peinture rouge.
&lt;br /&gt;A Melbourne, des anarchistes ont vandalis&#233; l'ambassade grecque. Ils ont par ailleurs remplac&#233; le drapeau grec par un drapeau noir.
&lt;br /&gt;A Bordeaux, deux v&#233;hicules ont &#233;t&#233; incendi&#233;s dans la nuit de mercredi &#224; jeudi devant le consulat grec de Bordeaux. La porte du consulat, vide au moment de l'incendie, &#224; 3h15, a &#233;t&#233; endommag&#233;e et huit personnes r&#233;sidant dans l'immeuble ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es mais ne sont pas bless&#233;es. Des tags &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;soutien aux incendies en Gr&#232;ce&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;insurrection &#224; venir&lt;/i&gt; &#187; ont aussi &#233;t&#233; retrouv&#233;s sur une porte de garage voisine de m&#234;me que celle &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; insurrection partout&lt;/i&gt; &#187; en face du consulat. Une enqu&#234;te a &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; la police judiciaire de Bordeaux.
&lt;br /&gt;A Grenoble, le consulat est ferm&#233; depuis mercredi et jusqu'&#224; lundi &#224; la suite de consignes donn&#233;es par l'ambassade de Gr&#232;ce &#224; Paris en raison du risque de rassemblements devant l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;10 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Erlangen, en Allemagne, une quarantaine d'anarchistes en manif sauvage dans les rues commer&#231;antes de la ville, l&#226;chant fus&#233;es explosives et tracts.
&lt;br /&gt;A Madrid, l'agence de voyage Grecotours a &#233;t&#233; saccag&#233;e, des tags pr&#233;cisaient &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;tat grec assassin&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;A Oslo, occupation (et d&#233;gradation) de l'ambassade grecque en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers.
&lt;br /&gt;A Mexico, attentat &#224; l'explosif contre un poste central de la police. Revendiqu&#233; par &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;des anarchistes individualistes contre l'ordre &#233;tabli &lt;/i&gt; &#187; et en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Bratislava, en Slovaquie, Rassemblement de solidarit&#233; devant l'ambassade grecque. &lt;br /&gt;A Cologne, environ 250 personnes ont manifest&#233; dans les rues en terminant par le consulat grec. Quelques d&#233;gradations. &lt;br /&gt;A Bristol, des fus&#233;es ont &#233;t&#233; tir&#233; contre un commissariat et contre des voitures de flics (sept voitures mises hors d'&#233;tat de nuire) en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A S&#233;ville, manifestation en solidarit&#233; avec les &#233;meutiers grecs.
&lt;br /&gt;A Moscou, un engin incendiaire a &#233;t&#233; lanc&#233; contre le consulat de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Grenoble, le consulat de Gr&#232;ce a &#233;t&#233; ferm&#233; &#224; la suite d'un rassemblement d'une quinzaine de personnes devant le b&#226;timent o&#249; ont &#233;t&#233; inscrits des tags en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Santiago de Chile, Des anarchistes se sont r&#233;unis devant l'ambassade grecque en solidarit&#233; avec les incendiaires.
&lt;br /&gt;A Bordeaux, Une quinzaine de personnes se sont rassembl&#233;es le matin devant le consulat o&#249; ont &#233;galement &#233;t&#233; commis des tags de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Barcelone, rassemblement de 200 personnes, quasiment tous contr&#244;l&#233;s par la police. Quelques banderoles d&#233;ploy&#233;es. Manif sauvage, le cort&#232;ge grossit jusqu'&#224; environ 800 personnes, des vitrines et du mobilier urbain sont attaqu&#233;s. Apr&#232;s dispersion, divers petits groupes sont harcel&#233;s par des flics en fourgon et &#224; moto. Quelques charges et deux arrestations.
&lt;br /&gt;A Grenade, rassemblement de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Burgos, quelques rassemblements &#233;galement.
&lt;br /&gt;A S&#233;ville, manifestations de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Nantes, les lyc&#233;ens en solidarit&#233; avec les insurg&#233;s Grecs ont &#233;voqu&#233;s l'invasion du consulat. Mais les keufs ont emp&#234;ch&#233; l'acc&#232;s.
&lt;br /&gt;A Turin, rassemblement et banderoles devant le consulat tagg&#233; pour l'occasion.
&lt;br /&gt;A Milan, une vingtaine de personnes ont attaqu&#233; le consulat grec et d&#233;ploy&#233;s une banderole sur laquelle &#233;tait &#233;crit &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I fuochi della Grecia scaldano il nostro inverno&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le feu de Gr&#232;ce r&#233;chauffe notre hiver&lt;/i&gt; &#187;).
&lt;br /&gt;A New-York, le consulat grec a &#233;t&#233; vandalis&#233; et tagg&#233; en solidarit&#233;. &lt;br /&gt;A Madrid, rassemblement devant l'ambassade grecque. &lt;br /&gt;A Madrid toujours, environ 300 personnes parties en manif sauvage attaquent un commissariat de la police municipale ainsi que des banques, des magasins et des pubs. Des barricades enflamm&#233;es sont form&#233;es. Il y aura 9 interpellation et un nombre ind&#233;termin&#233; de policiers ont &#233;t&#233; bless&#233;s. D'autres &#233;chauffour&#233;es ont &#233;clat&#233;s vers Lavapi&#233;s.
&lt;br /&gt;A Naples, une cinquantaine d'&#233;tudiants ont manifest&#233; devant le consulat de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Copenhague, 300 manifestants interdits de manif ont parcouru le centre ville mais les policiers les ont attaqu&#233;s a coups de matraque et en l&#226;chant les chiens. 63 arrestations ont eu lieu. Un fourgon de keuf a roul&#233; sur la jambe d'un manifestant, un autre a renvers&#233; un cycliste
&lt;br /&gt;A Venise, Plusieurs dizaines de personnes ont occup&#233; bri&#232;vement l'Institut hell&#233;nique de Venise en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Rome et Bologne, 5 policiers et un soldat italiens ont &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement bless&#233;s lors d'affrontements avec des manifestants. A Rome les manifestants ont lanc&#233; des fumig&#232;nes et de la peinture rouge sang sur un b&#226;timent de l'ambassade de Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Florence, un peu moins d'une centaine de personnes rassembl&#233;es en solidarit&#233; devant le consulat grec.
&lt;br /&gt;A Paris, une petite centaine de manifestants se sont rassembl&#233;s devant l'ambassade grecque : Quelques bombages et plusieurs banderoles dont une sur laquelle &#233;tait inscrit : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Novembre 2005 &#8212; D&#233;cembre 2008. L'incendie se propage... &lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;A Toledo, une vingtaines de personnes rassembl&#233;es avec banderoles.
&lt;br /&gt;A Strasbourg, une banderole a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e en soutien aux &#233;meutiers lors d'un rassemblement devant l'ambassade grecque de Strasbourg.
&lt;br /&gt;A Istanbul, des anarchistes ont attaqu&#233;s l'ambassade grecque &#224; la peinture rouge, avec une banderole. &lt;br /&gt;A Bruxelles, rassemblement de solidarit&#233; avec la r&#233;volte en Gr&#232;ce devant une permanence grecque (Monimi Elliniki Antiproswpeia) dans le quartier europ&#233;en dans le centre de Bruxelles. &#199;a s'est d&#233;roul&#233; tranquillement, un drapeau grec a &#233;t&#233; incendi&#233;. Quand une dizaine de personnes habill&#233;es en noir sont partis en groupe pour rentrer, une &#233;quipe de police anti-&#233;meute a fait une charge contre le groupe, qui s'est mis &#224; courir. Une course-poursuite s'est encha&#238;n&#233;e, la police sort la matraque, les coups s'ensuivent. Tout le monde a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, identifi&#233; (fouille, photos,) et ensuite rel&#226;ch&#233;.
&lt;br /&gt;A Ravensburg, en Allemagne, manif dans le centre ville avec banderole et tracts.
&lt;br /&gt;A St-Gilles, en Belgique, le feu est mis en solidarit&#233; &#224; un v&#233;hicule de police devant le commissariat, sous les yeux des flics.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;9 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;A Lisbonne, un groupe de dix personnes ont tagg&#233;s et pos&#233;s des banderoles en solidarit&#233; en plusieurs points de la ville.
&lt;br /&gt;A Berne, en Suisse, environ 70 personnes se sont rassembl&#233;es devant le consulat de Gr&#232;ce et sont ensuite partis en manif sauvage.
&lt;br /&gt;A Bruxelles, le si&#232;ge du syndicat des keufs (vsoa) a &#233;t&#233; attaqu&#233;. Toute les vitres sont tomb&#233;es.
&lt;br /&gt;A Berlin, plusieurs d&#233;gradations ont &#233;t&#233; commises (voitures de flics, poubelles...) en solidarit&#233;. La police a ouvert une enqu&#234;te.
&lt;br /&gt;A Dublin, Rassemblement devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A Nijmegen, en Hollande, une trentaine de personnes rassembl&#233;es en solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Ljubljana, rassemblement devant le consulat grec, tagg&#233; et d&#233;grad&#233;.
&lt;br /&gt;A Constance, dans le Sud de l'Allemagne, une action de solidarit&#233; s'est d&#233;roul&#233;e au march&#233; de No&#235;l o&#249; un discours et des informations sur la r&#233;pression en Gr&#232;ce ont &#233;t&#233;s prononc&#233;s, des tracts ont &#233;t&#233; distribu&#233;s. La police a arr&#234;t&#233; 4 personnes.
&lt;br /&gt;A Paris, nouveau rassemblement d'&#233;tudiants grecs devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A La Haye, en hollande, 200 personnes se sont rassembl&#233;s ce soir et ont march&#233; vers l'ambassade grecque o&#249; ils ont &#233;t&#233; stopp&#233; par la police anti-&#233;meute, aucune arrestation. Dans une manifestation s&#233;par&#233;e dans le village universitaire de Nimjegen ont protest&#233; dans le centre ville et avant le quartier g&#233;n&#233;ral de la police locale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8 d&#233;cembre 2008&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;A Cologne, manif sauvage en solidarit&#233;, pas mal de casse.
&lt;br /&gt;A Lisbonne, Deux grandes poubelles ont &#233;t&#233; enflamm&#233;es &#224; cot&#233; d'un b&#226;timent du service des fronti&#232;res pour que les flammes ne brulent pas qu'en Gr&#232;ce.
&lt;br /&gt;A Berlin, manifestation et occupation de l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A Hambourg, environ 200 personnes ont particip&#233; &#224; une manifestation de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Lyon, lors d'une manifestation de lyc&#233;en-ne-s, une banderole (&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vive le feu ! Solidarit&#233; avec les &#233;meutier-e-s grec-que-s ! &lt;/i&gt; &#187;) est d&#233;ploy&#233;e.
&lt;br /&gt;A Paris, rassemblement devant l'ambassade grecque.
&lt;br /&gt;A Londres des anarchistes grecs appellent &#224; une manifestation &#224; Hyde Park Corner (Marble Arch) &#224; 9h30. L'ambassade grecque est occup&#233;e.
&lt;br /&gt;A &#201;dimbourg, rassemblement de solidarit&#233; &#224; 13h au consulat grec.
&lt;br /&gt;A Vienne, Manifestation de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;A Nicosie (Chypre), une manifestation de solidarit&#233; s'est d&#233;roul&#233;e dans la ville, quelques personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&q